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Full text of "Histoire et théorie du symbolisme religieux avant et depuis le christianisme, contenant: l'explication de tous les moyens symboliques employés dans l'art plastique, monumental ou décoratif chez les anciens et les modernes, avec les principes de leur application à toutes les parties de l'art chrétien, d'après la Bible, les artistes païens, les pères de l'église, les légendes et ala pratique du moyen âge et de la renaissance"

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JAMES  WALKER,   D.D.,  LL.D. 

(CUbb  of  x8x4) 

FORMER  PRB8IDBNT  OF  HARVARD  COLLBOB 


"Préférence  being  given  to  works  in  the 
Intellectual  and  Moral  Sciences '* 


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I  HISTOIRE  ET  THEORIE 


DU 


\  SYMBOLISME  RELIGIEUX 


ItllTlfiRB.  — TTISIORAPHIK   DK  A.    DUfRft. 


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HISTOIRE  ET  THÉORIE 


DU 


SYMBOLISME  RELIGIEUX 


AVANT  ET  DEPUIS  LE  CHRISTIANISME 

C<mten«iit  : 

L*CXPUCATI03I  DK  TUU8  LKH  MOTKNii  BYaiBOUQUKS  BNl'I^Tfia  DAXS  VaVLT   FLASTIUCIS  y  MOMLMCIITAL 

or  Dtcoiunir   chbx  lss  ahoixics  kt  lu  MODsaMKa,  avec  lks  pkiiioifii»  dk  lbuk 

APPLICATIon    A    T0CTK8    LES    PASTIU  PB  L'AUT  COlltTIBN ,  D*APBiM    lA    BULB,    LIH 
ARTISTES    PaTeXS,    LES    TkBSS    DE    L'ftOUSB ,    LES    LSOENDES,    ET    LA    PHATIQ^B 

Pi;  MOYEN  AOB  BT  PB  LA  1UBNAI88AKCB 

OUVRAGE 

Néeessiire  iix  «rehileeUs,  iix  IbéoIogieBs,  m  peintres-Terriers,  loi  décirileirs, 
ux  afcbéol«Kies  et  i  tois  eeix  qui  sut  ippelés  à  diriger  Ii  GoDstraeti«ii  oe  la 

RetUintioD  des  édilees  religieii, 

PAR 

r     ' 
M.  L'ABBÉ   AUBER 

Chiuioliie  de  TÉgllse  de  Poitiers,  Historiographe  du  diocèse,  Membre  des  Acad^Smies  des  Qairites  de 

Rone,  des  Seienoes  da  Hainant  et  de  rinstitnt  des  proTinoes  de  France;  ancien  Président 

annuel  de  la  Booiëté  des  Antiquaires  de  TOnest,  Correspondant  de  la  Sodété  des 

Antiquaires  de  France,  etc.,  etc. 

Bt  ékebant:  Quis  r«iK>lMt  noM»  iaoïdem 
mon«fiiMiitfr  —  ti  rufMêiUêi  viéêrvnt 
reodutum  lofiitm»  (Mare,  ivi,  V) 

TOME   QUATRIÈME 


PARIS 

UBRAIRIB   A.  FRANCK 

67,  RUE  RICHELIEU,  67. 


POITIERS 
A.  DUPRfi ,  imprlmenr-éditew 

RUE  NATIONALE. 


1871. 


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HISTOIRE 

ET  THÉORIE 

DU  SYHBOLISNË  RELIGIEIX 


SUITE  DE  LÀ  TROISIÈME  PARTIE. 


OU  SYMBOLISiE  ARCHITECTURAL  ET  DÉCORATIF. 


CHAPITRE  XIY. 

PEINTURE    CHRÉTIENNE  :  VITRAUX,    MANUSCRITS, 

TAPISSERIES  ET  MOSAÏQUES. 


Le  sens  chrétien,  que  nous  a^ons  vu  jusqu'ici  vivant  de    L»peintuM,iine 

'   *  j      ^  ^3,  pl^s    intimes 

toutes  les  ressources  de  l'art ,  comme  de  la  plus  complète  »ffec«oM  de  rin- 
expression  de  ses  aspirations  et  de  sa  pensée  intime,  ne 
pouvait  se  passer  du  plus  éloquent  et  du  plus  gracieux  de 
ses  compléments.  L'homme  aime  tant  la  nature,  l'histoire, 
et  les  allégories  qui  les  lui  reproduisent  à  défaut  des  faits 
réels,  qu'il  les  cherche  partout,  et  toujours  il  les  rencontre 
avec  bonheur;  elles  semblent  mettre  en  lui  une  surabon- 
dance de  vie.  Elles  font  plus  :  elles  le  transportent  en  des 
sphères  supérieures,  élèvent  sa  pensée,  sumaturalisent  son 

T.  IV.  i 


2  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

imagination,  et  Tintelligence  même  la  plus  grossière  s'iden- 
tifie sans  peine  avec  les  éléments  des  régions  nouveUes  où 
Tâme  savoure  un  avant-goût  de  son  existence  à  venir. 
L'Église,  qui  fut  toujours  le  grand  docteur  du  genre  humain, 
est  toujours  partie  aussi  de  cette  observation  pour  attacher 
au  culte  de  Dieu  par  les  chastes  voluptés  de  Fesprit,  avec  ses 
constructions  grandioses,  sa  statuaire  noble  et  pathétique , 
ses  sculptures  sans  nombre ,  étonnant  le  regard  et  réveil- 
lant les  curiosités  du  cœur.  Elle  pouvait  beaucoup  pour 
enseigner  et  toucher  ;  mais  encore  fallait-il  plaire ,  saisir , 
attacher,  et  ce  dernier  terme  de  sa  mission  doctri- 
nale était  dans  le  charme  irrésistible  de  la  peinture.  Ces 
vives  couleurs,  ces  mille  nuances  qu'elles  font  naître ,  l'illu- 
sion qu'elles  enfantent,  captivent  l'homme  ;  et,  qu'il  puisse 
ou  non  analyser  ses  sensations  en  présence  de  ces  objets 
qui  lui  parlent,  il  n'en  est  pas  moihs  vaincu  par  un 
plaisir  aussi  pur  que  solide ,  aussi  doux  que  profondément 
senti. 
M6  pffete  sur  les      c'cst  là  toutc  la  raisou  de  la  peinture  chrétienne ,  que  le 

Anw»  chrétiennes.  *  * 

pape  S.  Grégoire  III  développait,  vers  le  milieu  du  huitième 
siècle,  dans  une  remarquable  lettre  à  Léon  Flsaurien  : 
((  Nous-môme,  disait-il,  si  nous  entrons  dans  l'église,  que 
nous  y  puissions  contempler  les  peintures  où  se  reprodui- 
sent les  miracles  du  Seigneur  Jésus-Christ  ;  si  nous  voyons 
sa  sainte  Mère  l'allaitant  sur  son  sein ,  et  les  Anges  qui 
l'entourent  en  chantant  l'hymne  trois  fois  saint  de  sa  nais- 
sance ,  nous  nous  en  retournons  tout  pénétré  de  componc- 
tion. Et  qui  ne  serait  pas  touché  jusqu'aux  larmes  en  voyant 
soit  le  baptistère,  soit  l'assemblée  des  prêtres  débout  autour 
de  l'autel ,  et  la  Gène  mystique,  et  les  aveugles  recouvrant 
la  vue,  et  la  Résurrection  de  Lazare,  et  la  Guérison  du 
lépreux  ou  du  paralytique ,  et  la  foule  assise  sur  l'herbe 
près  de  corbeilles  encore  pleines  du  Pain  qui  vient  de  la 
rassasier?  Puis  c'est  la  Transfiguration  du  Thabor,  le 
Crucifiement  du  Christ,  sa  Sépulture  et  sa  Résurrection,  son 


PEINTURE  CHRÉTIENNE.  3 

Ascension  glorieuse,  et  la  Descente  de  FEsprit-Saint.  Gom- 
ment ne  pas  pleurer  devant  les  tableaux  qui  nous  repré- 
sentent le  Sacrifice  d'Abraham  et  son  glaive  suspendu  sur 
une  tète  innocente ,  et  surtout  les  amères  et  innombrables 
douleurs  du  Fils  de  Dieu  (^  )  ?  » 

Ces  paroles  s'adressaient  à  un  empereur  iconoclaste  dont 
la  persécution  est  célèbre  dans  Thistoire  ecclésiastique. 
Un  peu  plus  loin,  le  saint  Pape  ajoutait  que  ces  parures  des 
églises  étaient  faites  aux  frais  des  fidèles,  qui  y  employaient 
leurs  biens.  «  Les  pères  et  mères ,  tenant  entre  leurs  bras 
leurs  petits  enfants  nouveau-baptisés ,  leur  montrent  du 
doigt  les  histoires,  ou  aux  jeunes  gens,  ou  aux  gentils  con- 
vertis ;  ainsi  ils  les  édifient  et  élèvent  leur  esprit  et  leur 
cœur  à  Dieu  (2) .  » 

Quand  le  Saint-Sîége  s'exprimait  ainsi,  il  y  avait  huit     Eiie  n'»j«inmit 

,    .    _.  .  .  -,  Interrompu      «on 

siècles  que  lEglise  mettait  en  pratique  ce  genre  de  propa-  action  «ur  rem- 

belliseement      de 

gande.  Nous  savons  ce  qu'il  en  était  dans  les  catacombes ,  nos  égiiMen, 
et  nos  plus  anciens  monuments  littéraires,  suivis  d'âge  en 
âge,  nous  montrent  ce  même  soin  admis  et  continué  dans 
l'intérêt  de  l'enseignement  public.  TertuUien,  au  troisième 
siècle;  S.  Épiphane  au  quatrième,  avec  S.  Jérôme  ;  S.  Gré- 
goire de  Nysse,  S.  Augustin,  S.  Paulin,  Prudence,  Évodius, 
mentionnent  ce  même  genre  d'ornementation.  En  se  rap-     smraison  d'être 

-  .  ^  _  est  toi^ourg  sen- 

prochant  du  moyen  âge ,  on  en  trouve  des  preuves  sans  tio  jusqu'à  notre 
nombre,  et  la  seule  Histoire  des  Francs  de  Grégoire  de 
Tours,  et  les  poésies  de  notre  S.  Portunat,  son  contempo- 
rain, maintiennent  cette  habitude,  qui  ne  pouvait  se  perdre 
en  effet ,  puisqu'elle  était  sortie  des  entrailles  de  l'Église , 
et  que  ces  grandes  scènes  tenaient  lieu  de  livre  pour  le 
plus  grand  nombre,  qui,  ne  sachant  lire  en  aucun  autre  (3), 

(1)  Cf.  Labbe,  Concilior.,  t.  VII ,  col.  7,  25  et  2Î;  —  et  Fleury,  Hist. 
tccïés.y  VI,  330  et  suiv, 

(2)  Voir  Fleury,  ibid.,  p.  332. 

(3)  Voir  Cabassut,  Notitia  conctlior.f  in-!2,  p.  38;  —  S.  Jérôme^ 

Kpist.  Lx;  —  S.  ÂagoBt.,  opp.  t.  VII ,  De  Mirac.  S.  Stephani,  lib.  IX, 
cap.  IV. 


i  H18T0IRE  Dt   SYMBOLISME. 

y  trouvaient  les  souvenus  et  la  confirmation  attrayante  de 
ce  qu'ils  avaient  appris  oralement.  Nous  ne  remonterions 
pas  bien  loin  pour  trouver  les  dernières  traces  de  celle 
sollicitude  maternelle.  On  peut  lire  encore  dans  le  caté- 
cixisme  des  diocèses  de  Liège,  de  Cambrai  et  deNamur, 
imprimé  en  \  682  : 

«  —  A  quoi  pensez-vous  eu  disant  votre  chapelet  durant 
la  messe  ? 

»  —  A  quelque  chose  que  Notre-Seigneur  ou  Notre-Dame 
ont  fait  étant  au  monde,  ou  bien  à  quelque  image  que  je  vois 
devant  moi  à  Tautel,  aux  parois ,  aux  verrières ,  en  mon 
livre  ou  en  mes  mains  (\),  » 

Tant  d'exemples  étaient  confirmés ,  dès  le  neuvième 
siècle ,  par  Walafride  Strabon  :  il  assurait  rencontrer  tous 
les  jours  des  hommes  simples  et  ignorants  qui  pouvaient  à 
peine  comprendre  les  éléments  de  la  foi  aux  explications 
qui  leur  en  étaient  données,  et  qui  fondaient  en  larmes  à 
la  vue  de  ces  images  qui  passaient  si  facilement  dans  leur 
cœur  (2j. 
DiviBion  de  m      Tcls  sout  Ics  cfTets  dc  la  peinture  chrétienne  ;  tels  ils 

nouTel    objet    de 

notre  trayaii  :  les  dolvcut  ètrc  toujours ,  Contrairement  à  ce  qu'on  lui 
nnscritii ie« utpie-  dcmaudc  trop  aujourd'hui,  d'ôtre  une  sorte  d'embellis- 
quet  et  les  poin-  semeut  matériel,  privé  d'esthétique  et  réduit,  comme  des 

tures  muraleH.  ...  i»       •  v  i  xx         j»  i_i 

tapisseries  ordmaircs,  a  ce  seul  caractère  d  un  ameuble- 
ment plus  ou  moins  riche,  selon  qu'on  y  peut  mettre  plus 
ou  moins  d'argent.  Il  nous  faut  doue  traiter,  dans  ce  cha- 
pitre, du  symbolisme  qui  fait  la  vie  spirituelle  de  la  peinture 


(1)  P.  U6,  t.  I.  —  Fénelon  et  Dubois,  dit  le  P.  Cahier,  avaient  con- 
servé ce  texte,  si  touchant  par  sa  simplicité  naïve,  qui  fut  modifié  sans 
beaucoup  d'intelligence  dans  Tédition  de  17i:6.~  Voir  Monographie  de 
la  calhédrole  ('e  Bourges,  préface,  p.  ii. 

(2)  «  Et  videmus  aliquando  simplices,  qui  verbis  vix  ad  fidem  gesto- 
rum  possualperduci,  ex  pictura  Pdssionis  Dominicœ  vel  aliorum  mira- 
biliura  ita  compungi,ut  lacrymis  testentur  figuras  cordi  su o  quasi 

litteris  irapressas »  (Wal.  Strab.,  De  Rébus  eccle,vaslins ,  cnp.  viii, 

cité  par  M»«  d'Âyzac,  Afin,  archéolog,,  V,  217.) 


PEINTURE  ClIRÉTrENNE.—  LES  VITRAUX.  5 

religieuse,  comme  le  catholicisme  en  veut,  comme  il  Vins- 
pire  et  comme  il  doit  l'imprimer  fortement  aux  verrières 
de  ses  temples  et  aux  parois  de  leurs  contours  intérieurs. 
Nous  parlerons  d'abord  de  cette  fenestration,  comme  étant 
le  complément  nécessaire  de  la  construction  architectu- 
rale, déjà  suivie  pas  à  pas  dans  ce  volume  à  travers  tous  ses 
détails  jusqu'au  terme  où  nous  voici  arrivés.  A  cette  occa- 
sion, nous  devrons  nous  arrêter  aux  manuscrits,  dont  les 
miniatures  ont  leurs  rapports  si  directs  avec  les  vitraux; 
puis  nous  entrerons  en  quelques  détails  sur  les  tapisseries 
à  sujets  et  les  mosaïques ,  et  enfin  nous  en  viendrons  à 
la  peinture  murale,  qui  doit  achever  la  parure  de  Tédifice 
sacré. 
Ce  n'est  pas  des  premiers  temps  chrétiens  que  date     Ancienneté  dot 

i  t^  r  -1  Titraox  peints ,  et 

l'ingénieuse  idée  qui  fit  servir  le  jour  à  l'embellissement  Jour  .ymboiisme 

des  sanctuaires.  Nous  savons  quel  soin  on  prenait  d'abord , 

et  nous  l'avons  vu  attesté  par  S.  Grégoire  de  Tours,  à 

jeter  dans  le  lieu  saint  une  sorte  de  terreur  religieuse, 

très-conforme  au  respect  de  la  présence  divine  et  à  la 

majesté  de  Celui  qui  avait  dit  aux  anciens  :  «  Soyez  saisis  de 

crainte  à  l'entrée  de  mon  sanctuaire  (^).  «Ce  principe  se 

traduisit  depuis  le  quatrième  siècle,  où  l'Église  enfin  respira 

à  ciel  ouvert,  jusqu'au  onzième,  où  son  architecture  est 

encore  remarquable  par  l'étroitesse  des  baies  supérieures 

versant  un  jour  parcimonieux  dans  les  nefs ,  prêtant  une 

pieuse  obscurité  aux  besoins  de  la  méditation  et  de  la 

prière,  et  représentant  par  cela  môme  d'autant  mieux  les 

ténèbres  relatives  de  ce  monde  que  l'homme  ne  doit  quitter 

un  jour  que  pour  entrer  dans  les  splendidcs  clartés  de  la 

Lumière  éternelle.  Déjà  alors  on  se  servait  depuis  longtemps  ^/^S*®n„*""^ 

dans  les  églises  des  Gaules,  qui  les  avaient  empruntées  à 

l'Italie  et  à  la  Grèce,  de  fermetures  en  vitres  dont  nos 

auteurs  ecclésiastiques  parlent  dès  le  temps  de  S.  Jérôme 

Tj  «r  Pavete  ad  sanctuarium  ineum.  »  {LevU.t  xxvi,  2.) 


de  oe  moyen , 


6  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

et  de  Pradence,  et  qa'on  retrouve  dans  les  poèmes  de 
S.  For tunat.  Ces  vitres  étaient  colorées ,  elles  formaient  des 
compartiments  de  figares  régulières  de  toutes  couleurs, 
qui  ne  contribuaient  pas  peu  à  relever  par  des  teintes 
agi'éables  l'or  des  lambris,  les  peintures  des  murs,  surtout 
lorsque,  tamisant  leurs  nuances  douces  en  deçà  de  la 
fenêtre  orientale ,  elles  jetaient  à  l'intérieur,  avec  les  pre- 
miers rayons  de  l'aurore,  mille  traits  «  qui  semblaient  des 
et  Mfl  phiMs  di.  fleurs  et  des  diamants  (\).  y>  Hais  ce  n'était  encore  qu'une 
siret.  parure  bien  secondaire,  et  comme  autant  de  grandes 

mosaïques  remarquables  seulement  par  les  diversités  de 
leurs  teintes  divisées  en  échiquiers,  et  que  le  plomb  ne 
réunissait  pas  en  compartiments  inégaux  (2).  CSene  fut  guère 
que  sous  Charles  le  Chauve,  selon  Topinion  très-accep- 
table d'Émeric  David,  qu'on  vit  briller  pour  la  première  fois 
la  peinture  sur  verre  proprement  dite,  et  encore  ne  se 
produisit-elle  probablement  que  par  des  grisailles,  que  ne 
tardèrent  pas  à  suivre  les  petites  résilles,  dont  chaque  maille 
renferma  un  des  mille  détails  d'un  grand  ensemble ,  vint 
contribuer  à  former  de  véritables  tableaux  coloriés  où 
s'étalèrent  des  Saints ,  des  légendes  et  peu  à  peu  toute  la 
théologie  artistique  du  douzième  siècle. 

On  s'est  étonné  maintes  fois  de  n'avoir  pu  retrouver  aucune 
preuve  que  la  peinture  sur  verre  fût  usitée  en  France  avant 
cette  grande  époque  ;  on  en  a  conclu  trop  vite  qu'elle  ne 
lui  était  pas  antérieure  ;  c'est  qu'on  oubliait  que,  par  suite 
sans  doute  des  malheurs  du  dixième  siècle,  les  arts  s'étaient 
effacés  du  sol  de  la  France,  et  que  ce  pays  du  génie  et  de 
l'activité  artistique,  dont  l'Angleterre  et  les  nations  voisines 
avaient  emprunté  les  ouvriei*s  durant  la  belle  période  car- 
lovingienne ,  s'était  vu  obligé  à  son  tour  d'employer  des 
artistes  étrangers ,  quand  se  produisit  la  renaissance  du 

(1)  Cf.  Bâtissier ,  Histoire  de  l'art  monumental ,  p.  647  ,  où  cet 
autear  a  trëa-bien  établi  sur  ce  sujet  les  traditions  des  premiers 
siècles. 

(2)  Voir  Tabbé  Tezier,  dans  les  Annales  arrhéohgiques ,  X,  81. 


PEINTURE  CHRÉTIENNE. —  LES  VITRAUX.  7 

siècle  suivant,  qui  devint  ensuite  si  remarquable  par  les 
belles  verrières  dont  Suger  embellit  son  abbatiale  de  Saint- 
Denis.  Il  faut  bien  reconnaître  aussi,  pour  expliquer  cette 
absence  complète  de  vieux  spécimens,  qu*après  tant  de  vi- 
cissitudes subies  par  nos  monuments,  il  n'était  guère  pos- 
sible qu'ils  eussent  gardé  une  seule  de  ces  pages  brillantes 
qui,  dans  les  invasions  de  la  guerre,  dans  les  incendies 
alors  si  fréquents  et  les  reconstructions  si  nombreuses  de 
la  période  de  Hugues  Gapet  à  Philippe-Auguste,  ont  dû  dis- 
paraître d'autant  plus  entièrement  qu'on  prétendit  bientôt 
remplacer  par  quelque  chose  de  plus  beau  les  rares  débris 
qui  en  restaient. 

Mais  tout  reparut  avec  une  magnifique  splendeur  sous  le     ses  progrès  «a 
règne  de  Louis  le  Gros.  Alors  cette  belle  et  luxueuse  vitrifi-    ^    »•  »  c  •, 
cation  seconde  avec  une  parfaite  harmonie  les  sculptures 
imprimées  à  la  pierre  et  au  bois,  la  dorure  et  les  émaux  des 
autels.  Les  baies,  qui  se  sont  élargies,  avaient  besoin  de 
ce  tempérament  contre  l'invasion  d'un  trop  gi*and  jour,  tou- 
jours peu  favorable  au  sentiment  religieux.  C'est  dans  ce  moii»     oaiouië« 
but  que,  sur  toutes  ces  surfaces  translucides,  les  plombs  se  po^  rexpre  Joû 
multiplient,  les  grandes  barres  de  fer  se  croisent,  non  moins  *'"  ^"**"** 
propres  à  modérer  la  lumière  et  à  fortifier  les  teintes  qu'à 
consolider  ces  belles  pages  contre  leur  propre  poids  et  les 
atteintes  de  la  tempête.  Ce  n'est  pas  à  dire  que  la  peinture 
elle-même  n'eût  point  sa  solidité  propre,  due  à  une  double 
cuisson  soit  des  verres  coloriés  dans  la  pâte,  soit  de  ceux 
dont  on  avait  peint  les  sujets  avec  des  couleurs  minérales 
incorporées  au  verre  par  l'action  du  feu.  Ces  procédés, 
expliqués  au  long  dans  les  cahiers  du  moine  Théophile, 
déjà  connu  de  nous,  produisaient  de  merveilleux  effets,  et 
les  verrières  devinrent  la  plus  éclatante  expression  de  l'art 
catholique  dans  les  basiUques  majestueuses  que  cette  grande 
époque  vit  créer  à  Paris,  à  Chartres,  à  Poitiers,  à  Bourges, 
à  Auxerre,  et  en  tant  d'autres  lieux  dont  nous  avons  encore 
les  riches  illustrations. 


8  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

sigetfl  coBTen»-      Aprës  ces  grandioses  effets ,  produits  par  la  fenestration 
ro6M.  symbolique  des  nefs  ou  des  absides,  rien  ne  ravit  plus  le  regard 

que  ces  rosaces  des  extrémités  et  des  croisillons  d'une  basi- 
lique, où  les  couleurs  scintillent  magnifiquement  dans  un 
mélange  de  tons  graves  et  de  teintes  brillantes  et  dia* 
mantées.  Nous  serions  d'avis  que  dans  ces  vastes  espaces 
destinés  à  recevoir  des  baies  de  proportions  colossales,  on 
abandonnât  la  suite  du  plan  général  d'iconographie  pour 
récréer  l'œil  et  la  pensée  sous  le  charme  de  symboles  moins 
sérieux.  Les  compartiments  de  ces  roses  scintillantes  se  prê- 
tent d'ailleurs  beaucoup  mieux,  par  leurs  inégalités  cal- 
culées,  à  des  personnages  ou  à  des  attributs  séparés,  dont  il 
n'est  pas  difficile  de  composer  une  scène  d'ensemble.  Qui 
empêche,  par  exemple,  d'utiliser  la  rose  de  la  croisée  sep- 
tentrionale par  la  chute  des  mauvais  anges ,  dont  chacun 
roulera  éperdu  dans  chaque  jour  évidé  autour  de  l'ouver- 
ture centrale,  où  apparaîtrait  leur  chef,  le  plus  grand  et  le 
plus  hideux  de  tous,  ou  mieux  encore  l'Archange  'qui  les 
précipita  aux  feux  éternels? — Par  opposition,  la  baie  du  sud 
représenterait,  d'après  une  distribution  parallèle,  la  Trinité 
adorée  par  les  bons  Anges  chantant  et  jouant  des  instru- 
ments, soigneusement  copiés,  s'il  est  possible,  sur  uos  mo- 
numents des  douzième  et  treizième  siècles;  ou  bien  ce 
seraient  quelque  scène  choisie  de  la  légende  du  Saint  honoré 
dans  la  chapelle  de  Tabsidiole ,  quelques-unes  des  fleurs 
qui  lui  conviennent  mieux,  les  instruments  de  son  martyre 
ou  de  sa  pénitence  volontaire.  Mais  avant  tout,  nous  en  con- 
jurons, qu'on  médite  bien  ces  compositions  d'une  si  haute 
valeur,  d'autant  plus  importantes  qu'elles  feront  éviter  des 
banalités  fâcheuses,  et  ajouteront  un  mérite  de  plus,  pour 
les  yeux  et  pour  l'esprit,  à  celui  de  toutes  les  autres  parties 
du  monument. 
Choix  ïcienu.      Qu  peusc  bicu  Quc  Ics  coulcurs,  dont  nous  avons  établi 

flquedMCouleun.  i-  j 

les  règles  symboliques,  ne  furent  point  engagées  au  hasard 
dans  ces  vastes  tableaux  composés  de  si  charmantes  minia- 


PEINTURE  CHRÉTIENNE. —  LES  VITHAIX.  î> 

tores.  La  preuve  s'en  trouve  dans  la  connaissance,  aujoiir* 
d'hui  très-bien  raisonnée,  des  grandes  pièces  à  légende  où 
Ton  voit  les  mêmes  personnages  toujours  revêtus  des 
mêmes  costumes  dans  toute  la  suite  des  panneaux  où  ils  figu- 
rent. Dans  un  vitrail  de  la  cathédrale  de  Rouen ,  le  Christ, 
en  toutes  les  scènes  de  sa  Passion ,  a  la  robe  verte  parce 
qu'il  nous  régénère,  et  le  manteau  violet  parce  qu'il  souffre. 
Mais  à  la  Cène,  à  son  triomphe  dans  le  Ciel,  cette  robe  verte, 
qui  ne  cesse  pas  d'y  avoir  la  même  signification,  est  cou- 
verte du  manteau  rouge,  signe  de  ce  martyre  gui  l'a  fait 
entrer  dans  sa  gloire  (j),  et  qui  devient  commun  à  tous 
ceux  qui,  à  sa  suite,  ont  subi  la  mort  pour  la  vérité  :  il  le 
porte  aussi  au  couronnement  d'épines  et  à  la  flagellation. 
S'il  est  crucifié,  on  lui  donne  pour  linteum  (linge  ou  robe 
qui  entoure  son  corps)  une  étoffe  violette.  A  Bourges,  il 
porte  un  manteau  de  cette  même  couleur,  avec  la  robe  verte, 
quand  il  bénit  S.  Etienne,  4apidé  avec  des  pierres  verieiy 
parce  que  les  bourreaux  font  là  une  œuvre  terrestre  et  mau- 
vaise s'il  en  fût.  On  voit  de  nouveau  ici  l'opposition  de  cette 
couleur,  servant  à  exprimer  le  bien  d'un  côté  et  le  mal  de 
l'autre.  A  Bourges  encore,  est  une  légende  de  S.  Pierre. 
Xéron,  dont  le  caractère  est  une  formelle  opposition  à  celui 
du  Sauveur,  y  est  toujours  vêtu  de  vert  et  de  pourpre; 
Simon  le  Magicien  y  porte,  par  la  même  raison  que  le 
diable,  un  manteau  vert  sur  une  robe  jaune,  qui  serait  un 
insigne  de  sagesse  pour  un  Saint,  maisqui,  pour  lui,  devient 
un  symbole  de  sa  foUe;  et  ce  qui  est  décisif  comme  preuve 
de  celte  théorie,  c'est  qu'au  moment  où  S.  Pierre,  sortant  de 
Kome  pour  éviter  la  mort,  rencontre  Jésus-Christ  qui  lui 
reproche  sa  faiblesse,  l'Apôtre,  qui  porte  toujours  ailleurs 
du  vert  et  du  rouge  comme  son  Maître,  apparaît  alors  avec 
le  Jaune  et  le  vert  de  Simon  le  Magicien.  Ces  mêmes  obser- 


(1)  «  Oportuit  pati  GhrUium,  etiia  inirare  ingioriam  suam.  »  (Lur., 
XXIV,  26.) 


40  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

• 

vatious  se  renouvelleraient  à  Tinâni  dans  ces  magnifiques 
pages  où  le  symbolisme  s'affirme  aussi  pur  qu'évident,  où 
Noire-Seigneur,  pour  en  citer  un  dernier  exemple,  se  montre 
jusqu'à  sept  fois  sous  le  même  costume  que  nous  lui  voyons 
ici  dans  les  vingt-quatre  médaillons  qui  développent  la  lé- 
gende de  S^«  Madeleine.  Bfttissier  semble  donc  avoir  ignoré 
ces  principes  lorsqu'il  accuse  de  fantaisie ,  et  attribue  à  un 
parti  pris  de  faire  de  l'effet  au  profit  de  l'harmonie  des  tons, 
les  couleurs,  à  son  avis  singulières,  données  dans  les  vitraux 
de  Saint-Denis  à  des  édifices  multicolores,  à  des  chevaux  qui 
sont  pourpres  ou  verts,  etc.  (4).  Ce  n'est  pas  qu'on  n'ait  mis 
une  grande  habileté  à  juxtaposer  des  couleurs  dont  le  rap- 
prochemen  t  était  fort  souvent  tout  le  secret  des  artistes  :  c'est 
une  loi  universelle,  par  exemple,  de  rapprocher  le  bleu  du 
rouge,  et  le  jaune  du  vert.  Mais  cet  expédient  ne  se  rattache 
qu'à  l'ornementation  générale,  à  des  objets  d'ameublement 
ou  de  parure,  à  des  accessoires,  ^n  un  mot  ;  on  se  garde  bien 
de  l'appliquer  sans  discernement  soit  aux  personnages,  dont 
le  caractère  est  symbolisé  par  les  vêtements,  soit  môme  aux 
objets  principaux^  qui  ont  toujours  une  couleur  conforme  à 
leur  rôle  ou  à  leur  signification.  Admettant  donc  qu'on  ne 
se  rende  pas  toujours  un  compte  exact  de  certaines  couleurs 
peu  usitées  à  l'égard  de  tels  ou  tels  sujets,  il  n'en  est  pas 
moins  vrai  qu'il  faut  en  reconnaître  la  convenance.  Donc, 
si  le  peintre  a  pu  vouloir  fort  souvent,  dans  l'agencement 
de  ses  teintes,  s'accommoder  aux  exigences  locales  et  aux 
convenances  de  son  art,  il  est  également  incontestable  que 
très-souvent  aussi  il  a  voulu  étendre  le  sens  de  son  dessin 
et  ajouter  le  mysticisme  à  l'histoire,  au  profit  d'un  sens 
plus  élevé  et  plus  profond.  Nous  avons  vu  plus  d'une  fois  déjà 
une  foule  de  raisons  scientifiques  autoriser  ces  anomalies 
apparentes.  Nous  devons  y  revenir  quelque  peu  ici  pour 
en  détermiîicr  plus  nettement  la  théorie,  qui  se  trouve  d'ail- 

!)  Hist,  de  l'art  monum,,  p.  652. 


PEUiTt'RK  CHRÉTIENNE.— LES  VITRAUX.  44 

leurs  d'autant  plus  irrécusable  qu'elle  n*esi  dans  aucun  eu- 
seignement  doctrinal,  et  se  prouve  de  reste  par  son  exis- 
tence même,  sans  quMl  soit  nécessaire,  nous  le  redisons, 
de  recourir,  pour  interpréter  cette  variété  raisonnée  de  nos 
couleurs  du  moyen  âge,  aux  Zends  et  aux  Védas  de  Flnde , 
ou  même  aux  temples  égyptiens,  comme  le  voulait  M.  Portai, 
dans  un  temps  où  le  moyen  âge  n'était  pas  mieux  compris 
sur  ce  point  que  sur  tant  d'autres  (4). 

Uest  aujourd'hui  reconnu  de  tous,  soit  d'après  M.  Portai  ^tnëcTJSSSrfdoi't 
lui-même,  qui,  tout  en  mêlant  beaucoup  d'incertitude  ou  ^■„^'^*'*'i"œaîi 
d'erreurs  à  ses  intéressantes  données,  a  rouvert  la  voie  à  cette  •»'«c*»^«'- 
partie  importante  de  nos  études,  soit  par  l'observation  scien- 
tifique des  grandes  pages  de  nos  basiliques,  il  est  reconnu, 
disons-nous,  que  le  symbolisme  des  couleurs  s'est  attaché, 
comme  une  immense  ressource  d'exposition  morale,  à  tous 
les  travaux  de  nos  peintres  verriers  de  tous  les  siècles  ;  il 
n'y  a  que  le  nôtre,  encore  si  peu  expérimenté  de  ces  prin- 
cipes, qui  les  néglige  trop,  faute  d'intelligentes  recherches 
qui  devraient  éclairer  nos  fabricants  ou  cepxqui  les  gui- 
dent. Ce  devrait  être  un  de  leurs  premiers  soins  de  régler 
les  parties  de  leur  travail  d'après  ces  données,  inséparables 
du  spiritualisme  qu'ils  y  doivent  mettre.  Malheur  à  ceux 
qui  hasarderont,  au  seul  gré  d'une  prétendue  connaissance 
de  leur  art,  un  mélange  tout  matériel  de  couleurs  em- 
pruntées aux  seules  convenances  de  leur  imagination  !  Les 
grandes  et  véritables  écoles,  qui  se  sont  toujours  soumises, 
et  avant  tout,  à  un  choix  judicieux  de  ces  moyens  de  com- 
position, protesteront  contre  un  tel  oubli,  que  rend  plus 
inexcusable  le  très-petit  nombre  de  règles  à  étudier  sm*  ce 
point.  Il  est  bon  en  effet,  et  même  très-Important,  de  ne  pas 
abuser  du  verre  blanc,  comme  on  a  fait  au  quinzième  siècle. 
Alors  on  accouplait  aussi,  fort  abusivement,  le  vert  au  rouge, 
par  exemple,  et  le  jaune  au  violet,  ce  qui  produit  une  lumière 

(l)  Voir  Portai,  Des  Couleurs  symboliques,  etc.,  p.  1  et  suiv. 


12  HISTOIRE   DU   SYMBOLISME. 

grise  et  peu  franche.  Il  faut  reconnaître ,  au  contraire,  que 
les  verriers  du  treizième  se  sont  admirablement  entendus 
non-seulement  à  une  harmonieuse  symétrie  de  leurs  cou- 
leurs, mais  aussi  à  l'emploi  calculé  de  celles  qui  parlaient  à 
l'esprit  sans  froisser  les  susceptibilités  du  regard.  Ils  surent 
ainsi  former  un  séduisant  ensemble  à  des  fenestrations  com- 
plètes, créées  pour  d'immenses  édifices,  comme  les  cathé- 
drales de  Bourges,  de  Chartres  et  de  Poitiers.  Le  blanc,  le 
rouge,  le  bleu,  le  jaune,  le  noir  et  le  brun,  avec  leurs  dérivés, 
sont  à  peu  près  les  seules  teintes  qu'ils  aient  appliquées,  et 
toutes  se  rattachent  toujours,  partout  où  elles  reluisent,  à 
fortifier  la  donnée  principale  du  sujet  par  une  allusion  mys- 
térieuse qui  en  rehausse  l'emploi  et  en  augmente  l'expres- 
sion. 
Exemple»  don-  Alusî  uous  avous  VU  Ics  clievaux  des  vi®  et  vin«  chapitres 
leurs  modèle».-  dc  TApocalypsc  rcvôtus  de  couleurs  conformes  au  rôle 
^oureuid4Û8^dM  donné  à  chacun  de  leurs  cavaliers  :  à  Bourges,  le  cheval 

blanc  du  Samaritain,  répété  partout  ailleurs  avec  une  remar- 
quable unanimité,  est  le  symbole  du  Verbe  divin,  comme 
S.  Jean  l'affirme  au  xix'  chapitre  de  sa  révélation  :  c'est  l'Hu- 
manité divine  du  Sauveur  se  faisant  l'humble  servante 
du  pauvre  blessé  qu'elle  panse,  qu'elle  soulage  et  dont  elle 
daigne  acquitter  les  dettes.  C'est  la  pensée  développée  par 
Origène,  par  S.  Jérôme,  S.  Augustin,  S.  Grégoire  et  l'abbé 
Rupert  (i).  D'autre  part,  comme  l'Écriture  compare  souvent 
au  cheval  l'homme  entraîné  par  ses  passions  brutales,  le 
quadrupède  devient  alors  le  symbole  de  YanimaHs  homo, 
ce  qui  a  créé  les  centaures,  et  il  faut  bien  dire  que  ses  attri- 
butions mauvaises  sont  les  plus  nombreuses.  On  en  voit  une 
assez  remarquable  dans  V Enfant  prodigue  de  Bourges,  dont 
le  cheval  est  blanc  et  représente  les  tendances  coupables  de 
ce  fils  ingrat.  Nous  aurons  bientôt  occasion  d'indiquer 

(1)  Voir  Origène ,  In  Gantic,  lib.  U;  —  t.  Ul ,  opp.  60  ;  —  S.  Jérôme, 
In  haiain,  lxvi,  20  ;— S.  Ambr.  :  De  Bénédiction.  Patriarch.^ M  Genesi, 
XLix,  17  ;  —  S.  August.,  De  Civil.  Dei,  xvin,  32  ;  —  S.  Gregor.  Magn., 
Moral.,  XXXI,  2i  ;  —  Riipert,  In  Apoc^  iib.  ÏV. 


PEINTURE  CHRÉTIEjNNë.— 'LES  VITRAUX.  13 

l'usage  de  cette  couleur  quant  aux  personnages  des  légendes . 

Le  rouge  est  la  couleur  des  martyrs ,  dont  le  sang  s'est  ^^  roo««  ^^  *'<*« 
tout  versé  pour  Jésus-Gbrist  ;  et  comme  il  représente  le  feu 
et  toute  ardeur  vraie  ou  allégorique,  on  le  donne  aussi  à  la 
charité,  qui  d'ailleurs  fut  toujours  le  principe  de  Tabnéga- 
tion  jusqu'à  la  mort.  Quand  donc  nous  voyons,  à  un  vitrail 
de  Bourges,  la  tête  de  S.  Jean-Baptiste  toute  rouge  dans  le 
plat  qu'on  apporte  à  Hérodiade,  ce  n'est  pas  parce  que  cette 
tête  est  censée  rougie  par  le  sang,  mais  parce  que  c'est  celle 
d'un  martyr.  Mais  c'est  encore  l'insigne  de  la  royauté, 
comme  la  pourpre,  et  pour  cela  on  en  revêtira  la  Religion 
personnifiée  et  le  Sauveur,  le  martyr  par  excellence ,  et 
Marie,  dont  le  cœur  martyrisé  fut  si  ressemblant  au  sien. 
Le  démon,  singe  de  Dieu,  apparaîtra  en  rouge  fort  souvent, 
comme  pour  tromper  les  ftmes  à  ces  apparences,  s'il  lui  est 
possible.  Le  rouge,  par  cela  même  qu'il  représente  le  feu, 
colorie  les  livres  qu'on  met  toujours  aux  mains  des  Apôtres  : 
c'est  la  doctrine  de  l'amour  divin,  principe  de  toutes  les 
autres  vertus;  c*est  aussi  ïempyrée,  l'air  le  plus  pur,  et  c'est 
pourquoi  dans  les  édifices  ajourés  les  portes  et  les  fenêtres 
ouvertes  sont  toujours  figurées  en  rouge,  ce  qu'il  serait  im- 
possible d'expliquer  si  ce  n'était  une  convention  prise  dans 
la  physique  du  temps. 

L'apparence  bleue  que  revêt  l'atmosphère  à  nos  regards  l»  biea. 
est  aussi  Tune  des  causes  pour  lesquelles  on  a  donné  la  cou- 
leur bleue  pour  symbole  aux  choses  du  ciel  :  c^est  pourquoi 
elle  est  devenue  l'une  de  celles  qui  servent  exclusivement 
au  Sauveur,  ordinairement  revêtu  d'une  robe  bleue  et  d'un 
manteau  rouge,  ou  à  la  Sainte  Vierge,  ou  à  d*autres  Saints 
du  premier  ordre.  Le  refiet  de  la  voûte  céleste  dans  les  lacs, 
les  rivières  et  la  mer,  avait  fait  considérer  ce  bleu  par  les 
anciens  comme  le  symbole  des  divinités  marines  :  de  là  le 
bleu  éthéré  devenait  aisément  celui  de  la  Vérité  étemelle , 
le  ciel  et  la  mer  bleus  ayant  leurs  divinités  particulières 
résumées  toutes  dans  Neptune ,  le  dieu  bleu ,  c^eruleus,  et 


41  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Jupiter,  le  dieu  de  i*air,  comme  son  nom  l'indique,  n  faut 
se  reporter  ici ,  pour  bien  se  rappeler  ces  principes  et  leurs 
conséquences  dans  l'iconographie  chrétienne,  à  ce  que  nous 
avons  exposé  au  douzième  chapitre  de  notre  première 
partie. 
Le  jAuno,  le      Q'cst  cucorc  à  cc  mèmc  chapitre  et  au  suivant  que  nous 

noir  et  le  bran.  .  i     i     •  i  •       <  i     i. 

renverrons  pour  ce  qm  regarde  le  jaune,  le  noir  et  le  brun  : 
le  premier  d'entre  eux  étant  fort  employé  à  cause  de  son 
affinité  avec  l'or,  si  convenable  à  un  grand  nombre  de  cas; 
le  noir  l'étant  fort  peu,  parce  qu'il  n'exprime  que  peu  d'idées 
absolues ,  lesquelles  sont  encore  modifiées  par  toutes  les 
nuances  qui  naissent  de  lui  au  moyen  du  blanc,  du  bleu  et 
du  rouge  ;  le  brun  enfin,  qui  s'applique,  par  sa  teinte  fon- 
cée mêlée  de  rouge  et  de  noir,  à  une  foule  d'objets  natu- 
rels, comme  les  troncs  d'arbres,  les  animaux  en  grand 
nombre  et  beaucoup  de  costumes  dont  les  personnages 
sont ,  à  l'exception  de  certains  ordres  religieux ,  toujours 
pris  en  mauvaise  part. 

On  entrerait  en  d'interminables  détails  si  l'on  voulait 
exposer  complètement  et  faire  comprendre  par  des  exemples 
l'usage  si  varié  des  couleurs  tant  dans  la  peinture  sur  verre 
que  dans  la  décoration  des  murs,  et  aujourd'hui  dans  les  ta- 
bleaux sur  toile.  Mais  nous  reviendrons  sur  ce  sujet,  quant  à 
sa  pratique,  lorsque  bientôt  nous  traiterons  de  la  peinture 
des  Personnes  divines  et  des  Saints.  Cet  exposé  complétera 
ce  que  nous  omettons  ici  à  dessein,  et  nous  permettra  d'éta- 
blir les  notions  nécessaires  au  peintre  pour  ne  rien  faire  en 
ce  genre  que  de  digne  et  de  bien  motivé. 
L'opposition dec  Mais  uous  u'oublicrons  pas,  dès  à  présent,  ce  principe 
T<e  comme  chez  d'oppositiou  dout  uous  dounious  encore  tout  à  l'heure  de 

nouveaux  exemples,  et  d'après  lequel  les  couleurs  ont  tou- 
jours leurs  significations  opposées  qui  les  font  appliquer, 
selon  le  besoin ,  aux  choses  ou  aux  personnes  les  plus  con- 
traires à  celles  qu'elles  symbolisent  naturellement.  Ainsi , 
pour  ne  citer  ici  qu'un  exemple,  le  jaune,  dont  l'expression 


let  anoleat . 


PECVTURE  CHRÉTIENNE.  —  LES  VITRAUX.  45 

est  tout  d'abord  celle  des  plus  hautes  dignités,  de  la  noblesse 
cîyile  et  de  celle  du  cœur,  devenait  quelquefois  une  marque 
de  folie  et  du  mépris  qui  raccompagnait;  on  en  revotait 
S.  Joseph  comme  d*une  marque  d*honneur  ;  on  la  don- 
nait aussi  aux  bouffons  et  aux  fous  en  titre  d'office;  enfin , 
il  était  imposé  en  signe  d*abjection  dans  certaines  forma- 
lités judiciaires  ;  et  quand  le  Connétable  de  Bourbon ,  tué 
en  i  527  sous  les  murs  de  Rome ,  eut  été  condamné  pai*  la 
cour  des  pairs  pour  sa  défection  déloyale ,  la  porte  de  sa 
demeure  fut  peinte  en  jaune  :  c'était  une  marque  déshono- 
rante de  félonie  et  de  trahison  (4  ). 

Ce  que  nous  avons  dit  des  pierres  précieuses  et  du  sym-  ces  mêmes  rè- 
bolisme  de  leurs  couleurs,  en  analysant  le  vingt  et  unième  «ux  gemmes  et 
chapitre  de  TApocalypse  (2) ,  se  rattache  parfaitement  à  ce 
que  nous  disons  dans  celui-ci.  Il  en  est  de  même  des  émaux, 
qui,  eu  recouvrant  les  reliquaires  et  les  autels,  les  vases 
sacrés,  et  aussi  reproduisant  en  des  tableaux  précieux  les 
images  des  Saints  ou  les  légendes  de  leur  vie,  parlaient  en 
des  couleurs  convenues  le  langage  symbolique  le  plus  con- 
venable à  ces  divers  sujets  ;  les  gemmes  qui  en  rehaussaient 
Téclat  se  mariaient,  dans  ce  même  but,  ou  au  caractère  des 
Saints  honorés  par  ces  petits  meubles,  ou  à  Fusage  auquel 
on  les  destinait.  Là  donc  encore  le  symbolisme  était  vivant, 
et  Ton  s'en  pourra  pleinement  convaincre  en  Usant  le  savant 
et  judicieux  Diclionnaire  d'orfèvrerie  chrétienne^  où  le  docte 
et  regrettable  abbé  Texier  a  réuni ,  avec  une  sérieuse  et 
vaste  érudition,  tout  ce  qui  regarde  ces  beaux  produits  de 
la  vie  artistique. 

Cependant ,  quelle  que  soit  Fimportance  à  donner  au  choix     Haute  théoio^e 

%  1  <.i-  i'i.ji  ^  dcB  verrièreB  aux 

des  couleurs,  et  combien  que  les  pemtres  du  moyen  âge  douzième  et  trei- 
se  soient  obligés  à  le  pratiquer,  il  y  avait  une  pensée  bien 
plus  élevée ,  et  partant  bien  plus  nécessaire  qui  présida 
toujours  à  la  composition  des  grands  sujets  d'ensemble. 

(1)  Cf.  Brantôme^  Vies  des  grands  capitaines  eslrangers,  discours  xx. 
(3)  Voir  ci-dessuB,  t.  H,  ch.  xiii»  p.  376. 


zième  Kiècles. 


I<>  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

« 

Qu'on  examine  attentivement  ces  amples  pages  ouvertes 
dans  nos  vastes  enceintes  que  virent  créer  les  douzième  et 
treizième  siècles  :  on  y  verra  d'abord  quelques  sujets  de  détail 
dont  le  rapport  avec  le  tout  n'apparaît  pas  toujours  claire- 
ment :  il  y  a  le  parallélisme  des  deux  Testaments,  assez  facile 
à  reconnaître  avec  de  médiocres  études  ;  mais  ,  avec  une 
plus  forte  dose  de  science,  on  découvrira  bientôt  l'intention 
arrêtée,  la  règle  faite  de  produire  le  plus  haut  enseigne- 
ment théologique  sous  le  voile  transparent  du  sujet  adopté. 
La  ifoureiir.  M-  N'cu  prcnous  qu'uu  cxcmplc  :  à  Bourges,  la  verrière  repro- 
i?  wn  caMcfèi  duite  par  la  première  planche  des  PP.  Cahier  et  Martin  est 
hi  ratique.  chargée  de  montrer  aux  fidèles  les  diverses  scènes  de  la 

Passion.  Eh  bien  !  ne  croyez  pas  que  ce  soit  une  série  de  ces 
scènes  habituellement  consacrées  à  la  méditation  de  ce  fait 
si  merveilleux  et  si  touchant  :  c'est  la  réunion  de  tous  les 
faits  du  vieux  Testament,  qui  figuraient  d'avance  la  Rédemp- 
tion et  ses  heureuses  conséquences  sur  l'âme  et  sur  le 
monde,  aussi  ne  comprendra-t-on  cette  suite  de  scènes  si 
diverses  et ,  en  apparence,  si  peu  liées  entre  elles ,  qu'en  se 
reportant  à  toutes  les  idées  que  la  tradition  chrétienne  avait 
groupées  autour  de  la  Croix.  Là  se  voient ,  comme  action 
principale,  les  épisodes  nombreux  de  la  mort  et  de  la  glo- 
rification du  Sauveui',  le  portement  de  croix,  la  crucifixion, 
la  résurrection.  Aujourd'hui  personne  ne  méconnaît  le  sens, 
au  moins  extérieur,  de  ces  images. 
Le  ireiarfème  Mais  qui  dira  ce  que  font  au-dessus  de  la  résurrection  , 
piu«*  Jieîr'é'^dans  qui  par  sa  nature  semblerait  devoir  occuper  le  point  cul- 
•on  es     que.      jj^j^ant  dc  l'œuvrc,  ce  Jacob  bénissant  deux  fils  de  Joseph  ; 

puis,  distribués  dans  toute  la  hauteur  du  cadre,  cette  résur- 
rection du  jeune  homme  de  Sarepta ,  par  Élie ,  ce  Jonas 
rejeté  par  le  poisson  sur  le  rivage  de  Ninive ,  ce  David  en 
présence  du  péUcan ,  ces  lions  aux  poses  si  diverses ,  ce 
sacrifice  d'Abraham,  ce  sang  de  l'Agneau  immolé ,  inscri- 
vant Tau  sur  les  maisons  des  Israélites  ?  N'y  aurait-il  donc 
aucun  rapport  entre  le  sujet  dominant  et  tant  d'accessoires  ? 


PEINTURE  CHRÉTIENNE. —  LES  VITRAUX.  «17 

Est-ce  l'imagination  déréglée  du  peintre  qui  aurait  multi- 
plié au  hasard  des  images  privées  de  tout  lien  de  parenté , 
jeté  là  des  extravagances  inintelligibles,  et  les  rêves  artis- 
tiquesd'une  tête  malade? — C'estlà,au  contraire, une  preuve 
irrécusable  du  sens  profond  que  le  treizième  siècle  et  toute 
la  tradition  avant  lui  attachaient  à  Thistorique  de  la  Bible  ; 
car  c'est  bien  ce  treizième  siècle  qui  se  montre  dans  ce  vitrail 
par  tout  ce  qui  caractérise  son  faire  :  pureté  vivace  des  cou- 
leurs, réduction  d'un  fait  en  un  petit  nombre  de  person- 
nages principaux ,  d'un  arbre  en  un  tronc  et  deux  autres 
branches  ;  enfin  gracieux  agencement  des  bordures,  opa- 
que translucidité  des  verres.  C'est  aussi  la  tradition  dans 
les  innombrables  autorités  rassemblées  par  Tartiste  et  ap- 
portées là  comme  autant  de  témoignages  des  Pères,  admira- 
blement développés  dans  un  exposé  des  doctes  jésuites  plein 
d* érudition  et  de  charme.  Ainsi ,  nous  voyons  dans  cette 
•belle  composition  tout  le  cycle  de  la  Nouvelle  Alliance ,  le 
sens  des  motifs  si  divers  réunis  autour  du  fait  dogmatique 
de  la  Rédemption ,  et  toute  la  science  de  théologie  mystique 
appelée  à  leur  service  par  les  verriers  de  cette  remarquable 
époque.  Quiconque  se  sera  arrêté  sur  tant  de  choses  mises 
en  une  seule,  et  aura  senti  les.af(inités  qui  les  réunissent , 
ne  pomra  plus  nier  que  des  théologiens  aient  préalable- 
ment donné  le  plan  de  ces  travaux  et  versé  l'inspiration  de 
leur  verve  à  oeux  qui  les  confectionnaient. 

Le  douzième  siècle  n'avait  été  ni  moins  hiératique  ni      Relies   entre- 
moins habile  d'exécution.  Nous  avons  parlé  deSuger,  abbé  ztème/de  8ug:er 
de  Saint-Dems  et  1  une  des  plus  nobles  figures  de  ce  temps,  de  saint-Denia. 
et  de  son  histoire,  fort  attachante,  de  l'œuvre  de  restauration 
qu'il  avait  entreprise  pour  son  abbatiale.  Cette  œuvre  ne 
fut  teiminée  qu'après  un  travail  assidu  et  une  persévérante 
surveillance  de  douze  années  (4  ) .  Ses  vitraux  n'en  furent  pas 

(1)  Voir  Tabbé  Texier,  Dici.  d^orfévrerie,  de  gravure  si  de  éfselure 
chrétiennes,  in-4*,  Paris ^  Migne,  1857^  aux  mots  émail,  col.  658  et 
suIt.^  Suger^  col.  1355^  et  sthbolishe,  col.  1366. 

T.  IV.  2 


18  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

la  moins  curieuse  partie.  Le  bleu  y  dominait  comme  fond 
et  rappelait  ces  saphirs  dont  parle  l'Exode ,  et  qui  étaient 
sous  les  pieds  du  Seigneur  quand  il  apparut  à  Hoise  et  à 
Aaron  (A).  Suger  donna  lui-même  les  plans  et  les  carions 
non  moins  pleins  de  théologie  que  ne  le  fm^ent ,  au  siècle 
suivant ,  les  admirables  yerrières  de  Saint- Etienne  de 
Bourges.  Le  temps  n'a  épargné ,  hélas  !  qu'un  seul  de  ces 
chefs-d'œuvre ,  celui  qui ,  au  fond  de  l'abside»  étale  les  ra- 
meaux bénis  de  l'arbre  de  Jessé.  Nous  avons  vu  qu'un  autre 
représentait,  «  pour  élever  l'âme  des  choses  matérielles  aux 
choses  spirituelles,  »  l'apôtre  S.  Paul  réduisant  en  farine,  à 
l'aide  d'une  meule  à  bras,  le  blé  que  lui  apportent  les  Pro- 
phètes :  idée  empruntée  à  S.  Eucher,  qui,  dès  le  cinquième 
siècle,  s'en  était  ser\i  pour  montrer  l'aifinité  des  deux  Tes- 
taments dans  les  prophéties  relatives  au  Sauveur  et  accom- 
plies par  l'Apostolat  :  cette  farine,  dans  la  pensée  de  Suger 
et  de  ses  devanciers ,  et  d'après  un  quatrain  composé  par- 
lui ,  exprimait  évidemment  le  Pain  de  vie.  Mais  un  fait 
à  ne  pas  néghger ,  c'est  que  ce  même  sujet  était  sculpté , 
à  la  môme  époque,  sur  un  chapiteau  de  Vézelay,  et  repro- 
duit.dans  une  verrière  de  Gantorbéry  (2).  Plus  loin  on  voyait 
le  voile  qui  couvrait  la  face  de  Moise,  en  preuve  de  l'insuffi- 
sance de  l'ancienne  Loi ,  tomber  devant  Jésus-Ghrist ,  dont 
la  doctrine  apportait  la  vérité  avec  la  Loi  nouvelle;  puis 
l'Arche  d'alliance  surmontée  de  la  croix ,  ce  qui  revenait 
au  symbolisme  précédent;  et ,  sur  la  même  vitre,  un  livre, 
celui  des  secrets  apocalyptiques  sans  doute,  ouvert  par  un 
lion  et  un  agneau  représentant  l'union  des  deux  natures  en 
Noti'e-Seigneur.  Ainsi  se  suivaient,  dans  le  pourtour  d'une 
des  plus  belles  églises  de  la  chrétienté ,  beaucoup  d'autres 
allégories ,  toutes  très-capables  de  prouver  la  théorie  très- 


Ci)  c  Et  videmnl  Deam  Israël,  et  sab  pedibus  E;jq8  quasi  opns  lapi- 
dis  sapphirini,  et  quasi  ccelum  corn  serenum  esL  »  [Esod,,  xxir,  10.) 

(2)  Voir  Mélanges  u' archéologie,  1. 1,  p.  ISO  et  aulv.,  —puis,  ei-dessus, 
notre  tome  U,  p.  573. 


PEINTURE  CHnÉTlENNE.  —  LES  VITRAUX.  49 

éleyée  qui  présidait  à  ces  grands  travaux  de  la  pensée ,  et 
qui  agrandissait ,  en  le  fortifiant,  le  champ  si  vaste  déjà  du 
symbolisme  et  de  ses  immenses  ressources. 
On  le  voit ,  ce  sont  là  des  modèles  irréprocliables ,  ou-      Dëoiuienoe  do 

l*ftrt  AUX  qnfttor- 

vrant  dans  les  meilleurs  siècles  de  Fart  une  route  sûre  à  xième  et  qnia- 
ceux  qui  devaient  les  suivre.  Cette  voie ,  en  effet,  fut  res- 
pectée et  suivie  fidèlement  jusqu'à  ce  siècle  de  décadence 
où  Tesprit^umain ,  sous  l'influence  des  révoltes  hérétiques 
et  de  k  littérature  païenne,  abandonna  les  traditions  véné- 
rées et ,  par  ses  innovations  audacieuses,  inaugura  la  ruine 
de  Fart  chrétien.  Les  peintres-verriers,  qui  conformaient 
leur  travail  aux  règles  précises  et  aux  justes  exigences  de 
l'architecture  religieuse ,  nous  avaient  laissé  dans  leurs 
pages  transparentes  de  fidèles  spécimens  des  monuments , 
des  costumes  et  même  de  la  physionomie  humaine  de  leur 
époque.  Ils  continuèrent  cette  marche  au  quatorzième  et 
au  quinzième  siècle,  avec  la  même  fidélité  peut-être,  mais 
cependant  avec  une  moindre  utilité  pour  nous;  car,  en  se 
soumettant  aux  variations  du  style  architectural  qui  décli- 
nait sensiblement ,  ils  déclinèrent  eux-mêmes  et  s'éloignè- 
rent des  méthodes  qui  avaient  fait  la  gloire  de  l'art.  Ce  ne 
furent  plus  ces  médaillons  qui  racontaient  les  diverses 
phases  des  légendes  hagiographiques  avec  la  naïveté  de  la 
foi  chrétienne  et  le  zèle  d'un  pieux  et  fécond  enseignement  ; 
ce  n'étaient  plus  ces  épisodes  où  des  personnages  groupés 
composaient  en  des  panneaux  orbiculaires,  ovales  ou  poly- 
gones ,  une  vie  complète ,  divisée  en  compartiments  reliés 
par  des  chaînes  de  fleurs  ou  des  rubans  perlés ,  et  dont  le 
premier ,  commençant  au  bas  de  la  verrière ,  se  rattachait 
aux  suivantes  qui  montaient  toujours,  pour  se  terminer  au 
point  culminant,  comme  la  vie  terrestre  de  l'homme,  inau- 
gurée ici-bas,  l'élève  jusqu'aux  confins  de  son  éternité. 

Avec  le  quatorzième  siècle,  on  vit  disparaître  cette  ordon-  c«raotère  inf^- 
nance  charmante  du  plan  général  ;  les  scènes  légendaires  ïp^„e  T  *''"* 
furent  abandonnées,  et  de  grandes  images  de  Saints ,  affectant 


20  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

une  statuaire  colossale,  presque  toujours  sans  aucune  liaison 
entre  eux ,  ayant  leurs  noms  invariablement  inscrits  à  leurs 
pieds ,  se  posèrent  exclusivement  à  la  place  donnée  na- 
guère aux  sujets  symboliques  et  parallèles  des  deux  Testa- 
ments, aux  actes  des  Martyrs  et  des  Confesseurs,  aux  grandes 
dansieTâffae  def  couccptions  théologiqucs.  Ce  froid  état-major  de  la  milice 

ornements      tou-  ^  , 

tiiee,  céleste,  appelé  là  sans  autres  beautés  que  celles  d  un  unij- 

forme  à  peu  près  partout  le  même ,  s*enrerme  Infaillible- 
ment dans  les  hautes  fenêtres  ogivales ,  dont  le  cadre  en 
pierre  élégamment  taillée  fut  toute  la  bordure,  et  n*occupa 
guère  que  le  premier  tiers  de  la  hauteur  pour  laisser  à 
deux  autres,  dans  toute  la  partie  supérieure,  étaler  une  suite 
de  pinacles,  de  tours,  de  dais  et  de  choux  plus  ou  moins  fri- 
sés, qui,  sous  prétexte  de  représenter  les  caprices  de  l'archi- 
tecture contemporaine,  surchargèrent cesgrandes  figures  de 
grandes  et  froides  puérilités.  Lequinzièmc  siècle  enchérit  sur 
ces  beautés  prétendues  parla  profusion  des  broderies  peintes 
imitées  des  sculptures  architectoniques ,  devenues  de  plus 
en  plus  maniérées;  et  le  seizième,  joignant  à  l'imitation  sou- 
vent équivoque  de  l'art  grec  et  romain  le  ridicule  de  ses 
recherciies  modernes,  encadra  ses  tableaux  de  genre  dans 
une  architecture  bizaiTC,  qui ,  en  France  et  en  Angleterre, 
varia  sous  chaque  règne,  de  Louis  XII  à  Henri  III,  de 
Henri  VIII  à  Charles  I",  pour  s'éteindre,  avec  ses  anges  qui 
ressemblaient  à  des  génies ,  avec  ses  chimères  sans  nom  et  ses 
fioritures  sans  caractère ,  dans  les  pauvretés  de  Louis  XUI 
et  de  Louis  XIV,  où  le  verrier  travailla  bien  plus  pour  les 
châteaux  que  pour  les  égUses ,  perdit  les  souvenirs  tradi- 
tionnels de  Tart  sacré,  et  finit  par  s'éteindre  lui-même  dans 
l'affaissement  de  l'architecture  ogivale, 
•t  roabu  da  sym-  Rcmarquons  bien,  au  reste,  que  le  symbolisme  des  couleurs 
ÎmST*  ****  **""  avait  été  abdiqué ,  ou  à  peu  près,  dès  le  quinzième  siècle. 

On  n'y  cherchait  plus  que  par  de  rares  réminiscences  Tap- 
plication ,  pourtant  fondamentale ,  des  théories  chronolo- 
giques, dont  jusqu'alors  personne  n'eût  voulu  se  passer.  Il 


PËhMURB  CHRÉTIENNE. —  LES  VITRAUX.  21 

n*était  pas  plus  question  de  blanc  pour  les  vierges  que  de 
rouge  pour  les  martyrs  ;  on  se  contentait  d'un  effet  d'en- 
semble y  sans  aucun  égard  aux  lois  hiératiques,  ni  à  l'ex- 
pression des  personnes  et  des  choses.  On  tendait  par  là  à 
n'avoir  plus  de  verrières  dotées  de  toutes  les  conditions  de 
leur  vie  et  de  leur  influence ,  mais  des  tableaux  dont  les 
teintes  se  ternissaient  de  plus  en  plus,  en  même  temps  gue 
les  sujets  devenaient  une  lointaine  parodie  des  belles  et  reli- 
gieuses compositions  de  Suger  et  de  ses  imitateurs. 

L'art  du  verrier,  quoi  qu'on  en  ait  dit  souvent,  n'a  jamais  Rëapparwon  d« 
été  perdu;  il  s'est  effacé  devant  les  malheurs  des  temps,  époque-, 
quand  la  foi  s'est  affaiblie,  quand  les  églises,  ruinées  par  les 
huguenots,  n'avaient  qu'à  peine  de  quoi  se  relever  et  son- 
geaient à  leurs  pauvres  murailles  avant  de  penser  au  luxe 
d'un  nouvel  ameublement.  La  renaissance  de  l'architecture 
chrétienne  a  fait  renaître  de  nos  jours  ce  mode  de  décora- 
tion,  dont  elle  ne  pouvait  plus  se  passer;  mais  il  s'en  faut, 
disons-le  encore ,  que  l'on  découvre  ce  feu  sacré  dans  tous 
ceux  qui  y  touchent,  et  Ton  n'a  que  fort  peu  d'artistes  au 
milieu  de  tant  d'ouvriers.  C'est  que  le  principe  de  tout  bien  «e» défaut. actuel. 

,  et  leur»  causes. 

en  ce  genre  manque  trop  à  ceux  qui  s  y  exercent.  Pour 
faire  de  la  peinture  chrétienne,  il  faut  être  chrétien,  aimer 
sa  foi,  travailler  pour  Dieu  avec  cet  amour  qui  le  fait  com- 
prendre,' qui  rend  jaloux  de  tout  savoir  pour  tout  rendre  et 
tout  exprimer;  il  faut  des  études  sérieuses  des  vieux  pro- 
cédés, une  érudition  acquise  dans  les  recherches  réfléchies 
sur  l'hagiographie,  sur  l'histoire  ecclésiastique,  la  théologie 
mystique,  l'Écriture  sainte  :  telles  seront  les  bases  de  la  com- 
position proprement  dite.  Quant  au  côté  matériel ,  il  faut 
certainement  abandonner  les  procédés  mesquins  auxquels 
s'obstinent  des  commerçants  dépourvus  de  vocation  artis- 
tique. Faire  des  tableaux  transparents ,  ne  prendre  souci  , 
aucun  de  l'épaisseur  des  verres,  de  leur  cuisson  ;  jeter,  au 
hasard  du  pinceau,  des  couleurs  fades  sur  des  fonds  équi- 
voques ;  tailler  de  grands  sujets  des  plus  vastes  dimensions 


22  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

possibles  où  le  plomb  s'épargne,  sous  prétexte  qu'il  nuirait 
à  la  belle  polychromie  qu'on  veut  étaler  avant  tout  ;  rejeta 
les  panneaux  légendaires ,  comme  plus  longs  à  composer, 
plus  difficiles  à  distribuer  avec  intelligence  et  moins  propres 
à  frapper  les  yeux  du  vulgaire:  voilà  à  quoi  se  réduit  main- 
tenant, à  très-peu  d'exceptions  près,  le  talent  de  nos  ateliers 
mc^dernes,  d'où  s'échappent  cependant  chaque  jour,  à  grands 
renforts  de  prospectus  et  au  plus  bas  prix  possible,  de  quoi 
séduire  tous  les  curés  de  nos  paroisses  et  motiver  parles 
fabriques  de  fortes  dépenses,  au  grand  regret  des  connais- 
L  oDiu  y  m«n-  scurs  ct  à  k  graudo  honte  de  l'art.  De  là ,  dans  les  plus 

bTiquTîe style,  richcs  commc  daus  les  plus  pauvres  églises,  tant  de  ver- 
rières sans  esprit  de  suite,  dont  tous  les  sujets,  récipro- 
quement isolés,  ne  se  rattachent  entre  eux  par  aucun  lien 
moral,  et  dont  le  style  n'est  jamais  celui  du  monument  qu'ils 
ont  la  prétention  de  décorer  ;  car  ce  principe  d'unité  qui 
exige  dans  un  tableau  sur  verre,  comme  dans  la  restauration 
architecturale,  une  étroite  conformité  de  style  entre  l'édifice 
et  son  ornementation ,  est  le  plus  méconnu  de  tous ,  et  par 
ceux  qui  veulent  de  la  sculpture ,  de  la  statuaire  ou  des 
vitraux,  et  par  ceux  qui  confectionnent  tout  cela  à  la  journée 
et  à  prix  fait. 
Ignorance  des      Et,  disous-lc  cucore,  uos  architcctes  actuels  sont  presque 

JÎSSî**^***  *"'  ^*  toujours  les  fauteurs  de  pareils  méfaits.  Tirés  à  la  hâte  d'une 

école  où  ils  n'apprennent  qu'en  partie  ce  qu'il  faudrait 
savoir  très-bien,  ils  ne  craignent  pas  de  se  charger,  pour  la 
construction  ou  la  restauration  d'une  église,  de  tout  ce  qui  en 
constituera  l'ensemble.  Ils  n'ignorent  pas  moins  des  vitraux 
que  des  autres  objets  auxquels  s'attaque  leur  zèle,  et  c'est 
ainsi  qu'en  s'appropriant  à  Angers  la  restauration  d'une  ver- 
rière de  S,  }faurille ,  certains  l'ont  complétée  d'épisodes 
tirés  de  la  légende  de  S,  Maurice;  et  qu'à  Saint-Denis  ils  pla- 
cèrent, en  \  843,  un  Origène  avec  la  tête  nimbée  :  si  bien  que 
Tarchevèque  de  Paris  eut  besoin  de  toute  son  autorité  pour 
faire  tirer  de  là  un  hérétique  illustre  que  l'habile  architecte 


PEINTURE  CHRÉTIENNE.  —  LES  MANUSCRITS.  23 

avait  canonisé  ni  plus  ni  moins  que  S.  Ambroise  et  S.  Au- 
gustin!.. Que  dire  de  tels  échantillons  ?  Ce  sont,  hélas!  des 
plaies  trop  souvent  ouvertes  sur  toute  l'étendue  de  nos  basi- 
liques. Depuis  trente  ans  que  la  vitrerie  s*en  est  emparée, 
combien  y  a-t-elle  posé  de  ridicules  essais  !  que  d'insigni- 
fiantes images ,  au  milieu  'desquelles  se  montrent  à  peine 
quelques  travaux  bien  sentis  et  bien  exécutés  !  Et  si  parfois  il 
en  est  ainsi,  c'est  que,  par  hasard,  un  véritable  archéologue 
a  passé  par  là;  ses  inspirations  s'y  sont  empreintes  ;  elles  y 
protestent  contre  un  entoiirage  malheureux  qu'un  peu  de 
bon  sens  et  de  science  aurait  sauvé  de  ses  banalités  ou  de 
ses  laideurs  (4). 
Une  complète  analogie  rapproche  les  vitraux  des  manus-     Analogie  entre 

\  ,    ?  ,         '^^     .  .    ,  .  .  ,         .  le.  vitraux  et  lee 

crits ,  quant  aux  mmiatures  qui  enrichissent  ces  derniers,  vignettes  de*  ma- 

Nous  serions  peu  étonné  que  le  travail  de  ceux-ci  eût  inspiré 

les  autres ,  car  Us  leur  sont  certainement  antérieurs  de 

beaucoup.  Les  uns  et  les  autres  ont  progressé  d'époque  en 

époque,  et,  pour  peu  qu'on  les  observe  et  qu'on  les  compare, 

on  reconnaît  que  les  commencements  et  les  développements 

successifs  de  chaque  genre  de  peinture  établissent  entre 

elles  des  rapports  qu'il  est  impossible  de  nier.  Ce  que  nous 

savons  des  manuscrits  antérieurs  à  l'ère  chrétienne  nous 

prouve  que  les  lettres  ornées  ou  vignettes  furent  d'abord 

fort  rares ,  et  tracées  seulement  au  trait ,  en  de  très-fins 

linéaments,  d'où  leur  vint  le  nom  qu'elles  portent  encore. 

Pour  ceux  qui  remontent  au  delà  du  neuvième  siècle ,     Rareté  des  ma- 

,  *         i.        jjtx  •  1  nu8crit8       ame- 

nons en  avons  si  peu  qu  on  ne  peut  guère  déterminer  leurs  rieurs   au   neu- 

caractères  que  par  ces  précieuses  exceptions.  Nous  pour- 
rions citer  de  ce  nombre  quelques  rares  débris  d'évangé- 

(i)  Comparer^  pour  preuve  de  ces  observations,  les  deux  verrières  de 
Sainl'Bilaire  et  de  Saint-Bernard  posées  dans  le  pourtour  absidal  do  ' 
la  beUe  abbatiale  de  Fontgombaud,  lesquelles  sont  dues  aux  ateliers  de 
M.  Honoré  flivonnait,  de  Poitiers,  avec  toutes  les  autres  placées  autour 
d'elles  et  qu'on  s'est  repenti,  nous  le  savons,  d'avoir  prises  ailleurs... 
On  s'évitera  de  telles  erreurs  et  de  pareUs  repentirs  quand  Vart  ckré- 
fien  pera  devenu  l'objet  obligé  des  études  ecclésiastiques. 


des. 


24  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

liaires ,  comme  celui  de  Gharlemagne  à  la  bibliothèque  du 
Louvre ,  ou  le  sacramentaire  de  Tabbaye  de  Gellone,  qui 
date  du  huitième  siècle  et  qui  se  conserve  à  la  bibliothèque 
nationale  (4).  Là  se  manifeste  le  symbolisme  usité,  dès 
les  premiers  temps  du  Christianisme,  dans  la  reproduction 
du  chrisrae ,  du  tétramorphe  ,*  des  lettres  ornées  de  pois- 
sons, de  fleurs  et  de  scènes  de  TApocalypse.  Enfin ,  et  au 
niveau,  pour  la  beauté  d'exécution,  d'un  charmant  évan- 
géliaire  du  neuvième  siècle  à  la  bibliothèque  de  Bruxelles, 
nous  mentionnons  un  beau  manuscrit  en  parchemin  de 
celle  de  Poitiers,  où  les  vignettes  à  pleines  pages  sont  d'une 
exécution  remarquable  et  appartiennent  à  une  copie  des 
progrte  de  co   yf^  de  5'*  Budégonde  par  S.  Fortunat  et  Baudonivie.  Dans 

ffjuct  de  peinture  *^  ' 

^  te«Tert  lee  «le.  tous  CCS  livrcs ,  OU  cût  rctrouvé  le  genre  des  verrières  con- 
temporaines, si  tant  est  qu'il  en  eût  existé  alors,  comme 
nous  serions  porté  à  le  croire  d'après  ce  spécimen,  en 
considérant  surtout  que  celles  du  onzième  ,  dont  on  con- 
naît encore  quelques  rares  débris,  ont  une  grande  analogie 
avec  ces  curieuses  miniatures  ;  car  c'est  aux  règnes  de  Robert 
et  d'Henri  V'  que  l'art  du  verrier  se  perfectionne  et  suit 
régulièrement  dans  sa  marclie  celle  des  écrivains  et  des 
enlumineurs.  Toutefois  ce  ne  sont  pas  encore  ces  couleurs 
vives  et  éclatantes ,  ces  dorures  brillantes  et  épaisses  qu'on 
admire  dans  les  œuvres  des  trois  siècles  suivants.  Les  tons 
en  général  y  sont  ternes  et  de  peu  d'effet,  mais  le  symbo- 
lisme y  vit  autant  que  dans  toutes  les  œuvres  artistiques  par 
les  couleurs  et  par  les  accessoires,  qui  se  rangent  le  plus  sou- 
vent autour  du  sujet  principal.  Là  nous  voyons  aussi  les 
modifications  apportées  par  les  divers  âges  à  l'architecture 
monumentale,  jusque-là  même  qu'on  y  peut  remarquer  des 
traits  inaperçus  de  la  plupart  des  archéologues, par  exemple 
(les  arcades  ogivales  adaptées  à  des  ornements  archilecto- 


{{j  Voir  Id  Dt'Scriptivn  de  VévangéUaire  dt  5.  Gotîin,  du  neuvième 
>iôcle,  par  M.  Digot  {Ballet.  ?nonum.,  XII,  515). 


PEINTURE  CHRÉTIENIVE.  —  LES  MANLSCniTS.  25 

« 

niqnes  dans  un  ménologe  grec ,  illustré ,  entre  867  et  S86  , 
par  ordre  de  Tempereur  Basile  le  Macédonien . 

Ce  qui  n'est  pas  moins  curieux,  et  ce  qui  pourrait  passer  R*PP«>ite  »•;;- 
à  quelques  égards  pour  un  véritable  caractère  symbolique ,  cnture  des  direr» 
c'est  le  rapport  très-direct  qu'on  peut  reconnaître  entre  *»«  *»  »«  •ty»*'» 
récriture  des  manuscrits  du  moyen  âge  et  le  style  plus  ou  tare. 
moins  pur  ou  plus  ou  moins  maniéré  des  architectes  dans 
leurs  œuvres  monumentales.  Quelle  frappante  conformité, 
en  effet,  entre  ces  durs  et  incultes  Mérovingiens,  dont  tout  le 
luxe  est  dans  une  framée,  toute  la  vie  sociale  dans  la  guerre 
et  les  conquêtes,  et  ces  caractères  graphiques  jetés  lourde- 
ment,  mais  par  une  plume  nette  et  ferme,  sur  un  parchemin 
épais,  dur  et  presque  raboteux  ,  caractères  qui  eux-mêmes 
larges  et  trapus ,  réguliers  et  uniformes,  représentent  très- 
bien  l'arcade  lourde  et  sévère ,  les  murailles  épaisses,  les 
baies  sans  ornements ,  les  portes  étroites ,  les  contreforts 
hauts  et  massifs,  des  donjons  et  des  églises  lombardes  ou 
anglo-saxonnes  !  Ainsi,  comme  l'écriture  calme ,  posée  et 
très-lisible  du  douzième  au  quinzième  siècle,  les  con- 
structions architecturales  de  l'époque  romane,  de  la  Tran- 
sition et  des  deux  premières  périodes  gothiques  sont  d'un 
style  simple,  grandiose ,  d'un  effet  d'autant  plus  élevé  qu'il 
ne  le  cherche  pas,  et  dédaigneux  de  toute  parure  qui 
n'ajoute  rien  à  l'expression  indispensable  à  son  objet.  Au 
temps  de  S.  Louis,  les  deux  choses  commencent  à  recher- 
cher une  certaine  élégance,  encore  timide  .*  de  graves 
qu'elles  étaient  auparavant,  elles  tendent  au  gracieux ,  et 
commencentà  s'emparer,  pour  y  arriver  bientôt,  d'un  genre 
d'ornementation  qui  s'appellera  le  gothique  fleuri.  Pour 
l'architecture,  ce  seront  des  difficultés  vaincues  en  des  mou- 
lures  et  en  des  motifs  sculptés  qui,  au  Heu  d'accuser  un  des- 
sin pur  et  correct,  se  contourneront  dans  les  prétentieux  ca- 
prices d'une  de  ces  nombreuses  innovations  qui  pour  les  arts 
sont  toujours,  sous  un  spécieux  prétexte  de  progrès  qui  sé- 
duit la  foule,  les  avant-coureurs  d'une  prochaine  décadence . 


26  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

Ainsi,  la  Renaissance  nous  fait,  au  quinzième  siècle  et  au 
seizième,  des  édifices  religieux  ou  civils  dont  l'ornementa- 
tion n*est  plus  qu'un  tour  de  force  continuel;  l'écriture,  par 
analogie ,  élargit  ses  lettres ,  les  mêle  et  les  encheyètre  de 
façon  que  ses  caractères  ne  sont  reconnaissables  qu'à  la 
manière  des  énigmes  ;  et ,  avec  leur  profusion  de  traits 
futiles,  évidemment  empruntés  des  végétations  fouillées 
dans  les  gorges  et  les  voussures  des  grandes  portes  des 
églises,  ils  vont  nous  produire,  jusqu'au  dix-septième  siècle, 
des  écritures  illisibles  que  nous  gardent  encore  les  chartes 
et  les  parchemins  de  Louis  Xn  à  Louis  XIIL  Aussi  les  livres 
manuscrits  cessent  à  partir  de  la  fin  du  quinzième,  et, 
quoique  l'apparition  contemporaine  de  l'imprimerie  soit 
une  cause  très-nette  de  cette  disparition  des  écrivains ,  elle 
se  fût  manifestée  fatalement  en  dehors  de  cette  cause,  uni- 
quement par  la  seule  difficulté  d'avoir  des  lecteurs  assez 
résignés  pour  accepter  des  Uvres  dont  toutes  les  lignes  se- 
raient devenues  indéchiffrables.  Enfin,  si  nous  considérons 
l'écriture  cursive  pendant  les  deux  siècles  qui  précèdent  le 
dix-neuvième,  nous  la  voyons  revenir  et  n'avoir  plus  de  phy- 
sionomie générale  :  chacun  se  fait  la  sienne,  plus  ou  moins 
lisible ,  mais  sans  autre  règle  que  sa  propre  personnalité  ; 
dès  lors  elle  devient  de  nouveau  le  type  de  l'architecture 
métamorphosée,  qui  se  vit  alors,  elle  aussi,  subordonnée  au 
hasard  de  la  pensée,  sans  trait  ni  originalité  ;  par  cela  môme 
elle  est  comme  un  symbole  de  la  société  européenne,  qui , 
secouée  par  les  tempêtes  morales,  dont  la  prétendue  Réforme 
est  la  principale  cause,  s'achemine  à  n'avoir  plus  d'unité  ni 
dans  sa  foi  religieuse ,  ni  dans  son  respect  de  l'autorité,  ni 
dans  les  dogmes  mêmes  de  la  vie  pubhque  :  toutes  choses 
dont  on  avait  commencé  à  douter,  et  qui  s'anéantissent  au- 
jourd'hui dans  ce  monstrueux  phénomène  qu'on  appelle  la 
Révolution ,  c'est-à-dire  le  dernier  degré  de  la  démoralisa- 
tion humaine. 
La  même  obser-      Si,  après  ccs  cousidératious  générales,  nous  entrons  dans 


PEINTURE  CHRÉTIENNE.  —  LES   MANUSCRITS.  27 

Texamen  des  vignettes  en  particulier,  nous  y  trouvons  mille  ▼•«<»«  q»»»*  »«« 
preuves  de  plus  que  chaque  objet,  outre  son  caractère  his-  prei^rnent  de  res- 

^     .  ;  .  ,  P"^'  <**  *•  Renais. 

tonque,  y  tient  toujours  un  langage  qu'il  n'est  pas  donné  à  •«oc 
tous  de  comprendre ,  mais  qu'il  est  important  d'éclaircir 
pour  tous.  Là  encore,  il  faut  distinguer  les  époques  avant 
tout  :  c'est  une  première  condition  d'une  interprétation  fon- 
dée ;  car  autant  les  siècles  de  la  véritable  science  théolo- 
gique nous  offrent  d'images  sérieuses  au  sens  profond  et 
élevé,  autant  les  folies  de  la  Renaissance  et  toutes  les  excen- 
tricités du  temps  qui  s'écoule  de  Charles  VII  à  Louis  XIII 
émaillent,  par  une  étonnante  prodigalité,  les  textes  et  les 
marges  des  dernières  œuvres  de  la  calligraphie.  Les  unes, 
toujours  graves  comme  les  écrivains  et  les  peintres  qui  nous 
les  laissèrent,  se  font  toujours  l'organe  d'un  haut  enseigne- 
ment ;  les  autres,  ayant  au  fond  le  même  but,  y  tendent  par 
des  moyens  beaucoup  moins  dignes ,  et  sous  rinOuence 
d'une  pensée  empreinte  de  toutes  les  hardiesses  de  l'esprit. 
(Celles-ci  semblent  s'évertuer  à  inventer  de  nouvelles  formes  ; 
la  simplicité  d'autrefois ,  les  symboles  reçus  par  les  âges 
modèles,  ne  leur  sufBsent  plus  ;  l'imagination  se  donne  avec 
elles  toute  carrière  et  la  parcourt  sans  réserve,  ne  s'arrêtant 
devant  aucune  des  formes  de  l'audace.  Il  n'en  faut  pas 
moins  deviner  les  prétentions  de  leur  style  et  de  leur  pin- 
ceau. Cherchons  à  les  analyser. 
Dans  le  premier  genre  donc  qui  mérite  à  tous  égards  nos      Beautés  artisu- 

.  «  .  ^00  (le  ces  char* 

premiers  soms,  nous  rencontrons  ces  belles  pemtures  faites  mantes  peintures, 

1  •  A     tti  *•     .  n    »      Il         •*    *®""'     détails 

avec  tout  le  som  que  comporte  lépoque  artistique  d  ou  elles  symboliques. 
descendent,  reproduisant  avec  leurs  couleurs  convenues  les 
traits,  consignés  dans  le  texte,  de  leur  côté  purement  biblique 
on  mystique ,  et  accompagnés  de  certains  détails  qui  seuls 
en  feraient  reconnaître  l'auteur  ou  le  fond  môme  :  c'est  la 
crucifixion  avec  un  pélican  qui  surmonte  la  croix,  ou  l'Éghse 
recevant  le  sang  divin  dans  un  caUce  qu'elle  tient  sous  les 
plaies  du  Sauveur;  c'est  David  méditant  à  genoux  devant  un 
prie-Dieu  les  psaumes  de  la  pénitence,  dont  le  texte  est  ou- 


2S  HISTOIRE  DU  STMBOLMME. 

vert  sous  ses  regards.  Sa  harge  savante,  qui  bientôt  redira 
les  accents  d'un  cœur  contrit  et  humilié,  repose  silencieuse 
à  ses  pieds,  et  tout  près  du  prince  perche ,  triste  et  préoc- 
cupé comme  lui,  le  passereau,  dont  il  a  fait  le  symbole  de  sa 
Esprit  mondain  soH tudc . — Quaud  ce  sout  dcs  scènes  évangélîques,  le  peintre 

et   profane  de  la  i.-i  i  ^        ^  *r 

plupart  de  ces  or-  Ics  cutoure  volouticrs  dc  quelque  accessoire  qui  en  fait 

nementsauxquin-  t-, ,  .  «*  «■ 

xièmc  et  «eiz  ème  comprcudre  le  sens  allégorique,  ne  fût-ce  que  sur  les  marges 
'  du  manuscrit,  embelli  de  charmantes  fleurs  imaginaires  qui 
vont  de  siècle  en  siècle,  et  de  plus  en  plus  délicates  et  vives 
de  couleurs  et  d'or,  jusqu'à  celui  où  le  sérieux  devient  plus 
rare ,  où  la  plaisanterie  se  glisse  jusque  dans  les  Litres 
d* heures  y  à  côté  des  psaumes  et  des  oraisons.  Il  est  facile 
de  voir  à  ces  singularités  inconvenantes  que  la  main  du 
moine  écrivain  n'est  pliLS  là.  Les  miniaturistes  apportent 
leur  laïcisme  sur  ces  pages  si  joliment  écrites,  si  habilement 
coloriées ,  mais  où  le  sens  de  la  piété  se  fourvoie ,  où  la 
théologie  est  absente,  où  les  idées  mômes  de  la  magie  telle 
que  nous  l'avons  pu  étudier  ci-dessus  (i)  s'introduisent 
pour  traduire  en  grotesques  libertés  les  doctrines  de  la  ca- 
bale et  les  scènes  drolatiques  du  sabbat.  C'est  le  quinzième 
siècle  surtout  qui  s'est  évertué  à  ces  gentillesses  déplacées. 
Rôle  fréquent      Et  commcut  cxpliqucr  autrement  que  par  quelque  rêverie 

donné  au  démon      ,.    ,     ,,  /.  t.  ,  ,    , 

80U8  des  form.»»  diaboliquc  cette  laie  aux  mamelles  pendantes,  debout,  à 

grotesquen , 

cheval  sur  un  bâton  qu'elle  tient  d'une  main ,  et  de  l'autre 
soutenant  l'équilibre  d'une  barre  transversale  appuyée  sur 
son  épaule  droite,  et  d'où  pendent,  devant  et  derrière,  deux 
seaux  de  bois  qu'elle  va  remplir  ? —  et  ce  gros  garçon  armé 
d'une  formidable  massue,  monté  sur  une  chimère  bipède  à 
corps  de  scorpion? — Ici  j'aperçois  un  diable  à  tête  de  dragon, 
dont  le  poitrail  est  garni  d'une  de  ces  têtes  difformes  que 
nous  avons  vues  se  multiplier  sur  le  corps  de  Satan  en  signe 
de  sa  multiple  activité  dans  le  mal  ;  il  marche  sur  deux 
pattes  velues  et  onglées;  une  énorme  queue  indiquerait 

(t)  Voir  t.  III,  ch  X,  p.  392  etsuiv. 


PEINTURE  CHRÉTIEMNB.  —  LES  MANUSCRITS.  29 

toute  seule  son  origine  suspecte. — Là,  par  un  contraste  aisé 
à  comprendre,  des  magots  à  deux  pattes  s'accroupissent  sur 
la  tige  d'une  jolie  plante  ou  sur  le  calice  d'une  fleur  fantas- 
tique ,  de  môme  que  le  génie  du  mal  assiège  et  subjugue 
trop  souvent  la  beauté  innocente  qui  ne  l'a  pas  assez  redouté. 
— Ici  un  singe  à  l'air  espiègle  et  dégagé  s'exerce  sur  la  cor- 
nemuse, digne  pendant  d'un  rival  de  même  nature  qui,  sur 
une  autre  page,  charme  ses  loisirs  en  jouant  de  la  flûte.  Ne 
sont-ce  pas  là  des  variantes  de  la  truie  qui  flle,  de  l'âne  jouant 
de  la  harpe  ou  se  pavanant  sous  la  chape?  — Et  cet  autre 
singe  aussi  qui  fouette  un  chat,  dont  on  remarque  l'impas- 
sibilité étonnante,  n'est-ce  pas  le  diable  se  faisant  un  jouet 
de  l'âme  perfide,  habituée  de  la  gourmandise  et  de  la  ruse  ? 
aussi  bien  que  ce  loup  traînant  dans  une  brouette  une  oie 
qui  ne  paraît  pas  trop  se  déplaire  à  ce  voyage  n'est  certai- 
nement, dans  la  pensée  du  peintre,  qu'un  stupide  pécheur 
se  laissant  emporter,  par  sa  fatale  docilité  à  l'ennemi,  vers  le 
but  que  sa  bêtise  lui  cache,  et  où  bientôt  il  va  devenir  la 
proie  de  ce  maître  plus  avisé  que  lui. 

Il  n'y  a  donc  pas  à  douter  que  tant  de  singularités  ne 
soient  toujours  du  symbolisme  créé  par  la  folle  de  la 
maison ,  sans  contredit ,  mais  ayant  un  sens  très-recon- 
naissable.  C'était  le  genre  du  temps  avec  la  pensée  res- 
pectable des  temps  passés.  Alors  encore ,  on  se  souvenait, 
en  dépit  de  telles  apparences  ,  des  traditions  sacrées  ; 
on  faisait  de  charmantes  copies  du  Saint-Graal  ornées  de 
magnifiques  pages,  enluminées  de  vastes  sujets  à  scènes 
variées,  où  la  démonologie  du  moyen  Age  rappelle,  autour 
du  règne  de  Satan  trônant  au  milieu  de  ses  horribles  satel- 
lites, tout  ce  que  la  foi  nous  enseigne  du  dernier  jugement, 
du  purgatoire  et  de  l'enfer.  Ce  tableau  est  plein  d'animation  ;  rev^toes  de  leun 
les  courtisans  du  roi  des  ténèbres  y  ont  tous  une  figure  •"'•p«>p'««' 
dont  le  fond  est  de  l'humanité  aussi  bien  que  le  corps  ;  mais 
tous  ont  une  tête  verte  ou  bleue  comme  leur  chef,  qui  s'ad- 
juge ces  deux  couleurs  empruntées  aux  idées  divines,  qu'il 


30  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

et    apparaiMant  prétend  usurper.  Leurs  costumes  aussi,  qui  consistent  tantôt 
étonnante  variété  dans  unc  cuirassc  et  des  brassards  quand  ils  remplissent  les 

do  formes  et  d*ac- 

tion.  fonctions  de  gardes,  tantôt  dans  un  simple  haut-de-chausse 

qui  laisse  à  nu  tout  le  reste  du  corps,  sont  par  là  très-con- 
formes aux  règles  symbolistiques  des  bonnes  époques.  Ces 
belles  pages,  et  d'autres  tirées  en  grand  nombre  des  beaux 
manuscrits  du  quinzième  siècle,  annoncent,  dès  ce  temps,  de 
remarquables  progrès  dans  la  peinture  ;  elles  sont  les  con- 
temporaines de  nos  grands  peintres  chrétiens,  de  Giotto  à 
Ange  de  Fiézole,  et  de  celui-ci  à  Raphaël. 

Mais  entrons  plus  avant  dans  cette  époque  par  des  obser- 
vations plus  intimes,  et  reconnaissons,  jusque  dans  les  té- 
mérités que  nous  blâmons ,  l'esprit  symbolique ,  resté  tout 
d'abord  trop  inaperçu. 
Manuscrit  du  roi      Dans  uu  dcs  bcaux  manuscrits  de  la  bibliothèque  de  Poi- 

René  d* Anjou.  *• 

tiers,  attribué  à  René  d'Anjou  et  rempli  de  délicieuses  ma- 
juscules ornées  de  fleurs  et  d'oiseaux  ravissants  d'exécution, 
une  miniature  représente  Job  sur  le  fumier ,  conversant 
avec  ses  amis.  Ce  sujet  occupe  toute  la  page ,  si  ce  n'est 
qu'au  bas  on  a  ménagé  assez  d'espace  pour  jeter  encore,  au 
milieu  de  guirlandes  fleuries  et  de  festons  de  fort  bon  goût, 
deux  monstres ,  dont  l'un  est  un  quadrupède ,  espèce  de 
chien  imaginaire ,  l'autre  un  magot  assis  sur  ses  deux  pattes, 
et  dont  la  tête  humaine  est  surmontée  d'un  cou  et  d'une  tête 
de  dragon.  Il  est,  ce  semble,  assez  facile  de  distinguer  sous 
ces  traits  le  mauvais  Ange ,  qui  joue  un  rôle  si  important 
dans  cette  histoire  si  philosophique ,  puis ,  dans  le  chien 
bizarrement  accoutré  de  sa  nature  équivoque,  ces  amis  du 
saint  Patriarche,  dont  les  raisonnements  et  la  doctrine 
valaient  bien  à  peu  près  les  aboiements  importuns  de  l'inté- 
ressant quadrupède. 
Miatei  de  pab-  Mals  ouvrous  uu  mlsscl  des  dernières  années  du  même 
orofxdePoitien:  sièclc ,  à  la  bibliothèquc  du  séminaire  de  Poitiers,  et 

de  l'ancien  monastère  de  Sainte-Croix  :  nous  allons  y  voir, 
sous  les  formes  les  plus  diverses  et  les  plus  singulières, 


PEmTURE  CHRÉTIENNE. —  LES  MANUSCRITS.  31 

des  allégories  très-patentes  aux  offices  dont  elles  accom- 
pagnent le  texte.  Au  premier  dimanche  de  TAvent,  se  ,  ^  dimMciie^ 

■^    .  '^  'de  l'Arent  et  du 

Yoit  SUT  mie  page  enluminée  une  charmante  sirène,  dont  c*rême  «ymbon- 

■  ses  ' 

nous  savons  le  rôle  perfide  et  attrayant.  Que  fait-elle  donc     La  sirène; 
là,  quand  l'Église  nous  parle  du  dernier  jugement,  sinon  un 
contraste  évident  entre  les  plaisirs  mondains  qui  perdent  les 
hommes ,  et  les  graves  pensées  qui  ouvrent  un  temps  de 
pénitence  et  de  préparation  aux  dernières  fins  ? 

Au  quatrième  dimanche ,  un  loup ,  fort  bien  caractérisé  la  pcn^oation 
par  la  tête  ,les  pattes  et  la  queue ,  à  demi  vêtu  d'un  habit  ®  *  °' 
monastique  d'homme ,  est  à  cheval  sur  un  coq  lancé  de 
toute  sa  vitesse  contre  un  oiseau  qui  a  quelque  rapport 
à  une  grue.  On  sait  l'innocuité  proverbiale  de  celle-ci, 
comme  la  méchanceté  hardie  de  celui-là.  La  pauvre  vola- 
tile ,  tout  en  fuyant ,  se  retourne  pour  se  défendre  ;  elle 
étend  ses  ailes,  darde  sa  langue,  donne  enfin  toutes  les 
marques  de  la  frayeur  :  c'est  l'innocence  attaquée  par  le 
crime;  c'est  le  démon  poursuivant  l'&me  fidèle;  c'est  le 
loup  ravissant,  image  de  la  cruauté  et  de  la  fraude,  et 
l'âme  juste  qu'il  persécute  de  ses  plus  rudes  tentations  et 
dont  toute  la  garantie  est  dans  une  fuite  prompte  et  résolue. 
Or,  dans  cet  office,  l'Ëglise  demande  expressément  la  venue 
du  Messie  libérateur,  implore  sa  protection  toute-puissante 
et  la  délivrance  de  l'esclavage  du  péché.  La  prose  qu'on 
chantait  alors  à  la  messe  de  ce  jour  appuie  bien  ce  senti- 
ment :  Redempta  Aumanita9  j  tota  morte  fugata^  prima  fugit 
deirimenia. 

Mais  nous  voici  au  premier  dimanche  de  carême  :  il  s'agit  i-»  tenutioii  aa 
de  la  tentation  du  Christ  dans  le  désert.  Cet  épisode  est 
fort  joliment  encadré  dans  une  majuscule  où  le  tentateur, 
ressemblant  pour  le  gracieux  de  sa  figure  à  ceux  de  ses 
collègues  précités,  relève  encore  son  attrayante  physio- 
nomie par  deux  magnifiques  défenses  de  sanglier  qui  lui 
montent  jusqu'au  niveau  des  oreilles.  Il  offre  au  Sauveur 
une  pierre,  et  semble  lui  dire  avec  une  expression  d'ironie  : 


32  UISTOIBE  DU  SYMBOLISME. 

Ditesà  cette  pierre  de  se  changer  en  pain  (i  ) .  Puis,  sur  la  marge 
inférieure ,  un  porc  armé  aussi  de  défenses ,  accroupi  sur 
une  chimère ,  joue  de  la  cornemuse,  instrument  des  bois 
et  de  la  solitude ,  tandis  qu*à  Tautre  extrémité  du  même 
plan ,  un  singe ,  race  inépuisable ,  monté  à  rebours  sur 
une  béte  fantastique  non  moins  curieuse,  présente  au  mu- 
sicien une  écuelle  pleine  d*un  liquide  très-distinctement 
dessiné  :  c'est  bien  évidemment  une  suite  de  la  première 
scène.  On  y  a  donné  dans  la  caricature  ;  mais  n'est-ce  pas 
aussi  une  manière  de  jeter  le  ridicule  à  ces  faces  de  singes 
et  de  porcs  qui  s'imaginaient  produire  quelque  illusion  ,  à 
l'exemple  de  leur  infernal  inspirateur,  sur  des  &mes  pour 
lesquelles  la  pénitence  et  le  jeûne  deviennent  des  prati- 
ques aussi  nécessaires  que  rassurantes? 

LftChftDiin^onne;  Sulvcz  cucore ,  ct ,  quaud  vient  le  jour  où  l'Évangile  ra- 
conte la  supplication  de  la  Gii^nanéeune  pour  sa  fille  tour- 
mentée par  le  démon  (2) ,  vous  verrez ,  dans  une  lettre 
d'or  et  d'argent ,  cette  pauvre  fille  n'ayant  que  la  moitié 
d'elle-même  et  se  terminant  par  un  horrible  dragon  :  ce 
trait  est  fort  ingénieux;  il  exprime  fort  énergiquemeut 
cette  possession  de  l'ennemi ,  qui ,  sans  rien  ôter  de  l'ap- 
parence humaine,  est  maître  cependant,  et  comme  à  demi, 
de  ce  corps  dominé  en  partie  par  sa  nature  de  reptile.  C'est 
là  aussi  que  se  trouve  le  singe  tenant  par  la  queue  un  chat 
qu'il  flagelle  et  qui  n'a  pas  l'air  de  s'en  douter.  Est-ce  que 
déjà  le  démon,  qui  inspirait  les  jalousies  de  la  Synagogue , 
ne  se  riait  pas  d'elle,  ne  la  flagellait  pas  en  voyant  sa 
décadence ,  dont  il  ne  savait  pas  encore  que  l'auteur  fût  le 
Fils  de  Dieu? 
Le  •"^'j^      Voulez- vous  une  image  du  peuple  j  uif  et  de  la  Synagogue, 

juifii  et  la  sjna-  d'abord  héritiers  des  promesses  divines ,  puis  réprouvés 

f0gu6  réprouvé*.  *  '   tr  x 

pour  leur  endurcissement  ?  la  voici  au  jour  des  Rameaux , 


(1)  «  Diclapidihuicutpanisfiat.  »  {Luc,  îv,  3.) 

(2)  Matth.f  \y,  29.  —  Jeudi  de  la  première  BemaiDe  de  carême. 


PKINTIRK  CHRÉTIENNE.  —  LES  MANUSCRITS.  33 

OÙ  Jésus  entre  à  Jérusalem  qui  Thonore  et  doit  bientôt  le 
renier.  Un  vieillard  de  belle  figure  est  revêtu,  jusqu'à  la 
ceinture,  d'une  élégante  chlamydc.  Fuis  vient  une  autre 
tète  humaine  à  barbe  hérissée ,  aussi  bien  que  ses  cheveux; 
le  reste  du  corps  se  forme  de  pattes  de  lion  et  d'une  queue 
de  chat.  A  côté ,  un  buste  de  femme  se  perd  dans  une  cui- 
rasse d'écrevisse  appuyée  sur  deux  pattes  inférieures  pal- 
mées comme  celles  d'une  oie  et  onglées  comme  celles  d'un 
oiseau  de  nuit.  La  Synagogue  va  ainsi  à  reculons  ;  elle  fait 
preuve  de  peu  d'intelligence  ,  s'aventure  dans  les  ténèbres. 
Son  peuple  sévit  de  son  côté  ,  et  unira  contre  le  Christ  la 
cruauté  du  lion  qui  dévore,  la  ruse  perfide  du  voleur  do- 
mestique, toujours  plus  à  charge  qu'utile,  sous  les  traits  de 
l'amitié  et  de  la  douceur.  Ne  sont-ce  pas  les  caractères 
dont  fera  preuve  le  peuple  juif  pendant  toute  la  durée  de 
la  Passion  du  Sauveur? 
A  la  même  époque ,  un  bréviaire  de  l'ancienne  abbaye     Bréviairo  d'un© 

^     ^  J        «bbesse      de     oe 

de  Sainte-Croix  de  Poitiers  avait  été  fait  pour  une  abbesse  de  "»*™8  monastère, 

-*  pltu  grave  et  non 

cette  maison,  dont  l'écusson,  parmi  beaucoup  d'autres,  y  moin. beau d«exé. 
revient  souvent  :  de  gueules  y  écarlelé  de  trois  trèfles  d'or 
mi-partie ,  et  d'un  aigle  éployé  de  sable  (4  )  ?  Outre  que  ces  ar- 
moiries se  rattaclie^t  à  une  femme  de  bon  goût  qui  gouverna 
cette  maison  de  ^4>i6  à  4423  ,  cette  époque  nous  y  semble 
encore  Indiquée  par  le  sentiment  mieux  observé  des  con- 
venances, qui  s'y  fait  remarquer.  Les  grotesques  ne  se 
montrent  plus  ici  jusqu'à  Tinsolence  :  au  lieu  des  singes  , 

(l)  Nous  avons  quelque  raison  de  croire  que  ceUe  abbesse  était 
Jeanne  dVrfeuille,  la  trentième  du  monastère,  dout  Técussou  pouvait 
bien  porter  alors  des  trèfles  d'or  qu'on  a  depuis  changés  soit  en  feuilles 
de  laurier ,  soit  en  feuilles  de  chêne  ,  mais  que  l'Armoriai  général  du 
Poitou,  de  la  bibliothèque  de  Poitiers,  indique  seulement  comme  trois 
feuilles  d'or  que  ne  distingue  aucune  dentehire.  La  famille  actuelle 
des  Guichard  d'Orfeuille  adopte  les  feuilles  de  chêne  :  mais  l'écusson 
de  Jeanne  serait  le  plus  ancien,  et  les  feuilles  de  trèfle^  étant  dépour- 
vues aussi  de  dentelures ,  sembleraient  lui  avoir  été  bien  attribuées 
plus  anciennement.  —  Toir  Dictionnaif e  des  fanil'es  du Phitou,  W, 
473. 

T.  IV.  3 


34  HISTOIRE  DU   SYMBOUSMË. 

des  porcs,  des  chats  et  autres  personnages  de  cette 
trempe,  dont  nous  savons  la  juste  valeur,  on  admire ,  sur 
les  marges  coloriées,  de  gentils  oiseaux  aux  plumes  lisses 
et  délicates,  de  jolis  renards  bien  effilés  qui  ressentent 
passablement  leur  moyen  âge.  Point  de  ces  symboles  de 
vices  grossiers,  de  stupides  instincts.  Ce  livre  a  été  destiné 
à  une  femme  pieuse  ;  on  a  jugé  inutile  pour  elle  ces  graves 
et  sévères  avertissements  prodigués  ailleurs  aux  religieux 
peu  exacts  ou  aux  gens  du  monde  oublieux  de  la  religion. 

La  gueule  du  Cependant  le  dogme  n'y  est  pas  négligé,  et  une  charmante 

urgAto  fe.  vignette ,  venue  directement  du  douzième  siècle  à  travers 
le  treizième  et  le  quatorzième,  y  montre  une  fois  de  plus 
la  vaste  gueule  du  purgatoire  ouverte  et  pleine  de  flammes  ; 
des  êtres  humains ,  entassés  pêle-mêle  dans  cette  prison  de 
feu ,  tendent  les  bras  vers  le  Sauveur  qui  s'avance  armé 
de  sa  croix  pour  les  délivrer,  pendant  qu'un  diable  de 
même  taille  accourt  en  marchant  sur  le  dos  de  l'animal, 
comme  pour  défendre  la  proie  qu'il  va  perdre. 

LnfécedeMa.  EnHu ,  dc  tant  d'autrcs  citations  que  nous  pourrions 
faire ,  il  ne  faut  pas  négliger  celle  que  fournit  encore  ce 
môme  manuscrit  pour  la  fête  de  l'Ascension.  A  ce  jour,  on 
voit  un  homme  adorant ,  dans  la  posture  de  la  plus  fer- 
vente prière,  le  Christ  s'élevant  dans  les  airs  :  ses  bras  sont 
tendus  vers  le  Sauveur,  son  visage  respire  le  désir  ardent 
de  le  suivre  ;  mais  sa  longue  robe  ,  fendue  verticalement 
de  la  ceinture  au  bas  ,  se  termine  par  terre,  à  Tune  de  ses 
extrémités,  par  une  tête  de  chien  :  image  sensible  des  bons 
désirs  enchaînés  par  les  choses  du  monde  et  les  affections 
terrestres;  application  de  cette  distinction,  convenue  entre 
les  philosophes  et  les  théologiens  ,  de  la  partie  supérieure 
et  de  la  partie  inférieure  de  l'âme. 

L«t  ordinatioiii      Vcrs  la  fiu  dc  cc  même  quinzième  siècle,  et  quand  l'es- 
l'Abni  d«8  bénë-  prit  de  révolte  s'élevait  contre  l'Église  et  son  joug  salutaire; 

^^'  quand  les  abus  nés  de  la  pluralité  des  bénéfices  et  des  in- 

vestitures  laïques  se  furent  érigés  en  scandales ,  le  mépris 


PEINTURE  CHRÉTIENNE.  —  LES  MANUSCRITS.  35 

de  tels  désordres  dut  enfanter  des  avertissements,  dont  se 
ressentit  l*art  du  peintre,  aussi  bien  que  celui  du  poète  et 
de  l'orateur.  Ces  critiques  mordantes,  que  nous  avons  vues 
sortir  des  conceptions  monastiques  sous  la  main  des  archi- 
tectes du  moyen  âge ,  n'avaient  pas  perdu  leurs  droits  en 
face  d'un  temps  où  la  corruption  avait  gagné  tant  de  cœurs  ; 
c'est  pourquoi  nous  voyons  dans  le  missel  cité  plus  tiaut,  et 
qui  ne  remonte  qu'à  peu  d'années  avant  le  seizième  siècle, 
un  sujet  dont  l'auteur  a  fait  une  caricature  achevée  :  il 
figure  au  troisième  dimanche  de  carême,  que  précède  sou- 
vent une  ordination.  Au  bas  d'une  page,  un  singe  (toujours 
un  singe ,  un  diable  ou  un  hypocrite)  est  agenouillé ,  joint 
pieusement  les  mains ,  et  garde  l'attitude  du  recueillement 
et  du  respect ,  la  tète  humblement  inclinée ,  ne  bougeant 
pas...  Il  est  ceint  d'une  bande  de  cuir  noir  à  laquelle  pen- 
dent une  écritoire  et  un  carnet  à  mettre  du  papier  et  des 
plumes:  le  drôle ,  on  le  voit  bien,  est  quelque  peu  clerc. 
Sa  tête  est  nue ,  et  sur  ses  épaules  s'étend  une  cuculle  ac- 
compagnée d'un  capuce  rabattu.  Devant  lui  est  un  homme, 
également  à  genoux ,  qui  reçoit  ses  deux  mains  dans  sa 
main  gauche ,  et  du  plat  de  sa  droite  lui  touche  la  tête , 
comme  pour  une  espèce  de  consécration  :  c'est  évidem- 
ment une  imposition  des  mains...  Ce  dernier  est  exacte- 
ment vêtu  comme  les  fous  représentés  dans  le  Navis  stulti- 
fera  de  Sébastien  Brandt,  qui  date  du  même  temps;  on  en 
verrait  aussi  de  tout  semblables  dans  les  gravures  dont 
Holben  a  paré  Y  Éloge  de  la  Folie.  Y  a-t-il  à  douter  que 
dans  ce  tableau  se  voie  une  satire  animée  des  ordinations 
simoniaques  ou  mal  reçues,  ou  de  l'abus  des  bénéfices 
dont  la  collation  était  trop  souvent  confiée  aux  mains  fort 
peu  régulières  d'un  grand  nombre  de  seigneurs  laïques  ? 
car  rien  ici  ne  fait  penser  à  aucun  costume  épiscopal  ou 
ecclésiastique.  Au  reste  ,  nous  avons  quelque  souvenir 
d'avoir  vu  ailleurs  un  autre  sujet  dont  le  fond  est  le  même  ; 
et  il  fallait  bien ,  pour  qu'il  figurât  en  deux  manuscrits  dif- 


férenb,  qu'il  fût  Teipression  d*ane  idée  dont  plusieurs  se 
fn&^^nt  frappés  '1^. 
vmm^  4M  *v  jL#Hj  manuscrits  ne  furent  pas  les  derniers  liTres  où  ces 
«•^i^K»-  «ymtioles  durent  laisser  leurs  traces.  A  part  les  vignettes 
cffUmées  qui  se  perdirent  avec  eui,  on  vit  encore  l?s  pre- 
miers livres  donnés  par  rîmprimerie  ornés  de  gravures 
sur  briid,  dont  les  sujets  furent  longtemps  empruntés  aux 
^ieux  usines,  illustrant  le  texte  et  v  conservant  rinfluence 
de  la  symbolique  religieuse  qui  expirait  devant  les  préoc- 
cupations, deveniips  plus  vives  que  jamais,  de  la  science 
profane  et  de  s?s  trop  nombreuses  légèretés.  Les  Untres  de 
de  Soj^fr^'Dame^  à  Vusaige  de  Poicfiers^  imprimées  à  Paris 
en  caractères  gothiques,  en  4  525,  pour  un  libraire  poitevin, 
xmi  une  des  dernières  œuvres  où  le  démon  ait  gardé  sa 

J!r*'^**  •**'  fcnne  du  moyeu  âge,  qui  s'oubliait  de  plus  en  plus.  Dans 

n,  AwuAty ,  une  des  petites  vignettes  noires  qui  confirment  cette  obser- 
vation, deux  démons  battent  S.  Antoine,  et  l'un  d'eux,  plus 
apparent,  porte  une  tète  de  griffon. — Dans  quelques  autres, 

4«  «, o*»#/r»« ,     5  Georges,  le  patron  des  âmes  fortes,  enfonce  sa  lance 

dans  la  gueule  d'un  dragon  renversé  sous  son  fier  destrier. 

44  »-  liTtnffMp,  —  Sie  Marguevitc  foule  aussi  un  dragon  à  tôle  recourbée, 

image  de  sa  deniière  victoire  par  le  martyre  sur  l'ennemi 

Siu'ii'*"  '^'*"*  ^^  ^  virginité  et  de  sa  foi. —  S.  Jean  l'Évangéliste  tient  une 

coupe  d'où  sort  un  petit  dragon  ailé,  symbole  du  calice 
et  des  persécutions  que  lui  avait  prédites  le  Sauveur  (2). 

(1}  Les  mauuBcrits  que  nous  venons  de  citer  sont  presque  tous  de 
la  bib.iotliôquc  publique  de  Poitiers  ou  de  celle  du  graud  séniiuaire. 
La  pagiuation  n'«n  ayant  jamais  élé  faite,  il  serait  difficile  d'en  Indi- 
quer la  place  dans  chacun  de  ces  livres  ;  mais  les  sujets  que  nous 
avous  analybés  s'y  rencontrent  facilement  pour  peu  qu'on  les  y  cherche. 
—  Quelques  autres  sont  tiiéé  du  recueil  intitulé  Le  Moyen  Age  ei  la 
Retiaissanc*',  qui  donne  beaucoup  de  planches^  mais  se  dispense  sou- 
vent de  les  expliquer. 

(2;  Voir  La  Légende  dorée,  où  l'on  rapporte  que  des  païens  indocile», 
ayant  voulu  se  défaire  de  l'Apôtre,  lui  offrirent  un  breuvage  empoi- 
Konné,  mais  que  celui-ci,  divinement  inspiré  de  n'en  pas  prendre, 
lit  sur  la  coupe  un  signe  de  croix  qui  la  fendit  et  la  vida  instantané- 
ment. Pour  rendre  l'inutilité  du  poison,  ce  fut  une  ingénieuse  idée  de 


PEUS'TLRE   ÇHRÉTlfilliNE.  —  LES  MAMtSCRITS.  37 

—  S.  Michel  enfonce  un  dard  dans  rhorrible  gueule  du  «tde  8.iiichei. 
monstre,  dont  la  physionomie  laisse  voir  bien  clairement 
avec  les  autres  un  air  de  famille  :  le  vaincu,  terrassé  sur  le 
dos,  s'efforce,  de  sa  patte  droite,  d'arracher  la  lance  qui  le 
gène;  sa  pose  est  fort  naturelle,  et  ses  grimaces  dénotent 
quelqu'un  décidément  mécontent.  Ne  voit-on  pas  bien  ici 
l'intention  du  graveur  unique  dont  le  burin  a  travaillé  tous 
ces  bois?  Et  tous  ces  serpents  ou  dragons  sont-ils  autre 
chose  que  des  signes  sensibles  des  obstacles  que  le  démon 
opposa  aux  Saints  dans  la  pratique  de  la  vertu,  et  quelque- 
fois des  tourments  qu'ils  ont  soufferts? 

Au  reste,  et  afin  de  se  faire  une  plus  complète  idée  du      symboie*  nou- 
symbolisme  rendu  au  dernier  terme  de  sa  vie  pratique  et  çon,  image  de  la 

^  i  *  résurrection  et  de 

littéraire,  il  ne  faut  pas  ignorer  que,  vers  ces  derniers  rimmoruiutë. 
temps,  l'habitude  d'en  mettre  partout  avait  fait  inventer 
des  symboles  inconnus  des  anciens,  et  dont  S.  Méliton  ne 
parle  pas.  Le  limaçon,  par  exemple,  fut  employé  maintes  fois 
au  seizième  siècle  pour  signifier  la  résurrection,  parce 
qu'en  effet  sa  coque  est  une  sorte  de  sépulture,  et  il  en  sort 
à  volonté.  Ainsi  nous  possédons  un  Livre  tV heures  à  Vumige 
(leRomme,  imprimé  à  Paris  pour  Jehan  de  Brie  par  Nicolas 
Hygman^  vers  ^510  à  peu  près,  dont  les  vignettes  margi- 
nales nous  offrent  l'insecte  rampant  sous  plusieurs  faces, 
qui  toutes  se  rapportent  à  une  môme  expression.  Là  c'est 
la  Mort,  grande  femme  nue  à  la  face  décharnée,  débout 
sur  des  limaces  qu'elle  foule  aux  pieds,  tenant  de  la  maia 
gauche  une  poignée  de  serpents  étouffés  par  son  étreinte  ; 
de  la  droite,  elle  montre  un  autre  limaçon  sortant  de  sa  ca- 
rapace, tandis  qu'un  autre  repose?  sur  son  épaule  gauche 
aussi  plein  de  vie  que  son  pendant.  Voilà  donc  la  mort  de- 
venue le  principe  de  la  vie  :  on  entend  S.  Paul  disant  aux 
Romains  :  «  Si  nous  sommes  morts  en  Jésus-Christ,  nous 

repréév  Dter  le  démon,  inspirateur  du  crime  ,  s'échappant  du  vase  et 
rédant  au  signe  qui  lui  est  le  plus  hostile.  Le  m/^nie  trait  est  cité  daus 
la  Vie  du  patriarche  S.  Benoît. 


38  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME.  * 

ressusciterons  en  Lui  (4  ]  ;  »  et  la  preuve  de  cette  résurrection 
bienheureuse  est  dans  ces  serpents  tués  par  la  Mort,  dont  la 
venue  est  vraiment  pour  le  chrétien  le  moment  de  son 
triomphe  sur  le  mal  et  sur  Tcnfer. 
i.°no^*****"*^      Ailleurs  nous  voyons  un  autre  de  ces  mollusques,  la 

tête  et  le  cou  fièrement  sortis  de  sa  coque  ,  ayant  deux 
bras  armés  d'une  hache  d'armes ,  et  tenant  ferme ,  avec 
un  visage  menaçant  qui  participe  beaucoup  d'une  figure 
quelque  peu  humaine,  contre  deux  jeunes  hommes  au 
corps  trapu  qui  le  menacent  de  côté  et  d'autre  ,  l'un 
d'une  vigoureuse  massue ,  l'autre  d'une  large  épée.  Mais 
ces  menaces  ne  s'effectuent  pas  ;  la  béte  mystérieuse 
demeure  impassible  et  méprise  d'un  regard  assuré  des 
coups  qui  ne  peuvent  l'atteindre.  L'homme  s'arme  en 
vain  contre  la  mort  ;  il  ne  l'évitera  pas  plus  que  la  résur- 
rection, qui  fera  justice  des  bons  et  des  méchants.  Non 
loin  de  ces  sujets,  on  voit  accroupis  au  bas  des  pages 
soit  un  chat,  dont  on  sait  le  mauvais  côté,  soit  un  griffon, 
dont  la  queue  s'enlace  à  celle  d'un  capricorne.  Nous  savons 
aussi  la  signification  peu  rassurante  de  ces  natures  mau- 
vaises ;  là  elles  sont  d'autant  mieux  placées  que  ces  deux 
dernières  bètes  soutiennent  un  cuMe-lampe  qui  sert  de  base 
à  la  grande  statue  de  la  Mort  tenant  ses  limaces.  Cette  cir- 
constance est  encore  un  souvenir  du  moyen  âge.  A  Char- 
tres et  à  Amiens,  on  voit  aux  façades  des  cathédrales  les 
bourreaux  ou  persécuteurs  des  Saints  représentés  accroupis 
sous  le  piédestal  de  leur  statue.  Ajoutons  enfin,  pour  ter- 

(i)  «  Si  autem  mortai  sumus  cum  Christo^  credimus  quia  simul 
etiam  vivemus  cum  Christo.  n  {Rom»,  yî,  8.)  —  M.  le  comte  Auguste 
de  Bastard  confirme  cette  donnée  8ur  le  limaçon  pris  comme  symbole 
de  la  résurrection ,  dans  son  Rapport  sur  notre  Histoire  de  la  cathé- 
drale de  Poitiers ,  inséré  au  Bulletin  des  comités  historiques  {iS^O, 
Archéologie^  t.  II,  p.  173)^  où  il  donne  une  vignette  du  quinzième  siècle 
reproduisant  un  limaçon  sur  lequel  un  homme  dirige  de  loin  une  arba- 
lète dont  le  trait  va  partir.  l\  cite  d'autres  types  semblables  auxquels  il 
donne  le  même  sens ,  ce  qui  est  pour  nous  une  garantie  de  notre  propre 
appréciation. 


PËIIYTLRE  CHRÉTIENNE.  —  LES  ENSEIGNES.  39 

miner  sur  notre  limaçon  symbolique,  qu*il  avait  tit)uvé  sa 
place  jusque  sur  l'enseigne  de  Nicolas  Hygman,  demourant 
en  la  rue  Sainet-Jacques^  à  Venseigne  de  la  Limace,  On  n*eût 
pas  pris  un  symbole  de  cette  espèce  pour  cet  usage  s'il  n'eût 
pas  représenté  une  idée  favorable. 

Et  c'est  l'occasion  de  rappeler  aussi  combien  les  ensei-  symbousme  det 
gnes,  au  moyen  âge  et  depuis,  furent  empreintes  de  sym- 
bolisme. Qui  n'a  pas  vu  maintes  fois  dans  les  vieux  titres 
la  cigogne ,  le  pélican ,  le  coq  hardi  et  tant  d'autres  ?  La 
science  qui  nous  occupe  était  alors  plus  généralement  es- 
timée; elle  faisait  invasion  dans  la  rue,  où  elle  n'est  même 
plus  aujourd'hui  ;  on  la  voyait  également  adoptée  par  les  et  des  armoinei 
corps  de  métiers,  qui  s'étaient  fait  des  armoiries  consacrées  «en. 
par  des  lettres  patentes  des  souverains.  Quoique  beaucoup 
des  symboles  représentés  sur  leurs  bannières  ou  leurs 
sceaux,  aussi  bien  que  sur  les  poinçons  de  fabrique,  fus- 
sent de  simples  instruments  du  métier,  certains  corps  cepen- 
dant avaient  de  véritables  écussons,  qui,  le  plus  souvent, 
étaient  chargés  de  véritables  armes  parlantes  :  telle  la  cor- 
poration des  lainiers  de  Saint-Trond,  en  Belgique,  avait  en 
4481  un  Agnus  Dei,  à  cause  de  sa  laine;  celle  des  charpen- 
tiers de  MaOstrich  prenait  pour  indice  de  confraternité  un 
compas,  une  doloire  et  une  tète  de  mort,  celle-ci  par  allusion 
aux  cercueils  que  les  confrères  fabriquaient;  et,  en  1356,  les 
bouchers  de  Bruges  se  reconnaissaient  à  leur^ccau  chargé 
d'un  bœuf  et  dont  le  revers  portait  un  porc  engraissé.  Sou- 
vent, quand  ces  illustres  familles,  dont  l'importance  ressor- 
tait de  leurs  statuts  et  règlements,  donnaient  un  vitrail  à 
l'église  ou  à  la  chapelle  de  leur  confrérie,  elles  ne  man- 
quaient pas  d'y  faire  peindre  soit  leur  écusson,  soit  un  acte 
de  leur  commerce.  Cet  usage  remontait  au  moins  au  trei- 
zième siècle,  dont  une  foule  de  vitraux  l'attestent  encore  à 
Chartres,  au  Mans,  à  Bourges  et  à  Poitiers.  Au  seizième 
siècle  encore,  on  se  gardait  bien  de  l'oublier,  comme  on  en 
trouve  de  nombreux  témoignages  dans  les  belles  gravures, 


iiDre  dt%  livres  et 
fl»»  in«ov«ciit». 


40  HISTOIRE   DL   SYMBOLISME. 

toujouiv  meilleures  que  le  texte,  du  Moyen  Âge  et  la  Renais- 
tance  ({.,  Les  manuscrits  eux-mêmes,  auxquels  nous  reve- 
nons, offrent  de  nombreuses  vignettes  de  ce  genre. 
\J^n-^lt^u!^^      Enfin,  et  pour  ne  rien  omettre  sur  ce  sujet,  il  est  un  autre 

côté  par  lequel  nous  devons  regarder  les  manuscrits  comme 
organes  du  symbolisme  au  moyen  âge.  Des  livres  si  pré- 
cieux, d'une  confection  si  difficile  et  d'une  si  chère  acqui- 
sition ,  des  missels,  des  ménologes,  des  psautiers,  des 
sacramentaux  ou  des  évangéliaires  écrits  en  lettres  d'or  et 
de  carmin,  rehaussés  de  majuscules  qui,  à  elles  seules, 
étaient  autant  de  charmants  et  remarquables  travaux  ;  ces 
trésors  de  prières  chrétiennes,  de  théologie,  de  philosophie 
ou  d'histoire  naturelle,  lentement  élaborés  à  la  demande  des 
princes  ou  des  prélats  dans  les  vastes  salles  dos  monastères, 
avaient  besoin  d'une  reliure  qui  ne  se  pouvait  jamais  faire 
qu'après  la  confection  entière  du  livre  et  de  ses  vignettes 
coloriées,  comme  le  prouvent  certaines  d'entre  celles-ci  où 
l'enlumineur  est  représenté  travaillant  sur  une  simple 
page  de  parchemin.  Or  ces  reliures  étaient  souvent  d'une 
grande  richesse,  particulièrement  quand  on  les  destinait  à 
des  livres  écrits  et  illustrés  pour  de  grands  personnages, 
mais  surtout  encore  quand  ces  livres  se  rapportaient  à  la  li- 
turgie. Il  n'était  pas  rare  en  pareil  cas,  et  il  nous  en  reste  de 
beaux  spécimens,  de  les  recouvrir,  à  l'imitation  des  dipty- 
ques romains,  de  tablettes  d'ivoire  sculpté,  comme  le  psau- 
tier de  Charles  le  Chauve  de  la  bibliothèque  Richelieu, dont 
les  curieuses  scènes  représentent  avec  les  plus  hautes  con- 
ceptions du  symbolisme  la  Dormilion  de  la  Sainte  Vierge 
el  d'autres  scènes  pleines  d'iiilérùl.  Quelques  livres  se 
paraient  même  de  lames  de  métal  précieux  qu'on  cise- 
lait artislement ,  coranie  la  belle  plaque  d'argent  où  le 
Christ  siège  el  bénit  au  milieu  des  quatre  animaux  sym- 


M)  T.  UI,  Corporations^  ^•  iv  cl  suiv.,  v»  r.HARPENTiFBs.— Voir  aiisM 
Ckroniq,  (le  Suremberg» 


PEINTURE  CHRÉTIEISNE. — LES  RELIL'RES  DES  MAiMJSCRlTS.    4i 

boliques,  sur  Tévangéliairc  de  Warzboiirg  (Bavière).  Sdu- 
venl  ces  admirables  gravures  étaient  niellées ,  ou  émail- 
lées ,  ou  relevées  de  pierreries.  Sur  cet  ivoire ,  sur  ces 
plaques  d'or  et  d'argent,  des  scènes  variées,  ducs  au  travail 
d'artistes  spéciaux ,  représentaient ,  comme  nous  venons 
de  le  voir,  des  faits  analogues  au  sens  général  du  livre.  Oet 
art  s'appliquait  de  préférence  aux  évangéliaires,  dépôts  de 
la  Parole  divine,  et  de  fort  beaux  résultats  en  sont  venus  jus- 
qu'à nous.  On  comprend  que,  l'or  étant  le  symbole  de  la 
sagesse,  l'argent  celui  de  l'éloquence  évangélique,  et  les 
pierres  précieuses  celui  des  bonnes  œuvres  dt  des  miracles, 
ces  trois  riches  ornements  convenaient  très-bien  à  de  telles 
œuvres,  selon  la  remarque  de  Rupert. 

La   Sainte-Chapelle  de  Paris   possédait  autrefois  deux     ucauK  oxeinpir» 

*  *^  (]«)      reliures     au 

évangéliaires,  du  dixième  ou  onzième  siècle,  couverts  de  moyen  aiî». 
saphirs,  d'émeraudes,  de  perles  et  de  rubis,  dont  nous 
savons,  par  l'Apocalypse,  le  sens  symbolique.  D'autres  tré- 
sor s'enchâssaient  aussi  parmi  ces  richesses  :  des  reliques 
des  Saints,  des  fragments  de  la  vraie  Croix  en  rehaus- 
saient l'éclat  et  le  prix.  Ce  grand  luxe,  qui  n'oubliait  rien 
pour  être  plus  digne  de  Dieu,  s'eftaca  pourtant  et  n'est 
guère  venu  à  nous  en  deçà  du  quinzième  siècle  ;  on  en  a 
cependant  encore  aujourd'hui  quelques  restes  précieux.  On 
voit  à  la  bibliothèque  de  Rouen  une  reliure  sculptée  à 
cette  époque,  représentant,  au  milieu  de  riches  ornements 
en  fleurons  et  en  étoiles,  une  licorne  chassée  par  des  chiens 
et  se  réfugiant  dans  le  sein  de  la  Sainte  Vierge;  l'enca- 
drement est  limité  par  une  bordure  de  petits  comparti- 
ments dans  chacun  desquels  saillissent  en  relief  les  lettres 
qui  forment  les  mots  :  SU  nomen  Domini  benedictvm,  —  La 
collection  du  prince  SoltyRofl",  si  renommée  pour  ses  belles 
curiosités,  et  qu'après  la  mort  de  ce  riche  amateur  on  a  vue 
disséminée  comme  tant  d'autres,  possédait  une  couverture 
de  livre  en  émail  offrant,  au  milieu  d'une  charmante  bor- 
dure du  treizième  siècle,  un  ovale  formant  l'auréole  où  était 


42  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

assis  le  Christ  bénissant,  entouré  du  Tétramorphe  ;  le  Christ 
était  dessiné  en  or,  et  le  fond  noir  faisait  ressortir  d^autant 
mieux  des  pierres  précieuses  semées  autour  du  trône  pour 
figurer  les  étoiles  environnant  le  Principe  divin  de  toute 
lumière. 

Aujourd'hui ,  Textrème  rareté  de  ces  magnifiques  ou- 
vrages ,  au  lieu  desquels  on  se  contente  d'une  éclatante 
reliure  en  maroquin  dont  la  somptuosité  dorée  n'ap- 
prochera jamais  de  ces  chefs-d'œuvre,  nous  en  rend  la 
conservation  et  l'analyse  d'autant  plus  importantes.  C'est 
là  surtout  qu'on  peut  étudier  l'art  du  moyen  âge  dans  ses 
beautés  de  toutes  les  époques  :  les  attributs  des  Saints, 
les  costumes,  les  allégories,  les  traditions  bibliques,  les 
arabesques,  les  animaux,  les  entrelacs,  les  ornements  de 
tout  genre  employés  dans  l'intérêt  de  tous  les  arts,  et  tou- 
jours revêtus  d'un  sens  spirituel,  tout  est  là  ;  et  forcé  de 
nous  restreindre  ici  et  d'omettre  les  intéressantes  descrip- 
tions qui  prolongeraient  trop  ce  chapitre,  nous  renvoyons  à 
beaucoup  d'articles  qui  en  ont  traité  dans  les  grands  re- 
cueils qui  signalent  aujourd'hui  la  résurrection  de  l'ar- 
chéologie (4). 

iM  ïntTe  S*it*      ^^**^  ^  ^^  ^^  dixième  siècle,  on  commença  à  s'occuper 
tranx  et  les  iapu-  eu  Prauce  dcs  tapisscrics  de  laine,  dont  les  diverses  couleurs 

séries.  '  ' 

ne  restaient  pas  indifférentes  au  symbolisme,  et  suivaient 
les  idées  antérieurement  adoptées  dans  ce  but.  C'était  aux 
églises  que  ces  travaux  étaient  destinés,  soit  comme  tapis 
pour  les  sanctuaires,  soit  comme  tentures  pour  orner  les 
murs,  les  dossiers  des  chaires  ou  des  sièges ,  et  remplacer 

(1)  Voir  Annales  archéologiques;  —  Revue  de  Vart  chrétien;  — 
Dictionnaire  d'orfèvrerie  chrétienne  de  l'abbé  Texier,  ▼•  couvertures 
et  RELIURES  DES  LIVRES,  col.  529  et  suiv.;— Le  Moyen  Age  et  la  Renais* 
sancff  i,\;  —  Les  Arts  au  moyen  âge,  in-i",  1868.  —  Ce  dernier  livre 
u'est  qu'un  choix  fait,  dans  Le  Moyen  Age  et  ta  Renaissance,  d'articles 
et  de  gravures  qu'on  a  vendus  ainsi  une  seconde  fois,  et  où  l'archéologie 
chrétienne  n'est  pas  mieux  comprise  que  d'abord.  >-  Voir  à  cet  égard 
ce  que  nous  disons  plus  loin,  eh.  xvii,  de  Tarbre  de  Jessé. 


PEINTURE  CHRÉTIENNE.  —  LES   TAPISSERIES.  43 

les  peintures  par  des  sujets  de  rechange  qu'on  a  trop  aban- 
donnés depuis  longtemps.  L'abbaye  de  Saint -Florent  de     Histoire  de  c« 

*  "  *^  "^  frenre  de  décora- 

Saumur  occupait  un  certain  nombre  de  ses  religieux  à  ces  uon  ; 
belles  décorations,  où  les  fleurs,  disposées  en  bordure,  le 
disputaient  par  leur  belle  couleur  d'écarlate  à  celles  d'ani- 
maux et  d'oiseaux  tissus  avec  elles  sur  un  fond  blanc.  Dans 
ce  cadre  s'agitaient  des  scènes  pleines  de  vie,  et  au  milieu  de 
plaines  et  de  paysages  où  nous  ne  regretterions  aujourd'hui 
que  la  perspective,  alors  peu  recherchée,  des  chasses  sym-  son      canctère 
boliques,  des  pèlerinages,  des  combats  de  l'ancien  Testa-  iendire?*  ' 
ment,  des  scènes  de  la  vie  du  Sauveur  et  des  actes  des  Apô- 
tres. On  y  voyait  briller  aussi  des  armoiries  portant  des  lions  **  Wraidique. 
d'argent  sur  champ  de  gueule.   Les  historiens  du  Poitou 
mentionnent  aussi,  comme  une  des  anciennes  gloires  de  la 
province,  une  manufacture  de  tapisseries  établie  à  Poitiers 
en  i  025,  et  tellement  renommée  que  les  prélats  d'Italie  en 
demandaient  les  produits  aux  comtes,  qui  les  leur  en- 
voyaient (i).  Du  temps  même  de  Clovis,  son  baptême  fut 
orné,  dans  la  cathédrale  de  Reims,  de  tentures  peintes  qui 
bientôt  tapissèrent  jusqu'aux  rues  et  aux  places  publiques. 

On  sait  la  célébrité  de  la  tapisserie  de  Bayeux,  qu'on  b.^*„*p'***'**'** 
croit  tissée  par  la  reine  Mathilde,  épouse  de  Guillaume  le 
Conquérant,  et  représentant  des  épisodes  de  la  conquête  de 
l'Angleterre.  La  bordure  qui  entoure  cette  curieuse  pièce, 
fort  étroite  et  fort  longue,  est  dessinée  en  fleurs  de  fantaisie, 
comme  celles  qu'on  voit  aux  marges  d'un  grand  nombre  de 
manuscrits;  on  y  voit  dominer  le  vert,  le  bleu,  le  rouge  et 
le  rose.  C'est  dans  ce  même  temps  qu'à  Saint-Florent,  dont  g^tpiorenr^dî 
nous  parlions  tout  à  l'heure,  Taiguille  et  la  navette  des  reli-  saumur. 
gieux  composaient  des  scènes  symboliques  de  l'Apocalypse 
et  ornaient  d'autres  surfaces,  où  l'or  et  l'argent  relevaient 
l'éclat  des  couleurs,  de  sagittaires,  de  lions  et  d'autres  bêtes 

(1)  Dom  Martenne,  ampîiss,  colleciio ,  V,  col.  1106  etsuiy.,  H30  et 
SUIT.,  Hislor.monaslerii  SancH-Florenti  Salmur. jCiié  par  Émeric  Da- 
vid, Hisl.  de  la  peinlure,  p.  106,  in-! 2,  1849. 


44  HISTOIRE  DU   SYMBOLISMK. 

dont  le  sens  nous  est  maintenant  très-familier.  Ces  beaux 

ouvrages  couvraient  tour  à  tour,  dans  les  solennités,  la 

nudité  des  nefs,  dont  elles  n*étaient  pas  les  moindres  magni- 

Hcences  (-1). 

importHnue  (Jet      Ou  doit  regretter  ces  sortes  de  parures,  d'autant  plus 

iiuint  de  vue  Mu-  précicuscs  qu  cllos  pouvaieut  mieux  se  conserver,  puisque 

torqu«.  ^^  fraîcheur  des  murs  ne  les  endommageait  en  rien,  qu'où 

les  changeait  aisément  selon  les  fêtes  de  l'année,  qui  pou- 
vaient avoir  chacune  les  siennes,  et  qu'elles  donnaient  ainsi 
aux  églises  un  air  de  solennité  inaccoutumée  qui  allait  bien 
h  la  variété  de  ses  fériés  et  de  son  culte.  Un  autre  avantage 
était  aussi  de  conserver  par  ce  moyen  aux  églises  leurs 
traditions  locales,  qui,  fort  souvent,  se  reproduisaient  dans 
ces  ouvrages  de  laine  et  de  broderie.  Avant  4789,  le  chœur 
de  Saintc-Radégonde,  à  Poitiers,  était  entouré  de  tapisseries 
(lAubusson  représentant  la  légende  du  dmgon  qu'on  disait 
avoir  dévoré  une  religieuse  du  couvent  de  Sainte-Ci*oix  : 
c'était,  croyait-on,  l'origine  de  la  GrancTGoule  portée  alors 
(Micorc  si  solennellement  aux  processions  de  la  cathé- 
drale. La  fabrique  d'Aubusson  ayant  été  établie  en  4763,  ce 
Iteuu  morceau  attestait  quel  prix  on  mettait  alors,  et  dans 
les  derniers  temps  de  l'ancien  rf^iwc,  à  perpétuer  les  souve- 
nirs les  plus  éloignés  (2).  Dans  la  même  ville,  des  tapisseries 
couvertes  des  armoiries  des  maires  renouvelés  chaque  an- 
née, et  y  perpétuant  leur  souvenir,  paraient  tous  les  piliers 
de  la  nef  de  Notre-Dame  et  remplaçaient  ces  mêmes  pièces 
armoriâtes, d'abord  tigui*ées  sur  la  pieri^,  où  nous  a\ons  vu 
leurs  traces  inlidêlement  reproduites  en  1851  par  un  peintre 
nuiladmit  que  guidait  un  architecte  sans  science  (3).  Qui 
nous  rendra  de  tels  moyens?  c'est  à  peine,  maintenant,  si 
l'on  songe  à  y  l'ovenir.  Le  mauvais  goiU  de  la  plupart  des 

J)  Diuu  B<m«iuet,  Scrif'l.  rfr.  C<i<*/irar.,l.  X,  p.  484. 
'2'  nom  Marteuue.  uh  5i-;>nK  —  Gn?g.  Tun.n.,  Hisior.  Fra'iC' r., 
hS.  n,  eu;».  \v\i.    -  Bc>1y,  L\hi(t'i  lU  Ps/Ut  m,  j».  "53. 
;i    Voir  Bi^iifL  «/r^  tu/h/,  id  iOnc^i,  VI,  ill. 


PËlNTURIi:  CHRÉTIENNE.  — -  LES  IfOSAÏOtES.  Vj 

grandes  églises  se  conlcnlc  de  plus  pauvres  meubles,  et  le 
luxe  ne  va  même  pas,  dans  quelques-unes,  jusqu'à  s'ingé- 
nier de  couvrir  de  quelques  parures  ordinaires  les  bancs, 
sans  caractère,  qui  servent  au  sanctuaire  et  au  chœur  ! 

A  côté  des  vitraux,  des  manuscrits  et  des  tapisseries,  un  i>e  remploi  (1m 
autre  genre  de  travail  non  moins  admirable  et  d'un  faire 
beaucoup  plus  minutieux  attire  à  juste  titre  l'attention  de 
l'archéologue,  et  emprunte  également  au  symbolisme  une 
importante  part  de  son  mérite  propre  :  nous  voulons  parler 
des  mosaïques.  Employées  d'abord,  à  cause  des  diversités  de 
leur  composition  riante  et  tout  artistique,  dans  les  temples 
des  Muses ,  cette  attribution  leur  fit  donner  les  noms 
d^opus  tnnsfrvm,  mosaicuw  ^  d'où  s'est  fait  le  nom  français 
aussi  anciennement  que  la  langue  :  donc  elles  furent  con- 
nues des  anciens.  Elles  devinrent,  sous  les  beaux  temps  de 
la  Grèce  et  de  Rome,  un  ornement  de  luxe  pour  les  palais 
et  les  grandes  maisons  ;  l'Orient  les  employa  dès  les  pre- 
miers siècles  à  ses  églises,  et  bientôt  le  monde  occidental 
se  les  appropria  ;  mais  il  les  perfectionna  avec  cet  amour 
qu'on  apportait  toujours  aux  objets  destinés  au  culte,  et, 
sous  Constantin,  elles  se  faisaient  déjà  un  rôle  important 
dans   l'ornementation   des  édiflces  religieux.  Symmaque     chameg  de  ce 

,.  ir.«»i  Al  i»yi  V         At'i  moyen  d'ornemen- 

mdique  la  Sicile  comme  très-appliquée  alors  à  cette  mdus-  ta«on, 
trie.  Ce  n'est  pas  toutefois  que,  dès  ce  temps,  on  fût  par- 
venu à  des  chefs-d'œuvre  en  ce  genre  ;  mais  les  progrès 
furent  très-rapides  en  proportion  que  la  vogue  leur  fut 
donnée,  et, après  n'avoir  été  que  d'assez  médiocres  incrusta- 
tions de  pierres,  de  marbres  ou  de  verres  coloriés  fondus 
dans  les  pavés  des  nefs,  des  sanctuaires  ou  des  salles  capi- 
tulai res,  on  les  encadra  au  milieu  de  bordures  de  marbres 
diversement  colorés,  et  elles  ornèrent  les  murs,  y  représen- 
tant des  mystères  de  la  religion,  et  tous  les  tableaux  possibles 
composés  de  petits  cubes  aux  demi-teintes,  aux  couleurs 
variées,  et  tout  cela  si  artistemenl  enchâssé  en  mille  figures 
géométriques  si  régulières  et  de  couleurs  si  vraies,  qu'on 


^0  HISTOIRE  DU  SYMBOUSMË. 

croyait  voir  des  tableaux  dont  le  coloris  et  Téclat  dépas- 
saient de  beaucoup  ceux  des  plus  belles  fresques  de  Té- 
poque.  La  plus  grande  difficulté  fut,  sans  contredit,  d'agen- 
cer selon  les   prescriptions  du  symbolisme,  si  respecté 
alors,  les  couleurs  naturelles  à  tous  les  objets  qu'il  y  fallait 
réunir  ;  les  nimbes,  les  costumes,  les  fleurs ,  les  animaux, 
tout  y  réclamait  ce  soin  qu'on  sut  y  donner  avec  un  art 
dont  l'Italie  s'empara  ainsi  exclusivement.  Rome  et  Venise 
se  partagèrent  la  gloire  de  ces  beaux  ouvrages,  que  très- 
peu  d'autres  pays  essayèrent,  et  qui  ne  continuent  guère  de 
se  pratiquer  avec  succès  que  dans  ces  deux  villes.  Quelques 
églises  de  France,  toutefois,  furent  décorées  de  cette  espèce 
de  peinture.  Dès  le  temps  de  S.  Grégoire  de  Tours,  et 
d'après  son  propre  témoignage,  l'évéque  de  Ghâlons,  Agri- 
cole, mettait  la  peinture  en  mosaïque  (musivo  depinxit)  au 
service  de  la  cathédrale  construite  par  lui.  La  belle  abbatiale 
de  Saint-Benoît-sur-Loire  obtint ,  au  neuvième  siècle ,  des 
mosaïstes  venus  d'Italie  ;  ils  y  formèrent  un  pavé  de  cette 
sorte  dont  on  retrouve  encore  de  nombreuses  traces.  Ce 
furent  eux  sans  doute  qui  laissèrent  dans  le  voisinage,  à 
la  petite  et  curieuse  église  de  Germigny-des-Prés ,  cette 
mosaïque  sur  fond  d'or  qui  orne  la  voûte  de  son  abside  : 
JrpïTnce*^*'  ""*  ^'^^^  l'unique  spécimen  que  possède  la  France,  où  la  mo- 
saïque, n'ayant  pas  d'ouvriers,  ne  pouvait  se  faire  par  des 
étrangers  qu'à  grands  frais  et  dans  les  grandes  basiliques. 
La  ruine  ou  la  reconstruction  d'un  grand  nombre  d'églises 
mérovingiennes ,  où  ces  dessins  laborieux  étaient  moins 
rares,  nous  a  réduits  à  ne  pouvoir  plus  citer  que  celle-là. 
C'était  donc  une  ornementation  réservée  pour  ainsi  dire 
aux  édifices  de  l'époque  romane  ou  lombarde.  Mais  l'art 
arrivant,  avec  les  douzième  et  treizième  siècles,  à  une  phase 
plus  distinguée,  les  vitraux,  avec  leurs  belles  et  splcndides 
couleurs,  opposèrent  aux  mosaïques  italiennes  une  rivalité 
qui  l'emporta,  et  devinrent,  surtout  pour  la  France  et  l'An- 
gleterre, des  mosaïques  véritables,  dont  l'illusion  fut  achevée 


PEINTURE  CHRÉTIENNE.  —  LES  MOSAÏQUES.  f7 

par  leurs  résilles  de  plomb  ;  et,  si  dès  lors  on  appliqua  Yopus 
musivum  aux  pavés  des  églises  et  à  ces  labyrinthes  qui 
en  ornaient  la  surface  dans  certaines  basiliques  principales, 
on  ne  le  consacra  plus  à  représenter  les  sujets  sacrés,  dont 
il  avait  tant  relevé  antérieurement  la  sainte  gravité  et  la 
beauté  visible  (4). 

Nous  ne  voyons  pas  pourquoi,  lorsqu'on  revient  de  toutes  poi^uoi  n'y 
parts  à  construire  des  églises  d'après  les  règles  sacrées  de  anjourd'hui? 
nos  âges  de  foi,  on  ne  s'appliquerait  pas  à  renouveler  l'art 
du  mosaïste,  arrivé  aujourd'hui  à  l'apogée  de  ses  succès. 
Les  voûtes  des  absides  orientales,  les  retables,  les  devants 
d'autels  s'embelliraient  de  ces  vives  couleurs,  qui  y  rem- 
placeraient la  peinture  avec  d'autant  plus  d'avantage 
qu'elles  seraient  inaltérables  aux  effets  de  la  poussière  ou 
de  l'humidité.  Les  mêmes  effets  produits  autrefois  en  des 
églises  célèbres  reparaîtraient,  au  grand  honneur  de  l'art  et 
dignement  employés  à  la  gloire  de  Dieu. 

S.  Paulin,  écrivant  sa  trente-deuxième  Lettre  à  Sulpice  ..  comme  s.  pm- 

'  ^  lin    rayait   prmtl- 

Sévère,  décrit  une  église  agrandie  par  ses  soins,  et  signale  i»*»»  quatrième 
une  belle  mosaïque  placée  dans  l'abside  terminale  et  re- 
présentant l'ineffable  mystère  de  la  Trinité.  Tout  était 
parfaitement  symbolique  dans  ce  travail  :  le  Père  céleste, 
caché  dans  une  nuée,  n'apparaissait  visible  que  par  la 
main  traditionnelle ,  déjà  usitée  alors ,  signifiant  l'action 
créatrice  du  Tout-Puissant ,  et  indiquant  du  doigt  ces  pa- 
roles écrites  en  dehors  du  nuage  :  Hic  est  Pilius  meus 
dilectus  (2).  Au  dessous  était  le  Sauveur  désigné  par  ce 
texte ,  et  couché  sur  la  croix  sous  la  figure  d'un  agneau  ; 
enfin  le  Saint-Esprit  apparaissait  dans  un  plan  inrérieur, 
quoique  égal  aux  deux,  et  procédant  de  l'un  et  de  l'autre. 
On  voit  par  là  de  quelle  ancienneté  étaient  ces  symboles, 

(1)  Cf.  Sehmlih ,  Manuel  de  Varchilecie  des  monuments  religieux, 
p.  3tô,  Paris ,  i845 ;  —  Bulletin  monumental,  XII ,  411  ;  XIII ,  233  ;  — 
BAUssier,  Hist.  de  fart  monum,,  p.  153. 

(2)  Luc,  ïx,  36. 


\H  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

ol  coiiiiuciit  la  foi  à  la  Trinité  brilla  toujours  dans  TËglise. 
A  droite  et  un  peu  en  dessous  de  ce  premier  tableau , 
était  une  grande  croix  environnée  d'un  cercle  lumineux 
figurant  la  Vérité  évangélique  rejaillissant  sur  le  monde, 
ol,  autour  de  ce  cercle,  douze  colombes  rappelaient  les 
douze  Apôtres,  dont  la  prédication  avait  étendu  ces  vives 
lumières  dans  toutes  les  régioiis  de  Tunivei-s.  Enfin,  paral- 
lèlement à  ce  dernier  sujet,  un  roclier  d'où  sortaient  quatre 
ruisseaux  se  répandant  à  ses  pieds  vers  toutes  les  régions 
du  monde  :  c'étaient  les  quatre  lleuves  du  Paradis  terrestre, 
le  Pliison,  le  (îeon,  le  Tigre  et  l'Euphrale,  semblables  aux 
(|uatre  Kvangélistes  qu'ils  préfiguraient,  dont  toute  Tinspi- 
ration  venait  de  la  pierre  mystique  (^)  ;  semblables  aussi 
aux  (|uatre  vertus  cardinales  qui  fécondent  le  champ  de 
riîglisc  ,  d'après  les  Pères  et  les  Docteurs  (2). 
f«t  au  rrAn>i  proflt  Si  uous  ajoutous  h  relTel  de  ces  belles  compositions,  si 
•ymboHnurip         cloquontcs  par  elles  seules,  celui  des  couleurs,  qui  avaient 

aussi  leur  langage  particulier  et  leurs  significations  con- 
nues, nous  verrons  une  fois  de  plus  quelle  riche  abon- 
dance de  pensées  Part  chrétien  ,  qui  ne  les  a  jamais  aban- 
données, prodiguait  déjà  à  la  méditation  des  choses  du  ciel, 
(»l  pour(|uoi  nous  >oudrions  voir  Partiste  chrétien  revenir 
ù  ce  genre  de  décoration  si  riche  et  si  expressif. 

Mais  il  est  temps  dVntrer  dans  un  champ  plus  vaste;  et, 
après  avoir  compris  tous  ces  détails  de  Pornementation 
peinte  de  nos  édifices,  \ojons  comment  le  sjmbolisme  peut 
se  ftiiiv  encore  des  pians  d'ensemble  et  s'appliquer  avec 
non  moins  do  nHissile  aux  vastes  décors  et  à  Piconographie 
hagiologique  dans  la  maison  de  Dieu. 

::î^  «  Parivli-i*)^  ejkt  Kalc^ia:  quahu^r  fluuiioa  sunt  quatoor  Evaiige- 
lU  :  U^ua  fruotift^ra  $uui  Sancli;  fmctu$  $unl  op«ra  Saoetoram;  lignam 
viti^  t»»(  CUn^tu:^,  S<iuciu«  Saui'Uvuui;  vei  e>t  ip^a  bv^ooruin  omnium 
mati^r  S>ipùuttH.  »  ^î^-  Awgusl».  tk  Cil  tinte  !  ri,  hb.  XUI,  cap,  xxi.  — 
S.  Ambrwii  »  Or  p'^nHiisii.^  S.  I>aul  u.,  A^^  Suip,  5<r.  Epist,  xxxii.) 


CHAPITRE  XV. 


PEIinTTRE  MURALE  DE  L'ÉGLISE. 


Nous  avons  suivi  d'assez  près  l'histoire  de  la  peinture     Premier»  c««ai8 

•  de  peinture  chré* 

murale  dans  l'antiquité  ecclésiastique  pour  savoir  très-  tienne  dans  ie« 

.  catAOombes; 

bien,  sans  plus  de  renseignements  sur  son  caractère  essen- 
tiellement symbolique ,  de  quel  secours  elle  était  à  l'ensei- 
gnement public  et  comment  le  choix  des  sujets,  la  théorie 
des  couleurs  et  l'opportunité  des  détails  se  réglaient  tous 
par  des  principes  convenus  et  souverains. 

Ce  que  nous  savons  des  catacombes,  depuis  les  décou- 
vertes de  Bosio  jusqu'aux  dernières  explorations  du  comte 
de  Rossi,  nous  montre  ces  vastes  et  merveiUeux  cimetières 
tout  resplendissants  des  emblèmes,  des  hiéroglyphes  et 
des  histoires  sacrées  peintes  sur  le  tuf  de  leurs  murailles 
silencieuses.  Là  s'était  exercé,  par  mille  images  symbo- 
liques, le  pinceau  des  premiers  artistes  qui  se  fussent  mis 
au  service  des  fidèles,  et  qui  ne  durent  guère  s'y  exercer 
qu'à  partir  du  temps  où,  Constantin  protégeant  l'Église , 
les  chrétiens  continuèrent  de  fréquenter  les  souterrains, 
non  plus  pour  s'y  dérober  aux  persécuteurs ,  mais  pour  y 
honorer  la  religion  de  leurs  martyrs.  Cependant  nous  ne 
pouvons  croire  que  ces  lieux  sacrés  soient  restés  absolu- 
ment sans  images  pendant  les  combats  séculaires  du  Chris- 
tianisme. Ce  furent  d'abord  des  sujets  séparés,  ofiTerts  leu»  typet  lym- 
isolément  aux  regards,  pour  qui  l'éclat  du  jour  devait  se  ufitâ"*'  ^**  **'"' 
remplacer  par  la  lueur  des  cierges  et  des  lampes  :  c'étaient 

T.  IV.  4 


50  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

Noé  représentant  dans  son  arche  le  chrétien  fixé  dans 
l'Église  en  dépit  des  tempêtes  de  cette  vie  ;  la  colombe 
apportant  la  paix  qu'on  ne  peut  garder  dans  la  fange  du 
siècle  ;  Tarche  ancienne  de  l'Alliance  dont  le  bois  incor- 
ruptible paraissait  à  S.  Cyrille  d*Alexandric  la  figure  du 
Corps  sacré  de  Jésus -Christ,  et  à  S.  Ambroise  celle  de 
Marie ,  dont  le  sein  virginal  renferma  le  Dieu  créateur  de 
toutes  choses. 
ius*^t«ndeBten      Mais  cusuite ,  quaud  vint  la  paix,  l'art  étendit  ses  pré- 

8oène>  plua    tes-    .       .*  uz«  «n  jai. 

to>,    pias    ott  tentions  sous  ses  bénignes  mfiuences;  de  vastes  scènes  se 
Hiîo^ieiTempi.^  produlsircut ,  empruntées  tantôt  à  Tancien  Testament, 

tantôt  au  nouveau ,  et  dont  le  sens  caché  apparaissait  aux 
yeux  des  initiés  du  Christianisme  comme  autant  de  souve- 
nirs de  la  vie  humaine  du  Christ.  On  voyait  à  la  suite  les 
unes  des  autres  les  histoires  d'Adam  et  d'Eve ,  de  Caïn  et 
d'Abel,  le  sacrifice  d'Isaac,  Joseph  livré  par  trahison  et 
terminant  par  un  triomphe  une  vie  plcîne  de  dangers , 
d'abnégation,  de  touchantes  vertus  et  de  glorieux  travaux  ; 
puis  venaient  Moïse,  Jonas,  les  Prophètes,  les  Apôtres,  le 
Christ  lui-môme  et  sa  sainte  Mère  ;  puis  encore  des  para- 
boles évangéliques  rappelant  le  Bon  Pasteur  et  ses  brebis, 
dissimulé  d'abord  sous  des  traits  étrangers ,  mais  toujours 
reconnaissable  à  son  action  sur  les  âmes,  autant  qu'à  la 
douce  autorité  de  son  geste  et  de  son  regard  (^). 

Ainsi  les  temps  d'orage  s'y  reconnaissent  au  soin  qu'on 
prenait  de  voiler  nos  mystères  sous  d'éloquentes  allégories, 
comme  ceux  du  calme  et  de  la  sécurité  y  paTlent  ouverte- 
ment du  triomphe  de  la  Croix  par  des  épisodes  où  elle  apparaît 
toute  radieuse,  entourée  des  Saints  et  de  Dieu  lui-même, 
reconnaissables  à  leurs  traits  distinctifs  et  à  leurs  attributs 
déjà  consacrés.  A  partir  de  cette  époque  mémorable,  chaque 
mur,  chaque  autel,  chaque  sarcophage  devenait  une  page 
des  Livres  sacrés  mêlant  ses  émouvantes  narrations  aux 

(1)  Cf.  Âringhi,  Rom.  mbler,,  lib.  V,  cap.  v  et  seq. 


PEINTURE  MURALE  DE  l'ÉGLISE.  54 

simples  épitaphes  des  Martyrs  et  des  Confesseurs.  C'était 
devant  ces  touchantes  scènes  que  S.  Grégoire  de  Nysse 
Tersait  des  larmes  d'attendrissement;  et  combien  devaient 
s'y  laisser  attendrir  plus  aisément  encore  les  &mes  plus 
simples  et  plus  naïves  de  la  foule  {\)  l  C'était  là  que  déjà  importance  qny 
des  mères  chrétiennes  signalaient  du  doigt  aux  petits  PApeseti^Pt^re'*. 
enfants  les  dogmes  qu'ils  devaient  croire  et  les  Saints  qu'ils 
devaient  imiter.  Ces  jeunes  créatures  s'étaient  par  là  for- 
tement imbues  de  ces  faits  rendus  sensibles  à  leur  âme  ; 
elles  avaient  appris  d'âge  en  âge  à  aimer  tant  les  images, 
qu'au  huitième  siècle  S.  Grégoire  II  pouvait  écrire  à  Léon 
l'Isaurien  :  <c  Entrez  dans  nos  écoles,  osez  vous  y  annoncer 
comme  un  persécuteur  des  saintes  images ,  et  vous  verrez 
s'ils  ne  vous  lancent  pas  à  la  tète  leurs  livres  et  leurs 
tablettes  (2).  » 

Ce  zèle  se  perpétua  sans  discontinuité,  tant  il  était  dans 
la  nature  du  culte,  dans  les  besoins  de  la  propagande  catho- 
lique ,  dans  les  intimes  exigences  de  la  seule  religion  qui 
sache  s'en  servir  et  l'honorer.  Nous  savons  comme  S.  Nil 
et  Olympiodore  l'entendaient ,  quoique  diversement  en  ap- 
parence ,  dans  le  cours  du  cinquième  siècle  ;  au  sixième , 
on  voyait  S.  Grégoire  de  Tours  rebâtir  et  faire  peindre  .^?f.**p*««  ^^  «• 
avec  tout  l'éclat  que  le  feu  lui  avait  enlevé  la  basiUque  de 
Sainte-Perpétue  :  il  nous  raconte ,  entre  autres  faits  de  ce 
genre ,  comment  la  femme  de  S.  Namatius  devenu  évèque 
de  Clermont,  retirée  du  monde  à  son  exemple,  présidait 
elle-même  aux  peintures  de  l'église  de  Saint  -  Etienne , 

(1)  «  S.Gregorius  Nyssenns,  depicta  Âbrahœ  historia  Isaac  dilec- 
tissimam  immolare  satagentis ,  ejus  aspectu  lacrymas  confestim  pro- 
sUire  cogebatur.  Quœ  cnm  audis^et  in  secundo  conciiio  Nicsno 
Joaunes  mouachus,  ait  :  «  Si  tanto  doctori  historia  inspecta  peperit  uU- 
»  litatem  et  lacrymas,  quanto  majus  rudibus  et  idiotis  utilitatem  !  » 
{Rom,  subter.  Âricghi,  lib.  V,  cap.  v,  n©  9;  t.  IJ,  p.  463.) 

(2)  «  Obito  scholas  eorum  qui  elementis  imbuuntur,  et  die  :  Ego 
8um  eversor  et  persecutor  imaginum  ;  et  confestim  tabulas  suas  in 
capat  tuum  ixgicient.»  (S.  Gregor.  II  papœ  EpUt,  i  ad  Leonem  :  De  sacr, 
imaginib,  —  ÂpudMigne^  Palrolog.,  t.  LXXXIX>  col.  5H.} 


Sèlo; 


52  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

qu'elle  avait  bâtie  hors  des  murs  de  la  ville  :  tenant  la  Bible 
ouverte  sur  ses  genoux,  elle  indiquait  aux  peintres  les 
histoires  qu'ils  devaient  fixer  sur  les  murs  (4).  Ces  usages 
artistiques  se  continuèrent,  et  l'on  voit  avec  intérêt  dans 
la  Chronique  du  moine  de  Saint-Gall ,  qui  écrivait  vers  884 , 
que,  de  son  temps,  quand  il  s'agissait  de  peindre  les  pla- 
fonds ou  les  parois  intérieures  des  grandes  églises  dépen- 
dantes du  domaine  national,  on  en  chargeait  les  évèques 
et  les  abbés  voisins ,  obligés  par  leur  position  et  leurs  reve- 
nus de  prendre  ces  décorations  à  leur  charge.  Ainsi,  l'on 
n'attachait  pas  moins  d'importance  à  l'ornementation  des 
Lieux  saints  qu'à  leur  construction  môme,  auxquelles 
devaient  contribuer  jusqu'à  leur  entier  achèvement  tous 
les  hauts  dignitaires  de  l'État,  aussi  bien  que  tous  les  béné- 
ficiers  qui  relevaient  d'eux  (2). 
n  i'^tend  «ur  tou-      Avcc  dc  tcls  moycus,  on  suppose  que  rien  n'était  négligé, 

tos  1m  portions  d6 

végwwt.  quand  une  église  était  achevée  dans  sa  construction ,  pour 

lui  donner  un  aspect  où  le  charme  des  couleurs,  adapté  au 
choix  des  sujets,  pût  élever  jusqu'aux  beautés  éternelles 
tant  d'âmes  religieuses  appelées  à  les  fréquenter  chaque 
jour.  De  toutes  parts,  on  voulait  que  leurs  regards  se 
reposassent  sur  une  vérité  qui  s'enchaînait  à  une  autre  ; 
et  quel  procédé  pouvait  mieux  que  la  peinture  réaliser 
ce  programme  d'esthétique  surnaturelle  et  de  mystiques 
enseignements?  C'est  pourquoi,  à  la  suite  des  nombreuses 
découvertes  qui  l'ont  constaté,  les  archéologues  sont 
tombés  d'accord  sur  ce  fait,  qu'au  moyen  âge,  et  même  dès 
les  premiers  temps ,  comme  nous  l'avons  vu  par  beaucoup 
de  preuves,  les  éghses  furent  entièrement  peintes  depuis 
et  y  compris  la  voûte  jusqu'au  niveau  du  pavé,  qui  lui- 
même  était  traité,  en  ce  genre,  avec  un  luxe  inimitable 

(1)  Gregor,  Turon.  BUl,  Francor.,  lib.  X,  cap.zxxi.  —  Bulletin  »no- 
num,,\,  286  et  saiv.,  383  et  suit. 

(2)  Cf.  Le  Moine  deSainl-Gally  collect.  desMém.sur  Vhisi.de  France, 
de  M.  Guizot^  neuvième  sièele. 


PEINTURE  MURALE  DE  L'ÉGLISE.  53 

partout  ailleurs.  L'un  des  plus  magnifiques  restes  de  ces  ^/.^rfidt"^ 
richesses  perdues  s'est  retrouvé  à  Saint-Savin ,  en  Poitou.  8Î5Sr"îi*ptîtoi! 
Là,  des  travaux  des  onzième,  douzième  et  treizième  siècles, 
faits  simultanément  en  grande  partie,  ou  successivement, 
par  des  mains  plus  ou  moins  habiles  à  peindre ,  mais  tou- 
jours inspirées  par  les  sujets  des  deux  Testaments,  avaient 
couvert  les  voûtes,  les  parois  latérales,  les  piliers  et  leurs 
chapiteaux,  le  chœur  et  le  nartex,  les  transsepts  et  la 
crypte,  des  scènes  de  la  création,  de  celles  de  TApocalypse, 
d'animaux  hybrides,  des  Prophètes  de  l'ancienne  Loi,  des 
Saints  de  la  nouvelle.  Sans  doute,  à  n'y  voir  que  le  dessin, 
qui  n'a  pas  la  correction  recherchée  du  nôtre ,  et  les  cou- 
leurs, dont  la  vivacité  a  dû  céder  aux  attaques  du  jour  et 
du  temps,  non  moins  qu'à  des  retouches  nombreuses, 
on  ne  saurait  faire  grande  estime  d'une  foule  de  détails 
capables  d'étonner  le  goût  moderne  :  mais  c'est  là  surtout 
qu'il  faut  rechercher  le  sens  mystérieux  des  Livres  saints, 
la  naïveté  des  poses,  et  souvent  la  vérité  des  expressions. 
Les  diverses  pages  que  nous  signalons  s'y  reconnaissent  aux 
divers  caractères  du  travail,  d'abord  imparfait  et  même  gros- 
sier,  puis  meilleur  de  forme ,  et  enfin  digne  et  très-remar- 
quable de  fini  dans  les  poses  et  les  draperies.  Ces  différences 
s'expliquent  assez  par  le  talent  très-différent  des  moines  em- 
ployés sous  la  direction  de  quelques  maîtres  choisis  parmi 
eux,  pour  nous  dispenser  de  recourir,  avec  M.  Mérimée , 
à  des  artistes  grecs,  dont  le  faire  était  bien  connu  en 
France ,  et  dont  le  secours  ne  semble  pas  avoir  été  indis- 
pensable à  nos  religieux  (^).  Quoi  qu'il  en  soit,  c'était  ainsi 

(1)  M.  Mérimée,  qui,  en  sa  qualité  d'inspecteur  générai  des  monu- 
ments historiques,  visita  Saint-Savin  en  1834,  deux  mois  après  une 
visite  faite  par  leé  délégués  de  la  Société  française  d'archéologie,  s'em- 
pressa  de  faire  au  ministre  de  Tintérieur  un  rapport  sur  ces  curieuses 
fresques,  dessinées  à  grands  frais  pour  accompagner  son  texte,  et  en 
pnbUa,  en  4845,  aux  frais  et  sous  les  auspices  du  gouyernement,  la 
description  et  les  planches  coloriées.  C'est  tout  un  volume  in-folio,  pu- 
blié avec  le  luxe  qui  ne  manque  jamais  aux  Parisiens.  M.  Mérimée,  en 


54  .  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

que  les  grandes  pages  s'étendaient  de  plus  en  plus,  enva* 
hissant  toutes  les  surfaces  du  temple ,  et  intervallant  entre 
les  scènes  historiques  ces  belles  arcades  ressortant  par  leurs 
vives  couleurs  sur  des  fonds  largement  échantillonnés  de 
grand  appareil ,  ou  ces  légères  colonnes  que  distinguent 
par  les  harmonies  de  leurs  tons  le  jaspe,  l'agate  et  les 
mille  variétés  de  marbres  que  les  fécondes  ressources  de 

traitant  dans  ce  livre  une  foule  de  sujets  accessoires^  sans  autres  études 
que  celles  de  l'art,  et  se  persuadant  trop  aisément  qu'on  pouvait  expli- 
quer la  Bible  en  ouvrant  l'Apocalypse,  fc'est  jeté  dans  beaucoup  d'er- 
reurs, que  personne  encore  ne  semble  avoir  signalées,  et  qu'il  importe 
cependant,  ne  fût>ce  que  pour  rendre  hommage  à  la  vérité,  de  ne  pas 
laisser  prescrire  par  une  indulgence  trop  prolongée. Comme  artiste,  par 
exemple,  il  se  trompe  de  beaucoup  lorsque,  décrivant  l'ouverture  du 
puits  de  l'abtme,  au  chapitre  ix  de  l'Apocalypse,  il  discute  sur  la  valeur 
d'un  prétendu  bouclier,  qui  n'en  fut  jamais  un,  et  doute  si  ce  n'est  pas 
la  couverture  en  perspective  du  puits,  qui  devait  être  couvert  puisqu'on 
l'ouvre.  11  ne  reconnaît  pas  non  plus  les  sauterelles  sorties  de  ce  gouffre, 
s'étonne  de  leur  beauté,  pourtant  nécessaire ,  puisque ,  d'après  le  texte 
sacré,  elles  ressemblaient  à  des  hommes;  il  disserte  sur  leur  cotte  de 
mailles,  qu'il  prend  pour  des  écailles  et  pour  un  souvenir  antique:  pen- 
dant que  c'est  l'armure  naturelle  des  cavaliers,  car  ces  monstres  sont  des 
espèces  de  centaures  ayant,  en  plus  que  leurs  formes  habituelles .  des 
ailes  bruyantes  qui  leur  font  donner  le  nom  de  sauterelles  aussi  bien 
que  la  destination  qu'elles  reçoivent  de  faire  du  mal  à  l'humanité.  Si 
M.  Mérimée  avait  bien  examiné  le  chœur  de  Chauvigny,  qu'il  a  visité 
et  décrit  dans  ses  Noies  d'un  voyage  dans  VOuebi,  il  eût  reconnu  une 
merveilleuse  identité  entre  les  sauterelles  de  la  belle  collégiale  de  la 
petite  ville  et  celles  de  l'abbatiale  de  SaintrSavin.  Nous  les  avons  dé- 
crites ci -dessus ,  t.  II,  p.  205.  —  Le  savant  académicien  n'est  pas  plus 
heureux  quand  il  explique  les  peintures  exécutées  d'après  le  chapitre  xii 
du  livre  sacré.  Le  grand  disque  rouge  sur  lequel  la  Femme  mystérieuse 
parait  assise  est  non  pas  le  soleil,  puisqu'on  y  remarque  le  croissant  de 
la  lune,  mais  l'air  empyrée  que  les  peintres  du  moyen  âge  rendent 
par  le  rouge.  (Voir  ci-dessus,  t.  I,  p.  308,  et,  dans  ce  tome  IV,  p.  43.) 
—  Il  ne  paraît  pas  non  plus  avoir  compris  le  nimbe  dont  s'entoure 
la  tête  du  dragon ,  quand  il  dit  qu'il  est  un  signe  de  réprobation. 
Le  démon  a  ce  nimbe  parce  qu'il  est  un  ange,  ce  qui  n'6te  rien  à  son 
rôle  méchant,  et  consacre  sa  puissance  du  mal.  Nous  n'en  finirions  pas 
si  nous  voulions  esquisser  les  détails  sur  lesquels  trouverait  à  redire 
une  critique  mieux  éclairée  que  celle  deM. Mérimée  sur  le  symbolisme 
de  S.  Jean  et  sur  l'exégèse  patristique  de  l'Écriture.  On  ne  sait  pas 
assez,  dans  les  rangs  de  certains  littérateurs,  qu'on  n'aborde  jamais, 
sans  exposer  sa  réputation,  des  études  qui  ne  s'improvisent  pas  comme 
des  romans  de  mœnrs  ou  des  comédies  scabreuses. 


PEINTURE  MURALE  DE  L'ÉGLISE^  55 

riches  imaginations  avaient  jetés  sur  la  svelte  élégance  de 
leurs  contours. 

Tous  ces  tableaux  étaient  peints  à  fresque,  c'est-à-dire     l»  peinture  à 
que  les  couleurs,  préparées  à  l'eau  de  chaux  pour  leur  mé-  tureàiaoïre; 
nager  une  cohérence  plus  solide,  s'appliquaient  sur  un 
mortier  frais  qu'elles  impreîgnaîent  à  une  suffisante  pro- 
fondeur. Ce  procédé  n'a  pas  toujours  résisté  cependant  inoonTënienu  de 

1      .  .«^«lA        .1.W1  Tune  et  •Tantagee 

aux  attaques  du  temps,  et  cest  a  la  fragilité  de  certaines  deraatn. 
substances  employées  dans  la  polychromie,  et  à  l'action  de 
la  chaux  qui  en  décompose  plusieurs ,  qu'il  faut  attribuer 
en  grande  partie  la  disparition  regrettable  de  ces  intéres- 
santes images.  On  réussit  mieux  à  créer  des  œuvres  dura- 
bles, lorsqu'au  quinzième  siècle  on  peignit  à  la  cire,  quoique 
en  style  païen,  l'architecture  maniérée  de  Sainte-Cécile 
d'Albi.  Cette  méthode  n'était  pas  nouvelle,  puisque  des 
fragments  de  peinture  antique,  analysés  par  les  réactifs,  ont 
prouvé  que  les  Romains  la  connaissaient.  Mais  longtemps 
abandonnée,  le  comte  de  Caylus  la  pratiqua  de  nouveau 
au  milieu  du  siècle  dernier,  et  nos  travaux  plus  modernes 
l'ont  remise  en  honneur  à  juste  raison.  Seule,  en  effet,  elle 
offre  le  triple  avantage  de  la  solidité ,  de  l'éclat  et  du 
moelleux  des  tons.  Formée  d'un  mélange  de  cire  vierge 
dissoute  dans  l'alcool  et  des  éléments  colorés  qu'on  lui 
adjoint,  elle  s'attache  au  corps  qui  la  reçoit,  et  lui  commu- 
nique sans  chatoiement  des  teintes  fermes  et  inaltérables, 
qui  l'emportent  de  beaucoup  sur  les  tons  mats  et  affadis 
de  la  fresque.  La  Sainte-Chapelle  de  Paris  est  un  des  plus 
beaux  morceaux  de  ce  genre  qu'aient  exécutés  les  peintres 
de  notre  époque.  Nous  nous  sommes  efforcé  de  faire  adopter 
ce  moyen  dans  le  Poitou ,  où  les  belles  décorations  poly- 
chromes de  Sainte-Radégonde  de  Poitiers  et  de  sa  sacristie,  la 
chapelle  de  la  même  Sainte  à  Saint-Laurent  de  Parlhenay, 
beaucoup  d'autels  et  de  statues  dans  un  grand  nombre 
d'églises,  ont  pu  témoigner  de  l'effet  grandiose  et  saisissant 
qu'on  en  peut  attendre. 


56  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Éiroitewe  de  la      Mois  il  Dous  faut  Venir  à  la  pratique  et  défendre  encore , 

plupart  den  con-  *  ' 

eepdont  actuelles  SOUS  ce  Tapport,  Ics  princîpes  d'esthétique  dont  nous  avons 

qaant    au    choix  r*^         »  *^  i  * 

desff^jeto.  faille  fond  de  ce  livre.  Protestons  d'abord  contre  Fétroi- 

tesse  des  conceptions,  qui,  dans  la  décoration  de  nos  églises, 
soit  restaurées  (ce  n'est  pas  toujours  ce  mot  qu'il  faudrait 
dire) ,  soit  nouvellement  construites,  s'attache ,  pour  les 
vitraux  et  pour  les  peintures,  à  choisir  une  suite  de  quelques 
Saints  qui  courent  çà  et  là,  les  uns  après  les  autres,  du  sanc- 
tuaire à  la  nef,  du  transsept  aux  absidioles,  se  bornant  chacun 
à  une  idée ,  et  répétant  avec  autant  de  monotonie  que  de 
froideur  des  formes  colossales  et  des  couleurs,  très-rarement 
réussies.  Encore  si  de  tels  défauts  étaient  les  seuls  de  telles 
compositions  !  Mais  de  quel  style  sont  revêtus,  dans  la  pein- 
ture murale  comme  dans  les  vitraux ,  ces  plates  et  froides 
images  !  quels  portraits  et  quelle  carnation  !  quelle  igno- 
.  rance  des  costumes  et  du  type  facial,  pour  lequel  il  faudrait 
au  moins  consulter  les  traditions  de  race  et  d'origine, 
quand  on  ne  peut  avoir  des  portraits  naturels  et  ressem- 
blants!... 
Combien  sont      Mais  aussi ,  quand  on  s'est  vu  éclairé  par  de  telles 

grandes  scènos  déceplious,  commcut  en  perpétuer  le  faux  système,  en 
s  orques.  prcuaut  au  hasard  pour  l'exploiter  des  barbouilleurs  de 
verre  ou  de  murailles  qui  ne  savent  que  badigeonner  sans 
plus  de  convenance  que  d'instinct  ?  Pourquoi  négliger  ces 
grands  sujets  d'ensemble  où  vos  Saints  trouveraient  une 
place  plus  distinguée  et  bien  plus  éloquente  dans  une  action 
vaste  et  dramatique  représentant  leur  vie  au  désert ,  ou 
leurs  travaux  pour  la  conversion  du  monde,  ou  l'héroïsme 
de  leurs  vertus ,  ou  la  générosité  de  leur  martyre  ?  Là,  du 
moins,  vous  ne  donnez  pas  seulement  une  froide  statue,  au 
costume  équivoque,  à  l'attitude  muette ,  ne  disant  rien  et 
n'enseignant  pas  un  mot  des  dogmes  et  de  la  morale  évan- 
géliques.  Ce  qu'ils  font  sert  d'exemple  ,  ce  qu'ils  disent  se 
comprend ,  attire  l'attention  des  âmes ,  intrigue  leur  cu- 
riosité ;  et  quand  elles  s'éloigneraient  sans  profit  de  ces 


PBU9TURE  MURALE  DE  L'ÉGLISE.  57 

prétendues  effigies  qui  n'ont  rien  de  vrai  et  ne  nous  laissent 
aucune  mémoire  de  leurs  traits  factices ,  si  malheureuse- 
ment inventés,  elles  ne  quitteront  pas  sans  un  enseigne- 
ment de  plus  les  dessins  édifiants  de  ces  vivantes  biogra- 
phies qui ,  divisées  en  médaillons  et  parlant  aux  yeux  et 
aux  cœurs ,  répètent  les  légendes  qu'on  a  lues,  ou  donnent 
envie  de  les  étudier, 
Dans  les  vastes  basiliques  des  Chapitres  et  des  monastères,     L'ornemeiitotion 

'  '^  p«inte    aussi    in- 

on  avait  soin  de  procéder,  pour  les  peintures  du  monument  tiispensabie   que 

1  •*  •       •  j  11x1-  nëgUpée  dans  nos 

comme  pour  les  vitraux ,  par  ces  principes  de  parallélisme  grandes  égu^». 
ou  par  les  effets  d'ensemble  et  le  rapprochement  symbo- 
lique des  sujets  que  nous  avons  fait  observer  dans  notre 
magnifique  cathédrale  de  Poitiers  (4).  Quel  intérêt  et  quelle 
science  ne  présenterait  pas  en  même  temps ,  dans  nos  édi- 
fices convenablement  restaurés ,  cette  méthode  toute-puis- 
sante qui  unit  les  beautés  de  la  décoration  intérieure  aux 
catéchèses  exposées  à  l'envi  par  l'histoire  et  la  théologie 
des  Livres  saints!  Ne  voit-on  pas  que  ce  vaste  développe-  Pnvoimdu  dor- 
ment des  murailles  sacrées,  dont  la  nudité  attriste  toujours  ^* 
le  regard ,  est  essentiellement  destiné  à  une  parure  qui 
devrait  être  le  premier  soin  des  architectes  et  des  fa- 
briques ?  Sans  doute  il  faut  nécessairement  borner  ce  luxe 
religieux  d'après  des  ressources  pécuniaires  plus  ou  moins 
restreintes;  mais  comme  ces  ressources,  même  les  plus 
modestes,  seraient  utilisées  avec  plus  d'intelligence  si  dans 
chaque  diocèse  on  veillait  à  leur  bon  et  convenable  emploi  ! 
Si  Ton  y  consacrait  les  fonds  disponibles,  sous  la  direction 
d'un  ecclésiastique  entendu  et  expérimenté ,  à  assainir  les 
murs  humides  et  tachés,  à  les  parer  d'une  tenture  générale 
de  plus  ou  moins  d'effet,  n'emploierait-on  pas  plus  utile- 
ment pour  la  gloire  de  la  Maison  de  Dieu  des  sommes  mé- 
diocres ,  qu'à  ces  malheureux  tableaux  sur  toile  dont  un 
trop  grand  nombre  de  curés  persistent  à  se  munir,  au  mé- 

(1)  Voir  notre  Histoire  de  ce  monument,  11,207,  553  et  suiv. 


59  HISTOIRE  DU  SYMBOUSME. 

pris  du  boa  goût  et  d*une  sage  économie ,  et  que  de  trop 

complaisantes  fabriques  introduisent  si  souvent  dans  le 

saint  Lieu  ? 

Ce  ^«oo  poar-      Si  VOUS  ue  pouvcz  pas  vous  élever  jusqu'aux  théories 

wurin-  patristiques  d'un  symbolisme  savant ,  ne  pouvez-vous  pas 


jeter  sur  une  teinte  générale  des  attributs  ou  des  sym- 
boles choisis  avec  goût  parmi  ceux  qui  conviennent  le 
mieux  aux  patrons  de  l'église ,  à  leurs  vertus ,  à  leur  mort, 
à  leur  glorification  éternelle  ?  N'avez-vous  pas  les  palmes 
et  les  fleurs  pour  vos  bordures ,  la  coloriation  de  vos  cha- 
piteaux sculptés ,  de  vos  modillons ,  et  même  de  vos  cor- 
niclies,  dont  la  monotonie  peut  être  suppléée  par  un  discret 
accompagnement  de  motifs  auxquels  le  sculpteur  n'avait 
pas  songé  ?  Tout  cela,  toujours  maintenu  dans  le  style  des 
autres  détails ,  ne  manquera  ni  de  grâce  ni  de  convenance 
et  changera,  à  la  grande  joie  des  fidèles,  une  étable  en  une 
maison  de  prières ,  une  enceinte  où  rien  ne  parle  de  la 
Majesté  divine  en  une  demeure  plus  digne  du  Roi  des  rois. 

dw^iH! Jr  ''^*"'      ^^^^  ^^  ^®  grandes  ressources  vous  sont  offertes  ;  si  vous 

avez  un  de  ces  vaisseaux  de  premier  ordre  dont  les  données 
artistiques  soient  la  première  condition,  c'est  alors  que  vous 
reproduirez  autour  de  l'autel,  dans  les  chapelles  et  les  nefs, 
toutes  les  richesses  de  la  Bible,  toutes  celles  de  l'histoire 
Qttou  rabioAux  ecclésiastique  et  de  ses  Saints.  Nous  savons  comme  iraient 

o«iiMoi,  bien  sur  les  parois  septentrionales  ces  merveilleuses  églo- 

gucs  de  la  Genèse  :  le  désert  d'Agar,  le  mariage  de  Rebecca, 
l'enfance  et  le  triomphe  de  Joseph ,  Moïse  et  son  berceau 
flottant,  la  fille  de  Jephté  et  Noémi ,  Tobie  et  Suzanne , 
Estlier  et  Judith  :  miracles  et  prophéties  qui  prêtent  si  bien 
leurs  frais  détails  à  une  décoration  picturale  par  tout  ce 
qu'on  peut  y  mêler  des  aspects  de  la  Terre  Sainte ,  de  ses 
montagnes  et  de  ses  eaux ,  de  ses  bois  et  de  ses  vallées ,  de 
ses  richesses  et  de  ses  aridités.  Ce  seraient  là  autant  d'op- 
positions pour  le  côté  sud  à  des  scènes  parallèles  tirées  de 
la  loi  évangéliquc  et  qu'entoureraient  la  même  végétation, 


PEINTURE  MURALE  DE  L'ÉGLISE.  59 

avec  ses  clairières  et  ses  ombrages ,  la  pureté  des  ciels ,  la 
diversité  des  costumes  et  la  vivacité  orieutale  des  couleurs. 
Sous  ces  formes  attrayantes,  la  foule  considérerait  vis-à-vis 
des  origines  du  monde  et  des  solitudes  antiques  de  TËdcn 
la  naissance  du  Christianisme  et  la  sainte  Famille  de  Beth- 
léem et  de  Nazareth  ;  les  Apôtres  et  les  Pères  de  l'Église  y 
paraîtraient  dans  leur  mission  salutaire  comme  les  succes- 
seurs des  Patriarches  et  des  Prophètes.  Les  guerres  d'Israél 
et  ses  conquêtes  sous  la  conduite  de  Moïse  et  de  Gédeon  re- 
porteraient ,  vers  le  côté  opposé,  aux  victoires  des  martyrs 
combattant  aussi  pour  leur  Terre  promise,  emportant  d'as- 
saut et  par  violence  la  Cité  éternelle  de  la  paix.  Qui  pourrait 
épuiser  cette  grande  série  de  faits  au  caractère  divin,  de 
leçons  célestes  données  à  la  terre  ? 

Mais  on  a  compris  que  nous  ne  voulons  pas  de  ces  et  quei  paraii^ 

'^  ^  1.1  1  Wsme  hlutoriqne  11 

images  courtes  et  trapues ,  se  reproduisant  les  unes  au-des-  y  faut  ob^errer. 
sus  des  autres  comme  les  médailles  d'un  chapelet,  privées, 
dans  un  isolement  plein  de  froideur  et  de  sécheresse,  de 
tout  ce  qui  doit  leur  donner  une  vie  commune  et  les  ratta- 
cher, sans  aucune  transition  forcée,  à  une  idée  d'ensemble 
et  à  un  effet  commun.  L'histoire  est  comme  un  grand  fleuve 
qui  presse  ses  flots  incessants  de  sa  source  à  son  entrée 
dans  la  mer.  Le  fleuve  descend  toujours ,  plus  ou  moins 
rapide,  plus  ou  moins  grossi  dans  ses  repUs  onduleux  et 
ses  détours  sans  limites  :  ainsi  nos  histoires  sacrées  se  dérou- 
leraient du  sanctuaire,  où  réside  le  Principe  de  toutes  choses, 
aux  extrémités  occidentales  des  larges  et  profondes  nefs. 
Quels  champs  ouverts  à  l'imagination  et  au  pinceau  !  Qu'une 
main  habile  y  dispose ,  sans  compartiments  ni  divisions 
aucunes ,  cet  immense  territoire  où  s'étalent  en  des  sites 
variés  tous  les  chapitres  de  la  vie  humaine  au  milieu  des 
spectacles  infinis  de  la  nature  ;  que  sur  cette  terre  aux 
arbres  divers,  aux  perspectives  lointaines ,  l'œil  voyage  des 
bords  sablonneux  de  la  mer  Rouge  aux  vallées  étroites  du 
Sinaî ,  assiste  aux  campements  du  désert ,  suive  de  mon- 


60  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

tagne  en  montagne  et  de  vallée  en  vallée  les  phases  atta- 
chantes du  peuple  choisi;  qu'enfin  on  vénère  à  chaque  pas 
cette  vie  morale  absorbée  dans  la  fécondité  virginale  de 
Marie  qui  commence  l'histoire  prédite  du  peuple  nouveau. 
Arrivé  à  ce  point,  on  verrait,  comme  autant  d'annales 
esquissées  par  la  Providence  elle-même,  on  verrait  la  Fuite 
en  Egypte,  les  voyages  apostoliques  du  Sauveur,  la  Samari- 
taine convertie  par  la  parole  chrétienne,  la  Femme  adultère 
par  sa  confusion  et  son  repentir;  près  de  Lazare  ressuscité, 
la  Croix  s'élèverait  en  face  du  Serpent  d'airain ,  la  glorifica- 
tion du  Thabor  brillerait  parallèlement  aux  humiliations 
de  David.  Ainsi,  d'une  scène  à  une  autre,  nous  contemple- 
rions l'ensemble  de  nos  titres  les  plus  glorieux  ;  nous  ver- 
rions la  famille  humaine  grandissant  sous  l'œil  du  Seigneur, 
arrivant,  à  travers  les  obscurités  de  sa  première  existence, 
à  la  lumière  qui  rayonne  autour  du  Verbe  incamé  :  Jésus- 
Ghrist  préparé  par  Moïse ,  l'Église  par  la  Synagogue ,  et 
rélcrnité  du  peuple  nouveau  par  les  vicissitudes  de  l'an- 
cien (<). 

Ne  serait-ce  pas  une  belle  et  intéressante  parure  des  murs 
sacrés  que  cette  page  vivante  continuant  d'une  extrémité  à 
l'autre  d'une  église  ses  histoires  choisies  à  travers  les  con- 
trastes du  sol ,  les  scènes  changeantes  des  i-égions  illustrées 
par  tant  de  souvenirs?  et  que  d*&mes  apprendraient,  dans 
ces  livi'es  toujours  ouverts,  des  faits  religieux  qu'elles  n'au- 
raient jamais  sus  auti*ement ,  et  de  là  iraient ,  frappées 
d'une  curiosité  devenue  trop  rare ,  chercher  dans  les  récits 
de  la  Bible  les  développements  et  les  preuves  de  ces  anti- 
ques et  mémorables  événements! 
Ki»i^  a«*  p«ttt>      Il  est  bien  entendu  qu'inspiré  par  cette  enceinte  vénérée , 

(1)  Cr\^îrait-v>ii  qu'au  peîntr«  des  pla$  employés  dans  leâ  égUses^  et 
que  iiou«  exhortions  à  suivre  et  à  appliquer  cette  théorie  dâos  une 
«leurre  considérable  qu*U  allait  commencer,  nous  répondit  qu'il  était 
trop  Tieux  («our  c)laî^^»r  son  genre  de  traTmiL  et  qu'à  son  âge  ou 
i)>ludie  pin*  *  O  isnorance  ronmiode  î  A  triste  et  panrre  routine  ! 


PEINTURE  MURALE  DE  L^ÉGUSE.  6l 

le  peintre  religieux  qui  se  chargera  de  la  décorer  ne  né-  tre«  pour  r^u^nir 
gligera  aucune  des  règles  symbolistiques,  et  s'efforcera  d'en 
relever  l'expression  artistique  par  le  seutiment  surnatuj'el 
de  l'esthétique  chrétienne.  Gomme  la  Bible,  les  légendes , 
les  sacrements  ont  leur  symbolisme  propre  ,  il  se  gardera 
bien  de  l'oublier,  y  trouvant  un  moyen  d'animer  ses  sujets 
et  de  leur  communiquer  une  vie  surnaturelle  qu'ils  récla- 
ment impérieusement.  Il  lui  faut  savoir  aussi  les  caractères 
particuliers  de  la  physionomie  humaine  dans  les  races  dif- 
férentes qu'il  veut  traiter,  le  ton  des  chairs  variant  avec 
les  climats ,  les  agencements  de  la  barbe  et  de  la  cheve- 
lure adoptés  selon  les  peuples  et  leurs  époques  ;  enfin  les 
costumes  de  chaque  âge ,  de  chaque  classe,  et  ces  mille 
nuances  qu'invoque  impérieusement  la  vérité,  laquelle  doit 
toujours  passer  pour  une  des  premières  exigences  d'une 
composition  historique. 

Cependant ,  et  tout  en  nous  attachant  à  ces  données  dont  . 
on  voit  bien  déjà  la  valeur  et  l'efTet,  il  faut  nous  réserver  le 
droit  d'une  exception  très-notable ,  sans  laquelle  nous  ne 
marcherions  plus  qu'au  hasard  et  sans  discernement;  car 
nous  arrivons  ici  à  une  question  de  la  plus  haute  impor- 
tance et  qu'il  faut  aborder ,  malgré  la  divergence  des  opi- 
nions qui  y  répondent,  pour  la  résoudre  énergiquement 
dans  le  sens  qui  seul  peut  être  raisonnable. 

Donc ,  en  nous  reportant ,  pour  l'exécution  des  peintures     Que  im  monu- 

mentfl  du  moyen 

susdites ,  à  un  monument  du   moyen  âge ,  il  n  est  pas  âge  doivent  être 

décores  de   peln- 

douteux  qu'il  faille  la  conformer  au  style  architectural  turw  piatet,  en 
qu'elle  doit  embellir  ou  compléter.  Or,  le  moyen  âge  n'a  ityie  archuectu* 
jamais  usé  de  la  perspective  non  plus  dans  ses  peintures 
murales  que  dans  ses  vitraux,  non  qu'il  en  ignorât  toujours 
les  règles,  qui  ne  pouvaient  avoir  disparu  :  témoin  les  belles 
miniatures  dont  nous  avons  parlé  ;  non  que  le  dessin  fût , 
à  la  plus  belle  époque  de  l'art,  aussi  maussade  qu'on  a  bien 
voulu  le  dire ,  comme  on  peut  s'en  convaincre  par  les  belles 
statuettes  des  cathédrales  d'Amiens,  de  Chartres  et  de 


62  HISTOUIB  DU  STHBOLISME. 

Reims  :  mais  parce  que  ce  moyen  des  perspectives  natu- 
relles s'alliait  mal  avec  le  style  de  Tarchitecture ,  qu'il  eût 
semblé  effacer  en  l'attirant  et  en  faisant ,  en  termes 
d'atelier,  des  trous  dans  la  muraille,  ce  qui  eût  résulté  des 
'  faux-fujants  et  des  claire-obscurs  dont  la  perspective  se 
compose.  C'est  donc  la  peinture  plate  qu'il  faut  à  ces  grands 
ouvrages  ;  ce  sont  les  formes  naïves  que  les  sculpteurs  de 
l'époque  employèrent,  et  qui  seules  se  marieront  avec  la 
netteté  de  leurs  lignes  franches,  saillantes  et  vivement 

et  arec  les  ter-  accusécs.  Lcs  vcrrièrcs  sont  là  pour  dicter  le  genre  voulu , 

qu'on  relèvera  d'ailleurs  par  des  fonds  d'or  ;  et  ces  ver- 
rières ,  dont  Féclat  aurait  nui  aux  lointains  et  aux  dégra- 
dations, jetteront  sur  ces  teintes  presque  sans  relief  et 
sans  ombre  une  lumière  suflisante,  pleine  de  conve- 
nance et  d'harmonie. 
L»  pe«pectiTe      H  est  douc  bicu  eutendu  que  le  genre  que  nous  venons 

dam  les  édiflcM  d  adoptcr  comme  donnant  une  décoration  très-souhaitable 

construits   depuis    ..,  ,  ,  ■,  •i-ri<i.«i 

le  seizième  siècle,  irait  mal  avcc  les  styles  roman  ou  ogival.  Il  lui  faut  les 

surfaces  froides  et  les  voûtes  unies  de  la  Renaissance,  dont 
les  folies  se  sont  empreintes  plus  particulièrement  sur  les 
églises,  quand  cette  époque  de  subversion  eut  annulé 
l'esprit  sacré  de  l'architecture  chrétienne.  La  peinture, 
telle  que  nous  venons  de  la  conseiller ,  avec  ses  effets  pit- 
toresques, conviendra  merveilleusement  à  réparer  ces  éga- 
rements des  seizième,  dix-septième  et  dix-huitième  siècles. 
Les  voûtes  d'azur  émaillées  d'étoiles  d'or  se  prêteront  bien 
à  recevoir  les  larges  expansions  des  piliers  arrondis ,  qui , 
au  lieu  de  chapiteaux,  n'ont  que  des  prolongements  à 
arêtes ,  s'élançant  au-dessus  d'eux-mêmes  et  prolongeant 
leurs  rameaux  équivoques  jusqu'à  la  surface  des  claveaux, 
pour  s'y  perdre  et  s'y  effacer  insensiblement.  Ces  colonnes 
elles-mêmes  pourront  devenir  autant  de  palmiers ,  et  très- 
facilement ,  par  la  combinaison  que  la  brosse  saura  faire 
de  leur  tronc  et  des  branches  qui  les  couronnent;  les  trop 
vastes  baies ,  dont  l'ampleur  exagérée  ne  sera  jamais  assez 


PEIIfTLRB  MURALE  DE  L*ÉGUSB.  63 

dissimulée  par  la  recherche  coquette  de  leurs  meneaux 
flamboyants ,  souffriront  bien  les  scènes  de  genre  que  cer- 
tains ateliers  dé  peintres  sur  verre  n'ont  pas  assez  réservées 
pour  elles  ;  et  les  murs  qu'aucune  arcature  ne  décore,  dont 
la  nudité  déplaisante  s'offre  si  naturellement  à  des  tentures 
qui  en  corrigent  la  laideur,  recevront  fort  convenablement 
l'action  de  la  peinture  moderne  avec  ses  recherches  savantes 
et  ses  reflets  que  rien  ne  saurait  contrarier.  Ces  principes  ^^  principe» 
sont  incontestables  pour  quiconque  sait  vouloir  dans  les  «i*hnip«ta8d«i. 
arts  l'unité  du  faire  et  l'harmonie  des  conceptions.  Ils  résul- 
tent des  discussions  scientifiques  de  l'École  (4) ,  et  quand 
les  maîtres  ont  parlé  avec  toute  l'autorité  de  leur  savoir , 
en  dépit  d'oppositions  ou  systématiques  ou  trop  intéressées, 
ceux  qui  ne  veulent  pas  s'égarer  n'ont  plus  qu'à  les  suivre. 
C'est  pourquoi  nous  émettons  ces  principes  comme  autant 
de  notions  fondamentales  de  la  matière ,  et  comme  le  seul 
refuge  des  architectes  et  des  décorateurs  jaloux  d'échapper, 
dans  un  prochain  avenir,  au  mépris  qu'inspirent  déjà  tant 
d'œuvres  confectionnées  au  hasard ,  sans  nul  respect  des 
règles  éminentes  que  l'art  n'abdiquera  jamais. 

Nous  irons  plus  loin ,  et  nous  entrerons,  par  suite  môme    n»  dofTcnt«'«p. 
de  ces  justes  prétentions ,  dans  un  besoin  qu'on  ne  paraît  rat?ordefl%iisM 

j,  < .  «  .  ,       solon    les    Saints 

pas  encore  soupçonner,  quoique  déjà  ce  qui  se  passe  de  qu*on y honon. 
•notre  temps  en  éveille  les  premières  atteintes.  A  aucune 
époque  le  Saint-Siège  n'a  accordé  les  honneurs  de  la  cano- 
nisation à  un  plus  grand  nombre  de  saints  personnages.  La 
plupart  sont  modernes  et  ne  remontent  guère  au  delà  du 
seizième  siècle.  Qu'on  élève  en  leur  honneur  des  églises 
nouvelles,  ou  qu'on  leur  consacre  des  chapelles  particulières 
dans  les  grandes  enceintes  construites  au  moyen  âge,  quel 

(I)  et  BuUelin  m onum^»<a/ (séances  générales  de  \slSoc.  franc,  d'ar- 
cbéologie^  tenues  à  Reims  en  septembre  18i5)^  t.  XI,  p.  575  et  suiv.  — 
Noas  ne  faisons  que  résumer  ici  la  discussion  à  laquelle  prirent  part 
BIM.  Didron  et  de  Roisin  ayec  une  supériorité  de  raison  qui  les  ont  tou- 
jours maintenus  dans  les  plus  hautes  régions  de  l'archéologie  chré- 
tienne. 


64  HISTOIRE  DC  SYMBOLISME. 

Style  devia-t-on  donner  aux  peintures  qui  ne  peuvent  man- 
quer  de  les  orner  ?  H  est  clair,  d*après  les  règles  posées 
ci-dessus,  qu*on  sera  mal  venu  à  traiter  une  église  de  Saint- 
François-Xavier,  de  Saint-Ignace,  de  Saint-Louft-de-Gonza- 
gue,  de  Sainte-Marie-Alacoque  et  de  tant  d'autres,  en  style 
du  treizième  siècle.  Excuser  cette  anomalie  par  l'habitude 
prise  à  cette  époque  d'afTubler  tous  les  héros  de  la  Bible  des 
costumes  de  Philippe-Auguste  ou  de  S.  Louis  serait  mé- 
connaître l'énorme  distance  qui  sépare  nos  études  actuelles, 
si  sérieuses  et  si  laborieusement  méditées  par  l'érudition 
moderne,  des  idées  reçues  par  nos  aïeux,  à  peine  imbus  des 
notions  élémentaires  de  cet  objet.  Aujourd'hui  leur  naïveté 
ne  serait  plus  de  mise;  et  s'il  ne  s'agissait ,  sous  prétexte 
d'unité,  que  de  se  conformer  à  une  stricte  analogie  entre  le 
style  mal  venu  de  ce  treizième  siècle  et  celte  parure  impos- 
sible pour  des  personnages  du  seizième,  on  voit  bien  encore 
que  cette  b&tardise  arriverait  à  déplaire  souverainement,  et 
constituerait  un  très-ridicule  anachronisme. 
Dftqtteii«f«çon      A  CCS  deux  impossibilités  il  faudrait  cependant  opposer 
pour"  iM  hLou  deux  remèdes.  Eh  bien  !  ce  serait  l'occasion  à  nos  architectes, 
dêrne^un'Vnro  si  louglcmps  séduits  par  la  chimère  d'un  nouveau  genre 
ii/pr/»tât*Y*iîûr  d'architecture,  de  le  chercher  sérieusement,  de  lui  donner 
epMiue,  un  caractère  nouveau  qui  ne  fût  pas  celui  des  écoles  romane 

et  gothique,  mais  qui  s'élevât  aussi  de  beaucoup  au-dessus 
des  froides  mesquineries  ou  des  mignardises  païennes  de 
l'art  grec ,  si  malheureusement  appliqué  par  les  siècles  de 
Jean  Uuss  et  de  Calvin ,  de  Jansénius  et  de  Voltaire ,  aux 
besoins  du  culte  catholique  outragé  par  de  tels  affronts. 
ni  à  l'orni^iTM^ntA.  Aiusi,  uous  uc  répuguerions  pas  à4es  innovations  architec- 
uûftfrï?""*'   '  turalcs  qui,  contrairement  à  l'éclectisme  audacieux  qui 

mêla  parfois  tous  les  genres  dans  un  seul  monument ,  sans 
aucun  souci  du  symbolisme  non  plus  que  de  l'unité,  garde- 
raient scrupuleusement  cette  double  condition  d'un  édifice 
chrétien.  Puisque  notre  but  est  de  nous  ménager  des  pein- 
tures où  l'art  moderne  brille  de  toutes  ses  ressources  pour 


PEINTURE  MURALB  DE  L'ÉGUSE.  65 

des  Saints  qui  assistèrent  à  sa  résurrection  et  à  ses  progrès; 
puisqu'il  faut  aussi,  et  avant  tout,  que  nos  symboles  obligés 
donnent  la  vie  spirituelle  à  chacune  de  nos  pierres  et  au 
moindre  recoin  du  saint  Lien,  faites- vous  avec  vos  trois  nefs 
d'amples  surfaces  destinées  aux  actes  de  vos  Martyrs,  de  vos 
Vierges ,  de  vos  Confesseurs;  éclairez-les  par  une  fenestra- 
tion  ogivale  qu'embellissent  dans  ses  contours  de  longues  et 
délicates  guirlandes  de  fleurs  significatives,  prises  parmi  les 
symboles  qui  cqnviennent  le  mieux  à  votre  Patron  ;  multi- 
pliez-y les  compartiments ,  les  meneaux  élancés  dont  les 
vitraux  à  médaillons  s'impriment  de  teintes  chaudes  et  fer- 
mes; déviez  Taxe  longitudinal  du  nord  au  sud;  tracez  en 
un  transsept  proportionné  les  bras  de  la  croix ,  où  seront 
d'autres  autels  et  de  radieuses  rosaces;  ornez  vos  clefs  de 
voûtes  non  de  ces  lourds  appendices  qui  menacent  toujours 
de  vous  écraser  sous  les  tours  de  force  de  leurs  sculptures 
affectées,  mais  de  diadèmes  fleuris  suspendus  gracieuse- 
ment sur  nos  têtes  pour  nous  rappeler  Timmarcessible  cou- 
ronne des  cieux. 

Quant  au  sol ,  devenu  une  mosaïque  éloquente,  soudez-y 
les  mille  figures  sous  lesquelles  vos  pieds  fouleront ,  dans 
la  nef  septentrionale  de  la  Sainte  Vierge  et  des  Ponts ,  le 
dragon  et  le  basilic,  les  scarabées ,  les  hybrides  nombreux 
qu'on  reconnaît  pour  les  auxiliaires  du  démon.  Vous 
paverez  le  bas-côté  sud  des  épanouissements  de  la  rose  et 
du  lis ,  des  oiseaux  aquatiques  du  baptême ,  des  fleurs  et 
des  feuilles  du  nénuphar.  Ce  style,  cet  arrangement  général 
de  tant  d'éléments  divers  qui  forment  un  temple  catholique, 
ne  sera  pas  celui  qu'a  si  justement  préféré  le  moyen  âge  ; 
mais  il  n'aura  pas  les  insignifiances  de  la  prétendue  Renais- 
sance, et,  tout  en  gardant  les  caractères  principaux  et  essen- 
tiels de  l'art  chrétien,  il  s'accommoderait  bien,  nous 
semble-t-il,  aux  exigences  du  culte  décerné  à  nos  nouveaux 
Saints.  Ce  serait  revenir  à  quelques-unes  des  meilleures  tra- 
ditions de  nos  Pères.  On  exilerait  ainsi  de  nos  églises  les 

T.   IV.  5 


qaes 


0()  lUSTOlRK  ])U   SYMBOLISME. 

tableaux  sur  toilc^  qui  les  déparent  plus  que  jamais,  parce 
qu'ils  en  font  des  musées,  parce  qu'ils  y  sont  presque  tou- 
jours placés  au  hasard,  sans  égard  à  la  lumière  et  aux 
convenances  du  lieu  ;  parce  qu'ils  n'y  sont  visibles  que  de 
certains  côtés,  et  cachés  par  conséquent  à  la  plus  grande  por- 
tion de  l'assistance  ;  parce  qu'enfln  il  est  impossible  aux 
églises  qui  n'ont  que  de  médiocres  ressources  de  se  pour- 
voir autrement  que  par  des  peintures  murales,  d'une  orne- 
mentation générale  imbue  d'autant  d'effets  .et  de  succès. 
cettJ^Çhléoriraux  ^^^  ^^^^  qu'ou  saisil  très-bien  les  convenances  d'unité  que 
iSUr'  "*®*****^*  nous  venons  d'établir,  on  conçoit  également  comme  il  im- 
porterait aux  familles  religieuses  données  à  l'Église  depuis 
deux  ou  trois  siècles  de  ne  construire  que  dans  un  style 
,  contemporain  de  leur  époque ,  ou  s'identiflant  avec  la  nôtre 
par  l'adoption  du  style  moderne  que  nous  venons  d'esquis- 
ser. Dès  lors,  tout  s'accorderait  parfaitement  entre  leurs 
ti'aditions  historiques,  l'ordre  architectural  et  la  décoration 
de  leur  maison  de  prière.  Que  ne  ferait-on  pas  de  charmant, 
par  exemple,  dans  une  chapelle  de  carmélites  nouvellement 
bâtie  d'après  nos  idées,  si  l'on  voulait  puiser  dans  les  œuvres 
de  l'admirable  S*®  Thérèse  ses  motifs  d'embellissement  parla 
peinture ?Les  comparaisons  si  fraîches  qui  animent  souvent 
la  prose  onctueuse  de  l'illustre  réformatrice  y  seraient  autant 
de  symboles  employés  à  la  gloire  de  Dieu  et  à  sa  propre  glo- 
rification. On  ferait  un  charmant  tableau  allégorique  de  sa 
vie  en  la  représentant,  dans  une  sorte  d'apothéose,  présidant 
aux  diverses  fondations  que  son  zèle  opéra,  et  dont  les  mai- 
sons apparaîtraient  dispersées  sur  divers  plans  et  arrosées 
du  fleuve  de  la  doctrine,  aux  méandres  sinueux  et  parés  des 
fleurs  qui  reviennent  souvent  dans  ses  écrits.  Une  étude , 
faite  dans  ce  but ,  des  pensées  de  la  Sainte  et  de  ses  récits 
attachants,  produirait  un  résultat  très-désirable  :  mais  il  est 
clair  que  de  telles  données  appliquées  dans  une  église  ro- 
mane ou  antérieure  par  son  style  à  la  fin  du  seizième  siècle, 
où  la  Sainte  mourut ,  deviendraient  une  contradiction  fla- 


PEI?fTURE  MURALE  DE  l'ÉGLISE. — CHEMIN  DE  LA  CROIX.   67 

grante ,  une  anomalie  que  le  bon  goût  réprouYerait ,  et 
qu'on  ne  devrait  pas  y  souffrir. 

Mais  poui'  se  donner  ces  grandioses  merveilles ,  il  faut  là  encore,  iur- 
diriger  soi-même  les  hommes  de  talent  qu'on  appellera  à  et  intelligente  dn 
les  développer.  Il  faut  que  le  clergé,  à  qui  ces  études  sont 
un  devoir ,  se  charge  de  les  appliquer  en  exposant  leurs 
théories,  en  surveillant  l'exécution  matérielle  ou  esthétique 
non-seulement  dans  le  choix  des  légendes,  des  parm'es  ac- 
cessoires et  des  symboles ,  mais  jusque  dans  l'emploi  des 
couleurs  et  la  distribution  des  fonds  d'or  qui  devront  rele- 
ver nécessairemeut  certaines  portions  du  travail.  Un  guide 
expérimenté  et  intelligent  évitera  par  cette  surveillance 
méritoire  de  grossières  bévues  à  l'ignorance  de  ses  ouvriers  ; 
il  ne  laissera  rien  à  leur  caprice  ;  il  ne  permettra  pas  de 
représenter  un  pape  des  premiers  temps  sous  le  costume 
d'un  évèque  des  temps  modernes ,  non  plus  que  S.  Hilaire 
ou  S.  Fortunat  ;  il  ne  permettra  pas  qu'on  charge  ses  murs 
de  niaises  allégories,  parfois  inintelligibles  et  souvent  ridi- 
cules ,  mais  dont  le  moindre  défaut  est  de  transporter  dans 
une  église  la  religiosité  du  peintre  bien  plus  que  les  saintes 
inspirations  de  la  piété  catholique.  On  exclurait  les  har- 
diesses indécentes  dont  la  vie  de  la  très-sainte  Viei^e  a  été 
si  souvent  l'objet  :  la  foi,  le  respect,  l'orthodoxie  respire- 
raient seuls  à  l'aise,  et  le  regard  des  fidèles  aimerait ,  après 
avoir  vu  ces  naïves  reproductions ,  à  y  revenir  encore  pour 
s'en  réjouir  ou  s'édifier. 

Une  des  plus  touchantes  décorations  de  nos  églises  est     dq  chemin  de 
celle  qu'a  inspirée  la  dévotion,  relativement  récente,  du  Ghe-  rigi»  ârtisuques 
min  de  la  Croix ,  dont  le  souvenir  ne  remonte  guère  qu'à  la  Jerrerf 
fin  du  quinzième  siècle ,  et  qui ,  de  dix  stations  qu'il  eut 
d'abord ,  est  arrivé  à  douze ,  et  enfin  à  quatorze ,  comme 
aujourd'hui.  On  sait  que  ce  pieux  exercice  fut  transporté 
en  Occident ,  de  Jérusalem  où  se  suivent  les  stations  vérita- 
bles pi^atiquées  par  Notre-Seigneur  et  les  saintes  femmes , 
depuis  le  palais  de  Pilate  jusqu'au  Calvaire.  Rien  donc  de 


08  UiSTOiAE  Dt  SYMBOLISME. 

plus  attachant,  en  effet,  que  la  méditation  des  souffrances 

du  Sauveur  pour  former  lésâmes  à  la  patience,  comme  à  la 

Abus  «otaeii  charité  et  à  la  reconnaissance  envers  Lui.  Mais  par  cela 

tur  M  point. 

même  que  tant  de  raisons  l'ont  rendue  populaire,  on  en  a 
multiplié  les  reproductions  à  la  hâte,  sans  autres  soucis  que 
ceux  d'un  proflt  mercantile,  et  tantôt  le  bon  marché,  tantôt 
l'ignorance  ou  le  défaut  absolu  du  sentiment  artistique,  ont 
fait  introduire  dans  nos  églises  des  gravures  plus  ou  moins 
barbouillées  de  rouge,  de  jaune  et  de  bleu,  ou  des  plastiques 
à  effet  qui  ont  le  double  tort  de  blesser  en  même  temps  l'ar- 
chéologie chrétienne  et  les  convenances  locales.  Ainsi  se 
trouvent  compromis  une  fois  de  plus,  dans  le  Lieu  saint,  et 
l'art  religieux  et  la  piété  éclairée.  Et  cependant  il  était  si  facile 
de  faire  autant  de  monuments  de  ces  tableaux,  qui  ne  méri- 
taient pas  moins  que  tant  d'autres  le  zèle  des  artistes  et  les 
intelligentes  recherches  du  clergé  !  Que  des  peintres,  mem- 
bres ou  non  de  l'Académie  des  beaux-arts,  nous  prodiguent 
chaque  jour  et  pour  chaque  église  jusqu'à  une  centaine  de 
Chemins  de  Croix  parmi  lesquels  nous  sommes  invités  à 
choisir!  c'est  là  ce  qui  nous  afflige  d'autant  plus  que  rien 
n'y  est  digne  du  but  que  le  clergé  se  propose,  et  que  des 
lauréats  mêmes  de  nos  salons  annuels  traitent  ces  sujets  si 
élevés,  si  pathétiques  et  si  justement  vénérés,  avec  une  mé- 
diocrité qui  n'est  égale  qu'au  ridicule  ou  à  la  laideur  de 
leurs  étranges  compositions.  Ajoutez  à  ces  malheurs  celui 
de  proportions  mesquines,  à  peine  convenables  dans  le  par- 
loir d'un  couvent,  et  au  milieu  desquelles  on  ne  distingue 
que  par  hasard  les  sujets  de  chaque  tableau.  Ce  sont  pour- 
tant ces  sujets  qu'on  destine  à  frapper  le  cœur  dû  fidèle,  et 
qui ,  en  s'annulant  ainsi,  le  privent  de  ce  que  ses  médita- 
tions auraient  de  plus  vivant  et  de  plus  fructueux. 
Do  queue  rc8-  Pourquoj , au  llcu  dc  CCS  déshonorantes  images  dont  le  rôle 
cêtt7  co*!^?Jîhîoî  si  noble  est  devenu  si  piteux ,  n'use-t-on  pas,  sur  les  larges 
li^noïbaiîuqu'"  cspaces  dcs  murs  latéraux ,  de  ces  peintures  qui  suffiraient 

à  en  couvrir  la  pauvreté?  N'avons-nous  pas  reçu  du  moyen 


PEINTURE  MURALE  DE  L'ÉGLISE.— CHEMIN  DE  LA  CROIX.   6il 

âge,  depuis  le  treizième  siècle  jusqu'au  seizième,  des  œu- 
vres remarquables  et  toutes  empreintes  des  véritables  con- 
ditions de  l'art  religieux?  Les  ivoires  sculptés,  les  châsses 
émaillées,  les  diptyques,  les  bois,  la  statuaire  par  ses  cruci- 
fixions, ses  anges ,  ses  saintes  femmes ,  ses  types  de  toutes 
les  conditions  humaines,  enfin  les  vitraux  authentiques, 
n'ont-ils  pas  à  notre  service  leurs  caractères  symboliques , 
leurs  couleurs  consacrées,  leurs  styles  spéciaux ,  leurs  dra- 
peries, et  comme  leurs  mœurs  privées  qu'il  s'agit  de  repro- 
duire pour  donner  à  nos  basiliques  ou  à  nos  plus  modestes 
églises  rurales  une  suite  de  stations  pleines  de  vérité  et  à'h- 
propos  ?  Tous  nos  recueils  archéologiques  ont  prodigué  et 
des  types  à  imiter  et  des  conseils  à  suivre  (  I  ) . 
Qu'on  se  figure  une  cathédrale  comme  celle  de  Poitiers ,  f^/®"^  <*«  ï*  <^- 

'^  '     thédraJe    do  Poi- 

aux  nefs  immenses  limitées  au  sud  et  au  nord  par  une  arcn-  ;!<^"  *^n  pa-ticu- 

•^  lier. 

ture  continue,  dont  les  pleins-cintres  élégants,  reposant  sur 
des  chapiteaux  de  colonnettes  sveltes  et  élancées,  partagent 
chaque  travée  en  quatre  compartiments  égaux,  (^es  travées, 
étant  au  nombre  de  sept  pour  chaque  bas-côté,  peuvent  con- 
tenir dans  leurs  deux  arcades  médianes  un  des  tableaux  du 
Obemin  de  Croix.  Il  dépendra  de  l'habileté  du  peintre  de  dis- 
simuler dans  l'ensemble  de  sa  scène  la  colonnette  intermé- 
diaire ;  de  la  sorte,  chaque  scène  sera  flanquée,  de  droite  et  d<* 
gauche,  soit  d'un  semis  général,  soit  d'une  draperie  sur  le 
fond  de  laquelle  on  la  verrait  se  détacher.  On  ferait  mieux 
encore  en  la  faisant  ressortir  au  milieu  des  monuments  et 
des  maisons  de  Jérusalem  ou  des  sites  et  des  perspectives 
que  domine  la  montagne  du  Calvaire.  Cette  grande  parure 
vaudrait  un  peu  mieux  que  les  mesquines  images  en  car- 
ton-pierre appcndues  aux  piliers  engagés  des  deux  nefs  ; 
mieux  surtout  que  ces  tableaux  sans  unité  travaillés  par  des 

(1)  On  ne  pourrait  trop  sMnspirer,  entre  autres^  des  belles  gravures 
données  dans  les  tomes  XX  et  XXl  des  Annales  arché^logques,  avec 
une  aiîite  d'articlps  trfts-remarqnablM  de  M.  1c  chanoine  Barbier  rïo 
Montanlt. 


70  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

mains  différentes ,  où  le  Christ,  la  Vierge,  la  Madeleine  et  la 
Véronique  ont  autant  de  figures  diverses  qu'il  y  a  de  toiles, 
où  tous  les  genres  se  résument  dans  le  mauvais,  où  tout  est 
faux  et  désolant  pour  Fart  qui  s'en  afflige ,  et  pour  Tirapie 
qui  s'en  fait  un  argument  ;  mieux  enfin  que  ces  copies  de 
Raphaël  et  autres  toiles  encadrées  qui ,  s'appuyant  sur  ces 
mêmes  piliers ,  rompent  l'effet  des  lignes  architecturales , 
en  détruisent  l'ordonnance  liarmonieuse ,  et  ne  remédient 
en  rien  à  l'humiliante  nudité  des  murs. 
Importance  des      Si  uous  faisious  toutcfois  uuc  cxccptiou  à  cc  gcurc  de 
peinture  murale,  que  nous  destinerions  exclusivement  à  nos 
églises  ;  si  nous  permettions  que  certaines  parties  du  monu- 
ment pussent  y  être  consacrées  à  quelques  peintures  mobiles 
qui  n'en  peuvent  pas  être  absolument  exclues,  ce  serait  en 
faveur  d'un  genre  trop  abandonné  depuis  trois  siècles  et  qui, 
pourtant,  avait  des  mérites  incontestables ,  nonobstant  les 
quelques  inconvénients  qu'on  aurait  pu  empêcher  par  cer- 
taines précautions  matérielles  :  nous  voulons  parler  des  pein- 
tures sur  bois,  devenues  si  rares,  d'autant  plus  recherchées, 
et  qui,  si  l'on  assujettissait  mieux  les  planches  qui  les  reçoi- 
vent, auraient  plus  de  durée  que  la  toile,  et  seraient,  en  cas 
d'accident,  d'une  réparation  plus  facile.  La  belle  basilique 
dont  nous  venons  de  parler  en  possède  plusieurs  que  nous  y 
trouvâmes  fort  détériorées  en  4845,  et  que  nous  avons  pu 
rendre  à  leur  lustre  primitif.  L'une  est  une  vaste  page  de 
4  mètres  de  long  sur  \  mètre  50  centimètres  de  hauteur,  re- 
présentant un  Grand  Chantre  dirigeant  le  chant  des  enfants 
de  la  Psalette,  et  dont  le  nom  Toussaint  Johanet  a  servi  de 
prétexte  pour  l'entourer  de  tous  les  Saints  honorés  dans 
l'Église  de  Poitiers,  et  qu'il  regarde  tous,  pour  lui,  comme 
autant  de  patrons  qu'il  exalte  dans  cet  ex  voto.  Ce  tableau 
est  daté  de  4598. —  Un  autre,  peint  en  4590,  et  ne  déve- 
loppant que  4  mètre  sur  80  centimètres,  est  une  réparation 
des  injures  faites  au  Saint-Sacrement  parles  hérétiques  du 
temps.  Un  prêtre  y  dit  la  messe,  et  l'autel  est  entouré  des 


PEINTURE  MURALE  DE  L'ÉGLISE   ET  DE  LA  STATUAIRE.   71 

portraits  superposés  des  Pères  qui  ont  parlé  le  plus  élo- 
quemment  de  la  sainte  Eucharistie,  avec  de  larges  phylac- 
tères qui  contiennent  des  textes  tirés  de  leur  controverse. 
Ces  hors-d'œuvre  ne  sont  pas  à  dédaigner  ;  ils  restent  comme 
des  monuments  durables  de  l'histoire  d'un  édifice,  et  ils  ont 
cet  immense  avantage  sur  les  peintures  murales ,  qu'ils  se 
peuvent  transporter  si  un  incendie  ou  tout  autre  événement 
fâcheux  les  menace  de  destruction  {\). 
Reportons  maintenant  notre  attention    vers  un  autre     l»  poiychromio 

*■  appliquée     à     la 

objet  qui  ne  l'exige  pas  moins.  La  polychromie  ne  convient  statuaire, 
pas  seulement  aux  ornements  d'architecture  proprement 
dits  et  aux  sculptures  dont  l'architecte  a  paré  son  édifice, 
elle  va  surtout  à  la  statuaire,  et,  de  tous  les  ornements  d'une 
église,  il  n'en  est  pas  qui  la  réclame  à  plus  juste  titre.  Quand 
les  façades,  riches  de  tant  de  détails,  étalant  dans  leurs  plans 
superposés  ou  dans  les  immenses  voussoirs  de  leurs  vastes 
portes  ogivales  une  série  de  Saints,  d'innombrables  mou- 
lures et  des  scènes  émouvantes  de  l'enfer  et  du  paradis, 
voyaient  les  peintres  leur  prodiguer  à  l'envi  toutes  les  cou- 
leurs d'une  palette  expérimentée ,  que  rehaussait  l'or  des 
nimbes  et  des  costumes,  on  devait  à  plus  forte  raison  ne  pas 
mesurer  mesquinement  ces  pieuses  richesses  à  la  statuaire 
des  autels,  aux  retables,  aux  ornements  du  chœur  et  du 
sanctuaire  ;  et,  de  fait,  rien  n'est  plus  froid  ni  plus  disgra- 
cieux que  de  grands  personnages  de  plâtre,  de  pierre  ou 
de  bois,  immobiles  sur  un  piédestal,  n'ayant  ni  regard  ni 
sentiment,  et  n'attirant  qu'à  demi  dans  une  pensée  inat- 
tentive les  hommages  peu  chaleureux  d'une  foule  qui  ne 
les  comprend  qu'à  grand'peine  ou  point  du  tout.  Quelle  donteiie^tiavio 
différence  quand  on  les  considère  avec  ce  beau  revêtement 
de  leur  gloire  dont  tous  les  détails  sont  symboliques,  dont 
toutes  les  couleurs  ont  un  langage  ;  quand  leurs  traits,  déjà 


(i)  Voir  la  description  de  ces  deux  tableaux,  fort  curieux,  dans  notre 
Histoire  de  la  cathédrale  de  Poitiers,  !I,  294  et  301  et  suiv. 


72  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

si  expressifs  sous  le  ciseau  du  sculpteur,  sVmbellissent  par 
une  carnation  intelligente  des  impressions  de  la  vie  et  de 
ses  suaves  sérénités  !  La  sécheresse  des  draperies  s'assouplit 
sous  la  mollesse  du  pinceau,  la  pose  s'accentue  mieux,  les 
contours  reçoivent  plus  d*élégance  et  d'abandon,  la  vérité, 
en  un  mot,  se  révèle  et  complète  autant  que  possible  l'il- 
lusion, qui  est  le  but  principal  que  l'art  se  propose.  C'est 
donc  ce  sentiment  de  la  vérité  qu'il  faut  chercher  avant 
tout,  c'est  cette  illusion  qui,  toute  de  convention  qu'elle 
soit,  n'en  séduit  pas  moins  le  cœur  par  les  yeux,  et  opère 
l'effet  intérieur  qui  résulte  de  la  décoration  esthétique.  On 
sent  combien  loin  il  y  a  de  cette  théorie  à  ces  fantaisies  du 
liasard  qui  guident  presque  toujours  nos  incroyables  badi- 
geonneurs...  Ces  prétendus  peintres  salissent  la  plupart  des 
statues  en  leur  imposant,  pour  unique  règle  de  leur  travail, 
leplusjolideleuvgoCii  rustique  et  désordonné.  Les  couleurs 
éclatantes  sont  toujours  les  meilleures  à  leurs  yeux,  et,  s'ils 
y  mêlent,  comme  nec  plus  ultra  de  leur  bon  goût,  un  or 
qui  bientôt  se  tourne  au  vert,  parce  qu'il  ne  fut  jamais  que 
du  cuivre  en  feuilles,  ils  ne  parviennent  qu'à  gâter  d'au- 
tant plus  ce  qu'ils  ont  eu  la  maladroite  prétention  d'em- 
bellir. Nous  avons  à  cœur  de  prémunir  contre  ces  déso- 
lantes stupidités,  en  établissant  dans  le  chapitre  suivant  les 
idées  normales  qui  doivent  présider  à  la  peinture  de  la 
statuaire  chrétienne,  et  en  général  à  La  polychromie  de  nos 
sujets  religieux. 


CHAPITRE  XVI. 

DE  LA  STATUAIRE  SCULPTÉE  OU  PEIHTE 
ET  DE  L'AMEUBLEMENT. 


Il  est  bien  entendu  que  nous  devrons  appliquer  à  la  sta- 
tuaire, en  tant  que  susceptible  de  recevoir  les  embellisse- 
ments de  la  peinture,  des  principes  qui  conviennent  éga- 
lement à  l'iconographie  murale,  aux  sujets  des  verrières  et 
à  la  simple  imagerie  religieuse.  On  comprendra  aisément 
les  quelques  variantes  qui  doivent  s'appliquer  à  l'action  du 
peintre  dans  ces  dlflFérentes  expressions  de  l'art.  De  quelque 
nature  donc  que  soit  le  sujet  soumis  au  pinceau,  qu'il  soit 
sculpté  ou  non,  les  mômes  principes  symboliques  détermi- 
neront les  teintes  qu'il  lui  faut  donner  selon  son  caractère, 
ses  attributs  et  l'importance  de  son  rôle  esthétique. 

Suivons  dans  cette  revue  l'ordre  rationnel  de  nos  idées 
théologiques,  et  commençons  par  l'image  de  Tauguste 
Trinité. 

C'est  très-ccrtainemeut  celle  qui  a  toujours  dominé  dans      i  a  Trinité  ot 
l'expression   du  symbolisme  chrétien.    Le  monastère  de  uoin  symboliques 
Saint-Benoit-sur-Loire,  bâti  vers  le  milieu  du  septième  iûrc. 
siècle,  l'avait  été  sur  un  terrain  triangulaire  qui  plut  au\ 
moines  par  cette  disposition  mystique ,  à  l'exemple  de 
S.  Riquler,  qui,  peu  auparavant  (en  625),  avait  construit  en 
forme  de  triangle  l'abbaye  doGentule,  au  diocèse  d'Amiens. 
Outre  ces  grandes  pensées  d'ensemble,  on  s'évertua  à 
i-amcner  le  même  sentiment  à  tout  ce  qui  pouvait  le  rece- 


74  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

voir.  A  toutes  les  époques  de  Tarchitecture,  on  le  ^it  donc 
représenté  par  de  nombreux  détails  de  la  maison  de  prière. 
Les  trois  portes  d'entrée  et  les  trois  fenêtres  qui  les  sur- 
montent ,  les  trois  nefs  qui  partagent  rintérieur ,  les  trois 
baies  ouvertes  à  l'orient,  où  les  splendides  rayons  du  soleil 
levant  semblent  glorifier  leur  rôle  mystérieux,  tout  atteste 
ainsi  dans  l'édifice  sacré  une  intention  manifeste  de  glo- 
rifier le  Dieu  trois  fois  Saint  que  chante  Tétemel  Hosauna. 
C'est  par  la  mémo  mison  que  l'Évéque,  avant  de  procéder 
k  la  dédicace  du  temple,  en  a  purifié  les  murs  extérieurs 
par  trois  aspersions,  nouveau  baptême  qui  rappelle  celui 
qu'institua  le  Sauveur,  et  qu'il  fit  porter  à  toutes  les  con- 
trées du  monde,  au  nom  des  trois  Personnes  divines.  Après 
ces  grandes  divisions ,  on  poussa  la  pensée  symbolique 
jusqu'à  la  répercuter,  pour  ainsi  dire,  dans  les  détails  secon- 
daires :  beaucoup  de  nefs  furent  partagées  en  une  triple 
travée,  les  murs  latéraux  parés  d'une  triple  arcature  ;  on 
orna  les  portes,  les  fenêtres  et  les  arcades,  bouchées  ou 
ajourées,  de  trilobés  ou  de  trèfles,  ces  derniers  comme  sou- 
venirs maintes  fois  racontés  de  l'ingénieuse  industrie  de 
S.  Patrice,  qui,  en  évangélisant  THibernie,  expliquait  aux 
païens  l'unité  des  trois  Personnes  éternelles  par  la  triple 
foliation  de  cette  plante.  Il  n'y  eut  pas  jusqu'à  la  toiture  elle- 
même  qui,  partagée  dans  sa  forme  générale  en  trois  parties 
représentant  la  hampe  et  les  deux  traverses  de  la  croix,  ne 
fût  encore  surmontée  de  trois  tours,  dont  une  domine  le 
transsept  et  deux  s'élèvent  majestueusement  au-dessus  de  la 
façade.  Ainsi  se  trouve  matérialisé,  dans  chaque  monument 
chrétien,  le  dogme  fondamental  du  Christianisme.  Par  ce 
plan  d'ensemble,  tout  devient  parfait  dans  la  demeure 
sacrée  ;  elle  est  plus  digne  d'être  ouverte  à  cette  triple  et 
adorable  Personnalité  dont  chaque  Membre  a  une  perfec- 
tion égale  ;  et  c'est  là,  plus  que  partout  ailleurs,  qu'il  con- 
vient au  chrétien  de  prier,  de  méditer  ses  destinées  éter- 
nelles, et  de  s'unir,  par  ses  ferventes  aspirations,  au  Dieu  qtii, 


STATUAIRE  SCULPTÉE  OU  PEINTE.— LA  TRINITÉ.  75 

SOUS  les  voiles  de  ce  Mystère ,  lui  apparaît  incessamment 
depuis  son  baptême  jusqu'à  sa  tombe. 

On  ne  trouva  guère  avant  le  quatrième  siècle  aucune  oecMion  dou- 
des  représentations  sensibles  dont  nos  pères  se  plurent  à  pue  dezprimw 
parer  l'incompréhensible  Vérité.  Il  est  vrai  que  les  églises  ^°**^*'  "' 
souterraines  de  Rome,  où  EUe  ne  fut  affirmée  par  aucune 
image  parce  qu'on  n'y  révélait  en  rien  les  mystères  que 
les  païens  devaient  ignorer,  eurent  souvent  leur  forme  de 
croix  et,  par  conséquent,  trinitaire  (4  )  ;  mais  ce  fut  surtout 
quand  on  vit  l'arianisme  affronter  la  croyance  commune 
et  menacer  la  divinité  même  du  Sauveur,  qu'on  dut  s'ef- 
forcer d'affirmer  la  consubstantialité  du  Verbe,  et  dès  lors 
dut  se  développer  l'iconographie,  qui  vint  seconder  l'ensei- 
gnement artistique.  Il  ne  suffisait  plus  d'exposer,  avec  S.  Am- 
broise,  comment  la  trinité  des  Personnes  se  conciliait  avec 
une  toute-puissance  unique  et  indivisible  (2)  ;  l'énoncé  de 
la  foi  théologique,  si  décisive  et  si  formelle  qu'elle  fût  dans 
les  Pères,  avait  besoin  d'images  très-propres  à  en  imprimer 
la  valeur  et  à  la  faire  passer,  par  les  yeux,  dans  les  esprits 
les  plus  grossiers. 

Mais  ce  secours  même  pouvait  égarer  du  but  en  maté-      iTâtonnements 
lialisant  la  pensée,  et  c*est  ce  qu'avaient  cru  devoir  éviter  Mt^Jemen?    dos 


(1)  Voir  ci-des3U8^  t.  III,  cb.  i^  p.  5.—  On  De  devine  guère  comment 
ce  principe  manqua  aux  catacombes,  où  tant  de  Mystères  du  Nouveau 
Testament  sont  représentés  par  des  symboles  de  l'Ancien.  Quoi  de  plus 
naturel ,  par  exemple ,  pour  exprimer  la  Trinité  que  la  Réception  par 
Abrabam,  sous  le  diéne  de  Mambré,  des  trois  Anges, dans  lesquels  tous 
les  Pères  ont  vu  les  trois  adorables  Personnes?  (Gen.,  xviii,  1.)  — Mais 
c'est  probablement  qu'alors,  la  doctrine  des  Pères  sur  ce  fait  ne  s'étant 
pas  encore  énoncée  publiquement,  on  se  reportait  plus*ToIontiers  vers 
les  motifs  d'ornementation  purement  historiques,  et  que  les  Apôtres 
ayaient  surtout  recommandés  par  leurs  discours  ou  leurs  écrits. 

(2)  «I  Ego  et  Pater  unum  sumus  (Joan.,  x,  30);  id  est  unum  sumus 
lumen,  sicut  unum  nomen.  Per  lumiuis  et  nominis  unitatem  ambo 
unum  sumus,  îmo  Trinités  unum  in  unitate  substantiœ ,  sed  distinc- 
tione  uniuscujnsque  Personse.  Trinitas  distinctionem  significat  Perso- 
narum,  unitas  potestatem.  n  (S.  Ambr.  Enarral.  in  psalmo  xxxv,  — 
opp.  t.  I,  col,  774.) 


7« 


HISTOIRK  DU   SYMBOLISME. 


point 


sur 


ce  les  premiers  Docteurs.  Ils  ne  parlaient  du  dogme  qu'en 
tant  qu'il  fallait  le  croire,  sans  chercher  trop  à  en  expli- 
s.  Hiuire  de  qucr  Ics  solcnnellcs  obscurités.  Néanmoins,  quand  vinrent 
les  efforts  de  l'hérésie ,  on  comprit  le  danger  de  ce  silence, 
que  S.  Hilaire  rompit  Tun  des  premiers  avec  tant  d'éclat, 
au  point  de  vue  de  la  controverse.  Et  cependant  le  grand 
génie,  tout  en  développant  avec  les  immenses  ressources 
de  son  esprit  si  positif  et  si  net  ce  qu'il  faut  croire  de  la 
consubstantialité  des  trois  Personnes,  recule  toujours 
devant  les  comparaisons  symboliques  ;  on  le  trouve  tou- 
jours, dans  son  magnifique  livre  De  la  Trinité^  armé  du 
raisonnement,  jamais  d'aucune  allégorie,  tant  il  craint 
encore ,  comme  il  le  dit  ailleurs ,  que  les  types  manquant 
de  justesse  ne  demeurent  incomplets  à  côté  du  Principe  fon- 

s.  Grégoire    de  damental(4). — S.  Grégoire  de  Nazianze,  moins  scrupuleux 

en  apparence,  et  pourtant  ne  dissimulant  pas  ses  craintes 
de  quelques  fausses  interprétations,  essayait  de  faire  saisir 
le  Mystère  divin  en  le  comparant  au  soleil,  qui  ne  fait  qu'un 
avec  ses  rayons  et  avec  la  lumière  qui  en  jaillit;  mais  il 
ajoutait  que  la  foi  simple  valait  mieux  que  toutes  les  simili- 
tudes, et  il  renonçait  à  s'en  servir  (2).  Toutefois  ce  système 
d'abstention  ne  pouvait  durer  au  delà  des  premiers  essais 
du  symbolisme  iconographique.  Dès  lors  que  l'architecture 
prétendit  imprimer  dans  ses  constructions  la  pensée  du 
dogme  générateur  de  tous  les  autres,  le  sculpteur  et  le 

ii>triiiuçio  cqu'ia.  pclutrc  furcnt  excités  au  même  but;  rien  ne  dut  paraître 

plus  naturel,  par  exemple,  ([wa^  d'inscrire  dans  une  arcade 


Premiers  «yin- 
bolM  :  le  so]pil , 


(1)  a  AlalLa  sœpe  falluul  quso  tiimilia  sunt.  Timeo  aorum  bracte» 
qaia  me  faUose  posait  ÎDlerius;  et  tamcn  auro  simile  est  quod  vide- 
tnr »  (S.  Hilar.,  De  Synocfis,  n»  89,  col.  1202  Bened.) 

(2)  «  Solem ,  et  radium ,  et  lucem  cogitavi  :  verum  hic  metnendum 
est  ne  incompositœ  naturs;  compositio  queedam  excogitelur  quemad- 
modum  solis,  et  eomm  qusB  soli  insunt...  Postremo  ilaqne  hoc  mihi 
coDsultissimum  visum  est,  nt  misais  factis  imagiDibas  illis  atque  um- 
briSj  ut  fallacibus,  plurimumque  a  veriiate  remotis,  piam  ipsu  cogita- 
lionem  fidemquc  mordacius  retineam »  'S.  fireg.  Naz.  Orat.  xxii, 

I.  I,  p.  yni\.) 


STATUAIRE  SCULPTÉE  OU   P£1I^TE. —  LA  TRINITÉ.  77 

trilobée  un  triangle  équilaléral  :  cette  figure,  dont  on  ne  sait 
pas  l'époque  origineUe,est  certainement  des  plus  anciennes 
comme  étant  des  plus  élémentaires.  Rien  n'était  plus  vrai, 
en  effet,  et  ne  résolvait  mieux  et  plus  simplement  l'image 
de  trois  Personnes  en  un  seul  Dieu  qu'une  figure  composée 
de  trois  angles  dans  un  seul  plan;  figure,  disons-le  aussi, 
dont  le  caractère  mathématique  symbolisait  parfaitement 
la  certitude  incontestable  d'un  dogme  qui  est  lui-même 
incontestable  aux  yeux  de  la  foi. 

La  fête  de  la  sainte  Trinité ,  instituée  au  commencement  leu  déreioppa- 
du  douzième  siècle,  dut  inspirer  à  l'imagerie  catholique  une  iièoie , 
certaine  fécondité  ;  toutefois  nos  recherches  sur  les  diverses 
représentations  usitées  dans  l'Église  ne  nous  ont  rien  montré 
au  delà  de  cette  époque,  où  la  sculpture,  nous  le  savons, 
s'élança  avec  la  théologie  artistique  au  plus  haut  degré  de 
sa  gloire  encore  admirée.  De  cette  date,  on  connaît  le  bap- 
tême de  Notre-Seigneur  par  S.  Jean,  où  le  Christ  encensé  et 
assisté  par  des  Anges  est  surmonté  du  Saint-Esprit  qui  plane 
sur  sa  tête  en  forme  de  colombe ,  puis  contemplé  dans  un 
plan  supérieur  par  le  Père  éternel.  Ce  travail  fait  partie  du 
font  baptismal  de  Mousson,  en  Lorraine  (4). — Le  beau  ma- 
nuscrit d'Herrade ,  Ortus  deliciarum ,  recevait  en  même 
temps,  parmi  ses  admirables  peintures,  la  triple  image  du 
Père ,  du  Fils  et  du  Saint-Esprit,  assis  sur  un  même  siège , 
représentés  sous  les  mêmes  formes  humaines,  et  coopérant 
ensemble  à  l'œuvre  de  la  création,  ce  qu  ils  expriment  par  un 
long  phylactère  se  développant  entre  les  mains  de  chacun,  et 
portant  le  texte  Usihle  de  la  Genèse  :  Faciamus  hominem  ad 
itnaginem  et  similitudinem  nostram  (2).  Alors  cette  rcpré- 

(i)  Voir  Dallelin  nunumenial,  XIII,  186;  XIV,  74.  —  Et  celte  image 
n*éiait  pas  nouvelle  :  S.  Paulin  de  Noie,  mort  en  431 ,  l'avait  décrite 
ainsi  Irès-ezpressément  : 

Pleno  oornseat  Trinitoi  Mysterlo  : 

Stat  Christiu  amne,  tox  Patris  oœlo  tonat, 

Et  p«r  eolombam  Spiritas  Sanctus  flah. 

(EpM.  ad  Swêrum.) 
(2j  Voir  Didron,  Hisloire  de  Dieu,  p.  541. 


78  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

sentation  sous  forme  humaine  datait  déjà  de  trois  cents 
ans,  et  finit  par  l'emporter  sur  les  pures  spéculations  ma- 
thématiques ;  mais  le  cercle  n'en  continua  pas  moins  son 
rôle,  et  on  le  trouve,  au  seizième  siècle,  circonscrivant  un 
triangle  dont  le  Seigneur  tient  de  ses  mains  étendues  les 
deux  extrémités  supérieures.  —  Un  autre  type  non  moins 
remarquable  en  ce  genre  orne  la  charmante  voûte  du 
treizième  siècle  de  la  sacristie  de  Sainte-Radégonde,  à  Poi- 
tiei's. — A  Vignory,  en  Champagne ,'«  le  Père  et  le  Fils , 
barbus,  soutiennent  chacun  d'une  main  un  calice  avec 
l'hostie;  entre  eux,  le  Saint-Esprit  paraît  sous  la  forme  d'une 
colombe  dont  le  bec  touche  au  Pain  sacré,  et  l'extrémité  des 
ailes  aux  lèvres  du  Père  et  à  celles  du  Fils.  Ainsi  s'exprime 
.  que  la  troisième  Personne  procède  des  deux  autres,  et  que 
la  Divinité  du  Christ  est  présente  dans  l'Eucharistie  ;  et,  de 
plus,  que  la  Trinité  concourt  à  étabUr  ce  sacrement,  chef- 
d'œuvre  de  puissance,  de  sagesse  et  d'amour  »  (I).  La  des- 
cription est  ici  aussi  fidèle  et  ingénieuse  que  l'invention 
elle-même,  et  devient  une  des  mille  preuves  de  cette  obser- 
vation toujours  vraie,  toujours  bonne  à  rappeler  que ,  pour 
bien  comprendre  le  symbolisme  catholique,  il  faut  être 
imbu  de  la  théologie  de  l'Église,  sans  laquelle  on  restera 
forcément  au-dessous  de  la  science  d'interprétation, 
et  BoiioittAatroi.      Le  treizième  siècle,  en  s'avançant  plus  qu'aucun  autre 

dans  l'expression  iconographique  du  Dieu  unique  en  trois 
Personnes,  en  multiplia  les  images  et,  tout  en  les  variant, 
resta  dans  l'orthodoxie  la  plus  exacte.  L'anthropomorphisme 
triompha  alors  sans  danger  aux  yeux  du  vulgaire,  accou- 
tumé à  ne  lire  que  la  vérité  dogmatique  sous  des  emblèmes 
enfin  parfaitement  compris.  Les  manuscrits,  les  façades 
sculptées,  les  chapiteaux ,  les  clefs  de  voûte  reproduisirent 
ces  formes  si  diverses,  et  toujours  si  éloquentes,  soit  par 
trois  cercles  entrelacés,  soit  par  trois  faces  d'homme  unies 

(1)  Voir  M.  l'abbé  Godard-SaintrJean,  Dullet,  moimn.,  XV,  575. 


STATUAIRE  SCULPTÉE  OU  PEINTE.— LA  TRINITÉ.  7« 

entre  elles  ;  et  toat  cela  se  compliqua  plus  tard  et  se  per- 
fectionna jusqu'au  seizième  siècle,  de  manière  à  pénétrer 
dans  les  livres  d'heures  de  Simon  Voslre,  après  avoir  figuré, 
au  quinzième,  dans  l'ornementation  des  maisons  particu* 
lières.  Là  on  peut  voir  encore  un  triple  visage,  nimbé 
d'un  rayon  crucifère,  présentant  de  ses  deux  mains  un 
triangle  terminé  à  chacun  de  ses  points  par  un  cercle  inscri- 
vant le  nom  de  l'une  des  Personnes  ;  ces  points  extrêmes 
sont  réunis  par  les  branches  du  triangle  se  dirigeant  vers 
chaque  cercle,  et  reproduisant,  comme  sur  une  triple  bande- 
role, les  mots  EST  ou  NON  EST,  de  façon  à  les  faire  aboutir, 
selon  toutes  les  exigences  du  dogme,  à  l'un  des  noms  sacrés 
dont  ils  déterminent  par  une  proposition  absolue  la  nature 
et  la  personnalité  :  ainsi  Pater  est  Deus,  non  est  Filius  ; 
FiLius  EST  Deus,  non  est  Spiritus  Sanctus  ;  Spiritus  Sang- 
TDS  EST  Deus,  non  est  Pater,  non  est  Filius,  etc.  Par  un 
complément  qui  perfectionne  ici  toute  l'idée  divine,  et  que 
motive  très-bien  l'exactitude  théologique,  les  quatre  coins 
du  carré  où  sont  figurées  ces  formules  sont  garnis  des 
quati-e  animaux  d'Ezéchiel  (4). 

Hais  au  milieu  de  types  si  nombreux,  et  qui  prouvaient  AboB  des  mo- 
merveilleusement  la  fécondité  du  symbolisme,  on  vit  naître  phî^n Jrépri^â 
d'autant  plus  d'excentricités  dangereuses,  à  l'époque  de  la 
prétendue  Renaissance ,  que  le  caprice  entrait  alors  plus 
hardiment  avec  l'hérésie  dans  la  théologie.  L'art  eut  à  s'en 
ressentir  bientôt,  et  la  foi  dut  imposer  des  entraves  à  ses 
élans  irréfléchis.  En  efl'et,  ces  tètes  multipliées  jusqu'à  trois 
fois  sui"  un  même  corps,  ces  figures  des  trois  Personnes  ren- 
fermées diaphanement  dans  le  sein  de  Marie,  et  beaucoup 
d'autres  imaginations  semblables,  n'étaient  guère  propres 
qu'à  donner  de  fausses  idées  du  plus  adorable  des  Mystères. 

(i)  Voir  Didron ,  ubi  svprà,  p.  551.  —  On  peut  lire  avec  fruit,  pour 
compléter  sur  ce  sujet  toutes  les  idées  que  doiveut  s*en  faire  les  chré- 
tiens, le  livre  très-intéressant  et  très-substantiel  du  savant  et  regrettable 
ardicologue. 


par  VÉglhe, 


ter. 


80  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

C'est  pourquoi  le  savant  pape  Benoit  XIV,  écrivant  à  un 
évoque  d'Augsbourg  qui  avait  interdit  dans  son  diocèse  ces 
sortes  d'images ,  le  loua  de  son  initiative  et  lui  ordonna  de 
poursuivre  cette  guerre  loyale  à  tout  ce  qu'une  telle  ima- 
gerie avait  de  dangereux.  Il  voulait  qu'on  s'en  tînt ,  dans 
l'imagerie  religieuse,  à  ce  que  TÉcriture  autorise  par  ses 
récits, 
qui  a^if^rmino  co  Alusi  douc,  plus  dc  cette  triple  face  entée  sur  un  seul  corps, 
2e*quui  'fiuT'év^  qu'avalt  déjà  condamnée  Urbain  Vill.  On  peut  représenter 

le  Père  par  un  vieillard  à  la  majesté  sereine  et  grave,  comme 
cet  Ancien  des  Jours  que  Daniel  nous  montre  assis  sur  un 
trône  porté  par  des  roues  de  feu,  la  tôte  et  les  vêtements  écla- 
tants de  blancheur,  entouré  de  flammes  ardentes  échappées 
de  son  trône,  et  qui  resplendissaient  jusqu'au  devant  de  sa 
face  (\),  Isaïe  lui  donne  aussi  Textérieur  d'une  personne 
royale  occupant  un  trône  élevé  au-dessus  de  tous  ceux  qui 
forment  sa  cour  (2) .  La  difficulté  n'est  pas  la  même  quant  au 
Fils  :  il  s'est  fait  homme  :  l'anthropomorphisme  lui  est  donc 
très-acceptable;  il  peut  même  multiplier  ses  formes  selon 
les  attributs  symboliques  dont  il  s'est  doué  lui-même  :  il 
est  V Agneau  de  Dieu,  la  Lumière  éternelle  du  monde j  la  Pierre 
angulaire,  le  Bon  Pasteur,  le  Poisson  mystérieux  des  eaux 
du  Baptême  ;  mais,  pour  peu  qu'on  soit  instruit  du  sens  des 
symboles  et  des  convenances,  dont  il  ne  faut  jamais  perdre 
le  sentiment,  le  Lion  de  Juda,  qui  désigne  le  Christ  dans 
l'Apocalypse,  ne  servira  jamais  seul  à  le  représenter  comme 
seconde  Personne  de  la  Trinité  :  on  le  confondrait  trop  faci- 
lement, par  ce  moyen,  avec  le  troisième  des  animaux  évan- 
gélistes.  L'Esprit-Saint  sera,  d'après  la  même  loi,  non  un 
jeune  homme  de  grande  beauté,  comme  quelques-uns 

(1)  o  Antiquus  dienim  sedit  :  yesLimcntum  Ejus  candidum  quasi 
nix,  et  capilli  capitis  Ejus  quasi  laDa  munda;  throDUs  Ejus  flammaB 
ignis;  rotœ  Ejus  ignis  accensus.Fluyius  igoeus  rapidusque  egredieba- 
tur  a  facie  £jus.  »  (Dan.,  v,  9.) 

(2)  «  Vidi  Dominum  sedentem  super  soUum  excelsum  et  eleyatam, 
et  ea  qnœ  sub  Ipso  eraut  replebant  templum.  b  (Is.,  vi,  1.) 


I 

j 
I 


STATUAIRE  SCULPTÉE  OU  PÈUfTE.—  LA  TBUflTÉ.  H\ 

l'avaient  fait  contre  toutes  les  traditions  de  l'Église,  mais, 
très-conformémentaux  Écritures,  une  colombe^  une  flamme 
de  feUy  un  ratjon  venant  du  Ciel  (4  ) .  On  voit,  par  ces  données 
générales,  comment  la  Sainte  Trinité  peut  composer  un 
groupe  très^onvenable,  et  comment  le  quinzième  siècle  et 
le  suivant  n*ont  rien  fait  de  mieux  ni  de  plus  expressif 
que  d'asseoir  sur  un  trône  resplendissant  un  vieillard  véné- 
i*able,  tenant  de  ses  deux  mains  les  deux  traverses  de  la 
Croix  où  le  Dieu  sauveur  est  attaché  pour  nous,  et  s*unis- 
sant  lui-même  à  ce  Fils  par  la  Colombe  divine  qui  émane  de 
sa  bouche,  et  plane  sur  la  tête  de  l'auguste  Crucifié.  On 
trouve  ce  type ,  remarquable  par  beaucoup  d'effet,  dans 
plusieurs  églises  ;  la  sculpture  et  la  peinture  Font  traité 
avec  un  égal  succès,  et  nous  ne  pouvons  trop  exhorter  les 
artistes  à  le  préférer,  au  besoin,  comme  celui  qui  rend  le 
plus  éloquemment  toute  l'orthodoxie  du  Mystère  divin. 

Ce  n'est  pas  que  de  nombreuses  variétés  ne  soient  venues,  variété»  nom- 
surtout  dans  les  derniers  siècles ,  diversifier  beaucoup  la  doxê/ d^  ^\^ 
forme  artistique.  En  4773,  on  voyait  encore  dans  une  des  •'*''''*"*^  • 
vingt  chapelles  de  Notre-Dame  de  Saint-Lô  les  trois  Personnes 
entourées  d'un  grand  cercle  d'or  au  fond  d'azur ,  formé  des 
anges  et  des  chérubins  d'Ézéchiel.  Ces  trois  Personnes  y 
étaient  assises ,  couvertes  de  chapes  riches  et  ornées.  Le 
Père  portait  la  tiare,  pour  mieux  rendre  sa  toute-puissance 
en  même  temps  que  sa  paternité;  sur  son  genou  gauche,  il 
tenait  le  globe  du  monde,  et  bénissait  de  sa  main  droite.  Le 
Fils  et  le  Saint-Esprit  ont  la  tête  nue  ;  ce  dernier  occupe  la 
gauche  du  Père  et  sauve  très-ingénieusement  les  apparences 
humaines  par  la  colombe  nimbée  qui  se  développe  sur  sa 
poitrine.  Le  Fils  était  reconnaissable  à  sa  croix  autant  qu'aux 
blessures  de  son  côté ,  de  ses  pieds  et  de  ses  mains.  On 
voit  par  là  jusqu'où  l'imagination  peut  aller  sans  sortir  des 

(i)  Cf.  BuUar.  Bened.  XIV  ,  t  1  ^  p.  562-569 ,  Romœ ,  1746  ;  -  Mola- 
nus  y  Hisloria  sacrarum  imaginum ,  Sapplem.  ad  lib.  IV  ,  cep.  zvi , 
p.  484 . 

T.   IV.  6 


82  IliSTOlRË   Dt   SYMBOLISME. 

règles  strictes  et  sans  contrevenir  aux  défenses  canoniques, 
dont  elle  ne  doit  jamais  s'écarter.  Mais  quoi  qu'elle  fasse 
dans  ces  limites  sacrées  et  infranchissables,  elle  n'oubliera 
pas  l'emploi  des  attributs  spéciaux  à  ciiaque  Personne  : 
ainsi ,  comme  nous  venons  de  le  voir,  le  Père  céleste  porte 
toujours  le  globe  symbolique  rappelant  sa  toute-puissance 
créatrice  ;  au  Fils  appartient  la  croix,  sur  laquelle  il  nous 
a  sauvés  ;  la  colombe  et  la  flamme  indiquent  la  nature  du 
Saint-Esprit,  qui  est  tout  amour.  Ce  sont  là  des  principes 
que  personne  ne  doit  ni  ignorer  ni  méconnaître. 

L<»  nimbe.  Mais  non  moins  important ,  parmi  les  attributs  spéciaux 

des  Personnes  divines,  est  le  nimbe,  dont  nous  avons  parlé 
déjà  maintes  fois  (I) ,  et  dont  il  faut  distinguer  clairement 
ici  le  rôle  symbolique  et  la  signification  doctrinale.  Les 
sculpteurs  comme  les  peintres  de  ces  derniers  temps 
s'y  sont  trop  souvent  trompés;  ils  ont  donné  ou  refusé 
sans  discernement  cet  attribut  essentiel  de  la  sainteté  soit 
à  Dieu  ,  soit  aux  Saints  ,  qu'il  devait  pourtant  distinguer 
dans  l'iconographie  afin  de  la  faire  bien  comprendre  et 
d'v  éviter  les  confusions.  Nous  allons,  au  bénéfice  des  ar- 
tistes  que  notre  tâche  est  d'éclairer  ici ,  poser  les  principes 
sur  cette  question  et  définir  clairement  les  diverses  formes 
de  cet  entourage  symbolique  donné  au  corps  ou  à  la  tète 
des  personnages  sacrés ,  depuis  la  Trinité  et  ses  trois  Per- 
sonnes jusqu'aux  Anges,  et  aux  hommes  qui  se  sont  illus- 
trés par  une  sainteté  reconnue  de  l'Église. 

Lagioipc,  oa  L'idée  de  l'éternelle  béatitude  à  laquelle  participent  les 
élus  de  Dieu,  et  de  la  clarté  qui  les  environne  dans  le  mi- 
lieu où  Dieu  lui-même  se  complaît  en  son  inaltérable 
bonheur,  a  fait  entourer  ses  Saints,  comme  sa  propre  Per- 
sonnalité, d'un  gloire  circulaire  ou, plus  souvent, elliptique, 

(1)  Voir  tout  ce  qui  regarde  la  Bigniflcation  des  conleurs  et  leur  usage 
dan:)  lu  peinture  chrétienne,  ci-dessus,  t.  U;  ch.  xii  ;  et  ce  qui  regarde 
les  armoiries  et  leurs  couleurs,  au  ch.  xvi.  —  On  en  conclura  des 
principes  iras -applicables  à  la  présente  question. 


STATUAIRE  SCULPTÉE  OU  PEINTE.  —  LE  NIMBE.  83 

laquelle  embrasse  tout  le  contour  du  corps  en  forme  d'a- 
mande et  représente  la  Majesté  divine  dans  sa  plénitude, 
ou  la  part  qu'y  ont  acquise  ses  lidèles  serviteurs.  On  voit 
déjà  que  le  mot  employé  dans  ce  sens  comporte  avec  lui  la 
pensée  d'une  grandeur  méritée  par  de  belles  actions  et 
d*une  sorte  d'apotliéose  populaire  :  c'est  la  môme  chose ,  à 
notre  avis ,  que  l'auréole ,  espèce  de  nuage  léger  et  lumi- 
neux qui  semble  s'épancher  autour  d'un  corps  glorifié  , 
mais  qui  convient  particulièrement  à  celui  des  personnes 
déjà  en  possession  de  cette  béatitude  céleste  dont  on  veut 
amplifier  l'afiirraation  jusqu'au  dernier  terme  possible.  Le 
nimbe  a  quelque  chose  de  plus  simple  :  il  est  une  flamme 
et  comme  une  couronne  qui  entoure  la  tète,  qu'il  embellit 
d'un  cercle  de  lumière  ou  d'un  éclat  nuageux  et  transpa- 
rent ,  comme  le  mot  nimbus  l'exprime  assez.  Cet  insigne 
se  donne  plus  généralement  aux  Saints  ,  comme  l'auréole 
à  Dieu,  sans  qu'on  puisse  bien,  toutefois,  préciser,  à  l'aide 
de  règles  généralement  suivies ,  quelle  théorie  scientifique 
on  s'est  posée  à  cet  égard.  Il  semblerait ,  par  des  exemples 
tirés  des  meilleures  sources ,  que  Dieu ,  considéré  en  lui- 
même,  et  abstraction  faite  de  son  existence  trinaire,  ou 
bien  se  présentant  sous  la  forme  d'une  ou  des  trois  Per- 
sonnes divines,  ait  été,  pour  plus  d'honneur,  paré  à  la  fois 
du  nimbe  de  la  tête  et  de  l'auréole  du  corps.  Mais  les  ar- 
tistes nous  présentent  sur  de  tels  sujets  de  si  nombreuses 
variantes ,  qu'on  ne  peut  guère  conclure  de  ce  qu'ils  ont 
foit  à  un  système  arrêté,  le  leur  s'étaut  modifié  avec  tous 
les  siècles. 

Toujours  est-il  que  l'objet  en  lui-même  est  devenu  l'in-  ^, J;^^^«««  **« 
dispensable  attribut  de  la  sainteté,  de  quelque  manière 
qu'on  l'ait  donné  aux  Saints ,  de  quelque  genre  d'orne- 
mentation qu'on  l'ait  cru  susceptible.  En  effet ,  c'est  tantôt 
un  cercle  léger  inscrit  autour  de  la  tête  comme  une  cou- 
ronne à  peine  sensible ,  tantôt  des  rayons  inégaux  s'échap- 
panl  de  cette  tête  sans  aucune  circonférence  qui  le  cir- 


nlmbe. 


84 


MISTOiilK  bt   SYMBOUSiiE. 


Xittibo  carc^. 


Antiquité 
nimbe. 


dn 


conscrive  ;  taaMt  Forle  rayonne  de  plusieui's  pointes  qui 
varient  par  leur  nombre  de  7  à  4  4 ,  non  sans  intention 
sans  doute.  On  a  fait  aussi  des  nimbes  triangulaires ,  et 
nous  pensons  qu'au  lieu  de  Dieu  le  Père  indiqué  par  Didron 
d'après  une  fresque  grecque  du  dix-septième  siècle»  c'est  la 
Trinité  qu'il  faut  reconnaître  dans  ce  Vieillard  apparaissant 
au  milieu  d'un  nuage ,  et  la  tète  ornée  d'un  triangle  rayon- 
nant de  lumière.  Sa  pose  seule,  d'ailleurs,  penchée  vers  le 
chaos  qu'il  va  débrouiller,  ses  deux  bras  étendus  comme 
ceux  de  quelqu'un  qui  commande  sans  efforts ,  indiquent 
de  reste  l'action  créatrice  qui  appartient  à  la  Trinité  tout 
entière  (i). 

On  a  vu  des  exemples  de  nimbe  carré,  servant  plus  à  qua- 
lifier l'état  moral  de  quelques  hommes  vertueux  et  encore 
vivants  que  la  sainteté  proprement  dite,  qui  ne  s'acquiert 
(lu'après  la  mort.  C'est  une  de  ces  originalités  dont  l'Italie 
ne  s'est  pas  assez  gardée  et  qui  ont  jeté  une  inextricable 
confusion  dans  sa  vie  artistique.  Nous  voulons  bien  qu'on 
exprime  par  cette  figure  géométrique  la  terre,  dont  eUc 
représente  la  fermeté ,  et  par  conséquent  la  vie  présente 
ferme  dans  la  foi  et  dans  la  vertu  ;  mais  ce  n'en  est  pas  moins 
une  invention  qu'on  n'a  pas  adoptée  ailleurs ,  et  qui  a  dû 
sembler  de  peu  de  profit.  Ce  n'est  pas  là  ce  que  nous  vou- 
drions conseiller  à  l'art  sérieux ,  désireux  des  bonnes  tra- 
ditions et  qui  ne  perdra  jamais  rien  à  les  tenir. 

Le  nimbe  était  connu  des  premiers  siècles  chrétiens , 
qui  l'avaient  adopté  du  paganisme,  où  il  n'était  pas  rare  de 
le  voir  appliqué  aux  dieux  et  aux  héros.  On  le  trouve  dans 
les  catacombes ,  mais  non  à  leur  époque  la  plus  reculée. 
Ce  n'est  guère  qu'au  quatrième  siècle  qu'on  en  remarque 
les  premiers  spécimens  :  c'est  ainsi  qu'on  le  voit  à  l'Enfant 
Jésus ,  tenu  par  sa  Mère ,  dans  une  fresque  souterraine 
que  le  chevalier  de  Rossi  attribue  à  l'époque  de  Gonstan- 


(1)  Voir  Didron,  Hist.  de  Dieu,  p.  9. 


STATUAIRE  8GCLPTÉE  OU   PEINTE.  —  LE  NIMBE. 


85 


mmb*  eradttrs. 


tin  ('l}.  Plus  tard,  on  inventa  une'distinction  entre  les  Saints, 
dont  nous  sayons  le  nimbe  spécial ,  et  Dieu  et  la  Vierge- 
Mère,  à  qui  furent  réservés  ou  le  nimbe  crucirère,  nommé 
encore  croisé^  ou  la  gloire  ou  auréole. 

Les  trois  Personnes  de  la  Trinité  se  parent  également  du 
nimbe  croisé,  comme  ayant  coopéré  toutes  à  Tœuvre  delà 
Rédemption.  Pour  Elles,  ce  nimbe  a  plus  ou  moins  d*élé- 
gance,  la  croix  en  est  plus  ou  moins  ornée  avec  goût,  selon 
l'époque  où  elle  est  prise,  et  sa  simplicité,  qui  dure  jusqu'à  la 
fin  du  onzième  siècle,  se  change,  aux  douzième  et  treizième, 
en  riches  accompagnements  de  perles  byzantines,  de  bro- 
deries, de  franges  et  de  petites  arcatures  continues.  Tout 
cela  s'embellit  encore  de  vives  couleurs.  Marie  a  aussi  son 
privilège,  qui  lui  donne,  comme  à  Dieu  même,  un  nimbe 
pour  sa  tête  et  une  auréole  qui  enveloppe  son  corps  imma- 
culé. Nous  dirons  de  quelle  lumière  doivent  s'illustrer  les 
autres  Saints,  en  parlant  tour  à  tour  des  titres  qui  compo- 
sent la  hiérarchie  hagiographique;  mais  ici,  et  pour  ce  qui 
regarde  le  nimbe,  il  faut  bien  que  nous  indiquions  aux 
sculpteurs,  et  surtout  aux  peintres,  à  quelles  règles  ils  doi- 
vent se  conformer  sur  ce  point  pour  ne  pas  trahir  les  tra- 
ditions conservées  par  les  meilleures  époques  de  Tart  chré- 
tien. 

Et  d'abord,  entendons  bien  que,  malgré  l'absence  de  ce    u«a«odu  nimbe, 

.  .  derenu   indltpen- 

symbole  dans  un  certam  nombre  de  monuments  anté-  «we  à  i-haîioio- 

**  lit  f^^  artistique. 

rieurs  au  onzième  siècle ,  on  ne  doit  plus  le  négliger,  à 
quelque  date  que  se  rattache  Tœuvre  composée.  Aujour- 
d'hui, ce  serait  une  faute  de  rompre  avec  un  usage  tant  de 
fois  séculaire  et  qui  dans  toute  représentation  sacrée  doit 
distinguer  des  personnages  du  monde  ceux  que  l'Église  a 
honorés  d'un  titre  imprescriptible  et  essentiel.  Puisque, 
d'ailleurs ,  selon  que  nous  l'avons  établi ,  les  fresques  ro- 


fi)  Voir  Rosài ,  Imagines  sHectâff  Deiparx  Virginie  in  cœmeleriis 
iubierrnneis  depirtx,  t.  ï,  in-f>,  Rom» ,  186J. 


86 


HISTOIRE   DU   SYMBOLISME. 


maincsnous  en  oflreiit d'irrécusables  spécimens;  puisque, 
là  où  il  manque,  on  l'y  voit  remplacé  par  des  couronnes  de 
laurier  tenues  par  des  anges  sur  la  tête  de  deux  martyrs, 
ou  par  une  seule  qui  semble  descendre  du  ciel  entre  les 
images  de  S.  Pierre  et  de  S.  Paul  (^),  on  aurait  mauvaise 
grâce  à  nier  Fintérôt  que  les  premiers  temps  du  Chris- 
tianisme attachèrent  à  ce  moyen  symbolique.  On  l'emploiera 
donc  toujours,  en  suivant  ainsi  les  données  certaines  dont 
on  ne  peut  contester  le  respect  absolu,  et  généralisé  au 
moins  depuis  le  septième  siècle,  car  c'est  alors  que  se  fit  le 
mouvement  décisif  qui  tendit  de  plus  en  plus  à  l'adoption 
du  nimbe,  et  qui  fit  bientôt  observer  dans  son  usage  des 
variantes  plus  réfléchies  et  mieux  motivées  que  Didron  n'a 
paru  le  penser  (2). 
Htatoi"  «J«»»  A  partir  de  ce  temps  jusqu'au  douzième  siècle ,  la  pein- 
jusqu'aux  temps  Jure  uous  dounc  des  nimbes  circulaires  de  très-mince 

de  décadence: 

Du  qoairième  au  appareucc,  et  à  travers  lesquels  on  semble  avoir  voulu  mc- 

donzième  siècle  ;,  ii.  i.i  «.. 

nager  la  vue  des  objets  :  c  est  presque  diaphane,  et  fait  évi- 
demment pour  exprimer  cette  atmosphère  lumineuse  qui 
représente  très-bien  la  surnatnralisation  de  la  pensée  des 
Saints.  Cette  méthode,  que  la  sculpture  ne  pouvait  pas 
reproduire ,  se  traduisait  au  moins  sous  le  ciseau  par  un 

(1)  Voir  AriDgbiy  Rom.  auUL,  iibi  Buprà;  puis  t.  il,  p.  405,  iio9,  666, 
et  bien  ailleurs. 

(2)  Didron  ,  Hi$t.  df  Dieu ,  p.  78  ,  cite,  comme  une  preuve  du  peu 
d'importance  du  nimbe  pour  les  artistes ,  un  manuscrit  de  la  biblio- 
thèque Richelieu  du  neuvième  au  onzième  siècle,  dit-il,  où  une  même 
miniature  offre  S.  Ghrysantbe  avec  un  nimbe  dont  S'*  Daria  est  dé- 
pourvue. Il  est  clair  qu'à  cette  époque  ce  put  être  un  oubli ,  et  non  an 
système  qui  porterait  avec  lui  une  inexplicable  contradiction.  Le  même 
auteur  indique  &  ii  même  source  le  Chri.U  uu  nimbe  crucifère,  et  \^ 
Apôtres  qui  Tentourent  ornés  de  nimbes  orlés  garnis  d'une  légè**e  bor- 
dure, pendant  que  d'autres  Saints  n'ont  qu'un  simple  disque.  Tout  cela 
nous  parait  plus  rationnel  qu'au  savant  archéologue.  La  croix  timbrée 
à  la  tête  du  Christ  lui  est  particulière;  l'orle  donné  aux  Apôtres  dis- 
tingue leur  couronne  de  celle  des  autres  moins  élevés  par  leur  rang  : 
quoi  d'étonnant  ?  Nous  engageons  beaucoup  à  observer  cette  diffé- 
rence, dont  on  ne  peut  tenir  compte  qu'au  proGl  du  symbolisme,  et 
MUS  aucun  préjudice  d'aucune  r^gle  artistique. 


STATUAIRE  SCULPTÉE  OU   P£1?9TF..  —  LE  NIMBE.  87 

cercle  d'ample  dimension ,  et  d'une  assez  grande  légèreté 
pour  s'associer  à  ce  que  le  pinceau  donnait  aux  fresques 
et  à  la  détrempe.  Ce  fut  le  contraire  quand  la  statuaire  du  da  doiudème  m 
douzième  au  quatorzième  siècle  se  fut  mise  à  envahir  avec 
une  ambition  si  favorable  toutes  les  surfaces  de  nos  plus 
beaux  monuments.  L'architecte  fit  donner  à  ses  statues  dos 
disques  nécessairement  opaques,  moins  larges  parce  qu'ils 
se  fussent  gênés  mutuellement  dans  les  groupes  de  per- 
sonnages qui  devaient  les  porter,  et  parfois ,  pour  plus  de 
solidité,  taillés  en  perspective  derrière  la  tête,  dans  la  pierre 
qui  leur  servait  de  fond.  A  Paris,  à  Chartres,  à  Poitiers,  à 
Amiens,  c'est  ainsi  que  nos  plus  bolles  cathédrales  ont  vu 
procéder  leurs  sculpteurs.  Par  entraînement,  les  rainin- 
tures,  comme  les  grandes  pièces  murales, n'eurent  plus  que 
des  nimbes  épais,  dont  la  transparence  fut  cependant  quel- 
quefois ramenée  aux  dispositions  mieux  senties  des  âgos 
précédents,  quand  le  peintre  put  les  contraindre ,  sous  les 
efforts  de  sa  touche  plus  docile,  à  exprimer  des  délicatesses 
devenues  impossibles  sur  la  pierre.  C'était  donc ,  toujours 
autant  que  la  main  humaine  le  pouvait,  l'intention  de 
figurer  une  lumière,  une  vapeur  éthérée  et  imbibée,  pour 
ainsi  dire,  de  l'atmosphère  divine,  qu'on  avait  gardée  et 
maintenue.  Ce  mérite  reste  à  l'art  gothique,  môme  pendant 
la  période  du  quatorzième  siècle,  où  Testhétiquc  dépérissait 
h  vue  d'œil;  et  néanmoins  il  faut  noter  la  remarquable 
exception  qui  se  fait  alors  parmi  les  fidèles  adeptes  de  cette 
importante  tradition.  Van  Eyck,  l'un  des  chefs  de  l'école  hol- 
landaise, semble,  dans  son  admirable  Adoration  des  mages, 
s'abstenir  du  nimbe,  comme  par  un  parti  pris. 

Cependant,au  quinzième,  on  entre  dans  les  étrangetés  im-  du  quiuzièm«  au 
posées  au  style  architectural,  dans  certaines  extravagances  "    "*' 
relatives  quant  à  la  confection  du  nimbe  :  il  devient  une  véri- 
table coiffure  dont  les  perspectives  capricieuses  se  plient , 
par  une  sorte  de  dissipation ,  h  tout  ce  que  la  vie  artistique 
reçoit  alors  d'hétérodoxie  mondaine.  Alors,  cependant ,  les 


88  HISTOIRE   DU   SYMBOLISME. 

peintres  qui  conservent  le  sentiment  chrétien  ,  et  quel- 
ques verriers  encore  inspirés  par  le  passé,  continuent  à 
leurs  saints  la  possession  d'un  nimbe  digne,  et  d'autant 
plus  convenable  que  partout  il  est  doré  par  le  fond,  et  re- 
produit mieux  ainsi  la  pensée  primitive  :  ainsi  le  voit-on 
dans  les  belles  fresques  peintes  à  Saint-Marc  de  Venise  par 
Pra  Angelico,  dans  la  salle  du  Chapitre;  ainsi  fîgure-t-il  dans 
les  vitraux  légendaires  du  monastère  de  Luna,  en  Hanovre. 
Mais  le  seizième  siècle,  surtout,  se  plut  à  manifester,  en 
cela  comme  en  toute  autre  chose,  cet  esprit  d'indépen- 
dance qui  devait,  à  la  suite  du  protestantisme,  renvei-ser 
toutes  les  règles  faites.  Ce  que  les  beaux  siècles  du  symbo- 
lisme avaient  béni  et  pratiqué,  il  le  méprisa,  il  le  renia,  et, 
jusque  dans  les  plus  belles  et  les  plus  recherchées  des 
productions  artistiques,  il  donna  par  tous  les  côtés  dans  le 
paganisme  des  anciens  :  dans  ce  dédale,  on  vit  le  nimbe  se 
perdre  presque  toujours.  C'est  à  peine  si,  en  quelques 
scènes  de  la  vie  apostolique,  on  voit  le  Sauveur  nimbé  d'un 
simple  disque,  très-souvent  dénué  de  sa  croix,  au  milieu 
d'Âpôtres  ou  de  Saints  qui  ne  se  distinguent  pas  même  de 
la  foule  par  cet  appendice,  dont  le  peintre  ne  semble  pas 
avoir  senti  le  besoin.  Raphaël,  qui  n'y  manque  pas  tou- 
jours, s'en  abstient  cependant  trop  souvent  ;  Michel-Ange 
n'est  pas  plus  scrupuleux  ;  Léonard  de  Vinci  l'omet  dans 
une  de  ses  Sainte  Famille  ,  et  le  donne  à  la  Vierge  en- 
tourée de  S'«  Catherine  et  de  S^  Barbe,  qui  ne  l'ont  pas. 
Plus  tard,  on  doit  reprocher  le  môme  oubli  à  Corrége,  aux 
deux  Carrache ,  à  Rubcns  ,  à  Lebrun  ,  h  Poussin  lui-même 
si  philosophique  et  si  sensible.  Murillo  n'en  use  jamais. 
Aussi  peut-on  facilement  observer  que  le  mépris  de  cette  loi 
retombe  sur  la  plupart  de  ces  œuvres  comme  une  sorte  de 
malédiction  :  on  y  sent  le  matérialisme  de  si  loin  qu'on  les 
aperçoit,  et  l'art  chrétien  s'est  fourvoyé  dès  lors  qu'il  s'est 
avisé  de  rapetisser  l'Image  d'après  laquelle  l'homme  a  été 
créé. 


8TAT.  SCULPTÉE  OU  PEINTE. —  COULEURS  SYMBOLIQUES.     89 

Les  artistes,  qui  ne  doivent  pas  ignorer  des  conditions  du  conienn  à  don- 
nimbe  aux  différents  âges  dont  ils  traitent  les  travaux,  ne  >éion  î»  pêi^n- 
peuvent  négliger ,  par  conséquent ,  de  l'étudier  dans  les  ô?'^rIppHq"e!"* 
iconographies  spéciales,  telles  que  les  manuscrits  à  minia- 
tures, les  vitraux  et  les  sculptures  de  bois  ou  de  pierre,  qui 
lie  manquent  pas  dans  nos  vieux  monuments.  Ils  n'oublie- 
ront pas  non  plus  quelle  application  l'on  doit  faire  au  nimbe 
ou  à  l'auréole  des  couleurs  symboliques,  dont  nous  avons 
traité  aux  douzième  et  treizième  chapitres  de  notre  première 
partie.  A  quelques  exceptions  près  ,  et  assez  rares  ,  on  voit 
ce  signe  d'honneur  se  colorier,  dans  la  plupart  des  pein- 
tures, de  la  môme  teinte  que  prend  Tune  des  parties  prin- 
cipales du  vêtement,  et  l'on  reconnaît  toujours,  par  cette 
règle  même,  qu'une  intention  symbolique  se  rattache,  par 
le  souvenir  d'un  attribut  principal,  au  personnage  dont  on 
s'occupe.  Ce  principe  est  aussi  infaillible  qu'il  est  simple,  et 
>ert  beaucoup  à  faire  reconnaître  ce  personnage  dans 
les  scènes  variées  d'une  légende.  Nous  aurons  occasion 
d'énoncer  les  couleurs  diverses  convenables  aux  nimbes, 
(|uand  nous  parlerons  en  particulier  des  Saints  auxquels  on 

devra  les  donner. 

■ 

Après   ce  premier  ornement  de  notre  hagiographie,    couieuw  à  don- 
uous  avons  à  parler  des  costumes  exigés  par  la  tradition  et  des  saint*,  selon 

j    .....     ,  ,  ,  leur  caractère  et 

que  doivent  revêtir  les  nombreux  personnages  qui  appar-  leur  hiérarchie, 
tiennent  à  la  hiérarchie  catholique.  Sur  ce  point  encore, 
nous  renvoyons  à  ce  qui  est  exposé,  au  treizième  chapitre 
du  premier  volume  de  cet  ouvrage ,  pour  Notre-Seigneur, 
pour  la  Sainte  Vierge  et  pour  les  martyrs.  Le  chapitre  qui 
précède  celui-là  établit  les  rapports  entre  le  blanc  et  Dieu, 
soit  considéré  comme  Père,  soit  comme  étant  le  Fils  ou  le 
Saint-Esprit,  ou  enfin  l'union  des  Trois,  qu'on  appelle  la 
Sainte  Trinité  ;  toutes  les  autres  couleurs  y  sont  notées 
avec  leur  spécialité,  et  rediront  aux  peintres  comment 
leurs  pinceaux  doivent  habiller  et  nimber  les  anges,  les 
prophètes,  les  patriarches,  les  apôtres,  les   vierpes  et  les 


90  HISTOIBË   DU  SYMBOLISME. 

confesseurs.  Observons  d'ailleurs,  pour  simplifier  ces 
données,  qu'on  trouve  un  guide  sûr  pour  le  choix  des  cou- 
leurs dans  la  règle  adoptée  par  l'Église  quant  aux  pare- 
ments du  prêtre  ou  de  l'autel  aux  fôles  de  chaque  Saint 
particulier.  C'est  encore  un  principe  dont  nous  avons 
traité,  en  même  temps  que  du  sujet  qui  nous  occupe,  aux 
endroits  précités,  en  disant  la  signification  et  l'origine  sym- 
boliques de  ces  coalcurs. 
rauxà*donnc?l"ut  ^^^'^  d  dutrcs  attributs  sont  donnés  à  quelques  Saints  ;  il 
Saints;  y  cu  a  dc  géttéraux,  qui  se  rattachent  à  tous  ceux  du  même 

titre,  et  de  spéciaux,  qui  ne  s'appliquent  jamais  qu'à  cer- 
tains d'entre  eux  :  c'est  ainsi  que  la  palme  verte  va  aux 
martjrs  de  l'un  et  de  l'autre  sexe,  et  même  aux  simples 
confesseurs,  parce  que  le  Psalmiste  a  dit  que  le  ju»tc  fleu^ 
rirait  comme  le  palmier  {\)\  mais  alors  noas  voudrions  qu'on 
ajoutât  à  cette  branche  de  l'arbre  la  fleur,  qui  en  ferait  une 
signification  plus  précise.  Le  lis  convient  aux  vierges,  le 
phylactère  aux  prophètes,  le  livre  ouvert  ou  fermé  au  Sauveur 
et  aux  apôtres ,  fermé  aux  docteurs  et  aux  abbés  chargés, 
comme  eux,  d'enseigner  la  doctrine;  il  en  est  de  même  des 
abbesses,  qui  tiennent  souvent  le  livre  ou  recueil  de  leurs 
règles  monastiques,  surtout  quand  elfes  sont  fondatrices. 
Au  reste,  ce  symbole  de  la  science  n'exclut  pas  lé%  autres 
symboles  qui  caractérisent  plus  nettement  telle  ou  telle 
vocation.  Les  Apôtres  seront  donc  distingués  entre  eux, 
tout  en  portant  d'une  main  le  livre  obligatoire,  par  le  signe 
spécial  de  leur  martyre,  qu'ils  ont  tous  subi,  signe  qui  les 
dispense  de  la  palme,  laquelle,  tout  en  trouvant  place  sans 
inconvénient  dans  im  grand  tableau,  deviendrait  souvent 

I 

(1)  aJuslus  ut  palmaflorebit,— sicut  cedrus  Libani  multiplicabitur.  m  J 

C/'^.,  xc[,  12.)  —  Ce  serait  aussi  ime  raiâou  pour  remplacer  tiès-conve- 
iiabicmeni  aux  Saints  de  cetle  catégorie  la  palme  par  une  branche 
de  cèdre:  car,  tous  les  attributs  étant  choisis  pour  les  Saints  d'après 
rÉcrituie  ou  leurs  légeudeà  propres ,  rieu  n  empêche  qu'ils  puissent 
bien  c>'accompaguer  «/uu  objet  qui  les  disting;ue  aux  regards  de  tous 
«eux  qui  auraient  Hvec  eux  quelque  trait  de  ressemblance. 


] 


OTAT.  SCULPTÉE  OU  PEINTE.  —  ATTRIBUTS  DES  SAINTS.      01 

une  sarcharge  embarrassante  dans  une  suite  des  douze  per- 
sonnages groupés,  comme  on  les  voit  en  maintes  sculptures 
monumentales.  Ainsi  encore  le  livre  ne  doit  pas  ôtre  systé- 
matiquement refusé  aux  simples  solitaires,  représentés,  dans 
leur  ermitage,  assis  sur  un  rocher  ;  ils  y  méditent  alors 
les  saintes  Écritures,  comme  S.  Jérôme,  qni  se  retrouve  là 
avec  son  caractère  d'érudition,  comme  la  Sainte  Vierge  elle- 
même,  qu'on  suppose,  au  moment  de  TAnnonciatton,  avoir 
été  surprise  dans  la  méditation  du  passage  d'Isàïe  relatif  à 
la  famille  de  Jessé  (\), 

N'omettons  pas,  pour  en  finir  sur  ce  livre  attributif,  de 
faire  observer  qu'en  certaines  rencontres  il  peut  éfre  d'un 
grand  secours  pour  caractériser  dans  Ticonographie  un 
Saint  peu  connu  et  qui  n'aurait  pas  d'attribut  particulier. 
Ainsi  beaucoup  d'évôques  devenus  les  patrons  d'églises 
paroissiales  n'ont  qu'une  légende  assez  obscure  et  dans 
laquelle  on  ne  trouve  rien  de  spécial  qui  désigne  leur  image 
à  l'attention  des  fidèles.  Comment  la  leur  signaler?  Outre 
leur  attribut  général,  donnons-leur  un  livre  sur  le  plat 
duquel  se  lise  le  titre  d'un  de  leurs  écrits.  C'est  ainsi  qu'à 
l'église  de  Saint-Fulgcnt,  en  Vendée,  nous  avons  fait  repré- 
senter dans  un  vitrail  du  sanctuaire  le  Saint  patron  revêtu 
de  ses  habits  épiscopaux,  et  sur  le  livre  qu'il  porte  de  la  main 
droite  on  lit  ces  paroles  :  Fulgentu  episcopi  epistola  ad  Vie- 
torem  contra  Fastidiosum ,  On  ne  peut  s'y  tromper,  et  là 
tout  sert  à  distinguer  le  Saint  de  tous  ceux  qui  auraient  eu 
le  mùme  caractère  que  lui,  et  qui  n'auraient  eertuiueraent 
pas  écrit  le  même  ouvrage. 

Mais,  outre  l'attribut  principal  donné  par  Tiniagination  à  «uitm  piu«  »pé- 

claux  h  chacun. 

ces  divers  personnages,  on  leur  doit  encore  l'attribut  secon- 
daire, pour  les  faire  distinguer  de  tous  les  autres  qui 
auraient  le  même  rang  dans  la  hiérarchie  sacrée.  Il  est  rare 


(1)  «  Egredieiar  Virpo  de  radiée  Jes^'ae,  et  flos  de  radiop  pjua  ascendet.» 
(h.,  XI,  1.) 


92  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

qu*on  peigne  S.  Benoit  sans  le  corbeau  qu'il  nourrissait,  et 
qu'il  avait  rendu  obéissant  (4);  S.  Antoine  sans  le  pourceau 
dont  il  guérissait  les  maladies;  S^*  Agnès  sans  Tagneau 
dont  elle  porte  le  nom  accommodatice  ;  S**  Marguerite  sans 
la  roue  à  dents  aiguës  qui  fut  l'instrument  de  son  martyre, 
et  ainsi  de  mille  autres.  On  ne  peut  se  dispenser  de  con- 
sulter sur  tous  ces  détails  les  livres  compétents  écrits 
jusqu'à  ce  jour  depuis  le  commencement  du  dix-septième 
siècle,  où  abondent  les  renseignements  que  nous  ne  pour- 
rions introduire  ici  sans  ajouter  plusieurs  volumes  à  cet 
ouvrage.  Qu'il  nous  suffise  de  citer  les  Vies  des  Saints  de 
Aibadeneira,  les  Annales  archéologiques  iehidronetson His- 
toire de  DieUy  deux  livres  pleins  de  documents,  mais  auxquels 
manquent  toujours  des  tables  analytiques,  sans  lesquelles 
les  meilleurs  traités  restent  trop  souvent  inutiles  ;  le  Guide 


(1)  Ce  corbeau,  dont  parlent  J.  de  Voragînedans  sa  Légende  dorée  et 
S  .Grégoire  dans  Ja  Vie  de  S.  BanoU,  a  maintenu  ses  droits  dans  les  monas- 
tères béuédictinsj  où  il  est  rare  qu'il  n'apparaisse  pas  dans  l'avant-cour 
sous  le  plumage  d'un  de  ses  semblables,  apprivoisé  par  le  Frère  portier 
dont  il  reçoit  sa  nourriture  journalière.  On  pourrait  y  voir  aussi  uoe  alla- 
sion  aux  épreuves  que  le  démon  fit  subir  en  maintes  rencontres  au  saint 
Patriarche  de  la  vie  solilaire  en  Occident^  car  cet  oiseau  est  l'image 
symbolique  du  démon,  comme  on  le  voit  dans  tous  les  mystagogues,  à 
cause  de  sa  couleur  noire,  de  son  amour  de  la  chair  corrompue,  et  de 
son  empressement,  quand  il  trouve  un  cadavre,  à  lui  percer  les  yeux 
pour  en  dévorer  la  cervelle.  Ainsi  le  démon  aveugle  l'âme,  trouble  l'intel- 
ligence, et  se  délecte  de  la  corruption  qu'il  y  a  mise.  Ces  deux  raisons, 
mais  surtout  la  première,  peuvent  donc  expliquer  pourquoi  les  anciens 
iconographes  manquent  rarement  d'accompaguer  S.  Benoit  de  son  cor- 
beau. On  y  ajoute  même  volontiers  une  clochette  brisée,  en  souvenir 
de  celle  qui,  servant  à  avertir  le  Saint  de  l'arrivée  de  son  pain  que  lai 
apportait  dans  son  désert  un  moine  du  voisinage,  fut  un  jour  cassée 
par  le  démon,  qui  ne  cessait  de  le  vexer.^  Pour  ne  rien  oublier  du  cor- 
beau, disons,  avec  tous  les  hagiographes,  que  S.  Benoit  en  avait  élevé 
un  devenu  tellement  docile  à.  ses  ordres  qu'un  jour  il  lui  fit  emporter 
bien  loin,  et  en  un  lieu  où  personne  n'en  pourrait  souffrir,  un  pain 
empoisonné  qu'on  avait  donué  au  S'iint  dans  une  intention  criminelle. 
On  sait  que  S.  François  d'Assise  avait  reçu  le  même  privilège  de  faire 
obéir  les  oiseaux,  et  les  Bollandistes  racontent  un  fait  semblable  dans 
sa  Vie ,  au  4  octobre ,  comme  celui  dont  nous  parlons ,  au  21  mars,  — 
Cf.  fiucore  le  P.  Cahier,  Caractéristiques  des  Saints,  t.  !. 


de  rapa«tio]at. 


STAT.  8CL'LPTÉ£  OL'  FEIXT£. —  NUDITÉ  DES  PIEDS.        93 

fie  Im  peinture  du  moine  Théophile,  dont  nous  avons  souvent 
parié  ;  le  Bulletin  monumental,  que  nous  avons  doté  d*une 
ample  table  pour  ses  vingt  premiers  volumes,  et  enfin  les 
Caractéristiques  des  Saints^  venus  en  dernier  lieu,  où  le 
savant  P.  Gabier  a  résumé  toute  la  question  en  deux 
volumes  in-4%  et  donné  en  cela  une  heureuse  suite  au  texte 
si  plein  d'érudition  qui  élucida  les  vitraux  de  Bourges,  des- 
sinés par  son  habile  et  regrettable  collaborateur  le  P.  Martin . 
Ce  n'est  pas  que,  dans  tous  ces  livres ,  on  puisse  approuver 
sans  restriction  la  méthode  de  procéder,  l'exactitude  doctri- 
nale et  la  sûreté  des  vues;mais  on  suppléera  par  eux  à  beau- 
coup d'incertitudes,  et  la  lumière  se  fera  sur  quelques-unes 
de  leurs  obscurités  par  les  controverses  qu'amènera  tôt  ou 
tard  l'analyse  de  leurs  opinions. 
La  nudité  des  pieds  est  encore  un  objet  de  grande  impor-     ob»ervation  «or 

,,...,    ^  j  A'  •  la  nudité  de» pied«» 

tance  que  lartiste  s  enbrcera de  pratiquer  pour  ses  images  comme    >ymboie 

avec  une  scrupuleuse  observance  des  principes  convenus. 

Tous  les  archéologues  tombent  d'accord  sur  la  différence  à 

établir,  quant  à  la  chaussure,  entre  les  personnages  sacrés 

qui  doivent  la  prendre  ou  s'en  abstenir.  Il  ne  s'agit  pas  ici 

de  se  conformer  à  l'histoire  évangélique  ou  ecclésiastique, 

en  dépit  de  Fabbé  Pascal,  qui  murmure  sans  le  comprendre 

contre  un  usage  immémorial  dont  l'origine  est  toute  dans 

une  pensée  symbolique  (4  )  :  nous  parlons  simplement  d'une 

règle  adoptée  il  y  a  seize  cents  ans,  et  contre  laquelle  il  n'est 

plu&temps  de  prescrire.  Cette  règle  veut  que  les  pieds  nus 

soient  toujours  donnés  à  Notre-Seigneur,  à  S.  Jean-Baptiste, 


(1)  Cf.  l'abbé  Pascal^  Institvtwns  de  l'art  chrétien,  \ ,  95,  ch.  vin.  — 
C'est  on  parli  pris  cbez  cet  auteur,  qui  se  serait  moins  égaré  avec  an 
pea  plus  de  jugement,  de  ne  s'attacher  qu'au  nalaralisme  dans  les  ques- 
tions de  ce  genre.  ]1  est  donc  souvent  un  très-mauvais  guide,  dont  il 
fant  se  méfier,  et  qui  Jetterait  en  beaucoup  d'erreurs  les  peintres,  aux- 
quels on  ne  peut  trop  recommander  de  choisir  d'autres  conseillers.  Ses 
institutions  ont  été  sévèrement  et  justement  critiquées  dans  une  suite 
d'articles  doa  à  la  plume  exercée  de  Dom  Renon,  et  qu'on  peut  lire  aux 
tomes  n  et  III  de  la  Revue  dé  Vart  chrétien. 


i)4 


HISTOIRE  Dt  SYMBOLISME. 


aux  Anges,  aux  Apôtres,  en  vertu  de  ce  texte  d'Isale  :  «  Qu'ils 
sont  beaux  les  pieds  de  ceux  qui  annoncent  le  bien,  qui 
prêchent  la  paix  (^)  !  »  On  voit  souvent,  dans  les  images  des 
catacombes,  le  Sauveur  chaussé  de  sandales  attachées  par 
des  bandelettes  ;  mais  en  cela  il  représente  tantôt  Daniel, 
tantôt  Orphée  ou  Apollon,  et  rien  de  plus  naturel  que  de  leur 
donner  le  costume  des  anciens  Grecs,  qui  se  complétait 
ainsi.  Ces  pieds,  d'ailleurs,  restaient  assez  visibles  pour  ne 
pas  trop  contrarier  le  sens  du  Prophète;  mais,  h&tons-nous 
de  le  dire,  ce  sens,  on  n'y  songeait  pas  encore  ;  ce  ne  fut 
qu'au  quatrième  siècle  qu'on  s'attacha  à  symboliser  ainsi 
les  pieds  du  Sauveur,  d'après  S.  Méliton,  qui  appliqua  Tun 
des  premiers  aux  prédicateurs  apostoliques  la  prophétie  du 
fils  d'Amos  (2).  Les  commentateurs  de  ce  premier  écrivain 
n'ont  pas  manqué,  lesquels  confirment  tous,  par  de  longues 
et  nombreuses  dissertations,  la  pensée  mise  par  eux  en 
honneur,  de  sorte  que  tout  l'art  du  moyen  &gc  en  est 
devenu  tributaire,  et  qu'à  ses  meilleures  époques  on  se 
serait  bien  gardé  d'y  contrevenir.  On  comprend  qu'une 
fois  donnée  à  Jésus-Christ ,  cette  attribution  dut  passer  à 
ceux  qui  eurent  à  remplir,  comme  Lui,  la  même  mission 
pour  le  salut  des  hommes.  Les  Anges  ne  sont-ils  pas  propre- 
ment des  envoyés  (  &yriAoi ,  àynxkv)  ?  le  Précurseur  ne 
vient-il  pas  prévenir  d'une  nouvelle  qui  apportera  la  paix 
aux  rivages  du  Jourdain?  les  Apôtres  n'ont-ils  pas  reçu  un 
ministère  de  prédication?  Les  pieds  nus,  insignes  de  toutes 
ces  œuvres,  doivent  donc  symboliser  les  Disciples  aussi 
bien  que  le  Maître,  à  l'exclusion  de  tout  autre.  Il  n'y  a 
qu'une  double  exception  dans  tout  l'ancien  Testament  : 
les  pieds  nus  y  sont  donnés  au  prophète  Isaïe  et  à  Moïse 
parce  que  celui-ci  avait  reçu  ordre  de  se  déchausser  pour 


(i)  (f  Quain  pulchri  super  montes  pedes  axmuntiantis  et  preedicanUd 
pacem,  anDuntiantis  bonum,  prœdicantis  salutem  !  »  (Is.,  lu,  7.) 

(2)  Cf.  S.  Melitoiiis  Clavis,  t.  U,  p.  lxtii^  42,  35  et  262  :  cela  est  plein 
de  textes  des  Pèreâ  el  des  interprètes. 


STATUAIRE  SCULPTÉE   OU  PBiNTË. —  LES  SIBYLLKS.        Or» 

monter  sur  FOreb,  où  Dieu  lui  apparul  dans  le  buisson 
ardent,  et  que  celui-là  parcourut  pieds  nus  et  dépouillé  de 
SCS  vêtements  les  rues  de  Jérusalem  pour  prophétiser  plus 
sensiblement  la  captivité  dont  le  peuple  était  menacé.  On 
voit  que  cette  particularité  retrace  un  fait  de  la  vie  de  ces 
^i-ands  hommes,  qui,  d'ailleurs,  ont  toujours  des  attributs 
spéciaux  très-capables  d'empêcher  qu'on  ne  les  confonde 
a\  ec  tout  auti^e  qu'eux. 

On  voit  quelle  faute  ont  commise  beaucoup  de  peintres 
et  de  sculpteurs  soit  en  chaussant  les  images  à  qui  les 
règles  symboliques  refusent  une  chaussure,  soit  en  la  refu- 
sant à  celles  qui  doivent  l'avoir.  Des  artistes  habiles  ,  si  on 
les  considère  au  point  de  vue  de  la  composition  et  de  l'exé- 
cution ,  se  sont  égarés  jusqu'à  donner  des  pieds  nus  à  la 
Sainte  Vierge  et  des  souliers  aux  Apôtres  :  c'est  ainsi  qu'on 
en  voit  dans  des  toiles  modernes,  et  eu  des  verrières  aussi 
mal  conçues  que  pauvrement  exécutées.  Ces  égarements 
sont  impardonnables,  et  prouvent  combien  il  faut  étudier 
2)érieusement  les  sujets  qu'on  s'avise  de  traiter,  et  les  envi- 
sager sous  leur  aspect  symbolique,  non  moins  important 
que  celui  de  la  liturgie  et  de  l'histoire.  Sous  tant  de  rap- 
ports, on  n'aura  jamais  rien  de  mieux  à  consulter  que  les 
miniatures,  les  fresques  ou  peintures  murales,  et  les  vitraux 
des  treizième,  quatorzième  et  quinzième  siècles. 

Avant  de  terminer  sur  ce  qui  regarde  les  attributs,  nous     l-»  tibyii^; 
ne  pouvons  oublier  ceux  que  revendiquent  les  sibylles,  et 
nous  devons  dire  tout  d'abord  ce  que  furent  ces  femmes 
illustres,  dont  les  noms  se  retrouvent  si  souvent  dans  les 
écrivains  des  deux  périodes  extrêmes  du  Christianisme. 

Quoiqu'on  en  ait  beaucoup  disserté,  on  n'a  que  de  vagues  Jj  J®"1^  «utoritë 
indications  sur  leur  origine,  sur  leur  nombre  et  sur  leur  ni»nie. 
rôle  dans  l'antiquité.   On  s'accorde  à  croire  néanmoins 
qu'elles  remontent  aux  premiers  âges  du  paganisme  ;  que 
certaines  mèm3  lui  seraient  antérieures ,  ayant  vécu  du 
temps  des  Patriarches  ;  qu'elles  furent  des  prophétesses 


^6  IIISTOXliË   Dl    SVMBOLISMK. 

célèbres,  et  que ,  sans  trop  savoir  à  quelles  époques  diffé- 
rentes, elles  mêlèrent  à  leurs  oracles,  plus  ou  moins  vrais, 
des  vérités  qui  firent  présager  le  Christianisme  par  des 
traits  évidemment  relatifs  à  la  personne  du  Sauveur.  C*est 
de  ces  prophéties  chrétiennes,  assez  croyables  à  qui  se  rap- 
pelle celles  du  faux  prophète  Balaam,  que  s'emparèrent 
pour  leur  exégèse  certains  Pères  des  quatre  premiers  siècles 
de  TËglise.  Us  en  devaient  sans  doute  la  connaissance  aux 
écrits  de  Varron,  d'Élien,  de  Solin,  d'Ausone  et  de  beau- 
coup d*autres,  et  sans  doute  aussi  à  des  traditions  que  ces 
auteurs  conservaient  sans  y  attacher  la  même  importance. 
N'omettons  pas  d'ailleurs  que  l'historien  Josèphe,  qui  don- 
nait, à  la  fin  du  premier  siècle,  ses  Antiquités  judaïques^ 
cite  (4  )  des  vers  de  la  Sibylle  (qu'il  ne  nomme  pas)  ;  il  les 
accepte  comme  une  vieille  tradition  généralement  répan- 
due sur  la  construction  de  la  tour  de  Babel  et  la  confusion 
des  langues.  Cette  autorité  prouverait  très-bien,  contre 
Voltaire,  son  copiste  Jaucourt,  et  d'autres  oracles  de  VEn- 
cyclopédie  voltairienne,  que  ce  ne  sont  pas  les  chrétiens  du 
onzième  siècle  qui  s'amusèrent  à  inventer  les  sibylles  pour 
Comment  lef  le  besoiu  dc  leur  polémique  (2).  Quoi  de  plus  raisonnable 

(1)  Liv.  I,  ch.iv,  édil.  Buchon,  in-8»,  1858. 

(2)  Voir  Encyclopédie  de  Diderot,  in-4»,  t.  XXXI,  v«  sibylle.—  Nous 
De  pouvons  négliger  de  signaler  à  ce  propos  une  intéressante  preuve 
de  la  droiture  de  ces  fameux  encyclopédistes.  Ils  avaient  accaparé 
dans  l'abbé  Bergier  un  excellent  prêtre ,  homme  de  bonne  foi,  qui  se 
laissa  persuader  qu'en  leur  donnant  les  articles  de  théologie  caUiolique 
pour  leur  coupaîile  compilation  il  y  prendrait  toute  la  place  que  n'oc- 
cuperaient pas  du  moins  leurs  impiétés  systématiques.  On  peut  voir 
comme  il  s'était  trompé,  en  observant  que  les  articles  les  plus  saillants^ 
tels  que  celui  des  sibylles,  étaient  élagués  de  son  travail  et  écrits  à  part 
de  la  main  des  adeptes  les  plus  éprouvés.  On  peut  comparer  ainsi  ce 
que  Bergier  a  dit  sur  ce  sujet  dans  son  Uiciionnaire  de  théologie  (qui 
n*est  guère  que  la  reproduction  de  ses  trois  volumes  de  Y  Encyclopédie 
méthodique),  à  l'article  qu'en  a  fait  le  chevalier  de  Jaucourt.  Il  n'en  * 
fut  pas  autrement  du  mot  magie,  que  nous  avons  vu  reproduit  na- 
guère, et  mot  à  mot,  dans  un  prétendu  journal  littéraire,  sous  la 
signature  d'un  rédacteur  qui  s'attendait  peu  à  être  pris  sur  le  fait.  Et 
voilà  comment  la  secte  dite  philosophiqtte  ménageait  depuis  cent  ans 


STATUAIRE  SCULPTÉE  Ot   PIÎLNTE.— LES  SIBYLLES.        97 

aux  chrétiens  que  d'invoquer  en  faveur  de  leur  religion  des  p*^  «a»  •<ïop*< 
témoignages  également  admis  par  les  Juifs  et  par  les  païens, 
et  dont  le  texte  était  en  partie  conservé  à  Rome  sous  la 
garde  môme  du  Sénat  ?  Aussi  les  Pères  n'hésitèrent  pas  à 
les  citer  dans  leurs  controverses.  Historiens,  comme  Sozo- 
mène  et  Eusèbe  ;  apologistes,  comme  S.  Justin,  Athénagore 
et  autres,  ne  s'en  firent  faute.  Lactance  et  S.  Jérôme  parlent 
de  leurs  vers  prophétiques.  Ce  dernier  attribue  la  grâce 
qu'elles  reçurent  d'annoncer  l'avenir  clirétien  à  leur  amour 
de  la  virginité,  qu'elles  gardaient  religieusement.  D'autres, 
avec  ces  graves  auteurs,  durent  admirer  comme,  si  long- 
temps avant  le  Sauveur  du  monde,  s'étaient  divulguées  sur 
sa  venue  des  révélations  aussi  précises.  S.  Augustin  cite, 
comme  de  l'une  des  sibylles,  cette  phrase  bien  connue  dont 
le  premier  mot  commence  par  une  initiale  qui,  réunie  aux 
suivantes,  forme  les  mots  grecs  signifiant  :  Jésus-Christ^  Fils 
de  Dieu,  Sauveur  (I  j.  Et  s'il  est  vrai,  comme  il  le  paraît,  que 

à  la  France  et  au  monde  leâ  effroyables  catastrophes  qui  la  précipitent 
encore  sous  la  hache  de  ses  bourreaux. —  On  peut  lire  avec  plus  de  fruit 
sur  cette  question  le  travail  de  MM.  Jourdain  et  Duvai  :  Les  Sibylles 
de  la  valhédrale  d^Amims,  iu-^»,  1846  ;—  la  Visse/  talion  du  P.  Grasset, 
in-12^  Paris^  1684,  où  le  docte  jésuite  prouve  très-bien  contre  les  protes- 
tante la  réalité  de  cette  tradition;  —  un  Mémoire  de  M.  Tabbé  Barraud 
dans  le  BulUlin  du  Comilé  des  arts  et  monuments,  U  W,  p.  443,Paris^ 
1846  ;-  Noël  Alexandre,  Disserlalion  xxri^dans  son  Hiil.  ecclés.,  sect  i; 
—  Le  Guide  de  la  peinture,  par  Didron  et  Durant,  p.  152  et  suiv.,  in-S*», 
Paris,  1 845 ;~  plusieurs  articles  dans  les  tomes  111,  IV  et  XI  de  la  Revue 
de  Varl  chrétien;  —  et,  pour  le  côlé  mythologique ,  outre  le  Diction- 
naire de  la  fable  de  Chompré  ou  de  Noél,  le  mot  sidylles,  dans  la 
partie  mythologique  de  la  Biographie  universelle  de  Micbaud^  due  aux 
javanteâ  recherches  de  M.  Parisot^  que  nous  avons  cité  maintes  fois 
dans  ce  livre. 

(1)  Voir  ce  que  nous  avons  dit  sur  le  mot  Ijfidi,  ci-dessus,  1. 11, 
p.  18.  —  Ajoutons-y  la  phrase  consacrée  dans  la  langue  grecque ,  aâu 
de  rendre  ici  très-sensible  la  traduction  qu'il  en  faut  faire  : 

*li}ocS;    Xpi<rro;  ,    0so5    Tto'c  ,    Zwnip. 
Jttui       ChrMui,  de  Dieu  Filit    Sauveur, 
Jésm-Christ,  Fllt  de  Dl«ii|  BauT«ar. 

On  voit  qu'en  réunissant  toutes  les  majuscules  de  chaque  mot  on 
reproduit  le  mot  1X612  [ictm),  que  les  chrétiens  avaient  pris  comme 
signe  de  reconnaissance. 

T.   IV.  7 


§8  HISTOIBE  DU  SYMBOLISME. 

la  théologie  sibylline  se  trouvait  d'accord  avec  la  nôtre  sur 
des  points  essentiels,  tels  que  le  monothéisme,  les  attributs 
divins,  la  Trinité ,  l'immortalité  de  l'âme,  et  le  mépris  des 
idoles,  comment  les  prédicateurs  de  la  Vérité  évangélique 
ne  s'en  seraient-ils  pas  fait  autant  d'arguments  contre  le 
polythéisme,  l'idolâtrie  et  les  autres  erreurs  toujours  si  net- 
tement réfutées  par  des  raisons  dont  leurs  adversaires  ne 
doutaient  pas  ? 
Leur  r6ie  ar-  Aussi  voyous-nous  CCS  témoius  si  appréciés,  et  cités  si 
Linps\niem)mpu.  fréquemment  par  les  controversistes  ecclésiastiques,  dispa- 
raître du  champ  de  bataille  aussitôt  que  d'autres  erreurs 
exigent  des  armes  d'une  autre  forme.  On  oublia  donc  les 
sibylles ,  dont  nous  ne  voyons  pas  que  les  Pères  aient  plus 
parlé,  jusqu'à  ce  que  l'érudition  plus  chercheuse,  mais 
surtout  l'art  devenu  plus  riche  et  plus  abondant  du  trei- 
zième siècle,  les  ramenèrent  ù  leur  rôle  primitif.  Elles  s'y 
maintinrent  jusqu'à  la  fin  du  seizième,  le  retour  aux 
études  de  l'antiquité  les  ayant  vulgarisées  d'autant  plus  ; 
alors  on  les  retrouve  soit  dans  les  grandes  églises,  comme 
aux  cathédrales  d'Auxerre ,  d'Amiens  et  d'Auch,  où  elles 
colorièrent  les  murailles  ou  les  vitraux,  soit  dans  les  appar- 
tements luxueux  des  demeures  féodales,  comme  au  château 
de  Ghitry,en  Nivernais;  quelquefois  môme  elles  furent 
sculptées  sur  la  pierre  :  on  les  voit  ainsi  au  portail  de 
Saint-Pierre  de  Dreux  (4). 
Yariantes  def  Lc  uombrc  dcs  sibvlles  varie  beaucoup  dans  les  auteurs: 
nômb^.e^rarie  Ics  uus  u'cu  compteutquc  trois,  d'autrcs  huit,  ceux-ci  dix, 
ph^cï  ^^^^'  ceux-là  douze,  et  c'est  ce  dernier  chiffre  qu'adoptaient  géné- 
ralement les  exégètes  catholiques,  se  fondant  sur  une  série 
d'autant  de  prophéties  dont  chacune  est  attribuée  à  l'une 
d'elles.  Ces  oracles  sont  en  vei*s  hexamètres  latins,  mais  ne 
sont  ainsi  qu'une  traduction  du  grec,  qui  parait  avoir  été 


(i)  Voir  BuUei,  monum,,  XVI,  186  et  suiv.;—  Histoire  monumenlaU 
de  Itrevw,  par  M.  Emm.  Paty,  in-S»^  Caen^  1850. 


r 


lettrhiiloire. 


STATUAIRE  SCULPTÉE  OU  PEINTE.  — LES  SIBYLLES.       99 

la  langue  originelle  sinon  de  toutes^  au  moins  de  la  plupart  ; 
car  les  sibylles  semblent  être  de  contrées  fort  diverses,  ou 
en  avoir  parcouru  beaucoup  pour  y  répandre  leur  ensei- 
gnement. Cependant,  à  quelle  époque  faudrait-il  attribuer 
cette  version  exclusivement  usitée  chez  nous  ?  elle  nous 
semble  -de  la  basse  latinité,  qui  coïncide  précisément  avec 
l'efOorescence  de  notre  littérature  chrétienne  et  le  pre- 
mier âge  des  controverses  où  les  sibylles  commencèrent  à 
figurer. 

Les  auteurs  qui  en  parlent  se  plaisent  à  des  détails  très-  ^  otfWBtKi  de 
circoustanciés  sur  leurs  noms  propres,  même  sur  ceux  de 
leur  famille,  sur  leurs  pays  d'origine  et  sur  les  particula- 
rités qui  se  rattachent  à  leurs  prédictions.  On  se  persuader 
rait  d'autant  plus  de  l'existence  de  toutes,  si  de  telles  parti- 
cularités ne  semblaient  pas  obscurcies  quelquefois  par  une 
certaine  confusion  qui  autoriserait  à  s'en  méfier  ;  et  toute- 
fois, de  ces  incertitudes  mêmes,  qui  peuvent  n'être  impu- 
tables qu'à  certaines  fautes  de  critique,  toujours  possibles  à 
travers  tant  d'années  et  sous  tant  de  plumes  qui  nous  ont 
transmis  ces  biographies,  il  faut  conclure  peut-être  à  une 
certaine  authenticité  des  circonstances  essentielles.  Avec  le 
texte  même  de  leurs  prophéties,  on  fait  l'âge  de  quelques- 
unes  d'entre  elles,  on  cite  le  lieu  oii  chacune  fut  plus 
célèbre,  et  ce  lieu  lui  devient  une  épithète  qui  la  distingue 
des  autres.  Les  variantes  des  auteurs  sur  ce  qui  les  regarde 
ne  doivent  donc  pas  plus  nous  étonner  qu'elles  ne  devaient 
infirmer  la  confiance  de  nos  pères.  Quoi  d'étonnant  dans  ce 
vague  à  l'égard  de  personnes  si  diverses  par  les  souvenirs 
qu'elles  consacrent,  et  dont  les  écrits  n'ont  pu  être  recueillis 
qu'en  fragments  très-informes,  à  des  époques  réciproque-^ 
ment  éloignées,  et  par  des  mains  qu'il  est  impossible  de 
constater  (1)  ?  n  le  serait  bien  plus  qu'au  fond  de  toutes 


(ij  Voir  Servatii  Gallœi  Oracula  sibyllina,  2  vol.  in4o ,  Amstelod., 
!«8S.  •    •  > 


100  HtftTUiaE  DU  SYMBOLISME. 

ces  affirmations  il  n'y  eût  rien  de  vrai ,  quand  des  hommes 

d'études  sérieuses,  comme  les  Pères  cités  plus  haut,  n*ont 

coBjeeturM  sur  pas  liésité  à  Ic  reconnaître.  Nous  regardons  comme  très- 

orMiet.  prol)able  que  ces  femmes  célèbres,  dont  plusieurs,  nous 

l'avons  dit,  remontent  bien  loin  vers  les  premiers  âges  du 
monde,  ont  connu  les  idées  religieuses  des  peuples  primitifs, 
avant  que  n'y  fussent  obscurcies  les  promesses  divines  sur  la 
Rédemption;  que  certaines  d'entre  elles  ont  pu  être  aussi 
chrétiennes  qu'on  pouvait  l'être  alors. 
•ibIKÎ'dîîrrîrt  L'essentiel  est  donc  de  les  distinguer  assez  bien ,  quand 
chrétien.  OU  vcut  cu  uscr  daus  la  décoration  monumentale,  pour 

que  chacune  ait  réellement  son  rôle  à  part,  et  ne  puisse  être 

confondue  avec  aucune  autre   par  l'emploi  des  mômes 

attributs  donnés  à  plusieurs.  Ainsi,  et  puisqu'elles  nous 

viennent  des  meilleurs  temps  de  Texégèse  biblique ,  nous 

n'aurons  garde  de  les  mépriser,  mais  nous  apporterons 

à  les  représenter  toute  l'exactitude  possible,  leur  accordant 

Comment  leor  d'clles-mémes  toutccqu'ellcsdoiventavoir,  Ics  mèlaut  tautùt 

r  cêûe  dM^î^i!^  aux  apôtres  et  aux  prophètes,  tantôt  aux  patriarches  dont  le 

f  08^  rLu^liiu.  nombre  coïncide  avec  le  leur,  ne  craignan  t  pas  môme  de  leur 

associer,  à  l'occasion,  Virgile,  Aristote,  Platon,  dont  la  doc- 
trine philosophique  fut  autrefois  une  émanation  providen- 
tielle des  saintes  Doctrines ,  que  le  paganisme  n'avait  pas 
entièrementétouffées.  Ce  n'est  pasqu'elles  ne  puissent  s'isoler 
de  cette  association,  que  rien  ne  rend  indispensable;  mais  on 
comprend  combien  leur  présence  et  leur  caractère  se  forti- 
fient de  cette  union  ou  de  ce  parallélisme  toujours  pleins  d'es- 
thétique et  d'histoire.  L'art  devant  chercher  toujours  à  dire 
le  plus  qu'il  peut  pour  l'instruction  des  âmes,  il  doit  aussi 
reculer  jusqu'aux  limites  possibles  le  sens  et  l'expression 
de  ses  manifestations  religieuses.  C'est  pourquoi  nos  artistes 
n'y  ont  pas  manqué  lorsqu'ils  ont  pu  disposer  d'un  espace 
favorable  à  ce  développement,  qui  peut  mettre  en  regard 
des  ressources  multiples  d'un  si  grand  profit  pour  l'intelli- 
gence. Que  si  toutefois  le  sculpteur  ou  le  peintre  se  trouve 


STATUAIRE  SCULPTÉE  OU  PEINTE.— LES  SIBTLLKS.     ^01 

restreint  par  les  surfaces  dont  il  dispose ,  et  qu'il  ne  puisse 
placer  qu*un  petit  nombre  de  ces  personnages,  encore 
faut-il  leur  donner  les  signes  de  convention  qui  convien- 
dront le  mieux  au  choix  réfléchi  qu*on  en  aura  su  faire. 
Faisons  donc  connaissance  avec  nos  sibvlles,  et  vovons  com- 
ment  on  devra  les  traiter. 

Comme  elles  n'ont  pas  entre  elles  de  place  nécessaire-  Méthode  à  ni- 
ment  assignée  par  leur  antériorité  mutuelle,  qui  est  fort  pioi  «rtittiqQe. 
incertaine,  non  plus  que  par  Timportance  de  leurs  prédic- 
tions, citons-les  par  leurs  noms  authentiques,  pris  ordinai- 
rement du  lieu  de  leur  origine,  de  leur  habitation,  ou  de 
leurs  voyages,  pour  revenir  ensuite  à  la  place  normale  que 
les  unes  ou  les  autres  peuvent  sembler  préférer  dans  leur 
rapport  avec  leurs  prophéties.  Nous  allons  suivre  Tordre 
alphabétique  dans  cette  énumération  des  noms  que  la  tra- 
dition leur  a  donnés. 

4^  La  sibylle  agrippa  ou  agrippdïe.  Elle  ne  laisse  voir     votiez inrch*- 

.  1  ^  •    •       ^'ui^  d*6lles  et  sur 

aucune  cause  à  ce  nom,  assez  peu  connu  des  auteurs  origi-  lenn  attribatt  : 
naux.  Elle  avait  45  ans,  d'autres  disent  30,  quand  elle  com-  Agrippin* ;****'"* 
mença  à  prophétiser.  Elle  aurait  parlé  de  TAnnonciation  à 
Marie  par  Tange  Gabriel  ;  c'est  elle  peut-être  qu'on  voit  à 
Dreux,  sans  autre  attribut  qu'un  long  phylactère  déroulé 
sur  ses  genoux ,  et  qu'elle  indique  du  doigt.  Cette  bande- 
role pouvait  porter  les  mots  Ave  Maria  ^  ou  Ecce  coneipieit. 
On  voit  donc  qu'elle  irait  bien  avec  Malachie,  qui  annonça 
l'Incarnation  en  des  termes  identiques  :  Quem  vos  vultis^ 
ecce  venu  (in,  4),  ou  avec  Abraham,  qui  reçut  la  promesse 
du  Rédempteur  [Gen,^  xvni,  48).  Un  Hs  ne  la  déparerait  pas 
non  plus  et  ne  lui  conviendrait  pas  moins  qu'à  l'Archange 
de  l'Annonciation . 

2''  La  CYMMÉRIENNE  Semble  avoir  eu  pour  séjour  ou  pour      2*  u  cymm^ 
patrie  la  ville  de  Cymme,  en  Éolide,  ce  qui  Ta  fait  nommer    *'""*' 
Cumane  et  prendre  souvent  pour  celle  de  Cumes,en  Latium. 
Ayant  prédit  le  crucifiement  et  l'allaitement  de  l'Enfant- 
Dieu  par  Marie,  elle  porte  une  croix  de  la  main  droite ,  de 


402  HISTOIRE  DU  SYMBOLISMK. 

Tautre  un  biberon ,  pris  par  certains  interprètes  pour  une 
corne  d'abondance  :  l'un  et  Tautre  exprimeraient  l'idée 
de  la  nourriture  comme  besoin  matériel.  On  la  voit  aussi 
parfois  couronnée  de  fleurs  et  portant  une  tige  verdoyante: 
ce  seraient  sans  doute  les  symboles  de  la  régénération  uni- 
verselle. Rien  en  cela  qui  ne  contribue  à  embellir  son 
image.  On  pourrait  l'associer  à  Jérémie,  qui  a  parlé  du  joug 
du  Seigneur  :  Bonum  est  viro  cum por t averti  jugum  (Thren., 
Hi,  27),  et  à  Isaac,  qui  porta  jusque  sur  la  montagne  le 
bois  de  son  sacrifice  :  Ligna  holocausti  imposuit  super  Isaac 
(Gen.,  xxn,  6). 
«•  u  omn^enoe  ;    .  3°  La  GUMÉENNE,  qui,  par  SOU  nom  même,  a  été  quelquefois 

confondue,  chez  les  auteurs,  avec  la  précédente,  en  diffère 
cependant  par  son  caractère  autant  que  par  sa  célébrité 
C'est  d'elle  que  parle  Virgile  dans  sa  quatrième  églogue  : 

Ultima  Cumoei  venit  jam  carminis  œtas  ; 
Jam  redit  et  Virgo,  redeunt  SaturDia  rcgna; 
Jam  Nova  Progenies  cœlo  deinitlilur  alto. 

Le  poète  semble  reproduire  ici,  sous  l'harmonie  de  ses 
beaux  vers ,  les  vers  sibyllins  qu'il  n'avait  pas  manqué 
d'étudier,  et  il  est  certain  que  ces  termes  mêmes  semblent 
on  ne  peut  mieux  appropriés  au  grand  événement  qui , 
plus  qu'aucun  autre  sans  contredit,  immortalisa  le  règne 
d'Auguste.  Retirée  dans  une  grotte  près  la  ville  de  Gumes, 
ce  qui  l'a  fait  nommer  quelquefois  Italique^  elle  y  rendait 
ses  oracles,  dont  le  même  poète  a  profité  pour  un  des  beaux 
passages  de  son  Enéide  (^),  et  c'est  à  elle  plutôt  qu'à  la  pré- 
cédente qu'il  faut  atti'ibuer  la  vente  faite  à  Tarquin  des 
livres  mystérieux  qui  renfermaient  les  destinées  à  venir 
de  Rome  naissante.  Elle  n'aurait  eu  que  treize  ans  quand 
elle  annonça,  près  de  huit  siècles  d'avance,  Tavénement  du 
Sauveur:  c'est  poui'quoi  on  lui  fait  tenir  un  petit  enfant 


(1)  Lib.  VI,  V.  T7  et  seq. 


STATCAmE  SCULPTÉE  OC  PEINTE.—  LES  SIBYLLES.    403 

dans  son  berceau.  Michée  avait  promis  la  naissance ,  à 
Bethléem,  de  cet  Enfant  qui  devait  régner  sur  le  monde  : 
Beihleem...^  exte  egredietut  Dominator  in  Israël  (v,  2).  Cet 
Enfent  descendait  de  Jacob ,  à  qui  Dieu  i*annonça  comme 
devant  bénir  toutes  les  nations  :  Benedieenlur  in  te  cunctx 
tribus  terrx  (Gen.,  xxvni,  44).  Donnons  donc  pour  asses- 
seurs à  la  sibylle  de  Gumes  ces  deux  grands  hommes  dont 
elle  semble  avoir  répété  les  prédictions. 

4«  La  DELPHiQUE,  née  à  Delphes,  avant  la  guerre  de  Troie,  *•  ï*  !>•>?"• 
et  que  la  Fable  a  entourée  de  nombreux  prestiges  et  de  faits 
très-équivoques,  a  vu  d'avance  le  Pils  de  Dieu  portant  la 
couronne  d*épines  :  on  la  lui  met  entre  les  mains.  Pour- 
quoi ne  placerait-on  pas  auprès  d'elle  le  bélier  embarrassé 
dans  le  buisson  d'où  Abraham  le  retira  pour  l'immoler  à  la 
place  de  son  flls  (6en.,  xxu,  43),  et  que  les  Pères  ont 
regardé  comme  le  type  du  Sauveur  couronné  d'épines 
avant  son  immolation  ?  Et  comme,  parmi  les  Patriarches, 
nul  n'a  de  plus  parfaite  ressemblance  avec  Noire-Seigneur 
que  Joseph,  dont  les  tribulations  furent  une  véritable  cou- 
ronne  d'épines  (4),  on  en  ferait  le  parallèle  de  la  sibylle 
Delphique  :  n'avait-il  pas  cherché  ses  frères^  comme  le  Sau- 
veur, dans  le  désert  de  Dothaïm  (Gen.,  xxvn,  46)  ? 

5«  L'ÉRYTHRÉENNE  résidait  en  lonie,  dans  la  ville  d'Éry-  sTÉrythrfenneî 
thrès.  Les  anciens,  qui  tenaient  d'elle  une  prédiction  de  la 
prise  de  Troie  par  les  Grecs,  la  reconnaissaient  à  sa  couroime 
de  laurier  et  à  sa  main  armée  d'un  glaive.  Mais  il  paraî- 
trait qu'on  lui  devait  aussi  des  oracles  plus  pacifiques.  Elle 
a  parlé  des  Anges  annonçant  le  Pils  de  Dieu  aux  bergers  : 
nous  lui  donnerions  donc  très-bien  pour  compagnon  sym- 
bolique le  prophète  Daniel,  à  qui  l'ange  Gabriel  avait  sup- 
puté d'avance  les  70  semaines  d'années  qui  séparaient 
encore  sou  temps  du  Christ  à  venir  (Dan.,  ix,  24).  Dans  ce 


(l)  «  Adœ  vero.  dixit  (Dominas)  :  Terra...  spinas  et  iribulos  gcrmi- 
nabit  Ubi.  o  [Gen.,  m,  18.) 


404  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

dernier  rôle ,  on  lui  donne  une  fleur  des  champs ,  gracieux 
symbole  de  cette  scène  champêtre.  En  quelques  images  ^ 
cette  fleur  se  cliange  en  une  rose  blanche  épanouie,  sym- 
bole de  la  Virginité  Maternelle,  accompagnée  d'un  bouton 
de  cette  même  rose,  qui  signifie  Tlncamation.  Tout  cela 
rentre  bien  dans  son  rôle.  Son  phylactère  pourrait  déve- 
lopper le  texte  angélique  :  Gloria  in  excelsis  Dec  !  Nous  ne 
répugnerions  pas  même  à  lui  donner  à  la  fois  tous  ses 
attributs  anciens  et  nouveaux  :  ils  indiqueraient  bien 
qu'au  milieu  même  du  paganisme  la  loi  du  Christ  se  main- 
tenait toujours  avec  ses  droits  sur  le  monde  futur. 
eTBuropëennf;      %•  Majs  le  glaivc  Conviendrait  aussi  bien  à  Teuropéenne 

(Europa),  qui,  à  l'âge  de  45  ans  selon  le  peintre  d'Auxerrc, 
de  2\  d'après  celui  de  Beauvais,  prédisait  le  massacre  des 
Innocents  par  Hérodc ,  et  la  fuite  en  Egypte  qui  en  fut  la 
conséquence.  Ce  serait  une  raison  de  plus  pour  le  lui 
donner  de  préférence  à  la  précédente,  puisque,  pour 
l'Européenne,  cette  arme  trouve  un  caractère  sacré  dans  le 
fait  évangélique.  Nous  placerions  en  face  ou  à  côté  d'elle, 
et  aux  mains  du  prophète  Osée,  ce  texte  qui  a  parlé  800  ans 
d'avance  de  la  fuite  de  la  Sainte  Famille  en  Egypte:  Ex 
Egypto  vocavi  Filium  meum  (xi,  \).  Ajoutons  que  ce  qu'on 
dit  sur  la  sibylle  en  dehors  de  ces  détails  historiques  semble 
assez  peu  clair.  Son  nom  même.  Européenne^  indiquait-il 
celui  du  pays  qu'elle  aurait  parcouru,  comme  les  lies  de  la 
mer  Égéew  de  l'Europe  gréco-italique  ?  Nous  accepterions 
plus  volontiers  cette  dernière  conjecture.  Elle  semble  pour- 
tant avoir  moins  de  célébrité  que  les  autres;  l'important 
est  que  son  rôle  la  fasse  très-convenablement  admettre 
dans  notre  imagerie. 
7-  i'Heiie»pon-  7«  L'hellespontine  dit  asscz  SOU  origine  par  cette  appel- 
lation. Elle  reste  encore  plus  obscure  que  celle  d'Europe  : 
c'est  très-vaguement  qu'on  la  recule  jusqu'aux  temps  de 
Cyrus  et  de  Solon,  dont  il  paraît  que  ses  vers  ont  parlé. 
Nous  nous  intéresserons  plus  à  ce  qu'elle  a  dit  du  cruci- 


ttne 


STATLAIRE  SCULPTÉE  OU  PEINTE. —  LES  SIBYLLES.     405 

fiement  du  Sauveur  et  des  clous  dont  il  fut  percé  :  aussi 
tient-elle  d*une  main  une  croix  de  crucifixion,  et  de  Vautre 
les  clous,  qu'il  faut  porter  au  nombre  de  quatre,  comme 
nous  le  dirons  ;  adjoignons-lui  le  roi-prophète  qui  a  prévu 
si  clairement  ces  mêmes  circonstances  :  Foderuni  manus 
meas et pedes meos  (Ps. ,  xxi y  il). 

8«  Portant  une  lanterne  allumée  dont  la  faible  lueur 
exprime  ce  qu'avait  encore  de  vague  dans  le  lointain  des 
âges  le  Mystère  qu'elle  prédisait  ;  ou  bien  un  cierge  au 
vif  éclat,  symbolisant  Taccomplissement  de  sa  prophétie,  la 
LiBTQUfi  expose  que  la  Lumière  du  monde  viendra  éclairer  la 
terre.  Si  elle  est ,  comme  on  le  prétend ,  une  des  plus  an- 
ciennes de  rOrient,  elle  aurait  pu  trouver  dans  ses  croyances 
un  écho  de  l'ère  patriarcale  qui  vivait  de  l'attente  du  Ré- 
dempteur. On  aimerait  pour  elle  le  voisinage  de  S.  Jean- 
Baptiste,  le  dernier  des  Prophètes  de  la  Loi  ancienne,  dont 
un  autre  S.  Jean  a  dit  «  qu'il  était  venu  rendre  témoignage 
à  la  Lumière  :  »  Venit  ut  te^timonium  perhiberet  de  Lumine 
(Joan.,  I,  7). 

9"^  La  PERSiQUE.  Encore  des  plus  anciennes ,  la  plus  an- 
cienne de  toutes  peut-être ,  car  si  Ton  s'en  rapporte  à  ses 
propres  vers ,  elle  ne  serait  ni  plus  ni  moins  qu'une  bru 
de  Noé  ;  mais  alors  que  deviendrait  cette  virginité  qui  fait 
un  de  leurs  plus  beaux  prestiges  ?  Cette  parenté ,  du  moins 
à  un  tel  degré,  n'est  certainement  pourvue  d'aucun  timbre 
bien  authentique.  Ce  qui  serait  plus  embarrassant ,  c'est 
que  certains  artistes  lui  accordent  la  lanterne  et  la  lumière 
voilée  que  porte  sa  sœur  de  Libye.  Si  cet  attribut  lui  est 
donné  en  souvenir  d'une  prophétie  identique  sur  la  venue 
future  du  Christ,  il  n'en  faut  pas  moins  la  distinguer 
contre  tout  risque  de  confusion ,  et  nous  donnerions  seu- 
lement à  celle-ci  le  soleil  que  d'autres  ont  fait  briller  au- 
dessus  de  sa  tête.  Dès  lors ,  le  grand-prêtre  Zacharie  de- 
viendrait son  parallèle  :  c'est  lui  qui  a  chanté  à  la  naissance 
du  Sauveur  :  Orient  er  alto  (Luc,  i,  78}; —  ou  bien  le  petit 


8*  U    Llbyqu*; 


ft"  la  Peralqae; 


406 


HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 


fieoae; 


B« 


Prophète  du  même  nom ,  qai  avait  dit  :  Addueam  senmm 
meum  Orientem  (Zacli.,  m,  9}. 
Pbnr-  W  La  PHRYGIENNE  habitait  Ancyre  et  prédit  la  Résurrec- 
tion. C'est  tout  ce  qu'on  en  sait.  Gela  suffit  pour  qu'on  lui 
donne  comme  attribut  une  croix  légère  ornée  d'un  éten- 
dard  au  fond  rouge ,  traversé  d'une  croix  d'or.  Le  prophète 
Jonas,  délivré  du  poisson  qui  l'avait  englouti  et  rejeté 
plein  de  vie  sur  le  rivage ,  est  le  type  du  Sauveur  ressus- 
cité. Ce  serait  donc  lui  qu'on  adjoindrait  à  la  sibylle  de 
Phrygie ,  et  il  dirait  :  SublevabU  de  corruptione  vUam  meam 
(Jon.,  u ,  7)  ;  —  ou  bien  ce  serait  Job ,  autre  type  reconnu 
par  les  interprètes ,  et  exprimant,  dans  les  espérances  de  sa 
propre  résurrection,  celle  du  Dieu  sorti  du  tombeau  le  troi- 
sième jour  :  Redemptor  meus  vivit.,.  De  terra  surrecturus 
sum  (xix ,  25). 
Il-  te  8«mieB.  ^o*  Au  tcmps  d'Isaïc,  qu'elle  pouvait  bien  connaître  au 
moins  par  ses  prophéties ,  vivait  la  sibylle  de  Samos.  En 
prédisant  la  naissance  de  Jésus ,  elle  mentionne  la  crèche 
et  les  animaux  dont  le  souffle  devait  le  réchauffer  ;  on 
trouve  même  dans  ses  vers  les  circonstances  de  la  Passion 
et  le  Jugement  dernier.  Par  cette  dernière  raison,  on  la  re- 
présente avec  le  glaive  des  vengeances  divines  ou  avec  un 
faisceau  de  verges  à  la  main  ;  puis  on  la  couronne  d'épines  ; 
on  lui  fait  tenir  le  roseau  dérisoire  dont  les  bourreaux  firent 
un  instant  le  sceptre  du  Fils  de  Dieu.  Enfin ,  on  lui  fait 
porter  sur  le  bras  gauche  un  débris  de  la  crèche  de  Beth- 
léem, qui  se  compose  de  deux  ou  trois  petits  barreaux 
arrondis ,  unis  par  deux  montants,  comme  serait  un  petit 
râtelier.  De  tant  d'attributs ,  un  seul  doit  suffire  à  carac- 
tériser notre  sibylle.  On  évitera  donc  ceux  qui ,  comme 
la  couronne  d'épines  qui  lui  est  commune  avec  la  Del- 
phiquc ,  et  le  glaive  avec  l'Érythréenne,  pourraient  la  faire 
confondre  avec  elles ,  ou  du  moins  embarrasser  dans  leur 
interprétation.  Ainsi,  on  ferait  allusion  à  la  crèche  en  oppo- 
sant à  la  Samienne  l'ange  envoyé  aux  bergers  pour  leur 


STATUAIRE  SCULPTÉE  OU  PEINTE.  — »  LES  SIBYLLES.     407 

annoncer  q[u'ils  trouveraient  FEnfant  couché  dans  Tétable  : 
Invenieiis positum  in  prœsepio  (Luc,  ii,  42).  Ce  qu'elle  a  dit 
du  jugement  universel  nous  fait  croire  que  Malabranca 
Tavait  en  vue  quand  il  citait  dans  sa  magnifique  Prose  des 
morts  «  le  témoignage  de  David  et  celui  de  la  Sibylle  :  »  Teste 
David  eum  5%//a.— David /en  effet,  avait  dit  :  Judieabit 
orbem  terrx  in  xquitate^  et  populos  in  justifia  (Ps.,  ix,  49). 
Rapprocher  de  kii  la  devineresse  des  nations ,  qui  pouvait 
très-bien,  à  une  distance  de  quatre  siècles,  s*être  inspirée  de 
ses  prophéties  ;  marcher  ainsi  avec  les  Pères  dans  la  voie 
qu'ils  n'avaient  pas  dédaignée ,  avait  paru  au  pieux  et  éner- 
gique auteur  une  preuve  que  les  vérités  primordiales 
n'étaient  pas  ravies  aux  peuples  païens  et  leur  parlaient  tou- 
jours des  justices  divines.  Eh  bien  !  ces  principes  d'exégèse 
s'étaient  tellement  oblitérés  pour  nos  théologiens  galli- 
cans, qu'ils  ne  craignirent  pas  d'effacer  la  Sibylle,  et 
même  le  vrai  Prophète  du  Dies  irœ  ;  et  les  éditeurs  du 
nouveau  Bréviaire  de  Paris  osèrent  les  premiers ,  dans  leur 
édition  de  4735,  remplacer  cette  phrase  pleine  de  signi- 
fication par  les  mois  Crucis  expandens  vcxilla ,  qui  n'en 
ont  ni  la  couleur  ni  l'effet.  De  telles  réformes  n'étaient  pas 
heureuses!  —  On  pourrait  très-bien  restaurer  le  souvenir 
de  cette  double  prophétie  en  rémiissant  le  Psalmiste  et  la 
Sibylle ,  dont  l'un  redirait  son  avertissement  biblique,  et 
l'autre  la  phrase  trop  dédaignée  de  Malabranca  (4). 


(1)  En  nous  efforçant  de  tracer,  pour  le  besoin  d*ane  ornementation 
artistique,  le  parallélisme  à  établir  entre  chaque  sibylle  et  un  prophète 
biblique  dentelle  est  comme  l'écho  providentiel,  nous  ne  prétendons 
pas  imposer  nos  idées,  mais  seulement  indiquer  des  rapports  qu'on 
pourrait  étendre  ou  restreindre,  ou  modifier  même  selon  qu'on  aurait 
à  mentionner  un  plus  ou  moins  grand  nombre  de  sibylles.  L'impor- 
tant, en  les  associant  soit  aux  Patriarches,  soit  aux  Prophètes,  soit  aux 
Apôtres,  est  de  leur  trouver  un  parallèle  dont  la  justesse  soit  incontes- 
table ,  et  reproduise  dans  l'esthétique  sacrée  le  résultat  qu'on  y  doit 
chercher.  Ainsi,  David  va  parfaitement  avec  la  sibylle  de  Samos  quand 
il  s'agit,  de  représenter  celle-ci  en  prophétesse  du  Jugement.  Nous  avons 
vn  cependant  qu'il  ne  s'accorde  pas  moins  bien  avec  d'autres  qui  ont 


408 


HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 


12* 
iina. 


U    Tibur- 


L««  «lbjUe« 
doirent  rerirre 
daiM  rieono^ni^ 
phie  ohrtfUenae. 


42o  Enfin ,  la  sibylle  de  Tivoli,  ou  tiburtine,  habitait  une 
grotte  près  de  TAnio,  et  de  là  elle  vît  dans  l'avenir  la  fla- 
gellation du  Sauveur  et  les  cruautés  des  Juifs  pendant  la 
nuit  de  sa  Passion.  Elle  tient  donc  un  fouet  de  cordes  d'une 
main ,  et  de  l'autre  un  gant  de  chair  qui  rappelle  les 
soufflets  de  la  soldatesque.  Avec  ce  fouet ,  on  la  distingue 
de  la  Samienne^  qui  prévit  aussi  les  scènes  de  la  Passion,  et  à 
qui  nous  avons  vu  confier  un  faisceau  de  verges.  Maïs  nous 
pensons  que  ce  rapprochement  pourrait  encore  cependant 
produire  quelque  erreur  qu'il  faut  éviter  avec  soin  dans 
l'iconographie  ,  et  que  le  gant  couleur  de  chair  lui  suffi- 
rait. Quant  au  texte  à  lui  choisir, 'il  est  très-explicite  dans 
Isaïe  :  Dedi  percutientibus  gênas  meas  (l,  6).  Le  Prophète 
le  redirait  vis-à-vis  ou  à  côté  d'elle. 

Telles  sont  les  données  générales  que  la  tradition  catho- 
lique semble  autoriser  sur  les  sibylles:  charmant  et  fertile 
enseignement  pour  le  vulgaire,  à  qui  de  telles  notions  sont 
demeurées  depuis  longtemps  trop  étrangères;  souvenir 
touchant  pour  les  doctes ,  qu'il  ramène  à  la  science  des 
choses  antiques  et  aux  plus  philosophiques  méditations. 
On  devra  donc  se  garder  de  leur  infliger  un  nouvel  exil,  qui 
tournerait  au  détriment  de  nos  principes,  et  ravirait  en- 
core à  l'art  chrétien  une  ressource  vers  laquelle  il  doit 
revenir.  Allons  plus  loin  :  en  tant  que  ces  illustres  femmes 
ont  eu  quelque  chose  du  Christianisme  et  que  leur  virgi- 
nité en  serait  une  gloire  anticipée,  ne  craignons  pas  de  les 
honorer  du  nimbe,  dont  on  décore  les  Prophètes  de  l'an- 
cienne Loi,  et  qu'autorisera  suffisamment  la  sainteté  de  leur 
fonction.  Cet  appendice  nous  donnera  encore  un  champ  pour 
inscrire  le  nom  de  chacune  ;  il  apportera  au  tableau,  selon 
un  usage  reçu  et  très-ingénieux,  toute  la  clarté  possible. 


prophélisé  avant  ou  après  lui  les  scènes  terribles  de  ce  dernier  jour 
du  inonde.  En  cela  liberté  entière;  mais  on  s*attacbera  nécessairement 
à  ne  pas  répéter  le  ui^me  sujet  dans  une  série,  complète  ou  non,  de 
C'*tte  in^ére5sante  iconographip. 


FEUiiTURE  MURALE  DE  L*ÉOUSE.—  L4  MAIN  BÉMSSA^iTE.    4 OU 

et  ajoutera  au  sens  bien  compris  maintenant  de  leurs 

attributs  particuliers.  Enfin,  on  réussira  d'autant  mieux  si     ué«d6i«urcot. 

*  tome   et    de    sot 

l'on  s'efforce,  par  certains  accessoires  que  l'antiquité  ne  leur  •cc««toires. 
a  pas  refusés ,  de  leur  donner  une  dignité  honorable  :  car 
elle  en  a  fait  de  grandes  et  remarquables  femmes,  unissant 
dans  leur  pose  et  leurs  costumes  une  grâce  aimable  à  une 
imposante  majesté. —  Leur  coiffure  est  presque  toujours 
orientale  ;  mais  ce  détail,  comme  ceux  de  leur  toilette  en 
général,  variera  convenablement  d'après  ce  qu'on  croit  de 
leur  patrie  ;  les  belles  et  amples  draperies  leur  sont  pro- 
diguées ;  le  choix  des  couleurs  symboliques  doit  ajouter 
beaucoup  à  leur  attrait. —  Leur  âge,  nous  Tavons  vu,  n'est 
pas  le  même  pour  toutes  ;  il  faut  s'appliquer  surtout  au 
caractère  esthétique  de  leur  physionomie  et  y  rendre  la 
vérité  de  leur  climat.  Quant  aux  textes  de  leui^s  prophéties  RèfiM  à  y  rai- 
personnelles,  on  est  assez  peu  d'accord  pour  n'y  rien  voir  éiiùt. 
qu'il  faille  absolument  leur  prêter.  On  peut  y  suppléer, 
comme  nous  venons  de  le  faire,  par  un  texte  biblique  en 
harmonie  avec  celui  du  personnage  parallèle.  En  un  mot, 
nous  pouvons  les  faire  bénéficier  de  tout  ce  que  nous  inspi- 
reront nos  études,  nos  découvertes  et  le  progrès  de  nos 
arts.  Mais,  dans  un  sujet  de  cette  importance,  l'artiste  aura 
soin  avant  tout  d'en  étudier  la  philosophie,  et  de  ne  le  traiter 
qu'avec  le  conseil  d'un  ecclésiastique  instruit  qui  lui  dé- 
voilera les  relations  mystiques  étabUes  sur  ce  point  par 
l'Ëcriture  et  par  les  Pères  :  double  trésor  auquel  il  faut 
toujours  recourir  quand  on  aborde  la  pratique  de  l'art 
chrétien. 

Reprenons  maintenant  les  symboles  dont  l'étude  et  l'or- 
nementation doivent  compléter  ce  chapitre. 

Quelquefois,  par  un  genre  d'abréviation  qu'inspirent  les     ^  n»*in  b<ni«- 
proportions  restreintes  d'un  plan  à  remplir,  mais  aussi  par  floauoM  symbou- 
une  tendance  à  préférer  les  significations  mystiques.  Dieu 
ou  une  action  quelconque  à  manifester  par  Lui  sont  briève- 
ment indiqués  par  une  main  bénissante,  soit  à  la  façon 


110  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

latine,  soit  à  la  manière  grecque  (4 },  et  apparaissant  dans  an 
nuage  qui,  à  lui  seul,  représente  le  ciel.  Cette  main  est 
presque  toujours  entourée  d'un  rayon  ou  d'un  nimbe  cru- 
cifère, ce  qui  ne  laisse  aucun  doute  sur  l'assistance  divine. 
Si  le  nimbe  y  manque  parfois,  ce  qui  est  très-rare  et  ne 
peut  être  regardé  que  comme  un  oubli,  on  ne  doit  pas 
juger  décidément,  par  cela  môme,  que  ce  soit  plutôt  la  main 
d'un  ange  que  celle  de  Dieu  :  l'ensemble  du  sujet  peut 
très-bien  d'ailleurs  éclaircir  les  doutes.  Quoi  qu'il  en  soit, 
on  doit  cette  main  symbolique  au  besoin  de  reproduire  la 
présence  de  Dieu  ,  pour  ainsi  dire  abrégée  au  milieu  des 
choses  divines  ou  humaines.  C'est  ou  l'action  créatrice  ou 
Tassistance  en  faveur  d'autres  actes  humains ,  fondée  sur 
une  foule  de  passages  bibliques  où  le  bras  et  la  main  de 
Dieu  promis  au  juste,  ou  s' employant  à  sa  défense,  devien- 
nent les  emblèmes  du  secoure  d'En-Haut  (2).  Symbole  de 
puissance  supérieure  et  de  justice  executive,  la  main  au- 
dessus  du  sceptre  des  rois  remplit  ce  double  rôle,  qui  lui 
vient  sans  doute  du  texte  prophétique  où  Isaïe  disait  que 
tout  avait  été  fait  par  Dieu  selon  le  pouvoir  de  sa  main  sou- 
veraine (3).  La  main,  en  un  mot,  remplace  ici  la  personne 
tout  entière,  comme  nous  avons  vu  l'âme  figurée  par  une 
petite  pereonne  sans  sexe,  et  une  forêt  par  un  seul  arbre. 
MarohM  et  T»-  C'cst  dc  ccttc  même  façon  abrégée  que,  dans  les  huit  pi'e- 
boie  josqa'à  nou.  micrs  sièclcs,  on  représenta  le  Père  par  une  main  étendue, 

le  Fils  par  un  agneau  ou  une  croix,  et  le  Saint-Esprit  pai* 
la  colombe.  Quelquefois  alors ,  et  plus  fréquemment  dans 
les  siècles  qui  suivirent,  cette  main  isolée  s'inscrit  dans  un 
médaillon  timbré  d'une  croix  grecque  sur  laquelle  elle 
s'étend,  bénissant  à  la  manière  latine  :  on  l'a  mise  ainsi,  au 


({)  Voir  ci-de:$8U8,  t.  III,  p.  34i,— et,  ci-après,  la  Table  générale, 

T«  BÉNÉDICTION. 

(2)  «  Salvabit  sibi  dezteraEjuB,  et  brachium  sanctum  Ejas.  »  ^s,, 
zcvii,  1.)  — «  Ecce  Dominas  in  fortitudine  véniel,  et  brachium  Ejus 
dominabitur.  »  {Is.,  xl,  10.) 

(3)  a  Omnia  bsc  manas  meafecit,  cujus  summa  potastas.  «  (Is.,  Lzvi,  2.) 


dent. 


PEGfTUBE  MURALE  DE  L'ÉGLISE.— LE  TÉTRAMORPHE.   4M 

douzième  siècle,  au  frontispice  de  la  cathédrale  de  Ferrare. 
C'était  indiquer  parfaitement  la  demeure  de  Dieu;  De  cette 
idée  fondamentale,  appuyée  de  textes  nombreux  des  Pères 
et  de  rËcriture ,  sont  partis  les  mille  motifs  où  la  main 
diYine  figure,  et  c'est  d'après  elle  qu'il  faut  interpréter  toutes 
les  pages  peintes  ou  sculptées  au  moyen  &ge  avec  cet  em- 
blème, aujourd'hui  bien  connu. 

Un  autre  emblème,  non  moins  populaire,  est  le  tétra-    du  t^tramoipho 
morphe,  qui  s'est  déjà  révélé  ci-dessus  (4),  et  sans  lequel  il  qui  irnSommS? 
est  rare  de  rencontrer ,  du  onzième  siècle  au  seizième , 
l'image  de  la  Trinité  ou  celle  du  Père  et  du  Fils. 

Nous  devons  dire  avant  tout  que  ce  mot  exprime  très- 
exactement  dans  quelques  archéologues  la  réunion  des 
quatre  tètes  des  animaux  évangélistes  sur  un  seul  et  même 
corps  d'une  bête  unique,  mais  caractérisée  aussi  par  ses 
pattes,  sa  queue  et  ses  autres  détails,  de  manière  à  ce  que  la 
pensée  de  tous  les  animaux  se  résume  sous  la  forme  d'un 
seul.  Mais  ici  nous  appelons  tétramorphe,  pour  plus  de  sinx- 
plification  dans  les  termes,  la  réunion  des  quatre  sym- 
boles autour  de  l'image  divine.  Donc ,  nous  savons  et  la 
signification  de  ces  quatre  animaux  symboliques  et  la  place 
qu'ils  doivent  tenir  autour  des  Personnes  divines.  Il  est 
peu  d'œuvres  d'iconographie  traitées  aux  beaux  temps 
de  l'hiératique  chrétienne  où  n'apparaisse  comme  un 
accessoire  obligé  ce  groupe  mystérieux  qu'on  voit  surgir, 
comme  nous  l'avons  dit,  d'abord  dans  Ëzéchiel,  puis  dans 
l'Apocalypse.  Il  est  d'une  immense  ressource  pour  la  déco- 
ration artistique  des  sanctuaires.  De  beaux  spécimens  du 
treizième  siècle  en  existent  encore  soit  en  peinture  à  la 
voûte  de  l'ancienne  collégiale  de  Sainte-Radégonde  de  Poi- 
tiers, soit  en  sculpture  à  celle  de  sa  remarquable  sacristie, 
qui  fut  autrefois  la  salle  capitulaire.  A  Saint-Savin  (Vienne), 
un  autre  exemplaire  garnit  toute  la  voûte  de  l'escalier  de 

(1)  T.  II,  p.  43, 164, 174, 457;  I1I,.467. 


Ili  HISTOIRE  DC   SYMBOUSMfi. 

la  crypte  ménagée  sous  le  sanctuaire,  et  fait  ressortir  avec 
la  fermeté  du  douzième  siècle  la  belle  et  majestueuse  figure 
d'un  grand  Christ  entouré  d*une  vaste  gloire.  Dans  le 
nartex  de  Saint-Saturnin ,  à  l'un  des  faubourgs  de  Poi- 
tiers,  nous  avons  \u  une  sculpture  du  onzième  siècle, 
et  peut-être  du  dixième ,  représentant  ce  môme  sujet.  Elle 
est  conservée ,  depuis  la  disparition  de  cette  petite  église 
paroissiale,  au  musée  lapidaire  des  antiquaires  de  TOuest.  Il 
est  assez  ordinaire  et  très-convenable  de  dérouler  entre  les 
pattes  des  animaux  sacrés,  comme  aux  mains  de  Y  Ange  (i), 
qui  y  tient  la  première  place,  un  phylactère  où  se  déroule  le 
nom  de  chacun  des  Évangélistes  qu'ils  représentent.  Ce 
moyen  doit  être  respecté  comme  interprétation  du  sujet,  et 
non  moins  parce  qu'il  y  peut  devenir  un  motif  plein  d'élé- 
gance et  de  variété.  On  trouve  le  tétramorphc  partout  où 
le  moyen  âge  a  reproduit  son  symbolisme.  La  pierre,  le 
verre,  le  bois,  la  toile  même  dans  les  derniers  temps, 
enfin  Torfévrerie  à  ses  plus  belles  époques,  l'ont  accepté 
comme  un  ornement  de  la  plus  haute  théologie ,  et  nous 
ne  pouvons  trop  engager  à  le  préférer,  pour  la  décora- 
tion qu'appellent  nos  autels  majeurs,  à  toutes  les  banalités 
qu'on  y  prodigue  sans  plus  de  proflt  de  la  pensée  que  de 
l'art. 
pumm  BonnaJat  Mais  ccttc  belle  image  n'a  pas  moins  que  tous  les  autres 
*****  "* *  symboles  ses  conditions  nécessaires ,  hors  desquelles  on  la 
traiterait  maladroitement.  En  clTct ,  quoique  la  pensée  de 
rimagier  se  soit  souvent  exercée  en  des  variétés  qui  toutes 
ont  eu  leur  raison  d'être ,  il  y  a  cependant  des  règles  pré- 
cises qu'on  regretterait  de  voir  oublier  :  ainsi ,  pour  ce  qui 
regarde  la  place  assignée  à  chaque  animal,  elle  n'est 
point  du  tout  soumise  au  caprice  de  l'ouvrier  :  l'Ange  doit 
tenir  la  droite,  à  côté  de  la  tête  du  Christ  ;  l'aigle  occupe , 
à  gauche,  le  côté  opposé;  aux  pieds  se  posent,  dans  le 

(1)  Et  non  de  Vhomme.  —  Voir  t.  UI,  p.  457. 


manx. 


STATUAIRE  SCULPTÉE  OU   PEINTE.— LE  TÉTR AMORPHE.   HB  , 

même  ordre ,  le  lion  et  le  taureau.  On  voit  que  ces  postes 
différents  correspondent  ïla  nature  de  chaque  animal,  con- 
sidéré au  point  de  vue  de  son  importance  relative,  et ,  en 
quelque  sorte ,  de  sa  dignité  rationnelle.  Quelques  excep- 
tions à  ce  fait,  égarées  sur  deux  ou  trois  objets  arctiéolo- 
giques ,  ne  font  que  renforcer  la  règle ,  et  ne  s'appliquent 
d'ailleurs  qu'à  des  spécimens  très-secondaires,  comme  ou  le 
voit  au  porche  de  la  belle  église  romane  de  Saint-Aventin 
des  Pyrénées. 
Gomme  ces  animaux  représentent  les  Évangélistes,  insé-      xr^iti  ûirw 

jL  qui  dolrent  eom- 

parables  de  la  vie  morale  du  Sauveur  dans  l'Ëglise ,  ils  piéter  lear  loono. 
doivent  être  nimbés  ;  ils  tiennent  ou  le  phylactère  dont  '"^ 
nous  parlions  ci-dessus,  ou  le  livre  ouvert  sur  lequel 
s'inscrivent  les  noms  de  S.  Matthieu,  de  S.  Jean,  de  S.  Marc 
et  de  S.  Luc.  Cet  ordre  lui-même  prouve  qu'on  s'est  moins 
préoccupé ,  dans  le  placement  des  quatre  symboles ,  des 
Évangélistes  qu'ils  représentent  que  de  l'excellence  des 
natures  qu'ils  caractérisent  :  l'Ange  signifie  Gabriel  annon- 
çant l'incarnation  du  Sauveur  dans  l'humanité,  que  S.  Mat- 
thieu raconte  plus  spécialement;  l'aigle  indique  la  sublime 
élévation  du  récit  de  S.  Jean,  dont  la  théologie  atteint  les  plus 
hautes  limites  du  surnaturel;  le  lion  de  S.  Marc  est  une  allu- 
sion au  désert,  où,  dès  son  premier  chapitre,  on  voit  le  Pré- 
curseur prêcher  la  pénitence  et  le  baptême  de  Jésus-Christ; 
le  bœuf,  enfin ,  rappelle ,  en  sa  qualité  de  victime  choisie 
pour  les  principaux  sacrifices  de  l'ancienne  Loi,  le  sacerdoce 
dont  Zacharie  fait  les  fonctions,  au  premier  chapitre,  quand 
il  est  averti  par  l'Ange  de  la  naissance  de  S.  Jean-Baptiste. 
S.  Grégoire  et  les  autres  Pères  qui  ont  ainsi  expliqué  ce 
mysticisme  sont  suivis,  en  dépit  de  quelques  autres  expli- 
cations plus  ou  moins  subtiles,  par  la  majorité  des  écri- 
vains. Au  reste,  la  nature  supérieure  de  ces  quatre  sym- 
boles leur  a  fait  donner  des  ailes  à  tous ,  ce  qui  a  fait 
regarder  improprement  le  premier  d'entre  eux  comme 
un  homme  ailé  par  quelques  observateurs  peu  éclairés. 

T.  IV.  8 


444  HISTOIRE  Dr  SYMBOLISME. 

coniennidon-  Quant  aux  couleurs  à  leur  donner^  elles  sont  partout  plus 
naturelles  que  symboliques,  et  peuvent  se  disposer  sans  in- 
convénient, eu  égard  à  leur  variété  possible,  selon  le  besoin 
de  leur  agencement  harmonique  ou  les  exigences  de  l'en- 
semble décoratif.  On  voit  souvent  les  saints  animaux  la  tète 
tournée  vers  le  Maître  suprême ,  comme  absorbés  dans  la 
contemplation  de  sa  gloire;  parfois,  au  contraire,  le  calme 
de  leur  pose  indique  la  paix  divine  qui  se  répand  en  eux , 
du  Centre  éternel  d'où  elle  émane. 
D«  rameabie-      Après  CCS  documcnts  sur  les  détails  inséparables  de  Tha- 
«t'de  sJ rapports  giographie  plastique  ou  coloriée,  traitons  en  quelques  mots 
arec  a  peinture,    ^t^^^  couditiou  essentielle  à  leur  appliquer,  c'est-à-dire  de 

leur  convenance  nécessaire  avec  le  style  architectural  dont 
on  les  rapproche.  On  ne  peut  douter  que  T unité  des  œuvres 
d'art  ne  soit  un  de  leurs  caractères  absolus,  et  que  les  cos- 
tumes, aussi  bien  que  les  autres  moyens  accessoires  d'orne- 
mentation quelconque,  ne  doivent  s'allier  aussi  parfaite- 
ment que  possibleaux  lignes  monumentales,  non  moins  qu'à 
l'étendue  et  à  la  forme  générale  du  vaisseau.  Donc,  encore 
une  fois,  on  ne  traitera  pas  une  peinture  ou  des  travaux 
sculptés  pour  l'embellissement  d'une  église  du  moyen  âge 
comme  si  cette  église  eût  été  faite  sous  les  inspirations  de  la 
Renaissance.  Chaque  siècle  à  peu  près  ayant  son  style  à  part, 
aussi  bien  que  ses  méthodes  et  ses  procédés,  on  doit  savoir  s'y 
astreindre  et  rechercher,  pour  en  imprégner  tant  d'œuvres 
importantes,  les  irréprochables  modèles  que  nous  légua 
Études  n^cei-  l'auliquité.  Consultez  donc  soit  les  monuments  qui  nous 

ftalretàcetégard.  .    i       i.  .  ,  .  ,    . 

restent,  soit  les  livres,  en  grand  nombre,  qui  reproduisent 
par  de  fidèles  dessins  ou  d'exactes  lithochromies  toutes  les 
beautés  architecturales  ou  artistiques  de  nos  cathédrales  et 
de  nos  monastères  ;  n'empruntez  que  là,  sans  rien  donner  à 
des  choix  de  hasard,  à  un  goût  équivoque,  à  un  caprice  de 
volonté  que  l'ignorance  accepte  sans  réflexion  et  imprime 
trop  souvent  à  ses  œuvres.  Une  telle  étude  faite  avec  con- 
science et  discernement ,  méditée  dans  ses  détails  à  l'aide 


PEINTURE  DES  ÉGLISES. —  AMEUBLEMENT.  445 

d'un  bon  livre  ou  des  conseils  de  Texpérience,  amènera 
bientôt^  avec  une  heureuse  facilité  de  pratique,  Tappllcation 
sûre  et  louable  des  seuls  principes  que  Tart  et  la  religion 
puissent  avouer. 

Qu'il  en  soit  ainsi  de  toutes  les  portions  de  Taineublenient  Àhvm  à  éyu«t  et 
destiné  à  une  église ,  lequel  doit  toujours  s'harmoniser  '  *" 
avec  elle  et  ne  jamais  s'y  poser  comme  un  inconvénient, 
désagréable  au  jugement  et  à  l'œil  par  des  tons  criards,  des 
transitions  brusques  d'un  genre  à  un  autre ,  ou  par  des 
couleurs  qui  tranchent,  sans  aucune  teinte  intermédiaire, 
entre  ce  qui  précède  et  ce  qui  suit.  Les  effets  d'ensemble 
sont  un  des  plus  grands  moyens  de  l'art ,  dont  le  principal 
but  est  de  plaire ,  et  qui  n'y  arrive  qu'en  ménageant  beau- 
coup les  susceptibilités,  toujours  respectables,  du  goût  et 
du  regard.  Ce  qui  rentre  le  mieux  dans  le  caractère  des  Ke  pu  peindre 
meubles  de  l'église,  si  Ton  en  excepte  les  autels,  qui  veulent  ^  im  scliîptim 
toujours  de  la  polychromie  quand  ils  sont  en  pierre  ou  *°  ^^^  ' 
bois  sculpté ,  c'est  très-certainement  de  garder  la  teinte 
du  vieux  bois  que  le  temps  leur  a  donnée ,  et  non  d'être 
soumis  à  un  badigeonnage  malheureux  dont  on  les  a  si 
souvent  déshonorés  et  salis.  Les  délicatesses  d'un  ciseau 
habilement  manié,  jetées  avec  discernement  sur  des  stalles , 
des  bancs  d'œuvre ,  des  chaires  à  prêcher  ou  des  sièges 
d'évêques  ou  d'abbés;  les  reproductions  élégantes  des  lé- 
gendes ,  des  fleurs  ou  des  animaux  symboliques  répandus 
dans  les  pendentifs,  aux  miséricordes  ou  aux  accoudoirs , 
doivent  paraître  assez  précieuses,  et  quelquefois  assez  rares 
par  leur  âge  et  leurs  caractères,  pour  mériter  la  protection 
du  clergé  contre  les  vilains  barbouilleurs  qui  envahissent , 
à  force  de  peinture  à  l'huile,  jusqu'aux  moindres  vides  des 
chapiteaux ,  des  pétales  des  fleurs ,  du  plumage  des  oi- 
seaux ,  et  du  fini  de  tant  de  charmantes  miniatures  dé- 
coupées, que  nos  pères  n'avaient  certainement  pas  ciselées 
pour  qu'on  les  encombrât  de  ces  détestables  emp&tements. 
Comment  déplorer  assez  de  tels  abus  consommés  tous  les 


H6 


HISTOIRE   DU   SYMBOLISME. 


InconrenaiiM 
des  ehitirei  an 
pierre. 


abusives , 


jours  encore  sous  prétexte  de  décomtion ,  comme  si  le 
beau  noir  d'un  chêne  six  ou  sept  fois  séculaire,  avec  son 
incorruptible  dureté,  n'était  pas  la  plus  honorable  couleur 
qu'on  pût  laisser  à  ces  meubles  vénérables? —  Que  dire  aussi 
de  cette  autre  manie  des  chaires  en  pierre,  en  mai'bre, 
en  stuc ,  qui  relient  l'appendice  au  monument  lui-même 
comme  s'il  en  était  inséparable  ou  qu'il  fût  né  avec  lui  à  la 
façon  d'une  clef  de  voûte  ou  d'un  pilier  ?  C'est  un  carac- 
tère tout  différent  qu'il  faut  à  de  tels  objets.  Graves  par 
eux-mêmes  à  cause  de  leur  destination ,  quelques  filets  de 
dorure  pourraient  seuls  s'allier  peut-être  à  quelques-uns 
de  leurs  contours  ou  de  leur  foliation  symbolique  :  une  sage 
sobriété  pourrait  être ,  en  cela ,  sans  aucun  péril  d'amoin- 
Des  peintures  drissemcut  pour  la  valeur  artistique.  Mais  s'aviser  d'y  créer 
des  tableaux  sur  bois  en  garnissant  leurs  panneaux  de 
paysages  équivoques,  ou  même  de  scènes  d'hagiographie  ou 
d'histoire  sacrée ,  toujours  trop  plates  à  côté  de  tant  et  de 
si  vigoureux  reliefs  ;  badigeonner  des  animaux  symboli- 
ques en  jaune ,  en  blanc  ou  en  rouge,  sous  ombre  de  leur 
donner  plus  de  naturel  ;  revêtir  les  expansions  végétales 
de  vert  ou  de:;brun ,  sous  prétexte  de  branches  d'arbre 
et  du  tronc  qui  les  soutient,  c'est  perdre  de  gatté  de 
cœur,  et  fort  tristement,  de  l'argent  ot  dé  l'art  ;  c'est  abdi- 
quer tout  respect  des  plus  belles  choses ,  et  se  moquer  du 
double  motif  d'embellissement  et  de  conservation ,  puis- 
que tout  en  devient  plus  laid ,  et  que  le  chêne ,  pour  se 
conserver,  n'a  besoin  d'aucun  de  ces  détestables  encaus- 
tiques ,  dont  on  ne  TatTuble  jamais  sans  le  déshonorer  et 
l'avilir.  Autant  vaut,  comme  on  le  constate,  hélas  !  si  sou- 
vent ,  prendre  et  poser  au  hasard  les  meubles  dont  nous 
parlons  sous  les  formes  les  plus  disparates ,  les  lignes  hori- 
zontales à  côté  de  l'ogive ,  des  étoffes  ternies  près  des  dé- 
coupures dentelées  de  la  pierre  et  du  bois ,  et  des  crépines 
de  passementier  sur  les  antiques  moulures  des  plus  beaux 
tt  âes  laabrii  «n  temps  du  Style  romau  ou  ogival.  Ces  grosses  fautes  se  com- 


PEINTUEE  DES  ÉGLISES.  —  AMEUBLCMEIfT.  iH 

pliquent  encore  de  ces  lambris  de  sapin  ou  de  noyer  qu*on  boit  »«  u» 
aime  à  placarder  sur  les  murs  latéraux  d'un  sanctuaire  ou 
d'un  chœur  condamné  à  les  souffrir^  et  qu'on  croit  en  dédom- 
mager en  les  revêtant  de  deux  ou  trois  couches  de  faux 
bois  et  de  yemis  gras  !  Ce  serait  là ,  tout  au  plus ,  du  style 
de  salon  (et  de  quels  salons  !)  ;  à  la  rigueur,  une  église  peut 
s'en  passer,  et  le  prêtre  qui  la  compromet  ainsi  méconnaît 
son  propre  caractère  aussi  bien  que  celui  de  la  maison  de 
Dieu. 


CHAPITRE  XVII.  • 

DES  IMAGES  DE  DIEU  LE  PÈRE,  DU  SAUVEUR 
ET  DE  LA  SAINTE  VIERGE. 

Nous  esquisserons  ici  rapidement,  et  comme  dans  un 
résumé  des  données  fournies  par  le  moyen  âge ,  ce  qui 
regarde  les  types  consacrés  de  Dieu  le  Père ,  de  la  sainte 
Humanité  du  Fils ,  et  de  la  très-sainte  Vierge  dans  ses  for- 
mes diversifiées  par  l'art  chrétien.  C'est  ici  particulièrement 
qu'il  importe  de  rendre  dignement ,  et  conformément  aux 
traditions  d'un  passé  glorieux  ,  tous  les  sentiments  que  la 
religion  veut  imprimer  au  cœur  de  l'homme. 
Boas  quels  traits      Si  Ic  Pèrc  ct  Ic  Fils ,  cu  tant  que  réunis  au  Saint-Esprit 
iei«  "diiTcnt'^^^M  pour  former  l'auguste  Trinité,  reçoivent  le  plus  souvent  un 
pè*w  étemel ,  ^*  manteau  bleu  sur  une  robe  rouge  (ou  rouge  sur  bleue) , 

double  expression  de  l'autorité  et  de  l'amour  ;  si  en  pareil 
cas ,  comme  toujours ,  la  Colombe  sacrée  conserve  invaria- 
blement sa  couleur  blanche,  symbole  de  la  grâce  active,  des 
inspirations  du  bien  et  de  l'innocence  qu'elles  sauvegardent 
contre  les  attaques  du  mal ,  le  peintre  n'oubliera  pas  qu'en 
représentant  le  Père  seul  bénissant  le  monde  de  ses  bras 
étendus,  ou  le  tirant  du  chaos  par  un  terme  de  commande- 
ment plein  de  grandeur  et  de  majesté ,  ce  sera  le  même 
vêtement,  ample  et  solennellement  drapé,  qui  le  distinguera 
de  toute  autre  nature  que  la  sienne.  S'il  est  assis ,  confor- 
mément aux  types  adoptés  de  la  toute-puissance ,  du  repos 
éternel,  ou  de  son  caractère  de  juge,  il  tiendra  la  boule  du 
monde  partagée  en  deux  hémisphères  par  un  cercle  d'or 
horizontal ,  et  surmontée  de  la  croix  ;  ou  bien ,  planant  au 


du  Fils. 


IMAGES  DE  DIEU.— LE  PÈRE  ET  LE  FILS.  449 

miliea  de  nuages  qu'écarte  Féclat  de  sa  gloire ,  auréole  ra- 
dieuse due  à  sa  divinité,  cette  gloire,  au  lieu  de  n'être  qu'un 
cercle  elliptique  très-régulier,  comme  on  le  voit  toujours  au 
moyen  âge ,  pourra ,  à  partir  du  seizième  siècle ,  rayonner 
autour  de  Lui  en  flammes  rouges  ou  jaunes.  Sa  tète  auguste 
revêtira  aussi  des  caractères  qui  ne  conviendront  qu'à  Lui. 
Le  nimbe  crucifère,  soit  vide,  soit  entièrement  doré  pour 
faire  mieux  ressortir  la  face  divine;  une  barbe  blanche  et 
touffue,  attribut  ordinaire  de  la  vieillesse ,  et  ici  de  l'éter- 
nelle sagesse  du  Maître  suprême;  les  pieds  nus  s'ils  doivent 
être  apparents  :  tels  sont  les  caractères  de  noble  simplicité 
qu'on  lui  conserva  au  moyen  âge  et  à  la  Renaissance ,  mais 
avec  des  traits,  il  est  vrai,  moins  esthétiques  à  mesure 
qu'on  se  rapprochait  de  cette  dernière  période. 

Le  Fils ,  également  assis ,  varie  tellement  de  détails ,  tout  •*  J*  Personne 
en  conservant  quelques-uns  de  ceux  qu'il  doit  partager  avec 
le  Père  céleste,  qu'il  est  tout  d'abord  reconnaissable.  On  lui 
donne  souvent  le  nimbe  rouge  ou  blanc ,  timbré  de  la  croix 
verte ,  indice  de  la  régénération  morale  apportée  à  la  terre 
avec  la  loi  évangélique.  C'est  par  la  même  raison  que  si  des 
Anges  tiennent  à  côté  de  Lui  la  lance  de  Longin  et  la  croix 
de  la  Passion ,  celle-ci  aura  la  même  couleur,  comme  on  le 
voit  dans  un  livre  d'Heures  de  S.  Louis,  aussi  bien  que  la  cou- 
ronne d'épines  tenue  par  TAnge  parallèle.  Ceci  se  rattache 
plus  particulièrement  au  temps  liturgique  des  mystères  dou- 
loureux. Par  cela  même,  les  mains  étendues,  les  pieds  nus  et 
frappés  comme  elles  des  blessures  du  crucifiement ,  ne  lais- 
sent aucun  doute  sur  l'attribution  de  toute  l'image.  La  plaie 
du  côté  droit  apparaît  aussi ,  car  le  corps  reste  nu  sous  le 
péplum  bleu,  ou,  s'il  revêt  ime  robe  blanche  mélangée  de 
sang,  cette  robe  n'apparaît  que  très-peu  au-dessous  de  la  bles- 
sure du  sein,  et  dépasse  par  le  bas  la  bordure  du  manteau. 
Quelquefois  le  Christ  sera  prêtre  et  revêtira,  avec  sa  tunique 
bleue  et  son  manteau  de  pourpre,  l'étole,  insigne  du  sacer- 
doce. Alors  il  héfàrà  de  la  droite,  et  de  la  gauche  il  tiendra, 


i2ù  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

en  l'appuyant  sur  son  genou ,  le  livre  fermé  des  Ëvangiles^ 
qui,  en  pareil  cas,  pourrait  être  ouvert ,  car  ce  sacerdoce  est 
déjà  une  promulgation  de  la  bonne  nouvelle.  Quelquefois  la 
face  est  imberbe ,  surtout  du  huitième  au  dixième  siècle , 
ce  qui  le  distingue  très-naturellement  de  celle  de  la  pre- 
mière Personne  ;  ou,  si  elle  est  barbue,  c'est  toujours  avec 
assez  de  parcimonie  pour  que  cette  différence  persiste,  tout 
en  laissant,  par  ce  caractère  môme  à  Celui  qui  s'est  fait 
homme,  un  symbole  plus  distinctif  de  cette  Humanité.  Quoi- 
que, dès  les  premiers  siècles,  le  Sauveur  ait  une  barbe  peu 
épaisse ,  et  qu'on  dût  croire  que  c'était  là  un  type  à  conser- 
ver, vers  le  douzième  siècle ,  époque  de  transition  pour  l'art, 
on  commença  à  faire  une  barbe  longue  et  épaisse  dont  la 
coutume  dure  encore.  Au  reste,  on  donne  toujours  les  traits 
les  plus  gracieux  à  cette  figure  du  Fils ,  et  de  même  à  celle 
du  Père,  pendant  toute  la  période  du  treizième  siècle  et  des 
trois  suivants;  cela  tient  au  perfectionnement  du  dessin  qui 
a  déjà  séduit  les  artistes  et  leur  a  fait  perdre  les  idées  plus 
théologiques  des  onzième  et  douzième  siècles,  où  la  manière 
byzantine  donne  à  la  figure  plus  de  sérieux  et  de  sévère  gra- 
vité. Il  faudra  toujours  tenir  compte  de  ces  nuances  com- 
mandées par  les  âges  divers  de  Tart  religieux ,  les  unes 
devant  s'appliquer  aux  églises  ogivales ,  les  autres  à  celles 
de  l'époque  romano-byzantine  ou  carlovingienne. 
L'onit^  indis-  A  ce  sujct  uous  ne  craignons  pas  de  redire  ce  que  nous 
rappiicAtion  deê  avous  établi  déjà  plus  d'une  fois  peut-être ,  mais  qu'il  ne  faut 
tift^àustatuiarai  pas  se  lasser  de  répéter,  contre  lamaniee^tf  ft^ati, professée  par 
teotïïîî.     "^  '  les  ignorants  décorateurs  de  nos  malheureuses  églises,  et  par 

ceux  aussi  qui  violentent  trop  souvent  leurs  instincts  d'es- 
thétique ,  qu'ils  feraient  mieux  de  suivre  dans  leur  noble 
simplicité  :  le  beau,  c'est  la  règle  d'unité  qui  fait  donner  à 
un  édifice ,  à  un  ensemble  quelconque,  des  parures  de  son 
style ,  de  son  caractère  et  de  son  temps.  Les  palais  et  les 
églises  de  Gharlemagne  n'étaient  pas  ceux  de  S.  Louis  ou  de 
Charles  V  ;  le  Louvre  de  Louis  XII  n'est  pfis  les  Tuileries  de 


IMAGES  DU   8ACVEUR.  —  LA  CRUCmXION.  421 

Louis  XV ,  et  les  architectes  employés  aujourd'hui  pour 
chacun  de  ces  monuments  seraient  mal  venus  à  les  res- 
taurer à  la  moderne.  Ainsi ,  on  aura  toujours  le  droit  de 
honnir  un  peintre  qui ,  sous  prétexte  de  faire  mieux ,  s'in- 
géniera sottement  à  colloquer  ses  idées  froides  et  ses  bar- 
bouillages mesquins  vis-à-vis  ou  à  cdté  des  belles  inspira- 
tions de  l'art  chrétien  et  de  sa  philosophie  pleine  de  sens. 
Mais  la  crucifixion  n'appelle  pas  moins  ces  remarques  de     ^a  oradiirion  ; 

■^  *^  *^  ^  ion  histoire  et  tee 

la  plus  haute  importance.  Gomme  elle  s'est  reproduite  à  caractères  succès- 
travers  les  âges  sous  toutes  les  formes  de  l'art  par  la  pein- 
ture ,  Torfévrerie,  la  sculpture,  la  fonte,  l'émaillure  et  les 
verrières ,  le  plus  grand  nombre  de  ses  spécimens  nous 
sont  parvenus ,  et  ce  sont  sans  contredit  les  plus  nombreux 
que  les  artistes  catholiques  nous  aient  transmis.  Au  symbo- 
lisme de  l'objet  principal ,  de  la  Personne  adorable  du  divin 
Crucifié,  d'autres  symboles  s'y  sont  ajoutés  selon  l'ingé- 
nieuse pensée  des  ouvriers  guidés  par  une  foi  vive  et  éclai- 
rée; et  ce  serait  une  longue  et  intéressante  étude  pour  ceux 
de  notre  temps  que  de  bien  connaître  ces  modèles  si  variés  et 
d'en  comprendre  le  haut  et  multiple  caractère.  Le  chevalier 
Bard  en  ayant  fait  le  sujet  d'une  curieuse  dissertation  (4), 
aussi  bien  que  le  P.  Cahier  (2j,  nous  nous  contenterons  ici  de 
signaler  les  traits  principaux  qui  vont  à  notre  sujet,  et  d'ou- 
vrir ainsi  la  carrière  à  ceux  qui  doivent  se  préoccuper  de  la 
parcourir  avec  honneur.  Cependant  nous  emprunterons 
aussi  beaucoup  de  nos  détails  aux  savantes  recherches  faites 
sur  ce  point  par  un  antiquaire  du  Midi  dans  une  élégante  et 
très-docte  Histoire  du  Crucifix  (3) . 
Dans  les  catacombes,  le  Christ  était  souvent  dissimulé  onivritedansies 

catacombes. 

sous  des  traits  qm ,  tout  reconnaissables  qu'ils  fussent  aux 
fidèles,  devaient  cependant  tromper  les  païens  sous  les 

(1)  Dans  le  tome  X  da  Bulletin  monumenlal,  p.  130. 

(2)  !«'  vol.  des  Mélanges  d* archéologie  et  d'histoire,  p.  207  et  suiv. 

(3)  M.  Selves,  Mémoires  de  la  S'^nété  archéologiqve  du  midi  de  la 
France f  t.  V,  p.  341. 


422  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

fausses  apparences  de  leurs  fables  et  de  leurs  héros.  On  n'y 
voit  pas  une  seule  image  de  la  Croix  dans  le  cours  des  trois 
premiers  siècles.  Aussi,  tant  que  persistèrent  les  persécu- 
tions, et  encore  pendant  toute  la  durée  du  quatrième  siècle, 
quand  déjà  elles  avaient  cessé ,  si  le  signe  sacré  fut  moins 
l'objet  des  attaques  et  des  sarcasmes  de  la  foule ,  cependant 
on  n'osa  pas  représenter  autrement  que  par  la  Croix  toute 
simple  le  mystère  fondamental  de  la  Rédemption.  On  sem- 
blait craindre  encore  que  le  Sauveur  crucifié  ne  répugnât 
aux  instincts  grossiers  des  masses ,  scandalisées  par  Tidée 
d'un  supplice  dont  elles  méconnaissaient  la  gloire  et  les 
fruits.  Nous  devons  le  conclure  dé  ce  qu'on  le  vit  apparaître 
aussitôt  que  le  paganisme  eût  cédé  devant  les  nombreux 
adeptes  du  Christianisme.  Ces  premiers  progrès  de  la  reli- 
gion coïncident  dans  l'histoire  de  l'art  avec  les  premières 
représentations  du  Sauveur  en  croix.  Ce  que  le  gibet  divin 
avait  eu  d'honneurs  dans  les  homélies  des  Pères  et  dans 
l'estime  des  baptisés  s'augmenta  encore  de  l'image  divine, 
qu'on  ne  se  refusa  plus  d'y  attacher  ;  et  pendant  que  sur  les 
monnaies  romaines  le  nom  du  Christ  s'arborait  avec  le 
labarum  à  côté  des  allégories  de  la  Victoire ,  les  autels  se 
chargeaient  enfin  du  signe  le  plus  expressif  des  soufTrances 
de  l'Homme-Dieu. —  On  peut  donc  faire  remonter  au  cin- 
quième siècle  la  première  apparition  du  crucifix  propre- 
ment dit ,  c'est-à-dire  de  Yimage  de  Jésus  crucifié. 
varwtëi  à  ob-  Quoiqu'il  paraisse  bien  prouvé  par  les  Pères ,  suivis  par 
formes  du  |N<p/um.  Bcnoît  XIV  dans  son  Traité  des  fêtes  de  Notre-Seigneur 

JésuS'Christ ,  que  le  Sauveur  fut  crucifié  après  avoir  été 
dépouillé  entièrement  de  ses  habits  (4),  on  comprit  tout 

(1)  s.  Cyprien  trouTe  cette  nudité  absolue  symbolisée  d'avance 
par  Noé  :  «  Invenimus  circa  sacramentum  in Noê  hoc  idem  preBcnrrisse, 
et  figuram  DominicsB  Passionis  illuc  exstitisse  :  quod  vinum  bibit;  quod 
inebriatua  est  ;  quod  in  domo  sua  nudatus  est  ;  quod  fuit  recumbens 
nudis  et  patentibus  femoribus....  »  [Epist,  Lxni  ad  Cscilium,  ïnt; 
Taris  ,  i666,  p.  iOl.)—  S.  Athanase*  n'est  pas  moins  explicite  sur  ce  fait 
et  sur  le  symbolisme  qu'il  en  tire  :  «  Exuit  vestimeuta  ;  docebat  enim 


IMAGES  DU  SAUVEUR. —  LA  GRUCinXlON.  423 

de  suite,  par  un  sentiment  très-conforme  à  la  pudeur 
chrétienne,  qu'on  pouvait,  sans  rien  diminuer  des  souvenirs 
de  son  supplice ,  épargner  au  divin  Innocent  une  circon- 
stance qu'il  eût  volontiers  évitée  de  lui-môme.  On  le  revêtit 
donc  d'une  sorte  de  péplum  ou  chlamyde  qui  d'abord,  du 
dixième  au  douzième  siècle,  pourvue  de  manches  et  de 
plis  ondulés  ,  le  couvrit  jusqu'aux  pieds ,  puis ,  du  dou- 
zième au  quinzième,  perdit  ces  manches,  s'écourta  et  se 
raccourcit  de  façon  à  ne  le  couvrir  que  depuis  les  hanches 
jusqu'aux  genoux.  Les  spécimens  n'en  manquent  ni  dans 
nos  musées  ni  dans  les  livres  d'iconographie  chrétienne. 
Grégoire  de  Tours  indique  même ,  dès  le  sixième  siècle , 
comme  se  voyant  dans  la  cathédrale  de  Narbonne ,  un  cru- 
cifix qui ,  très-peu  couvert  d'abord ,  l'avait  été  davantage 
bientôt  après,  par  suite  d'une  révélation  faite  à  un  prêtre  (-1  ) . 
Au  huitième,  on  le  voit  ainsi  dans  une  miniature  du  Sacra- 
mentaire  de  Gellone  conservé  à  la  Bibliothèque  de  Paris.  Au 
neuvième ,  le  vêtement  est  complet,  du  cou  à  la  cheville, 
dans  un  évangéliaire  de  la  Bibliothèque  de  Bruxelles.  Ce  qui 
n'empêche  pas  que ,  dans  un  autre  manuscrit  de  la  même 
époque  (2),  on  ne  voit,  cachant  à  peine  le  milieu  du  corps, 

eam^  ciim  hominem  introduceret  in  paradisum,  tunicas  exiiere  quas 
accepit  Adam  cum  ex  paradiso  exturbaretar.  »  {De  Passione  et  Cruce; 
seriiioDum  t.  HI,  p.  98,  97.)  —  S.  Cyrille  de  Jérusalem^  S.  Ambroise, 
S.  Augustin  établissent  le  même  fait  et  en  tirent  des  conséquences 
morales  qu'on  peut  Toir  a^vec  leurs  textes  dans  Molanus,  HisL  sacr, 
imagin. ,  p.  418  et  suiv.  —  Voir  encore ,  à  l'appui  des  assertions 
que  nous  émettons  ici,  un  curieux  travail  Sur  la  représentation  la 
plus  ancienne  du  crucifiement^  par  M.  Ferdinand  Piper,  professeur  de 
théologie  à  Berlin  (Bullet,  vionum.,  XX VII,  p.  465). 

(1)  De  Gloria  martyrum,  ï,  cap.  xxiii.  —  «  Est  et  apud  Narbonensem 
orbem,  in  ecclesia  seniore...,  pictura  quœ  Dominum  nostrum  prœcinc- 
tam  linteo  indicat  crucifixum.  »  —  D.  Ruinard  attribue  à  ce  fait  l'ori- 
gine de  la  coutume,  adoptée  ensuite  généralement,  d'une  tunique  pour 
le  corps  crucifié  du  Sauveur.  (Cf.  Molan.,  ubi  suprà,) 

(2J  Bibliolh.  Richelieu,  n»  821.  — Ces  deux  exemplaires  du  môme 
temps  el  si  différents  l'un  de  l'autre  ne  prouvent  pas,  comme  on  pour- 
rait le  croire,  que  la  forme  donnée  alors  au  pylum  n'était  pas  arrêtée 
et  universellement  suivie  :  c'était  nue  sorte  d'ubréviation  iuvcnîée  par 


V2Â  HISTOIRE  DC  STHBOLISHB. 

qu*un  linge  fort  étroit ,  maïs  toujours  consacrant  le  prin- 
cipe. L'ampleur  de  cet  accessoire ,  jugé  si  longtemps  indis- 
pensable à  la  piété  respectueuse ,  ne  diminua  ensuite  qu'à 
répoque  où  Fart  cessa  d'être  chrétien,  et,  sous  prétexte  de 
renaissance,  remonta  ses  aspirations  jusqu'aux  athlètes 
d'Athènes  et  d'Olympie.  Cette  affreuse  manie  du  nu  qui 
envahit  l'atelier  de  l'artiste  au  profit  de  sa  vanité,  dès  que 
rarl  pour  fart  eut  déplacé  l'art  pour  Dieu ,  ne  s'arrêta  pas 
plus  devant  la  Croix  que  devant  l'auguste  personnalité  de  la 
Mère  du  Sauveur.  On  voulut  de  l'anatomie,  on  en  exagéra 
le  mérite  jusqu'à  le  préférer  au  surnaturel;  et  le  crucifix, 
qui  devint  un  sujet  d'admiration  pour  les  yeux,  cessa  bientôt 
de  parler  au  cœur,  pour  lequel  on  n'aurait  dû  jamais  en 
faire  qu'un  objet  d'adoration ,  de  foi  et  d'amour, 
cooieur  du  jm-  Nous  avous  dit  commcut  et  pourquoi  ce  péplum ,  que 
saoTear  enioHU.    nous-mémc  avous  fait  mettre  dans  ces  derniers  temps  aux 

crucifix  soit  sculptés ,  soit  peints  sur  toile  ou  sur  fresque , 
doit  être  violet,  de  préférence  à  toute  autre  couleur.  Ce  n'est 
pas  que,  selon  le  génie  inventif  de  chaque  peintre ,  s'il  est 
guidé  par  le  sentiment  esthétique ,  toujours  essentiel  en 
pareil  cas ,  on  ne  puisse  bien  exprimer  d'autres  pensées 
que  l'idée  générale  de  la  Passion,  en  donnant  à  cette  tunique 
des  teintes  variées  dont  le  symbolisme  n'est  pas  douteux.  A 
la  cathédrale  de  Poitiers,  ce  voile  mystérieux  est  bistre,  cou- 
leur du  deuil  et  de  la  pénitence  ;  il  est  doublé  de  jaune  et 
de  vert ,  ce  qui  exprime  un  mélange  heureusement  conçu 
de  la  gloire  divine,  demeurée  inaltérable  jusque  dans  les 
*  souffrances  du  Dieu  humilié,  et  la  régénération  spirituelle 
que  sa  mort  nous  procure  (4)  ;  mais  c'est  un  exemple  de 
plus  qu'en  suivant  l'esprit  scientifique  dans  ces  remar- 
ie peintre  pour  avoir  plus  tôt  fait,  et  déjà  peut-être  une  tendance  à  un 
amoindrlssenient  progressif. 

(1;  Voir  notre  Hist.  de  la  cathédrale  de  Poitiers,  I,  332,  où  nous 
avons  décrit  complètement  cette  belle  verrière ,  comme  toutes  les 
autres. 


IMAGES  DU   SAtVEUR.^LA   CRUCIFIXION.  VIT, 

quables  compositions,  l'art  du  moyen  âge  confirmait  les 
règles  mêmes  dont  il  aurait  paru  s*écarter. 

Il  importe  beaucoup  aussi  de  savoir  à  quoi  s'en  tenir  sur  Nombre  det 
le  nombre  des  clous  qui  attachèrent  le  Sauveur  à  la  croix.  *"*  ^  ^^ 
Quoique  Grégoire  de  Tours,  Durant,  Bellarmin,  Benoît  XIV 
et  plusieurs  autres  ne  soient  point  unanimes  sur  ce  point, 
de  nombreux  exemples,  procurés  par  de  savantes  recher- 
ches ,  prouvent  que ,  du  cinquième  siècle  au  quatorzième , 
on  s'en  tint  à  la  tradition  primitive ,  et  que  les  clous  furent 
employés  au  nombre  de  quatre.  On  le  voit  par  des  textes 
identiques  de  tous  les  Pères  qui  ont  touché  à  ce  sujet  dans 
leurs  homélies  ou  autres  ouvrages.  Les  historiens  sont  tout 
aussi  positifs  ;  les  liturgistes  surtout  l'ont  constaté  dans  les 
miniatures  des  manuscrits ,  et  nous  renvoyons  encore  aux 
preuves  qu'en  donne  Molanus  en  de  fidèles  reproductions 
de  ces  écrits  pleins  d'autorité  (i).  Ce  ne  fut  qu'à  la  fin  du 
treizième  siècle,  et  sous  les  auspices  de  Gimabué,  que  le 
système  des  trois  clous  vint  contredire  l'antique  usage,  et 
réunir  les  deux  pieds  en  les  superposant  et  les  fixant  par 
un  seul  clou.  C'était  une  idée  toute  personnelle  à  ce  gi'and 
artiste,  qui  avait  le  tort  d'abandonner,  par  un  caprice  que 
rien  n'autorisait  sinon  l'esprit  de  nouveauté ,  une  règle 
suivie  jusqu'à  lui  et  très-conforme  à  la  vérité  historique. 
N'est-ce  pas  une  preuve  de  plus  que  l'envie  de  se  faire  des 
difficultés  pour  le  plaisir  de  les  vaincre  peut  égarer  très- 
loin  du  vrai  et  du  beau  les  imitateurs  infidèles  aux  docu- 
ments des  ancêtres  ?  Mais  ces  difficultés  mêmes  ont  empêché 
un  tel  écart  de  se  reproduire  généralement  :  le  plus  grand 
nombre  des  crucifix  sculptés  en  marbre,  en  bois  ou  en 
ivoire,  depuis  le  génie  florentin  mort  en  43^0,  n'en  ont  pas 
moins  gardé  leurs  quatre  clous  ;  c'est  surtout  dans  les 
peintures  qu'on  les  a  réduits  à  trois,  parce  qu'en  suivant 
une  imaginsttion  séduite  par  le  charme  trompeur  d'une 

(1)  Molanus^  ubi  svprà,  p.  437.  —  Biiliet,  monum,,  X,  130  et  siiiv. 


426  HISTOIRE   hV   SYMBOLISME. 

innovation,  on  ne  trouvait  pas  plus  difficile  de  s'y  conformer. 
Il  n'en  est  pas  moins  vrai  que  Fart  devra  toujours  plus 
convenablement  rentrer,  pour  l'exécution  de  tels  ouvrages, 
dans  les  conditions  hiératiques  de  leurs  premiers  types.  On 
ne  peut  s'égarer  en  travaillant  un  si  auguste  sujet,  si  Ton 
s'impose  de  le  représenter  de  telle  sorte  que  les  quatre  clous 
rappellent  à  l'observateur  instruit,  au  fidèle  qui  prie, 
qu'Innocent  III  les  regardait  comme  un  symbole  des  quatre 
vertus  cardinales  pour  lesquelles  Jésus  avait  combattu  en 
se  livrant  à  la  mort  (-1).  Nous  sommes  loin  ici  du  sentiment 
de  Molanus,  qui  conclut  de  ses  recherches  à  laisser  libre  de 
choisir  l'une  ou  l'autre  manière.  Quand  on  a  pour  soi  toute 
l'antiquité,  comme  il  l'avoue,  on  fait  mieux,  sans  contredit, 
de  marcher  avec  elle  et  d'honorer  ses  religieuses  inspi- 
rations. 
Da  ntppêda-  Les  érudits  ont  discuté  si  le  Sauveur,  retenu  à  la  croix 
par  ses  quatre  clous,  n'avait  pas  eu  aussi  une  sorte  de  che- 
valet posé  à  mi-hauteur  du  corps,  et  sur  lequel,  étant 
comme  assis,  il  lui  fût  plus  possible  de  se  maintenir  sui* 
une  sorte  d'appui  indispensable.  On  comprend,  en  effet,  que 
le  poids  du  Corps,  portant  sur  les  pieds  et  les  mains,  devait, 
faute  de  cet  appui,  déchirer  les  chairs  et  détacher  violem- 
ment ce  môme  Corps.  Mais,  à  l'exception  de  M.  Selves,  qui 
regarde  cet  annexe  comme  un  soulagement  que  n'auraient 
pas  accordé  les  Juifs,  personne  ne  doute  qu'un  suppeda- 
neum  n'ait  été  placé  au-dessous  des  pieds  pour  supporter 
toute  la  masse  et  n'en  ait  singulièrement  diminué  la  pesan- 
teur. Il  importe  peu  au  sculpteur  ou  au  peintre  que  le 
chevalet  soit  historique  ou  non  :  il  ne  peut  figurer  dans  les 
images  de  la  crucifixion ,  ordinairement  vues  de  face.  Mais 
le  support  des  pieds,  qui  y  manque  rarement,  ne  doit  pas  être 
négligé,  quoiqu'on  s'en  soit  passé  plus  d'une  fois  au  moyen 


(1)  «  Quatuor  clayes  quatuor  sunt  cardinales  yirtutea  quibua  debemus 
nos  cum  Cbristo  cruci  affigere.  »  (  Serm.  de  uno  martyre.) 


IMAGES  DU  SALVEUR.— LA   CRUCIFIXION.  427 

ftg6,  OÙ  les  deux  clous  des  pieds  ont  suffi  assez  souvent  au 
ciseleur,  à  l'émailleur  et  au  verrier.  Ici,  comme  souvent 
ailleurs,  ce  sont  les  bons  exemples  qu*il  faut  suivre.  Le  sup- 
port aura  donc  son  rôle,  puisqu'il  rend  seul  vraisemblable 
cette  permanence  du  Corps  sacré  sur  la  Croix  pendant  trois 
longues  heures  d*agonie  (4).  La  couronne  d'épines  ne  peut 
être  omise,  non  plus  que  Tinscription  de  la  Croix.  Nous 
ajouterons  ici,  à  ce  que  nous  en  avons  dit  précédemment  (2), 
qu'on  les  a  peu  oubliées  avant  le  douzième  siècle,  et  qu'elles 
doivent  être  le  complément  obligé  de  tout  ce  qui  précède. 
Quant  à  la  forme  qu'on  donna  à  la  croix,  elle  varia  peu,     fordm  diT«nM 

d6  1a  croix. 

et  quoique  la  lettre  grecque  Tau  en  ait  été  le  symbole 
prophétique  dans  Ézéchiel  (3),  et  en  dépit  de  ce  qu'en  ont 
cru  quelques  savants  sans  en  donner  trop  de  preuves,  nous 
pensons  que  la  traverse  en  fut,  pour  celle  du  Sauveur,  sur- 
montée de  cette  partie  supérieure  qui  reçut  l'inscription. 
Les  images  anciennes ,  où  la  croix  conserve  cette  forme 
grecque  et  toute  symbolique,  ne  sont  qu'une  réminiscence 
de  ce  symbole,  depuis  longtemps  abandonné  parce  que 
pour  nous,  chrétiens,  le  mérite  est  bien  plus  dans  la  chose, 
dont  nous  ne  pouvons  séparer  aucun  de  ses  mystères ,  si 
connus  aujourd'hui,  que  dans  la  forme,  qui,  à  la  rigueur,  ne 
cesse  pas  d'être  la  même,  quoiqu'un  peu  plus  ou  moins  com- 
plète. Nous  admettrions  donc  en  des  verrières  du  treizième 
siècle,  où  le  Tau  est  encore  fréquent ,  l'introduction  de  ce 
genre  de  croix,  qu'on  voit  alors  surmontée  d'une  pointe  de 
fer  ou  de  bois,  supportant  le  titre  donné  par  Pilate  ;  mais,  dans 
les  œuvres  destinées  à  une  décoration  plus  moderne,  il  fau- 
drait suivre  les  habitudes  adoptées  partout  ailleurs.  Ajoutons 


(1)  Voir  le  Supplément  au  livre  IV,  cb.  iy^  de  Molanus ,  p.  424  et 

•  suiv. 

(2)  Voir  t.  n,  p.  86,  5^1  ;  UI,  517. 

(3)  « ...  Interficite  usque  ad  intemicionem.Omnem  autem  super  quem 
inyeneritis  Thau,  ne  occidatis.  »  {Ezech.,  i%.,  6.)  ^  Saint  Jérôme  dit  à 

!  cet  égard  :  «  Thau  EzechieU  memoratum^  crucis  Christi  symbolum.  » 

(M  /u  loc.) 


428  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

qu'aux  époques  hiératiques,  et  dans  les  verrières  surtout, 

on  a  peint  la  croix  en  rouge,  pour  symboliser  la  lumière  née 

de  la  rédemption  par  le  Sang  divin. 

sjmboium«  d«      On  n*oubliera  pas  surtout,  en  quelque  style  qu*on  veuille 

Corps  diffa  tor  u  rcudrc  la  crucifixion  du  Sauveur,  que  son  Corps  doit  y  être 

représenté  inclinant  un  peu  du  nord  au  sud  :  la  tète  elle- 
même,  posée  sur  Tépaule  droite,  se  rattache  à  Tidée  mysté- 
rieuse de  l'inclinaison  de  Taxe  des  églises,  qui  sont ,  nous 
l'avons  dit  (4),  une  représentation  du  Sauveur  en  croix. 
C'était  la  pensée  des  anciens  que  Jésus  crucifié  avait  tourné 
le  dos  à  Jérusalem  et  à  l'orient,  jetant  ses  regards  vers  l'oc- 
cident, où  sa  religion ,  méprisée  des  Juifs ,  allait  porter  la 
lumière.  Sa  main  droite,  comme  sa  tête,  se  portait  donc  vers 
le  nord ,  où  étaient  encore  plus  épaisses  les  ténèbres  de 
l'ignorance  et  plus  actif  l'empire  de  Satan.  Dès  le  cinquième 
siècle,  Sédulius  en  parlait  en  ce  sens  dans  son  Poème  pascal  ; 
au  huitième,  le  V.  Bède,  dans  son  Commentaire  de  S.  Luc, 
et  S.  Jean  Damascène ,  traitent  le  même  sujet.  Ces  graves 
autorités  suffiraient  pour  nous  constater  la  pensée  de  leur 
temps  et  nous  faire  tenir  respectueusement  à  de  si  intelli- 
cnusiftz  de  l'ârc  gentes  traditions.  C'est  pour  cela  que  le  crucifix  s'éleva,  dès 

triomphal  dei  é-    °  ri 

fUiM.  l'époque  primitive ,  sous  l'arcade  qui  sépare  le  chœur  du 

sanctuaire ,  nommée  de  là  arc  triomphal.  C'est  cette  croix 
qu'Orderic  Vital  mentionnait  dès  le  commencement  du 
douzième  siècle,  et  que  Durant  citait  au  treizième.  C'est  un 
malheur  que  la  sainte  image  ait  été  privée  tout  récem- 
ment, et  sous  un  faux  prétexte  de  perspective,  de  garder 
cette  place  toute  symbolique ,  car  elle  était  là,  dans  le  cœur 
de  l'église,  comme  le  fidèle  doit  y  être  toujours,  en  se 
rapprochant  le  plus  que  possible  de  son  Dieu  crucifié  (2). 

(1)  Voir  ci-dessua,  t.  l\\,  p.  171  et  suiv. 

(2)  Voir  Priricipes  d'archéologie  pratique ^J^jB^  M,  Ra;^mond  Bor- 


savan 

en  1851 

Us  églises  de  son  diocèse. 


IMAGES  DU  SAUVEUR.— LA   CRCCIFIXION.  V29 

On  s'est  arrêté  quelquefois  à  discuter  si  la  forme  extérieure      (tuai  tfi^  de 

^  bMuté  OU  d«  lai- 

du  Christ  était  celle  d'une  belle  nature  ou  d'une  laideur  sys-  deur  est  à  don- 

,       ,  ner  au  Cbritt  cru- 

tématique,  choisie  et  voulue  ainsi  par  lui-même,  conformé-  ciné. 
ment  à  ce  texte  dlsaïe  :  «  Il  n'a  plus  ni  beauté  ni  appa- 
rence (0-  » — l^s  antagonistes  de  cette  interprétation  la 
trouvent  fausse,  et  à  juste  raison.  Ils  lui  opposent  tout  aussi 
Tictorieusement  au  moins  le  texte  du  psaume  xliv,  qui 
l'exalte  comme  «  le  plus  beau  des  enfants  des  hommes  (2j.  » 
Il  n'était  pas  convenable,  en  clTet,  à  la  mission  du  Sauveur 
qu'il  y  eût  en  lui  rien  de  rebutant,  rien  qui  put  exciter  la 
répugnance  des  hommes,  et,  s'il  s'est  trouvé  dans  les  pre- 
miers temps  des  crucifix  dont  la  face,  autant  que  le  corps, 
offraient  des  traits  hideux  qu'on  peut  supporter  à  peine  de 
nos  jours,  il  faut  attribuer  cette  anomalie  k  Tinhabileté  des 
artistes.  Leur  expérience,  à  peine  ébauchée,  était  nulle, 
tâtonnait  encore,  et  ne  pouvait  faire,  à  l'époque  mérovin- 
gienne par  exemple ,  ce  que  firent  les  sculpteurs  ou  les 
miniaturistes  du  quinzième  siècle.  On  se  gardera  donc  de 
laisser  faire,  sous  tel  prétexte  que  ce  soit,  rien  qui  puisse 
diminuer  la  moindre  apparence  de  respect  pour  Celui  que 
nos  cœurs  doivent  adorer.  Et,  s'il  est  bien  entendu  que  nous 
ne  comprenons  pas  dans  cette  laideur  réprouvable  les  spé- 
cimens romans  que  les  dixième  et  onzième  siècles  nous  ont 
laissés ,  avec  quelques  fautes  de  dessin ,  non  pas  de  parti 
pris,  mais  parce  qu'ils  étaient  du  style  de  l'époque,  il  est 
également  bien  compris  que  la  laideur  proprement  dite  né 
pourra  jamais  convenir  à  Celui  dont  l'amabilité  divine  doit 
ayant  tout  se  manifester  à  nos  regards. 
A  côté  du  Christ  en  croix,  on  a  placé  de  tout  temps  sa      vÉgiiM  «t  la 

Bjnoi^Ofue     am 

sainte  Mère,  à  droite,  comme  k  une  place  d'honneur;  et  à  o6t&  d«ia  orou. 
gauche  S.  Jean  TÉvangéliste ,  ou  le  Théologien ,  comme 
disent  les  Grecs.  On  sait  que  ce  fut  l'occasion  d'une  des 


(1)  «  Non  est  species  El  neque  décor,  d  (U.  ,  lui  ,  2.) 

(2)  «  Speciosu9  forma  prs  ftlii»  hominum.  » 

T.  IV. 


'-"'  I  g  ^u  iifluïeur  ciipiraut.  Mais  là  était 

^/us  """■''*"^JJJ^1^,_  que  souvent  on  a  exprimé  par  la  pré- 
,-»<•<>/¥  uu^«'^  c(^u,oiinée  et  recelant  dans  un  calice  le 
S^i'Z" divin  épanché  du  cœar  de  Jésus;  paraUèlement ,  la 
Svnagogue,  aveuglée  par  un  bandeau ,  se  tient  debout  et 
lai  ■  e  tomber  de  ses  mains  la  hampe  brisée  d'une  bannière, 
(lui  devieiif  ainsi 'esigiie  de  sa  puissance  éclipsée.  Là  encore, 
on  ddvine  la  naissance  de  la  ramillc  nouvelle  dans  le  Sauff 
adorable,  et  l'abandon  de  ce  peuple  prcniier-né  qui  l'a 
méconnu  et  rejeté. 
,„,»■!.         Le  sei-pent  infernal,  vaincu  dans  ses  attaques  et  ses 
aspirations  contre  le  pouple  raclieté,  rampe  ordinairement 
au  pied  de  la  Croix,  relevant  en  efforts  superflus  sa  tête 
„  jaiBott.  impuissante.  Tant  d'allégories  sont  des  plus  vénérables,  et 
ne  sont  pas  plus  à  dédaigner  par  l'artiste  que  la  léte  de 
mort  qui,  tout  en  gardant  son  caractère  historique,  s'il  est 
vrai  qu'elle  fût  celle  d'Adam  et  que  le  Calvaire  en  eût  pris 
son  nom,  n'est  pas  moins  aussi  le  souvenir  symbolique  de 
co  trépas  imposé  dans  le  Paradis  leiTcstre  aux  premiers 
coupables,  pardonnes  aujourd'hui  et  vainqueurs  de  la  mort 
avec  Jésus-Christ. 
k  sbidu      Nous  arrivons  enlin  à  la  Mère  du  Sauveur,  et  ce  nous  est 
"!ci"b  une  consolation  cl  un  doux  repos,  au  milieu  des  arduilés 
de  noire  travail,  de  dire  aux  artistes  comment  ils  pourront 
honorer  sou  nom  autant  que  nous  voudrions  leur  voir 
mériter  son  sufTrage.  Que  ne  font-ils  comme  ce  bienheu- 
reux Ange  de  Fiésolo,  qui  ne  peignait  jamais  qu'à  genoux 
ces  douces  et  sereines  figures  du  Sauveur,  de  la  Vierge  et 
des  Saints,  dans  l'àmc  desquels  se  reflétait  son  Ame  suave 
cl  candide.'...  Mais  entions  dans  noire  matière, et  disons- 
leur  an  moins  comment  il  faut  que  la  Créature  Immaculée 
réponde  par  ses  images  à  la  sainte  dignité  de  ses  vertus, 
^ntiriw-      Si  l'on  se  rappelle  tous  les  types  consacrés  dans  les 
1.0^ af  iK  Écrit»resàpré(igurerlaFiUedesroisdeJuda,ons'étonnera 
que  de  si  gracieuses  images  n*aient  pas  toujours  inspiré 


JL' 


STATUAIRE  SCULPTÉE  OU   PEINTE. —  LA   SAINTE  VIERGE.  434 

ceux  qui  osèrent  tenter  de  représenter  sa  personne  vénérée. 
Presque  toujours  ces  ouvriers  de  hasard ,  opérant  sans 
vocation  et  faisant  une  Vierge  comme  ils  eussent  fait  toute 
autre  chose,  se  sont  lancés  dans  cette  difficile  tâche  sans  en 
avoir  médité  les  premiers  éléments.  Ce  n'était  pas  faute , 
encore  un  coup  ,  d'avoir,  dans  nos  vieux  manuscrits ,  aux 
façades  de  nos  plus  belles  églises  et  dans  leurs  resplendis- 
sants vitraux,  de  quoi  la  comprendre  avec  toutes  ses  beautés 
esthétiques.  Mais  que  parlons-nous  d'esthétique  à  des  sa- 
vants qui  ne  lisent  pas ,  à  des  doctes  qui  n'estiment  plus 
avoir  besoin  de  s'instruire ,  et  qui  ne  croient  qu'au  mérite 
de  leurs  propres  inventions?  Et  cependant  quelle  gloire 
pleine  de  modestie,  quelle  aimable  douceur  dans  cette 
Femme  bénie  entre  toutes  !  quelle  mystique  beauté,  quelle 
surabondance  d'idées  et  quelle  source  inépuisable  pour 
Tari  dans  cette  vie  qui  fut,  pour  ainsi  dire ,  avec  celle  de 
son  Fils,  toute  l'étude  des  âges  chrétiens  ! 

Le  culte  de  Marie  a  commencé  avec  celui  de  Jésus- 
Christ  :  comment  peindre  aux  murs  des  catacombes  les 
principaux  traits  de  la  vie  du  Fils  sans  y  mêler  celle  de  la 
Mère  ?  On  l'y  trouvait  à  chaque  pas ,  et  toujours  avec  le 
divin  Enfant.  Une  fois  ,  entre  autres  ,  Elle  le  tient  sur  ses 
genoux  ;  derrière  Elle  un  personnage  déroule  un  phylac- 
tère :  c'est  Balaam,  que  surmonte  une  étoile,  souvenir  de 
celle  prédite  par  le  Prophète  des  Gentils  (4).  La  jeune  Mère  vierge  Mèw», 
n'y  a  pas  de  voile,  cet  ornement  ne  se  prenant  alors  par  les 
femmes  qu'à  l'époque  de  leur  mariage,  comme  symbole  de 
la  vie  retirée  qui  convenait  seule  désormais  à  leurs  occu- 
pations d'intérieur.  Par  cela  même ,  l'absence  de  ce  voile 
dans  l'image  de  Marie  est  un  signe  de  sa  virginité  :  ce  ne 
fut  que  plus  tard  que  les  vierges,  s'étant  fait  un  état  à  part 
dans  la  société  chrétienne,  prirent  cette  parure,  qui  leur 
venait  de  l'Orient  et  leur  demeura  spéciale.  On  connaît  le 


Marie  aux  cata- 
combes : 


(4)  a  Orielur  Stella  ex  Jacob.  »  (A^m»i.,  xxiv,  H.) 


i'd'À  HISTOIRE   hV   SYMBOLISME. 

livre  de  Tertullien  (4),  où  le  célèbre  auteur,  mort  en  245, 
plaide  pour  une  coutume  qui  n^ètait  pas  encore  générale- 
ment adoptée  ;  cette  date  prouverait  d'ailleure  que  la  pein- 
ture dont  nous  parlons  est  au  moins  de  la  première  moitié 
du  troisième  siècle, 
•cotteiiunt    )w       j)ang  les  catacombcs,  c'était  surtout  Tadoration  des  Mages 

qui  revenait  souvent ,  comme  ne  laissant  rien  paraître 
qu'un  sujet  purement  historique  et  mystérieux  aux  regards 
des  profanes  ou  des  indiscrets.  S.  Luc,  peintre,  qui  le  pre- 
mier avait  laissé  une  fidèle  copie  des  traits  augustes  de  la 
Vierge-Mère,  y  aurait  vu  de  nombreuses  reproductions  de 
son  précieux  tableau  :  il  y  aurait  admiré  l'histoire  de 
Marie ,  développée  en  quelques-uns  de  ses  traits  les  plus 
symboliques,  notamment  lorsqu'à  côté  d'Adam  et  d*Ève 
elle  se  tient  sur  le  môme  plan  que  le  Sauveur  guérissant  le 
paralytique  ou  l'aveugle  de  Jéricho,  et  participant  ainsi  aux 
prémices  de  la  grande  régénération  humaine.  Quelque  peu 
-  d'authenticité  qu'on  accorde  généralement  aux  portraits  du 
Sauveur,  dont  naguère  encore  on  croyait  avoir  retrouvé  le 
on   ftMocMe  aa  profil  SUT  Ics  rcstcs  d'uu  bustc  dc  terre  cuite,  il  est  certain 

buste  du  Chrl«t.        *^  .,.11 

aussi,  d'après  les  traditions  les  plus  respectées,  d'après  les 
images  mêmes  des  catacombes,  que  les  traits  majestueux 
du  Sauveur,  au  nimbe  croisé,  étaient  représentés  avec  une 
rare  perfection  au  cimetière  de  Saint-Pontien.  Il  ne  l'est 
pas  moins  qu'à  côté  de  la  Mère  les  parois  obscures  des  pieux 
souterrains  ont  gardé  longtemps  des  fresques  représentant 
le  buste  du  Fils.  Cette  figure  céleste  était  gravée  aussi  sur 
des  anneaux,  comme  on  le  voit  dans  Aringhi,  où,  par  un 
souvenir  symbolique  de  la  première  femme  dont  Marie  est 
venue  réparer  la  chute,  elle  oflre  à  l'Enfant-Dieu,  reposant 
sur  son  bras,  une  pomme,  que  des  peintres  mal  avisés  ont 
changée  dans  la  suite  en  un  globe  terrestre  (2).  Tout  cela 

(1)  De  velandis  Virginibus,  inter  opp.  1. 1. 

,2)  \ OIT  Rom.  subler.,  I,  330  et  427  ;  et  U,  478.  -  Cette  pomme  serait 
très-reconnâissable  aui  appendiceB  que  lui  donnèrent  soigneusement 


STATUAIRE  SCULPTÉE  OU  PEINTE. —  LA  SAINTE  VIERGE.   433 

s'est  parfaitement  élucidé,  de  nos  jours,  par  les  travaux  du 
docte  chevalier  de  Rossi ,  qui  s'est  efforcé ,  avec  la  science 
d'investigation  et  la  rare  sagacité  dont  il  est  doué,  d*assi* 
gner  des  dates  à  toutes  les  images  de  Marie  peintes  et  re- 
trouvées par  lui  dans  les  cimetières  de  Galixte  et  de  Pris- 
cillaM). 

Ce  besoin  de  reproduire  aux  yeux  des  fidèles  une  image  .^^jJ'^J"*"*" 
si  justement  aimée  étendit  bientôt  le  champ  de  son  icono-  ««onor^pwe. 
graphie;  et  tous  les  mystères  divins  auxquels  Marie  eut  une 
si  grande  part,  tous  les  actes  de  sa  vie  unie  à  celle  du  Sau- 
veur, ne  manquèrent  pas,  soit  sous  les  auspices  des  empe- 
reurs de  Gonstantinople,  soit  par  les  inspirations  des  Sou- 
verains Pontifes  demeurés  à  Rome,  de  faire  à  l'art  chrétien 
un  domaine  plus  vaste  que  jamais.  De  ces  nombreux  essais 
naquit  Thabileté,  qui  ne  se  fit  pas  attendre,  avec  laquelle 
furent  représentées  tant  de  scènes  où  la  Vierge  eut  le  prin- 
cipal rôle,  et  dans  lesquelles  on  vit  progresser  jusqu'au  fini 
du  plus  bel  idéal  tout  ce  qu'avait  de  calme ,  de  pur  et  de 
naïf  cette  vie  surnaturelle  toute  parsemée  de  la  plus  haute 
esthétique  et  de  la  plus  gracieuse  poésie.  C'est,  déjà  inspiré 
par  ces  précieux  préliminaires,  que  le  douzième  siècle  vit 
s'augmenter  le  cuite  fervent  de  Marie  en  proportion  que 

les  premierâ  peintres  chrétiens^  car  ils  ne  la  privèreut  jamais  de  son 
pédicule  et  même  d'ane  feuille  de  l'arbre,  qui  y  attenait.  Trop  souvent, 
au  contraire,  nos  artistes  modernes,  pour  qui  l'idée  symbolique  était 
lettre  morte,  reproduisirent  le  fruit  sans  le  comprendre  et  en  firent  une 
Bimple  boule.  Rncore  pouvait-on  la  regarder  rigoureusement  comme  le 
symbole  du  monde,  livré,  dès  la  naissance  du  divin  Enfant,  à  sa  puis- 
sance et  à  sa  direction  :  Postula  a  me,  et  dabo  tibi  génies  hsfreditatem 
iuam  (Ps.,  II,  8).  —  On  voit,  d'ailleurs,  que  le  rôle  de  Marie  est  ici  tou- 
jours associé  à  celui  du  Sauveur  pour  l'œuvre  du  salut  du  monde.—  Les 
Pores  ont  magnifiquement  développé  ce  symbolisme  dans  ce  qu'ils  ont 
appelé  l'antithèse  d'Eve  et  de  Marie.  (Voir  surtout  S.  Augustin,  M 
psalm.  XL:  Serni.  ci  de  iempore,  et  dans  son  livre  De  Symiolo  ad 
catechum,;  —  S.  Jean  Chrysostome,  De  inlerdicta  Arbore,  —  et 
S.  Arabroise,  Comm.  in  Luc,,  lib.  lY,  cap.  iv.) 

(1)  \oir  Images  delà  Bienheureuse  Vierge,  tirées  des  catacombes, 
et  iltustréfs  par  le  chevalier* J .- B .  de  Rossi,  in-4»,  Romœ;  —  et  Rrrit*^ 
de  fart  rhr^li^n,  IX,  309  et  suiv. 


ret. 


434  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

les  expéditions  transmaritimes  procurèrent  aux  Croisés  la 
vue  et  Tamour  des  saints  lieux  où  ses  souvenirs,  son  action 
vitale ,  sa  coopération  rédemptive  devenaient  inséparables 
de  la  pensée  et  des  souvenirs  de  Jésus-Christ.  Au  retour  du 
voyage,  on  ne  manqua  point  d'en  consacrer  la  mémoire  par 
l'érection  de  nombreuses  églises  :  un  grand  nombre  d'entre 
elles  prirent  le  vocable  de  Notre-Dame  ;  beaucoup  déjà  con- 
struites durent  à  la  possession  de  quelques  reliques  de  la 
Vierge  de  remplacer  par  ce  nom  leurs  vocables  anté- 
rieurs (4). 
Le» viêrget noi-      C'cst  aussi  dc  là,  très-probablcmcnt ,  que  nous  vinrent 
les  Vierges  noires^  conservées  encore  à  Chartres,  à  Beaune, 
à  Dijon,  à  Verdelais ,  etc.,  qui  nous  semblent  toutes  origi- 
naires de  l'Orient ,  aucun  exemple ,  paratt-il ,  n'en  pou- 
vant être  indiqué  avant  le  douzième  siècle.  —  Des  auteurs, 
qui  préfèrent  les  faux  systèmes  du  naturalisme  aux  prin- 
cipes les  plus  autorisés  de  l'esthétique  chrétienne,  ont 
attribué  la  couleur  de  ces  statues  à  celle  du  bois  dont  on 
les  avait  faites  :  donc,  à  les  en  croire,  on  aurait  osé  choisir  pré- 
cisément ce  bois  d'une  couleur  tout  opposée  aux  idées  qui 
se  rattachent  le  plus  ordinairement  à  celles  dont  s'entoure 
l'auguste  type,  sans  s'être  inspiré  d'une  raison  mystique  à 
l'appui  de  ce  choix... — Non  :  la  vraie  raison  est  que,  le  noir 
étant  regardé  comme  une  initiation,  par  la  mort,  aux 
choses  de  la  vie  éternelle ,  on  a  cru  pouvoir  donner  ce  sym- 
bolisme aux  images  de  Celle  qui  nous  a  réellement,  par  sa 
maternité  divine,  initiés  au  bonheur  de  la  rédemption. 
L'origine  byzantine  de  ces  vierges  mystérieuses,  dont  la 
pose,  toujours  assise,   indique  sûrement  la  provenance 
primitive,  sinon  une  imitalion  raisoimée ,  corrobore  d'au- 
tant mieux  cette  opinion  ,  pour  laquelle  on  peut  d'ailleurs 
se  reporter  à  ce  que  nous  avons  dit  dans  le  chapitre  xn  de 
notre  première  partie  (2).  N'oublions  pas  surtout  que  ce  qui 

(t)  Voir  BuUel.  vwnwn.,  XIV,  140,  142*  XVin,  379,  381. 
(2)  T.  I,  p.  301,  et  H,  123. 


STATUAIRE  SCULPTÉE  OU  PEINTE.— LA  SAINTE  VIERGE.   435 

a  contribué  à  faire  perdre  la  trace  de  ces  idées ,  bien  con- 
nues de  tous  au  moyen  âge ,  c'est  le  soin  qu'on  crut  devoir 
prendre ,  vers  le  quinzième  et  le  seizième  siècle,  de  revêtir 
d'étoffes,  comme  nous  leur  en  voyons  encore  aujourd'iiui, 
ces  statues  qu'on  trouvait  avoir  trop  vieilli,  et  qui,  quoi- 
que assises ,  et  portant  par  ce  caractère  môme  la  preuve 
de  leur  origine  grecque ,  parurent  droites  et  debout  dès 
qu'on  les  eut  affublées  d'un  vêtement  qui  n'en  laisse  plus 
voir  que  la  tète  ;  mais  le  mystère  devient  explicable  et  se 
fait  parfaitement  accepter  dès  qu'on  en  cherche  le  motif 
dans  une  connaissance  plus  approfondie  des  traditions 
chrétiennes  du  moyen  âge  (4). 

Ainsi  fut  accomplie  à  la  gloire  de  Marie  l'union  de  la      ^*>?.^'*;"«.  •■- 

■  ^  sendelles  des  Imft- 

vérité  dogmatique,  des  données  légendaires  et  du  symbo-  8r«  *•  "«*•; 
lisme  oriental  :  ensemble  charmant,  sans  lequel  on  pourra 
bien  nous  composer  des  Vierges  à  tout  prix  ,  meul)les  des 
salons  annuels  ou  de  quelques  pauvres  églises  de  campagne 
(où  encore  elles  seront  toujours  de  trop),  mais  qui  ne  seront 
jamais  que  des  toiles  ou  des  plastiques  inertes  destinés  aux 
rebuts  du  sentiment  religieux. —  Aspirons  donc  à  la  vraie 
peinture  chrétienne  pour  cette  Femme  supérieure  à  toutes 
les  femmes.  Qu'en  soumettant  ses  formes  générales  aux  exi- 
gences du  monument  qu'elle  doit  parer,  la  beauté  mys- 
tique ne  lui  manque  jamais ,  et  la  fasse  distinguer  tout 
d'abord  de  la  foule  des  autres  Saintes,  toujours  moins  éle- 
vées dans  l'estime  des  hommes  comme  âans  le  culte  de 
nos  cœurs.  La  mère  d'un  Dieu  ne  devrait  pas  avoir  de 
rivale.  Pour  fa  sculpter  ou  la  peindre ,  il  faut  la  croire 
supérieure  de  toute  l'éminence  de  ses  glorieux  privilèges 
à  tout  ce  qui  peut  tomber  de  plus  parfait  et  de  plus  digne 
de  la  brosse  du  peintre  ou  du  ciseau  du  sculpteur. 
Ce  goût  intime  de  ses  célestes  vertus  a  si  bien  dominé  comment  eiiM  ont 

M.       A.       \  1     •  1  A  .été     gardéw    «a 

toutes  les  œuvres  que  lui  consacra  le  moyen  âge,  que,  jusque  mojon  âge. 

(1)  Cf.  Bulîet.monum.,  XX,  120. 


436  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME* 

dans  ses  périodes  les  moins  artistiques ,  lorsque  la  forme 
péchait  encore  par  les  imperfections  des  lignes  ou  des 
contours ,  disons  même  par  la  grossièreté  du  dessin ,  on 
lui  trouve  toujours  des  caractères  sacrés  qui  ne  convien- 
nent qu'à  Elle  et  lui  impriment  une  élévation  morale  au- 
dessus  de  tout  ce  qui  l'entoure.  Voyez<la  trônant  au  trumeau 
duporlail  qui  porte  son  nom  à  la  cathédrale  d'Amiens,  prési- 
dant à  l'action  simultanée  des  personnages  bibliques  dont 
Elle  s'entoure,  aux  scènes  dont  sa  sainte  histoire  est  l'objet  : 
les  rois -ses  ancêtres  sortant  de  la  tige  de  Jessé ,  les  Mages, 
les  figures  bibliques  qui  la  révélèrent  à  l'avenir,  les  Anges, 
les  Prophètes,  tout  est  là,  et  seule  avec  la  grâce  de  sa  pose, 
le  svelte  de  sa  taille ,  la  douce  piété  de  se.s  traits  chastes, 
sereins  et  majestueux.  Elle  semble  la  reine  de  ce  peuple 
de  personnages  illustres.  —  A  Bazas,  où,  la  tradition  établit 
que  S.  Martial  fonda,  dès  le  premier  siècle,  une  église  en 
son  honneur  (4),  le  portail  de  la  Vierge  représente  sa 
dormition,  puis  son  assistance  au  dernier  jugement,  assise 
sur  le  même  trône  que  son  Fils  devenu  juge  suprême  ;  — à 
la  cathédrale  d'Évreux ,  son  couronnement  orne  une  des 
resplendissantes  verrières  du  midi  :  et  partout,  en  ces  belles 
compositions ,  respirent  les  qualités  les  plus  suaves  que  le 
treizième  siècle  fut  si  ingénieux  à  leur  donner.  N'allons 
pas  chercher*  ailleurs  de  quoi  parer  nos  temples.  Voilà 
quels  modèles  il  faut  suivre  ;  ils  abondent  de  toutes  parts. 
Dei  inarende      Notre  époQuc  ,*à  laquelle  fut  donné  de  voir  réaliser,  par 

rimmaeiiKe  Con-  r    t        »  -a  »    r 

eoption.  un  immortel  Pontife ,  les  espérances  formulées  depuis  tant 

de  siècles  sur  le  dogme  de  l'Immaculée  Conception ,  a  vu 
naître  avec  la  proclamation  de  cette  vérité  de  foi  un  besoin 
nouveau  pour  l'iconographie  sacrée.  Il  s'agissait  de  sym- 
boliser soit  d'abord  la  pieuse  croyance ,  soit  ensuite  l'ar- 
ticle de  foi  devenu  inséparable  de  la  Sainte  Vierge.  Disons- 
le  :  on  a  d'abord  peu  réussi ,  et ,  en  croyant  se  créer  une 

(1)  Voir  Bullel.  monuni.,  XII,  64J,  664,678. 


STATUAIRE.— l'immaculée  CONCEPTION.  437 

heureuse  innovation,  on  n*est  parvenu  qu*à  une  assez  froide 
représentation  de  femme  plus  ou  moins  convenable ,  éten- 
dant les  mains ,  comme  sur  la  médaille  dite  miraculeuse  (4  ) , 
ou  les  croisant  sur  la  poitrine  dans  l'attitude  de  Textase 
ou  du  recueillement.  Heureusement,  sous  cette  dernière , 
le  serpent  écrasé  se  replie  et  meurt ,  ce  qui  indique  une 
des  idées  que  doit  révéler  la  Conception  sans  tache  dans  la 
Femme  qui  ne  devait  triompher  de  Satan  qu'à  la  seule  et 
indispensable  condition  de  n'avoir  jamais  cédé  à  son  in- 
Quence.  Mais  il  manquait  encore  à  ces  traits  un  complé- 
ment obligée  :  pourquoi  privait-on  l'auguste  Mère  de  ce  Fils  ^  »•  SpJw 
qui  est  toute  sa  gloire  et  la  raison  première  de  son  bon-  i*^»'*»*™^. 
heur  aux  yeux  de  toutes  les  nations  ?  C'était  bien  mal  com- 
prendre ce  Mystère ,  puisque ,  pour  le  bien  exprimer ,  on 
ne  devait  rien  ajouter  à  l'iconographie  observée  jusque-là, 
mais  aussi  n'en  fallait-il  rien  retrancher  :  car  toujours , 
depuis  les  premières  apparitions  de  cette  image  quasi-dir- 
vine,  on  l'avait  vue  tenant  entre  ses  bras  ou  sur  ses  genoux 
le  Fils  éternel  qui  était  devenu  le  sien.  Cette  tradition 
s'était  continuée  à  travers  les  siècles  (2).  Nous  en  avons  un 

(1)  On  saitqae  la  médaille  ainsi  nomaiée,  quelque  respectable  qu'élit 
&oit,  et  avec  rai^on^  aux  âmes  pieuses,  n'a  jamais  été  approuvée  par  le 
Saint-Siège^  faute  de  documents  assez  précis  pour  en  autoriser  l'ori- 
gine. Ce  n'est  donc  qu'une  pieuse  dévotion  laissée  à  la  liberté  de  chacun, 
mais  à  laquelle  l'Église  n'a  attaché  aucune  faveur. 

(2)  Voir  notre  dii^sertation  sur  l'iconographie  de  l'Immaculée  Con- 
ception, Revue  de  Vart  chrélien,  l,  148,  —  puis  celle  de  M. le  chanoine 
PeUetier,  ibid.,  p.  314.  —  Ce  que  nous  écrivions  le  premier  sur  cette 
importante  question  ressemblait  peu  à  ce  qu'en  écrivit  peu  après  feu 
5^gr  Malun,  alors  évêque  de  Bruges.  Le  pieux  prélat  examinait  la  chose 
au  point  de  vue  de  1  orthodoxie ,  qui  doit  primer  tout  le  reste,  il  est 
▼rai  ;  mais  le  côté  esthétiqne  aurait  bien  pu  s'y  allier  sans  aucun  dan- 
ger pour  la  foi  et  au  véritable  profit  de  l'art  chrétien.  C'est  ce  que  com- 
prit trôs-bien  notre  docte  ami,  M.  le  chanoine  Pelletier ,  qui  crut  de- 
voir prendre,  dans  cette  même  Revtie,  la  défense  de  notre  opinion.  Ce 
qu'il  y  aurait  de  plus  malheureux  dans  le  système  de  Mgr  Malun,  c'est 
que  son  autorité ,  comme  ôvéque,  eût  persuadé  à  quelques-uns  dans 
son  diocèse  d'essayer  la  réalisation  de  ses  idées,  abandonnées  aujour- 
d'huiy  et  qui  n'ont  jamais  eu  beaucoup  de  succès. 


438  HISTOIHB  DU  SYMBOLISME. 

spécimen  remarquable  en  Italie,  dans  la  grotte  même  où,  au 
sixième,aYait  prié  S.  Benoit.  Le  onzième  a  laissé  là  une  fres- 
que où  «  la  Sainte  Vierge,  assise,  pieds  chaussés,  nimbe  uni 
»  autour  de  la  tête ,  vêtue  d'une  robe  bleue  et  voilée  de 
)>  rouge ,  tient  dans  une  auréole  bleuâtre ,  sur  son  giron, 
»  et  debout ,  TËnfant-Jésus  qui  bénit.  L'Enfant-Dieu  a  un 
»  air  sévère,  âgé;  les  croisillons  de  son  nimbe  sont  droits  ; 
»  il  a  des  sandales  aux  pieds  et  un  manteau  par-dessus  sa 
»  tunique  (4j.  » 

Nous  savons  bien  que  naguère  la  statue  élevée  à  Rome 
sur  la  colonne  de  la  place  d'Espagne ,  par  les  ordres  de 
l'auguste  Pie  IX ,  et  en  mémoire  de  la  proclamation  du 
dogme ,  nous  a  donné  un  type  aussi  vide  que  possible  des 
attributs  que  nous  réclamons  ici  ;  mais  c'est  un  fait  de 
plus  qui  prouve ,  pour  quiconque  l'observe ,  combien  on 
a  besoin  de  modifier  dans  le  sens  le  plus  symbolique  une 
image  qui ,  sans  lui ,  ne  dit  pas  assez  par  elle  seule. 
Àatrmtndtsqni  Lcs  plus  bcUcs  époqucs  du  moycu  âge  furent  celles  où  , 
oeMairement    le  à  partir  du  douziômc  sièclc  surtout ,  le  culte  de  Marie 

dogme  si  glorieux 

k  Marie.  devint  plus  universel  ;  dès  lors,  on  lui  multiplia  les  attributs, 

et  rien  ne  fut  omis  pour  exprimer  plus  complètement  dans 
ses  images  tout  ce  que  les  Livres  saints  nous  en  révèlent, 

(1)  Voir  M.  le  chaDoine  Barbier  de  Monlault  dans  les  Annal,  anhio- 
log.,  XIX,  238.—  Ici  encore  nous  trouvons  les  mauvaises  raisons  données 
par  Tâbbé  Pascal^  contre  Didron  et  la  tradition  universelle ,  dans  le 
Journal  des  villes  el  des  campagnes  du  24  février  1857.  — M.  Pascal 
soutenait,  d'après  ses  instincts  particuliers  et  quelques  textes  bibliques, 
lus  par  lui  sans  aucun  égard  aux  commentaires  des  Pères  et  des  Doc- 
teurs ,  que  rien  n'autorisait  à  donner  ou  à  refuser  les  pieds  nus  à  tels 
ou  tels  personnages  de  l'iconograpbie  cbrétienue.  Ce  livre  n'a  donc  pas 
été  fait  avec  la  science  qu'il  lui  fallait,  mais  avec  des  conjectures  et  le 
sentiment  individuel  de  l'auteur.  On  ne  fa<t  ainsi  ni  de  l'histoire  ni  de 
l'archéologie.  —  Remarquons  bien  encore  que,  si  l'Ënfant-Jésus  porte 
des  sandales,  cela  ne  blesse  en  rien  la  règle  de  la  nudité  des  pieds,  car 
les  sandales  ne  sont  qu'une  demi-chaussure  qui  laisse  le  dessus  des 
pieds  à  découvert  et  n'mpécherait  pas  d'admirer  «  la  beauté  des  pieds 
de  ceux  qui  annoncent  V Évangile,  »  —  L'usage  n'en  a  pas  moins  pré- 
valu de  i'abseuce  complète  de  chaussures  pour  tous  les  cas  indiqués  «i- 
des5U8. 


STATUAIRE.— L'iMMAGCLÉB  CONCEPTION.  439 

tout  ce  que  les  commentateurs  s'efforcèrent  d'en  déve- 
lopper. C'est  depuis  ce  temps  que  l'hydre  infernal  expire 
sous  ses  pieds  qui  l'écrasent.  Elle  eut  aussi ,  et  infaillible- 
ment ,  au  moyen  âge ,  le  nimbe  et  la  couronne  ;  le  sceptre 
complétait  ces  attributs  royaux ,  auxquels  ne  manquaient 
ni  la  tunique  de  pourpre  ni  le  manteau  d'azur,  brodés  l'un 
et  l'autre  d'arabesques  d'or  ou  de  fleurs  symboliques.  Sou- 
vent les  douze  étoiles  de  l'Apocalypse  brillaient  autour  de 
son  front  ;  le  voile  de  la  virginité  qui  l'ombrageait  retom- 
bait sur  ses  épaules ,  et  parfois ,  au  lieu  du  serpent ,  dont 
nous  savons  la  signification  figurative ,  on  voyait  grimacer 
sous  ses  pieds,  qui  l'écrasaient,  l'horrible  face  de  Satan,  ou 
l'homme  déchu,  dont  il  s'appropriait  les  traits  pour  mordre 
avec  rage  la  pomme  fatale  malheureusement  cueillie  dans 
rËden.  Que  fallait-il  déplus  pour  exprimer  l'Immaculée  Con- 
ception ,  qui  ressort  évidemment  et  de  cette  royauté  sainte, 
et  de  cette  maternité  virginale ,  et  de  cette  victoire  sur 
Tenfer  ?  —  Au  contraire  ,  séparez  de  tous  ces  attributs  le 
plus  sacré  de  tous,  l'Enfant  divin  souriant  au  monde  et  se 
chargeant  du  fruit  malheureusement  goûté  par  l'homme  , 
et  dont  le  Dieu  fait  homme  semble  se  réserver  la  responsa- 
bilité ultérieure ,  et  dès  lors  disparaît  avec  lui  la  pensée  du 
dogme  fondamental  :  la  femme  que  vous  offrez  à  ma  véné- 
ration peut  être  digne  de  ce  respect  au  môme  titre  que 
tant  d'autres ,  mais  rien  ne  me  parle  de  cette  origine  sans 
tache  dont  elle  ne  fut  parée  qu'en  prévision  de  la  mater- 
nité dont  vous  lui  enlevez  le  plus  irréfragable  symbole, 
r/est  ce  qui  a  fait  dire  tout  récemment,  et  longtemps 
après  nous ,  par  le  P.  Cahier  :  «  La  grandeur  inouïe  du 
privilège  révéré  dans  l'Immaculée  Conception  de  la  Sainte 
Vierge  a  pour  raison  d'être  la  grandeur  inouïe  de  la  ma- 
ternité divine  (>!).» 

{1}  Voir  Les  Caractéristiques  des  Saints,  par  le  R.  P.  Cahier,  de  la 
Compagnie  de  Jésus,  t.  U,  p.  544.  —  Ce  livre  a  été  imprimé  d'abord  en 
1867  ;  et  notre  dissertation,  citée  plus  haut,  avait  paru  dix  ans  aupa- 


uo 


HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 


C«  dogme  ne 
p«nt  aroir  d'aatre 
tjpe  que  o«lvl  in- 
<Uqa4  loi. 


Nous  pensons  donc  que  pour  symboliser  rimmaculée 
Conception  de  la  Sainte  Vierge ,  il  ne  faut  pas  s'ingénier 
de  trouver  un  type  nouveau.  Donnez-nous  tout  simplement 
celui  que  nous  venons  de  décrire  :  il  sera  conforme  à  toutes 
les  données  de  la  tradition  catholique  ;  il  ne  démentira  en  rien 
ces  mêmes  idées  réalisées  jusque  dans  les  types  essayés,  il 
y  a  trois  siècles ,  pour  les  premiers  chrétiens  du  Japon. 
Ainsi  fut  faite  une  statuette  en  porcelaine  que  conserve 
notre  cabinet,  et  qui  nous  vint  directement  de  la  Chine 
en  4854.  Elle  représente  la  Femme  bénie  tenant  devant 
elle,  debout  sur  sa  poitrine,  le  saint  Enfant;  la  base 
sur  laquelle  reposent  ses  pieds,  au-dessus  desquels  s'é- 
chancre  une  longue  robe ,  est  une  large  et  abominable 
face ,  au  nez  épaté ,  aux  yeux  saillants ,  aux  cheveux  et  à 
la  barbe  crépus,  dont  tout  l'ensemble  ,  en  un  mot ,  sans 
oublier  une  double  rangée  de  dents  fort  significatives,  in- 
dique bien  clairement  l'horrible  personnage  écrasé  par  la 
nouvelle  Eve.  C'est  une  idée  complète  autant  que  possible 
de  la  Mère  commune  des  enfants  de  Dieu  el  de  son  glorieux 
privilège  d'impeccabilité. 
,  ^        .  Mais  nous  avons  mieux  encore.  L'église  Saint-Lô  d'An- 

LA d»ÎS***  ***"*"  ^^^  possédait,  avant  les  malheurs  de  notre  première 

révolution,  une  statue  en  marbre  de  la  Sainte  Vierge  dont 
la  tête  fut  alors  sacrilégement  séparée  du  corps  ;  les  deux 
parties  purent  être  réunies  plus  tard  par  un  nouveau  délen- 
teur qui  l'apprécia.  C'est  une  œuvre  du  quatorzième  siècle, 
entièrement  parée  des  attributs  indiqués  plus  haut,  et 
gracieuse  de  tout  ce  qu'un  visage  plein  d'une  douce  esthé- 
tique, une  taille  noble  et  bien  mouvementée  peuvent  donner 
à  un  tel  objet  de  dignité  et  de  convenance.  Nous  en  possé- 
dons une  épreuve  moulée  avec  soin,  et  que  nous  avons  fait 
peindre  d'après  les  règles  du  symbolisme  des  couleurs.  Un 

rayant  dans  le  l«r  volume  (1857)  de  la  Revue  de  Cari  chrétien,  que  nous 
cilions  tout  à  l'heure  —  Nous  allons  revenir  sur  ces  Caraciiri$i%ques , 
p.  146. 


DMorlptloD  d'une 


STATUAIRE.— l'iMMACL'LÉE  CONCEPTION.  \Â\ 

gracieux  et  gentil  petit  enfant,  un  peu  homme  par  la 
figure  (c'est  le  symbole  du  développement  parfait  de  la  rai- 
son), repose  sur  le  bras  gauche  de  sa  mère,  qui,  de  la  droite, 
tient  un  sceptre  qu'elle  appuie  sur  son  épaule.  Ses  pieds 
chaussés,  comme  ils  doivent  toujours  l'ùtre  (on  sait  pourquoi 
maintenant) ,  foulent  un  vieil  homme  courbé  sous  le  poids 
qu'imprime  à  sa  tête  ce  pied  tout-puissant  contre  lui.  Le 
vieil  Adam  est  donc  là,  ne  faisant  qu'un  avec  Tange  des 
ténèbres ,  et  terrassé  sans  retour  par  Celle  en  qui  s'accom- 
plissent les  prophéties.  Et,  pour  offrir  un  contraste  saisis- 
sant, pendant  que  l'antique  prévaricateur  nous  apparaît 
savourant  encore  l'objet  maudit  de  sa  détestable  convoitise, 
le  petit  Enfant,  revêtu  de  sa  robe  verte ,  doucement  assis 
sur  le  sein  de  son  aimable  Mère,  sourit  à  celui  qui  le  con- 
temple et  montre  entre  ses  deux  mains  une  patiente  colombe 
dont  il  manie  sans  violence  les  ailes  dociles  à  ce  jeu  inno- 
cent, image  charmante  de  l'âme  régénérée,  obéissante  aux 
inspirations  divines,  et  réparant  par  cette  docilité  sans  ré- 
sistance l'orgueilleuse  désobéissance  du  premier  Adam.  — 
Un  autre  caractère  convenait  bien  à  l'oiseau  symbolique  et 
ne  pouvait  nous  échapper.  La  colombe  est  indiquée,  dans  le 
psaume  lxvu,  comme  signifiant,  par  les  belles  couleurs  de 
ses  plumes,  les  faveurs  de  la  Providence  sur  les  âmes  qui 
se  conduisent  comme  la  colombe  fait  ici  (<).  Les  vertus, 
et  surtout  la  constance  dans  les  périls  et  les  vicissitudes  de 
la  vie,  infcr  medios  cleros,  sont  pour  le  fidèle  autant  d'or- 
nements véritables ,  comme  sont  pour  l'oiseau  ses  plumes 
argentées,  dont  le  reflet  se  môle  admirablement  à  l'or 
des  belles  plumes  de  sa  queue  ;  aussi  avons-nous  voulu 
que  la  colombe  dont  nous  parlons  reçût  une  robe  mi-partie 
d'or  et  d'argent  qui  rendît  plus  complètement  la  pensée 
du  Psalmiste  et  de  ses  commentateurs  (2). 

(1)  «  Si  doriniatis  inter  medios  clero8,pennœ  columb»  deargentats, 
et  posteriora  dorsi  ejus  in  pallore  auri.  »  (Ps,,  Uivii,  15.) 

(2)  Cf.  Genabrard ,  Commenlar.  in  psalm,  livit^  t.  15. 


M2  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

Ainsi,  et  quant  à  la  statue  peinte  que  nous  venons  de 
décrire,  de  bonnes  et  compétentes  autorités  ont  pensé  avec 
nous  que  c'était  là  l'expression  la  plus  pure  de  Tlmma- 
culée  Conception.  Gela  dit  plus,  en  effet,  à  notre  sens  et  au 
leur,  que  ces  diflerentes  poses ,  nouvellement  proposées , 
d'une  femme  qui  n'est  ni  mère  ni  victorieuse.  Marie, 
dans  sa  conception,  doit  avoir  tous  ces  titres,  et  si  on  lui  en 
donne  les  attributs,  qui  ne  conviennent  qu'à  Elle  seule, 
on  sera  parvenu  à  la  revêtir  de  cette  plus  grande  gloire  de 
sa  vie. 
r/Apoc»iypse,      Qn  sc  rappcUc  que  nous  avons  donné,  dans  l'exposé  de 

•ource    de    docu-  i  i  *  * 

ments  artigtique*  ccrtalns  cliapitrcs  de  l'Apocalypse,  une  foule  de  détails  sur 

pour  les  diverses  *  t  ^  i       ' 

représentations  de  les  divcrs  svmbolcs  quc  Ic  Propliètc  y  applique  à  la  Mère 

de  Dieu  (<).  Nos  premiers  peintres  du  moyen  âge  le  savaient 
bien,  quand  ils  s'inspiraient  de  ce  livre  pour  la  décoration 
de  notre  belle  abbatiale  de  Saint-Savin  et  de  tant  d'autres 
églises.  En  y  recourant  comme  eux,  on  aura,  avec  ce  que 
nous  venons  d'écrire  ici ,  de  suffisantes  règles  que  les 
iconochromistes  appliqueront,  sans  crainte  d'erreur,  à  tout 
Encore  l'arbre  cc  Qu'ils  dcvrout  pcludrc  cu  cc  Éçcnrc.  Et  couimc  sujet  très- 

de    Jessé,  et   ce  *  ^  ^  .  ^      . 

qu'il  doit  être.      dlguc  à  cucadrcr  dans  une  fenêtre  terminale,  pournons- 

nous  ne  pas  conseiller  cette  charmante  image  de  l'Arbre 
de  Jessé,  qui  va  si  bien  surtout  aux  chapelles  de  la  Sainte 
Vierge  ?  Nous  conjurons  de  la  préférer  à  bien  d'autres, 
eomme  très-propre  à  dérouler  aux  yeux  et  à  la  mémoire, 
en  même  temps  que  la  douce  et  pieuse  idée  de  la  Mater- 
nité Virginale,  le  dogme  de  l'Incarnation,  les  divines  rela- 
tions de  la  Mère  et  du  Fils  et  leur  consanguinité  avec  les 
rois  de  Juda,  représentés,  on  le  sait,  par  cette  suite  plus  ou 
moins  nombreuse  de  personnages  s'élcvant  depuis  le  père 
de  David  jusqu'à  l'Époux  de  la  Vierge,  et  formant  un  en- 
semble où  le  mysticisme,  et  l'histoire  s'évertuent  à  charmer 
le  cœur  et  le  regard.  Nos  pieux  et  chers  modèles  du  moyen 

(1)  An  ch.  XII  surtout.— Voir  ci-dessus,  1.  II,  p.  225  et  suiv. 


PEINTURE  CHRÉTIENNE. —  L*ARBRE  DE  JESSÉ.  4 'i3 

âge  sont  encore  assez  connus  pour  être  choisis  et  préférés 
à.Fresnay,  à  Amiens,  au  Mans,  à  Bazas,  à  Niort  et  bien  ail- 
leiu*s  ;  on  y  trouvera  beaucoup  à  s'inspirer  (i  )  ;  on  préférera 
surtout  les  types  antérieurs  au  seizième  siècle ,  où  ce  beau 
sujet  commence  à  manquer  de  sentiment,  de  forme  et  de 
théologie.  Nous  sommes  heureux  cependant  de  citer,  comme 
d'une  charmante  exécution  à  qui  ne  manque  aucune  de  ces 
conditions  essentielles,  un  beau  vitrail  lithochromié  d'après 
un  dessin  de  Didron ,  et  publié  en  4846  par  ses  Annales 
archéologiques. 

Cette  grande  feuille  représente ,  en  une  verrière  à  trois  ^^^  "^^**«  * 
compartiments ,  la  famille  royale  de  David  se  terminant  à  la 
Vierge, qui  s'épanouit  au  sein  d'une  fleur,  tenant  l'Enfant- 
Dieu  sur  ses  genoux,  et  portant  le  sceptre  et  la  couronne.  De 
côté  et  d'autre  sont  groupés  ou  échelonnés  les  Patriarches, 
les  Prophètes  sacrés  ou  païens  dont  le  souvenir  se  lie  à  celui 
du  Sauveur  et  de  Marie.  Tout  est  charmant  dans  cette  belle 
composition;  et  le  style  du  seizième  siècle,  imposé  forcé- 
oient  par  l'édifice  auquel  on  la  destinait,  montre  parfai- 
tement que  ce  style,  si  l'on  eût  mieux  compris  qu'il  pouvait 
racheter  sa  froideur  par  le  culte  des  saines  idées ,  était 
encore  capable,  quand  on  s'en  avisa,  de  faire  du  beau  et  du 
bon  en  Thonneur  de  Dieu  et  de  son  Église.  Tout  y  est  digne 
et  plein  de  sens  ;  la  simplicité  du  sujet  s'y  allie  noblement 
à  une  belle  richesse  des  détails  :  pose,'' draperies,  costumes, 
monuments,  physionomies,  tout  y  est  empreint  d'un  double 
caractère  visible  et  moral  qui  annonce  une  étude  conscien- 
cieuse, infaillible  garantie  d'un  légitime  succès.  Il  est  vrai 
que  nous  parlons  ici  d'un  carton^  et  que  de  ses  belles  et 
justes  teintes  à  celles  d'un  vitrail  tâtonné  par  des  mains 
peut-être  insuffisamment  exercées,  il  y  aurait  loin...  Mais 
enÛD,  puisque  le  dessein  doit  précéder  l'exécution  et  que 
la  pensée  doit  gouverner  la  matière,  il  reste  vrai  que  ce 

(1^  Voir  notre  TdbU  analytique  du  DulleHn  monumental,  ^f^  Jebsè, 


UA  HISTOIRE  DC  SYMBOLISME. 

tableau  est  un  des  meilleurs  de  ce  genre  que  nous  ait  donné 
Ticonographie  moderne.  Et  dire  qu'à  une  époque  où  ces 
belles  choses  sont  possibles,  on  a  pu  trouver  un  interprète 
qui  expliquât  ce  magnifique  ensemble  «  d'un  vieillard  qui 
voit  en  songe  un  concert  céleste,  »  et  cela  dans  un  livre 
d'art,  qu'on  s'efforce  de  rendre  populaire  tout  en  le  vendant 
à  haut  prix  (t)! 
Combien  un  tel      Mais ,  si  dc  tcls  travaux,  rarement  médités  et  traités  avec 

f«get        demande  •  i-    •  r      *  *•  j  •  j 

d'ëtudee,  de  ré-  cc  soiu  rcligicux,  fout  cxccptiou  dc  nos  joufs  au  grand 
timent  chrétien,     uombrc  qui  sc  produiscut  sans  mérite  et  sont  adoptés  sans 

discernement,  que  les  peintres  se  tiennent  en  garde  contre 
tout  ce  qu'on  leur  propose  aujourd'hui  de  bizarres  nou- 
veautés et  d'impardonnables  inspirations.  En  opposition 
décidée  et  résolue  à  ces  Vierges  de  toutes  formes  et  de 
toutes  couleurs  qu'invente  à  plaisir  l'esprit  mercantile  des 
uns,  et  qu'achète  la  simplicité  des  autres,  supplions-les 
encore  d'éloigner  de  leur  pinceau  ou  de  leur  crayon, 
comme  les  sculpteurs  eux-mêmes,  tout  ce  qui  se  ressen- 
tirait de  cet  esprit  mondain  que  tant  d'ouvriers  sans  portée 
ont  forcément  imposé  à  cette  sainte  image.  La  simplicité  du 
costume  et  de  la  pose,  la  chasteté  des  draperies,  la  sérénité 
douce  et  pure  des  traits,  et  surtout  du  regard,  sont  les  grands 
et  uniques  effets  auxquels  ils  doivent  viser.  Avec  ces  condi- 
tions, et  à  quelque  scène  que  préside  leur  Vierge,  ils 
seront  sûrs  dc  lui  donner  partout  le  premier  rang  ;  et  tel 
est  le  charme  idéal  imprimé  par  ces  grâces,  incommuni- 
cables à  tout  autre,  qu'en  vue  de  ces  qualités  supérieures 
on  pardonnera  dans  le  môme  tableau  beaucoup  d'insuffi- 
sance et  de  faiblesse.  Les  treizième  et  quatorzième  siècles 
sont  surtout  ceux  qu'il  faut  consulter  sur  un  sujet  si  digne 
d'études  :  c'est  alors  que  la  perfection  lui  fut  donnée,  que 
l'austère  énergie  de  la  pensée  chrétienne  respira  dans  cet 
ensemble  majestueux,  que  s'observèrent  mieux  toutes  les 

(1)  L^'s  Arfit  an  moyen  dg^,  in-4*.  Pari»,  1868. 


PKINTL'RK   CHRÉTIË^NK.  —  GUIDES  A  SLIVRK.  145 

convenances  de  ce  caractère  élevé.  Ces  types,  qui ,  gr&ce  à 
Dieu,  ne  sont  pas  rares,  correspondent,  par  la  pureté  du 
style  et  par  Tinspiration  esthétique,  à  celles  des  monuments 
et  des  peintures  de  la  même  époque.  C*cst  dire  que,  pour  les 
églises  de  ce  temps,  on  ne  fera  rien  de  mieux  en  vitraux,  en 
fresques  ou  en  statuaire  que  les  modèles  que  nous  con- 
seillons exclusivement  ici,  et  dont  nous  venons  detracer  les 
caractères  spéciaux. 

Mais,  surtout,  que  les  artistes  étudient  ;  nous  disons  plus  : 
qu'ils  soient  chrétiens.  Leur  commerce  avec  la  Bible,  avec 
les  Pères  et  les  légendaires  que  nous  leur  avons  fait  con- 
naître sera  une  source  dévie  pour  râtelier  religieux.  Qu'ils 
y  entrent,  qu'ils  s'y  tiennent,  et  ils  sentiront  se  reposer  sur 
eux  le  souffle  d'En-Haut. 

Nous  n'ajouterons  ici  que  peu  de  mots  sur  l'hagiographie      importaaoo  da 
coloriée,  c'est-à-dire  sur  l'étude  que  doivent  faire  les  pein-  km    ** 
très  des  différentes  couleurs  propres  à  caractériser  les  cos- 
tumes des  Saints,  et  sur  les  attributs  qu'il  faut  donner  à 
chacun  d'eux.  Il  faudrait,  pour  compléter  cette  partie  essen- 
tielle de  l'art  du  sculpteur  et  du  peintre,  un  ouvrage  à  part 
et  d'une  bien  plus  longue  étendue  qu'on  ne  pense,  pour 
développer  un  objet  d'une  si  vaste  portée.  En  nous  bornant 
aux  principes  généraux  que  nous  venons  d'établir  et  à  ce 
que  nous  avons  écrit  du  symbolisme  des  'couleurs,  nous 
avons  rempli  notre  tâche  (1)  ;  mais  celle  du  lecteur  n'est  pas 
finie,  puis(iu'îl  ne  peut  attendre  de  nous  ici  que  des  idées 
élémentaires  dont  il  doit  chercher  ailleurs  le  développe- 
ment. Nous  ne  voudrions  donc  pas  qu'on  oubliât  de  con-     soarcei  à  con- 
sulter  deux  auteurs  qui,  tout  spéciaux  sur  cette  matière,  bïÏÏ/îïïJreuîTi 
quoique  fort  incomplets  au  point  de  vue  archéologique,  ont 
cependant  beaucoup  dé  science  ecclésiastique  et  peuvent 
renseigner  sûrement  quand  il  s'agit  des  bonnes  règles  à 
garder.  Le  premier  est  Espagnol  et  écrivait  au  dix-septième 

(1)  T.  I,  ch.  zii  et  zin. 

T.  IV.  iO 


\  {(>  HISTOIRE  ÛC   SYMBOLISME. 

interiaiideAyau  siècle,  SOUS  le  notti  Ac  Intcriaii  de  Avala,  son  PM^r  ehrU*- 

et  MolanoB  ;  '  j         ^ 

tianus  erudiius,  qu'on  ne  lira  ni  sans  fruit  ni  sans  plaisir; 
l'autre,  Molanus,  pour  son  Histmre  des  saintes  images,  que 
nous  avons  cité  quelquefois  dans  cet  ouvrage.  Il  est  plus 
instruit ,  plus  large  ,  et  disserte  mieux  sur  ses  sujets  , 
enrichis  d'ailleurs  de  notes  curieuses,  de  nombreuses 
scolies,  et  des  textes  précieux  de  ses  autorités,  qu'il  ne 
manque  jamais  de  citer  fort  exactement.  Ce  sont  là  des  livres 
utiles,  écrits  de  mains  compétentes,  et  qui  peuvent  donner 
à  un  artiste  des  principes  avoués  de  tous  les  siècles  :  il  n'y 
taut  ajouter  que  des  données  trop  longtemps  perdues  sur 
le  style  monumental,  Tunité  artistique  et  le  choix  des  cou- 
leurs normales  exigées  pour  chaque  sujet  dans  son  ensemble 
et  ses  détails. 
L^  R.  p.  Cahier.  Maîs  uous  avous  aujourd'hui  mieux  et  plus  que  tout  cela. 
Au  nombre  et  à  la  tête  des  travaux  entrepris  sur  Thagiogra- 
phie  iconog^phique  dans  noire  siècle,  le  plus  récent  et  le 
plus  complet  est  certainement  celui  du  R.  P.  Cahier,  l'érudit 
collaborateur  de  feu  le  P.  Arthur  Mai^tin  pour  la  Monographie 
drs  vitraux  de  Bourges.  Ses  Caractéristiques  des  Saints  (4) 


(1)  [jes  Caraclé/isliques  d^s  Saints  dans  Varl  fopviaire ,  énuniéiéts 
et  expliquées  par  le  P.  Gb.  Cahier,  de  la  Compagnie  de  Jésus,  2  toI. 
in4<> ,  Paris ,  Ponssielgue ,  1867.  —  Ce  liyre^  quelque  plein  qu'il  soit 
d'érudition,  quelques  recherches  qu'il  suppose,  ne  pouvait  être  com- 
plet ,  conça  d'aprèd  nn  plan  si  restreint.  Il  y  manque  beaucoup  de 
choses;  il  y  en  a  d'évidemment  hesnrdées,  de  purement  conjectu- 
rales, et  d'autres  qui  sont  bien  un  tant  soit  peu  forcées  :  mais 
ceci  ne  regarde  que  la  partie  érudite  de  Touvrage.  Les  artistes  n'y 
trouveront  pas  moins  d'abondants  et  précieux  renseignements  sur  ks 
attributs  des  Saints  et  leurs  preuves  authentiques  dans  des  images 
toutes  fort  intéressantes.  Sous  ce  rapport ,  ils  ne  peuvent  s'égarer  en 
suivant  ce  guide ,  préférable  de  beaucoup  à  tant  d'autres  que  l'insuf- 
fisance de  leurs  études  a  trompés  maintes  Tois.  —  D'autres  éorivuins  en 
certain  nombre  peuvent  encore  être  lus  avec  fruit  pour  quiconque  vou- 
dra se  faire  une  suite  d'idées  justes  sur  l'iconographie  hagiographique. 
Nous  ne  pouvons,  on  le  comprend,  entreprendre  ici  œtte  matière,  qui, 
daus  un  sous-chapitre ,  serait  trop  écourtée,  et  qui,  si  nous  Touliont 
l'étendre  à  ses  véritables  proportions ,  nous  demanderait  un  Tolume 
de  plus. 


PEINTURE  CHRÉTIENNE.  —  r.LIDES  A  SUIVRE.  447 

reproduisent  une  foule  d'images  qui  indiquent  des  attributs 
certains,  puisqu'elles  sont  toutes  originales  ou  dessinées 
d'après  les  traditions  les  moins  suspectes.  On  recourrait  avec 
non  moins  de  sécurité,  quant  aux  gravures  et  litfaochromies, 
au  livre  Le  Moyen  Age  et  la  Renaissance^  dont  nous  avons 
plus  d'une  fois  parlé ,  mais  avec  d'excessives  précautions 
contre  l'ignorance  des  faits  et  des  choses,  et  quant  à  la  faus- 
seté des  appréciations  en  presque  tout  ce  qui  y  regarde  la  reli- 
gion, dont  la  plupart  de  ceux  qui  ont  écrit  le  texte  jie  savent 
même  pas  les  premiers  éléments.  L'école  de  DusseldorfT, 
avec  ses  collections  de  gravures  modernes,  admirablement 
faites  par  notre  regrettable  Owerbeck,  est  encore  un  bon 
répertoire.  Nous  ne  citons  pas  la  Bible  de  Gustave  Doré,  où 
le  naturalisme  domine  par  trop  :  elle  est  un  exemple  de 
plus  du  peu  de  confiance  que  les  esprits  chrétiens  devront 
se  faire  en  un  artiste  qui  s'attaque  aux  sujets  religieux, 
lorsqu'au  lieu  de  s'en  tenir  à  la  philosophie  catholique  il 
$e  jettera  dans  les  extravagances  burlesques  des  héros  de 
La  Fontaine  et  de  Cervantes.  N'y  aurait-il  donc  plus  aucune 
différence  entre  la  Palestine  et  le  Toboso  ? 

Ne  sortons  pas  de  ce  sujet  sans  avoir  signalé  certaines  L*Arbitrairequ^i- 
formules  qui  tiennent  à  ses  développements,  et  qui,  pour  SSxBymboihJTe».* 
n'être  pas  devenues  autant  de  règles  universellement 
adoptées,  n'en  sont  pas  moins  autant  d'ingénieux  emblèmes 
que  les  peintres  se  garderont  bien  de  dédaigner.  C'est  là 
que  le  quidlibel  audendi  du  poète  latin  laisse  à  chacun  le 
choix  de  ses  moyens,  pourvu  qu'ils  ne  sortent  pas  des 
principes  adoptés.  C'est  ainsi  que,  selon  les  besoins  créés 
par  des  circonstances  imprévues ,  on  s'est  trouvé  obligé 
d'inventer  de  nouveaux  symboles  qui  n'en  attestent  que 
mieux  l'inséparable  liaison  du  symbolisme  et  des  arts. 
C'était,  par  exemple,  une  ingénieuse  idée  pratiquée  par  les 
peintres  depuis  le  douzième  siècle,  où  les  croisades  obligè- 
rent à  distinguer  les  chrétiens  des  infidèles,  que  de  repré- 
senter ceux-ci  de  carnation  noire,  et  ceux-là  blancs  de 


148 


HisTOiuK  Di  symbolisai:. 


visage  comme  tous-  les  Européens.  Il  y  a  plus ,  ces  deux 
natures  si  différentes  s'indiquent  encore  dans  les  combats 
par  la  forme  du  bouclier,  qui,  étant  long  pour  les  Occiden- 
taux, fut  donné  aux  Sarrasins  et  aux  Mahométans  de  forme 
ronde  (4).  —  Une  autre  idée  non  moins  ingénieuse,  au  bap- 
tistère de  Saint-Marc  de  Venise,  exprime  l'unité  de  foi 
toujours  désirée  entre  l'Église  orientale  et  la  nôtre  :  ce  sont 
les  quatre  Pères  grecs  écrivant  en  latin,  et  les  quatre  Pères 
latins  écrivant  en  grec  des  textes  relatifs  à  la  doctrine 
catholique  (2).  —  C'est  de  la  sorte  que  les  attributs  des  per- 
sonnes, des  vertus,  des  vices  ont  varié  à  l'infini  selon  l'ima- 
gination des  auteurs,  selon  les  temps  et  les  pays  où  tels  ou 
tels  types  furent  adoptés,  surtout  depuis  le  quinzième  siècle, 
époque  plus  livrée  qu'aucune  autre  à  ses  caprices  parti- 
culiers. Cette  observation  suffirait  à  faire  comprendre 
comment  nous  devons  nous  borner  ici  à  ces  notions  géné- 
rales, que  des  livres  spéciaux  compléteront  en  grand  nom- 
bre, et  à  l'égard  desquelles  nous  aurons  d'ailleurs  quelques 
fois  encore  à  signaler  d'autres  détails. 


(1)  Cf.  Annal  archéolog.,  XV,  229. 

(2)  Ibid,,  XVI,  136. 


CHAPITflE  XVIII. 


LA  LITURGIE   CATHOLIQUE. 

La  liturgie  est  la  forme  extérieure  du  culte;  toutes  les     i* Htar^ie auMi 

*-'  '  ancienne  que  Ti- 

religions  ont  la  leur.  Le  premier  livre  de  la  Bible  nous  parle  ^<«  *«  ^*««  ; 
des  sacrifices  d'A bel  et  de  Gain;  les  Patriarches  immolent 
des  victimes  sanglantes;  Jacob  consacre  la  pierre  sur  la- 
quelle il  a  dormi.  Plus  tard  les  Hébreux,  constitués  en 
corps  de  nation,  reçoivent  le  Lévifique ,  le  troisième  des 
Livres  de  Moïse,  où  toutes  les  cérémonies  sacrées  sont  éta- 
blies de  Dieu  lui-même,  qui  détermine  ainsi  par  quels  rites 
il  prétend  être  honoré.  Il  y  décrit  les  fêtes,  les  cérémonies; 
il  y  crée  le  sacerdoce  ,  pourvoit  aux  sacriflces ,  indique  les 
victimes  qu'il  y  faut  immoler,  détermine  les  fonctions  des 
prêtres  et  des  lévites ,  édicté  des  peines  contre  les  infrac- 
teursdes  règles  divines,  et  indique  jusqu'aux  étoffes  et  à  la 
forme  des  vêtements  sacrés.  L'Église  chrétienne  n'a  pas  fait  entre  nécwêin- 

ment  dans  le  ca- 

autremept.  Prophétisée  et  figurée  dans  la  première  Loi ,  elle  thoiioiame, 

a  reçu  des  Apôtres,  avec  les  premiers  symboles  de  son 

culte,  ce  pouvoir  de  discipline  qui  Tautorisait  déjà  à  étendre 

et  à  modifier  dans  l'avenir  tous  ces  signes  sensibles  qui ,  de 

l'aveu  même  de  ses  plus  obstinés  adversaires ,  ont  fait  du 

catholicisme  la  plus  belle  et  la  plus  saisissante  des  religions. 

C'est,  en  effet,  par  la  liturgie  que  les  arts,  sous  toutes  leurs  dont  eiie  deTient 

-  1  1  '^  ^^  extérieure. 

formes,  sont  venus  orner  nos  temples,  parer  les  autels ,  en- 
tourer le  sacrifice  et  la  prière  publique  de  leur  majestueux 
éclat.  Ici  donc ,  levons  encore  le  voile  mystérieux  dont  la 
transparence  révèle  toujours  à  des  regards  attentifs  tant  de 


450  HISTOIRE  DC  SYMBOLISME. 

significations  sacrées ,  et  voyons  comme ,  de  quelque  point 
que  nos  yeux  considèrent  les  détails  du  culte  chrétien ,  ils 
rencontrent  des  vérités  dogmatiques  et  morales,  des  souve- 
nirs féconds  pour  l'intelligence  et  pour  le  cœur,  et  dont  le 
but  se  rapporte  toujoiu*s  à  Tamour  de  Dieu  par  Tadoration 
et  le  devoir. 
8ei  prendèrjt      Lcg  premières  formes  de  notre  liturgie  se  voient  claire- 

pocaiypte.  mcut  au  cliapitrc  iv  de  TApocalypse  :  nous  l'avons  déve- 

loppée trop  au  long  pour  qu'on  n'y  retrouve  pas  au  besoin 
l'origine  de  nos  cérémonies  et  de  nos  prières  consacrées.  Ou 
sait  que  l'Apôtre  a  sa  révélation  un  jour  de  dimanche.  Dieu 
lui  montre  une  nombreuse  assemblée  présidée  pçr  un  vieil- 
lard auguste  qui  est  le  Pontife  éternel.  Son  trône  est  en- 
vironné de  vingt-quatre  vieillards  représentant  le  presby- 
tère ,  assis  encore  aujourd'hui  autour  de  l'évèque.  On  toit 
là  des  robes  blanches  comme  nos  aubes  et  nos  surplis  ,  des 
ceintures  i  des  couronnes  jetées  au  pied  du  trône  en  signes 
d'hommages;  un  autels'élève  au  milieu  du  temple;  T Agneau 
immolé  s'y  repose  dans  sa  mort  volontaire,  et,  sous  cette 
pierre  sacrée,  les  martyrs ,  couchés  devant  le  Dieu  qui  les 
couronna,  demandent ,  au  nom  de  sa  gloire,  que  leur  sang 
ne  reste  pas  sans  profit  pour  son  Église  naissante.  L'encens 
y  représente  les  prières  des  Saints  ;  les  hymnes  y  retentis- 
sent; les  eaux  divines  de  la  grâce  y  coulent  comme  un 
fleuve  :  hnage  sensible  des  sacrements,  auvquelç  tout  se 
rapporte  dans  l'action  incessante  de  la  liturgie  {\). 

•ei^wÏÏ*"'chîé"      ^^^  onzième  chapitre  de  sa  première  épttre  aux  Gorin- 

do  s*  PaS  **"^*  thiens ,  S.  Paul  nous  décrit  aussi  les  usages  déjà  adoptés 
Première  utur-  par  Ics  asscmblécs  chrétieiHios.  Lcs  fidèles  y  participaient 

g  e  e  a  este,     çjjggjjjj^jg  ^  ^.q^^q  fràctîon  du  Paiu  que  le  Sauveur  leur  avait 

apprise  soit  à  la  Cène  de  ses  Apôtres  ,  soit  à  celle  des  disci- 
ples d'Emmaûs.  Ils  y  buvaient  au  calice  du  Seigneur,  dont 
ils  étaient  avertis  de  se  rendre  dignes  ;  et  comme   cette 

(l)  Voir  cl-des8Ù8,  t.  II.  ch.  vu. 


LITURGIE  CATHOLIQUE.  —  LES  SACREMENTS.  451 

action ,  la  plus  sublime  de  la  religion  et  sa  base  essen- 
tielle en  tant  qu'elle  était  un  sacrifice ,  ne  devait  ni  périr 
ni  se  modifier  en  elle-même ,  les  formes  liturgiques  dont 
on  Tentoura  purent  se  multiplier  avec  les  difTérentes  épo- 
ques de  l'Église ,  quoique  le  Tond  dogmatique  restât  ton- 
joiu^  te  môme.  C'est  ainsi  que  la  messe ,  comme  tous  les 
autres  sacrements,  s'est  parée  d'âge  en  &ge,  sous  l'inspiration 
des  Souverains  Pontifes  ,  des  cérémonies  qui  en  forment 
l'ensemble^  et  qui  depuis  longtemps  semblent  fixées  irrévo- 
cablement. 
Mais  là  encore ,  règne  par-dessus  tout>  à  côté  de  la  matière  »<>»    •.vnibou»m« 

ot  o^lui  dos  aatret 

et  de  la  forme  sacramentelle,  et  jusque  dans  ces  deux  por-  sacrements  : 
lions  essentielles  de  tout  sacrement ,  le  symbolisme  qui 
en  fait  concevoir  l'origine ,  les  effets  et  le  but.  On  le  LeB«pt«me. 
comprendra  de  reste  si  nous  ne  nous  arrêtons  qu'au  bap- 
tême, dont  l'eau  naturelle  est  la  matière ,  lavant  les  âmes 
par  une  purification  figurative,  comme  ce  même  élément 
efface  la  tache  des  objets  qu'on  y  lave.  L'ancien  bap- 
tême par  immersion  représentait ,  d'après  l'enseignement 
de  S.  Paul,  la  sépulture  et  la  résurrection  du  Sauveur: 
c'était  se  revêtir  comme  de  son  propre  vêtement,  de  sa 
tunique  sans  tache  comme  sans  couture  (4).  En  dépit  des 
changements  que  FÉglise  a  dû  apporter  depuis  le  douzième 
siècle  à  ce  mode  d'administration ,  le  même  Mystère  n'agit 
pas  moins  dans  le  même  sens  :  le  baptisé  y  conserve  la 
même  obligation;  car  ce  sacrement,  comme  tous  les  autres, 
n'en  renferme  pas  moins  la  valeur  du  Sang  divin ,  dont  ils 
maintiennent  au  profit  des  ftmes  la  source  inépuisable , 
jaillissant  toujours  du  Calvaire  et  de  la  mort  d'un  Dieu.  — 
L'huile  consacrée  de  la  Confirmation  était  l'image  de  celle  La  conArma- 
qui ,  pour  les  combats  de  l'arène ,  commimiquait  aux 

(I)  M  Consepulti  estis  in  bapttsmo,  in  quo  et  resarrexifltis  per  flJem 
operaiionis  Dei  qui  suacitavit  illum  a  raortais.  »  (Coloss.f  ii ,  12.)  — 
«  Quicnmque  in  Ghmto  baptizati  estis,  Christuui  induistis.  »  {Gul.f 
m,  27.) 


L«  Pépitea«*. 


L*Eiicbarf«t(e. 


fion. 


152  HISTOIRE  DU   8TMB0USHE. 

athlètes  la  force  du  corps ,  la  souplesse  des  membres ,  et 
dereiiait  un  secours  contre  le  péril  d'une  lutte  insuffisante; 
elle  représente  et  renouvelle  les  effets  de  ces  flammes  cé- 
lestes tombées ,  au  jour  de  la  Pentecôte ,  sur  les  fronts  des 
Apôtres,  que  marquait  TEsprit-Saint  du  signe  de  Tardeur  et 
du  dévoùment. — La  Pénitence,  considérée  comme  rémis- 
sion des  péchés ,  symbolise  par  le  repentir  et  l'humiliation 
volontaire  du  pécheur  les  souffrances  morales  du  Dieu 
crucifié ,  dont  les  mérites  le  réconcilient  en  lui  devenant 
applicables.  —  Le  Pain  eucharistique  n'est  qu'une  apiia- 
rcnce  :  dans  le  sacrement ,  il  est ,  en  réalité ,  la  Chair  et 
le  Sang  de  la  victime  divine ,  nourriture  mystérieuse,  sym- 
bole de  fraternité ,  comme  il  est  le  gage  de  la  vie  éter- 
nelle ,  en  même  temps  que  le  Sacrifice  qui  nous  apprend 

T/Ettréme-onc-  à  iious  sacrlficr. — Mais  quand  survient  la  mort,  qui  est  un 
combat  {kyùf) ,  le  chrétien  ,  athlète  jusqu'au  dernier  mo- 
ment, se  voit  appliquer  les  onctions  sacrées  qui  le  font 
triompher  de  son  plus  cruel  antagoniste  :  onctions  suprêmes 
qui  donnent  avec  la  force  le  courage  et  l'espoir  fondé  du 

L'OHro.  salut. — Dans  l'Ordre,  c'est  l'attouchement  des  vases  sacrés; 

c'est  l'imposition  des  mains  qui  communique  le  carac- 
tère sacerdotal  en  le  transmettant  comme  d'une  source  à 
des  embranchements  nouveaux.  Ces  signes  vénérables, 
joints  aux  paroles  du  prélat  consécrateur,  indiquent  l'en- 
trée en  possession  du  titre  et  de  la  dignité  conférée. 

i,e  siHrin^c.  —  Enfin  ,  le  Mariage  s'énonce  par  ce  double  anneau  qui 
unit  les  époux  comme  les  deux  premiers  liens  d'une 
chaîne  indissoluble.  En  certains  lieux  ,  comme  à  Paris,  ce 
symbolisme  étiiit  encore  secondé  par  l'extension  d'un  voile 
sur  la  tète  des  mariés  :  on  signifiait  par  là  que  deux  vies 
allaient  n'en  être  plus  qu'une  ;  c'était  l'initiation  de  la  vie 
retirée,  protégeant  contre  les  légèretés  du  monde  deux 
âmes  qui  se  réfugiaient  Tune  dans  l'autre;  le  signe  d'une 
pudeur  qui  ne  doit  jamais  manquer  au  mariage ,  et  de  la 
soumission  que  la  femme  devra  au  mari.  C'était  encore 


LITURGIE  CATHOLIQUE.  —LES  SACREMENTS.  453 

comme  une  sorte  de  bouclier  par  lequel  ou  espérait  que 
la  Providence  atténuerait  les  coups  des  peines  inséparables 
de  cette  vie  (i).  Pourquoi  tout  ce  symbolisme  s'est-il  trouvé 
aboli  naguère ,  quand  il  avait  des  origines  si  respectables 
et  que  des  Papes  eux-mêmes  l'avaient  mentionné  très-an- 
ciennement comme  ayant  ses  motifs  liturgiques  dignes  de 
tout  respect  et  pleins  de  sentiment  religieux  (2)  ? 

(1)  et  DomJDe,  ut  scuto  bonse  volunlatis  tuœ  coronabU  nos.  »  {Ps.,  v, 
15.) 

(2)  N'est-ce  pas  de  ce  voile  que  parlait  le  pape  Nicolas  !•'  (858-867) 
daus  sa  Réponse  aux  Bulgares,  ch.  iii^  quaud  il  dit  en  décrivant  les  cé- 
rémonies du  mariage  :  «  Ils  reçoivent  ainsi  la  bénédiction  et  le  voile 
céleste:  Sic  benediclionem  accipiunl,  et  velvm  rœleste? »  -^  Nous  n'en 
pouvons  douter  quand  nous  lisons  dans  Dom  Chardon  {IHst.  des  sacr., 
t.  VI,  p.  149}  les  prescriptions  de  deux  anciens  manuscrits,  Tun,  Rituel 
de  /r^n^j,  conservé  en  1745  dans  la  bibliothèque  de  la  cathédrale  de 
Tours,  l'autre,  Pontifi'  al  du  monastère  de  Lire^oii  il  est  dit  des  époux  : 
«  Et  avant  que  l'on  di^^e  à  la  roesse  Pax  lJomini,\\&  se  mettront  sons  le 
»  voile,  selon  la  coutume.  »  —  Ailleurs,  «  c'était  après  le  Sanctus  que, 
»  les  époux  se  prosternant  pour  prier  ,  on  étendait  sur  eux  un  poêle, 
9  palliiuuy  tenu  aux  quatie  coins  par  quatre  hommes.»  (Ibid.,  p.  152.) 
—  Or  ceci  se  pratiquait  encore  à  Paris  en  1861,  époque  où  une  réponse 
de  la  congrésration  des  Rites,  provoquée  par  un  respectable  ecclésias' 
tique,  fut  insérée  dans  Le  Monde  du  24  octobre,  et  condamna  cet  usage 
comme  ayant  été  compris  dans  la  prohibition  publiée  par  la  même  con- 
grégation le  25  février  1G06.—  NV  avait-il  pas  aussi  dans  cette  coutume 
an  souvenir  touchant  de  Rebccca  se  voilant  le  visage  quand  elle  aperçut 
isaac  venant  pour  la  première  fois  au  devant  d'elle?  Docens  verecun^ 
diam  in  nupUis  prxire  debe.re,  dit  S.  Ambroi-e  (lib.  De  Palnarchls), 
->  Le  décret  de  Gratien,  qui  invoque  à  ce  sujet  (parle  ir  ,  causa  xxx, 
queest.  y)  le  motif  de  la  soumission  de  l'épouse,  s'appuie  aussi  de  S.  Isi- 
dore de  Séville,  ch.  xix,  liv.  II ,  De  Offiriis  Ci  (kmaslicis.  —  N»  us  sup- 
posons même  qu'il  y  avait  là  un  reste  de  ce  flabdlum ,  usité  dès  les 
premiers  temps  de  rÉ<;lise  et  encore  dans  les  cérémonies  romaines,  où 
le  Pape  en  est  couveit.  S.Jérôme,  remerciant  Marcella  (/ipiâf.  XLI, 
lib.  I;  d'en  avoir  envoyé  quelque-uns  à  ses  ami.^  de  Rome,  montre  que 
c'était  de  son  lemps  comme  une  sorte  d'évenlail  utile  à  se  préserver  des 
mouches  :  mais  il  en  étend  le  sens  au  voile  de  la  pudeur  qui  convient 
aux  vierges  (et  aux  époux  comme  à  elles ,  car  le  mariage  chrétien  a 
auisî  une  espèce  de  virginité)  :  «  Qnod  autem  matronis  ofTertis  mus- 
cnrin  parva, parvis  animalibus  evitandis,  elegans  significatio  est  debere 
luxuriam  cilorestringere,quia  muscœ  moritur»  oleum  novitatis  exter- 
minant. Hic  typus  est  virginum.  »—  Voir  une  intéressante  Dissertatim 
sff  le  FLABELLUM,  de  M.  l'abbé  Martigny,  i4nna/.  de  VArad.  de  Mdron, 
i.  111 ,  p.  370  et  saiv.  —  Nous  somme?  donc  anlori>*ê  à  peu-^er  que  la 


454  iriSTOIllE  DU  SYMBOLISME. 

Ainsi ,  tout  rappelle  dans  les  sacrements ,  outre  la  grftce 
donnée  par  le  prôlre ,  renseignement  donné  par  TÉglise , 
sa  doctrine  înfaHïible,  et  constate  que  dans  ces  signes  Sen- 
sibles l'âme  chrétienne  reti-ouve,  après  ses  chutes  ou 
dans  son  innocence  même ,  une  amélioration  de  soti  étal 
actuel  et  un  gage  de  sa  consolante  immortalité. 

iitaîteîlï?«cri*      **^'^  ^'^^^  particulièrement  autour  du  Saci^meiit  dîrin 
lenee;  quc  la  liturglc  rayonnc  de  toutes  ses  beautés  de  vie  sym- 

bolique ;  et  c'était  juste.  Le  culte  se  rapporte  tout  à  Dieu, 
et  là  où  Dieu  se  trouve  doit  aussi  éclater  toute  la  splendeur 
des  hommages  religieux.  Aussi  a-t-on  nommé  par  excel- 
lence l'offrande  du  Saint  Sacrifice  du  nom  de  Sainte  liturgie. 
D'abord  réduite  à  l'essentiel  de  ces  témoignages  d'adoration 
et  de  respect»  la  Messe,  qu'il  fallait  célébrer  en  secret  parce 
qu'il  importait  beaucoup  de  n'en  pas  divulguer  la  pensée 
intime  aux  ennemis  de  la  foi  nouvelle ,  consista  dans  la 
Consécration  du  pain  et  du  vin  accompagnée  des  prières 
et  des  bénédictions  qui  en  signalèrent  l'institution  par  le 
Fils  de  Dieu.  C'est  ce  qu'affirme  S.  Paul  quand  il  dit 
aux  Corinthiens  qu'il  a  reçu  du  Seigneur  l'enseignement 
aatour  d'elle  m  qu'il  Icur   dounc   touchaut  l'Eucharistie    (4).    La   plus 

manie  qu*ont  eue  de  respeclables  ecclésiasUques  d'écrire  à  Rome  pour 
bouleverser  tous  les  i^élails  liturgiques ,  fondés  comme  celui-ci  sur  les 
l>lus  antiques  usages^  n'&  seivi  qu'à  priver  quelques-unes  de  nos  plus 
belles  cérémonies  de  symboles  au»si  vénérables  que  signiflcatif8.Rome9 
qui  n'a  pas  le  temps  d'écouter  6t  de  faire  des  dissertations  sur  tout  ce 
qu'on  lui  demande^  répondra  toujours,  et  avec  raison,  de  s'en  tenir  au 
rituel  romain.  Mais  elle  ne  peut  mesurer  l'indiscrétion  qui  inspire  trop 
souvent  un  zélé  inconsidéré,  et  nous  croyons  que  sur  cette  question  et 
beaucoup  d'autres  Elle  eût  répondu  autrement  si ,  au  lieu  de  vouloir 
délntirê,  le  questionneur  se  fftt  donné  la  peine  d'étudier  sa  question, 
d'en  exposer  les  bases  scientifiques,  et  sk  fût  aperçu  qu'il  devait^  au 
contraire,  consolider.  N'était-ce  pas  d'ailleurs  un  de  ces  usages  immé- 
moriaux auxquels  l'Église  a  toujours  déclaré  qu'elle  ne  voulait  pas 
toucher? 

(1)  «  Ego  enim  accepi  a  Domino  quod  et  tradidi  vobis.  Quoniam  Do- 
minus  Jésus  in  qua  nocle  tradebatur ,  accepit  panem,  et  gratias  ageas 
Tf  egit  et  dixit  :  /  ccipite  et  raanducate  :  hoc  est  eâim  Corpus  mê«m  quod 
liro  vobis  tradotur.  Hoc  facile  in  meam  commemoratioiieDÉ...  Shmliter 


LlTDRGtÉ  OAtH^lQUe.  —  LA  MESSE.  455 

ft^iélMe  IHurgie  liotf»  vletri  dotic  âts  AÉôfr es,  detneurés  f roupent  im  pin» 

enéefiftble  it  Jériisalenl^  pendant  les  quatorze'  préTHières  letreu^ienT. 

aMéé&  qof  suivirent  TAscétision ,  ef  qui  fie  Éiaiicfiièrfnt 

ptfs,  eémMe  en  font  foi  et  la  première  fête  suivante  de  la 

Pefitecôte  et  les  chapitres  i  et  it  de  l'Aj^oealypse,  de 

se  réunir  au  moins  chaqiie  dimanche  en  sotivêlhir  des  plus 

grartds  Mystères  du  Sauveur,  de  même  que  le  samedi 

était  \è  jour  consacré  par  les  Juifs  à  symboliser  le  repos 

qoi  suivit  l'œuvre  de  la  création.  Cette  liturgie  fut  décrite, 

dès  le  deuxième  siècle,  paf  S.  Justin  dans  son  Apolùgé* 

tirpte  (t).  On  la  retrouve,  au  milieu  du  quatrième ,  dans 

les  quatrième  et  cinquième  Catéchèses  de  S.  Cyrille  (2). 


et  calicem  poslqDom  crsûâvit,  di(ïeoa  :  IJic  calix  novam  Teâtâmeûtuin 
est  in  meo  Sângaine.  Hoc  facile  quotiescumque  bibetis  ia  meam  corn- 
memoralioneui.  Quotieacumqae  enim  man«lucabitis  panem  hune  et 
calicem  bibetis^  mortein  Domini  annuntiabitis  donec  veniat.  —  Itaque 
qnicamqoe  manducaverit  Patjembfinc,  Tel  biberU  Calicem  indiiniey 
reu9  eritCorporid  etSan<;uinîd  Domiui.  Probet  auteni  se  ipsam  hoino  : 
qui  enim  manducat  etbibit  indigne,  judicium  sibi  manducat  et  bibit, 
non  dijudicanâ  Corpus  DOmini.  b  (1  Cor.,  xi,  23  etdeq.)  -^  Ces  paroles, 
qu'il  faudrait  effacer  de  rËvangilë  plutôt  que  de  leur  donner  le  sens 
aceommodatif  et  tiraillé  des  protestants^  sont  la  plus  grande  preuve  de 
la  Présence  I^éelle,  et  elle^)  expliquent  seules  comment  la  Messe  est 
trinstilution  divine ,  aussi  bien  que  l'Eucharistie  elle-même.  Le  culte 
(le  latrie  ne  se  peut  exercer  qu'avec  tous  les  moyens  employés  pour 
rendre  au  Dieu  sauveur  radoration  la  moins  discutable,  et  nous  voyons 
ici  la  double  matière  du  sacrement  revêtir  un  caractère  purement  sym* 
bolique. 

(1)  «  Solis ,  ut  dicitur,  die  ,  omnium  si ve  urbes ,  sive  agros  incolen- 
tium  ia  eumdem  locuin  fit  conventus ,  et  commentaria  Apostolorum, 
aat  scripta  Prophetarum  leguntur,  quoad  licet  per  tempns.  Deinde... 
is  qui  praeest  admonitionem  verbis  et  adhortalionem  ad  res  tam  prœ- 
elaras  imitandas  suscipit.  Postea  owues  consurgimus...  Ubl  desiimus 
precari,  panis  afTertur,  et  vinum  et  aqua,  et  qui  prœest  preces  et  gra- 
tiarum  actiones  totis  viribus  emtttit ,  et  populus  acclamât  ainen^  et 
eomm  in  quibus  gratise  actse  sunt  distributio  fit  et  communicatto  uni- 

cuique  prsesenUum »  (S.  Just.,  i^poJ.  i,  n«67.)—  La  Messe  est 

évidente  en  ce  peu  de  mots,  et  voilà  bien  l'imitation  la  plus  sensible  de 
la  Cène  décrite  en  nos  divers  Évangiles. 

(2)  Nous  ne  citons  pas  tons  les  textes,  afin  d'abréger;  mais  nous 
^•u^ageon9  à  lire  dans  Fleury,  Hisi.  ercléi.,  liv.  XVin,  n«  55 ,  les  détails 
'le  la  Messe  expliqué:)  i^àr  le  salut  évéque  de  Jérusalem  ,  o\\  l'on  voit, 


456  HISTOIRE  DU   STMB0U8ME. 

Peu  après,  les  Constitutions  apostoliques  ia  reproduisent 
avec  une  remarquable  exactitude,  et  Ton  voit  par  elles  que 
déjà  ia  journée  ciiréticnne  était  divisée ,  comme  aujour- 
d'iiui,  outre  les  matines  et  les  vêpres,  en  quatre  parties 
destinées  chacune  à  une  prière  qui  rappelle  les  circon- 
stances diverses  de  la  Passion  du  Sauveur  (4 } .  Le  livre  vni, 
surtout ,  contient  une  description  du  Saint  Sacrifice  qui 
pénètre  d'une  juste  admiration.  Là  se  constate  l'antiquité 
de  ces  rites  vénérables  qui  nous  apparaissent ,  de  nos 
jours,  entourés  d'autres  détails  non  moins  précieux  et  tous 
capables  d'attester  la  haute  importance  que  les  siècles  pri- 
mitirs  ont  attachée  à  ce  culte  de  latrie  que  l'Église  prodigue 
au  très-saint  Sacrement. 
lUfche propres-      En  effet,  Ics  Papcs,  dans  un  laps  prolongé  de  plusieurs 

■iTe  de  ce  iTiBbo-      _    ,  '  ,  , 

liimeàtraren  les  sièclcs,  sc  sottt  plu ,  comme  uous  l'avons  déjà  remarqué ,  à 

orner  la  liturgie  des  Saints  Mystères  de  quelques  symboles 
supplémentaires,  faisant  ainsi  la  preuve  continue  de  leur 
souveraine  autorité  sur  ces  graves  matières,  qu'il  importail 
de  soustraire  à  l'arbitraire  de  chacun.  C'est  de  la  sorte  que 
S.  Alexandre  I"  régla  (de  l'an  409  à  l'an  449}  qu'on  mêlerait 
au  vin  du  Saint  Sacrifice  une  petite  quantité  d'eau  pour  sigui- 
fier,  d'après  IWpocalypse,  l'union  du  peuple  au  prêtre  dans 

par  exemple,  que,  len  chrétiens  devant  y  recevoir  la  sainte  Eucharistie 
dans  leur  main ,  ils  devaient  pour  cela  s'agenouiller  à  Tantel ,  puis 
mettre  leur  gauche  sous  la  droite ,  où  le  Corps  de  Jésaa-Christ  étail 
déposé,  «  pour  lui  servir  de  troue ^  puisqu'elle  doit  recevoir  ce  grand 
Roi.  » 

(1)  Ce  texte  est  trop  explicite  pour  ne  pas  trouver  sa  place  ici ,  car 
il  rend  toutes  les  raisons  de  la  division  dix-huit  fois  séculaire  de  notre 
Office  divin  :—  «  Precationes  fdcite  manc,  et  terlia  hora  ac  sexta.  et  nona, 
et  vespere ,  atque  iu  fmllicinio  :  Mane,  gratias  agentes  quod  DominaSy 
abducta  nocle,  etinducto  die,  illuminavit  nos;  Tertia  hora, qaoniam 
in  eaDominns  senlenliam  damnalionis  excepit  a  Pilato;  Sexta^  quod 
iu  ea  crucifixus  est;  Nona,  quia  cuucla,  crucifixo  Domino,  conimota 
suntydum  horrentimpiorum  Judœorum  temeritalem,  nec  ferre  possunt 
coDlumeliam  Domino  illatam;  Vespere  ,  gratias  agentes  quod  noctem 
nobis  dederity  laborum  diurnorum  requietem;  iu  gallorum  cantu,  eo 
quod  illa  iiora  uuatinl  adventum  diei ,  ad  facieuda  opéra  lucfs.  » 
'i:OHAiiiut.  Apo^t.,  lib.  VllI,  cap.  xxxTv;  ap.  Mignc,  Pafrol.,  t.  I.) 


LITURGIE   CATHOLIQIK.  — LA   MESHi:.  Wû 

l'offirande  des  Saintes  Espèces  (4).  —  S.  Félix  (de  269  à  274 j 
voulut  que  les  autels  fussent  dressés  sur  les  reliques  des  mar- 
tyrs ,  conformément  à  un  autre  passage  du  chapitre  vi  de  la 
même  révéla tion.  S.  Sylvestre  (3U-335)  introduisit  Tusage 
exclusif  du  lin  pour  les  nappes  d'autel,  afin  de  rappeler  la 
foi  toujours  pure  de  TËglise ,  aussi  bien  que  la  pureté  du 
cœur  *sacerdotal  exprimée  par  la  blancheur  de  la  toile.  — 
On  doit  à  S.  Grégoire  le  Grand  (590-604)  le  Kyrie  eleison ;em- 
prunté  à  TÉglise  grecque  en  symbole  d'union  avec  elle, 
mais  en  y  ajoutant  le  Christe  eleùon  ;  et  Durant  de  Mende, 
entre  autres  raisons  auxquelles  le  saint  Pape  n'a  peut-être  pas 
songé,  mais  que  la  piété  catholique  peut  fort  bien  se  faire 
sans  inconvénient,  nous  explique  que  ce  chant  fut  partagé 
en  trois  reprises  en  l'honneur  des  trois  Personnes  de  la 
Trinité,  invoquées  trois  fois  chacune  pour  exprimer  leur 
unité  indivisible  (2).  Au  reste,  le  mystère  renfermé  dans 
le  nombre  neuf  ne  semble  pas  étranger  à  cette  combinaison. 
On  sait  que  ce  nombre  est  celui  de  l'heure  de  none,  à 
laquelle  le  Sauveur  rendit  Tesprit  sur  la  croix.  Ce  serait 
donc  un  cri  de  miséricorde  poussé  par  l'ÉgUseau  commen- 
cement du  Sacrifice  où  va  se  renouveler  la  mort  du  Dieu 
rédempteur  (3).  S.  Grégoire,  dont  toutes  les  pages  respi- 


(1)  «  Aquœ...  popali  sunl.  »  {Apoc,  xvii,  15.)  —  Voir^  ci-dessus,  t.  Il, 
p.  284,  TexpUcation  symbolique  de  ce  passage. 

(2)  «  Dicitur  ter  ad  Palrem  ,  ter  ad  Filium  ,  ter  ad  Spiritum  Sano- 
tum...,  ut  notetur  Pater  in  Filio,  et  Filius  in  Pâtre,  et  Spiritui  Sanctus 
in  Qtroque.  »  (Ration,  div.  Officior, yWh*  W ,  cap.  xii.)  —  Voir  aussi 
Brev.  rom.,  12  mart.,  lect.  iinoct.;  —  dom  Gnéranger,  Instit,  liturg,, 
I.  164  et  suiv. 

(3)  Ceci  report  bien  des  propres  paroJes  du  saint  Pape  :  Kyrie  elei" 
«on  el  ChrisU  eleison  dicimus  vl  in  his  deprecationis  vocibus  pauto 
diutius  ocatpemur  (£pist.  LXiv,  lib.  VU;.  Cette  méditation  ne  se  rap- 
porte-i-eUe  pas  de  préférence  et  tout  naturellement  à  Tobjet  de  la 
liesse,  qui  commençait  par  cette  supplication  aussitôt  que  le  prêtre 
était  monté  à  l'autel?  —  On  peut  tirer  la  même  conclusion  de  ce  que 
S.  Méliton  dit  du  nombre  ix  :  Novem  ad  savramenlum,  quod  hora  bo- 
minus  nona  emisil  spiritum,  sec.  MaUh.,  xxvn>46.  [Clavis:  De  Numé- 
ris, IX.) 


458  HISTOIRE   DU   SYMBOLISME. 

rcnt  le6  recÉiercbes  de  ce  yenre,  peut  donc  bien  avoir  eu 
en  vue  celte  idée  mystique  en  indiquant  son  triple  Kyrie. 
C'est  à  ce  même  Pape  qu'on  doit  d'avoir  exclu  du  Carême 
le  chant  de  Y  Alléluia^  emprunte  du  temps  de  S.  Jérôme  et 
du  pape  Damase  à  TÉglise  de  Jéi*usaieni ,  où  il  était  usité 
toute  Tanaée,  comme  ou  fait  encore  chez  les  Grecs.  Cette 
restriction  était  un  symbole  de  plus  et  rendait  tr&-bieD 
les  'tristesses  de  la  pénitence  publique.  N'était-ce  pas 
encore  à  l'occasion  des  appréhensions  de  Rome,  assiégée  en 
594  parles  Lombards,  que  Grégoire  intœduisit  au  canon 
les  paroles  qui  demandent  la  paix  de  ce  monde  et  de 
Tautre  (tj?  L'étude  de  ces  matières,  particulièrement 
dans  l'excellente  Explication  des  cérémonies  de  la  Messe^^r 
le  P.  Lebrun,  puis  dans  les  ouvrages  aussi  solides  qu'in- 
téressants du  cardinal  Bona  et  de  Thomassin,  complétera 
les  connaissances  nécessaires  pour  en  bien  comprendre  l'es- 
prit, et  vaudra  mieux  que  certains  écrits  nouvellement 
publiés  par  des  écrivains  superficiels,  dont  le  but,  en 
traitant  de  telles  choses ,  est  plutôt  un  lucre  de  librairie 
qu'un  désh*  méritoire  de  porter  dans  les  intelligences  la 
lumière  et  l'édification. 
L'ÉffUi«  a  njm-  Cc  qui  précède  indique,  du  reste,  quel  soin  dut  prendre 
tidis  de'sOT^iri-  l'Église  de  symboliser  toutes  ses  pratiques,  devenues  plus 
°'''°**'  capables  par  là  de  se  lixer  dans  la  mémoire  des  hommes 

lA  btbuoffr»-  en  maintenant  d'autant  mieux  leur  attention.  De  là  toutes 

phi6     syonboliiti* 

qu«.  les  prescriptions  des  missels,  les  rubriques  si  nombreuses 

réglant  les  moindres  détails  de  TOffice  divin ,  et  qui  nulle 
part  ne  font  mieux  ressortir  l'intention  doctrinale  de  ses 
illustres  et  pieux  conducteurs  que  dans  les  trois  livres 
connus  sous  les  noms  de  Rituel  ^  de  Pontifical  et  de  Céré- 
mmdul  des  Évéques.  Ces  livres,  dont  le  pape. Benoit  XIV 
revit  le  texte  après  les  révisions  antérieures  de  Pie  V,  de 

(1)  «  Oieaque  nostros  in  tua  pace  disponaB,  aXque  ab  seleriMi  dainna- 
tione  nos  eripi,  et  in  Eiectorum  tuorum  jubeas  grege  numerari.  »  {Ubi 
suprà,) 


UTURGIE  CATHOLK^IK.  —  LE  SIGNE  DE   LA  CROIX.      \:>9 

Clémeol  VIII  et  de  plusieurs  autres  de  ses  prédécesseurs , 
peuvent  être  considérés  comme  le  symbolisme  en  action 
des  Sacrements,  du  culte  public,  et  des  cérémonies  réseï^ 
vées  dans  l'Église  aux  évéques  et  aux  prêtres.  On  ne  peut 
guère  les  lire  avec  fruit  si  Ton  n'en  a  acquis  Tintelligence 
pai'  des  études  spéciales,  au  moyen,  par  exemple,  des 
savants  commentaires  donnés  par  Gavanti  et  Galalani,  deux 
autorités  que  leur  poste  dans  les  congfrégalions  romaines 
rapprochaient  toujours  des  sources  de  la  vérité  (1). 
Que  si  nous  parcourons  les  âges  en  descendant  du  ber-      symbouame  du 

.     i„s    ,.         I      ,,.  .  ,.         .        .  tlipie  d«  la  Croix, 

oeau  de  1  Ëglise  chrétienne  jusqu  a  notre  temps,  nous  ver- 
rons certains  usages  s'établir  successivement  et  rattacher 
à  la  Messe  une  remarquable  série  de  faits  symboliques 
auxquels  on  ne  songe  presque  plus  aujourd'hui,  mais  qui 
n'échappaient  point  à  rintelligence  des  époques  plus  sé- 
rieuses et  plus  saintes.  De  ces  symboles ,  le  plus  ancien  et 
le  plus  usité  est  certainement  le  signe  de  la  Croix,  qui  se 
mulliplie  à  l'infini  dans  toutes  les  relations  liturgiques 
entre  l'homme  et  la  Divinité.  Ce  signe  ayant  été  expliqué 
par  nos  plus  anciens  liturgistes ,  nous  nous  abstiendrons 
cette  fois  de  les  citer,  en  usant  simplement  d'une  interpré-  • 
talion  qui  les  résume  tous  et  qui  s'est  évidemment  ins- 
pirée du  moyen  ftge,  quoiqu'elle  ne  remonte  pas  au  delà  de 
4560.  JU.  le  chanoine  Barbier  de  Montault,  à  la  complai- 
sance duquel  nous  la  devons,  l'avait  extraite,  à  notre  inten- 
tion, à'un  Sacerdotal  ou  Rituel  imprimé  à  Venise  sous  cette 
date.  Yoici  comment  s'exprime  le  livre  italien  :  «  Que  le  chré- 

(1)  L*ouvrage  de  Gavanti  a  pour  litre  :  Thésaurus  sacromm  rUnum^ 
sive  Commentaria  in  rubrieas  Missalis  ei  Breviarii,  MeraU  eo  a  donné 
à  TnriB,  de  1136  h  ilM,  ane  édition^  en  cinq  volumes  in4%'qui  est  la 
xoelUeure,  parce  que  le  savant  éditeur,  en  l'augmentant  d'observations 
qui  avaient  échappé  à  l'auteur,  Ta  enrichie  de  notes  aussi  exactes  que 
solides.  EHe  a  été  reprodoite  récemment  par  la  librairie  de  Paris.  -^ 
Catalan!  a  commenté  aussi  le  PonUficale  romanum  et  le  Ceremoniale 
Spixcoportim.  Les  dernières  éditions  de  ces  deux  ouvrages  importants 
ont  fait  moins  rechercher  celles  de  Rome^3  vol.  in-f»,  1738-40;  ei  9  ia-f*; 
1144. 


I(>0  IIISTOiRK   Dl'   SYMBOU8MK. 

tien  pose  d*abord  la  main  droite  sur  le  front  et  dise  :  au 
NOM  DU  PÈRE ,  parce  que  le  Père  est  le  principe  de  toute  la 
Divinité,  suivant  Texpression  de  S.  Augustin;  ensuite, 
au-dessous  de  la  poitrine,  et  dise  :  et  du  fils,  parce  que  le 
Fils,  procédant  du  Pore,  est  descendu  dans  le  temps  au 
sein  de  la  Vierge;  puis,  qu'il  porte  sa  main  à  l'épaule 
gauche,  et  la  ramène  à  la  droite,  en  disant  :  et  du  saikt- 
ESPRIT,  parce  que  le  Saint-Esprit  procède  par  voie  d'amour, 
et  est  comme  le  lien  du  Père  et  du  Fils,  procédant  de 
l'un  et  de  raulre.  Nous  aussi,  nous  espérons  passer  de  la 
gauche,  c'est-à-dire  dos  tribulations  de  ce  monde,  à  la 
droite  de  l'Éternelle  Félicité.  Enfin  qu'il  dise  en  élevant 
la  main  :  ainsi  soit-il,  qui  signifie:  que  cela  s'accom- 
plisse. » 

Ce  simple  exposé  indique  très-bien  dans  quel  esprit  le 
prêtre  renouvelle  si  souvent  le  signe  de  croi\  sur  les 
offrandes  sacrées  de  l'autel  et  sur  lui-même,  pourquoi  le 
signe  revient  si  souvent  dans  les  bénédictions  et  dans  les 
evorcismcs  :  c'est  toujours  au  nom  de  la  Trinité,  principe 
de  toute  sainteté  et  de  toute  action  liturgique.  De  telles 
•  notions  sont  aussi  très-capables  d'entretenir  la  pieuse  fer- 
veur du  chrétien  qui  prie ,  et  à  qui  ce  signe  est  si  familier 
dans  tous  les  actes  de  la  vie  spirituelle. 

dainminaire,  Lc  luminairc,  parmi  nos  symboles,  est  encore  des  plus 

anciens.  Il  fut  toujours  ce  signe  sensible  de  la  présence 
réelle  du  Seigneur  sur  l'autel  ou  dans  le  temple.  C'est  par 
la  même  raison  que  la  lampe  garnie  de  l'huile  d'olive,  la 
plus  pure  de  toutes  et  la  seule  que  l'Église  admette  pour 
les  Sacrements,  brûle  sans  cesse  et  de  temps  immémorial 
partout  où  l'on  réserve  l'Eucharistie  ou  même  les  pré- 
cieuses reliques  des  Saints  :  car  elle  symbolise  aussi  par  sa 
durée  continue  la  vie  du  règne  futur,  que  rien  n'éteindra 
plus  pour  ceux  qui  l'auront  acquise. 

df.  rÉptire»!  a»      ^ous  entendons  lire  par  le  sous -diacre,  au  côté  sud 

de  l'autel ,  les  prédications  apostoliques  du  nouveau  Tes- 


UTlRGiK  CATHOUyiK. —  LIIS   NÉTEME^TS  SACRÉS.      4  01 

tainent,  parole  divine,  ou  sanctifiant  les  âmes  déjà  pourvues 
de  la  grâce  du  salut ,  ou  appelant  les  peuples  des  contrées 
lointaines  ;  et  c'est  vers  ces  contrées  hyperboréennes  de  ia 
froidure  et  de  la  mort  que  le  diacre ,  en  chantant  l'Évan- 
gile ,  dirige  la  bonne  nouvelle  du  Sauveur.  Chacun  des  et  «le  toute  vae- 

"  ^  tion  du  Saint  3a- 

autres  détails  de  Vacdon  est  ainsi  calculé  d'après  une  criflce. 
idée  mystique  d'où  ressort  un  enseignement  nouveau.  Par 
e\cniple,  le  diacre  et  le  sous-diacre  de  la  Messe  solen- 
nelle, s'échelonnant,  au  moment  du  Sanctus ,  derrière  le 
célébrant,  représentent  les  disciples  s'éloignant  de  Jésus 
à  l'approche  de  sa  passion  (4).  En  un  mot,  tout  devient 
expressif  jusque  dans  les  moindres  mouvements  du  prêtre, 
comnie  on  peut  le  voir  dans  une  foule  de  livres  devenus 
populaires. 
Les  vêtements  sacerdotaux  ne  sont  pas  moins  éloquents      oet  rétementi 

pontifleanx  et  ••- 

par  leurs  formes  et  leurs  couleurs,  et,  à  plus  forte  raison,  il  cmiotnu»: 
n'est  aucune  des  cérémonies  de  la  consécration  des  évoques 
et  des  prêtres  qui  n'ait  son  sens  mystique  et  ne  contribue 
au  cai'actère  sublime  du  nouvel  élu.  Dans  l'origine,  les 
titulaires  des  différents  Ordres  gardaient  continuellement 
leurs  habits  sacrés,  qu'il  fallut  réserver  aux  seules  céré- 
monies quand  le  nombre  des  ministres  se  fut  augmenté. 
S.  Jérôme,  au  rapport  de  Sicardi,  parlait  de  cette  coutume 
comme  déjà  observée  de  son  temps,  au  quatrième  siècle.  Les 
prescriptions  de  l'ancienne  Loi ,  qu'on  trouve  au  ch.  xxviii 
de  TExode,  pourvoyaient  aux  costumes  d'Aaron  et  de  ses 
fils,  des  prêtres  et  des  lévites.  Les  Apôtres  ne  purent  man- 
quer de  s'en  inspirer,  et  c'est  dès  leur  époque,  où  nos  • 
principales  traditions  remontent  toutes,  qu'on  vit  apparaître 
cette  distinction  entre  les  habits  sacrés  et  les  costunçes 
laïques.  N'oublions  pas  cependant  que  cette  distinction  ne 

(i)  «  Ex  nunc  autem  verbis  et  gestibas  Christi  Passio  reprœsentatur* 
Nam  diaconuB  et  sabdiaconus  vadunt  post  dorsum  episcopi  seu  aacer- 
dotis  :  iD  quo  fuga  Apostolorum  in  Cbristi  Passione  signiticatur.  n 
(DuranU  Mimât.  Ration»,  lib.  IV,  parte  ii^  cap.  xii.) 

T.  IV.  il 


I<i2  HISTOIRK  DU   SYMBOLISME. 

put  ôlre  publique  pendant  les  persécutions  des  deux  pre- 
miers siècles.  Quoiqu'il  en  soit,  et  dès  qu'elle  fut  possible, 
une  telle  différence  commandait  trop  le  respect  des  choses 
religieuses ,  et  servait  trop  bien  à  établir  aux  regards  les 
degrés  divers  de  la  hiérarchie  cléricale,  pour  n'être  pas  réta- 
blie.On  peut  lire  avec  fruit, dans  leMitraleàe  Sicardi,évèque 
de  Crémone,  mort  en  <  2^5,  l'histoire  et  le  sens  symbolique 
de  toutes  les  parties  du  vêtement  sacerdotal,  que  nous  allons 
abréger  en  quelques  mots  pour  rester  dans  les  bornes  de 
notre  sujet  (<). 
La  mitre.  El  d'abord  il  faut  observer  avec  lui  que  tous  les  orne- 

ments dont  use  le  prêtre  pendant  les  Saints  Mystères  sont 
propres  à  l'évêque,  et  que  celui-ci  en  a  quelques-uns  dont 
le  prêtre  n'use  pas.  Telle  est,  entre  autres,  la  mitre,  ancienne 
tiare ,  sorte  de  voile  gardant  la  tête ,  mais  aussi  véritable 
couronne  faite  de  fin  lin  ou  de  soie  ornée  d'or  et  de  pierres 
précieuses  ;  elle  signifie  la  garde  des  sens  contre  les  pres- 
tiges du  monde  et  rappelle  la  couronne  de  vie  promise  à 
ceux  qui  aiment  Dieu  en  le  préférant  à  tout.  Ou  bien  on  peut 
y  voir  l'Église  elle-même  parée  de  sa  vertu  pure  comme 
le  lin,  de  sa  sagesse  aussi  belle  que  l'or,  de  ses  gemmes 

(1)  Cf.  Sicardi^  Cremonensis  episcopi,  A/t7ra2e,  inter  opp.;  —Migne, 
PatroL  laiina,  t.  CCXUI,  col.  72  et  seq.;  ~  DuraDti,  Mimai,  episc.^ 
Ration,  div.  Offic,  lib.  111,  cap.  xvii;  —  Poniif.  Roman.,  part.  i,p.  123, 
De  Pallio.  —  Slcardi  n'est  pas  isoIds  intéressant  que  Durant  de  Mende , 
et  il  faut  reconnaître  que  ce  dernier  a  beaucoup  emprunté  à  l'autear 
italien ,  dont  il  est  séparé  par  tout  un  siècle.  C'est  avec  le  même  soin 
que  tous  deux  s'ingénient  à  trouver  du  symbolisme  dans  les  moindres 
détails;  et  ils  ont  prêté  une  trop  ft-équente  objection  à  ces  antagonistes 
de  la  science  exégétique,  qui  leur  reprochent^  en  preoTe  de  son  inanité, 
les  minuties  de  leurs  interprétations  forcées.  L'accord  unanime  de 
deux  auteurs  qui  n'ont  pas  pu  se  concerter  prouve  cependant  très-bien 
que  ni  l'un  ni  l'autre  n'inventaient  leurs  raisons,  et  que,  plus  ou  moins 
admissibles  aujourd'hui ,  ils  les  prenaient  cependant  avec  simpUcité 
dans  les  données  de  leur  époque.  Ceci  ne  prouverait  d'aiUeurs  que 
contre  certaines  exagérations  de  quelques  symbolistes ,  et  non  contre 
le  symbolisme  lui-même,  sur  lequel  notre  lecteur  en  sait  assez  à  pré- 
sent pour  le  défendre  enfin  par  de  bonnes  raisons,  en  laissant  pour 
ce  qu'elles  valent  les  mauvaises  qu'on  lui  oppose. 


LITURGIE  CATHOLIQUE.— LES  VÊTEMENTS  SACRÉS.      463 

qui  brillent  comme  les  vertus  qu'elles  expriment.  Les  deux 
pointes  sont  les  deux  Testaments ,  objet  de  la  prédication 
épiscopale.  Nous  pouvons  faire  observer  ici  que  la  mitre  n'a 
pas  toujours  eu  Félévation  disproportionnée  qu'on  lui  a  vue 
depuis  le  seizième  siècle ,  qui  eût  manqué  à  ses  prétentions 
outrées  de  rompre  avec  tout  le  passé  de  l'art  catholique  s'il 
n'eût  dénaturé  jusqu'à  cette  modeste  et  élégante  mitre  du 
treizième  siècle,  d'autant  plus  gracieuse  qu'elle  s'éloignait  de 
toute  exagération.  C'est  depuis  cette  formidable  hauteur 
remarquée  à  la  mitre  des  évèques  siégeant  au  concile  de 
Trente  qu'il  fallut  faire  entrer  dans  le  cérémonial  rusage,peu 
commode,  qui  interdit  à  l'évoque  de  se  couvrir  et  découvrir 
lui-même.  La  forme  plus  rationnelle  du  treizième  siècle,  à 
laquelle  on  semble  revenir  assez  génémlement  de  nos  jours, 
n'effacera  pas  cet  usage,  consacré  aujourd'hui  par  la  tradi- 
tion, mais  qui  est  loin  d'ajouter  à  la  majesté  des  cérémonies 
épiscopales.  Quant  aux  fanons  qui  retombent  sur  les  épaules, 
ce  ne  furent  d'abord  que  de  simples  galons  destinés  à  con- 
solider au  besoin  la  mitre  sur  la  tète.  On  les  a  conservés 
sans  utilité,  et  l'on  s'en  priverait  sans  grande  perte. 

Les  gants  rappellent  le  conseil  du  divin  Maître  :  «  Que  votre     Le*  ^aats. 
main  gauche  ne  sache  pas  le  bien  qu'a  fait  votre  droite  (4  ) .  » 

L'anneau  fut  toujours  un  signe  de  dignité  :  l'évoque  a  la  ^  L'anneau  «in 

,  eTÂQues  I  des  ab* 

plus  élevée  dans  son  Eglise;  d'alliance,  il  lui  est  uni  comme  w»  et  des  cha. 

*  noine*. 

à  une  épouse ,  qu  il  ne  doit  pas  abandonner  sans  de  graves 
raisons.  C'est  par  le  même  motif  symbolique  que  les  cha- 
noines des  cathédrales  se  parent  de  l'anneau  qu'ils  reçoi- 
vent dans  la  cérémonie  de  leur  installation,  et  qu'ils  doivent 
porter  à  Tannulaire  de  la  main  droite  ;  ils  sont  les  coopé- 
rateurs  de  l'évêque  dans  le  gouvernement  du  diocèse ,  et 
inamovibles  comme  lui,  donc  aussi  les  époux  de  la  même 
Église  (2).  — L'anneau  épiscopal  est  orné  d'un  diamant 

(1)  «  Nesciat  sinistra  tua  quid  faciat  dextera  tua.  i>  (Jfa/(/i.,  vi,  3.) 
(^)  Le  droit  donné  aux  chanoines  cathédraux  seuls  de  porter  Tanneau 
semble  remonter  à  un  induit  du  pape  Célestin  111,  qui^  en  1191^  permit 


I6i  HiSTOlRt:    bl    SYMBOUSMI::. 

pour  moiilk*er  Famour  incorruptible  du  Bon  Pasteur.  —Les 
mêmes  raisons  autorisent  Tanneau  des  abbés  comme  chefs 
des  Ordres  ou  des  monastères ,  sur  lesquels  l'Église  leur  a 
donné  un  droit  de  gouvernement  et  de  juridiction. 
ul  croMt.  La  crosse  rappelle  la  verge  de  Moïse  opérant  les  miracles 

qui  confondirent  Pharaon  (4);  et  aussi  bien  le  bâton  de 
voyage  que  Jésus  permettait ,  à  Texception  de  tout  autre 
objet ,  pour  les  courses  de  ses  Apôtres  (2).  C'est  donc  à  la 
fois  une  défense  contre  l'ennemi  de  la  foi ,  un  appui 
dans  les  fatigues  des  voies  étroites.  Comme  la  crosse 
est  aigué  par  le  bas  et  recourbée  à  sa  partie  supérieure, 
le  pasteur  doit  s'en  servir  pour  exciter  les  brebis  pares- 
seuses, retenir  celles  qu'emporterait  une  dangereuse 
ardeur,  et  au  besoin  en  faire  un  support  pour  les  faibles. 
Qu'elle  soit  d'or  ou  d'ivoire,  ou  môme  de  bois,  comme  celle 
de  certains  abbés  d'Ordres  plus  sévères ,  ce  seront  des  signi- 

au  chapitre  de  Siponte  d'uaer  de  la  mltre^  de  la  crosse  et  de  Taimeau. 
(Bouix  ,  Inslit.  juris  canon.,  p.  505.)  —  Après  cet  exemple ,  d'autres 
chapitres  obtinrent  la  même  faveur ,  qu'on  trouvait  déjà  établie  dès 
1050  par  Léon  IX.  Ce  Pape  donna  aux  clianoines  de  Besançon  le  titre 
de  cardinaux  et  au  doyen  le  droit  d'officier  pontificalemenl.  M.  l'abbé 
Barraud  ,  qui  a  inséré  au  XXX<^  volume  du  Bulletin  monumental 
Une  savante  dissertation  sur  les  bagues  à  toutes  les  époques,  n'a  pas 
porté  ses  recherches  sur  l'anneau  canonial,  dont  on  ne  sait  pas  bien  à 
quelle  époque  il  fut  vulgarisé,  mais  dont  aucun  Chapitre  ne  se  prive  en 
Italie,  et  à  l'égard  duquel  le  droit  s'est  trouvé  fixé  indubitablement, 
après  le  concile  de  Trente,  par  beaucoup  de  décrets  émanés  de  la  con- 
grégation  des  Rites,  surtout  en  i623.  1628  et  1663.  —  Voir  Manuale  de- 
creloruin  S.  R.  C.,teriia  ed.,Romœ,  in-8%  1853, cap.  ix,  §  4,  De  Capitula 
cathedralium,  p.  206,  n©  747.—  Il  est  bien  entendu  que  le  texte  de  ces 
décrets  n'est  applicable  qu'aux  chanoines  titulaires ,  qui  sont  les  seuls 
vrais  chanoines  d'après  le  droit,  et  non  aux  honoraires,  devenus  si 
nombreux  par  un  abus  que  Rome  improuve,  et  dont  le  nom  était  pres- 
que ignoié  autrefois.—  D'après  les  textes  des  nouveaux  décrets,  les 
chanoines  titulaires  peuvent,  cfe  rigore,  avoir  une  pierre  à  leur  anneau; 
mais  ils  ne  doivent  pas,  en  ce  cas,  la  porter  pendant  la  messe,  aûn  de 
faire  autrement  que  lesévêques.  C'est  ainsi  qu'agissent  aujourd'hui  les 
chanoines  d'Orléans  et  ceux  de  quelques  autres  Eglises. 

(1)  Cf.  Exode,  ch.  xvi  et  xvii. 

(2)  «  Et  prœcepit  illis  ne  quid  toUerent  in  via,  nisi  virgam  tantam.  » 
{Marc,  VI,  8.) 


LITURGIE  CATHOLIQUE.— -  LES  VÊTEMENTS  SACRÉS.      465 

fications  diverses,  mais  toujours  symboliques  et  très-faciles 
à  comprendre;  car  nous  savons  de  reste  la  pureté  de  l'ivoire 
et  de  For,  les  richesses  spirituelles  qui  s'y  cachent,  et  le 
mérite  de  la  pauvreté  monastique.  La  simplicité  primitive 
dans  cet  instrument ,  comme  dans  un  si  grand  nombre 
d'autres,  s'est  beaucoup  modifiée,  on  le  sait,  à  travers  les 
siècles  où  l'art  put  développer  amplement  ses  magnifiques 
ressources.  Quant  à  l'orfèvrerie ,  aux  émaux  et  au  soin  d'y 
enchâsser  les  pierres,  brillantes  de  leurs  radieuses  couleurs, 
les  douzième  et  treizième,  surtout,  ont  eu  leurs  chefs- 
d'œuvre  ,  que  nous  admirons  encore  et  dont  on  peut  voir 
les  curieuses  variétés  dans  le  quatrième  volume  des  Mé- 
langex  des  PP.  Martin  et  Cahier.  On  ne  consultera  pas  avec 
moins  de  fruit  la  savante  dissertation  que  M.  le  comte  Au- 
guste de  Bastard ,  le  même  qui  a  bien  voulu  accepter  la 
dédicace  de  notre  livre ,  a  écrite  sur  la  Crosse  découverte , 
en  4856,  daïis  l'ancienne  abbatiale  de  Tiron,  A  propos  de  ce 
symbole  du  douzième  siècle,  conservé  aujourd'hui  au 
Musée  de  Chartres ,  l'illustre  savant  a  composé  un  mémoire 
dont  les  notes  nombreuses  et  toutes  empreintes  de  l'érudi- 
tion qu'on  lui  connaît,  forment  à  elles  seules  un  ensemble 
où  le  symbolisme  est  aussi  bien  compris  que  largement 
exposé.  C'est  un  livre  qu'on  ne  peut  trop  consulter  et  dont 
les  précieux  éléments ,  reliés  par  une  table  analytique , 
fourniraient  des  documents  inappréciables  à  la  science  que 
nous  préconisons  ici  (<). 

Le  pallium  est  aussi  une  marque  de  dignité,  aujourd'hui     L«P»iiium. 
réservée  aux  archevêques.  Ce  fut,  dans  l'origine,  un  man- 
teau d'honneur  envoyé  par  les  empereurs  chrétiens  aux 
prélats,  pour  signifier  que  ceux-ci  ne  différaient  en  rien, 

(1)  Ce  remarquable  travail  forme  la  plus  «grande  partie  du  quatrième 
Tûlume  du  Bulletin  du  Cowité  de  la  langue,  de  l'histnire  et  des  nrls 
de  la  France,  n^»  \0,  11  et  12  de  l'année  1857,  publiée  à  Paris  en  1860. 
—  il  est  très-regrettable  que  tant  de  science  ne  fasse  point  un  livre 
spécial  et  se  trouve  ensevelie  dans  un  recueil  où  quelques  rares  énidits 
songeront  seuls  à  l'aller  chercher. 


166  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

pour  raùtorilé  dans  les  choses  spirituelles,  de  l'empereur 
lui-même  dans  le  pouvoir  temporel.  Les  papes  continuè- 
rent de  l'octroyer  quand  ils  eurent  pris,  à  Rome,  posses- 
sion de  Tautorité  souveraine  que  leur  y  laissa  le  séjour  de 
celle-ci  à  Gonstantinople.  Mais  aussi  le  pallium  changea  de 
forme ,  et  pour  ne  pas  voiler  aux  regards  ni  la  chape  ni  la 
ciiasuble  pontificales ,  on  le  réduisit  bientôt  à  une  simple 
bande  de  laine  blanche ,  large  de  trois  ou  quatre  doigts , 
ornée  dans  sa  longueur  de  quatre  croix  grecques  de  couleur 
noire  :  ce  n'est  donc  plus  qu'une  simple  décoration  indi- 
quant la  suprématie  archiépiscopale ,  aussi  bien  que  celle 
du  patriarche  et  du  primat  :  (c  In  quo  est ,  dit  le  Pontifical , 
pUniiudo  pontificalis  Officii.  »  Cependant  quelques  évoques, 
par  une  faveur  attachée  à  leur  siège,  en  sont  aussi  décorés  ; 
mais  ils  ne  peuvent  s'en  parer,  non  plus  que  les  archevê- 
ques mêmes,  en  dehors  d'un  certain  nombre  de  fêtes  pré- 
vues par  le  Pontifical  romain.  Et  toutefois,  dit  l'auteur  que 
nous  suivons ,  ce  n'est  pas  tant  un  signe  d'honneur  qu'un 
symbole  tout  spirituel.  Gomme  il  se  passe  en  forme  de  cercle 
autour  du  cou ,  et  descend  siu'  le  dos  et  la  poitrine  par  deux 
languettes,  il  semble  entourer  l'homme  tout  entier  et  lui  rap- 
peler le  saint  joug  de  la  Croix ,  avec  laquelle  seule  on  peut 
suivre  le  Sauveur;  et  quant  au  Pape  qui  le  donne ,  il  devient 
envers  ceux  qui  le  reçoivent  le  signe  de  la  mission  aposto- 
lique ,  dont  le  Vicaire  de  Jésus-Christ  est  seul  ici-bas  la 
source  et  le  dispensateur.  Les  croix  noires  sont  également 
un  signe  delà  Passion.  Durant,  une  centaine  d'années  après 
Sicardi ,  y  voyait  mie  pensée  des  quatre  vertus  cardinales , 
parce  que  de  son  temps  elles  étaient  rouges.  Cette  diffé- 
rence, dont  on  ne  sait  pas  l'origine  précise,  prouverait  en- 
core qu'on  ne  croyait  guère  pouvoir  se  passer  de  symbolisme, 
puisque ,  l'un  disparaissant ,  on  en  rattachait  un  autre  au 
même  sujet. 
L%  eroiz  peo-  La  croix  pcctoralc  représente  pour  l'évêque  cette  lame 
d'or   dont  le    pontife  de    l'ancienne  Loi   couvrait   son 


tortt]«; 


Lm  BftiidâlM. 


LITURGIE  CAraOLIQUE.— LES  VÉTEMElfTS  SACRÉS.      467 

front  (4).  Pour  lui,  elle  était  Findice  de  la  Sagesse  d'Ën-Haut, 
qui  n'était  nulle  part  mieux  que  dans  la  Loi  qu'il  personni- 
fiait ;  et,  comme  sur  la  poitrine,  il  portait  aussi  sur  le  rational 
les  mots  doctrine  et  vériêé  (2).  C'est  également  dans  la  Croix 
que  se  résument  pour  le  pontife  chrétien  ces  deux  principes 
qui  n'en  font  qu'un ,  et  qui  doivent  rester  inséparables  de 
sa  personne;  et  comme  la  Croix  est  divisée  en  quatre  par- 
ties. Durant  y  trouve  une  ingénieuse  allusion  au  texte  de 
S.  Paul  sur  les  dimensions  à  comprendre  de  la  charité  divine 
dans  le  mystère  de  la  Rédemption  (3). 

Enfin,  les  sandales  sont  la  dernière  partie  du  vêtement 
spécial  aux  évoques.  Il  paraît  qu'elles  furent  d'abord  de 
couleur  rouge ,  ou  noire,  ou  bleue.  C'est  depuis  le  treizième 
siècle  seulement  qu'on  en  a  fait  de  blanches ,  sans  doute 
pour  les  adapter  mieux  à  cette  couleur  dans  les  fêtes ,  en 
plus  grand  nombre,  où  eUe  devient  nécessaire.  La  raison 
générale  de  cette  chaussure  n'est  pas  moins  mystérieuse 
que  tant  d'autres.  L'évèque  est  obligé  à  parcourir  son  dio- 
cèse ,  et  on  lui  donna  par  là  un  souvenir  de  ce  devoir.  Les 
sandales  étaient  autrefois  munies  de  deux  tissus  qui ,  en 
les  reliant  aux  pieds,  indiquaient  la  formalité  de  la  marche 
et  l'infatigable  ardeur  des  pèlerinages  apostoliques.  Avec  le 
temps  ces  attaches  ont  dispaiii,  comme  la  simplicité  primi- 
tive de  cette  chaussure ,  aujourd'hui  brodée  d'or  ou  d'ar- 
gent ,  et  môme  de  gemmes  diversement  colorées. 

A  l'usage  de  ces  diverses  pièces  du  costume  pontilical     phôw»  «ymbo- 

liqnes  propres    à 

sont  attachées  des  prières,  dont  la  récitation  doit  se  faire  en  chaque  partie  du 
même  temps  qu'on  les  revêt.  Ces  prières,  comme  les  paroles 
du  consécrateur  en  revêtant  l'élu  de  ses  divers  insignes , 
expriment  les  multiples  Mystères  qui  y  sont  attachés.  Il  en 


costume  sacr^. 


(i)  «  Faciès  et  laminam  de  auro  porissimo  in  qua  sculpes  opère  cse- 
laioris  :  Sanctum  Domino.  j>  (Exod.,  xxviii,  34.) 

(2)  «  Doctrina  et  Veritas.  »  {fbid.) 

(3)  n  Ut  possitis  comprehendere  cum  omnibus  Sanctis  quœ  sit  lati- 
tude et  longltudo,  Bublimitae  et  profunduin  Bacraraentihujus.))(£;)/ie5., 
ui,  18.) 


464  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

est  de  même  des  parties  du  costume  sacré  qui  est  commun 
aux  prôtres  et  aux  évoques ,  et  dont  il  nous  reste  à  parler 
ExMn«n  des  vô-  maintenant.  On  ne  perd  pas  de  vue  que  ce  costume  se  rap- 
ra  Saint  Sacrifice,  portc  surtout  à  TofiFrande  du  Saint  Sacrifice.  Il  faut,  toute- 
fois, en  excepter  la  chape,  commune  à  plusieurs  fonctions 
depuis  longtemps,  mais  qui  est  plutôt  un  parement  réservé 
au  chant  des  vêpres, à  TÉvôque  tenant  chapelle,  au  Chapitre 
qui  l'assiste  pendant  les  offices  pontificaux ,  et  aux  proces- 
sions, pour  lesquelles  on  l'employa  d'abord  :  car,  ces  sortes 
de  pèlerinages  en  abrégé  se  faisant  souvent  jusqu'à  des  dis- 
lances assez  éloignées  de  l'église ,  on  se  trouvait  parfois 
obligé  de  se  munir  d'un  manteau,  nommé  de  là  pluviale^ 
puis  cappa  ou  chape,  du  petit  capuce  qu'on  y  ajoutait  pour  se 
couvrir  la  tête  au  besoin.  D'abord  de  simple  drap,  les  chapes 
parurent  ensuite ,  à  cause  de  leurs  dimensions,  plus  dignes 
de  figurer  dans  les  plus  belles  cérémonies.  On  les  fit  de  soie 
ou  d'autres  étoffes  plus  précieuses.  On  y  prodigua  l'or,  l'ar- 
gent, les  pierreries,  les  métaux  ciselés.  On  la  donna  aux 
chantres  comme  à  l'officiant ,  sans  être  un  habit  sacré  pro- 
prement dit ,  sans  obliger  celui  qui  la  porte  à  réciter  aucune 
prière  spéciale ,  sans  recevoir  môme  aucune  bénédiction 
préalableà  son  emploi;  elle  a  pourtant  son  symbolisme,  qui 
a  servi  à  l'autoriser  quand  elle  a  remplacé  la  chasuble  pour 
une  foule  de  circonstances ,  surtout  depuis  le  changement 
de  forme  de  celle-ci.  Durant  ^ oit  dans  ce  large  manteau  qui 
enveloppe  le  prêtre  une  figure  de  la  robe  éternelle  dont 
les  Saints  seront  un  jour  revêtus  (l).  Au  reste,  la  chape  a 
sa  couleur  spéciale,  qui  suit  celle  des  autres  vêtements. 
Mais  revenons  au  Saint  Sacrifice. 
Le  lavoraeiit       Avaut  tout ,  Ic  prôhc  cl  l'évêquc  se  lavent  les  mains  en 

préalable     de4 

maiM.  demandant  à  Dieu  de  leur  doimer  la  vertu  nécessaire  à 

l'œuvre  subhme  qu'ils  vont  opérer  ;  que  l'eau  dont  ils  usent 
les  purifie  de  toute  souillure  de  l'âme  comme  de  celle  du 

l)  Voir  RtUwn,dii\  0/f.,  cap.  xvm. 


LITURGIE  CATHOLIQUE. —  LES  VÊTEMENTS  8AGRÉ8.      409 

corps,  afin  d'être  plus  dignes  du  service  divin.  Celle  lotion 
est  donc  une  sorte  de  baptême  qui  prépare  au  grand  sacre- 
ment. 

L'amict  est  un  voile  de  lin  blanc  dont  rofilciant  couvre  Lamjct. 
sa  tète  et  ses  épaules  :  espèce  de  casque  et  d*arniure  qui  le 
rassure  contre  les  attaques  de  l'ennemi ,  ad  expugnandos 
diabolicos  ineursus.  L'amict  est  l'ancien  éphod  ou  humerai 
du  grand-prêtre,  couvrant  la  tête,  où  résident  les  opérations 
de  l'esprit,  afin  de  les  garder  contre  toute  pensée  inutile  ou 
dangereuse,  puis  le  cou,  où  sont  disposés  les  organes  de  la 
voix,  afin  que  la  sainte  Parole  ne  soit  dite  qu'avec  le  respect 
et  la  dignité  convenables  ;  et  enfin  les  épaules,  sur  lesquelles 
|)èse  le  fardeau  du  sacerdoce,  toujours  redoutable,  toujours 
donc  l'objet  de  notre  plus  affectueuse  attention.  Que  de 
leçons  en  une  si  petite  chose  ! 

L'aube  se  revêt  ensuite ,  tunique  de  lin ,  descendant  jus-  L'Mbo. 
qu'aux  pieds,  costume  des  Anges  toutes  les  fois  qu'ils  ap- 
paraissent à  la  terre,  image  glorieusetie  la  pureté  virginale 
qui  décore  le  prêtre  et  le  lévite  :  il  n'y  a  pas  jusqu'à  la  lar- 
geur habituelle  de  l'aube  qui  n'exprime  dans  la  Loi  nou- 
velle la  liberté  sainte  dont  le  Christianisme  a  donné  l'esprit 
à  ses  enfants  d'adoption.  En  songeant  à  un  tel  insigne,  le 
prêtre  sollicite  dans  son  cœur  et  par  ses  paroles  «  d'être 
blanchi  de  plus  en  plus  et  purifié  davantage ,  »  et,  par  allu- 
sion à  un  passage  de  TApocalypse,  il  invoque  a  le  Sang  puri- 
ficateur de  l'Agneau  qu'il  va  immoler  comme  le  gage  infail- 
lible de  ses  joies  éternelles.  »  On  trouve  dans  le  cordon,  u  cordon. 
cingulum,  qui  retient  l'aube  en  l'appuyant  aux  reins  et  à  la 
poitrine ,  et  en  lui  donnant  des  plis  sans  lesquels  elle  man- 
querait de  grâce  et  d'élégance,  une  allusion  à  la  recomman- 
dation  du  Sauveur  :  «  Ayez  soin  de  ceindre  vos  reins  (I).  » 
C'est  encore,  d'après  S.  Grégoire,  le  symbole  de  la  chasteté  : 
Dimi  sonde  les  cœurs  et  les  reins,  qui  sont  le  siège  des  passions 


.1;  «  Sintiumbiveitri  prœciucti.  »;LMr.,  xir,  î^.^.) 


470  HI8T0IRB  DU  SYMBOLISME. 

charnelles  (4).  Et  quand  fut- il  plus  nécessaire  de  se  le  rap-* 
peler  qu'à  l'approche  du  Saint  des  Saints  dans  le  plus  auguste 
de  ses  Mystères  ? 

L'étoie.  Uétole  était  d'abord  une  première  robe  qui  devint  lourde 

et  embarrassante,  quand  l'aube  fut  devenue  obligatoire.  — 
L'étole  fut  alors  diminuée  de  sa  proportion ,  jusqu'à  n'être 
plus  enfin  qu'une  partie  d'elle-même,  partie  cependant  tou- 
jours nécessaire  et  sans  laquelle  on  ne  peut  célébrer.  En  la 
prenant,  le  préti'e,  se  rappelant  la  première  robe  d'innocence 
perdue  par  le  péché  originel,  conjure  le  Seigneur  «  de  la  lui 
rendre  avec  celle  qui  va  le  couvrir  encore ,  et  en  même 
temps  l'héritage  que  la  première  prévarication  lui  avait  fait 
perdre.  » 

Le  manipule.  Le  manipule,  manipulus^  n'était  d'abord  qu'une  petite  nappe 
ou  linge  blanc  que  le  diacre  et  le  sous-diacre  appuyaient 
sur  le  bras  gauche,  pour  s'en  aider  comme  d'un  moyen  de 
propreté  dans  leur  office,  qui  fut  toujours  d'aider  le  prêtre 
et  l'évêque  à  l'autel,  mais  d'abord  aussi  de  les  assister  dans 
leurs  fonctions  extérieures,  les  voyages,  la  distribution  des 
aumônes ,  etc.  C'est  pourquoi  on  l'appelait  aussi  sudariwn. 
Quand  le  prêtre  et  l'évoque  durent  célébrer  les  saints  Mys- 
tères ou  faire  leurs  autres  fonctions  sans  l'assistance  des 
ministres  inférieurs,  ils  usèrent  aussi  du  manipule,  qui 
devint  un  ornement  sacré,  et  dont  il  ne  fut  plus  permis  de  se 
passer  à  l'autel.  Son  usage  n'a  donc  plus  depuis  longtemps 
que  l'importance  d'un  souvenir  respectable,  et  ceux  qui  le 
prennent  doivent  on  sanctifier  l'emploi  en  demandant  à 
Dieu  «  de  les  rendre  dignes  par  sa  grâce  de  porter  ce  signe 
de  la  componction  du  cœur,  et  du  travail,  »  qui,  accepté  en 
esprit  de  pénitence,  leur  fera  «  mériter  la  joie  des  récom- 
penses à  venir.  »  C'est  aussi  la  pensée  de  l'évêque  lorsque, 
dans  l'ordination  du  prêtre,  il  lui  remet  le  manipule  comme 

(1)  «  Scriitans  corda  et  renés  Deus.  »  {Ps,,  vu,  10.)  —  «  Jubetar  lum- 
bos  restringere  ,  ut  munditia  sit  castitatis  iu  corpore.  »  (S.  Greg. 
Homil.  XIII  in  Luc) 


LITURGIE  CATHOLIQUE. —  LES  VÊTEMENTS  SACRÉS.     47 \ 

un  symbole  des  bonnes  œuvres  qu'il  est  appelé  à  accom- 
plir. 

Reste  enfin  la  chasuble,  dont  le  nom,  casula^  et  plus  tard  ^  ehfl8ubi<«,iA 
planeiay  indique  bien  sa  destination  et  son  office.  C'est  l*habit  tna^ua. 
supérieur,couvranttout  le  reste,  et  dontles  riches  ornements 
rendent  bien  l'importance.  En  effet,  le  diacre,  qui  porte  tous 
les  autres  détails  du  costume  sacré  que  nous  venons  d'expli- 
quer ,  mais  en  faisant  descendre  l'étole  de  l'épaule  gauche 
au  c6té  droit,  afin  qu'il  ne  soit  pas  confondu  en  certains  cas 
avec  le  prêtre ,  ne  peut  user  de  la  chasuble,  qui  est  l'habit 
sacerdotal  par  excellence  ;  il  la  remplace  par  une  dalma- 
tique ^  ainsi  nommée  de  la  province  où  on  l'appliqua  d'abord 
aux  choses  sacrées ,  et  qu'on  croit  n'être  qu'une  reproduc- 
tion de  la  robe  sans  couture  du  Sauveur  que  les  Apôtres 
s'attribuèrent  après  Lui  pour  la  porter  continuellement.C'est 
au  pape  S.  Sylvestre  qu'on  doit  d'en  avoir  fait  le  parement 
du  diacre  pendant  son  office  à  l'autel.  Il  paraît,  d'après  un 
texte  d'Alcuin ,  qu'au  neuvième  siècle  la  dalmatique  avait 
des  ouvertures  sous  les  bras  pour  rappeler  au  diacre  que  la 
lance  avait  percé  le  côté  du  Sauveur  [\),  —  Quant  au  sous- 
diacre  ,  il  n'a  qu'une  simple  tunique ,  d'abord  plus  étroite 
que  la  dalmatique ,  sous  laquelle  elle  se  portait,  et  dont  les 
évoques  ont  conservé  l'usage.  Cie  n'est  guère  que  vers  le 
onzième  siècle  qu'ayant  été  abandonnée  par  le  diacre,  on  la 
donna  au  sous-diacre ,  qui  jusque-là  n'avait  servi  qu'avec 
l'aube,  le  cordon  et  le  manipule,  comme  aujourd'hui  encore 
dans  rÉgUse  grecque,  et  même  dans  l'Église  latine  pour  les 
simples  fériés  de  Carême  et  quelques  autres  circonstances 
analogues.  L'évêque,  en  ordonnant  le  sous-diacre ,  le  revêt 
de  la  tunique,  et  lui  dit  en  même  temps  :  «  Que  le  Seigneur 
vous  donne  lui-même  cette  robe  de  joie  et  de  bonheur.  » 
—  Mais  il  nous  faut  revenir  à  notre  chasuble.  C'est  donc  la 

(1)  «  Habet  pertusa  sub^is  quoniam  iUis  suadet  qui  eam  iodnunt  ut 
ChrisU  vestigia  îmitentur,  qui  lancea  perfusas  edt  in  iatere.  »  (Alcuin. 
y;jp.  in  codice  Vatic.  5099.  Apud  Boldelti.) 


Ckëmg*mtnt9r€- 
gnÊUMmâanêU, 
fmmm  «to  U 
•flbfe. 


ÉtoffiM  des  ha* 
bits  lltnrgiqnM. 


Kit  HTSTOIBE  HV  STHBOLISHB. 

robe  par  excellence  da  prêtre;  elle  représente  la  charité  et  la 
perfection  qui  doit  sanctifier  ses  œuvres  :  Aecipe^  dit  le  Pon- 
tife, vestem  saeerdotalem  per  qttam  ehariiàs  intelliçUur,,.  et 
opus  perfectum.  Cette  seule  formule  établit  assez  quel  tort 
on  a  eu  d'arriver  peu  à  peu,  à  travers  miUe  changements  par 
trop  radicaux,  jusqu'à  dénaturer  tellement  la  forme  antique 
de  ce  beau  vêtement  qu'il  en  est  devenu  méconnaissable,  et 
n'a  plus  rien  du  sens  que  la  sainte  liturgie  n'a  pas  cessé  de  lui 
reconnaître.  Malgré  ses  formes  étroites,  plates  et  écourtées, 
ne  couvrant  plus  le  prêtre  que  d'une  façon  incomplète  et  sans 
signification ,  on  a  cependant  gardé  l'usage  à  la  messe  d'en 
faire  relever  l'extrémité  postérieure  par  le  clerc  ou  par  le 
diacre,  comme  si  elle  devait  encore  embarrasser  le  sacrifi- 
cateur s'agenouillant  pendant  la  consécration.  Si  l'on  voit 
en  cela  un  maintien  de  l'ancien  usage  qu'avait  nécessité  son 
ampleur,  n'y  peut-on  pas  trouver  aussi  une  autre  protesta- 
tion contre  le  malheureux  abandon  de  ses  formes  si  dignes 
autrefois  et  si  majestueuses  ?  Heureusement  que  çà  et  là  ont 
reparu,  tout  récemment ,  ces  coupes  que  nos  pères  avaient 
si  sagement  adaptées  à  tant  d'autres  convenances.  En  atten- 
dant que  cette  réforme  se  généralise  selon  nos  espérances , 
représentons-nous  la  chasuble  comme  nous  étant  ce  joug 
sacré  dont  le  Seigneur  a  dit  «  qu'il  était  un  fardeau  aussi 
supportable  qu'il  est  doux  (1),  »  et  puisse  le  prêtre  accom- 
plir toujours  en  lui  TefTet  qu'il  demande  en  s'en  revêtant 
pour  le  Saint  Sacrifice  :  «  Faites,  ô  mon  Dieu ,  que  je  me 
conduise  en  tout,  sous  ce  joug  vénéré ,  de  manière  à  en 
mériter  toutes  les  grâces!  » 

Gomme  ces  habits  sacrés  sont  faits  d'étoffes  mêlées  d'or , 
d'argent,  de  franges  et  d'orfrois  plus  ou  moins  riches,  aux- 
quels on  peut  ajouter  avec  succès  des  pierres  ou  gemmes 
d'un  symbolisme  qui  s'y  assortisse,  nous  devons  parler  de 


(1)  «  Jugum  enim  meurn  suave  est,  et  onut  meum  levé,  i»  {Matih,, 


r 


LITURGIE  CATHOLIQUE.  —  LES  ÉTOFFES.  \7Z 

ces  étoffes ,  dont  le  fond  est  souvent  chamarré  de  divei*8 
sujets  tirés  de  la  faune  ou  de  la  flore  sacrée ,  et  parle  en 
même  temps  d'autant  mieux  à  Fintelligence  et  aux  sens. 
Quelques-uns  de  ces  tissus  de  soie  ou  de  laine,  conservés 
encore  dans  quelques  sacristies ,  ou  seulement  dans  de 
>ieux  inventaires ,  attestent  le  zèle  pieux  que  mettait  le 
moyen  âge  à  la  confection  de  ces  ornements  si  recher- 
chés, et  dont  le  genre  commence  heureusement  à  renaître. 
On  sait  les  chape3  de  Gliarlemagne  conservées  à  Metz ,  et  ,  Qoeiquesunei 

'^  ^  dM  plus  célèbres. 

de  S.  Mesme  à  Ghinon ,  et  les  deux  du  treizième  siècle 
que  possède  Saint-Sernin  de  Toulouse.  On  peut  observer 
encore  le  voile  oriental  de  la  cathédrale  du  Mans ,  la  cha- 
suble de  S.  Thomas  Becket,  gardée  à  Sens,  celles  de  S.  Ber- 
nard à  Dijon ,  du  B.  Thomas  Hélie  à  Biville ,  et  ailleurs 
beaucoup  d'auti-es  parties  du  vêtement  ecclésiastique  dont 
la  conservation  est  d*autant  plus  précieuse  qu'elles  peuvent 
guider  pour  la  fabrication  intelligente  d'étoffes  destinées 
de  nos  jours  aux  mêmes  usages.  Très-souvent  ces  belles     Leur  omemeo- 

tation  symbolique 

œuvres  sont  d'origine  orientale ,  les  croisades  nous  en  «u  moyen  Age. 
ayant  beaucoup  apporté  ;  et  comme ,  à  la  suite  des  inva- 
sions arabes  ou  de  quelques  malentendus  sur  la  doctrine 
du  second  concile  de  Nicée,  en  786,  les  Orientaux  s'étaient 
abstenus  de  représenter  les  créatures  humaines  dans  leurs 
images  sacrées  ou  profanes  (4) ,  presque  toujours  Tome- 
mentation  de  ces  étofies  consiste  en  figures  d'animaux  et  de 
plantes ,  en  festons  et  en  arabesques  ;  et  toutefois  le  sym- 
bolisme n'y  a  pas  moins  son  rôle,  comme  par  exemple 
dans  les  représentations  du  hom  ,  arbre  mystérieux 
dont  nous  avons  parlé  ci-dessus  (2),  dans  l'adoration  du 
feu,  qui  indiquerait  exclusivement  une  source  persane  si 
parfois  les  chrétiens  de  l'Orient  n'avaient  exprimé  eux- 

(1)  Voir  Pluqnet^  Mémoire  pour  sermr  à  rhistoîre  des  égarements 
àe  l^espril  humain,  L  11^  p.  231  et  suiv.^  in-8s  BcBançon,  1817  ;  —  et 
BfttÛNer,  Hist.  de  Vari  nUmurnental,  p.  67,  in-S»,  1848. 

(2}  T.  ni,  ch.  xiJi,  p.  528  et  saiv. 


474  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

mêmes  par  celte  image  le  culte  du  vrai  Dieu ,  dont  le  soleil 
était  chez  eux  le  fréquent  emblème  :  on  le  voit  par  La  Clef 
de  S.  Mélîlon  et  les  Petites  Formules  de  S.  Eucher  (4). 
saccès  do  roc      Quand  TOccident,  qui  avait  eu  aussi  ses  belles  fabriques 

eldent      en       ce 

jrenre.  d'étoffes  et  de  tapisseries  bien  antérieurement  aux  excur- 

sions d*outre-mer ,  mais  qui  les  avait  négligées  avec  les 
autres  arts  pendant  le  cours  fatigué  du  dixième  siècle,  se 
^  fut  épris  d'une  nouvelle  ardeur  pour  ces  belles  choses,  ou 

ne  vit  rien  de  mieux  que  ce  qui  s'exécuta ,  en  ce  genre, 
dans  les  couvents  de  femmes  (comme  le  prouve  la  belle 
chape  de  Sainle-AIdégonde,  qui  sert  encore  une  fois  par  an 
à  Maubeuge)  et  dans  les  fabriques  françaises ,  dont  le  trei- 
zième siècle  nous  a  laissé  de  si  remarquables  spécimens. 
Outre  les  dessins  de  caprices ,  les  arabesques ,  les  méan- 
dres ,  les  dents  de  scie  et  une  foule  d'autres  moulures  em- 
pruntées fréquemment  aux  sculptures  des  monuments 
religieux  de  cette  riche  époque ,  on  parait  volontiers  le 
champ  de  motifs  blasonnés ,  toujours  symboliques ,  ou  de 
scènes  reproduites  sur  la  soie  et  empruntées  aux  pages , 
alors  si  agréablement  cultivées ,  des  manuscrits  à  lettres 
ornées  et  à  délicates  miniatures. 
La  ohape  de  Mais  avaut  même  cette  belle  époque,  d'habiles  artistes 
s'étaient  exercés  à  des  chefs-d'œuvre.  Ainsi,  la  chape  dite 
de  Charte  magne ,  et  qu'on  fait  remonter  par  conséquent 
au  huitième  ou  neuvième  siècle  ,  représente  un  vaste 
semis  d'aigles ,  symbole  de  l'empire ,  de  la  force  et  de  la 
majesté  ;  puis ,  par  intervalles ,  des  monstres  ayant  une 
tête  de  loup  et  mordant  de  leurs  dents  très-apparentes 
les  jambes  de  ces  oiseaux.  On  devine  facilement  à  ces 
traits  le  grand  empereur  triomphant  des  Saxons  révoltés , 

(0  Solj  Dominus  Jésus  Christus ,  dit  S.  Rucher^  Fonn.,  294  ;  apud 
Spicileg.  Solesm.,  lU  ^  405.  —  a  Vobis  autem  timenUbas Deum  orietnr 
Sol  jasUtiœ.  »  {Malach.,  iv,  2.)  •*»  Voir  Spicileg.^  Il,  60,  et  toat  le  com- 
mentaire qui  s'y  rattache ,  p.  61  et  suiv.;  voir  encore  S.  Justin ,  ilpo- 
log.  u,  sub  fine. 


LITURGIE  CATHOLIQUE.  —  LES  ÉTOFFES.  475 

dont  les  attaques  incessantes  ne  se  terminent  qu'à  leur 
défaite  décisive  ;  c'est  plus  encore ,  car  Taigle ,  qui  est  la 
puissance  de  la  terre ,  est  aussi  Jésus-Christ,  qui  s'y  est 
comparé  ;  et  le  loup ,  ravisseur  cruel  des  brebis  paisibles 
et  innocentes ,  n*est  pas  autre  chose  que  le  diable  inter- 
venant toujoui^  dans  les  aflaires  de  Dieu  et  des  chrétiens 
pour  contrebalancer  le  pouvoir  de  Tun  et  la  sainteté  de 
Fautre  (4).  Au  temps  de  S.  Louis,  la  chasuble  donnée  par 
ce  prince  au  B.  Thomas  Hélie  est  semée  de  fleurs  de  lis 
et  des  tours  de  GastiJle ,  ce  qui  prouverait  que  la  reine 
Blanche  aurait  eu  sa  part  dans  cette  générosité.  Le  lion 
efflanqué  associé  à  ces  tours  indique  d'ailleurs  le  royaume 
de  Léon ,  qui  fut  longtemps  uni  à  celui  de  Gastille.  La 
reine  Marguerite  de  Provence  n'y  serait  pas  demeurée  non 
plus  étrangère  «  car  elle  était  de  la  maison  de  Maurienne , 
et  on  la  reconnaît  à  l'aigle  de  sable  qui  en  formait  les 
armoiries. 
Ce  n'était  pas  là  le  premier  essai  des  pièces  de  blason     o^igia»  dM  «r. 

'^  tr  r  molries  inr  let  or- 

brodées  sur  les  ornements  ecclésiastiques.  On  avait  com-  «>•»•»*•  •eou- 
mencé  cent  ans  auparavant ,  en  4  4  80 ,  à  embeUir  d'un 
semé  de  France  ceux  qui  devaient  servir  au  sacre  de  Phi- 
lippe-Auguste (2).  Depuis  ce  temps ,  on  prodigua  le  blason 
à  bien  d'autres  objets ,  soit  pour  prouver  l'origine  d'une 
donation  à  une  église ,  soit  pour  attester  les  droits  qu'y 
pouvaient  avoir  des  familles  seigneuriales;  et  jusqu'au 
seizième  siècle ,  où  les  derniers  efforts  de  l'art  chrétien 
succombèrent  aux  coups  du  protestantisme  et  du  liberti- 
nage ligués  contre  lui ,  les  chasubles  et  les  autels ,  les  clefs 
de  voûte  et  les  vitraux ,  les  reliques  et  les  vases  sacrés , 

(1)  «  Àquila,  ChrJAtas  :  Sicat  aquila  proTocans  polios  auos  ad  volan* 
dum.  »  {Deuter.,  xxxii,  H.)—  « Terrena  potesta?  :  Dilata^  sicut  aquila, 
calyititim  tanm.  »  (Mich.,  i,  16.)  —  «  Lupus,  animal  valde  vorax..., 
ftguram  geril  diaboU;  ipse  enim  semper  rapina  insistit...  »  (Distinct, 
monastic.  Ub.  Hf,  DeLupo;  apud  Spiciteg.  Solesm,,i,  il,  p.  480^  et  III, 
63.) 

(2)  Eneyel&pédie,  in4»,  t.  XXXI,  p.  685,  v*  SEMé. 


17(î  HISTOIRE   Dr  SYMBOLISME. 

répétèrent  à  Texcès  des  motifs  d'ornementation  qui  furent 
trop  souvent  beaucoup  moins  une  marque  de  dévotion 
qu'une  prétentieuse  exigence  de  la  vanité.  Heureuse  faute  ! 
car  au  moins  ces  vanités  d'alors  servent-elles  à  l'histoire 
de  ces  précieux  objets,  dont  elles  nous  indiquent  seules 
aujourd'hui  l'oripine  ou  la  provenance, 
sjnibousine des  Mais  ccs  habits  sacrés,  par  cela  même  qu'ils  étaient 
jiquet;  liturgiqucs,  devaient  avoir  leurs  différentes  couleurs,  selon 

les  fêtes  ou  le  temps  de  l'année  auxquels  on  devait  s'en 
servir.  Là  était  encore  du  symbolisme ,  non  pas  tant  dans 
le  nombre  sept,  ni  dans  le  nombre  quatre,  quoi  qu'en 
aient  pensé  certains  archéologues ,  car  ce  nombre  fut,  à 
différentes  époques ,  différemment  déterminé ,  que  par  le 
caractère  môme  des  fêtes  auxquelles  se  rapportaient  les 
couleurs.  On  voit ,  d'ailleurs ,  que  ce  symbolisme  ne  s'est 
complété  que  peu  à  peu ,  car  le  nombre  quatre  apparaît 
au  treizième  siècle ,  le  nombre  sept  au  quatorzième  ;  puis 
on  le  réduisit  à  six ,  que  l'ordre  romain  possède  aujour- 
d'hui ,  en  y  comprenant  l'or,  qui  n'est  pas  une  couleur  à 
proprement  parler,  mais  qui  se  mêle  plus  richement  aux 
autres  dans  les  solennités  d'un  ordre  supérieur.  C'est  Du- 
rant de  Mende  qui  compte  quatre  couleurs  ;  il  est  vrai 
qu'il  les  appelle  principales,  ce  qui  suppose  tout  d'abord 
qu'il  en  aurait  pu  citer  d'autres ,  et ,  en  effet ,  il  parle  du 
violet  comme  usité  à  Rome ,  et  du  jaune  {flavo  colore)  , 
qui  ne  l'est  plus  nulle  part ,  outre  le  blanc ,  le  rouge ,  le 
vert  et  le  noir ,  qui  sont  plus  habituels  en  France ,  où  il 
écrit  ;  mais  ce  violet  lui-même ,  couleur  de  la  pénitence  , 
est  employé  dans  le  Carême  aussi  bien  que  le  noir,  qui  a 
la  même  signification  symbolique  et  indique  les  jours  de 
componction  etdedeuU  {V.  La  longue  énumération  que 

(1)  Le  deuil  se  porta  longtemps  au  moyen  âge  en  violet.  Les  rois  le 
conservèrent  jusqu'au  dix-septième  siècle^  et  on  voit  dans  ]es  Mémoires 
deDangeau  (25  février  1689)  que^  le  roi  Jacques  d'Angleterre  étant  à 
Saint- Germain  quand  mourut  la  reine  d'Espagne,  il  prit  le  deuil  en 


LITURGIE  GATHOUQUE.  —  SES  COULEURS.  ^7 

fait  le  prélat  liturgiste  des  fêtes  auxquelles  se  rattachent 
les  couleurs  diverses  se  résume  très-bieu  à  dire  que ,  poiu* 
les  fêtes  de  Notre-Seigneur,  de  la  Sainte  Vierge,  des  Anges, 
des  Confesseurs  et  des  Vierges ,  on  a  consacré  le  blanc. 
On  conçoit  y  d'après  nos  précédentes  explications ,  que  nommait  oOm  m 
rOf&ce  doive  exprimer  par  les  ornements  qu'on  y  emploie  f^rentM  fêtes  de 
la  pureté  de  vie  y  la  candeur  virginale ,  l'incorruptibilité 
de  doctrines  et  la  gloire  sans  tache  de  ces  saintes  per- 
sonnalités, dignes  objets  du  culte  chrétien.  Il  en  doit  être 
ainsi  des  solennités  où  respire  ta  joie,  comme  la  nativité  de 
S.  Jean-Baptiste ,  la  fête  de  la  Trinité ,  celle  de  S.  Michel  et 
des  saints  Anges  gardiens,  etc.  —  Los  martyrs ,  et  les  Apô- 
tres qui  le  furent  tous,  ont  un  souvenir  de  leur  sang  versé 
pour  la  foi  dans  le  rouge ,  qui  devient  leur  parure.  C'est 
dans  ce  sens  que  Boniface  VIII  donna,  vers  4295 ,  aux  car- 
dinaux la  robe  rouge ,  indice  du  dévouement  qui  devait 
aller ,  s'il  était  nécessaire ,  jusqu'à  répandre  leur  sang 
pour  le  Saint-Siège ,  alors  persécuté  par  les  injustices  vio- 
lentes de  Philippe  le  Bel. 

Mais  cette  couleur ,  consacrant  le  plus  sublime  degré  de  Raisou  de 
la  charité,  qui  va  jusqu'à  donner  sa  vie  pour  Jésus-Christ  «riegrare!'' 
ou  pour  ses  frères ,  est  donc  aussi  celle  qui  rend  le  plus 
excellemment  l'action  de  l'Ësprit-Saint ,  source  d'amour, 
et  c'est  pourquoi  le  prêtre  s'en  revêt  à  la  Pentecôte  et  dans 
tous  les  Offices  du  Saint-Esprit.  Quand  sont  accompUs  tous 
les  grands  mystères  de  l'année  ecclésiastique,  et  que  l'Église 
recommence  sa  marche  vers  les  prochaines  fêtes  de  Noël , 
qui  en  réouvriront  le  cycle,  on  prend  le  vert  qui  symbolise 
cette  espérance  ;  car  on  s'applique  alors  d'autant  plus 
à  la  méditation  des  biens  à  venir  qu'aucun  autre  sujet 
n'en  vient  détourner  la  pensée.  N'oublions  pas  cependant , 
quoi  qu'il  en  soit  de  ces  variétés  d'habitudes  sur  ce  point , 
regardé  dans  l'Église  comme  très-important ,  et  à  l'égard 

▼iolet  en  même  temps  que  Louis  XIV.—  Le  noir  se  prend  encore  dans 
rordre  romain  pour  l'Omce  du  Vendredi  sftintf 

T.  IV.  M 


178  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

duqael  les  infractions  sont  toujours  graves ,  n'oublions  pas 
que  les  règles  aujourd'hui  bien  arrêtées  n'ont  pas  été  les 
mêmes  toujours  et  partout.  On  ne  sait  pas  bien  quand  elles 
devinrent  des  prescriptions  légales ,  et  ^  depuis  qu'elles  ont 
fait  loi  j  les  Églises  particulières  ne  s'y  sont  pas  conformées 
avec  le  même  empressement  y  soit  que  Rome ,  la  Mère  et 
la  Maîtresse  de  toutes ,  n'ait  pas  absolument  commandé 
ces  changements  partiels  y  soit  qu'en  certains  diocèses  on 
ait  tenu  à  des  usages  immémoriaux ,  qui  ne  manquaient 
pas  d'ailleurs  de  leur  raison  d'être.  C'est  ainsi  que  le  violet 
s'employait  presque  généralement  en  France,  en  dehors  du 
Carême ,  de  l'Avent  et  des  jours  de  jeûne ,  pour  les  saints 
moines,  les  saintes  femmes,  et,  selon  les  lieux,  pour  les  Doc- 
teurs, les  Prêtres  et  les  Justes,  que  l'Ordre  romain  comprend 
sous  la  dénomination  générale  de  saints  Confesseurs.  C'était 
toujours  consacrer  la  pensée  de  la  pénitence  chrétienne, 
qui  avait  dû  se  remarquer  dans  tous  ces  saints  personnages. 
Nous  avons  toujours  regretté  que  cette  robe  diaprée,  cette 
variété  dans  Vunilé ,  n'ait  pas  été  conservée  aux  Églises  qui 
l'avaient  de  temps  immémorial,  lorsque,  tout  récemment, 
le  retour  à  l'Office  romain  s'est  fait  partout  en  France. 
Rome ,  de  l'aveu  même  de  ceux  qui  ont  le  plus  contribué 
à  ce  changement,  ne  l'eût  pas  exigé  aussi  absolu  si  l'on  avait 
voulu  concilier  avec  ses  usages  respectables  bien  d'autres 
qui  ne  l'étaient  pas  moins.  L'Église ,  qui  tient  tant  à  ses 
traditions  si  justement  vénérées ,  aurait  su  respecter  celles 
que  tant  de  siècles  et  de  si  justes  raisons  avaient  consacrées 
en  France  ou  ailleurs. 
Appueatioa  o«-      Le  pape  Innocent  m,  dans  son  Traité  du  Saint  Sacrifice  y 

cailonnelle   d'au* 

tTM  eoQiean  à  fait  obscrvcr  que  les  quatre  couleurs  usitées  à  Rome  de  son 

dM  cérémoniM  11- 

tvrgiqnM.  tcmps  répoudaicut  à  celles  employées  dans  la  Loi  mosaïque. 

Ce  devait  être  une  raison  pour  tenir  à  celles-là,  qu'on  n'a 
jamais  contestées  nulle  part  ;  mais  rien  n'a  pu  déroger  à 
cette  pensée  dans  l'emprunt  que  d'autres  Églises  ont  fait 
plus  tard  à  des  couleurs  nouvelles  :  Rome  n'en  a-t-elle  pas 


LITURGIE. —  LES  FÊTES  CHRÉTIENNES.  479 

elle-même  donné  Texemple  quand ,  pour  la  bénédiction  de 
la  rose  d*or ,  au  troisième  dimanche  de  Garème ,  elle  a  pris 
un  ornement  couleur  de  rose  sèche ,  dont  parle  le  cheva- 
lier Horoni  ?  Certes ,  c'était  là  du  symbolisme ,  ou  il  n'y  en 
aura  jamais.  Or  tous  les  usages  de  ce  genre  ou  d'autres 
analogues  avaient  été  motivés  ailleurs  par  les  mêmes  rai- 
sons ,  et  jamais  on  n'avait  songé  à  lés  réprouver. 

La  même  variété ,  le  même  esprit  avaient  présidé  à  Fin-     symbounie  des 
stitution  des  fêtes.  De  quelques  noms  qu'elles  fussent  dé-  ^' 

corées  dans  le  rang  hiérarchique  servant  à  déterminer 
leur  importance  relative ,  doubles  ou  solennelles ,  annuelles 
ou  de  première  classe ,  le  même  caractère  symbolique  s'y 
reflète  ayec  la  même  grandeur  et  la  même  majesté.  C'est 
dans  la  célébration  de  ces  jours  bénis  que  se  montrait  sur- 
tout autrefois,  quand  la  simplicité  d'une  piété  naïve  n'avait 
pas  encore  cédé  à  la  froideur  de  notre  religiosité  moderne, 
le  goût  de  nos  aïeux  pour  le  symbolisme  et  les  figures.  Un 
rapide  aperçu  de  quelques-uns  de  leurs  usages  suffira  à 
nous  en  convaincre. 

La  principale  des  fêtes  chrétiennes ,  et  la  première  in-  «*  d»âbord  dn  dj- 

ouuicbo  I 

stituée ,  fut  naturellement  le  dimanche ,  auquel  se  ratta- 
chaient tant  de  souvenirs.  S.  Justin  en  donne  pour  raison 
que  ce  fut  le  premier  jour  de  la  création ,  où  la  lumière 
succéda  aux  ténèbres  (4).  Ce  fut  aussi  celui  de  la  résurrec- 
tion du  Sauveur  ;  et  il  est  probable  que,  lors  de  la  descente 
du  Saint-Esprit  à  la  Pentecôte ,  les  Apôtres  étaient  assem- 
blés pour  célébrer  cette  même  fête  dominicale ,  déjà  insti- 
tuée par  eux.  Les  païens ,  qui  avaient  fait  du  premier  jour 
de  la  semaine  celui  du  soleil ,  n'avaient  pas  d'autre  origine 
de  cet  usage  que  l'antique  tradition  de  la  Genèse.  S.  Jean 
Ghrysostome  regarde  ces  pieuses  réunions  comme  une 
image  de  celle  du  ciel ,  où  les  Anges  et  les  Saints  répètent 
sans  cesse  les  louanges  de  Dieu  (2). 

(1)  Apolog.,  ubi  soprà. 

(2)  Homii.  super  Vîdi  Dominum, 


480  HISTOIRE  OU  SYMBOLISME. 

et  dM  offioM  en      Quand  les  fêtes  durent  se  multiplier  à  Foccasion  soit  de 

Textension  du  Christianisme ,  soit  de  faits  nouveaux  ou  de 
circonstances  historiques,  on  ne  manqua  pas  d'y  mêler,  tant 
dans  la  liturgie  que  dans  les  ornements  artistiques  dont  on 
parait  les  temples  et  les  autels ,  une  foule  de  symboles  très- 
capables  d*en  faire  comprendre  Tobjet  et  Tesprit.  L*Office 
diyin,  tel  qu'il  fut  conçu  tout  d'abord,  et  que  nous  le  repré- 
sentent les  Pères  des  temps  primitifs,  en  fut  tout  imbu  ;  et  un 
litui*giste  fait  observer  que  la  raison  qui  fit  choish*  dans  la 
règle  de  S.  Benoît  le  psaume  ui ,  que  nous  récitons  encore 
à  matines,  c'est  qu'il  y  est  mention  du  sommeil  et  du  lever  : 
Ego  dormivi  ^  et  soporalus  sum^  et  exsurrexi  (4).  C'est  de 
la  sorte  que  furent  toujours  choisis  aux  différentes  solen- 
nités les  passages  des  Livres  saints  qui  se  rapportaient  le 

obBerTMOM  m-  micux  à  Icur  sujet.  On  voit  dans  S.  Augustin  que ,  la  veille 

de  tS^^"^^    ^  de  Pâques,  les  catéchumènes  chantaient  en  allant  aux  fonts 

du  baptême  le  beau  psaume  xli  :  Sicut  cerw^s  desideral 
ad  fontes  aquarum.  Cette  belle  et  significative  cérémonie 
s'était  perpétuée  jusqu'à  nous ,  pendant  les  vêpres  de  l'Oc- 
tave de  Pâques,  dans  les  églises  munies  de  fonts  baptismaux; 
et  Rupert  bl&mait  avec  raison  les  moines  qui  ne  s'abste- 
naient pas  de  cette  cérémonie  dans  leurs  églises  où  les 

de  rAiceiiBion.      fouts  u'existaieut  pas  (2) .   Ce  même  Rupert ,  aussi  bien 

qu'Honoré  d'Autun ,  expliquent  la  procession  solennelle 
qui ,  déjà  de  leur  temps ,  précédait  la  messe  de  l'Ascen- 
sion, par  l'intention  de  représenter  le  retour  de  Jésus-Christ 
vers  son  Père  :  la  marche  du  clergé  poiiant  les  reliques 
indique  le  triomphe  du  Sauveur,  au  devant  duquel  les 
Anges  se  portaient  pour  l'accompagner  à  son  entrée  dans 
le  ciel  (3). 

laiTM?'*'  ^*'*"*      ^  mysticisme  ne  devait  pas  avoir  de  limites ,  et  l'envie 

{{)  Voir  Grancolas,  TraUé  de  VOf/ice  divin,  p.  290,  in-12,  Paris, 
1713. 
(2)  Grancolaa,  ibid.,  p.  569. 
(3}  De  Orfic,  div.,  lib.  III,  cap.  x. 


LITURGIE.— LES   FÊTES  CHRÉTIENNES.  48f 

de  donner  plus  d'expression  à  ces  grands  actes  de  la  vie 
religieuse  y  introduisit,  selon  le  génie  de  chaque  Église,  des 
usages  variés  qui  les  rendirent  plus  populaires  et  faisaient 
de  leur  retour  annuel  un  sujet  de  joie  autant  que  de  naïve 
édification.  Il  ne  faut  pas  chercher  une  autre  cause  à  ces  »«•  feux  de  u 
feux  de  la  Saint-Jean  sur  lesquels  se  sont  tant  évertués  des  **^ 

dissertateurs  qui  en  ont  tant  dit ,  excepté  la  raison  véri- 
table. Ce  dut  être  dès  les  premiers  jours  de  la  foi  qu'on 
chercha  à  traduire  par  cette  manifestation  les  paroles  pro- 
phétiques de  l'Ange  à  Zacharie  :  «  La  multitude  se  réjouira  à^ 
sa  naissance  (4).  »  C'était  prendre  à  la  lettre  le  texte  évangé- 
lique,  et  l'Église  ne  s'y  opposa  jamais  dès  lors  que,  dans  ces 
coutumes  adoptées  par  les  peuples,  il  n'y  avait  qu'un  moyen 
de  plus  de  protéger  le  dogme  et  d'étendre  les  droits  de  la 
moi-ale ,  qui  s'y  unit  toujours  étroitement. 

Il  y  a  plus  :  le  peuple,  que  séduisent  facilement  les  dehors  utmtë  sociale 
d'une  institution  quelconque ,  ne  voyait  bien  le  sens  inté- 
rieur et  symbolique  de  ces  réjouissances  chrétiennes  que 
par  l'enseignemenl  qu'on  lui  en  donnait,  et  il  comprit,  dès 
l'apparition  primitive  de  ces  nouveautés  religieuses,  qu'elles 
renfermaient  pour  lui  un  double  intérêt  d'utilité  et  de  dé- 
lassement. Ainsi ,  le  dimanche  et  les  autres  fêtes  n'étaient 

• 

(1)  «  Et  mulliin  nativitate  ejus  gaudebunt.  »  {Luc,  i,  14.)-^  Beau- 
coup de  superstilioDs  et  de  croyances  populaires  se  sont  mêlées  , 
en  divers  endroits  et  &  diverses  époques  ,  aux  fêtes  de  la  veille  de  la 
SainWean.  Durant  de  Mende  en  parle  (t.  V ,  trad.  de  M.  de  Barthé- 
lémy,  p.  62^  63  et  83)^  et  M.  de  la  Fonâ  de  Melicocq  eo  cite  d'autres 
dans  les  Annales  archéologiques,  XVI,  175.  —  Dans  presque  tous  ces  • 

usages  on  trouve  une  pensée  symbolique  ;  mais  le  fond  n'en  reste  pas 
moins  le  même,  et  dès  le  commencement  ce  fut  seulement  une  marque 
de  pieuse  joie  pour  la  naissance  du  saint  Précurseur.  Le  moyen  Age 
y  fit  entrer  çÀ  et  là  quelques-unes  de  ses  légendes  ;  quelques  rares  su- 
perstitions de  la  foule,  la  plupart  incomprises,  s'y  mêlent  encore  :  mais 
presque  partout  aujourd'hui  l'acte  se  borne  à  une  marche  procession- 
nelle autour  du  feu  allumé  par  l'Officiant,  au  chaut  de  l'hymne  Ut  queant 
Iaxis,  qui  est  celle  de  la  fête.  —  On  voit  ainsi  que  la  cérémonie  du 
fea  est  revenue  à  sa  plus  simple  et  naturelle  expression ,  et  n'est  point 
du  tout  ce  qu'en  ont  dit  de  nombreux  dissertateurs  qui  se  sont  égarés 
sur  ce  point  à  perte  de  vue.  (Voir  ci-dessus,  1. 1,  p.  310.) 


482  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

pas  seulement  des  jours  plus  spéciaux  de  devoirs  envers 
Dieu;  c'était  encore  un  jour  de  repos,  symbolisant  aussi  le 
couronnement  de  l'œuvre  des  six  jours ,  merveilleusement 
accomplie  par  la  main  divine.  Ces  jours  privilégiés,  tout 
empreints  de  ces  souvenirs  grandioses ,  devaient  passer  à 
l'état  d'institution  sociale ,  car,  tout  en  facilitant  les  rela- 
tions de  famille ,  en  multipliant  les  réunions  plus  expan- 
sives  entre  les  hommes ,  ils  formaient ,  pour  le  cours  de 
l'année,  des  divisions  mémorables,  et  comme  des  étapes  con- 
venues auxquelles  aboutissaient  les  affaires  d'intérêt  com- 
mun ou  particulier,  les  conventions ,  les  termes  des  transac- 
tions commerciales  ou  agricoles.  La  plupart  du  temps  les 
fêtes  désignaient  une  date  précise ,  sans  autre  secours  de 
divisions  mensuelles  et  de  jours  déterminés ,  dans  les  actes 
et  contrats  qui  garantissaient  l'usage  des  propriétés  ou  les 
époques  de  redevances.  Noël ,  Pâques ,  la  Saint-Jean  d'été 
ou  d'hiver,  la  Saint-Martin,  la  Notre-Dame  de  niars  ou  de 
septembre  formaient  le  calendrier  usuel ,  et  cette  méthode 
n'avait  sa  raison  que  dans  le  lustre  donné  par  l'Église  à  ces 
mêmes  jours  embellis  par  elle  d'un  caractère  sacré.  Alors 
elle  déployait  le  luxe  de  ses  ornements  ;  elle  déroulait  ses 
plus  belles  tentures  historiées  d'allégories  ou  de  faits  de 
nos  deux  Testaments  ;  les  cérémonies  y  développaient  les 
pompes  de  leurs  processions  majestueuses,  de  leurs  chants 
joyeux  répétés  par  le  peuple,  qui  prenait  sa  place  et  sa  part 
dans  ces  beaux  spectacles ,  dont  le  fond  tendait  toujours  à 
lui  rappeler,  avec  ses  devoirs  d'adoration  et  de  fidélité ,  les 
grandes  destinées  qui  lui  sont  promises ,  aussi  bien  qu'aux 
puissants  de  la  terre  ;  et  ceux-ci ,  non  moins  obligés  que 
les  petits  à  figurer  dans  ces  comices  de  la  religion ,  y  ap- 
prenaient ,  au  profit  de  tous  et  d'eux-mêmes  ,  la  juste  et 
impartiale  égalité  que  Dieu  devait  faire,  par  un  jugement 
très-prochain,  entre  les  rois  et  les  sujets.  C'était  donc  encore 
le  symbolisme  du  ciel  avec  ses  places  diverses  pour  les  dif- 
férents mérites ,  et  sa  hiérarchie  éternelle. 


\ 


LITURGIE.— LES  FÊTES   CHRÉTIENNES.  >I83 

Ainsi  pouvons-nous  dire  avec  un  évêque  de  notre  temps  : 
«  Il  n'y  a  rien  dans  les  rites ,  même  dans  ceux  qui  parais* 
sent  les  moins  importants,  qui  n*ait  sa  raison  d*être,  et  sou- 
vent un  sens  très-profond.  Le  symbolisme  chrétien  est 
quelque  chose  d'admirable  pour  qui  sait  le  comprendre. 
C'est  Dieu  avec  ses  infinies  perfections  et  ses  magnificences, 
c'est  l'Église  avec  ses  doctrines  et  son  histoire  rendues  sen- 
sibles aux  yeux  de  notre  infirmité  (^  ) .  » 

Nous  avons  dit  que  le  Bréviaire  et  le  MisseL  le  Rituel  et  le     étude  de*  btm. 

liturgiques  et  des 

Cérémonial^  sont  pleins  de  symbolisme ,  et  c'est  de  cette  nsageBiooMu. 
quadruple  source  qu'il  découle,  en  effet,  par  une  applica- 
tion de  chaque  jour ,  dans  le  culte  et  dans  les  moyens  sen- 
sibles employés  par  lui.  Que  si  nous  ajoutons  à  ces  sources 
les  usages  locaux  des  Églises  particulières^  nous  aurons  un 
ensemble  de  curieux  renseignements  très-capables  de 
compléter  à  cet  égard  les  notions  qui  se  rattachent  à  notre 
sujet.  Parcourons  donc  rapidement  le  cycle  de  Tannée 
liturgique. 

En  quelques  églises,  comme  à  Auxerre,  le  V^  dimanche  L'ATent. 
del'Avent,  on  commençait  l'Office  de  matines  par  l'invi- 
tatoire  :  Ecce  Lux  veroj  pendant  lequel  un  enfant  de  chœur 
venait,  de  derrière  l'autel  jusqu'au  siège  des  chantres,  tenant 
un  cierge  allumé.  A  Glermont,  ce  même  jour,  lorsqu'on 
chantait  au  chœur  ces  paroles  du  douzième  chapitre 
d'Isale  :  Audite,  annuntiate  in  universa  terra^  les  musiciens 
et  les  chantres  montaient  sur  la  tour  de  l'église  et  redi- 
saient ces  paroles  en  musique,  tournés  vers  les  quatre  par- 
ties du  monde.  Ailleurs ,  faute  d'harmonie ,  ou  dans  une 
intention  équivalente ,  on  sonnait  la  plus  grosse  cloche 
pendant  ce  même  chant,  comme  on  le  fait  souvent  encore 
pendant  le  Magnificat  et  le  Te  Deum  (2). 

A  Amiens ,  un  ancien  usage  s'était  perpétué  jusqu'aux     nosi. 


(1)  Mgr  Guibert^  évêque  de  Viviers,  Lettre  à  son  clergé  sur  les  éludes 
ecclénasligues,  2  octobre  185i. 

(2)  Grancolas^  Traité  de  l'Office  divin,  p.  404. 


• 


484  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

troubles  religieux  de  4790.  Quand  on  chantait  Thymne 
des  premières  vêpres  de  Noël,  à  ces  paroles  :  Veni^  Redemptor 
omnium^  et,  plus  tard,  à  celles-ci:  Tu  lumen,  (usplendar 
Patris,  qui  leur  avaient  succédé,  ou  allumait  des  cierges 
autour  d'une  crèche  voisine  de  Tautel,  et  dressée  tout 
exprès  pour  renouveler  la  scène  de  Bethléem.  A  Rome,  à 
Sainte-Marie-Majeure,  on  expose  dès  la  veille  la  crèche  de 
Notre-Seigneur  dans  la  sacristie.  Le  lendemain,  entre  les 
matines  et  la  messe  de  minuit ,  on  la  transporte  solen- 
nellement sur  le  mattre-autel ,  où  elle  demeure  toute  la 
journée  (4). 

Quelques  empereurs,  entre  autres  Charles  FV  et  Fré- 
déric III ,  étant  à  Rome  et  assistant  à  ce  même  Office , 
tenaient  beaucoup  à  y  lire  la  vïi«  leçon,  où  se  trouvent  ces 
paroles  :  Ediit  ediclum  a  Cœsare  Auguito.  Sigismond  le  fit 
au  conciJe  de  Constance  en  \  44  7,  et  Frédéric  III  devant  le 
pape  Paul  II,  en  4468.  Il  y  avait  plus:  les  Pères  de  l'Église, 
parmi  lesquels  nous  ne  citerons  que  S.  Augustin,  trou- 
vaient un  mystère  tout  divin  dans  là  coïncidence  provi- 
dentielle établie  entre  la  naissance  du  Sauveur  et  l'époque 
de  l'année  où  le  soleil,  après  s'être  abaissé  chaque  jour 
davantage  depuis  le  solstice  d'été,  commence  à  remonter 
vers  le  plus  haut  point  de  sa  course  annuelle  (2). 
L*épiphuiie  et  Dans  toutes  les  églises  où  la  messe  solennelle  des  diman- 
wjow!    ""   *  ches  et  fêtes  était  précédée  d'une  procession  qui  perpétuait 

la  mémoire  de  celle  qu'on  faisait  dès  les  premiers  temps 
pour  accompagner  Tévéque  de  sa  demeure  à  la  basilique 
où  il  venait  officier,  on  avait  symbolisé,  pour  la  procession 
de  l'Epiphanie,  le  douzième  verset  du  deuxième  chapitre  de 

(1)  Barbier  de  MontauU ,  V Année  liturgique  à  Rome, p.  127,  in-18^ 
Paris,  1857. 

(2)  0  Oriente  hodie  Salvature,  non  solum  humani  generis  salus^  sed 
eliam  ipsius  9olis  claritas  ioDovatur  :  sicut  ait  Apostolus  :  Ut  perfpsinn 

«  resiaureniuromnio,  sive  qus  in  rœlo,  sive  qu»  in  ierra  suni.  Si  eoim 
obdcuralur  bol  eum  Christui»  nioritur ,  nece^se  est  illiim  plus  solito 
lucere  cum  aascitur.  »(S.  August.,  De  Naliv»  Domini.) 


UTUR6IE.  — LBS  FÊTES  CHRÉTIENNES.  485 

S.  Matthieu,  racontant  que  les  Mages,  après  avoir  adoré 
l'Bnfont-Dieu,  et  voulant  éviter  Hérode,  s'en  retournèrent 
dans  leur  pays  par  une  autre  route ,  sans  repasser  par 
Jérusalem  (4).  Ce  jour-là,  en  effet,  la  procession  se  faisait 
dans  le  sens  opposé.  Nous  avons  vu  cet  usage  regrettable 
pratiqué  à  Poitiers ,  ainsi  que  beaucoup  d'autres  qu'on 
devrait  y  avoir  encore,  comme  on  les  a  gardés  ailleurs, 
par  exemple  à  Notre-Dame  de  Chartres  et  dans  tout  le 
diocèse.  Rien  n'était  plus  conforme  aux  pensées  des  Pères  : 
S.  Hilaire  n'y  faisait-il  pas  allusion  autant  qu'au  texte  sacré, 
quand  il  regardait  ce  voyage  insolite  comme  un  avertisse- 
ment de  ne  point  revenir  dans  les  voies  de  l'erreur  une 
fois  abandonnées  (2)  ?  et  S.  Augustin  n'exprimait-il  pas  la 
même  idée  en  parlant  de  cette  route  nouvelle  que  doit 
tenir  l'homme  converti  pour  arriver  à  sa  véritable  patrie, 
sans  se  jeter  dans  les  embûches  de  l'ennemi  (3)  ?  Quant 
aux  présents  offerts  par  les  rois  de  l'Orient,  les  eucologcs 
sont  pleins  d'explications  sur  les  figures  qu'il  faut  y  voir  ; 
tout  le  monde  les  comprend.  Ajoutons  seulement  que  nos 
rois  gardèrent  longtemps  parmi  leurs  habitudes  de  piété 
celle  de  venir  à  l'Offrande  pendant  la  messe  de  la  Manifes^ 
tation  et  d'y  déposer  l'or,  la  myrrhe  et  l'encens,  dont  ils 
savaient  très-bien  le  sens  symbolique.  Au  rapport  de 
Nangis  (4),  S.  Louis  n'y  manquait  jamais. 
C'est  au  pape  Gélase  (492-496),  sinon  à  quelque  autre  plus     pwsentation  du 

^    ^  -1        ^  r  Sauveur  au  t«m- 

ancien,  qu'il  faut  reporter  l'institution  de  la  cérémonie  des  pie. 
cierges  {la  Chandeleur)  le  jour  de  la  présentation  de  Jésus 
au  Temple,  qui  est  en  même  temps  celui  de  la  purification 

(1)  «  Per  aliain  viam  reversi  sunt  in  regionem  suam.  »  {Matth.,  il, 

120 

(2)  «  Id  Ghristo  salutem  omuem  et  spein  locautes,  admonemur 

prioris  vit»  itinere  abstinere.  »  (S.  flilur.,  De  TriniL,  lib.  IV.) 

(3)  «  Non  qua  venitnus,  sed  per  aliam  viam  in  patriam  redire  debe- 
mus,  (|uam  rex  superbus  humiU  régi  adversarius  obsidere  non  possit.  » 
rS.  ÂogaBL^  In  Matlh,,  cap.  ii.) 

(4)  Ad  ann,  1278. 


Paquet. 


486  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

de  Marie.  C'était  un  de  ces  pieux  artifices  que  l'Église  em-* 
ploya  souvent  pour  sanctifier  des  coutumes  idolàtriques» 
auxquelles  les  païens  tenaient  beaucoup,  et  qui  les  atta- 
chaient à  leurs  superstitions.  On  sait  que  ces  populations 
arriérées  observaient,  encore  fort  longtemps  après  le 
triomphe  du  Christianisme,  leurs  lupercales  ;  elles  y  por- 
taient des  torches  allumées  en  se  rendant  aux  autels  de 
Pan  le  4  5  février.  On  y  substitua  la  procession  des  cierges 
flamboyants  avec  le  chant  du  cantique  de  Siméon  :  Lumem 
ad  revelationem  gentium  {à).  On  faisait  plus  en  quelques 
lieux,  à  Poitiers  par  exemple,  entre  les  vêpres  et  les 
complies  des  dimanches  qui  s'étendaient  de  la  Purification 
au  Carême:  le  clergé  s'avançait  en  procession  dans  les 
vastes  nefs  de  la  cathédrale,  et,  s'arrêtant  avant  de  rentrer 
au  chœur ,  sur  le  seuil  de  la  grande  porte ,  y  chantait  le 
répons  Sancta  et  immaculata  VirginilaSy  puis  l'antienne 
Tnviolata  :  rendant  ainsi  un  hommage  touchant  au  plus 
glorieux  des  privilèges  de  Marie. 

Ces  traits  historiques  suffisent  pour  démontrer  quelle 
part  le  peuple  chrétien,  dans  toutes  ses  conditions  sociales 
et  dans  tous  les  temps,  prenait  aux  grands  jours  de  TÉglise. 
Nous  n'indiquerons  plus  qu'en  peu  de  mots  certaines  par- 
ticularités plus  curieuses.  A  Poitiers  encore,  dès  le  grand 
matin  du  jour  de  Pâques,  on  aUait  retirer  de  la  crypte  pra- 
tiquée sous  Tautel  principal  de  Notre-Dame-la-6rande  le 
Saint-Sacrement,  qu'on  y  conservait  depuis  le  Jeudi  saint,  et 
on  le  transportait  en  grande  pompe  au  tabernacle  du  sanc- 
tuaire. Cette  belle  et  touchante  cérémonie  s'observe  toujours, 


(1)  Voir  Sabbalhier,  Dictionn.  d'antiquttés,  vo  lupbrcales.— Groifiet, 
Année  chrélienne ,  février^  p.  14.  ^  Les  bréviaires  de  France  avaient 
naguère  une  belle  bymne ,  cbantée  pendant  la  procession ,  où  tout  le 
mystère  s'exprimait  par  ces  poétiques  accents  : 

Lumen  mlnistret  splendidior  fldos, 
MJniBtret  Ignw  flammea  chAritas^ 
Spcs  thura  ;  neo  dealnt  odores 
Qaos  operam  bona  fama  Aiodat. 


f 


LITURGIE.— LES  FÊTES  CHRÉTIENNES. 


487 


et  reste  encore  très-populaire.  En  effet,  quelle  plus  sympa- 
thique reproduction  de  la  sortie  du  sépulcre  !  —  Ce  n'était 
pas  tout  :  les  représentations  dramatiques  se  jouaient  surtout 
à  l'occasion  de  cette  grande  fête.  A  Amiens  et  à  Saintes,  on 
n'oubliait  jamais  le  drame  des  Trois  Marie;  à  Douai,  les 
vicaires  prenaient  le  rôle  des  pèlerins  d'fimmatls.  On  en 
citerait  bien  d'auti*es.  Le  caractère  de  simplicité  chré-* 
tienne  dominait  dans  les  peuples,  avides  toujours  de  ces 
saintes  joies,  qui  ne  se  sont  effacées  qu*à  mesure  du  chan- 
gement des  mœurs  et  de  l'affaiblis^ment  des  croyances. 
On  a  changé  tout  cela  pour  TOdéon,  l'Opéra,  la  Porte-Saint- 
Hartin.  Il  est  vrai  qu'on  a  eu  le  plaisir  d'y  ajouter  les 
scènes  un  tant  soit  peu  moins  paisibles  des  grèves  et  du  suf- 
frage universel!... 

Ce  même  sentiment  avait  inspiré  pour  le  jour  de  la  Pen- 
tecôte d'autres  scènes  à  effet,  qui  variaient  çà  et  là  selon 
le  génie  des  naïfs  inventeurs.  A  Noyon ,  quand  se  chantait 
rOfiîce  de  tierce,  à  l'heure  où  le  Saint-Esprit  s'était  répandu 
sur  le  Collège  Apostolique ,  on  lâchait  du  haut  des  voûtes 
ane  colombe  qui  y  voltigeait  sur  l'assistance.  A  Saintes , 
durant  le  même  Office,  et  quand  se  chantait  le  Veni  Creator ^ 
qui  en  est  l'hymne ,  les  voûtes  laissaient  tomber  aussi  de 
légers  fragments  de  pains  d'autel ,  des  flammèches  embra- 
sées, et  quelques  gouttes  d'eau,  triple  symbole  de  la  Présence 
divine,  de  la  Charité  et  de  la  Purification  des  cœurs,  dont  la 
Pentecôte  était  l'anniversaire. 

Cette  Église  de  Saintes  multipliait  de  la  sorte  ses  ensei- 
gnements symboliques.  C'est  là  encore  que,  depuis  l'Ascen- 
sion jusqu'à  la  Saint-Pierre,  les  enfants  de  chœur  portaient 
continuellement  des  couronnes  de  fleurs ,  indice  de  la  joie 
innocente  de  T&me  chrétienne ,  suivant  le  Divin  Maître  par 
ses  espérances  à  son  retour  dans  le  Ciel  (4). 


La  Pentecôte. 


L*Â8ceiuion. 


(1)  Voir  Briand,  Histoire  de  l' Église  sanione,  ii,  66  et  suiv.;  —  Gran- 
co\aB,ubisuprà,  p.  597;  —  Annales  archéologiques,  XI,  10, 12  et  IS. 


i 


488  HlSTOIRfi  DU  SYMBOLISME. 

La  DédiMM.  Quand  revient  la  Dédicace  des  églises,  si  intéressante  dans 
son  Office  par  les  développements  mystiques  qu'on  y  em- 
prunte à  S.  Augustin ,  à  S.  Bernard  et  à  d'autres  Pères, 
partout  les  thuriféraires  encensent  enJjore  les  croix  de  con- 
sécration répandues,  au  nombre  de  douze,  sur  les  murs  ou 
aux  piliers  de  l'église  :  c'est  un  hommage  aux  douze  Apôtres, 
que  ces  croix  représentent,  et  qui,  avec  la  Pierre  angulairei 
«  qui  est  le  Christ,  »  sont  ce  lesfondements  et  les  supports  » 
de  l'édifice  chrétien. 
Parodies  r^To-      Alusi  douc,  Ic  svmbolisme  respire  dans  tout  ce  que  la  reli- 

Bioiits  OMCM.       gion  a  pu  inventer  pour  rattacher  à  Dieu  l'intelligence  créée 

à  son  image  :  tant  c'est  un  besoin  irrésistible  du  cœur 
humain  de  sentir ,  de  penser  et  de  chercher  à  sa  pensée 
et  à  ses  sentiments  des  éléments  dont  il  ne  se  lasse  jamais  ! 
Ce  besoin,  en  effet,  ne  s'est  jamais  arrêté  et  vivra  autant  que 
le  monde.  Ceux  mêmes  qui,  à  certaines  époques  trop  mémo- 
i-ables,  voulurent  enchaîner  le  peuple  à  leurs  systèmes  de 
gouvernement  nouveau ,  n'oublièrent  pas  ce  moyen ,  et 
notre  révolution  la  plus  sanglante  s'efforça  ,  dans  les  plus 
mauvais  jours  de  sa  terreur ^  de  distraire  les  regards  de  la 
foule  du  spectacle  hideux  de  ses  échafauds.  N'en  citons 
qu'un  seul  trait  :  c'est  le  procès-verbal  rédigé  par  le  maire 
de  Bourg-en-Bresse,  le  30  octobre  4793 ,  d'une  fête  civique 
où  l'allégorie,  peut-être  grossière,  n'indiquait  pas  moins  une 
imagination  à  qui  le  symbolisme  ne  déplaisait  pas  : 

bJ^^.wb!^^      «  La  société  des  sans-culottes  de  Bourg  régénérée  donné 

en  mémoire  de  Marat  une  fête  civique  le  20  brumaire 
an  II.  On  voyait  dans  le  cortège  le  démon  enchaîné  du  fédé- 
ralisme. Il  avait  deux  figures  :  l'une  douce  et  mielleuse, 
l'autre  hideuse  et  jetant  le  sang  par  la  bouche.  Un  serpent 
venimeux  sifflait  à  ses  oreilles ,  et  semblait  encore  vouloir 
rinslruire  à  tourmenter  les  patriotes.  Les  débris  d'une  robe 
de  procureur  le  couvraient  en  partie  ;  il  tenait  d'une  main 
une  branche  d'olivier,  et  de  l'autre  un  poignard.  Il  portait 
d'un  côté  cette  inscription  :  Portrait  du  fédéralisme ,  et  de 


r 


LA  LITCRGIE.— PARTIES  DES  FÊTES  CHRÉTIENNES.    489 

'■»  ■ 

Tautre  :  Tombeau  de  la  chicane.  Enfant  des  furies,  il  a  été 
précipité  dans  les  flambes  empestées  qui  s*exhalaient  de 
vieux  terriers  et  des  r^ills  impurs  des  vestiges  de  la  féoda- 
lité qui  avaient  pujÉâppper  Jusqu'à  ce  jour  au  feu  dévo- 
rant (4).»         .    -J^ 

Nous  pourrions  ajouter  à  ce  chef-d'œuvre  de  langue 
française  et  d'imagination  une  liasse  assez  gonflée  de  re- 
gistres révolutionnaires  y  tels  que  ceux  de  Nantes,  par 
exemple,  et  même  de  Poitiers,  «  où  les  statues  de  la  Loi  el 
de  la  Liberté,  si  amoureusement  cultivées,  rapprochaient  la 
soei^  populaire  de  l'administration  calomniée  ;  »  où  les 
représentants  du  peuple  portaient  dans  leurs  mains  «  un 
bouquet  d'épis  de  blé,  de  fleurs  et  de  fruits,  symbole  de  la 
mission  qui  leur  a  été  confiée.  » 

Et  pourtant,  nous  aurions  retrouvé,  sauf  l'exaltation  des  -ri^*,^|^%iri; 
colères  patriotiques,  ces  aménités  symboliques  à  notre  «m»*»- 
époque  même,  comme  l'Angleterre  a  gardé  jusqu'ici,  mais 
seulement  pour  sa  populace  de  Londres,  la  noyade  annuelle 
de  la  Papauté,  représentée  pai*  le  mannequin  de  la  Tamise. 
U  est  vrai  que  les  préliminaires  en  étaient  de  meilleur  goût  à 
Paris,  lorsqu'on  vit  en  4848  un  poète  célèbre  organiser  une 
fête  de  l'agriculture  ayant  à  son  service  des  Flores,  des  Gérés 
et  des  Bacchus  traînés  siu*  un  char  rustique  par  des  bœufs 
aux  cornes  dorées  !...  Le  symbolisme  était  là,  il  est  vrai,  un 
peu  usé ,  et  sans  doute  on  devait  découvrir  dans  ces  solen- 
nités renouvelées  des  Grecs  la  régénération  figurative  de  la 
France  !  La  régénération  n'est  pas  venue,  M.  de  Lamartine  est 
passé.-Passons  aussi  à  d'autres  choses  qui  vaudront  mieux, 
et  voyons  comment  aux  fêtes  chrétiennes  du  moyen  &ge  se 
mêlèrent  très-convenablement  les  drames  liturgiques ,  si 
calomniés  d'un  trop  grand  nombre  de  savants. 

(1)  Cf.  Journées  mémorables  de  la  Révolution  française^  t.  VIII , 
p.  53;  -^Registres  de  la  commune  de  Poitiers, d  octobre  1793;  ~ 
Revue  de  Vari  chrétien,U,  328. 


CHAPITRE  XIX. 


LES  DRAMES  LITURGIQUES. 


OrlgriiM  et  rai- 
son da  Dntme  li- 
turgique. 


Le  bat  da  théâ- 
tre, eseentielle- 
ment  monU. 


Pour  qui  n'a  jamais  pris,  en  quelques  notions  superfi- 
cielles, qu'une  incomplète  idée  du  Drame  liturgique^  il  doit 
paraître  tout  d'abord  qu'entre  ces  mots  existe  une  contra- 
diction réelle  et  évidente.  On  ne  se  figure  bien  qu'après 
réflexion  comment  la  liturgie,  cette  science  si  grave,  si 
élevée  dans  son  but,  peut  s'allier  à  des  scènes  dramatiques 
dont  le  caractère  paraît  exclure  aujourd'hui  nécessairement 
toute  idée  de  divertissement  et  d'action  théâtrale.  Mais  si 
l'on  considère  que  le  théâtre  est  par  lui-même  un  éloquent 
et  très-sensible  moyen  d'enseignement;  que  l'action  scé- 
niquc  dont  nous  parlons  a  toujours  eu  pour  l'Église  une 
raison  prise  dans  la  nature  même  de  sa  vocation  sur  la  terre, 
on  comprend  aussitôt  que  rien  de  frivole  ne  dépare  cet  élé- 
ment catéchistiquc,  lequel  n'est,  en  réalité,  qu'une  peinture 
animée  dont  les  personnages  vivants  réalisent  aux  regards 
de  tous  les  scènes  que  d'autres  arts  répandaient  par  les 
émaux  sur  les  surfaces  transparentes  de  nos  verrières,  ou 
par  les  fresques  et  la  détrempe  sur  les  murailles  consacrées 
de  nos  bâtiments  religieux. 

Songeons  bien  d'ailleurs  que  le  théâtre  a  son  origine  et, 
si  loin  qu'on  remonte  avec  lui  dans  l'histoire  de  la  société 
humaine,  eut  pour  objet  unique  une  pensée  morale,  une 
leçon  qui  dût  profiter  à  l'amélioration  des  esprits  et  des 
cœurs.  C'était  bien  l'idée  qu'en  professaient  les  critiques 
de  l'antiquité,  Aristote  entre  autres,  qui  veut  dans  la  co- 


r 


LES  DRAMBS  LITURGIQUES.  494 

médie  une  imitation  non  de  mœurs  mauvaises  et  dépra- 
Yées,  toujours  dangereuses  à  montrer,  mais  de  ce  que  les 
mœurs  ont  de  ridicule  et  de  honteux ,  afin  d'en  guérir  les 
méchants  et  les  fous  (4).  Quand  le  philosophe  s'exprimait  n  ••  pervertit 
amsi  avec  autant  de  raison  que  de  sens  moral,  Anstophane  «les  mauTaiiee 
avait  depuis  longtemps  dirigé  ses  Nuées  contre  la  religion 
de  Socrate.  Rien  n'était  plus  facile^  en  effet,  que  la  tran- 
sition rapide  d'un  but  louable  à  une  intention  mauvaise,  et 
nous  l'avons  vu  nous-mème  dans  notre  histoire  littéraire. 
Le  bon  goût,  la  religion,  la  pureté  des  mœurs  et  de  la  pensée 
se  sont  vus  tour  à  tour  sur  notre  théâtre,  surtout  depuis 
les  émancipations  de  la  Renaissance,  avec  les  scènes  lubri- 
ques, les  calomnies  et  l'immoralité.  Quant  à  cette  dernière, 
il  n'est  plus  possible  de  dépasser  ce  qu'on  lui  permet  sur 
la  scène,  sous  le  coupable  prétexte/les  libertés  de  la  presse, 
de  la  conscience  et  ^es  opinions.  Avec  de  tels  moyens 
iHnstruire  le  peuple  et  de  Vamuser^  on  lui  apprendra  à 
descendre  Jusqu'aux  plus  graves  excès  des  sens  et  des  pas- 
sions honteuses  ;  mais  on  ne  l'en  relèvera  plus ,  et  son 
avenir  sera  perdu  peut-être,  hélas  !  sans  retour  :  la  France 
et  rSurope  savent  que  dire  aujourd'hui  d'une  civilisation 
ainsi  faite. 
Et  ce  sont  ces  mêmes  enchanteurs  du  siècle  qui ,  l'ac-     ceini  da  moyen 

flf  e  Bysténuttique- 

disant  de  pauvreté  et  d'étroitesse ,  attaquent  le  thé&tre  du  ment  dénigré  par 
moyen  ftge,  et  n'en  veulent  pas  entendre  parler.  Ils  ridicu-  ^^^  ""  *^"*' 
lisent  et  ses  sujets,  et  ses  mises  en  scènes,  et  ses  person- 
uages  ;  ils  n'y  trouvent  que  DieUj  la  Vierge  et  les  Saints 
arrivant  là  par  piété^  et  ne  devinent  guère  de  quelle  utilité 
pouvaient  être  et  seraient  encore  ces  bizarres  repro- 
ductions de  faits  bibliques  et  de  légendes  plus  ou  moins 
apocryphes  qui  ont  fait  rire  Voltaire,  et  auxquelles  ils  pré- 
fèrent, dans  l'intérêt  sans  doute  des  mœurs  sociales,  les 


(i)  Voir  Aristote  Poeiic,  trad.  de  Le  BaUeux;  —  La  Harpe,  Lycée, 
i**  part.,  liY.  I,  p.  53,  in-S»,  iSlS. 


492  HISTOIRE  DU  SYMBOUSME. 

drames  où  Le  Roi  s'amuse ,  où  Marion  Delorme  prêche  à  sa 
manière  la  pudeur  et  la  vertu  en  préludant  à  La  Grande- 
Duchesse  de  Gerolstein.  Voyons  donc  si ,  au  fond  de  notre 
art  scénique ,  antérieur  au  seizième  siècle,  et  parfois  aussi 
pendant  cette  dernière  période ,  on  ne  trouve  pas  un  peu 
plus  de  sérieux  et  de  bon  que  nos  sages  modernes  ne 
l'avouent,  et  si  Tallégorie  philosophique  n'y  avait  pas  assez 
de  part  pour  autoriser  le  respect  que  leur  portent  encore 
des  hommes  dont  le  jugement  n'est  point  absolument  à 
dédaigner. 
Le  chrut  iouf-  Dès  Ic  millcu  du  sixième  siècle,  S.  Grégoire  de  Nazianze 
i'^iredcNadanze'  composait  uu  dramc  de  La  Passion  du  Christ  où  il  introdui- 
sait avec  un  chœur,  comme  dans  la  tragédie  antique,  les 
personnages  les  plus  vénérés,  entre  autres  la  Sainte  Vierge 
et  S.  Jean  l'Évangéliste.  Dans  la  première  moitié  du  siècle 
suivant,  S.  Jean  Damascène  créait  un  rôle  de  Suzanne  que 
nous  n'avons  plus;  mais  nous  pouvons  donner  ici  une 
courte  analyse  du  Christ  souffrant  (ou  de  La  Passion)  de  son 
pieux  et  éloquent  prédécesseur. 

L'action  se  divisait  en  trois  actes  :  la  passion,  la  mort,  et 
la  résuiTection  du  Sauveur.  Parmi  les  détails  de  l'œuvre, 
on  voyait  se  développer  les  traditions  et  les  mystères  sym- 
boliques déjà  reconnus  dans  les  livres  des  Pères  comme  la 
base  et  l'exposition  fondamentale  de  l'enseignement  ca- 
tholique :  ainsi  Marie,  en  voyant  le  soldat  percer  le  côté  de 
Jésus  et  l'eau  s'échapper  de  la  blessure  avec  le  sang, 
explique  ce  double  symbole  du  Baptême  et  de  l'Eucharistie. 
Un  autre  trait  qui  a  bien  son  but  dans  la  pensée  du  saint 
auteur,  c'est  que  Marie  ne  quitte  jamais  la  scène  ;  elle  y 
figure  sans  interruption  auprès  de  son  Fils  souffrant,  mort 
ou  ressuscité  :  ce  qui  est  certainement  une  leçon  donnée 
par  la  piété  de  l'auteur  sur  ce  que  notre  foi  nous  enseigne 
du  culte  de  l'Auguste  Mère,  que  le  chrétien  ne  doit  jamais 
séparer  du  Christ  dans  ses  prières,  non  plus  que  dans  son 
affection,  et  qui,  de  son  côté,  a  sa  part  très-active  d'asso- 


LES  DRAMES  LITURGIQUES.  493 

dation  maternelle  dans  la  Rédenipliou  des  âmes  et  dans  le 
gouvernement  de  l'Église  militante.  Quant  au  côté  moral 
de  la  pièce,  il  est  tout  dans  les  paroles  du  Disciple  bien- 
aimé,  vers  la  fin  du  second  acte  :  «  Heureux  qui,  instruit 
des  mystères  divins,  emploie  saintement  sa  vie,  s'applique 
à  purifier  son  cœur,  préserve  son  corps  de  toute  souillure, 
et  de  ses  œuvres  de  chaque  jour  se  prépare  une  cou- 
ronne {i]ï  »  Certes,  voilà  des  principes  qui,  aussi  bien  que 
les  personnages,  sont  très-loin  de  ce  qu'on  a  fait  depuis  et 
de  ce  qu'on  élabore  tous  les  jours  sous  des  aspirations  bien 
différentes.  Nous  ne  voyons  pas  ce  que  perdrait  la  religion 
à  renouveler  ce  genre  de  distraction  aussi  édifiante  qu'utile, 
et  cil  la  mémoire,  si  puissamment  aidée  du  sentiment,  rece- 
vrait une  si  profonde  empreinte  des  dogmes  et  de  la  morale 
du  Christianisme. 

C'est  ce  que  le  moyen  âge  avait  parfaitement  compris.     L^égiiM  faiMit 
Nous  le  voyons  dès  le  neuvième  siècle,  avant  lequel  on  ne  honnêtes  nn  mo- 

s  Mr%  «.  •  %     1         yen      d'eosclgne- 

peut  guère  affirmer  son  action  en  ce  genre,  s  exercer  a  des  meut, 
représentations  religieuses,  que  déjà  peut-être  on  opposait 
aux  jeux  publics  d'artistes  nomades  dont  les  sujets  se  res- 
sentaient encore  trop  des  principes  et  des  mœurs  du  paga- 
nisme (2j.  Mais  c'est  surtout  au  douzième  siècle  qu'on  voit 

(1)  La  Passion  du  Christ,  tragédie  de  S.  Grégoire  de  Nazianze,  ira- 
doite  par  M.  ]*abbé  Lalanne.  ~  Voir  V Univers,  22  août  1852. 

(2)  Nooscoimaissona  un  trèa-bon  livre  de  M.  Desprez  de  Boissj,  inti- 
lulé  Lettres  sur  les  spectacles  (2  vol.  in-12,  Paris,  1777),  dont  le  mérite 
n'est  pas  contestable  devant  les  six  on  sept  éditions  qu'il  a  eues,  et 
dont  le  fond  est  un  excellent  répertoire  d'arguments,  de  preuves  et  de 
pièces  justificatives  contre  le  théâtre  tel  que  l'ont  fait  depuis  long- 
temps les  passions  mondaines,  qu'il  a  tant  servies.  Et  que  serait-ce  si 
l'auteur  avait  pu  voir  les  horrenrs  intolérables  de  notre  théâtre  révo- 
lulionnaire,  ses  détestables  licences  de  1830  à  1870 ,  sans  compter  ce 
qu'il  fera  encore  sous  les  inqualifiables  auspices  d'une  liberté  de  la 
preise  qui  renverse  tous  les  gouvernements  et  laisse  en  butte  aux 
iHâuUantes  doctrines  de  l'impiété  et  du  crime  tout  ce  qui  intéresse  la 
religion  chrétienne  et  la  morale  publique  !  —  Nous  croyons  cepen- 
dant que  l'estimable  auteur  va  trop  loin  en  réprouvant  toutes  les  pièces 
Kéniques,  sans  distinction.  Ce  n'est  pas,  à  notre  avis,  et  contrairement 
au  sien,  profaner  l'Écriture  sainte  que  d'en  tirer  des  sujets  toujours 

T.  IV.  13 


494  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

fleurir  les  premiers  développements  d'une  action  plus  com- 
pliquée. Tout  en  s'exerçant  dès  cette  époque,  dans  ses 
poèmes  et  ses  fabliaux,  à  des  divertissements  pleins  de  fines 
leçons ,  l'art  ne  pouvait  se  contenter  de  cette  littérature 
destinée  uniquement  aux  gens  de  clergie  :  il  lui  fallait  aussi 
des  amusements  pour  le  pauvre  peuple,  dont  les  fatigues 
laborieuses  trouvassent  dans  le  repos  des  fêtes  et  du  di- 
manche une  puissante  et  profitable  diversion.  Il  en  vit  natu- 
rellement le  meilleur  moyen  dans  la  mise  en  action  des 
leçons  de  l'Histoire  sainte  et  des  maximes  des  Livres 
sapientiaux.  L'effet  produit  et  les  progrès  acquis  prompte- 
ment  dans  cet  art  d'intéresser  à  la  fois  des  milliers  de  specta- 
teurs de  toutes  les  conditions  et  de  tous  les  âges  enhardirent 
à  tenter  davantage,  et  ce  ne  furent  plus  bientôt,  comme 
au  commencement,  deux  ou  trois  personnages  qui  paru- 
rent et  conversèrent  ensemble;  la  scène  vit  s'agrandir 
l'action,  les  acteurs  se  multiplier,  entourés  parfois  d'in- 
nombrables comparses  :  tels  furent,  au  quatorzième  siècle, 
les  Actes  des  Apôtres ,  dans  lesquels  se  développent  les  pre- 
miers temps  de  la  prédication  évangélique  par  S.  Pierre  et 
S.  Paul ,  bientôt  suivie ,  dans  les  Gaules ,  de  celle  des 
SS.  Denys,  Éleutère  et  Rustique.  Là  figurent ,  dans  un  en- 
semble inimaginable,  les  chœurs  des  Anges  et  la  tourbe 
des  démons,  les  Apôtres  et  la  Synagogue,  les  Vertus  divines 
allégorisées  dans  leurs  rôles,  et  jusqu'aux  âmes  de  S.  Jac- 
ques et  de  S.  Etienne ,  figurées  par  des  enfants  ou  par  des 
oiseaux  exercés  à  cette  fonction,  comme  on  le  voit  en 
•t  secondait  par  plusicurs  cxcmplcs  du  tcmps  (4).  Lcs  églises  prêtèrent 

édifiants  et  instructifs  ;  ce  ne  serait  pas  non  plus  s'égarer  que  de  cher- 
cher désormais,  pour  un  public  qui  se  pervertit  devant  les  drames 
grossiers  de  Victor  Hugo^  d'Alexandre  Dumas  et  de  tant  d'autres,  une 
suite  de  pièces  où  la  morale  en  action  fût  traduite  et  représentée  au 
profit  des  &mes,  pour  qui  la  chasteté  et  la  probité  naturelles  ne  sont 
pas  des  vertus  chimériques. 

(1)  Voir  Didron,  Annal,  archéol,  t.  XIU,  240;  XIV,  J2,  74;  XXI , 
164.  —  M.  le  baron  de  Girardot  a  trouvé  dans  un  manuscrit  de  ce  temps. 


LES  DRAMES  LITURGIQUES.  495 

d'abord  leur  vaste  enceinte,  très-convenable  du  reste  à  lot  raetion  de  ton 
des  représentations  qui  déjà  plus  d*une  fois  avaient  orné 
leurs  vitraux,  et  que  reproduisaient  encore  tous  les  jours 
leurs  fresques,  leurs  tapisseries  et  leurs  sculptures  déco- 
ratives. D'ailleurs,  n'étaient-ce  pas  des  Mystères  et  comme 
une  sorte  de  catéchisme  en  image  dont  les  auteurs  expri- 
maient les  mêmes  pensées  que  les  artistes,  et  se  proposaient 
comme  eux  de  pénétrer  les  masses  des  grandes  vérités  de 
la  foi  et  des  règles  de  la  vie  chrétienne  ?  Un  de  nos  regret- 
tables amis,  M.  Didron,  en  qui  le  sentiment  des  choses 
archéologiques  se  développa  surtout  par  l'observation  et 
l'étude  persévérante  du  moyeu  âge ,  avait  bien  compris 
cet  accord  de  la  sainte  liturgie  et  des  catéchismes  drama- 
tiques, lorsqu'il  écrivait  en  4847,  dans  ses  Annales^  ses 
remarquables  idées  toutes  conformes  aux  notions  les  plus 
exactes  de  l'histoire  et  de  Fart  (4). 
C'est  donc  bien  à  tort  qu'un  certain  nombre  d'écrivains    Aateawdenotr» 

temps      qui     ont 

modernes ,  dont  l'érudition  est  plus  souvent  dans  leurs  ;o^p'*«  o«««  «o- 
idées  que  dans  ses  sources  véritables,  se  sont  récriés  contre 
ce  prétendu  scandale  de  la  comédie  dans  les  églises.  Les 
véritables  savants ,  qui  écrivent  sans  prévention  et  vont 
jusqu'à  l'origine  réelle  de  la  chose,  la  rencontrent  dans  les 
cérémonies  mêmes  du  Christianisme,  où  tout,  comme  nous 
l'avons  fait  observer  naguère ,  devient  une  action  Instruc- 
tive pour  ceux  qui  la  suivent  en  y  assistant.  M.  Duméril , 
dans  un  livre  aussi  bien  écrit  que  pensé ,  le  constatait  déjà 
il  y  a  vingt  ans  (2)  ;  et ,  avant  lui,  M.  Magnin,  de  l'Institut, 
en  suivant  l'art  dramatique  depuis  le  commencement  de 

où  l'écrivain  indique  les  nombreux  détails  de  la  mise  en  scène^  «  qu'il 
faudrait  une  Ame  pour  Néron  qui  serait  portée  en  enfer.  »  —  Et  bientôt 
aprëa^  Néron  s'itaut  percé  d'un  trait^  «taon  Ame  est  saisie  par  les  diables 
qui  sortent  de  la  gueule  de  l'enfer.  »  —  Cette  âme  devait  être  certai- 
nement un  enfant,  comme  on  le  voit  maintes  fois  dans  les  minialures 
et  les  verrières.  —  Voir  Annal.  archéoUfVkhi  suprà,  p.  12  et  suiv. 

(1)  Didron,  t.  Vil,  p.  304  et  suiv. 

(2)  Origines  latines  du  théâtre  modetTie,  1. 1,  in-8%  Paris,  1847. 


tentioii. 


La  Meiee  est 
réellement  on 
drame  Mcré. 


496  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

l'ère  chrétienne  jusqu'au  seizième  siècle  (4),  a  parraite- 
ment  démontré  que  l'idée  mère  de  ces  jeux ,  si  séduisants 
pour  la  foule,  n'était  que  le  reflet,  fortifié  d'âge  en  âge, 
des  plus  augustes  manifestations  du  culte.  N'a-t-on  pas 
voulu  représenter  dans  la  Messe  toute  la  vie  chrétienne 
mise  en  action  avec  les  rôles  personnels  à  chacun  de  ceux 
qui  y  participent ,  depuis  le  Célébrant  jusqu'au  dernier 
enfant  de  chœur,  lesquels  sont  tous  revêtus  de  costumes 
difTérents,  ont  une  part  dans  le  dialogue,  et  ne  se  séparent 
qu'après  l'accomplissement  d'une  action  commune  à  la- 
quelle tous  ont  concouru?  Ce  Sacrifice  de  l'autel  ne  repro- 
duit-il pas,  dans  toute  la  conduite  du  prêtre  et  dans  ses 
moindres  mouvements ,  les  diverses  circonstances  de  la 
Passion  du  Sauveur,  dont  il  est  le  symbole  le  plus  sensible 
et  le  plus  vénéré  (2)  ?  C'était  la  môme  intention  qui  domi- 
nait la  représentation  des  Mystères  dramatisés;  ils  faisaient, 
aux  grands  jours,  comme  une  partie  intégrante  des  Offices, 
et,  soit  à  ceux  du  matin ,  soit  à  ceux  du  soir,  ils  se  termi- 
naient ou  par  le  Te  Deum  des  Matines  ou  par  le  Magnificat 
des  Vêpres  :  c'est  le  sens  qu'il  faut  donner,  croyons-nous , 
à  l'indication  de  ces  deux  chants,  souvent  mentionnés  à  la 
dernière  ligne  des  copies  mises  à  la  disposition  des  ac- 
teurs (3). 

(1)  Les  Origines  du  Ihéâlre  moderne,  ou  Histoire  du  génie  drama- 
tique depuis  te  premier  jusqu'au  seixiènie  siècle,  elc,  Paris^  1838^  în-8«. 
^  On  regrette  qae  le  tome  I  de  cette  attachante  étude  ait  seul  para.  — 
Voir  Annal.  archéoL,  t.  VU,  p.  302. 

(2)  Voir,  entre  antres,  L* Esprit  du  Saint  Sacrifice,  ou  Analogie  dês 
cérémonies  de  la  liesse  avec  les  mystères  de  la  Passion  exprimée  en 
jjLiy  figures  en  taille-douce,  parle  P.Jean-Baptiste  de  BouiUon^  ax- 
prieur  des  Capucins,  un  yoI.  in-12,  Paris,  1784. 

(3)  Nous  ne  voudrions  pas  affirmer  ce  point  comme  indiscutable  ;  au 
moins  pourrait-on  le  reconnaître  en  certains  cas  :  car  uous  trouvons  ce 
Te  Deuin  indiqué  après  les  Vêpres  dans  un  acte  de  1193  ,  relatif  à  on 
règlement  pour  la  fête  delà  Circoncision,  donné  par  révêque  Eudes  de 
Siûly  à  sa  cathédrale  de  Paris.  Biais  le  plus  souvent  on  trouve  le  Te 
Deum  terminant  la  représentation  qui  se  faisait  pendant  les  Matines,  et 
le  Magnificat  celle  qui  accompagnait  les  Vêpres.— Voir  Càrlularium 
Ecclesix  Parisiensis,  publié  par  M.  Guérard^t.  I,  p.  75^  in-i»,  1850. 


LES  DRAMES  UTURGIQUES.  497 

Nous  avons  vu  que  toutes  ces  fêtes  se  ressentaient  donc    c»enestunau«d 

^  qve    notre   prose 

plus  OU  moins  de  ce  double  caractère  de  joie  et  de  dévo-  •^^^^  <»•  Pâ- 

*  ^  qaes , 

tion.  De  nos  jours ,  nous  qui  comprenons  l'origine  et  la 
portée  de  nos  saintes  réunions  liturgiques ,  n'écoutons- 
nous  pas  avec  un  sentiment  de  pieuse  joie ,  ne  chantons* 
nous  pas  y  pendant  la  Messe  de  Pâques,  une  prose  ou  sé^ 
quence  pleine  de  ces  souvenirs  dramatiques  où  le  chœur 
demande  à  Madeleine  ce  qu'elle  a  vu  dans  sa  course  mati- 
nale ;  celle-ci  répondant  qu'elle  a  trouvé  vide  le  tombeau 
du  Divin  ressuscité ,  et  le  chœur  reprenant ,  dans  un  acte 
de  foi, son  cantique  d'allégresse  et  d'actions  de  grâces  (4  )  ?  Ce 
n'est  plus  là  qu'un  abrégé  fort  succinct  et  un  reste  presque 
inaperçu  d'une  foule  de  petits  drames  dont  les  pieux  exer- 
cices de  la  Semaine  Sainte  avaient  fourni  le  sujet,  et  nous  i*  communion  gé- 

néndo  du  clergé 

savons  que  la  Communion  générale  du  clergé,  qui,  le  au  jeudi  saint, 
Jeudi  saint ,  s'abstient  de  la  Messe  pour  recevoir  le  Pain 
sacré  des  mains  de  l'Évoque ,  n'est  que  la  reproduction  de 
la  dernière  Cène  des  Apôtres  avec  le  Sauveur.  On  peut  af- 
firmer, par  les  témoignages  récents  de  l'érudition  la  mieux 
fondée ,  que  le  moyen  âge  fut  tout  entier  imbu  de  cet  esprit 
et  y  trouva  un  des  éléments  habituels  de  la  piété  publique. 
N'est-ce  pas  dans  le  môme  dessein  qu'a  persisté  jusqu'au-  •*»«  c***°*  •**^®"- 

*^  1  r  "^      ^  .    nel  dT  la  Passion. 

jourd'hui  l'usage  annuel  de  chanter  la  Passion  à  trois  voix 
alternatives,  dont  l'une  est  celle  de  l'historien,  l'autre 
celle  du  Sauveur,  et  la  troisième  celle  de  tous  les  autres 
interlocuteurs  ?  Rien  de  plus  saisissant  que  le  ton  grave  et 
posé  de  la  narration ,  la  majesté  toute  divine  de  celui  du 
Christ,  contrastant  si  vivement  avec  les  discours  de  Judas , 
des  disciples  et  du  vulgaire.  Comme  ce  ton,  qui  s'élève  alors 
pour  exprimer  les  sentiments  divers  de  ces  acteurs  si  nom- 
breux ,  exprime  bien  et  l'assurance  hypocrite  du  traître,  et 
Tempressement  à  se  disculper  dans  l'apôtre  qui  renie  le 

(l)  Voir,  dans  M.  Daméri1,un  fragment  de  VOffi^e  du  Sépulcre,  dit 
encore  dfj  Trois  Marie,  p.  91  et  suiv.  C'est  éyidemment  le  type  de 
notre  Prose  pascale. 


498  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Sauveur,  et  les  exclamations  furieuses  de  la  populace  impie 
qui  demande  son  sang ,  et  enfm  la  lâche  insolence  de  Tini- 
que  proconsul  qui  ne  s'en  défend  que  pour  le  lui  accorder 
aussitôt  !  N'est-ce  pas  là  un  drame ,  et  le  symbolisme  qui 
s'y  trouve  est-il  moins  dans  la  frappante  variété  du  chant 
que  dans  l'action  même ,  qui ,  sans  lui ,  ne  serait  qu'un 
simple  récit  évangélique  ? 
Importance  qu'on      Malutcs  fois  la  scènc  s'cst  élargie  chez  nos  aïeux ,  et  la 

nttaohAit    k.    CCS 

Pôles.  Passion  y  fut  représentée  en  des  drames  pleins  d'ampleur, 

où  nul  détail  n'était  oublié.  Ne  voyait-on  pas  alors  des  ma- 
gistrats se  faire  gloire  d'avoir  rempli  un  rôle  dans  les  Jeux 
publics ,  et  même  celui  de  Pilate ,  dans  lequel  certaines 
gens  trouvaient  pourtant  quelquefois  une  allusion  peu  ho- 
norable à  la  manière  dont  il  remplissait  sa  charge  juri- 
dique ?  N'arrivait-il  pas  que  des  clercs  mêmes ,  pour  s'être 
permis  sur  la  scène  des  paroles  répréhensibles ,  étaient 
doublement  punis  d'une  réprimande  et  des  arrêts  (4)? 
Cm  drames  sont      Ou  voit  asscz  là  qucl  zèlc  cmprcssé  portaient  les  plus  hauts 

la  source  de  beau-  •      .1    •       *  1 

coup  de  noms  de  pcrsounagcs  vcrs  ces  rôles  qui  les  assimilaient  en  quelque 
***  façon  à  ceux  dont  ils  prenaient  les  noms.  Ces  noms,  au- 

jourd'hui parfaitement  oubliés,  reçurent  souvent  alors 
pour  équivalents,  restés  à  des  familles  qui  les  portent  en- 
core, des  sobriquets  tirés  de  certains  rôles  qu'avait  remplis 
quelqu'un  de  leurs  ascendants.  On  s'était  accoutumé  à  les 
leur  voir  occuper  ;  on  s'accoutuma  à  les  désigner  sous  le 
titre  qu'ils  y  avaient  eu ,  et  c'est  probablement  à  ces  joyeu- 
setés  populaires  que  doivent  à  présent  leur  nom  officiel 
tant  de  Pèlerins  et  de  Cardinaux^  de  Bon-Jeans  et  de  Cheva- 
liers, de  Neveux  et  de  Prudhommes  qu'on  voit  partout  signer 
des  actes  notariés  ou  des  enseignes  industrielles,  sans  le 
moindre  soupçon  de  leur  illustre  origine.  Cette  observation 
se  fonde  sur  un  fait  incontestable  :  c'est  que  le  peuple  ne  res- 
tait pas  étranger  à  ces  démonstrations  solennelles.  Gomme 

(1)  Voir  le  P.  Cahier,  Monograpliie  des  vitraux  de  Bourges,  p.  154. 


LES  DRAMES  LITURGIQUES.  499 

les  grands  du  monde ,  il  avait  sa  place  souvent  sur  la  scène, 
comme  toujours  dans  les  rangs  des  spectateurs  ;  et  quand  Jjj^y ••j  ^^^ 
Faction  eut  pris  enfin,  sous  les  inspirations  d'auteurs  plus  ^> 
ingénieux,  sous  la  plume  des  Ëvèques,  des  Chanoines  et  des 
lettrés ,  de  plus  amples  développements  et  admis  un  plus 
grand  nombre  d'acteurs ,  l'enceinte  sacrée  ne  pouvant  plus 
suffire  ni  aux  dimensions  du  théâtre  ni  aux  évolutions  du 
drame ,  on  joua  en  plein  air  dans  les  cimetières ,  ce  qui 
prouve  très-bien  qu'une  pensée  de  foi  ne  cessait  pas  de 
présider  à  ces  solennités  populaires.  On  en  vint  même 
jusqu'à  choisir  de  vastes  places   des  villes  populeuses , 
comme  il  arriva  maintes  fois  dans  la  Picardie  et  la  Flandre 
pendant  le  cours  des  quinzième  et  seizième  siècles. 
Notre  dessein  ne  peut  être  ici  de  remettre  sous  les  yeux  «'  8v?tfiid«ipnt  à 

'^  «^  presque  tontes  les 

de  notre  lecteur  ces  Mystères  et  Tragédies  qui  firent  les  dé-  '**« **« lannée. 
lices  de  nos  aïeux ,  et  qui  se  retrouvent  partout  aujour- 
d'hui (4).  Notre  but  doit  être  uniquement  d'en  démontrer 
le  sens  profondément  religieux  et  éminemment  symbo- 
lique. Ne  le  retrouve-t-on  pas,  sous  ce  dernier  caractère,  à 
une  foule  de  ces  compositions,  imbues  sans  doute  de  plus  ou 
moins  de  mérite  littéraire,  mais  toutes  analogues  à  la 
fête  dont  l'anniversaire  en  signalait  le  retour?  La  Circon- 
cision ,  rÉpiphanie ,  les  Cendres  ,  le  Carême ,  les  Saints , 
avaient  alors  leurs  fêtes  scéniques^  où  se  développait  le 
Mystère  du  jour ,  et  par  lesquelles  on  gravait  fortement 
dans  le  cœur  et  dans  la  mémoire  de  la  pieuse  assemblée 
le  dogme ,  la  morale  et  tout  l'esprit  de  la  solennité. — Allons    Les  arts  do  cetto 

époque  en  portent 

plus  lom  i  et  ne  doutons  pas  que  ce  même  caractère  sym-  «nooreies  tracos, 
bolique  n'ait  été  imprimé,  comme  autant  de  réminiscences 
des  scènes  jouées  dans  le  Lieu  saint,  aux  modillons  des 
mêmes  églises ,  à  beaucoup  de  ces  masques ,  inconnus  ou 

(1)  Voir  surtout^  pour  âyoir  une  idée  complète  de  ces  drames  et  en 
jager  saineiébab,  les  articles  de  MM.  Coussemaker,  FéUx  Clément ,  le 
baron  De  Girardot,  De  Lafons-Melicocq^  Didron  et  autres,  dans  les 
Annales  archéologiques,  t.  Vil,  Vlll,  XI,  XIll  et  XIV. 


L 


200 


HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 


et  surtout  les  ma- 
nuscrits. 


inexpliqués  jusqu'à  présent ,  qu'attaclièrent  les  sculpteurs 
aux  parois  latérales,  à  la  bordure  des  corniches,  aux  stalles 
des  chœurs  et  des  bancs  d'œuvre ,  lesquels  ne  sont  maintes 
fois  que  d'exactes  copies  de  certaines  peintures  des  manus- 
crits, où  le  pinceau  délicat  des  miniaturistes  avait  consacré 
les  mémorables  souvenirs  des  représentations  liturgiques. 

C'est  dans  ces  parchemins,  aux  belles  écritures  et  aux  char- 
mantes images ,  qu'il  faut  chercher  surtout  la  pensée  de  nos 
auteurs  dramatiques.  Avec  les  détails  qu'ils  multiplient,  on 
reconstruirait  toutes  les  scènes  de  la  Feinte;  et  c'est  par  ces 
détails  qu'il  est  souvent  possible  de  découvrir  le  sens  d'une 
scène  qui  resterait  obscure  par  elle-même  ;  ainsi  «  fault 
une  couronne  pour  Domimcion  avec  une  espée  impérîalle  et 
ung  mantheau.  »  —  «  Fault  un  domnoire  (dotninatorium , 
siège  d'apparat)  pour  saint  Clémend.  »  —  «  Fault  de  l'eavc 
pour  baptiser  Lyshius.  »  —  «  Fault  une  grille  et  du  char- 
bon pour  mectre  saint  Denys.  »  —  On  voit  qu'à  l'aide  de  ces 
courts  et  précieux  renseignements ,  il  devient  facile  de  re- 
connaître au  tympan  d'un  portail ,  dans  une  verrière  ou 
une  peinture  murale,  telle  scène  tout  entière  qui  fut  re- 
présentée autrefois  sur  quelque  théâtre ,  et  qui  a  très-pro- 
bablement été  calquée  en  quelques  ouvrages  contempo- 
rains. 
Nous  pouvons  conclure  de  ces  considérations  qu'on  ne 
auteurs.  —  Abus  doit  s'cu  rapportcr  que  médiocrement  à  plus  d'un  critique 
rÉgUM.""^*    ^^  dont  le  jugement  s'est  maintes  fois  égaré  sur  l'esprit  et 

les  idées  d'âges  étudiés  par  eux  à  de  trop  longues  distances. 
S'il  est  incontestable  qu'à  certaines  époques  surtout ,  où  le 
goût  artistique  se  ressentait  forcément  des  mœurs  et  des 
institutions  générales ,  ces  jeux  dont  nous  parlons  durent 
se  mêler  d'accessoires  qui  tenaient  plus  d'une  jovialité  gros- 
sière que  d'une  piété  bien  entendue;  si  les  danses,  les 
ris  et  les  chansons  dont  ils  s'accompagnèrent  furent,  sur- 
tout du  sixième  au  dixième  siècle ,  et  parfois  à  des  temps 
moins  éloignés  ,  l'objet  des  ahimad versions  et  de  censures 


Maavaises  criti- 


r 


LES  DRAMES  LITURGIQUES.  204 

trop  souvent  inutiles  de  l'Église  (1),  il  faut  Tattribuerà 
l'influence  encore  trop  puissante  des  habitudes  païennes 
toujours  vivantes,  et  particulièrement  dans  les  campagnes  : 
ce  n'est  pas  une  raison  de  dénigrer  l'esprit  même  de  la 
chose,  sous  prétexte  des  abus  qu'on  y  pourrait  voir.  Nous 
aurons  bientôt  à  signaler  nous-même,  en  fait  A' abus ,  l'une 
des  plus  singulières  ignorances  qu'on  ait  émises  à  ce  sujet. 

Mais ,  avant  que  le  dixième  siècle  finit  sa  marche  labo-  J**^**^  ^*  ^~•■ 
rieuse  et  si  fatiguée ,  on  avait  commencé  à  créer  des  drames 
dont  le  fond  et  la  forme  indiquaient  les  abords  d'une  ère 
nouvelle  pour  ce  genre  de  littérature  ,  abandonné  depuis 
longtemps  aux  chanteurs  des  rues  et  aux  jongleurs  de  carre- 
fours. M.Magnin,  dont  nous  parlions  tout  à  l'heure,  a  publié, 
en  4  846,  la  traduction  d'un  auteur  de  cette  époque  mieux 
inspiré  qu'on  ne  l'avait  été  jusque-là  :  c'est  le  théâtre  de 
Hroswita ,  religieuse  bénédictine  de  l'abbaye  de  Ganders- 

(1)  NousaTons  cité TordonnaDce  d'Eudes  de  Sully;  et  il  résulte  de 
celle  du  légat  Pierre  de  Capoue  (c'est  notre  grand  symboliste,  si  sou- 
To'Dt  invoqué  dans  cet  ouvrage),  dont  elle  était  la  reproduction,  que 
déjà,  à  la  fin  du  douzième  siècle,  il  fallait  remédier  à  beaucoup  de  dé- 
sordres, qu'une  autorité  supérieure  pouvait  seule  aboUr.  il  y  eut  dans  la 
suite  beaucoup  de  règlements  semblables.  Mais  on  peut  remarquer 
dans  ceux  que  nous  citons,  comme  dans  tous  les  autres,  que  les 
évèques,  en  retrancl|fuit  ce  qui  était  peu  digne,  se  gardaient  bien 
d'abolir  ce  qu'il  y  avait  de  symbolique  dans  les  cérémonies  qu'on  pou- 
vait conserver  sans  inconvénient. (A'oir  Guérard,  ubi  suprà;  — -Fleury, 
ad  ann.  1198.  )  —  U  y  a  plus  :  Grégoire  IX,  qui  gouverna  l'Église  de 
1227  à  I24i,  interdit  dans  ses  Décrétales  (liv.  Ui,  eh.  xii)  tout  ce  qui 
pouvait,  dans  les  représentations  liturgiques,  compromettre  la  dignité 
du  saint  Ministère,  soit  par  les  bouffonueries  des  clercs,  soit  par  Tusage 
de«  habits  cléricaux,  àquelque  ordre  qu'ils  appartinssent.  —  Et  le  Glos- 
saUur  (in-f»,  Anvers,  i573)  a  bien  soin  défaire  remarquer  que  le  Sou- 
verain Pontife  ne  pi  étend  abolir  que  l'usage  de  ces  costumes,  et  non  la 
représentation  des  pièces  relatives  &  la  fête.  (Tlérode,  les  mnges,  Ra- 
chel,etc.)  —  Ces  textes  sont  décisifs,  et  prouvent  évidemment  que  ce 
n'était  pas  la  cbose  en  eUe-méme  que  l'Église  réprouvait ,  mais  les 
indécences  qui  s'y  mêlaient  et  qui  devenaient  l'objet  d'une  trop  grande 
indulgence.  —  Enfin  Gratien,  qui  travaillait  vers  1150  à  son  hérr^t , 
devenu  Tune  des  sources  du  droit  canonique,  ci^e  un  concile  d'Orléans 
(^^ans  doute  celui  de  1022)  qui  condamnait  ces  même?  folies.  {Décret. , 
l>«rt.iii,diit.lii.) 


Ij«8  vierges  sa- 
g-es  et  les  ritrge» 
folles. 


202  HISTOIRE  DU  8TMB0L1SME. 

heim  en  Saxe,  qui ,  ayant  pris  Térence  pour  point  de  départ 
(on  aurait  pu  commencer  plus  mal) ,  s*était  mise  à  composer 
pour  sa  Communauté  des  pièces  imitées  de  l'auteur  latin.  Ce 
génie  féminin,  qui  préludait  par  d'autres  succès  littéraires  à 
la  gloire  que  Tabbesse  Herrade  allait  jeter  bientôt  sur  son 
abbaye  d'Hohenbourg ,  faisait  représenter  dans  les  grandes 
salles  de  son  couvent  des  sujets  tirés  des  premiers  siècles 
de  l'histoire  ecclésiastique  :  c'étaient  les  scènes  tragiques 
du  Martyre  de  Gallicanus  sous  Julien  l'Apostat,  des  Saintei 
Agathe  et  Irène  sous  Dioclétien ,  et  des  Saintes  Foi ,  Espé- 
rance et  Charité  en  la  dernière  année  du  règne  d'Adrien  ; 
c'étaient  encore  la  Résurrection  par  l'apôtre  S.  Jean  de  CaHi- 
maque  et  de  Drusie^  la  conversion  de  la  courtisane  Thaïs  par 
le  saint  solitaire  Paphnuce,  dans  la  Thébaïde  ;  puis  le  Saint 
ermite  Abraham  ramenant  sa  nièce ,  tombée  dans  le  crime, 
aux  lois  de  la  pénitence  et  de  la  chasteté.  Les  allégories  ne 
manquent  pas  dans  ces  pièces,  toutes  composées  dans  le 
goût  chrétien,  qui  s'y  manifeste  autant  par  les  détails  sym- 
boliques, inséparables  de  la  doctrine  religieuse,  que  par  les 
sentiments  propres  à  fortifier  dans  les  âmes  l'héroïque  fer- 
meté du  sacrifice  et  des  vertus  cénobitiques.  Ces  sujets , 
qui  étaient  lus  et  relus  dans  les  légendes  des  monastères  , 
confirmaient  de  plus  en  plus  dans  la  connaissance  et  dans 
l'amour  des  devoirs ,  et ,  tout  en  offrant  des  exemples  à 
suivre ,  ils  prenaient  l'esprit  autant  que  les  sens  par  des 
images  dont  la  mémoire  se  meublait,  au  plus  grand  profit 
de  l'enseignement  théologique. 

On  comprend  en  effet  que ,  dans  la  représentation  qui 
fait  intervenir  les  trois  vierges  Foi ,  Espérance  et  Charité , 
les  rôles  et  le  dialogue  tendent  tous  à  Sapience ,  un  des  titres 
de  l'œuvre ,  et  renferment  de  nombreuses  allusions  tirées 
du  caractère  de  ces  personnages.  C'étaient  là  trois  types 
bien  exprimés  des  vierges  sages  de  l'Évangile.— Plus  tard, 
l'épisode  évangélique  se  compléta  dans  le  drame  des  Vierges 
sages  et  des  Vierges  folles ,  qui  paraît  au  onzième  siècle ,  et 


LES  DRAMES  LITURGIQUES.  203 

dont  l'action ,  dans  laquelle  on  voit  se  mêler  aux  princi- 
pales interlocutrices  l'ange  Gabriel  qui  expose  les  prélimi- 
naires de  la  pièce,  se  termine  par  la  grande  leçon  de  l'Époux, 
le  Christ  lui-même,  prononçant  le  terrible  Nescio  voi. 
Sans  faire  ici  l'histoire  du  théâtre ,  nous  devons  nous    D^Teioppementa 

'  da   théâtre  ohré- 

arrôter  aux  plus  saillantes  de  ces  compositions  littéraires ,  ««"  <**»»  i«»  v>^ 

*  *  tre    derniers  siè- 

dans  lesquelles  se  révèle  avec  une  énergie  nouvelle  ce  sym-  «»«•  ^^  «oy»» 
bolisme  de  l'art  et  de  l'enseignement  chrétien  que  nous 
trouvons  partout  ailleurs  ,  et  qui  ne  pouvait  y  manquer. 
En  constatant  que  le  moyen  âge  tout  entier  s'est  servi  de  ce 
moyen  de  propager  les  vérités  morales,  disons  encore  com- 
ment il  y  a  persévéré  jusqu'à  la^fln. 

Après  s'être  renfermé  dans  le  théâtre  proprement  dit , 
quel  que  fût  le  lieu  où  il  s'élevât ,  le  drame  ,  c'est-à-dire  le 
besoin  d'agir,  de  rempUr  un  rôle,  de  symboliser  les  idées  et 
les  personnes  historiques  des  deux  Testaments,  des  annales 
ecclésiastiques  et  des  légendes  locales,  était  venu  à  se  glisser 
jusque  dans  les  grandes  solennités  du  culte  les  plus  pro- 
pres à  émouvoir  la  foule  et  les  plus  susceptibles  de  rece- 
voir ce  complément  de  spectacle  extraordinaire.  Les  quatre 
derniers  siècles  surtout  semblèrent  rivaliser  pour  en  ap- 
peler à  un  passé  qui  expirait,  de  l'injuste  dédain  qu'ils  pres- 
sentaient de  plus  en  plus  pour  un  prochain  avenir.  C'est  n>*^»  «rtout  au 
surtout  au  quinzième  siècle  qu'aux  mystères  joués  sur  des 
échafauds  dressés  dans  les  rues  ou  les  carrefours  de  la  cité, 
se  mêlèrent  des  processions  auxquelles  prêtres  et  laïques, 
revêtus  des  parements  de  leur  rôle ,  prenaient  une  part 
enviée  de  tous  :  témoin  celle  qui  se  faisait  à  Chaumont 
quand  la  fête  de  S.  Jean-Baptiste  tombait  un  dimanche  (4). 

A  Aix,  la  Fête-Dieu  eut  une  célébrité  bien  plus  grande  René^d'Aijoû, 


(1)  Cf.  Annales  archéolog,,  XI,  198  et  suiv.;  —  Le  Moyen  Age  et  la 
Renaissance,  t.  IV  :  Théâtre,  article  où  M.  Louandres  a  laissé  passer , 
an  milieu  de  bonnes  choses  et  d'une  érudiliou  attachante,  beaucoup 
d'appréciations  peu  convenables  sur  la  partie  théologiqiie  de  sou 
(fciivre. 


[ 


204  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

encore^  qui  n'est  pas  entièrement  effacée,  car  elle  conserve 
de  nos  jours  quelques-uns  de  ses  traits  antiques.  René,  roi 
de  Provence,  l'avait  enrichie  de  tout  l'appareil  d'un  luxe 
devenu  bientôt  populaire ,  se  faisant  ainsi  Témule  d'Al- 
phonse, frère  de  S.  Louis,  qui  s'était  efforcé  de  donner  aux 
Rogations  de  Poitiers  un  éclat  qu'elles  n'avaient  pas  eu 
avant  lui,  et  où  le  symbolisme  n'était  point  oublié.  C'est 
à  René  qu'on  devait  aussi  les  jeux  de  la  Pentecôte  à  Ta- 
rascon  :  il  luttait,  par  ce  moyen,  contre  la  décadence  de  la 
chevalerie  qui  s'éteignait,  contre  l'oubli  des  pensées  mo- 
rales .du  moyen  âge;  et  sa  haute  intelligence,  qui  regrettait 
l'extinction  déjà  sensible  de  cette  lumière  des  peuples, 
contribuait  par  tous  ses  efforts  à  en  maintenir  les  der- 
nières lueurs.  Artiste  autant  que  poète  et  organisateur,  il 
dessinait  lui-même  les  costumes  de  ses  drames  et  en  fai- 

de  ouiMdeRetE.  sait  la  musiquc.  On  sait  la  fin  du  fameux  Gilles  de  Laval, 

seigneur  de  Retz,  dont  la  légende  a  fait  notre  célèbre 
Barbe-Bleue  des  contes  de  Pérault,  et  qui,  devant  subir  le 
supplice  du  feu  pour  ses  méfaits,  demanda  et  obtint  de  se 
rendre  dans  la  fatale  prairie  où  devait  se  faire  l'exécution , 
suivi  d'une  de  ces  processions  qu'il  avait  tant  aimées,  et 
qu'il  organisa  lui-même  avec  autant  de  sang-froid  que  s'il 
Les  uramMBer.  u'avait  pas  cu  à  y  remplir  le  principal  rôle  tragique.—  C'est 

tions    publiques  a  la  même  époque,  en  4497,  qu  un  fait,  remarquable  en  ce 

contre  des  flëftux.  •,  ,  .^  a         ^   •      a.  t       :» 

genre,  prouva  dans  quel  esprit  se  représentaient  les  drames 
chrétiens.  La  peste  ayant  sévi  à  Ghâlon-sur-Saône ,  on  y 
joua  des  mystères  pour  obtenir  de  Dieu  la  cessation  du 
fléau  :  c'était  donc  une  action  sainte,  une  bonne  œuvre  à 
laquelle  on  vit  le  clergé  prendre  sa  part,  prouvant  autant 
qu'il  était  en  lui  que,  tout  en  s'y  associant,  il  y  voyait  plutôt 
un  acte  de  dévotion  et  une  prière  qu'un  moyen  d'amuse- 
ment et  de  distraction  {\). 

(l)  Cf.  Butlelin  monumental,  XI,  106;  XHl,  9;  XVI,  330;  XVn,M9 
et  suiv.  ;  —  Histoire  cLe  ta  cathédrale  de  Poitiers,  M,  48  et  suiv,  — 
Nous  avions  pris  ce  fait  de  la  pesle  de  Châloii  dans  les  Bulletins  des 


r 


LE8  DRAMES  LITURGIQUES.  205 

Mais  en  s'avançant  vers  la  un  de  celte  période,  traversée  ^^,2àêï?  a^aî 
pour  l'Église  de  tant  d'épreuves ,  et ,  pour  le  monde ,  si  ^  i*»^^  c^m- 
funeste  à  la  constitution  politique  et  morale  des  peuples,  reiifieox. 
on  ressentit  d'autant  plus ,  jusque  dans  ces  jeux  si  long- 
temps utiles  à  la  société ,  la  défaillance  de  l'esprit  chré- 
tien. Les  hardiesses  des  novateurs ,  les  troubles  politiques 
des  États  de  l'Europe,  l'arrivée  de  Grecs  chassés  de  tions- 
tantinople ,  et  l'envahissement  de  leur  littérature  profane, 
qui,  en  séduisant  les  doctes,  s'infiltra  dans  les  études  jus- 
qu'alors si  paisibles  et  si  pures  des  monastères  et  des  uni- 
versités, devinrent  autant  de  causes  d'une  révolution  d'au- 
tant plus  acceptée  qu'elle  flattait  les  plus  dangereuses 
passions  en  proclamant  l'indépendance  de  la  pensée 
humaine  à  l'égard  de  Dieu.  Bientôt  donc  une  certaine 
licence,  qui  n'avait  pas  laissé  de  jeter,  dès  le  siècle  précédent, 
ses  caricatures  et  ses  satures  dans  les  poésies  profanes,  les 
fabliaux  et  les  romans ,  commença  à  modifier  jusqu'aux 
données  du  théâtre  sacré. 

Aux  causes  que  nous  venons  de  signaler,  une  autre 
encore  venait  ajouter  son  influence.  Des  moines  studieux 
avaient  découvert  dans  les  bibliothèques  de  leurs  couvents 
des  manuscrits  d'auteurs  grecs  et  latins  dont  la  lecture  in- 
spira le  goût  des  fables  mythologiques.  On  y  trouvait  trop 
d'allusions,  ou  plutôt  de  frappantes  ressemblances  entre  ces 
&bles,  toutes  fondées  sur  quelques  détails  de  la  vie  humaine, 
et  la  position  faite  à  beaucoup  de  personnages  historiques, 
pour  refuser  à  tant  de  symboles  un  certain  droit  de  natura- 
lisation ;  et  ce  fut  la  cause  d'innovations  radicales  dans  ce 

• 

Comilés  historiques,  et  nous  Tindiquions  dans  une  note,  écrite  en  1850^ 
oomme  pris  dans  le  volume  de  cette  année ,  partie  intitulée  Archéo^ 
lagie  et  beaux-arts,  p.  102  et  119. — Nous  ne  le  retrouvons  plus  quand 
noQs  voulons  compléter  nos  idées  h  cet  égard,  et  il  nous  devient  impos- 
sible de  citer  exactement  la  source  de  ce  document.  Mais  on  sait  qu'un 
tel  fait  s'est  représenté  souvent  ailleurs  qu'à  Ch&lon,  et  il  est  de  noto- 
riété scientifique  que  les  feintes  furent  maintes  fois  représentées  dans 
le  but  d'obtenir  une  grâce  publique. 


La  Passion  de 
Saint-Quentin, 


206  HISTOIRE  DU  SYMBOUSME. 

qu'on  appelait  alors  les  Jeux  de  Dieu,  L*un  des  plus  célèbres 
morceaux  de  ce  genre  est  le  Mystère  de  la  Passion ,  joué 
dans  la  collégiale  de  Saint-Quentin,  en  Hainaut,  dans  la  der- 
nière moitié  du  quinzième  siècle.  Au  milieu  des  naïvetés 
d'action  et  de  langage  qui  en  rendent  encore  la  lecture  si 
attachante,  on  s'étonne  de  voir  surgir  près  des  idées  chré- 
tiennes, et  dans  la  bouche  même  des  acteurs  chrétiens,  les 
souvenirs  des  temps  poétiques  et  tout  l'attirail  de  l'Elysée  et 
de  l'piympe.  Le  mauvais  goût  trouvait  là  maintes  ouver- 
tures à  des  jeux  de  mots  et  jusqu'à  des  calembours  de  petit 

et  de  s.  Didier.      aloi.  Ou  cu  pourrait  dire  autant  de  «  La  vie  et  passion  de 

Mvr  S.  Didier,  martyr  et  évêque  de  Langres,  jouée  en  la 
dicte  cité  Tan  mil  ccc  nu»  et  deux,  composée  par  vénérable 
et  scientifique  personne  maistre  Guillaume  Flamang  (4).  » 

d^hx-  *'*'*^**"      n  est  certain  qu'en  se  laissant  dominer  par  ces  étranges 

tendances,  on  risquait  d'arriver  aux  bouffonneries  et  au 
burlesque.  Malheureusement  on  n'y  manqua  point  :  tant 
il  est  vrai  aussi  qu'une  fois  le  sentiment  de  la  religion  et  de 
l'autorité  affaibli  chez  un  peuple ,  on  y  voit  arriver  l'esprit 
révolutionnaire,  qui  commence  par  dénaturer  de  prétendus 
riens  et  finit  par  renverser  tout.  La  simplicité,  encore 
générale  dans  les  cœurs  chrétiens,  put  consentir  d'abord  à 
quelques-unes  de  ces  étrangctés,  qui  parurent  un  complé- 
ment de  la  fête,  et  l'ensemble  de  celle-ci  semblait  effacer,  il 
est  vrai ,  la  singularité  de  quelques  écarts.  Ainsi ,  quand 
on  souffrit  qu'à  Aix  les  jeux  de  la  Fête-Dieu ,  où  le  Saint- 
Sacrement,  bien  entendu,  était  porté  selon  la  coutume, 
admissent ,  avec  les  scènes  de  la  Bible  et  de  l'Évangile , 
une  cavalcade  mythologique  où  figuraient  tous  les  dieux 
et  héros  de  la  Grèce  antique,  le  peuple  n'y  voyait  qu'un 
amusement  de  plus  et  un  objet  de  curiosité  dont  ses 

(l)  Ce  maistre  Guillaume  Flamang  était  un  chanoine  de  Langres, 
vivant  de  1455  à  1540.  Son  œuvre  n'avait  pas  moins  de  10^000  vers  et 
416  personnages.  EUe  a  été  publiée  in-8«^  par  M.  Cornudet,  biblio- 
thécaire de  la  vil*e  de  Langres. 


LES  DRAMES  LITURGIQUES.  207 

regards  seuls  étaient  frappés ,  quoique  le  bon  roi  René 
n'eût  certes  voulu  y  montrer  que  le  triomphe  du  Christ 
sur  toutes  ces  prétendues  divinités  qui  trop  longtemps 
s'étaient  attribué  sa  place  dans  la  confiance  et  les  adora- 
tions des  peuples  anciens.  Il  est  facile  en  efTet,  comme  son  •ymbousm* 
l'expliqua  nettement  un  studieux  témoin  de  cette  monstre^  ^  " 
renouvelée  à  Aix  en  A  854  (mais  avec  de  notables  modifica- 
tions), il  est  facile,  disons-nous,  de  reconnaître,  dans  les 
trois  parties  bien  distinctes  dont  se  formait  la  procession , 
one  triple  idée  symbolique  présidant  au  développement 
continu  d'une  véritable  trilogie.  C'était  d'abord  l'exhibition 
des  divinités  païennes ,  et  les  ténèbres  de  l'erreur.  Ce  pre- 
mier acte  était  représenté  pendant  l'Office  de  la  nuit.  Le 
second ,  qui  avait  lieu  au  point  du  jour ,  symbolisait  le 
judaïsme  et  l'ancienne  Loi  par  des  faits  du  premier  Testa- 
ment. Enfin  venait,  au  plein  jour^  du  catholicisme  le  troi- 
sième acte  déroulant  les  grandes  histoires  évangéliques 
et  se  terminant  par  la  marche  triomphale  du  Saint  des 
Saints  porté  par  le  pontife  et  s'entourant  de  toutes  les 
splendeurs  dues  à  sa  divine  humanité  (4).  On  conçoit  la 
réalité  de  cette  théorie,  et  qu'à  son  origine  elle  dut  avoir, 
selon  le  but  de  son  ingénieux  inventeur,  autant  d'influence 
que  de  crédit  sur  les  foules  appelées  à  en  avoir  le  spec- 
tacle.—H  n'en  est  pas  moins  vrai  que  ces  doctes  et  inno-     s^Tërité  judi- 

oIoQM  de  Genoo. 

centcs  bonhomies  ne  devaient  avoir  qu'un  temps  ;  que 
chaque  année,  pour  ainsi  dire,  la  candeur  populaire  s'affai- 
blissait devant  Vesprit  moderne,  et  que,  sous  les  impressions 
causées  par  lui,  on  devait  trouver  des  répulsions  qui  bientôt 
se  changèrent  en  sévères  critiques.  C'est  ainsi  que  le  chan- 
celier Gerson,  mort  en  4429,  s'affligeant  déjà  de  voir  les 


(1)  Voir  un  curieux  mémoire  de  M.  Rostan  :  a  Les  jeux  de  la  Fête- 
Dien  à  Aix,»  dans  le  Bullet.  monum,,  XVU,  468  et  sniv.  —  Mais  sur- 
tout Dous  indiquons,  pour  plus  de  renseignements  sur  les  fStes  de  Ta- 
nscon  et  d'Âix,  les  Œuvres  choisies  du  roi  Renéy  publiées  par  M.  le 
comle  de  Quatrebarbes,  1. 1,  p.  LVlii  et  xcviii,  2  vol.  in-4<»,  1849. 


208  HISTOIRE  Dl'   SYMBOLISME. 

imagiers  charger  rarchîtecture  religieuse  de  figures  dont 
le  symbolisme  tenait  plus  de  leur  capricieuse  imagination 
que  des  traditions  justement  regrettables  de  l'école  patrîs- 
tique,  ne  s'indignait  pas  moins  de  trouver  dans  les  représen- 
tations, devenues  par  trop  banales,  une  sorte  d'injure  s'atta- 
quant  en  même  temps  à  la  foi  et  aux  yeux  des  fidèles  autant 
qu'à  la  dignité  de  l'Église  (^). 
Faaxjagemente      Mais  cc  Serait  Vraiment  bien  autre  cliose  s'il  fallait  voir 

de    quelques    an- 

teun  sur  la  Fét9  d  autrcs  représentations  bien  plus  étranges  du  même  œil  que 

les  voient  encore  des  antagonistes  trop  mal  éclairés  pour 
distinguer  assez  les  temps  et  les  lieux  qui  en  furent  les  pre- 
miers témoins.  Qui  n'a  pas  entendu,  qui  n'a  pas  lu  mille 
fois  les  diatribes  écrites  et  répétées  à  satiété  contre  ce  qu'on 
s'est  plu  à  nommer  les  fêtes  des  fous  et  de  l'âne  ?  Que  de 
juges  ont  condamné  sans  les  entendre  ces  illustres  person- 
nalités? Esquissons  en  quelques  mots  leur  histoire,  et 
voyons  s'il  n'est  pas  plus  juste  de  les  expliquer  froidement 
que  de  les  maudire,  et  d'en  reconnaître  le  sens  que  de  le 
calomnier. 

îî-  tl^St^^'^^      Commençons  par  VAne.  On  a  singulièrement  dénaturé  le 

pauvre  animal  dans  son  histoire,  d'abord  systématique- 
ment parée  de  tous  les  ridicules  immérités  que  lui  pro- 
digue toujours  la  malicieuse  ingratitude  des  hommes, 
puis  dans  son  rôle,  qu'on  a  chargé  à  dessein  d'un  langage 
et  d'une  musique  dont  il  n'est  fait  aucime  mention  à  son 
origine.  Il  nous  faut  remarquer  d'abord  que  la  Fêle  de 
ïdne  n'a  pas  été  décorée  de  ce  nom  par  ceux  qui  insti- 
tuèrent à  Rouen  cette  représentation  liturgique.  Ce  ne  fut 
que  plus  tard,  et  dans  le  texte  de  manuscrits  bien  posté- 
rieurs, que  ce  titre  y  est  consacré.  L'âne,  en  effet,  n'y  appa- 
raissait qu'en  qualité  d'accessoire,  comme  le  bœuf  lui-même 

(1)  a  Nonpatitur  ludum  fama^fides,  oculus.  »  —  Voir  BulleL  mo- 
num»y  XVII,  299;  —  J.  Gerson,  De  Prxcepiis  Decalogi,  cap.  vu;  — 
Sernioindie  Circumcisionis  ;  Oonclusio  deLudo  SluUorum,  opp.  éd. 
Dupin,  in-f*,  t.  I,  p.  433;  II,  60;  III,  309. 


par  les  falti. 


DRAMES  UTUilGIQtlBd.  —  LES  FÊTES  DE  L*ANE.       209 

et  comme  les  brebis  qu'en  d'auti*es  j^â;  on  voyait  apporter 
par  les  bergers  aux  pieds  du  petit  Jésus  dans  sa  crèche*  La 
modeste  monture  ne  dut  l'honneur  inattendu  de  spécifier 
par  son  nom  l'action  à  laquelle  on  la  voyait  prendre  part, 
qu'après  de  nombreuses  exhibitions,  quand  le  peuple,  qui 
s'exprime  toujours  en  pareil  cas  d'après  ce  qui  le  frappe  le 
plus,  et  qui  cherche  mouois  le  fond  des  choses  que  ce  qui 
peut  s'y  prêter  à  ses  prédilections  pour  l'ironie,  se  fut 
accoutumé  à  désigner  par  la  fête  de  Vdne  la  grande  solennité 
où  Ton  aimait  à  le  voir  revenir. 
Nous  nous  pkdrions  ici  à  reproduire  les  charmantes     Titm  dé  v^m 

ftox        honnean 

pages  insérées,  à  l'éloge  de  l'&ne,  par  M.  Félix  Clément  dans  ^gbouqnet  d« 
une  de  ses  savantes  dissertations,  où  il  fait  admirablement 
ressortir  les  mérites  trop  méconnus  du  bon  et  modeste 
animal  (4  ) .  Ce  serait  trop  long,  car  nous  avons  encore  beau- 
coup à  dire  sur  le  sujet  de  ce  chapitre,  et  nous  avons  relevé 
précédemment  le  symbolisme  et  l'importance  de  l'humble 
quadrupède  dont  les  Prophètes  parlèrent  souvent,  et  que  le 
Sauveur,  pour  accomplir  une  de  ces  prophéties,  daigna  pré- 
férer pour  son  pacifique  triomphe  du  jour  des  Rameaux  (2) . 
De  tels  privilèges  ne  devaient-ils  pas  suffire  à  lui  faire  par- 
tager des  honneurs  maintes  fois  accordés  à  d'autres  bêtes, 
et  quoi  d'étrange  qu'en  célébrant  la  nativité  du  Sauveur  on 
donn&t  une  place  à  celui  qui,  dans  l'étable,  l'avait  réchauffé 
de  son  souffle ,  avait  reçu  peut-être  ses  enfantines  familia- 
rités? Cependant  n'allons  pas  trop  loin  dans  cette  voie,  et  ne 
croyons  pas,  avec  ceux  mêmes  qui  ont  cherché  de  bonne  foi 
la  vérité  sur  ce  point,  que  l'âne  apparût,  dans  toutes  les  so- 
lennités de  ce  genre,  comme  étant  celui  de  Bethléem.  Nous 
allons  voir  qu'il  y  remplit  quelquefois  un  autre  rôle  non 
moins  mémorable.  Toujours  est-il  que  si  nous  recourons 
aux  sources  sérieuses  d'où  les  vrais  renseignements  doi- 

(1)  Voir  aL*Ane  an  moyen  Age,  ^  Armai,  archéolog.,Xy,  373  etsuiv.; 
XVI,  26  et  saiT. 

(2)  Voir  ci-deBsu8,  t.  U,  p.  462. 

T.  IV.  14 


240  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

vent  nous  veuir,  et  non  à  cos  indignes  parodies  de  This^ 
toire  du  moyen  &ge  qu'on  s'est  plu  à  ressasser  sans  pudeur 
pour  le  plaisir  d'insulter  TÉglise,  nous  voyons  la  plus  pure 
clarté  se  faire  autour  de  cette  tradition  profanée. 
Origine    des      G'cst  vcrs  la  fin  du  douzième  siècle  qu'il  faut  remonter, 

drames  oh    U   fl-       ,  j      .     j.    .  «x»  •   •      i 

ffure,  SI  nous  cu  croyous  de  judicieux  critiques,  pour  saisir  les 

premières  traces  du  drame  de  la  Nativité,  dans  lequel  on 
d»abord  à  Rouen,  yovait  fiffurcr  l'illuslre  animal;  et  encore  ce  drame  ne  fut- 

poli  à  Sens.  '^  ^ 

il  représenté  d'abord  qu'à  Rouen ,  dont  le  plus  ancien  ma- 
nuscrit porte  le  nom  :  il  ne  le  fut  à  Sens  que  dans  le  cours  du 
siècle  suivant.  Voici  donc  ce  qui  se  passait,  d'après  Ducange, 
assez  mal  analysé  par  Moréri,  qui  ne  Ta  compris  qu'à  moitié. 
Le  grave  et  savant  auteur  cite  le  texte  d'un  cérémonial 
manuscrit  de,  l'Église  de  Rouen,  dont  il  ne  dit  pas  l'époque, 
mais  que  nous  croyons ,  comme  nous  le  disons  ci-dessus , 
de  cent  ans  antérieur,  ou  à  peu  près,  à  celui  de  l'Église  de 
Sens. 
Description  de      La  cérémouic  était  évidemment  de  celles  qui  servaient 

la   oéremonle   do 

Rouen  ;  d'instructiou  au  peuple,  et  s'immisçait  dans  le  cours  de  l'Of- 

fice plus  utilement  peut-être  qu'aucun  sermon  ne  l'aurait 
pu  faire.  Elle  commençait  après  le  chant  de  tierce,  un  peu 
après  neuf  heures  par  conséquent ,  et  par  la  procession 
qui  précédait  toujours  la  Messe.  Le  cortège,  qui  s'était  formé 
dans  le  cloître,  en  partait  sous  la  direction  de  deux  clercs 
inférieurs  en  chape ,  lesquels  entraient  dans  l'église  en 
chantant  un  répons  alterné  par  le  chœur  et  qui  faisait  tour 

personnagres  qni  y  à  tour  allusiou  à  tous  Ics  rôlcs  de  l'action  dramatique  ;  car  on 
^""  '  voyait  défiler  successivement  des  personnages  représentant 

des  Juifs  et  des  Gentils ,  puis  Moïse  et  Aaron ,  les  grands  et 
les  petits  Prophètes ,  tous  avec  le  costume  de  leur  rôle ,  ces 
derniers  pourvus  d'une  belle  barbe  qu'on  n'oublie  pas  de 
mentionner  pour  chacun  d'eux,  non  plus  que  les  divers 

le*  Prophètes ,      costumos  qui  conviennent  à  d'autres  :  ainsi  Moïse,  tenant  les 

Tables  de  la  Loi,  porte  une  aube  blanche  sous  une  chape  ; 
les  rayons  traditionnels  sortent  de  sa  tête  [comuta  facie).  Sa 


DRAMES  LITURGIQUES.  *-  LES  PÉTES  DE  L*ANE.       244 

main  droite  soutient  la  verge  dont  il  frappa  le  rocher.  — 
Aaron  a  revêtu  les  habits  de  sa  dignité  pontificale;  il  est  coiffé 
d'une  mitre  et  lient  cette  autre  verge  qui,  devant  Pharaon , 
s'était  changée  en  serpent.— Jérémie  déroule  un  phylactère 
où  brille  un  passage  de  ses  prophéties  ;  il  a  le  costume  sa- 
cerdotal. C'est  de  la  sorte  que  tous  les  autres ,  avec  des 
symboles  différents  et  des  vêtements  spéciaux ,  se  placent 
le  long  de  la  grande  nef ,  et  répondent  à  Tappel  de  leur 
nom  fait  par  les  chantres,  et  expriment  dans  leur  réponse 
le  passage  de  leurs  écrits  qui  annonce  la  venue  du  Sauveur. 
Le  symbolisme  est  très-bien  observé  dans  le  choix  de  ces 
costumes  variés  et  de  leurs  couleurs.  Daniel ,  par  exemple,  entr»  umtte»  -.  d«. 
qui  a  prédit  jusqu'à  la  Semaine  Sainte  où  le  Seigneur  subi-  ' 
rait  son  Sacrifice ,  et  par  là  même  donna  l'espérance  du 
salut,  revêt  une  tunique  verte;  de  plus  il  tient  un  épi,  sym- 
bole de  ce  Pain  vivant  promis  aux  ftmes  de  la  nouvelle  Loi. 
Habacuc ,  qui  s'était  retiré  dans  le  désert  et  qui  annonça  Habacao  ; 
aux  Juifs  infidèles  la  domination  de  Nabuchodonosor ,  est 
un  vieillard  couvert  d'une  dalmatique ,  habit  d'honneur 
donné  parfois ,  dans  les  cérémonies,  aux  grands  du  monde 
qui  y  prenaient  part.  Nous  ne  savons  et  ne  trouvons  point 
pourquoi  il  doit  boiter,  si  ce  n'est  ou  à  cause  de  sa  vieillesse 
ou  pour  mieux  faire  comprendre  aux  Jui&  l'imminence 
des  maux  qu'il  leur  annonce  et  le  peu  de  stabilité  de  leur 
état,  n  y  a  plus  :  on  le  voit  mangeant  des  racines  qu'il  tire 
d'an  sac  de  voyageur ,  en  souvenir  de  sa  vie  solitaire ,  et 
tenir  deuxlongues  branches  de  palmier,  emblème  des  coups 
dont  le  Seigneur  menace  par  lui  les  Juifs^  devenus  bientôt 
victimes  des  Ghaldéens ,  puis  les  Ckaldéens  eux-mêmes  qui 
doivent  être  ensuite  punis  de  leurs  excès. —Mais  voici  le  fort  ?•!*««  «t  ton 
de  la  chose  :  deux  envoyés  de  Balac ,  roi  des  Moabites ,  se 
présentent;  ils  sont  suivis  dji  faux  prophète  Balaam,  monté 
sur  une  ànesse,  d'où  est  venu  le  nom  populaire  de  ce  drame 
[hinefesto  nomen,  dit  la  rubrique).  Et  ici  remarquons  bien 
tous  les  détails  de  ce  rôle  que  nous  donnons  d'après  cette 


ViTiffle, 


242  HISTOIRE  DU  SYMBOUSME. 

même  rubrique,  sans  en  rien  retrancher,  sans  y  rien  ajou- 
ter :«  Balaam  est  richement  habillé  ;  il  a  des  éperons  dont  il 
doit  picjuer  T&nesse,  tout  en  retenant  les  freins,  »  pour 
mieux  rendre  la  résistance  de  l'humble  monture  devant 
<c  un  certain  jeime  homme  »  qui  s'oppose  à  sa  marche  en 
la  menaçant  d'une  épée.  Ce  jeune  homme  est  l'ange  qui,  en 
reprenant  Balaam  de  sa  désobéissance  (  car  il  venait  pour 
maudire  les  Israélites  contre  l'ordre  de  Dieu),  lui  ordonne 
de  nouveau  de  bénir  les  Israélites  et  de  maudire  leurs  enne- 
mis. Pendant  ce  temps,  quelqu'un  s'est  glissé  sous  l'ânesse 
et  dit,  comme  si  c'était  elle  {quidam  sub  asina  dicat)  : 
«  Pourquoi  me  frappes-tu  si  violemment  de  tes  éperons  ?  » 
L'ange  ajoute  :  «  Cesse  d'obéir  à  ton  roi  :  Desine  régis  Balae 
prœceptumperficere.  »  —  Alors  les  chantres  :  «  Balaam ,  pro- 
phétise \» — Et  Balaam  répondra  :  «  Exibit  ex  Jaeob  ruiilans  : 
Une  étoile  s'élèvera  du  sein  de  Jacob.  » 

Rien  de  plus  :  le  rôle  de  Balaam  est  fini  :  on  passe  à  Samuel, 
à  David  et  jusqu'à  seize  autres ,  après  lesquels  Virgile  lui- 
même  est  interpellé  :  «  Maro ,  Maro ,  vates  Gentilium ,  da 
Christo.  »  Et  Virgile,  sous  les  traits  et  la  robe  de  la  jeunesse,  ré- 
pond à  son  tour  (respondeat)  :  «  Ecce  polo  demissa  solo  {cœlo)  : 
Voici  qu'envoyée  du  haut  du  Ciel. . .  »  —  Observons  ici  que  ce 
texte ,  comme  quelques  autres  empruntés  à  l'Écriture ,  ne 
se  retrouve  qu'approximativement  dans  l'auteur  invoqué,  ce 
qui  fait  supposer  que  le  dramaturge  citait  de  mémoire  ou 
sur  des  manuscrits  dont  la  copie  était  fautive.  Mais  on  voit 
bien  que  les  paroles  de  VirgQc  sont  au  moins  une  réminis- 
cence des  beaux  vers  de  sa  quatrième  Églogue,  de  ceux  qui 
semblèrent  prophétiser  plus  nettement  la  venue  du  Christ  : 


Kaboehodonotor. 


Jam  redit  et  Yirgo 

Jam  «  nova  progenies  cœlo  demittUur  alto.  » 

Nous  allons  voir  un  symbolisme  plus  extraordinaire 
relatif  à  cette  prophétie .  Mais  ne  laissons  point  passer,  sans  la 
regarder,  une  autre  scène  non  moins  attachante.  Voici  Nabu- 


f 


DRAMES  UTUBGIQUE8.  —  LES  FÊTES  DE  L*ANE.        243 

chodonosor  vêtu  dans  toute  la  magnificence  d'un  roi  puis- 
sant ;  il  présente  à  trois  jeunes  hommes  une  statuette  (sans 
doute  la  sienne)  que  ceux-ci  repoussent  en  disant  :  «  Nous 
n*adorons  que  le  Dieu  digne  d'être  adoré  :  Deo  soli  digne 
coll.  »  Le  dialogue  se  prolongeant,  on  en  Tient  à  jeter  les  trois 
jeunes  Israélites  fidèles  dans  une  fournaise  figurée  d'avance 
au  milieu  de  la  nef  :  c'est  sur  l'ordre  du  roi  impie  que  se  tàii 
cette  exécution  ;  autour  d'eux  on  enflamme  des  étoupes,  mais 
ils  en  sortent  sans  blessure  et  chantent  le  célèbre  cantique 
BenedMte.  Le  tyran  s'en  étonne  d'abord ,  puis  se  rend  à 
révidence,  et  proclame  la  toute-puissance  du  Dieu  qui  reste 
vainqueur,  en  élevant  les  trois  jeunes  gens  aux  premières 
satrapies  de  son  royaume.  —  Cependant  un  dernier  trait  ne  u  «ibyii*  de 
pouvait  manquer  à  cet  ensemble,  où  il  s'agit  de  rendre  hom-  ""*^ 
mage  à  la  naissance  du  Fils  de  Dieu  :  il  y  fallait  amener  les 
sibylles ,  ou  que  du  moins  elles  y  fussent  représentées  par 
l'une  d'elles.  Nous  nous  attendions  à  voir  celle  de  Cumes , 
uUima  Cunuei,  Point  :  c'est  une  sibylle  quelconque  dépour- 
vue de  nom  ;  elle  porte,  il  est  vrai ,  avec  son  habit  de  vierge 
une  couronne  (de  fleurs,  sans  doute).  On  lui  ordonne  de 
prophétiser ,  et  soudain  elle  obéit  par  quelques  paroles  qui 
forment  un  vers  incomplet  :  Judicii  signum  tellus  sudore , 
et  dont  le  sens  nous  échappe  (4).  — Les  scènes  finissent  là; 

(1)  Cf.  Moréri,  Diction,  hislor.,  v«  festes  des  asnes,  édit  1707; 
—  Ducange,  Ghssarium  mfd,el  inf.  latinat,,  v«  festuh.  —  Nous  ne 
BèYODs  pourquoi  Moréri  trouve  ici  la  sibylle  Erythrée^  que  le  texte 
n'indique  pas  plus  qu'une  antre.  11  Ta  peut-être  conclu  de  ce  qu'elle 
porte  ordinairement  un  phylactère  où  se  lisent  ces  mots  :  «  Nascelur 
in  diebvs  novissimis  de  Virgine  Hebrasa  Filius ,  »  comme  on  la  voit 
encore  parmi  les  peintures  des  Chambres  Borgia,  au  Vatican  (voir 
Ylconogr,  des  sibylles,  de  M.  le  chanoine  Barbier  de  Montault,  Rev.  de 
rarl  chrét.f  t.  XIII^  p.  327).  Mais  celle  de  Cumes  n'est  pas  moins  con- 
cluante. C'est  à  elle  qu'on  attribue  les  vers  de  Virgile  {id, ,  ibid.),  et 
la  présence  du  poète  semble  devoir  ici  la  faire  préférer  par  les  in- 
terprètes. 

Après  beaucoup  d'investigations  nous  avons  enfin  découvert  la  trace 
originelle  de  ce  passage  de  Ducange  dans  les  intéressantes  Nouvelles 
Recherches  sur  la  bibUolhèque  des  archevêques  et  du  Chapitre  de 
Rumeny  p.5l,in-8«^  Rouen^  1851.—  U  parait,  d'après  les  renseignements 


244 


HISTOIRE  DU  STMBOLISMB. 


Comment  les 
rdlet  7  étalent  dit- 
Mbnéf. 


Sens  moral  et 
instructif  de  cette 
représentation. 


alors  tous  les  chantres  »  prophètes  et  autres  acteurs,  entou- 
rent le  pupitre  et  y  chantent  ensemble  une  sorte  d'antienne 
dont  les  premières  paroles  ne  suffisent  pas  à  nous  donner 
le  sens;  après  quoi  Ton  revient  au  chœur.  Quand  on  y  entre, 
le  grand  chantre  entonne  le  répons  :  ConfimuUum  est  cor 
Virginie ,  et  la  Messe  commence  par  Tintrolt  :  Puer  naius 
est  nobiSy  qui  est ,  en  effet ,  celui  de  la  troisième  messe  du 
jour,  après  lequel  on  indique  le  Kyrie^  le  Gloria^  etc. 

On  voit  par  ce  qui  précède  que  la  rubrique  (ou  ordre  de 
la  cérémonie)  n'indique  à  chacun  des  acteurs  que  deux  ou 
trois  mots  qui  ne  donnent  pas  toujours  le  sens  tout  entier  de 
la  phrase  qu'on  leur  impose  :  c'est  pour  nous  une  preuve 
évidente  qu'on  ne  leur  soufflait  ainsi ,  en  quelque  sorte , 
que  le  commencement  de  leur  rôle ,  ce  qui  laisse  nécessai- 
rement supposer  un  dialogue  bien  plus  étendu  :  d'où  nous 
pouvons  conclure  qu'une  telle  représentation  devait  durer 
au  moins  une  heure ,  et  aboutir  très-naturellement  à  la 
Messe  solennelle  qui,  partout  et  toujours,  s'est  chantée  ce 
jour-là  pendant  les  deux  dernières  heures  de  la  matinée. 

Quoi  qu'il  en  soit,  ne  voit-on  pas  toutes  choses  se  passer 
ici  avec  toutes  les  conditions  de  l'édification  publique  ?  N'é- 
tait-ce pas  là  un  enseignement ^  aussi  prompt  que  simple 
et  assuré,  capable  de  faire  comprendre  au  peuple  sur  quels 
solides  fondements  s'appuient  les  révélations  évangéliques? 
et  ne  devait-il  pas,  en  sortant  de  cette  représentation  si  reli- 
gieuse, assister  avec  plus  de  piété  et  d'onction  au  Sacrifice 
divin  auquel  toutes  les  prophéties  l'avaient  disposé  ?  En  con- 


donnés  sur  ce  point  par  M.  l'abbé  Langlois,  que  le  texte  cité  par  Docange 
était  tiré  d'un  Rilualeordinarium,mtuïnacni  in-f»  du  quatorzième  siècle, 
qu'on  tenait  habituellement  à  la  grande  sacristie  de  l'église  métropo- 
litaine «pour  y  être  consulté  quand  on  avait  quelque  doute  sur  l'Office 
du  chœur.  »  Le  cérémonial  de  la  fête  de  l'&ne  y  occupe  trois  feaiUets 
intercalés  à  la  suite  du  calendrier,  et  sous  la  foliation  26,  dans  TOIfice 
du  jour  de  là  Circoncision,  et  non  de  Noël  comme  le  dit  Ducange.  — 
Ce  manuscrit,  devenu  la  propriété  de  la  Bibliothèque  publique  de  la 
ville  de  Rouen ,  prouve  qu'au  quatorzième  siècle  la  fête,  telle  que  nous 
venons  de  la  décrire,  se  faisait  annuellement  dans  cette  église. 


DRAMES  UTUlfilQUES*  —  LES  VÈTSB  DE  L'ANE.       21 5 

science,  Tinesse  était-elle  aatrement  »  dans  cet  ensemble , 
que  parce  que  Balaam ,  qui  ne  pouvait  s'y  passer  d'elle , 
était  un  acteur  des  plus  indispensables  avec  son  rôle  tout 
miraculeux  ? 

On  ne  peut  donc  trop  détester  les  sacrilèges  persiflages 
que  se  sont  permis ,  à  cette  occasion ,  les  disciples  toujours 
ardents  de  Voltaire,  de  Dulaure  et  de  liichelet. 

Cependant  nous  avons  autre  chose  encore  à  dire  de  notre  Dat«  probaue 
âne  liturgique.  Tout  en  adoptant  la  pensée  de  quelques  au- 
teurs, qui  attribuent  au  douzième  siècle  sa  première  appa- 
rition dans  k  métropole  de  la  Normandie,  nous  avouons  ne 
trop  savoir  sur  quelles  données  s'appuie  une  telle  assertion, 
d'ailleurs  assez  vague.  Inutilement  avons-nous  recherché 
nous-même  la  preuve  historique  de  cette  date  dans  tous  les 
auteurs  qui  auraient  dû  en  parler  :  il  faut  certainement  attri- 
buer ce  silice  à  la  perte  des  archives  capitulaires  de  Rouen, 
dont  les  plus  anciennes  délibérations  ne  dépassent  plus  le 
milieu  du  quatorzième  siècle  (4).  Mais  dès  lors  qu'on  n'en 
voit  pas  l'institution  depuis  cette  époque ,  on  est  autorisé  à 
conclure  qu'elle  lui  est  antérieure ,  et  ainsi  Ton  reçoit  vo- 
lontiers la  chronologie  habituellement  acceptée.  C'est  dans 
la  même  église ,  au  reste ,  que  se  faisait ,  en  l'Octave  de 
Pâques ,  l'Office  des  pèlerins  d'EmmaUs ,  celui  de  la  Résur- 
rection ,  celui  de  Marie-Madeleine  ;  et  Guillaume  de  l'Isle , 
chancelier  de  l'Ëglise,  avait  fondé,  en  4  344 ,  pour  les  deux 
chanoines  qui  s'en  seraient  le  mieux  acquitté,  une  mesure 
de  blé  et  une  mesure  d* avoine  (2)... —  Honni  soit  qui  mal  y 
pense  !  C'était  probablement  du  symbolisme,  et  rien  de  plus. 

Mais  ce  n'était  pas  seulement  à  Rouen  que  l'âne  biblique  „  Laméme  fête  à 

"^  ,  ^  ^  Sem.  —  Proie  de 

était  fêté.  A  Sens  aussi ,  autre  métropole  ,  1  archevêque  pierrodecorbeii: 
Pierre  de  Corbeil,  mtromsé  en  4494  et  mort  en  4222,  avait,  *•«. 
dans  l'esprit  de  son  époque ,  ou  établi  ou  enrichi  par  ses 

(1)  Voir  M.  l'abbé  Langlois^  Noies  sur  les  jubés  de  V  église  viélropo- 
lUaine  de  Rotien,  in-8*,  1851,  p.  2. 

(2)  Langlois,  id,,  iind. 


leur  lymbollime 
chrétien  «xposé 
dans  06  chant  U- 
Mrgique* 


248  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

lisme,  il  ne  sera  pas  plus  étoimant  sous  cette  forme  que 
lorsqu'il  voile  k  demi  les  traits  et  la  vie  de  FHomme-Dieu 
sous  l'image  du  phénix,  du  passereau,  du  pélican,  d'un 
cheval  blanc,  d'un  lion  et  de  tant  d'autres.  Gela  dit,  abor- 
dons notre  Prose ,  et  voyons  comme  elle  diffère  dans  ses 
idées  de  ce  qu'en  ont  raconté  les  ignorants  du  parti  pris. 

I.  Orientis  partibus 
Adventavit  asinus, 
Pulcher  et  fortissimus, 
Sarcinis  aptissimxu. 

—  Hezisire  âne,  hez  (1)! 


JihpSZ'^  ^^      Tout  d'abord ,  observons;  que  le  rhythme  choisi  pour  ce 

chant  d'allégresse  se  prête  fort  bien  à  la  vivacité  de  la 


boliste  S.  Méliton,  augmenté  de  tout  ce  que  son  Bavant  commeaU^ 
teur,  le  cardinal  Pitra^  nous  a  fait  connaître  des  Pères  et  des  anteurs 
ecclésiastiques ,  n'est  pas  moins  explicite;  on  le  voit  {Clavis,  cap.  ix, 
§  vu)  représenter  l'&ne  et  l'ànesse  comme  des  images  connues  des 
meilleurs  rapports  du  Christ  avec  la  nature  humaine,  et  des  vertus  que 
se  plaît  &  louer  la  Proie  de  Sens.  —  On  consulterait  avec  le  même 
avantage  William  Carpentier  dans  sa  Zoologia  sacra  (Migne  ^  5cr^^ 
sacr.  curs,  comp/^^ / III ^  401} ,  «et  Samuel  Bocbard,  Hierozàkvmbi» 
blicum  (De  Âsino) ,  que  nous  avons  déjà  cités  sur  la  zoologie  symbo- 
Uque. 

(1)  Nous  donnons  ici^  pour  ceux  de  nos  lecteurs  qui  en  auraient  be- 
soin, la  version  française  de  la  fameuse  Prose,  et ,  si  nous  ajoutons  à 
chaque  strophe  quelques  mots  qui  ne  sont  pas  dans  le  texte  original , 
c'est  qu'ils  en  développent  le  sens  et  en  expliquent  la  nalvetéj  ce  qui 
est  inséparable  de  toute  traduction^  même  fidèle. 

t.  Dm  terres  de  l'Orient  nous  eet  arrivé  on  Ane  plein  de  beuté  et  de  fbree,  dbpoié 
à  porter  tons  les  fardeaux  qu'on  loi  destine. 
Hez!  sire  Ane,  hezl 

II.  Nourri  d'abord  par  les  enfants  de  Ruben  sur  les  collines  de  Siehem,  il  a  traTené 
le  Jourdain,  et  d'une  oourse  rapide  il  est  arrivé  A  Betliléem. 

III.  Le  ftion  de  la  biohe,  les  daims,  les  oheTrenils,  sont  moins  ai^ee  que  lui  ;  sa 
cotti«e  rapide  l'emporte  sur  celle  des  dromadaires  de  Madian. 

IV.  C'est  par  lui  que  nous  sont  Tenus  dans  l'Église  l'or  de  l'Arabie ,  l'enoens  et  la 
myrrhe  de  Baba. 

V.  Qu'il  est  pesant  le  char  auquel  on  l'attache  !  combien  lourds  les  fardeaux  qu'on 
lui  impose  I  Et  pendant  ce  rude  trarail,  il  n'a  pour  se  soutenir  qu'une  grossière  nourri- 
ture I 

VI.  Qu'il  mange  l'orge  encore  en  épis,  il  ne  se  contente  pas  moins  de  ehardon ; 
il  n*en  sépare  pas  moins  le  firoment  de  la  paille  dans  l'aire  qu'on  lui  donne  à 
fouler. 

VII.  Ane  vénérable,  enfin,  tous  n'aTCi  plus  pour  nourriture  que  du  gason  oholii. 
Rendez -en  grAce  A  Celui  qui  vous  le  donne  éternellement.  Oui,  chantez  le  cantique  de 
Totre  Joie  reconnaissante;  le  passé  n'est  plus,  r^ouissez-Tous  de  TOtrc  triomphe.  Vous 
êtes  devenu  le  Seigneur  A  qui  s'adressent  nos  chants  de  Joie. 


BRAMES  UTCRG1QUS8.  —  LE8  FÉTB8  DE  L'aNE.   2l9 

pensée  rapidement  poursuivie  dans  ces  quatre  petits  vers 
de  sept  syllabes  »  dont  la  pénultième ,  toujours  brève ,  rap- 
pelle Télan  plus  enthousiaste ,  U  est  vrai ,  mais  non  moins 
expressif ,  du  Veni ,  $ancte  Spiritus ,  composé  trois  siècles 
auparavant  par  le  roi  Robert.  Ce  choix  n'est  donc  pas  trop 
déraisonnable  comme  fait  littéraire,  et  Ton  ne  sera  pas 
moins  étonné  de  la  convenance  toute  symbolique  de  sa 
notation  même,  si  on  la  consulte  dans  la  planche  empruntée 
au  manuscrit  de  la  bibliothèque  de  Sens  par  nos  plus 
habiles  musiciens  (^).— Il  n'y  a  pas  jusqu'au  refrain  si  ridi- 
culisé :  Héliire  dne^  qui  n'y  ait  son  effet  par  le  repos  qu'il  in- 
dique, et  par  la  transition  qu'il  ménage  doucement  à  la  voix 
entre  la  strophe  qu'il  termine  et  la  suivante  qu'il  aide  &  com- 
mencer. Et  ce  refrain,  nullement  ridicule  dans  le  chant,  com- 
ment le  serait-il  en  lui-même,  pour  peu  qu'on  voulût  bien  se 
reporter  à  l'expression  de  joie  simple  et  candide  qu'il  devait 
rendre;  si  Ton  n'oublie  pas  qu'il  y  dévient  un  cri  d'allégresse 
rendu  en  cette  langue  française  qui  s'essayait  alors,  et  devait 
avoir  ses  naïvetés  comme  toute  langue  a  les  siennes  à  sa 
naissance  ?  Mais  ce  Mire  qui  prête  tant  aux  agréables  ricane-     L^âno  Mt  «usi 


(1)  La  TalgarisaUon  de  ce  curieux  morceau  de  musique  est  due  en 
France  aux  soins  réunis  de  M.  Danjou,  le  docte  et  élégant  auteur  de 
\ikBefme  de  musique  religieuse  (t.  IV^  p.  71);  de  M.  Félix  Clément,  qui 
la  fit  exécuter  en  1846  au  collège  Stanislas  pour  une  assemblée  d'élite, 
aux  grands  applaudissements  de  l'assistance  ;  et  enSn  de  M.  Oidron , 
qui  en  avait  découvert  et  fait  calquer  une  copie  possédée  &  Padoue 
par  M.  Pacchierotti.  On  peut  la  voir  dans  les  Annales  archéologiques, 
t.  VII,  p.  26,  où  elle  est  traduite  en  notation  moderne  par  M.  Clément, 
et  XYl,  260,  où  M.  Didron  a  reproduit  le  manuscrit  italien.  On  peut  en 
donner  une  idée  assez  juste  en  disant  qu'elle  a  beaucoup  du  ton,  de  la 
mesure  et  du  caractère  général  de  notre  Prose  de  Noél  :  Votis  Pater 
cmnuii ,  qu'on  chantait  encore  naguère  dans  toutes  nos  églises  avant 
qu'on  les  eût  dépouillées,  sous  prétexte  du  rit  romain,  de  ce  qu'elles 
avaient  de  plus  beau,  de  plus  populaire  et  de  plus  touchant.  Ce  serait 
loaer  le  bon  goût  de  ceux  qui  nous  avaient  donné  cette  regrettable 
?TOse  de  Noël  et  son  chant  joyeux  que  d'affirmer  qu'ils  avaient  intro- 
duit dans  celui-ci  d'évidentes  réminiscences  de  la  Prose  de  Sens  et  de 
Padoue.  Hélas  !  bien  peu  se  doutent  de  ce  qu'on  a  perdu  à  ce  déran- 
gement si  peu  réfléchi  de  nos  plus  honorables  traditions  liturgiques  ! 


L 


220  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

sanr^r^"'*  <*«  ments  de  nos  adversaires,  ne  pourraît-on  pas  se  rappeler 

qu'il  était  alors  le  plus  grand  titre  d'honneur  demeuré  aux 
rois  seuls?  et  ramené  si  souvent,  et  dans  la  partie  la  plus 
saillante  de  chaque  couplet,  ne  peut-il  pas  servir  à  prouver 
encore  que  l'âne  n'était  plus,  pour  la  pieuse  assistance,  un 
simple  et  pauvre  animsJ  gardant  son  rdle  ordinaire,  mais 
quelque  chose  ou  plutôt  Quelqu'un  de  bien  plus  digne  et  de 
plus  élevé  ?  Revenons  à  cette  pensée,  qui  va  nous  apparaître 
clairement  en  suivant  chaque  ligne  de  notre  chant  de 
triomphe. 

qui  Mt  poriont,        On  sait  tout  ce  qu'il  y  a  de  symbolique  dans  cet  Orient , 

dont  nous  avons  plus  d'une  fois  indiqué  les  diverses  et  poé- 
tiques significations.  Gomment  l'âne  célébré  par  tant  d'hon- 
neur viendrait-il  de  V Orient ^  s'il  ne  représentait  la  Lumière 
éternelle  jaillissant  du  Ciel,  oriens  ex  alto ,  le  Soleil  de  Jus- 
tice, sol  Justitiœ^  et  celui  enfin  que,  peu  de  jours  avant  les 
grandes  solennités  de  la  Naissance  et  de  la  Circoncision, 
l'Eglise  appelait  :  «  Orient,  splendeur  sans  fin  qui  dissipa  les 
ténèbres  :  0  Oriens^  splendor  Lucis  œternœ  (4  )  ?  »  Qui  a  plus 
que  Lui  la  beauté  et  la  force?  n'est-Il  pas  le  plus  beau  parmi 
les  enfants  des  hommes^  selon  Isaïe?  le  vainqueur  du  monde 
comme  II  l'a  dit  lui-même  ?  —  Et  quel  fardeau  ne  peut-il 
pas  assumer  ?n*a-t-il  pas  accepté  celui  de  la  croix,  celui  des 
iniquités  de  la  terre  ? 

■I.  HiCy  in  coUibus  Sichen, 
EnulrUus  sub  Ruben , 
Transiit  per  Jordanem , 
Saint  in  Bethléem. 

Quel  autre  a  pu  faire  cela,  a  pu  revêtir  ces  caractères,  que 
Celui  qui  fut  prédit  dans  Tanciennc  Loi  par  tant  de  figures? 
Les  pâturages  renommés  de  Sichem^  où.  les  enfants  de  Jacob 
faisaient,  sous  la  conduite  de  Ruben ^  l'aîné  d'entre  eux, 
pattre  les  riches  troupeaux  de  leur  père,  furent  comme  le 

(1)  Grandes  antiennes  de  l'Avent. 


DRAMES  LITURGIQUES.  —  LES  PÉTES  DE  L'ANE.        224 

berceau  du  peuple  juif.  Ce  peuple  est  maintes  fois  regardé,  ««  ^  p«np>o  Jo^f 
dans  rÉcriture ,  avec  son  histoire ,  ses  vicissitudes,  ses  dé- 
faites et  ses  triomphes,  ses  périodes  de  troubles  et  de  paix,  • 
comme  Fimage  préconçue  du  Sauveur  dlsraêl.  Juda,  après 
s'être  multiplié,  passe  le  Jourdain^  comme  Jésus,  à  un  point 
donné  de  sa  vie  morteUe,  y  reçoit  le  baptême  qui  le  fait  passer 
de  sa  retraite  à  l'exercice  de  sa  mission  ;  ou  bien,  comme  le 
disent  les  Pères,  le  Jourdain  fut  pour  lui  cet  espace  inconnu 
qui  le  séparait  de  notre  monde  quand  il  daigna  le  franchir 
pour  venir  s*humilier,  à  travers  les  collines  éternelles,  dans 
Bethléem ,  la  plus  petite  des  villes  de  Juda.  Ne  voyez-vous 
pas,  dirons-nous  encore  avec  M.  Clément,  que  le  refrain 
«  Hez  !  sire  âne,  hez  !  »  ne  peut  être  ici  un  cri  burlesque 
d'une  populace  ignorante  et  grossière?  N'est-ce  pas  plutôt 
le  sentiment  de  Tadmiration  et  de  la  reconnaissance  qui 
échappe  au  poète  compositeur ,  et  que  le  peuple  chrétien 
répète,  après  chaque  énumération  des  divins  prodiges,  dans 
les  mêmes  dispositions  d'esprit  et  dans  les  mêmes  effusions 
du  cœur? 

Voici ,  au  reste ,  que  reviennent  d'autres  souvenirs  de  y^j^^JJ^  ^JJJJS 
l'Écriture,  de  textes  bibliques  tout  appliqués  au  Sauveur  par 
le  commun  des  interprètes  ;  de  sorte  que,  tout  en  relevant  la 
force ,  la  fierté  et  la  marche  alerte  autant  que  profitable  de 
r&ne  oriental ,  rien  ne  semble  plus  naturel  que  de  trouver 
sous  ces  avantages  sensibles  la  personne  adorable  du  Fils  dD 

Dieu  : 

m.  Saliu  vincit  hinnulos f 
Damas  et  capreolos  ; 
Super  dromedarios 
Velox  Madianeos, 

L'Épouse  des  Cantiques  compare  son  Bien-Aimé  au  jeune 
chevreau  :  «  Similis  est  dilectus  meus  hinnulo  capreœ  » 
(Cantic,  n,  9).—  Isaïe  prédit  que  le  Christ  fuira  du  Ciel  vers 
l'humanité  »  comme  un  daim  qui  prend  sa  course  la  plus 
rapide  (4 } .—  S.  Grégoire  désigne  sous  la  figure  du  chameau, 

(i)  c  Quasi  dama  ftigieuB.  »  (xm^  14.) 


ao  Mefltie. 


l 


222  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

que  consentent  à  avaler  ceux  qui  répugnent  à  un  mouche- 
ron ,  Notre-Seigneur  qui  fut  condamné  par  Pilate ,  si  favo- 
rable à  Barabbas  (^  )  ;  et,  ce  qui  semble  plus  décisif,  c'est  que 
S.  Méliton,  parlant  de  ces  trois  animaux ,  en  fait  autant  de 
symboles  du  Christ  (2)  ;  et  après  chacune  de  ces  assertions, 
il  les  prouve  par  les  textes  que  nous  venons  d'alléguer.— 
Ainsi ,  voilà  autant  de  comparaisons  qui ,  tout  en  s'appli- 
quant  très-bien  à  la  force  et  à  Tallure  rapide  de  T&ne,  sym- 
bolisent aussi  parfaitement  la  valeur  des  Hébreux  dans  les 
guerres  qui  leur  assujettirent  tant  d'ennemis ,  parmi  les- 
quels on  voit  figurer  surtout  les  Madianites;  mais  ces  dro- 
madaires madiauites  des  deux  derniers  vers  ne  sont-ils  pas 
aussi  une  allusion  à  la  visite  des  Mages,  dont  le  couplet  sui- 
vant va  nous  parler  ? 

IV.  Aurum  de  Arabia, 

Thus  et  myrrham  de  Saba 
Tulit  in  Ecclesia 
Virtus  asinaria» 

Anation  à  Ta.      Qu'ou  regarde  comme  indifférent ,  avec  M.  Clément,  que 
s«t»  ce  fussent  des  chameaux  ou  des  ânes  qui  apportèrent  à 

Bethléem  les  présents  des  premiers  rois  adorateurs,  et 
qu'ainsi  notre  âne  soit  ici  loué  de  cet  honneur ,  dont  il 
aurait  droit  d'être  fier  ;  ou  bien  (ce  que  nous  croyons  mieux) 
que  son  rdle  symbolique  abandonne  les  données  tradition- 
nelles du  peuple  juif,  et  ne  se  rapporte  plus  qu'à  Jésus- 
Christ  seulement:  il  n'en  sera  pas  moins  vrai  que  ces  sub- 
stances précieuses,  apportées  de  l'Orient  comme  autant 
d'hommages  à  l'Enfant-Jésus ,  ont  cet  Enfant  pour  promo- 
teur (3)  ;  qu'à  chacune  d'elles,  comme  nous  l'avons  établi, 
se  rattache  un  sens  mystérieux,  et  que  notre  âne,  redeve- 
nant, comme  les  termes  l'indiquent  si  clairement,  le  sym- 

(1)  a  Excolantes  culicem ,  camelum  autem  glnUentes.  v  (Matth., 
Tom,  24.) 

m  .  HinnuluB,  Christus  »  (uôî  suprà,  §  Lx);  «  dama^  Chrwtus  t 
(îMtf .,  §  LX):  «  camelue,  Cbristus  »  (ibid,  §  v). 

(3)  Cf.  ci.deB8ua,  t.  Il,  p.  490. 


DRAMES  LITURGIQUES.  —  LES  F£TES  DE  L'aNE.       223 

bole  évident  de  Jésus-Christ,  peut,  à  ce  titre  »  recevoir 
les  éloges  que  méritent  ces  divines  faveurs.  Si  l'or  est  la  pu- 
reté de  la  vie  chrétienne ,  si  Tencens  représente  la  prière  et 
qu'il  faiUc  voir  dans  la  myrrhe  Fesprit  de  pénitence  et  de  mor- 
tification ,  il  est  clair  que  c'est  au  Sauveur  que  l'Église  doit 
ces  notions  méconnues  de  la  Synagogue  ;  c*est  à  la  force 
(virius)  de  ce  divin  travailleur  que  nous  devons  tous  de  les 
comprendre  et  de  les  pratiquer  :  voilà  le  sens  de  ces  mots 
virtus  asinaria.  —  Avançons ,  et  voyons  d'autres  linéaments 
non  moins  convenables  à  l'adorable  Objet  qui  se  cache  sous 
les  paroles  liturgiques.  Jésus  n'a-t-il  pas  porté  sa  croix?  nos  K '•p!^^  •*  * 
fautes  ne  lui  ont-elles  pas  été  un  lourd  fardeau,  comme  ^^f 
l'Église  le  lui  rappelle,  des  milliers  de  fois  chaque  jour  dans 
une  des  plus  touchantes  invocations  de  la  Messe  :  «  Agnus 
Dei^qui  tollis  peceata  mundi?»  Et  pour  ce  dévoûment,  qu'a- 
t-il  trouvé  sur  la  terre  ?  la  pauvreté,  à  peine  de  quoi  reposer 
sa  tète  ;  la  faim  et  la  soif  qu'il  a  supportées  comme  nous,  sans 
avoir  toujours  à  la  soulager  :  «  Esuriit^  dit  TÉvangéliste  (4).  » 
^  Sitio,  disait-il  lui-même  sur  la  croix,  au  milieu  des  cruelles 
fièvres  de  sa  dernière  agonie  (2}.—  Enfin,  quand  il  usa  de  la 
nourriture  commune  à  tous  les  hommes,  ne  lui  fut-elle  pas 
habituellement  rude  et  grossière?  ne  se  borna-t-il  pas  le  plus 
souvent ,  avec  ses  Apôtres ,  aux  rares  épis  des  campagnes 
qu'il  parcourait  (3)  ?  Que  disons-nous  ?  souvent  il  négligea 
ce  besoin  jusqu'à  lui  préférer  l'œuvre  de  son  Père  (4).  Ainsi 
semble-t-il  qu'on  peut  lui  appliquer  avec  toute  justesse  les 
quatre  vers  de  la  cinquième  strophe  : 

ir.  Dum  trahit  véhicula 
Multa  cum  sarcinula  y 
JlHus  mandibula 
Dura  terit  pabula. 

car,  à  la  suite  de  ces  détails,  un  autre  survenait  natureUe-  ^  i»  ■«parauon 
ment.  S'il  convient  à  la  sobriété  de  l'&ne,  qui  ne  regarde  ni  à  et  à^J^é^S^ 

m  Maith.,  IV,  2. 

(2)  Joan,,  XIX,  2S. 

(3^  «  Coopérant  TeUere  spicas.  »  {Matth.,  xn,  i.) 

(4)  f  Mens  cibus  est  ut  faciam  yolontatem  Patris.  »  {Joan,,  vr»  4.) 


l 


224  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

Torge  ni  aux  chardons ,  et  prend  indifféremment  ce  qui  se 
présente  au  soutien  de  sa  vie  de  labeur  et  de  tempérance  : 

WM.  Cum  aristis  ordeum 
Comedil  et  carduum  > 

combien  plus  encore ,  dans  le  sens  symbolique ,  vient-il 
ajouter  à  ce  que  nous  devons  penser  ici  du  Sauveur  !  Le 
divin  Maître,  en  effet,  a  dit  de  lui-même  qu'il  séparerait  du 
bon  grain  semé  par  lui  sur  cette  terre  la  paille  et  les  mau- 
vaises herbes  qui  s'y  étaient  mêlées,  et,  en  admettant  de  la 
part  de  T&ne  un  travail  analogue  lorsqu'on  l'applique  à 
tourner  la  meule  dans  l'aire  où  il  foule  les  gerbes,  ce  qu'in- 
diquent parfaitement  les  troisième  et  quatrième  vers  de 
cette  strophe  : 

Triticum  a  paka 
Segregat  in  area, 

en  est-il  moins  vrai  que  ces  vers  complètent  parfaitement 
la  suite  des  idées  trouvées  jusqu'à  présent  si  applicables  au 
Sauveur  ?  Et  puis,  selon  la  parabole  de  S.  Matthieu  (xin,  38), 
le  semeur  étant  le  Fils  de  l'homme ,  le  bon  grain  étant  les 
enfants  du  royaume  de  Dieu,  et  l'ivraie  ou  la  paille  inutile 
ceux  du  démon ,  ne  peut-on  pas  voir  désignés  ici  les  véri- 
tables disciples  et  les  Gentils  également  appelés,  semés  dans 
le  champ  du  père  de  famille»  mais  dont  les  uns  se  rendent 
à  l'appel  divin  pendant  que  les  autres  s'y  refusent?  Pas  un 
interprèle  ne  réprouverait  cette  explication ,  tant  elle  est 
conforme  aux  règles  connues  de  l'exégèse  sacrée, 
et  an  npoi  d«  Lc  poètc  vicut  d'cxposcr  l'originc  céleste ,  la  mission 
sa  gloire.  dévouéc,  la  vic  souffrante  et  les  travaux  du  Rédempteur.  Il 

Ta  mené  jusqu'aux  limites  suprêmes  de  sa  tâche  si  géné- 
reusement acceptée  et  remplie  ;  il  n'a  plus  qu'à  l'en  féli- 
citer, à  chanter  son  triomphe  avec  l'achèvement  de  sa  course 
parmi  les  hommes. 

▼II.  Amen  dicas,  oHne. 

VAmen  est  le  complément  de  toutes  les  œuvres  divines  : 


DRAMES  UTURGIQUE8.  —  LES  FÊTES  DE  L*ANE.        225 

c'est  Taction  de  gr&ces,  c'est  l'aspiration  à  la  récompense  du 
bien  :  or,  la  récolte  étant  faite , 

Jam  satur  ex  gramine , 

cette  récolte  qui,  étant  la  volonté  du  Père,  était  devenue  la 
nourriture  du  Fils , 

Amen,  amen,  itéra, 

ce  Fils ,  glorieux  de  sa  mort  et  de  sa  résurrection ,  ne  peut 
trop  répéter  le  cantique  de  sa  glorification  éternelle  ;  il  peut 
oublier  le  cruel  passé  que  lui  infligèrent  la  méchanceté  de 
ses  bourreaux  et  la  persécution  de  ses  ennemis  : 

Aspemare  vetera. 

C'est  ainsi  qu'un  autre  poète  de  la  même  époque,  inspiré 
par  les  merveilles  eucharistiques,  y  voyait  l'abrégé  de  toutes 
les  miséricordes  d'En-Haut ,  et  disait  dans  son  magnifique 
enthousiasme  : 

Recédant  vetera , 
Nova  sint  omnia. 
Corda,  voces  et  opéra. 

L'inesse  de  Rouen  est  donc  celle  de  Balaam.  L'âne  des     Pwaret  <i«  m 
fêtes  de  Sens  est  donc  le  symbole  de  la  Synagogue  avoué 
pour  tel  par  les  Pères,  «  asinus  Synagoga  (4).  »  La  Syna- 
gogue est  remplacée  par  Jésus-Glirist;  l'&ne  devient  par  cela 
même  la  figure  du  Dieu  crucifié  ;  tout  ce  qui  se  dit  de  l'un 
convient  à  l'autre ,  et  quoi  d'étonnant  qu'un  siècle  où  le 
symbolisme  fut  la  vie  spirituelle  de  tous  ait  fait  servir  de 
tels  rapprochements,  avec  autant  de  simplicité  que  d'intel- 
ligence, à  la  beauté  de  son  culte,  à  l'instruction  des  petits , 
à  l'édification  de  tous  ?  Que  Voltaire ,  Dulaure  et  tant  d'au-  eaiomaiè  par  le* 
tres,  émules  aveuglés  de  tels  docteurs,  se  soient  scandalisés  ugion; 
de  telles  exhibitions ,  et  de  ce  qu'on  ose  appeler,  en  opposi- 


(1)  Cf.  s.  MéUton,  ubi  euprà  ;  ^  Raban-Maor,  in  Matth,,  xxi,  2  (Spi- 
ciUg,  Soksm.,  U\,  12}. 

T.  IV.  15 


226  HISTOIRE  DU  STMB0LISM8. 

lion  avec  le  Saint  Sacrifice  lui-même,  «  la  petite  pièce 
après  la  grande  (4  )  ;  »  qii*on  entende  ceux  qui  se  seraient 
plus  édifiés  des  Féics  ei  des  Courtisanes  de  fa  Grèce  s'évertuer 
en  blasphèmes  à  l'occasion  de  ces  barbaries  qu'ils  ne  com- 
prennent pas,  nous  ne  pouvons  plus  nous  en  étonner,  et  ce 
sens  perverti  ne  vaut  pas  que  nous  cherchions  à  le  refaire. 
Maïs  pourquoi  choyer  de  telles  convictions  pour  d'indignes 
impostures,  toutes  destinées  à  faire  d'un  acte  religieux  une 
absurde  parodie ,  comme  s'ils  n'en  avaient  pas  fait  assez 

(1)  Outre  Dulaure  et  ses  impiétés  qnasi-scientifiqiies  entassées  dans 
soD  informe  compilation^  et  surtout  dans  sa  Description  de  la  France, 
commencée  en  1788,  on  vit  un  autre  énergumène  du  même  système 
antireligieux,  Fournier-Vemenil,  donner  à  Paris  en  1826  un  Tableau 
moral  el  philosophique  où  il  se  posait  en  rageur  forcené  contre  la  fête 
de  râne,  qu'il  prétendait  avoir  vue  dans  une  église  du  Périgord  en  1788, 
et  sur  laquelle  il  avance  des  détails  que  Tétat  de  choses  ne  parait  pas 
comporter.  Sans  plus  indiquer  ses  sources  que  Dulaure,  il  cite  un  dip- 
tyque en  ivoire  comme  représentant  une  de  ces  cérémonies  qu*il  maa- 
dit  largement,  et  ce  diptyque  est  notoirement  reconnu  par  les  anti- 
quaires pour  antérieur  au  Christianisme.  Et  voilà  comme  ces  messieari 
se  copient,  vulgarisent  les  faussetés,  et  remplissent  leurs  recueils  de 
curiosités  comme  Dulaure  et  Fournier  en  ont  tant  fait,  de  billevesées 
sans  portée  qu'ils  font  croire  aux  ingénus  disposés  à  les  lire  sans  précau- 
tion !  Et  voilà  comment,  sous  prétexte  de  tuer  les  ânes  du  moyen  âge, 
on  cultive  ceux  de  notre  temps  !  —  Ce  qui  est  plus  malheureux  encore, 
c'est  de  voir,  en  ce  siècle  de  lumières  et  de  progrès,  des  érudits  de 
profession  répéter  sur  le  baudet  ces  clameurs  de  haro,  jeter  dans  la 
foule,  sous  prétexte  d'art  et  de  sciences,  ces  balourdises  philosophiques 
dont  l'empreinte  reste  si  profonde  même  dans  les  bons  esprits;  et 
qu'enfin  ceux-ci  les  gardent,  et  les  reproduisent  au  besoin  en  prodigaant 
à  nos  usages  défigurés  à  plaisir  les  animad  versions  d'une  conscience  très- 
droite  quelquefois,  mais  toi:gour8  très-peu  éclairée.  C'est  ainsi  qu'en  ne 
prenant  que  le  mauvais  côté  de  la  chose,  Moréri,  Bergier  et  beaucoup 
d'autres  ont  proclamé  leur  réprobation  contre  la  fête  de  l'âne  et  do 
faon,  sans  distinguer  leur  origine  sérieuse  et  grave  des  abus  qui  s'y 
glisbèrent  ensuite  :  et  cependant  cette  distinction  seule  eût  suffi  pour  en 
préciser  les  notions ,  et  imposer  silence  à  ceux  qui  n'applaudissent 
jamais  aux  écrivains  religieux  que  lorsqu'ils  les  prennent  en  défaut 
au  profit  de  leurs  doctrines  personnelles.  C'est  de  la  sorte  que  les 
encyclopédistes,  tout  en  copiant  Oucange,  qui  semble  mieux  com- 
prendre la  fêle  de  Rouen,  n'en  voient  aucunement  le  côté  sérieux,  et 
ne  parlent,  quant  à  celle  des  fous,  que  des  folies  profanes  qui  finirent 
par  en  altérer  l'esprit  et  motivèrent  son  abolition.  —  Voir  Encyclo- 
pédie, in-4«,  1778,  t.  XÏV,  p.  119. 


BRAMES  LITURGIQUES.  —  LES  FÊTES  DE  L*ANE.        227 

d*autres  contre  tout  ce  que  le  Christianisme  a  de  plus  sacré  ? 
Où  voyons-nous  dans  ce  qui  se  passe  à  Rouen ,  à  Sens ,  à 
Beauvais  et  en  quelques  autres  endroits  où  cette  joie  popu- 
laire se  renouvelait  tous  les  ans,  ces  sottises  imaginées  par  la 
verve  féconde  et  satirique  du  prétendu  historien  de  tous  les 
cuUeSy  et  de  tant  d'autres  qui  Tont  précédé  ou  suivi  de  4750 
à  4820 ,  et  de  cette  dernière  époque  à  celle  môme  où  nous 
écrivons?  Où  est  cette  jeune  fille  grimpée  sur  un  âne  et 
affublée  d'une  chape,  ridicule  parodie  de  la  Sainte  Vierge, 
entre  les  bras  de  laquelle  un  enfant  quelconque  travestit 
rSnrant  Jésus,  et  qu'on  place  sans  façon,  ce  dans  le  sanc- 
tuaire ,  du  côté  de  l'évangile  »  pendant  toute  'la  durée  du 
plus  auguste  des  Mystères?  Où  se  trouvent ,  dans  le  manus- 
crit de  Sens,  «  des  restes  évidents  du  paganisme?  »  Où  est  le 
fameux  hi-han  hurlé  par  la  foule  et  accompagné  de  tant 
de  rires  indécents?  Où  sont  ces  dieux  de  la  fable ,  Tritons , 
Satyres  et  autres ,  gambadant  par  les  rues  et  dans  les  nefs 
sacrées  en  compagnie  de  Vénus ,  de  Bacchus  et  de  Pan  ?  Il 
fallait  bien  inventer  Bacchus  pour  motiver  le  fameux  Evoë 
vociféré  jadis  par  les  Bacchantes,  et  qu'on  avait  cru  deviner 
dans  l'abréviation  neumatiquc  des  mots  sxculorum^  amen, 
que  les  antiphonaires  du  temps,  comme  les  nôtres  encore, 
exprimaient  par  les  lettres  a,  e,  o,  u,  a,  e?Si  nos  illustres  oeoz.oi    réfutés 
ennemis  s'étaient  donné  la  peine  de  lire  les  manuscrits  dont  uîïorMce/'^^'* 
ils  revendiquent  l'autorité;  s'ils  avaient  su,  par  les  notions  les 
plus  élémentaires  de  la  paléographie,  distinguer  leur  siècle 
de  ceux  où  ces  fêtes,  dégénérées  comme  le  peuple  de  leur 
simplicité  première,  furent  dénaturées  au  point  de  s'attirer 
les  anathèmes  épiscopaux  que  suivit  enfin  leur  entière  sup- 
pression, ils  se  fussent  défendus  contre  les  entraînements 
de  leur  ridicule  colère ,  et  ils  n'eussent  point  écrit  avec 
autant  d'ignorance  que  de  haine  des  pages  qui  ne  servent 
plus  qu'à  les  ridiculiser  eux-mêmes  et  à  les  flétrir. 

Maintenant  que  parlerions-nous  des  Fêtes  des  fous  y  des     lm  némes  re. 
Innocents,  et  des  autres  moralités  de  ce  genre  dont  la  cause  quenc  «uz  «utrot 


à 


i 


228  UISTOIHE  DU  SYMBOLISME. 

dntmetdes  /rnio-  première  fut  toujours  dans  une  pensée  de  foi,  mais  dont  le 

caractère,  nous  l'avons  dit,  s*altéra  de  plus,  en  plus  au 
contact  de  mœurs  moins  pures  et  moins  religieuses?  Nous 
savons  à  quoi  nous  en  tenir  sur  le  but  qui  les  fit  naître,  et 
sur  les  moyens  que  l'Église  dut  prendre  de  les  abolir  pour 
effacer  les  désordres  dont  elles  étaient  devenues  insépara- 

dont lo  moyen  â^e  bies  (>|).  Nous  pouvous  même  uous  couvaincrc,  en  consul- 

ini-méme  n*a  pas  ^    '  '■ 

Autorbë  les  abas.  tant  YOftus  deliciarum ,  qu'au  douzième  siècle ,  quel  que 

fût  le  penchant  éclairé  qui  portait  vers  ces  triomphantes 
monstres^  qui  n'étaient  alors  écrites  et  parlées  qu'en  latin, 
elles  trouvaient  pourtant  des  censeurs  pour  lesquels  nous 
nous  sentons  un  peu  plus  d'indulgence  que  le  P.  Cahier  ; 
car  alors,  comme  toujours,  la  critique  théâtrale  devait  être 
une  partie  intéressante  et  sérieuse  de  la  littérature  fran- 
çaise, quelque  différente  qu'eUe  fût  (Dieu  merci  !)  de  ce  que 
nous  la  voyons  aujourd'hui  sous  les  plumes  autrement 
trempées  des  Jules  Janin  et  des  Théophile  Gauthier  (2). 

(1)  Nous  pourrions  citer^  à  l'appui  de  cette  réprobation  de  l'Église, 
de  nombreux  décrets  des  Papes,  desËvéques  et  des  Conciles;  conten- 
tons-nous de  faire  observer  qu'au  quatorzième  siècle,  les  laïques  eux- 
mêmes  se  firent  un  devoir  d'abolir  sévèrement  les  désordres  que  leur 
piété  éclairée  ne  pouvait  plus  souffrir.  C'est  ainsi  que  Charles  \îî  et  le 
roi  de  Sicile,  René  d'Anjou,  abolirent  en  1445  la  fête  des  fous  célébrée 
à  Toul  et  devenue  un  scandale  populaire.— Voir  Û^uvre^  choisies  (citées 
plus  haut)  du  roi  René,  t.  I,  p.  lxxii. 

(2)  Cf.  rOr/u5  dsliciarum ,  où  Herrade  a  placé  une  boutade  très- 
intéressante  d'un  bon  moine  qui  s'élève  très-énergiquement,  avec  son 
sens  particulier,  contre  les  abus  déjà  envahissants  du  théAtre  sacré, 
auquel  il  compare  et  préfère  de  beaucoup  ce  que  les  anciens  (ab  anti' 
quis  Patribus)  avaient  Institué  et  perpétué  pendant  longtemps  :  ce  qui 
prouverait  que  ce  théAtre  avait  eu  son  berceau  bien  antérieurement  au 
temps  où  U  se  plaint  (Orius,  f»«  315  f  et  316  v»o).  Le  P.  Cahier  (  Vitraux 
de  Bourges,  ^»  ifii)  blAme  beaucoup  cette  animadversion  du  sévère 
religieux,  qu'il  trouve  bilieux  à  l'excès.  -^  Nous  ne  pouvons  partager 
cette  opinion.  Le  critique  devait  être  dans  le  vrai ,  car  il  avait  aussi 
pour  lui  l'intelligente  abbesse  de  Hohenbourg,  qui  n'aurait  pas  enrichi 
son  recueil  d'une  telle  saillie  si  elle  n'en  avait  pas  adopté  le  senti- 
ment. —  Au  reste,  nous  engageons  beaucoup  nos  lecteurs  à  lire  dans 
la  belle  et  savante  Monographie  que  nous  citons  ici  tout  ce  que  l'in- 
telligence  et  l'érudition  du  docte  jésuite  y  ont  écrit  sous  forme  de  notes 
relativement  au  théAtre  du  moyen  Age.  On  y  converse  d'une  façon 


DRAMES  LITURGIQUES.— LEUR  INFLUENCE  SUR  L'ART.     229 

Nous  croyons  donc  en  avoir  assez  dit  sur  ce  qu'il  y  avait  de 
symbolique  dans  le  premier  thé&tre  de  l'Europe  chrétienne» 
berceau  incontesté  des  thé&tres  d'aujourd'hui;  ajoutons 
qu'il  y  a  une  bl&mable  ingratitude  à  ne  voir  que  ses  dé- 
buts réels  ou  prétendus,  pour  exalter  d'autant  mieux  l'art 
moderne,  très-digne  et  très-beau  sans  doute  dans  Cor- 
neille et  Racine,  mais  dont  les  voies  sont  devenues  par  trop 
boueuses  sous  la  conduite  des  romantiques  de  nos  jours. 
Un  seul  point  nous  intéresse  encore,  et  nous  ne  finirons  pas 
ce  chapitre  sans  nous  appliquer  à  l'en  faire  ressortir;  car  il 
tient  à  une  erreur  trop  souvent  répétée  et  qu'il  faut  enfin 
rejeter  pour  toujours  bien  loin  des  discussions  archéolo 
giques. 

Nous  venons  de  voir  comment,  depuis  le  treizième  siècle ,      innaenoo  qn* 
où  l'architecture  chrétienne  atteignit  son  apogée  sous  les  «zeroée    rar  ^le 
inspirations  de  l'art  gothique  porté  à  sa  plus  haute  puis-  Sq^e^dM'^quâtor' 
sance  d'esthétique  et  de  construction,  l'art  s'affaissa  devant  et  ™Miii3mr  SC 
une  foule  de  motifs  que  l'histoire  constate.  En  cela,  il  subit  ***' 
la  destinée  des  choses  humaines,  qui  retombent  toujours 
da  plus  haut  point  qu'elles  viennent  d'atteindre.  A  cette 
décadence  dut  se  lier  absolument  celle  des  arts  qui  secon- 
daient l'architecture.  L'imagerie,  par  exemple,  se  plia  au 
style  nouveau,  qui  abandonnait  sous  le  marteau  et  l'équerre 
le  beau  idéal  encore  admiré  dans  nos  basiliques  construites 
entre  les  règnes  de  Louis  le  Gros  et  de  Louis  X  (4408-4346). 


aussi  agréable  que  fructueuse  avec  un  homme  qui  enteud  sa  matière, 
parce  qu'il  l'a  étudiée  de  prèa^  et  que  nous  pouvons  indiquer  comme 
modèle  aux  archéologues  du  monde,  trop  souvent  enclins  à  écrire 
légèrement  de  choses  sur  lesquelles  il  ne  faudrait  jamais  se  fourvoyer. 
—  Et  si  Ton  trouvait,  ici  et  ailleurs,  notre  propre  critique  trop  austère 
envers  de  telles  personnes,  presque  toujours  plus  susceptibles  qne  les 
véritables  savants,  qu'on  veuille  bien  observer  que  nous  ne  défendons 
jamais  que  la  vérité ,  que  nous  en  donnons  d'abondantes  preuves , 
n'écrivant  que  d'après  des  sources  que  nous  indiquons,  et  qu'il  doit  être 
permis  à  un  prêtre,  qui  n'a  rien  de  plus  cher  que  la  religion,  de  ven- 
ger celle-ci  des  attaques  formelles  ou  des  malheureuselê  étourderies  de 
ceux  qui  l'insultent  ou  la  méconnaissent. 


L 


230  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

L*ornementation  fleurie  visa  d'abord  à  un  effet  différent  : 
elle  multiplia  ses  «  gentillesses,  »  elle  fouilla  ses  surfaces, 
enlaça  les  feuilles  de  chardon  et  de  vigne  aux  colonnettes 
des  portails;  elle  jeta  même  des  lézards  et  des  colimaçons  à 
travers  des  expansions  végétales.  Mais  de  tels  sujets  ne  don- 
naient que  fort  peu  de  prise  à  Timagination ,  et  Ton  vit 
bientôt  le  bois  et  la  pierre  s'évertuer  à  reproduire  des 
scènes  où  de^  personnages  de  ces  drames  envahissaient  tou- 
jours le  sanctuaire,  en  dépit  des  sévères  proscriptions  des 
Évoques  et  des  Conciles. 
et  oriffin*  dM  11-  C'est  quc  Tart  n'était  plus  exclusivement ,  comme  nous 
dara'iA  d^ortuion  l'avons  moutré  durant  les  plus  belles  époques  de  sa  vie  chré- 
**  ^  '  tienne,  aux  mains  de  TÉglisc  :  le  laïcisme  y  avait  ses  préten- 
tions et  finissait  par  y  dominer.  C'est  à  cette  malheureuse 
période  qu'il  faut  reporter  surtout  les  données  profanes  de 
toute  cette  ornementation  qui  nous  étonne  encore  sur 
l'ameublement  des  églises  édifiées  entre  le  quatorzième  et 
le  dix-septième  siècle.  Les  figures  burlesques ,  les  person- 
nages contournés,  les  masques  hideux,  les  saltimbanques 
en  exercice,  les  animaux  hybrides,  les  indécences  même 
les  plus  excentriques,  s'y  étalent  sans  motif  avec  une  har- 
diesse inconnue  jusqu'alors  :  car,  si  quelques-unes  de  ces 
traductions  du  sixième  précepte  s'étaient  nichées  comme 
leçons  aux  modillons  des  douzième  et  treizième  siècles, 
elles  y  avaient  leur  place  naturelle  au  milieu  d'un  ensemble 
éloquent  dont  nous  avons  fait  ressortir  l'importance  et  le 
sens  général  (4).  Ici,  au  contraire,  ce  sont  des  rôles  isolés, 
tous  séparés  les  uns  des  auti^es,  se  multipliant  à  l'envi  aux 
miséricordes  des  stalles,  sur  les  hauts-dossiers  du  chœur  ou 
des  bancs  d'œuvre  :  ainsi  les  avons-nous  vues  à  Vitteaux  en 
Bourgogne,  à  Flcui7-sur-Loire,  à  Saint-Géréon  de  Cologne, 
partout  où  Tart  des  quatorzième  et  quinzième  siècles  se 
révèle  dans  une  église  d'abbaye  ou  de  prieuré,  dans  une 


(1)  Ci-dessuS;  t.  IH,  p.  422  et  suiv. 


r 


DRAMES  UTURGIQUBS.— LEUR  INFLUENCE  SUR  L'aRT.     234 

cathédrale  ou  une  paroisse  de  cité  opulente.  On  y  trouve 
même  des  groupes  indiquant  que  des  corps  de  métiers  ont 
passé  par  là,  et  peut-être  qu'ils  ont  donné  au  Lieu  saint  une 
de  ces  décorations  capitales,  comme  on  le  voit  souvent  aux 
verrières  de  Bourges,  d'Auxerre  et  de  Tours,  dont  les  pan- 
neaux inférieurs  représentent  les  bouchers,  les  peaussiers^ 
les  tailleurs  de  pierres  et  les  cliarpen tiers  ;  comme  on  voit 
aux  stalles  de  Rouen  une  suite  de  cordonniers  se  produire 
dans  tous  les  détails  de  leur  utile  industrie. 

Eh  bien  !  il  faut  reconnaître  dans  beaucoup  de  ces  innom- 
brables vai*iétés  de  personnes  singulières  les  acteurs  des 
drames  liturgiques  de  la  dernière  époque.  Tels  vous  les  voyez 
avec  leurs  fades  grimaçants,  leur  tournure  burlesque,  leurs 
costumes  drolatiques ,  dans  lesquels  on  remarque  surtout 
d'indicibles  coiffures,  tels  ils  se  présentèrent  pour  les  rôles 
qu'ils  remplirent  jadis  dans  les  drames  oii  ils  semblent  vivre 
toujours.  On  retrouve  là  des  traces  irrécusables  deTenvahis- 
sement  du  terrain  ecclésiastique  parles  prétentions  dulaï- 
cisme.  Ces  artistes  déplus  ou  moins  d'habileté,  qui  s'étaient 
rencontrés  sur  le  même  théâtre ,  à  l'état  de  compài'se  ou 
,  d'acteur,  avec  tel  clerc  dont  ils  étaient  devenus  un  instant  les 
confrères^  ne  manquaient  pas,  quand  on  les  appelait  bientôt 
après  à  travailler  pour  une  église,  de  consacrer  dans  sa  sculp- 
ture un  souvenir  vivant  de  leur  passage  aux  affaires;  à  côté 
de  lui  ils  plaçaient  le  chanoine,  le  franciscain  qui  s'était  pieu- 
sement chargé  d'une  partie  de  l'action.  Gomme  le  diable  ne 
manquait  jamais  d'y  avoir  aussi  son  importance,  on  lui  faisait 
l'honneur  d'un  portrait  qui  pouvait  bien  être  ressemblant, 
et  dans  lequel  des  oreilles  très-reconnaissables  ne  man- 
quaient pas  de  l'indiquer  à  tous;  les  fous,  avec  leurs  bonnets 
à  grelots,  ne  s'y  abstenaient  pas  plus  que  d'autres.  Si  le  pa- 
ganisme vaincu  avait  pris  sa  part  dans  les  processions  dra- 
matiques; si  les  fabliaux  eux-mêmes  y  avaient  exprimé 
quelque  moralité  en  vogue,  et  secondé  d'une  pensée  de  plus 
le  but  que  le  drame  se  proposait  :  le  renard  prêchant  des 


232  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

poules  OU  endoctrinant  le  corbeau  ;  le  chat  saisissant  un 
rongeur  de  grosse  ou  de  petite  espèce,  l'âne  pinçant  de  la 
harpe,  le  singe  jouant  de  la  flûte,  mille  chimères  enfin 
accomplissant  autant  de  rôles  divers,  et  dont  les  miniatures 
n*ont  pas  fait  faute  dans  les  manuscrits  du  temps,  tout  cela 
devint  autant  de  modèles  pour  les  sculpteurs  ;  ils  crurent 
faire  une  galanterie  de  bon  goût  de  placer  à  la  stalle  oc- 
cupée habituellement  par  un  jeune  pretnier  ou  par  quelque 
père  noble  les  traits  et  le  costume  que  ceux-ci  y  acceptè- 
rent en  souvenir  des  rôles  dont  chacun  s'honorait.  Eux- 
mêmes,  hardis  déclassés,  s'y  donnèrent  une  place,  peut-être 
frauduleusement  usurpée,  et  qu'il  fallut  bien  leur  laisser 
quand  on  se  fut  aperçu  trop  tard  qu'ils  y  trônaient.  Les  bètes 
à  figures  hybrides  n'en  devaient  pas  être  exclues,  puisqu'elles 
avaient  eu  dans  la  fameuse  polylogie  leur  action  propre  et 
non  moins  sentimentale.  Quoi  d'étonnant,  dans  ces  folies  de 
l'amour-propre  heureux,  de  se  donner  une  prétentieuse  im- 
mortalité qu'il  n'eût  pas  eue  autrement  ?Dans  notre  siècle  de 
sagesse  et  de pro^ré#,  ne  voit-on  jamais  un  architecte  confier 
à  certaine  console  d'une  église  bâtie  par  lui  sa  physionomie 
de  viveur  à  grande  barbe ,  et  un  peintre  d'excentricités 
mondaines  se  hisser  jusqu'aux  verrières  d'une  basilique,  où 
il  affuble  sa  joviale  figure  de  la  mitre,  de  la  chape  et  du  nom 
deS.  Augusan(4)? 
qai  M  r«flèt«iii  Nous  avons  un  livre  du  quinzième  siècle,  La  Nef  des 
/OM  dii's^blstion  fous  (Navis  stultifera),  où  un  poète  satirique  allemand, 
"^  Sébastien  Brandt,  a  reproduit  en  tirades  élégantes  les  tra- 

vers et  les  ridicules  de  la  société  contemporaine.  Nous 
serions  peu  étonné  que  cet  auteur,  qui  d'ailleurs  n'eut  pas 
moins  de  succès  en  quelques  comédies  que  dans  ses  satires , 
eût  fourni  à  la  dernière  période  du  moyen  âge  les  sujets 
des  sculptures  dont  nous  parlons,  ou  que  le  graveur  de  ses 


(1)  Voir  notre  dissertation  Des  Verrières  et  de  quelques  amateurs  qui 
en  devisent,  BaUet.  monum.,  XXIV^  524< 


DRAMES  UTURGI0UE8.— LEUR  DCFLUEIfCE  SUR  L*ART.     233 

images  s'en  Mt  inspiré  {\).  Quoi  qu'il  en  soit ,  ne  voit-on     ArfaiMox  qui 

.«  «Il*  1       ont  confonde  06tt« 

nas,  dans  ces  bizarreries  de  toutes  parts  ciselées,  r  œuvre  de  ^poq»»  ^^^^  i« 

Trsi  moyen  Êigt  ; 

ceCle  période  d'arbitraire  et  de  caprices  dont  on  a  voulu 
charger  tout  le  moyen  âge  pour  nier  l'action  du  symbo- 
lisme sur  la  plupart  de  ses  œuvres  peintes  ou  sculptées? 
C'est  ici  seulement  que  nous  tombons  d'accord  avec  les 
antagonistes  trop  absolus  de  la  partie  emblématique  de  Fart 
chrétien.  Oui,  il  fut  un  temps  où  le  symbolisme  s'égara,  fit  et  dernière  pr^re 

'  r  J  D        '  qoelesymboUome 

fausse  route,  chercha  son  aliment  dans  im  ordre  d'idées  »  toiooow  Téou  e 
moins  pures,  et  s'achemina  ainsi  vers  une  décadence 
rapide  et  définitive.  Mais  il  h'était  pas  moins  lui-même  ;  il 
ne  voulait  pas  moins  traduire  des  faits  connus  et  des  théo- 
ries philosophiques  en  des  œuvres  sensibles  dont  le  fond 
renfermait  toujours  un  enseignement.  Voilà  ce  qu'il  ne 
faut  jamais  oublier  si  l'on  ne  veut  point  s'égarer  dans  les 
voies  trop  larges  d'une  science  erronée.  Que  de  pages 
écrites  sur  ce  sujet  depuis  trente  ans  devraient  être  effacées! 
C'est  qu'en  de  telles  matières  il  ne  faut  jamais  se  faire  juge 
a  priori  d'après  une  persuasion  préconçue;  il  ne  faut  jamais 
séparer  l'histoire  des  mœurs  de  celle  de  l'art,  si  l'on  veut 

« 

(1)  Sébastien  Brandt  mourut  en  1520  ;  il  était  né  à  Strasbourg  en  1454 
ou  1458. 11  publia  son  livre  sous  le  titre  de  Navis  narragonica  (  mot 
hybride,  sans  doute,  et  de  son  invention  pour  en  exprimer  l'esprit  sati- 
rique), ou  Slultifera  Navis,  Composé  en  vers  allemands,  ce  livre  parut 
dans  cette  langue  à  Strasbourg  en  1488,  in-4o.»  11  fut  traduit  en  dis- 
tiques latins  par  Jacques  Locber,  auteur  alors  renommé  de  plusieurs 
ouvrages  théologiqnes  ou  littéraires,  entre  antres  d'un  Poème  héroïque 
sur  5**  Catherine,  dont  la  fiction  est  basée  sur  la  mythologie  païenne.  — 
L'édition  de  cette  traduction  latine,  que  nous  possédons,  est  certaine- 
ment de  1497,  date  marquée  au  f«  U4'etne  laissant  aucun  doute.  Nous 
croyons  devoir  faire  observer,  pour  la  satisfaction  des  bibliophiles,  que 
les  notions  précédentes,  qui  résultent  de  nos  études  pe:sonne1]es,  sont 
peu  d*accord  avec  celles  que  donnent  dans  la  Biographie  universelle 
MM.  Guizot  pour  Brandt,  et  Marron  pour  Locher.  Ce  dernier  parle  de  la 
i'«  édition  du  Navis  latin  comme  donnée  en  1485,  et  le  premier  date  la 
publication  originale  de  1488.— Ce  qui  est  certain,c'est  la  réalité  de  cette 
dernière  date  :  donc  elle  infirme  pour  la  traduction  celle  de  1485.  S'il  est 
reconnu,  en  effet,  que  le  traducteur  donna  son  œuvre  dans  le  cours  de 
l'année  même  où  parut  le  travail  de  Brandt,  il  est  clair  qu'il  ne  put,  par 
aucune  raison,  le  faire  imprimer  trois  ans  auparavant. 


234  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

bien  comprendre  celui-ci  ;  ou  bien,  en  d'autres  termes,  et 
pour  traduire  nettement  cette  vérité  importante,  on  ne  doit 
pas  s'engager  à  la  recherclie  des  vérités  artistiques  si  l'on  n'a 
saisi  fortement,  et  porté  dans  les  moindres  recoins,  le  flam- 
beau qui  éclaire  la  vie  des  siècles  passés,  en  fait  apprécier 
les  moindres  habitudes,  et  seul  peut  aider  efflcacement  à  y 
séparer  le  vrai  du  faux,  et  l'évidence  de  périlleuses  illu- 
sions. 


CHAPITRE  XX. 


DE  LA  MUSIQUE  8ACBÉE. 


La  musique  eât  iuséparable  de  la  liturgie  catholique  ;  or»»ine  de  ia 
elle  est  Tâoie  de  toutes  ses  formes  consacrées,  et  quand  dantu prière; 
celles-ci  préoccupent  Tattention  par  le  regard,  celle-là 
s'empare  de  l'esprit  par  Toreille ,  elle  le  charme  par  l'en- 
chatnement  des  sons,  et  le  captive  jusqu'à  l'élever  au-dessus 
des  plages  terrestres  à  travers  les  espaces  qui  le  séparent 
du  ciel.  C'est  là  encore  une  de  ces  harmonies  de  la  créa- 
tion qu'il  faut  admirer ,  puisqu'elle  rapproche  la  créature 
de  son  Auteur  par  ce  qu'elle  a  de  plus  intime  et  de  plus 
naturel.  La  musique  a  pu  devenir  une  science  plus  ou 
moins  réfléchie ,  par  l'application  de  certaines  théories  qui 
lui  auront  fait  des  règles  et  une  méthode  d'action ,  mais 
son  origine  est  toute  de  Dieu  dans  l'homme  primitif;  elle 
n'a  pas  plus  été  inventée  que  le  langage  ;  elle  a  dû  servir 
tout  spontanément  à  une  adoration  pleine  de  reconnais- 
sance :  nous  avons  déjà  exposé  cette  pensée  au  chapitre  iv 
de  notre  première  partie.  De  là  son  identité  avec  le  culte  ;  et 
il  nous  semble  que  le  huitième  psaume,  où  se  développent  les 
magnifiques  enthousiasmes  du  grand  poète  sur  les  beautés 
visibles  du  monde  (^),  n'est  qu'un  écho  lointain  mais  fidèle 
des  premiers  sentiments  exhalés  par  l'homme  quand  bril- 
lèrent à  ses  premiers  regards  les  divines  splendeurs  de 


(1)  «  Domme,DoiniQU8  ooster,  quam  admirabile  est  nomeu  iuum  iii 
imiveraa  terra!  »  {Ps,,  viii,  1.) 


236  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

TËden.  Nous  irons  plus  loin,  au  risque  de  n'être  pas  com- 
pris de  tous ,  et  nous  n'hésitons  pas  &  croire  que  ces  élé- 
ments originaux  durent  alors,  par  la  gravité  du  rhythme  et 
la  simplicité  de  Texpression ,  poser  comme  les  fondements 
innés  de  la  musique  religieuse,  du  plain-chant,  tel  à  peu 
près  que  nous  le  pratiquons  encore.  Ainsi  se  seraient  main- 
tenus jusqu'au  berceau  du  Christianisme  les  essais  d'abord 
naturels,  et  peu  après  plus  méthodiques,  des  meilleurs 
%      sentiments  du  cœur  humain. 
sMOâraotèretpri.      Cependant  il  n'est  pas  douteux  que  ce  caractère  primer- 
^'fw°^«  pSi/'  dial ,  par  cela  même  qu'il  tenait  son  expression  d'une  foi 
théisme.  mieux  sentie  et  plus  soumise,  aussi  bien  que  de  l'unité  du 

culte  envers  un  Dieu  unique,  ait  dû  s'altérer  profondément 
sous  les  barbares  influences  du  polythéisme,  quand  l'ido- 
lâtrie eut  détourné  l'homme  de  sa  voie.  Ce  ne  furent  plus 
les  aspirations  douces  et  calmes  d'ftmes  restées  innocentes 
dans  Tamour  du  Dieu  créateur ,  ni  les  soupirs  d'une  prière 
respectueuse  et  confiante,  ni  les  accents  plus  vifs  d'une 
pieuse  gratitude  s'éle^'ant,  pour  les  dons  multipliés  de  sa 
Providence,  vers  l'Auteur  de  toute  grâce  sensible.  La  vérité 
religieuse ,  en  s'effaçant  de  plus  en  plus  pour  les  païens , 
dut  effacer  avec  elle  l'auguste  dignité  des  chants  de  la 
famille;  les  dieux  nouveaux,  muets  et  inconnus  de  la 
foule ,  n'eurent  plus  pour  cantiques ,  selon  que  l'attestent 
les  plus  anciennes  traditions,  et  même  des  observations 
récentes,  que  des  accents  saccadés,  des  murmures  inintel- 
ligibles ,  passant  subitement  et  sans  gradations  des  notes 
les  plus  basses  aux  plus  élevées ,  des  sons  tristes  et  mornes 
à  des  clameurs  bruyantes  capables  d'effrayer  toujours, 
jamais  de  consoler  ou  d'attirer  ;  enfin  des  tons  graves  aux 
plus  aigus,  comme  les  Kalmouks  en  font  encore  la  base  de 
leur  atroce  musique  {\). 
C'était  toujours  là  évidemment  une  sorte  de  symbolisme 

(l)  Voir  Les  Steppes  de  la  mer  Caspii  nne ,  par  Hommalre  de  Hell , 
Parié,  1853,  in-8o. 


LA   MUSIQUE  SACRÉE.  237 

dans  le  chant ,  noble  et  beau  pour  la  vérité  et  la  vertu , 
hideux  et  repoussant  pour  Terreur  et  les  bassesses  qu'elle 
enfante. 
Les  Pères  Pavaient  bien  compris ,  et ,  parmi  eux ,  S.  Jean     pwio^opuo  de 

Ut   musique  dans 

Ghrysostome  a  comparé  «  l'homme  &  un  instrument  de  lesPèree, 
musique,  à  un  luth  ou  à  une  harpe,  que  Dieu  a  fait  d'un 
artifice  admirable,  et  mis  au  monde  pour  sonner  ses  louan- 
ges, publier  ses  grandeurs  et  faire  retentir  partout  une  ex- 
cellente mélodie  qui  réjouisse  non-seulement  les  créatures 
d'ici-bas,  mais  encore  celles  d'En-Haut...  Ainsi,  l'homme  ' 
doit  modérer  ses  passions,  afin  de  les  rendre  utiles  en  les  fai- 
sant concourir  à  l'harmonie  du  grand  tout  humain,  comme 
les  cordes  de  l'instrument,  qui,  pour  rendre  des  sons  justes 
et  agréables,  doivent  n'être  ni  trop  lâches  ni  trop  tendues, 
mais  se  gouverner  par  certaines  règles  du  diapason  (4).  » 
C'est  une  des  origines  qu'il  faut  peut-être  chercher  à  la  reproduite    dans 

°       .     ^  '^  l'art  plastique  de 

plupart  de  ces  musiciens  suspendus  aux  modillons  de  nos  nos  é^iiset. 
églises.  Même  quand  ils  ne  sont  que  des  animaux,  peu 
exercés  d'ordinaire  à  ces  sortes  de  concerts,  n'ont-ils  pas 
leur  rôle  marqué  dans  la  marche  générale  de  la  nature , 
dans  le  grand  concert  des  choses  visibles?  ceux-ci  n'ont-ils 
pas,  comme  les  oiseaux  qui  chantent  sans  cesse  et  charment 
l'oreille  du  roi  de  la  terre,  des  sentiments  inconnus  de 
nous,  mais  qu'ils  doivent  rendre  dans  l'ensemble  des  choses 
symboliques ,  avec  des  instruments  d'emprunt ,  puisqu'ils 
ne  le  peuvent  par  une  mélodie  naturelle  ?  Et  nos  archi- 
tectes chrétiens  n'ont-ils  pas  rangé  ainsi  avec  intention  sous 
les  corniches  de  nos  églises  ces  bêtes  nombreuses  qu'ils 
semblent  y  inviter  avec  le  Psahniste  et  le  Prophète  de  Ba- 
bylone  à  surexalter  les  louanges  du  Seigneur  (2)  ? 

(1)  Voir  s.  Joan.  Chrys.  Serm,  i  de  Lazaro;  —  In  psalm.  XLViii;  — 
dans  le  P.  SainWare^  De  la  Connaissance  et  de  V Amour  du  Fils  de 
JHeu,t.  Vil,  p.  178,m-12,  1836. 

(2)  «  Benedicite  omnes  bestis  et  pecora  Domino ,  et  superexaltate 
Eum  in  sscula.  »  (Dan.,  m,  81.)  —  «  Beatiœ  et  universa  pecora...  laa- 
dent  Domen  Domini.  »  {Ps,,  cxlvui,  10.) 


238  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

ECèto  do  chMt      Ainsi ,  dans  l'esprit  de  FÉglise ,  tout  doit  concourir  en 
ïïïSSîr''       notre  monde  à  un  ensemble  glorieux  au  souverain  Maître  ; 

et  comme  la  musique  est  la  plus  simple  et  la  plus  sublime 
expression  de  la  prière,  partout  et  toujours  elle  s'est  mêlée 
au  culte,  elle  a  rapproché  l'homme  de  Dieu.  Et  c'est  quel- 
que chose  de  grandiose  en  effet,  chacun  a  dû  l'éprouver, 
que  l'accord  religieux  de  voix  multiples  chantant  seules  les 
belles  hymnes  de  S.  Thomas  d'Aquin  aux  processions  solen- 
nelles de  nos  campagnes,  ou  dans  les  missions  du  catholi- 
cisme les  cantiques  populaires  du  V.  Grignon  de  Montforl. 
Et  que  n'était-ce  pas  aux  temps  de  S.  Ambroise  (plût  à  Dieu 
qu'ils  nous  revinssent  !)  que  ces  chants  alternés  dans  le 
Lieu  saint  par  les  voix  nombreuses,  «  semblables  au  flux 
et  au  reflux  des  flots  de  la  mer ,  ou  au  bruit  des  vagues 
qu'imitaient  tour  à  tour  les  élans  doux  ou  sonores  des 
hommes  et  des  femmes,  des  vierges  et  des  adolescents  (4)!  » 
Cet  effet  saisissant  dont  l'âme  se  sent  pénétrée  s'est  tou- 
jours produit  dans  celles  qui  ont  le  mieux  senti  l'action 
secrète  et  intérieure  de  la  foi.  S.  Augustin  avait  répandu 
des  larmes  d'attendrissement  aux  chants  des  fidèles  réunis 
pour  rOffice  divin,  et  S.  Isidore  de  Séville  comprenait  que 
le  chant  à  deux  chœurs  ne  pouvait  avoir  été  institué  qu'à 
l'imitation  des  Séraphins  répétant,  de  l'un  à  l'autre  devant 
le  trône  divin , 

L'éleroel  hosanua  de  la  terre  et  dee  cieuz  (2). 

Et  cet  écho  des  voix  célestes,  ce  soin  de  le  reproduire  ici-bas 
pour  exprimer  des  adorations  analogues,  ne  sont-ils  pas 
(le  véritables  symboles  de  l'union  des  cœurs  et  de  l'assen- 

(1)  Voir  S.  Ambros.  PrafaL  in  psalmns, 

(2)  «  Serapbim...  clamabant  alter  ad  aUerum^  et  dicebatit  :  SaDClas... 
Dominus...  Plena  est  omnis  terra  gloria  Ejus.  »  {Is,,  vi,  3;  *  Apoc., 
IV,  8.)  ^  Cette  pensée  est  très-bien  développée  avec  les  textes  des  Pères 
que  nous  indiquons  seulement,  pour  être  plus  court,  mais  dont  on  peut 
voir  Tensemble  dans  le  Traité  de  la  Messe  et  de  COf/ice  divin  de  Gran- 
colas,  déjà  cité^  p.  246  et  suiy« 


r 


LA  MUSIQUE  SACRÉE.  239 

timent  universel  des  créatures  dans  la  louange  du  Créa- 
teur? Nous  voyons  comment  TËglise  s'en  est  emparée  dès 
son  berceau,  et  qu'elle  ne  négligea  pas  ce  moyen  merveil- 
leux d'exciter  tour  à  tour  Tamour  de  Dieu,  la  componction, 
la  reconnaissance ,  et  de  resserrer  ainsi,  par  les  nœuds  les 
plus  sûrs  et  les  plus  durables,  le  lien  mystérieux  qui  relie 
Thomme  à  son  éternel  avenir.  Gomment  ne  pas  le  recon- 
naître lorsqu'on  a  entendu  en  certaines  paroisses  (et  nous 
voudrions  par  cela  même  que  ce  fût  en  toutes)  les  simples 
et  belles  vêpres  du  dimanche  alternées  par  deux  chœurs 
de  femmes  et  d'hommes  qu'accompagnent  les  sons  d'un 
orgue  bien  dirigé  ?  Combien  l'effet  en  est  religieux ,  et 
comme  le  peuple  aime  à  prendre  sa  part  de  cette  manifes- 
tation chrétienne,  dont  on  n'use  pas  assez  pour  l'intéresser 
aux  solennités  religieuses  ! 

Le  symbolisme  des  chants  sacrés  fut  donc  tout  entier  du  «a  symbo. 
dans  leur  pouvoir  d'exciter  en  nous  des  sentiments  dignes  pression, 
de  leur  objet.  Nous  leur  appliquons  la  même  théorie  qu'à 
la  musique  en  général,  dont  nous  avons  déjà  parlé  ;  seule- 
ment la  musique  ne  nous  apparaîtra  plus  ici  qu'affectée 
exclusivement  aux  rites  de  la  religion  ;  mais,  avant  tout ,  il 
est  bon  de  la  considérer  et  de  la  comprendre  dans  son 
origine ,  afin  de  mieux  établir  les  hautes  convenances  qui 
nous  la  firent  adopter,  et  quelles  puissantes  raisons  doi- 
vent protéger  son  auguste  caractère  contre  les  intrusions 
de  l'esprit  mondain,  et  l'envahissement  des  symphonies 
profanes. 

Lorsque,  dès  le  berceau  du  monde,  le  chant  eut  été  appli-  Le  symbousins 
que  à  la  prière,  il  dut  passer  bientôt  à  la  manifestation  de  les'^^dlfteite^e^u 
tout  ce  qui  eut,  dans  les  développements  de  l'état  social,  un 
caractère  d'utilité  publique  ou  d'intérêt  commun.  Il  se 
mêla  aux  grandes  actions  de  la  vie  des  peuples  et  des  par- 
ticuliers :  le  Pentateuque  n'en  laisse  pas  douter.  Il  nous 
montre  la  poésie  inséparable  de  tous  les  événements  :  la 
joie,  l'enthousiasme,  les  victoires  et  les  défaites,  les  dou- 


ble extérieure. 


240  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

leurs  profondes  de  la  famille,  tout  devient  un  sujet  de 
chant  pour  les  Hébreux  ;  et  si  nous  allons  de  chez  eux  yers 
les  autres  nations  orientales,  nous  n'y  trouvons  que  des 
preuves  de  plus  de  cette  thèse.  Les  chefs  des  peuples ,  par 
eux-mêmes  ou  par  leurs  poètes  attitrés ,  les  législateurs  et 
les  généraux ,  tous  entonnent ,  pour  se  réjouir  ou  se  plain- 
dre, pour  commander  la  victoire  ou  pleurer  sur  les  héros 
qui  ne  sont  plus,  des  chants  qui  prennent  tous  la  teinte  de 
la  pensée  qui  les  domine.  La  guerre,  Tamour,  la  philoso- 
phie morale,  la  piété  religieuse  ont  leur  expression  person- 
nelle et  des  variantes  rhythmées  pour  seconder  à  la  fois  la 
parole  et  le  sentiment. 
Leoaime  et  la      Et  uéanmoins,  dans  ces  âges  antiques,  il  s*en  faut  que 

g^Tlt^   sont    les  .     .  -jx  1  •  .      .        .*x 

plus  antiques  ca-  uous  puissious  cousidércr  la  musique  amsi  usitée  comme 

ractères  du  chant ,  .  .  _^    n  ^  j    • .      %    i 

une  science ,  encore  moins  comme  un  art.  Réduite  à  la 
voix,  qui  dut  bientôt,  par  une  recherche  naturelle,  se  prêter 
à  des  accords  d*où  naquirent  le  sentiment  et  la  pratique 
plus  ou  moins  imparfaite  des  accompagnements  de  Thar- 
monie ,  l'habitude  des  idées  sérieuses ,  la  pensée  plus  fré- 
quente de  Dieu  en  des  âmes  plus  habituées  au  contact 
journalier  de  ses  merveilles ,  imprimaient  forcément  aux 
modulations  musicales  un  calme  et  une  gravité  qui  se  res- 
sentaient beaucoup  des  mœurs  patriarcales  et  pures  de 
ces  races  nouvelles,  encore  étrangères  aux  vivacités  ou  aux 
désordres  des  passions.  On  s'accorde  généralement  au* 
jourd'hui  à  regarder  ces  premiers  rudiments  comme  le 
principe  de  la  mélopée  des  Grecs ,  laquelle ,  résultant  des 
premiers  essais  d'une  théorie  musicale,  et  parvenue,  comme 
son  nom  l'indique  {/uLikoç-noiéy)  ^  à  procéder  d'après  une 
suite  de  règles  imposées  au  chant  pour  le  diriger  et  Thar- 
monier,  garda  beaucoup  de  son  caractère  primitif,  et  se 
reproduit  encore  à  travei's  tant  de  siècles  dans  l'imposant 
récitatif  du  Pater  et  de  la  Préface  catholiques.  Ces  règles, 
dont  les  Grecs  ne  croyaient  pas  pouvoir  s'écarter ,  étaient 
désignées  chez  eux  par  le  mot  v^moç^  la  loij  et  s'appliquaient 


LA  MUSIQUE  SACRÉE.  244 

à  quatre  tons  différents  dont  M.  Fétis  pense  que  l'effet  gé- 
néral se  retrouve  encore  dans  la  belle  hymne  Feni  Creator , 
dans  le  Pange  lingua  de  la  Passion,  et  dans  quelques  autres 
compositions  analogues  dont  la  majestueuse  gravité  est 
très-distincte  des  modulations  du  chant  grégorien  (4).  En 
jugeant  d'après  ces  données ,  on  comprend  bien  qu'avec  sa 
marche  simple  et  noblement  graduée ,  un  tel  chant  était 
fort  symbolique  ;  car  il  rendait  admirablement  les  pieuses 
dispositions  d'un  cœur  qui  implore  pour  ses  plus  pressants 
besoins ,  ou  qui  médite  sur  les  douloureux  mystères  de  sa 
rédemption. 
Que  si  nous  méditons  cette  ingénieuse  théorie  de  l'habile  •*  i«  conditions 

enentiellflt       de 

musicien ,  nous  en  tirerons  encore  une  utile  conséquence  :  tm  effet», 
cette  origine,  en  effet,  impliquerait  à  elle  seule  la  condam- 
nation énergique  de  toute  musique  profane  en  face  de  nos 
autels.  Il  n'y  faut  que  des  accords  d'où  résultent  la  pensée  dont  le  tymbo. 
de  Dieu,  le  sentiment  de  la  prière,  du  respect,  et  de  tout  ce  qu^yec  eux.'*^*™ 
que  le  cœur  de  l'homme  peut  avoir  de  pieux  et  de  recueilli. 
C'est  là  le  vrai  symbolisme  propre  à  la  musique  de  nos 
temples  chrétiens  ;  de  là  est  né  le  plain-chant,  dont  tous  les 
bons  esprits  s'accordent  à  reconnaître  la  convenance  exclu- 
sive dans  les  saintes  et  majestueuses  cérémonies  de  la  reli- 
gion (2).  Si  nous  avions  à  faire  ici  une  histoire  de  ce  chant, 

(1)  Voir  Jean-Jacqiieé  Roadeeau,  Dictionnaire  de  musique,  vo  plain- 
cbant^— et  surtout  retis^  Résumé  de  l  histoire  de  la  musique,-^  Obser- 
▼ons  ici  que  les  morceaux  cités  en  exemples  par  notre  savant  artiste 
sont  de  deux  époques  différentes,  doot  le  genre  musical  peut  cepen- 
dant fortifier  son  observation.  En  effet ,  si  le  Veni  Creator  est  de 
Cbarlemague,  à  qui  on  l'attribue  généralement^  et  que  ce  grand  prince 
en  ait  composé  la  musique ,  comme  il  est  assez  probable  ,  on  trouve 
daus  ce  chant  même  un  caractère  ^ui  le  reporte  bien  à  son  époque  : 
c'est  un  mélange  de  la  gravité  ambroisienne  et  des  premières  tentatives 
de  la  mélodie  grégorienne.  —  Que  le  Pange  lingua  gloriosi  lauream 
c^rtaminis  soit  de  Claudius  Mamert^  mort  en  4b2 ,  ou  de  S.  Fortunat, 
qui  vivait  à  la  fin  du  sixième  siècle,  on  voit  encore  que  le  style  grec  y 
atteste  les  temps  antérieurs  à  S.  Grégoire^  car  il  lui  reste  plus  étranger, 
et  s'en  éloigne  oeaucoup  plus  que  le  Veni  Creator,  Ces  nuances  sont 
importantes  à  remarquer. 

(2)  Cf.  Instruction  pastorale  sur  le  chant  d* Église,  par  Mgr  Parisis , 
éTéque  de  *  Langres  ,  et  Le  P tain-Chant ,  revue  mensuelle  ,  4860  , 
p.  5i 

T.  IV.  10 


i 


242  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

histoire  qu'on  trouve  partout  depuis  que  l'archéologie  mieux 
étudiée  a  fait  mieux  comprendre  que  la  musique  avait  dans 
TÉgUse  chrétienne  d'indispensables  relations  avec  le  mona- 
ment  sacré,  nous  ferions  voir  par  quelles  phases  diverses 
de  composition,  d'abord  très-simple,  puis  plus  compliquée, 
et  enfin  exagérée  jusqu'à  l'abus,  a  dû  passer  la  musique 
sacrée  pour  descendre  jusq'ui  nous  des  hauteurs  primitives 
où  elle  naquit.  Nous  monirerions  comment  le  symbolisme 
qui  lui  est  propre  s'est  aussi  effacé  peu  à  peu  selon  qu'elle 
s'est  moins  tenue  à  l'esprit  qui  l'avait  inspirée  d'abord; 
mais  un  livre  suffirait  à  peine  à  une  telle  tâche.  Sans  trop 
négliger  ce  dernier  point,  qui  nous  importe  ici,  exposons 
du  moins  en  quelques  mots  l'essentiel  de  cette  thèse ,  en 
méditant  ce  qu'elle  a  de  propre  à  notre  sujet. 
[Symbolisme  de      Lcs  cffcts  quc  uous  rappcUous  tout  à  l'heure  du  chant 

1a  prière  chantée ,  . 

et   8oa   oriffiae  altcmé  dansTEglisc  dc  Milauau  tcmpsdc  S.  AugustiQ,et  quc 

ce  Père  a  décrits  en  termes  si  touchants  au  neuvième  livre 
de  ses  Confessions ,  sont  le  plus  ancien  témoignage  authen- 
tique du  symbolisme  de  la  prière  chantée.  On  était  encore 
si  près  des  catacombes ,  où  le  silence  était  une  condition 
de  sécurité,  qu'on  n'avait  guère  songé,  en  Occident,  à  mo- 
duler par  la  voix  les  pieux  élans  de  la  prière  publique.  Le 
Saint  Sacrifice  s'offrait  dans  le  mystère  ;  l'union  du  peuple 
au  prêtre  officiant  ne  s'opérait  que  par  l'unanimité  con- 
venue de  l'adoration  dans  la  même  foi  et  les  mêmes  désirs. 
Quand  S.  Ambroise,  qui  ne  fut  pas,  autant  qu'on  le  dit  sou- 
vent ,  l'inventeur  de  cette  méthode  usitée  longtemps  avant 
lui ,  sentit  le  besoin  d'animer  dans  sa  cathédrale ,  où  il  se 
réfugiait  contre  les  persécutions  de  l'impératrice  Justine , 
la  prière  d'un  peuple  bientôt  lassé  de  cette  trop  longue 
attente ,  ce  fut  à  une  mélodie  grecque  qu'il  dut  accommoder 
les  psaumes  indiqués  par  lui  aux  fidèles  comme  les  plus 
analogues  aux  circonstances.  Outre  que  cette  mélodie  avait 
quelque  chose  de  très-musical  par  la  variété  des  accents 
et  des  rhythmes,  qui  la  revêtaient  d'une  certaine  délicatesse, 


LA   MUSIQUE  SACRÉE.  243 

elle  convenait  très-bien ,  par  le  ton  général  de  sa  philoso- 
phie mélancolique,  aux  idées  du  Psalmiste,par  conséquent 
aux  craintes  et  aux  espérances  des  persécutés.  Observons 
d'ailleurs  que  la  mélodie  religieuse,  dont  un  caractère 
principal  doit  être  de  procéder  par  des  intervalles  peu 
étendus  (^),  s'alUait  d'autant  mieux  en  cette  rencontre 
avec  la  facture  de  ces  courts  alinéas  dont  se  composent  les 
psaumes,  lesquels  étaient  déjà  coupés,  conformément  à  une 
règle  de  la  poésie  hébraïque ,  par  une  médiante  ou  divi- 
sion calculée,  devant  laquelle  on  sent  la  voix  se  reposer  et 
se  relever  successivement. 

Quoi  qu'il  en  soit,  il  parait  que  ces  beautés  symbolis-  •«•  iwreniirM  vi- 
tiques  souffrirent  plus  ou  moins  en  se  vulgarisant  :  le 
caprice  individuel  dut  faire  des  irruptions  fréquentes  au- 
tant que  faciles  dans  un  champ  dont  les  bornes  n'étaient 
rien  moins  que  posées.  Le  ton,  la  mesure  et  les  autres  con- 
ditions d'un  chant  méthodique,  outre  qu'ils  étaient  encore 
assez  mal  déterminés,  devaient  se  subordonner  forcément 
à  des  aptitudes  inégales  d'exécution  :  de  là  beaucoup  d'in- 
certitude et  de  vague  dans  la  pratique  et,  partant,  de 
promptes  défectuosités.  C'est  ainsi  que  le  premier  chant 
ecclésiastique  dut  traverser  les  deux  siècles  qui  séparent 
S.  Damase  de  S.  Grégoire  le  Grand ,  en  se  défigurant  de 
plus  en  plus,  et  sans  doute  aussi  en  perdant  beaucoup  de 
son  symbolisme  natif.  Ajoutons  que  les  Barbares ,  qui  en- 
vahirent  l'Italie  et  la  Gaule  plus  d'une  fois  dans  cet  inter- 
valle, étaient  gens  assez  peu  musiciens  pour  ne  pas  se 
laisser  toucher  de  tels  concerts.  Leurs  chansons  guerrières, 
les  formidables  intonations  de  leurs  consonnes  gutturales , 
durent  peu  s'accorder  avec  la  douceur  du  chant  chrétien, 
et  celui-ci  dut  fort  peu  se  défendre  contre  l'influence  d'une 
si  funeste  association.  Ce  furent  autant  de  raisons  pour  eiies  mourent  la 

(1)  Voit  Mémoire  sur  le  caractère  que  doit  avoir  la  musique  éP Église, 
et  sur  les  éléments  qui  la  constituent,  par  M.  Beaulien,  de  Niort^  parmi 
ceux  de  la  Société  de  statistique  des  beuah-Sèvres ,  t.  XX^  p.  63. 


iÂi  mSTOltlE  DU  SYMfiOLlSME. 

reforma  de  8.  orf-  jesquclles  Ic  pape  s.  Grégoire  entreprit  la  réforme  qui  porte 
'^   '    '  son  nom.  On  sait  qu'avant  lui  plusieurs  Papes  avaient 

plus  ou  moins  essayé  de  réunir  les  vagues  et  insuffisantes 
données  de  la  liturgie  et  du  chant  ;  mais  à  lui  seul  devait 
revenir  l'honneur  d'un  antiphonaire  et  d'un  missel  où.  les 
antiques  nomesy  réunis  enfin  et  modifiés  selon  des  inspi- 
rations plus  ingénieuses ,  reçussent  la  sanction  d'une  au- 
torité souveraine  qui  assurât  leur  avenir.  Aussi  dut-on 
bientôt  &  ce  grand  Pape  la  première  école  de  ciiant,  qu'il 
présida  en  personne ,  au  rapport  de  son  célèbre  biographe 
le  diacre  Jean,  et  dans  laquelle  il  ne  dédaigna  point  de 
donner  lui-même  des  leçons  aux  enfants. 
HittoiN  d«  cette      Les  efforts  du  saint  Pontife  réussirent  en  Italie  et  en 

réforme;  . 

Allemagne.  Ces  contrées,  naturellement  plus  musicales, 
acceptèrent  avec  empressement  l'accentuation  plus  artis- 
tique de  la  nouvelle  méthode;  et  comme,  dans  les  écoles 
qui  s'ouvrirent  ainsi  de  toutes  parts,  on  enseignait  aussi  les 
éléments  des  sciences  et  tout  ce  qui  constituait  l'éducation 
des  clercs,  l'initiative  prise  par  S.  Grégoire  ne  servit  pas 
peu  à  répandre  le  goût  des  études,  qui,  dès  lors,  commen- 
cèrent à  refleurir.  La  France ,  pourtant,  se  montra  moins 
disposée  à  modifier  sa  musique  religieuse.  La  plupart  de  ses 
évèques,  venus  en  missionnaires  de  la  Gallo-Grèce,  comme 
beaucoup  de  leurs  noms  le  témoignent  encore  à  cette 
époque,  y  avaient  introduit  le  chant  oriental.  Celui-ci  se 
modifia  un  peu  quand  S.  Augustin ,  traversant  les  Gaules 
pour  aller  conquérir  l'Angleterre  au  Christianisme ,  y  fit 
connaître  la  méthode  grégorienne,  laquelle ,  s'immisçant 
d'abord  à  l'ancienne,  tarda  peu  d'y  jeter  le  désordre  insé- 
parable d'éléments  hybrides.  Cette  fusion  parvint  d'au- 
tant plus  sûrement  à  faii*e  une  musique  barbare  qu'elle 
s*arrangea  peu  de  la  notation  de  S.  Grégoire.  Le  grand 
maître,  en  efiet,  au  lieu  des  quinze  premières  lettres  de 
l'alphabet  servant  alors  de  notes,  s'était  contenté  des  sept 
premièi*es  placées  au-dessus  des  syllabes  à  chanter;  celles-ci, 


LA  MUSIQUE  8ACRÉE.  —  CHANT  GRÉGORIEN.  245 

en  désignant  les  sept  gradations  ascendantes  de  la  gamme, 
pouvaient,  il  est  vrai,  ne  pas  suffire  toujours  à  l'étendue  de 
la  voix,  mais  on  suppléait  &  ce  défaut  en  réitérant  les  lettres 
déjà  employées ,  selon  que  la  portée  devait  s*élever  ou 
s'abaisser  au  delà  des  sept  gradations  habituelles.  C'était 
donc  une  nouvelle  science  à  étudier  pour  nos  gosiers 
cisalpins,  qui  y  défaillirent  faute  de  souplesse  et  se  faisaient 
traiter  par  les  Italiens  d'âpres  et  de  sauvages  (4).  Ce  serait 
une  preuve  qu'en  France  on  n'avait  pas  attendu  jusqu'alors 
à  dénaturer  même  le  chant  oriental,  dont  on  s'y  était  servi 
tout  d'abord;  car,  ce  chant  par  lui-même  étant  beaucoup 
plus  rhythmique  et  plus  doux,  le  chant  grégorien  n'aurait 
pas  semblé  préférable  à  l'ancienne  méthode  si  celle-ci  eût 
conservé  sa  supériorité  originelle  en  demeurant  sous  la 
salutaire  influence  des  règles,  qu'on  avait  négligées  jusqu'à 
un  entier  oubli  :  ces  règles  avaient  succombé  peu  à  peu 
sous  le  goût  plus  ou  moins  sûr  des  chantres,  qui  trouvaient 
plus  commode  de  s'en  passer. 

Ce  manque  de  méthode,  on  le  conçoit,  dut  singulièrement  ene  f*ToriM  le 
favoriser  l'introduction  en  France  de  la  musique  grégo-  ^Lt^iw^- 
rienne.  On  sait  comment  Gharlemagne  s'en  fit  le  promo-  ***"*••• 
teur  après  son  voyage  de  Rome  en  786.  Nous  n'avons  pas  à 
suivre  ici  la  marche  de  cette  heureuse  innovation ,  qui  fut 
un  progrès  réel,  au  jugement  de  tous  ceux  qui  en  écri- 
virent sous  les  premières  impressions  que  le  monde  catho- 
lique en  ressentit  (2)  ;  mais  nous  devons  établir ,  confor- 
mément à  notre  objet  dans  ce  livre,  que  dès  lors  les  com- 
positeurs s'appliquèrent  à  caractériser  le  chant  religieux  en 
lui  imposant  surtout  ce  genre  de  symbolisme  qui  fit 
exprimer,  par  le  mélange  de  la  mesure  et  des  sons,  le  sen- 
timent que  rendaient  les  paroles.  La  mélodie  uniforme  du 
plain-chant  proprement  dit  est  bien  plus  favorable,  en  effet, 

(1)  Voir  la  Vie  de  S.  Grégaire  par  le  diacre  Jeau. 

(2)  Voir  Vita  Caroli  Magni,  ap.  Historix  Francorum  Scriptores  cow- 
ianei,  Francof.,  in-f>,  1594. 


246 


HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 


à  l'expression  de  la  pensée  chrétienne,  qui,  lors  même 

qu'elle  s*élève  jusqu'à  l'extase  et  au  ravissement,  n'en 

conserve  que  mieux  la  dignité  majestueuse  et  toute  céleste 

d'un  mysticisme  plein  de  charme  et  de  douceur,  d'une 

joie  qui  ne  ressemble  en  rien  aux  sensations  de  la  terre. 

Qui  a  jamais  songé  à  comparer  la  musique  recherchée, 

savante,  longtemps  étudiée  de  nos  plus  grands  opéras,  aux 

élans  aussi  simples  que  sublimes  du  Magnificat  ou  du  Te 

Deum?  IBaHïyq  ces  deux  extrêmes  il  n'y  a  de  rapports  ni 

par  le  sentiment  ni  par  l'expression. 

Comment    ce      IJuc  tcUc  obscrvatiou  uc  pouvaît  échapper  au  génie  de 

îïît^**de"*»  1^.  S.  Grégoire.  Désireux  de  ramener  le  chant  ecclésiastique 

DeV  ^  *"'•"'  à  toute  sa  beauté  propre,  il  n'eut  garde  d'en  négliger  le 

symbolisme  ;  il  l'appela,  au  contraire,  comme  au  secours 

de  son  admirable  initiative ,  afln  d'en  faire  adopter  plus 

sûrement  l'usage  comme  une  suite  naturelle  de  sa  préé- 

dans  les  anuen-  miuence.  G'cst  pourquoi ,  après  que  ses  antiennes  avaient 

'*®**  succédé,  calmes  et  limpides,  au  chant  net  et  élevé  des 

psaumes,  dont  elles  coupaient  la  succession  prolongée 

comme  autant  de  repos  judicieux  et  obligés,  il  traduisit  les 

Ire  i^ponf ,  répous  dcs  uoctumes  en  notes  plus  vives  et  plus  pressées, 

afln  que  leur  entrain  renouvelât  et  accrût  l'attention, 
quand  la  lecture  de  chaque  leçon  avait  pu  par  sa  mono- 
tonie engendrer  quelques  moments  d'affaissement  et  de 
sommeil,  mais  surtout  pour  compléter  la  leçon  môme  par 
un  élan  qui  reportât  l'âme  aux  pensées  du  ciel,  comme 
une  conséquence  de  ce  qu'elle  venait  d'entendre.  Par  la 
même  raison,  il  donna  aux  iniroUs  de  la  messe  le  ton  im- 
posant d'un  prophète  annonçant  les  gi'ands  mystères  qui 
vont  s'accomplir  :  c'est  une  entrée  solennelle  s'exprîmant 
toujours  par  le  chant,  résumé  plus  tard  en  un  seul  verset, 
d*un  psaume  convenable  à  la  fête,  et  pendant  lequel  le 
clergé  s'avançait  pompeusement  du  sacrarium  à  l'autel. 
Quoi  de  plus  expressif  que  ces  Kyrie  soupirant,  au  moyen 
de  leurs  gradations  et  de  leurs  neumes,  les  humbles  sup- 


riotroït 


If  Kgriê, 


LA  MUSIQUE  SACRÉE.  —  CHANT  GRÉGORIEN.     247 

plications  de  la  pénitence»  de  la  crainte  respectueuse  et  de 
la  confiance  filiale  ?  quoi  de  plus  doux ,  de  mieux  senti  et  i«  r^utrfa  in  ex- 
de  phis  éloquent  que  ce  Gloria  in  exeelsis  passant  des  sua-  ' 
Tités  de  la  contemplation  à  Tenthousiasme  de  Faction  de 
gF&ces»  des  ardentes  instances  de  la  prière  aux  plus  fer* 
Tentes  manifestations  de  Tadoration  et  do  l'amour?  Et  ce  leondod, 
Graduel  dont  la  marche  ralentie  est  encore  un  retour  aux 
saintes  tristesses  de  l'âme  exilée  ;  et  cette  Préface^  et  ce  u  Prëfàce  «t  le 
Saneiut  qui  se  chantait  d'abord  sur  le  même  ton  et  comme  ^**^*"- 
ne  faisant  qu'un  avec  la  Préface,  n'ont-ils  pas  toute  la  ma- 
jesté austère  de  la  foi  qui  s'épanche  dans  le  sein  de  Dieu,  et 
fut-il  jamais  dans  notre  liturgie  une  plus  noble  expression 
des  beautés  mystiques  de  la  prière?  Observons  ici,  à 
propos  de  ces  deux  dernières  compositions ,  aujourd'hui 
bien  plus  ornées  de  délicatesses  musicales  qu'on  ne  leur 
en  donna  d'abord ,  qu'elles  sont  peut-être ,  indépendam- 
ment de  ces  variantes,  la  plus  irrévocable  preuve  de  l'ac- 
tion exercée  par  S.  Grégoire  sur  l'antiphonaire  de  ses  pré- 
décesseurs. Sans  doute ,  ce  chant  gravement  mélodieux 
s'était  moins  altéré  dans  la  voix  du  prêtre  ou  sous  la  main 
des  copistes;  sa  solennité  même  avait  pu  le  sauver  des 
changements  subis  par  tant  d'autres  parties  de  l'Office;  et 
le  pieux  réformateur  n'eut  à  en  effacer  que  de  rares  notes 
pour  nous  le  léguer  avec  la  sainte  majesté  que  nous  y 
admirons  encore.  Voilà  comment  s'est  conservé,  dans  la 
Préface  mieux  qu'ailleurs ,  et  en  dépit  de  certaines  défec- 
tions plus  ou  moins  sensibles ,  le  caractère  de  la  mélopée 
hellénique. 

Nous  ne  pouvons  donc  croire  qu'à  travers  les  treize     variantes  con- 
siècles  qui  nous  séparent  de  S.  Grégoire  ses  belles  compo-  réw  par  le  chant 
sitions  nous  ^soient  parvenues  sans  altérations  aucunes.  Ce  rerfUsièoiMr^ 
n'est  plus  lui  seul  qui  continue  de  vivre  dans  nos  églises 
quand  leurs  voûtes  retentissent  de  nos  mélodies  les  plus  con- 
venables. Quoiqu'on  ait  fait  de  cette  identité  une  question 
qui  a  singulièrement  préoccupé  de  nos  jours  les  liturgistes 


248  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

et  les  musiciens,  il  ne  semble  pas  encore,  comme  nous  le 
verrons  bientôt,  qu'on  la  puisse  résoudre  en  faveur  d'une 
intégrité  effective.  C'était  Topinion  qu'en  émettait,  en  ^847, 
dom  Guéranger  lorsqu'il  publia  le  premier  volume  de  ses 
Institutions  liturgiques.  Il  croyait  aussi,  et  avec  sa  sagacité 
habituelle,  qu'on  pouvait  conclure  de  certains  morceaux 
qu'ils  appartenaient  à  la  facture  grégorienne  quand  on  les 
retrouvait  ornés  du  môme  caractère  musical  dans  les 
différents  manuscrits  de  diverses  églises  datés  du  neuvième 
siècle  et  des  trois  ou  quatre  suivants  (\),  Mais  la  difficulté 
était  dans  cette  découverte  même;  car  pour  y  arriver  il 
fallait  non-seulement  tirer  de  la  poussière  d'anciennes  bi- 
bliohèqucs  de  précieux  manuscrits  dont  rien  n'affirmait 
l'existence,  mais  encore,  et  quand  on  crut  en  posséder 
quelques-uns  à  force  de  patientes  recherches,  on  trouvait 
un  sujet  de  laborieuses  hésitations  dans  leurs  notations 
diverses,  toutes  empreintes  d'une  méthode'variée.  Il  fallait 
donc  les  comparer  signe  par  signe,  procéder  ainsi  du  connu 
à  l'inconnu,  et  arriver  enfin  &  lire  une  phrase  grégorienne 
Travaux  et  dé-  daus  sa  notatiou  neumatique.  La  Providence  réservait  ce 

couTcrtcs    du    P. 

Lambniotte.         bcau  travail  aux  etiorts  persévérants  d'un  docte  jésuite, 

le  P.  Lambillotte.  Il  eut  le  bonheur  de  découvrir  le  Gror- 
duel  de  l'antique  abbaye  de  Saint-Gall,  copie  authentique 
et  faite,  au  neuvième  siècle,  de  l'autographe  de  S.  Gré- 
goire. Ce  manuscrit  si  précieux  avait  été  envoyé  à  Char- 
lemagne,  en  790,  par  le  pape  Adrien  P',  et  les  phrases  gré- 
goriennes, déjà  possédées  par  le  savant  investigateur,  s'y 
retrouvaient  si  parfaitement  reproduites  que  leur  identité 
en  fut  évidente.  Mais  le  travail  devint  plus  concluant 
encore  quand  cette  comparaison  se  fut  étendue  à  tous 
les  manuscrits  possédés  par  les  bibliothèques  de  la  France, 
de  l'Allemagne,  de  l'Italie,  et  surtout  de  l'Angleterre,  où  le 
chant  grégorien  avait  pénétré  avec  la  foi  dans  les  der- 

(1)  Instit.  liturg.,  t.  1,  p.  172  et  306. 


LA  MUSIQUE  SACRÉE.— 6UT  D'AREZZO.  249 

nières  années  du  sixième  siècle.  On  put  suivre  ainsi  i*ex- 
pansion  de  ce  grand  progrès  dans  toute  l'Europe  chré- 
tienne ,  et  voir,  par  d'autres  antiphonaires  plus  ou  moins 
conformes  des  siècles  suivants  jusqu'au  treizième,  quelles 
modifications  ou  quelle  persistance  avaient  signalé,  pendant 
ce  long  espace  de  quatre  ou  cinq  cents  ans,  la  marche  des 
mélodies  ecclésiastiques  (4). 
Et  liaaintenant  que  nous  sommes  bien  sûrs  de  l'origine     HeureuM  f^to- 

*■  ^  lutlon  opéroe  pnr 

du  chant  romain  et  des  mfluences  qu'il  a  exercées  jusqu'à  o»y  d'Areao. 
nous ,  il  faut  signaler  une  des  causes  les  plus  actives  des 
progrès  obtenus  et  généralisés  dans  son  enseignement.  Nous 
la  trouvons  dans  l'usage  introduit ,  en  \  023 ,  de  l'échelle 
diatonique.  Cette  belle  invention  nous  vient  de  Guy  d'A- 
rczzo,  ainsi  nommé  du  lieu  de  sa  naissance  en  Italie.  L'in- 
génieux bénédictin  dut  l'idée  de  cette  gamme  aux  difficultés 
qu'opposaient  à  son  goût  pour  les  études  musicales  la  con- 
fusion des  toniques  et  les  autres  inconvénients  résultant  de 
remploi  des  sept  lettres  grégoriennes  qui  exprimaient  toute 
rétendue  de  Foctave  musicale.  On  sait  comment  son  atten- 
tion trouva  la  gamme  nouvelle  dans  les  six  premières  lignes 
de  l'hymne,  déjà  très -ancienne,  de  S.  Jean-Baptiste  :  Ui 
queant  Iaxis ,  et  dont  l'atr,  assure-t-on ,  était  celui  d'une 
vieille  hymne  grecque  du  temps  de  Sapho,  vers  350  avant 
Jésus-Christ.  Cette  méthode ,  que  l'illustre  moine  enseigna 
bientôt ,  lui  assura  une  remarquable  supériorité  sur  les 
autres  maîtres  et  mérita  la  faveur  du  pape  Jean  XIX,  à  qui  il 
fit  agréer  son  antiphonier  noté  à  sa  manière,  c'est-à-dire  par 
des  points  posés  sur  des  lignes  plus  ou  moins  élevées ,  les- 

(1)  Nons  tirons  cet  historique  d'un  savant  article  de  feu  M.  de  Roisin 
sar  La  Restauration  du  chant  ecclésiastique,  inséré  au  tome  XVIII  du 
Bulletin  monumental,  p.  47  et  suiv.  Nous  devons  nous  borner  ici  à  des 
détails  généraux  qui  ne  comportent  pas  une  histoire  circonstanciée  de 
notre  musique.  L'article  que  nous  citons  peut  s'accompagner  d'ailleurs 
du  travail  du  P.  Lambillotte  >  intitulé  :  De  Wnité  dans  les  chœurs 
liturgiques  t  d'où  nous  tirons  aussi  une  partie  de  nos  renseigne- 
ments. 


250  HISTOIRE  DU  SYMBOUSMB. 

quelles  faisaient  mieux  comprendre  au  regard  les  tons  que 
la  voix  devait  prononcer.  On  voit  combien  fut  simplifié»  dès 
lors,  le  mode  de  notation  musicale  :  c*est,du  reste,  à  peu  de 
différence  près,  celui  que  nous  avons  encore.  Un  exemplaire 
de  TAntiphonaire  de  Guy  est  un  de  ceux  qui  servirent  au 
P.  Lambillotte  ;  les  notes  y  reposent  sur  ou  entre  des  lignes 
donnant  à  chacune  d'elles  leur  valeur  tonale.  Ce  curieux 
manuscrit  appartenait  autrefois  à  la  bibliothèque  du  mo- 
nastère de  Saint-Ëvroult,  en  Normandie  (4);  il  est  conforme 
à  la  copie  qu'en  avait  eue  Tabbaye  de  Saint-Bertin,  en  Artois. 
Ces  deux  spécimens  furent  d'un  grand  secours  à  la  nota- 
tion des  siècles  suivants,  d'autant  plus  portée  à  les  imiter, 
qu'en  les  adoptant  elle  rendait  bien  plus  faciles  l'enseigne- 
ment et  la  connaissance  du  chant  choral. 
Dëcadence  du      Mais  ccttc  facilité  même  ne  manqua  pas  de  contribuer  à 

chant  grégorien, 

et  8M  causes.       dc  nombrcuscs  altérations  du  chant  grégorien.  Peu  à  peu 

sa  phrase  si  simple  devint  plus  maniérée,  et  il  en  vint  jus- 
qu'à mériter  de  perdre  en  réalité  son  nom  glorieux,  qui  ne 
lui  reste  qu'en  souvenir  de  son  illustre  fondateur.  Nous  en 
sommes  là  aujourd'hui  même,  en  dépit  des  études  renou- 
velées sous  les  auspices  d'esprits  distingués,  tels  que 
MM.  Fetis,  d'Ortigues ,  Groussmaker,  Bottée  de  Toulmont, 
et  bien  d'autres  cherchant  par  de  nobles  efforts  à  faire  ren- 
trer dans  le  sanctuaire  le  vrai  génie  de  la  musique  reli- 
gieuse. Pourquoi,  d'ailleui*s,  faut-il  s'avouer  que  ces  efforts 
sont  une  lutte ,  et  que  la  résistance  leur  vient  de  ceux-là 
mômes  qui  devraient  combattre  avec  eu?t  !... 

La  raison  de  cet  antagonisme  est  toute  dans  la  confusion 
qui  s'est  faite  do  la  musique  chrétienne  et  de  la  musique 
profane  :  sous  des  noms  menteurs ,  celle-ci  n'a  pas  craint 
d'envahir  le  sanctuaire ,  où  elle  ne  se  maintient  qu'aux  dé- 
pens du  symbolisme  rcUgieux ,  et  par  conséquent  au  grand 
détriment  de  la  vie  de  l'art  chrétien.  Pour  le  prouver,  re- 

(1)  A  piS^iCut  à  la  bihliolbèque  Richelieu,  n»  1017. 


LA  MUSIQUE  SACRÉE.  —  LE  PLAIN-CHANT.  254 

montons  aux  belles  époques  du  chant  grégorien,  analysons 
ses  effets,  et  comparons-les  à  Taction  morale  exercée  par 
nos  symphonistes  modernes  sur  les  masses  que  séduisent 
leurs  fioritures  désordonnées. 

Nous  n'avons  pas  besoin  de  prouver  ici  que  *le  plain-  l*  pi«i]i.chmnt 
chant  est  le  seul  convenable  aux  cérémonies  du  Ghristia-  u  uturgie  catho- 
nisme;  c'est  le  sentiment  universel  parmi  les  hommes  qui  '"*  ' 
comprennent  le  caractère  de  la  religion.  Grave,  réfléchie , 
détachée  de  la  terre ,  aspirant  au  Ciel  jusqu'à  mépriser  et 
combattre  tout  ce  qui  peut  en  détourner  ses  enfants,  la  foi 
dtt  Sauveur  ne  peut  accepter  pour  interprète  qu'une  har- 
monie digne  de  ses  sentiments  dans  son  sublime  commerce 
avec  Dieu.  Ce  qu'on  pouvait  trouver  de  mieux  dans  ce  but 
était  donc  une  mélodie  par  laquelle  toutes  les  âmes,  invitées 
à  chanter  ensemble  les  mômes  émotions  et  les  mêmes 
prières,  pussent  s'exprimer  à  l'unisson  sur  un  ton  qui  fût 
celui  de  toutes  les  voix.  Or,  n'est-ce  pas  ce  caractère  que  le  parw»  cmotàres 
plain-chant  admet  par-dessus  tout?  Sa  mesure  à  deux 
temps,  ses  notes  de  valeur  égale ,  l'exclusion  de  toute  autre 
clé  que  celles  A'ul  et  dé  fa  ;  l'étendue  de  la  notation  bornée 
à  une  octave ,  et  ne  la  dépassant  du  moins  que  très-peu  et 
très-rarement,  ne  sont-ce  pas  là  autant  de  conditions  qui 
servent  admirablement  les  pieux  Offices  du  catholicisme,  et 
sauvegardent  la  sainte  dignité  de  ses  nobles  et  religieux 
élans  ?  —  Entendons  bien  ici  que  nous  ne  parlons  pas  d'un 
mérite  exclusif,  et  que  nous  ne  prétendons  pas  dédaigner  le 
moins  du  monde  ni  l'harmonie  de  la  musique  dramatique, 
ni  les  symphonies  où  ressortent  les  admirables  inspirations 
de  Mozart ,  de  Ghérubini  ou  de  Beethoven  ;  il  ne  s'agit  que 
de  la  convenance  du  style,  qu'on  doit  toujours  mesurer  à 
l'esprit  du  sujet  traité  ;  et  c'est  dans  ce  sens  que  tous,  à  l'ex- 
ception d'un  certain  nombre  d'esprits  intéressés  et  parfai- 
tement incompétents,  réclament  pour  l'Église,  à  l'exclusion 
de  toute  autre,  l'usage,  préférable  en  effet ,  de  la  musique 
grégorienne. 


252  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

^cetto  rhiu  Nos  pères  l'avaient  bien  senti ,  durant  ce  moyen  âge  contre 
pjj^q»»  «>•  i;*-  lequel  ne  cesseront  de  s'acharner  les  systèmes  aveuglément 
qaatonième  tiè-  passionués  dc  Técolc  antisociale  :  rien  ne  paraissait  plus 

naturel  que  de  confier  la  simplicité  de  la  foi  publique  à  la 
naïve  et  eandide  expression  d'un  chant  tout  uni ,  dépourvu 
de  tout  artifice  et  de  tout  apprêt.  Et  qu'on  ne  prétende  pas 
répondre  à  cette  observation  incontestée  en  disant  qu'il  fal- 
lait bien  employer  cette  musique ,  puisqu'on  manquait  de 
toute  autre  :  nous  affirmons  qu'on  se  bornait  très-volon- 
tiers à  celle-là  parce  que  rien  n'en  faisait  chercher  d'autre, 
parce  qu'on  la  trouvait  suffisante  à  l'esprit  du  temps,  où  rien 
ne  dépassait  dans  l'art,  non  plus  que  dans  le  cœur  humain, 
l'amour  et  la  pratique  des  choses  chrétiennes.  La  musique 
efTéminée  et  prétentieuse  n'est  apparue  que  dans  le  cours 
du  quatorzième  siècle,  parce  qu'alors  l'élément  des  passions 
mondaines  est  venu,  par  des  raisons  que  nous  avons  tou- 
chées, et  sur  lesquelles  nous  devrons  bientôt  revenir,  se  mêler 
à  la  vie  extérieure,  et  gangrener  ce  que  la  vie  intérieure  avait 
eu  de  digne  et  d'exclusivement  religieux.  Cette  vérité  de- 
vient évidente  pour  quiconque  se  rappelle  à  quel  état  de 
décadence  était  arrivée  progressivement  la  musique  reli- 
gieuse, lorsqu'on  4555  le  pape  Marcel  II  pensa  sérieusement 
à  la  proscrire  pour  ne  plus  garder  que  le  plain-chant.  L'excès 
du  mal  n'en  était  pas  arrivé  en  un  jour  à  ce  paroxysme  dé- 
goûtant. Peu  à  peu,  depuis  près  de  deux  cents  ans ,  il  s'était 
intronisé  dans  l'Ëglise  ;  il  y  régnait ,  et  témoignait  trop  par 
la  faveur  que  les  mœurs  publiques  lui  avaient  faite  quels 
autels  remplaçaient  pour  lui  l'autel  chrétien.  Suivons  un 
peu  cette  marche,  et  nous  comprendrons  d'autant  mieux  où 
nous  en  sommes,  quelle  régénération  nous  est  redevenue 
nécessaire,  et  que  le  symbolisme  du  chant,  qui  ne  devrait 
jamais  se  perdre,  ne  revivra  que  par  l'abolition  violente  de 
tout  ce  qui  TétoufTe  en  le  trahissant. 
Histoire da chant      Après  les  malhcurs  publics  du  dixième  siècle,  qui  ne 
fi^^^g^*  du  causèrent  pas  tant  l'anéantissement  des  études  et  de  l'art 


LA  MUSIQUE  SACRÉE.— LE  PLAIN-CHANT.  253 

chrétien  qu'ils  ne  leur  imposèrent  une  sorte  de  silence  dixième  m  dou- 

,  ,  xtème  siècle. 

momentané,  le  siècle  suivant,  par  son  zèle  architectural, 
amena  forcément  une  renaissance  des  belles  facultés  de 
l'esprit  humain.  C'est  au  onzième,  en  effet,  que  les  remar- 
quables compositions  du  roi  Robert,  dont  les  plus  belles 
sont  dédaignées,  rivalisaient  avec  celles  de  S.  Fulbert,  dont 
quelques-unes  ont  été  heureusement  retenues  et  se  chan- 
tent encore  dans  r£glise  de  Chartres.  C'est  alors  que  les 
heureuses  conceptions  de  Guy  d'Arezzo  ouvrent  une  voie 
plus  large  à  la  science  musicale ,  grâce,  nous  l'avons  dit, 
à  la  nouvelle  notation ,  qui ,  en  reléguant  loin  du  lutrin 
l'arbitraire  d'un  rhythme  hasardé ,  lui  rend  possibles  les 
nuances  méconnues  d'une  exécution  plus  délicate  et  plus 
sûre.  L'art  grégorien  se  reforma  durant  toute  la  durée  de 
cette  période  ;  il  produisit  quelques-uns  des  chefs-d'œuvre 
encore  admirés  de  nos  Offices ,  comme  les  charmantes  an- 
tiennes Salve  Regina^ — Aima  RedempioriSy  dont  les  paroles 
et  le  chant  sont  dus  au  moine  de  Richenau,  Herman  Con- 
tract.  C'est  alors  que  des  traités  de  musique  sortirent  de 
plumes  expérimentées  taillées  dans  le  cloître  par  des  reli- 
gieux, tels  que  ce  même  Herman,  qu'avait  précédé  Bernon, 
abbé  du  même  monastère ,  et  que  suivirent ,  avec  des  ou- 
vrages aussi  curieux  aujourd'hui  qu'utiles  alors ,  Àaron , 
abbé  de  Saint-Martin  de  Cologne  ;  Albéric  du  Mont-Cassin  ; 
Francon ,  écolâtre  du  chapitre  de  Liège  ;  Guillaume  d'Hir- 
sauge ,  Osberne  de  Gantorbéry ,  et  d'autres  qui  joignirent 
aux  préceptes  la  pratique  musicale  dans  beaucoup  de  com- 
positions, louées  même  de  leurs  contemporains  (4). 

C'est  avec  ce  noble  cortège  d'intelligences  supérieures  que    a  cette  dernière 
la  science  musicale  arriva  jusqu'au  douzième  siècle  pour  trèe-wei  le  mysH- 

dame  de  la  théo- 

seconder  à  sa  façon  le  magnifique  élan  symbolistique  donné  logie  et  de  rart 

monumental. 

à  Fart  monumental  et  à  son  ornementation  par  le  dévelop- 

(1)  Voir  beaucoup  de  détails,  que  nous  abrégeons  ici^  dans  le  xi*  cha- 
pitre des  IrulUutions  liturgiques  de  Dom  Guéranger^t.  I,p.  280  et  suiv., 
—  et,  dans  le  xu%  p.  333  et  suiv. 


254  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

pement  de  la  théologie  mystique.  Ce  qui  nous  reste  de  cette 
merveilleuse  époque  dans  les  manuscrits  atteste  la  touchante 
majesté  de  la  prière  chantée ,  et  nous  dit  encore ,  dans  les 
rapports  qu'on  y  découvre  avec  notre  plain-chant  actuel, 
si  dégénéré  qu'il  puisse  être ,  comme  de  si  pieux  accents 
s'alliaient  bien  sous  ces  voûtes  sonores  à  la  vaste  étendue 
des  nefs  remplies  de  demi- jour,  au  style  ferme  des  vi- 
traux, à  l'énergie  de  leurs  couleurs  translucides,  et  com- 
ment ce  mystérieux  ensemble  ne  devait  vouloir  en  effet 
qu'une  prière  dont  le  calme  répondit  au  sien ,  et  qui  re- 
flétât en  quelque  sorte  la  grandiose  simplicité  du  saint  Lieu. 
Dans  le  plan ,  dans  les  matériaux ,  dans  l'art  qui  présidait 
à  l'exécution  de  l'ensemble  et  des  détails,  rien  n'était  de  ce 
monde,  pour  lequel  le  Sauveur  ne  priait  point  /  tout  s'élan- 
çait vers  Lui ,  rien  ne  convenait  qu'à  son  culte ,  n'entrete- 
nait l'âme  que  de  sa  souveraineté  sur  elle,  que  de  sa  gloire 
et  de  son  honneur.  Dans  le  chant ,  qui  y  retentissait  en  des 
Offices  plus  nombreux  et  plus  soutenus,  mêmes  caractères, 
même  empreinte  de  la  pensée  d'En-Haut.  On  sait  dans  quel 
style  élevé  l'évêque  de  Paris ,  Maurice  de  Sully ,  écrivit  les 
répons  des  nocturnes  des  Morts,  et  comme  tout  y  est 
encore ,  à  travers  les  tortures  imposées  par  de  déplorables 
caprices  d*éditeurs,  conforme  à  la  sainte  tristesse  de  l'Église. 
La  douce  joie  de  S.  Bernard  s'exhalait  dans  ^  beUe  hymne 
Jesu  ,  dulcis  memoria ,  et  dans  sa  prose  de  Noël,  Lxtabundw 
exultet{i).  Et  que  dire  du  Veni  Sancte  Spiritus  et  du  Stabat 

(1)  Celle  séguence,  qui  se  Irouvail,  en  de  forl  anciens  missels,  sons 
le  nom  du  sainl  abbé  de  Clairvaux.  a  élé  Irouvée  par  Dom  Guéranger 
dans  un  manuscril  du  onzième  siècle  (voir  L'Année  liturgique ,  Temps 
de  Noël,  I,  273).  EiUle  ne  sérail  donc  pas  de  S.  Bernard,  une  autre  rai- 
son pourrail  peul-élre  la  faire  allribner  à  quelque  auteur  plus  ancien 
Sue  lui.  C'est  le  style,  un  peu  maniéré,  que  le  rhythme  choisi  explique, 
est  vrai,  par  les  difflculiéd  qu'on  semble  s*y  être  créées,  mais  qui  par 
cela  même  s'éloigne  de  l'habituelle  manière  de  S.  Bernard,  si  claire  et 
si  simple.  —  Nouâ  pencherions  donc,  par  cette  raison,  à  abandonner  le 

Î premier  sentiment  du  savant  bénédictin^  qui  pensa  d'abord  UwixU 
iiurg.,  1 ,  319)  ane  cette  Prose  était  de  S.  Bernard,  et  à  nous  rallier 
à  son  avis  plus  récent  et  conforme.au  manuscrit  cité  par  lui  comme  on 
témoin  irrécusable. 


LA  MUSIQUE  SACRÉE.  —  LE  PLAIN-GHANT.  255 

Maier ,  attribués  Tun  et  l'autre  au  pape  Innocent  III,  sinon 
que  rien  n'est  comparable  &  ces  chants ,  où  respirent  tour 
à  tour,  sous  la  même  main  qui  les  note  ,  et  le  sentiment 
d'une  prière  aussi  pleine  d'humilité  que  d*espérance ,  et 
celui  d'une  douleur  que  la  nature  seule  n*eût  pas  rendue , 
et  qu*il  fallait  se  faire  dicter  par  l'Esprit  qui  seul  donne  la 
ferveur  et  l'onction  î 

Mais  que  pourrions-nous  comparer,  dans  le  cours  du  trei-      Le   treitièmc 
ziëme  siècle,  à  l'admirable  Offlce  du  Saint-Sacrement?  Nous  du  's^i-smi^- 

j  .  »  •    •    1  <    •       j  A*  *  ment  par  S.  Tho- 

n  avons  pas  à  en  juger  ici  le  génie  dogmatique ,  ni  com-  mM  d'AqntA. 
ment  la  haute  intelligence  qui  le  créa  sut  plier  à  l'exacti- 
tude théologique  la  coupe  de  sa  poésie  et  les  difficultés  de 
Taxpression.  Nous  ne  parlons  que  du  chant ,  et  nous 
demandons  si  jamais  rien  en  a  égalé  le  magnifique  symbo- 
lisme !  Quelle  majesté ,  quelle  onction ,  quel  pathétique  et 
quelle  angélique  douceur  dans  ces  notes  alternativement 
basses  et  élevées  du  Pange  lingua  !  Quelle  prière  que  ce 
Verbum  supernum  prodiens ,  surtout  quand  elle  nous  ramène 
à  cet  O  salutarU  Hostia  qui ,  à  lui  seul ,  serait  un  chef- 
d'œuvre  !  Qui  trouvera  des  sons  inspirés  comme  ceux  de 
la  prose  Lauda^  Sion^  avec  l'irréprochable  teneur  de  sa 
doctrine ,  si  merveilleusement  secondée  par  la  marche  ca- 
dencée et  les  mouvements  si  savamment  variés  des  strophes 
dogmatiques  et  de  Vair^  qui  ne  l'est  pas  moins  ?  Quelle  re- 
connaissance s'est  jamais  mieux  exprimée?  quel  cœur 
aimant ,  respectueux,  s'est  jamais  épanché  ainsi?  N'est-ce 
pas  le  langage  de  l'adoration  en  extase ,  deda  foi  qui  re- 
mercie ,  qui  prie  en  s'anéantissant ,  et  qui  chante  ses  im- 
mortelles espérances  avec  l'anéantissement  d'un  Dieu  ? 

C'est  encore  au  treizième  siècle  qu'appartient  le  Die$  irx^  u  du$  ira. 
aux  sons  tour  à  tour  humbles  et  menaçants ,  et  qui  se  res- 
sent en  cela  de  ces  alternatives  que  nous  venons  de  remar- 
quer dans  le  Lauda^  Sion.  Ce  chef-d'œuvre,  où  Ton  admire 
à  la  fois  la  vigueur  de  la  pensée  et  Tharmonie  de  la  langue , 
n'est  pas  moins  remarquable  par  tout  ce  que  le  chant  ajoute 


256  HISTOIRE  blî  éVÀBOLlSMli. 

aux  paroles  dé  sombre  arixié'lê;,  d'aèitàtîoiî"  èt'^flèl'tKiiUe. 
Le  même  auteur  dut'^rïre  'éVrdemmèriï'iérce'ïfettë  et' 
son  incomparable  m'élo'dïcV  ct'qùelqiie  sûcèi^è  iîà7''àirtît 
pu  avoir"  jpîus  tàrd.d'es  cômpôsileurs  séàuitspat'uri  tHèiriéf^ 
imposant,  aucun  rf'eiix  n^à  pu'atteïudré  'à  éëltè  sotbrihité'côtt- 
tînue  et  variée  gùî  règne  daiis  toute  l^ètôndtté  dé  ce  pdètae 
latin.  Là  encore  se  développé  iin  caraclôré  d^àùsVéte  énerpc 
où  se  ré  Vêle  tout  entier  cèltfi'  que  l^hVsti)i're'à»jife^à''^ 
véritable  auteur,  le  cârdinal'i^àt)ranciat'(^).'  "  -"^  *       ^ 
Reiadons  mora-      Remàrquôns-lé  encore  :  ces  déîixî  magnifiques  hôiiVèiàtttés 
Xe^'V'IÏÏ  du  siècle  ogival  àè  re^sentêht'dé  sa  majéstiî  èbthptliéilfeé', 
tr^Xr^^l.  comme  cellesdu  précédent  s^élaiénieÀipréinlés  dé  ce  ^ 
'*''  '  avait  de  plus  ferme  et  de  plus  profondément  sé'rtcux.Âîfei; 

encore  une' fois ,  nous  verrions  Ife  styFé  poétique  de  cette 
époque  s'alli(^r  pai-fàitemént  avec  celui  des  mdiluitienlsf  go- 
thiques, etcortfit^nier  pour'lùi-mfemècc  qùé  tîAu^  avons  dit 
ci-dessus  des  rapports  étâbiis  liails  cliaque  pérîode  du  moyen 
c\ge  entre  rarcliîtectui-e  et  lés  manuscrits.  Doni  tiuérangér 
applique  lia  même  observation  à  la  liturgie  èii  ^éhéi^l;  qui 
se  forma  peu  à  peu  sur  ïe  plus  ou  moins  dé  dignité*  |^évère 
ou  dé '  suave  e^pàiision  exprimée  par  Tart  de  ces  itaêmes 
époques  (2).'    '    '        "  '  : 


.  1     -1    ,   !. ' ■    .      '  •; '     M.' 


(1)  Latiaufl  iMatebmiioa;  apfpelé  8iu8El,Fran9ifam'i  de  l!ll)«9ire  féitiiUe 
ilalienue  de  ce  nom  à  laquelle  U  t^i;kaU,,fut  gouyeri^eur  de  Rome  spos 
le  pape  Nicolas  III.  U  montra  dans  ce  j[>03le  et  eîi  ptusieiirs  négociations 
dont  le  ebak'gèfent  le$  trois  pape»  Bùivantsyfiobôi^udilTv'U^'^ 'IV  ^' 
NiQolas  I,y  ,  deMalent»  diplomatique  dont  la.  plqs  import^o^tc  co^r 
quence  fut  Taparaement  à  Rome  des  deux  factions  des  Guelfes  et  des  Gi- 
belins. Un  îioinme  de  cette  trempe  u'est-ll  pas  tout  entier  iiaiis  âofû 
Dies  iT»,  oé-  respivent  l'habitude  d'un  .pouvoir  ptein  dé  forc^  e|t  le.sen* 
timent  profond  des  misères  de  l'humanité  ?  Cette  observation  suffirait 
à  établir  ses  droits,  et  nous  force  d'éliminer  S.  Bernard  et  S.  Bonav^n- 
ture,  dont  ce  n'est  ni  le  style  ni  la  couleur. 

(2)  Voir  ïm\,ii,  liiurq^^yiiA  suprà,  p.  351.  —  C'est  avant  d'avoir  ren- 
contré dans  notre  docte  liturgisie  l'exposé  clair ^  et  pour  nous  trëd- 
convaincant,  de  cette  théorie  artistique,  que  nous  Ta v ions  trouvée  dans 
nos  propres  observations.  Cette  coïncidence,  dont  nous  pouvons  nous 
trouver  heureux,  né  nous  a  pas  laissé  craindre  une  accusatîoii  dé  pla- 
giat déloyal  :  nous  y  trouvons  bien  plut6t  une  preuve  qui  noui  honore 


LA  MUSIQUE  SACBÉG.  257 

C'était  donc  en  réalité  le  peuple  lui-même  qui  inspirait  i«,,  «mm**»  <»• 

^      ^  n  r  mélancolie    ohré- 

ces  pages  grandioses ,  aussi  bien  que  les  essais  moins  con-  tiemiey  «st  sur- 

.,      ^,        -  -  ,  -  tout  remarquable. 

sidérables  donnés  de  toutes  parts  sous  les  noms  d'hymnes, 
d'antiennes  et  de  répons.  On  y  sentait  vivre  l'esprit  du 
temps ,  dont  les  mœurs ,  nous  pouvons  l'affirmer  sur  ce 
témoignage ,  étaient  douces ,  réservées ,  et  ne  méritaient 
pas ,  à  beaucoup  près ,  les  indignes  et  orgueilleuses  ca- 
lomnies du  nôtre.  Quand  on  étudie ,  en  efTet ,  les  mélodies 
de  ces  temps  chrétiens  par  excellence ,  on  ne  peut  s'em- 
pêcher d'y  reconnaître  la  foi ,  les  saintes  espérances ,  les 
émotions  tranquilles  qui  dominaient  certainement  cette 
société  à  qui  elles  étaient  faites.  Il  y  a  plus  :  vous  découvrez 
ce  même  fond  de  mélancoUe  jusque  dans  les  cantilènes  des 
trouvères,  dont  nous  fournissent  quelques  exemples  celles 
de  Thibaud  IV  de  Champagne  et  Guillaume  IX  de  Poitici-s. 
Nous  ne  les  indiquons  pas  ici ,  tant  s'en  faut ,  comme  des 
pièces  dont  l'esprit  soit  partout  et  toujours  acceptable  de- 
vant la  morale  du  Christianisme  ;  mais  n'est-ce  pas  une 
preuve  de  plus  de  ce  sentiment  général  qui  régnait  dans  la 
musique  du  temps ,  jusqu'à  y  soumettre  l'expression  mon- 
daine des  faiblesses  du  cœur  humain ,  racontées  par  les 
Yerts-galants  de  l'époque?  Leurs  airs  étant  dépourvus  de 
mesure  et  de  tout  rhythme  déterminé,  le  mouvement 
semble  leur  manquer,  ce  qui  les  condamne  à  une  sorte  de 
monotonie  à  peine  corrigée  par  une  certaine  douceur  que 
prend  la  tonique  à  la  fin  de  chaque  couplet.  C'était  bien 
la  musique  du  douzième  siècle  où  vivait  Guillaume ,  et 
Ton  voit  qu'au  treizième ,  qui  fut  celui  de  Thibaud ,  elle 
n'avait  pas  subi ,  sous  ce  rapport,  de  remarquables  chan- 
gements. 


d'une  commmiauté  de  pensées  sur  le  symbolisme,  qui  ne  peut  tourner 
qu'au  profit  de  nos  Uiéories  favorites.  Et  nous  aimons  à  constater  ici 
que,  ne  pouvant  tout  dire  comme  un  tel  bénédictin,  c'est  du  moins  pour 
D0U8  un  dédommagement  que  d*inviter  à  le  lire  dans  le  remarquable 
passage  que  nous  citons. 

T.  IV.  n 


/ 


258  HlâTOtRE'DT:  SYHItcfLISME. 

•ofeM^pMeriM      ^^  ^^'  ^^*  Certain',  ifcSÏ 'qiïe  ta  Icfà  MttgftrîssJaMy  telle 
de saintjaeqii«f.  iristcsse ' ittwsîcai(* së rèti-OuVaiC ihètnë dan's M écîtoipW&iUons 

lîttérairtB,  Aôht  Ta  jôiè  était  padrlâilt  te  dahictën^  principal. 
Pour  s'eh  convaincre,  cm  *ù'il' qu'a  ôuVrli*  Ws  hjitntosiires 
anciens ,  et  Von  y  trbù^èrti  Ù'né  preuVci  dté  plus  de  notre 
opinion  (Juant  à  Vîntlttehcè  de  IV^rit  dù  temps  snr  Tex- 
pressibri  nluiîdalë.'  be'  Retiré  de iclfaiit  'était  d^àlHéufâ'^i  po- 
pulaire qrl'îl'eât'  resté',  eridélfVWdëâ  ï^éVdWtfett'â^iS  féi*rt1eUes 
subies  par  là  mUëiqùèJ  dà^nfe  lêâ'HàitHlùd^îS'éttefe^p^èfBrtnces 
de  nos -pôpulaliôrts  t'ùrtillefe,  chteic  lëèqiiènèB'péttèttient'tou- 
joursplte  lerttemei^t'liéëiihbdiflbatibil^'ai^tistlquesv  Nttus  le 
constatons  ndu^-in^hie  d'fetpWs'hoi'  plùè  àntlcrt^sbuvdnirs  : 
il  y  a  aonàritë  tin^ ,  l'orsqù'bn'  voyait  bhôrire'  '  dé*  pfcHerins, 
revenus  de  la  J*«leàtiné  où  dfe  Siint^Jadqilés  fenèalîfee,  par- 
courir lenteriient  lés  rtie^dé  nos  cités ^'cKarttàïit  des:can- 
tîques  à  h  gloire  dé  FApôtlre  o^  du'Sàuveiirt-,'  ces  'Éiômt)làinles, 
paiffoîs  trèà-vieîîlés,  ne  l-eteiitfsSÈtiehtf 'jahîè:iè'*(|ilé'sar  le 
rhythmfe  de  certahifés  11^  mnés  dé  TÉgliéfeiqu'dri  ^yàll  oubliées 
en  France  depuis  là  Ôiîiparitiôn  dte  rOffibe  toiiiain,  hials  que 
nous  y  «voriis  Retrouvées  dépurs'  là  repirîse  'du  brêvMt^e  de 
S.  Pte  V.  Ainsi,  la'vblx  plus  ou  moins  dierrotà^te  dtes  pieux 
voya^em-s  ne  trouvait  guéi^e' de  vàrîahtey  qiië  de  Fbyrtihede 
rÉpiphanië  Crùdéli^  Her odes  h' celle  ée^kXiÙ^s  'à\i  temps 
pascal';  TtUtès  ér^fit  Apùêtôli,  oé  qUi'We'^fipièWaâiit  pas 
moins  à  )a  hiai^che  lente! et  meèiii-ée  du  ^JèlérinMqta'à  la 
grave  pètîsée  de  nos  ancêtres  appUctùant  le  même  ton'  aux 
tiistesscs  des'A'pôtres  privés  de  ieitr  Dieu; '^Sâtrf  Mages 
guidés  vers  Lui  par  l'étoile  de  FOrient.  Nous  ne  prétendons 
pas  que  €âtte  anomalie  soit  à  imiter;  au  contraire,  nous 
ne  i^anquerons  pas  de  faire  observer  qu*à  notre"  époque 
elle  n*e8t  plus  qu'un  contre-sens  à  éviter.  Nous  constatons 
seulement  ici  un  des  caractères  incontestables  de  notre 
ancienne  musique  religieuse. 
piS^MdîaîU  mï  ^^^  ^^  V^  précède,  on  voit  que,  dans  nos  églises,  le  prin- 
SSieîtT*^"^*  cipe  de  Tunité  artistique  ne  se  rattache  pas  moins  à  Texé- 


I  ■• 


/' 


,    lA.MVS^ÔI^E  SKCniH.  259 

cu^9|^^^uj^)iaal  qu,*^  Jl*<^mplAi  d'un^  ornenientatton  dont 

.  l: A<wr??W««  fiQWi^ïin^ A  •'^W:  rpl^cç  età  l'usage  qu^on  en  doit 

ffwr^.  te.iub^nt.est  uua^,pyriOrq;;lc^,,YOjx,  unies  |»r  lui,  se  doU 

.^ç^tde.np  ciea.  faire,  que  l<le:t^■ès-çwfornAe  au  but  qu'elles 

^<Bro$)0^n^  quÂ,  e$t,  de  j^juci*  JP/ip^,  •  d';é4irier  une  assemblée 

iclff^tiçp^  ^tj(^,i)réJpd^'  .pftr.çpf,«»cil<î  d«  dévotion  à  ces 

ftdpmMJ>Q?l,^tWwilÇ^irWi-i^  le  Ciel  qui 

:  ,npp^  ^t^^Çîfistp(mrqjif9irf.(\è^  los.pron^i^s  âges,  aussitôt 

,,qwM'ÇQqf?ctian,dft;prpw'jer,^WtrMroen!t,>îiflt  révéler  autour 

.îdft,s<^fi,Jp,V|eia4,flur.finff  sp^M?  d'Jwmôiî^ÇiflPiU  Içs  es^rs  ten- 

.  «lîrentt  4,  jC}^  PKPmptS! .  dfâvjçloppeipftntftr  lo  ,preïn,ier  emploi 

qu'on. dijLt  en  feir/e  fwtd'ea.Mpofnpftgner  la  vojix  pour  le 

culLedQ.Dîçuet.rexpr^ssipn  .4jQS.4i!ver$es  affections  de  Tâmc. 

La  BU)^4iqui  jdU  Sfu^  ^utice^u^^^nouç  pouvons  savoir  des 

|M:<w\^pfr,Wtiwp  dps  ,s(5ieflcei^,?t  d^9i,^r4^,.a  gardé  le  sou- 

.Tf fip^r  :  4e  iub^  f  (jlpo t , .  ]^  -.  ftonjii .  s jgniificalit  semble  rappeler 

nnventiiWfi  4P;latFPwppt^ei<:jfttW/a?w,  ifumnQ)^  ce  qui  nous 

fait.rcqïpnter  ^u  premier  %(9  du  mon<if),Qt,^ers  Tan  ^000 

4e A^  çpÉ^tîi^  (^}-  Ce  n,'^t;pas  à;iiv^  jqMJ^yantdui  on  n'eût 

f^  prouvé  (la^$  Je»  objets  foiunis  parla  nature,  jcomme  les 

i^onpies  à^  animau^^,  le$  jrosewx/  pt/aiitres  t^e&  creuses  oCi 

r4i,Cti|0(n.,de  l'air  et  çmA'c;ntdai§e  rerne^rquer  tput  d'abord, 

Qu^  mayeii'd;Qr  prgduiire  des  sons;  mais\  il  s^  avait  loin  de  là  à 

l'hfir/EKHWe  4e  Jubal, ,  inv^it^ur,  dit  rËoriture,  d^  la  cithare 

.  etde  roFguq^fin&trmod^i^ts  qui,devaien(t,iSi  i^iparlaits  qu'ils 

Ciji^ent,  •  ^[^pcqre  !,<  prpdulre  4es.re^ccordS|.  et  sinjiposent  par 

.  poi>^q€int  ,l^ca4eace  et  la  niesure.  If ous, .  n'avx)ns.  pas  à 


!  ^li)i «'  lafaal'  ipfte  ftiit  pater  canetiU{im>  dth«râ.  et  wgaiid.  »  {Gm-,  TV, 
^^^-T;^p}ftl,  c[>prè9  l^phropolQ^^jbih^iqp^.xlp^  y^vjî^.f^^aiPrèa  cinq 
cenU  ans  avant  le  déluge.  «  Il  n*est  pas  cité  comme  Tlnventeur  de  la 

>  ^kfapettë^iukis  Mkï  nom  lé IMsBé  ''âi&étnènt  àuppôset,  dès  loi^  surtout 
qu*<o|i  ii0.^jt)iiy^wo«^f|i]1r6  p^^Pii9^0  Aqui  tttribuQT  oetinHrament. 
Ce  n'est  pas  que  les  Grecs  ne  Taient  point  attribué^  Osiris;  on  a  pré- 
tendu même  le  donner  à  Mesraïoï  ô'uîi'  'quelque  aù't'i'é  Égyptien  descen- 

Mptfài^frdiol'.»  Uiifi-iiiMJ'pettBiariiile/tAtit  4)é*dontt4eâi^(«traârct6ire8,  en 
F^eïjçft4*uQ^m,^içpf^tif.c^fl^^,pç}Uf,4^.J4>h^    1  ..      .    , 


200  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

douter  que  ces  premiei's  essais  n'aient  amené  bientôt  l'arl 

de     ' .-i. 

tenues 

tard,  lefv6gvèi'taiièl(iii'6ii  miiiâkkeVévikhU^M\i^M; 
commê^on  lé'  Voït^é'ii  'f)luèfélir^'ëi{atô{ti  m'pkMàM 
faUaitquek'-hartë  lbiicWè'e'ii^i't)âVit("y  MmèmUtèuse' 
ment  pour  (^u^élïè  parvltlt' i  'èàliriei-'ïek  •^otitocèH'^^^ 
Or,  toute  cette  musique  était  de  la  musique'yaéi*iiyV"^*y 
en  avait  îpas  d'âtitrëllè's'cti^iit^' H^  vlt(oi'ré''ii'àà!nf'lélix- 
mômeg  qtiè  dfeô'èdiilïquéfe  'rfe  î^econiiais^atee'  âWitiéb^^WÎ 
procurait^  ' te' 'triomphe.' ïiàa^'a '  la  '  dkti^è  m6rA^ÛgàkW'l» 
chaht,  éMoW  u^i'iisà^  attesté  {iàrl^ttistôïré  ^^^^ 
à  tous  lë^  '  pèi^lës  'îiriniMfâ;'  èillé  Wtfsiqùe  oli'  '  ci!i' 'èl'iîitife 
devaienl  hvôîr  tiri  'càra'ct'èi-é' VkH'^  ;  =  'é'itc^i^rét^  Vi'*^^"i^^ 
lentir,  selorï' lés^  pt^sées  que'  tcprAdi/Tsàit lèi  sbléiihi tlèl'  ÀiHst 
la  musique  Improprement  miéViMioti  thébi^iytiëmerit'afe-' 
posée  dé  Ifa^Hihién^é  è<  dbs  'Vdik  dàtè  sans  contesté  Aé'ïîi 
plus  haute  ahtiquite. 

le  caito  chrétfi'n      Et  pulst^u'oH  "sut  tôUjoûré  'ei)[irimêr^  pkf  cette"  saVkAt'éf 

•  dû  .«en  em.  ^^ian  Ics  dispoéitlonsdé  I^âiiiè  eiiWi  soîV'filèùVpbui^qÛbf 

le  Christiatiisme'  neTàuVâit-il  liâs  àtiniisê ,  Ijlidda  ett^'a^^- 
mentait  le  chartn'é  dbïa  prîérè  én'Étjôutatitau'  symfibtisiVi'é  de 
son  expréssîdnt  Çai* en* clé^  cdnterfe pîéux",  dbnit  on tfotiv'élà' 
preuve  dà'ns  lîtil'  sî  graiid  *  ndnibrd  àè  todltltur'eb  et  de!  étiilfh 
tures  dù'moyëri'âg'e;  ettià^ticùliéfedaent  Hihé  le  cëïébf è 
chapiteau  de  Bochervillc ,  on  se  gardait  bien  de  faire  de 
rart  pour  VarLy  oomine  disent  nos  virtuoses  d'âujourd -bai  : 

il  lai  a  gardé  ro-  OU  faîsalt  dc  Jià  muslquc  pô\ir  prêter  àù  chaçit  ^\Kji^  de; 

cfraS&wde'pwté!  grâces  ;  on  le^scjutenait  pans  le  couvrir  ;  ;  on  n'étoiUft*t  pasr 

les  mots  sous  une  avalanche  de  sons  prétentieux  autant  que 
formidaI)le§  ;  là  piété  dos  /îdèles  s>n  nourrissait»  IpJii.^e.^^ 
distraire,  et  c'était  le  plaln-chaftt  qui  régnait  toujoursâvcfe  1» 
sainte  et  douce  pureté  de  ses  chartes  et  cavissantes  mélodies. 
Sans  doute  ces  eflets  durent  progresser  eux-mSoies  ;  ils  ne 
furent  pas,  croyons-nous,  au  temps  de  ConstàJHiiîii,  ni  même 


parer; 


ses      commence' 
de  ses 


LA  MUSIQUE,  SACRÉE.— L*ORGUE.  264 

I  I£i  1   l"]II')hl    iiniiu.  5n  M.  Il  'Il  '  -  '    -  !    i ni  '■.'•»  '«i    • 

4fioÇ*W!?'R'^W'i5fi  9-"i'!fe,<leyini:?i\t,  4\^  U-eiî?|èp^p  .siècle,  où 
"^mmm^^^S.  }^h^^^\^,  a^Ti,<?PW.S|dfi,ftQS,,çaU^(^rales. 

KwmWhm\  i'P'*.^Hî!.f'',WP»ftWaf,R«?ttF,^|n}.¥stflît9  "•«"- 

mW^\m^'î^\%'^^^^m^  \  .^PÇ^^oJ^fl^ipeRt  refuser 

-/^^'t..W-.fi^?fif.XPfl^  '^l?'V,Wfl-,''9W«Pi„^,  ,ré|>,Qqvic,  dont  ^J>.  ^'^f^t 
W^MXH^,  '.  c,?f.,Çef,.ffl?,«rMipe?ii.t  j)ef^efîfippji^,qw,?ç  ,çpm-  ^^^ 
W^ÀÛW^^^  ^^V^rcfidl»»' ^'Prienf.^'^pf.dppi^i^e  mé- 

fiffif^,^<'W^r,?fp.  ?,««!  tw^i^^  <^fpftfla  jysqp;^,  l*.PtPp6fac- 

^fî,Mi'PPW.  <^?,C?-^r^.ffH|,J,WPf||ffîï|t.fiPlJf^^niîfl  pour  la 
Bren)i^«;<?,  fo»^.,.^f  ^  ,^yait  l^çi^i.d^  0,9  ,TOub[(j,a  ,pçl^i  4ont  on 

^mmXw^\M^  ^.  iWyén.^Ç  1;pW  .(W...ÇeI^|.  gu'en- 
y9y.^'^fttW?P<^^sjyea^ei^t  ^IJ^pin,  e^  à  Ç^^^cpïftgj^e. Constan- 
tin Gopronyme  et  Constantin  Michel  l'ero^pf'^  4<^  ^paucoup 
9,i^,ces  ru^mept^  plus  étopnamç  qu'utiles ,  en  jlépjt  de  ce 
^Ç|,nfiusay9.q?,lu,,nou^,nQ  s?,,y9B!jRJu§,pÇt„gme^,çes  <j»rgues- 
là.  À.'étJMént  ^p,r6alit^,q|ie  ,des,cle,psyfi^es,T  No.us. ne geppons 
«îi^lffe  pa,^  ,9ft'i\'.f(iiUe,,%a^ço.ifft,s;4jppryçMifr  ,dft:ee  que 
.W'?^.lj?fl'}^^  \m.  .S/.,Fojti^?it^fl^s  iniagni^cpnfifis.p.^-.êtées,  de 

w\^ ^mh m^ mf^mv^MSm.^i^^m^.m^  dans 

i;%]^^S<),d^  %Ji^  ^^f,p, Ae,w)?^?:ftue  ides  ppn^-astes  singuliers 


«  •        I 


(0  c(  Specta  pqrtentosissimam  Archimedis  munificentiam^  orsanum 
6y4raiHitUiDj  âicô^^ot  metubra,  tôt  {iArlGâ,  toi  èonrpogi&es^  lot  itinera 
YQpomk.tot  .çpoipeDdia  aoooruio ,  lot  corumercia  modgmm  ^  lot  acies 
tfbCT&UWrtîli:>/i4ntmà,'bàp-  xtV  J  -  ï:?aa(i\oèklul,Vanâ  son 
MKrp  ^^  P,^^aiibui,  canlu ,  ei  viriius  rkyi/imi ,  QHe-Hâroo. d'Alexan- 
drie ,  mécanicien  du  dernier  siècle  ayant  Jéâus-Christ ,  comme  auteur 
4^|v  Tbailè  Spirilualiùm^  $eu  de  Pfieuntaiiûa,  cfà.  il  tf  aile  des  machines 
à  vent.  Il  y  parle  de  l'orgue  avec  éloge  et  .indique  bien  que  ^^à  cet 
itfstïftyettf  élîit  d'un'  M  Wël."-  Oiiaiit'&u'li^è  de- Vô&kiùsTon  y 
ifÇiwrfi,  ^ip^i^f^\^fj(\^  {J^J^Bsâptufçftaîdfl  Jf^lVfl^i^e  ^\a^'l^  flw^sique  et  la 
poésie.,  . 

, .  Inde  senex  larg'am  ructat  ah  ore  tn^am,    , , 

">t\    "Il    :'-'M(($^|^<^>o^e«ea)liiUrfjii|8<^tèiWdAtttV'''''  '''*''  '' 
•  Disparibuaqac  Iropi^  flstida  diUce  sonat. 

(Ycnant.  Forton.  Cttrminum  lib.  n.) 


262  HISTOinE  DD   SYMBOLISME. 

devaient  résulter  da  içu  alterné  ou  coexistant  de  ce  cha- 
lumeau  joué  par  lu^  enfajit ,,  et  de  cette  vaste  trompette  . 
d'un  bien  autre  eflct;4e  ces.pymbales  et  dje  (çes  fliHes^dcj 
ces  flageoUes  et  de  ces  tambours  dontle  poète  nouî^  montre 
la  tâcho  commune  et  les  accents- variés  quq?sa  poésie,  éter- 
nisa. Enepre  faut-il  avo^i^er  q.ujî,  fi^n^  ce  beaj^i  qpncçurs  .de 
musiciens  dont  nous  ne  voudrions  peut-ôl4*e  pas  aujour- 
d'hui,  Torgue ,  ou.  ce  qu'on  .appelait  ainsi ,  n'avait  que  i^. 
partie,  et  ne  pouvait  nuUemçnt  ressqmbl^er  è^  ce  que  cous 
savons  des  orgues  dp  Charlemagiuî ,,  dont  Tharpioiyç  résul-. 
tait  du  j^u  s'unult*né.,dç,plM?icurs  ipsti;umen^s,  c^ 
l'indique  le  pluriel  orj'afK/,^  qui,  djis  celte  épbqiie,  se  trouve 
le  plus  souvent  da;is  les, çiu^urs. originaux  {\).  Nous  ayons 
môme  des  textes,  et. entre. auti-es  un  passage  du  moine  de 
Saint-Gall  à  qui  nous  devons  la,  Vie  de  Charlema^e,  d'où 
résulte  que  l'orgue  envoyé  à  ce  prince  de  Constantiqopic , 
.  aussi  remarquable  par  sa  proportion  que  par  ?a"  sonorité, 
«  se  composait  de  tuyaux  de  métal  qui,  remplis  d'air  pai* 
»  des  soufflets  de  cuir,  donnaient  tour  à  tour  des  retenlis- 
»  sements  sourds. et  prolongés [Seipblables  aux  effets  du 
»  tonnerre,  et  des  sons  doi^x  et  perlés  imjtai^t  les  accOrds 
»  suaves  de  la  lyre  et  des  cymbales  (2).  »  .    . 

en  quoi  il  con-      Quoi  Qu'il  OU  fùt.  C'était  là  uu.  excellciit  maître  d'^accoin- 

▼lent       -••« lii«lir«-  *■  «..  '■l'ii';;!'  ., 

ment 

eçt 
on  dut  arriver  vite  à>ne,,pius  vouloir,  dans  les  èra^ides 
églises  du  moins,  aucufj  Office  dépourvu  de  CjÇ  puissant 


aux  ofBw»  pagnement,  et  tout  nou^  dit»  dans  1  Uistou'q  aussi  bien,  que  . 

ecclésiastiques:  .  '  .  v.,     "'  .,       ,'        ,  '      -  .     •/  •  t  r  î 

dans  les  convictions  qu  il  est  facil.c  de.  s  on  faire,  combien 


(1)  Cf.  Ducange^  Glossar.,  v  organlm. 

(2)  a  Illud  musicorum  organiUB  praestoutuftimum  quoà  doUie  e^  vœ 
conflatis,  follibusque  taûrinis ,  per  fistula»  •  atureas-  mire  perÛai^Utius, 
rugitu  quldem  touitrui  boatuni  >  garralitatem  vero  lyr»  val  cymbali 
dulcedine  coœquabat.  »  (Moaacus  SangalU^  Le.  Caroh  Mûgno  ,  Ub.  \, 
cap.  x;  ap.  Dom.  Bouquet,  Script,  ver*  Galiic,  ad  ann.  757.  *-  S»  An- 
gusUn  aUeste  (M  psalm,  lv^  qtin  ^  de  01911  teittpa,  rorgue  était  déjà 
servi  par  des  soufilcU,  maie  qne  cejiom  ue  luiéiaÂi  paadoimé  GJ,^un 
sivcment  et  convenait  à  tout  iuslruiuent  dont  un  chanteur  a'accouipa- 
gnait. 


LA  MUSIQUE  SACRÉE.— l'orgue.  263 

secours  de  la  voix.  Mais  enteadons-nous  bien  sur  cette  puis-  on   le   pror«i« 

»(«»«)     ,  •    l  j  ïV  1/        j  ..  <i  ^«1  t  donc  en  le  méUnt 

sauce  que  nous  indiquons  ibl.  Nous  ne  la*  trouvons  pas  tant  aux  concerts  pro. 
dans  cé^  yasit(Bs  et  sonbreé  proportions  données  aux  orpies  **' 
modiérftés  q'ié  dariis'la  cotiVenàricc!  toute  religieuse  d'un 
accomMgnementgrà+e  et  pieux  par  lui-înêiiie,  et  seul  digne 
de  prènUre  sa^  part'  dans  W  louahgès  catholiques  du  Dieu 
trois  'foife'Sâintliia  VaHété  de'  ^(^s  sons,  W  possibilité  de 
leur  laii^  imît^ir  * Aes  Ihsirimièhts;  (iapàlilés ,  par  Télirs  mo- 
dulâliohs'clii^crscs,  d'ajôûfcràfe  voîv!hrim'a!irlë  des  charmes 
et  une  fermeté  qu'elle  n'aurait' pas  toulc*  seule ,■  font  de  ce 
belenseihble ,  divisible  à' volonté,  un  niei^dlléùx  moyen 
de  sôlenniser  la  prière  eii  éïcvatit  lo  ctbur  plus  haut  qise  lui- 
même.  Et  c'était  là  le  caractère  essetttielletoeiit  remarquable 
de  cp  fa'èf  înstruménl  lorsqu'on  Pîrïtrôliisa  dans  l'église. 
Ses  dimensions  îi^àvàifent'  alors  rien  d*exa'géré  :  c'était  son  action  di- 
bien  plus  un  àccompâgnàtètilr  utile  qù'îin  méîiblè  de  luxe,  reS a^m, 
et  de  nie  fui  guère qu^àu  douiièihfe  éiècld  qu^enlu'i  donnant 
une  ampleur  d^riiésuriéc ,  on  commença'àsol'th' des  bornes 
modestes  et  simples  qui  ju'sque-là  n'avaîerit  fourni  que  des 
accofds  presqiie  toujours  inséparables  tfc' lâ  vôix.  0*est 
alors  que  Bâiidry ,  moine  de  Fécamp,  sigriale  dans  son  jeu 
un  mélange  fictif  de  voix  prises  dans  toute  la  portée  de  la 
gamme  et  le  compare  hruh  chϞt*  'de  pei*stthnefs'  chantant 
toutes  à  i^unissori  (^).  G'éfaft  diéjà,  contt'é  toute  ï^àisbhjrem-  favorise  le  «jm- 

■    '»'>,:"  I.  i-.   4  ,    »#,'•_;  i     .  :  j  ■       -i       -,  ^.     j       boUsmo  du  chant, 

placer  ^a  voix,  dont  1  orgu:e  ne  devait,  pour  ne  pos  sortir  de 
son  rfîïe,  qiié  sècdiidèr  la  suàVit'é!  ;'  c'étiiit'  abdit^iei',  par  con- 
séquent', son  caraictère  liturgique.  Dès  Idrs  ]()ériésàlt  le  sym- 
bolisme'ilii  ctiant  ;  car  plus  rinstrùment  s'ôvéî*tuait  à  faire 

(1)  irrûn}9ÉiO€uias,et  midia^90C€S,iH  ^dam  concinmtiym  chorus 
pulaPeUir.^  Toir  narportaDt  otrrrage  de  M.hé^mer  :  VOrgue ,  sa 
connaissdmfe,  son  administration  et  son  jeu,  in-Sf,  1850.  —  Cet  excel- 
lent litre  de^tiBit  être  la,  étudié  tnôme,  par  tcmâr  les  organÎBtea  et  par 
toas  les  matti^eâ  de  cbœiar  de  nos  cathôdmles.  On  y  compreodjrtit  mieux 
eiunitft  quel  est  le  caractère  à  donner  absolument  au  bel  instcament^ 
dout  on  se  Sert  trop  sonre ut, héls s!  beaucoup  plus  pour  faire  du  tapfige 
que  pour  socoml^r  la  piété.  i 


2"      .,.,,.,!'  ,?JSTp^«?,|)jj_sYi^^y>WMjp,y,,.,f  ,.1 

*?^î?<^tlNî.PPP  ^V  PWfib,^fft#fni?Sî^ntis,ï!i'4l^  r*iii»los4e.8ioni 

de  toute  unp|jpp,w][^]t,iojç(  ^ç^(ip§ij»^afl**penfté^,  r4  j<;tant! 

vait  faîfc  cju'avec  <j[çf,|fTMjy9RS.^^fSffii»t?i,  C<Mnm^  Icch^ot 
îfclLSf.".'^ "  ^HÎ-Vf^^,vtV^Î.^ .^f  V'J^f 8^, «^êl'ftrgmf  Aég^fl^-^ en.prélunM 

tions.  moin^'  ^ï^rç^, .  ,^e ,  |la,  var^i t^, ,  ^i^ ,  vpjulut.  ,pr9ppr,^o»npr 
Ic^dëvejioppiffiàfliijtç'  4p]',or^fle'.à|,çç^x,4p  J,'Wi?h^t^PtuP«,  -et' 
en  cela  on  n'avait  pas  tort,  pujçft^i^,  ]e,  ^pft t  jif  ?  JCbi-qies  p)a»^ 

.  . .    tX<?s^|i;«?W,f  ifiPPFi1^?^P.fJ.«  li<'#'rwn#R^  saj^^.nFnoruc- 

Toutefois  jl,aura|t  fa^ii, ((jlcfflfi^f ej:^  ct^.j^?;.fprtCi.iwspn.v 
dan?  ^  çon^itipps  f^v^sicf  J/)?| i^ssc^^ellcs  4  la.liJt|^Fgl^^et• 

Lutte  d«  l'égiiM      ÏI I  fa^it  rpcoi^na|tj[;c ,  g^'^f  (!;s  ;  le.  t^çù^^me. .  si^le  (  -coin^ 
Sr™.  'muri^M  m(piij^^tf;è?pspn5ib'lep)ipi}l^i;^^;ç4p,d^^  l'art! 

mon<uiii«.  cliréliçn  ^  laqû^ll^  pe  fit, |qii>,wgflipftter,iwqu'au  sfii^ième. 

A  celte  dern|jii|e  4p9gu,(f,,  pj  f|(yJ^[d/5piu}s4fingtçflHps,  JU,  mu-' 
sique  ,ecplésiasU<^u(^„ét^jt  ,|Pil,^?,,prp/an«.,quie,,»Cfféçni.Le8 
iristrumeuts  à  bruit  avaient  envahi  le  sanctuaire  ;  à  Rome, 
comme  partout  ailleurs ,  le  désordre  était  arrivé  à  n'être 
plus  sappOi'tàblc,  et' k'slspïralioiis  de  l'arl  musical,  comiiM.' 


r 


• 


LA  MUSIQUE  SAClhËfc.^  ABUS  DU  XVl''  SIÈCLE.  265 

4 

eehii  j(teb  «Idilï^filiKèfiDtiâ'ldpldaires,  tendaient  à  usarper  les 
Msi'9l>Uelbfti'et'^i'M^riK)ntqÙ'éè  dé  là  liturgie  chrétienne. 
(hté-ideVaitHyiJ  »ftiÈre'tibf's'?  L^hîîitoirb'nbus  l'apprend.  Les 
eobdM^i>i^ihèi&tix'; dbilV  la  tëtiiié  f  édèfvint  jplus  facile  après 
PfeiUiiclioÈ^  ii«8'ré^t)Ites^iirôt6yf8(iitès,  s'effircèrent  de 
mêmt^itA  t/êpm^ii  tèb  ^biïsl  flètflmé' ceux  d*A:ugsbôurg 
H  dciflBWte«,^éri'  ^M8'<ét'*d4éV  èHrdélititèglé  l'emploi  de 
Rci^c  èn^'ÎBteïiEftsiitttïK  rbï-^àhistë' toitrt  caprice  d'exécu- 
tiflki,  arbiimît-fe  et'recbïimarridârtrB[iix''dIêrcs  uii  èhant  plein 
de'  tiodestië'^èt  ^éé  •rtli^fon  ;  cdmttié'ééTîn'flè  Cologne,  en 
433BV«^St  défendtiHôttbé'qùî  "pbuiaït  yéVksehtir  d*U^ 
^p«fHie»,'ùri'V!t  cea>^ai;  Bo^deaûx;'dë  B^ôurges,  de  PaHs  et 
beattwilp'  d'autf(rs;'*+li*ï«éhfbhi  feUrtdtrt  dé  iiÈùk  Veoo,  et 
plli^  taM  etteotH^,  renMivèléi^cô'titrd  lés  cxcèâ  de  là  înusique 
môwdâîne*  daris*  lés  é^lîscî^  tous  léiirs  aiik thèmes  lés  mieux 
rti(jtlVés'(4)i'0to'sai(i  qudfdegHé  tfâùdace  était, arrivée  en 
Italie'  ttilë  mahie  déploi-èible  loi^squ^  le  pape  Marcel  II  se 
déddà  à  tté  Tp^rrhetfi-e  jpliw  dans  les  Offices  que  l'usage  de 
Tcir^èf  fédtoit'à;  l>xpi-essl6n  dî^tie  cï  ioiitè  religieuse  de  la 
priWë  ' TJ>ilblftJde H  '  (fêtait  '  reriliilàcer  noblement  ïcs  pré.ten- 
W&vseé'^hMthtiek  A^i  ëèôlês  flariiàtide  ef  itâliéhïie  par  le 
ret()blra  là'simpliéltê  prîmîHvé.  '       '    '  i ' 

Il'futflbrtiièàP^te^fhà  de  (k)hjurer' cette  prôscviplion  Paiestrina  et 
par^èfalmfeusé'JIfw^i  du  j)hp^  Bfàrcèîyëoxii  le  bqau  carac-  Marcel; 
lèi*è,  teirftànlferélâr^V  lefe  tedHCeplibns  râ'rc":^  et  les  mélo- 
die* Vttffttiéntî  l-elî^lëtrscs  fiVertt  croire  au  Pontife  qu'il 
pouvait  admettre  une  musique  si  cônTcnable  el  si  pleine 
de-mttjeètuënsieiâ^Wèàut'és:  Là  ï*èviVWt  eii' drfct  le  symbo- 
\Mài  dejàiperAi  dd  la  mllsî(^tie!  àici^éb;'6ri' retrouvait  la 
pieu^ltiélattcdlle'des  'pfëitiiehi  jour^,  el  ïà  vie  spirituelle 
de  l^ame  s'épéridiaiit  dans'le  cteur  de  Dieu.  Une  heureuse 
révdlutîOft['«taW  ftiite';  et  Quoique  c6  ne  fût  pas  de  beau- 


'       !'  . 


({)  Voir  Labbe ,  ConciU  t,  XIV,  p.  56;  —  CïibassttI,  Natilia  conci- 


coup  pfiéfôr^Wejaux  $iiiftples.-wéMPP?.»f^?»;»finnçs^;dont 
la  restearatiQ«.aiw4it:ClA!ètrei  Ipiseujl  hut,iie la  iréÇ9rjpiie; 

quoique  ce  gcavejA^  a^fiqupwfa^SÇCW^.l^ÇjW 
savaiUj ppur •s.'fldeptç* ft w  ^wtpsjparçksdc rAnjfcipl^pnaire 
et  du  Mi^çol,  JHJ*ii|iSîpi^.;<i|?s  J^èr^ef/jçi  aux  séçuenoes 
naïve$  duMttoy^.âgçi,  pçpôudwJt  uja  g^çmd.jpja^i^i^  feit 
ôubr^poirde  vei-8;lo  r6gén^*Çoui,'(lQiU,'Op,ftyftitr  pu  ^^pér^i'.  fMais 
nouTeauz  abat.     PaloBtFma|  ))onpré:de|  spHiV^mps^  pardçs  çoqfïposilei|rgdç 

mérite,  elièf^mart/erv 4^94^ p^v  ua Iq^^ca^ 4^ ^ 9^ 
miërô  é^fiseJ4^{impi)d^),^W  icpr>s6r.ya  j  giC>i9e.  iiuédipcrc 
influença  aild  t ffeiVenir  i  do  •  kti  DiiUk^î^ttC)  irqligi^f e.,  Lq  :gra^d 
arlisitûilBti<peU  de idis^iplefj' 019(1$. que  sa.glQÛre  .ct^a,mj6- 
thode  i  lae  dâpai^sèircot  I  qiU'i  jHliQô  ^]^/  i|mUcs ,  d^  ^P^. .  p^y|S. 
Nous  BiieM  rvôir  oelumositi  am  i)eaii  «ucpès  fut  ylii^nuijsibJjC 

iain^"h2ït '  r^oi!  ^ '^  '  qu'^Ut  effot )  ks  ohBf^-^dVjBUMro  eu  toutes  i<sbo$e8  somt . 
omJÏ?  de*°*i'É'  i^^^^siâdnemonli'ld'iLine.gîînadej  rareSéj,  et  Sr'jJs.  ^ijqt  phis 
«ïtoe.  nombreux  ils  n'en  sellaient i,pa8iiplii&.pQpiiilajr,ep  15  ipar.ceto, 

'  sièmeiyt  iisf  «nanqueiraloni  là'  Isfir  >  preAni^ne»  i^t  egsen  ti^Ui^j  çpnr  < 
ditioh.iililiittôtrTëmtdqdeYioM  {)lu^  ^D^iblo  q^a^ç^  pci  J*apr . . 
pliqdci^  la,miidH|u«iid*églisïef.  Qèi^  l0V9  qfCf^  ne.jçp^tQ^jtp  , 
plus  éapi lot^anb  grôgorûsn •soni  tdrbit  leKdHlif  tiuX'  '9ol^niiil4ç 
du  sKntteiaivèi,  laiiiiBeiqfie^s^iimntp  ^fàt^^Uje  de-  Palevstriiia  y  . 
et  on'  rt'cû''th)ulve'^S'!ri<ravèntVHf3^'«8tiphi5^'u|îfhot6-'î 
d'œu^^rèj  didmièÉlifblelsetfleniéi^tienf de  iraresoceasloiis ,  fcnai6. 

qui-aiiiui|0iijoili*slléiio^iiie)d£iavania0e>  de.it'ètrei  paa'Qomr^ 
prise  du  vulgaire,  qui  très-certainement  ne  priera  pas  avec 
elle^etse'fiVt^imi  contraire^  naëléaviecspa  j)aJ)itoel.  1^0)4:^11 
aux  Vîëîllti^  tfïélôdle^Jp^^^ 
Le  clergé  ne  parco  qu'àTpgJiiîp,!  tQjiU'l^é!!|npp.(^^^  coi^prerid!  P6ùr(ïiibî 
lu^i,  ^^  ^'  ^"*  donc  sorttrainsi'^deia  simte^veie  aii  ia  priècecoamiune 

autorise  à  engager  le  chrtytîen?  S'it'ftiUt'ënae'Cuser'ra'fiftiî- 
blisscraeiit  do -la  lioi  aux  «iètles  qui  nou^  léguèrent  ces 
distraclîôtis  de  mauvais  goût;  nedoifr-on'iwiss'on «prendre 
aussi  à  iautoritc  malliciircuscrhcnt  inspirée  dùx*tèrgé,dOUt 


LA  MUSIQUE  ^AteftÉfe.'-^SE^COWBl^jiMCËS.  267 

abus ,  ë^  iiiïi  ^^  tr(^^a!éiteiti^nt '^élâ^iâ  ^ém  tailitéi^  règles 

Dès  lé^'scîzrériie!  sffedé  ét^jusqtt'Blti  ïimrè,'Jqttî'ne  i«ii4|  pias  "  - 
s'en  Aëtètiiré /t/tï  d'àvfetf  de^^àit^'là^'littfirgie  mtfôièald' 
avec  lé  relhchètààH  '^  'lé^  j^Mrtèfdbilytiscnve'  apportait  <  ilayi&'  '    ' 
la  mork'le  cbrettëA'rié  ;^  M  scft^ltalteniëial^nva'  Jiif^a'su  feittiiir 
clné'râ''iiâ»'^iêt6aepu^,'àdcoutUTihant-pib ù pe^  papisès'   I 
exhibitiop  pht^  \!^tt4tfèfÀ9  &baMdal^asbS(  »àioe()teffaéiKté'dc!    :. 
mœuri'  ttbirtt  ie  ïttté; lia  Wôd^^  et leWs  4rbp  ■  miiltij)les-aérivés  «  ;  j  ; 
dev^nëiit'i'e^l^fse^lcmf joVU^nMnei etî irrëmédlibla;  BxplÎH fini 
quoniMii*û^''e«Hfi''Mi' ôë-pdWiy'et pdurai'Ipiw ùepnaiiitei:  ». 
sclerâttitoV^cofWre  dé'  iâèvetlgondagdi'ifiiPd)g!ne'<dtf •  ]Giiristia4*'  ^  t 
nisntë'/éV^^i-*VH<m 'de<<(îodiAiTmii«v«0'hiiviôtabU8É^    / 
neltement  les  principes  véritables  :  ce  sétvibeuisdeqùdeiliêa  "< 
graûdes  aiitoHtés'd&h$>  latAtttiël'ef  bt'de^lèilrktoinpbiiaisem  i 
avec  le^ Vâchéttx^ éxcèd  qùï'Ies  réeffp\HcefaVïûi(^cm'niMe*i'.] 
ment  cc'^li'îl^dugifeirtiexdhjirequ'gardein  fî  'i    H  /i;-.   :.     : 


'  1 


ilareïteHWi'Wà'lrbndre  i^liiB  Hrifiét^plUBrintérteilrile  eîrétienii. 


i..', 


dans  la  rel^KWi»  qu'à 'Wndre  ^liip  HrifiétlplUB 
sentimeiït  de' là  JiirCètiê  ^il'le^là  prji4?è  leUeMijnième  ;  ôl  éstila^ 
langue VttliipâiFefJdéil^figHse iiil'^JdioaaeinmstôaL  iaipùwfiek]]'  i 
SoaftHfthiïJè'ëstiedUYdéla  {]tros6;<saipre89diei  ji-aiôccaitu»*-  .:<: 
tiondela^pr06«^idajtDDaUté,.lft:lona}litôid)es  foules i)  ât<  k^a  <  > 
modosdaûoiiIentnéeossairdinentideicdtteHtohiiiUtéwiLc^plQiijir  .  !» 
chant ')&'a  Ti<^ii  dfaitl)it(mlrev^d1ticohéreat;,  do  iSj^^téina.-!  <;. 

(1)  H(kLS  fieV(y^lolÀi^ipà^;«n''4è6i^&tittiçi)diclètigé>  ftfvleKêtDieito^i'   • 
généraux,  car  iMi  gtviod:  u^rolinef tféyêcpie^iet.d^  J??^tT^i  flçpt  pjw^i^yrs, . .  ^ 
seront  cités  hÛBDtôt;  ont  protesté,  avpc  autant^  ae  sciencç  que  d  énergie  ' 
contre  ces  J'ahgereuséa  '  tépVéseAtatibbs'  tiur  ' se'  toèléût'  ti<ôt)'  siôii^nt  à»  •  j 
DosfêtesvMitFlanUierjieBireiîaotîce,  l'JllustJeeiéVêqua^c  ç^Iîçi>es,s'o^  ,  ,, 
primait  dans  çe^^ens  eix  nn  beau  discours  prononcé  en  1861  à  la  distri- 
bution dçs  prix  de  la  maîtrise  fondée  par  ïul  pour  Son'diocbse'.  «  A 
notre  ép6^tfe,  SiUi,  â^ii'  bont  de  la'  France  àU'atotre^  Babylône- B'ftBl     , 
irraptldo  àmn  vJérusithuat]  (onjné^.  poiurrajt^  dire  f\9a^\ef^  df  cayf^.m^s  vt    > , 
de  romances  ont  reçu  mission  4'"ivïier  au  recueillement  penda^ut  les 
saints  Mystères  !  »  '    '    ''     "'  '"  '  "  "       "  ■'•  ''    ''^^   *    '  ■  '   •^' 


•1  /OU/..;  1,..  I  r< — .WAn\)t<  :\)\)\<)\f.  m 

268  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

tique.:  tout  s  y  tient,  tout  y  est  pris. dans  la  natJire,  tout 
décQuled'un  principe  générateur,  le  récitatif;  çpst.  en  un 
niot,  dit  S.  Odon.dç  Cluny,  le  chant  de, S.  Gréffoire.,  de 
S.  Ambroise  et  de  S. Isidore,  dm.  déclarent  quune  autre 
espèce  de  chant  ne  conviçnt  pas  aux  louanges  de  D^eu  M;. 
Ajoutons. que  ce  chant  ..comme  nous  1  avons  déjà  vu ,  a,  des 
règles  de  convenance  qui  étannssent  de  véritables  relatiûns 

terre  et  les  joie»  a^  chant  quc  dcux  rCaractèrcs  :  la  loie  ou  la  tristesse,  4ar 

c'est  ce  double  élément  qui  nous  saisit,  tour  a  tpur, 

nous  y 
forcé- 


>•  fi. ,  I  -î 


vent  à  là  fois ,  dans  la  maison  de  Dieu.  En  vain  n 
cherchons  alitre  chose ,  notre  esprit  ne  s  y  reporte  jorce- 

nos  dangers  d  lèi-bas ,  de  nos,  doQ- 


I      <<.iii         ri 


ment  qu  a  la  pensée  de 

leurs  présentes  et  de  no?^  espérapces  qui,  les  temptu^ent  en 
le^  consolant,  Qu  avons-nous  donc  besoin  de.,œs  grands 
éclats  de  recherches  dites  musicales ,  qni  visent  i  l'effet, 
préoccupent  loreillje aux  d.épen$, de  lame,  et  ne  resseni- 
'  '  blcnt  par  aucun  traft  à  ce  que  1  Eglise  a  toujours  youiu ,  à 
ce  qu  elle  veut  encore  sans  aucun,  mélange  ,tte  goût  pro- 
fane  et  de t recherches  pureinent  artistiques?  Voudrions- 
nous  de  l.art  jàpur  Part ,  en  répétant  un  non-sens  connu 
des  mi^sigiens  et  des  peintres,  ou  de  1  art  bour  Dieu,  ce 
qui  nous  semble  plus  compréhensible  et  plus  ^net  ?  AJi  !  si 
la  prière  telle  que  nous  la  trouvons  dans, les, Psaumes, 
dans  les  Prophètes  et  dansi  Ips  deux  Testaments  est,  comme 

w^HJfiUf  pftflr.l>)BteiP«>.jt«f*ST^plufl.(}|ie  i^p^iJ^Ujqjpp^fiinu^ranUrr. 
minçiDt  ce  chapitre^  tant  il  est  vrai  q^*,oa|i  toujours  raison  d^avoir  tort 
avec  dé''l^Is'fesprîti^.:.  fïous  devons  cette!  cîtàUôH  â  M: l'abbé  îîbnliêr, 
cbàtbUL&'hûnofai^e.  dai iMbniâ  j  epil>  iiwé|rd.eni iS€û idfbf ccâlèalyi  Bttide» 
sur  ce  sujet  dans  la /?evutf  mensueile  de  musique  sacrée  (n<»  de  janvier, 
p.  23). 

.(8>.VQil?,d^.b<tU«3,^t>G«^oiliiautq*4i^$çftaUj(Hi*,8w.iJ^.8uift^  4u^  vaie 
siiitQ  de  j^émoires  insérés  au  B^kkiiJi  morm^tmM^  UMï  P'  692»  «^ 
XVIll,  p.  392  et  407. 


r 


LA  MtSIQUE  SACRÉE.— SA  PROFANATION.  269 

on  l'a  dit  avec  raison,  tin  chant  divin  destiné  à  chanter 

la  créature, travaille  a  sa  propre  ffloirc,  et  distrait  Un  peUpié 
^^♦,^^  du  but  SI  elevê  qui  làchenime  vers  le  saint  temple , 
i  oHi-aaVsÔTis  ses  vo*A^^  tiii  g:éhf'e' 


11UU5  u;»uiiMci^ir(;  uu  aAimxiu  ut;  ceiiu  pruuu&iuuii,  que 

lecteiu^*Sa\{iuèîïfcr6rit^,'  hpiiÇ  osons  ïè^érHItc  '/lîii  tèMii 
arec^nbà's  li^lècVa/^^d'é'ck  ilvf'el'oàlVyù'V^  sVrîibfeferlli 


entier 
enjuî 
de  pëiî^j 
Nous 

ïMilîfeiÀ't'  roi, 

1  esthétique,  du  peau^  u  iparchç  avec  la  rot  polir  là  renarcr  "  •' 
MSible  par  un^  pius  large  expansion  de  son  influencé  spi- 
nlueue  :  eli  on  jôse  le  séparer  de  la  prière, .pour  laquelle  est 
faite  cette  enceinte  oénie  ou  fout  révèle  la  présence  de 
Dieu!  Et  ce.flevoir.que  tout  y  persuade  et  y  seconde ,  après 
tant  aeflToris  de  larcnitecfe,  du  peintre,  du  sculpteur  el 


I3rm- 
■luriuitu- 


qnl  disparatt    du 
I  chant    mal    exé- 
cuta, 


ment  le  caractère  sacre  de  nos  prières  publiques,  à  en  faire 
méconnaître  le  sentiment  et  la  dignité ,  qu  a  1  heure  ou 
nous  écrivons ,  c  est  Te  plus  petit  nombre  des  églises  où  la 
supplicailon  etlaclion  de  grâces  ne 'se  jtrouplent  et  ncx- 
pirenf  sous  les  révoltantes  dctQTiations  de  cimnlres ,  qui 
ment  ou  hurlent  tour  a  tour  ou  à  la  fois,  sans  mesure , 
sans  respect,  comme  sans  intelligence,  les  magnifiques 
payrcdes  4einos-  piwa  ibelWs  hy  «inosy  les  .maj^s^ue^x^epseigne- 
fflrtiid  de;  Wie^i'tif^métite  ?!1  esterai,  to^utee^^  së^feil  parfois' 
sous.leç  .^ijusipiçeg  de  La  FeiUéç;  ,^,^veç.  ^s  mottets  .r^diçiile^ 
dénataraniite  plaiihehant  paon  des  rotdades ,  et  le  etaargeant 

(1;  ¥\E^  la!<ëaVàn«6  r0«ii^'i'  âéjà^  cit^e,'  ib^^tV^Aàni i<^t>tt^  4n^- 


•  1 1   - 


270.        -^    )'    /•  HISma&DUM'KMUSlirJvx' H'   /.: 

;  maid  tiDUJOiUrsi  inumes  \'  à^U»  F^UJéâ  iqui  ;;  )Squ«  pfét«i4e  de 
ipldint^ciiaat /^Mv'n*^f^itiqttieft|[)iiélu4Qi'<a^  »ni»Umsî goût 

•  iteibb  musique  >4héâti!al/^qit>*ii  ii-OaâStipa8.si¥tlii0iV'<ït:t|Uine 
.isejrviîrai  pliiâ  ^ivto^jris^éiroosi  bien  ml^nlà^  faite  /éciûre  idans 

irbifi^oir^i  dui  wf  te^^ni  alitftpitra  ji^  de^  1^  décaddato^de  laiinu- 
.. mquer saciréeu:»  r»n. Cioftffiie^iant id/efibi^S)  oitt  faitaifsemi  la 

.'.  ipiétefdi^S  fidÔlq$|l*;k.'.ni''il<Mhii/-    î-.dp  Jm  V-M^ri'- iiKJLf!' 
et    de    eérttJnenii,,ii/M<^](»,\n'i^i\}fa^ 

»(.  «(i^V)tezMVfeiiïranl€iril3/(d*iin'jg|rai)d ^ongiu^iiK^rokrîaafili [toutes 

I , .  les J)izarrepie»  d'une ^ôtei^ceilvelée)  fvîsatit'iidojlletitnéiDité 

^   .1  au, ;iu- (milieu I  d*unei'.M^bliiieC,  .uu^aoQoqipagqaon»!  du 

r    .  elfWBilrMq^ul  Aa\>9e)4t  .siy^iaccordori^iOUiibieni  «atmdeK  cet 

. .  iMormoryiuj»  qui  sQ.piie$seà  la^  nia^ài^c  .dHm . {riano^ r  et  ri- 

.  v^lweiayeoiunifeorTibte  sapant  à,qfli  ftii^.iqpltffli<te»hniii, 

I    . .  à.  qui  ,pQua3^ra  Je^  Wiewi .  (Je»i  i  liwx  disii^^-damte^^  ^  El  k 

,  pauYf e . |^upl0 ,  r  g^'aed.  W^u  I  qw»  td^vi-eff yi f ftu  upuilieu  d« 

•  !  ica  détestal)}^.diaQ$  v^t q^<^ltel  idée  piuf  pp^t^Ld^tP^m,  de 
.,'  soacuUaiOtdu>QiQlu^êllilK^4lauque|l!lQ^te8lipc^lviWl)j^ 

foroi^tjanaaiîaspiïîer.?    .). m,:      l. 

Les  meMee  en      Que  sera-ce  doiic  si  vous  tombez  daas(  tune^  mfi&e  en 

musique,  et  leur  •  *  xr       *  «i  •     j  •    •  •  «n         «•- 

physionomie  pro-  musxque  !  Y  a-t-il  un  momdre  musicien  qui  ne  veuille  avoir 

la  siçiin^,  un  01^:6  qpi  s'y  Wfu^e/ùnc  église  de  village 
même  quînç  reteiàti^sa.da qiUQlqjiie..<çs3ai de  ceigefire^uoe 
cathédrale  qui  ne  lui  -prête  son  sanctiiaire,  ^es  stalles ,  ses 
chaîscs;,.ei  ne  r<ipudic  pai'fol^  ppiw  Jlçs.  yiolom ,  les  flûtes, 
kscors.at  les  hautbois  nos  douc^  mélodies^  de  &  Gré- 
goire? A  Dieu  ne  plaise  que  nous  ajoutions  .loi.  des  récrimi- 
nations aussi  justes  qu'inutiles  après  celles  qu'ont  prodi- 
guées de  toutes  parts  $  i::etjte.  mallieureusc  mii^icomanie 
tant  d'écrivains  aussi  habiles  que  bien  inspirés  ;  tant  de 
cp^ciles  et  d'évOques ,  et  tant  de  Papes  qui ,  à)  partir  de 
Pie  IV,  sentirent  le  besoin  de  cette  réforme  qùte  Tindul- 
gence  de  ^Iwc^l  II  et  ^  (pqp  ,cpiurte.  çafri^rc  pureat'àjeiae 


LA  MU$lQUC/dJl€RiÉK/^IiE&  MESSES  EN  MUSIQUE.      274 

aéoentâeflf/J.  ttato^i4it^tnoini»,''qii'<Hl  ninis-dkeien  qooi  ces 
ènrtrc!prî5i)9^d*iiHLrmoUiie'  lAtË&4rale'4-iâSMmbtet)it)  là  prière 
€hiiêfimnei;>sifPâ^m)))ée(qtiiiVy<a£»06îi!^^^  ren- 

'  farte >dd'tolieitefl  et idr^airs  ihcMM^in^/  viionge^leitm^hiis  du 
monde  à  seipëoaeiHir;  sii  «in'ohttétiéiirBé(riem>'Ci'uvt'  jamais 
avbii^  satisfàir«à  ptèéeptodoitoimQ«6e')ctuand>ila  Jo^^^^ 
'  ovL'VMiiÊk  de»  ùé&i ékmrturës  *id\^él*as-,  «de*  <6e8^  rortiances 
langoureuses?  et  quel  symbolisme  r^ttgbUi^  '^pbùt  surgir 
fée''bkê^h!é^v&séAtMl!iàhs  'ftitès  .bu>}pr^tit)èfrtaYit  il'dmours^ 
proilrég'^iau-mépi*is  du  Ofedidonldes  sjimboUs  véfiéhéd  en- 
tduk'eftt  le^tadâiémaaliD',  ^-eV  ({u'Ofi  ioublie)  i  isn  l  faée>  riïèi>oe  de 
f(rtitel<pdur)te6^Càf>ag6i>  des 'gtbsi^êisi  dti^d  ''e^'Xl€ls^tt*om- 
llK)ll«9V^ttt)"I^^'S^^^s  .ite!  clarinette  1  et  lèiS'idttOs 'd^'actrices 
évéttûééB  M  tëille>aiï^*b(m'eitts'(ie  M  OaMè  IhJ^Mi^'oIq  à  la 
Bénédibtifin  ^âk'poifimt'di  .^'^-^'fitiosë^  étmnge  v  'd^dWe'urs , 
qti'à! intti  épi)(}Ue'  ôùilé  théâtre  eitidôvehii "plus  dan^reux 
(jne  j«(ii4M«/ t^r'^s^iifmm^ltiU^^^désels]^^        de:  soit  à 

'  Tê^e'^'bril^ertnbtt^â^ebtrèfdciiii^'dîUis  lësifovdes un^ltrait 
t6ûîbui*s^pfas daingtôretik' péùrie* séducfSonsilé-^ld  hilisique 
"prtofattéf  Et  'dire  qu'ilne  ïft^nqtifeVifeh'ft'oeb  i^cprtsentations, 
ni  l'affiche  qui  attire  le  public ,  hî  la'^ftww'auîprofit  des 


I   'il.' t '1  I  /  '»t'  r  M    (I  •>  , i-    !'♦'••.',!.    -M"     Il  ♦  ••    '  ' 


d'jèviter  des  récri  m  in  lotions  inutiles,  les  personnalités  ne  servant  de  rien 
'  '  'dahs  Uieân^'e  q'Àé  iSoUs  ^làidonë:  cfé ']!)re^ier  ^nibrcèaij  ësr^^^^  : 

.  Impiédiatepient  iiprè?  IcsTi^pres,  qui  commopceroot  k  Uqux  lxflttrp^l  pfécisea,  an  concert 

. ,  «•, -^<toi<Ç  rf'Wia  «ano/ft  ppar  pJUmp  et  yjolon.-T  B»W^ 
.  3^  JnâUHte '<{' Wne  smiâTe;  poiÀ-  piàUo  et  violon.  —  VosOilr.  ' 
*•  ÉI49t^à  te  tnétnofre^f  RwW,  pow  yt^lpn  f  veç  luBcon^pgraema^  d'orr|w^^N***. 


^  Qi^ç  dire  d^  ce  concert  reiigievx  composé  c|e  l'ouveiîtuiîe  d*lpfiigénie, 
de  ÏA  iH^Minre  de  Koisini,  à'andanleeX  de  wnû^c^poî/rpàinii,  et  de 


272  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Le  chut  ro-      RcDtrons  dans  le  vrai.  C'est  le  chant  romain  qu'il  nous 

main     exclusive - 

ment  «coepubie.  faut ,  sûfs  dc  trouvcr  avcc  lui  la  simplicité  du  cœur  chré- 
tien, la  dignité  sans  autre  prétention  que  de  s'élever  jus- 
qu'au Ciel ,  la  majesté  du  style,  le  respect  de  Dieu,  le  calme 
de  l'innocence  et  de  la  pureté,  ce  je  ne  sais  quoi  enfin  qui 
saisit,  attire  et  retient  toutes  les  âmes  dans  le  lien  corn* 
mun  de  la  piété  fervente  et  de  l'amour  des  choses  d'En- 
Haut. 
ÉqniToqnee  de      Mais  Ic  chaut  romaiu ,  que  nous  appelons  ainsi  parce 


concerto  de  violon  avec  accompagnement  d'orguel  et  où  il  n'est  parlé 
une  seule  fois  ni  de  Dieu^  ni  de  Jésus-Christ,  ni  de  la  Sainte  Vierge,  ni 
d'un  Saint? 
Voulez-vous  une  réclame  bien  conditionnée? Usez  ce  qu'on  a  fait,  uu 

certain  dimanche  de  1869,  dans  la  cathédrale  (!)  de  S.-M qui  n'a 

jamais  eu  de  cathédrale...  Nous  nous  permettons  de  souligner  ce  qui 
nous  parait  plus  remarquable  dans  ce  morceau  de  littérature  : 

**  D*après  ce  que  nous  arons  entendu,  dimanche,  do  U  messe  de  M.  L.  G***,  nous 
n*hésitons  pus  à  dire  que  cette  œurre  est  encore,  et  de  beaucoup ,  snpërieure  aux  autres 
compositions  musicales  de  ce  Jeune  auteur.  La  musique  est  classique,  sarante,  et  Vjtçn^i 
Deif  très-méthodique,  se  termine  par  on  ensemble  du  plus  i^nuid  et  du  plus  aaiglnast 
effet.  jVm  compUinentt  tincèret  t  „ 

On  continue  : 

"  Les  chœurs  ont  ét^  chantés  par  TOrphéon  et  les  élères  de  Técole  communale  ;  les 
tollf  par  K.  L***,  un  amateur,  —  ex-ténor  du  théâtre  impérial  de  COpéra-'Comiqtie,  — 
dont  la  Toix  sonore  remplissait  la  nef  de  notre  belle  église  paroissiale.  —  M.  L***  a 
quitté  le  théfttre  pour  la  charrue,  comme  il  le  dit  lui-même.  Aujourd'hui,  tout  «m  ctUli- 
vont  ses  propriétés  de  la  J....,  U  ne  cultive  pat  molM ,  et  arec  succès ,  le  bel  orfane 
dont  il  est  doué. 

n  L'exécution ,  tant  roeale  qu'instrumentale ,  a  été  fbrt  bonne  ;  pourtant ,  de  l'aTeu 
de  tous,  quelques  répétitions  de  plus  u'etueent  rien  gâté.,.;  au  eon/rolre. 

«  An  nombre  des  exécutants ,  artistes  et  amateurs ,  Tenus  à  S.-M......  donner  A 

H.  O***  des  marques  de  sympathie  et  de  bonne  camaraderie ,  nous  avons  reconnu 
KV 

„  Pendant  Voffiee^ltê  fidèles  et  les  dilettantl  ont  eu  teplaltir  d'entendre  le  Prélude  de 
Bach  (Tiolon,  orgue  et  piano),  et  VMr  d'église  d'Alettaadro  Stmdella,  exécuté  sur  le 
Tiolon  par  K.  R***.  Faire  l'éloge  de  cet  artiste  serait  l'amoindrir.  C'est  tonJours  ce  Jeu 
large  et  magistral  qui  nous  émeut,  c'est  toujours  l'élèTC  de  Léonard  tenant  l'auditoire 
tout  la  puittanee  de  ton  archet. 

y,  Annoncée  pour  huit  heures  du  matin,  cette  fête  musicale  n'a  pu  aToir  lien  qa'A  la 
grand'messe,  oh  depuit  bien  longtempt  on  n'arait  tu  une  telle  affiuente  de  personnes, 
tant  de  la  Tille  que  de  la  campagne. 

n  A  quand  l'exécution  entière  de  la  messe  de  H.  L.  Q***  r  Vous  le  dirons.  ^ 

Qu'ajouter  à  tout  cela  sur  les  magnificences  du  culte  et  la  pieuse 
réussite  de  cette  messe  dans  laquelle  q(jLelqu,ei  répétitions  n'eussent 
rien  gâté,  au  contraire?  Et  pendant  ce  concert  que  faisait  le  prêtre^ 
obligé  d'attendre  à  l'autel  que  ces  messieurs  se  fussent  fait  suffisam- 
ment admirer? 


LA  MlSIQtIBiMaAÉl.rr-IiB  H^AIH^HANT.  273. 

qiilili  dûtl  i^ra  lodwi  dsiSl  )Gilégai)^e  »  .n'est'  .(^aa  tedcûm  v)  iMks  •<»«  c^teoce  «c 

Ta^oriis  TiB  V  ce  iqiiffl>{i€)iil  iFadeivclnic  4'af»è&  IJét^^ 

des^TioaiC'Imainiscrijip.'iAi  plaB<  l9rte)oadson.rcfilsû]i6n£liu)ua  ' 

C8i > iiKttshl  aax;  <  botnposîlionsl  dé  /  Duiiioàil'^ i  laujoiirdlhiiîi jêoi  • 

vogue j I et  qui  ^ipeue  ¥do^  bca^rioaon  ixlie4t\i.qiiûtlefl>eKd€ln'H. 

tricîtés  dBitofiis^BsiLftikillôe^da  iiioildfi^  nleii  sonft  pas>mf)lmB. 

uiL  w^hisif^hiuit' '  àpiNtroÛBib  tif  iitôpÎQé  ^1)  )  H  j  In^ 

idée  de  certains  architectes   cherchant,  sans  le  trouwti 

îmaif^l-mk,  noiaHfafi>  gtme  ^'^difteoiiqoî  fmUo  fiHiaUX/à    ,t 

l'église  que  le  gothique  et  le  roman.  Toutes  ces  entreprises 

iinpiTescriptiblesî  dis  nia  Btuisique;giiégomeiDtie,<!atdeflieB8aiâ! 

qui  ^  réussissant  toujours  près  des  esprits  médidcfés",  tie' 

peuyent.  .qu#  nuire  beauc(^ip  Àja:i!éaurre(^ion,aQ  la  véri- 

tabie  tUTlsiqnc  cfhréUènweu  Attsei  vo^fons^néus  les  effets  de    »«  nrfthode  dv- 

ces  infidehtes  faites  aux  grands  tnailres  qui  nous  1  avaient  «e   son  aymbo- 

donnée /:  il  s'an  faut  que  le  plaih^cliant  soit  traité  avec  W 

égards  que  mérite  sa.  pieuse  origine ^  et  qu^on  lui.  ait 

même  gardé  ses  caractères  authentiques  et  spéciaux.  Qui 

nous,  persuadera  que  nos  pères  l'aient  pu  prendre  sur  le 

ton  beaucoup  trop  ^éleyé  '  (|u'ôn  m\  donne  'aujourd'hui  ? 

Ô^e  signiûent  ces  éditions  si  diverses  ^da  Rennes  et  de 

Reims ,  qui  àppareminént  ne  sont  '  ainsi  nomméds  ^quà 

paire  îqiie  les*  ^dactewrs  de;  tes  ^d^«,  diocèses  diffé^^^^ 

de  ¥iie  sur^Ja  naUire  aclu^o  ou. sur  îariubéthode  ex^utante 

d*un  chant  dont  on  discute  les  éléments  ou  les  effëtsîDe  ces 

Târiftntes  ta  yfaîe  mélodie  ne  résulte  pas  pltis  gue  t'unfté^ 

et  d'un  diocèse  à  l'autre  on  peut  trouver  une  différence 

dans  le  chant  qui  ne  déroute  pas  moins  l«s  étrangers  ^ue 

ceUè' imposée  4u  Krévîajrè .  pac  î(js.  npmbréuses  ;iête5  yen- 

voyées,  et  celles  jplus  nombreuses  encore  dés  Saints  locaux 

des  Propres  diocésains!  Û'est  là,  quant  au  chant  dont  nous 

parlons. seulici^,  .ua>^gr^ve:iinponvéuieiit,..pui^uUl  obliger 

eertaftoés'  veîi  Tnoiiis  hauteîs  ]|)arilelir  lïattfre  *  se  taire 

pendant  Iles  6/fices ,  où  la  règle  est  de  chanter  toujours 

T.  IT.  18 


qui  est  surtout 
dans  Tappllcation 
Juste  des  diffé- 
rents tons. 


En  quoi  la  litur- 
gie romaine  pèoha 
sur  o«  point. 


274  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

OU  à  n'y  faire  sa  partie  que  dans  un  déchani  ou  second* 
dessus,  qui  n'est  trop  souvent  qu'une  impardonnable  caco 
phonie. 

Rien  n'est  d'ailleurs  plus  opposé  aux  règles  symbolis- 
tiques  et,  par  conséquent,  à  une  exécution  convenable,  que 
d'imposer  toujours  à  la  voix  un  degré  d'élévation  qui ,  fort 
peu  agréable  en  soi ,  a  Fimmense  tort  d'établir  un  même 
ton  pour  tous  les  timbres  et ,  qui  plus  est ,  pour  toutes  les 
paroles  et  tous  les  sentiments  qu'elles  doivent  revêtir.  Ce 
sentiment  ne  peut  être  le  même  dans  le  De  pfofundis  et  le 
Victimx  paschali ,  dans  le  Gloria  in  excelsis  et  le  Credo j  dans 
le  Magnificat  et  le  Regina  cœli.  Nous  avons  la  preuve  de 
cette  observation  dans  beaucoup  de  morceaux  où  le  poète , 
passant  souvent  et  tout  à  coup  du  sentiment  de  la  prière 
humble  et  mélancolique  à  celui  de  l'espérance  et  de  la  joie, 
approprie  des  tons  différents  aux  pensées  qu'il  exprime,  et 
par  là  ne  manque  pas  de  les  rendre  plus  expressives  :  telles 
sont  les  belles  proses  du  Saint-Sacrement  :  Lauda ,  Sion , 
Salvatorem  ;  celle  de  la  Pentecôte  :  Veni ,  Sancte  Spiritus  ; 
l'hymne  si  émouvante  Ave^  maris  Stella  ;  les  charmantes 
antiennes  Salve^  Regina,  —  Ave^  Reginà  cœlorum,  et  d'autres 
semblables  où  les  mouvements  du  chant  correspondent  par- 
faitement à  ceux  de  l'âme ,  et  contrastent  si  bien  avec  une 
foule  de  banalités  dont  nos  antiphonaires  actuels  ne  sont 
pas  assez  exempts.  Et  remarquons  encore,  à  cette  occasion, 
que  cette  touchante  et  irréprochable  convenance  du  chant 
et  des  paroles  est  un  indice  certain  d'antiquité.  C'est  une 
incontestable  provenance  des  meilleurs  temps  de  notre 
art  religieux ,  et  presque  toujours  une  preuve  que  l'au- 
teur de  l'hymne  a  travaillé  la  musique  dont  elle  s'em- 
belUt. 

Au  contraire ,  soyez  certain  d'une  nouveauté  relative 
quant  à  ces  compositions  maniérées  qui  sentent  rembarras 
du  compositeur,  et  n'ont  jamais  ni  l'accent  de  Fenthou^ 
siasme  lyrique ,  ni  la  limpidité  paisible  d*ime  prière  qui  va 


LA  MUSIQUE  8ACRÉE.— LE  PLAIIV-CHANT.  275 

droit  à  son  but.  Cette  faute,  il  est  vrai ,  est  bien  plus  impu- 
table à  la  liturgie  romaine,  telle  que  l'ont  faite  de  nombreux 
remaniements  plus  ou  moins  anciens,  qu'à  ceux  qui  ont  dû 
en  faire  la  note.  Les  interminables  longueurs  du  texte  y     Lon8n>«w  d«* 

-  ■  .    ,        .         ,  _  BMarée   Imposée 

forcent  trop  souvent  1  antiphoniste  à  traîner  sa  pbrase  mu-  AM^phruM  ma- 
sicale  et  à  n'arriver  à  la  fin  qu'après  une  lourde  et  pénible 
marche  pendant  laquelle  on  sent  trop  qu'il  faudrait  plus 
d'une  fois  s'arrêter.  Que  de  longueurs  dans  une  foule  de 
répons  qui  dépassent  de  beaucoup  retendue  des  leçons 
qu'ils  doivent  résumer!  Combien  d'antiennes  et  de  graduels 
à  refaire,  dont  le  chant  violenté,  monotone  ou  criard,  est  en 
contradiction  avec  l'esprit  de  la  solennité;  et ,  pour  ne  citer 
que  deux  exemples  trop  fréquents  de  cette  pauvre  méthode, 
quoi  de  plus  fatigant ,  de  plus  difficile  et  de  plus  embrouillé 
que  cette  antienne  :  Sancta  Maria  ^  succurre  miserit^  qui 
revient  si  souvent  et  ne  devrait  qu'en  valoir  mieux  ?  Quoi 
de  plus  discordant  enfin  que  l'antienne  0  quam  suavis  est 
des  premières  vêpres  du  Saint-Sacrement ,  qui  n'est  certai- 
nement pas  de  S.  Thomas,  non  plus  que  celle  des  secondes 
vêpres,  O  sacrum  convivium  ?  Certainement,  rien  n'est  plus 
doux  que  toutes  ces  paroles  ;  on  découvre  même  dans  le 
chant  qui  les  accompagne  quelque  recherche  de  cette  dou- 
ceur, parfois  réussie ,  mais  à  laquelle  se  mêlent  des  élans 
forcés  vers  les  extrémités  supérieures  de  la  gamme  que  des 
voix  d'hommes  n'atteindront  jamais  sans  détonner  plus  ou 
moins.  I^es  malheureuses  coupures  de  ces  phrases  saccadées, 
les  dimensions  disproportionnées  de  l'ensemble,  hérissaient, 
il  est  vrai,  de  difficultés  la  composition  d'une  telle  musi- 
que. C'était  moins  une  raison  de  l'entreprendre  qu'un  motif 
de  faire  modifier  les  phrases  écrites;  et  ces  morceaux,  dont 
la  piété  sentimentale  pouvait  se  traduire  en  d'autre  latin , 
n'eussent  pas  encombré  de  leurs  fastidieuses  reprises  soit 
les  derniers  retentissements  du  Magnificat^  soit  les  Mémoires 
usités  aux  semi-doubles  et  aux  fériés.  Et  n'est-ce  pas  , 
d'ailleurs,  oublier  par  trop  l'esprit  de  l'antique  mélodie,  au^ 


276  HI8T01RE  DU  SYMBOLISME. 

tant  que  du  symbolisme  lui-même,  que  d*appliquer  ce  même 
air  du  Sancta  Maria ^  fort  triste  en  lui-même,  à  des  fêtes 
d'un  esprit  si  varié,  et  quelquefois  si  opposé  par  le  fond 
même  du  sujet?  On  sait  que  presque  toutes  celles  de  la 
Sainte  Vierge  recourent  à  un  Office  qui  leur  est  commun , 
et  que,  pour  le  plus  grand  nombre,  c'est  toujours  ce  Saneta 
Maria  qui  termine  Jes  Vêpres ,  avec  les  mêmes  paroles  et  le 
même  chant  {^). 
et  le  même  eh«ot      Nous  aurious  douc  voulu,  avaut  la  reprise  de  l'Office  ro- 


(1)  On  sait  très-bien  aujourd'hui  que  le  Bréviaire  romain,  tel  que 
nous  l'ayons ,  a  été  composé  à  diverses  époques  ,  sauf  la  division  du 
Psautier  et  le  Commun  des  Martyrs  »  qui  remontent  à  ime  époque  fort 
reculée.  On  aperçoit  même  très- visiblement,  à  travers  la  facture  géné- 
rale des  autres  Oftices ,  les  traces  de  mains  très-diverses  qui  se  sont 
occupées  en  leur  temps  de  les  composer  sans  aucun  souci  d'un  plan 
commun  et  d'une  méthode  arrêtée  :  de  là  ce  défaut  d'unité  dans  Texé- 
cuUon,  et  qui  se  remarque  surtout  en  ces  multiples  variantes  des  textes 
bibliques  exprimés  tantôt  d'après  les  Septante^  tantôt  d'après  la  ver- 
sion italique  ouVulgate,  quelques-uns  même  d'après  les  traductions 
antérieures  que  l'Eglise  ne  manqua  pas  d'avoir  dès  le  temps  des 
Apôtres.  A  ces  variantes  les  Pères  ajoutèrent  forcément  les  leurs  quand 
ils  citèrent  souvent  de  mémoire  les  Livres  saints,  qu'ils  n'avaient  pas 
sous  les  yeux ,  et  surtout  lorsque  ,  voulant  en  expliquer  le  sens  ,  ils  y 
i^outèrent  des  paroles  qui  modifièrent  utilement  la  phrase  biblique, 
mais  qui  n'auraient  pas  dft  se  reproduire  avec  elles  dans  les  citations 
introduites  plus  tard  aux  livres  de  TOffice  divin.  C'est  de  là  que  vien- 
nent, par  exemple,  à  la  belle  antienne  0  quant  suavis  est,  composée  de 
centons  scripturaires  (voir5ap.,  xii,  i;  xvi,  20,  21;  —  Ps,,  Lxvii,  il; 
—  Luc,  i,  53),  toutes  les  coupures  qui  embarrassent  la  phrase  musi- 
cale qu'on  y  a  adaptée,  et  pour  lesquelles  on  voit  clairement  que  le 
compositeur  cherchait,  en  regagnant  tant  de  fois  le  haut  de  l'échelle 
diatonique,  à  se  relever  des  chutes  forcées  que  lui  imposait  la  multipli- 
cité de  ses  périodes.  Cette  difficulté  eût  disparu  si  l'on  s'était  contenté 
d'une  antienne  tirée  simplement  d'un  des  nombreux  discours  où  Notre- 
Seignenr  a  parlé  de  l'Eucharistie,  comme  l'avait  fait  en  1765  l'Antipho- 
naire  de  Poitiers  ;  là,  en  effet,  tout  en  conservant  le  ton  de  l'enthousiasme 
et  de  la  joie  reconnaissante,  on  est  resté  dans  les  limites  d'une  phrase 
musicale  aussi  simple  qu'expressive.  Ces  comparaisons  et  beaucoup 
d'autres  ne  devront  pas  échapper  aux  habiles  ouvriers  que  le  Saint-Siège 
chargera  de  la  réforme  liturgique  partout  demandée,  et  qui  serait  déjà 
une  gloire  de  plus  au  saint  Pontife  qui  gouverne  TÉglise  universelle,  si 
les  malheurs  de  notre  époque  troublée  n'y  avaient  opposé  d'insurmon- 
tables obstacles. 


LA  MUSIQUE  SACRÉE.— LE  PLAUf-CHANT.  377 

main  en  France,  une  étude  sérieuse  des  modiflcations  qu'il  ^  «*••  ?•«>]••  ^* 

*■  sens  opposéa. 

appelle  et  que  nous  espérons  encore  d'une  réforme  pro- 
fonde, et  devenue  indispensable,  au  jugement  de  tous  (4). 
Cette  variété  dans  l'unité  qu'on  s'était  promise,  et  qui  n'a 
compromis  l'unité  que  de  plus  belle,  y  eût  gagné  si  l'on 
avait  su  allier,  comme  c'était  certainement  l'intention  du 
glorieux  souverain  pontife  Pie  IX ,  le  fond  de  la  liturgie 
romaine  avec  les  usages  si  vénérables  des  différentes 
églises  du  monde  ;  si,  au  lieu  de  répéter  les  hymnes  di- 

(IJ  Nous  croyons  inutile  de  protester  ici  du  sentiment  de  profond  et 
filial  respect  dont  personne  n*a  jamais  douté  en  nous  pour  les  moindres 
décisions  de  l'Église  et  de  Tinfaillible  autorité  qui  en  est  l'organe.  Nous 
fûmes  certainement ,  antérieurement  aux  vin^t  années  qui  nous  sépa- 
rent de  l'adoption  du  rit  romain^  aujourd'hui  consommée  en  France, 
l'an  de  ceux  qui  comprirent  le  plus  quelle  force  la  saine  théologie,  qui 
avait  besoin  d'être  refaite  chez  nous,  y  trouverait  pour  un  prompt  rap- 
prochement de  notre  pays  et  du  Saint-Siège.  Nous  voyons  clairement 
déjà  qiie  ce  retour  a  considérablement  servi  à  étouffer  dans  le  sein  du 
clergé  les  derniers  germes  du  gallicanisme.  Grâces  soient  donc  rendues 
à  ce  mouvement  de  conversion  qui  nous  a  ramené,  avec  l'amour  du 
SaintrSiége  mieux  compris ,  tout  ce  que  nous  avaient  fait  perdre  les 
préjugés  d'un  trop  long  aveuglement!  Mais  malheureusement  les  chan- 
gements d'une  telle  importance  ne  se  sont  faits  dans  chacun  de  nos 
dtocèites  qu'isolément  et  successivement ,  et  par  conséquent  sans  unité 
de  vnes.  sans  aucun  travail  préliminaire  d'ensemble ,  sans  prévision 
aucune  des  graves  inconvénients  inséparables  de  toute  rénovation, 
lorsqu'elle  e:»t  confiée^  comme  celle-ci  le  fut  trop,  à  des  mains  inexpé- 
rimentées dont  tout  le  monde  reconnut  bientôt  que  le  ^ële  avait  dé- 
passé l'habileté.  Ce  n'est  pas  petite  chose  de  toucher  aux  usages  reli- 
gieux de  tout  un  peuple,  qui  les  confond  parfois  avec  la  religion  même, 
et,  pour  ne  pas  le  déconcerter  en  pareil  cas,  il  faut  consulter  et  respecter 
les  traditions  locales,  toujours  vénérables,  ne  pas  toucher  à  ce  que  des 
siècles  ont  consacré,  et  bien  s'assurer,  avant  de  rien  démolir,  qu'on  ne 
va  pas  détmire  à  jamais  des  coutumes  précieuses,  des  dévotions  sécu- 
laires, monumentées  le  plus  souvent  par  des  privilèges  apostoliques  et 
la  sanction  même  de  quelque  Saint.  Que  de  symboles  et  de  détails  tout 
allégoriques  ont  péri  de  la  sorte ,  outre  que ,  par  cette  méthode  déplo- 
rable de  tout  niveler  au  romain,  on  s'est  réduit  à  la  plus  triste  unifor- 
mité et  à  l'absence  de  toute  pompe  locale  !  Si  l'on  avait  pensé  et  agi  de 
cette  façon  autrefois  ,  toutes  les  églises  fussent  restées  les  mêmes  de 
plan  et  d'ornemantation  ;  dans  tous  les  trésors  se  fussent  rouilles  les 
instruments  surannés  du  culte  antique ,  et  le  Musimm  italicum  et  le 
Voyage  de  deux  Bénédictins  devraient  se  classer  parmi  les  livres  à 
brûler,  sinon  à  mettre  à  ïindex. 


278  HISTOIRE  BU  SmBOUSME. 

verses  de  la  môme  fête  smr  le  même  air,  et  même  d'atta- 
cher cet  air  à  toutes  les  hymnes  des  fêtes  qui  se  suivent 
pendant  toute  une  octave  (4),  on  eût  gardé  avec  soin  ces 
beaux  airs  modernes,  et  cent  fois  meilleurs,  que  modu- 
laient si  pieusement  les  voix  des  prêtres  et  des  fidèles 
quand  revenaient  les  anniversaires  de  TAscension,  de  la 
Pentecôte,  de  la  Présentation  et  de  TAssomption  de  la 
Vierge:  Promissa^  tellus^  eoncipe  gaudia...;  —  Vos  eanse- 
crati  Numine  milites. . .; —  Quam  pulcAre  gradUur  Pilia  Prin- 
cipisf...;  —  0 vos xthereij  plaudite^  cives/...  (2). — Le  sym- 


(1)  Cette  déplorable  méUiode ,  adoptée  sans  réflexion  dans  quelques 
églises,  vient  de  la  coutume  suivie  autrefois  en  quelques  communautés 
d'écrire  en  un  livre  spécial  les  usages  du  chœur ,  et  ce  livre  s'appelait 
Direciorium  chori.  Or  nous  en  avons  vu  un  ,  ancienne  propriété  d*un 
couvent  de  chartreux,  dans  lequel  l'usage  était  indiqué  d'accommoder 
au  chant  toutes  les  hymnes  de  la  fête,  toutes  les  hymnes  de  même 
mesure  qui  surviendraient  pendant  l'octave  de  cette  fête,  à  quelque 
Saint  que  se  rapportât  l'Office  de  chaque  jour  :  de  sorte  qu'en  suivant 
ce  principe  on  prétait  la  même  notation  aux  Offices  ,  si  différents  par 
leur  objet,  d'un  Apôtre,  d'un  Martyr,  d'un  Confesseur  ou  d'une 
Vierge. 

Si  cette  pauvre  invention  venait  d'un  temps  quelconque  où  le  sym- 
bolisme du  chant  avait  pu  être  oublié ,  ce  n'était  pas  une  raison, 
semble-t-il,  d'en  faire  une  loi  à  une  époque  où  tout  doit  être  motivé, 
dans  le  culte,  d'après  la  science  ecclésiastique,  et  surtout  quand  l'Église 
ne  le  commande  pas  plus  qu'elle  ne  l'a  jamais  exigé. 

(2)  Nous  savons  bien  qu'on  a  reproché  à  ces  hymnes  d'être  de  Santeuil, 
et  qu'on  a  fait  de  cette  origine  un  titre  de  réprobation.  Mais  quand 
bien  même  les  reproches  de  mondanité  exprimés  sans  assez  de  ména- 
gements contre  Santeuil  ne  s'effaceraient  pas  devant  sa  mort  chré- 
tienne et  devant  son  esprit  de  pénitence,  qui  alors  même  ne  lui  reprocha 
rien  contre  les  mœurs  de  sa  vie;  quand  bien  même  on  ne  devrait  pas 
sa  belle  poésie  si  vive,  si  élevée  et  si  magnifique  d'expression  aux  soUi- 
citations  de  Bossuet,  que  le  poète  écouta  d'un  cœur  docile  et  religieux , 
nous  demanderions ,  avant  de  répudier  cette  versification  si  pure,  ce 
pieux  enthousiasme  joint  à  tant  d'énergie  et  de  douceur,  nous  deman- 
derions qu'on  effaçât  de  toute  la  tradition  tbéologique  les  innombrables 
citations  qu'on  y  a  faites  d'Origène  et  de  TertuUien,  qui  ont  eu  beau- 
coup d'erreurs  condamnées  par  l'Église ,  et  qu'en  maintes  occasions 
cependant  on  cite  encore  soit  dans  la  chaire,  soit  dans  les  traités  reli- 
gieux, comme  deux  autorités  recommandablcs.  Pourquoi  oublier  que 
dans  le  champ  de  l'Église  les  moissonneurs  ne  brûlent  pas  le  bon  grain 
avec  l'ivraie?  —  11  n'y  a  rien  dans  Santeuil  de  contraire  à  la  foi.  Pour- 


r 


LA  MUSIQUE  $hCRtE. —  LE  PUiK-CHAMT.  279 

boUsme  n'est-il  pas  sensible  dans  cette  sainte  joie»  dans  ces 
élans  du  cœur  qui  ressemblent  &  un  triomphe  populaire, 
et  autant  par  les  paroles  que  par  le  chaut  ?  Gomparez-Ie 
avec  VHumanx  salutis  Sator^  aussi  triste  de  poésie  chré- 
tienne que  de  conceptions  musicales,  et  dont  l'air  nous 
revient  d'ailleurs  maintes  fois  adapté  h  d'autres  paroles , 
et  dites  franchement  lesquelles  de  ces  compositions  se 
prêtent  mieux  aux  besoins  de  la  prière  et  aux  diverses 
influences  que  doivent  prendre  sur  elle  ces  grands  et 
précieux  souvenirs  de  notre  histoire  et  de  notre  reli- 
gion (4). 

On  le  voit,  il  y  a  connexité  morale,  et  comme  un  lien    B6ie  do  rorgue, 
spirituel,  entre  la  prière  chrétienne  et  le  chant  qui  l'accom-  o\>\\gé, 

quoi  lui  refuBeraiton  le  béoéftce  de  sa  pénitence ,  en  éloignant  des 
cœurs  fidèles  l'expression  des  sentiments  chrétiens  qu'il  a  si  bien  jsentis 
et  traduits  pour  eux  si  merveilleusement  t 

(1)  Nous  concevons  peu  comment  TinteUigence  inconnue  qni  adapta 
en  an  temps  donné,  et  sans  doute  très-anciennement'^  h  l'hymne  de 
Noël  et  à  celle  de  TAscension^  des  notations  dont  l'une  n'est  évidem- 
ment qu'une  légère  variante  de  l'autre,  a  pu  se  méprendre  sur  le  ca- 
ractère de  cet  air,  qu'on  applique  aussi  sans  plus  de  difficulté,  à 
l'hymne  de  S.  Michel  efrà  plusieurs  autres  :  comme  si  les  joies  de  ces 
solennités  pouvaient  revêtir  la  mélancolie  pleine  de  componction  qui 
rèf^oe  dans  toute  cette  facture  !  Ce  •caractère  même  avait  fait  choisir  le 
même  thème  dans  nos  bréviaires  français  du  dernier  siècle  pour 
l'hymne  de  Complies  du  dimanche,  à  laquelle  il  convenait  merveilleu- 
sement; car^  les  belles  paroles  du  Graies,  peracto  jam  die,  exprimant 
le  repentir  des  fautes  de  la  journée,  la  componction  que  leur  souvenir 
inspirait,  la  crainte  de  la  nuit  étemelle,  et  enfin  les  douces  espérances 
delà  patrie  qui  n'aura  pas  d'ennemi,  rien  n'allait  mieux  à  cette  tou- 
chante prière  du  soir  que  ces  accents  par  lesquels  s'exprimaient  si  bien 
ces  humbles  et  suppliantes  pensées!  —  Ajoutons  que  ce  dernier  Office 
de  la  journée,  ces  Complies  pour  lesquelles  on  ne  peut  même  pas  re- 
vendiquer le  mérite  d'une  antiquité  séduisante,  puisque,  si  nous  les 
trouvons  dans  la  règle  de  S.  Benoit  comme  devant  compléter  chaque 
8oir  roffice  du  jour^  elles  ne  remontent  pas  au  delà  du  quinzième  siècle 
comme  partie  essentielle  du  bréviaire  séculier;  ces  Complies,  disons- 
nous,  avaient  aussi  dans  notre  liturgie  nationale  une  hymne  différente 
poor  les  fêtes  principales,  et  toujours  le  chant  s'y  prêtait  admirable- 
ment à  l'esprit  de  leur  pieuse  et  charmante  poésie.  Qu'on  se  rappelle 
le  Virgo  Dei  geniirix  des  fêtes  de  la  Vierge ,  le  Jesu  redemptor  usculi 
du  temps  pascal,  Vlllmninator  Spiritus  de  la  Pentecôte,  VOquam  slu- 


280  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

pagne.  L'orgue  peut  et  doit,  selon  nous,  y  prendre  sa  part  : 
non  cet  orgue  aux  fugues  échevelées  dont  les  improvi- 
sations vagabondes  et  orgueilleuses  déroutent  noire  piélé 
attentive  des  choses  divines  et  ramènent  vers  la  terre  une 
nature  qui  doit  tendre  à  s'en  séparer,  mais  ce  noble  et  par 
instrument  qui  aime  soit  à  soupirer  à  son  tour  les  élans  des 
hymnes  et  des  psaumes,  soit  à  seconder  la  voix  sans  ef&cer 
une  seule  des  syllabes  sacrées,  qui  aide  la  piété  sans  la  com- 
promettre, n'aspire  jamais  qu'au  second  rang  dans  ses 
fonctions  encore  si  belles  par  elles-mêmes,  et  qui,  dans  ses 
accompagnements  ou  ses  improvisations,  est  toujours  un 
charme  de  plus  pour  l'âme  recueillie,  jamais  une  séduction 
et  un  danger...  Lui  aussi,  il  a  ses  lois  qu'il  doit  suivre, ses 
règles  qu'il  doit  aimer;  il  a  son  harmonie  propre,  vraiment 
religieuise,  éminemment  empreinte  de  noblesse  et  de  ma- 
jesté comme  de  mélancolie  et  de  douceur;  il  ne  doit  pas 
les  sacrifier  à  des  prestiges,  à  des  combinaisons  profanes  qui 
dénaturent  le  genre  de  talent  qu'il  faut  à  l'Église  ;  il  doit 
éviter  les  dissonances  autres  que  les  notes  de  passage,  fuir 
les  répétitions  oiseuses  et  affectées  d'accords  semblables, 
les  retours  de  la  tonique  à  la  quinte,  et  réciproquement.  Il 
ne  joue  pas,  il  chante  avec  les  masses  ;  il  se  recueille  avec 
eUes  ;  comme  elles,  il  est  en  présence  de  l'Éternel;  et  quand 
il  a  cessé  de  retentir  sous  les  voûtes  du  saint  édifice,  il  faut 
que  ces  inarches  fidèles  emportent  encore  le  pieux  écho  de 
ses  accents  qui  les  captivaient  au  pied  de  l'autel. 
Néo«jjt6  d'un      N'est-ce  pas  ainsi  que  se  conserve  le  symbolisme  mu- 

retour  oraoiel  aux       •       i  «  rk        • 

principe.  e.twti-  sical?  Par  là,  ne  reste- t-il  pas  dans  les  limites  de  la  sagesse 

quns  du  ohimt  re-  .     .  ■  o 

li^ieux ,  artistique,  et,  dans  sa  grandiose  simpUcité,  ne  garde-t-il  pas 

l'esprit  de  l'Église  avec  sa  sainte  et  sublime  vocation? 
Puisse-t-on  le  comprendre  :  tout  chrétien  qui  marche 
sérieusement  dans  sa  voie  a  droit  aux  éléments  nécessaires 

pendas  induit  du  Saint-Sacrement  :  quelle  autre  source  de  beauléi 
musicales  ouvrirait-on  mieux  à  TÉgUse,  et,  quand  on  les  a  chaolées 
avec  amour,  ne  serait-il  pas  permis  de  prier  Dieu  qu'il  noui  les  rende  ! 


LA  HtSIQUE  SACRÉE.— ABCS  A  RÉFORMER.  28^ 

de  sa  vie  spirituelle.  Le  plus  essentiel  lui  manque  si  on  lui 
fait  une  prière  avec  laquelle  il  s'ennuie  ou  ne  prie  pas.  Et 
c'est  à  ce  but  qu'on  arrive ,  en  dénaturant  le  chant ,  en 
le  privant  de  son  caractère  hiératique,  en  le  remplaçant,  à 
plus  forte  raison,  par  des  réunions  musicales  dont  le  scan- 
dale toujours  croissant  n'attire  qu'une  foule  qui  ne  croit 
pas.  Redisons-le  :  ce  mal  est  trop  profond  pour  qu'on  ne 
fouille  pas  jusqu'à  ses  racines.  Des  voix  autorisées  se  sont 
élevées  depuis  trois  siècles  contre  ces  spécieuses  dévotions 
empreintes  de  tant  d'inconvenances  païennes.  C'est  pour 
n'avoir  voulu  que  des  demi-mesures,  bientôt  oubliées,  que 
le  mal  s'est  perpétué  en  s'étendant.  L'indispensable  moyen  ei^pouri'opdrer. 

ne    Touloir   daiu 

de  ramener  dans  cet  ordre  de  choses ,  avec  sa  dignité  i  égiise  que  ror- 
perdue,  le  sentiment  du  beau  et  du  bon,  ce  ncst  pas,  chant. 
comme  on  Ta  fait  sans  succès  depuis  Marcel  II  et  Pales- 
trina,  de  ne  vouloir  qu'une  «  musique  convenable  ;  »  —  de 
«  défendre  aux  voix  de  femmes  l'enceinte  de  l'église  chré- 
tienne; »  —  d'empêcher  «  les  organistes  d'improviser  des 
ariettes  ou  des  andante.  »  —  Il  est  facile ,  nous  l'avons  vu 
mille  fois,  d'éluder  ces  prescriptions  aussi  insuffisantes 
que  sages  ;  on  s'y  soumet  quelque  temps,  et  bientôt  après 
elles  s'oublient,  et  le  mal  revient  avec  le  cortège  vicieux 
du  cuivre  et  de  l'archet,  avec  toutes  les  indécences  qui 
raccompagnent.  Allons  donc  plus  loin,  et,  mieux  encore, 
interdisons  partout  et  pour  toujours  dans  nos  églises  tout 
ce  qui  n'a  pour  but  que  d'y  «  attirer  du  monde,  »  un  monde 
profane  et  dont  elles  peuvent  bien  se  passer  ;  chassons-en 
tout  ce  qui  n'est  pas  le  plain-chant,  tout  ce  qui  n'est  pas 
l'orgue  d'accompagnement  ou  d'harmonie.  Dès  lors,  plus 
de  prétexte  aux  profanations  ;  ou,  du  moins,  s'il  en  reste 
une  encore ,  si  TÉglise  appauvrie  doit  se  résigner  long- 
temps à  des  voix  gagées ,  trop  souvent  aussi  ignorantes 
que  grossières,  appelons  de  nos  vœux,  nous  tous  qui  l'ai- 
mons comme  une  mère,  qui  la  vénérons  comme  l'Époff&c 
de  Jésus-Christ ,  appelons  le  jour  où ,  assez  riches  pour 


282 


HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 


payer  sa  gloire,  elle  pourra  n'inviter  à  chanter  les  belles 
paroles  de  TÉcriture  et  des  Pères  que  des  prêtres  capables 
de  les  comprendre  et  de  les  respecter  (4  )  ! 


(1)  Certains  musiciens,  pratiquant  par  goût  ou  par  profession  un  art 
que  nous  aimons  beaucoup  et  que  nous  sentons  vivement,  élèveront 
sans  doute  contre  nous,  s'ils  daignent  lire  ces  quelques  lignes,  des  cla- 
meurs de  haro  que  déjà,  en  cas  semblables  et  en  quelques  autres, noua 
avons  entendues  plus  d'une  fois  sans  nous  en  troubler.  Rien  ne  nous  a 
jamais  paru  plus  honorable  et  plus  digne  de  nous  que  de  proclamer 
des  vérités  utiles  à  l'Église,  à  la  suite  d'une  foule  de  prélats  dont  les 
mandements  bien  connus  n'exprimaient  pas  d'autres  idées,  et  les  dévs* 
loppaient  plus  largement  que  nous  ne  le  pouvons  ici.  Seulement  noai 
avons  le  même  cœur  et  le  même  zèle  sans  avoir  la  même  autorité.  Mais 
c'est  déjà  beaucoup  que  de  les  suivre ,  et  cette  doctrine,  d'ailleurs,  n'a 
pas  besoin  d'autre  appui  que  les  raisons  dont  elles'étaie  par  ellenoiéffle. 
Que  si  l'on  nous  trouvait  trop  rac/tcal,  comme  on  dit  en  slyU  moderne, 
il  faudrait  au  moins  nous  indiquer  un  autre  remède  plus  efficace  et 
nous  prouver  d'avance  qu'on  doit  infailliblement  compter  sar]m.«-&i 
un  mot,  nous  honorons  le  beau  talent  musical  des  grands  mattMs  ; 
nous  y  prêtons  une  oreille  avide,  attentive  ;  il  nous  charme  autant  que 
quoi  que  ce  soit  des  belles  jouissances  de  l'intelligence  et  du  cœur. 
Mais  dans  le  Sanctuaire,  quand  nous  ne  devons  que  prier,  nous  ne 
soiiiTrons  rien  qui  nous  distraie:  nous  n'acceptons  d'autre  concert  que 
celui  de  l'àme  avec  Dieu.  Arrière  tout  ce  qui  peut  troubler  cette  salnle 
union  ! 


CHAPITKE  XXI. 


L'OBFÉYBEBIC   8AGBÉE. 


C'est  une  remarquable  ingratitude  aux  artistes  du  monde  Que  rart  doit 
que  ce  dédain  calculé  dont  ils  frappent  en  si  grand  nombre  ce  qaMli  4t7  ^" 
les  traditions  artistiques  du  catholicisme,  comme  s'ils  ne 
devaient  pas  à  la  religion  toute  leur  vie  et  tous  leurs  suc- 
cès !  Sans  elle  que  feraient-ils,  et  vers  quel  côté  de  Tart  se 
peuY^nt-ils  tourner  où  ils  n'aperçoivent  pas  la  main  de 
Dieu  leur  indiquant  la  voie,  leur  en  marquant  les  étapes 
fructueuses,  et  les  menant,  s'ils  en  sont  dignes,  sinon  tous 
à  la  réputation  et  à  la  fortune,  du  moins  à  une  vie  honnête 
et  honorée  ? 

Nous  arrivons  à  un  sujet  qui  n'est  pas  moins  que  tant 
d'autres  la  preuve  de  cette  vérité.  L'art  qui  avait  construit 
des  égUses ,  sculpté  ou  modelé  des  bustes ,  des  statues  ou 
des  bas-reliefs ,  couvert  le  cuivre ,  le  bois  ou  la  toile  des 
faits  illustres  de  nos  aïeux ,  avait  une  carrière  nouvelle 
à  parcourir  où  son  triomphe  ne  fût  pas  moindre  que  dans 
les  autres.  Au  temple  il  fallait  des  autels,  au  sacrifice  des 
vases  sacrés,  au  culte  tout  entier  des  instruments  qui  ne 
pouvaient  être  ni  trop  riches  ni  trop  beaux  pour  la  fin 
qu'on  y  voulait  atteindre.  C'est  ainsi  que  ce  qui  n'avait  été 
jusque-là  qu'une  habileté  de  main,  privée  le  plus  souvent 
de  philosophie  et  se  traînant  sans  invention  dans  les  vieilles 
données  d'une  élégance  banale ,  devint  une  nouvelle 
expression  toute  vive  du  symbolisme  de  la  foi.  Ce  n'est  pas  méniedaosie  pa- 
que  les  anciens  n'eussent  bien  aussi  on  or,  en  argent  et  en  *^*^*"®*' 


284  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

cuivre,  leurs  jolies  ciselures  ou  des  pièces  de  fer  fondues  à 
Tinstar  des  autres  métaux,  et  reproduisant  avec  plus  ou 
moins  de  succès  des  feuillages  et  des  animaux,  des  combats 
et  des  chasses,  des  armes,  des  masques  et  des  ornements  de 
caprice.  Leur  luxe  comportait  fort  bien  ces  essais,  qu'aucun 
genre  de  travail  soutenu,  aucune  popularité  ne  pouvaient 
quoiqu'il   y   fût  orner  de  nos  délicatesses  plus  récentes.  Mais  à  travers  des 

moins    riche    de  *■ 

•jmbou«iiie  et  de  pamrcs  très-divcrscs  de  mérite  et  d'exécution,  c'est  à  pemc 

«enUment.  . 

SI  quelques  scènes  de  la  Fable  apparaissaient,  si  quelque 
personnage  historique  y  mêlait  à  des  rinceaux  peu  étudiés 
les  traits  mal  rendus  de  sa  ressemblance  équivoque.  Le 
symbolisme  n'y  était  pour  rien  ,  l'esthétique  y  manquait 
absolument  ;  tout  au  plus  la  numismatique,  traitée  d'abord 
par  les  orfèvres,  avait-elle,  comme  marques  particulières 
des  villes  ou  des  monétaires  qui  l'avaient  produite,  des 
symboles  dont  nous  avons  parlé  (^),  et  qui  se  réduisaient 
toujours  à  un  très-petit  nombre.  S'il  fallait  faire  une  excep- 
tion à  l'égard  des  patères  et  autres  instruments  employés 
dans  les  libations  ou  les  sacrifices,  comme  on  en  voit  dans 
Montfaucon  f2),  ce  serait  encore  à  de  rares  exemples  qu'il 
faudrait  se  oorner,  la  plupart  des  représentations  usitées 
en  pareil  cas  étant  plutôt  celles  de  combats,  de  jeux  publics 
et  d'autres  scènes  que  l'arbitraire  de  l'artiste  semble  avoir 
inspirés  beaucoup  plus  qu'un  sentiment  religieux. 
aè^ttnùtv^'.  ^  "'^"  pouvait  être  ainsi  de  l'orfèvrerie  catholique-  Par 
pritderÉguse;     sa  uaturc  seule,  par  ses  rapports  directs  avec  les  dogmes 

dont  elle  devait  aider  la  manifestation,  elle  avait  dans  Ten- 
semble  de  notre  économie  religieuse  un  rôle  que  lui  traçait 
Tesprit  de  l'Église  :  elle  devait  porter  l'empreinte  de  ses 
pensées  et  de  son  enseignement  comme  on  l'avait  mise 
dans  le  monument,  dans  son  ornementation  artistique.  En 
un  mot,  on  put  reconnaître  qu'après  avoir  donné  un  carac- 

(1)  Cf.  ci-des3U3,  t.  I,  ch.  x,  p.  263. 

(2)  Vofr  Antiquilé  expliquée,  t.  l\ ,  pi.  lx  et  suiv. 


l'orfèvrerie  sacrée.  285 

tèrc  symbolique  au  temple  et  à  ses  diverses  parties ,  au:c 
baptistères  et  aux  autels,  on  ne  pouvait  en  priver  tant  d'au- 
tres objets  destinés  aux  plus  sublimes  usages  et  aux  plus 
augustes  cérémonies  de  la  religion. 

Ce  chapitre  va  grouper  sur  ce  point  d'une  si  haute  im- 
portance les  principales  observations  qui  se  rattachent  à 
cette  partie  très-intéressante  de  l'art  chrétien. 

Entendons-nous  cependant ,  et  qu'il  soit  bien  convenu  •"•  comprend 

.  touales  métaux, 

que  nous  ne  comprendrons  pas  uniquement  sous  le  titre  précieux     ou 

nou. 

^'orfèvrerie  l'art  de  traiter  les  matières  d'or  et  d'argent  qui 
s'emploient  ordinairement  aux  vases  sacrés  ;  ce  terme  a 
toujours  eu  dans  son  acception  liturgique  un  sens  plus 
étendu  qu'il  lui  faut  garder.  Le  cuivre ,  le  fer ,  la  fonte 
même  nous  intéressent  également,  puisqu'ils  vivent  pour 
nous  sous  le  nom  générique  employé  ici.  En  un  mot,  tous 
les  métaux  pouvant  servir  au  service  divin,  tous  les  riclies 
moyens  de  décoration  qu'on  y  adapte,  toutes  les  substances 
de  valeur  dont  on  les  peut  embellir,  comme  les  pierres  pré- 
cieuses et  l'émail,  l'ivoire,  les  mosaïques  môme,  et  jusqu'au 
cuir  repoussé,  revêtu  d'or  et  de  perles,  rentrent  dans  notre 
domaine  et  se  rangeront  à  leur  tour  dans  les  choses  dont 
nous  allons  raisonner. 
Et  tout  d'abord,  recherchons  les  phases  de  cette  histoire     PbasM  diverses 

Il  •  •         j     1.      A         •  1  .      de  son  histoire; 

et  la  marche  progressive  de  1  art  qui  nous  occupe,  depuis 
les  premiers  siècles  chrétiens  jusqu'à  l'époque  où  le  symbo- 
lisme expira.  Des  travaux  sérieux,  et  des  plus  remarquables, 
ont  signalé  sur  ce  point  des  noms  justement  honorés  de 
notre  temps.  Nous  les  suivrons  sans  crainte  de  nous  égarer, 
et  nos  lecteurs  partageront  cette  juste  confiance  en  voyant 
au  bas  de  nos  pages,  comme  par  le  passé,  des  noms  qui 
font  autorité  dans  la  science  et  dont  plus  d'une  fois  nous 
suivrons  les  traces  honorées. 

D  ne  faut  guère  compter,  en  fait  d'orfèvrerie  chrétienne,  et  d»abord,  à  peu 
sur  des  renseignements  qui  remontent  au  delà  du  qua-  S!f troî^wm*"' 
trième  siècle.  Ce  n'est  point  aux  catacombes  que  se  décou-  ***^'**  ' 


ers 


286  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

vrent  jamais  des  objets  d'or  ou  d'argent  :  le  symbolisme  s*y 
bornait  aux  reliefs  de  quelques  modestes  lampes  en  terre, 
au  chrisme  et  aux  palmes  imprimés  sur  les  fioles  ou  autres 
vases,  en  verre  ou  en  bois  qui  avaient  reçu  le  sang  des  mar- 
tyrs (4).  Les  calices  mômes  étaient  de  ces  matières  com- 
munes, plus  ou  moins  décorées  des  symboles  élémentaires, 
tels  que  la  croix  et  le  poisson.  Mais  un  instinct  inséparable 
de  la  conscience  chrétienne  persuada  toujours  que  la  plus 
précieuse  de  toutes  les  choses  du  monde,  le  Pain  et  le  Vin 
eucharistiques,  devait  reposer  en  de  plus  dignes  récep- 
tacles; et,  si  Tertullien  (de  460  à  245),  signalant  l'image  da 
Bon  Pasteur  sur  les  calices,  parlait  certainement  de  vases 
de  verre  comme  on  en  usait  de  son  temps  pour  les  usages 
communs  de  la  vie  ;  si  S.  Jérôme,  mort  en  420,  se  servait, 
par  amour  de  la  pauvreté,  d'un  calice  de  terre  fine  orné  de 
moulures  élégantes  (2)  ;  si  ce  même  l^re  mentionne  que 
Tévêque  de  Toulouse,  S.  Exupère,  conservait  le  Sang  pré- 
cieux du  Sauveur  dans  un  calice  de  cristal,  et  son  Corps  ado- 
rable dans  une  corbeille  d'osier  (3),  il  est  vrai  aussi  que, 
durant  même  les  persécutions,  quand  les  cimetières  sou- 
terrains ne  pouvaient  plus  suffire  aux  fidèles  devenus  in- 
nombrables, les  calices  d'or  et  d'argent  n'étaient  pas  rares 
et  s'employaient  déjà  pendant  les  sanglantes  fureurs  que 
Dioclétien  exerçait,  de  284  à  305,  contre  l'Église  (4). 
A  plus  forte  raison  cette  Église,  quand  la  liberté  du  coite 
SÏÏ»îdeCoMtJr.  ^^'  élargi  son  domaine  temporel  en  proportion  de  son  in- 
""•  fluence,  put-elle  disposer  de  richesses  qu'elle  consacra,  après 

le  soin  des  pauvres,  aux  plus  urgentes  solennités  de  son  culte. 

(1)  Cf.  Aringhi,  Rom.  subter,,  lib.  III^  cap.  xxii^  et  t.  Il,  p.  372. 

(2)  Cf.  Tertull.,  De  Pudieitia,  cap.  ii;  —  BoUand.,  in  Viia  S.  tiieron., 
30  sept.;—  Roma  subter.,  lib.  VI,  cap.  xvm,  n»  2;  —  Baronius ,  iVa/. 
ad  Martyrolog.,  7  au  g. 

(3)  «  Nihil  illo  ditius  qai  Corpus  Domini  in  caniairo  vimineo,  San- 
goinem  portai  in  Titro.  d  (S.  Hieron.  Epist  iv  ad  Rusiic.) 

(4)  a  Ëxstant  ex  auro  et  argento  quam  plurima  omamenta.  » 
(B.  Optât.  Milevit.  Conira  Parmmian.,  lib.  I.) 


elle   deyient  «A- 


l'orfèvrerie  sacrée.  287 

EBe  dut  aux  générosités  empressées  de  Constantin,  qu'ins- 
pira le  zèle  du  pape  S.  Syhestrejes  magnifiques  trésors  d'orfè- 
vrerie dont  ce  prince  munit  les  églises  de  Rome.  On  s'étonne 
enlisant  la  fidèle  et  intéressante  énumération  qu'en  a  faite 
Anastase  le  Bibliothécaire  (1),  et  ces  royales  profusions  ne 
contribuèrent  pas  peu  à  donner  le  goût  des  belles  choses 
avec  la  noble  ambition  d'en  parer  les  autels.  Ce  qui  s'était  Action  eoneo- 
fait  par  S.  Sylvestre  entre  les  années  344  et  335,  qui  furent  £  sywettol/*'** 
celles  de  son  pontificat,  éterniserait  seul  le  nom  de  ce  Pon- 
tife, évidemment  providentiel.Gomme  son  zèle  n'eut  pas  de 
bornes  à  édifier  des  églises  dans  Rome  et  dans  les  autres 
villes  principales  de  l'Italie ,  une  conséquence  de  ces  vastes 
et  splendides  constructions  fut  de  les  doter  d'un  mobilier 
non  moins  remarquable,  soit  en  autels  et  en  baptistères, 
soit  en  vases  sacrés,  en  manuscrits  revêtus  de  reliures 
magnifiques  et  en  statues  dont  la  condition  essentielle  pa- 
raissait être  qu'ils  fussent  d'or  et  d'argent  massif,  mais  que 
relevaient  encore,  outre  leur  poids  réel  et  toujours  considé- 
rable ,  les  perles ,  les  gemmes ,  et  tout  ce  que  l'art  avait  de 
formes  les  plus  somptueuses  et  les  plus  avenantes.  Ainsi 
succédaient  à  des  oratoires  obscurs ,  et  cachés  autant  que 
possible,  des  basiliques  destinées  à  devenir  l'admiration  du 
monde  et  les  modèles  de  tant  d'autres  ;  ainsi  les  ustensiles, 
aussi  fragiles  que  pauvres ,  du  sacrifice  et  de  la  prière,  se 
virent  partout  remplacés  par  des  calices  et  des  patènes  assez 
vastes  pour  distribuer  le  Sang  Divin  à  tout  un  peuple,  assez 
précieux,  quant  à  la  matière  et  au  travail,  pour  exciter  au- 
jourd'hui encore  les  légitimes  regrets  des  lecteurs  d'Anas- 
tase  (2). 

Dès  ce  temps,  il  est  parlé  de  calices  à  anses,  d'une  capa-     vmm  saer^  d^ 
cité  considérable,  et  destinés  à  la  distribution  du  précieux 

(1)  Cf.  Liber  PoniificaUs,  dans  le  recueil  de  Maratori  Scriplores 
rerum  Halicarum ,  au  commeucement  du  troisième  Tolume.— Nous 
reparlerons  bientôt  de  cet  auteur. 

(3)  Voir  Histor.  de  intU  Roman.  Poniif.  ;  S.  Sylvester^  n.  34  et  seq. 


288 


HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 


i«yi    nueoM* 


0l  luriaul  par  !• 


Sang  par  les  diacres  dans  la  Communion  sous  les  deux 
Espèces.  Un  chalumeau,  dont  chacun  usait  pour  aspirer 
quelques  gouttes  de  la  liqueur  sacrée,  accompagnait  tou- 
joui*s  ces  somptueuses  coupes;  on  faisait  ces  chalumeaux  de 
la  m^me  matière.  D'autres  calices  non  moins  grands  ne 
servaient  jamais  au  saint  ministère.  On  les  déposait  sur 
Vautel  pendant  le  Saint  Sacrifice,  et  ils  n'y  étaient  qu'à  titre 
d*ornoments  symboliques,  rappelant  sans  cesse  aux -fidèles 
pouniuoi  ils  venaient  et  ce  qu'ils  devaient  adorer  :  ils 
étaiiMit  comme  nos  tabernacles  anticipés.  S.  Grégoire  de 
Tours,  Anastase  et  bien  d'autres  mentionnent  ces  usages, 
qui  ne  cessèi*ent  que  lorsque  la  multiplicité  des  commu- 
niants, et  aussi  des  accidents  qui  devenaient  d'autant  moins 
rares  ,  euix>nt  déterminé  l'Église ,  au  douzième  siècle , 
À  ne  pins  donner  la  Communion  que  sous  l'Espèce  du 
pain. 

Donc  l'élan  était  donné,  et  les  successeurs  de  Sylvesti'e 
s'efforcèrent  à  l'envi  de  maintenir  cet  amour  du  beau.  L'au- 
teur que  nous  suivons  l'atteste  par  beaucoup  de  preuves. 
En  vain  des  périodes  malheureuses  vinrent,  à  de  nombreuses 
reprises ,  inquiéter  la  religion,  persécuter  le  Saint-Siège  et 
miner  les  églises,  objets  de  tant  de  soins  pieux  et  d'inestima* 
blés  prodigalités  ;  en  vain,  pendant  plus  de  deux  siècles,  se 
suivent,  après  l'hypocrite  persécution  de  Julien,  les  grandes 
invasions  des  Wisigotlis,  dévastateiu*s  de  l'Italie  et  de  Rome  : 
chaque  intervalle  de  paix  ranimait  le  zèle  autant  que  la  foi. 
Les  Papes  ne  revenaient  des  prisons  ou  de  l'exil  que  pour 
réparer  les  infortunes  publiques,  relever  les  ruines  de 
l'Église  et  reconstituer  ses  trésors.  Ces  vicissitudes  du- 
rèrent jusqu'à  ce  que,  Théodoric  devenu,  en  498,  maître  pai- 
sible de  ritalie,  et  secondant  le  pape  Symmaque  dans  ses 
projets  de  restauration  et  d'embellissement,  celui-ci  reprit 
avec  ardeur  l'œuvre  si  chère  à  tous.  Pendant  un  difficile 
pontificat  de  seize  laborieuses  années,  il  donna  en  pièces 
d*orfévrcrio  de  toutes  sortes  une  valeur  de  -130  livres  d'or 


l'orfèvrerie  sacrée.  —  LES  GAULES.  289 

et  de  4,700  livres  d'argent  aux  églises  de  Rome  et  d'autres 
cités  (4). 

Ceci  se  passait,  on  le  voit,  à  la  fin  du  cinquième  siècle  et  L'orféTrerfedaM 
durant  les  quatorze  premières  années  du  sixième.  Gepen-  ttenn*; 
dant  les  trois  siècles  précédents,  si  agités  qu'ils  fussent, 
n'étaient  pas  restés  étrangers  aux  progrès  de  Fart,  que  sup* 
posent  encore  une  foule  d*objets  dont  nous  avons  gardé  les 
fragments  ou  la  description  ;  et  Constantin,  que  tant  d'ar- 
tistes avaient  suivi  à  Byzanee ,  en  avait  laissé  à  Rome  qui 
surent  y  perpétuer  les  bonnes  traditions.  C'est  de  là  qu'elles 
passèrent  dans  les  Gaules,  où  les  Francs  venaient  de  s'im- 
planter. Dans  ce  beau  pays,  les  successeurs  de  Clovis  favori- 
sèrent la  civilisation  clirétienne,  avec  elle  Fart  religieux  qui 
n'avait  guère  alors  d'autre  expression  remarquable  que 
l'orfèvrerie  ;  et  celle-ci,  travaillée  d'abord  par  des  mains 
assez  barbares,  entra  rapidement  dans  une  voie  de  progrès 
dont  nous  avons  de  rares  mais  précieux  témoignages.  Les 
historiens  plus  anciens  et  plus  authentiques  nous  gardent 
le  souvenir  de  ce  beau  vase  d'or  du  poids  de  dix  livres  que 
Clovis  donna,  en  souvenir  de  son  baptême  (en  496)^  à  S.  Remy , 
qui  le  légua  bientôt  à  l'Église  de  Reims  pour  qu'on  en  fit 
un  calice  et  une  tour  ornés  de  figures.  Là ,  le  symbolisme  aiia  »  anni  Mn 
ne  manquait  pas,  non  plus  que  sur  un  autre  vase  destmé 
au  même  usage  et  qui,  cent  ans  plus  tard,  était  façonné  par 
S.  Éloi  pour  la  reine  S^*  Bathilde.  Les  oiseaux,  les  dragons, 
des  serpents,  des  fleurs  variées,  des  animaux  de  tout  carac- 
tère y  parlaient  le  mystique  langage  que  l'Église  aima  tou- 
jours à  leur  prêter  (2). 

(i)  Voir  Séroax  d'Agincoart^  Histoire  de  Cari  par  Us  monuments , 
t.  I,  p.  99  et  8uiY.,  in-f^,  Paris,  1810«1823.—  Ce  magnifique  recueil, 
auquel  l'auteur  ne  put  donner  la  dernière  main ,  renferme  une  foule 
de  documents  relatifs  an  sujet  que  nous  traitons  dans  ce  chapitre.  On 
peut  recourir  aussi  très-utilement  à  son  Recueil  de  fragments  ae  sculp- 
ture antique  en  terre  cuite,  publié  en  1814,  in-4«.  Il  y  parle  et  donna 
des  spécimens  intéressants  des  calices  en  verre  des  premiers  siècles, 
dont  les  lambeaux  avaient  été  découverts  et  étudiés  par  lui  surtout  en 
Italie. 

(2)  Voir  rabbé  Texier,  Dictionn,  d^orfév.,  col.  300  et  suiv.,  in-4», 
Migie,  1856. 

T.  IV.  19 


290  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

A  part  ces  charmants  et  regrettables  bijoux  qae  nous 
n'avons  plus ,  d'autres  joyaux  plus  anciens  et  non  moins 
authentiques  font  encore  le  plus  cher  ornement  de  nos 
musées  de  numismatique,  car  ils  sont  pour  la  plupart  des 
monnaies  d'or  et  d'argent  revêtues  de  quelques  signes  sym- 
boliques, dont  le  principal  est  toujours  la  croix.  Mais  l'or- 
fèvrerie sacrée  ne  manqua  pas  de  chefs-d'œuvre  plus  im- 
portants. On  connaît  un  anneau  d'or  coulé  et  ciselé,  vers  550, 
pour  S*'  Radégonde  de  Poitiers,  et  dont  le  cercle,  affectant 
la  forme  de  deux  chrysalides,  symbole  d'immortalité,  aboutit 
à  un  chaton  orné  du  monogramme  de  l'auguste  épouse  de 
Clotaire  (i).  Dans  ce  même  temps ,  S.  Grégoire  de  Tours, 
ami  de  la  sainte  reine  ,  remplissait  les  pages  de  ses  his- 
toires des  plus  intéressantes  descriptions  du  riche  mobi- 
lier de  nos  églises  mérovingiennes.  C'est  lui  qui  nous  parle 
de  la  basilique  dorée  de  Cologne,  ainsi  nommée  de  ses  belles 
mosaïques  d'or  ;  des  calices  à  anses  servant  au  saint  mi- 
nistère, de  ces  tours  en  sculptures  dorées  ou  toutes  d'or 
ifabnimu.  -  pour  la  saiutc  Réserve  (2) .  Longtemps  avant  lui  un  orfèvre, 
cinquième  dècie.   dout  Ic  uom  (Maoutnus)  scmble  le  premier  connu  parmi  les 

artistes  que  revendique  la  France,  avait  fabriqué  pour 
révêque  S.  Perpetuus,  c'est-à-dire  de  464  à  494,  un  reli- 
quaire ,  deux  calices  et  une  croix ,  le  tout  en  or,  que  le 
prélat  légua  par  testament  à  son  Église.  Dans  ce  même  acte, 
il  dispose  aussi  de  calices  et  de  burettes  d'argent,  d'une 
couronne  de  lumière,  d'une  colombe  d'argent  destinée  à 
la  sainte  Eucharistie  ;  il  y  avait  môme  un  manuscrit  de  S.  Hi- 
laire  de  Poitiers,  dont  sans  doute  le  texte  ne  manquait  ni 
de  lettres  d'or  ni  de  miniatures  :  sa  reliure  métallique  s'en- 
richissait de  pierreries.  C'était  là  un  autre  trésor  que  le 
temps  nous  a  ravi  comme  tous  les  autres,  mais  qui  consta- 

(1)  Nous  avons  décrit  ce  peUt  monument  dans  la  Revue  de  Vart 
chrétien,  t.  VUI,  p.  252  et  420. 

(2)  De  Gloria  Mariyrum,  cap.  lxxii;  Vita  5.  AricUi  abbatis ,  inter 
opp.^  éd.  Migne;  coU  1143.— Afiracu2ortim  lib.  I^  cap.  lxzxVi. 


!• 


l'orfévreri£  sacrée.-— limoges.  2t^4 

tait  une  sorte  d'orfèvrerie  de  la  plume  et  du  pinceau  non 
moins  précieuse  que  celle  du  creuset ,  du  marteau  et  du 
burin  (4). 
Le  Christianisme  ayant  apparu  dans  la  France  occiden-     ^és  ateiien  d« 

**  '  Limoges   et   leur 

taie,  et  en  particulier  à  Limoges,  comme  ce  n'est  plus  dou-  époque  Téritâbio^ 
teux,  dès  le  premier  siècle  de  la  conquête  romaine ,  cette 
ville  aura-t-elle  eu  des  premières  quelques  artistes  qui  se 
soient  occupés  des  choses  du  culte?  Rien  ne  l'affirme;  et, 
d'ailleurs,  nous  n'avons  pas  à  croire  que  les  calices  de 
métal  précieux,  les  autels  portatifs  autres  que  de  bois  ou  de 
pierre  aient  pu  dès  lors  s'élaborer  aisément  au  milieu  des 
avanies  ou  des  suspicions  jalouses  dont  la  nouvelle  foi  était 
l'objet.  Les  recherches  si  judicieuses  du  regrettable  abbé 
Texier,  dont  la  science  s'est  vue  privée  en  4839 ,  n'ont  pu 
découvrir  aucune  trace  de  cet  art  dans  le  Limousin  avant 
l'époque  de  S.  Éloi  (2),  c'est-à-dire  au  septième  siècle.  Plus 
hardi,M.Dussieux  croit  pouvoir  penser  que,  sous  l'Empire 
même,  Limoges  élaitdéjà  un  centre  d'orfèvrerie  qu'on  n'aura 
pas  manqué  d'y  entretenir  après  l'invasion  ;  mais  ce  ne  sont 
que  des  conjectures  que  n'appuie  aucune  page  des  monu- 
ments historiques  (3)  ;  et  l'auteur  est  obligé  de  descendre , 
pour  poser  les  bases  de  ses  recherches^  jusqu'à  ce  Mabuinus 
dont  nous  parlions  tout  à  l'heure  sans  pouvoir  dire  son  ori- 
gine ni  son  pays,  et  de  passer  brusquement  de  cet  ouvrier 
du  cinquième  siècle  jusqu'au  saint  évêque  de  Noyon,  qui,  au 
septième,  illustra  les  ateliers  du  Limousin.  C'était  donc  im 
peu  tard,  que  ce  beau  et  ingénieux  pays,  devenu  si  riche 

(1)  D*Âcheii;  Spicileg,,  t.  V,  p.  106,  in-i»,  ou  encore  Append.  ad 
opp.  5.  Gregor.  Turon,  ubi  auprè,  col.  1130.—  L'abbé  Texier,  Die- 
lionn.  d'orfèvrerie,  col.  1178. 

(2)  Voir,  pour  la  nécrologie  de  M.  Texier ,  Bulletin  monumenlal , 
U  XXY,  p.  575;  —  puis,  de  Teatimable  autear  lui-même,  rintéressant 
Essai  sur  les  émailleurs  et  argentiers  de  Limoges,  in-8»,  p.  42,  Poi- 
tiers, 1843;  —  ou  Mém,  des  antiquaires  de  V Ouest,  t.  TX,  p.  115  et  suiv. 

(3)  Voir  Recherches  archéologiques  sur  Vhistoire  de  l'orfèvrerie  au 
moyen  âge,  par  M.  Louis  Dussieux,  dans  les  Annales  archéologiques, 
U  m,  p.  211. 


ne. 


292  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

de  tant  de  ch&sses,  de  nielles  et  d'autres  objets  où  Tor  et 
Témail  se  disputèrent  si  longtemps  Tadmiration  univer- 
selle, c'était  un  peu  tard,  disons-nous,  qu'il  s'adonnait  à  ces 
travaux  d'études  sérieuses  autant  que  de  bon  goût  et  de 
piété;  mais  on  sut  en  conscience  réparer  le  temps  perdu,  et 
les  (Buvres  de  Limoges  ont  éternisé  la  réputation  de  l'an- 
tique cité  et  de  ses  magnifiques  produits.  C'est  de  ses  fabri- 
cants que,  durant  tout  le  moyen  âge  et  jusqu'en  4789, 
dernière  et  malheureuse  période  qui  tenait  à  compter 
l'art  chrétien  parmi  ses  victimes ,  vinrent  les  plus  beaux 
modèles,  sur  lesquels  tant  d'autres  ateliers  surent  se  régler 
dans  la  Gaule  et  à  l'étranger. 
»^j  «j'*«;  L'époque  mérovingienne  montra  beaucoup  d'habileté,  et 
ri«  méroTinffira-  sut  appliquer  a vcc  un  grand  succès  aux  ouvrages  de  métal 

les  progrès  de  la  ciselure  et  de  la  fonte.  On  le  voit  par  les 
charmants  objets  renfermés  en  484  dans  le  tombeau  de 
Ghildéric  I",  les  uns  d'or,  les  autres  de  fer,  et  tous  conser- 
vant des  traces  d'une  magnificence  royale  jusque  sous  la 
rouille  que  douze  siècles  avaient  imposée  à  beaucoup 
d'entre  eux.  Rien  de  plus  précieux,  au  point  de  vue  de  l'art 
à  cette  époque  si  éloignée,  que  les  anneaux,  les  abeilles,  les 
iibules  et  les  médailles  d'or  recueillies  dans  cette  sépul- 
ture (4). 

Mais,  après  tout,  Ghildéric  était  païen,  et  rien  n'in- 
dique dans  les  parures  de  sa  mort  un  symbole  quelconque 
des  idées  chrétiennes.  Il  en  fut  bien  autrement  quand  la 
monarchie  franque  fut  entrée  dans  le  giron  de  l'Église.  La 
sainte  reine  Clotilde  ne  dut  pas  être  moins  généreuse  que 
l'époux  converti  par  elle,  et  ses  dons  prodigués  plus  d'une 
fois  aux  Églises  de  Reims,  de  Paris  et  de  Tours,  où  était  le 

(1)  Voir  Ânastasis  Childerici  /,  Francorum  régis ,  sive  Thesaunu 
sepulcralis  Tomaci  Nerviorum  effossus ,  si  commentario  illustratus 
a  Joanne-Jacobo  Ghiffletio^  Antuerp.,  in4*^  1655.  —  Ghildéric  était 
mort  en  481^  et  l*ou¥erture  de  son  tombeau  se  fit  en  1653.->Onae  rap- 
pelle ce  que  nous  avons  dit  de  celte  découverte,  à  propos  des  fleurs  de 
lis,  ci-dessus^  U  111,  ch*  xiii,  p.  547  et  suiv. 


l'orfèvrerie  sacrée.   —  s.   ÉLOl.  293 

tombeau  de  S.  Martin ,  leur  furent  un  témoignage  de  sa 

reconnaissante  dévotion.  Gomment  ne  pas  se  persuader 

aussi  qu'elle  aura  doté  d*une  riche  orfèvrerie  les  saints  lieux 

fondés  par  elle ,  comme  Téglise  de  Saint-Picrre-et-Saînt- 

Paul,  devenue  ensuite  celle  de  Sainte-Geneviève  de  Paris  ? 

Toutefois  nous  n'avons  aucuns  détails  historiques  sur  ce     s-  itM. 

point  intéressant,  et,  pour  en  recueillir  sur  Tart  qui  nous 

occupe,  il  faut  arriver  à  l'époque  un  peu  plus  tardive  du 

saint  patron  des  orfèvres.  C'est  encore  à  Limoges  que  nous 

devons  nous  transporter  avec  cette  mémoire  vénérée  ;  c'est 

là  que  la  jeunesse  d'Éloi  s'occupait  à  ces  travaux  devenus 

célèbres,  illustrait  déjà  le  nom  du  monétaire  Abbon,  sous 

lequel  il  s'exerçait  aux  éléments  de  son  art  et  mêlait  à  la 

confection  des  bijoux  celle  des  émaux  byzantins,  «  dont  il 

fut  le  plus  illustre  maître  (4).  »  Le  fauteuil  qu'il  fit  pour     ^  uni»va  da 

-z  r  Da^bort  n  et  fOB 

Dagobert  II,  dans  les  bonnes  grâces  duquel  son  talent  alors  •ymbouime. 
mûri  l'avait  fait  entrer,  et  qu'on  voit  au  cabinet  des  anti- 
ques de  la  bibliothèque  Richelieu,  est  réellement  de  deux 
époques  et  une  simple  copie  de  l'original  sorti  des  mêmes 
mains.  On  y  distingue  en  effet  la  partie  inférieure ,  dont 
la  composition  est  toute  mérovingienne,  et  la  galerie  du 
dossier,  qu'on  a  crue  avec  raison  un  complément  ajouté , 

(1)  Texier,  Essai  sur  le*  émaux  de  Limoges ,  dans  le  Bullet,  tno- 
num,,  VI,  p.  5ù.—Diclionnaire  d'orfèvrerie^  col.  31 ,656.—  M.  de  Linas^ 
dont  les  études  font  antorité,  a  nié ,  après  examen  longuement  raisonné 
dans  nne  snite  d'intéressants  articles  {Revue  de  Vart  chrétien,  \Ul, 
et  1X9  560),  que  le  calice  donné  par  la  reine  S**  Batbilde  à  son  abbaye 
de  Ghelles^  et  qu'on  y  conserva  jusqu'en  HOO^  fut  réellement  émaillé^ 
quoique  l'aient  cru  et  écrit  d'illustres  érudits  qui  avaient  pu  le  voir  de 
près.  D'après  l'habile  archéologue  artésien^  ces  prétendus  émaux  n'au- 
raient été  que  des  incrustations  de  verres  cloisonnés.—  On  peut  lire 
les  développements  de  cette  question  dans  les  deux  Mémoires  où  les 
deux  auteurs  ont  établi  leur  argument.  Cette  question  traitée  ici  sor- 
tirait de  notre  plan.  Quoiqu'elle  éclaire  dans  M.  de  Linas,  où  nous  en- 
gageons à  la  lire,  de  graves  questions  sur  les  procédés  de  l'orfèvrerie 
mérovingienne^  M.  de  Linas^  d'ailleurs^  ne  conteste  en  rien  Tauthenti- 
cité  d'un  beau  vase,  que  ses  devanciers,  et  entre  autres  D.  Martenne 
et  O.  Durand,  supposent,  d'après  sa  forme  et  ses  dimensions,  avoir 
servi  à  la  communion  sons  les  deux  Espèces. 


294  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

au  douzième  siècle,  par  ordre  de  Suger(4).  Quoique  ce 
beau  meuble  ne  semble  pas  avoir  tout  d'abord  aucun  ca- 
ractère chrétien,  nous  ne  doutons  guère  que  les  deux 
fêtes  de  lion  qui  en  ornent  les  côtés,  et  qui  peuvent  être 
un  symbole  de  la  majesté  royale,  ne  symbolisent  dans  ce 
cas  la  pensée  du  Sauveur ,  que  le  saint  ouvrier  n'aura  pas 
manqué  d'y  appliquer  (2). 


(i)  Voir  une  curieuse  Notice  de  M»  Ch.  Lenormand  sur  le  fauteuil 
de  Dagoberty  insérée  dans  les  Mélanges  d'archéologie  des  PP.  Cahier  et 
MarUn,  t.  J,  p.  157  et  suiv. 

(2)  Nous  osons  préférer  cette  explication  à  celle  de  M.  Lenormand, 
qui  ne  verrait  dans  ces  têtes  de  lion  ou  de  panthère,  comme  U  dit,  qu'un 
symbole  de  la  justice  considérée  comme  une  vertu  morale  essentielle 
à  la  dignité  suprême  (Notice,  ubl  suprà,  p.  167).  Il  y  a,  en  effet,  ici 
toute  la  distance  possible  entre  les  idées  d'un  prince  païen  et  celles 
d'un  artiste  comme  S.  Éloi.~En  accordant  d'ailleurs  au  docte  acadé- 
micien ses  panthères,  qui  semblent ,  il  est  vrai ,  caractérisées  par  les 
mouchetures  de  leur  cou ,  nous  serions  prêt  à  rentrer  encore  dans  le 
symbolisme  chrétien,  et  ces  bêtes,  que  notre  esthétique  n'a  pas  mécon- 
nues, nous  sembleraient  prendre  en  cette  circonstance  un  rôle  pea  dif> 
férent  de  celui  du  lion;  et  voici  comment  :  Les  bestiaires  latins^  et, 
entre  autres,  S.  Isidore  de  Séville,  mort  en  636,  et  par  conséquent  con- 
temporain de  S.  Éloi,  font  remarquer  que  «  la  panthère  est  l'amie  de 
tous  les  animaux,  excepté  le  dragon  :  »  omnium  animalium  amicus, 
excepto  dracone  (Étymologiarum  lib.  XII,  cap.  ii).  — Ceci  est  déjà 
très-significatif.— Le  Physiologue  attribué  à  S.  Ëpîphane,  et  plus  vieux 
de  deux  siècles,  consacre  la  même  observation,  et  ajoute  qu'il  sort  de 
la  bouche  de  la  panthère  une  si  bonue  odeur  que  toutes  les  autres  bétes 
qui  l'avoisinent  ne  peuvent  s'empêcher  de  la  suivre  :  nous  l'avons 
vu  nous-mêmes  dans  Théobald  (ci-dessus,  III,  507).  Eustathe,  qui 
écrivait  vers  1180  son  Exameron,  en  donnait  une  explication  très-sym- 
bolique :  a  Le  Sauveur  n'avait-il  pas  dit  dans  Osée  :  «  Je  suis  dans  la 
»  maison  de  Juda  le  lion,  et  dans  Éphralm  la  panthère  »{Os.,y,H),o\x 
la  lionne,  leœnafEi  n'a-t-il  pas  appelé  à  Lui  toutes  les  nations,  depuis 
les  païens  jusqu'aux  enfants  d'Israël  ?  Ses  commandements,  plus  doux 
que  le  miel  et  que  tous  les  parfums,  c'est  cette  haleine  odorante  à  la- 
quelle les  animaux  ne  peuvent  résister  :  In  adore  unguentorum  tiwt*um 
curremus  (Gant.,  i, 3).  »— «Un  autre  rapport  de  ressemblance  avec  Jésus- 
Christ,  dit  Hugues  de  Saint-Victor  (De  DestiiSj  cap.  xxui),  c'est  que  ce 
n'est  qu'après  trois  jours  de  sommeil  que  la  panthère,  rassasiée  de 
nourriture,  sort  de  sa  retraite,  et  donne  le  signal  qui  attire  ions^ 
les  animaux  sur  ses  pas  :  ainsi  Jésus-Christ  ressuscité  pour  le  salut  du 
monde,  et  le  dragon  fuyant  devant  la  panthère,  c'est-à-dire  le  démon 
devant  l'ennemi  divin  qui  l'a  vaincu.  »  Tout  cela  est  concluant.  —  Voir 


L'ORFÉY^ERIg  SACBÉE.-;-$OLlGNAG.  295 

Noiis  ne  pouvons  oublier  non  plus  la  belle  croix  d'or 
qu'Ëloi  fit  pour  le  même  prince,  jaloux  d'embellir  l'autel  de 
Saint-Denis.  Les  termes  dont  se  sert  le  moine  anonyme  qui 
écrivit  au  neuvième  siècle  la  vie  du  prince  (4)  font  assez 
voir  quelle  réputation  lui  avait  conservée  l'importance  de 
ses  travaux,  et  combien  était  fondée  l'estime  que  la  rdne 
Batbilde  avait  de  lui  quand  elle  voulut  qu'on  recouvrit  les 
restes  mortels  du  saint  évêque  d'un  tombeau  d'or  et  d'argent 
au  monastère  de  Saint-Loup  de  Soissons. 

Un  épisode  curieux  de  cette  sainte  et  laborieuse  vie  de  Fondation  d« 
notre  Éloi  devient  en  même  temps  une  preuve  des  desseins  ^  ••  ^  • 
de  Dieu  sur  tout  ce  qui  intéresse  son  culte  et  l'honneur  du 
Christianisme.  Les  succès  de  l'orfèvre  limousin  à  la  cour 
du  prince,  qui  admirait  à  la  fois  son  talent  et  sa  probité,  lui 
méritèrent  d'abord  le  titre  honorable  de  monétaire  du  roi. 
Ces  hautes  fonctions,  que  relevait  encore  une  sainteté  qui 
ne  souffrait  rien  du  contact  de  la  cour,  lui  ouvrirent 
l'accès  du  sacerdoce,  et,  en  640,  il  fut  placé  sur  le  siège 
épiscopal  de  Noyon.  Forcé  alors  d'abandonner  pour  le  soin 
de  sa  nouvelle  charge  celle  qu'il  avait  remplie  si  digne- 
ment, il  songea  à  perpétuer  son  zèle  et  favorisa  plus  que 

Le  Bestiaire  divin  de  Guillaume  Le  Normand ,  édii&  et  annoté  par 
M.  Hippeau^  in-B»,  Caen,  1852^  p.  19  et  145. 

D'aatre  part,  dans  le  bestiaire  que  le  P.  Cahier  attribue  à  Tatien ,  et 
qu'il  a  publié  dans  les  deuxième  et  troisième  volumes  des  Mélanges 
iarchéologie,  d'après  plusieurs  manuscrits  dont  il  donne  les  variantes 
et  la  traduction  avec  le  texte  original,  on  retrouve  sur  la  panlerre  (sic) 
les  mêmes  données  et  le  même  mysticisme  :  k  Nostre  sire  Jhesu  Grist, 
il  est  vraie  pantère ,  quer  tôt  altresi  atrait  il  par  sa  Sainte  Incarnation 
l'umain  lignage  que  li  dragons^—  c'est  li  diables^— tenait  en  mort^  etc.  » 
(Voir  Mélanges,  II,  86  et  suiv.;  II I^  236.  ^ Ainsi,  que  M.  Lenormand 
voie  dans  les.  animaux  don^  se  compose  le  support  du  célèbre  fauteuil 
un  lion  ou  une  panthère ,  peu  importe  :  le  meuble  a  son  symbolisme 
chrétien;  et  le  pieux  ouvrier,  qui  ne  pouvait  ignorer  la  valeur  de  ce  ca- 
ractère ,  devenu  bien  avant  lui  une  portion  essentielle  de  la  science 
religieuse,  a  réellement  orné  son  travail  de  symboles  très-convenables 
au  but  qu'il  devait  se  proposer  et  à  la  dignité  élevée  de  son  royal  pro- 
tecteur. 

(1)  Cf.  l'abbé  Corblet,  Revue  de  Vart  chrétien,  IV,  587  et  suiv. 


L 


296  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

jamais  Tabbaye  si  fameuse  de  Solignac,  qu'il  avait  fondée 
en  63^  des  libéralités  du  monarque  (4).  Sa  pensée,  en  quit- 
tant la  vie  privée  pour  l'existence  d'une  cour  lointaine, 
avait  été  de  continuer  à  l'art  chrétien  une  protection  effi- 
cace. Il  accueillit  donc  dans  sa  nouvelle  maison  tous  ceai 
qui  se  sentirent  appelés  à  pratiquer  sous  la  règle  de  S.  Co- 
lomban  les  humbles  et  utiles  occupations  qu'il  aimait 
toujours.  Un  de  ses  élèves,  S.  Théau,  fut  chargé  parlai, 
après  avoir  fait  son  noviciat  dans  le  monastère,  d'y  former 
les  jeunes  moines  qui  s'appliquaient  à  ce  genre  de  labeurs, 
mitée  do  beau-  Ainsî  nous  dcvons  à  deux  Saints  l'une  de  ces  premières 

coup  d'autres.  ...  .     i        .  .  ,        , 

institutions  qui  devaient  être  dès  lors  autant  de  savantes 
écoles  où  les  lettres  et  les  arts  marchaient  à  côté  de  la 
théologie,  dont  ils  n'étaient  qu'une  forme  de  plus,  et  sans 
lesquelles  l'Église  n'eût  eu  ni  son  architecture  grandiose  ni 
ses  moyens  d'ornementation.  Telles  furent  donc  les  origines 
de  ces  incomparables  ateliers  monastiques  que  la  France, 
l'Allemagne  et  l'Italie  illustrèrent  partout  de  chefs-d'œuvre 
au  profit  de  la  science  et  de  l'art.  Ainsi,  pour  ne  parler  que 
de  nous,  car  notre  pays  fut  toujours  le  plus  remarquable 
par  ses  magnifiques  productions  en  ce  genre,  se  firent 
les  écoles  de  Metz ,  de  Sens ,  de  Laon  et  de  tant  d'autres 
monastères  où  des  religieux  passaient  les  nuits  à  travailler 
les  métaux,  l'émail  et  les  manuscrits  enluminés  (2j.  Nous 
ne  prétendons  pas  nier  sans  doute  que  des  écoles  d'or- 
fèvrerie gallo-romaine  n'eussent  pas  déjà  donné  d'inté- 
ressants spécimens  de  tmvaux  analogues  avant  que  nos 
Saints  s'en  fussent  attribué  la  direction  ;  mais  nous  vou- 


(1)  Les  dates  que  nous  donnons  ici  sont  certaines;  mais  elles  sont 
déplacées  par  M.  Labarte  {Histoire  de  V orfèvrerie^  troisième  feuillet, 
dans  le  troisième  volume  du  Moyen  Age  cl  la  Renaissance),  qui,  tout 
en  assignant  à  l'année  640  l'épiscopnt  de  S.  Éloi,  parle  du  monastère 
de  Solignac  comme  s'il  eût  été  établi  après  cette  époque.  —  Nous  réta- 
blissons ici  la  vérité  d'après  Bollandus  et  Baillet,  au  31  novembre. 

(2J  Voir  La  Crosse  de  Gaiidry,  par  M.  l'abbé  Corblet,  Revue  de  Vari 
chrétien,  H,  385. 


r 


l'orfévrerik  sacrée.  ~  le  filigrane.  297 

Ions  établir  par  ce  qui  précède  une  preuve  nouvelle,  après 
tant  d'autres,  que  TÉglise  veilla  toujours  avec  sa  compé- 
tence incontestable  à  Taction  et  au  développement  de  sa 
vie  artistique  et  de  l'influence  visible  qu'elle  lui  ménagea 
sur  les  peuples. 
Un  moyen  remarquable  d'enjolivement  était  déjà  appli-     ««pioi  an 

ffrftuo  dos   1  op( 

que  aux  petits  ouvrages  d'orfèvrerie  durant  le  cours  de  que  franque. 
l'époque  franque:  c'est  le  filigrane,  consistant  en  un  fil 
d'argent  ou  d'or  granulé,  plus  ou  moins  délié  à  la  filière, 
et  qui  s'ajoutait  soit  dans  les  vides,  comme  de  petits  gril- 
lages à  jour  pourvus  d'une  charmante  délicatesse,  soit  en 
bordures  affectant  la  forme  de  cordelettes  ,  de  torsades  et 
de  mille  autres  gracieux  ornements.  S.  Éloi  aurait  excellé 
dans  ce  genre  de  bijouterie  si,  comme  le  constatait  une 
tradition  de  l'Église  de  Paris,  il  fallait  lui  attribuer  une 
croix  en  vermeil  toute  en  filigrane  qui  se  conservait  au 
trésor  de  cette  métropole.  Il  suffirait  de  cet  exemple  pour 
établir  contre  quelques  archéologues  de  mérite  que  le 
filigrane  était  employé ,  avec  ou  sans  le  concours  de  pierres 
précieuses,  avant  l'époque  de  Charlemagne.  Quoi  qu'il  en 
soit,  Ménage,  en  rapportant  ce  fait,  ajoute  que  la  plupart  des 
ouvrages  qui  restaient  du  saint  artiste  étaient  relevés  par 
cette  riche  parure  [i).  On  l'adaptait  avec  beaucoup  de 
succès  aux  objets  de  cristal,  auxquels  il  servait  d'encadre- 
ment, aux  reliquaires,  aux  autels  même  sur  de  plus 
grandes  dimensions,  mais  surtout  aux  calices,  dont  la  tige 
et  le  pied  en  recevaient  un  surcroit  de  légèreté  élégante. 

Les  nielles  n'avaient  pas  une  moindre  fonction  dans  l'art     lm  menés, 
d'embellir  l'orfèvrerie  sacrée.  C'étaient  de  minces  filets 
remplissant  des  traits  préalablement  gravés  au  buiîn  d'un 
mélange  d'argent,  de  plomb,  de  cuivre  et  de  soufre,  qui 
prenaient  une  teinte  noire  (nigellus^  niger)  et  dessinaient 


(1)  Ménage,  Diclionnaire  étymologique ^  y*  filigrane,  Parla,  iu-f», 
1750. 


■ 


298  HISTOIRE  DU^  STHBOUSaiH. 

agréablement,  en  la  faisant  mieux  ressortir  sur  les  plaques 
de  métal,  l'œuvre  du  graveur.  Cette  méthode  fut  appliquée 
à  tous  les  bijoux.  Elle  devait  à  la  présence  du  soufre  dans 
cette  composition  un  brillant  qui  faisait  d'elle  une  sorte 
d'émail  et  donnait  un  charme  de  plus  au  mat  ou  même 
au  vernis  du  champ  métallique.  On  prétend  que  la  niellure 
fut  pratiquée  à  Marseille  avant  la  fin  du  sixième  siècle. 
Cette  assertion  s'appuie  de  découvertes ,  faites  dans  cette 
viUe,  de  bijoux  de  cette  époque  qui  en  laissent  peu  douter. 
Les  calices ,  les  patènes ,  les  baisers-de-paix,  les  encensoirs 
même  et  les  bénitiers,  furent  souvent  ornés  de  ces  incrus* 
talions  précieuses  ;  elles  s'y  mariaient  avec  beaucoup  de 
grâce  aux  pierres  fines ,  qu'on  n'épargnait  pas  non  plus  aux 
principaux  ustensiles  de  l'Office  divin  (4  ). 
L«e  gemmes  ou  Nous  avous  traité  fort  au  long  ce  qui  regarde  les  pierres 
Ms }  précieuses  en  exposant  le  vingt  et  unième  chapitre  de  l'Apo- 

calypse (2).  Ces  notions  nous  dispensent  de  redire  comment 
de  si  gracieux  ornements  devinrent  inséparables  de  nos 
belles  pièces  d'orfèvrerie.  Mais  il  parait  utile  de  compléter 
ici  ce  que  nous  avons  dit  en  peu  de  mots  de  la  nature  des 
pierres  précieuses,  appelées  encore  gemmes  (gemmsB)  ;  car 
c'est  de  cette  nature  même  qu'eUes  tirent  leur  beauté  et  leur 
prix.  Ce  sont  donc  des  cristaux  naturellement  formés  dans 
la  terre  par  des  agrégations  plus  ou  moins  lentes  de  subs- 
tances métalliques  dont  elles  empruntent  leur  couleur,  leur 
pesanteur  spécifique  et  leur  dureté  relatives.  Il  faut  donc  les 
distinguer  des  pierres  fausses,  dont  la  base  est  aussi  un  cristal 
très-pur,  coloré  par  des  moyens  chimiques,  imitant  parfai- 
tement les  pierres  fines  par  son  éclat  et  sa  taille,  mais  qui  en 
diffèrent  surtout  par  leur  fragilité.  Cette  dernière  condi- 
tion les  réduit  à  une  valeur  très-médiocre  ;  de  sorte  que,  si 

(1)  Voir  l'abbé  Corblet^  Précis  de  Vhist.  de  Varl  chrétien,  dans  sa 
Revue,  IV,  589;—  Henschenius,  De  tribus  Dagoberlis,  Francorum  re- 
gibus,  p.  214,  Antaerp.,  in-i»,  1655. 

(2)  Ci-dessus,  t.  II,  ch.  xiii,  p.  365. 


L*ORPÉVRERIE  SACRÉE.— LES  GEMMES.  299 

ces  pierres  de  qualité  moindre  ajoutent  réellement  beaucoup 
à  Feffet  des  métaux  précieux ,  eUes  n'augmentent  que  de 
peu  le  prix  qu'on  doit  y  mettre. 

Le  moyen  âge  ne  commença  qu'assez  tard  à  user  de 
cette  innocente  fraude,  et  ses  plus  anciens  produits  en 
orfèvrerie  sont  toujours  parés  de  pierres  véritables.  Quoi 
qu'il  en  soit,  il  est  peu  d'objets  parvenus  jusqu'à  nous 
dans  cet  ordre  de  choses  qui  n'aient  été  parés  de  ces  belles 
pierres  aux  couleurs  variées  et  symboliques  ,  dont  les 
reflets  ajoutent  à  l'éclat  des  métaux ,  et  qui  jouaient  leur 
rôle  éloquent  dans  l'esthétique  chrétienne.  Les  vertus ,  en 
effet,  se  représentaient  par  elles,  et,  parsemées  qu'elles 
étaient  sur  la  mitre  épiscopale  ou  sur  les  vêtements  sacer- 
dotaux, elles  devenaient  à  la  fois  pour  le  peuple  un  motif 
de  respect ,  et  pour  le  prêtre  un  avertissement  de  n'en  pas 
démériter.  Il  est  vrai,  d'ailleurs,  que  les  dimensions  variées 
que  leur  a  données  à  loisir  la  main  du  lapidaire  pUent  facile- 
ment leur  emploi  à  toutes  les  formes  des  objets ,  et  cette 
facilité  en  multiplia  la  pratique,  lorsqu'on  n'épargnait  au- 
cune dépense  pour  rendre  les  vases  sacrés  plus  dignes  de 
leur  pieuse  destination.  On  poussa  même  cet  empresse-  on  y  mêu  parfois 
ment  plus  d'une  fois  jusqu'à  placer  au  hasard,  en  des  temps    ~  '^    **" 
où  l'étude  de  l'antiquité   était  peu   suivie,  d'anciennes 
pierres  gravées  par  les  artistes  du  paganisme  ou  de  précieux 
camées  mythologiques  sur  des  calices  ou  autres  vases  sacrés, 
peu  faits  pour  de  telles  accointances.  M.  Darcel  en  a  trouvé 
beaucoup  enchâssées  dans  les  reliquaires  de  l'ancienne  ab- 
baye de  Conques  ,  en  Rouergue  (^  )  ;  mais  cette  ignorance 
était  excusable  à  de  telles  époques ,  et  la  réunion  d'éléments 
si  disparates  s'explique  par  la  beauté  séduisante  de  ces 
gemmes  auxquelles  on  attachait  tant  de  prix.  Disons  aussi 
qu'on  n'observe  plus  ces  anomalies  à  partir  de  l'ère  ogivale. 
L'art  se  perfectionna  tellement  alors  qu'on  put  séparer  de 

(l)  Voir  Annal,  archéolog,,  XX,  327. 


300 


HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 


Les  CAboehons 
•t  leur  époque. 


Les  énnAux  :  leur 
compoeitlon  et 
leur  histoire  ; 


SCS  merveilleux  épanouissements  tout  ce  qui  n'était  plus 
symbolique;  et  le  symbolisme,  redisons-le,  se  retrourait, 
pour  chaque  pierre  fine,  dans  sa  couleur,  dans  sa  transpa- 
rence ou  son  opacité,  dans  son  éclat  surtout,  qui  verse  autour 
d'elle  une  pensée  d'honneur,  de  vertu  ou  de  sainteté. 

Il  est  vrai  que  cet  éclat  môme  diminue  ou  se  modifie, 
comme  l'a  remarqué  un  habile  observateur,  en  proportion 
des  facettes  nombreuses  que  leur  impose  la  taille,  et  laisse 
l'effet  de  leur  rayonnement  bien  au-dessous  de  celui  que 
produisent  les  cabochons,  c'est-à-dire  les  pierres  polies  sous 
une  forme  arrondie  ou  ovale.  Gomme  la  taille  en  facettes  ne 
nous  vient  guère  que  du  quatorzième  siècle,  avant  lequel 
on  n'employait  que  les  pierres  polies  en  relief  (^  ) ,  on  serait 
mal  venu  à  décorer  de  pierres  taillées  les  objets  que  leur 
forme  archéologique  reporterait  à  une  époque  antérieure.De 
telles  erreurs  ne  mènent  qu'à  de  regrettables  déceptions 
ceux  qui ,  en  travaillant  ces  œuvres  si  estimables ,  accusent; 
certainement  la  prétention  de  mieux  faire  et  de  monl 
plus  de  goût. 

Parmi  ces  charmantes  matières  qui  se  prêtent  si  bieni 
l'embellissement  de  notre  orfèvrerie  symbolique ,  nous  ne 
pouvons  oublier  l'émail ,  cette  vitrification  colorée  par  les 
oxydes  métalliques  qui  s'y  incorporent ,  et  qui,  rendue  fu- 
sible par  l'action  du  feu ,  adhère  fortement  à  la  plaque  d'or, 
d'argent  ou  de  cuivre  à  laquelle  on  l'impoçe.  Sans  entrer 
ici  dans  la  description  des  divers  procédés  par  lesquels  on 
atteint  cet  effet,  contentons-nous  de  dire  que  les  difficultés 
d'exécution  et  les  soins  minutieux  qu'il  en  faut  prendre 
ont  toujours  fait  des  œuvres  émaillées  de  charmantes  curio- 
sités dont  le  plus  grand  mérite ,  après  plusieurs  siècles  de 
durée ,  est  tout  dans  ce  qu'on  sait  de  leur  histoire  et  dans 
Tcffct  artistique  dont  elles  embellissent  les  métaux.  On  con- 
çoit, au  reste ,  que  ces  couches  de  verre  fondu  n'ont  de 


(1)  Texicr,  Diciionn.  cTorfévr.,  col.  295. 


L*ORFÉVREBIE  SACRÉE.  —  LES  ÉMAUX.  304 

charme  réel  que  par  la  peinture  qu'on  y  applique  au  moyen 
de  couleurs  vitrifiablcs.  Ce  fut  au  quatorzième  siècle  qu'on 
arriva ,  dans  Fart  d'émailler ,  à  des  progrès  qui ,  après 
maints  tâtonnements ,  firent  pressentir  la  perfection  qu'il 
s'est  acquise  plus  tard ,  et  qui  fait  tant  recliercher  aujour- 
tfliui  les  émaux  peints  des  trois  derniers  siècles.  Ceux  des 
temps  antérieurs  n'en  sont  pas  moins  dignes  d'admiration, 
puisqu'ils  révèlent  à  l'observateur  instruit  les  procédés  suc- 
cessifs ou  simultanés  d'incrustation  ou  de  cloisonnement, 
qui  tantôt  creusaient  le  cuivre  pour  jeter  dans  le  tracé  du 
dessin  la  matière  qui  devait  s'y  fondre,  et  tantôt  soudaient 
sur  la  plaque  les  compartiments  de  même  métal  qu'on  rem- 
;plissait  ensuite  de  la  poudre  destinée  à  l'action  du  feu.  — 

laelques  reliquaires,  des  fragments  d'autels,  des  vases  sa-  ifur  emploi  «uns 
[erés  et  mille  autres  objets  destinés  au  culte,  et  qui  n'ont  plus 
[d'asile  que  dans  nos  musées ,  témoignent  de  l'amour  qui 
>rta  le  clergé  et  ses  artistes  à  couvrir,  dans  les  siècles  de 
^i ,  les  plus  précieuses  surfaces  de  celte  parure  pleine  de 
iction.  Elle  ne  resta  point  étrangère  au  symbolisme  : 
iment  l'eût-elle  pu  quand  tout  s'imprégnait  de  son  esprit 
[qu'on  la  consacrait  sm-tout  à  des  sujets  liturgiques  ?  C'est 
^urquoi  on  vit  ce  procédé  reproduire  les  légendes  pieuses 
deux  Testaments,  les  enseignements  du  dogme  et  de  la 
lorale  catholique  dans  le  môme  but  que  les  vitraiLV  colo- 
îés ,  dont  ils  inspirèrent  sans  doute  la  première  idée  ;  el 
comme  objets  de  peinture ,  ils  durent  invoquer  les  mômes 
éléments,  s'emparer  des  mômes  motifs  d'ornementation  et 
reproduire,  au  profit  de  Fœil  et  de  l'esprit ,  la  zoologie,  la 
botanique  et  toutes  les  scènes  animées  de  la  vie  humaine 
où  figurèrent  les  hybrides ,  les  démons ,  et  les  monuments 
de  tous  les  styles  chrétiens.  Ces  petits  tableaux ,  en  tant 
qu'ils  reproduisent  toujours  des  épisodes  hagiologiques,  ont 
maintes  fois  éclairé,  soit  parleurs  détails,  soit  par  les  inscrip- 
tions qui  n'y  sont  pas  rares ,  sur  des  faits  depuis  longtemps 
restés  obscurs  ou  incertains.  On  les  voit  partout  épars,  sur- 


302  HISTOIRE  DU  SYMBOUSME. 

tout  du  onzième  au  quinzième  siècle ,  servant  Dieu  à  lenr 

manière,  par  une  heureuse  rivalité  avec  les  verrières  desbasi- 

qa*ik    désertent  Uques,  avcc  Ics  miniaturcs  des  bréviaires  et  des  missels.  Leur 

pour  Part  profane         '■ 

deiaiuiudflMBco.  étudc  rentre  donc  parfaitement  dans  celle  de  nos  symboles 

religieux  :  comme  eux ,  ils  ont  leurs  périodes  de  gloire  ; 
avec  eux  ils  vivent  et  meurent  ;  car,  en  même  temps  que 
les  peintres  verriers  abandonnaient  l'église  pour  le  château, 
l'émail  passait  des  trésors  sacrés  aux  emplacements  pro- 
fanes, et ,  aux  seizième  et  dix-septième  siècles,  on  le  voyait 
beaucoup  moins  adapté  aux  reliquaires ,  aux  croix  et  aui 
bénitiers ,  qu'aux  chandeliers  de  table ,  aux  aiguières  de 
l'antichambre  et  aux  salières  du  dressoir. 
Diffieoit^  d*j  re-      Qu  n'a  pas  luauqué ,  de  nos  jours,  à  ramener  cette  belle 

Tenir  «iOottrd*hul.  *^  .  '  '' 

parure  vers  les  objets  d  orfèvrerie,  qu'ils  peuvent  singuliè- 
ment  embeUir.  Mais,  outre  qu'on  ne  sait  pas  s'en  tenir  à  de 
simples  et  légères  arabesques,  à  des  fleurs  encore  plus  signi- 
ficatives, à  quelques  animaux  au  caractère  bien  déterminé, 
on  ne  sait  pas  assez  non  plus  se  résoudre  à  conformer  le 
style  des  épisodes,  ni  même  la  simple  représentation  émaillée 
des  Saints,  à  celui  du  meuble  qui  se  les  adapte.  Les  émaux 
atteignent  d'ailleurs  à  des  prix  excessifs  qui  doublent  tout 
d'abord  celui  d'un  calice,  d'un  ciboire  ou  d'une  monstrance  : 
autant  de  bonnes  raisons  pour  que  l'émail  ne  reprenne  guère 
parmi  nous  ses  hautes  et  antiques  destinées.  Heureusement 
on  peut  s'en  passer,  puisqu'il  n'est  essentiel  à  aucun  de  nos 
vases  précieux.  Ce  qui  importe  surtout ,  c'est  le  soin  que 
doivent  se  donner  nos  orfèvres  de  leur  attribuer  des  formes 
générales ,  des  détails  spéciaux  et  des  accompagnements 
symboliques  dont  rien  ne  trahisse  une  étude  insuffisante 
non  plus  que  l'inexpérience  de  l'artiste  (^}. 
Époque  de  Char-      Lcs  sièclcs  archéologiqucs  ont  parfaitement  compris  cette 

(1)  On  peut  con9ulter  avec  fruits  pour  l'histoire  et  la  connaiBeanee 
des  émaux,  rintéresaant  Essai  sur  les  argentiers  et  Us  émailleurs  de 
Limoges,p6iVàbhé  Texier,  in-S»,  Poitiers,  1843;^  Dussieux,  Rgchercha 
$ur  Vhisiaire  de  la  peinture  en  émail,  in-S»,  Paris,  1841  • 


L*ORFÉVRBIIIB  SACRÉE.— CHABLBMAGNE.  303 

sorte  de  convenances.  En  suivant  b  chronolofrie  de  Tact,  i«nâ«iie;-.«Mftc- 

o  /    U,P^  élevé  de  ce 

depuis  rillustre  berceau  que  lui  firent  les  habiles  orfèvres  s^nd  prinoe. 
plus  ou  moins  connus  depuis  Constantin  jusqu'à  Charle- 
magne,  nous  pouvons  encore  trouver  sous  ce  dernier 
prince ,  dont  on  sait  tout  l'amour  pour  TÉglise ,  de  nom- 
breux et  magnifiques  témoignages  d'immortels  succès.  On 
les  devait  en  partie  à  son  génie,  qu'électrisaient  les  grandes 
choses.  Sans  prétendre  à  marcher  devant  son  siècle  pour 
satisfaire  à  des  appétits  maladifs  de  gloire  humaine  et  d'am- 
.  bition  terrestre,  il  eut  un  double  but ,  digne  de  la  grandeur 
de  son  âme,  et  que  ne  comprend  plus  notre  époque  saturée 
des  passions  contraires  et  abaissée  par  elles  autant  que  le 
grand  homme  avait  élevé  la  sienne.  La  gloire  de  Dieu,  le  bon- 
heur de  ses  peuples  furent  ses  deux  mobiles,  et  inspirèrent 
son  zèle  pour  la  religion  et  son  culte  pour  les  arts  qui  la 
glorifient.  On  sait  l'énergique  splendeur  de  sa  législation. 

On  découvre,  chaque  jour  encore  dans  quelques  églises ,  ^  son  ziie  pour 
mais  surtout ,  hélas  !  dans  nos  musées,  illégitimes  héritiers  ffieose. 
de  tant  de  dépouUles  sacrées,  d'inappréciables  témoins  du 
zèle  artistique  de  Gharlemagne  et  de  ses  encouragements 
dévoués.  Les  églises  rhénanes ,  {noins  appauvries  par  les 
malheurs  des  temps ,  sont  encore  pleines  de  monuments 
d'orfèvrerie  qu'on  lui  attribue  et  que  leur  cachet  rattache 
effectivement  à  sa  mémoire.  On  y  reconnaît  les  précieuses 
analogies  qui  rapprochent  toujours  de  l'architecture  d'une 
époque  les^  arts  qui  se  plurent  à  en  reproduire  dans  le  mo- 
bilier les  caractères  distinctifs.  C'est  ainsi  qu'on  parvient 
à  classer  selon  leur  siècle  véritable  les  petits  chefs- 
d'œuvre  que  Torfévrerie  multiplia  pour  les  églises  bizan- 
tines ,  lombardes  ou  purement  romanes  que  créa  si  nom- 
breuses l'ère  mémorable  où  le  grand  monarque  savait 
s'entourer  d'Alcuin ,  d'Éginard,  de  Paul  Warnefride,  et  les 
appliquer  à  seconder  ses  vues  en  faveur  des  sciences  et  des 
arts,  non  moins  que  pour  les  développements  de  sa  vaste  et 
intelligente  administration. 


304  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

coi^iJf**^'  ***      Ainsi ,  celui  qui  dotait  les  basiliques  de  ces  puissantes 

orgues  si  propres  à  en  relever  l'action  morale  ne  pou- 
vait leur  mesurer  ni  l'or ,  ni  l'argent,  ni  les  pierres  pré- 
cieuses. Il  donna  tout  avec  une  magnificence  digne  de 
lui.  Le  trésor  de  Conques  doit  à  sa  générosité  ou  à  d'autres 
pieuses  mains  de  son  époque  ce  fameux  A  en  argent  doré 
de  Charlemagne  qui ,  soit  qu'on  en  ait  voulu  faire  par  ses 
ordres  la  première  des  vingt-deux  lettres  qui  devaient 
répondre ,  pour  chaque  abbaye  de  sa  fondation ,  à  l'ordre 
chronologique  de  sa  charte  fondamentale,  soit  qu'il  ait 
été  seulement  un  de  ces  Alpha  qui ,  au  neuvième  siècle, 
ne  manquaient  jamais  de  correspondre  à  YOméga  placé  à 
l'autre  côté  d'une  crucifixion,  n'en  reste  pas  moins  un 
des  plus  beaux  exemplaires  des  bijoux  dont  le  travail  se 
couvrait  des  charmantes  délicatesses  du  filigrane  et  des 
vives  couleurs  de  cabochons  aux  formes  variées.  Là  se 
voit  encore  une  de  ces  intailles  antiques  dont  nous  parlions 
tout  à  l'heure.  Elle  est  en  cornaline  et  représente  une  Vic- 
toire écrivant  sur  un  bouclier  quelques-uns  de  ses  triom- 
phes. Si  cette  attribution  était  une  allusion  réfléchie  plutôt 
que  reflet  d'un  de  ces  nombreux  hasards  que  nous  avons 
signalés ,  elle  était  heureuse  et  convenait  bien  au  noble 
fondateur  de  l'empire  d'Occident  (4). 

etMtbiioQxsym-      Cc  même  trésor  de  Conques  avait  bien  d'autres  richesses 

boUquef.  *  , 

de  ce  genre.  Sa  rare  parure  de  pierres  serties  donnée  à  lA 
de  Charlemagne  n'avait  guère  pourvu  à  d'autre  symbo- 
lisme que  celui  indiqué  par  le  nom  et  la  couleur  propre  à 
chacune  d'elles.  Mais  des  objets  non  moins  précieux  de 
cette  inestimable  collection  se  recommandent  encore  par 
stAtaedeS'Toi.  dcs  caractères  plus  tranchés  :  telle  est  la  statue  en  or  re- 
poussé, et  haute  de  85  centimètres,  de  S^^Foi,  honorée 
à  Agcn  et  à  Conques ,  et  dont  le  nom  a  persuadé  à  l'habile 


(1)  Voir  Annales  arrhéuL,  XX  ,î64.-.Ce8  objets  ont  flgaré  à  Texpo- 
Bition  universelle  de  1867^  à  Paris». 


L*ORPÉVRERIB  SACRÉE.  —  TRÉSOR  Dfi  CONQUES.        305 

fabricant  que  les  principaux  mobiles  de  la  foi  chrétienne 
devaient  en  former  la  majestueuse  ornementation.  Ainsi , 
ses  deux  mains  présentent  deux  petits  cylindres  creux , 
destinés  peut-être  à  tenir  des  reliques  qu*on  y  pouvait 
ajouter  en  certaines  occasions;  sa  robe  est  tonte  garnie 
de  pierres  fines  et  d'intailles  ,  de  rosettes ,  d*orfrois ,  de 
rangs  de  perles,  qu*on  y  attacha  à  des  époques  différentes. 
L*émail  et  le  filigrane  y  figurent  à  profusion.  Un  cristal  de 
roche  y  représente  en  gravure  la  crucifixion  du  Sauveur 
avec  S.  Jean  et  Marie  ;  il  a  pour  parallèle  ,  à  côté  du  pied 
droit  de  la  statue ,  VAgnus  Dei  portant  son  pennon.  Sur  le 
devant  de  la  robe  est  un  buste  d'une  belle  et  grave  com- 
position :  c'est  le  Sauveur  bénissant  et  accompagné  du  Té- 
tramorphe.  Tout  n'est  pas  aussi  ancien  dans  ces  détails  que 
la  statue  elle-même,  qui  n'est  autre  chose  qu'un  magnifique 
reliquaire  ;  mais  l'ensemble  indique  bien  par  ses  portions 
primitives  qu'il  faut  en  glorifier  le  siècle  dé  Gharlemagne. 

Ajoutons  à  cette  mention  celle  de  plusieurs  autels  porta-  Autois  poruat» 
tifs  très-propres  à  donner  une  juste  idée  de  ces  petits  Mmem»uo*li.*  ^^ 
meubles  à  cette  époque,  et  bien  avant.  Gharlemagne, 
Louis  le  Débonnaire  et  Charles  le  Chauve  donnèrent ,  soit 
à  Saint-Pierre  de  Rome,  soit  au  couvent  dHildesheim  et 
à  celui  de  Saint-Denys,  des  autels  portatifs  d'une  utilité 
incontestable  pour  les  voyages  lointains  et  pour  les  courses 
apostoliques  confiées  aux  moines  dans  une  foule  de  con- 
trées où  des  églises  n'existaient  pas  encore.  De  ces  tables 
mobiles ,  beaucoup  étaient  sans  doute  d'une  facture  très- 
simple  et  d'une  modique  ornementation;  mais  d'autres 
aussi ,  et  surtout  celles  que  des  princes  ne  manquaient  pas 
d'empreindre  d'une  magnificence  relative ,  recevaient  des 
encadrements  en  plaques  d'or  et  d'argent  reproduisant  en 
ciselures  les  feuilles  d'eau  ,  symbole  du  baptême  ou  de  la 
pureté  sacerdotale ,  les  animaux  apocalyptiques  insépara- 
bles du  Sauveur  dans  son  sacrifice ,  ou  l'image  de  l'Agneau 
sans  tache;  et  le  tout  accompagné,  comme  toujours,  de 
T.  IV.  20 


306  lUSTOmE  DU  SYMBOUSMB. 

compartiments  en  filigrane   enchâssant  des  onyx ,  des 

agates ,  des  émeraudes  et  des  saphirs ,  dont  nous  savons  le 

mystérieux  langage. 

Splendeur  de      Qu  restc  frappé  d'une  sorte  de  stupéfaction  en  lisant 

quatrième  an  nea-  daus  Auastase  la  dcscriptlon  dcs  innombrables  merveilles 

Tlème  •ièolo  I 

produites  par  la  main  des  orfèvres  du  quatrième  au  neu- 
vième siècle.  Le  patient  écrivain,  qui  mourut  vers  870, 
et  dont  les  travaux  ont  certes  contribué  beaucoup  à  déve- 
lopper dans  les  générations  suivantes  Tamour  et  le  goût  des 
belles  choses  dont  il  avait  parlé ,  ne  sert  pas  peu  à  com- 
pléter sur  son  époque  et  les  temps  antérieurs  les  notions 
que  nous  devons  nous  en  faire  ;  ses  descriptions  peuvent 
être  d'une  grande  ressource  à  qui  veut  étudier  cette  ma- 
tière. On  y  comprend  comment,  à  la  suite  des  Papes,  qai 
rivalisaient  dès  leur  avènement  de  goût  et  de  libéralité 
pour  leurs  églises  ,  les  grands  durent  eux-mêmes  suivre 
cet  élan  et  ne  rien  refuser  à  leur  généreuse  dévotion  (4). 


(1)  Voir  MabilloD^  ÂcL  ord.  SancH-Benedicti,  preafat.^  ssbciii,  n*  78; 
—  Muratori,  Scriptor.  rer.  UaL,  in  Vtta  Leonis  III  paps,  t.  UI. — 
L'abbé  Migne  a  donné  dans  sa  Patrologie  latine  les  trois  voulames  des 
Œuvres  d'Anastase^  qui  forment  le  i2T  et  les  deux  suivants  de  la  col- 
lection. —  Le  128«  contient  le  Liber  Ponlificalis  •  dont  rimportance 
n'empêche  pas  que  la  lecture  n'en  soit  trôs-ardue  par  suite  des  diffi- 
cultés de  la  traduction ,  un  grand  nombre  de  termes  fort  intelligibles 
du  temps  de  l'auteur  s'étant  obscurcis  dans  la  suite  à  force  de  syno- 
nymes, ou  même  d'interprétations  qui  n'ont  pas  toujours  été  assex 
heureuses.  L'édition  latine,  que  nous  suivons  ici,  est  accompagnée  des 
commentaires  très-succincts  des  éditeurs  précédents ,  tels  que  :  les 
frères  Bianchini ,  qui  éditèrent  Anaslasc  en  quatre  volumes  in-t;  de 
1718  à  1735;  l'abbé  Vignali,  qui  le  donna,  de  1724  à  1753,  en  trois  voL 
in-4^  après  vingt  années  de  recherches,  et  enfin  Muratori,  qui  accom- 
pagna sa  grande  publication  de  plusieurs  dissertations  empruntées  à 
des  savants  venus  avant  lui  ou  à  son  époque.  C'est  d*après  ces  sources 
qu'il  faudrait  travailler  &  une  nouvelle  édition,  dont  le  texte  serait 
éclairé  par  une  version  réOécbie  d'après  les  nombreuses  études  qu'il  a 
inspirées.  Un  tel  ouvrage  ne  serait  pas  moins  utile  aux  sciences  ar- 
chéologiques que  tant  d'autres  qui  de  notre  temps  ont  fait  revivre  ùtt- 
rant  de  Mende  et  Théophile.  Ce  livre,  d'ailleurs  j  rendrait  aussi  des 
services  à  l'histoire.  Ses  renseignements,  remarquables  par  leur  grande 
précision,  sont  parfaitement  sûrs  et  tirés  des  sources  les  plot  authen- 


l'orfèvrerie  sacrée.— ses  belles  époques.      307 

Le  siècle  qui  suivit  ces  belles  expressions  de  la  pensée  v^  ^  dizi^e 
artistique  a  moins  de  retentissement  dans  l'histoire  de  l'art,  t^r». 
parce  que  des  troubles  politiques  absorbèrent  les  préoccu- 
pations du  monde  ;  mais  ces  malheurs  accablèrent  surtout 
l'Italie.  En  France,  l'abbé  Lebœuf  l'a  constaté ,  et,  après 
lui,  M.  Labarte ,  rien  ne  fut  changé.  Des  évèques ,  comme 
Gaudry  et  Guy  à  Auxerre ,  Séguin  à  Sens ,  et  d'autres  non 
moins  éclairés,  s'appliquèrent  à  maintenir  le  niveau  de 
l'art  (4).  On  ne  travailla  pas  moins  dans  les  monastères , 
où  les  lettres  s'étaient  réfugiées ,  à  ce  noble  complément 
de  la  vie  littéraire  ;  et  les  études,  qui  bientôt  y  reprirent 
un  essor  plus  énergique  au  souffle  du  onzième  siècle  ,  Le  onxi&me  «- 
durent  beaucoup  de  leur  influence  à  Faction  intelligente  du  mt,  **  "^"^* 
pieux  roi  Robert.  M.  du  Sommerard  nomme  sous  son  règne 
fécond  un  grand  nombre  de  moines  qui  pratiquèrent  l'or- 
fèvrerie (2).  Tout  ce  que  l'art  put  donner  au  culte  chrétien 
lui  fut  prodigué  avec  les  heureuses  variantes  qu'impri- 
maient à  la  forme  certains  progrès  eflectués  déjà  dans 
Texercice  du  dessin;  mais  toujours  indépendant  de  la 
forme ,  le  symbolisme  avait  sa  place  obligée  en  tous  les 
travaux  de  la  pensée  religieuse  ;  il  y  continuait  son  ensei- 
gnement ,  et  il  dota  les  vases  sacrés ,  les  chandeliers ,  les 


tiques:  ce  qui  réfute  suffisamment  l'espèce  de  reproche  fait  à  Anastase 
par  on  biographe  moderne^  de  n'être  pas  l'auteur  de  ses  Vies  des  Papes, 
mais  de  les  avoir  tirées  des  anciens  catalogues,  des  Actes  des  Mar- 
tyrs, etc.  :  comme  ai  un  historien  pouvait  rien  inventer  et  ne  devait  pas 
nécessairement  recourir,  pour  la  construction  de  son  édifice,  à  des  ma- 
tériaux Jetés  avant  lui  çà  et  là,  où  il  doit  se  donner  la  peine  d'aller  les 
explorer,  les  choisir  et  les  prendre  i  Le  mérite  de  l'historien,  comme 
celui  d'un  orfèvre,  est  dans  la  mise  en  œuvre  de  sa  matière ,  qu'on  lui 
donne  toute  brute  et  qu'il  se  charge,  non  sans  beaucoup  de  difficulté 
et  de  travail,  d'examiner,  de  coordonner  et  de  polir. 

(1)  Voir  M.  Labarte,  Histoire  de  l'orfèvrerie,  ^  v,  dans  Le  Moyen  Age 
et  ia  Renaissance,  t.  III.  Ce  travail  est  sans  contredit  un  des  mieux 
pensés  et  des  mieux  écrits  de  ce  recueil.  U  énonce,  avec  beaucoup  de 
netteté  et  une  érudition  sûre ,  des  notions  sur  lesquelles  beaucoup  des 
autres  collaborateurs  auraient  eu  raison  de  se  régler. 

(2)  Voir  ùe$  Arts  au^  rmyen  âge,  t  ni,  p.  204. 


308  HISTOIIIE  DU  SYMBOLISME. 

autels  et  tous  leurs  accessoires  de  la  même  cstliétique 

donnée  aux  sculptures,  aux  fresques  et  aux  Ycrrières. 

Rapports  «ntre  Aussi  faut-U  moins  regretter  que  la  rénovation  de  presque 

i  ityle  des  monn-  v  *  «  «. 

lents  et  celui  de  toutcs  Ics  égUscs  à  la  fiu  du  dixième  siècle  et  au  com- 

orfévrerie        de  "  .,  -^  •    z      j  .    • 

baque  époque,    meucement  du  onzième  nous  ait  privés  des  spécimens 

d'orfèvrerie  qui  alors  furent  fondus  en  très-grand  nombre 
et  soumis  aux  formes  nouvelles  créées  pour  les  monuments 
de  répoque  romane.  En  comparant  les  bijoux  et  les  vases 
sacrés  des  races  mérovingiennes  avec  le  style  de  leurs 
églises ,  on  en  reconnaît  la  ressemblance  de  famille  et  les 
frappantes  analogies.  Ce  qui  nous  reste  de  Tarcliitecture 
lombarde  nous  dit  donc  suffisamment  quelle  orfèvrerie 
nous  avons  perdue.  Et  encore  n'avons-nous  pas  tant  à  re- 
gretter :  de  précieuses  épaves  nous  sont  restées ,  et  ces 
œuvres  merveilleuses,  classées  dans  les  trésors  de  quelques- 
unes  de  nos  plus  illustres  basiliques,  continuent  du  moins 
à  y  attester  la  belle  et  savante  unité  que  nos  pères  surent 
toujours  maintenir  aux  inspirations  de  la  science  et  de  Fart. 
Le   douzième      Mais  uous  pouvous  affirmer  que,  par  suite  des  principes 

ècle  plus  be*u  '  ...  ,  ,  *  j 

e  style ,  et  d'un  quc  uous  cxposous  ICI,  rieu  ïi  a  valu  en  aucun  temps,  dans 
sôond.  "*  ^  "*  l'orfèvrerie  comme  dans  l'architecture,  cette  savante  pensée 

du  douzième  siècle  que  nous  avons  signalée  plus  d'une  fois 
avec  sa  perfection  symbolistique  çt  le  grandiose  de  son  ex- 
pression à  la  fois  sévère  et  gracieuse.  Cette  époque  a  eu  le 
rare  bonheur  d'arriver  jusqu'à  nous  par  beaucoup  d'œu- 
vres  que  nos  églises  gardent  encore  ,  que  nos  musées  ap- 
précient beaucoup  mieux  (malheureusement  !)  que  beau- 
coup d'entre  elles,  et  qui  reproduisirent  sous  la  main  qui 
maniait  les  métaux  toutes  les  beautés  symboliques  dont  le 
sculpteur  ornait,  dans  ce  même  temps,  les  chapiteaux,  les 
La  dinanderie  modillous,  Ics  façadcs  ct  Ics  tours  des  plus  belles  églises.  Alors 
frreriê^wciéliM'  le  bronze ,  l'or ,  l'argent  se  façonnent  aux  plus  mystiques 
^'*'  exigences  de  la  pensée  humaine ,  et  tout  ce  qui  peut  charmer 

le  regard  ou  délecter  l'intelligence  accourt  au  commande- 
ment de  chaque  maître  et  rivalise  à  glorifier  le  métal.  C'est 


L*ORFÉVRERIE  SACRÉE.— LA   DINANDERIE.  309 

vers  ce  temps  que  Fart  devint  plus  facile ,  et  parfois  attei- 
gnit néanmoins  l'effet  que  se  proposaient  les  orfèvres  en 
employant  la  fonte  et  le  cuivre ,  qui ,  traités  par  le  ciseau 
ou  le  repoussoir,  produisaient  de  merveilleux  ouvrages 
dont  la  valeur  matérielle,  de  beaucoup  diminuée,  n'ôta  rien 
cependant  au  mérite  de  l'œuvre  ,  et  ne  lui  refusa  rien  de 
celui  qu'elle  pouvait  acquérir  d'une  ornementation  très- 
riche  par  les  émaux ,  la  niellure  et  les  pierreries. 

Cet  utile  procédé  de  dinanderie  avait  eu  son  origine  dans 
les  ateliers  de  Dinant ,  en  Belgique ,  où  se  fondaient  et  s'é- 
laboraient d'abord  les  plus  communs  ouvrages  en  cuivre 
pour  la  vie  domestique.  Dinant  trouva  dans  ce  commerce 
une  source  de  richesses  et  s'acquit  un  renom  que  troublèrent 
trop  les  guerres  du  quinzième  siècle ,  après  lesquelles  on 
ne  vit  plus  sortir  des  mains  de  ses  ouvriers  que  très-peu 
d'ouvrages  remarquables  (^).  C'est  donc  avec  tous  ces  élé- 
ments si  divers  que  se  firent ,  pendant  les  règnes  de  Louis 
le  Gros,  de  Louis  le  Jeune,  de  Philippe- Auguste  et  de 
Louis  Vin  (^  1 08-1 226) ,  les  beaux  meubles,  les  vases  élé- 
gants que  Forfévrerié  put  consacrer  à  nos  temples.  Il  n'était  L'autti  desâi 
pas  rare  alors  de  voir  des  autels  d'or,  comme  celui  de  Bâle , 
l'un  des  plus  beaux  dont  s'honore  le  musée  de  Cluny,  et 
dont  la  devanture  représente  le  Christ  nimbé,  debout , 
bénissant  de  la  droite ,  et  de  la  gauche  tenant  la  boule  du 
monde,  et  qu'entourent  avec  S.  Benoit  les  trois  anges  Mi- 
chel ,  Gabriel  et  Raphaël  pourvus  chacun  de  leur  attribut 
symbolique.  Les  châsses,  ou  reliquaires,  ne  sont  pas  moins     châsse  do  m 

,  ,  lée  de  Broxell< 

séduisantes ,  et  nous  ne  croyons  pas  qu  aucune  de  cette 
époque  surpasse  en  magnifiques  détails,  non  plus  que  par 
l'élégance  de  la  forme  générale ,  celle  pour  laquelle  un 
artiste  resté  inconnu  s'inspira  aux  bords  du  Rhin  des  tra- 
ditions romanes  ;  elle  appartient  au  musée  archéologique  de 


(l)  Texier,  Dict.  dorfévr.,  col.  615.  •  Encyclop.  des  arts  et  met*  du 
dix-huitième  siècle,  v«  dinanderie. 


V 


310  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Bruxelles  :  c'est  une  église  complète ,  à  trois  nei^ ,  avec  les 
deux  tours  de  la  façade ,  et  deux  autres  s'élevant  à  son 
chevet  oriental.  De  longues  énumérations  n'épuiseraient  pas 
la  liste  de  ces  charmantes  miniatures  des  plus  somptueux 
édifices  qui  ont  prêté  toute  leur  esthétique  et  tout  leur  lan- 
gage doctrinal  à  ces  précieuses  reproductions  des  plus 
savants  efforts  de  l'art  divin  (4). 
Génie  et  tra-      Nous  peusous ,  avcc  dc  gravcs  autorités  dont  les  recher- 

Taoz    du    moine  ^  ^ 

Théophue  ;         ches  et  les  réflexions  ont  pu  le  constater  comme  un  fait 

plus  que  probable ,  qu'il  faut  assigner  à  ce  douzième  siècle , 
aussi  artiste  que  théologien ,  l'existence  du  moine  inconnu 
d'un  monastère  encore  ignoré  qui,  sous  le  nom  plus  ou 
nioins  allégorique  de  Théophile,  écrivit  un  traité  Des  divers 
Arts  (2)  pour  guider  l'intelligence  et  la  main  de  ceux  qui 
devaient  s'appliquer  à  embellir  ou  meubler  la  maison  de 
Dieu.  Il  était  prêtre;  il  est  pour  nous  un  témoin  de  plus 
affirmant,  comme  nous  l'avons  prouvé  si  au  long  dans  cet 
ouvrage ,  la  part  exclusive  que  le  clergé  prit  ou  fit  prendre 
sous  sa  conduite ,  jusqu'à  la  fin  du  treizième  siècle,  à  tous 
les  travaux  d'architecture  ou  d'ornementation  sacrée.  Pour 
parler  de  la  matière  avec  tant  d'aptitude  et  avec  une  con- 
naissance si  variée  et  si  complète  des  divers  procédés  em- 
ployés là  ou  là  ;  pour  réussir  à  chacune  des  œuvres  dont  il 
traite ,  il  fallait  à  l'humble  religieux  autant  de  goût  que  de 

(1)  Bf .  Didron  a  donné,  dans  le  dix-neaTième  Tolume  de  ses  Ârmaks 
archéologiques ,  une  suite  d*articles  qui  sont  une  véritable  nomencla- 
ture de  tous  les  objets  d'orfèvrerie  que  l'art  a  mis  au  service  de  rÉglise. 
Nous  exhortons  à  le  lire  ou  à  le  consulter  pour  trouver  dans  le  texte  et 
dans  les  gravures  une  foule  de  spécimens  très-propres  à  inspirer  an 
choix  éclairé  pour  l'étude  ou  la  confection  de  ces  objets  si  importante. 
Il  est  vrai  que  les  gravures  en  sont  trop  petites  pour  être  par  elles- 
mêmes  d'une  véritable  utilité.  On  en  voit  plutôt  la  forme  générale  que 
les  détails;  mais  aussi  beaucoup  d'elles  ont  été  reproduites  sur  une 
échelle  convenable  dans  la  vaste  collection  de  l'éminent  archéologue, 
où  l'on  peut  toujours  les  consulter  comme  de  véritables  modèles. 

(2)  Theophili  presbyUri  et  monachi  libri  III,  seu  diversarum  ariium 
Schedula,  dont  la  dernière  édition  a  été  donnée  avec  la  traduction  en 
regard  du  texte,  en  1843,  in-l*,  par  M.  de  l'Escalopier. 


r 


L*ORFÉVRERtS  &AGRÉB.  —  LE  MOIlfE  THÉOPHILE.        344 

savoir»  acquis  en  de  nombreux  voyages,  et  dont  avait  profité 
son  esprit  observateur.  C'est  une  sorte  d'encyclopédie  dans  •<>»  sckêduia  ai- 
laquelle  vivent  toutes  les  méthodes  d'action  dont  les  arts 
étaient  devenus  susceptibles  de  son  temps  ,  et  il  y  a  de  quoi 
s'étonner,  lorsqu'on  connaît  l'histoire  de  l'art ,  de  trouver 
dans  un  traité  qui  ne  peut  avoir  aujourd'hui  moins  de  six 
cents  ans  des  notions  qui  nous  prouvent  à  quel  point  se 
sont  trompés  nos  écrivains  modernes  quand  ils  ne  datent 
la  peinture  sur  toile  que  du  quinzième  siècle ,  et  la  poterie 
émailléeque  du  siècle  suivant.  Beaucoupdepagesdeviennent 
l'objet  de  semblables  étonnements  quand  on  les  voit  pleines 
de  révélations  dont  on  peut  user  aujourd'hui ,  et  qui  nous 
reportent  au  moyen  ftge  en  faveur  de  la  peinture  sur 
verre ,  de  la  dorure  des  métaux  par  le  mercure ,  de  l'écri- 
ture en  lettres  d'or  pour  les  manuscrits ,  du  polissage  des 
émaux  après  leur  cuisson.  Ce  n'est  pas  tout  :  ce  que  furent 
au  seizième  siècle  les  grands  artistes  de  l'Italie ,  que  l'his- 
toire nous  représente  comme  également  habiles  dans  les 
arts  qui  tiennent  à  la  construction  et  à  l'ornementation  des 
églises  et  des  palais ,  Théopiiile  l'avait  été  plus  de  trois 
siècles  avant  eux ,  et  il  en  donne  la  preuve  dans  ce  cahier 
{$€hedula) ^  Aowi\Q  titre  modeste  n'est  qu'un  contraste  de 
plus  avec  le  mérite  d'un  encyclopédiste  qui  s'est  obstiné  à 
demeurer  aussi  obscur  que  savant.  Et  quel  cahier  que  ce 
livre  de  cent  cinquante-six  chapitres  ,  où  tout  ce  qui  peut 
passer  sous  la  main  de  l'homme  pour  décorer  la  maison  de 
prières  est  exposé ,  discuté ,  décrit  dans  ses  moindres  dé- 
tails, depuis  l'outillage  jusqu'aux  plus  belles  pièces,  depuis 
l'encensoir  de  cuivre  jusqu'au  calice  d'argent  et  d'or! 
'  Une  des  œuvres  les  plus  remarquables  de  Théophile,  une  Enc«i«)b  «xé- 
de  celles  qui  nous  montrent  le  plus  évidemment  de  quelle  pi», 
large  façon  il  comprenait  l'art  chrétien  et  le  symbolisme 
qu'il  y  voulait  appliquer,  c'est  le  grand  encensoh*  dont  il 
fait  la  description  au  chapitre  lix  du  livre  III  de  son  Traité. 
Ce  n'est  point  une  œuvre  qui  existe  encore  ;  il  dit  comment 


eutë   d'apte  ion 


342  HISTOIRE  DU  STMBOUSME. 

le  disciple,  le  fils  (fili  mi) ,  auquel  il  s'adresse,  procédera 
pour  accomplir  ce  beau  vase  destiné  aux  parfums  du 
Seigneur  ;  et  c'est  une  heiu'euse  inspiration  due  à  ce  texte 
latin  traduit  par  deux  archéologues  de  mérite  {\)  qui  nous 
symboïkme  de  en  a  valu  la  belle  iconographie.  Ensemble  et  détails,  c'est 

renoensoir  et  de    ,.     ^    ,  .  or  ,         ,      . 

l'encens.  là,  très-certamcment,  un  ouvrage  de  premier  ordre,  égale- 

ment admirable  d'esthétique  et  de  composition.  Qu'est-ce 
qu'un  encensoir  ?  un  vase  destiné  à  porter  vers  le  ciel  les 
plus  pures  senteurs  de  la  terre,  celles  qui,  par  leur  simpli- 
cité ou  par  le  mélange  de  plusieurs  substances  aromatiques, 
sont  destinées  par  la  sainte  liturgie  à  représenter  devant 
Dieu  les  prières  des  Saints  (2).  —  Partant  de  cette  donnée 
si  fréquente  dans  nos  livres  bibliques  (3)  ;  se  souvenant  que 
l'encensoir  est  l'âme  et  que  l'encens  en  sort  pour  s'élever 
vers  le  ciel,  et  que  le  feu  qui  le  consume  est  le  symbole  de 
la  charité  qui  l'offre  à  Dieu  (4) ,  il  donne  à  ce  vase  l'aspect 
d'une  ville  fortifiée  ;  car,  selon  S.  Grégoire,  sous  le  nom  de 
ville  nous  désignons  la  Patrie  céleste  ;  c'est  aussi  l'Ëgltse, 
Jérusalem  de  la  terre  toujours  unie  à  la  (Mté  étemelle  (5)  ; 
et  de  ces  belles  données  surgit  un  symbole  de  plus,  qui  va 
nous  associer  à  tout  ce  que  nous  savons  de  plus  beau  tou- 


(1)  Cf.  Bulletin  monvm entai,  t.  XIV,  i85  et  soiv.;  —  mais  surtout 
Didron,  Annal,  archéolog.,  VIII,  95  et  Buiv.,  où  une  belle  planche, 
gravée  par  M.  Gaucherel  d'après  le  dessin  habile  de  M.  Viollet-Leduc, 
reproduit  toutes  les  idées  du  texte  et  en  fuit  le  plus  beau  morceau  de  ce 
genre  qu'on  puisse  inventer  et  exécuter. 

(2)  «  Seniores  habentes  phialas  aureas  plenas  odoramentorum,  que 
sunt  oratioues  Sanctorum.  »{Apoc,f  yni,  8.)— Voir  l'exposition  de  ce 
texte,  ci-dessus,  t.  II,  p.  191. 

(3)  «  Dirigatur  oratio  mea  sicut  incensum,  Domine,  in  conspectu 
tuo.  »  {Ps.,  CXL,  2.}— «  Tbus,  devotio  oratiouis,  »  dit  Raban-Maur.  mit 
S.  Matth.,  II,  11. 

(4)  Mystica  sunt  tm,  thns,  ignis  :  quia  rase  notator 
liens  pia;  thoMi  preoes  ;  ignc,  supenras  amor. 

{Distinct,  monast.y  apnd  Dom.  Pitra, 
Spieiieg.  Solêim^  t.  II,  p.  418.) 

(5)  a  Civitatis  nomine  patria  cœlestis  exprimitur  :  Sapientia  misit 
ancillas  suas  ut  vocarenl  ad  arcem  et  ad  mœnia  Civitatis^  »  dit  S.  Grég., 
Spidlcg,,  U|  169. 


qae. 


L'ORFÉVRERnS  SACRÉE. —  LE  MOmE  THÉOPHILE.        343 

chant  cette  cité  d'En-Haut  qui  nous  est  ouverte  et  nous  attend. 
Notre  yase  se  partage  donc  en  trois  zones,  qui  toutes  vont 
correspondre  par  leur  iconographie  au  religieux  enseigne- 
ment d'où  naissent  pour  notre  foi  les  mystérieux  rapports 
qui  relient  le  ciel  à  la  terre,  l'ancienne  Loi  à  la  nouvelle. 
On  voit  tout  d'abord  une  forme  générale  d'éirlise  consti-      omemwiuuon 

^  <=*  tonte  puiMe  dan» 

tuant  une  croix  grecque.  L'étage  inférieur  initie  à  la  suite  |f_j"«"  «^«g*- 
des  pensées  surnaturelles  qui  vont  se  développer  dans  les 
autres.  Sur  chaque  face,  et  distribués  par  trois,  les  douze 
Prophètes  tiennent  leur  phylactère  ;  ils  garnissent  l'irilé- 
rieur  d'une  porte  à  encorbellement  que  surmonte  un  triple 
pignon  et  qu'entourent  une  série  de  fenêtres  trilobées. 
Deux  tours  flanquent  ce  premier  étage  en  s'élevant  jusqu'à 
la  hauteur  du  troisième ,  où  elles  s'unissent  à  une  autre 
tour  intermédiaire  pour  établir  avec  elle  ime  plate-forme 
crénelée  au-dessus  de  la  toiture  du  transsept.  Quatre  anges 
armés  d'un  bouclier  et  d'une  lance  veillent,  comme  des 
sentinelles  attentives,  pour  garder  la  Gilé  contre  toute  sur- 
prise (I).  Au  second  étage,  et  comme  remplissant  dans  la 
nouvelle  alliance  les  fonctions  préparées  par  les  Prophètes, 
les  quatre  Ëvangélistes  se  tiennent  debout,  leur  livre  à  la 
main,  devant  une  porte  dont  ils  sont  les  introducteurs  et 
qu'entourent  des  fenêtres  dont  les  pieds-droits  en  colonne 
et  la  coupe  élégante  se  marient  gracieusement  aux  pignons 
qui  les  coui'onnent  (2).  Au-dessus  de  tout  cet  ensemble,  et 


(\)  «  Super  muro8  tuos^  Jérusalem  ^  constilui  custodes.  Tota  die  et 
Iota  nocte  in  perpetuum  non  tacebuut.  •  (Is.,  hui,  6.)  —  L'Église  s'ap- 
plique ce  texte  à  elle-même  dans  l'Office  des  Saints  Anges  gardiens  ^ 
au  2  octobre. 

(2)  En  examinant  bien  ces  pignons,  aussi  bien  que  le  svelte  de  la 
statuaire  générale  de  ce  beau  dessiu,  nous  croyons  et  devons  dire,  pour 
l'acquit  de  notre  conscience  d'archéologue^  que  M.  VioUet- Leduc,  qui 
n'a  fait  que  restituer  la  belle  pièce  de  Théophile  d'après  les  traductions 
combinées  de  MM.  de  l'Escalopier  et  Didron,  s'est  un  peu  trop  complu 
dans  le  style  architectural  qui  avait  sa  préférence.  En  vain  son  travail 
porte  en  titre  :  Fin  du  douzième  siècle  :  nous  croyons  que  c'est  bien 
plutôt  le  treizième  siècle  avancé,  qui  avait  gardé  beaucoup  de  carac- 


344 


HISTOIRE  DU  STHBOLISME. 


du  milieu  de  quatre  dernières  tourelles  ajourées  en  ogive, 
d*où  les  habitants  de  la  Cité  céleste  semblent  regarder  avec 
intérêt  ce  qui  se  passe  au-dessous  d'eux  sur  la  terre,  on 
voit  comme  dernier  amortissement  un  donjon  crénelé  au- 
dessus  duquel  l'Agneau  divin,  avec  sa  croix  à  pennon  et 
son  nimbe  croisé ,  complète  l'idée  apocalyptique  de  cette 
ville  mystérieuse  dont  il  est  la  lumière  éternelle  (4).  C'est 
de  ce  point  que  part,  attachée  à  un  anneau,  la  portion  de  la 
triple  chaîne  qui  sert  à  ouvrir  et  à  balancer  l'encensoir. 

EntrdMw  méiéi  Noublious  pas  uu'à  la  base  les  compartimen  ts  in  termédiaires 
des  quatre  grands  Prophètes  ne  restent  pas  sans  une  orne- 
mentation très-significative  :  ils  se  parent  de  guirlandes  de 
ces  feuillages  épais  auxquels  le  douzième  siècle  a  donné  un 
si  beau  relief  ;  des  lions,  des  tètes  monstrueuses  y  mordent 
les  entrelacs  de  cette  charmante  floraison ,  comme  on  les 
voit  souvent  aux  chapiteaux  s'efforcer  de  détruire  l'harmo- 
nie vivante  et  la  splendide  parure  de  la  maison  du  Sei- 
gneur. 

L'encensoir  de  Lille,  ainsi  nommé  parce  qu'il  fut  découvert 
chez  un  brocanteur  de  cette  ville  qui  le  vendit  comme  vieux 
cuivre  inutile,  a  été  analysé  aussi  et  reproduit  encore  par 
M.  Didron.  Il  est  plus  simple  mais  non  moins  ingénieux  par 

i7mb<»]isaie   de  le  symbolismc  qui  le  pare.  Nous  nous  reprocherions  de 

toui  MB  détails.  J  n.  r  r 

n'en  pas  dire  un  mot  :  il  est  rond,  et,  probablement  dans  la 


L*eBoeBBOir  de 
Lille; 


tëres  de  son  prédécesseur,  sans  doute ,  mais  ue  procédait  plus  comme 
lui  par  la  gravité  dans  les  masses.  L'élancement  des  parties  supérieures, 
surtout,  est  ici  trés-remarquable  par  la  délicatesse  et  Texigulté  des 
détails.  En  un  mot  c*est  bien,  à  notre  avis, l'architecture  du  douzième, 
mais  on  attribuerait  mieux  au  treizième ,  vers  1230,  par  exemple,  du 
moins  en  grande  partie ,  ce  qui  est  de  la  sculpture  et  de  ses  finesses 
d'exécution.—  On  sera  convaincu  de  cette  vérité  si  l'on  compare  cette 
planche  avec  une  autre  dessinée  et  gravée  par  MM.  Vîollet-Leduc  et 
Gaucherel  au  tome  IV  du  même  recueil  {Annal,  archéol.,  p.  293),  la- 
quelle est  indiquée  aussi  comme  représentant  un  encensoir  de  la  fin 
du  douMième  siècle.^On  y  reconnaît  un  caractère  bien  différent,  et  qui 
nous  semble  le  seul  vrai. 

(t)  «  Claritas  Dei  illuminavit  eam  {eivitatem),  et  lucema  ejut  est 
Aguus.  »  (Apoc.,  XXI,  23.) 


r 


L'ORPÉVRERIB  sacrée.  — le  moine  REIGNER.  34 o 

pensée  du  symboliste,  c*est  la  terre,  â*où  les  parfums  s'élève- 
ront en  nuages  vers  le  ciel.  Sur  une  sorte  de  siège  qui  lui 
sert  de  couronnement  et  dont  la  fenestration  basse  et  étroite 
semble  bien  indiquer  la  fournaise  célèbre  dans  le  chapitre  m 
de  Daniel,  se  reposent  dans  une  sorte  d'extase  les  trois  en- 
fants de  Babylone  dont  les  noms  éloignent  tout  équivoque  : 
rartiste  a  inscrit  ces  noms  sur  des  bandes  de  métal  qui 
partagent  en  trois  l'espace  général  donné  à  la  sphère  sym- 
bolique. Au-dessus  d'eux  s'assied  l'Ange  qui  les  a  sauvés  des  ^^  nmaid'un 
flammes,  tenant  entre  ses  mains  le  disque  ou  sceau  mysté- 
rieux dont  le  symbolisme  byzantin  suppose  que  Dieu  munit 
toujours  les  rapides  Envoyés  qu'il  charge  de  ses  ordres  pour 
les  mortels.  Les  trois  jeunes  gens  regardent  leur  céleste 
Sauveur  et  semblent  continuer  leur  cantique  d'actions  de 
gr&ces  et  de  bénédiction,  obéissant  &  FAngc  qui  semble  leur 
dire  les  paroles  finales  du  cantique  de  Daniel  :  Anania  , 
Azaria^  Mizael^  benediciie  DomiAutn.  Mais  n'est-ce  pas  une  Lefêu,iymboi« 
heureuse  idée  d'avoir  ainsi  rapproché  le  feu  qui  sert  à  la 
gloire  de  Dieu  de  celui  qui,  jadis,  ne  put  dévorer  ses  servi- 
teurs? Dieu  lui-même  n'est-il  pas  un  feu  qui  consume, 
mais  d'une  consomption  douce  et  souhaitable  par-dessus 
tout ,  telle  que  l'eurent  dans  leur  cœur  les  trois  jeunes 
Hébreux  demeurés  fidèles ,  telle  que  la  goûtent  encore  les 
âmes  fermes  et  honnêtes  qui  traversent  sans  péril  ni  atteinte 
les  flammes  du  monde  et  des  passions  (4)?  L'encensoir 

(1}  «  Gava  ne  quando  obliyiscariâ  pacti  Domini  Dei  lui...,  quia  Do- 
minas iuuft  îgois  coDsumend  est,  Deus  aemulator.  »  {Dculer.,  iv^  23,24.) 
—  tPopalum  ningnum...,  filios  Énacim...,  ipse  yidisti...  DominusDeas 
tous  ipse  transibit  ante  te,  igois  dcvorauB  atque  consumens,  qui  cod- 
terat  eos  el  deleat,  atque  disperdat  ante  faciem  tuam  yelociter.  » 
[Ihid,,  IX,  2,3.)— On  voit  ici  comment  Partiste  que  nous  examinons  a 
so  trouver  les  rapport}  entre  le  feu  matériel  et  le  feu  spirituel,  qui  est 
TRapriUSaint  lui-même  dans  la  pensée  de  l'Église  :  îgnis,  Charitas  et 
spitilalis  Unctio  (bymn.  Pentec.) ,  et  dans  celle  de  S.  Eucher  qui  la 
tradaisaildans  les  mêmes  termes  {Spicil.  Solesm.,  II ,  403).  C'est  dans 
le  même  sens  que  le  Sauveur  est  venu  apporter  le  feu  sur  la  terre  : 
«  Ignem  veni  mittere  in  terram ,  et  quid  volo  niai  ut  accendaturt  » 
{Lue,j  XII,  49.)  —  Mais  le  feu  est  aussi  le  symbole  des  tribulations , 


l 


AafaMMz  diven  : 
•IMfwiM  de  lem 


Rlehene  dn  qm- 


boUnne 
»po4|iie. 


à    cette 


316  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

exprime  donc  tout  cela.  Le  nôtre  ne  manque  ni  à  un  td 
sens  ni  à  rien  de  ce  que  Fidée  particulière  de  la  foannise 
ardente  pouvait  suggérer  à  son  inventeur,  le  moine  Reigner 
(Reinerus),  qui  l'a  signé  en  sollicitant  des  prières  de  a 
communauté  pour  prix  de  ce  don  merveilleux.  Mais  voyex 
comme  ce  génie  ignoré  est  riche  d'esthétique  :  sur  sa  coupe 
il  a  répandu  de  tous  côtés  des  colombes,  des  bétes  féroces, 
des  quadrupèdes  hybrides,  des  serpents  se  jouant  dans  les 
fleurs  et  les  entrelacs,  ou  les  mordant  avec  rage.  D'où  Tient 
ce  peuple  animé,  sinon  du  cantique  lui-même  par  lequel 
on  entendit  nos  trois  martyrs,  demeurés  sans  blessures  u 
milieu  du  brasier  ardent,  inviter  la  nature  avec  ses  plantes 
et  ses  animaux,  les  oiseaux  et  les  feuillages  qu'ils  habitent,! 
louer  le  Seigneur  comme  ils  l'ont  fait  si  souvent  dans  tons 
les  reliefs  de  notre  architecture  sacrée? — Peut-être...,  mais 
nous  croyons  qu'il  y  a  plus  encore  :  ces  bêtes  à  la  physio- 
nomie évidemment  sauvage,  ces  mélanges  confus  dénatures 
bestiales ,  ces  physionomies  sinistres  ou  hypocrites ,  telles 
qu'on  les  remarque  sur  un  si  grand  nombre  de  chapiteaux 
où  nous  les  avons  signalées  maintes  fois ,  ne  sont-elles  {tts 
quelque  allusion  à  l'esprit  du  mal,  inspirateur  des  mam'ais 
desseins  de  Nabuchodonosor,  et  qui,  vaincus  par  la  tont^ 
puissance  du  Dieu  fort,  servent  ici,  mais  bien  malgré  eut 
comme  toujours,  au  triomphe  de  cet  irrésistible  vamqueurt 
Nous  le  pensons,  quoique  cet  aperçu  semble  avoir  échappé 
à  la  sagacité  bien  connue  de  M.  Didron  [\). 

Voilà  donc  Théophile,  prêtre  et  moine,  donnant  les  élémenis  \ 
d'un  chef-d'œuvre  d'orfèvrerie  reUgieuse  à  la  fin  du  don* 
zième  siècle;  et  voilà  aussi  ce  Reigner,  prêtre  et  moinesans 
doute,  car  sa  dédicace  ne  s'adresse  qu'à  des  frères  vivant  en 

comme  Teau  :  «  Transivimus  per  ignem  et  aquam,  et  adduxisti  nos  il , 
refrigerinm  »  (Ps.,  lxt,  12);  U  est  rindiguaiion  céleâte  tombant  sur  les! 
pécheurs  :  «  Conaumens  eos  igné  irs  mes  »  (Deuter,,  xxxir,  22).— Voir 
encore  toat  ce  qu^aditsur  ce  a^j^t  Teusemble  des  symbolistes  du  moyen 
Age,  Spicil.  Solism,,  11,  177  et  suiv. 
(1)  Voir  Annal.  archéoL,  IV,  293  et  suiT. 


r 


L'ORFÉVREBIE  sacrée.— le  MOUiE  REIGMER.  347 

commun  :  les  voilà  se  révélant  habiles  artistes;  et  le  dernier, 
marchant  sur  des  données  toutes  différentes,  nous  montre, 
par  une  suite  de  détails  merveilleusement  combinés,  com- 
ment on  peut  appliquer  au  même  objet  les  thèmes  variés  à 
rinfini  du  symbolisme  le  plus  gracieux  et  le  plus  fécond  (4). 


(i)  Cet  encensoir  était  de  caivre.  L'or  et  Targent ,  un  le  Yoit^  ne  lui 
eiusent  pas  mal  été.  Nous  ne  Toulons  pas  omettre ,  en  finissant  d'en 
parler,  la  curieu^^e  inscription  qui  se  partageait  eu  trois  vers  les  deux 
i  pbUes-txandes  servant  de  bordure  aux  deux  parties  de  l'encensoir,  au 
bsat  de  la  coupe  destinée  à  recevoir  le  feu,  et  au  bas  du  couvercle  qui 
s'élevait  au  besoin  par  le  moyen  des  chaînes.  Cette  inscription  est  d'une 
poésie ,  on  l'a  fait  remarquer  justement,  assez  embarrassée  dans  se» 
tllnres  :  la  précision  de  Fartiste  passait  difficilement  en  des  vers  tech- 
atques,  qui  ne  pouvaient  l'admettre  qu'aux  dépens  du  rbythme.  Excu- 
sons l'auteur,  puisqu'aprës  tout  il  nous  a  donné  son  nom  à  inscrire 
dans  le  dictionnaire  de  nos  orfèvres ,  et  que  par-dessus  tout  il  nous 
doime  on  de  ces  beaux  exemples  de  pieux  désintéressement  qui 
n'étaient  pas  rares  en  ces  temps  là  ! 

hoe  êço  Bettumi  io  siffnum  :  guid  miehi  vêitris 

SxtquiOÊ  simitet  debêbUit  wwrte  potito  f 

Et  rtor  eue  preeet  vestreu  th^miawuita  Ckritto, 

l  ÇÊBif  Retnema,  Je  tou  oftn  ce  symbole  :  qae  me  derreB-Tons  après  ma  mort  qui  poisse 
I M  ressembler  P  J'aime  i  espérer  que  tos  prières  seront  encore  on  parftun  pour  le 
jCteirt.) 

I  Nous  venons  de  parler  des  chaînes  de  l'encensoir  :  ce  dernier  trait  de 
^symbolisme  appelle  encore  notre  attention.  C'est  du  pape  Innocent  III, 
|ce  grand  maître  de  la  même  période  séculaire ,  que  nous  apprenons , 
iinssi  bien  que  de  Guillaume  Durant ,  qui  l'a  copié,  l'importance  qu'il 
Ani  attacher  aux  trois  chaînes.  «  Elles  représentent,  disent-ils,  en 
[léonissant  les  deux  parties  de  l'encensoir,  les  tiois  unions  qui  fondent 
iMsemble  en  Jésus-Christ  la  divinité  et  l'humanité,  c'est-à-dire  l'union 
ils  la  chair  à  l'âme,  l'union  de  la  Divinité  à  la  chair,  et  l'union  de  la 
^rinité  à  Fàme.  Que  s'il  y  a  quatre  chaînes,  comme  on  en  voit  à  cer- 
lu'ns  encensoirs, alors  on  se  plattà  désigner  ainsi  une  quatrième  union, 
iedle  de  la  Divinité,  pour  composer  un  seul  tout  de  l'âme  et  de  la  chair.  » 
pSBoe.  111,  De  sacro  allaris  MyUerio,  lib.  H,  cap.  xvii.—  Durant! 
Ipimat.,  RaticnaU  div,  0^.,  lib.  IV,  cap.  x.)-  On  peut  voir  encore,  sur 
p  symbolisme  de  l'encensoir  tout  entier,  Honorius  d'Autun,  Gemma 
^Rtôur,  lib«  1,  cap.  ii;  Amalaire,/>e  Ecclesiês  0/'/tcfû,lib.  Ul,  cap.  xviii, 
jrt  plusieurs  autres  que  cite  dans  son  Symbolisme  architectural  des 
^lis«M.  l'abbé  Godard-Saint-Jean,  Bullet.  monum.,  XIII,  351. 
I  Enfin  disons  aussi  que,  si  l'iconographie  monumentale  nous  montre 
li  souvent  les  Anges  pourvus  d'encensoir,  c'est  que  leur  principale  fonc- 
^n  dans  le  ciel,  lorsqu'ils  ne  sont  pas  employés  comme  messagers 
pes  volontés  divines,  ainsi  que  l'indique  leur  nom  (ce  nom,  dit  S.  Gré- 
pire  le  Grande  étant  celui  de  leur  ministère  et  non  pas  de  leur  nature  : 


i 


348  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

TnTftttx  non      Ce  même  douzième  siècle,  dont  nous  ne  sortirions  pas  si 

moins   renutrqaA-  ^       .        •       u    ii  » 

biMdasuger.      nous  Youlions  mentionner  toutes  les  belles  œuvres  qm  s; 

rattachent  à  notre  sujet,  fut  illustré  par  un  grand  homme 
avec  lequel  nous  avons  déjà  fait  connaissance  dans  une  de 
nos  précédentes  dissertations  (i).  Suger  ne  fut  pas  moins 
ingénieux  dans  l'art  de  Torfévrerie  que  dans  les  belles  con- 
ceptions que  lui  inspira  Fédification  de  sa  basilique  de  Sainl- 
Denys,  et  surtout  les  magnifiques  vitraux  dont  nous  avons 
parlé.  Le  livre  De  son  administration  est  plein  de  ces  utiles 
souvenirs,  qu'il  faudrait  prendre  aujourd'hui  pour  autant 
de  conseils  à  écouter  en  maintes  occasions  où  Tart  reste  si 

/^J*î' •i.^'*'**  insignifiant  et  si  froid.  Quel  charme  on  éprouve  à  retrouver 

de  oftIat-D6ny>  î 

dans  ces  pages  splendides  les  trois  portes  dorées  de  si 
façade,  celles  des  scènes  de  la  passion,  de  la  résurrection 
et  de  l'ascension  du  Sauveur ,  dont  la  fonte  se  relevait  de 
ciselures  et  de  mosaïques ,  et  dont  l'éclat  artistique ,  disait 
le  pieux  abbé,  n'était  dans  son  intention  qu'une  figure  de 
la  Lumière  éternelle  vers  laquelle  il  voulait  élever  tous 

i*antoi  d*or  de  la  les  coBurs  (2)  !  Uu  autcl  d'or,  garni  de  pierreries  qu*y  voulut 

consacrer  la  piété  empressée  des  rois,  des  évoques  et  des 
simples  fidèles  ;  des  reliquaires  non  moins  riches  pour  les 
restes  vénérés  des  Saints  ;  mais  surtout  une  magnifique 

uoroixd*oretde  représentation  de  la  croix  élevée  en  colonne  d'or  et  de 

gemmes,  qu'entouraient  en  compartiments  ciselés  toutes 
les  scènes  de  la  vie  de  l'Homme-Dieu  auxquelles  corres- 
pondaient les  faits  prophétiques  de  l'ancienne  Loi,  et  au  pied 
de  laquelle  les  Ëvangélistes  reposaient  comme  les  irréfra- 

A  ngelorum  voeabulum  nomen  est  officiif  non  nalurse  ;  -*  homil.  iistt  il 

evang.  Matth.),  leur  fonction^  disoDs-nous,  est  de  rendre  à  Dieu  de  co» 

tinuels  hommages  d'adoration,  dont  l'encens  est  le  symbole  le  phu  htlii* 

tuel.  Ceci  est  fondé  sur  le  texte  de  l'Apocalypse,  vin,  3  :  Angehis  $ki9 

ante  altars.habmsthuribtUum  aureum.  —Voir  ci-dessns,  t.  il,  eh.  im, 

p.  191. 

(1)  Voir  ci-dessns,  t.  II,  ch.  xvii,  sur  le  symbolisme  architeetiunl  d 

iconographique  de  Suger  dans  son  abbatiale  de  Saint-Denis. 

(I)  If entée  at  eaat  per  hmisA  rttm 

A4  nmm  LwnflB»  obi  OkfIikM  Jou  Tera. 


bMlUqae  ; 


pl«rr«rift  ; 


J 


L*ORFÉVRBIUE  SACRÉE/— L* ABBÉ  8UGER.  319 

gables  témoins  des  grandes  merveilles  de  la  Rédemption  : 
telles  furent  les  principales  bijouteries  du  temple  régénéré 
par  ces  habiles  mains. 

Et  cependant  son  zèle  ne  devait  pas  se  borner  à  ces  incom-  les  tmm  lAcrés  ; 
parables  détails.  Les  vases  sacrés  étiucelèrent  de  toute  la 
parure  convenable  à  la  sainteté  de  leur  destination  ;  les  pupi- 
tres antiques,  relevés  d'ivoire  historié,  ciselés  d'animaux 
jouant  dans  les  feuillages,  furent  exclusivement  réservés 
au  chant  de  FÉvangile,  auquel  toute  la  nature  semblait  ainsi 
applaudir  ;  ce  qui  ne  Tempôche  pas  de  redorer  ce  bel  aigle  jatpnpitrti  «tiM 
qui  figurait  au  milieu  du  chœur,  et  sur  lequel  s'ouvraient 
pour  le  chant  des  offices  d'incomparables  manuscrits  tout 
resplendissants  des  fleurs  d'azur  et  de  carmin ,  et  des  ma- 
juscules d'or  élaborées  par  d'ingénieuses  plumes  dans  la 
grande  salle  des  écrivains  de  l'abbaye. 

On  voit  ici  l'antique  usage  de  ces  pupitres  portatifs  et  de  gJ^'J^jS^^eî* 
ces  aigles  posés  au  milieu  du  chœur  pour  soutenir  les  livres  i>im. 
de  chant.  On  le  peut  faire  remonter  jusque  vers  la  fin  du 
dixième  siècle  ;  à  cette  époque ,  Foulques,  abbé  de  Lobbes 
au  diocèse  de  Cambrai ,  en  avait  fait  exécuter  un  dont  les 
annales  bénédictines  parlent  avec  admiration  (4).  Cet  usage 
n'est  nullement  aboli ,  et  quoique  le  pillage  constUulionnel 
de  nos  égUses,  en  i  790,  en  ait  détruit  un  grand  nombre  sous 
prétexte  d'en  battre  monnaie  ou  d'en  couler  des  canons, 
quelques  paroisses  en  sont  restées  pourvues  et  se  gar- 
dent bien,  comme  Notre-Dame  de  Poitiers,  de  changer 
ces  beaux  supports,  dont  le  travail  est  fort  remarquable , 
pour  des  meubles  sans  style  et  sans  idée  que  des  revendeurs 
réussissent  trop  souvent  à  faire  accepter.  Le  symbolisme 
de  l'oiseau  sacré  se  comprend  tout  d'abord.  Il  était,  ni  plus 
ni  moins,  la  figure  de  S.  Jean  l'Évangéliste  lui-même  ;  par 
son  vol  élancé  vers  le  ciel  qu'il  fixait  de  ses  regards,  il  ren- 
dait bien  la  parole  évangélique  donnée  à  la  fois  aux  quatre 

(i;  MabUlon,  Annal.  Benedict.,  t.  HI,  609. 


320  HISTOIRE  DU'  SYMBOLISME. 

points  du  monde  (4).  On  peut  juger  par  ces  faits  de  Tintcl- 
ligence  qui  préside  parfois  aux  décisions  de  certains  céré* 
moniaires  qui  éloignent  l'oiseau  sacré  du  chœur  et  le  font 
nicher  dans  un  grenier  de  sacristie,  en  attendant  qu'il  passe 
dans  le  creuset  du  fondeur. 
trew^Tïècte"  ^^  pcusc  bien  que  le  treizième  siècle,  en  héritant  de  tous 
confome  M  itjiê  les  trésors  de  symbolisme  que  le  douzième  avait  créés ,  ne 

de  rarohitectnre.  «i  -i  i 

négligea  point  de  les  exploiter,  et  que  son  orfèvrerie  sut 
répondre,  comme  les  autres  arts,  aux  attractions  nouvelles 
de  Tépoque  la  plus  parfaite  et  la  plus  pure  du  style  ogival. 
Alors  comme  toujours,  mais  avec  un  charme  et  une  puis- 
sance d'exécution  qui  ne  pouvaient  plus  augmenter,  on  vit 
les  petits  objets  du  culte,  aussi  bien  que  les  plus  impo- 
santes masses,  affecter  les  formes  à  la  fois  sévères  et  gra- 
cieuses de  ses  façades  historiées ,  des  flèches  élancées,  des 
légers  contreforts  et  des  toitures  ornées  de  nos  basiliques. 
Ce  que  l'architecte  et  le  sculpteur  avaient  osé,  l'orfèvre 
l'imita,  devenu,  comme  l'un  et  l'autre,  constructeur  et  ima- 
gier; et  il  ne  se  borna  point  à  mériter  ce  dernier  titre  par 
le  flni  de  ses  naïves  scènes  de  la  Bible  ou  de  la  légende  :  il 
se  fit  peintre  aussi  et  coula  sur  ses  cuivres  dorés ,  sur  son 
vermeil  et  sur  son  argent  les  nielles  et  les  émaux ,  après 
lesquels  on  ne  put  rien  ajouter  au  luxe  et  à  la  splendeur 
de  ces  terrestres  merveilles  qu'on  voulait  rendre  dignes  du 
ciel.  Le  filigrane,  moins  commun  depuis  le  dixième  siècle, 
retrouva  son  crédit  par  la  souplesse  qui  l'associa  aveo  un 
admirable  succès  à  l'ornementation  d'une  foule  de  détails 
architectoniques.  Les  reliquaires  d'argent  trouvés  en  4  850 

(1)  «  1d  omnem  terrain  exivit  sonus  eoram.  »  (Ps.,  xviii,  4.  ~ 
Rom»,  X,  18.)  —  Durant  de  Mende  attribue  aussi  l'usage  de  lire  l'Évan- 
gile sur  les  ailes  de  l'aigle  au  désir  de  réaliser  les  paroles  que  le  psaume 
(XYii,  11)  attribue  à  la  Migesté  divine  :  «  Volavit  super  pennas  ven- 
torum  i>  {Ration,  div,  Offic,,\ïb,  IV,  cap.  xxiY).~Mabillon  cite  un  autre 
texte  non  moins  formel  :  «  Instrumentum  vero  illud  quod  paratum  est 
receptui  textus  Rvangelii^  Johannes  E^vangelista  in  simititudine  aqailse 
volantis  adomat  »  {Act.  saiict,  Bmed.,  \U\,  476,  cité  par  l'abbé  Texier, 
IHct.  d'orfév.,  col.  48). 


L*ORPiVRERlE  SACRÉE.— L' AUTEL.  324 

à  Gharroux ,  et  qui  datent  du  treizième ,  sont  une  admi- 
rable preuve  que  ce  genre  d'embellissement  était  alors  fort 
pratiqué. 

Le  costume  ecclésiastique  adopta  lui-même  dans  ses  BeMt<  da  «m. 
orfrois  et  ses  broderies  à  larges  dimensions  des  dessins  en  que  a»  cette  épo. 
or  de  symboles  variés,  des  incrustations  de  pierreries; 
les  chapes  eurent  leurs  fermails  à  compartiments  émailiés, 
les  mitres  leurs  signes  sacrés  imprimés  ou  brodés  sur  de 
précieuses  étoffes  tissues  de  soie  et  d*or,  de  sorte  que  le 
lapidaire  et  le  joaillier  n'y  avaient  pas  moins  à  faire  que 
celui  qui  les  avait  taillées  et  cousues. 

Nos  recueils  archéologiques  sont  pleins  des  plus  beaux      Le  symboiitine 

n'y  est  piui  moins 

spécimens  de  ce  siècle  en  tous  les  genres.  On  y  remarque  ooiur^. 
surtout  Tunion  du  symbolisme  à  l'art  manuel  non  moins  que 
dans  le  siècle  précédent,  et  beaucoup  plus  qu'au  suivant,  où 
déjà  se  manifestait  moins  de  zèle  à  en  maintenir  les  tradi- 
tions. Qui  ne  sait  les  belles  crosses,  les  inimitables  reli- 
quaires, les  monstrances,  les  calices,  les  croix,  les  encen- 
soirs ,  les  chandeliers,  et  même  les  retables ,  publiés  avec 
tant  de  goût  et  de  perfection  par  les  notabilités  actuelles  de 
la  science  (\)  ?  C'est  à  ces  modèles  qu'il  faut  recourir,  et 
nous  allons  proposer  une  suite  d'observations  qui  ne  peu- 
vent manquer  ici,  ayant  toutes  leur  utilité  pratique.  C'est 
le  rôle  de  Théophile  que  nous  prenons  en  cela,  et  nous 
dirons,  comme  il  le  disait  pour  son  époque,  de  quelle  façon 
la  nôtre  doit  comprendre  et  disposer  tout  ce  que  l'artiste 
chrétien  destine  du  service  de  l'autel. 

Commençons  par  l'autel  lui-même.  Il  est  la  table  où  se     L*antei  et  son 
consomme  le  Sacrifice,  où  repose  le  Saint  des  Saints  :  ^*** 
donnez-lui  donc  non  cette  magnificence  factice  qui  en  fait 
parfois  une  masse  de  cUnquant,une  maçonnerie  revêtue  de 

(1)  Cf.  Bortout  les  Annales  archéologiques,  de  Didron;  —  Le  Moyen 
Ageel  la  Renaissance,  de  M.  Séré,  t  Ul  :  o^vèv^eblik;— Mélanges  d ar- 
chéologie, des  RR.  PP.  Martin  et  Cahier  ;  ~  le  Bulletin  monumental,  de 
M.  de  Caomont;  —  la  Reoue  de  Cart  chrétien,  de  M.  l'abbé  GorbleU 

T.  IV.  2i 


322  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

plaques  de  caivre  doré,  divisée  en  compartiments,  sans  élé- 
gance ni  signification,  sur  un  fond  repoussé  d'étoiles  ou  de 
fleurons  qui  ne  ressemblent  à  rien .  Ce  n*est  pas  ainsi  que 
le  moyen  âge  traitait  ses  autels.  Le  plus  souvent ,  ils  re- 
présentaient par  la  face  antérieure  une  suite  d'arcades 
romanes  ou  ogivales  remplies  par  des  statuettes  d*apdtres 
siégeant  ou  se  tenant  debout  autour  du  Sauveur  assis,  dont 
le  type  pouvait  être  très-varié  :  tels  sont  les  autels  modernes, 
en  style  du  douzième  siècle,  dans  l'abbatiale  nouvelle  de 
Fontgombaud  et  l'ancienne  collégiale  de  Notre-Dame  de 
Poitiers  {I}.  Il  est  bien  entendu  que  tout  ce  qui  n'est  pas 
historié  sur  cet  espace  est  garni  d'arabesques,  d'entrelacs, 
de  plantes  symboliques,  et  qu'on  n'y  ménage  ni  la  peinture 
à  la  cire»  ni  Tor,  ni  même  les  pierreries  et  les  émaux.  Cette 
même  ornementation,  on  le  sent ,  est  applicable  aux  autels 
de  toute  autre  époque,  et  pour  s'adapter  à  l'église, 
Tantel  aura  été  inspiré  du  style  général.  Cette  condition  ne 
doit  jamais  être  oubliée. 
i««  ^^UMJMhNM  De$  chandeliers  se  placent  toujours  sur  l'autel,  par  une 
<.>«««  t  prescription  stiîcte  qui  ne  permet  pas  de  s'en  passer  pen- 

(I)  Cf.  /trv.  de  fart  chrél, yi,  I,  p.  539.— Nous  ne  yoadrions  pas  oublier 
U^  mppeler  Ici  combien  furent  autrefois  d'un  bel  effet  ces  devants  d'au- 
t^)a>  qui  ae  cbangeaient  à  volonté^  et  dont  le  fond  en  cuir  repoussé  offrait 
«v««  tous  lea  sujets  possibles  une  parure  charmante  et  variée  de  fleurs 
c\xlorié««4  d'oiseaux  symboliques^  de  guirlandes  et  de  feuillages  relevés 
U\^  el  d'argent.  On  a  perdu  l'usage  de  ces  riches  tentures^  qui  pou- 
vmivul  se  multiplier  pour  le  même  autel  et  y  représenter  les  mystères 
^)^  fiM«»s  principales  agencés  avec  beaucoup  d'art  et  de  sentiment. 
KniTtiuoî  ne  reviendrait-on  pas  à  ce  genre^  qui  offre  avec  une  grande 
rich««^e^  si  on  veut  l'y  adapter,  un  moyen  d'économie  très-fnvorable 
à  la  lUupari  de  nos  églises  rurales  ? 

Vu  autre  moyen  consiste  à  garnir  le  devant  de  l'autel  d'un  cadre  dont 
IVn^emble  se  découpe  à  jour  en  arcades  romanes  ou  ogivales  qu'on 
remplit  à  volonté  d'un  fond  garni  de  si^ets ,  de  statuettes  ou  d'antres 
motifs  qu'on  y  a  peints  dans  le  style  réclamé  par  l'édifice.  Ce  fond  fait 
ressortir  la  couleur  liturgique  analogue  à  celle  des  ornements  du  jour, 
et  c'est  sur  cette  couleur  qu'on  peut  faire  saillir  les  sujets  appropriés 
aux  différantes  fêtes,  car  il  peut  varier  ainsi  autant  qu'on  le  vent.  Ce 
moyen  est  plein  de  ressources  et  fort  peu  coûteux  ;  il  se  prête  à  tontes 
les  variantes  d'un  symbolisme  plein  d 'à-propos. 


l'orfèvrerie  sacrée.— les  chandeliers.        323 

dant  le  Saint  Sacrifice  :  figure  du  Clirist,  comme  le  cliante 
l'Église  quand  elle  renouvelle  chaque  année,  au  Samedi 
saint,  le  feu  sacré  (lumen  CArû/ij,  la  lumière^  qui  rend  plus 
solennels  tous  ses  offices,  signale  à  plus  forte  raison  Tim- 
portance  du  plus  sublime  des  actes  liturgiques  :  elle  brille 
toujours  quand  s*immole  la  sainte  Victime.  On  n*en  eut  d'a- 
bord que  deux  sur  l'autel,  et  l'on  vint  à  en  avoir  six,  comme 
aujourd'hui  (4).  Ces  six,  ou  seulement  quatre,  sont  déter- 
minés par  le  degré  des  fêtes.  Nous  avons  dit  comment  et 
pourquoi  on  en  allume  un  septième  à  l'autel  où  officie 
l'Évèque  diocésain  (2). 

Donc  on  pouvait  faire  de  ce  meuble  une  parure  digne  i«v  timibouni^ 
de  la  table  qu  on  en  chargeait.  A  cet  égard  encore ,  rien  ▼vi^ 

(1)  Une  certaine  école  s'est  formée  parmi  les  archéologues  laïques, 
dont  tous  les  efforts  se  dirigent  à  blâmer  ces  changements  ou  modifica- 
tions que  les  siècles  ont  apportés  à  certains  détails  primitifs  ou  fort  an- 
tiques du  culte  divin.  Ils  ne  Tondraient  rien  qui  ne  sortit  des  cata- 
combes, et  ne  font  aucune  estime  de  l'assentiment  général  donné  à  ce 
qui  se  pratique  aii]ourd*bui.  Par  exemple ,  ils  ont  grande  horreur  des 
quatre  ou  six  chandeliers  occupés  par  les  six  cierges  qui,  aux  plus 
grandes  solennités,  accompagnent  le  Sacrifice  de  l'autel .  Ils  joignent 
beaucoup  d'autres  griefs  à  celui-ci,  de  toutqaoi  ils  accusent  amèrement 
le  clergé  comme  désertant  les  règles  anciennes.  Nous  devons  répondre, 
une  fois  pour  toutes,  à  ces  critiques  opiniâtres,  qu'une  science  est  mal 
traitée  par  qui  ne  la  possède  qu'à  moitié;  qu'ils  devraient  chercher  à 
suivre  dans  l'histoire  les  phases  auxquelles  se  rattachent  les  modifica- 
tions qui  les  scandalisent,  et  qu'après  tout  il  est  un  peu  tard,  quand 
les  coutumes  actuelles  ont  leur  valeur  légale  depuis  plus  de  quatre 
cents  ans,  de  venir  réclamer  contre  elles.  Pas  un  prêtre  n'oserait  main- 
tenant revenir  de  lui  même  aux  usages  abolis  qu'ils  revendiquent, 
sans  s'exposer  à  un  blâme  sévère  et  mérité  de  des  supérieurs  ecclésias- 
tiques. Donc,  qu'il  soit  permis,  au  point  de  vue  scientifique,  d'établir 
ce  qui  fut,  d'en  épier  dans  le  cours  des  siècles  les  variantes  toujours 
curieuses ,  de  s'en  demander  la  raison  (qu'on  trouvera  toujours  fort 
louable  et  très-motivée),  rien  de  mieux  :  de  telles  discussions  abou- 
tissent à  s'éclairer.  Mais  le  simple  chrétien  n'a  jamais  qualité  pour 
j^rotester  contre  les  décisions  de  l'autorité  qui  le  guide  ;  sa  compé- 
tence doit  cesser  à  cette  limite ,  et  c'est  perdre  du  temps  que  de  le 
dépenser  en  récriminations  qui  n'ont  pas  plus  de  fondement  que  de 
profit. 

i%)  Voir  ci-dessus  ,  t.  II ,  sur  le  premier  chapitre  de  l'Apocalypse^ 
p.  149. 


324 


HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 


n'égale  certainement  le  moyen  âge.  Gomme  on  n'avait 
voulu  que  la  plus  pure  cire  produite  par  la  mère  abeille  {\} 
pour  éclairer  de  ses  rayons  et  embaumer  de  son  parfum 
naturel  les  divines  humiliations  du  Sauveur  sacriûé,  on 
voulut  à  ce  luminaire  mystérieux  un  support  qui  parlât  son 
langage ,  qui  reflétât  son  éclat  moral  par  l'expression  tou- 
jours instructive  d'une  pensée  symbolique.  Très-variés  par 
la  forme ,  plus  ou  moins  simples  ou  riches  de  confection  ou 
de  matière ,  que  ce  fût  l'or ,  ou  l'argent ,  ou  le  bronze  qui 
leur  fût  consacré ,  on  trouva  toujours  moyen  de  les  orner 
avec  plus  ou  moins  de  profusion.  Le  treizième  siècle  y  est 
d'une  simplicité  remarquable  quoique  pleine  d'élégance;  le 
douzième  est  plus  habituellement  symbolique ,  plus  trapu 
et  plus  large  dans  son  ensemble ,  mais  aussi  profitant  de 
ses  dimensions ,  inspirées  d'ailleurs  par  le  but  du  fondeur 
qui  veut  les  utiliser  pour  reproduire  les  images  bien  con- 
nues du  Sauveur  et  de  ses  attributs.  Nous  en  connaissons  un 
spécimen  des  plus  remarquables  de  cette  dernière  époque. 
Reposant  sur  trois  pattes  de  lion  ou  de  grifon,  le  nœud  inter- 
médiaire offre,  au  milieu  de  feuillages  en  relief,  quatre  mo- 
dillons  reproduisant  chacun  des  animaux  du  Tétramorphe; 
la  cuvette  est  supportée  par  deux  lézards,  dont  le  rôle  tou- 
jours néfaste  n'a  pas  d'opposition  qui  puisse  en  faire  un  sym- 
bole du  bien.  Gomme  ici  le  lion  et  le  grifon,  ce  lézard  est  une 
image  de  l'Antéchrist  forcé,  comme  prince  du  feu  éternel,  à 
parer  le  triomphe  de  la  Lumière  indéfectible  (2).  D'autres 


(1)  «  Quam  mater  apis  produxit !  »  {Préface  de  la  bér^édUtion  du 
cierge  pascal.)  —Voir,  ci-après, p.  325,  note. 

(2)  Od  voit  ce  chandelier  au  mupée  de  Cluny.—  Le  lézard  est,  comme 
le  scorpion,  toujours  pris  pour  le  démon  ;  l'un  et  l'autre  rampent ,  se 
cacbent  danâ  les  murs;  ils  ne  sont  bons  qu'à  être  foulés  aux  pieds:  et 
cependant  ils  diffèrent  beaucoup  de  caractère,  car  le  lézard  est  parfaite- 
ment innocent  et  ne  nuit  jamais  à  l'homme;  le  scorpion,  au  contraire, 
mord  et  empoisonne.  —  Mais  le  lézard  est  un  des  animaux  impurs  du 
Lévitique;  il  est  défendu  par  la  Loi  de  s'en  nourrir  :  Lacerta  non  CO' 
medelur  (xi,  30,  41).  C'est  un  titre  au  mépris  et  à  la  réprobation. 
Pierre  de  Capoue  et  l'Anonyme  de  Clairvaux  traitent  ces  deux  b^tes 


L*ORFÉVRERIE  SACRÉE. —  LES  CHANDELIERS.  325 

fois,  ce  sont  des  griffes  d'aigle,  dont  le  sens  ne  dit  rien  de 
meilleur  ;  et  sur  la  tige  se  développent  capricieusement  des 
hybrides  aux  ailes  étendues,  et  dont  la  tète  a  également  ses 
caractères  peu  rassurants.  Au  reste ,  ces  gracieux  chande- 
liers sont  d'une  hauteur  médiocre  et  ne  varient  guère  que 
de  12  à  30  centimètres  :  c'était  au  plus  la  taille  de  nos 
flambeaux  de  cheminées. 
Mais  on  n'en  restait  pas  à  ces  mesures,  réservées  à  l'autel      l«  ohandeii«r 

du  oiergA  pMCsl  « 

quand  il  n'avait  encore  ni  ses  gradins  ni  son  retable.  Dès 
lors  on  avait  à  pourvoir  aussi  d'un  support  proportionné  le 
cierge  pascal,  dont  la  bénédiction  solennelle  au  Samedi 
saint  était  déjà  pratiquée  au  temps  de  S.  Augustin ,  mort 
en  429  (i).  On  fit  parfois  pour  ce  symbole  liturgique  de  a  SAint.jean  de 
superbes  chandeliers ,  dont  un  des  plus  remarquables  est  "^ 
celui  de  Saint- Jean  de  Latran,  à  Rome.  C'est  une  colonne 
de  bronze  avec  son  chapiteau ,  et  sa  base  repose  sur  le  dos 
d'un  lion  qui ,  on  le  devine ,  n'est  autre  chose  que  l'em- 
blème du  Sauveur.  Il  parait  être  du  treizième  siècle.  On 
en  voit  un  du  douzième  au  musée  de  Cluny,  formé  d'une 
tige  fort  simple  et  supporté  par  un  quadrupède  assez  équi- 
voque ,  et  qui  peut  être  aussi  un  lion  ;  mais  on  n'a  plus 
de  doute  sur  la  nature  et  le  rôle  de  l'animal,  qui  représente 


avec  pea  d'indalgeuce ,  et  leurs  noms  leur  semblent  deux  synonymes 
de  Fesprit  du  mal.  (Cf.  Spicileg»  Solesrn.,  ïl\,  95;  et  les  zoologistes  de 
la  Bible.) 

(1)  L'ancien  Sacramentaire  gallican  attribue  à  S.  Augustin  la  com- 
position du  magnifique  chant  Exsvltet  jam  angelica  lurba  cœlorum, 
qui  accompagne  la  bénédiction  du  cierge  pascal.  Mablllon  et  Lebrun 
en  parlent  dans  le  même  sens.  Ce  cierge^  comme  il  résulte  du  texte 
liturgique,  est  en  même  temps  une  image  de  la  Lumière  évangélique 
et  de  la  Résurrection.  Il  est  même  la  figure  du  Sauveur  ressuscité  et 
apparaissant  à  ses  disciples  pendant  quarante  jours  :  Per  dies  qua- 
draginla  apparens  eis  ,  loquens  defregno  Dei  (Act.,  i,  3).  C'est 
pour  cela  qu'allumé  pendant  tous  les  Offices  depuis  le  jour  de  Pâques 
jusqu'à  celui  de  l'Ascension,  l'Ordre  romain  le  fait  éteindre  à  ces 
paroles  de  l'évangile  de  la  messe  solennelle  :  As!iumpiu$  est  in  rœlum» 
—  Voir  Grancolas,  T/\  de  VOff.  div,,  p.  546  et  590;  —  Benoit  XIV,  De 
Ptslis. 


326  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Satan  par  sa  cruauté  et  sa  vigilance ,  si  l'on  considère  un 
autre  modèle  du  même  musée,  indiqué  par  Didron  comme 
étant  de  la  fin  du  douzième  siècle.  Cette  ferme  et  riche 
exécution  ,  dont  le  nœud  est  fortement  accusé,  a  sa  cuvette 
reliée  à  la  tige  par  deux  espèces  de  reptiles  à  deux  pattes 
qui  la  mordent ,  et  son  pied  repose  sur  trois  pattes  de  lion 
au-dessus  desquelles  une  grotesque  figure  de  démon  ornée 
de  griffes  et  d'ailes  se  mêle  à  des  entrelacs  fort  savamment 
agencés.  Nous  ne  voyons  pas  pourquoi  ce  genre  ne  serait 
pas  adopté  pour  une  église  de  la  même  époque ,  où  un  tel 
ensemble  se  marierait  bien  aux  sculptures  des  chapiteaux 
ou  des  modillons. 

Au  reste ,  beaucoup  de  modèles  nous  ont  été  faits  dans 
les  différents  styles  du  moyen  âge  en  ces  derniers  temps. 
On  commence  à  les  préférer,  grâce  Dieu ,  à  ces  grandes  et 
insignifiantes  quincailleries  dont  on  dotait  nos  autels  depuis 
deux  cents  ans.  C'est  au  clergé  à  ne  plus  vouloir  de  ces 
tiges  démesurées  dont  les  guirlandes  ornent  le  pied  en  s'y 
drapant  uniformément  sous  les  fausses  apparences  d'une 
dorure  menteuse ,  et  que  surmontent  toujours  des  cierges 
gigantesques  ou  d'ignobles  souches  en  ferblanc.  Partout 
aujourd'hui  on  trouvera  mieux  que  ces  instruments  ridi- 
cules. 
Lesiiunp«s.  Lcs  lampcs  out  toujours  été  recommandées  comme  un 

symbole  de  lumière  indéfectible  brûlant  devant  le  Sacre- 
ment divin.  Leur  but  devait  donc  en  faire  le  terme  auquel 
vinssent  aboutir  toutes  sortes  de  soins  pour  la  matière  et 
la  composition.  Aussi  anciennes  que  l'Église ,  elles  perpé- 
tuaient l'usage  qui  en  avait  été  prescrit  par  l'Exode  devant 
le  Tabernacle,  et  plus  tard  dans  le  temple  de  Jérusalem  (^). 

(1)  «  Faciès  et  lacernasseptem,  et  poneseas  super  candelabrum,  ut 
luceant  ex  adverso.  »  {Exod,,  xxv ,  37.)  —  Les  Pères  voyaient  dans  ce 
chandelier  d'or  le  Saint-Esprit,  donlTor  est  i^cmblème,  et  qui  est  tout 
amour^  Ignis ,  Charilas.  Les  sept  lampes  étaient  les  sept  dons  de  ce 
même  Esprit,  différents  dans  leurs  q^ualités  et  leurs  effets;  formés  et 
entretenus  par  le  même  amour.— Voir  Sacy,  m  h,  loc,  et  Texicr,  IHct. 
d'orfév.,  col.  327. 


l'orfèvrerie  sacrée.— les  chandeliers.        327 

Du  temps  de  S.  Paulin  (353-434),  on  les  multipliait  déjà  au« 
tour  des  autels  (4 } .  Ce  furent  donc  leur  importance  liturgique 
et  le  symbolisme  de  leur  signification  qui  dictèrent  toutes  les 
beautés  artistiques  dont  on  les  enrichit.  Ces  deux  points 
feraient  le  sujet  de  dissertations  intéressantes.  Nous  nous 
garderons  de  répéter  ici  ce  qu'en  ont  écrit,  de  notre  temps , 
des  archéologues  distingués ,  déjà  cités  maintes  fois  ;  disons 
seulement  de  quels  traits  éloquents  le  symbolisme  a  tou- 
jours voulu  les  honorer. 
D'abord  simples  et  de  dimensions  restreintes,  les  lampes     lm  ooaroim« 

'^  ^        d^  lumière. 

prirent  de  vastes  développements  à  mesure  que  l'art  reli- 
gieux épanouit  ses  ressources  intimes  ornées  de  tous  les  attri- 
buts de  Dieu ,  des  Anges ,  des  Saints ,  de  la  nature  vivante  ; 
on  les  vit  s'élever  bientôt  au  niveau  des  plus  magnifiques 
meubles,  et  leur  beauté  s'augmenta  selon  qu'elles  s'ap- 
prochèrent plus  des  temps  hiératiques,  où  les  études  théolo- 
giques firent  du  symbolisme  une  véritable  science.  Qui  ne 
connaît  ïarbre  de  Milan^  où  se  développe  toute  la  vie  de  la 
Sainte  Vierge,  et  mille  autres  qu'a  reproduits  le  burin  dans 
nos  belles  gravures  archéologiques?  Eh  bien  !  il  fallait  à  tout 
cela  des  œuvres  rivales  non  moins  merveilleuses ,  et  qui 
dépassassent  encore  ce  style  plein  d'images  et  de  fleurs.  On 
inventa  les  couronnes  de  lumières,  qui,  semblables  à  celle 
de  la  chapelle  impériale  d'Aix-la-Chapelle,  formèrent  devant 
l'autel  un  cercle  grandiose ,  figurant  une  enceinte  murale 
flanquée  de  tours  nombreuses,  de  portes  ouvertes  à  la  foule, 
surmontée  de  lumières  sans  nombre ,  et  rappelant ,  en  un  » 

mot ,  par  tous  ses  accessoires ,  la  céleste  Jérusalem  de 

(1)  Clara  coronaatnr  densis  altarla  ly ehnis 

Hoote,  dieqne  mloank. 

(S.  Paul.,  Carmina^  p.  206.  Paris.,  1685,  ia-4*.) 

Notre  S.  Fortunat  mentionne  aussi  cette  abondance  de  lumières 

dans  Téglise   de   Saint -André  construite  à  Ravenne    par  l'évêque 

S.  Vital  : 

H»e  sua  tacta  replet  LauMiitloc  Igne  tereno 
Cid  pia  flamma  dedlt  hioe  pereone  dlen. 

(Aftoetf/an.,  Ub.  t,  oap.  n.) 


328  HISTOIftE  DU  SYMBOLISME. 

l'Apocalypse  (^).  Comparez  ces  œuvres  à  ces  lustres  de  laiton 
et  de  verre  qui ,  dans  nos  églises ,  figurent  encore ,  après 
avoir  lassé  des  salons  ou  des  vestibules  de  leurs  bougies  et 
de  leur  froide  uniformité  ! 
l'auteir"*^"*  **®      Une  croix  s'élevait  toujours  sur  l'autel  entre  les  deux 

chandeliers;  l'antiquité  la  plus  reculée  ne  laissa  jamais 
vide  la  place  qu'elle  occupe  encore.  Cette  prescription  a  été 
même  j  usqu'à  porter  à  trois  le  nombre  de  celles  dont  on  parait 
l'autel  de  la  messe.  Ce  rite  s'observe  encore  chez  les  Armé- 
niens ,  et  rappelle  les  trois  croix  du  Calvaire.  Au  pied  de  la 
croix  qui ,  depuis  trois  siècles  au  moins,  reste  permanente 
sur  l'autel  en  dehors  du  Saint  Sacrifice,  on  a  souvent  placé 
un  agneau  (2)  ou  un  cerf,  ennemi  du  serpent  (3j,  ou  le  ser- 
pent lui-même  se  tordant  de  rage  sous  les  influences  du 
sang  divin  qui  ruine  son  empire.  Ce  sont  là  des  symboles 
d'une  simplicité  primordiale  ,  et  on  ne  les  a  pas  dédaignés 
au  moyen  âge.  Rien  de  plus  beau  que  certaines  de  ces 
croix  confectionnées  en  ces  temps  de  foi  et  d'amour  pour 
les  cathédrales  et  les  basiliques  de  nos  monastères.  On 
semblait  s'évertueràrendre  le  plus  magnifique  que  possible 

(1)  Voir  U Arbre  de  la  Vierge,  dans  le?  Annal,  archéolog.,  L  xrv. 
passim^—  et  La  Couronne  de  lumières  d'Aix-la-Chapelle,  d^n»  les 
Mélang.  d'archéol.  des  PP.  Cahier  et  Martin,  t.  HI. 

(2)  «  Sicat  ovis  ad  occisioDein.  »  {h.,  lui,  7.)  —  Dara&t  de  Mende 

parle  du  crucifix  comme  disparaissant  de  Tautel  après  la  messe. 

(8)  Ne  devons  mettre  en  oubllimce 

Ce  dit,  ne  la  sénëflance 
Del  cerf,  qui  estrangemont  ovre 
*  Quer  il  me^Jue  la  colovre... 

dit  Guillaume  le  Normand  (xxxii.  Du  Cerf). 

Tous  les  naturalistes  anciens  et  les  bestiaires  du  moyen  âge  s'accor- 
dent à  dire>  avec  ce  même  Guillaume  ^  que  le  cerf,  image  du  Sauveur 
d'après  les  symbolistes ,  hait  le  serpent ,  qui  reste  toujours  en  ce  ca^ 
Temblème  du  démon.  Le  premier  aime  à  se  remplir  la  bouche  d'eau 
qu'il  va  jeter  à  l'entrée  du  trou  où  l'autre  se  cache,  le  force  d'en  sortir, 
l'attire  vers  lui  par  une  forte  aspiration .  puis  le  foule  aux  pieds  et  le 
mange.  «  Ainsi  Jésus-Christ  fit  sortir  le  diable  de  l'enfer.  \\  est  la  claire 
fontaine  que  celui-ci  ne  peut  souffrir.»  (Cf.  Hippeau^  Le  Bestiaire  divin 
de  Guill.  de  Normandie,  p.. 171  et  277,  —  etThéobald,  ci-dessus,  t.  UI, 
p.  403.) 


l'orfèvrerie  sacrée.— CRUCinX  ET  CALICES.        329 

Tobjet  devenu  inséparable  du  divin  Objet  de  toutes  les 
adorations  du  eiel  et  de  la  terre.  Que,  selon  les  âges  ,  on 
Tornât  de  ciselures  offrant  aux  regards  la  personne  au- 
guste du  Sauveur  attaché  à  la  croix ,  ou  que  cette  sainte 
image  y  fût  apposée  en  relief  comme  on  le  jfit  plus  tard , 
on  Ty  voit  toujours  environnée  du  Tétramorphe,  des  deux 
astres ,  ou  des  quatre  fleuves  de  TÉden ,  ou  surmontée  de 
la  main  céleste  qu'on  retrouve  jusqu'au  treizième  siècle 
figurant  dans  notre  imagerie  symbolique.  Les  types  ne 
manquent  pas ,  d'après  lesquels  on  peut  renouveler  ces 
précieux  ornements  d'un  autel  pour  lequel  nous  voudrions, 
au  moins  sur  une  croix  de  métal  plus  ou  moins  enrichie, 
un  de  ces  beaux  christs  en  ivoire  qu'on  travaille  très-bien 
aujourd'hui ,  et  qui  aurait  le  doublç  avantage  d'ajouter  à 
un  objet  de  valeur  une  matière  par  trop  délaissée  pour  les 
bijoux  du  saint  Lieu  (4). 

Passons  au  calice,  qu'appelle  maintenant  l'autel  pourvu  L«wiioes; 
de  son  indispensable  luminaire  et  de  sa  croix  non  moins 
obligatoire.  Ce  vase  est  de  la  plus  haute  importance ,  car 
il  se  rattache  à  ce  qu'il  y  a  de  plus  élevé ,  de  plus  divin 
dans  le  culte  catholique.  Félicitons-nous  de  n'en  être  plus 
à  ces  coupes  sans  caractère ,  juchées  sur  un  pied  dont  la 
longueur  exagérée  se  partageait  en  trois  ou  quatre  nœud? 
aussi  gênants  qu'inutiles ,  et  dont  la  base  épaisse  et  gonflée 
avait  parfois  pour  grande  parure  deux  ou  trois  médaillons 
représentant  au  repoussé  la  Naissance,  la  Passion  et  la  Résur- 
rection, quand  elle  ne  se  contentait  pas  de  feuilles  d'acanthe 
ou  de  persil.  On  est  parvenu  à  de  meilleures  formes,  et,  pour 
y  venir,  des  marchands,  qui  ne  sont  pas  tant  des  artistes  que 
des  spéculateurs,  n'ont  eu  qu'à  regarder  dans  nos  musées  tels 
ou  tels  spécimens  que  nous  avaient  légués  les  siècles  anté- 
térieurs  à  la  Renaissance,  Mais  on  se  borne  là  assez  gêné-  combien  le  tym. 

(1:)  CoDsuUer ,  sur  les  croix  et  lenr  oniementaUpn  variée ,  Didron , 
Annal.archéoi.y  Revue  dcCàrt  chrélien,  et  toutes  les  grandes  pablica- 
lions  que  DOiisavohs^itées  jusqu'ici. 


330  HISTOIRE  DU  STMBOUSIIE. 

beunne  lew  «tk  ralement.  On  vous  sert  un  calice  qu'on  attribue  plus  ou 

moins  justement  à  telle  époque ,  gracieux  sans  doute  et 
joli ,  et  pourtant  dépourvu  encore  de  tout  caractère  qui  le 
distingue  d*une  coupe  que  nous  pourrions  dire  profane,  si 
d'un  certain  côté  la  petite  croix  obligatoire  ne  figurait  pas 
sur  une  des  quatre  ou  cinq  divisions  de  la  base. 
UùOh  proprM      Avouous  qu'ou  pourrait  mieux  faire,  ne  fût-ce  qu'en  déco- 

poor  leur    orne-  *  *  * 

mentation.  rant  la  coupe  et  les  autres  surfaces  de  quelques  souvemrs  de 

nos  études  symboliques.  Et  où  est-ce  donc  que  nous  placerons 
mieux  l'esthétique  chrétienne  que  sur  ce  vase  vénérable  à 
tant  de  titres,  qu'on  ne  peut  voir  sans  se  rappeler  les  figures 
qui  l'annoncèrent  :  la  Manne  du  désert,  le  Serpent  d'airain, 
les  Pains  de  proposition ,  le  raisin  de  Jéricho ,  l'Eau  du 
rocher,  l'Agneau  pascal  ?  Que  si  vous  voulez  plus  que  de 
tels  symboles,  pourtant  fort  expressifs,  usez  plus  largement 
des  traditions  historiques  ;  partagez  en  quatre  panneaux 
la  base  de  votre  petit  monument  ;  représentez-y  les  quatre 
vertus  cardinales ,  qui  doivent  habituellement  préparer  au 
banquet  de  chaque  jour  Févêque  et  le  prêtre  ;  formulez  ces 
vertus ,  soit  par  des  femmes  pourvues  des  insignes  que 
nous  leur  connaissons  {i  ) ,  soit  par  leurs  simples  attributs 

(1)  Nous  ne  pouvons  nous  arrêter  à  ceUe  énorme  nomencUlore  des 
Tertus,  pour  lesquelles  un  livre,  même  considérable,  serait  à  faire  au 
point  de  vue  de  l'art  chrétien  ;  et  cependant  nous  ne  devons  pas  priver 
nos  lecteurs  des  noUons  essentieUes  à  l'enseignement  que  nous  profes- 
sons ici.  C'est  pourquoi  nous  croyons  devoir  exposer  ce  qu'il  faut 
savoir  des  plus  importantes  et  des  plus  usuelles  en  archéologie  symbo- 
listique. 

Les  vertus,  pour  devenir  autant  d'allégories  iconographiques,  ont  dû 
se  personnifier,  et  c^est  par  là  qu'on  les  rend  plus  sensibles  en  leur  don- 
nant des  attributs  distinctifs.  On  ne  les  voit  jamais  ainsi  représentées 
dans  l'Écriture,  où  on  n&  leur  donne  aucun  caractère  particulier.  Mais  ee 
sont  toutes  des  femmes  remarquables  par  une  beauté  mâle  et  d'ane 
activité  énergique,  comme  on  le  voit  au  tympan  de  la  cathédrale  d'A- 
miens, pratiquant  le  rôle  qui  leur  «st  propre  et  accompagnées  de  leurs 
attributs  spéciaux.  A  Civray  et  à  Parthenay  (en  Poitou),  le  sculpteur 
leur  fait  terrasser  les  vices ,  qu'elles  combattent  aous  la  forme  de 
monstres  vaincus.  II  y  a  sur  ce  sujet ,  dans  toute  la  patrologle ,  d'iogé- 
nieuses  révélations,  qu'ont  exploitées  utilement  nos  grands  traités  d'ar- 


l'orféyreiue  sacrée.— les  calices.  334 

qu'entoareront  dés  cabochons  ou  des  pierreries  de  couleur 
convenable  à  chacune  d'elles  ;  jetez  dans  les  intervalles  des 
végétations  analogues  s'enroulant  en  nielles  ou  en  émaux 
sur  les  fonds  d'or  ou  d'argent  ;  surmontez  tout  cela  d'un 
palmier  qui  formera  la  tige  du  vase  précieux,  et  dont  la  tète, 
avec  ses  feuilles  serrées,  ira  former  une  fausse-coupe  où  s'en- 
cadrera la  coupe  véritable  :  ce  sera  un  nouveau  symbole 
du  Juste  orné  comme  d'une  floraison  spirituelle  {4 } ,  des 
vertus  qui  servent  de  racines  à  l'arbre  mystérieux ,  et  par 
cela  même  vous  pourrez  donner  à  cette  coupe  la  forme 
d'une  datte  aux  sucs  aussi  doux  que  nourrissants;  ou  bien 
vous  en  ferez  un  triple  compartiment  où  brilleront  les 
vertus  théologales  ou  personnifiées,  ou  symbolisées,  et 
toujours  entourées  de  la  belle  parure  donnée  à  celles  qui 
figurent  à  la  partie  inférieure  de  ce  beau  travail.  Ainsi 


ebéologie;  mais  ce  qui  peut  suffire  en  cela  à  ceux  qui  ne  peuvent  étu- 
dier de  longues  dissertations  ,  c*est  l'iconographie  générale  qui  s'en 
est  beaucoup  répandue  dans  ces  derniers  temps,  et  que  la  moindre  re- 
cherche fera  trouver. 

Par  antagonisme ,  les  vices  sont  souvent  représentés*  par  des  ani- 
maux monstrueux  ,  et  ils  sont  placés  souvent ,  par  opposition ,  en 
(ace  des  vertus ,  pour  mieux  faire  ressortir  celles-ci.  C'est  avec  ce 
cortège ,  qui  leur  sert  de  triomphe ,  qu'elles  apparaissent ,  escortées 
même  des  vierges  sages  et  des  vierges  folles  ,  dans  beaucoup  de 
façades  sculptées  de  nos  basiliques.  Les  vertas  théologales,  cardinales, 
morales ,  sociales  et  privées ,  ont  leur  histoire  sur  la  première  page 
ciselée  de  ces  vastes  églises ,  et  c*est  là  surtout  qu'on  peut  les  étu" 
dier  plus  sûrement  et  avec  plus  de  fruit.  On  leur  donne  ordinairement 
un  nimbe  carré,  réservé  anx  Saints  encore  voyageurs  sur  la  terre  : 
c'est  le  symbole  des  quatre  vertus  cardinales.  Enfin  d'autres  rappro- 
chements les  ont  fait  symboliser  tantôt  par  des  fleurs,  comme  au  grand 
portail  de  la  cathédrale  d'Auxerre,  parce  qu'elles  sont  comme  un  par- 
fum jeté  sur  le  monde;  tantôt  par  des  tours,  comme  à  la  couronne  de 
Imnières  d'Uildesheim,  parce  qu'elles  ont  eu  elles  une  force  de  résistance 
(nr<Uj)contre  tous  les  obstacles  que  les  passions  leur  opposent. — Ainsi, 
nous  le  voyons,  les  vertus  trouvent  toujours  et  partout  leurs  symboles 
très-expressifs  :  ces  symboles  ne  sont  pas  moins  dans  l'architecture 
que  dons  |a  zoologie  ,  dans  la  théologie  que  dans  la  flore  morale.  Une 
fois  de  plus,  nous  reconnaissons  que  la  nature  est  tout  entière  dominée 
par  cette  philosophie  élevée. 

(1)  «  Justus  ut  palma  florebit.  »  (Ps.,  xci,  13.) 


332  HISTOIRE  DU  STMBOUSME. 

donc ,  soit  que  tous  descendiez  de  la  tète  de  l'arbre  à  sa 
base,  soit  que  vous  remontiez  de  celle-ci  à  sa  tête,  vous 
retrouvez  cette  divine  alliance  des  vertus  fondamentales 
du  cœur  chrétien ,  indispensables  à  la  sainteté  de  la  vie , 
gages  certains  de  la  glorification  surnaturelle ,  et  fruits 
toujours  plus  beaux  et  plus  mûrs  du  sang  précieux  qui 
découle  du  calice  comme  des  nouvelles  plaies  du  Sauveur. 
Digression  sur      Nous  uc  dcvous  pas  Omettre,  à  propos  du  calice,  les  di- 

le  symbolisme  du  ,        ,  ,       .     \  .  ^ 

ciuioe.  verses  ou  du  moms  les  principales  acceptions  figurées  que 

lui  ont  faites  les  symbolistes.  C'est,  comme  toujours,  des 
Livres  saints  qu'ils  les  ont  prises;  car  le  calice  y  est  tanlftt 
Temblème  des  tribulations  de  ce  monde ,  des  souffrances 
du  Sauveur  et  des  martyrs  (I }  ;  tantôt  le  supplice  des  réprou- 
vés et  la  juste  indignation  de  Dieu  (2)  ;  tantôt  enfin  les  con- 
solations des  justes  et  la  Communion  qui  en  est  la  source 
abondante  (3).  Le  Spicilége  de  Solesme  développe  ce  fait 
scientifique ,  et  Texpose  par  une  foule  d'autorités  que  nous 
connaissons  (4).  Ainsi,  nous  retrouvons  encore  ici  le  sys- 
tème d'opposition  partout  indiqué,  partout  suivi.  L'art  n'a 
pas  manqué  de  s'en  emparer  ,  et  le  calice  lui  revient  sou- 
vent comme  une  expression  soit  de  gloire,  soit  d'ignominie 
que  font  très-bien  comprendre  le  fond  et  les  détails  du  sujet. 
C'est  de  la  sorte  que,  dans  la  belle  collégiale  de  Chauvîgny- 
suf -Vienne,  un  chapiteau  du  sanctuaire  nous  montre  Baby- 
lonc,  emblème  des  désordres  des  sens,  tenant  à  la  main  une 


(1)  «  Calicem  quem  dédit  mibi  Pater,  non  bU>am  illam  ?  »  {Joan, 
xvni,  11.)—  «  Potestis  calicem  bibere  quem  ego  bibitunis  sam  ?  « 
(Matih.,  XX,  22.}  — «  Calicem  quidem  menm  bibetis.  ii(JI/atfA.,ii,23.) 

(2)  M  IgDiâ  et  sulpbur^  et  spiritnsprocellarum:  para  calicis  eoram.» 
(Ps.,  X,  7.)  —  «  Jérusalem...,  quœ  bibisti  de  manu  Domini  calicem  irm 
EJU8.  »  {h.,  LI,  17.) 

(3)  <c  Et  calix  meus  inebrians  qnam  praeclarus  est!  »  {Ps,,  xxn,  7.]— 
«  Quid  retribuam  Domino  pro  omnibus  qns  retribuit  mihî?  Calic«m 
salutaris  accipiam.  »  (Ps.,  cxv,  43.)  —  «  Hic  calix  novnm  Testameotom 
est  in  meo  sanguine.  »  (1  Cor,,  xi,  25.) 

(4)  Spic,  Solesm.,  11,  465:  S.  Melitonis  Clavis,  De  Lignts  et  Floribof, 
«ap.  cxiv. 


l*orf£vrerie  sacrée.— les  calices.  333 

coupe  qu'elle  semble  oflrir  à  qui  voudra  la  prendre.  N'est-ce 
pas  évidemment  le  texte  de  Jérémie  accusant  la  grande  pros-. 
tituée  d'avoir  enivré  toute  la  terre  (4)  ?  Il  en  est  bien  autre- 
ment quand  le  calice  est  abordé  par  deux  oiseaux  qui  s'y 
désaltèrent.  Notre  lecteur  sait  à  quoi  s'en  tenir  sur  ce  point. 
Hais  en  partant  de  cette  idée,  certains  artistes  ont  su  se  faire 
d'habiles  thèmes  qui  en  amplifient  la  portée  et  l'ont  fécon- 
dée au  profit  du  symbolisme  chrétiep.  En  voici  un  exemple 
remarquable  : 
Dans  un  bréviaire  écrit  en  Espagne  avant  la  fin  du  quin-     oroup»  qrmbo- 

Uqae  d'an  calice 

zième  siècle ,  on  trouve  en  marge  de  l'office  de  S.  Hilde-  dêS.n<iefoiiw. 
fonse,  archevêque  de  Tolède  (657  à  667),  une  vignette  repré- 
sentant un  calice  d'or ,  dépourvu  de  tige ,  comme  à  cette 
époque,  derrière  lequel  s'élève  le  buste  du  Saint.  Du  calice 
s'épanchent  à  droite  et  à  gauche  des  branches  de  chêne 
garnies  de  leurs  fruits ,  symbole  de  la  force  et  de  la  dou- 
ceur nutritive  qui  émanent  de  l'Eucharistie.  Tout  ceci  est 
d'un  gracieux  agencement  et  formerait  seul  une  charmante 
allégorie  ;  mais  deux  autres  sujets  s'y  rattachent  et  y  ajou- 
tent une  sérieuse  leçon.  Au  pied ,  et  à  droite  du  calice,  se 
tient  un  oiseau,  une  colombe  dont  toute  l'attitude  et  le 
pieux  élan  indiquent  une  aspiration  aux  trésors  du  vase 
sacré,  non  moins  que  les  gentillesses  de  ses. formes,  qui 
semblent  lui  en  mériter  la  faveur.  A  gauche,  au  con- 
traire, s'accroupit  un  monstre  hybride  dont  la  gueule,  hor- 
riblement ouverte  et  garnie  de  dents  acérées,  indique,  aussi 
bien  que  l'ardeur  de  son  regard,  une  rage  féroce.  Que  peu- 
vent faire  là  ces  deux  êtres  si  différents  ?  N'est-ce  pas  le 
parallélisme  de  la  piété  chaste  et  fidèle,  pleine  du  désir  de 
la  nourriture  céleste ,  —  et  de  l'hérésie  qui ,  impuissante  à 
détruire  l'auguste  mystère,  non-seulement  refuse  d'y  parti- 

(1)  «  Calixaureos  Babylonia...  inebrians  omnem  terrain.  »  {Jerem., 
IX  t  7.)  —  S.  MélitoD  ,  ubi  suprà ,  Vinterprôte  dans  ce  sens ,  et  nous 
TaTOQs  exposé  d'après  l'Apocalypse  (xvii,  1  et  2)^  ci-dessus,  t.  H, 
p.  283. 


334  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

ciper,  mais  Tinjurie  de  toutes  les  expressions  de  sa  haine  ? 
Ne  trouve-t-on  pas  ici  de  frappants  rapports  avec  tant  d'au- 
tres images  où  l'on  voit  boire  simultanément  tantôt  deux 
colombes ,  emblème  de  la  communion  fervente  des  âmes 
pures,  tantôt  une  de  ces  deux  colombes  dont  rien  ne  dépare 
la  nature  aimable,  pendant  que  l'autre  se  termine  avec  des 
ailes  et  des  griffes  de  vautour  indiquant  Fâme  mal  disposée 
au  Banquet  divin  ;  tantôt  encore ,  l'une  d'elle,  tout  en  gar- 
dant sa  forme  habituelle,  douce  et  élégante,  détourne  la 
tète  et  représente  très-bien  l'indifférence  des  cœurs  tièdes 
ou  de  peu  de  foi.  — 11  est  encore  possible  qu'au  quinzième 
siècle ,  époque  de  cette  miniature ,  et  lorsque  les  reliques 
de  S.  Hildefonse,  découvertes  en  UOO,  venaient  de  rani- 
mer son  souvenir  et  son  culte,  le  peintre  ait  voulu  faire 
allusion,  par  ces  deux  animaux,  au  Traité^  resté  célèbre  à 
juste  titre,  de  la  virginité  perpétuelle  de  Marie,  qu'avait 
composé  le  saint  prélat ,  et  où  il  réfutait  les  Juifs  de  son 
temps ,  aussi  bien  que  Jovinien  et  Helvidius  qui ,  au  qua- 
trième siècle,  avaient  nié  dans  la  Vierge-Mère  cette  préro- 
gative fondamentale.  Ainsi,  d'un  côté,  la  foi  simple  et  pure; 
de  l'autre,  l'erreur  hostile  et  furieuse,  et,  comme  terme  de 
séparation  formelle  entre  elles  deux,  le  Sacrement  dont 
l'éloignemenl  ou  la  recherche  exprime  le  plus  nettement 
les  saintes  affections  de  la  piété  catholique  ou  les  haines 
malheureuses  de  l'impiété  (I  ) . 

(1)  Cf.  BoUand.,  23  Januar.,  p.  537  ;  —  Baillet,  Vies  des  Saints,  t.  1, 
p.  320,  in-4»,  1739.—  Noua  devons  le  type  de  la  miniature  ici  exposée  à 
l'obligeance  de  M.  le  comte  Auguste  de  Bastard^  qui  a  bien  voula  nous 
communiquer  le  bois  qu'il  en  a  fait  faire  pour  accompagner  le  compte 
rendu,  plein  de  bienveillance,  qu'il  fit  en  1850,  au  Comité  des  arts  et 
monuments,  du  premier  volume  de  notre  Histoire  de  la  cathédrale  de 
Poitiers,  Le  savant  écrivain ,  j  notifiant ,  contre  des  objections  trop  fré- 
quentes en  ce  temps-là,  mes  opinions  sur  les  modillons  de  notre  magni- 
fique édifice ,  prétendait ,  en  connaisseur  exercé ,  que  beaucoup  de 
8i]gets  semblaient  d'abord  inexplicables,  et  pourtant  avaient  nécessai- 
rement un  sens  à  chercher;  que  ce  sens  était  renfermé  très-aouvent 
sous  le  voile  de  données  très-connues  du  moyen  àge^  mais  devenues  un 
mystère  pour  ceux  qui  ne  remontaient  pas  assez  à  son  esprit  par  de» 


l'orfèvrerie  sacrée. —  LES  CALICES.  335 

Un  autre  genre  de  symbolisme  a  été  donné  au  calice  :  on      c«uom  gnjé» 

„        ,      ,  ^         ^  _   ,  sur  let  tombes,  ou 

la  placé  souvent ,  et  nous  voudrions  que  cet  usage  ne  se  àép<méu  dâm  i<» 

perdu  pas ,  sur  la  pierre  tombale  des  prêtres.  Nous  avons 

des  exemples  de  cette  dévotion  usitée  dès  le  treizième  siècle, 

et  probablement  elle  l'était  bien  antérieurement.  On  allait 

plus  loin  :  c'est  dans  le  tombeau  même  qu'on  déposait  le 

vase  précieux ,  et  pour  celui-là  même  on  ne  ménageait  pas 

Tor  et  l'argent ,  ni  l'élégance  des  formes,  ni  les  recherches 

d'ornementation,  comme  nous  le  voyons  par  celui  d'Her- 

vée,  évêque  de  Troyes,  de  4207  à  4223.  Ce  charmant  petit 

vase  d'argent  repoussé,  doré  pour  quelques  détails,  avait  à 

sa  base  huit  feuilles  d'olivier.  Sa  patène,  aussi  d'argent,  est 

ornée  à  l'intérieur  d'un  cercle  doré  au  milieu  duquel  un 

nimbe  crucifère  entoure  une  main  qui  bénit  (4). 

Cette  modeste,  mais  très-convenable  parure,  peut  s'adapter    u  eaiioe  le  piw 
toujours  à  nos  calices  d'usage  actuel ,  et  il  est  aisé  de  com-  eon\7<S^  s?n 
prendre  qu'on  peut  varier  à  l'infini  de  tels  motifs ,  selon  '"*■*•  ^gwat 
qu'on  voudra  glaner  dans  le  vaste  champ  laissé  ouvert  par 
les  Pères  et  les  symbolistes  ;  que  si  l'on  se  borne  à  une  ex- 
trême simplicité ,  comme  il  la  faut  aux  églises  qui  ne  peu- 
vent se  munir  qu'à  des  prix  modérés ,  nous  recommande- 

étades  spéciales;  et  H  apportait  en  exemple,  parmi'  plasieurs  antres, 
eette  charmante  image  du  Bréviaire  manuscrit  de  Tolède.  Une  large 
exposition  des  pensées  de  M.  de  Bastard  l'accompagne  en  une  note 
très-doctement  élaborée ,  et  à  laquelle  nous  aimons  à  renvoyer  notre 
lecteur  (voir  Bulletin  du  Comité  des  arts  et  monuments  ,  1850 ,  t.  H, 
p.  174  et  suiv.).  11  n*y  a  qu'un  point  sur  lequel  nous  diJEférerions^  le 
vénérable  aichéologue  et  nous  :  ce  serait  l'interprétation  symbolique 
des  deux  animaux  qui  flanquent  le  calice^  et  dans  lesquels  il  faudrait 
voir,  selon  lui,  «  la  communauté  chrétienne  célébrant  la  fête  de  S.  Hil- 
defunse.» — Nous  avons  cru  trouver, dans  l'explication  qui  nous  est  per- 
sonnelle^ une  traduction  plus  conforme  à  d'autres  images  dont  l'analogie 
est  frappante,  et  plus  simple  aussi,  parce  qu'elle  semble  naturellement 
déduite  des  traditions  déjà  reçues;  et  pourtant  nous  ne  sommes  que 
sincère  en  nous  inclinant  devant  une  autorité  que  nous  préférerions  de 
beaucoup  à  nos  propres  persuasions  ! 

(1)  Voir  Notice  sur  les  objets  trouvés  dans  plusieurs  cercueils  de 
pierre  de  la  cathédrale  de  Troyw,  par  M.  Arnaud,  p.  12,  cité  par  l'abbé 
Texier,  IHctionn.  d'orfévr.,  col.  301. 


336  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

roiis  au  moins  de  ne  pas  accepter  des  objets  de  caprice, 
dictés  par  l'arbitraire  d'orfèvres  peu  autorisés.  Qu'on  ne 
choisisse  pas  au  hasard  parmi  des  objets  sans  pensée;  qu'on 
s'attache  à  rapprocher  la  forme  et  le  style  général  du  style 
de  l'église  où  le  calice  doit  servir.  La  coupe  en  vermeil  est 
d'un  charmant  effet  si  on  l'élève  sur  une  tige  et  un  pied 
mêlés  d'or  et  d'argent ,  ce  mélange  ne  fût-il  que  de  minces 
arabesques  ou  de  feuillages.  Les  verroteries  sont  devenues 
d'un  si  bas  prix,  qu'on  peut  à  très-peu  de  frais  en  garnir, 
mais  sobrement,  les  lobes  et  le  nœud.  Celles-ci  encore,  ayant 
leur  langage  figuratif,  peuvent  représenter  la  foi  par  le  gre- 
nat, ou  la  sardoine,  ou  l'émeraude;  l'espérance,  par  le  saphir 
ou  le  jaspe;  la  charité,  par  la  topaze  ou  le  grenat.  Ces  indi- 
cations suffisent  comme  base  d'une  foule  de  notions  ana- 
con4itioiw  e«.  logues.  Qu'oii  nous  permette  d'ajouter,  en  dehors  de  tout 
ltVsSï<ut«.       symbolisme,  comme  étant  deux  conditions  essentielles  de 

ce  vase  sacré,  intrinsèquement  le  plus  précieux  et  le  plus 
éminent  de  tous ,  qu'il  importe  surtout  de  veiller  à  ce  que 
la  base  en  soit  large  pour  plus  de  solidité,  et  la  coupe  légè- 
rement évasée  par  ses  bords  afin  de  rendre  plus  facQe  et 
plus  sûre  la  consommation  du  précieux  Sang.  On  évite  par 
ces  précautions  des  accidents  souverainement  regrettables, 
et  elles  rentrent  dans  le  domaine  du  prêtre  autant  que  le 
zèle  qu'il  doit  mettre  à  donner  à  la  matière  des  vases  sacres 
la  vie  et  l'intelligence  que  la  saine  théologie  a  toujoui*s  exi- 
gées pour  eux. 
K^pMTpfodi.  Quant  aux  émaux,  dont  la  mode  actuelle  aime  à  parer 
certaines  parties  des  cahces,  nous  ne  croyons  pas  devoir  en 
encourager  le  goût  et  l'usage.  Les  spécimens  que  les  orfèvres 
modernes  nous  eu  ont  donnés  jusqu'ici  réussissent  peu  à  en 
patronner  l'emploi.  Ue  que  les  émaux  y  ont  de  fort  peu  artis- 
tique par  le  peu  de  fermeté  des  tons;  leur  trop  parfaite  res- 
semblance à  des  images  communes  ;  enfin  la  fragilité  de  ces 
surfkces  vitreuses,  qui  ne  se  réparent  jamais  qu'à  des  frais 
excessifs,  tout  contribue  à  faire  regi*etter  Tengoûment  dont 


L*ORFÉVRERIE  SACRÉE.— VASES  D'aUTEL.  337 

on  s'est  épris  pour  cette  parure  de  valeur  équivoque.  Nous 
ne  pouvons  donc  qu'exhorter  à  éviter  ce  surcroît  de  dépense, 
relativement  énorme,  et  à  reporter  de  préférence  le  mérite 
effectif  sur  la  matière,  la  ciselure  et  les  reliefs. 

Nous  ne  mentionnons  que  pour  mémoire  la  patène ,  dont  La  patèoe. 
les  embellissements  artistiques  doivent  toujours  être,  on  le 
sait ,  analogues  à  ceux  du  calice ,  et  que  nous  conseillons 
seulement  de  ne  pas  creuser,  quoiqu'en  lui  laissant  une 
certaine  concavité  qui  suffise  à  retenir  les  parcelles  de  la 
Sainte  Hostie. 

Nous  avons  parlé  des  colombes  eucharistiques  destinées  à     ciboire*  «n  tor- 

.  me  de  colombe. 

la  Samte  Réserve,  et  par  cela  même  servant  de  tabernacle 
au-dessus  de  l'autel  (I).  Quelques  écrivains,  qui  se  sont 
copiés  sans  discernement ,  ont  parlé  de  calices  ayant  cette 
forme;  qui  ne  voit  que  c'est  évidemment  impossible?  Gon- 
tentons-nous  donc  d'ajouter  aux  notions  déjà  données  sur 
ce  point  que  cette  belle  pièce  d'orfèvrerie  est  de  la  plus 
haute  antiquité.  On  en  trouve  un  exemple  qui  doit  dater  à 
peu  près  de  Fan  370  dans  un  auteur  de  cette  époque  (2).  Le 
testament  de  S.  Perpétue ,  de  Tours ,  dont  nous  avons 
parlé ,  n'est  pas  moins  explicite ,  et  parle  d'une  colombe 
semblable  destinée  à  porter  la  Sainte  Eucharistie  aux  ma- 
lades (3^ 

On  avait,  comme  complément  des  vases  sacrés  propre-  Bottée  à  hotu* . 
ment  dits ,  des  boites  à  hosties,  sorte  de  pyxides  sphériques 
dont  le  couvercle  s'élevait  en  pignon  surmonté  d'une  croix 
et  pouvant  contenir  d'une  à  trois  ou  quatre  douzaines  de  pains 
d'autel.  Elles  étaient  d'ordinaire  en  cuivre  ou  en  argent, 
émaiUées  d'azur  sur  toutes  les  surfaces.  Il  est  regrettable 
qu'on  ne  les  retrouve  plus  que  dans  les  musées  :  elles  se- 
l'aieut  bien  mieux  dans  les  sacristies,  où  elles  figureraient 

(1)  Voir  ci-de86U8,  t.  HI,  ch.  vu,  p.  284  et  suiv. 

(2)  Cf.  Âmphilochii,  episeop.  Icon.,  De  Vila  S,  Basilii  Magni,,  apud 
Botland.,  Ijauuar. 

(3)  cr.  Palrolog.  latin,,  Migne,  t.  LXXI,  eol.  1151. 

T.  IV.  1.  2% 


338  HISTOiRR  DU  SYMBOLISME. 

avantageusement  près  des  beaux  vases  sacrés  qu'on  s*é« 
vertue  à  leur  rendre. 

L«s  oftêBMin.  Les  ostensoirs  rentrent  aussi  dans  la  même  catégorie. 
Quelsn'ontpasété  Télégancede  leurs  formes,  la  richesse  de 
leur  matière,  le  fini  de  leurs  détails  !  Et ,  en  effet ,  ces  belles 
monstranees,  dont  Fusage  fut  adopté  d*abord  pour  conserver 
des  reliques,  n*avaient  pas  de  pi  us  grande  gloire  que  de  rece- 
voir et  d'abriter  ensuite  le  Corps  sacré  du  Sauveur  lui-môme. 
Les  émaux ,  les  pierreries,  les  filigranes,  les  ciselures  et  les 
nielles,  tout  ce  que  Findustrie  et  le  bon  goût  pouvaient  con- 
sacrer à  la  gloire  de  Dieu,  relevaient  d'autant  plus  sur  ces 
belles  pièces  d*orfévrerie  les  images  symboliques  dont  elles 
se  paraient.  Ces  spécimens  si  connus  aujourd'hui  sont  les 
seuls  qu'il  faille  imiter.  Nous  avons  assez  de  ces  immenses 
soleils ,  dont  les  rayons  étaient  Funique  symbole ,  et  qu'on 
doit  chercher  désormais  à  remplacer  par  les  souvenirs  des 
âges  de  foi,  qui  ont  fait  enfin  leur  réapparition  parmi  nous, 
et  qui  seuls  doivent  partout  témoigner  de  notre  intelligence 
des  choses  du  Roi  des  rois. 

Let  reuquAirefl.  Ou  omc  Ics  autcls  dc  rcliquaircs,  on  renferme  les  restes 
toujours  vénérés  des  Saints  en  des  ch&sses  dont  le  moyen 
ftge  a  fait  une  des  plus  admirables  magnificences  de  ses 
églises.  Sans  revenir  sur  ce  que  nous  avons  exposé  de  Fameu- 
blement  sacré  au  cinquième  chapitre  du  volume  précédent, 
exhortons  cependant,  pour  rester  jusqu'au  bout  dans  le  rôle 
que  nous  nous  sommes  fait,  à  ne  vouloir,  dans  ces  grandes  et 
belles  choses,  rien  que  de  très-conforme  à  Fesprit  de  FÉglise 
et  à  ses  continuelles  aspirations.  Nous  ne  devons  jamais  priver 
les  moindres  objets  réclamés  par  le  culte  d'une  empreinte 
divine,  d'un  cachet  surnaturel  dont  tous  les  traits  coires- 
pondent  au  besoin  que  l'homme  devrait  toujours  ressentir 
de  s'élever  vers  le  ciel  et  d'y  renouveler  sa  foi  et  son  espé- 
rance. Donc  rien  de  froid  et  de  muet,  d'insignifiant  et  de 
sec ,  dans  toute  chose  dont  Fusage  doit  s'ennoblir  par  les 
approches  du  Saint  des  Saints.  Assez  de  modèles  nous  sont 


L*ORFÉVREHIG   SACRÉE. —  OUVRAGES  EN   FER.  339 

donnés  aujourd'hui  pour  que  la  théologie  et  le  bon  goût 
puissent  vouloir  de  chacun  assez  d'intelligence  et  de  savoir 
en  de  si  graves  matières.  Nous  sommes  au  siècle  des  expo- 
sitions, des  musées ,  des  recueils  périodiques  de  lîthochro- 
mies  et  de  dessins  :  plus  d'excuses  à  rindifTérence  et  à  la 
froideur  qui  n'auraient  voulu  ni  voir,  ni  étudier,  ni  com- 
prendre tant  de  livres  ouverts  qui  leur  crient  si  haut  le  senti- 
ment des  convenances  observées  en  faveur  de  l'art  chrétien. 
11  est  possible  de  donner  son  esthétique  au  plus  modeste 
calice,  au  bénitier  portatif,  à  l'encensoir,  et  à  tant  d'autres 
instruments  qui ,  fondus  d'abord ,  s'exécutent  toujours  à 
peu  de  frais,  et  qui  n'en  exigent  que  fort  peu  pour  la  cise- 
lure ou  l'adjonction  de  quelques  motifs  spirituels.  Nous 
voudrions  môme  qu'un  tel  soin  s'étendit  à  la  reliure  des 
livres  liturgiques ,  aux  missels  surtout ,  pour  l'ornementa- 
tion facile  desquels  on  trouverait  à  faire  graver  des  cuivres 
d'empreinte  dont  les  belles  couvertures  du  moyen  âge  don- 
neraient l'idée  et  les  modèles  (^)  :  tant  il  est  vrai  qu'alors 
tout  portait  le  sceau  de  la  foi  dans  l'art  aimé  de  tous  ;  on 
ne  pensait  pas  que  Ton  pût  abandonner  au  hasard  de  mains 
profanes  l'exécution  artistique  d'une  pensée  qui  avait  son 
origine  dans  le  cœur  de  Dieu.  Grande  leçon  pour  ceux  qui 
n'y  songent  point  ! 

Et  enfin  appliquons  ces  idées  même  aux  portes  de  l'église,  lm  portM  «t 
qui  furent  souvent,  surtout  avant  le  onzième  siècle,  fondues  '**  p*°""«*- 
en  bronze  et  historiées  de  faits  bibliques  mis  en  parallèle 
avec  ceux  qui  se  rattachent  à  Notre-Seigneur  dans  le  Nou- 
veau Testament.  Les  damasquinures ,  ou  gravures  d'or 
sur  argent ,  les  arabesques ,  des  oiseaux ,  des  poissons  et 
autres  emblèmes  chrétiens,  s'y  répandaient  en  des  compar- 
timents plus  ou  moins  symétriques.  C'est  dans  ce  genre 
que  Suger  avait  fait  exécuter,  pour  son  abbatiale,  les  portes 


(1)  Voir  ci-dessus,  ch.  iiv,  p.  40  et  suiv.,  où  nous  avons  parlé  des 
reliures  plastiques  du  moyen  Age  &  propos  des  manuscrits. 


3{0  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

en  fonte  dorée  qu'a  détruites  le  vandalisme  des  guerres  et 
des  révolutions.  L'Allemagne  et  l'Italie,  plus  heureuses  que 
la  France ,  où  Ton  n'a  guère  plus  à  admirer  que  les  portes 
du  treizième  siècle  de  Notre-Dame  de  Paris ,  conservent  à 
Augsbourg  et  à  Vérone  leurs  lames  de  bronze  battu  et 
ciselé.  Ailleurs  les  ventaux  en  chêne  sont  recouverts  de 
lames  métalliques  où  les  rinceaux  se  mêlent  à  d'autres 
ornements  plus  significatifs.  On  porta  ces  religieuses  atten- 
tions jusque  sur  les  pentures,  qui  furent  souvent  si  délicates 
de  travail,  et  qui  durent  à  la  lime  et  au  marteau  de  si  char- 
mantes végétations,  des  enroulements  si  légers,  des  con- 
Lw  irriiiM  d«  tours  aux  épanouissements  si  gracieux. —  Ces  mêmes  inspi- 
rations s'appliquèrent  aux  grilles  qui  séparaient  le  cliœur 
du  sanctuaire,  qui  l'entouraient  comme  d'une  barrière  à 
jour,  symbole  de  respect,  qui  n'empêchait  pas  le  regard  de 
pénétrer  jusqu'à  l'Objet  de  l'adoration  commune.  En  cela 
encore,  imitons  nos  pères  :  mêlons  aux  tiges  dorées  du  fer 
habilement  agencées  les  expansions  qu'on  sait  lui  impo- 
ser ;  proportionnons-les  par  leurs  dimensions  aux  lignes 
plus  ou  moins  vastes  des  nefs  qu'elles  partagent,  aux  pro- 
fondeurs qu'elles  doivent  limiter  ;  et  qu'ainsi  parée  de  ce 
grandiose  ensemble  de  saintes  richesses,  l'Église  rappelle 
au  cœur  ému  de  ses  enfants  qu'ils  ne  peuvent  trop  honorer 
leur  iMère,  et  qu'à  elle  s'adressaient  déjà  aux  temps  bibliques 
ces  royales  et  prophétiques  paroles  :  «  Seigneur,  mon  amour 
a  éclaté  dans  la  beauté  de  votre  maison  et  dans  le  lieu  dont 
vous  avez  fait  le  trône  de  votre  gloire  (^}  !  » 

Mais  ces  réflexions,  ces  conseils,  tous  conformes,  comme 
on  peut  le  voir  par  tout  ce  qui  précède,  aux  règles  de  la 
liturgie,  de  l'art  et  du  bon  goût,  prouvent  implicitement  que 
nous  sommes  à  une  époque  où  de  graves  raisons  les  rendent 
nécessaires  :  non  pas  que  nous  soyons  aussi  bas  sur  ce  point 


(i)  «  Domine^  dilexi  dccorem  domus  taœ^  etlocum  habitatloDis  glo 
riœ  tuoD,  »  {Ps.,  XXV,  8.) 


r 


L^ORFÉVRLniE  SACRÉE.  3^1 

que  nous  avons  été,  on  devra  toujours  aux  plus  sérieuses 
préoccupations  de  la  science  archéologique  Tespèce  de 
renaissance,  à  laquelle  nous  assistons,  des  vrais  principes 
ecclésiologiques  et  d'une  pratique  meilleure  des  arts  qu'ils 
surent  toujours  féconder.  Toutefois  ne  nous  faisons  point 
illusion  :  nous  marchons  encore  trop  fidèlement  à  la  suite 
de  cette  autre  Renaissance  qui,  au  seizième  siècle  surtout, 
usurpa  ce  nom  et,  pour  mieux  réussir  dans  ses  plans  contre 
la  vérité  chrétienne,  s*avisa  d'abriter  sa  conspiration  sous 
le  patronage  du  paganisme  antique  et  de  ses  mondanités 
sensualistes.  Notre  histoire  du  symbolisme  nous  a  progres- 
sivement amené  vers  cette  époque  déplorable,  dont  il  nous 
faut  esquisser  Taclion  délétère  sur  la  société  et  sur  ses  arts 
les  plus  précieux.  Entrons  dans  cette  dernière  partie  de 
notre  tâche,  et  révélons,  pour  en  tirer  nos  conséquences 
pratiques,  les  honteuses  aspirations  de  cette  prostituée,  qui 
a  su  traiter  Dieu  comme  une  idole...  et  nos  églises  comme 
des  carrefours. 


CHAPITRE  XXII. 


DÉCADENCE  DU  SYMBOLISME  ;  SA  RENAISSANCE 
AU  DIX-NEUVIÉME  SIÈCLE. 


CONCLUSION. 

Il  «îî**5Î*rJrt*Sî      ^^^  affaissements  de  la  pensée  amènent  toujours  la  déca- 
Uf •  mtf M iiior«)ot.  dence  de  Tart.  Gomme  Tun  ne  vit  que  par  l'autre,  il  suit 

fatalement  les  périodes  variées  de  sa  vie  morale ,  et,  pour 
peu  qu*on  sache  les  annales  du  monde ,  on  voit  partout  et 
toujours  marcher  de  concert  les  destinées  de  la  philosophie 
et  de  Fart.  Aucune  des  républiques  anciennes  n'échappe  à 
cette  loi  surnaturelle,  pas  plus  à  Rome  qu'à  Atliènes,et 
l'Europe  moderne,  dont  la  civilisation  orgueilleuse  semblait 
à  la  sagesse  humaine  une  si  sûre  garantie  de  prééminence 
durable ,  n'a  vu  sa  gloire  obscurcie  qu'à  partir  du  jour  où 
s'est  abaissé  le  sentiment  de  sa  vieille  foi. 
u  bon  iiui4p«.      Comment  en  serait-il  autrement?  C'est  un  grand  tort,  et 

rAbl«  (lu  bMU  ,  .  .11.1 

qui  compromet  les  notions  élémentaires  de  1  esthétique,  de 
prétendn.*  que  le  vrai  soit  séparable  du  beau,  que  ce  dernier 
n'est  que  relatif,  et  ne  se  juge  que  par  les  caprices  d'un  goût 
qui  ne  peut  avoir  de  règles  précises,  qu'il  se  subordonne  aux 
idées  très-divei*ses  de  chaque  peuple  chez  lequel  même  il 
varie  aux  diverses  époques  de  son  existence.  Ceux  qui  pro- 
fessent de  telles  spéculations  se  laissent  abuser  par  d'infimes 
détails  de  la  chose ,  et  ne  la  considèrent  pas  assez  dans  les 
tiubliuies  rapports  qu'elle  a  avec  Dieu. 
Kii  (*nVl,  examinez  les  œuvres  dala  création,  en  corn- 


CAUSES  MULTIPLES  DE  SA  DÉCA0EKGE.  343 

meaçant  par  Thomme ,  qui  en  est  le  principal  objet.  Pou- 
>ez*v<ms  nier  que  cet  ensemble  de  si  majestueuses  pro- 
portions ,  de  mouvements  si  justement  mesurés ,  soit  le 
type  de  la  beauté  réelle  ,  source  des  plus  magnifiques 
inspirations  de  la  statuaire  antique?  Croyez- vous  qu'il 
n'y  ait  aucune  relation  entre  ce  type ,  admiré  de  tous  sans 
exception,  et  le  prototype  qui  existait  avant  lui  dans  la 
pensée  divine  ?  et  pai'  cela  même ,  ne  voyez-vous  pas  que 
la  vérité  la  plus  incontestable  est  la  source  de  la  plus 
parfaite  beauté?  N'est-ce  pas  de  cette  même  source  qu'est 
sorti  le  monde  physique,  dont  la  gi*ande  harmonie  élève  tout 
esprit  qui  la  médite ,  dont  le  merveilleux  ensemble  n'est 
pas  plus  beau  que  le  moindre  de  ses  détails?  Eh  bien  !  c'est  l*  beauté  arohi- 
dansle  corps  humain,  nous  le  savons,  que  l'art  a  trouvé  ^M^ie  oorpl* hû^ 
l'exemplaire  du  temple  chrétien  avec  l'inclinaison  de  son  "i'ie!'  ***""  ^* 
chevet,  les  souplesses  mystérieuses  de  ses  axes;  c'est  dans 
la  nature  qu'existent  les  plans  multiples,  les  colonnes, 
les  toitures  et  les  nefs  du  saint  édifice.  Tout  le  monde  avoue 
que  cet  asile  de  Dieu  sur  la  terre  est  en  lui-même  le  grandiose 
et  la  beauté  ;  et  vous  oubliez  sou  origine  céleste,  et  vous  dites 
que  le  vrai  n'est  pas  le  principe  du  beau  !  D'où  venez-vous 
donc,  et  quelle  philosophie  est  la  vôtre  ?  Quiconque  s'appuie  • 

de  tels  arguments  n'est  plus  lui-même  qu'un  esprit  en  dé- 
cadence. Sous  Louis  XII  et  François  I",  il  eût  contribué  à 
la  démolition  de  la  symbolique  chrétienne  ;  aujourd'hui  il 
reste ,  malgré  tout ,  ii^capable  de  la  sentir.  Complice  ou 
victime ,  c'est  mille  fois  trop,  puisqu'à  l'un  ou  l'autre  de  ces 
titres  on  disperse  les  fondements  de  l'ordre  moral. 

Celte  observation  va  nous  apparaître  pleine  d'évidence 
dans  la  dernière  phase  de  notre  Histoire  ^  où  la  théorie  du 
symbolisme  s'efface  peu  à  peu,  et  arrive  enfin,  par  une  chute 
rapide,  à  monumenter.dans  sa  ruine  la  plus  funeste  des 
apostasies  sociales. 

Nous  avons  vu  comment,  au  quatorzième  siècle,  les  entre-     lm  ëtudM  des 
prises  du  laïcisme  avaient  jeté  entre  l'art  chrétien  et  le  clergé,  tiim*  tièciM  têm- 


344  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

5îix  dlT^iio"?    ^^  ^^^^  l'avait  dirigé  jusqu'alors,  les  éléments  d'une  sépara- 
*««•  tion  destinée  à  devenir  bientôt  définitive.  La  cause  fondamen- 

tale de  ces  mortels  empiétements  doit  être  cherchée  dans 
la  direction  donnée  alors  aux  études.  On  ne  se  contenta  pas, 
en  effet,  d'emprunter  à  Aristote  la  forme  de  son  syllogisme, 
dont  la  dialectique  avait  su  tirer  un  si  grand  profit  pour  la 
démonstration  des  vérités  théologiques ,  et  qu'avaient  mise 
en  vogue  des  génies  comme  Albert  le  Grand  et  S.  Thomas. 
Des  esprits  moins  justes,  éveillés  par  les  subtilités  de  la  dis- 
pute, dépassèrent  les  sages  limites  posées  par  les  plus  illus- 
tres Docteurs ,  et,  au  lieu  de  s'en  tenir  à  la  logique  du  philo- 
sophe grec,  se  jetèrent  dans  sa  métaphysique  païenne  et  en 
tirèrent  des  principes  d'avance  condamnés  par  FÉglisc,  tels 
que  l'éternité  du  monde,  la  fatalité  absolue,  l'âme  univer- 
selle (I  )  :  toutes  erreurs  concevables  dans  le  docte  païen,  lancé 
par  son  esprit  d*investigation  à  la  recherche  de  la  vérité , 
mais  inadmissibles  pour  le  chrétien,  qui  sait  toujours  à  quoi 
s'en  tenir  sur  l'origine  des  choses,  sur  le  concours  de  notre 
volonté  et  de  la  grâce,  sur  l'unité  de  Dieu,  considéré  comme 
le  moteur  et  le  conservateur  du  monde  sensible  ou  moral. 
lm  h^rMM  m^  A  ces  désordrcs  de  la  pensée  vinrent  se  joindre  bientôt 
••i^  »•  ceux  de  l'action.  Ces  hérésies,  cachées  d'abord  dans  l'ombre 

des  cloîtres,  s'émancipèrent  dans  les  écoles  ;  condamnées, 
elles  devinrent  un  prétexte  de  révolte  ;  elles  flattèrent  les 
ambitieuses  prétentions  des  princes ,  qui  n'en  avaient  pas 
encore  fini  avec  les  investitures  et  les  annates.  Que  si  nous 
ajoutons  à  ces  causes  les  propres  malheurs  de  l'Église ,  au 
sein  de  laquelle  des  ambitions  princières  firent  naître  le 
grand  schisme  d'Occident,  on  comprendra  que  de  telles 
préoccupations  entravèrent  chez  le  clergé  comme  chez  les 
pouples  la  marche  régulière,  les  progrès  instinctifs  et  l'ap- 
plication prospère  des  sciences  et  des  arts,  qui  veulent  des 
joui*s  paisibles  pour  l'union  de  leurs  communes  destinées. 

(1)  Voir  DArgentré,  ColUctio  judiciorum ,  i.  l,  «Examen  dn  fata- 
lisme. » 


CAtSES  MULTIPLES  DE  SA   DÉCADENCE.  345 

Mais  aussi  vint  la  conquête  de  Constantinople  par  les  *»•"  p'""  <»"*  ]^ 
Turcs.  Les  Grecs  schismatiques  apportèrent  alors  en  Europe  ^r  ^*  ^  *•' 

^  rr  r      naissance. 

le  goût  des  études  païennes  ;  dans  le  clergé,  des  esprits  émi- 
nents  s'y  laissèrent  prendre,  et  Rome  eut  des  savants  qui  ne 
s'en  gardèrent  pas  assez.  D'autre  part,  les  malheurs  politi- 
ques dont  on  eut  à  gémir  en  France  et  en  Allemagne  aug- 
mentèrent le  mal  en  semant  partout,  avec  des  germes  de  dis- 
sensions, l'esprit  d'opposition  et  de  félonie.  Le  sentiment  du 
devoir  s'abaissa  avec  le  respect  de  l'autorité.  Cette  indépen- 
dance gagna  les  masses,  toujours  disposées,  surtout  par  de 
funestes  exemples ,  à  secouer  le  joug  du  devoir.  Ainsi  une 
révolution  s'était  faite;  elle  avait  marché,  élaboré  lentement 
ses  invasions  dans  le  royaume  de  la  pensée,  et  TÉglise,  qu'a- 
bandonnaient lâchement  des  princes  devenus  ses  rivaux , 
fut  bientôt  envahie  par  les  doctrines  de  Wiclef,  dont  les  pré- 
tentions, renouvelées  des  Albigeois  et  des  Vaudois  en  tout 
ce  qui  pouvait  compromettre  la  sécurité  de  la  société  chré- 
tienne, disposèrent  trop  les  esprits  aux  sanguinaires  effron- 
teries du  luthéranisme. 
Durant  ces  trois  siècles  écoulés  à  travers  tant  d'orages,  et    sypmtAmMdeia 

^  décadence  de  Part 

pendant  lesquels  il  faut  encore  signaler  comme  une  pro-  ogirài , 
fonde  source  de  désordres  les  guerres  soutenues  en  France 
contre  les  Anglais,  l'art  ogival  s'achemina  à  sa  dernière  pé- 
riode. Entre  autres  chefs-d'œuvre,  il  vit  construire  le  fron- 
tispice de  la  métropole  de  Reims ,  type  de  proportions  élé- 
gantes et  de  statuaire  achevée;  celui  de  la  cathédrale  de 
Poitiers,  où  semblent  se  produire,  mais  avec  moins  de  per- 
fection plastique,  et  pour  une  de  ses  dernières  fois,  les 
scènes  du  Jugement  et  de  la  Dormition  de  la  Vierge ,  qui, 
depuis  le  douzième  siècle ,  s'étaient  inscrites  sur  tant  de 
façades  monumentales.  Des  roses  splendides,  de  magnifiques 
flèches  d'une  coupe  svclte  et  si  pure,  remplaçaient  les  tours 
carrées  et  les  baies  romanes.  Tout  cela  était  donc  encore 
très-beau,  et  honorait  l'époque  séculaire  que  Charles  VI  et 
l/)uis  XII  virent  commencer  ou  finir.  Mais,  si  l'œil  était  raA  i  î^hiilqïJ"  ^*  *  *"* 


346  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

des  remarquables  dispositions  de  ces  belles  pierres,  l'esprit 
y  cherchait  en  vain  les  leçons  d'esthétique  et  de  philosophie 
morale  qui  s*y  seraient  épanouies  à  cent  ans  de  là.  C'étaient 
encore  les  histoires  bibliques,  les  longues  rangées  de  Saints, 
les  divisions  principales  de  la  hiérarchie  sacrée  ;  ce  n'étaient 
plus  les  ingénieux  rapprochements,  les  divines  allégories  qui 
resplendissaient  encore,  comme  un  reproche  à  des  artistes 
mal  avisés,  aux  chapiteaux  et  aux  verrières  de  Chartres,  de 
Bourges,  d'Auxerre  et  de  Sens.  On  n'y  voyait  plus  le  côté  sé- 
rieux de  rart,le  langage  des  Pères,  les  mystères  de  la  vie  spi- 
rituelle :  tout  cela  s'effaçait  devant  les  caprices  envahisseurs 
de  la  légende,  des  fabliaux  môme  ;  et,  si  des  symboles  étaient 
toujours  sous  ces  formes  à  demi  voilées,  on  n'y  trouvait  pas 
moins  l'esprit  du  temps,  qui  marchait,  par  l'expulsion  du 
mysticisme  cathoUquc,  à  Tintronisation  des  mondanités  con- 
cmiues  muiti.  traircs.  C'était  le  génie  sécularisé  dans  la  tète  d'artistes  plus 

Yoiation;  adounés  au  soin  de  la  matière  qu'à  la  théologie,  plus  occupés 

du  monde  et  des  discussions  qui  l'agitent  que  de  loger  le 
bon  Dieu,  dont  la  demeure  n'est  guère  plus  qu'un  objet  d'art 
et  un  monument  élevé  à  la  réputation  d'un  maître.  Et  puis,  ce 
naturalisme  qui  dénaturait  ainsi  les  édifices  de  nos  grandes 
villes  et  les  privait  de  leur  vieux  langage  mystique  ;  cet 
oubli  mallieureux  de  la  basilique  latine ,  si  grandiose  et  si 
rehgieusement  sévère,  insensiblement  détrônée  par  les  pré- 
tentieuses ciselures  des  baies,  des  voûtes  et  des  pignons, 
furent  trop  secondés  par  un  autre  besoin  de  ces  temps  agi- 
tés ,  où  il  fallut  faire  des  monastères  et  des  égUses  rurales 
autant  de  forteresses  oiï  venaient  se  réfugier,  contre  les  in- 
cursions de  l'étranger  ou  les  subites  attaques  des  seigneurs 
voisins ,  les  populations  effarées  de  villageois  avec  leurs 

ses     caractères  fcmmcs  ct  leui*s  cufauts.  Là  OÙ  régnaient  les  meurtrières , 

les  mâchicoulis  et  les  créneaux ,  il  restait  peu  de  place  à  la 
flore  murale,  à  la  zoologie  des  chapiteaux  et  des  modillons; 
et,  soit  que  ces  symboles  jusque-là  respectés  eussent  disparu 
sous  une  nouvelle  ordonnance  des  corniches ,  des  fenêtres 


SA  DÉCADENCE.  —  L'aRCADE  GRECQCE.  347 

et  des  portes,  soit  qu'il  fallût  construire  une  nouvelle  cha- 
pelle à  un  château ,  dont  elle  devenait  un  rempart  et  une 
fortification ,  c'était  le  cas  urgent  d'oublier  les  embellisse- 
ments symboliques  pour  les  nécessités  de  la  guerre;  et 
comme  les  idées  se  perdirent  avec  l'abandon  qui  s'en  per- 
pétua, le  vide  se  fit  partout  autour  de  l'exégèse  biblique  et 
des  symboles,  dont  on  ne  sut  plus  comprendre  le  langage  ; 
au  point  que  les  savants  eux-mêmes  se  demandèrent  bientôt, 
sans  y  répondre,  ce  que  signifiaient  dans  nos  églises  ces 
fourmilières  de  bêtes ,  ces  myriades  d'objets  inconnus  qui 
n'attiraient  plus  que  les  regards  ébahis  :  c'étaient  certaine- 
ment autant  de  caprices  de  sculpteurs  avinés,  autant  de 
preuves  de  l'ig^norance  et  de  la  barbarie  du  moyen  âge  ! 

Ce  n'est  pas  tout.  On  était  à  peine  au  milieu  du  seizième    oreaffM,  et pm- 
siècle,  qu'André  Orcagna,  qui  pratiquait  à  la  fois  Tarchitec- 
lui'c  et  la  peinture  à  Florence  ,  à  Pise  et  en  d'autres  villes 
célèbres  de  l'Italie,  s'avisa  le  premier  de  substituer  à  l'ogive 
l'arcade  grecque,  jugée  alors,  par  une  erreur  de  goût  que 
personne  ne  songerait  plus  à  justifier,  plus  gracieuse  et  plus 
monumentale  ;  nous  disons  aujourd'hui  plus  lourde  et  plus 
insignifiante.  Ce  fut  à  la  Loge  de  Lanzi ,  à  Florence,  que  ce 
premier  essai  fut  tenté  sur  les  dessins  d'Orcagna.  Michel-  tt^yovi%ée  p«r  mi- 
Ange,  que  son  génie  attira  bientôt  vers  ces  beautés  massives  le  «tyie  des  com- 
qui  le  distmguent,  approuva  beaucoup  cette  innovation ,  ses. 
conseilla  au  grand-duc  Côme  I"  de  la  faire  reproduire  en 
d'autres  constructions ,  et  l'engouement  s'en  mêla  jusqu'à 
faire  donner  aux  églises  chrétiennes,  qui  avaient  leur  style 
distinctif  et  dans  chaque  ogive  une  aspiration  de  plus  vers 
le  ciel,  le  style  des  temples  païens  avec  son  élégance  froide 
et  symétrique,  avec  ses  cintres  pesants,  ses  voûtes  d'autant 
plus  surbaissées  ,  et  ses  fenêtres  qu'on  pouvait,  avec  tout  le 
reste ,  donner  à  des  théâtres ,  à  des  bains  publics ,  à  tout 
monument  enfin  dont  la  maison  de  Dieu  ne  serait  plus  dis- 
linguée.  C'est  une  fataUté  remarquable  que  l'Itahc,  dont  la 
foi  pouvait  se  retremper  si  souvent  dans  ce  Tibre  qui  arro- 


Lo  style  greo 
détruit  le  symbo- 
lisme oathoUque. 


La  peinture  en 
soufft^  moins  tout 
d'abord. 


348  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

sait  Home  de  ses  limpides  et  fralclies  eaux,  ait  donné  Félan 
à  cette  révolte  de  la  matière  contre  Tesprit.  Mais,  hélas!  les 
jurisconsultes  et  les  lettrés  avaient  envahi  le  territoire,  et 
commençaient  contre  la  vieille  Europe  chrétienne  cette 
croisade  irréfléchie  dont  allaient  jaillir  l'émancipation  de 
l'art...  et  sa  mort!... 

Et  comme  la  foi ,  en  s'attiédissant ,  laisse  toujours  plus 
d'élan  au  règne  de  la  matière  et  du  sensualisme,  on  vit  les 
églises  nouvelles  se  rétrécir  à  la  mesure  du  sentiment  chré- 
tien :  plus  de  ces  vastes  dimensions  dans  lesquelles  on  avait 
si  longtemps  symbolisé  la  grandeur  de  Dieu.  On  devint  mes- 
quin et  chiche  pour  tout  ce  qui  relevait  de  son  culte  et  de 
son  honneur.  Le  suzerain  de  la  terre,  en  se  dégoûtant  des 
basiliques,  en  fit  passer  le  lu\e  dans  son  manoir.  La  com- 
mune, en  conquérant  des  franchises  et  des  libertés,  con- 
struisit à  grands  frais  son  hôtel  de  ville  et  ses  palais.  Avec 
ces  tendances  que  pouvait-on  faire  du  symbolisme?  Quel- 
ques singes  grimaciers  s'accrochaient  encore  aux  portes  ou 
aux  croisées  ;  des  chiens  grognons  supportaient  bien  quel- 
ques retombées  d'arcades  en  compagnie  d'oiseaux  fantas- 
tiques à  côté  de  quelques  tôtes  de  femmes  ou  de  chevaliers  ; 
mais  c'était  là  du  pur  caprice,  une  malfaçon  d'ouvriers  formés 
au  hasard^  et  qui  se  gardaient  bien  de  dépenser  leurs  veilles 
à  méditer ,  entre  le  pot  et  la  coupe,  le  mysticisme  d'une 
clef  de  voûte  ou  d'un  tympan. 

C'est  dans  ce  vaste  intervalle  dont  nous  esquissons  ici  les 
rapides  souvenirs  que  parurent  des  spécialistes  restés  grands 
par  leurs  œuvres  d'art,  en  majeure  partie  détruites.  Cepen- 
dant que  firent-ils  comme  architectes  ?  Qui  parle  aujour- 
d'hui des  constructions  de  Cimabué,  de  Giotto,  et  môme  de 
Michel-Ange ,  avec  sa  grande  basilique  de  Rome,  dont  les 
étonnantes  dimensions  n'ajoutèrent  pas  plus  à  la  perspective 
qu'à  la  solidité  (^  )  ?  Il  en  fut  autrement  de  leur  peinture  ;  et, 

M)  On  nous  permeUra  de  maintenir  ici  l'opinion  si  justement  rai- 
sonnéc  qu'ont  depuis  loni?temp8  établie  les  véritables  principe?  de  l'ar- 


SA  DÉCADENCE.  —  CIMABl'É.  3{» 

si  le  symbolismey  défaillit,  au  moins  il  n'y  succomba  point 

tout  entier.  Ce  fui  un  service  réel  rendu  à  Tart  que  les  amé-     cimahvd. 

liorations  données  au  dessin  par  (jimabué  (^),  qui,  dégageant 

chitecture  chrétienne,  et  qui  feront  toujours  regretter  que  Saint-Pierre 
de  Rome  n'ait  pas  élé  construit  au  treizième  siècle  par  les  mains  qui 
élevèrent  les  cathédrales  de  Paris  et  de  Reims^  d'Amiens  et  de  ChartreSj 
aosqueUes  lavasieté  de  la  basilique  romaine  aurait  ajouté  une  beauté 
de  plus  qui  l'eût  rendue  sans  égale. On  sent  cela  aujourd'hui  beaucoup 
moins  encore  qu'il  y  a  trente  ans,  et  depuis  que  les  voyages^  facilités 
à  tout  le  monde  ,  ont  permis  à  un  grand  nombre  de  curieux  d'aborder 
l'église-mëre  de  la  chrétienté.  On  s'y  est  laissé  éblouir  par  des  propor- 
tions grandioses, par  la  richesse  des  marbres,  des  peintures  et  des  orne- 
mentations variées  et  combinées  très-ingénieusement.  Le  sentiment 
chrétien  lui-même  y  est  saisi  vivement,  il  est  vrai,  mais  c'est  surtout  par 
les  pieux  et  illustres  souvenirs  des  Apôtres  et  des  Martyrs,  des  Papes  et 
des  artistes  dont  la  basilique  universelle  garde  les  précieuses  reliques 
ou  la  mémoire  vénérée.  Toutefois  ce  ne  sont  là  que  des  conditions  peu 
archiUcturaUs,  et,  pour  un  monument,  le  plan  architectonique  est  la 
première  condition  à  tenir.  Voilà  ce  qu'observent  trop  peu  les  visiteurs 
qui  regardent  une  église  grecque  sans  la  comparer  avec  celles  du  moyen 
âge.  Il  manque  tout  simplement  à  ces  demi -connaisseurs  la  moitié  des 
éléments  de  la  cause  sans  laquelle  un  juge  prudent  ne  doit  jamais  se 
prononcer  :  et  c'est  cette  judicieuse  prudence  qui  se  remarque  surtout, 
à  l'égard  de  cette  question  entre  les  architectures  grecque  et  gothique, 
dans  ce  qu'en  ont  écrit  un  petit  nombre  d'écrivains  spéciaux  qu'il  faat 
lire  de  préférence  :  voir ,  par  exemple ,  l'abbé  Laugier,  Observations 
sur  VarchUeciure ,  p.  55  eipassim,  in-12,  la  Haye,  1765.  —  Nous  re- 
viendrons bientôt  sur  ce  point. 

(1)  Cimabué  ,  dont  la  naissance  à  Florence  date  de  1240,  mourut  en 
13i0  :  l'abbé  de  Fontenay  {Diclionn.des  artistes,  1. 1,  p.  371,  in-i2,1776) 
dit  mal  1300.  Il  est  fort  remarquable  qu'à  cette  époque  où  nos  plus 
belles  verrières  conservent  encore  tout  le  caractère  d'un  dessin  destiné 
à  être  vu  de  loin,  l'artiste  florentin  ait  compris  de  lui-même ,  et  sans 
devancier,  que  la  voie  suivie  à  cet  égard  pouvait  être  modifiée  à  l'avan- 
tage de  l'art  dans  les  manuscrits,  les  fresques  et  les  tableaux  sur  bois. 
11  signala  dans  ses  ouvrages  plus  de  force  et  de  correction  :  c'était  uu 
acheminement  à  cette  pratique  plus  laisonnée  qui  allait  dégager  la 
peinture  de  ses  allures  antérieures.  Ce  progrès  permettrait  de  supposer 
que  les  exigences  de  la  peinture  sur  verre,  pratiquée  alors  depuis  deux 
ou  trois  cents  ans,  avaient  pu  nuire  à  la  perfection  dont  le  dessin  était 
susceptible;  et  si  l'on  observe,  en  eifet,  certaines  miniatures  du  trei- 
zième et  du  quatorzième  siècle  décorant  les  grandes  pages  de  nos  ma- 
nuscrits, on  s'étonne  de  la  finesse  du  dessin,  de  la  vérité  des  perspec- 
tives et  de  la  justesse  des  fonds  qui  les  distinguent.  Ces  charmantes 
images  étaient  donc,  dès  la  seconde  moitié  du  treizième  siècle,  beaucoup 
(u-dessus  des  fresques  et  des  vitraux ,  ce  qui  prouve  bien  qu'on  uq 


■Ole. 


350  HISTOIRE  nu   SYMBOLISME. 

avec  hardiesse  ses  compositions  de  la  raideur  et  de  la  rigi- 
dité des  formes  antérîetires,  leur  prôla  plus  de  souplesse  et 
de  vérité,  sans  atteindre  cependant  à  ce  que  sut  faire  son  dis- 

oiotto.  ciple  Giotto.  Celui-ci  trouva  avec  raison  que  le  niattrc  n'avait 

pas  été  jusqu'où  son  génie  l'eût  pu  conduire,  et  il  s'éloigna 
avec  plus  de  succès  des  sécheresses  de  la  vieille  peinture 
byzantine.  Et  toutefois  ceci  n'eût  rien  été  si  l'artiste  de  Ycs- 
pignano  n'eût  trouvé  le  secret  de  faire  passer  l'âme  humaine 
sur  ses  figures  avec  ses  affections  variées,  et  ses  aspirations 
chrétiennes,  qui,  à  elles  seules,  remplaceraient  si  heureuse- 
ment tout  le  symbolisme  de  l'ornementation  décorative  (<). 

Aiig«  de  TU'  Mais  aprèslui,après  ce  génie  qui  brille  surtout  à  l'horizon 
de  notre  art  modeme,  et  qui  ouvre  la  carrière  à  une  véritable 
renaissance,  que  dire  de  notre  Bienheureux  Ange  de  Piésole, 
de  sa  sainte  naïveté,  de  la  grftce  de  ses  poses  encore  si  rare 
de  son  temps ,  de  la  beauté  surnaturelle  de  ses  Anges  et  de 
ses  Saints,  et  de  la  suavité  des  coloris  dans  ses  fresques 

peut  reprocher  à  ceux-ci  qu'une  inhabileté  relative  et  souvent  Youlue 
par  le  peintre  lui-même  dont  l'œuvre  lui  semblait  avec  raison  devoir 
se  prêter  au  style  architectural  qu*elle  ornementait. 

(1)  Giotto  est  encore  une  des  gloires  du  quatorzième  siècle.  Né  en  1266, 
à  Vespignano^  près  Florence ,  il  fat  élève  de  Cimabué  et  le  surpassa  en 
ajoutant  son  propre  génie  à  celui  de  son  maître.  Celui-ci  avait  aban- 
donné le  style  latin^  froid  et  saccadé ,  pour  les  nouvelles  formes  byzan- 
tineSj  en  qui  ce  double  défaut  était  remplacé  par  plus  de  moelleux  et  de 
souplesse.  En  Giotto  on  trouve  un  style  où  viennent  s'allier  Tesprit  et 
la  vérité^  la  dignité  des  aUitudes  et  la  finesse  des  touches.  Il  devait  ces 
avantages  à  Topplication  qu'il  s'était  faite,  comme  préliminaire  de  son 
art,  à  peindre  les  vignettes  des  manuscrits,  et  l'on  cite  de  lui  celles  de 
la  Vie  de  S.  Georges,  que  le  cardinal  Stephanesco  lui  fit  exécuter  pour  la 
bibliothèquedu  Vatican.— Les  incertitudes  des  biographes  sont  grandes 
sur  l'année  où  naquit  Giotto,  et  tependant  il  importerait  de  la  préciser, 
surtout  si  elle  varie  de  1240,  comme  le  prétend  M.  ChampoUion-Figeac 
{Moyen  âge  et  Renaissance:  Peinture ,  ^  rv;,  à  12'76 ,  selon  Vasari (^ife 
de'  piltori,  1760) ,  et  à  1266 ,  selon  Baldinucci  et  M.  Bernhard  {Biogr. 
univ.  de  Michaud ,  XVII,  419).  La  date  de  1276  nous  semble  plus  en 
harmonie  avec  l'âge  de  Cimabué  lorsqu'il  put  donner  ses  leçons  à 
Giotto,  mort  en  1336.  —  On  voit  aussi  par  ces  dates  que  les  progrès  de 
la  peinture ,  auxquels  U  avait  beaucoup  contribué ,  s'expliquent  asseï 
bien  par  la  marche  rapide  qui  faisait  arriver  l'artiste  jusque  vers  le 
milieu  du  quatorzième  siècle, 


SA   DÉCADENCE.  —   ANGE  DE   FIÉSOLE.  XH 

et  dans  ses  tableaux  de  chevalet  ?  Voyez  aa  Louvre  ce 
beau  Couronnement  de  la  Vierge,  dont  tous  les  personnages 
ont  un  sentiment  si  profond  et  si  pur  :  comme  toutes  ces 
pieuses  et  touchantes  physionomies  reflètent  bien  Témotion 
religieuse  dont  le  peintre  vivait  toujours  !  Pourquoi  les  pein- 
tres chrétiens  n'étudient-ils  pas  sans  relâche  ces  vives  et 
attachantes  allures  de  la  sain  teté?N*est-ce  pas  parce  qu'avant 
de  les  mettre  sur  la  toile  il  faudrait  les  sentir  soi-même  et , 
comme  Fra  Angelico,  les  imiter  dans  son  cœur  (4)  ? 

Ainsi  jetaient  ses  dernières  lueurs  Tastre  aux  vifs  rayons     Dcmièref  laevn 
qui  fut  si  longtemps  une  des  indéfectibles  gloires  de  l'Église.    **  *"    **"*" 
£n  se  grandissant ,  la  peinture  allait  perdre  ses  traditions 
symboliques.  L'architecture,  de  son  côté,  s'aflaissait  égale- 

(1)  Né  en  1387^  Jean  de  Fiésole,  que  la  doaceiir  de  ses  habitudes  et  la 
eainteté  de  sa  vie  firent  snrnommer  de  son  vivant  P^ Angélique  et  le 
Bienheureux,  mourut  en  1455.  U  était  dominicain  à  vingt  ans  et  pei- 
gnait déjà,  ce  qui  explique  le  grand  nombre  de  ses  ouvrages.  Comme 
ses  devanciers  ;  il  commença  par  les  manuscrits.  Nous  ne  croyons  pas 
qa*on  puisse  s^élever  plus  que  lui  jusqu'à  l'intelligence  des  types  de  la 
sainteté  humaine.  M  ne  peignait  jamais  sans  avoir  prié  et  ne  travail- 
lait à  ses  crucifix  qu*à  genoux  !  Son  Couronnement  de  la  Vierge ,  dont 
nous  parlons  ici ,  est  sur  fond  d'or.  C'est  un  modèle  à  étudier  (et  quel 
charme  on  y  trouve!)  pour  les  costumes^  les  poses,  les  airs  de  tête ,  la 
délicatesse  des  mouvements,  la  distribution  des  draperies,  la  légèreté 
aérienne  des  personnes  et  des  chdtes.  Toutes  ses  figures  d'anges  res- 
pirent un  calme  divin,  et,  quand  il  a  prodigué  à  chacune  d'elles  tout  ce 
que  peut  leur  donner  sa  chaste  et  mystique  pensée,  on  dirait  qu'il  ré- 
servait encore  plus  que  cela  à  sa  Vierge  si  douce,  si  aimable,  dont  tout 
le  bonheur  semble  reposer  dans  sa  modestie  même,  et  contraster  par 
son  sourire  enchanteur  avec  la  noble  et  filiale  majesté  du  Sauveur  qui 
la  couronne.  Et  parmi  tant  de  personnages,  pas  un  qui  ressemble  à  un 
autre,  sinon  par  ce  que  tous  ont  reçu  d'éthéré,  de  lumineux  et  de  sur- 
naturel. Un  art  admirable  a  présidé  aussi  à  la  conception  de  ce  beau 
idéal  qui  sépare  la  nature  de  la  femme  de  celle  de  l'homme.  S.  Augustin 
et  s.  Laurent  se  devinent  par  le  regard  attentif  du  docteur  ou  l'éner- 
giqoe  placidité  du  martyr,  qui  défie  la  cupidité  du  bourreau;  tt  ces 
éloqaeotad  expressions  le  cèdent  néanmoins  à  la  suréminence  divine 
qui  rayonne  dans  les  traits  mélancoliques  du  Sauveur.  Ainsi  celte  page, 
toute  resplendissante  du  génie  de  la  peinture  chrétienne ,  semble  im- 
provisée ,  sans  travail ,  dans  une  de  ces  heures  d'extase  qu'on  croit 
indispen-^able  à  de  telles  choses.  C'eU  la  réalité  des  plus  belles  imagi- 
nations artistiques,  et  le  symbolisme  du  beau. 


3:52 


HISTOIRE  DU   symbolisme:. 


à^    unk 


ment;  et  cependant  cette  science  sacrée,  cet  art  qu'elle a?ait 
grandi  et  qui  expirait,  vivaient  toujours  en  des  milliers  de 
spécimens  que  le  hasard,  ou  plutôt  la  main  de  Dieu,  avait 
arrachés  en  Italie  et  en  France,  en  Espagne  et  en  Germanie, 
aux  ra\ages  de  Fincendie  et  du  fer.  L'Europe  restait  une 
vaste  école  où  pouvaient  se  prendre  les  grandes  leçons  du 
passé  ;  et  tant  de  beaux  modèles  eussent  pu  se  reproduire  et 
se  perpétuer  si  le  souffle  d'autrefois  n'eût  pas  manqué,  si  le 
feu  sacré  ne  s'était  pas  éteint  qui  aurait  pu  ranimer  ces 
i^endres  encore  ardentes!  Mais  ces  cendres,  un  fléau  de  plus 
>  iut  les  iefix)idir  :  ce  fut  le  règne  à  jamais  maudit  de  la  pré- 
tendue Réforme. 

On  eomiaît  à  fond  le  docteur  Martin  Luther,  ce  génie 
dévojé  par  l'orgueil,  en  qui  la  prédilection  juvénile  pour  les 
études  païennes  engendra  le  dévergondage  de  la  pensée  et 
des  mœurs,  et  plus  que  cela,  hélas  !  Tapostasie,  qui  est  le 
libertinage  de  la  foi.  Au  milieu  des  égarements  de  son 
esprit,  il  conservait  le  sentiment  de  l'art.  U  aurait  voulu  le 
protéger  dans  ses  adeptes  ;  mais  une  des  premières  puni- 
tions de  sa  révolte,  à  lui  littérateur  distingué,  et  par  consé- 
quent artiste  de  cœur  et  d'ftme,  devait  être  de  voir  em- 
ployer contre  ses  plus  chers  sentiments  cette  autorité  privée 
qu'il  avait  préconisée  en  lui-même  contre  le  Pape  et  contre 
OM^Mat  M  M  ses  propres  devoirs.  Appuyé  sur  la  doctrine  du  docteur,  qui 
«M^Mn^  •nx  ma.  ^^^jjiij^u  ^  chacun  le  droit  d'interprétation  des  saintes  Écri- 
tures, Garlstadt  s'imagine  un  jour  de  prendre  à  la  lettre 
la  défense  de  se  tailler  des  images  faite  au  peuple  juif 
pour  le  prémunir  contre  ses  penchants  à  l'idolâtrie  (iy,ei 
voilà  que  l'énergumène  s'empare  de  fanatiques  aussi  fu- 
rieux que  lui  ;  il  commence  par  une  église  de  Wittemberg, 
et  bientôt,  suivi  de  disciples  toujoui*s  trop  prompts  à  imiter 
le  mal,  il  brise,  par  lui-même  ou  par  eux,  dans  tous  les 


I^IM 


(i)  «  Non  faciès  tibi  scalptile,  nec  simiUtadinem  omniain  qn»  in 
\\}n\s>  *\\\\X  deduper,  et  quœ  in  terra  deorsani,  et  quie  yersantur  in  aquit 
luh  iernu  »  [Dcuier.,  \,  S.) 


SA  DÉCADENCE.  —  LE  LUTHÉRANISME.        353 

sanctuaires  les  plus  riches  de  rAllemague,  toutes  les  statues 
et  crucifix,  déchire  les  tableaux,  casse  les  verrières,  efface 
les  images  murales,  anéantit  toutes  les  précieuses  richesses 
accumulées  par  les  plus  hautes  inspirations  de  l'esthétique 
et  de  Tart.  On  ne  put  supputer  la  valeur  immense  de  ces 
trésors  qu*anéantirent  en  quelques  mois  les  nouveaux  ico- 
noclastes. En  vain  Luther  s'indigna ,  déclama  contre  eux  ;  Luth»  8*7  op 
inutilement  il  les  rappela  au  devoir,  anathématisa  leur  ''**■* ®°^*°' 
infernale  manie  de  destruction,  exposa  le  sens  raisonnable 
du  texte  profané  par  eux.  L'archidiacre  félon  répondait 
qu'on  ne  pouvait  s'en  rapporter  à  un  homme  contre  la 
parole  de  Dieu  ;  et  sous  l'impression  de  ce  mensonge  théo- 
logique invoqué  naguère  par  Luther  lui-môme  en  faveur 
de  sa  rébellion  à  l'Église,  Staupitz,  Hottinger,  Didyme, 
Zwingle  et  mille  autres  d'une  foule  égarée  s'en  allèrent 
dévastant  les  nefs,  les  sacristies  et  les  châteaux  des  grands, 
et  les  maisons  de  la  bourgeoisie.  Pas  môme  un  crucifix  ne 
resta  dans  ces  temples  où  il  doit  régner,  dans  ces  foyers 
où  il  console  les  âmes  et  leur  enseigne  la  vertu! 

Luther  en  versa  des  larmes  de  sang.  En  i  522 ,  sept  à  »«»*■*  wen  qu'é- 
huit  ans  seulement  après  sa  désertion,  il  écrivait  à  Spala-  <i«ceiai-ci  %w  le 

*■  ^  symbolisme; 

tin  que  «  le  diable  s'était  glissé  dans  le  troupeau  de  Wit- 
temberg  (4).  »  Hélas  !  il  l'avait  lancé  lui-môme  contre  un 
autre  bercail  d'où  l'on  ne  sort  pas  sans  rencontrer  des 
abimes  !  Son  opposition  ne  servit  à  rien  ;  il  n'arracha 
même  pas  au  fou  qui  détruisait  tout  ces  manuscrits  à  mi- 
niatures qui  avaient  coûté  à  tant  de  mains  monastiques  des 
siècles  d'études  patientes  et  d'ingénieuse  application.  Les 
lettrés  du  temjps,  Érasme  sui*tout,  qui  parait  avoir  protesté 
avant  tout  autre  contre  ce  vandalisme  réformateur,  s'indi- 
gnaient à  la  fois  et  des  commentaires  insensés  des  sectaires 
et  de  leurs  déprédations  violentes,  dont  souffraient  égale- 

(1)  Ceetle  commencement  de  sa  Lettre  à  Georges  Spalatin  du  7  mars 
1522.  —  Cf.  A'  Martin  LuUurs  Briefe ,  t.  II,  p.  145,  in-8»,  Berlin, 
)8i6. 

T.  IV.  23 


•-H 


'\.^  • 


♦*w«l 


«     I 


HISTOIRE  Dr   SYMBOLISME. 

'jtsm  e^  laiMiIe»  historiques ,  les  plus  belles  productions 
:•?  ^u-  «  ><phi2>  sarantes  leçons  du  Christianisme.  Ênsme 
^  *-a,:cnuU  ^imèremadt  que  déjà(4522)lesvitrai]xcoloriés 
'ji>^*tv  -crime?  du  marteau  à  Zurich  et  dans  le  Valais. 
'.  'v^noLil  a  valeur  morale  des  images  et  des  symboles; 
ï;  i»;ui  U)uJL>an^  ^u  d'élégantes  parures,  de  pîenx  soa- 
\  'n»«  Jfe<  objets  condamnables  d'une  adoration 
'Mie  i  ï>t-<e  que  les  scènes  de  la  vie  du  Christ, 
i.  TV'  Tardent  pas  toujours  du  Sauveur  à  la  con- 
••»T .  uu!'  't  tiîiaie  le  notre  âme  ?  Est-ce  que  de  tels  inter- 
i-  »:^  X-  it-,M£  -liis  souvent  mieux  que  la  parole? Est-ce 
vt-    ,»-^  •vv-'-^  i'*îommes  et  d*animaux  empruntés  par 

•  .>  V  \    • T^  !%•<  iiôrs  ont  jamais  fait  tort  au  culte 

;îv;un  t  ionc  bannir  des  nôtres  ces  statuts 
•.:  ^luiennettt  les  chaires  à  prêcher,  les 
V  s.i-f»  ttv».'at  en  sonnant  la  trompette  é^Tin- 
\   ,-\î  TtOme  qui  domine  la  flèche  du  clo- 
:  r   re  aiîeux,  et  toute  la  théorie  dn 
;»  :--•'';  7il:^  :fa  ce  peu  de  mots  ? 
•■.v   t^i   hjur^rs  întellisrences  ne   l'avaient 
.    .1  <  ^'-  «^-^  :n  perdue  de  rue.  Ce  siècle ,  qui  tombait 
-^  :  .î>  \niba  de  tout  spiritualisme,  voyait  encore  quel- 
.V  *• -ftine^  de  grande  valeur  pratiquer  les  arts  et  mêler 
.    >v  .'«uàes  d'architecture,  de  géométrie  et  d'autres 
,   vr-^    .u:^  OU  moins  exactes  la  pratique  de  la  peinture, 
'   *  ^»  t  'irv  îiiOme,  et  agrandir  le  domaine  de  ces  belles 
»  ><.>  Kir  j*^  pn^^  r^ls  dus  à  leurs  vastes  et  attentives 
,  ..:.'.. îiuis.  Vxxn  de  ces  hommes  remarquables  fut  Albert 
....  [ûc  XuremKM-g  avait  vu  naître  en  UTO,  et  qui,  à 
_ .  ic  Ju  <t*Lièiue  siècle,  était  dans  la  maturité  de  son  ta- 
.».  s:>  jtuiies  architecturales  ne  servirent  à  rien,  croyons- 
,ut  ut  pu  établir  sa  réputation.  Graveur  habile,  on 


I  • 


V    ,»C 


^   sc^iei»»  :iuM^>iiftm.  opp.^  t.  ni,  BpisL  rr,  Mb.  XXIX;  Spùt.  ui, 
.    :  <«fv.,iR8»,  18*!. 


lltév  de  oe  peintre. 


Là  renaissance.— ALBERT  DURER.         355 

ne  lui  reprochait  que  deux  défauts  importants  :  d'abord  sa 
manière  lourde,  qui  presque  toujours  nuit  à  la  noblesse  de 
ses  figures,  et  sa  négligence  de  la  perspective  aérienne, 
qui  pourtant  était  bien  connue  à  son  époque.  Le  premier 
de  ces  défauts  nous  paraît  imposé  au  grand  peintre  par  le 
caractère  physique  de  son  pays,  où  le  bizarre  et  le  gro- 
tesque furent  trop  secondés  par  l'excessive  obésité  du  tem* 
pérament  national,  qui  aboutit  bientôt  à  l'école  préférée 
de  Téniers  et  de  Rembrandt,  de  Terburg,  de  Brauwer  et  de 
Breughel.  Le  second  n'eut  d'autre  cause  qu'un  oubli  per- 
sonnel de  l'observation,  si  nécessaire  à  un  peintre. 

Albert ,  en  effet ,  ne  regarda  pas  toujours  assez  à  l'en-  Défauts  «t  qua- 
semble  de  ses  compositions  ;  il  s'appliqua  à  faire  de  char- 
mants détails,  des  objets  dignes  d'admiration,  si  on  les 
examine  isolément,  et  pourtant  ressortant  mal  sur  les  fonds, 
faute  des  dégradations  qui  ménageraient  les  lointains ,  et 
qu'on  aime  tant  dans  les  peintres  et  les  graveurs  re- 
nommés qui  illustrèrent  son  pays  un  peu  plus  tard.  Mais 
ce  génie  propre  à  qui  il  dut  tout ,  ces  succès  continus  au 
milieu  desquels  il  entra  sans  guide ,  cette  manière  vive  et 
délicate  que  secondent  si  énergiquement  la  vigueur  et  la 
précision  de  son  burin,  rachètent  bien  la  noblesse  qui 
manque  à  ses  personnes,  le  moelleux  qu'on  voudrait  à  ses 
contours  ,  la  souplesse  et  le  fini  qu'ignorent  trop  souvent 
ses  costumes.  Par-dessus  tout,  nous  le  louerons  d'avoir  con- 
servé dans  son  œuvre  le  sentiment  de  l'esthétique,  dont 
l'influence  sur  son  esprit  se  fait  sentir  presque  toujours  : 
ses  biographes  modernes,  sans  en  excepter  Émeric  David, 
ne  l'ont  pas  assez  compris  {{);  et  cependant  c'est  par  ce 
côté  qu'Albert  Durer  se  rattache  au  moyen  ftge  ,  lequel  l'a 
peut-être  inspiré  en  lui  faisant  préférer  à  la  perfection  des 


(1)  Voir  Emeric  David,  Histoire  de  la  gravure,  p.  185,  à  la  suite  de 
VHisLde  la  peinture  au  moyen  âge,m-i2,  Paris,  1842;  —  Augiiis, 
Diogr,  unio.  de  Micbaud^  XII,  360. 


3:>(»         *  HISTOIRE  hl  SYMBOLISME. 

formes  le  mérite,  préférable  en  effet ,  et  sans  contredit ,  du 
spiritualisme  chrétien. 
Estbéuqae  de  m  Vojez ,  cn  cffct ,  sa  Vierge  au  singe  :  Marie  est  assise  au 
milieu  d*un  paysage  que  parent  des  fleurs  et  des  eaux.  Sa 
figure  modeste  n*a  point  de  beauté  idéale,  mais  une  teinte 
de  mélancolie  va  bien  à  la  situation  qui  lui  est  faite  et  aux 
pensées  qui  Toccupent  ;  car,  pendant  qu'elle  soutient  son 
Fils  de  sa  main  droite  sur  un  de  ses  genoux,  sa  gauche 
repose  sur  un  livre  fermé.  Elle  regarde  l'Ënfaut-Dieu  qui 
joue  avec  un  oiseau  dont  les  pieds  sont  emprisonnés  dans 
une  de  ses  petites  mains ,  tandis  que  de  Tautre  il  l'agace 
de  Tuil  des  plis  du  voile  de  sa  Mère.  L*oiseau  ainsi  réduit 
agite  ses  ailes  et  becquette  le  linge  qu*on  lui  oppose.  C'est 
im  jeu  dans  lequel ,  après  tout ,  l'Enfant  reste  le  maître, 
comme  il  Test  réellement  de  l'âme  chrétienne,  dont  la  na- 
ture doit  toujoui*s  céder  aux  épreuves  qui  lui  viennent  de 
son  Dieu  (^l).  Mais  que  fait  au-dessous  de  Lui  ce  singe  en- 
chaîné ,  à  la  poôture  contrainte ,  aux  yeux  ardents ,  aux 
traits  méchants  et  sournois?  C'est  l'ennemi  soumis  et  abattu, 
]e  contraste  de  cette  volatile  qui  se  joue  innocemment  et  se 
prête  sans  résistance  à  une  captivité  volontaire.  Si  l'on  oppose 
cette  bôtc  disgracieuse  au  livre  que  la  Vierge  tient  de  son 
autre  main ,  on  devine  sans  peine  que  là  se  trouve  une 
opposition  évidente  entre  le  mensonge  et  la  vérité.  Ici  donc 
le  symbolisme  est  en  tout  très-reconuaissable.  Il  est  le  ré- 
sultat d'une  théorie,  d'un  plan  arrêté  et  bien  senti. 
de  M  rierçê  au      £n  est-il  autrement  de  cette  autre  Vierge  debout,  sou- 

(1)  Basan,  daos  son  Dictionnaire  dfs  graveurs,  t.  I>  p.  3,  dit  que 
dans  ceUe  gravure  «  rEofant  Jésus  lAche  un  oiseau.  »  —  Rien  n'est 
moins  vrui.  Nous  décrivons  ici  d'après  un  exemplaire  de  notre  cabinet 
que  nouâ  avons  sous  les  yeux ,  et  il  est  évident  que  Basan  l'a  mal  vu  : 
tout  exprime,  au  contraire,  très-bien  qu'il  s'agit  d'un  jeu  d'enfant  avec 
la  petite  créature  qu'il  serre  visiblement  et  ne  veut  pas  l&cher.  11  est 
d'une  haute  importance  à  notre  sujet,  on  le  voit,  que  les  descriptions 
soient  fidèles,  et  les  détails  bien  compris.  Mais  eût-il  voulu  le  lâcher, 
n'ei\trce  pns  élé  la  liberté  rendue  par  le  Sauveur  à  i'àme  fidèle  dont 
nous  uvoui  TU  muiuli':»  fois  quâ  l'oideau  est  le  symbole? 


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LA    nENAISSA^CK. —  iLBSUT   DURIiiR.  357 

tenant  d'un  de  ses  bras  le  saint  Enfant,  et  de  l'autre  rap- 
prochant vers  Lui  une  jeune  fille  svelte  et  gracieuse  dont 
les  mains  jointes  pour  la  prière,  le  regard  doux  et  fervent, 
et  la  tête  nimbée  comme  les  deux  autres  concourent  à 
nous  donner  l'idéal  de  la  sainteté  morale ,  peut-être  même 
de  cette  virginale  chasteté  que  symbolise  parfaitement  dans 
rÉcriture  ce  jardin  fermé  qu'on  voit  s'étendre  derrière  le 
groupe ,  et  dont  le  treillis  garni  de  rosiers  en  fleurs  ne 
fait  qu'ajoutera  cette  conjecture  une  probabilité  de  plus  (4  )  ; 
—  ou  bien  est-ce  l'Église,  toujours  représentée  chez  les 
symbolistes  par  les  figures  également  consacrées  à  Marie 
elle-même,  et  que  l'auguste  Mère  présente  à  son  Fils  pour  le 
mystique  mariage  qui  en  a  fait  son  Épouse  ?  et,  dans  ce  cas, 
la  jeune  fille  nimbée  n'est-elle  pas  aussi  cette  Épouse  que 
Jésus  invite  à  l'aborder  (2)  ? 

Ailleurs,  dans  cette  belle  estampe  de  La  Mélancolie^  c'était  de  LaMUancone; 
bien  remplir  son  sujet  que  de  le  personnifier  dans  cette 
femme  assise  qui ,  la  tête  appuyée  sur  une  main ,  tenant 
de  l'autre  un  compas  ,  entourée  de  balances,  d'un  sablier 
et  de  divers  instruments  de  la  science  humaine,  reste  ainsi, 
triste  et  morne  sur  la  terre ,  dans  une  position  inutile , 
comme  ce  chien  qui  dort  à  ses  pieds ,  quand  elle  devrait 
s'élever  jusqu'aux  sphères  célestes  pour  lesquelles  elle  a 
reçu  des  ailes  qui  se  replient  dans  l'ombre  sur  ses  épaules. 
Cette  âme,  qui  mesure  les  petites  choses  de  ce  monde  exigu, 
ne  ferait-elle-  pas  mieux  de  s'élancer  vers  ses  destinées 
immortelles?  C'est  là  une  profonde  et  instructive  philosophie 

(i)  «  Hortns  condasus ,  soror  mea,  »  dit  le  Cnniiqiif  (vi,  1)  ;  —  et 
S.  Méliton  :  «  Hortas,  Rcclesia,  casta  anima...;»  — et  Pierre  de  Gapoue: 
«  In  hoc  borto  bortulanus  est  ipse  Ghristus.  »— Voir  Spicileg.  Solesm., 
II,  399. 

(2)  9  Ecclesia  dicitur  spnnsa  in  Patriarchis;  arnica  in  Prophetis; 
proxima  in  Apostolis;  colomba  in  Maria  et  Joseph;  formom  in  Con- 
fedsoribus;  soror  in  Virginibus.  »  (Pierre  le  Chantre  ,  cité  par  Dom 
Pitra^ Spicil.j  ubi  snprà,  UI^  1 19.)  —  «  Sicut  Ecclesia  sabjecta  est  Christo, 
iUi  et  mulieres  viris suis...  Sacramentum  hoc  rangnum  e8t...in  Christo 
•>t  in  Ecclesia.  »  {Ephes.,  v,  27,  32.) 


358  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

à  la  manière  du  Poussin ,  quoique  moins  noble  sans  con- 
tredit ,  et  d*mi  crayon  beaucoup  moins  attrayant, 
do  Cheval  de  la      Mais  uuc  réflexiou  ressort  surtout  de  Texamen  de  ces 

mort;  ,  .    .       , 

œuvres  et  de  tant  d'autres  créées  par  cette  mam  originale  : 
c'est  qu'en  tout  cela  nous  ne  trouvons  de  chrétien  que  les 
tableaux  où  le  sujet  principal  exige  forcément  que  le  maître 
le  devienne.  Le  Cheval  de  la  mort^  où  nous  voyons  un  cava- 
lier accompagné  d'un  squelette  vivant  monté  comme  lui , 
allant  aussi  vite ,  et  importunant  ses  regards  d'une  horloge 
de  La  Boife  de  de  sablc ,  pcudaut  que  le  diable  chemine  à  sa  suite  ;  La 

Botte  de  Pandore ,  tenue  par  une  femme  ailée  dont  l'autre 
main  montre  un  mords ,  symbole  de  la  tempérance  et  de 
la  modération  des  désirs  ;  tant  d'autres  compositions  enfin 
pleines  du  même  esprit,  sont  des  leçons  dont  la  portée 
morale  n'échappe  à  personne.  Celles-ci ,  il  est  vrai ,  indi- 
quent plutôt  dans  ce  grand  talent  l'amour  de  l'allégorie  au 
service  de  la  sagesse  humaine  que  le  sentiment  du  symbo- 
lisme chrétien ,  dont  les  ailes  s'appesantissaient  déjà  sous 
les  froides  fainéantises  de  l'art  moderne  (4).  C'est  qu'en  effet 

(1)  il  faudrait  faire  une  exception  à  cetle  nomenclature  d'oeuvres  pu- 
rement philosophiques ,  en  faveur  du  Cavalier  de  la  Mort,  si ,  comme 
on  le  croit,  Albert  a  voulu  y  faire  allusion  à  ces  nobles  apostats  qui,  en 
si  grand  nombre^  et  y  compris  cet  autre  Albert  de  Brandebourg  qui 
pilla  la  Prusse  pour  s*eD  faire  une  principauté  héréditaire^  ravagèrent 
l'Allemagne^à  leur  profit  sons  l'égide  des  immorUlx  principes  (!)  de  Lu- 
ther. Le  Cavalier  de  la  Blort  serait  le  fameux  Franz  de  Sickingen,  dont 
la  tête  dévergondée  mit  son  génie  dévastateur  au  service  de  la  pré- 
tendue réforme,  mais  surtout  au  sien.  Ce  misérable  ,  parodiant  les  en- 
treprises généreuses  des  derniers  temps  de  la  chevalerie  errante , 
recruta  dans  les  forêts  douze  mille  bandits  et  envahit  à  leur  tête  Tar- 
chevêché  de  Trêves,  où  il  partagea  avec  eux  les  sanglants  résultats  de 
ses  vols,  de  son  affreux  libertinage  et  de  ses  cruautés.  Ce  guerrier, 
qu'on  a  osé  célébrer  comme  un  héros  chevaleresque  (voir  Le  Magasin 
pittoresque ,  qui  n'a  jamais  beaucoup  déguisé  son  protestautisme , 
IX,  51),  est  monté,  dans  notre  estampe,  sur  un  fort  et  fier  qua- 
drupède ;  «  il  suit  une  vallée  profonde  située  au  pied  de  son  château. 
»  La  mort  et  l'enfer  s'offrent  à  lui  sous  des  formes  effrayantes  et 
»  bizarres,  et  veulent  l'arrêter  dans  sa  marche.  Mais  le  terrihle  cavalier 
»  continue  son  chemin  avec  une  opiniâtreté  pleine  de  rage.  »  —  Ce 
serait  donc,  outre  le  fait  historique,  une  sévère  leçon  donnée  par  l'ar- 


LA  REMAISSAKCË.  —  MICHEL-AMGE.  3j9 

le  poison  avait  déjà  gagiié  le  cœur  du  malade.  Ce  soin  d'idéa- 
liser la  matière ,  ce  langage  de  T&me  toujours  préoccupée 
des  choses  du  ciel ,  n'étaient  plus  de  mise  sans  beaucoup 
de  concessions  et  de  faiblesses  chez  ces  peuples  modifiés 
dans  la  simplicité  naïve  de  leur  vieille  croyance  jusqu'à 
hésiter  entre  Luther  et  le  Pape ,  entre  Rome  et  Genève , 
entré  Calvin  et  S.  François-Xavier. 

Aussi  voyons-nous  la  même  stérilité,  sous  ce  rapport,  dans  R^^jJ^g*/"^*^® /* 
les  deux  hommes  qui,  au  seizième  siècle,  rattachèrent  «rchite^tès    qa« 
leurs  noms  à  tout  ce  que  l'art  peut  signifier  de  plus  sublime 
par  l'intention ,  de  plus  beau  par  les  effets.  Michel-Ange  et 
Raphaël ,  en  arrivant  à  l'apogée  du  succès ,  se  firent  bien 
moins  admirer  par  le  spiritualisme  chrétien ,  tel  que  la  foi 
l'avait  donné  au  moyen  âge ,  que  par  les  belles  qualités  qui 
purent,  sous  leur  pinceau,  animer  la  matière ,  charmer 
par  le  dessin  et  le  coloris ,  étonner  par  la  savante  habileté 
de  la  composition.  Tous  deux  architectes  par  l'étude  théo- 
rique des  plans ,  comme  Tétaient  alors  ceux  qui  brillaient 
dans  les  arts  d'imitation ,  comme  presque  tous  ils  cons- 
truisirent peu  ;  on  ne  nous  dit  même  pas  que  Sanzio  s'y 
soit  sérieusement  appliqué;  et  Michel-Ange,  comme  l'a  fait     coopération  du 
observer  judicieusement  un  critique  de  goût,  n'a  pas  fait  de  saint-pierre  de 
tous  les  monuments  qu'on  lui  attribue ,  et  dont  le  plus  grand 
nombre  ne  portent  son  nom  dans  la  postérité  que  parce  qu'il 
en  conseilla  l'ordonnance  ou  en  révisa  les  plans  (4).  Mais 
la  gloire  de  sa  vieillesse  aurait  eu  assez  des  vues  qu'il  émit, 
après  la  mort  de  Bramante,  sur  la  réforme  et  l'amélioration 

liste  à  ces  déTastateura  enragés  qai^  une  fois  lancés  dans  la  voie  de 
leurs  spoliations  crimineHes,  ne  s'arrêtèrent  plus  que  gorgés  des  biens 
des  monastères  et  des  villes  catholiques.  Hélas  !  n'est-ce  pas  aussi 
l'image  saisissante  de  ceux  qui  courent  jusqu'au  succès  vers  les  ambi- 
tions désordonnées  et  les  orgies  coupables  du  luxe  ,  de  la  mollesse  et 
delà  cupidité?  —  Cf.  Audin,  Histoire  de  Luther,  II»  216;  ^  le  vicomte 
de  Bussières,  Hûtoire  de  la  guerre  des  paysans,  l,  59  et  suiv.^  in-^», 
1852. 

(l^  Voir  Quatremère  de  Quincy  ,  Biogr,  univ.  de  Michaud,  XXVIII . 
386. 


Rome. 


300  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

des  plans  de  Saint-Pierre  de  Rome ,  et  surtout  dans  Tcxé- 
cution  de  sa  coupole,  dont  il  renforça  les  piliers  et  couronna 
les  arcs  par  un  entablement  dont  on  admire  toujours  les 
proportions  savantes  et  la  belle  ornementation. 
D^fectaoMtës  ei-      Et  Cependant  ces  faraudes  conceptions  n'étaient  que  de 

thëtiques  de  cette  ^  ^  ^  .       ^ 

ëgiiBo.  la  justesse  d'application  artistique  ;  elles  constataient  Je  ju- 

dicieux accord  des  pensées  dans  un  homme  qui  avait  mieux 
que  d'autres  médite  les  moyens  et  les  ressources  relatives 
de  son  art;  et  si  c'était  là  une  création ,  on  n'y  pouvait 
voir  en  réalité  qu'une  soudure  ingénieuse  commandée  à 
un  architecte  de  haute  capacité  par  la  faute  même  de  ses 
prédécesseurs.  Michel-Ange,  pourtant,  eût  été  digne  par 
l'austérité  de  ses  mœurs  et  la  pureté  de  sa  vie  de  tenter  cl 
de  réaliser  le  vaste  ensemble  de  ce  qu'on  appelle  la  première 
église  du  monde  ;  il  y  eût  mis  plus  de  sentiment  religieux , 
ne  se  fût  pas  contenté  d'y  inscrire  la  forme  de  croix  latine, 
eût  voulu  encore  la  relever  par  un  cachet  plus  gothique , 
moins  grec,  et  par  conséquent  moins  étranger  au  spiritua- 
lisme chrétien.  Car,  il  est  bon  de  le  redire  ,  ce  que  nous 
voyons  du  Christianisme  dans  ce  magnifique  et  grandiose 
intérieur ,  où  l'art  chrétien  s'indique  à  peine  par  la  forme 
crucifère  ,  vient  plus  de  ses  richesses  artistiques  et  de  ses 
accessoires  de  haute  valeur,  que  de  sa  propre  structure ,  où 
tout  semble  avoir  combattu  contre  les  caractères  qui  seuls 
peuvent  élever  un  monument  à  la  hauteur  du  culte  de 
l'Eucharistie  et  de  la  Croix  (^). 

(1)  C'est  là  encore  une  idée  que  beaucoup  d'amaleurs  improvisés  en 
nuel(|u*une  des  fréquentes  pérégrinations  qui  se  sont  faites  à  Rooje 
depuis  une  yingtaine  d'années  ne  voudront  pas  accepter  sans  conteste. 
Nous  jugeons  cependant  d'après  les  principes  souvent  émis  dans  le 
cours  de  cet  ouvrage,  et  nous  pouvons  nous  appuyer  sur  d'assez  respec- 
tables convictions  professées  aepuis  trente  ou  quarante  ans  par  les  plus 
célèbres  organes  de  notre  science  archéologique.  Nous  invoquons  sur- 
tout le  sentiment  de  M.  Renouvrier,  qui  parlait  en  1839  et  1841  comme 
nous  aujourd'hui ,  dans  ses  NoUs  sur  quelques  moiumenls  goihiqfi^ 
de  quelques  villes  d'Italie  (Bullet.  monum..  Vil,  325).  —  Nous-méme 
l'avions  établi  sans  réclamation,  en  ISIST,  aans  le  vingt-troisième  vo- 
lume de  ce  même  recueil,  p.  96  .  et  ce  sont  ces  mêmes  idées  que  nous 
avons  exprimées  dans  le  premier  chapitre  de  notre  seconde  partie ,  ci- 
dessus,  t.  If,  p.  16. 


LA   RENAISSANCE.  —  ]fICHEL*4NGE.  304 

L'œuvre  de  peinture  où  Michel-Ange  aurait  pu  réunir  ,  •''^;*"*'.  f  C" 
plus  de  détails  symboliques,  celle  qui  fait  sa  renommée  au*  ad^*. 
tant  que  sa  fameuse  coupole  (qui ,  on  le  sait ,  a  cependant 
manqué  de  solidité) ,  c'est  l'immense  tableau  du  Jugement 
dernier  dont  il  couvrit  le  fond  de  la  chapelle  Sixtine.  Que 
n'a-t-on  pas  écrit  de  cette  fresque ,  vaste  travail  de  huit 
années,  que  l'artiste  commença  à  cinquante-sept  ans,  et  sur 
laquelle  il  jeta  toute  la  verve  de  sa  nature  vigoureuse,  toute 
l'ampleur  de  son  caractère  original  et  souverainement  im* 
pressionnable  ?  Dire  avec  le  commun  des  observateurs  tout 
ce  qu'une  admiration  outrée  a  valu  à  cette  énorme  page  de 
louanges  et  d'admiration  serait  une  tâche  par  trop  longue  (I  ) . 
Mais  à  Dieu  ne  plaise  que  nous  partagions  ces  sentiments     Aniii.r»e<iec«ue 

m.  f      «    it  1      I*      .  «  fresque  célèbre; 

d  une  extase  empruntée  à  1  amour  de  lart  profane ,  et  que 
nous  manquions  jamais,  sous  la  pression  des  opinions 
païennes ,  à  ce  que  veut  de  nous  l'art  sacré  que  nous  ne 
saurions  trahir!  Disons  donc  qu'au  point  de  vue  religieux 
la  peinture  ne  vaut  pas  mieux  que  le  monument ,  si  la  cha- 
pelle vaticane  mérite  ce  nom.  Rien  n'attire ,  en  effet ,  l'at-  et  d^abord  de  i« 
tention  dans  ce  grand  salon  quadrilatère  aux  fenêtres  cin- 
trées, aux  parois  couvertes  de  peintures,  sinon  ces  peintures 
elles-mêmes ,  qui  ne  contribuent  cependant  en  rien  à  l'ac- 
cord des  parties  et  à  l'unité  toujours  voulue  dans  toute 
œuvre  d'art.  Michel-Ange  n'a  fait  qu'ajouter  une  étrangeté 
de  plus  à  toutes  celles  qui  formaient  ce  vaste  et  riche  inté- 
rieur; il  a  prouvé  supérieurement  qu'en  enlevant  de  là  ces 
images  de  mérite,  cet  autel  carré  et  ce  trône  pontifical  avec 
ses  tentures  et  ses  broderies,  en  privant  ces  voûtes  du  reten- 
tissement du  chant  simple  et  digne  de  S.  Grégoire  qu'elles 

(1)  Tous  ces  éloges  peuvent  se  résumer  daus  ces  paroles  de  Pinaroli^ 
quij  dans  son  recensement  des  richesses  artistiques  et  monumentales 
de  Rome ,  répète  lui-même  ce  que  tant  d'autres  avaient  dit  avant  lui  : 
«Il  Giudicio finale  di  Michel*  Ai  gclo  Buonarota^ opéra  che  Thàreso  im- 
mortale.  et  in  génère  di  plllura  ë  uno  de  più  preziosi  tesori  che  rac- 
chinda  fra  gl*  altri  senza  niimero  qiiesta  citta.»(2V(/(/a/o  délie  cose  più 
memorami  di  Roma,  t.  Il,  ]u  06.  Romœ,  in-12,  1725.) 


chftpeUe  Sixtine. 


Faux  principes 
d*oU  part  le  pein- 
tre , 


3i)2  IIISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

gardent  religieusement,  et  la  portion  supérieure  de  ses 
murs  latéraux  des  histoires  sacrées  de  Mathieu  de  Leccia  qui 
en  décorent  les  lambris,  on  se  procurerait  un  beau  et  con- 
venable local  pour  toute  autre  destination  publique  que  ce 
fùl.  Vous  pourriez  même  y  laisser  le  Jugement  dernier  :  pas 
un  ne  devinerait  que  cette  enceinte  fût  celle  des  grandioses 
cérémonies  qui  s'y  renouvellent  si  souvent  depuis  Sixte  IV. 
Enfin ,  entrons  un  peu  dans  l'analyse  de  cette  page,  et 
qu'on  nous  dise  si ,  tout  en  louant  sa  vaste  étendue  et  la  dis- 
position étudiée  de  ses  plans,  en  reconnaissant  tout  d'abord 
une  puissance  d'invention  qui  révèle  un  esprit  plein  de 
hardiesse  et  de  fermeté,  on  n'est  pas  plutôt  saisi  par  ces 
conditions  matérielles  qu'instruit  et  édifié  par  le  sentiment 
qui  fftuwe  i«  c«-  qui  en  résulte  ?  Le  peintre ,  cédant  au  tempérament  qui 
Teur  et  de  Marie ,  Temportc,  a  pris  pour  base  de  sa  pensée  générale  la  terreur 

et  l'épouvante.  Sou  Christ  est  debout,  dominant  au  milieu 
de  la  multitude  des  Saints  et  des  damnés  avec  un  geste  de 
Jupiter  Olympien  à  qui  la  foudre  est  seule  refusée.  On  a 
trouvé  très-beau  que  cette  frayeur,  justement  inspirée  par 
cette  pose  herculéenne  et  ce  terrible  regard,  se  commu- 
nique jusqu'à  la  Vierge  elle-même ,  qui ,  placée  à  la  droite 
de  son  Fils,  se  retire  derrière  Lui,  où  elle  semble  se  dérober 
à  cette  colère  qui  la  trouble.  Est-ce  donc  de  cette  Marie  qu'il 
s'agi  t  dans  l'Apocalypse  quand  les  damnés  s'écrient,  en  prévi- 
sion du  dernier  jour  :  (c  Qui  nous  garantira  contre  la  colère 
de  l'Agneau  ?  »  Est-ce  bien  aussi  cette  placide  association  du 
cœur  de  Marie  à  la  justice  et  à  la  sévérité  du  Juge  suprême, 
autant  que  cette  toute-puissante  supplication  que  les  Pères 
lui  ont  supposée  en  cette  circonstance?...  Est-ce  là  l'idée 
que  les  Livres  saints ,  que  Notre-Seigneur  lui-même  nous 
ont  voulu  donner  de  cette  vengeance  solennelle  mais  calme, 
de  cette  justice  sévère  mais  majestueuse  qui  doit  séparer, 
par  quelques  mots  dignes  et  irrésistibles,  les  bons  des  mau- 
vais ,  les  boucs  des  brebis,  les  réprouvés  des  Élus?  Eh  quoi  ! 
ce  n'était  pas  assez  do  ce  merveilleux  et  tout  divin  sperladc 


aussi  bien  que 
l'esprit  du  récit 
ërangéllque. 


LA  RENAISSANCE.— MlCHEL-ANGË.  363 

prédît  par  le  Fils  de  rhomme  et  raconté  par  les  ËYangélistes? 
L'artiste  eût  craint  de  s'abaisser  en  rendant  ces  détails,  pour- 
tant si  grandioses ,  mais  en  même  temps  si  vrais,  que  nous 
ont  révélés  avec  leur  autorité  infaillible  les  Ëvangélistes 
et  les  Prophètes  !  Certainement  le  vingt-cinquième  chapitre 
de  S.  Matthieu  suffisait  de  reste  à  cette  tâche  ;  en  ne  s*in9- 
pirant  que  de  lui ,  et  sans  atteindre  peut-être  à  la  perfection 
de  ce  sujet,  si  difficile  par  lui-même,  on  eût  évité  ces  poses 
affectées,  ce  mouvement  généralisé  à  Texcès,  ce  malaise  etces 
contorsions  qui  s'emparent  même  des  Justes,  contrairement 
à  toutes  les  notions  de  la  théologie  chrétienne  et  de  la  vérité? 

Quant  au  côté  païen ,  il  s'en  faut  qu'on  puisse  le  nié-  j,^f|"u„"un'ïét5 
connaître  ici  :  on  y  a  sacrifié  sans  contredit  au  bonheur,  p«i«n; 
inconnu  jusqu'à  la  Renaissance ,  de  faire  du  nu ,  au  profit 
de  la  science  anatomique.  Et  quel  nu!  et  quelle  anatomie  ! 
aucun  sexe  n'en  est  exempt.  A  peine  quelques  robes  jouent- 
elles  la  partie  de  leur  rôle  le  plus  essentiel;  à  peine  quelques 
rares  et  inutiles  draperies  flottent-elles  sur  des  épaules  qui 
les  céderaient  volontiers  à  des  nudités  plus  scabreuses.  Ce  exagération    de 

^  toutes    ses    don- 

combat  de  géants ,  cette  gymnastique  effarée ,  ces  efforts  à  »<««> 
faire  de  l'étonnant  à  travers  ces  groupes  jetés  pêle-mêle  dans 
Tabime  du  premier  plan  ;  ces  échappés  de  cimetière ,  dont 
les  uns  s'élancent  de  la  terre  entr'ouverte  jusqu'au  plan 
supérieur  qu'ils  traversent  dans  l'espace,  tandis  que  les 
autres,  arrêtés  par  des  diables  à  longue  queue,  retombent, 
serrés  ou  boxés  par  ces  hideux  bourreaux,  dans  les  gouffres 
béants  où  commencent  leurs  supplices  ;  ce  Caron ,  dont  la 
l)arque,  chargée  de  réprouvés  qu'il  pousse  à  grands  coups 
d'aviron,  déverse  dans  le  Styx  sa  cargaison  désespérée  (<)  ; 

(1)  Ce  Caron  a  semblé  à  l'ingénieux  natenr  de  VHisloire  de  Léon  X 
(t.  11^  p.  291)  autorisé  chez  Michel-Ange  par  nne  réminiscence  de  Dante, 
qui  place  aussi  le  nautonnier  dans  son  enfer  : 

Eo  ecco  verso  noi  Tenir  per  nave 
Un  reochio  bianoo  per  antlco  pelo 
Grldando  :  gual  a  roi,  anime  prare  ! 

(/îl/ffTBO.) 

Mais  il  ne  faut  pas  oublier  ici  que,  Dante  ayant  introduit  Virgile ,  la 


364  HISTOIRE  DU  S^HBOLISME. 

ces  sept  Anges  (enfin  voilà  un  peu  de  l'Apocalypse  !)  jetant, 
bouffis  et  ébouriffés ,  à  tous  les  vents,  les  éclats  de  leurs 
trompettes  démesurées  ;  et  ces  deux  hommes  ouvrant ,  cha- 
cun de  son  côté,  aux  yeux  des  ressuscites  et  des  perdus,  le 
Livre  du  bien  et  du  mal,  dont  Tunité  traditionnelle  se  trouve 
doublée  ici  pour  ne  manquer  en  rien  au  syslème  d'exagéra- 
tion qui  domine  partout  :  ne  sont-ce  pas  là  des  choses  bien 
touchantes  et  de  belles  trouvailles  à  mettre  sous  des  regards 
chrétiens? 
ot  défaut  de  di.      Et  remarquez  que  les  Saints  du  ciel  ne  valent  pas  mieu\ 

que  les  damnés  de  l'enfer ,  quant  à  ces  tours  de  foj'ce  dont 
pas  un  n'est  exempt. En  tous,  le  même  sentiment  de  peur 
s'exaspère  jusqu'à  l'hyperbole.  De  droite  et  de  gauche,  dessus, 
dessous  la  sphère  centrale  où  le  Christ  se  Hlche  à  la  manière 
et  sous  les  traits  d'un  vieux  dépourvu  de  dignité  ;  à  côté  de 
cette  Mère  qu'on  n'a  jamais  tracée  ainsi  et  qu'on  jugerait  à 
ses  traits  et  à  sa  taille  une  grosse  Flamande  sans  gr&ces  ni 
tenue  (^j,  les  Apôtres  s'échelonnent  avec  les  attributs  de 
leur  martyre  qui  rivalisent  de  grotesque  et  de  repoussant  : 
tels  S.  Laurent,  dont  le  gril  produit  le  disgracieux  effet  d'une 
cage  qui  l'emprisonne,  et  S.  Barthélémy,  tenant  d'une 
main  le  couteau  qui  l'a  écorché ,  et  de  l'autre  sa  propre 
peau  enlevée  à  son  corps  sanglant  (2).  S.  Jean-Baptiste  ne 

■ 

myUiologie  parait  de  mise  avec  lui  ;  et  d'aUleurs  le  poème  se  prétait 
natureUement  à  des  imaginations  plus  ou  moins  justes.  Mais  Micbel- 
Ange^  le  peintre  chrétien ,  travaillant  à  l'embellissement  d'une  église, 
doit  rester  dans  la  Ibéologie  la  plus  sévère,  et  ne  peut  être  lavé  d'une 
telle  hérésie. — Bien'd'autres  ont  cherchée  excuser  le  peintre  sur  ses  rela- 
1  ions  de  génie  avec  le  poète  :  on  peut  leur  répondre  par  cette  même  raison. 

(1)  Pour  plus  d'exactitude,  nous  décrirons  ici  d'après  la  belle  gravure 
de  Léonard  Gauthier,  reconnue  par  les  artistes  pour  reproduire  avec 
une  vérité  scrupuleuse  celle  que  Martin  Rota  publia  en  1569,  lorsque  la 
fresque  de  Michel-Ange  n'nvait  encore  souffert  d'aucune  dégradation. 
—  Voir  Basan,  Diclionn,  des  graveurs,  t.  I,  p.  204,  et  11,  414^ 

(2)  Il  est  à  remarquer  que,  par  une  de  ces  singulières  distractions 
dont  le  génie  même  n'est  pas  exempt,  BuonaroU  donne  ici  à  la  peau 
du  Saint  la  barbe  qui  en  parachève  hil^te,  toute  fournie  des  cheveux 
enlovés  aveo  le  ouir.  Quant  au  personnage  lui-ra^me  ,  dont  le  crAne 


LA   RENAISSANCE.— MICHEL-ANGE.  SUI 

ressemble  pas  mal  à  un  Hercule  garni  de  la  dépouille  du 
lion  de  Némée  ;  S.  Pierre ,  qui  fait  son  pendant ,  n'a  eu  soin 
aussi  de  se  draper  que  par  le  dos.  Et  ces  Saints  affolés 
dont  les  postures  se  le  disputent  d'excentricité,  dont  toutes 
lesflgures  respirent  l'efûroi;  et  ces  Saintes,  peu  ou  point 
vôtaes,  tourbillonnant  dans  un  désordre  incomparable  et 
qui  ferait  déserter  le  ciel ,  se  jetant  les  unes  sur  le»  autres, 
allant  jusqu'à  s'embrasser  de  frayeur;  et  un  certain  nombre 
d'entre  ces  acteurs  embarrassés  dans  les  scies,  les  croix  ou 
les  roues  de  leurs  anciennes  souffrances  dont  on  dirait 
qu'ils  souffrent  toujours  !  En  un  mot ,  des  hommes  façonnés 
sur  l'antique  sans  en  avoir  les  beautés ,  des  femmes  qui 
peuvent  être  à  volonté  des  Dianes  et  des  Junons,  des  Vénus 
et  des  Proserpines,  dont  la  vue  est  une  honte  à  la  pudeur 
et  pour  lesquels  on  n'a  trouvé  ni  une  feuille  de  figuier  ni 
uu  voile  qui  protège  leur  sainteté  déshonorée  ! 
Au  reste ,  pas  une  tête  nimbée ,  pas  un  costume  caracté-  qn^on  peut  repro- 

,        .  .  .  ,  cher  autsl  à  Oro»* 

nstique,  pas  une  physionomie  qui  rende  une  impression  ^m; 
personnelle.  La  peur  fait  la  physionomie  de  tous.  En  tout 
cela  Dieu  effraie ,  et  l'homme  n'a  que  sa  force  matérielle  et 
brutale.  Il  y  a  plus  :  vous  trouverez ,  en  cherchant  bien  en 
un  certain  coin  qui  n'est  pas  des  plus  obscurs ,  une  tête 
très-expressive,  qui  est  celle  d'un  cardinal  dont  les  procé- 
dés avaient  déplu  à  Michel-Ange  ;  c'était  une  réminiscence 
d'André  Orcagna,  qui,  à  la  fin  du  quatorzième  siècle,  don- 
nant déjà  dans  son  Jugement  dernier  de  l'église  de  Sainte- 
Croix  ,  de  Pise,  l'exemple  de  cette  licence ,  peu  digne  de  la 
peinture  chrétienne ,  avait  placé  en  Paradis  tous  les  por- 
traits de  ses  amis,  et  ceux  de  ses  ennemis  en  enfer.  De  telles 

est  parfaitement  dénudé  ,  comme  on  doit  s'y  attendre,  pourquoi  son 
nieaton  garde-i-il  si  entière  la  belle  barbe  dont  la  cruelle  opération 
du  bourreau  Ta  dû  priver  si  complètement  ?  Ne  voit-on  pas  ici,  outre 
cette  grosse  faute,  que  le  peintre  manquait  de  théologie  catholique, 
en  représentant  dans  cet  état  de  supplicié  un  corps  devenu  glorieux  et 
repourvu  de  toutes  les  portions  qui  lui  furent  naturelles  dans  sa  vie 
cieU  Icrre? 


tOQt  symbolisme  f 


360  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

manies  ne  rendent  pas  un  tableau  sacré  plus  recoiuman- 
dable ,  et  acheminent  vers  la  caricature ,  dont  Buonaroti , 
autant  que  personne,  eût  dû  savoir  se  garantir  (i). 

Voilà  ce  chef-d'œuvre  de  la  peinture  chrétienne ,  partout 
vanté,  exalté  de  tous...,  excepté  de  ceux  qui ,  ayant  le  sens 
des  Écritures  et  le  respect  de  la  foi ,  se  plaindront  toujours 
que  ceMe  large  fresque  soit  moins  un  tableau  religieux 
qu'une  mêlée  de  portefaix ,  et  qu*un  peintre  assez  oublieux 
de  toutes  les  convenances  pour  nous  donner  un  tel  juge- 
ment ait  prouvé  qu'il  en  manquait  beaucoup  (2). 
enfin,  absQnoe de      Aussi  faut-il  dirc ,  pour  Compléter  ces  renseignements, 

que  rœil  ne  trouve ,  au  premier  abord  dans  cet  ensemble, 
qu'un  effet  des  plus  disgracieux  :  cet  effet  s'augmente,  pour 
qui  voit  le  tableau  dans  l'enfoncement  qu'il  occupe,  de  celui 
des  couleurs,  dont  les  tons  mats  et  secs  répondent  trop  aux 
rudesses  générales  du  style ,  et  dont  les  transitions  forcées 
ne  se  rachètent  même  pas  par  l'entente  et  l'application  des 
principes  symbolistiques  observés  dans  le  livre  de  M.  Portai. 
Si  bien  que  Volaterra ,  quand  il  voulut ,  par  les  ordres  de 
Paul  lU ,  voUer  un  certain  nombre  de  figures  qui  parais- 
saient ,  avec  trop  de  raison ,  trop  indécentes  à  ce  grand 
Pape ,  ne  parut  même  pas  s'égarer  en  donnant  une  robe 
verte  à  &*•  Catherine,  que  son  double  titre  de  vierge  et 
de  martyre  eût  dû  revêtir  de  rose,  mélange  significatif 

(1)  André  Orcagna  vécut  de  1329  à  1389.  Il  semble  avoir  préludé 
à  Micbel-Ange  et  peignit  à  Venise  et  à  Florence  des  Jugement  dernier, 
pour  lesquels  U  s'était  inspiré  des  sombres  reflets  que  Dante  a  jetéâsur 
son  Enfer,  n  a  donné,  comme  Buonaroti,  à  La  Colère  de  F  Agneau,  si 
difficile  à  rendre,  pour  ne  pas  dire  impossible,  une  expression  tovcét 
de  rigueur  ;  mais,  par  un  contraste  qui  n'a  rien  d'inconvenant ,  selon 
nous,  il  montre  Marie  s'apitoyant  sur  les  transes  et  le  malbeor  des 
réprouvés.  Ce  sentiment  est  bien  plus  naturel  au  cœur  de  Celle  que 
l'Eglise  appelle  la  Mère  de  miséiicordef  et  nous  ne  voyons  pas,  avec  le 
R.  P.  Gabier,  quelle  inconvenance  peut  se  trouver  dans  cette  pensée  du 
peintre.^  Voir  VUravat  de  Bourges,  p.  289. 

(2)  Cf.  PinaroU,  vM  suprà;  —  Fontenay ,  Diciionn.  des  arUsUs^  H, 
752;  —  Alfred  Micbiels,  Le  Moytn  Age  et  la  Renaissance,  U  V  :  Pein- 
ture, f»x. 


LA   RENAISSANCE. —  FRA   BARTHOLOMÉO.  3(»7 

du  rouge  de  son  sacrifice  et  du  blanc  de  sa  virginité  (4). 

Au  reste ,  c'en  était  fait  déjà  des  habitudes  spiritualistes  J^S??***!©*""* 
de  rîmagerie  chrétienne.  Si  bien  qu'en  ce  même  temps,  Pra 
Bartholoméo  lui-même,  qui ,  religieux  dominicain,  avait  dû 
s'adonner  à  l'étude  de  Tarchéologie  sacrée,  tout  en  sculp- 
tant son  beau  S.  Marc^  destiné  à  Venise  et  qui  se  voit  encore 
dans  la  galerie  de  Florence;  tout  en  faisant  de  ce  marbre  un 
morceau  d'élite  qui  a  toutes  les  beautés  de  Michel-Ange  sans 
aucun* de  ses  défauts,  ne  faisait  cependant  que  la  statue 
d'un  homme  quelconque,  sans  un  lion  qui  rappelle  l'Évan- 
géliste ,  sans  un  nimbe  qui  désigne  un  Saint  (2).  De  sorte 
qu'avec  son  livre  appuyé  sur  ses  genoux ,  ses  belles  et  élé- 
gantes draperies ,  sa  pose  paisible  et  son  regard  noble  et 
doux ,  on  prendrait  très-volontiers  S.  Marc  pour  un  de  ces 
philosophes  antiques  venus  jusqu'à  nous  sous  les  noms  de 
Pythagore  ou  de  Platon. 

Donc,  de  4469  à  \M1  se  trouvait  un  artiste  de  grande 
valeur  (et  un  religieux!)  pour  qui  le  symbolisme  était 
mort... 

Oh!  cher  Ange  de  Fiésole!...  qu'étaient  devenues  vos  et   qne   Fi^oie 
pieuses  et  touchantes  œuvres  de  Saint-Marc  de  Florence  avec  JuJZ*'  ^*°"**' 
les  charmantes  et  naïves  figures  de  vos  Saints  adorateurs  du 

(i)  Sigalon,  qui ,  en  1837 ,  avait  été  envoyé  à  Rome  pour  copier  la 
fresque  de  Michel- Auge,  l'a  jugée  en  des  termes  non  moins  sévères  que 
nous.  (Voir  un  fragment  épistolaire  de  cet  artiste  dans  l'article  anonyme 
consacré  à  noire  peintre  ntmois  par  \îi Biographie  uviver selle,  t.  LXXXI! , 
p.  235.)  —  Ceci  était  écrit  depuis  longtemps  quand  cette  appréciation 
du  célèbre  artiste  nous  a  été  connue.  Il  edt  facile  de  comprendre  on  la 
lisant  qu'au  moins  nous  avons  eu  pour  nous  un  juge  très-compéteut 
dont  nous  pouvons  nous  appuyer  contre  ceux  qui  nous  trouveraient 
trop  sévère. 

(2)  La  statuaire  mobile  ne  comporte  pas^  il  est  vraî^de  nimbe  autour 
des  tétes^  parce  qu'on  n'a  pas  compris  assez  la  nécessité  de  leur  en 
donner.  Mais  nous  insistons  pour  qu'un  nimbe  en  zinc  doré  ou  colorié 
soit  appliqué  sur  le  cou  des  personnages  au  moyen  d'une  incision  qui 
permette  d'enlever  et  de  remettre  à  volonté  cet  appendice,  dont  on  ne 
devrait  jamais  consentir  &  se  passer.  Nous  avons  maintes  fois  employé 
ce  moyen  si  simple,  au  grand  avantage  des  sujets  sculptés  ou  des  mou- 
lages. 


3i^  HISIVOIRE  Dr  SYNlIOUSltfK. 

Christ  en  craix  (i  )  ?  Où  étaient  passés  le  calme  de  yq^^vk^^ 
divines  et  la  pure  é motion  que  vous  y  versiez  avec leâ  douces 
béaiiludes  de  votre  cœur?  Et  comment^  en  voulant  s'inspi- 
rer de  vous ,  pouvait-on  s'éloigner  si  cruellement  de  voire 
beau  Jugement  d'Orvielo,  avec  son  chœur  des  prophètes  et 
son  Christ  foudroyant  les  réprouvés ,  sans  affecter  cet  air 
forcené  que  lui  donna  un  émule  indigne  de  vous?  Ah  !  vous, 
du  moins ,  vous  saviez  croire ,  penser  et  sentir  d'après  le 
Christ!  Vous  ne  cherchiez  pas  votre  gloire,  mais  la  sienne; 
pour  vous  Tart  n*était  pas  un  but ,  mais  un  moyen,  et  tous 
trouviez  dans  votre  piété  fervente  les  chastes  et  indfaçables 
inspirations  qui  seules  donnent  à  Tart  chrétien  sa  vie  intime 
et  ses  saintes  Umpidités  (2)  ! 
Raphaël, dabori      Goutemporain  de  Buonaroti.  RaphaCl  jeta  sur  les  mui's 

Imitateur  do    Mi-  ^         r  ^  ^ 

chei  Auye,  du  Vatlcan  ses  fresques  célèbres ,  où  souvent  se  reprodmt 

la  manière  forcée  qui  remplaçait  trop  la  vérité  par  Tidéai. 
£n  dépit  des  amateurs  du  coloris  et  du  mouvement,  que 
nous  aimons  comme  eux,  nous  remarquons  ici  le  dessin 
rendant  les  formes  avec  distinction,  le  merveilleux  agence- 
ment des  détails  et  la  sûi*eté  d*un  crayon  ou  d*un  pinceau 

(1)  Cette  belle  et  vaste  fresque  est  dans  la  chapelle  de  Saînt-Bii^e,  à 
Orvieto;  elle  a  été  dôerîte  par  M.  de  Montalembert,  U^i  Vandaiifme  el 
du  Catholicisme  dans  l'art,  p.  98  et  suiv,,  in-8",  Paris,  1839,  et  repro- 
duite au  tome  Y  du  Moyen  Âge  et  la  Renaissance.  C*est  diaprés  cette 
copie  qD*aa  l'a  transportée  avec  succès  sur  un  mnrd'un  des  aalonade 
l'év^obé  de  Nantes. 

(2)  Nous  exprimons  ici  avec  notre  opinion,  qu'on  appellera  peul-éire 
un  faible  pour  Ange  de  Fiésole,  celle  bien  plus  autorisée  de  M.  Henri 
Delaborde,  dans  son  intéressant  et  judicieux  travail  sur  cette  maiièFe 
qu'a  donné  la  RevtAe  des  Dev^-Mondes,  décembre  1853,  p.  1229  et  suiv. 
—  C'était  aussi  la  pensée  d'un  critique  anglais  appréciunt  dans  VEccU- 
siologist  d'avril  1853  (remarques  cette  coïncidence) ,  les  osavtes  de  )a 
Renaissance,  qu'il  signale  eu  général  comme  étant  «  la  con^ilète  eoc- 
ruplion  morale  de  l'art  religieux.  »  Le  critique  anglican  n'hésite  pas  à 
dire  que ,  lorsqu'on  voudra  recréer  l'estbétique  chrétienne ,  il  faudra 
baser  sa  renaissance  vértlablA  c  sur  k  grâce  pnre  et  eévère  de  Q»iio 
ou  d'AngeUco.  »  Voilà  donc  que  lesjugea  les  moins  suspects  reviennent 
à  nous  de  ces  oonliéed  froides  et  païennes  où  les  fatales  tendances  lUi 
naturalisme  en  ont  laist^é  tant  d'autres. 


LA  RENAISSANCE.  —  RAPHAËL.  369 

(1  ui  rend  parfaitement  ce  qu'il  invente.  Mais  l'invention  est  p»*  l'^ct^niHon 

d«  la  forme  dans 

évidemment  forcée  dans  ce  Créateur  lourdement  drapé  •«•  fresques  de  i« 
d'une  longue  tunique  étirée,  écartant  les  jambes  démesu- 
rément en  sens  contraire ,  étendant  ses  deux  bras  sur  le 
chaos  dont  les  éléments  se  dispersent.  Il  y  a  là ,  et  jusque 
dans  les  traits  austères  du  Vieillard  éternel,  quelque  chose 
de  ravi  à  Michel-Ange,  aussi  bien  qu'une  certaine  affecta- 
tion dans  ce  manteau  gonflé  par  l'air  et  qui  s'arrondit  sy- 
métriquement au-dessus  des  épaules  toutes-puissantes. 
Nous  aimerions  mieux  cet  autre  Dieu  plus  simple  de  fac- 
ture et  de  pose,  mais  trop  acteur  aussi,  dont  les  mains  jet- 
tent dans  l'espace,  au-dessus  du  globe  déjà  créé,  les  disques 
du  soleil  et  de  la  lune.  J'admirerais  volontiers  cette  Créa- 
tion des  animaux  au  sixième  jour ,  si  je  n'y  voyais  une 
raideur  exagérée  dans  la  taille  trop  étreinte  du  suprême 
Auteur  de  toutes  ces  bêtes  qui  s'agitent  autour  de  Lui ,  et 
sur  son  visage  l'air  sombre  d'un  homme  qui  a  peur  de  son 
opération. 

Transportons -nous,  après  cette  visite ,  vers  ces  gran-  Le  même  s^jet 
dioses  pages  murales  qui  se  développent  au  pied  de  la  chl^^'ptf  à 
cathédrale  de  Chartres  :  autant  nous  avons  rencontré  à  "**'^®"  *'®* 
Rome  de  froideur  et  de  recherché ,  de  belles  couleurs  et 
d'étude  du  fini ,  autant  nous  retrouvons  ici  de  composi- 
tions simples  de  pensée  et  de  philosophie.  La  création  s'y 
partage,  sous  le  ciseau  du  sculpteur,  en  panneaux  multiples 
comme  les  fresques  du  peintre.  Mais  comme  c'est  varié , 
comme  c'est  vivant,  comme  le  génie  bibUque  y  abonde  !  et 
cela  parce  qu'au  heu  de  faire  du  nouveau,  de  créer  une 
nouvelle  création ,  l'artiste  s'en  est  tenu  à  sa  Genèse  et  à 
la  théologie  qui  en  ressort.  Là  Dieu  est  doux  et  serein  ;  il 
est  assis  (sedet)^  comme  toujours  les  Écritures  nous  le  repré* 
sentent,  ou  debout  (adstat)^  car  ces  deux  poses  convien- 
nent à  un  Être  suprême  qui  n'agit  pas  tant  qu'il  ne  veut 
dans  la  création  ou  dans  ses  actes  providentiels.  On  ne  lui 
donne  ni  une  énorme  barbe  entortillée  par  les  vents,  ni  une 

T.  IT.  24 


370  UISTOtRE  M>  «VMBMISMB. 

chevelure  de  lioniqut  V{|se  à  Teffet  d*im  Jupiter  Olympien  ; 
ses  créatures  sont  pesée»,  calmes  et  obéisâaiitds  ;  comme  il 
convient  &  leur  pr^ier  état  a^ant  la  chute  de  rhdmitte,  et 
non  fuyantes  ou  effarouchées  GOnnne^  si  déjà  elles  avaient 
des  motifs  de  le  craindiïe  €€  de  se  soustraipe*  k  sa  ttiain.  Et 
oepfindant.il  s'en  faut  quid  cette  sécurité  soit  de  >riiièrtie  : 
TÎTanteSy  mouyementées,  on-  les  voit  agir  gelèn  leui^ nature; 
oiseauX)  poissons,  quadrupèdes  embellissent  lé  nïoàde  dont 
ils  sont  devenus  la  vie  sensible,  l'harmonie  et  l'animation. 
Cette  rapério-      Qu  Ic  Yoît  bicu  :  11  ue  s*agtit  pasici  seulement  d^'^ff^an^ 

rite  a  BOB  principe  ^      '- 

dans  l'esthétiqae ,  un  fait  par  <ies  foFmes  ct  des  couleurs;  avant  tout  il  faut 

donner  à  ce  fait  un  langage  spirituel  qui  force  rinteUig^ce 
à  laquelle  on  le  destine  à  Téiude  et  à  la  réflexion.  It  faut 
bien  plus  et  bien  miwx  qu'un  fade  exposé/  flegme  comme 
un  plan  par  terre,  et  absoin  comme  une  estampe  ée  romans  : 
il  faut  de  la  méditation^  de  cet  esprit  qui  agite  lu  mame  (4), 
et  qui  laisse  apercevoh'  li  rimagmation  ce  que  le  Irait  his- 
torique ou  moral  renferme  sous  son  enveloppe  extérieure 
qoin*apMéch«i».  d'iostmotif,  d'attachant  et  d'inspirateur.  C'est  ainsi  qu'à 
^      ""      ^'    Pise^Buonamico  Buffamalco  peignit  au  Gampo-Santo,  avant 

^1340^  une  vaste  fresque  où  l'action  du  Créateur  et  le  sys- 
tème du  monde  physique  sont  représentés  simultanément 
de  bçon  à  donner  de  IMn  et  de  Tautrer  des  idées  *  aussi 
Description  du  (Jigues  qu'cxactcs  et  convenables.  «  Le  Créateur,  haut  de 

Monne  eréô  de  ce        ^  •■  ' 

dernier.  trois  mètrcs ,  soulèto  Fénormc  machine  du  monde  qui 

vient ,  à  sa  parole ,  de  sortir  du  néant.  Au  centre  de  ce 
cercle  colossal  est  la  terre  divisée  en  ses  trois  partiesalors 
connues  :  Afrique,  Europe  et  Asie.  Autour,  dans  douze 
cercles  concentriques,  les  eaux,  la  mer,  la  lune,  le  soleil, 
les  étoiles ,  les  signes  du  Zodiaque ,  le  tout  suffisamment 
visible.  Les  cercles  s'élargissent,  et  lès  neuf  zones,  qùî  cinve- 
loppei^i  la  terre  et  les  constellations,  sont  peuplées  par  les 
neufs  chceurs  des  Anges. 'Dieu,  qw  tient  contre  sa*  poitHne 

(1)         ITeiif  âi^uit  ttoIUm. 

(VIrf,  ^«>i«|A,  Bb.  ^;) 


M 


^c^ttA  œuy (\),  I  df? .  S»  paitM^^  a  i'aippiti)eiifse  de  léftu»^hrist; 
.^liioUfDbei  j>*^  pas  opucifère^  parce  que  les  '  Italiens  du 
.i»#Sf»a'dge!n^:s'deoupaieiit}guèiie  tpiufi:de9  Tenues  ic  Vico^ 
•nograpbîecihrétûBBmiiiqiie'ne  s'en  oeoupént'  nos*  artistes 
.é*a<^urd'hni)  (i).^,  mais  il  est idécoiré  d'une' lavcatune.  » 
BuflkmalcQ,^  qtii  peigaiti  eette:  vetprésentatioii  >iiiraiinent 
vem^equaAile  du  Créateur  « t  de  Jsciréatioii^  éemil^sorns  sa 
petntwe  un  ^nnet  italien  où  ii  dit  que  «  Dieu  atout  fait  avec 
amour I.  poids,  nombre  et  mesiu^e.  >y 

Raphaël  n*agftt  pas  toujours  assez  d'après  ce  désintéresse^  cametère  de» 
memtiobrélîen  qui.'iospire  detelles^  peuvres.  U  vint  à  une  deRaphaëi: 
époque  dont  U  «jQCcpta^  uomoie  tant>  d'autre^  et  plus  que 
beauGoii{^  d*autires,  les  impreBsions  mondaines^  Pour  lui,  il 
si'«st  agi  hes^ucoup  trop  de  répulalion,  de  gloire  huniainey 
de  rivalité^ V  toutes- oboses  dont  roitgHetl^s'sceonuiiode, 
mais  dont  sWraoge  peu  ;  Tesprit  cbnétlèni ,  ^et  par  consé- 
quent Vaiit  religieux.  S'il  eût  vécu  cent  ans  plus  tard, 
quand  la  foi  s'était  déjà  afTatssée  dans  ks  ccMirs.sous  la 
fatale  influence  de  l'hérésie  qui  se  glissa  partout  ^  gir&ee  à 
l'impure  toliéraiice  des  gi^ands^au  lieu  de-ta«t  de- toiles 
d'é^Uses  le  jeune  ariiste  eût  dooMé  beaucoup  de*  sujets 
de  salons  et  bien  moins  de  pages  cheiH^hées  dansTHis- 
k^ire  sainte.  Sans  oublier  ^u'il  eut  dans  sa  vie  d'artiste 

(1)  M..Pidfon','que  nous  copions  ici  {Amu  archéoLy  IX ,  laS),  nous 
semble  s'pxprin^er  uu  peu  trop  absolument  svir  ce  point.  Le  nimbe  n'a 
pas  plus  manqué  à  ritaliequ'à  la  FraDce  et  à  l'Allemagne ,  où  le  moyen 
âge  se  garda  bien  de  le  négliger:  témoin  Ctmabué^  Ang^  de  FiéSole. 
Lk  comme  partout  c'est  la  Renaissaoce  qui  a  dépourvu  les  Salfiits  de 
cet  indice  symbolique  de  leur  sainteté.  Albert  Durer,  Michel-Ange > 
Rapbaet  et  leur  école  s'en  sont  trop  souvent  passés  sans  scrupule, 
ôtaot  ainsi  pour  le  pittoresque  et  pour  l'esthétique  un  dés  phis*  doux 
charmes  de  Jeiura  iétes»  parmi  lesqueUesji  lorsqu'^leei  sont  groupées,  on  ^ 

ne  dislingue  plus  les  Saints  des  profanes ,  les  Martyrs  des  bourreaux, 
*'le  dlri^t  loi-ttiémè  dé9^t>)^aHslëns  ofu  de  sèfs  Apèti'e^l  Ob  tbépils  d'un 
i  ;  jifll^j^ptf  jns^mTlà  )ii()it(tei)0!|bUra8t  :  no  des  |)lii»  jgcafeBiréproibea  >  que 
l'art  cbrétien  puisse  faire  aux  maîtres  de  l'école  moderne.  C'est  dès  le 
quinzième  siècle  que  l'Angleterre  commença  i^M  ^érit^r^  et,  depai9 
lors,  qne  de  progrès  dans  la  décadence!  ' 


372  IffêVOrttË  nV  «YMBôLlâMB. 

des  époques  diffiSrentoft^et  des  manièreis  diverses  de  rendre 
par  de»  chefc-d'œuvre  les  types  que  son  génie  s'était  des- 
sinés ;  sans  contester  ni  cette  ptireté  de  dessin  ;  ni  celle 
grâce  d'e?tpreesion>  ni  cette  composition  cbairmaiite,  ni  ce 
fini  des  détails,  ni  cette  grâce  des  physionomies  qtfe  te  ifpè 
italien  lui  suscita  trè&'heareusemeïit,  ni  enfin  cet  air  de  Jeu- 
nesse qu'il  sait  donner  ft  tout  en  couTrant  tout  d'un  coloris 
plein  de  vérité  et  de  séduction,  nous  nous  garderons  pour- 
tant de  ce  fanatisme  trop  commun  à  ses  admirateurs  «  et' 
qui  leur  ferme  les  yeux  sur  des  exceptions  nombreuses  à 
u  a  pins  d*art  ces' belles  qualités.  nn*est  pas  toujours  exempt  de  recherche 

que  de  piété  î 

dans  ses  poses  ;  ses  vierges  si  vantées ,  resplendissantes  de 
fraîcheur  et  peut-être  d'innocence,  n'ont-dies  jamais  rien  de 
commim  et  de  maniéré  î  Si  Ton  aime  ses  paysages  avec  leurs 
lointains  corrects  et  leurs  inimitables  perspectives,  et  leurs 
ciels  sereins  et  lumineux,  n'a-t^l  pas  sacrifié  beaucoup  trop 
au  désir  de  montrer  Tart  dans  ses  saints ,  dans  ses  saintes 
surtout,  et  pourquoi  but-il  que  cet  art,  trop  inspiré  par  les 
découvertes  des  monuments  anciens  que  Laurent  de  Mé- 
dieis  favorisa  tant  dès  la  fin  du  quimsième  siècle.  Tait  jeté, 
à  la  suite  de  quelques  deyanciers,  dans  ces  nudités  qui  éta- 
lent i'anatomie  des  formes  humaines  jusqu'à  en  faire  du 
les  madones  de  sensualismc  ct  de  la  lubricité  ?  On  a  dit  que,  si  Fiésole  était 
^aâx  lîê^^r'  le  peintre  des  anges,  Raphaël  était  le  peintre  des  madones  : 

c'est  trop  à  l'avantage  de  celui-ci.  Exceptons-en  les  madones 
de  Foligno  et  de  Dresde ,  et  qu'on  nous  dise  si  le  grand 
malti*e,  avec  toute  sa  science  du  beau,  a  jamais  donné  à 
ses  vierges  l'inimitable  expression  de  Marie  se  penchant 
avec  tant  de  modestie  vers  la  couronne  que  lui  donne  soa 
Fils  dans  le  chef-d'œuvre  conservé  au  Louvre.  Nous  osons 
l'affirmer  :  jamais  le  pinceau  de  Raphad ,  qui  aima  d'ail- 
leurs à  emprunter  souvent  à  l'admirable  dominicain,  n'a 
égalé  le  rayonnement  de  sainteté  qui  s'échappe  de  cette 
figure  aimable,  surnaturelle  et  pénétrante,  si  pieusement  re- 
cueillie et  si  riante  d'un  bonheur  qu'on  croit  goûter  avec  elle. 


LA  WNAIA84^iCE.  «1-  MPHAÂL.  873f 

Hélafi!  une  autre  différenee  explique  trop^  bien  caUe  que 
ranti9te<  chrétien  trouvera  toujours  entre  ces  deux  génies,, 
lient  Tun  rendit  si  bien  la  nature  et  Vautre  aima  tant  ee 
qui  la  dépassait  de  si  haut»  Le  religieux  qui  ehoisit  ses 
siJiî^tsdans  une  sphère  élevée  au-dessus  de  notre  vie  mor* 
tella.  se  reconuiattà  une  virginité  de  touehe  que  seconde  la 
merveUleu^e  délicatesse  de  son  pinceau.  Il  cherche  moins, 
en  traçant  ses  figures  éthérées,  à  représenter  les  formes 
palpables  d'un  coi^  qu'à  faire  sentir  une  âme  qui  s'y  en- 
veloppe, et  son  dessin  et  son  coloris  se  prêtent  à  ce  mys*- 
tère  d'esthétique  jusqu'à  spiriluallser  la  noatière  même  par 
la  légèreté  de  ses  formes  et  de  ses  tours.  C'est  pourtant  de 
raisons  que  d'habiles  critiques  ont  trouvé  l'art  de  Giovani 
plus  digne  et  plus  pénétrant  que  celui  de  Sanzio.  Celui-ci,  ^^  c^j^  "jjjj» 
au  contraire,  tout  à  lui-même,  trop  adonné  à  des  passions  ««««• 
qui  déshonorèrent  sa  vie  morale  et,  au  dire  du  plus  grand 
nombre,  l'abrégèrent,  ne  put  s'élever  au-dessus  de  ces 
beautés  qui  se  voient  des  yeux  du  corps.  C'étaient  elles 
qu'interrogeait  son  génie  ;  à  elles  il  demandait  ses  inspira^ 
tions  (4).  Qui  n'a  vu  au  musée  du  Louvre,  au  bas  d'un 
tableau  fait  par  le  peintre  d'Urbino  pour  l'un  des  plus  fri- 

(1)  La  mort  de  Raphaël  n'est  pas  attribuée  par  tous  les  biographes  à 
la  même  maladie.  Fornari  de  Reggio  et  Yasari  furent  en  cela  ses  pre- 
miers accusateurs.  Ce  n'était  peut-être  pas  une  raison  pour  adopter 
Taccusation;  Passavant^  dans  la  Vie  du  grand  peintre  (t.  1,  p.  554) ,  la 
réfute  comme  il  peut,  et  ne  parvient  pas  à  nous  convaincre  ;  mais  Qua- 
tremère  de  Quincy  ne  doute  pas  de  Tinconduite  de  Raphaël,  et  y  tient 
par  deux  fois,  dans  sa  Vie  imprimée  en  1824  et  dans  la  Biographie  uni- 
verselle{L  XL,  p.  397).  M.  Audin  (Bist,  de  Léon  X)Tésnme  les  assertions 
diverses  sur  ce  point,  et  conclut  pour  une  mort  d'épuisement  causé  par 
le  traTail  dn  génie  dans  une  âme  qui  ne  suffisait  plus  à  le  porter.  ^ 
Geiîi  nous  paraît  trô»>poétique  et  peu  concluant.  Ce  grave  et  doete  écri- 
vain s'est  un  peu  trop  épris  de  l'époque  où  vivent  ses  héros ,  et  par 
conséquent  du  côté  artistique  de  leur  nature;  et,  s'il  sait  découvrir  et 
avouer  parfois  cerqu^il  y  a  de  trop  charnel  dans  le  peintre  d'Urbino,  il 
flatte.trop  ^usslla  plupart  de  ses  travaux ,  bous  prétexte  d'un  spiritua- 
lisme qui,  s'il  y  est  à  un  certain  point  de  vue,  s'éloigne  encore  assez  du 
sentimeûi ^hrétiepu >  dans  la  plupart  de  ses  ouvragés,  pour  qu'on  l'y 
chercbe  vaiAemeot, 


voles  monarqoeé'dë  6(ki  imps ^  que 4c  HafAiôl ; 'Àvaatde 
peinât^  lA  (rès^s^eéniie  FkmUle ,  p^ëMit 'ï^ 
amie?  3^  ^  Q'èôf  d^ cette  page  célèbre  '<ïtfim  crifi^ittëià  ]^ 
dire  naguère  :  <^0n  redénfttJt,  ëri  i^fféti  ce  bfeatîlfià«%eÂîla 
Fomarkia,  à  qai TamiMit*  dotma'  l^mmôrtalite'(1}. '«tlélte 
immérlalflé,  tâaMiëiltieasétiiiiefyt,  ^âfe  ^ti  peu  eêHe  dé  V^m^ 
reux.  A  côté  de  ses  madones  suspectes  (m  tfouië  (tinjourï 
trop  le  soui^fttr4\inefemtae^ërtteieJPôùtons«àoto 
désapprouver 'd'àftrff  tnisëu  vogue  ée  gerti^e  de  çfruftfAlalftm 
tant  imiié  députe,  et  aUcfud  bbnqud  i^é-ément 'aùjouta*M 
le  moiridi*e  barbouilleur  préâ(hnp(tiétt9d  qui  rèç^ôît ^ là  com- 
mande d'une  vîet^e  ?  \  "   ' 
luphasi  peu      Quaod  on  sait  eombien  ces  vilaines  *ablttolifes  préoccu- 
pèrent  ht  jeunesse,  c'est-à-dire  ta  vie  dèRapfcael  (il  mmmï! 
à  37  ans),  on  s*éConne  peu  que  son  entralnemetit  pour  Tart, 
qui  d*abord  le  fit  vivre  et  qui  blentét  l'enrichit,  l'ait îpu 
soustraire  aux  études  séiieuses  de  l'af-t  ancien ,  à  h  lecture 
des  auteurs  qui  en  traitèrent ,  et  même  à  cette  sage  ré^rvc 
qui ,  en  lui  laissant  goûter  le  symbolisme  biblique ,  eût 
quelque  peu  poétisé  ses  compositions,  tout  en  Téloignant  des 
■on  s,  jêan-Bap'  errcuTS  historiques  ,  dont  il  ne  semble  pas  s*inquiétcr.  Le 

caprice  de  sa  pensée  personnelle  devient  trop  souvent  sa 
règle.  Ge  ifest  pas  le  moyen  âge,  Tôpoque  hiératique ,  ceOe 
qui  comprenait  le  mieux  les  sujets  dont  Raphaél  s'est  em-  • 
paré ,  qui  eût  représenté  sur  une  même  toile  les  jeux  en- 
fantine du  petit  Jésus  et  de  S.  Jean-Baptiste,  lesquels  ne 
s'étaient  jamais  vus  avant  le  baptême  du.  Jourdain.  Oimabué 
et  tant  d^autres  se  ftissent  bien  gardés  aloi^ ,  dans  cette 
magnifique  scène  où  Jésus  se  soumet  au  plus  grand  des 
enfants  des  hommes ,  de  poser  celuiK^i ,  avec  sa  peau  de 
chameau  qui  le  couvre  à  peine  ,  en  athlète  Uei-veux  dont 
la  chair  menteuse ,  avec  sa  vie  exubérante  et  son  modela 


(1)  Voir,  pour  pliiâée<léiail8|  Diilron,  AnnaUê  arcltéoh(fiqu6SylM^ 
lOG. 


tittê  ; 


r 


LA  BCirAWiifi^C&.—  itAraOL*  375 

kréfr^KfbitJrie ,. ja^ç  feu  le  jcôle  es^  d'un,  anachorile  t  et 
prè^.4iiq<i^UemfHitaii:a*i9téres9e  ffts  pHw  la  piété  cbré- 
tiem^4Qi($:]a:ci;oix.mfsquine»  attachée  i. un  trono  d*arbre 
desflécjlhé  »  «st  ^uç  r}ea  ne  livrait  eqoQre  à .  l'adoratipn  pu^ 
bliq^e,i-r  Le  epiT^bre.MicJ^lrAnge  n'avait  p^  éyilé.ces  ima^ 
gini(Up{)S  ^  et.  q*^^  ^Q(We  uq  çôil;^  p^r  ieqfqri  son  riant  ^p* 
teiBppiif^iniIuirjesfemble.         .  .    .. ,,     ..  / 

T^uOefoia  Aapi^l .  A'^b^odon^ ,  pas  •  etatiëp:eo;imt  :  le  oa^  ^ 

ract^i^  dvti$yjQ(ib€ili$rqe  chrétien,  ft  qulyi^a.  f:oujour3y  connne 
l'a  4if}  fm  sjn^bi9)i$te  fort .  ^ntefî4tl  9  i^  une  sorte  d^  viqu^^ 
crati^n. puisée. daas  q^n^iie  chn^  de  traditionnel  (4).  1» 
Çàetlà,  dans  ses  pins  belles  peintures>,  on  sent  revitre 
sinon  ,tpat|E^,rii|[iputeiAn  depeispiritwlisme  thécdogique»  au 
moîijis  certains  traits^  qui  rappellent  à  Tobseryateur  instruit    ; 
ses  anciennes o^nif^tatipns,.  Ainsi  „  dans  la  Vierge  au  pqii:'  m»  nerçêou  pou- 
ion  »  quoique  l'ange  (lapJUaôl  »  accompagnant  le  jeune  ToWe  uqne  j***"*  '^"*'**" 
qai.tien^t.up  poisson ^,et  S»  JérOme,:  aux, pieds  duquel  paratt 
le  lion  qu'on  en  a  rendu  inséparable ,  puissent  bien  figurer    , 
comme  pa-trona  du  personnage  pour  qui  fut  peinte  cette  , 
belle'  ;  toile  y  il  est  plus  :  croyablp ,  n'en  déplaise  è  certains 
amateurs  dont  la  science  critique  est  mal  appuyée,  que 
c'est  là  u^o  nianière  ingénieuse  de  symboliser  les  deux 
Testaments ,  représentés  pour  l'aocienoe  Loi  par  un  de  ses 
Saints  les»  4)lus  ainpables  offrant. son  poisson»  et  pour  la 
nouyelle  par  l'un  de  ses  quatre  plus  grands  docteurs  tenant 
le  livre  ouvei't  de  la  scîpnce  divine  :  on  le^  yoil  placés  l'un 
et  l'autre  de  chaque  !C<^^  du  Christ  qui  est  venu  réunir  ces 
deu^  Lois  en  une  seule  (2j.  E;t  puis,  ne  savons-nous  pas  que 


.  I 


(t)  Le  P.  Cahier,  Vitraur  de  Stmrgts,  p.  2d8. 

(3)  ff  y 03  qui  aliquaodQ  eratls, longe ,.  facU  estis  prope  ija  SanguUie 
Chrîsti.  Ipse  enim  est  pax  nostra,  qui  facit  utraque  unum...;  et  evan- 
gelî^ftYll  pacém  vc/bis  qui  Mngé  fUistid ,  et  pacem  lis  qui  prôpe.  » 
(Ephes.,  II,  i3  et  seq.)  —  Si  notre  pensée  n'est  pas  ici  celle  qu'a  eue 
Raphaël ,  on  avouera  que  ce  que  nous  conjecturons  est  très-conforme  & 
la  liiétiiode  des  Pères  déyeloppée  dans  leur  doctrine  et  exposée  en  cet 
ouvrage  :  mais  nous  croyons  fermement  que  Raphaël ,  à  qui  nous  re- 


STB  aiSTOlKE  «U  SYMMtieilE.;  î 

ee  poissoav  4C^«&t  le  Gbriatlui-mèoie'quî  ^  parst>  viemu^giié^ 
rUsante  ^  préâgiyrait>  déjà  »  dans  la  touchatiteE  histoire,  de 
Tobie  ;,  ki  bon  <  Saimartitain;  qui  n lest  attire  que>  ie>Satimiir  t 
SufMrUanus  ,'qui  mstodity'  àrt*'S.  lérôiilfi;  -t^;  AcoiarquaM 
encore!  qiiei  le «poissoni  duigcfind  peintre  cet ^ bien  un»  deticè9 
oi^ipaireâ  quelconques  v  i^ôdMs  dansJe:  premier  ivemitde'iiflB 
ruiseeaux  ^  dont  le  genre  et  Fespèce  im^FteoÉ  imoins  è-  «^ 
sigDiâcaik»  siymboUfue ,  et  aa  but. qu'on  5*y  j^roposev  que 
sa  fonme  abstraite- et  que  sonnoia«giéiléiriquei  dansikcfaelse 
retrouvent  les-  initiales  diu  nom  let  de»  qualités  du  au»! 
Yeun  (4).  On s^t  d'ailleurs  que  r^uiimaJb  du.flenvç  <)6lofié 
par  Tobiie  étaitde  si  forte  taiUe  qu'il.  s'<élanca«ur>  île.  jeund 
homme  pour  l&dévoi^r  (8) ,  ce  qui  demt  leresidoetout 
différant  deceluinlà.  EnHa,  lObservon^  qu'aux :piîçds  de 
S.. J^érôme  repose  Ici lion,,  qui  pour  lui  est  rimagodela^aoli- 
tude  çt4u  désert  préférée  au. monde,  maïs  qui  n'est  pa$ 
moins  colle  du  Lion  :de  Juda:  c'est  taujjours  te  même  parait 
lélisme  des  deux  Lois  divines. 
itis.  Michel  du      N'estM^e  pas  encore  une  bizarrerie  rapprochant  beau^^ 

Lonvre* 

coup  trop  le  talent  sérieux  de  Aapha^  des  caricatures  de 
Gi^IqI  que  ce  £.  Miçihel  qui,  non  contant  de  fouler  3ous  ^ses 
pieds  le  diable  terrassé  par  son  épôe ,  l'entoure  encore  de 

pro^^faons  ded  JxtvmïliH  qai'  paflsfèrieiit  trop  de  sa  eotidaite  dan»  son 
talent»  «  avait  eacore  ua  seaUmanitrap  délicat  de  •son  rôle  ponr  ne 
pad  comprendre  cette  dignité  de  l'art  ainsi  entendu.  »  Nous  appliquons 
à  la  Vierge  au  poisson  cette  réflexion  du  P.  Cahier  (uW  suprà),  qu*fl 
applique  k  toute  autre  chose. 

(1)  'IxPu;.  —Voir  ci-4e»8ua,  t.  II,  p.  18^  IV, 80,  .97. 

(2)  «  Ëoce  piscis  tm/nanû  exivit  ad  devorandum  eum,  quem  expa- 
vedcens  Tobias  clamavît  voce  magna,  diceus  :  Domine,  invaditme!  » 
{Tob,,  VI,  2,  3.)  —  Quel  qu'ait  été  oe  poisson,  sur  l'eapèee  dnfael  le» 
commentateurs  varient  beaucoup ,  et  dont  Jes  caractères  sont  mal  éta- 
blis par  eux,  on  voit  bien  à  Vexlérieur  de  celui  donné  par  Raphaël  que 
cette  petite  béle-là  était  moins  propre  à  manger  un  boEbme  qn'à  Mre 
mangée  par  lui.  L'essentiel  était  pour  le  peintre  dedOfM^r  l'idée  :^'ihi 
poisson,  et  non  de  faire  de  l'exactitude  historique.  Des  symboles  de  ee 
genre  ont  mille  fois  duffi'  aux  artistes  des  douziènie  et  treizième 
siècles^  ■...•.-'. 


LA  II«A181X]!ieE.*^'lli{rHAiL.  377 

bèie8  difformes  )  nmpaiitos^  cdrancB^  bybiîdes^  agqni- 
sÉntes:^  ^ksqiiellest  sont  irès^oertainiemeiKt  le  cortège  dé^ 
goûtant  de  la  l^ète  priaeîpalev  frappé'  comme  elk  jet  ex- 
pirant: soifsi  la  jusliee  4e  Dieu?,  Au  toin  ,>  et  sur  dfautres 
pians  ;>  on:  ne  reconnaît  (fu^à  peine  Fenfer  et  les  i  damnés 
daaS'Detteyiliecfui  brûle,  et  Ters >iaqaelle> s'achemine ime 
procession. qui  semMe  sortir  de  terre;  on  so  rend  compte 
tout  aa  plus  4o  ces  autres  figures  de  personnages  entoarés 
de  sefpènts  dont  :qiteilqaes*uns  leur  dérorent  le  cpànei  — 
DacKe  est  sans  douts  encore^  aiôssi  bien  qv^eYOrinBêeli* 
oiarmnt^  poor  quelque ofaose  dans  ces  étrangetés ,  qui  <  furent 
le 'Seul  moyen  de  rendre  Tidée  abstitaîte  de  eès  créatures 
déchues,  toutes  spirituelles  par  elles-mêmes ,  inviaibles  par 
conséqvientvmaiisà^ui  il  faHait  bien  que  Fart  donnât  un 
corps  et  Uavisage.'^On  y  voit  bien  aussi,  quanii  on  a  étudié 
ks  époques  -de  Fart  chrétien,  un  reflet  des  imagiers  qui  les 
illostrèreirt  ;  mais  quiconque  est  demeuré  étranger  à  ces 
observations  n'y  voit  rien  que  d^obscur ,  d 'inexplicable ,  et 
même  de  bizarre  :  c'est  qu'en  effet  c'est  un  des  premiers 
j^ts  de  k  jeunesse  du  peintre  qui  lutte  déjà  aVec  la  nou-^ 
veauté  fnMe  et  naturelle  contre  les  traditions  hiératiques 
et  kur*  symbolisme  qui  s'en  va. 

La  Vision  d'Ezéchiel^  traitée  par  le  grand  peintre  avec  une  u  vukon  <vÊ%é- 
supériorité  digne  de  son  génie ,  et  qui  orne  la  galerie  de  çue*  '  "^  '^' 
Plopence ,  est  une  composition  toute  symbolique  :  elle  ne 
pouvait  ne  l'être  pas  ;  mais  avec  ôon  grandiose ,  la  beauté 
mâle  et  la  vie  surnaturelle  de  son  tétramorphe ,  on  voit  ce 
que  Raphaël  eût  gagné  à  suivre  les  inspirations  du  génie 
biblique.  On  dirait  qu'il  s'élève  à  la  hauteur  du  Prophète  ; 
c*est  que  là ,  en  effet ,  le  Prophète  est  tout  entier ,  et  tout 
seul,  et  n'a  eu  qu'à  se  montrer  lui-même  pour  imposer  un 
chel*<l*œuvre  à  celui  qui  en  a  compris  si  nettement  la  ma* 
gttifique  simplicité. 

Î^Iais  ne  parlons  pas.  de  ces  vierges  plus  ou  moins  coquettes      luphaëi  abu>e 
qui,  au  nombre  de  plus  de  soixante,  rivalisent  entre  elles  de  «t  du  nu. 


378      .  BI8»nB  MJ  «niBOlilSME.    -     '     ' 

ce  Sot  »huttÂiQ  et > de^  cettd^èdlulé  Isttre^Cre  (|ii'><mifi'èbslùtfirà    t 
préeotû&QTty  nidesiËiuEaiitsiJésife  nus ioflBaune> des:) vers ;.toî    i 
de  ce6  fiUes  dé  hurikqti  aenÉesii  leimaaYai»  iKetib^;^  Geigcara 
scahreHJKyquîi  pasBerafiafea^ol^cie  'daiisl  lei  i^ahiiitel  lé'iftii     < 
ânaottier.  de  '  joyeuse  JMUoctir.  ^  ^ou  lolfcs  jha  )amateiipT  iqiii     ! 
regardegprlas  à  la  forute  iqiii*4  k^  (^dniséej  me  ohacniiecâi  |»t   (! 
mais  leS'Aines^  qui  priant  ^liqui. méditent  i*iËTangile  H  -qlix  i  , 
veuknt .  en*  adoreit <  il'espli^iti  daBs<  toutes,  lesi  expinsioiis;  de  >  ^ 
Tar (  obpètiKxii.  :  àjiix  yeuK  dono  i  da-  OhiristiMisiule  v  Raphaiâ  ^ 
après  lequel  on  n'a  plus  fait  que  de  Tallégorie ,  au  lieu  idu 
•symbolisme  que  notait  réclamerons:  lofqduisj  Aurarteaite' 
t6rt  dfî  mettre  >son  génie  «U:  service/ d<  un  sentimelitrpert^.  • 
Autres  aboii,  souoel  et  di^s  tendamos  nslUindistes  doi  9011  ^îôole..  Aprèft    i 

pires  encore,  de    .    ,      _  ,.      .  i,  ■  »■  j         '  »»  i 

notre  temps.        lui,  ide>i^cir89  trasts^,  âpar&  danç  lics  giiandstaMftivf  ^rà|qpel^. 

lent  à  peineiçà^iet  UL'devagiles'BOUTeniiss' danwyen  Agé 
sur  les  quelques  toiles  i^iigieuses ioht  les  musées  séparent   , 
plusqve  les  (églises  j  «tceUes-tci ,  ffar  une  gradatiom:  des^ 
cendante,  qiii  est  le  dôtè  tetai  dé  toUteis  les  màuv^aised  chofieR»    i 
en  sont  Venues  à  h*aVoir  pltsis ,  pour  Tessources  d'ometten^    : 
tatién  mobilière,  que  <^6  igranite  morcieaitx  de  toile  imbibés    ' 
de  maladroites  copies  des  grandes  réputations.  On  -iCf  volt 
plus  arriver  que  des  compositions  imaginées  dons  les  ate^ 
liers  de  bas  étage  ^  oOi  ie  pinceau  se  manie  à  la  hâte ,  où 
Tesprit  marche  au  basard  à  la  conquête  des  plus  folles 
idées ,  et  où  des  artistes -d'bcoasion  s'empressent  à  des  <lav 
bleaux  dont  le  plus  grand  mérite  est  de  les  faire  vivre**, 
quelques  jours. 
Poussin  et  sa      Alnsî ,  à  partir  des  dernières  années  du  seizième  sièek  ^ 

Contiik€nc€  dt  Sci- 

pion,  nous  verrons  du  dessin. commet ,  dUcoloris  vrai  et  éclatisit^ 

de  la  lumière ,  de  l'air  et  de  k  perspective ,  de  la  grAce  et 
du  sentiment  ;  mai&  le  spiritualisme  natoquera.  Quelques 
belids  toiles' iei^ntréver^ianousie' né  fera.  croirOi  Poussin 
nous  attachera  par  la  philosophie  et  la  fraîcheur  de  ses 
paysages  ;  mais  il  abusera  du  paganisme  jusqu'à  grouper 
à  ses  c<5tés  les  surprenantes  personnalités  des  dieux  et  des 


POCSSIN.i-h^ (BUBKf».  -MLBMHKDIli •  379 

déesses 4ûiZffliMÛ;te|b d'iAcpeMes.  «dldslr  le  peiaireudos  geafi 
de  p&ùt^  »  du  4rè»jii8leiiient  'Vjeliàiroi;  il  devine  parfeito*^ 
ment  ice^^tt-doiÉ  -  «hnaer  i  ou  '  biidÉsr  ;-  d  i  vàrôie!  TAiHitéritè  - 
parila^Aee;jnaidUl<slaide'tié&^tF5di»grftB^  moyens  de 
TesthMique^  et:.ckfit  àf^eine  si  ,>ooBsenaJtaii;t> à  invoquer  ém 
mo»|  V>aliégorie,  im  le^  voît4épo9er  pur  «la  tête  A&  Scîpiôn  s 
parjl^teakis^id'iiiiê  fenubenqulidoit  -ètoe  ia<  Continetnee^ 
mais 'que  rien  œ  désigne  edntiDd»  teUç^uiie  cduroiuieide 
laurkrv^ttd  l&>bfoo8i  amteax  tnéritéepai*  sa  vèrta  que  par  . 
sa  Tîbtoipe  (4f).    •      .'.;....       ■■).;..•.. 

Rôbcnssfim  uq' ob{Mnilaiil<€olori^.  Il  conserve  aux  mo*  nubent,  et  «on 
Dumeqtâ  kwr  stjie ,  aux*  ooatumea  leurr-  richesao  un  peu  d^Médieu.  '^'"'^^ 
théftlrate  ;  tuais,  par  luhe  ^erreur  dei  ouvredande  qiiie  l'hisi- 
toiré  Qei  Ivi  pardoonéra  rpas  ^  il  poussû  à  F  excès  <  FempliCH  'de. 
rallé^ri6'iaiytiiblQgiqu«  ;  îl  abufieranda  pagliaîsme  jus* 
qu'il. r^K^^r  sa -i/éd^tni  de  l*airaiure  de  MkBerve  et  0*une 
robe  fleurdelisée;  il  groupera  à  ses  côtés  les  incoocevaJihles 
pcrsoiiflàUlé&  des  dieux  ei  des  déesses  de  la  myUnolDgîe  an- 
tique, tt  ue! reculera  même  pas  4evant  la  fausse. idée  de 
bire  paraître  au  Projet  des*  épomaUlat  royeUe^  eutre  HeorilV 
et  Marie  ^  Jupiter  «uvec  sou  a^igk ,  Juttoa  avec  sou  paoa; 
élraoges  patroôe  qui,  enyinoonés  de  ^fit^A'irès-ressemUiints 
à  dd&aiigies ,  doivent  se  demander  pourquoi  ih  se  ti'Ouveut 
là  y  etice  quc)  ce»  anges  peuvent  y  faire. 

Lesueilr  nousattaobera  à  la  Yte  4e  S«  Biiano  eomnae  à  un  ^  'i!!"!!"  •'  *®° 
poème: plein  de  vie  et  d'ioipresBÎoû ;  mais  ses. scènes  du 
onzième  sièéle  s'encadreront  dans  une  architecture  du  àix- 
septièmo.  Sespensonn^es  si  dignes  de  physionomie,  de  traits 
et  detnaiotien ,  et  qui  seuls  vaudraient  le  glorieux  surnom 
de  RapkaU  français  ^  auront  des  ciievelures  de  hasard , 
coapées  en  rond  ou  flottantes  sur  le^  épaules ,  sans  eneik-. 
cepteptsott  héffosv  dont  la  tète  n'a  plu&  cependant ,  à  partilt 

(1)  Nous  avons  rend  a  justice  à  Poussin  pour  son  beau  tableau  de 
y Arcadlc  ,  x%\eXïi  "Aq  philosophie  él  de  sentiment ,  ci-dessus  ,  t.  î, 


S,  Bruno. 


380  HlSICq^RE  DU  8Y||^0;.l^fi]S;.   : 

de  sa,  profession  religieuse^  qu'iine  J^gère  couronna  do 
cheveux  ;  le  mobilier  sei*a  orné.d^^phin?ç  pu;  df^  AgWf3S| 
tronquées,  tels  que  nous  les  dépeignent  Vjgnole  et  .Var- 
sari ,  et  qui  reportent  des  épisodes  monastiques  WK  jour^ 
des  Pharaons  et  de  Périclès  ;  et  tout,  jusqu'aux  moindres 
détails,  crucifix,  chandeliers,  mitres,  costumes  ecclésias-. 
'  tiques ,  représentera  parfaitement  les  arts  et  les  habitudes 
si  différents  du  temps  de  Louis  XIV*  Et  cependant  vous 
remarquerez  au  chevet  de  Diocrès  mom'ant ,  auquel  un 
prêtre  présente  la  croix  à  baiser,  ce  démon,  très-recojgtfîais- 
sablé  à  ses  cornes  et  à  ses  ailes  de  chauve-souris  ^  se  pen- 
chant sur  la  figure  du  moribond  et  semblant  épier  son  ftme, 
absolument, comme  dans  nos  manuscrits  ou  nos  vitraux 
du  moyen  âge.  Ainsi ,  presque  toujours,  de  la  poésie ,  dq  la 
perfection ,  une  admirable  union  de  la  grâce  et  de  la  jus- 
tesse ,  mais  aussi  un  mélange  regrettable  de  mensonge  et 
de  vérité. 
L*ftrt  ehréden      Si  uous  aualysious  aiusl  les  œuvres  de  nos  grands  maîtres 
Reïïiian?"  '*  dc  toutcs  Ics  écolcs  dcpuis  quatrc  cents  ans ,  nous  rencon- 
trerions sur  chacune  de  leurs  pages  les  mômes  preuves 
que  l'art  avait  abandonné  la  religion,  tout  en  vivant  d'elle, 
sous  prétexte  d'ouvrages  de  sainteté.  Ainsi ,  ne  l'oublions 
pas,  c'est  la  prétendue  Renaissance  qui  a  ménagé  au  monde 
des  arts  cette  révolution  destructive.  A  cette  fatale  époque, 
si  vantée  de  nos  libres-penseurs ,  parce  qu'elle  était  la  pre- 
mière étape  où  se  ravitaillait  l'armée  des  envahisseurs  hété* 
rodoxes ,  on  rompit  avec  le  passé ,  on  rejeta  les  styles  que 
les  beaux  siècles  de  la  piét.^  catholique  avaient  conservés  à 
tant  de  monuments  de  tous  les  genres ,  dc  toutes  les  dimen- 
sions ,  de  tous  les  caractères.  L'Italie ,  qui  s'était  ouverte  la 
première  aux  fugitifs  de  Byzance,  y  perdit  moins  que  nous^. 
Ses  longues  agitations  l'avaient  forcée  mille  fois  à  relever 
SCS  monuments  incendiés  ;  elle  avait  renouvelé  avec  eux 
ses  trésors  artistiques,  auxquels  se  trouvaient  conviés  à 
l'envi  ses  peintres,  ses  sculpteurs  et  ses  architectes.  Peu  à 


r 


DÉORAOATÎON  i)ïr  L  AltT  'CHRÉTIEN.  381 

peu  l'éâpflt  Novateur  s'était  acclimaté  sur  les  bords  du 
Tibre  et  de  l'Amo ,  et  quand  la  Grèce  s'y  Implanta,  on  n'y 
pmlvâit  regretter  que  trèfrpeu  des  églises  primitives  :  le 
meyyen^ge  to'yétoît  presque  plus. 
Ma:fe  e-€fet'éurtotit  &  la  France  que  devînt  fatale  celle  an-      l*  France  «n 

.  BonflFJro  plus    qu6 

portallon  subite  des  inspirations  païennes.  Ces  Grecs,  de-  ntai\e, 
ptiis  si  longtemps  efféminés ,  en  tombant  dans  les  révoltes 
de  Pbotins,  s'étaient  défichés  à  la  fois  du  symbolisme  catho- 
lique et  de  Fart  qiil  l'exprimai t  si  bien.  Au  lieu  de  nous 
apporter  leurs  belles  naïvetés  de  TÉcole  byzantine,  ils  vou- 
lurent appliquer  au  Christianisme  les  principes  des  maîtres 
vatriès  par  Pline  et  par  Élîen;  les  architectes  ne  voulurent 
ptas  que  du  Parthénoh ,  les  sculpleurs'que  des  Minerves  et 
des  Jttpiters  ;  (m  ne  voulut,  on  ne  fit  plus  que  de  ranlique. . . , 
moins  le  symbolisme  et  la  beauté. 
La  littérature  latine  eut  aussi  sa  part  de  ces  funestes  en-  »"»*'  "«»  <in«  i» 

*  littérature,  qui  de- 

chantements.  De  pieuse  et  de  naïve  qu'elle  était  dans  nos  went  païenne, 
chants  d'églises ,  qui  en  si  grand  nombre  valaient  des 
poèmes,  elle  devint  classique ,  c'est-à-dire  encore  païenne, 
prétentieuse  r  le  rhythme  d'Horace  passa  dans  nos  hymnes, 
le  Père  Étemel  redevînt  le  maître  du  tonnerre,  Marie  la  reine 
de  l'Olympe,  les  Saints  furent  des  dieux  immortels  (I). 
Celaient  là  des  extravagances  dont  ne  furent  môme  pas 
exempts  Vida  dans  son  poème  de  La  Christiade  et  Sannazar 
dans  celui  de  La  Haierniié  de  la  Vierge.  Celui-ci  surtout,  à 
qui  des  poésies  moins  pures  avaient  déjà  valu  une  réputa- 
tion peu  honorable,  ne  craignait  pas  d'entourer  le  berceau 
de  TEnfant-Dieu  d'un  cortège  de  Néréides.  Érasme,  Thuma- 
niste  vénéré  de  tous ,  s*en  scandalisa  avec  raison,  et  re- 
procha au  poète  d'avoir  traité  une  matière  si  sainte  en  un 
style  qui  ne  Tétait  pas  assez  (2) . 
L'art  chrétien  descendait  donc  de  plus  en  plus ,  et  Ton  ^pt^*ïïïient.  ^^ 

(i)  Cf.  Aq«]i/  Hwèoire'  de  Léon  X,  piMlim. 

(2^  «  P|tt8  l^udiç  en^t  laturus  «imateriam  Bacram  aliquando  tracf 
tasset  sacratioB.  »  (Erasmi  Ciceronianus,  Tolosœ^  1620,  p.  90.) 


L 


382  HISTOIRE  BU  OTMBOLWIie. 

eùi  dit  qu*à.RcmiQ»et  bienlùt  ea  FramSi  oi  lies  guêtres 
d'Italie  raYAîeiit  trùp  importé  Mea  lAlidsiiAe  des  ha]|j|«les 
méridionales,  l'air  rcspîraMe s'éUit  ^fciédeaémaiifttifoDS 
sorties  de  ces  fouilles  savantes  qiii  au  GamporVaocido  bi- 
saiemt. surgir  tout  à  coHf  toua  les  diew  et  déesses  que  le 
génie  d'autrefois  avait  rtyfttiui; d'une  rober  écuwaebtei  Et 
oependant  les  Papes^  fout  en  favorisaBt  le^  dévvloppeaent 
des  lettres^  en  s émerveilbmt  des  déceuveslôs  dearnsmis- 
crits  de  Tacite  et  d'autrea  auteurs  qui  deYaient  euriobir 
notre  temps  des  trésors  littét'aires  du  siède  if  Aiigasle^  po- 
sajent  la  croix  au  laite  des  .obélisques^  comme  ils  avaient 
rendu  chrélien  le  Panthéon  d'Âgrlppa  (1).  Mais  qu'impor- 
taient ceseflbrls  intelligents,  contre  la  foUe  de  l'inlellîge&ce 
humaine,  éprise  tout  à  coup  des  singularités  de  cette  Re- 
naissance à  laquelle  il  semblait  qu'un  galant  fauommenese 
pouYoit  reruser?  Ils  n'empêchaient  pas  les  cicéroniens  de 
passer  en  riant  devant  Ërasme»  leur  mordant  et  énergique 
antagoniste;  et  le  caidinal  Bessarion,  qui  ne  croyait  certai- 
nement ni  à  Baccbus  ni  à  la  métempsycose: de  Pgrtiiagare, 
oonsacrait  en  ses  ÉpUres  familières  toutes  les  foUes  du  lan- 
gage de  leur  époque,  dans  Tunique  but  de  réhabiliter  ia 
forme  classique,  au  grand  profit,  croyait-il,  de  son  ftge  ^t  de 
la  postérité  (2). 

Oeoi  caractèi^es  éclatent  pai'ticulièrement  aux  fe»x  de 
l'observateur  qui  s'efforce  de  comprendre  cette  période  de 


* 

(!)  Cf.  Audin,  Hisi.  de  Léon  X,  t.  Il,  ch,  iv,  où  il  raconte  d'une  façon 
trèti-altachante  les  soins  que  ce  Pape  se  donna  poturproeares  à  M  bi- 
bliothèque du.  Vatican  des  manuscrits  enfouis  en  d'autres  dépôts. 

(2)  Cf.  Entrelien  sur  divers  sujets  d'histoire^  de  tiUéralure,  de  reli- 
gion et  de  critique,  p.  386,  Cologne,  in-12, 173S.-^Un  auU«  savant  «r- 
dinal,  Bembo,  ne  pouvait  consentir,  non  plus  que  beaucoup  d'aatvM , 
à  admettre,  même  dans  le  langage  ecclésiastique ,  une  expression  qni 
ne  fût  empruntée  de  Cicéron,  de  Qnintilien ,  d*Ovide  ou  à*Autres^iIliU' 
traUons  de  la  grande  époque  romaine.  La  Sainte  Yietge  était  dito^ 
immortelle;  l'excommunication  se  rendait  par  VinterdicUçn  iù^Ceau 
et  du  /■«».—  Voir  de  Beaussette,  Vie  de  Bossuet,  t.  II,  p.  298,  Paris,  îû-«, 
5821  ;  —  et  Mém,  de  Trévotm,  janv,  1762,  p.  139, 


LA  nillNAISftAKCB  rr  W  Nl>.  383 

fbisloû'e  jntelteoloèllr  diï  iiionâe'qtt^oti''ttdiéêQrdeiki  nom 
Biàl'  dioiii  dki  ta  XènaiéBainee  :  le  ctflte  ée  te'iàidlié  et  la 
haâme  effroiitéede  r»rt  cbtétien. 

-LeœoyenfAge'nes^étBi^jàmafeperniisletinikns  ntvbut  ^^Ponrqooi  rart 
utile,  sans  une  ititi^hthm  très^pliiloftophiqué' ;  cbezlui  onle  ''''^\  p<^  '<"■ 
•  nt'touî^urê  sotopisé^  quané  il  dut  >r«mpk>yei-i  par  la*  nature 
même  ée^oértaides  «ompcisitions^cdGLS^iqtiés ^  telles  que  ie  Jour 
eila  N«it  dans  van  dés  groupes^  de  ifiCréatiû»  à  la  cathédrale 
d&Qhalires  ;  ilaefa'vait  admis  déeiAéÉnentquë  dans  Tensei- 
igDMneant'de^  théologie  morale' et  pour  ihspiner  Phforreur 
des'YÎOesiOOoitpaîres'àrla'îmretô.  Maiâ,  U  fiuit  le  dir^  aussi, 
fjftrliste  réussit  peu  dam  ces  tentatives,  4uff»e« lui  vcmt  pas  ; 
etlë  nàodeléy  qui  y  manque  aussi  bien  {^ueta^  vie,  aileste 
qu'illraioaiDe  mloins  pcmr  laîfbrmeque  pour  l'esprit.  Soiftez- 
teide  oes  sdjets,  auxquels  il  'tié  louche  qa^m  si  'pett t=  nombre  ; 
voye2  $es  Tierges ,  ^s  enfants ,  ^s  àhge$> ,  ses  âmes  dé- 
pouillées de  sexe  :  tout  est  noblement  traité  par  le  senti- 
ment d'une  pudeur  qui  ne  se  dément  jamais.  Le  peintre 
des  manuscrits  ou  des  vitraux,  le  sculpteur  des  tympans  ou 
des  voussures,  n'Imaginent  pas  qu'on' puisse  mettre  Tart 
au  serrice  des  mauvaises  passions  :  c'eût  été'  s'abaisser  au 
niveau  de  ce  Parrhasius  dont  le  pinceau  se  déshonora  chez 
les  Grecs  en  se  trempant  de  préférence  dans  les  plus  dé- 
testables infamie».  Au  contraii^v  ^os  maîtres  dés  douzième, 
treizième,  quatorzième  siècles,  s'étudient  à  draper  pïus 
élégamment,  selon  que  les  progrès  du  dessin  le  leur  i^ndent 
passible  ;  ils  s'appliquent  à  donner  plus  d'expression  et  de 
grâce  à  leurs  physionomies ,  à  leurs  poses  ,  à  l'action  des 
scènes  ;  et  au  milieu  de  ces  légendes  si  recherchéçs ,  rien 
dans  la  statuaire,,  dans  la  peinture  dont:  puisse  s'offenser  la 
vîririnilé  de  la  pensée  et  des'ttlœurs; 
la  Beuaiçsance  arrive.  ;.. et  ^vçc  elle,,ou  YQ4t,çnanc<}ler  u  Renaiwanc* le 
d^abordi  et  périr  bien46t  damun  scandaleux  naufrage^;  eette*  oès, 
sainte  et  austère  prudence  qui  protège  rînriocence  du  cœur 
par  la  chasteté  du  regard. 


fnipir^e   par    iM 
itude»  païennes. 


CaatigUoni 
■a  théorie  oatho- 
lique  du  beau. 


384  mSTOIItE  DU  SYMBOLISME. 

Et  quel  thème  sert  de  prétexte  à  ce  désordre  que  les  let- 
trés divinisent  ?  Ifa  aiment  Virgile  et  Homère ,  Oride  et 
Anacréon  :  ce  sont  quatre  personniflcations  des  beaux  yers. 
En  prose,  ils  ont  les  Tvsculanes  et  le  Discours' pour  la  Cou-^ 
ronncy  Thucydide  et  Tite-Live,  le  divin  Platon  et  ses  belles 
rêveries  de  Sunium,  Socrate  qu'Érasme  canoniserait  sans 
façon  jusqu'à  ,lui  demander  son  Intercession  près  de  Dieu  (\  ) , 
Après  une  littérature  ainsi  fondée,  ne  fallait-il  pas  dans  l^rt 
nouveau  un  reflet  de  Tancien  ?  La  poésie  est  inséparable  de 
l'art,  mais  Tune  et  l'autre  se  doivent  un  mutuel  appui  pour 
créer  la  beauté  et  dorer  de  ses  vifs  rayons  toute  la  vie  humaine, 
toutes  les  productions  du  génie  et  de  l'esprit.  C'est  ce  mot 
qui  séduit  et  entraîne.  Le  beau  visible,  la  forme  attrayante  : 
voilà  ce  que  veulent  ces  privilégiés  de  l'intelligence.  Y 
seraient*îls  parvenus?  Nous  allons  le  voir,  et  nous  n'en  dé- 
ciderons que  d'après  quelques  esprits  distingués  de  la  Re- 
naissance elle-même. 

Il  s'agit  ici  de  Baltazar  Gastiglioni,  mort  en  4529,  après 
avoir  mérité  les  faveurs  de  Léon  X  et  de  Clément  VÔ,  et 
qui  unissait  dans  ses  écrits,  selon  Jules  Scaliger,  le  "double 
caractère  de  Lucain  et  de  Virgile  par  l'élégance  du  style  et 
la  dignité  des  conceptions  (2).  Castîglione  est  auteur  d'un 
livre  qu'il  intitula  Le  Courtisan ,  et  dans  lequel ,  voulant 
donner  l'idée  d'un  homme  bien  élevé,  tel  que  la  lui  avaient 
inspirée  ses  fréquentations  assidues  des  cours  de  l'Europe, 
mais  surtout  de  l'Italie,  il  rend  compte  de  celle  alors  si 
célèbre  du  duc  d'Drbin  et  rapporte  quelques-unes  des  cau- 


(1)  a  Et  muUi  sunt  in  coneortio  Sanctoram  qui  non  sunt  apud  nos  in 
catalogo.  Proinde,  cum  hujusmodi  quasdam  lego  de  talibus  viris^  vix 
mihi  tempero  quin  dicam  :  sancte  Socrates,  ora  pro  nobis.  Et  ipse  mihi 
sœpe  numéro  non  tempero  quin  bene  ominem  sanctœ  animas  Maronifi  el 
Flacci.  »  (Erasmi  Culloquia  familiaria  :  «  Convivium  religiosum^  »  et 
Muller-Regiomont,  p.  227.)  —  Érasme  avait  oublié  de  se  peindre  dans 
son  Éloge  de  la  folie. 

(2)  Jul.-Cœs.  Scaligeriî  Poetices,  Lugd.  Batav.,  in-8»,  «581,  V\b.  Yll, 
p.  322. 


sérias  plUlosoptijIiques  nuxquell^s  U  s'étoit  mêlé.  Or»  vouJqz- 
vQu&sayoir  ceiq[;U'on  y  pensait  de  la,  uature  du  beau?  Avec 
S.  Tbomas  d'Âquin»  dont  la  philosophie^  apparemniaut,  n*est 
p^s  k  dédaigq^r  ;  avec  soa  disciple  Sayouarola,  dont  le  beau 
génie  et  Véoergique  doctrine  eurent  le  seul  tort  de  dé- 
passer le  bien. jusqu'au  del4  des  limites  du  mal;  avec  cet 
admirable  Bembo  qui  pojussa  jusqu'au  ridicule  un  amour 
eflréné  du  langage  romain  et  de  l'emphase  mythologique, 
on  reconnaissait  que  Lç  beau  n'habite  qu'en  Dieu,  qu'on  n'y 
ai'rivait  point  sans  prier,  et  qu'enfin  il  était  un  cercle 
dont  le  bon  est  toujours  le  centre.  Dai>s  cette  sphère,  le  bon 
et  le  beau  sont  donc  inséparables  autant  que  la  forme  clr^ 
culaire  et  son  milieu.  Et  l'on  en  concluait  (peut^tre  un  peu 
largement)  que  rarement  mie  ame  méchante  habite  un 
beau  corps.  Cette  tliéorie  se  prouvait  par  les  astres,  au  ciel, 
qui,  en  nous  donnant  la  lumière,  revêtent  une  double 
beauté  de  charmant  éclat  et  d'indispensable  utilité  ;  sur  la 
terre,  par  les  arbres,  qui  donnant  presque  toujours  les  plus 
beaux  Xrults  après  les.  plus  belles  fleurs  ;  sur  la  mer^  par 
un  vaisseau  paré  de  tous  ses  agrès,  et  dont  la  forme  élé- 
gante platt  aux  regards  dos  plus  grossiers  observateurs. 
Tout,  dans  l'univers,  ajoutait-on,  chante  cette  essence 
divine  en  qui  la  beauté  ne  se  sépare  jamais  de  la  bonté. 
Peintresi  poètes,  orateurs,  pliilosophes,  pour  atteindre  à  la 
beautés  doivent  aller  à  Dieu.  «  La  beauté  est  le  triomphe  de 
r&me  sur  le  corps  (^}.  » 

Nous  voilà  d'accord  avec  la  Renaissance ,  autant  qu'elle      comment  i«s 
plaidera  cette  cause  et  proclamera  cesprmcipes.  Mais  ces  rn«n^ 
prbicipes,  cette  cause,  n'est-ce  pas  ce  qu'avait  défendu  le 
moyen  tige  depuis  son  apparition  dans  Tauréole  fugitive  de 


(i)  «  Dico  Cbe  Ua  Dio  nasce  la  bellezza,  ed  ë  corne  circolo  ai  cui  la 
bpntà  é  il  ceiitt'o...Per6  la  beliezza  é  II  vero  irofeo  della  yiUoria  deU' 
anima,  quando  essa  cou  la  virlù  divlua  sigDoreggia  la  natura  materiale, 
6  col  4UO  lume  vince  la  tenebra  del  corpo.  »  (Cf.  //  lif>ro  dél  Cork* 
giano,  U,  188,  iii-So,  MUano^lSOd;  —  et  Audin,  Léon  I,  l,  495.) 

T.  IV.  25 


3Hti  HISTOIRE  DC  SYMBOLISME. 

Ciiarlemagiie,  à  travers  toutes  les  phases  de  sa  glorieuse 
existence ,  et  n*était-ce  pas  son  dernier  écho ,  sa  dernière 
protestation  que  faisait  entendre  Castiglione  dans  cette  page 
si  exubérante  de  sens  chrétien  et  de  raison^héoiogique? 
Hélas  !  sous  les  apparences  traîtresses  de  cette  doctrine 
orthodoxe ,  un  germe  de  beauté  qu'on  n*y  avait  jamais 
trouvé  osa  se  produire,  réclama  la  place  du  beau  chrétien 
et  Tenvahit.  Les  lettrés,  sous  la  conduite  de  ce  Bembo  qui 
dans  sa  jeunesse  professait  la  pure  esthétique  des  Pères,  et 
qui  bientôt  abdique  leur  latin  pour  celui  d*uue  langue  en- 
nemie de  la  scolastique,  les  lettrés  révèrent  une  régéné- 
ration qui  ne  pouvait  aboutir  qu'à  du  paganisme;  les 
artistes,  nourris  de  ces  idées  qui  retentissaient  chaque  jour 
à  leurs  oreilles ,  durent  chercher  aussi  les  reproductions 
plastiques  de  l'antiquité  que  tant  de  beaux  esprits  leur  prô- 
naient; et ,  au  lieu  de  continuer  à  voir  la  beauté  dans  le 
spiritualisme,  ils  la  prirent  dans  la  matière ,  d'où  le  sen- 
et  arriyent  aux  sualisme  uc  devait  pas  manquer  de  sur^r.  Un  énorme 

plut       grossières  ,  ^ 

mariMUoas.        niaUieur  fondit  bientôt  sur  la  vie  artistique,  par  suite  de  ces 

licencieuses  méprises  :  ce  fut  le  mépris  de  la  pudeur,  lequel 
passa  dès  lors  en  une  certaine  littérature  de  bas  étage  que 
ne  savent  jamais  se  refuser  les  libertins.  Cette  espèce  de 
gens  ne  manquent  jamais  aux  époques  de  décadence,  et  il^ 
y  consacrent,  dans  ce  que  l'art  et  la  littérature  ont  de  plus 
hideux,  les  turpitudes  des  mœurs,  toujours  si  proches  de 
celles  de  Timagination.  Les  obscénités  d'Ulric  de  Hutten, 
puisées  à  la  source  de  Luther,  autorisèrent  bientôt  celles 
que  Théodore  de  Bèze  appelait  sesJuvenilia;  et  Rabelais, 
avec  sa  verve  cynique  devenue  la  joie  de  nos  libres-pen- 
seurs, et,  pour  beaucoup  d'honnêtes  gens,  l'objet  irréfléchi 
d'une  admiration  inconsidérée ,  Rabelais ,  souillé  à  la  fois 
d'apostasie  et  de  libertinage,  ne  trouva  que  dans  la  Re- 
naissance les  saletés  de  son  style  et  ses  extravagances  de 
baladin. 
LMututfs  iM      De  là  aussi  ces  nudités  dont  eussent  rougi  nos  pères;  de 


LA  RENAISSANCE.  —  ÉGAREMENTS  DE  L*ART.  387 

là  ce  droit  au  pinceau  de  ne  plus  rien  ménager  des  plus  vamnt  tt  créent 
saintes  exigences  de  la  vertu,  cette  audace  qui  pénétra  jus- 
qu'au sanctuaire,  où  d'abord  le  divin  Crucifié  fut  dépouillé 
de  cette  tunique  usitée  si  constamment  du  cinquième  au 
quinzième  siècle  (>!},  et  où  bientôt  sa  sainte  Mère  fut  avilie 
jusqu*à  paraître  sous  les  traits  et  le  costume  dévergondé 
d'une  courtisane  liistorique  (2).  Avec  Raphaël,  surtout,  le    Eiicei»,R»phBêi 
nu  devint  un  genre  de  beauté  que  chacun  sescnma  à  encore queMiohei- 
imiter;  mais  le  sien  fut  bien  plus  dangereux  que  celui  de 
Michel-Auge,  qui,  sous  des  formes  athlétiques,  prodiguait 
plus  d'étonnement  que  de  séduction.  Le  peintre  des  madones 
s'appliqua  bien  plus,  quoi  qu'on  en  dise,  à  leur  faire  un 
spiritualisme  d'emprunt  que  ce  vrai  caractère  céleste  qu'elles 
devaient  avoir;  et,  quand  les  critiques  ont  reproduit  à 
l'excès  cette  fastueuse   épithète,  c'est  qu'ils  ne  savaient 
eux-mêmes  ni  ce  qu'ils  disaient  ni  ce  qu'ils  auraient  dû 
sentir. 
Nous  ne  savons...;  mais  ce  soin  assidu  de  la  chair  fraîche,  jt^qn'à  en  faire 

déduire  1e«  égrare^ 

cet  abus  affecté  de  la  forme  et  de  ses  plus  scabreux  détails  menu  de  sa  vie 

morale. 

ne  peuvent  annoncer  dans  l'artiste  qu'il  tint  beaucoup  à  la 
chasteté,  et  laissent  trop  de  prise  à  la  censure  de  ses  mœurs. 
Serait-il  possible,  en  face  de  tels  égarements,  que  cette  dé- 

(1)  Cf.  Bull,  monum.,  XIV,  16  et  98. 

(2)  Tel^au  musée  d'Anvers^  la  Vierge  et  V Enfant  Jésus,  de  Jeliaii  Fouc- 
qaet,  qui  eut  la  sacrilège  idée  d'affubler  du  nom  deMcurie  le  véritable 
portrait  d*Agnès  Sorel^  à  la  poitrine  décourerte,  et  tenant  sur  ses 
genoux  un  poupon  potelé^  dépourvu  du  moindre  linge>  et  qui  proba- 
blement était  un  bâtard  de  Cliarles  VII.  Là ,  évidemment ,  le  peintre 
français  a  voulu  faire  du  beau.  Né  vers  1415,  il  vécut  au  delà  de  1474  , 
dans  les  bonnes  grâces  de  Charles  VU  et  de  Louis  XI.  Il  en  était  digne  ! 
—  Ajoutons  ici,  cependant,  que  tout  le  monde  n'attribue  pas  àFouc- 
qnet  cette  très-médiocre  peinture  du  musée  d'Anvers^  non  plus  que  les 
tmits  d'Agnès  Sorel  à  la  p  étendue  vierge  dont  nous  parlons.— Nous  ne 
demandons  pas  nûetix  !  mais  le  morceau,  de  quelle  main  qu*il  soit^  n'en 
figure  pas  moins  à  côté  de  bien  d'autres  de  celte  époque  très-capables 
de  confirmer  sa  prédilection  pour  ces  vilenies.—  Voir  le  livre  de 
H.  Vallet  de  Viriville  :  ^ean  Foucguet ,  in-4^  iSBl ;— Bulletin  de  la 
Soc.  des  antig,  de  France  ^  iBlù,  p.  40 ,  et  Xe  Moyen  Age  et  la  RenaiS' 
sance,  t.  V,  où  se  trouve  une  copie  lilhochromiée  de  ce  tableau. 


3S8  HlSTOinE  DC  SYMBOLISME. 

votion  à  Marie  qu'on  lui  attribue  eût  été  aussi  réelle  qu  ou 
semble  le  croire,  et  les  preuves  qu'il  en  voulut  donner  ,^a 
lui  léguant  une  chapelle  après  sa  mort  valent-elles  bien  le 
soin  qu'il  aurait  dû  prendre  d'éviter  dans  ses  travaux  tant 
de  contrastes  qu'on  lui  reprochera  toujours  avec  trop  de 
raison?  Cet  entraînement  aux  licences  de  la  pensée  se 
révèle  jusque  dans  son  chef-d'œuvre  de  la  Transfiguration^ 
où  l'on  ne  sait  ce  que  fait,  à  côté  de  ce  démoniaque  aux 
affreuses  contorsions,  cette  femme  italienne  dont  les  épaules 
découvertes  et  la  pose  théâtrale  ne  sont  là  que  pom*  attirer 
l'attention ,  et  la  détournent  certainement  du  sujet  prin- 
cipal en  proportion  qu'elles  captivent  les  sens ,  quand  l'es- 
prit et  le  cœur  devraient  s'élever  de  la  terx-e  avec  Celui  qui 
nous  attire  au  ciel. 
L'art  B'o  rien  Cet  excès  dc  prétention  dans  la  personnalité  dcTailiste, 
gaern    ce     or-  ^^.  ^^j^^^  qj^^  pour  coustruire  le  fragile  édilice  de  sa  propre 

gloire ,  a  fait  école ,  au  grand  mépris  de  ce  que  l'art  a  de 
plus  élevé  et  de  plus  saint.  Le  but  que  se  proposaient  les 
égoïstes  qui  Font  ainsi  profané  n'a  pas  d'ailleurs  été  atteint. 
Toutes  ces  imitations  de  la  manière  antique  ont  pu  réussir 
à  quelques  génies  de  la  couleur ,  du  dessin  et  des  formes 
plastiques;  mais  combien  d'autres  y  ont  échoué!  et  ceux-là 
mêmes  à  qui  elles  ont  ménagé  de  beaux  triomphes  sont-ils 
parvenus  à  cette  perfection  qu'ils  croyaient  atteindre? 
il  est  resté  bien  Qu'ont-ils  de  Semblable  aux  chefs-d'œuvre  restés  inimi- 
îwtiqûité*  *  tables  qu'on  appelle  la  Vénus  de  Milo,  le  Laocoon  et  l'Apol- 
lon du  Belvédère?  Que  ces  grandioses  compositions  écla- 
tent de  beautés  réelles  par  la  représentation  fidèle  de  la  vie 
et  des  sentiments  divers  qui  s'y  expriment,  c'est  incontes- 
table, et  voilà  un  genre  d'excellence  propre  au  temps  et  aux 
mœurs  de  Rome  et  de  la  Grèce.  Mais  par  cela  même  c'est 
de  l'art  païen,  très-conforme  aux  habitudes  du  ciel  méri* 
dional  et  des  tièdes  atmosphères  qui  l'ont  fait  éclore ,  et 
très-opposé  à  nos  idées  chrétiennes,  qui ,  même  à  Rome, 
quand  l'art  fut  sorti  de  son  enfance ,  et  à  Byzance  dès  Tap- 


LA  RENAISSANCE  ET  SES  NUDITÉS.         389 

parition  de  Constantin ,  se  gardèrent  bien  de  montrer  sans 
TOife  ce  corps  humain,  purifié  de  ses  concupiscences  char- 
nelles par  le  baptême,  qui  est  un  sceau  de  sainteté,  et  dont 
ht  retenue  devait  se  conformer,  pour  rester  digne  de  Dieu,  à 
toutes  les  règles  de  ce  que  le  chaste  langage  de  l'Église  a 
compris  sous  la  suave  appellation  de  modestie  (\). 

Non  ,  Ta  beauté  n*est  pas  plus  dans  le  libertinage  de  la  ^^""^^^  nSuaiSt 
forme  que  dans  celui  de  la  pensée.  Elle  ne  consistait  pas ,  l^  ""*  °""p»- 
d'ailleurs ,  dans  toutes  les  œuvres  antiques ,  à  imiter  au 
mieux  les  muscles  et  les  artères,  et  les  lignes  et  les  contours 
de  la  charpente  humaine,  non  moins  difficile  à  rendre  par 
son  ensemble  que  par  ses  parties  :  il  y  avait  aussi  la  pose 

• 

(I)  «  Modestîa  vestra  nota  ait  omnibus  hominibiis.  »  (Philipp.,  iv,  3.} 
La  modestie  chrétienne  est  donc  la  gardienne  de  la  chasteté,  puisque, 
d'après  la  forme  même  de  son  nom  {modut)^  elle  est  la  retenue  habi- 
tuelle des  sens  etde'la  Tolonté  à  Tégard  de  tout  ce  qui  peut  attirer  le 
•entiment  de  la  eonciipiscence  et  faciliter  aux  passions  honteuses  l'ac- 
cès de  notre  cœur.  Tout  cela  est  conforme,  dit  S.  Bernard,  aux  exemples 
donnés  par  le  Fils  de  Dieu  :  «  Quid  enim  majus  incongruum  (dit  ce 
Père,  Serm.  in  vigil.  Nalvo.  Domini)  quam  ut  immoderate  agat  homo, 
conscloa  propriœ  inûrmitatls,  qnando  quidem  apparnit  inter  honiines 
modestus  Dominus  majestatis?  »  ~  Et  ailleurs  :  «  Magna  est  modestia 
individua,  verecundiee  socia...;  Terecunda  modestia,  et  modesta  vere- 
cundia  est...  Hanc  teneamus  pueri,  banc  diligamus,  et  ut  eam  semper 
habere  posisimu^,  fugienda  est  nobis  familiaritas  et  confabalatio  eorum 
qui  turpiter  et  indisciplinati  vivunt...;  habet  sane  suos  scopulos  yere- 
cundia,  non  quos  ipsa  invehit,  sed  quos  sœpe  iucurrit,  si  intemperan- 
tium  ineidamui»  consortia,  qui  sub  specie  jucunditatis  venenxtni  infun^ 
dunt  bonis.»  (Ve  Ordine  vit»,  edit.  Bened.,  Il,  col.  379.)  —  D^^utres 
Saints  vous  en  diraient  autant  en  d'autres  termes.  Les  philosophes 
païens  avaient  été  d'avance  de  leur  avis,  tant  il  est  vrai  qu'il  ne  s'agit 
ici  que  d'une  loi  naturelle  sanctionnée  et  commentée  par  le  Christia- 
nisme! N'est-ce  pas  Cicéron  qui  disait  :  «  Modestia  est  pudici  ethonesti 
habitua  cum  laudabili  profectu  verecundiœ  »  {De  Rheior,)  f  et  Euri- 
pide :  que  «  la  modestie  est  le  résumé  visible  de  la  vertu  t>  (In  Mtdea)? 
On  peut  voir  d'autres  citations  d'auteurs  païens  dans  une  excellente  dis- 
seilation  de  M.  Grimoard  de  Saint-Laurent,  Du  Nu  dans  Vart  chrétien , 
insérée  dans  la  Revue  de  M.  l'abbé  Gorblet,  t.  III,  p.  223  et  suiv.— Cette 
mot^le  de&  païens»  de  ceux  que  le  sens  philosophique  n'avait  pas  abau- 
donnés,  n'est  même  plus  de  mise  chez  les  peuples  qui  abdiquent  les 
principes  éternels  de  la  loi  divine  comme  trop  gênants;  et  l'art  s*en 
ressent  Jusqu'à  n*é(replus,  ou  presque  toujours,  qu'une  perfide  excita- 
tion il  la  débaucha' 


390  HfiBTOIRB  BU  SYMBOUniE. 

du  corps ,  Texpression  du  visage ,  le  jeu  des  étoffes,  Fagen* 
cément  des  accessoires,  et  ce  sont  là,  nous  semble-tnîl,  des 
mérites  que  no  se  refusèrent  ni  œrtaîDs  peintres  exhumés 
à  Herculanum ,  ni  les  statuaires  dont  on  admira  toujours 
les  immortelles  productions  à  Rome,  à  Naples  et  Paris.  G*e8t 
pourquoi ,  sans  contester  que  l'artiste  doive  représenter 
di(Térerament  les  lutteurs  antiques  de  la  galerie  de  Florence 
et  le  Jupiter  du  palais  Verospi ,  nous  demandons  si  beau- 
coup de  statues  ou  de  personnages  habillés  n'ont  pas  un 
mérite  d'exécution  aussi  remarquable  que  beaucoup  d'au«- 
tres  qui  ne  le  sont  que  peu  ou  poiut* 
M      nvxiuient      Les  auciens  ne  s'v  méprenaient  pas,  et  comme  chez 

point  de  l'art  la  .\  .       .  , ,  ,  , 

chMtetë.  eux  on  ne  se  passait  pas  toujours  complètement  du  pé- 

plum  et  de  la  robe ,  non  plus  que  de  la  coiffure  et  du 
cothurne ,  ils  se  gardaient  bien  de  faire  du  nu  par  plaisir 
ou  par  spéculation.  Quoi  de  plus  chaste,  chez  eux,  que 
l'Apollon  Musagète  du  Vatican ,  que  la  Vestale  de  la  ga- 
lerie de  Florence ,  que  les  Muses  de  Tivoli  et  tant  d'autres 
chefs-d'œuvre ,  dont  les  vêtements  sont  loin  de  compro- 
L'art  moderne  mettre  la  valcur?  Nos  artistes  modernes  se  sont-ils  ra- 

a  auMl  sa  beauté, 

d'une  chasteté  ir-  baissés  ouaud  ils  ont  conservé  à  leurs  sujets  cette  dignité 

réproohable,  J  o 

que  beaucoup  ont  si  bien  comprise?  Ganova  sculpte  son 
Thésée  vainqueur  du  Minotaure  ou  sa  âfadeleine  près  de 
mourir  devant  la  Croix  qui  la  remplit  d'espérance  ;  Guido 
Renl  jette  sur  la  toile  son  Hercule  tuant  Fhydre  de  Lerne  ; 
Salvator  Rosa  nous  montre  son  Prométhée  victime  déses- 
pérée du  vautour  qui  le  dévore  éternellement  :  et  dans  ces 
poses  difticiles  on  admire  autant  d'études  consciencieuses, 
où  le  nu  demeure  chaste  parce  que  de  savantes  draperies 
le  voilent  assez  pour  n'effaroucher  aucune  pudeur.  Il  y  a 
plus  :  la  chasteté  artistique  fut-elle  nulle  part  plus  scrupu- 
leuse que  dans  cette  belle  Danse  des  Muses  que  donna  au 
musée  de  Florence  le  pinceau  de  Jules  Romain?  et  Rapha<îl 
lui-même ,  dans  son  Parnasse  de  la  Segnatura ,  ne  semble- 
t-il  pas  s'être  appliqué ,  non  moins  que  dans  son  beau  .!'«- 


LA  REJUIôaâlIOt  I5T  SES  NUDITÉS.  39f 

fiû§4  de  la  Vierçff.  aux  règles  de  la  plus  délicate  décence, 
autant  qu'à  cetta  délicieuse  variété  de  tons  et  de  mouve^ 
menlfi  ipie  la  beauté  de  son  imagination  ne  sert  pas  moins 
que  la  pureté  de  son  dessin  ?  Ges  deux  belles  compositions 
sont  empreintes  d*un  tel  esprit  de  convenance,  qu'à  fiarl  le 
su}€t ,  «t  sans  contidérer  leur  origine  ntylhologique,  per* 
sonne  certainement  ne  s'en  scandaliserait  dans  une  église. 
Si  la  Renaissance  et  ses  adeptes,  si  Tart  embelli  par  ses  pro-  qao  vÈgMan  ne  ré- 

"^  r  r  pudlentU  pas. 

grès  dus  à  Tobservation  et  à  l'étude,  n'ayaient  jamais  déyié 
que  sur  œ  point  des  traditions  du  moyen  âge,  l'Église  les  eût 
acceptés  sans  aucun  doute,  et  se  fût  enrichie  avec  autant  de 
gratitude  que  d'amour  de  ces  filiales  générosités  et  de  ce 
pieux  dévoâmeot.  Hais  ils  trahirent  à  la  fois  la  forme  et  la 
pensée  ;  ils  luttèrent  contre  £Ue  en  de  communs  efforts 
pour  le  beau  sans  esthétique  et  la  forme  orgueilleuse  sans 
précautions.  C'est  là  ce  que  nous  devons  répudier  avec  l'Ë^ 
glise.  Nous  ne  saurions  trop  condamner  avec  Elle  cet  art 
prétendu  chrétien  qui  nous  donne  des  Vierges  plus  laides 
et  plus  inconvenantes  que  des  Vénus ,  pour  venger  sans 
doute  le  sensualisme  en  débauche  des  douces  et  aimables 
sculptures  du  treiaième  siècle  à  la  cathédrale  de  Paris  et  au 
chandelier  de  Milan  (4).  Arrière  ces  Appelles  qui  n'aiment 
que  les  Phrynés,  et  ces  Phidias  qui  ne  croient  même  pas  à 
Jupiter  ! 
Ainsi  la  manie  trop  favorisée  par  les  libres*penseurs  des      i^  d<e«denc« 

dn       symbolliime 

quinzième  et  seizième  siècles  a  perdu  l'architecture  chré*  coïncide      arec 
tienne,  dont  toutes  les  créations  abdiquèrent  alors  les  prin-  tal 


(1]  Voir  cette  horrible  femme  à  la  flgare  stapide^  anx  formes  &  peine 
couvertes  par  de  rares  chevaux  qui  ne  sont  même  pas  du  peintre  ori- 
ginal (on  prétend  que  c'est  Van  Eyck  ou  Kemmeling),  et  que  M.  le 
comte  de  Mellet  a  fait  graver  dans  les  Annales  àe  Didron,  XIII^  242  et 
SUIT.;  —puis  cette  autre  Vierge  aux  anges  du  tome  VII ,  p.  200,  qai  est 
du  quatorzième  aièele;  ^  mais  surtout  la  magni^que  ciselure  du  chan- 
delier de  Milan  appelé  Varbre  de  la  Vierge  (même  livre,  XIK,  263).  — 
Ces  trois  types  donnent  une  série  suffisante  des  distances  qui  séparent 
le  Christianisme  de  Tart  païen  ,  lequel  abrutit  toutes  les  compositions. 


392  .His;roi^  DU  sTUBOifisniï. 

qipes  du  grandlo^ej^t  du  s,ymbolismeaiilénaisirs.LadkiMiri- 
tion  de  rogive|£prmeaa9^iéIoquoBt6qu«igracieu8ef  amena 
graduellement  cette  décadence^  et  Goati:ibua,plu9  que  toute 
autre  inaovation,  à  Tintrusioa  du'^tyle  grecs,  qui  nepouvAU 
s*en  arranger;  et  d'ailleurs^reût-on  ooaservée,. comme  dans 
Téglise  de  Brou,  construite  en  i  ^90,  et  trè^-rremarquable  par 
le  fini  de  ses  sculptures  gothiques,  ou  y  eût  mêlé  Tinévitable 
plein-cintre,  et  surtout  le  symbolisme  en  eût  été  chaseé  im^ 
pitoyabl^ement.  Salnt-Eu3taohe  de  i^is  ne  doit  son  élégance 
qu*à  son  plan  d'ensemble,  qui  est  celui  des  églises  ogivales; 
et,  si  Saint-Apollinaire  de  Valence  vaut^ncore  quelque  chose 
après  sa  reconstruction  du  dix-septième  siècle  (4604),  c'est 
que,  par  une  heureuse  inspiration  qui  doit  passer  pour  un 
phénomène  sans  égal  à.  cette  époqae ,  le  Chapitre  exigea 
que  les  dégradations  infligées  par  les  huguenots  fussent 
réparées  d'après  les  dimensions  primitives,  et  les  sculptures 
et  moulures  quelconques  retaillées  d'après  les  dessins  et  les 
sujets  antérieurs  (4).  Ces  quelques  efforts  furent  d'aussi 
courte  durée  qu'ils  étaient  rares ,  et  de  chute  en  chute  on 
devait  arriver  de  la  Sainte-Chapelle  de  Paris,  et  d'Eudes  de 
MontreuLl,à  Notre-Dame  de  Lorette  et  k  M.  Hippolyte  le 
Bas  (2]. 

Hm  mihil,..  qiumhtm  mutaUuab  illo 
Hectare  !,., 

Ce  style  rem-  La  légèreté  du  Caractère  ft^nçais  montra  bien  comment 
ïiÏÏpturïTde  cl-  dans  ce  beau  royaume ,  qui  s'était  fait  ime  architecture 
^'**^^'  nationale ,  on  pouvait  se  consoler  de  la  voir  mourir,  et 

même  de  prolonger  sou  agonie.  Il  fallait  bien  une  certaine 
dépense  d-ornementation ,  et ,  si  le  symbolisme  n'en  fit  pas 
les  frais ,  du  moins  le  maniéré  s'en  chargea ,  et  une  profu- 
sion de  feuillages,  de  guirlandes  et  d'animaux  moins  sigiii- 

(1)  Cf.  la  belle  description  hUtorique  de  ce  monaiaept  par  M»  Tabbi 
JôQTe,  BuHet.  monum.,  Xi\,  545. 

(3)  Voir  Moafoieitibert ,  Vu  Vûndafisme  et  du  OûihoUcisme  daii^ 
l'art,  p,  192, 


f 

DÉCADENCE  DE  L*AftT  OGIVAL.  31)3 

ftoatifi  que  grotesques  se  rëplandif  autour  des  portes  de 
nos  églises,  sur  les  monuments  funéraires  dont  on  meubla 
rintërieor,  et  jusque  dans  les  vitraux,  lesquels  n'eurent 
phis  ni  la  gravité  ni  le  charme  dé  coloris  qui  en  faisaient , 
deilx  siècles  pWs  DM  ,*  des  mosaïques  si  remarquaf)le$. 
Il  n'y  eflt  pas  jusqu'à  la  taiïlc  des  pierres  qui  n'éprouvât  «t  p>r  i»  «tyi* 
ces  prétenHeut  caprices,  préférés  par  les  novateurs  aux 
règles  du  juste  et  du  beau;  et  le  style  rw^/ï^rtf^ ,  avec  ses 
coupes  biflariids,  ses  entaillades  disgracieuses  et  ses  bossages 
ver miculéfr ,  qui  passèrent  pour  des  ornements,  délecta  le 
dix^^septièine  sl^te.  Ainsi ,  et  sous  les  auspices  de  ses  ar- 
ohitectés,  français  ou  italiens,  on  vît  la  mode  nouvelle 
envaiiir  tout  le  territoire  archéologique ,  et  créer ,  sans 
distinction  aucune  de  destination  et  de  caractère,  les  palais 
et  les  hôtels  de  ville ,  les  casernes  et  les  hôpitaux ,  tous  les 
grands  édifices  publics  en  un  mot,  et  par  c(msé(/uent  les 
églises ,  comme  Saint-Pierre  d' Auxerre  et  l'ancienne  prieu- 
nde  de  Montempuy,  près  Ne  vers. 
Ce  dîx^eptième  siècle  fut  celui  de  la  littérature  classique      Boautë*  ci«mi. 

qnos  dn   dlx-sep- 

portée  à  son  dernier  degré  de  perfection  en  France ,  en  «*«*»•  »^^^- 
Angleterre  et  en  Italie.  Pour  ne  parler  que  de  nous ,  il  est 
reconnu  que  rien  ne  dépassera  jamais  Téclat  et  la  portée  de 
nos  grands  écrivains  de  cette  époque.  La  langue  avait 
trouvé  un  mélange  de  souplesse  et  d'énergie  que  Racine  et 
Bossuct  témoignent  à  eux  seuls  plus  qu'aucun  autre.  La 
musique  préludait  encore ,  il  est  vrai ,  anx  grands  suceèî^ 
des  Rossini  et  des  BoKeldieu;  mais  la  peinture  atteignait  à 
ridéal  de  sa  perfection  sur  les  toiles  de  Ijcbrun ,  de  Van 
Dyck  i  du  dominicain  ,  des  deux  Carrache,  de  Mignard  et 
de  tant  d'autres  que  nous  avons  nommés,  comme  la  sculp- 
ture siu*  les  marbres  de  Jean  Goujon,  de  Pierre-Paul  Pujet, 
de  Girardon  ,  de  Bouchardon  et  de  Coustôu.  Malheureuse- 
ment rions  vôyom^  sous  ces  habiles  mains  naître  fort  peu 
de  statues  religieuses  :  ces  compositions  n'arrivent  à  cer- 
l.'iins  frontons  d'rglîses  grecques  ,  h  quelques  loniboanx  de 


394  HlSTQiaË  ou  STMiOLISME; 

morts  illustres  que  comme  des  aecessoires  oà  la  reeberdiê 
du  beau  se  fait  sentir  bien  plus  que  le  senlimêtit  de  nolie 
foi.  . 

Mépris  qu'on  7      Br  pouvaîtril  ètc6  sutremeut.  quand  nos  «rands  esprits 

professe         pour  •  »  i  o  r 

rarehiteetiire  da  de  cctte  ôre  fflorieuse  en  étaient  venu»  à  mépriser  de  tome 

mo  jen  âge ,  ^  "^ 

la  hauteur  du  plus  mauvais  goût  ce  gothique  et  ce  romafi 
des  plus  beaux  âges  de  l'Europe ,  auxquels  ils  préféraievit 
les  frontons  grecs ,  les  colonnes  doriques  ou  toscanes,  les 
arcades  surbaisisées ,  les  fenêtres  rectangulaires ,  et  tant 
d'autres  incomparables  laideurs  qui  disposaient  une  église, 
dès  sa  naissance,  à  devenir ,  selon  les  circonstances ,  ime 
fabrique ,  une  grange  ou  un  atelier  ?  Lisez  les  voy^^tears 
de  ce  temps  dont  la  prose  et  les  vers  nous  sont  restés ,  et 
dites-nous  si ,  en  détaillant  les  belles  curiosités  qu'ils  ren« 
contrent ,  même  dans  ces  vieilles  églises  où  lenr  admira* 
tion  s-arrète  sur  tant  de  chefs-d'œuvre  artistiques  de  toutes 
les  écoles,  un  seul  d'entre  eux  s'occupe  du  monument 
lui-même  et  s'avise  d'en  décrire  la  vaste  immensité,  la 

jusqu'à  en  Ignorer  savante  dispositiou ,  les  hardiesses  architecturales?   Nos 

historiens  eux-mêmes  ne  se  doutaient  pas  encore  que  rhis- 
toire  de  l'humanité ,  comme  celle  d'un  seul  peuple , 
comporte  néeessairement  la  notion  de  ses  arts ,  de  ses 
sciences  et  de  ses  monuments  ;  ils  semblaient  ignorer ,  par 
exemple,  qu'il  y  eût  en  France  des  cathédrales  comme  celles 
de  Reims,  de  Chartres,  de  Paris,  d'Amiens,  de  Rouen.  On  ne 
songeait  pas  le  moins  du  monde ,  en  parlant  de  Cluny  et  de 
Saint-Denys,  de  Giteaux  et  de  Saint-Maixent,  de  Fontevranlt 
et  de  Sain(rSavin,  à  mentionner  leurs  abbatiales,  dont  on  ne 

dêtraTl™?*''"^*"  ^^*^^  même  pas  Tâge,  ni  la  valeur;  ou  bien,  s'il  arrivait 

à  quelques-uns  de  s'arrêter  stupéfaits  devant  les  sculptures 
symboliques  de  nos  grandes  façades,  c'était  pour  y  trouver 
des  allusipns  mystérieuses  au  gi'and  œuvre  de  ralchimie, 
au\  hautes  combinaisons  de  l'astronomie  ou  de  la  cabale  : 
ainsi ,  on  prenait  rarchange  S.  Michel  pour  un  Mercure 
Tentâtes ,  et  nous  savons  que  Dupuis  ,  digne  et  infaillible 


LE  XVir  filàûtS  ET  US  DOCniMES.  395 

suoeesfteur  deices  dootes ,  ne  faisait  ni  phis  ni  moios  qulsin 

langage  d*ashroqame  de  tout-  éet  .enseiçiifiment  religieux. 

Nous  aTons  ,  hélas  !  bien  plus  encore  à  reprocher  à  nos  plu»     éparemnito  df% 

émdil^  thiéotogiens  du  dix<-^pCîèQie  nècle,  à  ceux  qui  ijnar-  ce"point. 

cbèreQt  alors  comme  les.  princies  de  la  fictence  humaine^  et 

dont  l'érudition  vint  échouer  cependant  sur  ces  majeâ* 

tueuses  pages  de  Vhistoîre  de  Dieu  et  des  peuples  chrétiens. 

A  les  entendre ,  et  à  on  croire  avec;  eux  tous  les  diction^ 

naires  spéciaux  qui  avaient  défini  le  gothique ,  ce  genre 

d'arcbitectui'e  n'avait  ni  goût  ni  proportions  ;  il  se  distin** 

guait  «  par  des  ornements  chimériques:  »  c'était  l'abus 

des  principales  règles,  et  Von  devait  «  aux  architectes  venu» 

après  le  seizième  siècle  le  retour  &  la  simplicité,  à  la  beauté 

véritable  et  à  la  justesse  dos  proportions  (4  ) .  » 

Que  si  vous  interrogiez  Fénelon ,  k  qui  ses  études  des  opinion  do  n- 
Grecs  et  de  l'art  antique  étaient  devenues  funestes  à  ce  "''*''"' 
point,  il  vous  dira  que  «  les  premiers  architectes  gothiques 
s'étaient  dû  extasier  sur  la  légèreté  de  leurs  colonnes  , 
l'élévation  de  leurs  voûtes ,  les  découpures  de  leurs  fené* 
très  et  de  leurs,  roses  à  jour;  »  mais  à  tort,  car  leurs 
successeurs ,  plus  sages  et  mieux  avisés,  s'étaient  bornés , 
par  la  simplicité ,  la  mesure  et  la  justesse  des  proportions, 
à  contenter  la  vraie  raison  par  des  édifices  ou  rien  ne  parait 
fort  grand  quoique  tout  le  soit,  et  où  pas  un  ornement  ne 
serve  qu*à  orner  l'ouvrage  (2),  »  —  Il  est  clair,  par  ces  der- 
niers termes ,  que  les  églises  du  sixième  au  quatorzième 
sièclen'avaient  que  faire  de  toutes  ces  inutilités  qu'on  appelle 
chapiteaux  historiés,  flore  murale,  modillons,  ichnogra* 
phie  symbolique,  etc.,  etc.! 

(1)  Voir,  »ur  ce  sujet,  une  intéressante  dissertalion  de  M.  l'abbé  Cor- 
blet,  à  qui  nous  avions  pu  offrir  sur  ce  point  quelques  matériaux,  et 
qu'à  notre  tour  nous  pouvons  citer  nous-méme  :  U Architecture  du 
moyen  égejugiiepar  les  écrivains  des  devx  derniers  siècle  (IKevae  de 
Tart  chrétien,  HI^  68  et  suiv.}. 

(2)  Lettre  à  rÀcadémie  sur  Véhfjuetwe,  ch.  x,  n»  [0,—  Discours  de 
nireplion  àTAcffdénne. 


396 


HISTOIRE  DL   SYXBOUSME. 


d«  Pleurj , 


d«  Boemet,  Bossuet  dédaignait  nos  admirables  basiliques  ^  préférant 

peut-être  la  sienne,  dont  les  fréquentes  reprises  avaient  dé- 
figuré  le  style  roman  primitif,  mais  qui,  n*étant  pas  toqt  i 
fiait  gothique ,  devait  lui  paraître  mériter  im  peu  moins 
Tépilhète  de  «  barbare  »  qu'il  donnait  volontici-s  à  tout  ce 
qui  était  de  ce  genre. 

L'historien  Fleury,  qui  trouvait  dans  ses  idées  gallicanes 
un  penchant  naturel  à  mortifier  la  théologie  scolastique , 
traitait  de  «  grossières  »  les  liistoires  de  Williardouin  et  de 
Joinville ,  «  quoique  utiles  et  plaisantes  par  leur  ixaiveté ,  o 
et  n'estimait  point  les  monuments  de  leur  temps ,  a  si 
chargés  de  petits  ornements,  et  si  peu  agréables,  en  effet, 
qu'aucun  architecte  ne  voudrait  les  imiter  !  » 

RoUin  trouva  que  «  les  ornements  chargés,  confus,  gros- 
siers des  anciens  édifices  gothiques ,  et  placés  pour  Tordi' 
naire  sans  choix ,  contre  les  bonnes  règles ,  et  hors  des 
belles  proportions,  étaient  l'image  des  écrits  des  auteurs  des 
mêmes  siècles  !  » 

£t  nous  en  trouverions  bien  d'autres!...  Montesquieu, 
J.-J.  Rousseau,  Helvétius,  et,  qui  plus  est,  Godescarlel 
FcUer,  Voltaire  et  Dupaty,  parlent  ce  même  langage  ;  et  ce 
qui  prouve  fort  peu  leur  compétence,  c'est  que  tous  s'ac- 
cordent à  charger  les  Goths  de  nos  monuments  du  moyen 
âge,  et  à  signaler  ceux-ci  comme  absolument  dénués  de 
goùl,  d*élégance  et  de  proportions  (A)... 

qui  ne  soupçon-      Voilà  cc  quc  c'cst  que  les  siècles  qui  se  targuent  de  phi- 


de  RoUin 


•t    de    beaucoup 
d*aa(r«« , 


Cl)  Voir  Mgr  de  Salîuis.  archevêque  d'Auch,  IHsroilrs  protwncé  au 
synode  de  1858;  —  Fleury,  Cinquièine  discours  sur  Ckist.  ecclés,,  n*  li; 
—  RolUn ,  Traité  des  éludes ,  t.  ï ,  p.  73 ,  in-12  ,  4765.  —  \\  est  Burtonl 
remarquable,  dans  ces  appréciations  duea  à  taut  d'auteurs  différentft, 
que  tous  s'accordent  à  faire  observer^  comme  Tud  des  principaux  mé- 
rites des  monumenls  grecs,  «  les  belles  proportions;  »  ce  qui  prouve  que 
tons  se  laissaient  séduire  par  l'eBsemble  ea  Dégli^eaai  d'^Dalyter  lei 
détails.  Est-ce  donc  que  nos  basiliques  du  moyen  ^e  manquaient  de; 
proportious?  Ou  aurait  pu  le  uier;  mais  au  moins  elles  avaient  leur 
esthétique  ,  et  uous  ne  vi>3*ons  pae,  dans  aucun  des  a  r.teiirs  ici  «Béâmes, 
qu'ils  eu  eussent  mAuie  ie  »«uiproii. 


LE  XVIl^  SIÈCLE  ET  SES  DOCTRINES.  397* 

losbptiie.  Quand  cette  philosophie  va  côte  à  côte  dans  les  «^«n'  «^«  p»" 

'_,..,'  *  le  g^nie  de  cette 

grands  esprits  avec  des  préoccupations  de  parti  ou  d  école,  époque, 
les  hommes  même  de  bonne  foi  acceptent  les  erreurs  com- 
munes, de  quelques  points  qu'elles  leur  viennent;  et  les 
générations  s'abreuvent  longtemps  à  ces  sources,  elles  s'y 
empoisonnent  d'autant ,  vivent  dans  les  conditions  \1ciées 
qu'elles  se  sont  faites  et  finissent  par  s'y  complaire,  aveu- 
glées en  outre  par  l'ignorance  et  l'orgueil.  Qu'on  nous  dise 
si,  parmi  ces  intelligences  élevées  que  nous  venons  de  citer, 
unie  seule  se  soit  jamais  avisée  de  rechercher  dans  une 
étude  attentive  rhistoire  dcTart  monumental,  sa  naissance 
et  ses  développements;  comment  l'ogive  avait  succédé  au 
plein-cintre;  si  le  moyen  âge  n'avait  pas  fait  preuve.de 
goût  en  s'approprianl  le  chapiteau  corinthien,  et  de  science 
en  rattachant  ses  corbelets  à  autant  de  chapitres  de  l'ensei- 
gnement du  Christianisme.  C'est  à  quoi  eût  servi  la  lecture  . 
de  S.  Thomas,  de  S.  Bonaventure,  dé  Vincent  de  Beauvais 
et  de  tant  d'autres.  Mais  qu'étaient  devenus  tous  ces  sco- 
lastiques  ennuyeux  ?  Heureusement,  il  en  est  de  la  science 
comme  de  ceux  qui  la  préfèrent  aux  inepties  et  aux  inuti-' 
lités  de  ce  monde  :  elle  subit  volontiers  les  préjugés  du  ■ 
vulgaire,  et  marche  néanmoins  sans  trouble  vers  le  gr-and 
jour  où  elle  se  rira  de  ces  vaines  et  aveugles  pei'sécu- 
lions. 

On  comprend  de  reste  comment,  avec  ce  majestueux  dé-  «t  «Murent  d'*u. 
dain  de  l'architecture  ogivale,  on  vil  lesamateui-s  du  style  triomphe  <ie«  non* 
classique  recourir  aux  mspirations  nouvelles  pour  tout  ce 
qui  touchait  au  culte  et  à  tous  les  accessoires  de  l'édifice 
sacré.  Ce  fut  la  décadence  de  toute  l'ornementation  catho- 
lique. Les  sculptures,  sans  intelligence  de  leur  ancien 
rôle ,  devinrent  de  purs  enjolivements  ,  ne  parlèrent  plus 
qu'aux  yeux,  et,  par  des  étrangetés  sorties  de  la  seule  tête 
de  l'artiste,  portèrent  jusqu'au  ridicule  et  au  grotesque  les 
poses^  les  expressions  et  les  rôles  variés  de  mille  baladins 
et  marmousets.  Le  peintre  verrier  se  jeta  dans  les  grands     Dommage qu^on 


^proorentUi  pefn- 
tore  sur  rerre 


et    toute    TornC' 


mentation 
riilA. 


picttt- 


398  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

sujets  en  pied  qui  plurent  à  sa  vanité,  en  consacrant  dans 
Tatelier  le  culte  de  la  forme,  au  lieu  des  médaillons  où  se 
lisaient  les  vieilles  légendes  des  Saints  et  les  mystères 
pieusement  réunis  de  Jésus  et  de  Marie.  L'espace  d'abord 
embelli  par  ces  intéressantes  leçons  de  la  foi  se  garnit  des 
étages  superposés  gigantesquement,  des  portiques,  des  pi- 
gnons et  des  toui's  de  Tarcbitecture  flamboyante.  Bientôt 
cette  parure  translucide,  réservée,  à  très-peu  d'exceptions 
près,  à  la  maison  de  Dieu ,  passa  à  celle  des  princes  et  des 
particuliers;  on  y  mêla  des  armoiries,  des  portraits  de  fa- 
mille ;  et  Ton  descendit  aux  fables  d'Ésope  et  aux  aventures 
de  chevalerie  et  d'amour.  Cette  branche  de  l'art  sacré  s'af- 
faissa donc  jusqu'à  n'être  plus  religieuse.  Arrivée  à  la  vie 
profane ,  et  sécularisée  d'autant  phis  à  mesure  qu'on  l'y 
adopta  davantage,  elle  se  vit  bientôt  oubliée  de  tous;  les 
fabriques  se  fermèrent  en  France,  et,  au  dix-septième  siècle, 
quand  l'architecture  ogivale  eut  entièrement  disparu,  tous 
nos  verriers  s'étaient  réfugiés  en  Suisse,  en  Hollande  et  en 
Angleterre,  où,  continuant  d'être  mieux  compris,  ils  furent 
employés  à  conserver  l'ornementation  fenestrale  des  édifices 
que  le  protestantisme  nous  y  avait  pris  (i). 

Aussi  le  souffle  de  la  prétendue  réforme  flétrit  chez  nous 
plus  qu'ailleurs  le  beau  artistique  ;  nos  vitraux  disparurent 
de  l'économie  ecclésiologiste,  et,  quand  on  en  fut  venu  à  n'y 
plus  rien  comprendre,  quand  les  tableaux  de  genre  inspirés 


(1)  Voir  M.  F.  de  Lasteyrie, Hist»  de  la peinluresur  verre  diaprés 
ses  monuments  en  France,  in-f»^  Paris^  1828  et  ann.  suiv.  ;  ^  Bâtisster, 
Bist,  de  Vart  monumenialp  liv.  XI,  sue  fine,^  I<roiuettoiifl  pas  de  eon- 
stater  ici  que  le  proteâtantisme  se  servit  de  ce  moyen  pour  proiaDer 
les  églises  catholiques  dans  lesquelles  il  osa  s'introniser.  A  Beroe^  }f 
nuigislral  employa  Frédéric  Walter  A  ridiculariser  la  TranasabstaBlii* 
tîon  par  une  caricature  où  figuraient  le  Pape  et  lea  £vaQgéliates:c<uz- 
ci  étaient  jetés  par  le  Pape^  muni  d'une  pelle,  dans  un  moulin  d'oà  sor- 
taient des  bostiea  à  distribuer  an  peuple.  (Voir  GfaampoUioi^FIgeat, 
dans  Le  Atoyen  Age  ei  la.  Benaissànce,  «  Peintura  sur  vne,  »  P  ia,j 
L'art  chrétien  affirmait  bien  là  jusqu'à  quel  degré  de  bassesse  l'artisU 
ftpodtat  pouvait  le  faire  descendre  f 


OUBLI  DES  TRADITIONS  CHRÉTIENNES.  3911 

par  les  écoles  dltalie  eurent  partout  pris  la  place  et  les  hon  - 
neurs  des  verrières  théologiques ,  peu  à  peu  Ton  vit  cette 
dernière  période  de  Tart  disparaître  dans  Toubli  des  tradi- 
tions religieuses  ;  puis  bientôt  on  recourut ,  comme  plus 
simple,  à  la  ressource  radicale  des  vitres  blanches,  qui  rem 
placèrent  en  tout  ou  en  partie  les  émaux  transparents  et 
historiés  de  Reims,  de  Poitierj  et  d'autres  basiliques  de  pre- 
mier ordre  ;  on  effaça  môme  les  fresques  ou  peintures  mu- 
rales qui  décoraient  les  parois  des  édiQces  sacrés  :  de  façon 
qu'une  église,  au  lieu  de  l'histoire  coloriée  de  ses  patrons 
ou  de  ses  propres  annales,  eut  l'avantage,  en  se  revêtant 
d'une  belle  robe  de  badigeon  blanc,  de  «  paraître  toute 
neuve  »  et  de  ne  plus  rien  prêter  ni  aux  méditations  des 
fidèdes  ni  aux  savants  qui  la  visitaient.  Vraiment ,  sauf 
la  fureur  de  leur  vandalisme  fanatique,  les  huguenots 
n'avaient  pas  mieux  fait  sous  la  conduite  de  Coligny  et  de 
ses  nobles  assesseurs  I 

L*orfévrerie  se  fit  aussi  des  vases  sacrés  à  l'unisson  de     D<$c«denoe  de 
ces  principes  nouveaux.  Les  calices  devinrent  massifs,  iriît^'***    '*' 
maussades,  sans  une  idée  symbolique  et  représentant  de 
leur  mieux  une  coupe  dressée  sur  le  pied  d'un  flambeau. 
On  fit  des  miti*es  démesurées,  des  crosses  dont  la  volute  «t  det  T«temenu 
et  lajliampe  furent  stériles  de  la  moindre  pensée  de  foi  ;  en  **^|*  ^  "^' 
un  mot,  les  symboles  disparurent  de  partout.  Ce  fut  peut- 
être  une  distraction  de  laisser  une  croix  sur  les  chasubles 
dénaturées  et  de  racheter  par  de  lourdes  bosses  d'or  et  d'ar- 
gent les  délicates  broderies  qui  les  rendaient  si  dignes  de 
leur  auguste  destination. 

La  science  archéologique ,  inséparable  du  mouvement     Mpiombie  in- 
artistique  et  de  ses  progrès,  ne  perdit  pas  peu  à  cette  déca-  abandon  tm  vm- 
deuoe  de  l'art.  Personne  ne  s'occupa  plus  du  Christianisme  **  ''•"**®^' 
que  pour  l'insulter  :  c'était  la  conséquence  infaillible  du 
mépris  qu'on  avait  fait  de  sa  gloire  et  de  ses  bienfaits.  Les 
savants,  imbus  dès  l'enfance  dans  leurs  collèges  de  la  prose 
et  de  la  poésie  païennes,  ignorant  sll  y  avait  eu  de  par  le 


400  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

monde  des  Pères  de  l'Église  qui  eussent  porté  Téloquence 
jusqu'au  sublime  et  des  poètes  qui  eussent  chanté  harmo- 
nieusement les  gloires  de  Dieu  et  de  ses  Saints,  méprisaient 
le  clinquant  du  Tasse  ^  auquel  ils  eussent  préféré  Ennius, 
et  ne  goûtaient  que  t'or  de  Virgile  avec  les  chansons  d'Ho- 
race et  les  métamorphoses  d'Ovide.  Ils  ne  virent  plus  que  la 
littérature,  les  monuments,  les  coutumes  des  Grecs  et  des 
Romains  :  si  bien  que  dans  les  Mémoires  de  F  Académie  des 
Inscriptions  et  Belles- Lettres ,  dit  M.  l'abbé  Corblet,on  ne 
trouve  pas,  de  4720  à  4800,  un  seul  mémoire  ayant  trait  h 
quelque  idée  chrétienne,  sous  quelque  forme  que  ce  soit  (4  J . 
Il  était  devenu  plus  intéressant  à  cette  France  qui  lisait 
Voltaire,  Helvétius,  Rousseau  et  Raynal  de  savoir  le  nom 
d'un  roi  de  Perse  et  le  sujet  d'une  médaille  athénienne, 
les  aventures  de  César  ou  des  Curiaces,que  les  origines 
du  Christianisme  et  la  marche  de  sa  vie  et  de  ses  arts  à 
travers  les  dix-huit  siècles  qu'ils  avaient  glorifiés  et  in- 
struits, 
et  sur  la  nouvelle  C'cst  l'originc  de  cct  autrc  fléau  qui,  pendant  cette  trop 
égiuo.  longue  période,  présida,  sans  vergogne  aucune,  aux  restaura  - 

tions  des  églises  renversées  par  les  malheurs  publics  ou 
par  des  accidents  imprévus.  Sans  avoir  égard  à  la  diversité 
des  styles,  qui  tous  avaient  leur  autonomie,  on  superposa 
des  pierres  au  hasard,  on  n'observa  ni  la  coupe,  ni  l'étendue 
de  l'appareil,  ni  les  dispositions  du  plan  primitif,  ni  la 
forme  des  baies.  On  ne  pardonna  pas  même  aux  peintures 
vieillies^  disait-on,  non  plus  qu'aux  verrières,  et  beaucoup 
de  ces  précieux  restes  de  l'art  chrétien  disparurent  pour 
toujours.  On  laissa  mutiler  ou  dégrader  jusqu'aux  statues 
et  aux  inscriptions  des  façades,  au  détriment  de  l'histoire 
et  de  la  chronologie  des  monuments,  et  le  premier  maçon 
venu  fut  trouvé  digne  d'entreprendre  ces  restaurations,  de- 
venues plus  difâciles  que  les  constructions  elles-mêmes  ne 

(l)  VArchilecturp  jugée  par  les  écrivains,  etc.,  ubi  saprà. 


LA  RÉVOLUTION.— L*EMPIRË.— LA  RESTAURATION.   40^ 

ravaxent  été  pour  leurs  savants  auteurs ,  car  ceux-ci  en 
voyaient  Tarchétype  dans  leur  amour  et  dans  leur  foi. 

Ainsi,  à  travers  les  majestés  civiles  de  Louis  XIV,  les  c*ractêfe  anti. 
rocailles-Porapadour  et  les  sanguinaires  impiétés  de  93 ,  l'vt  fhuiçajs  sons 
arriva  le  complet  affaissement  de  Tart  religieux  ;  ainsi  i^Empiw."  ^" 
durent  s'écouler  pour  lui  les  trente  premières  années  du 
dix-neuvième  siècle.  Tout  se  ressentit  forcément ,  durant 
cette  dernière  période ,  des  doctrines  et  des  faits  qui 
avaient  révolutionné  et  saccagé  l'Europe.  JiCS  arts  n'étaient 
plus  l'efflorescence  du  génie  ;  ils  n'agissaient  qu'autant 
qu'on  les  appliquait  aux  besoins  matériels.  La  fonte  des 
canons  inspira  peu  sous  l'Empire  les  beautés  de  la  sta- 
tuaire en  bronze;  le  marbre  des  édifices  détruits  par  la 
guerre  ne  se  changea  pas  en  bas-reliefs ,  et  la  peinture 
ne  se  réconcilia  guère  avec  l'esthétique  sur  les  grandes 
toiles,  où  des  batailles  commandées  par  le  vainqueur,  et  qui 
se  ressemblent  toutes,  se  remarquent  surtout  par  les  por- 
traits en  pied  des  maréchaux  de  France  rayonnant  autour 
de  l'aigle  impériale.  En  ces  temps  néfastes,  le  symbolisme 
fut  tout  dans  l'illustre  oiseau  gelé  à  Moscou ,  et  l'esthétique 
dans  la  conquête  du  monde,  qui  ne  tarda  pas  à  s'en  venger. 

Toutefois,  de  ces  grandes  agitations  militaires  devait    comment uros- 
naître,  comme  toujours,  une  paix  favorable  aux  occupa-  u'^^ST^nérStoS 
tioûs  de  l'esprit;  mais  elle  se  fit  attendre,  car  les  quinze  *''*■'*'"*• 
années  que  reprirent  les  Bourbons  sur  le  trône  de  leurs 
pères  furent  encore,  quoique  exemptes  de  terribles  guerres 
extérieures,  traversées  par  des  conspirations  et  des  événe- 
ments où  les  études  solides  rencontrent  toujours  de  sé- 
rieuses entraves.  Mais  les  gouvernements  constitutionnels, 
dont  notre  époque  a  voulu  absolument  se  munir  pour 
arriver  plus  sûrement  à  des  républiques,  ont  du  moins,  à 
côté  de  leurs  plaies  socialistes,  cet  avantage,  acheté  un  peu 
cher,  qu*en  éveillant  les  ambitions  de  tous,  en  surexcitant 
rorgueil  des  petits  qui  veulent  monter  et  des  grands  qui 
ne  veulent  pas  descendre,  ils  obligent  les  uns  et  les  autres 
T.  IV.  26 


402 


HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 


FondAtion  de 
rÉcoIe  des  char- 
tes, 


première  cause  dl' 
recte  de  la  re- 
naissance arohéo* 
lo^qne. 


Classlfloation  des 
monuments  du 
moyen  Age  par 
U.  cleCaumont; 


d'étudier  Thistoire  pour  y  comparer  les  moyens  de  gouver- 
nement, y  chercher  les  analogies  avec  les  matières  actuel- 
lement en  discussion,  et  se  ménager  des  succès  à  la  tribune 
des  législateurs  ou  des  publicistes.  Ce  but  implique  sans  con- 
tredit la  connaissance  des  vieux  titres  originaux,  et  ce  fut 
une  des  plus  incontestables  preuves  de  la  bonne  foi  que  le 
gouvernement  des  rois  Louis  XVIII  et  Charles  X  appor- 
tait au  développement  des  études  sérieuses  que  de  créer 
TÉcole  des  cliartes,  destinée  à  former  des  archivistes  et  des 
paléographes  aux  yeux  desquels  se  déroulassent  avec  leurs 
secrets  historiques  tant  de  parchemins  dont  la  lecture  était 
devenue  impossible  (^).  On  peut  regarder  ce  premier  élan 
vers  l'étude  du  moyen  âge  comme  la  cause  occasionnelle 
du  retour  aux  recherches  archéologiques.  En  compulsant 
les  documents  si  longtemps  négligés,  on  trouva  plus  que 
des  titres  et  des  faits  :  on  porta  son  attention  sur  une  foule 
de  détails  trop  oubliés,  sur  les  usages  de  la  nation  ou  des 
familles  ;  la  vie  intime  s'y  dévoila  aussi  bien  que  les  évé- 
nements historiques,  et,  par  les  journaux,  surtout  par  l'utile 
et  si  importante  publication  des  revues,  dans  lesquelles  s'ac- 
cumulèrent bientôt  les  plus  curieuses  découvertes  (2),  ou 
vit  quels  trésors  de  connaissances  pouvait  exploiter  la  légi- 
time curiosité  des  érudits. 

De  ces  derniers ,  nul  ne  comprit  mieux  que  M.  de  Cau- 
mont  le  parti  à  tirer  de  cette  véritable  renaissance.  On  peut 
lui  attribuer  l'invention  de  l'archéologie  monumentale, 


(1)  L*École  des  chartes,  créée  par  ordonnance  royale  du  22  février 
1821,  fut  modifiée  et  améliorée  par  trois  autres  ordonnances  du  H  no- 
vembre 1829  et  des  5  janvier  et  31  décembre  1846. 

(2)  On  connait  la  Bibliothèque  de  l'École  des  Charles,  recueil  bimen- 
Boel  fondé  en  1839,  sous  le  ministère  de  M.  Villemain,  et  qui  en  est  au- 
jourd'hui (1872)  à  3oa  trente-cinquième  volume.— Les  il  nna/^s  de  phito- 
Sophie  chrétienne,  fondées  en  1830  par  M.  Beuetti,  ont  continué  &  donner 
depuis  ce  temps  des  dissertations  de  liaute  valeur  sur  les  matières 
d'érudition  qui  intéressent  le  Christianisme,  et  où  rarchéologie  sacrée 
conserve  un  rôle  très-élevé.—  Ces  deux  recueils  sont  préeienz  pour  les 
études  symbolistiques. 


KÉVEIL  DE  LA  SCIENCE  ARCHÉOLOGIQUE.  403 

dont  il  professa  en  4828,  dans  sa  ville  deCaen,  un  cours  oix 
fut  établie  une  sûre  méthode  de  classification  des  monu- 
ments historiques.  Ce  cours  fut  publié  et  ouvrit  la  première 
voie  au  zèle  d'investigation  qui,  depuis,  s'est  manifesté  de 
toutes  parts.  Ce  zèle  devait  être  secondé  par  une  autre  pu-  wn  Buuettn  mû- 
blication  devenue  un  recueil  considérable  :  c'est  le  Bulletin 
monumental^  que  nous  avons  si  souvent  invoqué  dans  cet 
ouvrage,  qui  publie  maintenant  son  trente-septième  volume, 
et  où  se  trouvent  rapprochés  par  un  commun  lien  tant 
d'éruditsqui  coopèrent  encore  à  en  faire  une  ^description 
générale  de  tous  les  monuments  soigneusement  étudiés,  et 
de  tous  les  objets  que  le  hasard  ou  des  fouilles  fréquentes  font 
exhumer  de  notre  sol.  La  question  symbolistique,  traitée      Réveu  de  u 
d'abord  sous  la  forme  de  doutes,  résolue  parfois  en  des  né-  tiV"?  *'" 
gâtions  qui  ne  pouvaient  durer ,  est  parvenue  enfin,  dans 
cette  grande  collection,  à  briller,  à  force  de  recherches,  du 
vif  éclat  qu'elle  mérite,  et  que  nous  nous  sommes  efforcé  de 
lui  conserver  par  nos  travaux.  On  a  vu,  par  les  nombreuses 
citations  dont  nous  avons  eu  soin  d'appuyer  notre  texte,  que 
rien  n'était  plus  vrai ,  ni  plus  ignoré,  que  le  symbolisme  : 
c'est  maintenant  une  conviction  acquise  à  quiconque  veut 
étudier.  Mais  aussi  la  science  ainsi  divulguée  ne  doit  pas  «nnn     reooMti- 
rester  à  l'état  de  lettre  morte;  il  faut  qu'elle  s'immisce  dans  ****** 
la  pierre  et  le  bois,  la  toile  et  les  métaux,  l'émail  et  le  verre, 
de  façon  à  nous  reconstituer  un  art  chrétien  qui  vive ,  qui 
parle  et  qui  fasse  sentir  comme  autrefois. 

•Maintenant  donc,  nous  devons  le  dire,  tout  en  concevant,      coupabi*  <i^- 
en  excusant  même  les  tâtonnements  et  les  maladresses  qui  eneoro^'^  eerta^s 
ont  signalé  dans  ce  siècle  les  plus  anciennes  restaurations  de  *''****'  ' 
nos  monuments  :  ceux  qui  s'obstinent  à  les  manquer  tou- 
jours faute  d'études  préalables,  et  qui,  restant  fermes  dans 
une  ignorance  volontaire  qui  devient  une  calamité  publique, 
continuent  à  construire  des  églises  d'après  leurs  propres 
idées  ,  sans  égard  aux  enseignements  du  passé  et  aux 
justes  exigences  des  maîtres  les  plus  compétents ,  ceux-là 


404  ttlSTOms  DU  StVBOLlSllE. 

demeurent  Inexcusables  et  se  chargent  d'une  responsabUité 
que  devrait  enfin  leur  rendre  importune  un  sentiment  d'imi- 
vei-selle  réprobation.  Qu'ils  doivent  cette  déplorable  direc- 
tion de  leur  esprit  aux  habitudes  de  dissipation  qui  envahis- 
sent chez  eux  ces  belJes  premières  années,  pourtant  toujours 
si  précieuses  pour  l'avenir,  ce  n'est  qu'une  vaine  excuse  à 
la  paresse  qui  les  empoche  d'étudié^  et  de  comprendre, 
comme  le  Pamphile  de  Macédoine  (ils  devraient  au  moins 
l'imiter,  puisqu'il  était  paien)^  que  pour  un  artiste  l'érudi- 
tion ne  devrait  jamais  se  séparer  de  l'art.  Après  tout,  ils 
ne  méritent  pas  seuls  un  si  grave  reproche.  D'autres,  en 
leur  ouvrant  la  carrière,  auraient  dû  la  leur  rétrécir  assez 
pour  leur  éviter  des  écarts  dont  l'art  religieux  a  trop  souf- 
fautes  desgouyer.  fert  daus  notrc  patrie.  Nous  sommes  historien,  et  nous  ne 
éff^  *  craiudi'ons  pas  de  dire  une  vérité  historique  devant  des 

morts,  puisque  nous  l'avons  dite  maintes  fois  de  leur  vi- 
vant :  les  gouvernements  qui  se  sont  justement  effondrés 
depuis  quarante  ans  ^ont  trop  fait  de  nos  arts  et  de  nos 
sciences ,  comme  de  nos  monuments  et  de  leur  vie  natio- 
nale, une  chose  gouvernementale,  un  moyen  de  prodiguer 
des  places,  presque  toujours  mal  remplies,  et  de  l'argent 
mal  employé.  Ils  ont  mal  servi  les  diocèses  en  confiant 
leurs  édifices  à  des  favoris  du  budget,  qui,  pour  la  plupart, 
leur  ont  imposé  de  nouveaux  stigmates  sans  guérir  leurs 
blessures,  et  ont  gaspillé  contre  eux  des  sommes  énormes 
sans  aucun  des  résultats  que  l'Église  en  attendait. 
Comment  les  ar-  C'cst  quc  l'Église  était  moins  l'objectif  des  distributeurs 
eS^profltem?*'****  ^c  CCS  grâccs  quc  les  amis  qu'ils  voulaient  servir.  Et  ceux- 
ci,  habiles  dessinateurs  peut-être,  mais  sans  la  moindre 
intelligence  du  style  et  de  l'esthétique  du  moyen  âge,  dé- 
daignèrent de  les  étudier,  d'en  chercher  les  traces  même 
dans  les  découvertes  modernes,  et  parfois  aussi»  nous  le 
savons,  ils  se  concertèrent  pour  ne  rien  accepter,  pour  ne 
rien  admettre  dans  leur  pratique  des  révélations  de  la 
science  et  des  plus  légitimes  doléances  de  la  religîoa.  Des 


PÉRILS  DE  L*A1ICHITECTCRE  CHRÉTIENNE.  405 

églises  nouvelles  se  sont  faites  de  toutes  parts  :  la  France, 
par  ses  populations,  ses  Fabriques  ,  ses  communes  et  ses 
départements,  a  pu  réédifier  le  plus  grand  nombre  d'entre 
elles.  Il  a  toujours  suffi  que  l'État  allouât  à  ces  entreprises  p»"  f*«»»  i« 
tine  mince  allocation  pécuniaire  pour  que  les  architectes  ^™';*^°'  "^*" 
favorisés  tassent  officiellement  chargés  d'en  faire  ou  d'en 
autoriser  les  plans.  Sous  ces  protecteurs  quelque  peu  équi- 
voques, nous  savons  qu'il  fut  impossible  de  rien  inspirer, 
de  rien  modifier  à  l'avantage  d'un  monument  qu'ils  bâtis- 
saient, dans  l'étroite  sphère  de  leur  incomplète  spécialité, 
en  contradiction  avec  son  caractère  sacré,  avec  les  mvstères 
dont  ils  ne  soupçonnaient  point  l'importance.  Tout  leur  était 
étranger  dans  ce  qu'ils  auraient  dû  savoir,  et  la  forme  des 
clochers  et  des  contre-forts,  et  la  fenestration  et  les  voûtes, 
et  la  place  normale  de  la  chaire  et  des  fonts  baptismaux, 
et  surtout  la  signification  des  sculptures,  de  l'orientation  et 
de  l'axe  intérieur,  et  jusqu*à  la  convenance  de  la  croix  sur 
les  tours  romanes,  symbole  dont  ils  contestaient  l'oppor- 
tunité et  l'existence  historique  au  douzième  siècle  !  — Les  •^j'"  ^wresua- 
restaurations  ne  valaient  pas  mieux  :  combien  de  fois  a-t-on 
laissé  sur  le  sol  des  modillons  historiés,  des  chapiteaux  sépa- 
rés de  leurs  colonnes,  des  armoiries  qu'on  prenait  pour  des 
caprices  dépourvus  de  sens  !  et  quand  on  a  refait  des  murs 
latéraux  condamnés  datis  toute  leur  vaste  étendue  quand 
certaines  portions  seulement  eussent  dû  subir  l'adjonction 
de  quelques  pierres  nouvelles,  quel  soin  se  donna-t-on  d'en 
reconstituer  l'ornementation  sculptée,  d'en  replacer  les 
corbelets  et  les  métopes  et  de  raccorder  les  reprises  avec 
Tœuvre  principale?  N'a-t-on  pas  vu  des  verrières  d'énormes 
dimensions,  beUes  de  légendes  hagiographiques  du  trei- 
zième siècle,  remplacer,  grâce  au  zèle  d'architectes  faciles, 
un  de  leurs  panneaux  brisés  par  la  fin  d'une  légende  étran- 
gère ,  et  l'amphore  de  la  Samaritaine  par  un  bénitier  à 
anses  contemporain  de  François  I"^  ! 
Et  tout  cela  était  placé  sous  la  surveillance  d'inspecteurs  m«i  mtvim  pu 


406 


HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 


InBufllsanee 
•oientiflqne  des 
<$cole8  d'Archi- 
tecture. 


n/*^d°**"'M   g^i^érgiiix  des  monuments  historique^,  lesquels  u'inspec 
ments.  taîeut  ricu,  laissant  leur  tâche  à  des  subalternes  aussi  peu 

entendus ,  dont  les  rapports ,  imprimés  à  grands  frais  par 
rÉtat,  contenaient  assez  souvent  de  grosses  bévues  archéolo- 
giques, des  appréciations  fausses  de  Tâge  des  monuments, 
des  renseignements  hasardés,  des  traductions  infidèles  d'in- 
scriptions locales,  et  ne  manquaient  pas  de  conclure  par  un 
gracieux  éloge  de  leurs  architectes,  dont  ils  étaient  toujours 
plus  contents  que  les  connaisseurs  (i). 

A  quoi  songe-t-on  quand  on  prétend  à  tout  prix  confier  le 
soin  de  nos  monuments  religieux  à  de  jeunes  laïques,  nous 
ne  disons  plus  inexpérimentés,  nous  disons  même  habiles, 
et  qui  cependant,  en  sortant  de  Técole  d'architecture,  sont 
nécessairement  encore  dépourvus  des  notions  élémentaires 
de  cette  partie  si  importante  de  leur  art  ?  Que  leur  a-t-on 
enseigné  en  plus  que  le  métier  proprement  dit,  qui  est  tout 
de  matière,  d'imitation  instinctive,  et  qui  ne  sera  jamais, 
pour  la  plupart  d'entre  eux,  ni  le  génie  qui  invente,  ni 
môme  le  jugement  qui  analyse,  ni  le  goût  qui  perfectionne, 
et ,  à  plus  forte  raison ,  le  sentiment  qui  seul  peut  élever  à 
la  hauteur  d'un  artiste,  et  sans  lequel  vous  n'aurez  jamais 
que  des  copistes  adroits  ou  des  maçons  de  première  classe? 
Eh  quoi  !  vous  resteriez  encore ,  après  quarante  ans  d'ar- 
chéologie monumentale  professée  en  tant  de  livres  et  de 
tribunes  ;  après  l'examen  minutieux  des  basiliques  si  sou- 
vent visitées  par  vous,  et  vantées  de  tous  comme  ayant 
dans  chacun  de  leurs  détails  un  langage  mystérieux  qui 
parle  de  Dieu  et  de  ses  Saints,  de  son  action  providentielle, 
de  ses  éternelles  promesses,  de  ses  beautés  et  des  devoii's 
qu'il  impose  à  l'homme  ;  en  face  des  charmants  édifices 
élevés  à  Bon-Secours  de  Rouen,  à  Treïs-sur-le-Rhin  et  en 


(1)  Voir  notre  diâsertation  sur  VArchiLeciure  rdigieusc  el  les  archi- 
tectes au  dix-nenvième  siècle  (Revue  de  Tart  chréUen,  UI,  177),  où  nous 
avons  développé  ces  trop  justes  griefs  en  les  appuyant  de  faite  nombrevit 
que  nous  avo^ns  pu  observ.tjr  par  nous-méme. 


PÉRILS  PE  l'architecture  CHRÉTIEKNE.  407 

tant  d'autres  lieux  où  ces  rares  exceptions  devraient  au 
moins  servir  de  modèle  ;  quand  vous  avez  pour  guider  vos 
peintres  dans  le  sentier  de  l'esthétique  religieuse  cet  Ower- 
bech,  ce  Schraudoff,  ce  Géselschap  qui  honorent  les  ate- 
liers de  Dusseldorf,  où  le  symbolisme  reprend  sa  vie  et  la 
communique  de  nouveau  à  qui  veut  la  prendre  :  vous,  rou- 
tiniers incorrigibles,  vous  resteriez  dans  l'ornière  creusée 
par  trois  siècles  d'ignorance  et  de  mauvais  goût  !  vous  en 
seriez  à  n'y  rien  comprendre  et  à  douter  si  vous  devez,  en 
restaurant,  vous  soumettre  au  style  général  de  l'édifice,  et 
en  construisant  vous  conformer  à  un  siècle  et  non  pas  à  tous, 
à  des  règles  faites,  aujourd'hui  connues  et  exigées,  et  non 
à  vos  idées  sans  fondement,  à  vos  prétextes  inadmissibles 
de  trouver  du  neuf  et  de  ne  pas  enchaîner  votre  talent  ! 
Fi  donc  !  ce  sont  là  des  aberrations  déplorables,  d'étranges 
prétentions,  qui  n'ont  abouti  qu'à  multiplier  les  fautes,  et 
à  doter  la  France  d'églises  où  rien  de  ce  que  vous  avez  fait 
ne  parle  de  Dieu. 

C'est  que,  et  nous  l'avons  prouvé  au  long  dans  ce  livre,     L'étude  dasym- 
il  n  y  a  pas  d  art  chrétien  sans  symbolisme  ;  sans  lui  il  ne  bie  de  renseigne. 
faut  pas  plus  d'habileté  pour  faire  une  église  que  pour  élever  Si"    *"  ^*"'"' 
une  huilerie  ou  fabriquer  un  wagon.  C'est  un  attentat  contre  sous  peine  défaire 
Dieu  que  de  le  loger  comme  si  on  ne  croyait  pas  à  sa  Pré-  fume,  **~*~**°' 
sence  Réelle ,  et  nous  comprenons  comment  le  protestan- 
tisme, qui  s'en  est  privé  par  l'apostasie,  se  contente  presque 
partout  de  prêclier  et  de  simuler  une  cène  sacrilège  dans 
un  parallélogramme  à  tout  faire;  et  quand  il  a  pu  s'em- 
parer des  basiliques  les  plus  splendides  et  n'en  exiler  que  le 
tabernacle  et  le  crucifix ,  il  siège  alors  malgré  lui  en  pré- 
sence de  ce  symbolisme  qu'il  ne  comprend  pas ,  mais  qui    . 
Taccuse  et  le  condamne.  On  a  donc  la  mauvaise  grâce , 
quand  on  met  la  main  à  cette  demeure  divine ,  de  vouloir 
rompre  systématiquement  avec  toutes  les  traditions  ecclé- 
siastiques. Et  quelle  déplorable  condition,  en  effet,  de  cette  «^  probablement 
captivité  imposée  à  l'Épouse  de  l'Agneau,  de  celte  tutelle  iont«jre. 


à 


408  MISTOIBE  DU  SYMBOLISME. 

humiliante  que  lui  ont  faite  les  pouvoirs  de  la  terre  !  On  la 
voit  réduite  le  plus  souvent  à  confier  ses  plus  chers  intérêts 
à  des  intelligences  dévoyées,  dont  Pâme  est  sans  croyance , 
dont  la  vie  insulte  à  la  foi  venue  du  ciel ,  et  qui  assument 
sans  rougir  la  double  solidarité  du  vice  effronté  et  de 
l'impiété  finale  !  En  présence  de  cette  royauté  usurpée  qui 
fait  gouverner  TÉglise  par  des  souverains  de  cette  valeur , 
sommes-nous  sûrs  que  cette  ligue  si  énergiquement  con- 
stituée n'est  pas  pour  ces  frères  maçons  un  article  du  pro- 
gramme antichrétien  donné  par  les  ventes  italiennes  dô 
^8^9,  et  qui  s'est,  hélas!  si  fidèlement  accompli ,  grâce  à  la 
trop  fidèle  complicité  des  pouvoirs  (4)  ? 
rtïi'^SÎSf  ue"  ^^  ^^*  temps  d'ouvrir  les  yeux  devant  ce  piège,  si  dissimulé 
seul  remède  à  oee  qu'il  puissc  être  ',  et,  puisquc  l'archéologie  monumentale  est 

devenue  en  Europe  une  science  sacrée  par  ses  rapports 
obligés  avec  la  religion,  le  sceptre  de  cette  science,  la  direc- 
tion de  son  action  et  de  ses  moyens  appartient  évidemment 
au  clergé.  Ses  lèvres,  dépositaires  officielles  des  graves  en- 
seignements de  l'Évangile ,  doivent  en  laisser  échapper  la 
doctrine  sous  toutes  les  formes  qu'elle  s'est  données  ;  il  lui 
incombe  avant  tout  autre  d'en  professer  les  règles  et  d'en 
maintenir  l'exécution.  Nos  basiliques,  les  moindres  églises 
de  nos  campagnes,  les  abbatiales  qui  les  embellissent  encore, 
portent  Temprein te  des  mains  bénies  qui  ne  les  consacrèrent 
que  parce  qu'elles  en  avaient  dressé  le  plan  et  disposé  le 
pieux  et  magnifique  ensemble.  C'était  la  tâche  du  prêtre  de 
prêcher  le  Christ,  et  son  Auguste  Mère,  et  ses  Saints,  par 
toutes  les  parties  de  cette  maison  de  prière  où  le  peuple  con- 
templait avec  ses  naïves  miniatures  le  livre  ouvert  des  lé- 
gendes et  des  coinmandenients.  Pourquoi  n'en  serait-il  plus 
ainsi  ?  pourquoi  ne  reviendrions-nous  pas  à  ce  professorat 
pratique  de  l'art  chrétien,  quand  nous  seuls  en  avons  l'esthé- 
tique mystérieuse  et  pouvons  mieux  que  personne  en  glori- 

(1)  Cf.  CréUneau-JûUy)  U Église  (kvani  ia  Révçlution,  .i.  U^  p.  233  et 
uaiv.,  iii-8«,  Paris,  1860. 


SON  ACTION  PAR  LE  CLERGÉ.  409 

fier  rélévation  ?  Et  ici  qu*on  ne  se  récrie  pas  sur  un  prétendu 
exclusivisme  qu'on  nous  attribuerait  à  tort.  Dieu  sait  que  n»»  •"■  ï«  ««»• 

-  ■•  cours    utile     dM 

nous  ne  refusons  pas  aux  hommes  du  monde  les  abords  de  wq»»», 
cette  science  :  nous  serions  heureux  de  la  leur  faire  par- 
tager avec  nous  ;  c'est  une  eau  trop  douce,  et  trop  précieuse 
aussi ,  pour  que  nous  voulussions  TéloigTier  des  lèvi-es  qui 
aspirent  à  s.'y  désaltérer,  du  cœur  qui  voudrait  s'y  re- 
tremper et  en  goûter  les  merveilleuses  saveurs.  Mais  nous  instruits  aux  tour- 

1  .,  ^,  «..ces    théologlqitM 

conjurons  ces  nommes ,  si  honorables  en  grand  nombre ,  der«rt, 
dont  nous  avons  plus  d'une  raison  d'estimer  les  belles  qua- 
lités et  les  aptitudes  supérieures ,  de  bien  considérer  que 
parmi  eux  beaucoup  se  sont  trompés,  en  des  travaux  d'ail- 
leurs pleins  d'érudition  et  de  mérite ,  sur  les  questions 
vitales  de  théologie  et  d'esthétique  chrétienne.  Ne  sont-ce 
pas  eux  qui  ont  tout  d'abord  nié  carrément  le  symbolisme, 
se  sont  posés  en  antagonistes  ardents  de  cette  philosophie  in- 
connue ,  ont  pris  les  plus  sérieux  enseignements  pour  des 
immoralités,  des  énigmes  pour  des  caricatures  satiriques, 
les  fabliaux  sculptés  pour  des  caprices  ;  ont  faussé  le  sens 
de  quelques  pages  des  Pères  prises  au  hasard,  ont  confondu 
les  âges  du  symbolisme  sans  égard  aux  affaissements  de  la 
pensée  humaine  qui  l'abaissait  elle-même  peu  à  peu,  et  ont 
formé,  en  présence  même  des  progrès  de  la  science ,  une 
école  de  dissidents  qui  continue  encore  plus  ou  moins  à 
nier  les  vérités  devenues  si  vives  aujourd'hui  ?  Il  faut  bien 
reconnaître  cet  éclat,  qui  tous  les  jours  dilate  un  rayon  de 
plus;  c'est  donc  à  cette  lumière  qu'il  faut  marcher  et  qu'il 
faut  agir.  Nous  conjurons  quiconque  aime  la  foi  et  veut  en  et  décidas  à  les 
seconder  l'action  sur  un  monde  qui  en  a  plus  besoin  que  ^' 
jamais,  de  s'associer  dans  ce  but  au  clergé ,  à  nous-mème , 
et  de  nous  aider  à  relever  les  ruines  accumulées  par  la  Re- 
naissance. Ce  sera  marcher  en  commun  vers  le  renouvelle- 
ment et  le  triomphe  de  l'idée  chrétienne,  et  concourir  selon 
nos  vœux  les  plus  chers  à  rendre  aux  arts  qui  en  dépendent 
leur  couronne  qui  ne  doit  plu«  se  ternir. 


410  I119T0UW  DU  SYlIBÛiittME. 

Lj  eomp^tenoo      j|ais,  Hous  devonspeu craindre  de  le  dire ,  puisque c*««t 

du  clergé  n'en  8ub-  »  r  »  r        ^ 

^te  pas  moins,     le  coroUairc  obligé  de  notre  travaU  :  tout  en  provoquant 

cette  utile  et  fraternelle  alliance,  nous  n'abandonnerons 
aucun  des  privilèges  inhérents  à  notre  position,  et  qu*aato* 
rise  notre  droit  d*ainesse.  0  préires,  ministres  et  défenseuns- 
nés  de  TËglise ,  comprenons  bien  qu'en  cela  nous  devons 
être  absolus,  sauvegarder  les  principes  de  notrç  philosophie 
artistique ,  et  ne  D&ire  aucune  concession  quant  au  mysti- 
cisme dD  la  forme  et  du  fond ,  dès  lors  qu'il  nous  vient  de 
nos  Pères  et  de  nos  Docteurs.  Ceux  donc  qui  se  seront  faits 
nos  amis  autant  que  nos  disciples,  aussi  dociles  en  cela  que 
dans  l'acceptation  des  doctrines  de  la  morale  et  du  dogme , 
appliqueront  comme  nous  ces  principes  qu'ils  auront  étu- 
diés et.  compris  ;  ils  ne  s'égareront  pas  plus  que  nous  à  la 
recherche  de  formes  chimériques,  ne  consulteront  que  la 
vénérable  antiquité ,  respecteront  en  tout  la  théologie  de 
l'architecte,  du  peintre,  du  sculpteur  ;  et  qui  pourrait  alors 
nous  faire  craindre  une  juste  émulation,  si  digne  d'être  en- 
couragée et  bénie,  quand  elle  voudra  nous  seconder  et  tra- 
vailler avec  nous  au  règne  de  Dieu  et  à  l'extension  de  sa 
infnsticedes  pré-  gloire  ?  En  vaiu  désormais  on  prétendrait  que  «  le  prêtre  ne 
en  onsoppos  es,  ^^^  ^^  ^^  mêler  dc  cela  (4).  »  Des  paroles  hautaines  ne 

(1)  Un  archéologue  qui  a  fait  beaucoup  plus  de  bruit  que  de  besogne, 
et  qui  essaya,  sans  y  réussir  absolnment,  de  mêler  dans  sa  yie  littéraire 
quelques  pages  d'archéologie  légère  à  des  romans  et  à  des  drames  d*ane 
très-remarquable  légèreté,  osa  tenir  ce  malveillant  quoi  ibet,  en  plein  Co- 
mité des  arts  et  monuments  dont  nous  avions  l'honneur  de  faire  partie  à 
titre  de  correspondant.  C'est  lui  aussi  qui  en  1849,  et  à  propos  d'an  livre 
scientifique  récemment  couronné  par  rinsiitut ,  conseillait  à  un  membre 
du  comité  chargé  d'en  faire  son  rapport  «  de  tuer  l'auteur  du  premier 
coup,  afin  qii'il  n'en  fût  plus  question.  »  Celte  confhitemité  est  tou- 
chante, et  mériterait  ici  une  mention  honorable,  si  nous  né  voulions 
conserver  quelques  égards  pour  la  mémoire  de  l'illustre  auteur. — Seu- 
lemeut,  quelle'étrange  anomalie  se  commet  dans  les  régions  gouverne- 
mentales quand  on  met  le  soin  des  monumente  religieux  da  qoait  de 
la  France  aux  mains  d'un  homme  qui  s'était  vanté  de  n'avoir  aucune 
religion ]  qui,  s'il  en  eût  voulu  avoir,  eût  préféré,  disait^l,  celle  des 
juifs^  puisqu'il  n'avait  pas  été  baptisé;  qui  s'était  fait  Tun  ée»<ii|atre ou 
cinq  convives  du  fameux  voudiedi>sakit  de -1  $67  cher  fou  Mwde  Sainte* 


SON  ÀCneN  FAR  LE  GLERCÉ.  414 

pnmvent  rien ,  sinon  que  le  prêtre  aurait  le  droit ,  à  plus 
duo  titre,  d'y  répondre  par  des  arguments  personnels.  Le 
prêtre  s'ea  mêlera*  espérons-le,  plus  que  jamais,  et  il  aura 
toujours  sur  les  savants  du  monde  un  immense  avantage , 
qui  lui  vaut  l'estime  des  académies  qui  le  recherchent;  c'est 
que,  sans  y  rester  inférieur  aux  plus  doctes,  il  y  apportera 
encore  une  somme  de  connaissances  pratiques  et  d'études 
spéciales  que  seul  il  a  pu  acquérir.  Ainsi  on  ne  lui  refusera 
jamais  d'avoir,  en  archéologie  monumentale,  des  solutions 
que  d'autres  n'auront  que  très-rarement  trouvées  avant  lui  : 
de  là,  nécessité  de  commerce  et  de  relations  scientifiques 
entre  les  hommes  du  sacerdoce  et  ceux  de  la  société  laïque. 
Nos  libres*penseurs ,  s'il  en  existe  longtemps,  en  devront 
prendre  leur  parti.  Ils  verront  Fart,  mieux  compris  et  mieux 
aimé,  invoquer  les  Imnières  de  ses  maîtres  naturels  avec 
d'autant  plus  d'empressement  qu'on  aura  mieux  reconnu 
leur  compétence.  Quiconque  élèvera  ses  prétentions  jusqu'à 
traiter  des  choses  de  l'art  chrétien  s'inspirera  mieux  des 
éléments  sacrés,  et  le  respect  public  viendra  forcément,  en 
dépit  d'oppositions  plus  ou  moins  puissantes,  faire  justice  de 
haineuses  et  trop  longues  préventions. 

A  l'œuvre  donc,  et  tendons.à  ce  but  si  digne  de  nos  i>t  la  part  dn 
efforts ,  ministres  du  sanctuaire ,  adeptes  préférés  de  la  pratiq«e  de  var* 
science  divine,  et  ne  vous  laissez  plus  vaincre,  sous  l'œil  de 
Dieu  qui  vous  regarde,  par  de  prétendus  artistes  qui  dédai- 
gnent de  vous  regarder.  Que  nul  mieux  que  vous  n'en- 
tende le  soin  de  vos  églises.  11  est  des  mains  à  qui  vous  devez 
laisser  le  mortier  et  la  pierre  :  les  vôtres  doivent  tracer  ou 
rectifier  les  plans,  ouvrir  aux  peiulros  des  murailles  et  des 
verrières  le  livre  où  germent  les  sujets  que  vous  exigez , 


BeuTe,  et  ^i  enfia,  dans  sa  dernière  maladie,  s'est  abandonné  anx  soihs 
ezclustfd  de  protestants  qui  ToDi  triamr^haleinent  enterré  à  leur 
manière!-— A  tant  de  traits  ne  devine-t-on  pas  un  sarant  fort  au  fait 
de  reetbèliqoe  c^brétienne ,  et  tr軫oocieaii  d*eu  eûnserver  les  traces 
aux  piearreft  ▼èuâi'ées  qu'il  était  chargé  d'inspêcier! 


442  HISTOIRE  DU  STMBOLISKE. 

montrer  au  sculpteur  les  modèles  de  ses  liioidfares  îiîlèffi- 
gentes,  dé  ses  corbeOles  historiées,  déf  ses  oiseaux  de  ciwLt, 
de  ses  feuillages  et  de  ses  fleurs  qui  charment  et  qui  gué- 
rissent. C'est  de  voué  qu'on  apprendra  l'hagiographie  du 
patron,  les  costumes  et  leurs  exigences  symhrfîques,  la  dé- 
coration de  vos  autels,  les  dimensions  de  vos  vases  sacrés  et 
les  embellissements  qu'ils  demandefnf  ou  permettent.  C'est 
pat  vous  que  sera  désigné  l'emplacement  de  la  chaire,  celai 
des  confessionnaux ,  des  bénitiers ,  des  fonts  du  baptême; 
vous  indiquerez  le  nombre  des  marches  de  l'autel;  votis 
veillerez  à  la  forme  iet  à  l'ornementation  des  grilles  et  des 
balustrades,  au  coloris  et  à  l'épaisseur  de  vos  verres  peints, 
â  leurs  cartons,  à  la  force  de  leurs  membrures  de  fer.  Vous 
ne  permettrez  pas  que  des  vt)ûtes  du  quatorzième  ou  du 
quinzième  siècle  s'élèvent  sur  des  murs  qui  porteront  des 
indices  du  seizième,  que  des  coritrd-forts  renouvelés  montent 
à  l'origine  de  ceux  qu'ils  remplacent,  qu'une  tour  romane 
domine  un  édifice  gothique:  et  ce  seront  toujours  dlntelli- 
gentes  restaurations  qui  viendront,  sous  votre  surveillance, 
affermir  dans  votre  chère  église  les  défaillances  de  son  âge, 
ou  cicatriser  les  maladroites  blessures  d'un  grossier  et 
maussade  refaiseur. 
TTécpttftd  d'un  Et,  pour  obtenir  ce  beau  et  désirable  succès,  il  faut,  avant 
gie  dans  les  aéna'-  tout,  quc  des  cours  séricux  d'archéologie  sacrée  se  fassent  et 
°*  '"'  se  maintiennent  dans  nos  séminaires  diocésains.  Quelques- 

uns  l'avaient  entrepris ,  peu  y  ont  persévéré  ;  on  a  trop 
regardé  cet  enseignement   comme  celui  d'une  matière 
superficielle  qui  n'importait  que  médiocrement  aux  études 
L'épiwopat  y  occlésiastiques.  Nous  croyons  avoir  prouvé  dans  ce  livre 
ÏMa^*'^our"ï  qu'au  contraire  cet  enseignement  tient  de  fort  près  aux 
.oindo.égiucs.     notions  de  la  théologie,  à  la  liturgie,  à  la  connaissance 

pratique  de  beaucoup  de  règles  importantes  do  droit 
canon,  et  que  les  évoques  trouveraient  dans  le  fruit  de  ces 
cours  assidus  et  solidement  ti*aités  un  gag^  de  réussite 
pour  le  soin  qui  leur  incombe  en  cette  maitlère.  Ouand 


j 


VéCJPBBV^Â  d'y  HEVENIS*  443 

on.fiaural^ieiDk  Qj^Q.}^  neligioa  estdevienuQ.  inséparable  de 
ceUeéUidQ»q]gie.de$preuve;3.  auront  été  données  des  con- 
séquences, pratiquas  et  fructueuses  que  Tart  y  aura  trou- 
vées, les  pouLYoirs  pubUc3  ,  accputumés  à  xi'écouttu-  que 
leurs  délégués  iipjnédl^,.  compteront  avec  Tautorité  dip- 
eésasoe  devenue  plus  compétente  que  iamais  à  maintenir 
300  a^U^  et  Uou  v^rra  parmi  ses  pljis  belles  églises  un 
plus  grand  nombre  mieux  traitées,  et  beaucoup  d'arbitraire 
et  d/e  négligences  de  moins. 

C'est  ua  des  côtés  par  lesquels  rillusjLre  prélat  qui  occupe     opinion  de  M^r 
aujourd'hui  le  siège  de  Carcassonne  a  fait  valoir  l'importance  éréqîe^dS^^^ji' 
des  études  qui  nous  ont  captivé  si  longtemps.  «  Le  symbo-  ®*"°°°*- 
lisme,  dit-il.,  touche,  à  tputes  les  grandes,  choses  de  l'esprit 
et  du  cœur.  Son  application  à  l'art  religieux  est,  à  elle  seule, 
une  magniâque  donnée.  Parmi  les  réhabilitations  imppr- 
tantes  qui  seront  Tune  des  rares  gloires  de  notre  siècle,  je  ne 
doute  pas  que  celle  du  symbolisme  n'occupe  un  rang  consi- 
dérable... Sans  lui  on  ne  pénètre  dans  rien...  ;  avec  lui  on 
explique  le  monde  extérieur,  on  explique  l'homme,  l'Écri- 
ture ,  l'histoire  sacrée  ;  on  explique  enfin  tout  ce  qui  fait 
ici-bas  l'objet  de  nos  plus  noblqs  investigations  (4).  » 

Pour  nous ,  qui  terminons  ici  une  longue  et  laborieuse      L*aatenr  croît 
tâche,  pouvons-nous  en  attendre  ce  résultat  dans  l'applica-  Joîîln^^'de  ' îâ 
tion  que  nous  en  avons  faite  aux  diverses  ramifications  de  "^*^'*» 
l'art  chrétien  ?  aurons-nous  fait  goûter  les  attraits  de  cette 
science  intime  du  plus  beau  culte  que  les  hommes  aient 
jamais  eu  ?  Nous  l'espérons  ;  nous  croyons  même  qu'on  nous 


(i)  Mffr  de  la  Boolllerie^  Lettre  à  Vauleury  du  !«'  septembre  iS69.  ^ 
Le  docte  prélat,  qui,  sur  le  simple  aperçu  de  notre  prospectus,  avait  si 
bien  compris  la  question  traitée  par  nous,  et  que  nous  remercions  res- 
pectueusement pour  ses  encouragements  et  sou  souffrage,  avait  publié 
en  M64  son  ÉtucU  sur  ie  symbolisme  de  la  nature ,  interprété  diaprés 
V Écriture  sainte  et  les  Pères,  C'est  une  démonstration  puisée  aux 
sources  que  nous  avons  interrogées  nous-même,  dans  un  but  plus  vaste, 
de  r  admirable  enseignement  dogmatique  et  tnorid  de  la  religion  par  le« 
objeM'^éé»  du  naondephysi^ue.  ' 


AU  HISTOIRE  DlT'«YliMU6Me. 

rendra  cette  ji»tiee  d'avoir  tenu  à  ne  rien  exagérer  des' doc- 
trines qui ,  on  Ta  vu ,  sont  moins  les  nôtres  que  ceUes  des 
plus  illustres  mattres.  Sans  quitter  jamais  leurs  traces  véné- 
rées ,  appuyant  de  leur  autorité  toutes  nos  opinions ,  nous 
avons  cherché  à  former  d'après  leurs  textes  fidèlement  ex- 
posés toutes  les  convictions  de  nos  lecteurs.  4)e  quelques 
imaginations  qu'on  ait  pu  nous  soupçonner  d'avance  en  se 
persuadant  que  nous  aspirions  à  donner  une  longue  série 
,  d'explications  hasardées  sur  des  sujets  encore  obscul^  ou 

ignorés ,  on  voit ,  en  arrivant  à  la*  fin  de  notre  <Ruvré ,  que 
nous  n'avons  rien  déduit  que  de  principes  sûrs ,  rien  pro- 
fessé qui  n'eût  son  origine  et  ses  preuves  dans  les  doctes  et 
imniortelles  pages  des  Livres  saints  et  de  la  tradition  :  heu- 
reux si  nous  avons  trouvé  dans  notre  amour  filial  pour 
l'Église  le  cœur  et  Tintelligence,  sans  lesquels  on  parlerait 
mal  de  sa  beauté  et  de  ses  grandeurs  ! 
et  teti  rapports      Au  reste,nous  n'en  doutons  pas  :  en  cherchant  à  ranimer 
Mcûi.  *   **"  *"  le  goût  et  à  réhabiliter  l'importance  du  spiritualisme  artis- 
tique ,  nous  avons,  pour  notr«  faible  part,  payé  notre  tribut 
d'écrivain  à  l'une  des  plus  importante  exigences  de  notre 
société  actuelle.  Au  milieu  de  ses  symptômes  de  mort ,  no 
voit-on  pas  qu'elle  se  décompose  au  contact  de  ce  matéria- 
lisme qui  atteint  par  ses  excès  aux  plus  funestes  consé- 
quences de  son  action  délétère  ?  Est-ce  en  la  laissant  mar- 
cher sur  cette  pente  perfide  qu'on  lui  rendra  sa  vie  et  son 
honnêteté  compromises  ?  Nous  savons  trop  par  une  longuiî 
expérience  que  c'est  augmenter  au  contraire ,  en  le  perpé- 
tuant jusqu'à  une  catastrophe  irrémissible,  le  mal  qui  la 
dévore  en  la  tuant.  Qui  pourra  nier  qu'après  de  si  violentes 
secousses  le  monde  ait  besoin  surtout  de  trouver  le  repos 
dans  les  doctrines  que  nous  avons  soutenues? 
inqaitftQdcB  et      Hélas!  quaud  l'heure  est  venue  de  nous  arrêter,  nos  sou^ 
p'^qu'î^îTiSênti;*"  vcnirs  nous  reportent  à  un  autre  livre,  à  notre  fftstoire  àt 
p^  w^es  ét^-  ia  cathédrale  de  PoUiers ,  qui  fut ,  il  y  a  vingt  ans ,  comme 
doB   rieows.       ^^  prcmicr  exposé  de  nos  principes  sur  le  symbolismifr. 


LE  ^HUTIf AUSMfi  ET  LA-  SOCIÉTÉ.  4 1 5 

Triste  et  siogalièr?  eolneidencel  aiors  les  fe^tiôfiâ  8*âgi- 
laient  dans  noire  patrie  frayée,  nos  dernièi'es  pages  s*ache- 
vaient  aux  grondements  du  canon  >  aux  hurtements  des 
fooiesameutées. ..;  et  aujourd'hui  «icore  nou» gémissons,  en 
écrîTant  ces  dernières  lignes,  sur  les  plus  grands  désastres 
que  notre  chère  France  ait  jamais  subis  1  L'Allemagne  héré- 
tique, à  un  signe  ambitieux  de  ses  Brandebourgs  aveuglés, 
s*e$t  ruée  avec  ses  hordes  barbajres  sur  la  t^re  de  Gharle- 
magne  et  de  S.  Louis.  Par  le  pillage,  le  meurtre  et  Tin- 
cendie ,  elle  y  a  surpassé  les  ravages  indescriptibles  des 
Vandales,  des  Suèves  et  des  Alains.  Longtemps  la  moitié  de 
nos  provinces  envahies  n*a  eu  que  des  cris  de  détresse  mêlés 
de  larmes  et  de  sang  !...  Et  quand  ces  horreurs  semblaient 
apaisées ,  quand  la  patrie  vaincue  dans  son  orgueil  et  sa 
force  respiraii  à  peine,  encore  étreinte  sous  ces  masses  de 
fer  et  de  feu  qui  venaient  d'écraser  les  hommes  en  effaçant 
les  villages  et  les  cités,  d'autres  orages  s'élevaient  non 
moins  furieux,  mais  sacrilèges  cette  fois,  et  le  sang  français, 
versé  par  des  mains  françaises,  marquait  par  le  meurtre,  les 
flammes  et  la  dévastation  la  dernière  étape  de  ces  stupides 
conquêtes  des  libertés  modernes,  dont  la  marche  funeste  ne 
s'est  jamais  signalée  que  par  les  ruines  et  la  mort  !  Fatales 
et  inexplicables  périodes  dans  la  vie  de  ce  peuple  si  long- 
temps le  fils  atné  de  l'Église  !  Il  semble  que  depuis  ses 
premiers  soulèvements  eontre  cette  Mère,  que  ses  maîtres 
nouveaux  osent  renier  encore;  depuis  cette  proclamation 
insensée  de  ses  prétendues  libertés  ^' toutes  contraires -aux 
droits  deDleu,  il  ne  peut  plus  distancer  que  de  viûgt  ans  à 
peine  les  catastrophes  qui  le  désolent  ;  et  plus  il  est  averti 
d*Ën-Haut,  plus  il  s'endurcità  ne  reconnaître  que  ses  idées, 
à  n'adorer  que  l'athéisme ,  à  humilier  son  antique  foi  !  — 
Et  au  milieu  de  ces  angoisses,  par  un  surcroit  de  châtiments 
providentiels  que  l'œil  humain  ne  sait  plus  reconnaître,  les 
roiSy  qui  s'abandonnent  eux-mêmes,  ont  déserté  les  camps 
de  la  France  qu'ils  auraient  dû  secourir;  ils  n'ont  écouté 


446  HISTOIRE  DU  SYMfiOUSM£. 

que  leurs  égoïstes  calculs!  Ils  ne  sont  plus  que  des  ravis^ 
seurs  de  territoire,  depuis  ce  roi  éphémère  de  Tltalie  déro- 
bant les  modestes  États  de  la  Papauté  martyrisée ,  jusqu'à 
cette  Prusse  qui  coiiun^n^ja^au  2>Qi2fèine  siècle  sa  grandeur 
par  une  apostasie ,  et  qui  croit  au  dix-neuvième  s'arroger 
impunément ,  par  la  violence  des  conquêtes  iniques,  rem- 
pire  de  cet  Occident  révolutionnaire  tombé  victime  avant 
tout  de  l'ineptie  de  ses  princes  ou  de  leur  coupable  lâcheté. 
Quand  verrons^nous  le  fond  de  éet  afaime  ?  quaad  le  monde 
se  reposeraHt-»il  de  ces  secousses  formidables  ?  quand  abfu- 
rera«-t*il  enfin  les  doctrines  farouches  qui  mettent  en  ques- 
tion les  fondements  mêmes  de  la  société,  et  la  menacent 
d'un  abaissement  sans  retour  ?... 

jDieu  le  sait ,  et  nous  lui  soumettons  son  avenir  comme 
le  nôtre.  Ce  que  nous  espérons  toutefois,  c'est  un  retour, 
pour  le  jour  marqué  par  sa  Providence,  aux  principes  impé- 
rissables de  la  foi  du  Christ,  à  une  restauration  chrétieiiiie 
qui  les  suivra.  Alors  on  reviendra  à  des  études  trop  négligées 
qui  dégoûteront  Thumanité,  mieux  instmite,  des  condam- 
nables chimères  qu'elle  préconisa  trop  longtemps...  Car 
nous  ne  pouvons  oublier  que  ce  Dieu  si  méconnu  est  sou- 
verainement bon  et  miséricordieux  ;  qu'il  peut  encore  nous 
sauver  en  faveur  de  son  ÉgUse  et  de  ses  éternelles  pro- 
messes; qu'il  aime  cette  espérance  du  cœur  humain  élevant 
le  nôtre  jusqu'à  Lui  ;  c'est  pourquoi ,  en  dépit  des  fatigues 
morales  de  la  France,  quoi  qu'il  en  soitdesesaocahtemeats 
et  de  ses|malheurs ,  nous  attendrons  avec  confiance*  après 
ces  ténébreuses  tempêtes ,  les  clartés  nouvelles  espérées  de 
beaucoup  comme  un  infaillible  symbole  de  consolation  et 
de  paix  ! 


PIN. 


APPENDICE. 


Les  deox  opuscules  suivants ,  déjà  publiés  en  deux  re- 
eueils  archéologiques,  nous  ont  semblé  résumer  soit  i'iftj- 
ioire  qu'on  vient  de  lire  du  Symbolisme  monumental^  soit 
la  Théorie  que  nous  avons  exposée  de  ses  moyens  pratiques, 
et  les  principes  de  son  application  aux  édifices  religieux. 
Chacun  d'eux  pourra  donc,  à  ce  double  point  de  vue, 
grouper  pour  nos  lecteurs  Tcnsemble  des  notions  fonda- 
mentales de  la  matière  :  on  verra  dans  Fun  la  marche  et  les 
développements  des  symboles  employés  par  l'architecture 
chrétienne,  de  Tépoque  des  catacombes  à  celle  de  Louis  XII 
et  de  François  P';  l'autre  indiquera,  par  une  suite  de  curieux 
exemples,  comment,  à  l'aide  des  remarques  nombreuses  em- 
pruntées aux  symbolistes  maintes  fois  cités  dans  notre  ou- 
vrage, on  peut  arriver  à  l'explication  de  ces  faits  plastiques 
restés  si  longtemps  à  l'état  de  mystères,  et  dont  nous 
espérons  qu'après  l'étude  de  nos  quatre  volumes  on  n'aura 
plus  aucune  raison  de  nier  la  portée  sérieuse  et  les  con- 
cluantes démonstrations. 

C'est  de  ces  deux  mémoires  que  M.  de  Gaumont  écrivait 
à  l'auteur  :  «  £n  relisant  le  premier,  je  le  trouve  plein  de 
choses  nouvelles,  et  je  ne  doute  pas  que  le  second  ne  soit 
lu  avec  autant  de  plaisir  que  de  profit.  » 


T.  it.  VI 


MÉMOIRE 


La  an  Congrès  sctentiflqae  de  Chartres  en  1869 , 

SUR 

roiiiGiNË,  LE  dëyeloppehënt  et  les  pkogMs 

BU  SYMBOLISME  BES  MONUMEI^TS  BELIGIECX, 

DES  PREMIERS  TEMPS  DE  L'ÈRE  CHRÉTIENNE  AU  Xll*  SIÈCLE. 

Et  sur  les  causes  qui, &  cette  dernière  époque,  en  modiflôrent 

si  puissammpnt  Ticonographie. 


Messieurs  , 

Vous  avez  indiqué  au  programme  de  voti*e  section  d'ar- 
chéologie trois  questions  que  j'ai  accueillies  comme  le  triple 
témoignage  d'un  progrès  réel  fait  dans  la  science  qui  nous 
occupe  ici  plus  spécialement.  En  reculant  de  vingt  années 
vers  le  berceau  de  ces  attrayantes  études,  nous  ne  trouvions 
à  l'égard  du  symbolisme  qu'une  incrédulité  presque  géné- 
rale, et,  pour  les  esprits  mieux  éclairés  qui  en  admettaient 
au  moins  la  possibilité,  il  y  avait  sur  la  question  eUe-méme 
tant  de  vague  dans  les  idées,  tant  de  doutes  sur  le  principe 
fondamental,  que  le  gros  des  archéologues  n'en  devisait  que 
par  grâce ,  et  dans  la  conviction  intime  qu'on  n'avait  pas  à 
les  discuter  sérieusement.  Quelques-uns  d'entre  vous  se 
peuvent  souvenir  qu'en  4847  je  me  fis,  au  Congrès  scienti- 
fique de  Tours,  le  premier  champion  de  cette  doctrine  qu'on 
accusait  S.  Bernard  d'avoir  réfutée ,  parce  que  S.  Bernard 
avait  été  tout  simplement  incomplètement  lu ,  et  partant 


420  APPENDICE. 

mal  compris.  Que  tes  temps  sont  changés/  Pendant  que^ 
resté  seul,  où  à  peu  pt^^,  de  mon  àvî$,  je  m'occupais  â  des 
rechéréhés  dont  le  résultât  minutieusement  élaboré  vase 
présenter  aux  savants  sous  la  forme  de  quatre  volumes 
lifi-^S",  je  voyais  peut  à  peu  dés  décourerles  se  nàultiplier , 
grossir  mon  propre  bagage,  exciter  mon  zèle  de  travailleur, 
et  confirmer  aux  yeux  du  public  lettré  toutes  mes  données 
personnelles  sur  ce  côté  mystérieux  de  nos  travaux  les  plus 
habituels.  Et  voilà  qu'auÎQurd'bui  nous  voyons  enlr^  daos 
lé  cadre  de  nos  élud^riarfions  l'i^oneé  ^e  troisthèses  qui , 
loin  d*émettre  encore  la  moindre  indécision  sur  la  réalité  du 
'  syDftbQliâme^  «liedtent  soia  existence,  et  s'ingénient  à  éelaii^r 
i  enfin  certaines  obscurités  de  son  hSstoifc.  V^u^'avez  de-' 
matidé  d'aA)or4  :     /  ;  .  .       :  <         ^ 

«  Quelle  01iatîoii  peut-ou  établir,  entre  les  sculpture^  9yoibo)iqu/eft; 
des  premiers  siècles  de  l*ère  chréUeune  el  celles  du  xii*'?  » 

,  -  '        •        r 

Puis  : 

«  Gomment  expliquer  Tapparition  aux  xi«  el  xii«  siècles  d'une  ima- 
gerie et  d'une  otnementation  si  différentes  de  celles  qui  ayaient  existé 
aaparaviuait(i)î  » 

Et  enfin  : 

«  Faire  connaître  les  modificntions  subies  par  les  sculptures  syipbo^ 
liquesdans  l'arcbitecture  religieuse  entre  le  v*  siècle  et  le  xiii*.  » 

Nous  Toici  donc  arrivés  sur  le  terrain  où  cette  partie 
si  intéressante  de  h  science  archéologique  a  le  droit  de  se 
présenter  entourée  du  respect  de  tous,  et  peut  se  donner 
carrière  sans  s'efiVayer,  comme  d*abord,  devant  les  sou- 
rires du  doute  et  les  injustices  d'une  injurieuse  répro- 
bation... 

Entrons ,  Messieurs ,  dans  ce  triple  examen  proposé  à 

(1)  U.  Société  frsnçaise  d'ardiéologt^  a  miflr  à  ]»  di^w^tion  du 
Congrès  une  médaille  d'argent  pour  être  offerte,  s'il  y  a  lien,  àraatevr 
du  mémoire  qui  aura  résolu  cette  question.  (Note  <iu  progritniîne.)   ' 


LE  STMBOLISIIE  DU  V*  AU  XU*  SliCLE.  424 

DOS  méditations  ;  et  pour  procéder  ipéthodiquem^at ,  fai-* 
sons-nous  de  la  première  dçé  questions  inscrites  à  notr^ 
programme  comme  un  chapitre  à  part  destiné  à  foriner 
avec  les  deux  suivants  un  ensemble  aus^i  coiu^uwtque 
possible. 

I. 

QûeU^  ftlifttlon  peulroù  établir  entre  le»  sculptures  symboliques  des 
pretnieni  siècles  de  rère  chrétienne  et  celles  du  xii*  t 

Il  est  certain  que ,  s'il  existe  une  différence  marquée  uïï*Î6**3«*r*'ïi 
enire  le  çymbelisme  cbrétim  des  premiers  siècles  et  celui  «i*  •«*«i«- 
du  xn'',  la  filiation  de  Tun  à  l'autre  n*en  est  fMis  moins 
très-sensible  à  l'observateur  qui  la  cherche.  On  trouve- 
rait cette  parenté  incontestable  dans  tous  les  détails  de 
la  liturgie,  dans  les  cérémonies  du  Saint  Sacrifice,  par 
exemple;  dans  le  plan  des  assemblées  religieuses,  dans  la 
forme  et  la  matière  des  sacrements ,  dans  l'usage  de  l'en- 
cens, de  l'eau  bénite,  du  signe  de  la  croix»  et  de  bien  d'aa- 
très  choses  dont  le  sens  mystique  a  traversé  les  périodes 
intermédiaires  pour  arriver  jusqu'à  nous.  Mais  nous  n'a- 
vons à  interroger  ici  que  l'architecture  et  son  omemen- 
tation  :  car  lés  deux  sont  inséparables,  et  chacune  d'elles  a 
son  langage  esthétique  également  plein  d'éloquence  et  de 
profondeur.  Ce  n'est  en  cfTet  que  parce  qu'on  avait  d^i^ 
trouvé  un  sens  au  monument  lui-même  dans  son  orienta^ 
tion  normale  imposée  par  les  Constitutions  apostoliques; 
dans  la  déviation  de  son  axe,  aussi  ancienne  que  la  liberté 
de  r£glise  ;  dans  S9^  triple  fenestration  absidale  et  dans  sa 
forme  de  croix  qui  ne  remontent  pas  moins  haut  ;  c'est  par 
toutep.çes  cai^ços  que  ces  mêmes monumentSi, ayant  à  se 
parer  des  richesses  d'un  art  plus  ou  moins  développé,  se 
virent  «ôirrerts  avec  pltis  oi>  moins  de  profusion  des  motifè 
sculptés  qui  font  le  sujet  de  nos  études.  Or  ces  sujets  du- 
rent tout  d'abord  se  réduire  h  un  petit  nombre,  le  champ 


422  APPENDICE. 

dans  lequel  on  pouvait  les  prendre  se  trouvant  relativement 
trèsrre&lreint.  '  .*      *      , 

Symbole»  des      i,'art  cUrétîen  a  commencé  dans  les  catacombes.  M^iis'là 

oa  voit  opérer  le  çiseau  beaucoup  moms  que  le  crayon'el 

».       •       •  .  '  "  "     *    ■ 

les  couleurs.  Le  symbolisme  s'y  borne  à  quelques  repré^ 
scrutations  d*abord  au$$i  énigmatiqucs,  aussi  obscures  que 
possible  du  Christ,  et  de  sa  sainte  Mère,  tantôt  sous  les  traits 
d'Orphée  jouant  du  luth  ou  d'inné  dame  romaine,  tantôt  ' 
sous  eaux  d'un  passeur  entouré  de  ses  brebis,  bu  d'une 
mère  tenant  un  enfant  qui  se  repose  entré  ses  bras  ;  ou  bien 
c'était  Npélâcbant  la  colombe  del'arclie,  Jona§  abrité  sous  le 
lierre  mii:aculeux,  çu  yomi  par  la  baleine... — Plus  tard,  îl 
est  vij'aiïjle  peintre  dissimule  moins  les  mystères  chrétiens; 
quan4  la  Croix  a  triompha  avec  Consta^itin,  les'cimetières 
sanctifiés  par  tant  de  martyrs  ne  cessent  pas  d*ôtre  honorés 
par  le  culte  ;  on  les  embellit  de  peintures  plus  expressives; 
les  épisodes  du  nouveau  Testament  s'y  rapprochent  des 
traits  prophétiques  de  l'ancienne  Loi  ;  la  flore  murale  s'y 
épanche  au  miUeu  des  lions,  des  colombes  et  des  agneaux  : 
tout  cela  avait  sa  signification  évidente,  et  les  moindres  dif- 
ficultés en  étaient  déjà  résolues  dans  le  Clavis  scripiurarum 
de  S.  Méliton,  évoque  de  Sardes,  mort  à  la  fin  du  n*  siècle. 
Us    en   •optent      H  n'est  guèrc  douteux  que  ces  motifs  d'enseignement  se 

pour    orner   l'w-  v  *  w 

ehiteeture  extë-  soicut  VUS  trausportés  dcs  éghscs  souterraines  dans  les 

basiliques  élevées  bientôt  si  nombreuses  sur  le  sol.  Nous  ne 
pouvons  penser  non  plus  que  beaucoup  de  sujets,  symbo- 
lisant au  fronton  des  temples  païens  quelques  idées  des  sa^ 
crifices  idolâtriques,  n'aient  passé  en  usage  chez  les  chré- 
tiens pour  signifier  dans  leurs  églises  des  idées  identiques, 
et  plus  justement  appliquées,  puisqu'aussi  bien  on  les 
empruntait  à  Tançien  temple  de  Salomon  [\).  De  là  à  Tor- 
nementatiou  sculpturale  il  n'y  avait  qu'un  pas,  et  nous 
croyons  fermement  que  l'art  n'aura  pas  tardé  à  le  franchir. 

'   • • 

(l)  Voir  le  ch.  vu  du  livre  lU  dee  Rois, 


rleore. 


LE  STUBOUSME  DU  V«  AU  XII*  SIÈCLE.  423 

Cependant  où  en  trouver  des  preuves?  Si  rares  qu'elles 
soient,  ne  les  voyons-nous  pas  appliquées  dès  le  iv*  siècle 
au.bap)tîstère  de  Saint-Jean  de  Poitiers,  où  les  poissons, 
figure  du  baptême  et  type  mystique  du  Sauveur,  nagent 
sur  les  ondes  sculptées  des  chapiteaux  du  sanctuaire  ?  Les 
symboles  observés  dans  les  cryptes  de  Jouarre,  et  qui  ne 
remontent  guère  moins  haut,  se  mêlent  sur  une  surface 
composite  à  Tacanthe,  dont  la  vertu  émolliente  signifie  la 
douceur;  à  la  feuilte  de  fougère,  symbole  de  rhumilité 
solitaire  ;  à  celle  du  chêne ,  qui  exprime  la  force  et  la 
durée  ,  par  conséquent  l'immortalité  ;  et  à  beaucoup 
d'autres  qui ,  faciles  à  rendre  par  une  imitation  plus  ou 
moins  réussie ,  sont  choisies  alors  de  préférence  par  des 
sculpteurs  peu  habiles ,  mais  n'en  ont  pas  moins  leur  vie 
symbolique ,  aussi  bien  que  les  béliers ,  les  taureaux ,  les 
oiseaux  buvant  au  même  vase  :  toutes  choses  qui  se  ren- 
contrent encore  çà  et  là  dans  les  débris  de  nos  monuments 
primitifs,  et  qui  ont  avec  le  laurier^  la  rose,  les  palmettes, 
les  dragons  et  autres  animaux  leur  origine  dans  les  cata- 
combes. 

A  ces  produits  du  terroir  vinrent  se  joindre  bientôt  les     soutm  d«  êfm- 
images  empruntées  des  Orientaux,  lesquelles  devinrent  plus  Pèret  gmt. 
familières  à  TOccidenl  à  mesure  que  les  Pères  de  TÊglise,       ' 
tirant  beaucoup  de  comparaisons  de  ce  pays  qu'ils  habi- 
taient ou  qu'ils  avaient  visité,  furent  lus  d'un  plus  grand 
nombre,  et  prêtèrent  à  l'art  religieux  un  secours  plus  op- 
portun et  plus  commode.  C'est  ainsi  qu'au  ii*  siècle  S.  Clé- 
ment d'Alexandrie  {\  )  explique  par  les  sphinx  et  les  chi- 
mères les  mystères  du  Christianisme,  qui,  venant  de  Dieu, 
sont  souvent  toutefois  enveloppés  de  nuages.  Le  sphinx, 
entre  autres,  est ,  dit-il,  la  chair  soumise  à  l'esprit.  Et, 
en  efTet,  le  symbolisme  n'étant  que  le  langage  de  l'esprit 
mis  au  service  des  objets  métaphysiques,  l'ai't  d'exprimer 

(I)  Strêmat.  Mh.X. 


424  APPENDICE. 


1  i 


des  idées  abstraites  par  des  terines  compris  (}e  tous  et.par 
des  représentations  qui  les  rendent  visibles,  on  fl^en  prqqoit , 
à  tout  pour  saisir  l'homme  des  vérités  de  la  foi,  et  toui^  les 
Les  tàgnw  les  imaginations  se  traduisaient  ep  pages  d'iconographie.  Les 

plus  simples  et  les  ,  :    .  .      '^^  .       .    j 

pins  radimentai-  quclqucs  rares  spécimens  qui  nous  restent  des  prem.ier? 

res  sont  les  plus    ^       /    ;  .^  '  \  -jmjl 

aiieieiu;  cssais  de  ce  genre  ne  peuvent  que  nous,  donner  fi9;e  yiée 

bien  incomplète  de  la  persistance  qu'on  niit  Cfxtaiaeoient 
à  les  multiplier  sous  la  main  du  sculpteur  ou  du  peintre. 
Ils  appartinrent  à  des  monuments  plusieurs  fois  détruits  et 
relevés,  et  en  si  petit  nombre  qu'on  les  remarque  dans  nos 
musées  lapidaires  :  on.  voit  bien  qu'ils  y  coast^tent  iwe 
préoccupation  artistique  née  d'une  pensée  surqatijirelle. 
De  là  ces  étoiles ,  ces  croix  ,  ces  raisins ,  ces.  va3e$  laissant 
épancher  de  côté  et  d'autre  des  plantes  .aqua!tiq;iies  dpnt . 
l'aspect  rappelle  naturellement  le  baptême  et  l^.v^éjt^tioa 
spirituelle  qu'y  puîsç  notre  âme.  Le  règne  animal  s'y  m^njr 
feste  aussi  par  les  dessins  rudimentaires  de  bêtes  %n% 
formes  hasardées,  de  figures  grimaçantes,  de  phyjsiopomies 
quasi-humaines,  trop  grossières  pour  être  recpnnaissablos, 
mais  évidemment  destinées  h  poser  les  éléments  d'uoç 
tous  empruntés,  démonologic  qui  ne  tardera  pas  à  se  perfectionner.  Et  dans 
aux  ëcriTains  eo'  tout  cck  il  faut  bicu  voir  des  reflets  des  auteurs  contem- 
porains :  vous  en  découvrez  les  traits  beaucoup  mieas  éta- 
blis dans  les  écrits  de  ces  grands  maître^  de  |a  doctrine  et 
de  la  morale  chrétienne,  dont  la  nomenclature  serait  inter- 
minable, mais  que  nous  signalerons  ici  en  ne  citant  que  les 
plus  célèbres  :  Hermas,  Irénée,  Justin,  Denys  l'Aréopagite, 
Cyprien ,  Jérôme ,  Hilaire  de  Poitiers,  Augustin,  Césaire, 
Grégoire,  Mdore  de  SéVille,  Hugues  de  Saint- Victor,  ci 
tant  d'autres  jusqu'à  S.  Befnard,  qui  clôt  la  série  des  Pères 
proprement  dits,  mais  à  la  suite  desquels  s'échelonnent» 
suivant  la  marche  de  chaque  siècle  jusqu'au  xv^,  une  élite 
de  hautes  intelligences ,  lesquelles ,  soit  qu'elles  partagent 
avec  les  premiers  l'honneur  que  l'Église  accorde  à  ses 
Saints ,  comme  S.  Thomas  d'A/|uin  ,  §.  Ansehiie  et  S.Bo- 


cléslMtiques, 


LE  SYMBOLISME  DV  V  à'u  Xll'  SIÈCLE.  423 

ndvéïiture,  soil  qu'elles  aient  mérité  son  respect  par  la 
dôtible  dignité  de  la  rertu  et  du  savoir,  forment  ce  gi*oupe 
imposant  de  grands  hommes,  de  savants  et  de  docteurs 
don!  les  écrits  sont  la  substance  et  le  développement  de  la 
thédlogîc  catholique,  et  par  cela  même  Texpression  par  le 
symboÎTSthe  le  plus  élevé  de  tout  ce  que  nos  pères  ont 
apprïs  et  aimé  dé  plus  séduisant  dans  Tordre  des  choses  • 
surnaturelles. 

Ainsi,  dans  cette  longue  période  qui  s'écoule,  sept  ou  huit  •*  formam  une 
fois  sé'culaiirè,  des  basiliques  de  S.  Sylvestre  et  Constantin  yant  une  m«me 
à  ÈeWes  de  S.  Bernard  et  de  Philippe-Auguste,  on  voit  se  dé-  même  but. 
terminer  très-nettement  la  filiation  dès  principes  symho- 
listiqti'es^  Les  mômes  idées,  sans  perdre  aucun  des  sym- 
boles^iqûi  lés  exprimèrent  d'abord,  se  reproduisent  partout 
sous  ctes  mêmes  formes,  sauf  à  leur  en  adjoindre  d'autres 
now  moins  éloquentes,  et  à  multiplier  ainsi  les  ressources 
des  artistes  à  mesure  qiie  la  multiplicité  des  monuments 
et  le  développement  de  leurs  dimensions  appellent  de  plus 
vastes  moyens  d'instruire  et  catéchiser. 

Oh  le  voit  donc,  cette  filiation  est  très-réelIè  ;  ce  n'est  pas 
une  chimère  créée  ici  pour  le  besoin  d'une  cause  douteuse: 
c'est  la  descendance  effective  et  légitime  d'une  idée  mère, 
se  présv^ntant  avec  sa  physionomie  de  famille  et  réclamant 
ses  droits  à  la  plus  légale  des  successions. 


IL 


Comment  ces  droite  eurcnt-i-ils  k  se  faire  valoir  au  xi''  siècle 
et  siirtçut  au  xu*"?  eu  d'autres  termes  : 

Cocnmeût  expliquer  ràpparîtion  aux  xi'  et  xii«  siècles  d'ane  imagerie 
et  d*aii6  oroemeotation  si  différentes  de  celles  qui  avaient  existé 
auparavant  ?  , 

C'est  encore  une  question  de  notre  programme  dans  la 
solution  de  laquelle  il  nous  faut  entrer  maintenant. 


426  APFENDICB. 


«  t 


Malheurs  de  l'Eu-      Qfi  Sait  de  quelles  épceuvos  crueUa»  TEi^MTope  fut  tonr-r 

rope    du    IV*    au  ^  *  * 

XI*  siècle.  montée  depuis  1&  fia  du  t¥*  sîèeie.  En  afr5  ^  le$  JIud^  a'en 

emparent;  les  Vandales  y  armant  en  A09i,  ravagent  )a 
Gaule  et  s'établissent  en  £sp»gnfe.  XJn  an  aprè^ ,  l'ItAlie  <el 
Rome  sont  pillés  par  les  Visîgetbs  v  ^ont  bientôt  VE^pagae 
subit  le  joug.  En  430^  les  francs  occupent  la  Belgique  ;  en 
9  454  ils  déf<mt  les  Huns  revenus  ajix  bords  de  la  NiariievCl 
qui ,  repousses  en  Italie,  n'y  finissent  leur  rôle  qu'avec  At- 
tila, mort  subitement  après  de  nouiveaux  ravagea  dans  cette 
raaibeureuse  contrée.  A  peine  les  dyni^ties  royales  ^ont 
fondées  en  France ,  que  leurs  querelles  de  famille  fomen- 
tent les  plus  triées  divisions,  d'où  suivent  des  guerres  în- 
ccssajnt^s ,  des  changements  de  maîtres ,.  dos  partages^  du 
territoire ,  et ,  avec  tant  de  troubles,  des  n^aJ^irs  pires 
encore ,  l'incendie  délruisant  tout  et  sansi  espoir  de  retour^ 
dans  les  cités  comme  dans  les  campagnes.  Le  r^^ne^o- 
rieux  de  Gharlemagne  n'est  qu'un  trop  court  intervalle  à 
tant  de  secousses  fimestes.  Les  Normans  n'attendaient  que 
sa  mort ,  et ,  en  843,  la  France  était  envahie  de  toutes  parts. 
Vous  savez  le  reste,  Messieurs,  et,  qui  plus  est ,  vous  voyez 
sous  les  ruines  qu'ils»  ont  faites  le  secret  de  ce  deuil  long- 
temps gardé  par  notre  architecture  nationale  *  et  qui  ne 
cesse  enfln  qu'à  l'avènement  d'une  nouvelle  dynastie  heu- 
reusement inaugurée  par  les  règnes  plus  tranquilles  d'Hu- 
gues Gapet  et  de  Robert. 
L'architecture      Pendant  Ics  agitations  qui  avaient  ainsi  tout  perdu ,  on 

symbolisme  arec  comprcnd  fort  bien  qu'on  s'adonnait  peu  h  construire  ou  à 

refaii'e  des  monuments  que  le  fer  et  le  feu  pouvaient  dé- 
molir et  briller  encore  lorsqu'à  peine  ils  eussent  été  inau- 
gurés, (j'est  à  ces  craintes  continuelles  qu'il  faut  attri- 
buer sans  doute  la  méthode  de  construction  employée  plus 
fréquemment  entre  le  v*  et  le  xi*  siècle  :  elle  consistait 
à  môlcr  de  rares  couches  de  briques,  des  moellons  et  des 
cliarpentes  relativement  assez  solides  à  d'épaisses  couches 
de  mortier  qui  se  durcissait  beaucoup  en  séchant  ;  et  c'est 


LE  SYMBOLISME  BU   V^  AC   XU'  SIÈCLE.  427 

ausi^î  à  quoi  tiofid  dèron»  attribuer  h^promptâ  restauration 
de- tantd'èj^Iiseg  q'Ai,  tictimes  de  la  guert*eou,di9sac€i* 
dentsF)  se  relevaient  en  moins  d'une  anaaée/ comme  rattes- 
tetit  maintes  fois,  dMs  \ék  chconiqnenrs^  les  dates  certaines 
détour  rtihve  et  de  lenrneuveUe  écHisécration.  II  est  oUir 
qff^en  pateil'cas  on  se  préoecupait  Irès^peu  de  sculpture^  non 
plus  que  dé  A^sque;  et ,  dans  ee  silence  de  l'une  et4e  Tautre, 
on*  (route  une  raison  toute  simple  de  k  ifareté  du  symbor 
lishie  artistique  aux  façades  et  :aux  pourtours  des  manu- 
mcffits  de  teîVd  époqpue  ou  des  cu^eux  débris  qui  nous  en 
sont  denieùréH.  La  période  ca^lovinkienpe,  les  48  années  du  mênM  pendant  u 

D        •-   7  période  carloTin- 

règne  de  Gharlemègne  surtout,  apportèrent,  il  est  vrai, quel-  vienne; 
que  heureuse  môdilicatlon  à  cette  pauvreté.  Le  grand  prUice 
qui  véîHa  tant  k  réédifier  les  églises  démolies,  et  qui  Jesfai*- 
sait  rétablir  selon  l'usage  et  avec  les  matériaux  dont  no«is 
parlions  tout  à*  Theure,  n'épargna  pas  cependant  son  trésor, 
pas  plus  que  son  zèle,  à  i>âtir  Notre-Dame  d'Aix-la-Chapelle, 
où  tout  fut  grandiose  et  digne  de  lui ,  quant  aux  bettes  « 

pierres  cahrées  (quadtato  lapide)  et  au  luxe  de  romemen- 
tation.  Mais  quelles  conclusions  en  pouvons^-nous  tirer  pour 
notre  sujet ,  quand  cette  belle  basilique  a  été  si  souvent  re- 
touchée, quand  les  modillons  simples  et  sans  figures  gri- 
maçantes qui  soutiennent  ses  corniches  extérieures  sont 
peûl'ètre  de  quelque  reprise  faite  plus  tard  en  restaurant 
TédiAce  {\  )  ?  Nous  en  pourrions  dire  autant  de  beaucoup 
d*aiHnes  églises  de  même  origine  aux  bords  du  Rhin,  dont 
Paspect  primitif  a  souffert  des  avanies  de  tant  de  siècles,  et 
auxquelles  on  ne  peut  attribuer  certainement  l'ornemMita- 
t ion  sculptée  qu'on  y  voit  encore  ;  pas  plus  qu'on  ne  sait 
quels  caractères  de  Symbolisme  avaient  pu  y  tracer  les 
peintres  gî*ecs  qui,  au  vui*  et  au  W  siède,  apportèrent' en 
Europe  le  talent  et  les  doctrines  artistiques  plersécntés  par 
les  iconoclastes  de  l'Orient. 

'  (1)  Voir  M!  de  Caatnoût,  fiw/?é?frn  mom/m.,  ni, Î3>. 


J 


42S  APPENDICE. 

«iftii  il  le  iiëTo.      C'est  vraiment  au  xi*  Mècle  qu'il  faut/remoatciry  et  Bon 
«!•«  au  delà,  pour  examiner  nos  plus  anciens  spéciin^os  du 

symbolisme  catholique  :  ils  abondant,. ils  varient  i^. Fit- 
fini  leurs  expressions^  ils  se  montrent  d'année. en.  année 
plus  parfaits  de  travail  et  plus  philosophiques  d*iA$pi ration; 
et  voici  à  quoi  est  due  cette  renai^ance ,  d'où  viennent  ots 
progrès  qui  amènent  l'art  »  par  une  mar<çhe  si  rapide  «t  si 
décidée,  à  tout  ce  que  nous  allons  lui  voir,  au  siècle  suivant, 
de  si  noble ,  de  si  théologique  et  de;  si  beau. 
d4jà  prépara  par  Et  d'abord,  remarquoujs  à  quel  point  se  sont  égaifés  quel- 
ques écrivains  qui  se  plaisent  à  nous  montrer  le  x**  siècle 
comme  un  temps  d'ignorance  grossière  et  de  complète 
obscurité  de  la  pensée.  Bien  loin  qu*il  en  fût  ainsi  y  k 
clergé ,  seul  dépositaire  alors  de  la  science,  nous  apparaît, 
si  nous  consultons  les  monuments  littéraires  de  l'époque, 
livré  autant  que  jamais  aux  études  sérieuses  ;  entre  ses 
mains  vit  toujours  le  feu  sacré  que  le  spuBle  des  passions 
•  humaines  éteint  de  toutes  parts. autour  de  lui»  Les  cloîtres 

avec  leur  paix,  les  moines  avec  cette  persévérance  d'habi- 
tudes  simples  et  laborieuses  qui  symbolisait  pour  ainsi  dire 
leur  vocation ,  étaient  soit  l'asile  du  bien,  soit  les  modèles 
respectés  des  vertus  modestes  qui  rendent  la  vie  utile  et  font 
le  plus  solide  contrepoids  aux  entraînements  contraires  des 
civilisations  agilées. 
grAoe  aaz  tvrns  G'cst  dans  Ics  monastèrcs ,  dans  les  évécbés  ^  dans  les 
oiergë,     '         chapitres  que  se  conserve  le  goût  des  arts  et  des  lettres. 

Évoques,  Chanoines,  religieux  n'ont  rien  abdiqué  dek 
direction  qu'ils  avaient  prise  et  retenue  avec  soin  dès  le 
commencement  des  constructions  et  des  ameublements  de 
leurs  temples.  Le  mouvement  monastique  n'éitaH  pas  en- 
travé ,  ni  les  études  trop  compromises,  quand  se  créaieqlt. 
en  9^0,  Tordre  de  Cluny,  bientôt  illustré  par  les  Odon  , 
les  Aimard  et  les  Mayeul  ;  les  monastères  bénédictins  de 
Saint-Gilles  du  Languedoc  en  925 ,  de  Socilange  en  928 , 
de  Saint-Benoit  près  Tours  en  931  ,  de  Saint-Jean-dWn- 


LE  SYMBOLISME  DU   V*  At  XU*  SIÈCLE.  4;jl9 

gély  en  942,  et,  de  960  à  999  ,  ceux  de  Saiat-André. 
dft' VilleBèu\^tez-AVîghdn ,  de  Saint-Aubin' d'Angers,  de 
Safail^Amand:  de  Bûlxe ,  et  tant  d^aatres  qui  constatent  par- 
Mtetnent ,  jusqu'au  nombre  de  plus  de  cinquante ,  corn- 
m^iil  V  dans  cette  seconde  moitié  du  x""  siècle ,  les  terreurs 
de:  Tan^^MO  ;  si  ftermemcnt  attestées  par  des  historiens 
irtéQédiîd ,  ne  sottt  qa*tine  contradiction  sans  fondement 
avec  celle  ardeur  architecturale  que  le  clergé  favorisait 
tant,  qui  se  manifesta  jusque  dans  Térection  de  beaucoup 
d*églises  rurales,  et' qui  ne  figure,  à  côté  des  protocoles 
de 4)ertAiiiefi  chartes  sur  la  fin  du  monde,  qu'afm  de  faire 
mieux  comprendre  que  ces  expressions  indiquaient  moins 
la-ei%hit6  d*urie  catïistrophe  prochaine  que  le  sentiment 
i'éne-tÈtQTï  tôi^^rs 'possiblie ,  dont  la  pensée  doit  exciter 
cette  des  bomieis  osu'vres  (i). 

.  (HttH  ^Hl  €fn  soit,  et  sans  savoir  quels  ornements  et  quelles  qm  »enonrritdeu 
moalures  vifn*ent  emtellir  ces  fnonuments  aune  époque  ««  *•  »•, 
dont  nous  n'avoiis  plus  de  vestiges  Incontestables,  cet  amour 
de  l'art  entreteuaitcelui  de  la  littérature  chrétienne,  c*étaitle 
temps  où  éclosaient  les  premières  tendances  à  quitter  le  latin 
pour  les  langues  vulgaires  sorties  de  lui.  Gerbert  et  Abboii 
de  Pleury  ranimèrent  le  goût  et  ressuscitèrent  Testime  des 
traraUx  séiîeux.  L'attrait  général  fit  revenir  à  rÉcritUiC 
sainte  et  aux  commentateurs  qui  s'en  étaient  occupés.  Ren)y 
d'Auxerre  aimait  à  exposer  le  sens  allégorique  des  pa^os 
sacrées.  Notker,  moine  de  Saint-Gall ,  fait  aussi  un  traité 
sur  les  intei*prètes  de  la  Bible ,  livre  plein  de  savantes 
considératioins  et  que  nous  tronvons  bien  moins  à  dédaigner 
que  ne  l'ont  voulu  faire  croire  certains  critiques  sans  auto- 
rité* Si  nous  jo^iguons  à  des  noms  ceux  d'Isaac  de  Langres , 
de  Raban-Maur  et  doRastierde  Vérone,  tous  florissant  pen- 
dant le  cours  de  ce  x*  siècle,  on  s'étonnera  de  Tavoir  vu 


(l).Nous  avons  développé  cette  cOdvictloi)  datisie  trolaiéme  voturoe 
de  notre  JHsiaire  et  Uiéori»  du  symbolisme  rfUgUus,  p.  18  et  ftuiv». 


et  y  trouTe  une 
ample  molMon  de 
symboUsme. 


,  si  décrié  et  de  ne  faTOir  observé  que  denson  Te6té'te  plus 
défavorable.  £n  lisant  ceâ  pages  trop  peo  connues ,  -Mérites 
par  des  hommes'  spéciaux  que  leurs  veilles  fanriliàFisaient 
continuellement  avec  les  sources  du  symboysme ,  on-voit 
quel  affectueux  commerce  ils  entretenaient  arec  le^Pèresqui 
les  avaient  devancés  ;  et  comme  déjà  leors  disciples  restés 
obscurs ,  mais  devenus  alors  les  dignes  collabonltéttrs  de 
leurs  œuvres ,  traduisaient  leors  pensées  dHns  la  eopie  de 
leurs  manuscrits  par  des  miniatures ,  deâ'lettt^es  ornées  et 
des  entourages  où  figuraient  les  images  coloriées  des  mons- 
tres hybrides ,  des  fleurs  emblématiques  et  des  tiliîts  histo- 
riques de  l'Apocalypse  et  des  l^ophètes ,  nous  ne  pouvons 
douter  qu'ils  préparassent  ainsi  tes  riches  et  curieuses  pa- 
rures que  la  sculpture  aOait  bientôt  prodiguer  aiw  vous- 
sures des  grandes  portes,  aux  triples  tympans  des  façades, 
aux  modillons  des  nefs  et  aux  métopes  des  latét^ux  exté- 
rieurs de  nos  grandioses  basiliques. 

Donc ,  première  cause  du  développement  inafteodu  de 
Ticonographie  chrétienne  au  xi'  siècle  :  le  retour  aux  études 
scripturaires  et  patristiques. 

C'est  en  de  tels  éléments,  source  profonde,  inépuisable,  de 
comparaisons  ingénieuses  consacrées  à  l'enseignement  de  la 
vérité,  que  le  génie  catholique  du  moyen  âge  trouva  les  in- 
nombrables motifs  de  son  merveilleux  symbolisme.  Qui  au- 
rait pu  ne  pas  comprendre,  parmi  ces  hommes  si  appliqués,  le 
parti  qu'en  pouvait  tirer  cette  architecture  plus  solide,  plus 
savante,  et  plus  exigeante  par  cela  même,  qui  yint  succéder 
aux  lourdes  masses  et  aux  lignes  incorrectes  deà  édifices 
lombards  ?  Dès  les  premières  années  de  la  troisrième  race , 
une  immense  rénovation  se  fait  dans  notre  architecture 
nationale,  ic  Les  campagnes  de  la  France,  dit  ftadulfeGlaber, 
se  couvrent  d*une  parure  de  blanches  églises,  »  et  mros 
savons,  par  le  grand  nombre  qui  nous  en  reste  encore,  de 

•b?rd^«w1;'*'îi  '"^."^  ^^^^^  '^  symbolique  y  figura.  L*idée  en  esl  d'abord 
groMfert,  timidc  ;  les  chapiteaux  se  garnissent  toujours  de  feuilles 


Autre  causé 
dans  lee  procrée 
de  Tarehiteeture 
reliffieuie  du  zi* 
■1 


»Uffl 

^e 


LE  dYMBOUàlU;  I>V   V*"   AC  Xir  SIÈCLS.  434 

grattes,  de  iosanges,  de  zigzags,  de  éesiU  de  sck,  objets  peu 
atUrayanC»  par  eux-mêmes  et  dont  Testbétique ,  s*il  y  en  a , 
n'est  pas  toujours  saisissable.  Les  corbelets  sont  une  série 
de  tètes  plaies,  de  visages  au  caractère  équivoque,  maïs  si- 
gnificatif, presque  toujours  effrayant  ;  les  «biens,  les  chevaux , 
les  bœufs ,  les  béliers ,  les  serpents  forment  au-devant  des 
frontons  une  série  peu  gracieuse  de  sujets  moraux  auxquels 
tiennent  se  mêler,  comme  au  hasard  et  sans  intention  ap- 
parente ,  des  motifs  tirés  de  Tastronomie ,  des  méti»^  de 
Tbomme ,  de  ses  habitudes  domestiques ,  de  ses  arts ,  de 
ses  occupations  guerrières  ou  champêtres.  Très-certaine- 
ment, il  y  a  dans  toutes  ces  images  un  sens  et  un  ensei- 
gnement :  on  ne  peut  plus  le  nier  dès  lors  qu'on  sait  les 
hautes  intelligences  qui  président  aux  moindres  détails  d'un 
monument  où  tout  doit  parler  de  Dieu  et  se  rapporter  à  son 
culte.  Mais  cet  art  du  tailleur  d'images  est  resté  si  long- 
temps inactif,  il  tâtonne  encore  si  maladroitement  dans  ses 
premiers  essais ,  qu'il  faut  bien  lui  accorder  le  bénéfice  des 
circonstances  atténuantes.  Il  est  d'ailleurs ,  quoique  non 
moins  grossier,  du  moins  un  peu  plus  heureiu  dans  l'imi- 
tation de  ses  animaux,  et,  si  l'on  ne  devine  pas  toujours  au 
premier  abord ,  on  verra  bientôt,  à  force  de  les  regarder, 
que  tel  quadrupède  est  bien  un  cheval ,  en  dépit  de  ses 
pattes ,  et  que  tel  autre  n'est  pas  un  chat  y  mais  un  lion , 
gr&ce  à  sa  longue  queue  enroulée,  et  peut-être  à  son  nom  qui 
figui*e  naïvement  tout  près  de  lui.  Mais  le  cheval,  le  lion  et 
mille  autres  ont  bien  une  signification  mystique  qu'il  faut 
leur  reconnaître ,  comme  à  tous  les  sujets  de  la  gent  ani- 
male :  et  déjà  Ton  voit  qu'avec  l'architecture  nouvelle  surgit 
une  méthode  plus  large,  empruntée  à  l'étude  des  théories 
esthétiques  répandues  dans  les  livres  des  docteurs* 

Il  y  a  plus  :  les  histoires  et  les  prophéties  des. deiux. Testa-  M<iMdM»taiieHx 
meota  eomme neent  à  poindi'e  ^ur  les  ityiupans  enpot^  mo-  mêine  siik^ie  ,*  ^ 
^ledteSr  on  aux  ftc^des^réduite»  alors  à  une  fenesfratîon  jpar- 
ckuonteuse*  Les  légendes,  des  Saints  y  hasardent  quelques 


432  APPENDICE. 

traits  de  leur  vie  ;  on  y  lit  cet  aatagonisme  du  bien  et  du  mal 
qui  se  résume  en  des  tentations  plus  ou  moins  acceptées,  en 
des  chasses  où  le  lièvre  et  le  cerf,  le  chasseur  et  les  chiens 
symbolisent  TAme  persécutée  et  Téternel  ennemi  qui  la 
et  entrent  dan*  poursuit.  Alnsi  sc  traduiscut  sur  la  pierre  les  comparaisons 
rUB.    ^"^     ^  et  les  métaphores  imagées  dont  le  style  des  Pères  se  colore. 

D*abord  indécis  et  lourd  de  formes  et  d'exécution  ,  le  faire 
ne  manque  pas  de  se  dégrossir  à  mesure  que  s'exerce  plus, 
dans  le  cours  du  xi""  siècle ,  la  main  d'ouvriers  qui  se  font 
**  artistes  ;  et  la  fin  de  cette  période  prélude  honorablement 

à  tout  ce  que  le  siècle  suivant  nous  léguera  d'intelligent,  de 
complet  et  de  merveilleusement  touché. 

Donc  encore ,  seconde  cause  des  progrès  du  symbolisme 
iconographie  au  xi""  siècle  :  l'architecture ,  qui  se  perfec- 
tionne, ouvre  la  voie  à  une  orneinentation  plus  active^  plus 
étendue ,  et  ce  système  décoratif  s'emprunte  aux  sources 
plus  abondantes  des  traités  mystiques  inspirés  au  clergé  par 
le  travail  incessant  de  son  enseignement  spirituel. 

Vous  le  voyez ,  Messieurs ,  j'ai  déjà  répondu  en  partie  à 
votre  troisième  question  : 

Faire  connaître  les  modiflcaUons  subies  par  les  scalpturee  symbo- 
Uques  entre  le  v«  siècle  et  le  xui*. 

Ce  qui  suit  va  compléter  ma  tâche,  car  il  ne  me  reste  plus 
qu'à  vous  parler  de  ce  qui  se  passa  dans  les  deux  dernières 
centuries,  où  le  symbolisme  s'agrandit  jusqu'à  devenir  une 
science  et  après  lesquelles  il  ne  déclina  que  pour  s'aflaisser. 


IIL 

Moatement  piit      En  effet ,  les  tcmarquables  progrès  que  je  viens  d*es* 
dnzn'eièeie;       qulsser  n'avaieut  pas atteint kuT  dernier  terme. Le  XII* sîècle 

apparaît  :  il  est  tout  préparé  à  recevoir  le  fruit  des  théo- 
ries antérieures.  Ses  basiliqiies  développées  en  d'immenses 
proportions  ;  ses  hautes  tours  affectant  des  formes  et  des 


LE  SYMBOLISME  AU  Xli^  SIÈCLE.  433 

élégances  jusque-là  inusitées  ;  ses  porches  aux  vastes  pé' 
nstjles ;  ses  voûtes  qui  tantôt  ée  courbent  en  berceaux, 
et  tantôt  se  relèvent  et  s'élancent  potir  obéir  aux  auda- 
cieuses gi^acieusetés  de  Togive  :  voilà  le  champ  spadeux , 
démesuré ,  où  vont  se  presser ,  à  côté  des  festons  et  des 
fleurs,  des  entrelacs  et  des  feuillages  ,  tous  ces  sujets  bi- 
bliques, toutes  ces  merveilleuses  scènes,  toutes  ces  larges 
allégories  qui  se  multiplient  à  l'Infini,  et  que  nous  admi- 
rôns  encore  comme  la  plus  haute  expression  de  la  théologie 
et  de  Tart.  Ëh  même  temps,  les  études  srmboltstiques  le*  ët«de« «ymbo- 

;  , ,  , .  *^  ''  *  Utdqaes  l'y  élar- 

reçoivent  une  impulsion  nouvelle  et  tout  analogue.  Hugues  iriasent. 
de  Saint- Victor,  Tune  des  lumières  du  temps,  déclare  que  le 
sens  mystique  des  Livres  saints  l'emporte  de  beaucoup  sur  le 
sens  naturel  (4).  Alors  se  pressent  eh  groupes  serrés  les  plus 
illustres  commentateurs  de  Méliton  :  Alain  le  Grand,  Gamier 
de  Rochefort,  Pierre  le  Chantre,  Pierrfe  de  Capoue ,  Thotnas  • 
de  Cantimpré,  S.  Bernard  surtout,  et,  à  sa  suite,  un  grand 
nombre  de  belles  intelligences  formées  à  Vécole  toute  ré- 
cente de  Claîrvaùx,  enfin  plusieurs  écrivains-  de  haute  va- 
leur,  demeurés  anonymes  à  Tombre  des  clottreis,  et  dont  les 
œuvres  n'en  furent  pas  moins  pour  ces  précieux  asiles  du 
savoir  autant  de  glorieux  souvenirs  de  leur  action  sur  le 
monde  moral. 
Nous  avons  surtout  à  remarquer ,  p^rmi  les  caractères     La  iMgne  »»êii. 

'  •  I    r         .  ,  rtohit     par   elle» 

ôyœkoliatiques  4lQ  ce  Siècle  >  que ,  pQur  mieux  servir  celte  J;^,,^"<»'"  °*>"' 
sduenee  d'interprétation  à  qui  la  langue  l;kabitueUe  ne  suffit 
plus,  on  9fi  Sait  un  langage  nouveau,  on  invente  des 
termes  pour  seconder  l'exubérance  du  symbolisme  qui 
envahit  tout ,  et  Ton  vient  à  dire  mysticare  (au  lieu  de  mys- 
iice  significare)  pour  rendre  plus  succinctement  cet  art  de 
parler  à  la  pensée ,  et  indiquer  par  un  seul  mot  une  mé- 
thode d'Interprétation  dohl=  le  retour  devenait  plus  ordi- 
tiaii^  qbe^'jamàte  (2).'  Oe  mot  rervient  assenai  fréqueiqmeht 

-  '  .  (O  Spfculfim.d^  mysteriis  Eccîesim,  cap.  i, 

(2)  Voir  le  P.  Cahier,  Hohogr.  des  èitr.'de  ÉtMrges,'^.  M  et  229. 

■  ■  ■  '  ''  t;  IV.  ••■•  '■■  ■  '■       ••     -    .  .        2li  . 


veaux  f 


434  APPENDICE. 

dans  Pierre  de  Riga  et  Hugues  de  Saint-Victor  :  le  premier 
rapplique  à  une  église  matérielle,  flgure  de  TÉglîsc,  épouse 
de  Jésus-Ghrist  :  Ecclesiam  mysticat  itla  domus  (^)  ;  le  se^ 
cond  le  reproduit  souvent  dans  son  Miroir  des  mystères  de 
r Église  (2) ,  et  le  rend  tout  à  fait  synonyme  de  significare, 
exprimerez  ostendere.  Nous  sommes  prêt  à  reconnaître, 
toutefois,  qu'un  mot  nouveau  ne  serait  en  lui-môme  qu'une 
preuve  assez  restreinte  d'un  mouvement  général  dans  les 
esprits ,  s'il  ne  coïncidait  pas  avec  une  méthode  d'inter- 
prétation jusque-là  inusitée  :  ainsi  voit-on  s'introduire  dans 
l'art ,  comme  dans  la  littérature  sacrée  d'où  il  procède ,  de 
plus  riches  données  qui ,  sans  altérer  le  sens  littéral  du 
dogme  ou  de  l'histoire  évangélique ,  en  exagèrent  quelque- 
fois la  portée  et  retendent  au  delà  du  sens  naturel ,  afin 
d'en  élargir  les  conséquences  mystiques  au  profit  des  âmes 
•t  de  nonTrfiet  '  contcmplatives.  Nos  symbolistes  appellent  cela  le  sens  super- 
wperhùtortque.  hxsiorique^  ct  tJi  douncut  pour  exemple  un  vitrail  de  la  ca- 
thédrale de  Bourges  où  le  peintre  de  la  Résurrection  repré- 
sente la  pierre  du  tombeau  renversée  au  moment  où  Jésus- 
Christ  en  sort ,  quoiqu'en  réalité  ce  fût  l'Ange  seulement 
qui  l'en  éloigna ,  pour  montrer  aux  Saintes  Femmes  que  le 
Sauveur  n'y  était  plus.  Au  reste  ,  ce  mysticismc-là  n'était 
.  pas  nouveau  sous  la  main  de  l'habile  directeur  des  magni- 
fiques verrières  :  dès  le  ix*  siècle,  La  Glose  ordinaire,  attri- 
buée par  d'habiles  critiques  à  Walafrid  Strabon ,  expliquait 
l'ouverture  du  tombeau  resté  vide  par  la  suppression  de 
l'ancienne  Loi  et  l'abrogation  des  figures  antiques  deve- 
nues vides  et  inutiles  après  l'accomplissement  des  prophé- 
cctte  m^thodo  tics.  Nous  voyons  donc  ce  système  d'exégèse  passer  dans  le 
mabTe  dê?art.  ^'  domaiue  de  l'art  ;  outre  son  introduction  dans  les  fenêtres 

(1)  Pelr.  de  Rig.,  In  Leviticum, 

(2j  Cap.  I  et  vu:  «Campanœ  predicatores  mysticanl.,.;  cancellus, 
bamilior  reliquo  corpore  ecclesise,  mysticat  quanta  humUitaa  dêbeat 
esse  in  clero...;  Sequentia  (id  est  prosa)  œternce  vitœ  myslieat  lau- 
des i> 


LE  SYMBOUSIfE  IV  XVT  SiÈGLfi.  43S 

coloriées,  on  la  lui  ménage  dans  les  manuscrits,  comme  on 
lé  TOit  dans  la  Bible  moralisée  de  la  bibliothèque  Richelieu, 
d^ns  YEmbUmaia  bibliea  du  même  dépôt ,  et  dans  le  beau 
recueil  de  Tabbesse  Herrade  deHoheubourg  (4).  On  le  dé- 
couvre aux  tympans  sculptés  de  nos  portes  monumentales, 
oix  le  gouffre  infernal  prend  la  forme  de  l'horrible  gueule 
d'un  monstre,  comme  à  la  cathédrale  de  Poitiers.  A  Notre- 
Dame  de  la  même  ville,  Nabuchodonosor  siège  avec  son  or- 
gueil ,  cause  de  sa  punition  exemplaire ,  auprès  d'Adam  et 
d'Eve  tentés  par  le  serpent  de  devenir  aussi  savants  que  Dieu. 
Ce  ne  sont  là  que  quelques  exemples  auxquels  nous  devons 
nous  borner  ici ,  et  que  nous  avons  multipliés  à  desseui 
dans  notre  grande  Histoire  du  symbolisme  (2)  ;  mais  qu'ils 
nous  suffisent  à  établir  ce  qu'il  y  eut  d'ingénieux  dans  la 
littérature  de  ce  siècle  tout  hiératique  où  l'artiste ,  sinon 
toujours  le  manœuvre,  entendait  parfaitement  le  sens  sur- 
naturel des  sujets  sacrés ,  et  recevait  du  prêtre ,  quand  il 
ne  l'était  pas  lui-même ,  tout  le  programme  spirituel  de 
son  travail. 

Maintenant  pourrions-nous  oublier  ces  types  aussi  eu-     Que  u  oM>rioe 
rieux  que  variés  devant  lesquels  se  sont  mille  fois  arrêtés  les  à  ^to^^tondôés 
regards  scrutateurs  d'archéologues  déçus  et  découragés,  ^IrisM.  " 
réduits ,  après  de  vaines  recherches ,  à  se  venger  de  ces 
logogriphes  en  leur  jetant  les  qualifications  décisives  de 
bizarres,  de  ridicules,  d'inexplicables  ?  Ce  n'étaient,  disait- 
on,  que  des  caprices  du  ciseau,  des  caricatures,  des  satyres  ; 
c'était  la  Peiiie  Presse  du  temps,  rendant  comme  elle  pou- 
vait aux  évoques  et  aux  moines  le  prix  de  l'oppression  que  le 
pauvre  peuple  subissait  sans  se  plaindre  il  est  vrai,  mais  en 
confiant  au  sculpteur  sorti  de  son  sein  le  soin  de  stigmatiser 
ces  mille  tyrans,  en  donnant  à  une  tête  mitrée,  à  un  front 

(1)  Ortus  deliciarum  y  victime  dans  la  bibliothèque  de  Strasbourg, 
avec  tant  d'autres  tfésors  littéraires,  du  bombardement  prussien  de    ' 
1871»  et  &  jamais  regrettable  1 

(2)  T.  n,  ch.  X. 


l 


436  APPENDICE.     . 

dénudé  par  la  tonsure ,  des  corps  de  serpent ,  des  pattes 

d*ours  ou  de  lion ,   des  carapaces  de  poisson  »  des  bec3 

8.  Benard  a«-  d*aigle  OU  des  crétes  de  coq.  Ou  avait  été  jusqu'à  rendre 

euaé  à  tort  dam  *      -* 

M  MM ,  complice  de  ces  reproches  ou  de  cette  ignorance  S.  Bernard 

lui-raéme,  qui  ne  blâmait  autre  chose  dans  ces  tableaux 
qu'une  inutile  profusion  de  sculptures  coûteuses,  peu  conve- 
nables aux  églises  de  gens  qui  faisaient  vœu  de  pauvreté{4  ). 
'  Les  sujets  hybrides  se  prêtant  mieux  qu'aucun  autre  à 
exprimer  dans  l'homme  les  vices  qui  distinguent  certains 
animaux,  on  en  faisait  l'application  à  toutes  les  conditions 
mauvaises  de  la  vie.  Les  sculptures  ainsi  conçues  devenaient 
autant  de  livres  où  se  lisaient  les  devoirs  de  cliacun  ;  c'étaient 
les  illustrations  des  livres  moraux  de  la  Bible,  ou  de  S.  Gré- 
goire le  Grand,  ou  de  tant  d'autres  ;  et  l'apparition,  dans  ces 
milieux  très-philosophiques,  de  prêtres,  d'évêques  et  de  re- 
ligieux prouvait  bien  moins  un  esprit  satirique,  impossible 
dans  les  auteurs  de  ces  œuvres,  qui  tous  étaient  honorés  du 
caj*actère  sacerdotal ,  qu'une  impartialité  aussi  religieuse 
aiu»i  bien  que  les  qu'houorablc  àu'cxemptcr  personne  de  ces  Icçons.Quant aux 
o  tcma.  sujets  cu  cux-mêmcs  et  à  leurs  formes,  aussi  utiles  au  fond 

que  bizarres  en  apparence,  ils  avaient,  comme  tout  le  reste, 
Messieurs,  comme  ces  obscœna  eux-mêmes,  qui  ne  furent 
jamais  que  la  traduction  de  certaines  prohibitions  divines 
de  la  débauche  des  sens  ;  oui,  ces  prétendues  bizarreries 
avaient  une  origine  très^respectablc ,  et  dont  le  certificat 
nous  est  donné  par  les  Pères  de  l'Église  orientale  (2). 
Ce  que  le  «ym-      Avcc  Ic  xu*  sièclc  s'ouvrc  l'èrc  dcs  croisades.  Ces  grandes 

boUtme  doit  aux  .  /<ii*  xi  «  j^i  i 

croisade!  des  xu«  cxcursious  étabusseut  entre  notre  monde  et  les  plages  asia- 
•txui'si    es.      niques  (jçs  relations  dont  l'architecture  profite.  Gomment 

les  arts  d'imitation  n'en  eussent-ils  pas  profité  ?  Le  style 
byzantin  adopté  par  l'Europe  devait  apporter  ses  orne- 
Ci)  J'ai  défendu  S.  Bernard  sur  ce  point  dans  le  même  ouvrage,  t.  U, 
p.  501  et  suiv.,—  et  S.  Nil,  accusé  aussi  d'être  opposé  au  symboUsme 
décoratif  (même  Tolume,  p.  SOI  et  suiv.)* 
(2)  Voir  Hist.  du  symbolisme,  i^  M,  ch.  tu 


LE  SYMBOLISME  AU  XU"  SIÈCLE.  437 

mentations  symboliques ,  dans  lesquelles  se  retrouvaient 
toutes  les  imaginations  de  la  Grèce,  les  natures  hybrides, 
les  animaux  fantastiques,  les  griffons,  les  sphinx,  les  si- 
rènes, les  dragons  et  toutes  les  variétés  si  nombreuses  de 
bêtes,  d*arbres,  de  fruits,  d'instruments  quelconques  dont 
se  couvrirent  les  murs  sacrés. 

Il  est  très-rare  qu'en  France  nous  trouvions ,  antéricu-  c'eê*  ]*oris^« 
rement  aux  croisades ,  quelques-uns  de  ces  motifs,  dont 
peut-être  certains  types  étaient  venus  s'y  égarer ,  comme 
en  Italie  et  en  Espagne,  à  l'époque  du  Bas-Empire.  On  pou- 
vait d'ailleurs  les  avoir  empruntés  depuis  longtemps  aux 
livres  de  Méliton  et  aux  bestiaires  que*  des  physiologues 
en  avaient  tirés.  Ce  qui  est  certain ,  c'est  que  le§  oiseaux 
à  tête  humaine  représentent  dans  Thumanité  les  vices 
ou  les  vertus  dont  ils  sont  l'emblème  :  le  griffon ,  sorte 
de  lion  ailé  ,  devint  le  symbole  du  Sauveur ,  lion  de  Juda , 
s'élevant  par  son  vol  mystique  bien  au-dessus  de  notre 
sphère  périssable  ,  et  déchirant  de  ses  ongles  puissants 
le  dragon  ,  qui  personnifie  l'ange  déchu.  Les  sirènes  ,^ 
démons  de  la  volupté,  attirent  les  âmes  par  leurs  chants 
et  les  tuent,  comme  on  le  voit  au  cloître  de  Saint-Aubin 
d'Angers  (^).  Le  basilic  a  le  même  caractère:  c'est  lui  que  le 
Psalmiste  fait  succomber  sous  les  pieds  du  Juste  qui  le 
foule  (2).  Mais  le  lion  a  parfois  une  tête  d'homme,  et  alors  Régie  det  oi»po- 
il  prend  le  rôle  de  l'esprit  tentateur  :  on  en  voit  deux,  entre 
autres,  à  un  chapiteau  de  Saint-Agnan,  à  Cosne-sur-Loirc, 
maîtrisant  un  homme  jusqu'à  le  faire  se  jouer  avec  eux', 
et  l'on  sait  ce  que  cette  familiarité  doit  amener  de  funeste  ; 
un  chapiteau  voisin  montre  un  autre  personnage  coiffé 
d'une  mitre,  domptant  d'une  main  un  lion,  de  Vautre  un 
griffon  qui  change  de  rôle  et  n'est  plus  qu'un  ennemi  par 
un  système  d'opposition  qui  prête,  selon  les  circonstances. 


(1)  Voir,  ci-après,  p.  448. 

(2)  a  Super  basiliBcum  ambulàbis.  »  {?$.,  xt,) 


suions. 


438  APPENDICE. 

àu  même  symbole  deux  significations  opposées  0).  S.  Ba- 
sile, S.-Au^stin  ont  des  textes  précis  sur  ces  principes 
incontestables,  et  la  plupart  des  sujets  auxquels  je  m'arfétç 
ici  très-succinctement  ont  leur  reproduction  et  leurs 
preuves  dans  votre  Bulletin  monumental^  dont  les  tables 
feront  aisément  retrouver  leurs  traces. 
coBBMdoB  mo-  Après  de  telles  éludes,  qui  se  dégagent,  on  le  voit,  de 
symboles  et  r*r.  toul  svstème  préconçu ,  et  dont  les  déductions  naissent 

ohiteetare     ohré- 

tienne  de  tous  les  très-^atuf  cUement  des  plus  sûres  données  de  Thistoire  de 

l'art,  comment  s'étonner  de  voir  le  symbolisme  envahir 
tous  les  côtés  de  notre  architecture  religieuse,  s'accrocher 
pour  ainsi  dire  à  tous  ses  détails^  et  seconder  le  ftiire  ma- 
jestueux de  l'architecte  par  l'opulente  et  philosophique 
profusion  des  conceptions  iconographiques  ?  Maintes  fois 
ne  sommes-nous  pas  restés  immobiles,  attentifs,  et  dans 
une  sorte  d'extase  ,  devant  ces  immenses  pages  de  pierre, 
qui  préludent  par  de  grandioses  façades  aux  cathédrales 
de  Chartres ,  de  Beauvais,  d'Amiens,  de  Poitiers,  d'Alby, 
de  Valence  ou  de  Bayeux  ?. . .  Que  de  secrets  dans  ces  tra- 
vaux, qui  ne  sont  pas  moins  ceux  de  la  pensée  que  de  la 
main  de  l'homme  !  Que  d'application  pour  en  comprendre 
le  mysticisme  sérieux,  la  théologie  élevée  I  et  comme  U 
existe  une  réelle  filiation  entre  ces  beaux  monuments,  dont 
les  plus  anciens  ont  inspiré  ceux  qui  les  suivent  !  Ainsi 
leur  ornementation  plus  parfaite  s'explique  dans  les  progrès 
par  ses  analogies  avec  les  types  primitifs  ;  nous  voyons  à 
tous  les  âgés  une  arcliitecture  exclusivement  religieuse, 
qui  ne  convient  qu'à  la  prière  et  au  sacriâce  du  chrétien  ; 
et,  se  prêtant  à  la  parer,  une  imagerie  à  part  qui,  renfermée 
d'abord  en  un  cercle  étroit,  et  se  bornant  à  répéter  en  tous 
lieux  ses  quelques  sujets  convenus,  n'en  arrive  pas  moins, 
par  des  manifestations  successives,  à  se  faire  digne  des  plus 
magnifiques  monuments,  dont  le  style  a  également  grandi  à 

(1)  Voir  Hisieire  du  symbolisme,  t.  J,  p.  128,  300. 


LE  SYMBOLISME  AU  XIl'  fllÈGLB.  4^9 

travers  les  variations  de  nos  douze  premiers  siècles»  Le  génie 
humain  s*est  donc  plu  à  faire  marcher  d'un  pas  égal  ces 
deux  magnifiques  expressions  de  la  pensée  catholique  :  k 
construction  architecturale  et  les  arts  du  dessin  que  rien 
n'en  pouvait  séparer.  Ce  furent  deux  amis  qui  s'avancèrent 
ensemble  dans  la  vie  des  peuples,  qui  se  retrouvèrent  atec 
amour  quand  des  malheurs  de  famille  les  eurent  parfois^ 
violemment  séparés ,  et  pour  lesquels  Horace  semblerait 
avoir  fait  ce  joli  vers  : 

...,AUerius  sic 
ÀUera  poscU  opem  res,  et  conjurât  amicé. 

Telles  sont,  Messieurs,  les  solutions  que  je  crois  pouvoir 
donner  aux  problèmes  posés  par  vous  sur  cette  intéressante 
matière.  Je  n'y  pouvais  arriver  sans  répondre,  par  cela 
même ,  à  la  troisième  question ,  qui  se  trouve  résolue  à 
la  fois,  puisqu'en  parlant  de  l'affinité  supposée  «  entre  les 
sculptures  symboliques  des  premiers  siècles  et  celles  du 
XII*,  »  il  me  fallait  parcourir  tout  cet  intervalle  et  m'y 
arrêter  aux  frappantes  analogies  comme  aux  différences 
sensibles  qui  y  signalent  les  allures  progressives  de  l'esthé- 
tique monumentale  :  heureux  si,  en  projetant  ici ,  d'après 
d'illustres  devanciers  trop  peu  connus,  des  lueurs  nouvelles  ' 
sur  des  obscurités  qui  se  dissipent  chaque  jour  davan- 
tage ^  il  m'est  donné  de  faire  passer  avec  elles  dans  vos 
esprits  des  convictions  d'autant  plus  profondes  pour  moi, 
qu'à  la  suite  de  patientes  et  laborieuses  recherches  elles 
sont  devenues  dans  ma  conscience  une  dés  formes  de  la 
vérité. 

Poitiers^  8  août  1869. 


•  •        *  f 


r    ■* 


-a  Hua 


MÉMOIRE 

SUR  DES  SCULPTURES  SYMBOLIQUES 

DES  XI"^  ET  XII*  SIÈCLES , 


R«^ii6  i  lia  lettre  iàmik  pir  M.  de  Caumdi«t  , 
i  M.  TibM  AuBKR. 


•^1 1 


Monsieur  et  cher  Directeur  , 

Notre  public  du  Bulletin  monumental  a  pu  s'étonner  de    .  cau«j  et  occa. 

^  ^  tioB  de  cet  écrit. 

mon  silence  après  votre  lettre  insérée  au  4*  cahier  de  i  870  (^  ) . 
Voici ,  en  effet ,  douze  mois  bien  comptés  qu'elle  a  été  pu- 
bliée. Mais  dans  ce  long  intervalle ,  dans  cette  année ,  la 
plus  longue  à  mon  avis  qui  ait  pesé  sur  le  cœur  de  la  France 
contemporaine,  que  de  raisons  engourdissaient  nos  plumes, 
arrêtées  à  la  fois  par  les  plus  graves  préoccupations ,  par  les 
dérangements  imposés  à  toutes  nos  provinces,  et  surtout 
par  l'interruption  des  communications  postales,  grâce  aux- 
quelles tant  de  lettres  n'arrivèrent  à  leur  but  que  deux 
mois  après  leur  date,  plus  heureuses  encore  que  celles  qui 
n'arrivèrent  pas  du  tout  ! 

Vous  proposiez  à  mes  réflexions  de  nombreux  sujets  d'ico- 
nographie épars  aux  frontons ,  aux  tympans  ou  aux  chapi- 
teaux de  nos  églises.  Ces  spécimens  portent  avec  eux ,  sur 
les  bois  qui  les  représentent  fidèlement,  des  caractères 
d'originalité  mystérieuse  dont,  effectivement,  l'esprit  et 

(1)  p.  297  et  «liv.  du  36'  volume. 


rai 


442  APPEzn>iCB. 

Fimaginfttîoii  se  trouYent  tout  d'abord  étonnés.  Mais  on  Test 
moins  soi-même  quand  de  longues  et  sérieuses  études  ont 
lait  retrouver  en  mille  endroits  des  images  identiques,  soit 
peintes,  soit  sculptées,  et  que,  nonobstant  les  variantes 
plus  ou  moins  sensibles  de  leur  faire ,  lesquelles  viennent 
du  plus  on  moins  d'intelligence  de  Fartiste ,  on  y  voit  avec 
raison  la  traduction  des  nombreuses  données  symboliques 
jetées  dans  TÉcriture  sainte ,  dans  les  Pères ,  dans  les  bes- 
tiaires on  la  flore  murale ,  ou  les  fabliaux  enfin ,  quoique 
cenx-ci  ne  surviennent  an  plus  tôt  que  pendant  le  xni"  siède, 
pour  se  perpétuer  jusqu'au  xvi*,  où  est  la  décadence  du  sym- 
bolisme, 
lurehe  pro^rM-      Vous  avez  pu  voir,  Mouslcur  et  honoré  maître,  que,  corn- 
Le^Bt^'  blant  le  vidé  que  vous  signalez  dans  les  études  faites  jusqu'à 
présent  de  l'iconographie  chrétienne ,  je  ne  m'en  suis  pas 
tenu  aux  catacombes,  sources  primitives  et  fécondes  de 
nos  plus  anciennes  peintures  sacrées.  L'architecture  ro- 
mane 'des  XI*  et  xn*  siècles  dut  avoir  et  eut  en  effet  son 
style  iconologique  parfaitement  d'accord  avec  celui  des  mo- 
numents décorés  par  lui;  et  je  suis  parfaitement  de  votre 
avis  sur  l'ornementation  mérovingienne  qui  les  précéda  : 
nous  en  avons  des  restes  assez  nombreux,  quoique  relative- 
ment rares,  et  assez  bien  examinés  de  notre  temp&  pour  dé^ 
montrer  que  la  décoration  sculpturale  sous  la  première  race, 
et  même  sous  la  seconde,  sempprocha  beaucoup  de  ce  que 
nous  a  laissé  le  siècle  de  Philippe-Auguste  et  de  Robert. 
Quant  aux  nouveautés  qui  surgissent  alors  sous  la  main  des 
sculpteurs,  vous  me  demandez  «  quels  germes  peuvent  les 
avoir  produites.  »  Ces  germes  sont  tous,  je  l'ai  dit  (t),  dans 
l'étude  plus  répandue  des  livres  bibliques  et  des  auteurs 
sacrés,  dont  le  goût  se  ranima  dans  les  cloîtres  au  souffle  de 
la  paix  et  au  contact  de  l'art  qu'elle  servit  à  développer.  Vous 
savez ,  toutefois,  que  ces  premiers  essais  Jlirent  d'assez  gros- 

1^  Conpr,' scienl.de  &^(ïr/r.,p.  4ô9,iii-8»,l870,  —  etci-dessuf.p  iSS. 


TYPBS  SYMBOLIQUES  p^  JU^  ET  XU*  SIÈCLES.  4{^ 

sièi:^  ébauches  :  dçs  pj^nj^  4  peiiiç  ()je^iq,éQ^  »  /jiçs  );^ 
plates  rangées  en  modillons ,  de  r^res  parujços  ff^^iidàroitù^ 
meut  fouillées  en  chapiteaux  historiés  ;  c^était  tout ,  et  celd. 
ne  Yous  a  paru  longtemps  qu'une  suite  de  grotesq^ues  et 
inexplicables  bizarreries ,  quoique  au  fond  i}  falhit  y  cher- 
cher un  langage  mystique  dont  le  sens  n-est  plus  douteux 
aujourd'hui.  Mais  ces  germes  n'en  furent  pas  moins  le  point 
de  départ  de  toute  cette  inestimable  ThéQrie  que  je  me  suis 
attaché  à  développer  dans  mon  Histoire,  et  j'y  rattache  for- 
cément tous  les  sujets  dont  vous  réclaipez  de  mpi  l'expUca- 
tion  motivée.  Donc,  en  abordant  la  solution  de  ces  pro- 
blèmes ,  et  pour  leur  donner  aux  yeux  de  nos  lecteurs  une 
clarté  indispensable,  je  vais  les  suivre  dans  l'ordre  indiqué 
p^  votre  lettre,  et  j'essaierai  d'en  donner  d*autant  plus 
la  démonstration  et  rintelligence. 
Et ,  d*abord ,  il  n'est  pas  douteux  que  ces  chapiteaux  et     n  procède  ©«- 

tainement  par  d<M 

autres  motifs  de  décoration  qui  les  accompagnent,   au  imug^m, 
nombre  de  seize,  soient  tout  à  fait  symboUques.  Leur  inter- 
prétation va  le  prouver. 


1. 


Yoici  deux  oiseaux  hybrides  :  leurs  pattes,  leurs  ailes,      l«»  âmes  per- 

dnM  abAndonnéM 

leur  ventre ,  par  conséquent  tout  le  milieu  de  leur  corps ,  às«tan. 
sont  d'un  oiseau  ordinaire  :  l'avant-corps ,  soit  le  cou  et  la  < 
tète,  puis  l'arrière-corps  ou  la  queue,  sont  évidemment  d'un 
serpent.  Or  ces  natures  mélangées  de  bien  et  de  mal  con- 
viennent surtout  au  démon,  qui  s'en  sert  pour  procéder  à 
ses  tentations  ou  pour  accomplir  ses  malices  avec  le  double 
bénéfice  de  sa  méchanceté  systématique  et  des  formes  hy* 
pocrites  qui  les  font  réussir.  Disons  en  passant  que ,  sans 
nier  rfnfluenqe  que  peuvei^t  ^yoir  exercée  certaines  fables 
des  naturalistes  anciens  sur  l'imagination  des  artistes  qui 
inventèrent  les  hybriciçs,.  ils  purent  bien  aussi  en  puiser 


444  *  APPENDICE. 

ridée  dans  une  des  prohibitions  du  Lévitique  classant  la 
cbauve-souris  parmi  les  animaux  impurs  qu*il  était  défenda 
de  mangcr,et  ajoutant  comme  principe  général  qu'on  suivrait 
la  même  règle  à  l'égard  de  tout  quadrupède  ailé  (^  ) .  Il  n*y  avait 
pas  loin  de  là  à  tout  un  système  de  symbolisme ,  créant  au 
besoin  des  animaux  auxquels  on  prêta  toutes  les  mauvaises 
qualités  de  leurs  mauvaises  natures  réunies  :  de  là  ces  qua- 
drupèdes ailés,  ces  volatiles  à  quatre  pattes  si  souvent  em- 
ployés dans  l'art  chrétien .  Mais  ici  que  voyons-nous  faire  par 
ces  oiseaux?  ils  mangent  deux  tètes  d'hommes.  Chacun  a  la 
sienne,  et  ils  semblent  s'attaquer  principalement  à  la  partie 
supérieure  du  crâne.  Ces  têtes  de  morts  font  leurs  délices, 
et  ils  mettent  à  dévorer  cette  proie  une  sorte  d'acharne- 
ment. Ce  sont  bien  là  les  caractères  reconnus  de  l'ennemi 
des  âmes  dont  S.  Grégoire  a  dit  que  «  la  vie  du  pécheur  est 
sa  nourriture  (2),  »  et  Herrade ,  dans  son  Ortus  deliciarum, 
<c  qu'il  aime  à  sucer  nos  crimes  :  » 

Sic  Satan  aUmwn  crimina  nostra  sngit. 

Que  si  nous  considtons  sur  le  symbolisme  des  oiseaux  les 
mystiques  du  moyen  âge,  nous  les  voyons  s'accorder  sur  le 
sens  figuratif  qu'il  faut  attacher  soit  aux  oiseaux  purs  ou 
impurs  que  le  Lévitique  permet  ou  interdit  aux  Hébreux 
comme  nouiriture  ,  soit  aux  oiseaux  de  proie  ou  à  ceux 
dont  les  mœurs  sont  douces  et  innocentes.  Ces  derniers  sont 
toujours  pris  en  bonne  part;  les  autres,  au  contraire,  em- 
portent toujours  une  idée  de  crime  ou  de  persécution ,  de 
rapine  ou  d'assassinat.  Ce  sont  ceux-là  qui  se  nourrissent 
de  cadavres,  et  servent  par  cela  môme ,  démons  toujours 
prêts  à  mal  faire ,  les  justes  vengeances  d'En-Haut  contre 
l'impie  et  le  méchant.  C'est  ainsi  que,  dans  le  Deutéronome, 

(1)  «  €k)niedere  non  debetis  ▼«spertiU^oem...  Omne  de  volacribas 
qaod  graditur  super  qfuatuor  pedes,  abomiuabile  erit  vobis*  »  (Leml-» 
xni,  20.) 

'2)  «  Vita  peccatorifl  cibus  esit  serpentis.  »  [Moralium  lib.  ï.) 


TYPES  SYHB0Ll<2tJEd  DES  XI*"  ET  XIl^  SIÈCLES.  4^5 

on  voit  ce  même  supplice  promis  en  propres  termes  à  ceux 
qui  provoquent  la  colère  divine  par  les  abominations  de 
Tidolâtrie  et  des  crimes  qu'elle  enfante  (<}.  Ainsi  encore  on 
voit  dans  TApocalypse  «  les  oiseaux  du  ciel  appelés  par  un 
Ange  à  dévorer  les  chairs  des  rois ,  de  leurs  officiers  et  de 
leurs  ministres ,  des  hommes  libres  et  des  esclaves ,  des 
petits  et  des  grands  »  qui  dans  le  paganisme  auraient  per- 
sécuté l'Église  et  ses  fidèles  (2).  Ainsi  encore  nous  lisons  dans 
un  psaume  les  plaintes  de  Jérusalem  désolée,  se  lamentant 
sur  ses  propres  ruines ,  et  accusant  «  les  nations  entrées 
dans  l'héritage  du  Seigneur  d'avoir  exposé  les  corps  morts 
de  ses  serviteurs  et  les  chairs  de  ses  Saints  pour  servir  de 
nourriture  aux  oiseaux  du  ciel  (3).  » —  Qui  peut,  en  contem- 
plant le  chapiteau  qui  nous  occupe ,  et  connaissant  ces 
textes  prophétiques,  ne  pas  reconnaître  évidemment  toutes 
ces  notions  traduites  ici  sur  la  pierre  ?  Pour  peu  qu'on  ait 
observé  la  métliode  habituelle  de  nos  iconographes,  on  sait 
bien  qu'afin  de  ménager  l'espace  et  de  simplifier  le  travail, 
l'artiste  s'est  borné  le  plus  souvent  à  exprimer  par  des  unités 
les  multiples  qui  sont  dans  sa  pensée  :  un  arbre  pour  une 
forèl,  un  porc  ou  une  brebis  pour  un  troupeau,  un  chion 
et  un  animal  fuyant  devant  lui  pour  une  chasse.  Le  difficile 
est  ici  de  distinguer  si  nos  oiseaux  de  proie  s'acharnent  à 
des  martyrs  à  titre  de  persécuteurs,  ou  à  des  chairs 
mortes  dont  ils  se  repaissent.  Mais  qu'importe?  ce  qui  c^t 
certain  ,  c'est  qu'ils  sont  d'une  nature  plus  qu'équivoque  ; 
c'est  que  ces  têtes  humaines  sont  bien  là  pour  représenter 

(1)  «  ProTocaverunt  me  in  dm  aUenis,  et  in  abominationibus  ad  ira- 
cnndiam  concitaverant  :  et  devorabunl  eos  aves  morsu  amarissimo,  m 
(Dealer.,  xxxn,  16,  24.) 

(2)  «  Vidi  Ange  lu  m...,  et  ctamavit...  dicens  omnibus  avibus  :  Veniie 
et  eongregamini  ad  cœnam  magnam  Del.  »  (Apoc.^  xvl,  17.)^  Cf.  mon 
expiicaUon  du  symboiiame  de  l'Apocalypse^  Hisl,  du  symb.,  t.  l\, 
p.  321. 

(3)  «  Deus,  Tenerunt  gentee  in  hsdreditatem  tnam...;  posuenmt  tnor- 
îicina  servorum  iuontmr  escas  ^latilUms  eœli,  cames  Sanctcrum 
iuorum  btsiiis  terrw.  »  (Ps.,  Lxxvni^  2.) 


ÂH  APPENDtCe. 

l'humaBÎté ,  et  que  la  leçon  donnée  par  une  telle  image 
dans  une  église  chrétienne  est  bien  de  craindre  le  dépré- 
dateur infernal ,  qui  cherche  toujours  quelqu'un  à  dévorer 
parmi  nous  (4),  c'est-à-dire  les  conséquences  d'une  vie  cri- 
minelle, après  laquelle  ce  corps,  si  choyé  pendant  son  exis- 
tence terrestre  au  festin  des  mauvaises  passions ,  pourrait 
bien  derenir  la  proie  du  cruel  ennemi  qui  l'aurait  trompé. 


IL 


L*  rMherehe      Autrc  chapitcau  représentant  une  scène  non  moins  sym- 

du  bien  et  1*  Ailt«  i  i 

da  wml  bolique.  —  Deux  lions  regardent  en  s  en  détournant  un 

arbre  qui  les  sépare  et  qui  n'est  autre  que  le  Hom  ,  arbre 
sacré  des  traditions  orientales  perpétuant  celle  de  V Arbre 
de  vie  du  Paradis  terrestre.  On  sait  que  cet  arbre  était  celui 
du  bien  et  du  mal  :  l'un  ou  l'autre  peut  donc  s'être  repro- 
duit sous  le  ciseau ,  qui  symbolise  tantôt  l'empressemeDl 
des  âmes  à  chercher  le  bien  et  la  vertu,  tantôt  leuréloi- 
gnement  de  ce  qui  est  vicieux  ou  mauvais,  et  aussi  parfois 
le  sentiment  contraire  qui  fait  aspirer  au  mal  et  détourner 
de  ce  qui  est  bon.  De  là  ce  type  où  nous  voyons  les  deiu 
lions  réalisant  certainement  une  de  ces  idées,  selon  qu'on 
les  prend  en  bonne  ou  en  mauvaise  part.  Ainsi ,  en  consul-: 
tant  La  Clef  des  Écritures^  de  S.  MéUton,  évoque  de  Sardes 
au  n*  siècle ,  nous  voyons  que  cet  animal  est  tantôt  Jésus- 
Christ  pour  sa  force ,  sa  noblesse  et  sa  générosité ,  tantôt 
le  démon  pour  ses  habitudes  de  cruauté  et  de  rapine  (2). 
Donc  nous  avons  sous  les  yeux  ou  l'homme  au  caractère  dur 
et  irréUgieux  s'éloignant  de  l'arbre  de  vie,  ou  l'âme  honnête 
et  religieuse  se  détournant  des  fruits  empoisonnés  du  mal. 
Dans  le  premier  cas,  ce  pourrait  être  encore  l'hérésie  fuyant 
la  nourriture  sacrée,  comme  on  la  voit  figurée  souvent  par 

(1)  «  Léo...  circuit  quœrens  quam  devoret.  »  (1  Pelr,^  \,  80 

(2)  Cf.  Spicilegium  Solesmense,  du  cardinal  Pilra,  in4«,  t.*  UI,  p.  5f.' 


TVPES  SYMBOLIOL'ES  DES  Xl'  ET  XII*  SIÈCLES.  447 

deux  colombes  se  détournant  de  la  coupe  Eucharistique , 
tandis  que  non  loin  de  là  deux  autres  y  puisent  ensemble 
et  à  Fenvi  la  force  morale ,  la  grâce  de  la  vie  chrétienne  et 
la  charité,  dont  le  Sang  divin  est  le  plus  touchant  symbole. 
Vous  avez  pu  remarquer  ces  deux  sujets  exprimés  par  de 
gracieux  chapiteaux  du  xii'  siècle  au  sanctuaire  de  Notre- 
Dame  ,  à  Ghauvigny-sur- Vienne.  Nous  allons  revenir  à  ce 
type  en  traitant  bientôt  le  n'  V. 

III. 

A  la  cathédrale  de  Maycnce,  deux  griffons,  symbole  u force mor*i# 
de  la  vigilance  que  le  Christianisme  emprunta  aux  hiéro-  tenuS?"'  ^** 
glyphes  égyptiens,  figurent  aussi  le  Sauveur  lui-môme  par 
leur  double  nature  d*aigle  et  de  lion.  Aquila  :  Christus,.,; 
leo  :  CMatus,  dit  S.  Méliton.  C*est  une  des  exceptions 
faites,  pour  cause ,  au  caractère  général  des  hybrides  (4). 
De  leurs  serres  violentes  chacun  d'eux  domine  un  dragon , 
symbole  de  Satan  (drano  :diabolus),  dont  la  queue  entrela- 
cée est  énergiquement  serrée  par  le  bec  du  terrible  vain- 
queur :  voilà  la  force  morale  triomphant  du  péché  et  des 
tentations  souvent  exprimées  par  ces  entrelacs  si  nombreux 
dans  notre  sculpture,  et  qui  signifient  bien ,  en  effet ,  les 
filets  mystérieux  dont  le  tentateur  enlace  les  victimes  qu'il 
veut  dompter.  Ici  c'est  la  pensée  du  Psalmiste  :  Tu  confrc- 
gistieapita  draconis  {2)  ,Vé\égi\nie  facture  de  ce  chapiteau, 
qui  tient  quelque  chose  du  style  byzantin,  rend  bien  le  sen- 
timent de  cette  victoire  toute-puissante. 

IV. 

Mais  voici  une  difficulté  qui  a  prêté  jusqu'ici  à  des  con-      ta    vuunnê 
jectures  savantes,  sans  se  rapprocher  assez,  selon  moi,  de  ^ients^'d^^'û 

luxnr*. 

(I)  Voir  Spicil,  Solesm, 

(2)  P5.,  LXXlIt^  V,  14. 


.14S  APPENDICE. 

la  vérité,  qui  va  toujours  plus  simplement,  et  que  nous  expli- 
quent très-naturellement  les  données  acceptées  de  tous  sur 
les  sirènes.  Commençons  par  examiner  ce  chapiteau  de  Tan- 
cienne  abbatiale  de  Gunaud.  C'est  une  scène  de  mer  ;  un  na^  i- 
gateur  y  est  assis  dans  sa  barque.  Derrière  lui  un  personnage 
debout  sur  le  rivage,  et  qui  tient  sur  son  bras  droit  une  bou- 
teille allongée,  semble  retenir  de  cette  même  main  Télan  du 
navire;  puis,  de  la  gauche,  il  signale  au  nautonnier,  par  un 
geste  énergique ,  une  sirène  qui  nage  à  sa  rencontre  en  lui 
présentant  deux  poissons  :  de  ses  deux  mains  étendues  vers  le 
monstre  rimprudent  voyageur  s'empresse  d'accepter  ce  fu- 
neste cadeau.  Il  suffit  de  jeter  un  regardattentif  sur  cette  sur- 
face sculptée  pour  reconnaître  l'exactitude  de  cette  descrip- 
tion. Le  vénérable  P.  Arthur  Martin,  qui  en  disserta,  en  4853, 
au  congrès  archéologique  d'Arras  (4  j,  l'avait  vue  sousdes  as- 
pects très-différents  et  en  parla  d'après  son  propre  examen, 
d'après  les  persuasions  incomplètes  qu'il  s'en  était  su  faire. 
A  l'entendre,  l'homme  placé  derrière  la  barque ,  et  dont  il 
n'a  pas  remarqué  la  bouteille,  pourtant  fort  distinctement 
dessinée ,  pousserait  le  fragile  esquif  vers  l'Océan  ;  et  ce 
mouvement  et  cette  action  conviendraient  bien  à  son 
thème.  Il  est  toutefois  évident  que  cette  main  ne  pou&^e 
pas ,  mais  au  contraire  semble  retenir  le  vaisseau  pour 
l'arrêter.  Et  voici  pourtant  l'idée  du  P.  Martin  :  Ce  serait  là 
«  un  épisode  d'un  poème  finlandais^  le  Calewaba,,.  Le  dieu 
»  de  la  mer  a  demandé  en  mariage  la  fille  d'une  déesse  de 
»  la  mer,  laquelle,  sachant  que  le  pouvoir  de  ce  prétendant 
»  va  finir  par  la  prédication  imminente  de  l'Évangile ,  se 
D  joue  de  lui  et  lui  échappe  sous  la  forme  d'un  poisson  au 
»  moment  où  il  va  l'épouser.  Dans  son  désespoir,  il  renonce 
»  aux  contrées  où  il  a  régné,  et  l'on  voit  sa  barque  poussée 
»  vers  d'autres  rivagespar  la  main  gigantesque  A' mu  person- 
»  ïïdige plongé  dans  la  tristesse.,.  Notez,  ajoute  le  P.  Martin, 

(i)  Voir  BuUet.  monum.,  XIX,  553. 


»  qtL*il  n*cst  pas  étonnant  de  retrouver  ces  sujets  reproduits 
»  sur  les  bords  de  la  Loire,  puisque,  pendant  cent  ans»  la 
u  Loire  était  le  grand  chemin  que  parcouraient  presque 
»  sans  interruption  les  terribles  hommes  du  N<M*d...  d 

En  conséquence,  voilà  bien  de  Térudition  pour  installer 
une  légende  païenne  dans  un  temple  chrétien,  quelque  soin 
que  prenne  le  docte  archéologue  de  supposer  que  le  chapi- 
teau voisin,  représentant  FAnnonciation,  lui  oppose  un  des 
premiers  mystères  du  Christianisme  comme  un  de  ces 
moyens  de  parallélisme  souvent  employés  par  l'iconographie 
symbolique.  Pour  moi ,  qui  me  rappelle  comment  M.  Ver- 
gnaud  Romagnesi,  et  à  sa  suite  M.  Marchand,  avaient  décou- 
vert aux  chapiteaux  de  Saint-Benolt-sur-Loire  des  scènes 
normandes  évidemment  tirées  de  l'Apocalypse  {4  ) ,  quand 
j*ai  vu  un  savant  ecclésiastique  de  Goutances  reculer  de  deux 
cents  ans  la  date ,  incontestable  pourtant,  de  sa  cathédrale, 
et  appuyer  sa  thèse  de  documents  historiques  cherchés  avec 
soin  et  développés  avec  des  arguments  aussi  peu  valables 
que  spécieux  (2),  je  me  demande  encore  ce  que  les  Nor- 
mands ont  à  faire  ici ,  comment  on  se  serait  plu  à  honorer 
par  une  sculpture  tirée  de  leurs  romans  plus  ou  moins  his- 
toriques les  tristes  souvenirs  laissés  par  eux  sur  les  plages 
témoins  de  leurs  pillages  et  de  leurs  incendies.  Se  figure- 
t-on  un  curé  de  notre  temps  sculptant  aux  chapiteaux  de 
sa  nouvelle  église  un  épisode  emprunté  à  l'invasion  de  la 
France  par  les  barons  du  Prince  Noir?  J'aime  bien  mieux 
rattacher  ce  curieux  spécimen  du  xn*  siècle  aux  idées 
qui  dominaient  l'art  religieux  de  cette  époque ,  et  y  voir 
une  simple  leçon  proposée  comme  tant  d'autres  aux  médi- 
tations des  chrétiens  de  l'Anjou. 

On  sait ,  du  re$te ,  d'après  les  pkysiologues  du  moyen 
âge  (3),  que  la  sirène  est  un  symbole  du  démon,  moitié 

(1)  Souvenirs  historiques  de  V abbaye  de  Saint'Benoit ,  par  Mar- 
ehaud,  in-8%  Orléaos,  1838. 

(2)  Voir  BuUet.  tnontim.,  YHI.  374;  et  XI,  130. 

(3)  Cf.  ThomsB  Caotipratani,  De  Naturis  rcrum,  ap.  SpiciL  Solesm», 

T.  IV.  29 


450  ÀPfEUCDlCfi. 

poisson  et  moitié  femme,  ayant  la  subtilité  de  Tun  et  toutes 
les  méchantes  ruses  de  l'autre,  prise  du  mauvais  côté  de  sa 
nature.  Peu  attrayante  par  les  traits  du  visage  ,  elle  attire 
par  les  charmes  de  sa  voix  ;  elle  rôde  sur  les  mers,  avide  de 
faire  sa  proie  des  mariniers ,  qu'elle  eridort  par  ses  chants 
et  tue  traîtreusement  pendant  ce  sommeil.  Les  sirènes 
étaient  connues  dès  le  temps  dlsaïe.  Ce  prophète  les  prédi- 
sait  à  Babylone  comme  les  seules  créatures  qui ,  avec  les 
hiboux,  dussent  rester  sur  les  ruines  de  ses  palais,  détruits 
en  expiation  de  leurs  criminelles  voluptés  (4  )  :  c'était  donc 
le  démon  des  plaisirs  impurs.  «  Les  sirènes  sénéfient  les 
femes  qui  atraient  les  homes  par  lor  blandissemens  et  par 
lor  déchèvements  a  els ,  de  lor  paroles  ;  que  eles  les  mai- 
nent  à  poverté  et  à  mort  (2).  »  On  conçoit  que  leur  rencontre 
cause  une  grande  frayeur  aux  matelots,  qui  n'ont  contre 
elles  d'autre  ressource  que  de  leur  jeter  des  bouteilles  vides 
et  bouchées  qui,  surnageant  à  la  mer,  les  occupent,  tandis 
qu'eux-mêmes  profitent  de  cette  distraction  pour  leur 
échapper  (3). 

Ceci  posé ,  voici ,  selon  ma  pensée  ,  l'explication  de  la 
sculpture  de  Cunaud  : 

Les  matelots ,  par  cela  même  qu'ils  flottent  sur  une  sur- 
face mobile  au  gré  des  vagues  et  des  tempêtes ,  sont ,  dit 
S.  Eucher  (4) ,  le  symbole  des  pensées  déraisonnables  qui 

ni,  427;  —  Bestiaire  du  xiii«  siècle,  tiré  de  la  bibliothèque  de  TAr- 
seual,  édile  par  les  RR.  PP.  Martin  et  Cahier,  daus  leurs  Mélanges  d'ar- 
chéologie, 11,  1"2  et  suiv. — Ce  serait,  ont  cru  les  doctes  auteurs,  le 
Physiologue  de  Théobald,  réédité  dans  notre  troisième  volume;  mais, 
eu  le  comparant  à  ce  dernier,  il  est  clair  que  ce  qui  manque  le  plus 
aux  deux,  c'est  la  ressemblance. 

(1)  a  Et  respondebunl  ibi  ululas  in  aedibus  ejus,  et  sirènes  in  delubris 
voluptatis.  »  (h.,  xiii,  22.) 

(2)  Physiologue,  ap.  Mélang,  d'archéoL,  ubi  suprà,  p.  173. 

(3)  «Multum  timent,  et  tune  projiciunt  eis  lagenam  ut  ludant,  ef 
intérim  navis  pertranseat.»  (Âdhelmue,  Fragmenta  de  naturis  rervm  : 
Spicileg.  Solesm.,  loc.  cit.) 

(4)  «  Nautœ ,  cogilationes  hominem  gubernantes.  »  (S.  Eucherii  For- 
mula minora,  ap.  Spicil,  Solesm.,  III,  404,) 


TYPES  SYMBOLIQUES  DES  Xl^  ET  Xll'  SIÈCLES.  454 

agitent  rhomme  :  notre  navigateur  est  donc  un  de  ceux  qui 
se  laissent  attirer  par  les  pensées  déréglées  de  la  volupté , 
sirène  perfide  qui  prétend  le  séduire  par  les  deux  poissons 
qu'elle  lui  offre  ;  car  le  poisson ,  qui  est  un  mets  délicat , 
symbolise  les  délices  matérielles,  Tun  des  plus  grands  périls 
de  la  vie  présente ,  de  notre  navigation  sur  la  mer  de  ce 
monde  (4).  Observons  comme  l'imprudent  déjà  embarqué 
reçoit  avidement  ce  moyen  de  séduction ,  et  comme  celui 
qui  s'efforce  de  retenir  le  navire ,  peut-être  pour  s'y  embar- 
quer avec  lui,  a  su  du  moins  se  munir  de  la  mystérieuse 
bouteille  qui  l'aidera  à  déjouer  l'ennemi;  car  ce  vase,  qu'on 
n'a  pas  assez  remarqué,  et  dont  le  rôle  est  pourtant  d'une  si 
haute  valeur,  est  «  la  foi  du  baptême,  fideê  bapiismi^  »  d'après 
un  moine  anonyme  de  Clairvaux ,  qui  fut,  au  xiv«  siècle , 
un  des  commentateurs  de  S.  Méliton  (2).  Donc  notre  chapi- 
teau avertit  le  chrétien  de  se  garer ,  dans  sa  traversée  du 
temps  à  l'éternité ,  contre  les  entraînements  de  la  luxure, 
et  il  rappelle  au  souvenir  de  son  baptême  comme  un  plus 
efficace  moyen  de  résistance  et  de  salut. 


V. 


Au  tympan  de  l'église  de  Marigny  (Calvados)  est,  à  n'en  Le  type  du 
pas  douter,  une  variante  de  notre  n*  II,  qui  en  a  bien  d'au- 
tres éparpillées  çà  et  là  sur  nos  édifices  chrétiens  :  preuve 
évidente  du  sens  mystérieux  qu'y  attachèrent  nos  devan- 
ciers. Je  fais  remarquer  dans  mon  ouvrage  spécial  (8)  com- 
bien le  Hom  s'est  prêté,  par  les  diversités  de  ses  formes,  aux 
caprices  et,  pour  ainsi  dire,  aux  gentillesses  du  ciseau  qui, 
en  le  dénaturant  à  plaisir,  ne  rend  pas  cependant  méconnais- 
sable l'intention  du  guide  qui  l'a  inspiré.  Ici  c'est  encore  un 

(i)  Voir  mon  Histoire  du  symbolisme,  t.  Il,  p.  109  et  586;  UI^  86  et  87. 
(2)  Ibid.,  U,  484.—  Spicil.  Solesm.,  U,  174. 
{3)TI,  p.  161. 


péché  originel. 


4^2 


APPENDICE. 


arbre  au  tronc  ferme  et  éle\é,  aux  feuilles  larges  et  luiu- 
riantes.  Quoi  qu'en  ait  dit  M.  Lenormand ,  qui  parfois  se 
décidait  un  peu  vite,  ce  ne  sont  point  de$  lions  qui  en  dé- 
vorent la  tige  y  mais  des  animaux  fantastiques,  natures 
hybrides  qui  semblent  tenir  surtout  de  Tespèçe  chevaline, 
symbole  de  la  vie  désordonnée  (4}»  et  n'avoir  du  lion  que 
Textrémité  de  leur  longue  queue.  Cet  appendice,  qp'on  croi- 
rait uniquement  dû  à  un  autre  amusement  de  rartîste,et 
destiné  seulement  à  plus  d'effet,  me  semble  avoir  sa  raison 
d'être.  Ces  bêtes  réprouvées  qui  dévori^ut  à  belles  dents  la 
science  du  mal  se  l'assimilent,  tellement  qu'oa  la  voit  se 
reproduire,  en  elles  dans  la  ps^rtie  d'ellas-mêmes  qù  la  res- 
semblance en  est  plus  facile.  Voyez  comme.. ces  queues 
reproduisent  exactement  les  feuilles  que  nos  bètçs  absor- 
bent dans  leur  gloutonnerie  passionnée ;e^  bien!  n*<^-ce 
pas  ainsi  que  la  nature  humaiiiie  s*est  incarné  le  péché  origi- 
nel ?  Quoi  de  plus  capable  de  le  lui  rappeler  en  lui  monti^t 
à  quelle  dégradation  elle  s'est  condamjnée? 


VI. 


Autre  ip^cImAa 
du  mime  lymbole. 


Un  autre  tympan  du  même  type,  et  qui  a  le  même  but, 
orne,  vous  le  savez,  Monsieur,  la  porte  de  l'église  de  Colle- 
ville  ,  non  loin  de  Marigny  (2).  Plus  élégant,  d'un  travail 
plus  large  et  plus  original,  il  représente  des  oiseaux  à  tête 
et  à  queue  de  dragon  ;  l'arbre  est  remplacé  par  un  entrelac 
fort  capricieux,  orné  de  feuilles  rares  et  symétriques  que 
les  monstres  engueulent  avidement.  Le  thème  seul  est 
différent  ;  il  laisse  voir  sans  aucun  doute  les  mêmes  élé- 
ments et  la  môme  intention  ;  il  peut  s'interpréter,  avec  beau- 
coup d'autres,  par.  la  même  idée,  et  renfernie  évidemment 
la  même  leçon, 

(1)  Equiu  :  lubrica  vUa,  dit  S.  Grégoire* 

(2)  Voir  Bullel.  monum.,  XVIH,  492,  493. 


TYPES  SYMBOLIQUES  DES   XI""  ET  Xll^  SIÈCLES.         453 


VU. 


Voici  encore  un  essai  de  démonolORie  instinctive;  il  Ljftdtodefmâa- 
décore  la  façade  de  l'église  d'Authie,  toujours  dans  cette  *«»  végOM. 
belle  Normandie,  doublement  riche  des  beautés  de  la  na- 
tui*e  et  de  Fart.  Là  deux  lions,  images  accoutumées  a  des 
docteurs  sévères  »  à  défendre  la  doctrine  sainte  (4),  rem- 
plissent le  même  rôle  que  Salomon  leur  avait  assigné  dans 
son  temple,  entre  une  suite  de  couronnes  et  d'entrelacs  (2)  : 
ce  sont  les  gardiens  de  la  vérité  ;  car  leur  pose  qui  dirige 
leurs  regards  partout  derrière  eux,  leur  gueule  menaçante, 
leurs  yeux  ardents,  et  le  soin  avec  lequel  ils  semblent  com- 
primer tout  mouvement,  toute  action  possible  d*un  person- 
nage intermédiaire,  n'en  laissent  plus  douter.  Or  on  re- 
connaît dans  ce  troisième  personnage  la  figure  d'un  démon 
avec  ses  oreilles  de  faune,  laquelle  figure  est  répétée,  non 
sans  intention,  aux  chapiteaux  des  colonnes  voisines  servant 
de  pieds-droits  à  la  porte  dont  ce  motif  décore  le  fronton.  Et 
quoi  de  plus  convenable  que  d'avertir  les  fidèles  entrant 
dans  le  temple  d'éviter  les  pensées  diaboliques,  d'y  aban- 
donner toute  connivence  avec  le  mal ,  et  d'être  sûrs  que 
c'est  là  cette  maison  de  Dieu  où  le  Juste  trouve  dans  la 
science  des  choses  surnaturelles  un  abri  contre  les  hé- 
résies si  souvent  symbolisées  par  Satan,  et  contre  tous 
les  égarements  du  cœur  dont  il  est  le  fauteur  et  le  prin- 
cipe? 

Vffl. 


du   Juto   pwwi- 


Vous  avez  vous-même  deviné  avant  moi ,  cher  mon-      l»  «omtAao* 

•  du    J    "  ' 

sieur  le  Directeur  (3),  le  remarquable  Daniel  dans  la  fosse  eaU. 

(1)  «  Leones  :  doctoram  BeToritos...  »  (S.  Méiii,,De  Bestiis,  ch.zxzviu.) 

(2)  «  iQter  coronas  et  plectas  leones^  et  boves,  et  cherubim  ezscalpta 
•ont  »  (III  Reg.,  vu,  S9.) 

(3)  Cf.  Stafiitique  monumentale  du  Calvados,  1, 346,  in-S**,  1846. 


454  APPENDICE. 

aux  lions,  sculpté  sur  le  linteau  d'une  porte  bouchée  au  côté 
sud  de  l'église  de  Gambes,  non  loin  de  Gaen.  Nous  n^avons 
donc  pas  à  hésiter  sur  ce  point.  J'ajouterai  cependant  que 
ce  fait,  entouré  de  tous  ses  détails  historiques,  est  encore  un 
symbole  dont  il  ne  faut  pas  méconnattre  la  portée  signi- 
ficative. Nous  voyons,  en  effet,  le  sculpteur  rendre  exacte- 
ment le  texte  du  Prophète,  qui  montre  Daniel  assis  au  mi- 
lieu des  lions  lorsque  le  roi  Évilmérodach  vint  à  l'entrée  de 
la  fosse  pour  reconnaître  s'il  vivait  encore  (4).  Or  cette 
fosse  contenait  «  sept  lions  auxquels  on  jetait  chaque  jour 
deux  corps  et  deux  brebis  (2)  ;  »  ces  deux  corps,  après  les- 
quels il  est  parlé  d'un  surcroît  de  nourriture  consistant  en 
deux  brebis ,  ont  paru  aux  commentateurs  (3  )  être  des 
corps  d'hommes  (esclaves  ou  condamnés  à  mort),  ce  qui 
explique  les  deux  têtes  de  mort  posées  de  côté  et  d'autre  de 
Daniel.  Les  lions,  qui  ne  sont  ici  qu'au  nombre  de  deux 
et  suffisent  à  préciser  le  fait ,  lèchent  les  mains  du  Pro- 
phète, comme  il  est  souvent  arrivé  pour  des  martyrs  des 
amphithéâtres,  et ^  accroupis  sur  leurs  quatre  jambies,  ils 
ihontrent  par  ce  repos  plein  de  respect  qu'ils  ont  changé 
instantanément  en  douceur  leur  férocité  naturelte.  Mais 
que  font  ces  têtes  d'oiseaux  de  proie  suivant,  comme  autant 
de  môdillons ,  la  corniche  supérieure  du  linteau  ?  Oue  ce 
soient  des  têtes  de  corbeaux,  comme  on  le  croirait  pour  la 
plupart,  ou  de  quelques  autres  volatiles  aussi  mal  famées  (4), 
on  comprend  comment  Fouvrier  n'a  pas  manqué  d'accom- 
pagner son  sujet  principal  de  ces  accessoires,  qui  indiquent 
très-bien  l'influence  de  l'esprit  diabolique  dans  les  persé- 


(1)  «  Venlt  rex  ad  lacum  ,  et  iûtrospéxit;  dt  ecee  Daniel  sedens  in 
medio  Uonum.  »  (Dan.,  xt7,  39.) 

(2)  «  in  lacu  erant  leones  septemi  et  dtabantor  eia  duo  corpora  qao- 
tidie,  et  duœ  oves.  »  {fbid,,  31.) 

(3)  Voir  Menochius,  in  K  loc, 

(4)  Corvus  :  nigritudo  peccaloris ,  dit  S.  Eu  cher,  déjà  cité;—  et 
S.  Méliton  :  Corvi:  dstnones.^  Le  miJan  ,  levantouf  tfont  paeHoe 
meilleure  réputation  chez  les  .<ymbolistes. 


TYPES  SYMBOLIQUES  DES  \i^  ET  XU''  SIÈCLES.  455 

cations  infligées  aux  Saints.  Aussi  Dai^iel  est-il  toujours  le 
symbole  du  Juste  piërséputé,  triomphant  du  mal  par  sa  con- 
fiance en  DieUi  et  lui  disant  dans  Tattente  tranquille  de 
aa  délivrance  «  qu'au  milieu  même  des  ténèbres  de  la 
mort  il  ne  craindra  rien ,  parce  que  le  Seigneur  est  avec 

IX. 

A  HérouYÎUe,  près  de  Gaen,  encore  dans  notre  cher  pays  ^^^^  ^. 
(vous  savez,  Monsieur,  que  j'y  ai  mes  plus  antiques  sou-  ttq««»- 
venîrs},  Téglise  de  Saint^lair  garde  toiy ours,  dans  le  mur 
latéral  du  sud,  un  linteau  orné  de  deux  hybrides  sWorçant, 
sous  la  fioarme  de  bipèdes  à  queues  de  serpent,  de  déraciner 
un  arbre  qui  garde  aussi  toutes  .les  apparences  du  Hom. 
Gamme  ce  symbole  était  familier  à  nos  ancêtres  et  revenait 
souventà  la  pensée  du  prêtre,  qu*il  fût  architecte  ou  sculp- 
teur! Vous  avez  donc  jugé  avec  beaucoup  de  raison  que  ce 
sujet  est  tout  symbolique;  et  M.  le  chevalier  Lopez,  que 
vottscitez^  ne  s'éloigne  pas  de  la  vérité  en  voyant  dans  ces 
monstres  l'emblème  du  péché  ou  du  malin  esprit  s'effor- 
çant  de  déraciner  Farbrede  la  charité  (2).  Mais  à  la  place 
de  cet  arbre,  comprenez  TÉglise  que  l'hérésie,  la  libre- 
pensée  et  toutes  les  aberrations  de  l'esprit  humain  combat- 
tent ouvertement,  ou  en  dessous ^  c'est  toujours  la  même 
figure  et  la  mèjone  signification.  Voyez-en  la  preuve  dans  la 
lettre  d'un  texte  scripturaire.  Le  Psahniste,  dans  une  de  ses 
plus  belles  inspirations,  cbmpare  l'Église  future  à  «  une  vigne 
que  le  Seigneur  avait  transplantée  de  l'Egypte,  et  dont  les 
rameaux  vastes  et  abondants  avaient  abrité  toute  la  terre 
et  la  couvraient  de  leurs  ombrages  jusqu'aux  lointains  ri- 
vages de  la  mer.  »  Mais  voici  que  tous  les  étrangers  sont 

(1)  «  Nam  etfti  au^ulayero  ia  medio  umbiiB  morUs^  non  timebo 
mala,  quoulam  Ta  mecuiu  es.  »  (Ps,,  xxii>  4.) 

(2)  Stalisl.  monuin,  du  Calvados,  l,  62. 


456  APPENDICE. 

passés  par  cette  vigne^tous  s'y  sont  arrêtés  pour  la  ravager: 
«  le  sanglier  de  la  forêt  la  saccage,  et  chaque  bête  sauvage 
la  mange  et  la  détruit  à  Tenvi  (4).  »  Ne  dirait-on  pas  que 
notre  sculpteur  songeait  à  ce  texte  quand  il  promenait  son 
ciseau  sur  cette  pierre  si  docile  à  sa  science  des  emblèmes? 
Comme  cet  arbre  est  vaste  et  se  répand  aussi  loin  que  ses 
limites  permises!  Ce  n'est  point  une  vigne,  il  est  vrai; 
mais  nous  savons  que  la  flore  murale  n*est  pas  encore 
devenue  scrupuleuse  au  xii"  siècle ,  comme  elle  le  sera 
au  xai''  et  aux  suivants.  C'est  la  pensée  qui  domine  à  cette 
époque  moins  prétentieuse  qu'hiératique;  et  quand  l'art 
songera  plus  à  lui-même,  il  s'attachera  moins  au  sens 
moral,  et  le  symbolisme  décherra...  En  est-U  moins  vrai 
que  nos  deux  animaux,  fouillant  de  leur  grouin  à  la  racine 
de  l'arbre,  ont  bien  plus  Tavant-corps  d'un  sanglier  {aper) 
que  de  toute  autre  bête,  et  que  la  queue  du  serpent  ne  leur 
est  donnée  qu'aân  de  ne  laisser  aucun  doute  sur  leur  œuvre 
coupable  et  leur  criminelle  intention  ? 

X. 

La  bmine  et  u      Nous  voici  daus  la  Manche  :  vous  nous  apportez  un 
S"!****  **"""'  croquis  d'une  porte  dans  l'arceau  de  laquelle  se  trouve 

inscrit  un  espace  carré  surmonté  de  deux  rampants ,  où 
boivent  au  même  vase  deux  animaux  d'espèce  bien  diffé- 
rente :  l'un  est  un  quadrupède,  l'autre  un  oiseau.  C'est  tou- 
jours à  l'entrée  des  édifices  religicuix  que  figurent  ces  su- 
jets, et  celui-ci  appartient  à  l'église  romane  de  Saint-Gôme- 
du-Mont,  dont  vous  avez  entretenu  M.  Parker  en  4864,  sans 
lui  citer  cette  curieuse  image  (2).  Ici  pourtant,  et  sans  pliis 
de  détails,  nous  en  avons  assez  pour  deviner  le  fond  de  ce 

())  «  Extenninavit  eam  aper  de  siWa,  etsingulari»  férus  depaslvt  $ii 
cam.  »  {Ps.,  Lxxix,  14  et  seq.) 
(2)  Voir  Bulkt.  monum.,  XXVII,  141. 


TYPES  SYMBOLIQUES  DES  Xl""  ET  XIl'  SIÈCLES.  457 

dessin,  qui  est  évidemment  symbolique.  En  effet,  mon  qila- 
drupëde  pourrait  bien  être  un  loup,  d'après  ses  formes 
générales;  peut-être  aussi  un  renard,  si  j*en  crois  sa  large 
queue  et  ses  courtes  oreilles.  Je  pencherai  même  pour  ce 
dernier,  et  je  vais  dire  pourquoi.  L*oiseau  se  laisse  recon- 
naître pour  une  cigogne  à  son  long  cou ,  à  ses  hautes 
pattes  (4).  Quant  à  sa  queue,  fournie  de  larges  plumes  re- 
courbées en  panache,  ce  serait  celle  d'une  grue,  il  est  vrai  ; 
mais  on  sait  les  affinités  de  ces  deux  échassiers,  et  aussi  le 
peu  de  scrupule  que  se  font  les  naturalistes  du  moyen  &ge 
pour  arranger  à  l'effet  de  leur  œuvre  les  détails  accidentels 
du  sujet  principal.  Ce  qu'on  voit  clairement,  c'est  que  deux 
bêtes  de  caractère  très-dissemblable  viennent  s'abreuver  au 
même  vase.  Or  ce  vase  est  un  calice.  Ce  renard  est  le  sym- 
bole de  la  malice  rusée,  du  voleur  hardi  et  cruel,  s'appro- 
priant  les  plus  innocentes  des  bêtes  domestiques  ;  Raban- 
Maur  en  fait  le  démon,  suppôt  de  l'hérésie  en  quête  de 
toutes  les  mauvaises  raisons  ;  Pierre  de  Capoue  voit  en  lui 
l'image  des  persécuteurs  hypocrites  ;  rien  de  bon  à  son 
sujet  dans  aucun  des  interprètes  de  son  nom  (2).  La  cigogne, 
au  contraire,  est  l'amie  de  l'homme,  dit  Thomas  de  Can- 
timpré;  elle  déteste  le  serpent  et  lui  fait  la  guerre;  elle  le 
tue,  et  s'en  nourrit  sans  participer  à  ce  qu'il  a  de  nuisible 
et  de  venimeux  (3).  C'est  donc  un  oiseau  pur  et  toujours 
pris  en  bonije  part.  Et  quand  ces  deux  sujets,  si  opposés  de 
mœurs  et  de  signification  symbolique,  prennent  leur  part 
au  même  breuvage,  ce  calice  peut-il  être  autre  chose  que 
rEucharistie  ?  ces  anin^aux  autres  que  des  communiants 
qui  viennent  avec  des  dispositions  différentes,  l'un  boire  son 
jugement ,  dit  S.  Paul  (4),  l'autre  recevoir  le  prix  de  $a 

(t)  Ce  n'd«t  pat  uoé  raiâoa  pcmr  chercher  dans  le  choix  un  BOUTenir 
d*Eflope  OD  de  Phèdre ,  qui  n'étaient  pas  encore  Irè^-cultivés  quand 
farent  sculptés  ces  animaux. 

(S)  V«lr  8.  Mélilon, De Beiiiis^cïi.  xlix. 

(3)  De  Naluris  rerum,  cap.  x,ubi  suprà. 

(4)  «  Judiciiim  sibi  manducat  et  bibit.  »  (1  Cor.,  xi,  29.) 


459  APPEfimCË. 

bonne  conscience  (4  )  ?  En  un  mot,  c'est  ce  que  chante  enoore 
TËglise  dans  l'admirable  prose  composée  par  S.  Thomas 
d'Aquin  : 

Sumunt  boni,  sumuni  mali 
Sorte  tamen  incfqiMli 
Vifs  vel  inieritiAs, 


XI. 


perséoution  des      Quant  aiix  cliarmauts  chapiteaux  que  vous  m'engagez 
S  fol.  ■  ®^""  à  examiner  à  la  page  207  de  votre  Abécédaire  (2),  et  qui 

existent  dans  Téglise  de  Neuwillers  en  Alsace,  j'avoue  qu'ils 
me  paraissent  trop  peu  caractérisés  par  la  gravure  pour 
me  décider  à  me  prononcer  sur  leur  signification.  Je  les 
crois  symboliques,  attendu  que  c'est  un  résultat  très-positif 
de  mes  longues  et  attentives  études  que  tout  est  symbolique 
dans  Viconographie  chrétienne  dès  lors  qu'elle  nous  présente 
des  objets,  isolés  ou  réunis,  appartenant  à  l'un  des  règnes  de 
la  nature  ;  et  cette  déduction,  qui  n'exclut  en  rien  les  motifs 
d'esthétique  tirés  des  livres  bibliques  et  de  leurs  allusions 
morales,  cette  déduction,  dis-je,  naît  sans  restriction  pos- 
sible de  l'ouvrage  de  S.  Méliton,  que  j'ai  cité  déjà  plusieurs 
fois ,  et  de  tous  ses  commentateurs  des  xi*  et  xu*  siècles , 
qui  sont  précisément  ceux  dont  yous  me  présentez  les 
travaux  si  curieux.  Malheureusement  je  ne  vois  sur  les 
sculptures  de  Neuwillers  ni  si  les  oiseaux  sont  pourvus  à  la 
fois  de  deux  natures ,  ce  que  l'oblitération  des  pattes  ne 
permet  guère  de  découvrir,  ni  dans  quel  endroit  de  l'église 
se  posent  les  colonnes  qui  les  supportent.  Cette  dçrnière 
observation  a  son  importance,  car  on  réserve  assez  ordînai- 


(1  )  (f  Probet  selpsum,  et  sic  de  calice  bibat.  »  (i  Cor,,  u,  28.) 
(2)  La  première  édition,  que  je  suis,  D*iiidique  qu'an  seal  des  deux, 
à  la  page  90  ;  mais  je  les  trouve  rapprochés  dans  le  Congrès  archéolo- 

'jKjue  (le  Strasbjurgf  p.  115. 


TYPES  SniBOUQUES  DES  XI*  ET  XII"*  SIÈCLES.  459 

rement  pour  les  recoins  les  plus  obscurs  des  clochers,  pour 
les  plates-formes  des  escaliers,  ou  les  étages  supérieurs  des 
tours  romanes ,  ou  les  angles  élevés  des  murs  extérieurs , 
ces  oiseaux  de  mauvais  augure ,  qui ,  indépendamment  de 
leurs  formes  parfois  élégantes,  sont  pourtant  de  ceux 
dont  parle  S.  Paul  lorsqu'il  donne  au  démon  le  titre  de 
«  prince  de  l'air  (0>  »  ^^  a^  péché  le  nom  «  d'œuvres  des 
ténèbres  (2).  »  Ce  que  je  crois  ici,  sans  bien  saisir  l'idée  for- 
melle de  Fartiste,  c'est  qu'il  s'est  joué  avec  ces  oiseaux  au 
milieu  de  ces  enlacements  exagérés  de  fleurs  plus  ou  moins 
reconnaissables,  et  que  sous  ce  mystère  il  aurait  bien  pu 
se  composer  une  dégénérescence  de  l'arbre  oriental,  de 
ce  Uom  que  les  mauvaises  natures  attaquent  avec  fureur.  ' 
L'avidité  des  deux  oiseaux  qui  mordent  les  feuilles ,  l'air 
peu  aimable  de  ceux  qui  semblent  vouloir  dévorer  quel- 
qu'un qu'on  ne  voit  pas,  les  rend  suspects,  à  bien  prendre, 
et  me  fait  pencher  à,  ne  voir  en  eux  qu'une  porli'aiture  de 
mauvais  sujets. 

XII. 

Voici  qui  est  bien  plus  difflcile  en  apparence ,  et  qui  Le  moine  rdâ 
cependant  embarrasserait  moins  mon  rôle  de  sphinx.  Au 
milieu  de  feuilles  éparses  qui  symbolisent  Vinstabilité  du 
cœur  (3),  deux  singuliers  personnages  se  tournent  le  dos  : 
ce  sont  des  hommes  qu'on  s'est  efforcé  d'habiller  en  oiseaux 
fantastiques ,  dont  le  corps,  recouvert  d'une  sorte  de  man- 
teau serré,  affecte  les  formes  générales  d'une  volaille  quel- 
conque, quoiqu'il  se  termine  par  une  large  queue  en  feuil- 
lage et  par  deux  pattes  de  solipède.  Ce  manteau  remonte, 

(1)  «  Âmbulastis  secundam  principem  poiesiatis  aens  hujus,  spiritus 
qiii  nunc  operatur  in  filios  dif&dentiœ.  »  {Ephss,,  il,  2.) 

(2)  «  Abjiciamus  ergo  opéra  ienebrarum,  »  (Rom.,  xhi,  12.) 
<3)  «  Cecidimus  quasi  folium  unïversî.  »  (As.,  lxiv,  6.)— «  Foliam 

sigoificat  mobUiiatem  et  iaconstautiaii].  »  (Anonym.  Ani^las,  Distinc' 
tionutn  inonaslicaruni  \ih,U\,  De  Foliis.)  * 


ché. 


460 


APPENDICE. 


par  un  cou  d'une  longueur  démesurée,  jusqu'à  la  tête,  qa*il 
recouvre  étroitement  en  manière  de  capuchon  ;  et  enfin 
cette  tête  est  celle  d'un  Tieillard  à  longue  barbe ,  à  l'air 
réfléchi  et  plongé  dans  une  attentive  méditation.  Posé  en 
intermédiaire  et  à  la  hauteur  de  ces  deux  tètes,  un  oiseau 
assez  difficile  à  déterminer,  mais  dont  l'air  d'ensemble 
accuse  une  singularité  peu  favorable,  semble  d'un  bec 
emmanché  d'un  long  cou  becqueter  des  feuilles  dans  un 
but  quelconque.  En  dépit  de  ces  obscurités,  je  crois  qu'il 
faut  voir  dans  les  deux  encapuchonnés  (un  seul  eût  suffi- 
samment rendu  la  pensée  :  on  n'a  voulu  qu'un  parallélisme 
de  décoration  symétrique),  il  y  faut  voir,  dis-je,  un  double 
type  du  moine  mondain,  qui,  sous  les  apparences  de  son 
état  par  la  physionomie  et  l'habit ,  n'en  a  pas  moins  des 
habitudes  ou  des  opinions  que  sa  règle  condamne,  et  qu'in- 
dique de  reste  ce  qui  apparaît  en  lui  de  terrestre  et  d'ani- 
mal. C'est  cet  homme  peu  spirituel  dont  S.  Paul  a  dit  qu'il 
ne  comprend  pas  les  choses  de  la  piété  chrétienne  (4)  ;  c'est 
le  symbole  de  la  négligence  des  devoirs  que  la  pauvre  na- 
ture humaine  laisse  pénétrer  jusque  dans  les  parfaits,  de 
ces  religieux  qui  ne  veillent  pas  à  remplacer  leurs  défauts 
par  des  vertus,  qui  deviennent  une  charge  pour  leurs  frères, 
ce  qui  faisait  dire  à  S.  Bernard  que  la  plus  grande  et  la  meil- 
leure des  pénitences  était  de  savoir  supporter  les  inconvé- 
nients inséparables  de  la  vie  commune  (2).  Aussi  ne  serais-je 
point  étonné  que  ce  chapiteau,  dont  vous  ne  citez  pas  l'ori- 
gine, ornât  quelque  église  monastique  ou  un  de  ces  cloîtres 
que  le  même  docteur  avait  voulu  voir  moins  riche  de 
sculptures ,  trop  chères  pour  des  religieux ,  dont  la  plus 
grande  richesse  devait  être  dans  la  pauvreté  (3).  C'est  une 

(1)  «  Animalis  homo  non  percipit  ea  quœ  sunt  Spiritus  Dei.  • 
(1  Cor,,  n,  14.) 

(2)  a  Mazima  pœnitentia^  vita  commanis.  »  {^De  Considérai.) 

(3}  J'ai  traité  da  fameax  texte  de  S.  Bernard,  si  mal  compris  jusqu'à 
présent  de  la  plupart  des  archéologues ,  dans  le  chapitre  xni  do 
tome  II  de  VHisinire  du  symbolisme,  p.  582  et  suir. 


TYl^ES  SYimOLtQUES  t»E8  Xl^  ET  Xtl^  SlÊCLESt         164 

réponse  aux  archéologues  trop  hfttés  qui  voulurent  voir 
jadis  en  ces  figures  incomprises  la  satire  des  mœurs  cléri- 
cales, et  jusqu'aux  veogeances  injurieuses  d*ouvriers  mé- 
contents ,  de  démocrates  de  la  veille  contre  les  moines  qui 
les  opprimaient  /Ou  n'oubliait,  pour  vulgariser  ces  jolies 
inventions,  qu'un  point  de  haute  importance  dans  l'espèce: 
c*est  qu'au  xii^  siècle  les  moines  seuls ,  avec  les  Évoques 
et  les  Cliapitres ,  présidaient  encore,  comme  par  le  passé , 
à  la  construction  et  à  la  décoration  des  lieux  sacrés  ;  que 
là  ils  ne  se  seraient  pas  moqués  d'eux-mêmes,  et  que 
leur  unique  intention  en*  plaçant  çà  et  là  ces  figures  aus- 
tères était  avant  tout  de  rappeler  au  clergé,  comme  aux 
simples  fidèles,  leurs  saintes  obligations  et  le  hideux  côté 
de  leur  déchéance  morale.  Le  xn""  siècle ,  d'ailleurs ,  ne 
fut-il  pas  celui  d'Abélard  ,  de  Gilbert  de  la  Porée  ,  d'Ar- 
naud de  Bresse ,  de  Pierre  de  Bruys  et  d'autres  moines 
célèbres  qui  tous,  par  les  plus  dangereuses  hérésies,  rom- 
paient avec  l'Église  et  manquaient  contre  elle  à  leurs  solen- 
nels engagements  ?  Pourquoi  les  aurait-on  épargnés  ici , 
lorsqu'en  peignant  le  Jugement  dernier,  on  ne  craignait  pas 
d'y  faire  figurer,  parmi  les  damnés,  et  les  prêtres ,  et  les 
religieux,  et  les  évéques,  et  les  rois  eux-mêmes  ?  Ge  n'était 
là  que  de  l'équité  chrétienne,  qu'un  juste  sentiment  de  la 
condition  universelle  et  un  avertissement  pour  tous... 


xm. 


Un  dragon  ailé,  le  diable  (Jroro,  diabolvs) ,  dévore  un  u  aMMôiiff*  «t 
petit  homme  nu  qu  il  serre  de  ses  griffes  par  le  milieu  du  nis. 
corps,  et  qui  fait  de  vains  efforts  pour  protéger  de  ses 
mains  sa  tête ,  par  laquelle  le  monstre  commence  à  l'ab- 
sorber. Ge  petit  bonhomme  tire  une  langue  démesurée. 
Une  autre  figure  humaine  suspendue  à  Tangle  opposé  du 
chapiteau,  mais  coiffée  d'amples  draperies,  présente  le  même 


462  At»PENDlCe. 

phénomène,  avec  cette  différence  que  Tingénieux  sculpteur, 
au  lieu  d'une  seule  langue,  lui  en  a  donné  deux  :  c'est  que 
nous  ayons  ici  un  exemple  de  la  punition  dont  Dieu  a  me- 
nacé le  mensonge ,  le  blasphème  et  les  autres  péchés  de 
la  langue,  même  le  silence  acheté  qui  fait  un  faux  témoi- 
gnage, ou  qui  cache  par  lâcheté  une  vérité  utile.  Les  sym- 
bolistes sont  pleins  de  telles  figures,  comme  les  moralistes 
de  ces  maximes  qui  les  ont  inspirées  ;  les  monuments  en 
ont  multiplié  la  reproduction  plastique  (4).  Notre  image 
se  résume  donc  ici  par  la  mise  en  action  de  cet  oracle  des 
Proverèes  :  ce  La  bouche  des  méchants  se  répand  en  paroles 
malignes,  leur  langue  périra  (2j.  »  Ce  que  nous  voyons  ici 
du  petit  homme  dévoré  n'arrive  qu'après  sa  mort,  où  com- 
mence le  temps  des  punitions  éternelles:  c'est  bien  son 
âme,  en  effet,  qui  est  là ,  comme  nous  savons  qu'on  la  re- 
présente,  sous  les  traits  d'une  personne  sans  sexe  (3). 
L'autre ,  qui  aura  son  tour,  souille  sa  vie  par  ce  péché  qui 
a  perdu  tant  d'impies;  il  blasphème  encore,  et  sa  doubie 
langue  descend  hors  de  sa  bouche  jusqu'au-dessous  du 
menton.  N'est-ce  pas  lui  dont  la  Sagesse  a  dit  que  «  celui 
qui  a  la  langue  double  tombera  dans  le  mal  (4)  ?  »  Son  der- 
nier mal  sera  sa  perte  éternelle  ;  il  a  agi  de  façon  à  voir 
d'avance  dans  cette  éloquente  page  de  catéchisme  où  con- 
duisent les  mauvais  discours. 


XIV. 
L'Ame    chi^      Rien  de  plus  simple  que  notre  quatorzième  spécimen. 

tienne  ponnalrlo  .       .  i  r    . 

ptf i#4éMOB.       Le  sagittaire,  le  centaure  (c est  tout  un),  c'est  le  terrible 

(1)  Voir  le  livre  de  Job,  ceux  des  Prophètes,  VÉpître  de  S.  Jacquet; 

—  Hist,  de  la  cathédrale  de  Poitiers,  I,  241. 

(2)  «  Os  impiorum  considérât  perversa;  lingua  pravoram  peribit.  • 
(frot?.,x,31.) 

(3)  «  Neque  DubeDt  neque  nubentur.  »  {Matlh.t  zxii,  30.) 

(4)  Traduction  de  Sacy.—  «  Qui  vertit  linguam  incidet  m  maluin.  » 
{Prov,,  xvn,  20.)  Et  ailleurs  :  «  Os  bilingue  detestor.  »  {Prov.,  xviii,  13.) 

—  Voir  notre  ffist.  du  symbolisme,  t  II,  p.  269. 


TYPES  âYMBOLlQUEd  DES  \l*  Et  XII*  SIÈCLES.  403 

chasseur ,  le  démon  en  personne ,  traversant  de  ses  traits 
insidieux  et  cruels  l'âme  innocente  ou  trop  faible  qui  s'ex- 
pose à  sa  rencontre  (i).  Ici  cette  âme  est  représentée  par 
un  oiseau  tout  effaré  vers  qui  l'arc  est  tendu,  la  flèche  déjà 
partie.  Je  note  ici  que  ce  sujet  est  une  métope  recueillie 
des  anciennes  constructions  de  notre  belle  basilique  de 
Saint-Hilaire,  et  conservée  à  notre  musée  lapidaire  de  Poi- 
tiers. N'est-ce  pas  une  réminiscence  de  Jérémie  qui  fait 
dire  à  Jérusalem  abattue  et  mourante:  «  Les  chasseurs 
m'ont  prise  comme  un  oiseau  (2)  ?  »  D'autres  fois",  Toiseau 
sera  remplacé  par  un  cerf  ou  autre  bête  innocente  :  ce  sera 
le  même  sens. 

XV. 

Voici  qu'un  chat  bien  caractérisé  nous  apparaît  ;  il  a     u  d<smoB  tromv 

pftnt  l'homme  par 

l'air  d'être  chez  lui,  et  pas  du  tout  d  avoir  été  sculpté  par  ses  feintiso*. 
ufi  de  ces  Bourguignons  qui ,  d'après  M^  Grosniêr ,  «  fai- 
saient porter  devanteux,  en  envahissant  les  Gaules,  l'image 
d'un  chat,  emblème  de  pillage  et  de  liberté  (8).  »  D'où  vient 
celui-ci  cependant  ?  je  voudrais  le  savoir  ;  car,  je  l'ai  déjà  » 

dit ,  il  n'importe  pas  peu  d'observer  ces  gens-là  sur  place 
etdeles  surprendre  dans  leurs  fonctions.  lInsymboliste,rnn 
des  derniers  qui  se  soient  occupés  de  la  zoologie  mystique , 
Wolfgang  Franz  (4),  détermine  les  mauvaises  qualités  de 
cet  animal  de  façon  à  faire  de  lui  l'emblème  de  toutes.  Si 
nous  lisons  les  naturalistes ,  depuis  le  vieux  Pline  jusqu'à 
Buffon  (et  il  est  à  observer  que  les  autres  bestiaires  se 
taisent  sur  son  compte),  on  le  trouve  ainsi  maltraité  :  c'est 
l'astuce,  la  fourberie,  la  gourmandise,  l'impudeur,  la  flat- 


(1)  Sagitla  :  imidix  inimici,  inspiraliones  dioboli,  dit  Théodulphe, 
éTéque  d'OrléaDS  au  ix«  siècle,  dans  son  Abrégé  de  S.  Mélitoo. 

(2)  «  Venantes  ceperunt  me  quasi  avem.  »  (Thren.,  m,  52.) 

(3)  Bullei.  monum.,  XIV,  308. 

(4)  Animalium  Historia  sacra,  1643,  Amstel.^  in-12,  p.  132. 


464  ^PPENWCÉ. 

terie  basse  qui  cherche  les  caresses  san&  les  rendre ,  dotit 
Tappareate  douceur  est  toujours  intéressée,  ne  rendant 
rleja  de  ce  qu'on  lui  donne ,  volant  tout  ce  4iu'il  ipeut ,  et 
ajoutant  à  se»  coups  de  griffes  un  sans*gène  souvent  im* 
portun  et  parfois  nauséabond...  Les  aadens^  au  dîred'Ariè*- 
midore ,  en  faisaient  le  symbole  de  l'adultère  (4).  Enfin  ses 
instincts  de  chasseur  ont  dû  lui  faire  attribuer  quelque  c6té 
du  démon ,  le  chasseur  redoutable  et  le  voleur  habile  s*il 
en  fût.  C'est  probablement  à  ce  dernier  titre  qu'il  doit  de 
se  jouer  ici  dans  ses  contorsions  hardies  et  de  chercher  à 
nous  séduire  par  ses  gambades  ;  mé&ons-nous  en  :  c'est  le 
loup  feignant  la  brebis. 

XVI. 

oons^aeneet  dé      Autres  Hivisseurs   d'aussi   mauvaise   espèce.   Ce  cba- 
fAibioMe  (Uiu  les  pitcau  cst  d'uu  faire  peu  habile  ;  il  faut  deviner  les  sujeta» 
^°**  qui  riiisforicnt  :  il  doit  être  du  xi"  siècle  peu  avancé.  La 

surface  totale  se  partage  en  deux  scènes  dont  l'une  semble 
exprimer  la  même  idée  que  l'autre  :  c'est  encore  le  diable 
t  jouant  en  partie  double  son  rôle  de  chasseur  audacieux  : 

aquila  ,  diabolm.  Vous  voyez  donc  cet  aigle  aux  ailes 
déployées,  prenant  son  vol  et  enlevant  de  ses  puissantes 
serres  un  faible  mouton,  ou  un  taureau  »  car  ici  /et  d$ux 
se  disent;  un  dkidon  semble  attendre  son  tour,  et  il  l'aura, 
car  il  n'a  pas  trop  l'air  de  s'en  méfier.  Voyez  cette  stopkle 
confiance  des  imbéciles  victimes  de  Satan!  A  Topposite, 
c'est  un  basilic,  reconnaissable  à  sa  couronne,  enlevant 
de  la  même  façon  un  quadrupède  quelconque ,  lequel  da 
moins,  plus  valeureux  quoique  plus  faible  que  les  autres , 
se  démène  sous  les  ergots  de  son  ravisseur.  On  voit  qu'il 
pourrait  bien  s'échapper.  Près  d'eux ,  un  autre  hybride  h 
tête  de  quadrupède  se  dresse  sur  un  corps  d'oiseau  et  pa« 

(1)  Oneirocntiron^Uh.U. 


TÏPBâ  SYMBOLIQUES  DES  Xi*'  ET  Xll*"  SIÈCLES.         465 

ralt  guetter  une  proie  que  des  feuillages  lui  cachent  sans 
doute.  Tout  cela  est  la  faiblesse  de  l'homme  en  face  des  ten- 
tations auxquelles  il  ne  résiste  point;  c'est  Tespérance  qu'il 
doit  aYoir  de  s*y  soustraire  s'il  aide  la  grâce,  qui  ne  lui  est 
jamais  refusée,  et  l'active  vigilance  de  l'ennemi,  qui  veille 
toujours  pour  ravir  son  âme. 

Tels  sont ,  Monsieur  et  honoré  maître ,  mes  réponses  à 
vos  questions,  et  ce  que  je  crois  des  énigmes  que  vous 
m'avez  proposées.  Vous  en  avez,  je  pense,  assez  de  preuves 
dans  les  courtes  citations  que  j'aurais  pu  appuyer  de  tant 
d'autres,  et  que  j'ai  beaucoup  restreintes  pour  abréger  (4). 

Maintenant,  je  ne  négligerai  point  de  faire  observer,  d'ac-    conoiasion  :toai 
cord  avec  vous  sur  ce  pomt ,  mais  expliquant  ainsi  un  de  symbouque  dans 
vos  doutes,  que,  si  l'architecture,  comme  je  le  prouve  dans  nM^ur».^ 
le  second  volume  dé  mon  Untoire^  a  eu  son  symbolisme 
bien  arrêté  depuis  les  premiers  siècles  pour  la  forme  gêné* 
raie  des  édifices  chrétiens  et  les  détails  inséparables  de 
cette  forme  (comme  les  portes  et  la  fenestration),  les  sym- 
boles n'en  ont  pas  moins  vécu  dès  le  commencement ,  de 
manière  à  cheminer  avec  elle  plus  ou  moins  parfaitement, 
selon  que  l'art  procédait  avec  plus  ou  moins  de  progrès. 
Je  ne  pense  donc  pas ,  avec  M.  Viollet*Leduc ,  qu'il  faiUe 
attacher  grande  importance  aux  variantes  symboUstiques 
de  telle  ou  telle  contrée,  d'après  les  hordes  étrangères  qui 
vinrent  s'y  établir.  Surtout ,  je  crois  très-peu ,  comme  je 
l'ai  dit  ci-dessus,  aux  sujets  Scandinaves  ou  normands.  Ces 


(1)  Ces  preuves  pe  trouveront  facilement  dans  VHisloire  du  symbo- 
ii*n)§,  poar  peu  qu'on  cherche  chacun  des  sujets  ici  exposés  dans  la 
table  analytique  et  très-complète  que  j'y  ai  ly outée  à  cette  intention.  LÀ 
se  représentent  groupi^s  autour  de  chaque  mot  les  détails  qui  s*y  rappor- 
tent et  les  nombreuses  relations  qu'ils  doivent  avoir  avec  tous  leurs 
analogues  élaborés  dans  le  cours  de  l'ouvrage .  Ce  sera  désormais,  je 
respère,  une  source  aussi  commode  qu'indispensable  à  qui  voudra 
deviner  sans  beaucoup  de  peine  les  énigmes  que  l'art  s'est  plu  à  in- 
scrire depuis  dix-neuf  siècles  sur  la  pierre,  le  bois  et  le  parchemin, 

T.  IV.  3Q 


4(M»  k^n^UlC£.      . 

peuple$-là,  eu  s'implantant  chez  nou^,  ,en  y  adopta^  le 
ijt^riâtiamâme,  se  conformèrent  à  ses  idées,  loin  de  nou$  im- 
poser, les.  leurs.  Ce  qui  dépaçse  les  bornes  de  jcette .  donnée 
tout  à  fait  exceptionnelle  serait  si  rare  qu'on  n'eu  peut  rien 
conclure  de  régulier.  Vous  avez  vu  d'ailleurs,  ci-dessus, 
que  les  prétendues  légendes  finlandaises  ^expliquent  bien 
mieux  par  des  symboles  chrétiens  que  par  des  fables  qu'on 
eût  placées  dans  nos  églises  ^à  une  époque  où  personne 
ne  les  y  eût  souffertes.  Peut-être  pourrait-on  accorder  à 
notre  regrettable  P.  Martin  que,  si  les  artistes  du  xi'  siècle, 
auxquels  U  attribue ,  par  exemple ,  les  singulières  sculp- 
tures de  la  crypte  de  Frisingue  (i  ),  ont  pu  par  hasard  orner 
ses  piliers  des  exploits  mondains  de  leurs  monstres  et  de 
leurs  héros ,  c'est  que  les  fidèles  du  temps  y  auraient  pu 
voir  une  histoire  allégorique  du  continuel  antagonisme 
entré  Satan  et  l'homme,  entre  les  vices  et  les  vertus.  C'est 
là  tout  ce  que  je  pourrais  concéder ,  et  encore  resté-je 
convaincu  que  le  savant  Jésuite ,  s'il  eût  pu  développer, 
avant  de  nous  quitter ,  la  thèse  qu'il  noas  avait  promise , 
n'aurait  fait  que  sage  de  n'en  pas  publier  les  idées  sans  les 
avoir  soumises  à  une  discussion  préalable,  d'où  aurait  pu 
ressortir  tout  le  contraire  de  ce  qu'il  croyait.  C'est  à  quoi 
m'ont  amené  mes  réflexions  après  la  lecture  attentive  de 
ses  écrits,  et  même  après  en  avoir  conversé  avec  lui  en  des 
rapports  très-intimes. 

Je  finis,  cher  et  honoré  Directeur,  en  m'excusant,  s'il  en 
est  besoin,  de  n'avoir  pas  été  aussi  bref  que  vous  l'espériez 
dans  ces  réponses  :  elles  ne  sont,  après  tout,  que  des  solu- 
tions ;  U  leur  fallait  des  développements,  sans  lesquels  il  n'est 
jamais  d'explications  possibles  en  ces  matières  compUquécs. 
Elles  deviendront  aussi ,  je  l'espère ,  une  explicite  et  ami* 
cale  réfutation  des  difficultés  que  m'opposait  votre  lettre 


,1)  Cf.  Mélanges  (Varvhéologie,  i.  II. 


TYPES  SYMfiOLlQtJES  DES  2^"^  ET  Xn*  SIÈCLES.         467 

du  mois  de  juillet  4870  (i)  sur  mon  Mémoire  lu  au  ceo- 
grès  de  Chartres,  mémoire  auquella  docte  assemblée 
voulut  bien  accorder,  sur  votre  demande.  Tunique  médaille 
d'argent  qu'elle  eût  votée  pour  cette  session. 

PoiUera ,  4  JuiUet  1871. 
(1)  Cf.  BulleL  monum,,  t.  XXYI. 


FIN  DU  IV*"  ET  DBRKlfiR  VOLUME. 


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TABLE. 


SUITE  DE  LA  TROISIÈME  PARTIE. 
DU  SYMBOLISME  ARCHITECTURAL  ET  DÉCORATIF. 

CHAPITRE  XIV. 
Ptintiire  chrétienne  :  Titranz,  mannicriti,  UpiMeries  et  motalqneg. 

La  peinture,  une  dos  plus  intimes  afifections  de  lintelligence,  l  ; 

—  ses  effets  sur  les  âmes  chrétiennes,  2.  —  Elle  n*a  jamais  inter- 
rompu son  action  sur  Tembellissement  de  nos  églises,  3  —  Sa  rai- 
son d'être  est  toujours  sentie  jusqu'à  notre  époque,  3.  —  Division 
de  ce  nouvel  objet  de  notre  travail  :  les  vitraux,  les  manuscrits, 
les  tapisseries,  les  mosaïques  et  les  peintures  murales,  4.—  Ancipn- 
Heté  des  vitraux  peints,  et  leur  symbolisme  général,  5.  —  Premiers 
essais  de  ce  moyen,  5,—  et  ses  phases  diverses  et  successives,  6. 

—  Ses  progrès  au  douzième  siècle,  7,  —  moins  calculés  pour 
l'effet  que  pour  l'expression  symbolique,  7.  —  Sujets  convenables 
aux  grandes  roses,  8.—  Choix  scientifique  des  couleurs,  8.  —  Prin- 
cipe absolu  et  nécessaire  dont  les  peintres  ne  devraient  jamais 
g'écarter,  IL—  Exemples  donnés  par  les  meilleurs  modèles,  lî.  — 
Le  cheval  en  plusiours  endroits  des  Écritures,  12.  —  Le  rouge  et  ses 
significations,  13.— Le  bleu,  13.— Le  jaune,  le  noir  et  le  brun,  14.— 
Vvpposiiion  des  couleurs  observée  comme  chez  les  anciens,  H.— 
Ces  mêmes  règles  appliquées  aux  gemmes  et  aux  émaux,  15.  — 
Haute  théologie  des  verrières  aux  douzième  et  treizième  siècles,  15. 

—  La  Nouvelle  Alliance  à  Bourges,  et  son  caractère  hiératique,  IG. 

—  Le  treizième  siècle  plus  pur  et  plus  élevé  dans  son  esthétique, 
16.—  Belles  entreprises,  au  douzième,  de  Suger  pour  son  abbaye 
de  Saint- Denis,  17.  —  Décadence  de  l'art  aux  quatorzième  et  quin- 
zième siècles,  19.—  Caractère  inférieur  de  cette  époque,  19,  —  dans 
le  vague  des  ornements  inutiles,  20,— et  l'oubli  du  symbolisme 
des  couleurs,  *20.  —  Réapparition  de  cet  art  à  notre  époque,  21  ;  — 


Â7(t  TABLE. 

ses  défauts  actuels  et  leurs  causes,  !ll.—  L*unité  y  manque  surtout, 
aussi  bien  que  le  style ,  %%  ^  Ignorance  des  architectes  sur  ce 
point,  2^—  Analogie  entre  les  vitraux  et  les  vignettes  des  manus- 
crits,  23.—  Rareté  des  manuscrite  antérieurs  au  neuvième  siècle  « 
23.—  Progrès  de  ce  genre  de  peinture  à  travers  les  siècles^  24,  — 
Rapports  sensibles  entre  récriture  des  divers  siècles  du  moyen 
âge  et  les  styles  de  leur  architecture,  25.  —  La  même  observation 
quant  aux  vignettes ,  qui  s'impreignent  de  l'esprit  de  la  Renais- 
sance,  26.— Beauté  artistique  de  ces  charmantes  peintures,  et  leurs 
détails  symboliques^  27.—  Esprit  mondain  et  profane  de  la  plupart 
de  ces  ornements  aux  quinzième  et  seizième  siècle»^  tS^—Rdle 
fréquent  donné  au  démon  sous  des  formes  grotesques,  î8,—  re- 
vêtues'de  leurs  couleurs  propres,  29, -*  et  apparaissant  partout 
avec  une  étonnante^variété  de  poses  et  d'action ,  30.  ->  Manuscrit 
du  roi  René  d'Anjou,  30.—  Missel  de  l'abbaye  de  Sainte-Croix  de  Poi- 
tiers,  30  :  —  les  dimanches  de  l'A  vent  et  du  Gàrême  symbolisés,  3t  ; 
~  la  sirène,  31  :  —  la  persécution  de  Satan  ,  31  ;  —  la  tentation  au 
désert,  3t  ;  —  la  Ghananéenne,  33;  —  le  dimanohe  des  Rameaux;  les 
Juifs  et  la  synagogue  réprouvés,  32.—  Bréviaire  d'une  abbease  de  ce 
même  monastère,  plus  grave  et  non  moins  beau  d'exécution,  33.— 
La  gueule  du  Purgatoire,  34.—  La  fête  de  l'Ascension.  34.  —  Les 
ordinations  simoniaques  et  l'abus  des  bénéfices,  34.  —  L'usage  des 
vignettes  se  continue  dans  les  premiers  livres  imprimés,  36.— Ima* 
ges,  au  seizième  siècle,  de  S.  Antoine,  36,  — de  S.'Qeorges,  36,— de 
S-  Marguerite,  36,  —  de  S.  Jean  rÉvangéliste,  36,  —  et  de  S.  Michel, 
37.—  Symboles  nouveaux  :  le  limaçon,  image  de  la  résurrection  et 
de  l'immortalité,  37.  —  Symbolisme  des  enseignes,  39,  —  et  des  ar- 
moiries des  corps  de  métiers,  39.  —  Le  symbolisme  jusque  dans  la 
reliure  dos  livres  et  des  manuscrits,  40.—  Beaux  exemfiles  de  re- 
liures au  moyen  âge,  41.—  Autres  analogies  entre  les  vitraux  et  les 
tapisseries,  42.—  Histoire  de  ce  genre  de  décoration,  43.  —  son  carao- 
tère  symbolique,  légendaire  et  héraldique,  43.  —  La  tapisserie  de 
Bayeux,  43.  —  L'Apocalypse  à  Saint-Florent  de  Saumur,  43.—  Im- 
portance des  tapisseries  au  point  de  vue  historique,  44.  —  De  l'em- 
ploi des  mosaïques,  45.  —  Charmes  de  ce  moyen  d'ornementation, 
45,  —  devenu  très-rare  en  France,  46.  —  Pourquoi  n'y  reviendrait- 
on  pas  aujourd'hui ,  47 ,  —  comme  S.  Paulin  Pavait  pratiqué  au 
quatrième  siècle,  47,  —  et  au  grand  profit  de  l'enseignement  sym- 
bolique? 48. 


CHAPITRE  XV. 
PeinuiM  manh  de  VégUM^ 

Premiers  essais  do  peinture  chrétienne  dans  les  catacombes,  49  ; 

—  l^uns  types  symboliques,  les  plus  usités»  49.  — 11^  s'étendent  en 
scènes  plus  Taates,  plus  ou  moins  dissimulées  selon  les  temps,  60. 
—Importance  qu'y  attaehaieat  les  Papes  et  les  Pères,  51.  ~Exem- 
ple^  de  ce  zèl^»  51  ;  ^  il  s'étend  sur  toutes  les  portions  de  rëglise, 
52.  •*-  Preuve  notable  de  ce  fait  dans  l'abbatiale  de  SaintrSavin  en 
Poitou^,  r-  La  peinture  à  presque  et  la  peinture  à  La  cire,  55  ;  — 
înooaTéQients  de  Tune  et  avantagea  de  l'autre,  55.  —  âtroitejise  de 
la  piupvt  diesconceptians  actuelles  quant  au  choix  des  sujets»  56. 

—  CoiqbieQ  sent  préférables  les  grandes  scônps  historiques,  66.  -— 
L'omementatiken  pointe  aussi  iodispensQble  que  négligée  dans  nos 
grande»  églises,  57.  —  Oevoir  du  clergé  à  cet  égard,  57r—  Ge  qu'on 
pourrait  fiâre  dans  les  paroisses  moindres,  5S>  -^  et  dans  les 
grandes  églisea,  58»  ^  Quels  tableaux  conviendraient  à  ceUes-ci» 
58  y  — et  qœl  parallélisme  historique  il  y  faut  observer^  59.— 
Études  des  peintr^es  pour  réussir  dans  ces  effets,  60.  -*•  Que  les 
mpnuments  du  moyen  âge  doivent  être  décorés  de  peintures 
platée' en  4iarmome  avec  le  style  architectural,  61,  —  et  avec  les 
verrières^  62.  ^  La  perspective  conviendra  mieux  dans  les  édifices 
construite  depuis  le  seizième  siècle,  62.  —  Ces  principes  avoués 
aujourd'hui  par  la  science,  63.  —  Us  doivent  s^appliquer  à  la  déco- 
ration dies  églises  selon  les  Samts  qu'on  y  honore,  63.^  De  quelle 
façon  il  faudrait  créer  pour  les  Saints  de  l'époque  moderne  un 
genre  d'architecture  qui  se  prêtât  à  leur  époque,  64,  —  et  à  l'orne- 
mentation  picturale  de  la  nôtre,  64.  —  Application  de  cette  théorie 
aux  églises  monastique^  66.  —  Là  encore,  surveillance  active  et 
intelligente  du  clergé,  67.  ^  Du  Chemin  de  la  Croix  et  des  règles 
artistiques  qu'il  y  faut  observer,  67.  ^  Abus  actuels  sur  ce  point, 
63.  r- JÎe  quelle  ressource  seraient  à  cette  composition  les  murs 
latéraux  de  npa  basiliques,  68,  -^  et  ceux  de  la  cathédrale  de  Poi- 
tiers en  particulier,  69.  —  Importance  des  tableaux  sur  bois,  70.— 
La  polychromie  appliquée  à  la  statuaire,  71 ,  -*  dont  elle  est  la  vie 
et  le6uocé6,7i. 


472  n»t«. 

CHAPITRB  XVJ.    . 

De  la  statuaire  sculptée  Qd  peinte  at  da  r^menblenevt» 

La  Trinité  et  ëes  représentations  symboliques  dans  rai*chitec- 
ture,  73.  —  Occasion  donnée  à  Ticonographle.  d'exprimer  ce  œyir 
tère,  75.  —  Tâtonnements  motivés  de  renseignement  des  Pères  sur 
ce  point,  75.—  S.  Hilaire  de  Poitiers,  76  ;  —  S.  Grégoire  de  Nazianze, 
76.  — Premiers  symboles  :  le  soleil,  76,  —le  triaugle  équilatéral, 
76;  —leur  développement  au  douzième  siècle,  77,  —  et  surtout  au 
treizième,  78.  —  Abus  des  moyens  iconographiques  réprimé  par 
rÉglise,  79, —  qui  détermine  ce  qui  est  permis  et  ce  qu'il  faut 
éviter,  80.  —  Variétés  nombreuses  et  QrfhodQxg^  4^s  sièi^l^  sui- 
vants, 811  —  Le  ninibe,  8î.  —  La  gloire,  ou  auréole,  %1.  —  Variétés 
du  nimbe,  83.  —  Nimbe  carré,  84. —r  Antiquité  du  nimbe,  3t- 
Nimbe  crucifère,  85.  —  Usage  du  nimbf ,  devenu  indispcjfsable  à 
Thagiologie  artistique,  85.  —  Histoire  de  sa  marche  séculaire  ittô- 
qu'aux  temps  de  décadence  :  du  quatrième  au  douzième  siècle.^ ; 

—  du  douzième  au  quinzième,  87;  — du  quinzième  au  seizièiae, 
87;  —  et  au  seizième  lui-même,  88.— Couleurs  à  donner  au  nimbe 
selon  les  personnages  auxquels  on  l'applique,  89,  —  Couleurs 
à  donner  aux  costumes  des  Saints,  selon  .leur  caractère  et 
leur  hiérarchie,  89.  —  Attributs  généraux  à  donaer  aux  Saints,  90; 

—  autres  pins  spéciaux  à  chacun,  9K  —  Observation  sur  la  nudité 
dos  pieds  comme  symbole  de  Tapostolat,  93.  —  Les  sibylles,  95 ;•«' 
de  leur  autorité  dans  le  paganisme^  95.  —  Gomment  les  Pères  ont 
adopté  leurs  prophéties,  96.  —  Leur  rûle  archéologique  longtesi]» 
inten'ompu,  98.  —  Variantes  des  auteurs  sur  leur  nombre,  etsur  le 
texte  de  leurs  prophéties,  98.  —  Obscurités  de  leur  histoire^  99.— 
Conjectures  sur  la  valeur  de  leurç  oracles,  100.  —  loiportance  des 
sibylles  dans  l'art  chrétien,  100.  —  Gomment  leur  action  s'y  rat- 
tache à  celle  des  Prophètes  et  des  sages  de  l'antiquité,  100*  — 
Méthode  à  suivre  pour  leur  emploi  artistique,  101.  —  iiotioessur 
chacune  d'elles  et  sur  leurs  attributs  :  1**  la  sibylle  Agrippioe»  >0i; 

—  V  la  Cymmérienne,  101;  —  3«  la  Cuméenne,  102.;  —  4»  la  Uel- 
phique,  103;  — 5-  rÉrythréenno,  103;— 6«  l'Européenne^  104;* 
70  l'Hellespontine,  104  ;  —  S»  la  Libyque,  105;  —  9»  la  Pewiqae,  105; 
— 100  la  Phrygienne,  100;— 11°  la  Samieune,  106;— U»  laXiJ^urtine, 
108.  —  Los  sibylles  doivent  revivre  dans  l'iconograpliie  chrétleane, 
103.  —  Idée  de  leur  costume  et  de  ses  accessoires,  109.  î—  fiègies  à 
y  suivre ,  erreurs  à  y  éviter,  109,  —  La  main  bènisfsaate  et  ses  si- 


TABliE.  473 

gnifications  symboliques,  109.  -—  Marches  et  variantes  de  ce  sym- 
bole jusqu'à  nous,  ItO.  -^  Du  tètramot7>fae  et  des  principes  qui  le 
recommandent,  111.—  Places  normales  de  ses  quatre  animaux, 
]  12.  — Tfdts  divers  qui  doivent  compléter  leur  iconographie.  Il  <. 

—  Couleurs  à  donner  à  chacun,  114.  —  De  Tameublement  de 
l'église  et  de  ses  rapports  avec  la  peinture,  114.  —  Études  néces- 
saires à  cet  égard,  114.  —  Abus  à  éviter  et  règles  à  suivre,  115.  — 
Ne  pas  j)eindre  les  vieilles  stalles,  ni  les  sculptures  en  bois,  115. 
~  Inconvenance  des  chaires  en  pierre,  116.  —  Des  peintures  abu- 
sives, 116,  —  et  des  lambris  en  bois  sur  les  mun^,  116. 

CHAPITRE  XVIl. 

Des  images  de  Dieu  le  Père ,  du  Sauveur  et  de  la  Sainte  Vieille. 

Sous  quels  traits  et  quelles  couleurs  doivent  se  représenter  le 
Pore  éternel,  118,— et  la  Personne  du  Fils,  U9.— L'unité  indispen- 
sable, dans  l'application  des  moyens  décoratifs,  à  la  statuaire, 
comme  à  Tarchitecture,  120.  —  La  crucifixion;  son  histoire  et  ses 
caractères  successifs,  121  ;  —  on  l'évite  dans  les  catacombes,  121. 

—  Variétés  à  observer  dans  les  formes  du  péplum,  122.  —  Couleur 
du  péplum  donné  au  Sauveur  crucifié,  124.  —  Nombre  des  clous  de 
la  croix,  125.  —  Du  suppedaneum,  126.  —  Formes  diverses  de  la 
croix,  1^27.  —  Symbolisme  de  l'inclinaison  du  Corps  divin  sur  la 
croix,  128.  —  Crucifix  de  l'arc  triomphal  des  églises,  128.  —  Quel 
type  de  beauté  ou  de  laideur  est  à  donner  au  Christ  crucifié,  129. 

—  L'Église  et  la  Synagogue  aux  côtés  de  la  croix,  129.  —  Le  ser- 
pent, 130,  —  et  la  tête  de  mort,  130.  —  De  la  Sainte  Vierge  assistante 
à  la  croix,  et  de  ses  types  divers,  130.  —  Comment  les  artistes  s'y 
sont  égarés,  faute  de  4a  comprendre,  130.  —  Marie  aux  catacom- 
bes, 131  :  —Vierge  Mère,  131,  —accueillant  les  Mages,  13i,  —ou 
associée  au  buste  du  Christ,  132.  —  Développements  successifs  dé 
son  iconographie,  133. —Les  Vierges  noires,  134.  —  Conditions 
eysentiellés  des  images  de  Marie,  135;  —  comment  elles  ont  été 
gardéei^  au  moyen  Age,  135.  —  Des  images  de  l'Immaculée  Concep- 
tion, 136.  — On  ne  doit  jamais  m  séparer  l'Knfant-Dieu ,  137.  — 
Autrefe  traits  qui  caractérisent  nécessairement  le  dogme  si  glo- 
rieux à  Marie,  138.  —  Ce  dogme  ne  peut  avoir  d'autre  type  que 
celui  indiqué  ici ,  139.  —  Description  d'une  statue  analogue  de 
réglise  Saint-Lô  d'Angers,  140.  —  L'Apocalypse  ,  source  de  docu- 
ments artistiques  pour  les  diverses  représentations  de  Marie,  141. 

—  Encore  l'arbre  de  Jessé,  et  ce  qu'il  doit  être,  142.  —  Beau  modèle 


474*  TABMS. 

à  imiter,  143.  -*  Combien  un  tel  sejet  demande  «l'études,  éè  Ré- 
flexion et4ieseRtimRnt-etU*étien,  H3.  — «  knpditanoe  du  choit  des 
couleurs,  14S>.  —  SoifiiTces  à  consnller  pour  los  tàbK«KU<  rehgieax, 
lis  t—  lûterian  de  Ayala  et  Moiianus^'  14S;  -^  le  R;  P.  CfthieV^  (46.  -> 

L'arbilraire  quelquefois  possible  aux  âymbolistos,  I4t. 

- 1 

CHAmRB  5CVUÎ.' 
lift  Blàrifle  oatàoU<{ue. 

La  liturgie  aussi  anMenne  que  l'idée  de  Dieu,  149;  —  entre 
nécessairement  dans  le  catholicisme^  U9>  —  dont  elle  devient  la 
vie  extérieure,  149.  —  Ses  premières  formes  dans  T Apocalypse, 

150.  —  Premières  assemblées  chrétiennes  du  temps  de  S.  Paul,  150. 
—Première  liturgie  de  la  Mcsseï  150  ;  -«son  sysaboUsme  et  celui  des 
autres  sacrements^  151  :  —  Le  Baptôm^e,  XhU  ^  La  Confirmation, 

151.  —  La  Pénitence,  15^.  —  L'Eucharistie,  152.  -^  L'Bxtréme-Oiic- 
tion,  152«— L'Ordre,  15^  ~  Le  Mariage,  152.  ^  La  Messe  est  la  li- 
turgie par  excellence,  154  ;  -^  autour  d'elle  se  groupent  les  plus 
éminents  symboles  religieux ,  15i>  —  Marche  progressive  de  ce 
symbolisme  à  travers  les  sièclesi  15G.  —  L'Église  a  symbolisé  tous 
les  détails  de  ses  cérémonies,  15  j.  •*-  La  bibliographie  symbolis- 
tique,  158.  -«Symbolisme  du  signe  de  la  croix,  159,  -^  du  lumi- 
naire, 160,  *-  de  rÉpUre  et  de  l'Évangile,  160,  ^  et  de  toujto  Vaciùni 
du  Saint  Sacrifice,  161. -«-Des  vêtements  pontificaux  et  sacerdo- 
taux, 161  :  *-  La  mitre,  162.  —  Les  gants,  163.  -^  L'anneau  de«  évo- 
ques, des  abbés  et  des  chanoines,  16J. -^La  crosse,  164.-*- Le  pal- 
lium,  165.  --  La  croix  pectorale,  166.  —  Les  sandales,  167.  — >  Prières 
symboliques  propices  à  chaque  partie  du  costume  sacré,  167.  — 
Examen  des  vêtements  propres  au  Saint  Sacrifice,  168.  •—  Le  lave- 
ment préalable  des  mains,  168,  --*  L'amict,  169»  —  L'aube,  169.  -* 
Le  cordon,  169.  —  L'étole,  170.  *-  Le  manipule,  170.  —  La  chasuble, 
la  dalmatique  et  la  tunique,  171.  —  Changements  regrettables  dans 
la  forme  de  la  chasuble,  172.  —  ÉtolTcs  des  habits  liturgiques,  171 
—  Quelques-unes  des  plus  célèbres,  173.  —  Leur  ornementation 
symbolique  au  moyen  âge,  173.  —  Succès  de  rOccidcnt  en  ce  genre, 
174.  —  La  chape  de  Gharlemagne,  17t.  —  Origine  des  armoiries  sur 
les  ornements  ecclésiastiques,  175.  —  Symbolisme  des  couleurs 
liturgiques,  176;— comment  elles  se  partagent  le&  différentes 
fêtes  de  l'année,  177.  —  Raisons  de  quelques  variétés  en  ce  genre, 
177.  —  Application  occasionnelle  d'autres  couleun»  à  des  cérémo- 
nies liturgiques,  178. —  Symbolisme  des  fôtes  chrétiennes,  179>- 


TABIi^.  475 

et  d'abord  da  dûmnclie,  179;  ->-  et  des  Offices  «n^nëral,.  180*  ^ 
Ob^erya&ces  syinboliqiiea  atix  f^ec  de  P&qi^es,  ISO,  ^  de  TAscent 
sloQ,  1^,  -«•  Usages,  populaires,,  iSa  r*  Des  fe^ix  de  la.  SaUltriean> 
tSl..— IJlilité  ^eiaie  des  jours  de  fêteSi  UL-r-Btude  des  livres 
liturgiques  et  des  usages,  locaux,  lâ3.  -«  I^^AYent»  t^a.  --iL!Spi- 
phanie  et  la  procession  de  ce  jour,  184.  —  Présentation  du  Sauveur 
au  temple,  185.—  Pâques,  186.  t-lja  Peiiteo^te,  187.  —  L'Ascension, 
187.  —  La  Dédicace,  183.  —  Parodies  révolutionnaires  de  ces  saints 
usages^  188.  —  Fête  de  Mar^ .  ^.  9ofiirgrC^0^s$çi  188.  -  La  Fôte  de 
l'agriculture  à  Paris^  en  1848,  189. 

CHAPITRE  XIX. 
Les  drames  liturgiques. 

Origine  et  raison  du  Drame  liturgique,  190.  —  Le  but  du  théâtre, 
essentiellement  inoral,  190. -^  Il  seïjertertit  sous  rinfluefnce  des 
mauTalsespassiéiïs,  191-.  -^  Celui  du  moyen  âge  systématiquement 
dénigré  liar  l'esprit  moderne,  191.  -»■  Le  Christ  fouffrant  de  S.  Gré* 
goire  de  Nazianze,  I9î.  —  L'Église  faisait  de  ces  récréation^  hon- 
nêtes un  moyen  d'enseignement,  193.  — et  secondait  par  lui 
i'actfon  de  son  imagerie  sacrée,  1 94.  — Auteurs  de  notre  temps 
qui  ont  compris  i^tte  intention,  t9ô.  —  La  Messe  est  réellement 
un  drame  sacré,  196.  -^  C*en  est  un  aussi  que  notre  prose 
actuelle  de  Pâques,  197,  —  la  communion  générale  du  clergé  au 
Jeudi  saint,  T97,  —  et  le  chant  solennel  dé  la  Passion,  197.  —  Im- 
portance qu'on  attachait  â  ces  rôles ,  193.  —  Ces  drames  sottt  là 
source  de  beaucoup  de  noms  de  famille,  198;  —  ils  se  jouaient 
souvent  en  plein  air,  198,  —  et  s'étendaient  à  presque  toutes  les 
fêtes  de  Tannée,  199.— Les  arts  de  cette  époque  en  portent  encore 
les  traces,  199,  —et  surtout  les  manuscrits,  Î06.  —  Mauvaises  cri* 
tiques  de  certains  auteurs,  ÎOO.  —Abus  condamnés  par  TÉglise,  ^00. 

—  Théâtre  de  Hroswita,  201.  —Les  Vierges  sages  et  les  Vierges 
folles,  202.  —  Développements  du  théâtre  chrétien  dans  les 
quatre  derniers  siècles  du  moyen  âge,  203,  —  mais  surtout  au 
quinzième,  203.  —  Les  fêtes  de  René  d'Anjou.  203,  —  de  Gilles  de 
Retz,  294.  —  Les  drames  servent  de  supplications  publiques 
contre  dés  fléaux,  204.  —  Causes  qui  ébranlent  d'abord  leur  carac- 
tère purement  religieux ,  205.  —  La  Passion  de  S.  Quentin ,  206, 

—  et  de  S.  Didi€r>  206.  —  La  Fête-Dieu  d' Aix,  206  ; — son  symbolisme 
primitif,  207.  — Sévérité  judicieuse  de  Gerson,  207.  — Faux  juge- 
ments de  quelques  auteurs  sur  la  Fêté  dite  de  F  Ane,  208;  —  sa  jus- 
tification par  les  f^its,  208. —  Titres  de  l'âne  aux  honneurs  sym- 


476  TAHM. 

d'«Jx>râ  &  Rotten>  puis  à  SéFHâ,  irO.-^De66ri0lf6ti'd<ï  lâ:  cèrèikKmie 
de  llotveâ,  îlO;  —  p<er»onndged  qai  y  (îgarent .  410  i^  Ips  fro- 
plièl;èB;îW,— entre  autres  f  Daniel,  îl1,-i^Habaciic.*r!;— Bàham 
et  son  âttesse,  Wl,  —  Virgile",  îlî ,  -^  NkbtiCTiodonosor",  'îll-U 
sibytle  de  Cames,  21S.  —  Cotnment  les  rôles  y  étâieùt  dietribués, 
214.  «-^  Sens  moràî  et  iriâtraetif  <4e  cette  représerttation,  iï4.  —  Date 
probable  de^Bon  institution, t (S.  —La  même  fôte  à  Sens,  Î15.— Prose 
de  Pierre  de  Corbeil  t  Ortentis  pàf*Hbu^,  i\h.  -^  knzly^ûe  cette 
poésie,  Î16.  —  Qualités  de  Tâne  méconnues  et  réhabilitées,  t\f]  - 
leur  symbolisme  chrétien  exposé  dans  ce  chant  liturgique,  ÎI8.- 
Gonvenance  de  ce  rhythme,  Î18.  —L'âne  est  aussi  un  symbole  du 
Sauveur,  Îi9,  —qui  est  rOrient,  ^-iO,— et  le  peuple  juif  personnifié, 
121.— Autres  termes  bibliques  relatifs  au  Messie,  2îl.— Allusion  à 
l'adoration  des  Mage6,î2*2,—  à  la  Passion  et  à  la  Pénitence  divîûp, 
2î3,  —  à  la  séparation  éternelle  des  bons  et  des  mécl^ants,  223,  - 
et  olo  repos  du  Fils  de  Dieu  dans  sa  gloire,  tU.  —  Preuves  de  ce 
mystk5i9?ne>îî5,  — calomnié  par  les  ennemis  de  la  religion, î!5: 
—  ceulc-ci  réfutés  par  leur  propre  ignorance,  ttî.  —  L«*s  mêmes 
remarques  «^appliquent  aux  autres  drames'  des  Innocenu  et  des 
Fous,  Î*17,— dont  le  moyen  âge  lui-même  n*a  pas  autorisé  les 
abus,  2Î8.  —  Influence  que  ces  drames  ont  exercée  sur  le  syiribo- 
lisme  artistique  drs  quatorzième,  quinzième  et  seizième  siècles, 
*2îO,  *- et  origine  deb  figures  grotesques  dans  ïa  décoration  des 
éjDrlises,  ^30,— qui  se  reflètent  dans  la  Sef  des  fous  de  Sébaslioii 
Brandt,  Î32.  —  Avis  â  ceux  qui  ont  confondu  cette  époque  avec  le 
vrai  moyen  âge,  Î33;  —  et  dernière  preuve  que  le  symbolisme  y 
a  toujours  vécu  et  agi,  233. 


CHAWTRE^X. 

De  la  musique  i acrfo. 

Origine  de  la  musique  religieuse  dans  la  prière,  Î35;'—  ses  ca- 
ractères primordiaux  altérés  par  le  polythéisme,  236.  —Philosophie 
de  la  musique  dans  lt<s  Pères.  23T,-  reproduite  dans  Tart  plastique 
de  nos  églises,  t37.  —  Effets  du  chant  religieux  sur  Tâmêliumaine, 
2Jd,  —  dus  au  symbolisniP  de  son  expression,  2S9.  —  Le  symbo- 
lisme répandu  dans  tous  les  détails  dé  la  vie  extérieure,  239.-^  Le 
calme  et  la  gravité  sont  les  plus  antiques  caractères  du  chant,  ^W, 
-^  et  les  conditions  essentieTfes  de  ses  efTots,  2VI,  —  dont  le  svffl- 
boliame  n'a  disparu  qu*avec  eux,  2'tT.  —Symbolisme  de  la  prière 
oliaulé*',  et  sort  orlgino  chrétienne,  Î42:  -^ses  premières  Tichœi- 


tude6>  %^;  ^  Qlicg  moùvent  la  réforme  de  &  Gfégoire,  243«  —  fliti* 
tolrÇr4ie  cct(Q  réforme,  %^^;'^  elif^  favorise, le eynil^oUsine  du  chant 
dAp0  le;»  ftpti^ane%  Z4^,«i* Gomment  ce  sym^Iûsme  résulte  cle  la 
m^ULodÊiP;é9oriei)i^7(j^46,  -ndaos  \m  antiennes^  W^^tt-  les  rèpooB, 

246,  -  rintroït,  m.^ieJlyrifir  246, -^ie  Gioria  in  exeelns.  Ut,  ^ 
le  Graduel,  ^47,  —la  Préface  et  le  JSanclus^Ml*  -^  Variantes  ooasi* 
dérables  éprouvas .  par  le  cbant  gré(;orien  à  travers  les  sièclea, 

247,  ^Travaux  et  dècouverte3  du  P,  Lambillo^te,  24^^ -- Heureuse 
rëvolutioa  opérée  par  Guy  d'Areïzo>  249,  —  Oëcadenoe  du  cbaot 
gré^o^en,  et  ses  causes,  2o0.  —  Le  plaîu-chant,  seul  convenable  à 
la  liturgie  catholique,  251,  —  par  ses  caractères  mômes,  251.** 
Cette  vérité  prouvée  par  la  pratique  de  r£glise  jusqu*au  quator* 
zième  siècle,  252.— EistoiJ*e  du  cltônt  grégorien,  et  de  ses  progrès 
du  dixième  au  .douzième  siècle,  252.  —  A  cette  dernière  époque,  il 
rend  très-bien  le  mysticisme  de  la  théologie,  et  de  Tart  monu- 
mental, 253.— Le.  treizième  siècle  et  rpffice  du  Saint-Si(crement 
par  S.  Thooias  d*Aquin,  255.— Le i^^  irxt  255,  t^  Relations  morales 
entre  le  chant  religieux  et  les  périodes  architecturales  du  moyen 
âge,  256;— Iç. caractère  de  mélancolie . chrétienne  y  est  surtout 
remarquable,  .257. —  Souvenir,  4  ce*  sujet,  des  pèlerins  de  Saint- 
Jacques»  .258.— A'otions  sur  la  plus  ancienne  musique  d*accompa-> 
gnement,  258  ;  —  le  culte  chrétien  a  dû  s'en  emparer,  260;  -*il  lui 
a  gardé  religieusement  son  caractère  d^  piété,  2^0.  —  De  l'orgue  ; 
de  ses  commencements  et  de  ses  progrès,  261  ;  —  en  quoi  il  con- 
vient excluaivemejit  aux  Offices  ecclésiastiques,  262  :  —  on  le  pro« 
fane  donc  en  le  mêlant  aux  concerts  profanes,  263.  —Son  action 
diverse  aux  différents  ilges»  263 ,  —  favorijse  le  symbolisme  du 
chant,  263,  —  mais  plus  tard  sa  décadence,  264.  -x  Lutte  de  TÉglise 
contre  les  abus  de  la  musique  mondaine,  264.  —  Palestrina  et  sa 
messe  du  pape  Marcel,  265  ;  «-  ses  succès  bientôt  oubliés  pour  de 
nouveaux  abus,  266.  —  Pourquoi  le  plain-chant  réussit  seul  dans 
les  Offices  de  TÉglise,  266.  —  Le  clergés  ne  do\t  vouloir  que  lui,  266, 
—  car  il  convient  seul  à  la  prière  chrétienne,  267,  —  qui  alterne 
entre  Ic^s  tristesses  de  la  terre  et  les  joies  du  ciel,  268.  —  U  a  seul 
le  symbolisme  surnaturel,  269,  —  qui  disparaît  du  chant  mai  exô-* 
cutè,  209^  —  et  de  certaines  improvisations  de  Toigue,  270.  —  Les 
messes  en  musique,  et  leur  physionomie  profaner  270.  — Le  chant 
romain  exclusivement  acceptable,  212.  —  Équivoques  de  son  exis*» 
teiice  actuelle,  272»  —  Sa  méthode  d'exécution  |e  prive  4e  son 
syjnbolismei  ^73,  r-  qui  est  surtout  dans  Tapplication  juste  des 
dilTérents  ton^  27.).  —  fia  quoi,  la  liturgie  romaine  pèche  sur  ce 
point,  274,  —  Longueur  démpsurèe  imposée  à  ses  phrases  mufii« 


478  tAbLfi. 

caleB,  î75,  --et  le  même  chant  &  des  pa^Dies  dfe  sens  opposés,  î76. 
—  Rôle  de  Torgue,  et  son  s^'itibôlisme  obligé,  279.  —  l^éces«itê  (Tun 
retour  officiel  aux  principes  esthétiques  du  chant  religieux,  ^, 
—et,  ponr  l'opérer,  ne  vouloir  dans  l'Église  que  l'orgue  et  leplaio- 
chant,  28t. 

GUAPITBB  XXI. 

L'orfèvrerie  sacrée. 

Que  Tart  doit  à  la  religion  tout  ce  qu'il  est,  283,  —  même  dans  le 
paganisme,  283,  —  quoiqu'il  y  fût  moins  riche  de  symbolisme  et 
de  sentiment,  284.  —  L'orfèvrerie  chrétienne  traduit  l'esprit  de 
l'Église,  284;— elle  comprend  tous  les  métaux,  précieux  ou  non. 
285.— Phases  diverses  de  son  histoire,  285;  —et  d'abord,  à  peu 
près  nulle  pendant  les  trois  premiers  siècles,  285,  •-  elle  devient 
magnifique  dès  le  temps  de  Constantin,  286.  —  Action  concomitante 
du  pape  S.  Sylvestre,  287.  — Vases  sacrés  de  cette  époque,  287. — 
Le  zèle  de  S.  Sylvestre  continué  par  ses  successeurs,  288,  —et  sur 
tout  par  le  pape  S.  Symmaque,  288.  —  L'orfèvrerie  dans  la  France 
chrétienne,  289;— elle  a  aussi  son  symbolisme,  289. —Mabuinus, 
290.  — Cheft-d'œuvre  du  cinquième  siècle,  290.  — Les  ateliers  de 
Limoges  et  leur  époque  véritable,  291 . — Beaux  caractères  de  l'orfè- 
vrerie mérovingienne,  292-  —S.  Èloi,  293.  —  Le  fauteuil  de  Dago- 
bert  II  et  son  symbolisme,  293.  —  Fondation  de  l'école  de  Solignac, 
295,  —Imitée  de  beaucoup  d'autres,  296.  —  Emploi  du  filigrane  dès 
l'époque  flranque,  297. —Les  nielles,  297. —Les  gemmes  on  pierre? 
précieuses,  298  ;  —  on  y  mêla  parfois  des  intailles,  299.  —  Les  caix)- 
chons  et  leur  époque,  300.  —  Les  émaux  :  leur  composition  et  leur 
histoire,  300;  —  leur  emploi  dans  l'art  religieux,  301,  —  qu'ils  dé- 
sertent pour  l'art  profane  de  la  Renaissance,  302.  —  Difficulté  d'y 
veveoir  aujomid'iittii  362.-^£poque  de  GharleiiMgiie,S(ft;— à«slére 
élevé  de  ce  grand  prince,  303.  —  Son  zèle  pour  l'orfèvrerie  reli- 
gieuse, 303.  —  Le  trésor  de  Conques,  304,  —  et  ses  bijoux  symbo- 
liques, 304.— Statue  de  S^  Foi,  304.—  Autois  portatife  et  leur  riche 
ornementation,  dOô.  ^  Splendeur  de  rorfevrerie  du  quattiémeau 
neuvième  siècle/ 506,  —  puis  au  dixième  dans  lestti«iiastèi«s,307. 
—  Le  onxième  ajoute  à  ce  mouvement»  307.— Rapports  entre  le 
style  des  monuments  et  celui,  de  rorlévrerie  de  chaque  époque, 
ao8.— Le  douEième  siècle  plus  beau  de  style,  et  d'un  e^ymliolisme 
plus  fècondi  308.  «-La  dinanderie  appliquée  à  l'orfèvrerie  eeclè* 
siastique,  308.—  L'autel  de  Bàle^  S09.— Ohâsse  du  musée  de  Bru- 
xellos;  300*— Génie  et  travaux  du  moine  Théophile,  310;  — «on 


Sche4^la  fiùertttrun  artiumt  3n.^£nce08Oir  <^xécuté  diaprés  son 
plan,  311.  r-  Symbolisme  de  rencen^oir  et  de  l'encens,  WL  -r-  Ô^ne- 
meotatioiii,  toi^e  pius^e  dans  le  «eiis  aàagpgique,  313.  t^  Entrelacs 
mèl^s  d'animaux.  3U*—i'- encensoir  de  Ulie>  314; -*  symbolisme 
de  tous  ses  détails,  314. ~  Ange  muni  d'un  disque,  315.  — Le  feu« 
symbole  de  Dieu,  315.— Animaux  divers  :  allégories  de  leurs  rôles» 
316.  —  Richesse  du  symbolisme  à  cette  époque,  316.  —Travaux  non 
moins  remarquables  de  Suger,  318, —  Portes  en  bronze  de  Saint: 
Df  nys,  318;  —  Tautel  d'or  de  la  basilique,  318;  —la  croix  d'or  et  de 
pierries^QS^  318  ;  —  les  vases  sacrés,  319;  —  ies  pupitres  et  les  aigles, 
j3i9.  —Symbolisme.de  ces  beaux  meublesi  319.  —  Orfèvrerie  du 
treizième  siècle,  conforme  au  style  de  Tarcbitecture,  320.  —Beauté 
du  costume  ecclésiastique  do  cetie  é-poque,  3^1.  —  Le  symbolisme 
n'y  est  pas  moins  cultivé,  32i.  — L'autel  ei  son  caraotàre,  32t.  — 
Les  chandeliers  et  la  lumière  sacrée,  322;— leur,  symbolisme  et 
leurs  détails  variés ,  323.  -*^-  Le  chandelier  du  cierge  pascal  à 
Saint' Jean  de  Lc^tran.,  325.  — Les  lampes,  326..*- Les  couronnes  de 
lamièrea,3Z7.  — Le  crucifix  de  l'autel,  328.  -^  Les  calices,  329;  — 
combien  le  symbolisme  leur  est  indispensable,  329.— Motifs  pro- 
pres pour  leur  ornementation,  330»  -r-  Digression  sur  le  symbolisme 
du  calice,  332.  —  Groupe  symbolique  d'un  caliee  de  S.  ildefonso, 
3>^.  —  Calices  gravés  sur  les  tombes  ou  déposés  dans  les  tombeaux, 
335. -r  Le  calice  le  plus  simple  peut  encore  avoir  soa  langage  fi- 
gura,tif,  335.  --  Conditions  essentielles  de. forme  et  de  soiid\té>  336. 
— J>îe  pas  y  prodiguer  les  émaux,  336.  — La  patène,  337.-^  Cil)oires 
en  forme  de  colombe,  337,  —Boîtes  à  hosties,  337.  —  Les  ostensoirs, 
338.— Les  reliquaires,  338.  —  Le«s  portes  et  les  pentures,  3;)9«  —  Les 
grilles  de  l'iutérieur,  34Q. 

CHAPITRE  XXIL 
Déoadenee  du  tymbolliaie  ;  sa  renaissance  au  diz^neuidène  siècle. 

CONCLUSION. 

Destinées  identiques  de  TapI  et  des  idées  morales,  342.— Le  bon 
insèpasable  du  beau,  34â.  —  La  beauté «^rchitectuFale  prise  dans  le 
corps  humain  et  dans  la  nature»  343.  —  Les  études  des  quinzième 
et  seizième  siècles  faussent  l'esprit  religieux  du  moyen  âge,-343. 
—Les  |ié.résies  n'y  contritoent  pas  moins^3!44,  **^  non  plus  que  le 
mouvement  littéraire  de  laBenaissance,  345.  ^Sympiâme»de  la 
décadence  de  l'art  ogival,  345,-»- et  avec  lui  del'esthètii¥ue>  345.  ^ 
Causeft  multiples  de  œtte  rèvotUition,  346;  —ses  eacactères  aen- 
sible^  346.  r^  Orcagna,  et  Tarcade  grecque,  347,  -^  favotrisée  par  lilf^ 


480 


TABLE. 


chel-Ânge  contre  le  style  dos  coDstructioiis  religieuses,  347.  ~  Le 
style  grec  détruit  le  symbolisme  catholique,  3tô.— -La  peinture  en 
souffre  moins  tout  d*aboitl>  348.  »  Gimabué ,  349.  —  Giotto,  350.— 
Ange  de  Fiésole»  350.-*  Dernières  lueurs  de  Testhëtique,  351.— 
Apparition  de  Luther;  côté  artistique  de  son  caractère»  352.— 
Caristadt  et  sa  guerre  aux  images,  35'Z;  — Luther  s'y  oppose  en 
vain,  353,  —aussi  bien  qu'Érasme,  353.  —Théorie  de  celui-ci  sur  le 
symbolisme,  353;  —  cell^  d'Albert  Durer;  analyse  de  ses  travaux, 
354.  —  Défauts  et  qualités  de  ce  peintre,  355.  —  Esthétique  de  sa 
Vierge  au  singe,  356;  —  de  sa  Vierge  au  Jardin,  356;  —  de  ^  Méian' 
colie,  357;  — du  Cheval  de  la  fnorl,  358;  — de  La  BoUe  de  Pandore, 
358. ^Michel-Ange  et  Raphaël,  moins  architectes  que  peintres,  3ô9. 

—  Coopération  du  premier  aux  plans  de  Saint-Pierre  de  Rome,  359. 

—  Défectuosités  esthétiques  de  cette  église,  360.-^  ^u^mi«n(  der- 
nier de  Michel-Ange  ,301.  —  Analyse  de  cette  fresque  célèbre,  361: 

—  et  d'abord  de  la  chapelle  Sixtine,  361.  — Faux  principe  d*où  part 
le  peintre,  362,  — qui  fausse  le  caractère  du  Sauveur  et  de  Marie, 
36*2,  — aussi  bien  que  l'esprit  du  récit  évangélique,  362.  — Cette 
œuvre  a  d'ailleurs  un  cOto  païen,  363  ;  — exagération  de  toutes  ses 
données,  363, —et  défaut  de  dignité,  36 ï,  — qu'on  peut  reprocher 
aussi  à  Orcagna,  365  ;  —  enfin,  absence  de  tout  symbolisme,  366,— 
qu'oubliait  aussi  Bartholoméo,  367,  — et  que  Fiésole  n'avait  jamais 
négligé,  367.  — Raphaël,  d*aboi*d  imitateur  de  Michel-Ange,  368,— 
par  l'exagération  de  la  forme  dans  ses  fresques  de  la  Création,  369. 

—  Le  même  sujet  mieux  traité  à  Chartres  par  le  moyen  âge,  369.— 
Cette  supériorité  a  son  principe  dans  l'esthétique,  370,— qui  n'a 
pas  échappé  à  Buflàmalco,  370.  — Description  du  Monde  créé  de  ce 
dernier,  3*0.  —  Caractère  des  travaux  religieux  de  Raphaël,  371  :  — 
il  a  plus  d'art  que  de  piété,  372;— les  madones  de  Fiésole,  supé- 
rieures aux  siennes,  372,  —Cause  morale  de  cette  différence,  373.— 
Raphaël  peu  fidèle  à  l'histoire,  374  ;  —  son  S.  Jean-Baptisle,  374;  — 
sa  Vierge  au  poisson,  plus  symbolique,  375;  —  le  S.  Michel  du  Lou- 
vre, 376;  — la  Vision  d'Ézéchiel,  mieux  conçue,  377. —  Raphaël 
abuse  de  la  coquetterie  et  du  nu,  377.  —  Autres  abus,  pires  encore, 
de  notre  temps,  378.  —  Poussin  et  sa  Continence  de  Stipion,  378.— 
Rubens  et  son  Histoire  de  Marie  de  Médicis,  379.  —  Lesucur  et  son 
S.  Bruno,  379.  —  L'art  chrétien  dégradé  par  la  Renaissance,  380.  — 
La  France  en  souffre  plus  que  l'Italie,  381,  —  aussi  bien  que  la  lit- 
térature, qui  devient  païenne,  381.  —  Causes  de  cet  entraînement, 
381.  —  Pourquoi  l'art  du  moyen  Age  n'admet  pas  les  nudités,  383; 

—  la  Renaissance  le  prodigue  à  l'excès,  383,  —inspirée  par  les 
études  païennes,  384.  —  Castiglioni ,  et  sa  théorie  catholique  du 


TAftU.  481 

beauj  Uk.'^'Qùmtaeût  ks  lettrés  B*en  éloignénti  3d5,  —  et  arrivent 
aux  plu»  groisièrea  imaginatioDS,  386.  —  Les  artistes  les  saivent  et 
créent  le  nu,  307» -^  En  oelai  Raphaël  pins  dangereux  encore  que 
Mtchel-Aii9e,  BS?/---  jnsqu^à,  en  faire  déduire  les  égarements  de  sa 
rie  morale,  387.  -^  L'art  n*a  rien  gagné  à  ce  désordre,  388;  —  il  est 
resté  bien  au-dessous  àe  l'antiquité,  388,  —  dont  les  idées  sur  le  nu 
n'étaient  pas  aussi  coupables,  889,  ^  et  n'exilaient  point  de  Fart  la 
chasteté,  890.-- L'art  moderne  a  aussi  parfois  sa  beauté,  d'une  chas- 
teté îrrèprochable,^90,  —  que  l'Église  ne  répudierait  pns,  394.  —  La 
décadence  du  symbolisme  coïncide  avec  colle  du  style  ogival,  391. 
—  Ce  style  remplacé  par  des  sculptures  de  caprice,  392,  —  et  par  le 
style  rustique,  393.  —  Beautés  classiques  du  dix-septième  siècle, 
393.  —Mépris  qu'on  y  professe  pour  l'architecture  du  moyen  âge, 
39î,  —  Jusqu'à  en  ignorer  l'existence,  394,  —  ou  Tinterpréter  de 
travers,  394.  —  égarements  des  plus  savants  sur  ce  point,  395.  — 
Opinion  de  Fénelon,  395,  —  de  Bossuet,  396,  —  de  Fleury,  396,—  de 
RoUin,  396,  —  et  de  beaucoup  d'autres,  396,  —  qui  ne  soupçonnaient 
même  pas  le  génie  de  cette  époque,  396,  —  et  assurent  d'autant 
mieux  le  triomphe  des  nouveautés,  397.  —  Dommage  qu'en  éprou- 
vent la  peinture  sur  verre,  397,  —  et  toute  l'ornementation  pictu- 
rale, 3»8.  —  Décadence  de  l'orfèvrerie  sacrée,  899,  —  et  des  vête- 
ments sacerdotaux,  399.  —  Déplorable  influence  de  cet  abandon 
sur  Tesprrt  religieux,  399,  —  et  sur  la  nouvelle  architecture  xles 
églises,  400.  —  Caractère  anti-S}  mbolique  de  l'art  français  sous  la 
Révolution  et  l'Empire,  401.—  Comment  la  Restauration  favorisa  la 
régénération  artistique,  401.  —  Fondation  de  TÉcole  des  chartes, 
402,  —  première  cause  directe  de  la  renaissance  archéologique, 
402.  —  Classification  dos  monuments  du  moyen  âge  par  M.  de  Cau- 
mont,  402;  —  son  Bulletin  monument af,  403.  —  Réveil  de  la  science 
syinbolistique,  403,  —  enfin  reconstituée,  403.  —  Coupable  dédain 
qu'en  ftjnt  encore  certains  artistes,  403;  —fautes  des  gouverne- 
ments à  cet  égard,  40i.  —  Comment  les  architectes  officiels  en  pro- 
fitent, 404, —pour  fausser  le  caractère  des  constructions  reli- 
gieuses, 405,  —  et  de  leurs  restaurations,  405,  —  mal  servies  par  les 
inspecteurs  généraux  des  monuments,  405.  —Insuffisance  scienti- 
fique des  écoles  d'architecture,  406.  —  L'étude  du  symbolisme  in- 
séparable de  l'enseignement  architectural,  407,  '—  sous  peine  dq 
faire'  dû  protestantisme,  407,  —  et  probablement  de  l'impiété  vo- 
lontaire, 40t.— L'influence  du  prêtre  catholique,  seul  remède  à  ces 
abus,'  40Ô,—  non  sans  le  concours  utile  des  laïques,  409,  —instruits 
aux  sources  théoioglques  de  l'aïf,  409,— et  décidés  à  les  suivre, 
409.  —La  compétence  du  clergé  n'en  subsiste  pas  moins,  410.  — 

T.  IV.  31 


482  TABLE. 

Injustice  des  prétentions  opposées,  410.  — De  la  part  du  clergé 
dans  la  pratique  de  l'art  chrétien,  411. —Nécessité  d*un  cours 
d'archéologie  dans  les  séminaires,  412.  — L'épiscopat  y  trouvera 
une  force  d'action  pour  le  soin  des  églises,  41^.  — Opinion  de 
Mgr  de  la  Bouillerie,  évéque  de  Carcassonne,  413.  —L'auteur  croit 
avoir  prouvé  l'importance  de  sa  matière,  413, —et  ses  rapports 
avec  le  bonheur  social ,  414.  —  Inquiétudes  et  espérances 
de  répoque  présente;  son  retour  à  la  paix  par  des  études  sé- 
rieuses, 414. 

APPENDICE. 

MÂMOiaS  SUR  LE  DÉVELOPPE MEKT  DU  SYMBOLISME 
DANS  LES  MONUMENTS  RELIGIEUX. 

Filiation  symbolistiquo  du  r^au  xii*  siècle,  42t.  —Symboles  des 
catacombes,  422;  — ils  en  sortent  pour  orner  l'architecture  exté- 
rieure, 422.  —Source  de  symboles  dans  les  Pères  grecs.  423.  —  Les 
sigoes  les  plus  simples  et  les  plus  rudimentaires  sont  les  plus  an- 
ciens, 424;  —  tous  empruntés,  comme  plus  tard,  aux  écrivains 
ecclésiastiques,  424,— et  formant  une  suite  d'idées  ayant  une  même 
origiae  et  un  même  but,  435.  «-  Malheurs  de  l'Europe  du  iv*  au 
.XI*  siècle,  426.  —  L'architecture  en  souffre,  et  le  symbolisme  avec 
elle,  426,  —  même  pendant  la  période  carlovingienne,  427  ;  —  mais 
il  se  développe  au  xi*  siècle,  428,  —  déjà  préparé  par  le  x%  428,  — 
grâce  aux  soins  et  aux  études  du  clergé,  428^  —  qui  se  nourrit  de 
la  Bible  et  des  Pères,  429,  —  et  y  trouve  une  ample  moisson  de 
symbolisme,  430.  —  Autre  cause  dans  les  progrès  de  l'architecture 
religieuse  du  xi*  siècle,  430;  —  ses  symboles,  d'abord  timides  et 
grossiers,  430,  — se  dessinent  mieux  à  la  fin  de  ce  môme  siècle, 
4SI ,  —  et  entrent  dans  l'esthétique  historiée,  432.  —  Mouvement 
plus  accentué  encore  du  xii*  siècle,  432;  —les  études  symbolis- 
tiques  s'y  élargissent,  433.  —  La  langue  s'enrichit  par  elles  de 
mots  nouveaux,  433,— et  de  nouvelles  théories,  434.— Le  sens  super- 
historique,  434.  —  Cette  métliode  passe  dans  le  domaine  de  l'art, 
434.  — Que  le  caprice  n'a  eu  aucune  part  à  de  prétendues  satires 
mal  comprises,  435.— S.  Bernard  accusé  à  tort  dans  ce  sens,  436, 
—aussi  bien  que  les  obscœna,  436«— Ce  que  le  symbolisme  doit  aux 
croisades  des  xii*  et  xiii*  siècles,  436.  —  C'est  l'origine  des  hybrides, 
437.  — Règle  des  oppositions,  437.- Connexion  morale  entre  ces 
symboles  et  l'architecture  chrékenne  de  tous  les  temps,  438. 


TABLE.  483 

MÉMO  IRIS  SUR  LES  SCULPTURES  SYMBOLIQUES 
DES  XI*  ET  XII*  SIÈCLES. 

Cause  et  occasion  de  cet  écrit,  441.  —  Marche  progressive  du  sym- 
bolisme architectural,  442.  —  Il  procède  certainement  par  des 
images,  443.  — Les  âmes  perdues  abandonnées  k  Satan,  448.-— La 
recherche  du  bien  et  la  fuite  du  mal,  446.— La  force  morale  triom- 
phant des  tentations,  447.— La  méfiance  contre  les  entraînements 
de  la  luxure,  447.  —  Le  type  du  péché  originel,  451.  —Autre  spéci- 
men du  même  symbole,  452.  —La  fuite  des  mauvaises  pensées 
dans  Téglise,  453.  —La constance  du  Juste  persécuté,  453.  —  L'Église 
attaquée  par  les  hérétiques,  455.  —  La  bonne  et  la  mauvaise  com- 
munion, 456.—  Persécutions  des  méchants  contre  la  foi,  458.  —Le 
moine  relâché,  459.  —  Le  mensonge  et  le  blasphème  punis,  461.  — 
L'âme  chrétienne  poursuivie  par  le  démon,  462.  —  Le  démon  trom- 
pant Fhomme  par  ses  felntises,  463.  -Conséquences  de  la  force  ou 
de  la  faiblesse  dans  les  tentations,  464.  -Conclusion  :  tout  est  chré- 
tien et  symbolique  dans  la  sculpture  de  nos  églises,  465. 


FIN  ou  IV«  ET  DERNIER  VOLUME. 


0DYRA6ËS  DE  M.  LE  CHANOINE  AUBER. 


Histoire  de  la  cathédrale  de  Poitiers.—  2  volumes  gios  in-8*i  ornés 
de  30  planches.—  Poitiers,  I8i8-1849.  —  Couronné  par  l'Inr 
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Yon,  nommée  ensuite  Bourbon-Vendée,  puis  Napoléon- Vendée. 

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de  Saint-Pierre-des-Églises,  près  Chauvigny-sur- Vienne.  —  l  vo- 
lume in-8%  planche.—  Paris,  Didi-on,  1852.—  Couronné  par  l'In- 
stitut  ,    •    •     3  fr.  50 

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in-8».— Extraits  des  journaux  et  recueils  scientifiques  auxquels 
l'auteur  a  coopéré,  tels  que  les  Mémoires  de  plusieurs  Sociétés 
savantes,  le  Bulletin  monumental;  celui  du  Cwnité  des  Arts  et 
Monuments;  la  Revue  de  l'art  chrétien;  Y  Art  en  province,  et  autres. 

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Biographie  de  Jacques  de  Hillerin,  Poitevin  et  conseiller-clerc  au 

Parlement  de  Paris.— In-8*.— Poitiers,  1850 2  fr. 

Biographie  de  M.  Guerry-Champneuf,  avocat  au  barreau  de  Poi- 
tiers. —  In-80.  —  Poitiers,  1852 1  fr. 

Biographie  de  Girouard ,  sculpteur  poitevin.  —  In-8o.  —  Poitiers , 
1641 1  fr.  50 

Recherches  sur  la  vie  dt^  Simon  de  Cramaud ,  Cardinal,  Évèque  do 
Poitiers.—  1  volume  in-8'.  —  Poitiers,  1841,  complétées  (en  1857) 
par  une  relation  de  la  découverte  des  restes  du  Cardinal  dans  la 
cathédrale  de  Poitiers.— Iu-8».— Portrait 4  fr. 

Instraotion  de  la  Commission  archéologique  diocésaine  établie  à 
Poitiers ,  sur  la  construction ,  les  restaurations,  l'entretien  et  la 
décoration  des  églises,  adressée  par  Monseigneur  TÉvêque,  Pré- 


486  ■   OUVRAGES 

sident,  au  clergé  de  son  diocèse.  ^1  volume  in-S*.—  Poitiers, 
1851.   . 3  fir. 

Yias  dat  SaiaU  de  TÉglise  de  Poitiers,  avec  des  réflexions  et  des 
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«-a  volumes  in-S*.—  Paris,  Deracbe  et  Oidron,  1846  et  1861. « 
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adjacents.  —  1  volume  in-S*  de  vi-^23  pagesj  avec  3  planches.  — 
PoiUers,  1869. 3  fr.  50 

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teur, ayant  pour  titre  :  Lettre  à  M.  Tabbé  Auber,  en  réponse  à 
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séminaires  et  pensionnats  des  deux  sexes,  avec  un  discours  sur 
l'usage  de  ce  livre  dans  les  classes;  des  notes  sur  l'histoire,  la 
mythologie ,  la  géographie  comparée  ;  la  distinction ,  en  carac- 
tères italiques,  des  maximes  les  plus  importantes  du  texte  ;  une 


DE  M.   LE  CHANOINE  ACBER.  487 

tabJe  des  discoure,  descriptions,  narrations  et  portraits  qui  peu- 
vent servir  de  modèles  de  compositions  françaises,  et  un  résumé, 
au  commencement  de  chaque  livre ,  des  principes  moraux  qui 
en  découlent.—  l  volume  in-lîl.  —  Paris  et  Lyon,  1838,  t844,  et 
plusieurs  autres  éditions i  A*.  50 

Coni olationi  du  Sanctuaire,  ou  Méditations  avant  et  après  la  Com- 
munion, tirées  des  offices  de  TËglise ,  de  TËcriture  sainte  et  des 
SS.  Pères,  pour  les  prêtres  et  les  fidèles.  —  Dédiées  à  Monsei- 
gneur de  Beauregard,  évoque  d'Orléans.—  1  volumes  in-18.— 
Paris  et  Lyon,  1839 3  fr. 

ÏÏB  Martyr,  ou  le  Sacerdoce  catholique  à  la  Chine,  poème  en  cinq 
chants,  tiré  des  Annales  des  Missions  élrangèrss*'^  1  volume  in-t2. 
—  Paris  et  tyon,  1839 2  fr. 

DiBsertation  sur  YAscia.  —  In-8*.—  Poitiers,  1860 1  ft-. 

Histoire  et  Théorie  du  Symbolisme  religieux.  —  4  vol.  in-S"".  .    24  fr. 

Étude  sur  les  historiens  du  Poitou  depuis  ses  origines  connues 
jusqu'au  milieu  du  xix«  siècle.  —  1  volume  grand  in-8',  tiré  à 
100  exemplaires.  — Niort,  Clouzot,  1871 10  fr. 


i 


TABLE  GENERALE 


xsrr  ANAiiirxiQxm: 


DES  MATIÈRES  CONTENUES  DANS  LES  QUATRE  YOLUMES 


DE 


L'HISTOIRE  DU  SYMBOLISME 


  et  fl.  Raison  de  ce  nom  donné  au  Messie,  I,  303.—  Symbole  de 
l'élemité  et  de  la  divinité  du  Verbe,  II,  148,  357  ;  —  de  Jésns-Cbrist  lui- 
même,  36i,  393,—  qui  le  porte  sur  le  pennon  de  l'Agneau,  405.—  L*A 
de  Charlemagne  au  tré'^or  de  l'abbaye  de  Conques,  IV,  304.  —  (Voir 
Ghrisme.) 

Aabon.  Couleurs  symboliques  de  sou  costume,  I,  309;  —II,  315,  3)7. 

—  Figure  du  sacerdoce  de  l'ancienne  Loi,  1,  368, — et  de  celui  de  la 
nouvelle  en  Jésus-Cbrist,  II,  58,  78,  317.  — Symbolisme  de  sa  robe  et 
de  ses  autres  ornements,  93  et  suiv.—  C'est  la  figure  de  tout  l'univers 
95.  —  Gomment  les  peintres  doivent  le  repréi>enter,  315  ;  —  IV,  211. 

Abaddon,  VExlerminaleur,  nom  grec  de  Satan,  II,  204. 

ABBés,  ebefs  des  monastères  ;  devenaient  quelquefois  évoques  et  for- 
maient leur  Chapitre  des  moines  de  leur  abbaye.  Soin  qu'ils  prirent  des 
arts  et  des  églises,  III,  48.— Ont  pour  attribut  un  livre  fermé,  IV,  90; 

—  portent  la  crosse  et  l'anneau,  163, 164. 

Abbesses,  religieuses  gouvernant  un  monastère  de  femmes;  portent 
un  livre  fermé,  IV,  90. 

Abbon  (S.),  abbé  de  Flenry,  contribue  à  relever  les  études  au  x®  siècle, 
Ily  $38  ;  — prêche  contre  les  fausses  terreurs  de  la  fin  prochaine  du 
monde,  Tll,  .19. 


490  HISTOWE   DU  SYMBOUSME. 

Abbon,  habile  monétaire  de  Limogée  au  vii«  eiècle,  maître  de  S.  Éloi, 
1V«293. 

Abeille,  eynodwlMe  rhomme  indastrieux,  I,  202;— 111,85.  — Piiiê 
dans  un  sens  spirituel  on  allégorique.  II,  4S^;  —  III,  85.  — Antres  li- 
gnifications symboliques,  547. 

Abel.  Symbolisme  de  ce  nom,  I,  39.— Sculpture  symbolique  de  it 
mort  par  Gain,  à  Tabbaye  de  Saint-Gilles,  III,  369. 

Abimb,  nom  donné  à  l'enfer  danâ  TApocalypse,  II,  190,  200.  —  (Voir 
Enf^r,) 

Ablutions;  leur  symbolisme,  I,  319* 

Abeàm  et  Abraham.  Significations  distinctes  de  ces  deux  nom8,I,  M.  • 

—  Porta  Tarlthmétique  en  Egypte,  97  ;  ~  adora  la  Ssinte  Trinité  sons 
la  figure  des  trois  Anges,  101;—  II,  86;  —  IV^  75; —  symbolisa  le 
Sacrifice  duCaWaire  par  celui  de  son  fils,  1,  229;— II,  563;  — etl*Égiise 
par  Sara,  51.—  Uu  des  ancêtres  du  Sauveur,  60,  319.  — Ce  que c*est 
que  le  sein  d'Abraham  dans  l'iconographie  chrétienne,  339,  331, 355. 
—Comment  le  patriarche  est  distingué  du  Père  Étemel,  dont  il  a  quel- 
quefois certaines  fonctions,  35 i.  —  Associé  à  la  sibylle  Agrippine  dans 
la  peinture  chrétienne,  lY,  101. 

Abre  (S"),  fille  de  S.  tiilaire  de  Poitiers.  Lettre  symbolique  .  à  elle 
adressée  par  son  père,  sur  la  virginité,  II,  492. 

ABSALOK,  figure  de  l'Ame  révoltée,  II,  52. 

Abside  ou  Chevel,  l'un  des  caractères  particuliers  à  l'église  chré- 
tienne ;  a  son  origine  dans  les  catacombes,  UI,  6.— On  l'exige  dès  les 
premiers  temps,  9,  205.  —  Symbolisme  des  trois  absides  terminale!, 
29, 35,  205 ,  —  des  absides  triangulaires,  iiO.  —  L'abside ,  seul  lieu  de 
l'autel  jusqu'au  zii'  siècle  (du  moins  dans  les  églises  rurales),  168.— 
Siège,  dans  les  cathédrales,  de  l'Évéque  et  du  clergé ,  et  plus  bas  de 
voûte  que  les  autres  travées;  raison  de  cette  inégalité,  182,  205.— 
Bel  effet  de  perspective  causé  par  Tabâide  terminale,  208.— (Voir 
Chancel,  Chapelle.) 

Absinthe,  nom  symbolique  d'uue  étoile  malfaisante.  II,  193, 195. 

Absolution  sacramentelle.  Un  de  ses  rites  emprunté  des  Juifs,  II,  99. 

—  Se  donne  avec  imposition  des  mains,  et  pourquoi,  534. 

Acanthe,  principal  élément  du  chapiteau  corinthien,  III ,  330.— 
Son  emploi  dans  la  sculpture  chrétienne,  525,  536 •  —  Symbole  de  la 
douceur,  IV,  423. 

AcHOTÈRE,  ornement  terminal  des  pignons;  symbole  des  a8|>iratioDs 
supérieures  de  l'Ame,  III,  214. 

Actes  des  Apôtres.  Histoire  de  l'Église  naissante;  caractère  de  ce 
livre,  II,  45.  —  Scènes  liturgiques  de  ce  nom  jouées  au  siv«  siècle.  IV, 
194. 

Adau  donne  des  noms  convenables  et  symboliques  à  tous  les  ani- 
maux, 1,  29, 32  et  suiv.,  39.  46  ;  —  II,  10.  —  Il  préfigure  Notre -Seignenr 


TABLB  GÉHrfoALE.  494 

Jésa»<:hriftt,  413,  435,  445,  493;  —  IV,  132.  —  ËoseTeli  sur  U  CalTtire, 
II,  459  ;  —  lY,  130.  «—  Symbolisé  par  on  vase  de  terre  dans  S.  Paulin  de 
Noie,  il,  492,  —  par  ua  pitre  à  moitié  na,  493.  •—  Son  mariage  figure 
roBlon  de  Jésat^hriat  et  de  l'Église  (Toir  Mariage).  —  Sens  super* 
historique  donné  à  la  naissance  d'Eve,  560.  —  Histoire  d'Adam,  sculptée 
aux  chapiteaux  de  Fleury-sur-Loire,  III,  333.  —  Chasteté  primitive  des 
premiers  époux,  moins  naïve  après  leur  péché,  405.-*  Son  travail  dans 
le  paradis  terrestre,  516.  —  Adam,  figure  de  Taveugle  et  du  paraly- 
tique guéris  par  Notre-Seigneur,  IV,  132.  ^  Le  vieil  Adam,  ou  homme 
déchu,  représenté  par  le  démon  sous  les  pieds  de  Marie,  139,  140. 

Adam  de  Prémontré,  symboliste  du  zii*  siècle;  son  mérite,  II,  536. 

Adam  de  Saint-Victor,  symboliste  et  poète  chrétien  du  xii«  siècle; 
charmes  de  ses  Proses,  II,  569  et  suiv. 

Adhblme  (S.),  évéque  de  Sherbom,  Son  traité  Du  Septénaire , 
I,  133. 

Adon  (S.),  archevêque  de  Vienne  au  ix*  siècle.  Symbolistique  de  ses 
écrits,  II,  534. 

Adri£n  I<'  (Le  pape)  envoie  à  Charlemagne  un  graduel  copié  sur 
celui  de  S.Grégoive  le  Grand,  IV,  248.  ^  Beau  pavé  dont  il  dote  Téglise 
de  Saint-Laurent  à  Rome,  III,  153. 

Adrien  (L'empereur)  fait  beaucoup  de  mal  aux  Juifs ,  II ,  186 ,  192, 
193. 

Adultère,  symbolisé  par  un  chat,  I,  188,—  IV,  464 ,  —  par  une  p!  os- 
tituée,  II,  104.— Explication  de  Tépisode  évangélique  de  la  femme  adul- 
tère, 73. — L'adultère  ne  pouvait  parer  son  doigt  d'une  émeraude,  366.— 
Tentation  d'adaltère,  III,  371,  423.  —  Il  a  toujours  été  un  grand  crime 
chez  tous  les  peuples,  471. 

Affbe  (Mst),  archevêque  de  Paris.  Son  tombeau  sans  esthétique  ni 
convenance  religieuse,  III,  98. 

Agar,  figure  de  la  Synagogue  ou  de  l'ancienne  Loi  déchue  de  son  hé- 
ritage, II,  51. 

Agate,  pierre  précieuse;  inspirait  la  joie,  11,366. 

Aglaophox,  peintre  grec;  symbolise  les  jeux  pylhiques  et  olym- 
piques dans  son  tableau  du  Couronnement  d'Alcibiade,  I,  282. 

Agneau,  symbole  du  Sauveur  adoré,  I,  368;— III,  45;  —  IV,  16.—  Fi- 
guré d'abord  seul  près  delà  croix,  II,  439  ;  —  IV,  47.—  Agneau  sacrifié, 

II,  98, 171,  179, 392, 441;  —111, 448.— Agneau  pascal;  détails  de  sa  man- 
ducation  appliqués  à  la  vie  chrétienne,  II,  539.  —Innocent,  99;  — 

III,  290;  —  doux,  II,  100, 171, 677  ;  —  ÏII,  290;  —  sans  tache,  II,  315.  — 
Temple  de  Dieu  dans  la  Cité  mystique,  385.  —  Lumière  du  ciel,  386;  — 

IV,  314.  —  L'Agneau  pascal  et  celui  de  S.  Jean -Baptiste,  II,  112;  •— 
m,  45,. 290;  —  IV,  80.  —  Agneau  portant  la  croix,  II,  149.  —  Modèle  de 
patience,  677.  —  Aux  fonts  baptismaux,  111,290.  —  Au  pied  de  la  croix, 
rv,  328.  —  Agneau  hypocrite ,  feignant  les  miracles  et  la  doctrine  du 


492  HISTOIRE  DU    SYMBOLISME. 

Sauveur,  H,  249  et  «uLt.  —  Àgueau  vainqueur  des  enueoiis  de  l'Église, 
256,  291.  —  Les  noces  de  TAgneau,  312,  313.  —  Lai  seul  peut  ouTitr  le 
Livre  de  vie,  388.  —  Offert  pour  le  rachat  du  premier-oé,  531.  — 
Agneau  symbolique  de  S.  Clément,  659.  —  Sur  les  crosses,  III,  180.  -^ 
Attribut  de  S»  Agnès,  IV,  92.  —  (Voir  Jésus-Cdrist,  Nimbe.) 

Agnès  (Ste).  Pourquoi  elle  a  un  agneau  pour  attribut,  IV,  92. 

Agnès  Sorel,  indigne  parodie  de  la  Sainte  Vierge  au  musée  d'An- 
vers, IV, 387. 

Agni,  dieu  du  feu  chez  les  Hindous,  symbolisé  par  la  couleor 
bleue,  I,  315. 

Agricola  ,  évoque  de  CU&lon ,  fait  construire  les  superbes  cloîtres  de 
sa  cathédrale,  111^  50  ;  —  la  décore  de  mosaïque,  IV,  46. 

Ahrimane,  dieu  du  mal  chez  les  Perses.  Sa  mythologie,  1, 165. 

Aigle,  l'un  des  symboles  de  la  Trinité  païenne  de  Jupiter»  I,  81, 169. 

—  Symbolise  la  domination,  82,  233,  286;  —  II ,  196;  ~  IV,  174;  -le 
Soleil,  93.—  Sur  les  médailles  d'Alexandre  le  Grand,  1,  264. —  Oiseau 
immonde,  au  Deutéronome,  II,  196.  —  L'aigle  de  S.  Jean  l'Évangé- 
liste,  44,177;  — III ,  145.  (Voir  Téiramorphe.)  —  Celui  de  l'Apoca- 
lypse,  symbole  du  Sauveyr,  et  du  démon  par  opposition,  II,  195.  — 
Notes  sur  plusieurs  symboles  qu'il  exprime,  196;  —  ITI,  483  et  suir.; 

—  IV,  319,  464.  —  Armoiries  où  figure  l'aigle,  II,  540;  —  IV,  175.  - 
Aigle  servant  de  lutrin,  ITI,  211,  223;  —  IV,  319.  —  L'aigle  est  tantôt 
Notre-Seigneur  Jésus-Christ,  tantôt  le  démon,  HT,  353,  354,  448,483; 

—  IV,  175,  464.  —  Symbole  de  la  rapacité  violente,  III,  446;  —  IV,  464; 

—  du  rajeunissement  de  TAme  chrétienne,  III,  483;  —  de  la  fidélité  aa 
Sauveur,  668.  —  Préjugés  des  anciens  à  son  sujet,  470,  483. 

AiGi-E-MARiNE  OU  béryt,  pierre  précieuse;  symbolise  la  tribu  de  Ben- 
jamin et  l'apôtre  S.  Thomas,  II,  381,  — puis  la  parole  divine,  381. 

Air,  symbolisé  par  le  bleu-cie,  II,  315;  —  II ,  403.  —  Symbole  lui- 
même  du  Saint-Esprit  et  de  la  vérité,  I,  315.  —  Pris  pour  l'éteudue  du 
moude  physique,  II,  278.  —  Exprimé  dans  les  vitraux  par  la  cooleur 
rouge  dans  les  portes  et  les  fenêtres  ajourées,  I,  308 ,  —  IV,  13,  —  et 
même  dans  la  peinture  murale,  54.  —  (Voir  Vent.) 

AiiiE  symbolique  de  TÉvangile;  figurant  Marie,  II,  421,  —  l'Église, 
423. 

Aix  en  Provence.  Le  roi  René  y  institue  des  jeux  et  des  drames  sa- 
crés, IV,  203.  —  Belle  procession  de  la  Fête-Dieu  ;  son  caractère  sym- 
bolique, 206  et  8uiv. 

Akiba,  rabbin,  inventeur  des  fausses  traditions  du  Talmud,  n,  195. 

Alaric  bouleverse  l'empire  romain.  If,  261,  291.—  Son  rôle  provi- 
dentiel, 295,  302. 

Albert,  duc  de  Lorraine  eu  1037.  Ses  armoiries,  II,  540. 

Albert  Durer  {voir  DrRGu). 


\ 


r 


TABLE  GÉiNÉRALK.  493 

Albsbt  le  Grand,  philosophe  da  xiii*  siècle,  combat  les  idées  de  ses 
conUmporaJos  sur  quelques  assertions  de  zoologie,  III^  473: 

ÀLCUiN.  Son  isAuence  sur  les  études  bibliqued^  II,  533. 

Allemagne.  Ses  idées  rationalistes  répandues  par  Straus  et  Sal- 
vador, II,  56. 

Alexandre  I*^  (S.),  pape  de  l'un  109  à  119 ;  ordonne  de  mêler  de  l'eau 
au  Tin  du  Saint  Sacrifice,  II,  434  ;  —  IV,  156. 

Alexandre  le  Grand, symbolisé  par  un  aigle  sur  les  médailles,!,  264 , 
"  par  un  léopard  dans  Daniel,  II,  245. 

Alexis  Comnènb,  empereur  des  Grecs;  envoi  que  lui  fait  le  pape 
Innocent  III  de  son  allégorie  des  deux  glaives,  II,  619. 

Alponsi  (Pierre),  symboliste  du  xii*  siècle.  Ses  écrits  contre  les  Juifs, 
11,  S61 ,  —  et  sur  le  symbolisme  des  animaux,  561. 

AL&ÈBRE  (voir  MATBiMATIQUES;. 

Au,  quatrième  calife.  Son  sabre,  emblème  de  la  puissance  musul- 
mane, 1,  206;  —  son  lurban  vert,  318. 

Allégorie,  grand  symbole  agissant  au  moyen  de  symboles  secon- 
daires, I,  282.  —  Ce  qui  la  dislingue  du  symbole  proprement  dit,  285.— 
Les  artistes  la  font  servir  tour  à  tour  ou  à  outrager  la  morale,  287 ,  — 
on  àThonorer,  111, 373.  —  L'allégorie  ne  doit  être  prise  parfois  que  par 
son  côté  principal,  72.  —  Elle  remplace  mal  le  symbolisme,  plus 
philosophique  et  plus  élevé,  lY,  358. 

Allelcu,  chant  de  joie  des  Élus,  11,  310.  —  Interdit  pendant  le  ca- 
rême, 525,  —  par  S.  Grégoire  le  Grand,  IV,  158. 

ALLIANCES.  Signes  symboliques  usités  pour  les  exprimer  chez  les 
Velauniens,  I,  5.  —  Alliance  de  la  Synagogue  et  de  l'Église  symbolisée, 
II,  371,  378,  394;  —  sa  rupture  figurée  par  le  déchirement  des  hal)its 
sacerdotaux  de  Calphe,  499. 

Alouette.  Idées  symboliques  qu'y  attache  S.  François  d'Assise, 
II,  677. 

Alphabet.  Son  origine  et  ses  variations,!,  16  et  suiv.  — Ses  signes 
deviennent  autant  de  symboles,  22, 37,  38,  148.  —  (Voir  Écriture.) 

Ali  bonse,  frère  de  S.  Louis,  augmente  l'éclat  des  Rogations  de  Toi- 
Uers,  IV,  204. 
Amandier,  symbole  de  la  douceur  morale,  III,  214. 

AiL^zoNE  symbolique  sur  les  monuaies  de  Smyrne.  1,  264. 

Ambon  (voir  Juré). 

AMBRE,  symbole  de  la  parole  de  Dieu,  II,  618. 

Amrroise  (S.).  Ce  qu'il  dit  du  nombre  des  psaumes,  1, 122 ,  —  et  des 
autres  nombres  arithmétiques,  I,  130,  143,  149;  —  II,  537.  —  Douceur 
de  sa  parole  symbolisée  par  un  essaim  sorti  de  sa  bouche,  658.  — 
Ce  qu'il  dit  de  la  Sainte  Triuilé,  IV,  75,  —  du  chant  des  psaumes 
dans  l'Église  de  Milan ,  238,  242. 


494 


HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 


Ame,  «onflle  d«  Dieu,  11,  84.  —  OontéqneDce  monle  de  cette  ori- 
gine,  85.  —  Les  imes  symbolUéee  par  les  étoiles,  153;  «  vifrè- 
sentées  par  des  personnes  sans  sexe,  et  pourquoi,  313, 338, 344, 492; 

—  m,  371,  424,  431  ;  —  IV,  481  et  suIt.  —  Ames  dans  le  sein  de  Diea 
on  d'Abraham,  II,  339,  354.  —  Ames  reçues,  soit  par  un  Ange,  soit  ptr 
le  démon,  de  la  bouche  des  mourants,  459;  —  III,  371.  —  Les  âmes 
pesées  dans  une  balance  (voir  Pesée  des  âmes).  ~  Ames  représentées 
dans  les  drames  du  moyen  Age  par  des  enfants  ou  des  oiseaux;  rioie 
de  S.  ÉtieHne,  IV,  194,  —  de  Néron,  195. 

Amérique,  habitée  au  x*  siècle  par  des  chrétiens,  I,  224. 

Améthyste,  pierre  précieuse;  préservait  de  l'iTresse,  II,  366,  383. 

—  Symbolise  le  patriarche  Zabulon  et  Tapôtre  S.  Matthias,  ifrttf. 

Ameublement  de  l'église.  Soins  qu'il  faut  prendre  de  sa  confectisD 
et  de  sa  conservation;  y  être  sobre  de  décorations  et  de  peinture,  IV, 
114;  —  y  conformer  tout  au  style  du  monument,  114  et  suiv.,  326.— 
(Voir  les  différents  noms  des  meubles  :  Autel,  Chaires,  Fokts,  etc.) 

Amict,  partie  du  vêlement  sacré  de  Tévêque  et  du  prêtre.  Son  sens 
symbolique,  IV,  169. 

Amiens.  Beautés  sculpturales  et  symboliques  de  sa  cathédrale ,  10, 
570;— IV,  38, 136. 

Amour  physique,  symbolisé  par  la  mandragore,  III,  342. 

An  1000  (L').  Fausses  données  répétées  à  tort  d*une  prétendue  at- 
tente de  la  fin  du  monde  ;  cause  de  cette  erreur,  et  sa  réfutation  par 
l'histoire  monumentale ,  III ,  18  et  suIt.  —  Aucun  monument  n'est 
resté  de  cette  terreur,  26. 

Anaglyphes,  moulure  sculptée  se  détachant  d'une  surface  plate,  III, 
308. 
Ananias.  Signification  symbolique  de  ce  nom  hébreu,  I,  45. 

Anastasb  (S.),  solitaire  du  Mont-Sinal  au  vu*  siècle.  Son  opinion  sur 
les  signes  du  Zodiaque,  III,  451 . 

Anastàse  le  Bibuothécaire.  Idée  de  ses  Vies  des  Papes,  et  de  l'utilité 
de  ce  livre  pour  recclésiologie,  III,  237;  —  IV,  306.  —  Ce  qu'il  ra- 
conte du  zèle  de  S.  Sylvestre  et  des  générosités  de  Constantin  à  enri- 
chir les  églises  de  vases  sacrés,  287.—  Son  influence  sur  l'art  chrétien; 
recueil  de  ses  ouvrages,  306. 

Ancre,  symbole  de  l'espérance,  11,  483,—  et  du  salut  assuré,  m, 
303. 

André  (S.)i  apôtre ,  symbolisé  par  le  saphir,  II,  379.  —  Ses  autres 
attributs  iconographiques,  III,  144. 

Andromède.  Son  histoire  est  celle  défigurée  de  Jonas,  III,  469. 

Ane,  symbole  de  Tignorance  ,1,  93  ;  —  comparé  à  Isaaehar  dans  ia 
prophétie  de  Jacob,  II,  109,  461.  —  L'Ane  qui  flûte,  22,  —  IV,  29,  - 
qui  pince  de  la  harpe ,  22,  462  ;  —  III,  448  ;  -*  IV,  29,  232.  —  Anesse  de 
la  Synagogue,  et,  à  ce  propos  ,  symbolisme  des  boimee  et  manvains 


r 


TABLE  GÉNÉRALE.  495 

qualitéa  de  cat  animal ,  H,  461  et  suit.  ;  »  Vf,  209,  217,  227.  -*  Ane 
jovant  de  la  vielle,  II,  462,  «  portant  une  chape,  462;  —  IV,  29.— 
Symbole  de  la  gentUité,  II,  462,  478.  —Ane  laissé  an  bas  de  la  mon- 
tagne pendant  la  sacrifice  d'Isaac,  563.  —  L'âne  d'Argentan,  III,  327. 

—  Oreille  d'Ane  donnée  à  Notre-Seignenr  par  les  Romains ,  378.  — 
Examen,  défense  et  explication  de  la  Fêle  de  Vâne  au  xii*  siècle  et 
plus  tard,  lY,  208  et  suiT.—  Cause  de  ce  nom ,  211 ,  215.  —  Différence 
entre  Tftae  de  Balaam  et  celni  de  Bethléem,  216.—  Symbole  du  Sau- 
Yeiir,  pour  ses  bonnes  qualités,  217  et  suiv.,  223.—  (Voir  Onagre.) 

Angelico  (Fra)  -de  Fiésole.  Charme  de  ses  compositions  artistiques, 
II,  608;  —  111,251;—  IV,  351.  —  Sa  piélé  en  peignant,  IV,  130;  — 
son  Couronnement  de  la  Vierge,  351,  372;  —  son  influence  sur  le 
xv«  siècle,  30,  350.  —  Caractère  de  son  talent,  350  et  suiv.,  367  et 
sniv.;  —indiqué  par  un  Angtican  comme  le  meilleur  mettre  parmi  les 
peintres  religieux,  368. 

Angebs.  Belle  statue  de  la  Sainte  Vierge  à  l'église  de  Saint-LA,  FV, 
140. 

Anges.  Leurs  noms  divers  et  les  fonctions  qu'ils  expriment ,  I,  41 
et  sniv.  ;  —  II,  170.  —  Comment  leur  culte  dénaturé  favorisa  l'idolAtrie, 
1, 77,  81  et  suiv.;  —  III,  105. —  Les  trois  Anges  reçus  par  Abraham  figu- 
raient la  Sainte  Trinité,  1, 101  ;  —  II,  96;  —  III,  375;  —  IV,  75.  —  Folies 
des  cabalistes,  qui  font  des  Anges  autant  d'étoiles,  1,176.— L'Ange  sym- 
bolique de  S.  Matthieu,  II,  44,457.  (Voir  MaUfiieu.)-^  Ceux  de  l'Apo- 
calypse, figure  des  évoques  des  sept  Églises,  151, 163, 402.— Anges  des 
septs  sceaux,  170,  190,  362.  —  Ils  chantent  les  louaDgesde  Dieu  et  de 
l'Agneau,  173;  —  III,  127.  —  Leur  beauté  originelle,  375.  —  En- 
voyés de  Dieu  et  ministres  de  sa  volonté,  II,  185, 206,  362,  534,  615  ;  — 
rv,  317.— Anges  des  sept  trompettes  du  jugement,  II,  190, 258  et  suiv., 
d45,  362;  —  de  l'encens  et  de  la  prière,  191,  402;  —  IV,  317,  318.  — 
Anges  gardiens.  H,  286, 534  ;  —  des  peuples  et  des  viUes,  même  idolâtres, 
306,  207;  —  IV,  312;  —  de  l'Église  et  des  éléments,  II,  207,  267;  — 
IV,  313.  —  Les  Anges  séduits  par  Satan,  II,  230, 235.  —  Anges  revêtus 
de  robes  blanches  ou  rouges  et  de  ceinture  d'or,  263,  354,  404.  — 
Anges  des  sept  coupes  de  la  colère  de  Dieu,  264  et  suiv.—  Anges  aux 
ailes  violettes,  comme  la  robe  du  Sauveur  qu'ils  accompagnent,  404. 

—  Anges  recevant  l'Âme  du  Juste  expirant,  459  ;  —  III,  132, 365  ;  —  effa- 
çant d'un  livre  les  péchés  du  pénitent.  II,  534.—  Anges  dans  les  armoi- 
ries, 546.—  Apparitions  d'Anges  plus  fréquentes  aux  Ages  de  foi,  662.— 
Églises  dédiées  aux  Anges  sur  les  hauteurs,  III,  104.  —Les  Anges  n'ont 
Jamais  de  chaussures,  375.—  Mauvais  Anges  (voir /)^monolo</û}.— Les 
couleurs  symboliques  données  aux  Anges,  386.— Ils  ne  doivent  pas  être 
nus,  comme  le  pratique  l'art  moderne ,  420.  —  Les  bons  Anges,  parure 
convenable  de  la  rose  orientale  d'une  église,  IV,  8.  —  Anges  tenant  près 
de  la  croix  les  attributs  de  la  Passion,  119  ;  —  armés  de  la  lance  et 
du  bouclier  et  commis  à  la  garde  de  Jérusalem,  313. 

Angilbbrt  (S.),  abbé  do  Saint-Riquier.  Plan  trianj^ulaire  de  son 
ftbbaye,  IIl,  53. 


196  HISTOIRE  OU   SYMBOLISME. 

Animaux  ,  reçoivent  tous  des  nomà  symboliques,  I,  32  e(  siiif.,  40. 

—  Ces  mêmes  noms  donnés  par  la  même  raison  à  de  certaines  per- 
sonnes, 40.  (Voir  Noms  propres,)  —  Ohiei  de  fausses  appréciations 
symboliques,  49.  —  Animaux  figurant  sur  les  médailles  nationales, 
264  et  SUIT.  —  Animaaz  évangéliques  (voir  Télrainorphe),  —  Carac- 
tères de  certains  animaux  reproduits  eu  de  certains  hommes,  II,  4tt  et 
suiv.; —  III,  389, 468,  51 3.—  Nécessité  de  connaître  les  mœurs  des  ani- 
maux et  leurs  caractères  pour  bien  entendre  TEcriture,  II,  496,  505  ;— 
m,  44!  et  suiv.  —  Emploi  des  animaux  comme  symboles  dans  Tart 
chrétien,  II,  506,  51!  ;  —  III,  132,  325,  370,  374,  et  tout  le  chapitre  xu. 
(Voir  aussi  IV ,  316.)  —  Animaux  parlant  à  l'oreille  d*un  homme, 
symboles  de  la  tentation,  III,  i32,  371.—  Animaux  purs  et  impurs  de  la 
Loi  ancienne,  325,  442  et  suiv.;—  ceux  de  la  Tentation  de  S.  Antoine, 
symboles  du  vice  et  des  distractions  de  Tesprit,  373.—  Que  les  dé- 
mons revêtent  les  caractères  de  certains  animaux,  374;  —  FV,  28,29. 

—  Les  animaux  servant  la  justice  de  Dien  contre  Thomme  pécheur, 
III,  378  ;  —  exorcisés  pour  leurs  maladies,  391.—  Ils  sont  les  symboles 
des  vices  ou  des  vertus,  III^  439  et  suiv.,  .570.  — Leur  orientation  dans 
la  sculpture  chrétienne  fondée  sur  cette  distinction ,  441 ,  447.  (Voir 
Orientation,)  —  Les  bêles  et  les  anifnavx ,  différents  par  leurs  attri- 
buts, 444.  —  Unipn  de  plusieurs  animaux  pour  rendre  un  seul  fait,  448. 

—  Les  animaux  révoltés  contre  l'homme  après*  son  péché,  517. — Ani- 
maux jouant  des  instruments,  II,  22,  23;—  III,  248;  —  IV,  32,  232, 
237;  —  mordant  des  fleurs  entrelacées;  leur  symbolisme,  I,  161;  — 
III ,  364  ;  —  IV,  314,  316.  —  (Voir  Paysiologue  ,  Tétaamorphe,  Zoolo- 
gie.) 

Anneao,  orné  d'un  scarabée;  symbole  de  la  fidélité  au  serment,  1, 94. 
-*-  Les  quatre  anneaux  d'or  envoyés  par  le  pape  Innocent  III  à  Richard 
Cœur-de-Lion,  11,616. —  Les  quatre  anneaux  de  l'arche  d'alliance,  figure 
des  quatre  évangélistes ,  645,  646.  —  Anneau  de  Gigès,366.  —  Anneau 
des  époux,  IV,  152  ;  —  des  Ëvêques  et  des  Chanoines  ;  leur  histoire  et 
leur  symbolisme,  163  et  saiv.  —  Anneau  symbolique  de  S**  Radégonde, 
du  VI*  siècle,  290. 

.  Anni?.ë.  Comment  Numa  la  règle  d'après  le  symbolisme  des  nom- 
bres, I,  115.—  Année  climatérique,  116.—  Variantes  sur  le  mois  qui 
ouvrait  l'année,  III,  456.—  Explication  de  ses  douze  mois  par  les  signes 
du  Zodiaque  relatifs  à  chacun,  457  et  suiv. 

Annonciâdes.  Raison  de  leur  costume  gris,  blanc  et  rouge,  I,  347. 

Annonciation  ,  représentée  par  Charles  VI  dans  les  supporta  de  son 
écu,  II,  540.  —  Pourquoi  la  fête  en  ef^t  placée  au  printemps,  644.  —  Sa 
colncideuce  avec  Pâques  devuil-elle  annoncer  la  fin  du  monde  ?  III,  19. 

—  Comment  y  représenter  la  Sainte  Vierge,  IV^  91,  —  prédite  par  la 
sibylle  Agrippine,  101. 

Anonymes  :  de  Citeaux ,  moine  anglais  du  xuic  siècle ,  auteur  des 
Distinctions  monastiques  (voir  Distinctions);  —  de  Clairvaux  .  sym- 
boliste du  xrv»  siècle,  II,  482. 

Anselme  (S.),  archevêque  de  Cantorbéry  au  xu*  siècle,  auteur  de  la 


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TABLE  GÉNÉRALE.  497 

méthode  scolaaUque;  son  mérite  liltéraire,  II,  554.—  Son  Eluci- 
darium,  et  ses  antres  écrits,  555,  578.  —  Il  établit  la  distinction  des 
quatre  sens  dn  texte  sacré,  Md.  •—  U  délivre  un  obsédé  par  le  signe  de 
la  croix^  662. 

ANTECHRIST.  N'a  pas  encore  paru,  11,  153.  —  Dépeint  sous  les  traits 
de  la  Babylone  apocalyptique,  288,  —  de  la  béte  à  sept  têtes,  323  et 
suiT.  —  (Voir  Démonologib.) 

Antéros,  Tamour  du  mal  chez  les  Grecs  ;  ses  caractères  symboliques, 
1,339. 

AitTHikOPOiiOBPHisME,  méthode  d'iconographie  symbolique  appliquée 
à  la  représentation  des  trois  Personnes  de  la  Trinité  sous  des  figures 
humaines;  commence  au  xiii"  siècle,  IV,  78.—  Abus  qu'il  fallut  y  ré- 
primer, 79. 

Antienne  ,  phrase  musicale  chantée  après  chaque  psaume  et  s'y 
rapportant.  S.  Grégoire  y  met  du  symbolisme,  IV^  246.—  C'est  encore 
une  espèce  d'hymne  chantée  ordinairement  sur  Je  même  ton  et  sans 
partage  de  strophes,  comme  le  Salve  Hegina,  VAve  Regina  célorum 
et  autres.  Beauté  du  chant  de  ces  compositions,  tout  symbolique,  274. 
—  Le  chant  de  l'antienne  Sancla  Maria,  succurre  misetHs^  mal  réussi, 
et  pourquoi,  275. 

Antigny,  village  du  Poitou  (Vienne).  Peintures  funéraires  de  son 
église.  Les  trois  vifs  et  les  trois  morts,  Ht,  90. 

Antipendiuu  ou  devants!  d'autel;  comment  les  traiter, ill,  278.  — 
Leur  variété,  279. 

Antiphile,  peintre  égyptien  du  temps  d'Apelles ,  peint  par  celui-ci 
dans  son  tableau  de  La  Calomnie.  Son  Gryllus,  symbole  du  ridicule, 
1,289. 

Antipodes^  découvertes  avant  Magellan  et  Christophe  Colomb, II, 
622. 

Antoine  (S.),  patriarche  des  Solitaires  d'Orient.  Allégories  de  sa  ten- 
tation si  célèbre.  Gallot  en  a  emprunté  l'idée  à  S.  Athanase,  III,  372, 
373.  — >  Battu  par  le  démon,  IV,  36.  —  Pourquoi  on  lui  donne  un  pour- 
ceau pour  attribut,  92. 

Antonin-Pie  (L'empereur).  Varianteà  mythologiques  de  ses  médailles 
&  emblèmes,  1,267. 

Anus  d'or  chez  les  Philistins,  Ili,  409. 

Août,  mois  des  moissons.  Comment  symbolisé  dans  le  Zodiaque,  III, 
459. 

•A pelles,  peintre  grec,  excelle  dans  la  ressemblance  des  portraits, 
1,  280.  —  Ses  belles  qualités  d'artiste,  et  son  tableau  de  La  Calomnie, 
281,  289.  —  A  trop  favorisé  le  matérialisme  dans  l'art,  284. 

Apis, bœuf  dont  les  Égyptiens  s'étaient  fait  un  Dieu.  Symbolisme 
des  vingt-cinq  années  de  son  Age,  1, 148. 

Apocalypse.  Explication  de  son  symbolisme  dans  ses  détail^  et  son 

T.  IV.  32; 


19$  tllSTOIRK  nu   SYMBOLISME. 

ensemble,  1,  i40;  «  U^  197,41,  i40  et  suiv.  jusqu'à  406  ;  —  IV,  150.— 
Multiplicité  de  ses  commentateurs,  et  erreurs  de  beaucoup,  II,  143  et 
suiv.  —  Uolzozer,  143.  —  La  religieuse  de  Naples,  161  (la  mémo 
qui  a  travaillé  sur  le  Cantique,  p.  13).—  S.  Yictorin,  évêque  de  Poi- 
tiers, 486.— Tableau  de  Constantin  le  Grand  sur  le  triomphe  Je  la 
Croix,  488.—  S.  Isidore  de  Séville;  Tun  des  meilleurs  interprètes  de 
l'Apocalypse,  S25. —  Ce  livre  nous  donne  le  premier  type  des  églises 
chrétiennes,  III,  6. —  Caractère  de  ce  livre  et  beauté  de  ses  descrip- 
tions, II,  47, 188,  303  et  suiv.  —  Bot  que  TEsprit-Saint  s'y  propose,  283, 
357.—  C'est  une  révélation  de  Notre- Seigneur  lui-même,  141  et  suiv., 
147,  283,  613  ,  —  s'appliquant  surtout  aux  quatre  premiers  siècles  de 
l'Église,  143, 162. 193,  214,  237,  150, 266, 394,  —  et  déjà  étudiée  au  troi- 
sième, 230;  —  IV,  157.—  La  plu[)art  de  ses  images  sont  symboliques, 

II,  80,  143,  161 2  189;  —  IV,  150.—  Exactitude  de  ses  dates,  II ,  145, 
214, 248,  267.  289.  —  Le  sens  de  beaucoup  de  figures  faussé  par  les  pro- 
testante, 144,  243,  276,  399,  405 ,  —  et  par  M.  Mérimée ,  IV,  54.—  Belles 
verrières  de  l'ensemble  de  ses  scènes,  à  Bourges,  II,  121,  152,  153. 
(Voir  Bourges.)  —  Opinion  de  8.  Augustin  sur  le  fond  historique  de 
l'Apocalypse,  145  ;  —  c'est  celle  de  Bossuet,  145  ;  —  celle  de  Wouters.288 
—Tapisserie  de  Saint-Florent  de  SeLamur,602.(Voïr  Anges,  Jean  Pht  an 
gélisU,) —  Ce  livre  est  une  source  féconde  pour  l'art  chrétien,  146,  102 
—  Tapisserie  d'Angers,  174, 178,220.—  Sculptures  de  Saint-Benoit-sur 
Loire,  180  ;  —  III,  132  ;  —  du  chevet  de  l'église  de  Beaulieu,  près  Loche:* 
en  Touraine,  II,  196.  —  Peinture  du  xri«  siècle  en  Poitou,  241.—  La  bête 
à  dix  têtes  dans  une  miniature  du  xiii«  siècle,  248.—  La  Babylone 
abandonnée,  287.  —  Manuscrit  de  Poitiers,  320,  324,  325,  355.— Le  Sau- 
veur refoulant  le  démon  dans  l'enfer,  337.—  Le  jugement  dernier  tou- 
jours inspiré  aux  artistes  par  l'Apocalypse,  348; —  III,  142.  —  Tympan 
de  la  cathédrale  d'Angers,  représentant  l'ensemble  de  l'Apocalypse, 
401,  —  et  à  Sainte-Praxède  de  Rome,  401.— Plan  et  divisions  de  l'ouvrage, 
146, 147 ,  161,  402.  —  Sa  concordance  avec  les  autres  livres  bibliques 
(voir  Tubie ,  Daniel).  —  Fécondité  de  ses  images  et  de  ses  enseigne- 
mente,  242,  287,  303  et  suiv.,  351.  401  et  suiv.,  405,  406.  —  Respect  que 
le  Prophète  demande  pour  sa  prophétie,  395  ;  —  menaces  à. ses  infrac- 
teurs,  399. 

Apollon.  On  lui  donne  pour  attributs  :  la  lyre,  I,  83,  170,  233;  — 
réperviar,  93;—  le  corbeau,  170;  —  le  laurier,  233.  —  Ses  rôles  sont  les 
mêmes  que  ceux  de  l'Horus  des  Egyptiens^  90.  —  Son  temple  placé 
près  du  théûtre,  227.  —  Apollon  à  tête  radier;,  267,  —  aux  cheveux  d'or, 
293, 302.  — Type  dégénéré  du  Verbe  divin,  302.  —  Vêtu  de  violet  che£ 
Admète,  334.  —  Ses  multiples  rôles,  qui  se  résument  tous  au  soleil, 

III,  73. 

APOLLONIUS  DE  Thtanb,  imposteur  prédit  par  l'Apocalypse,  11,  250. 

Apostasie,  symbolisée  par  la  chute  des  étoiles,  11,230. 

Apures.  Leur  inspiration  dans  le  sens  à  donner  à  beaucoup  de 
textes  bibliques,  11,60  et  suiv.— Sont,  avec  Notre-Seigneuret  les  Pères, 
les  seuls  interprètes  infaillibles  de  l'Écriture,  80, 467, 470.  —  Leur  douze 


r 


TABLE  GÉNÉRALE.  499 

sièges  pour  juger  avec  Jésos-Ghriat ,  166.  «^  Fondateurs  de  la  liturgie, 
500;  ~  IV,  154, 156.  —  Symbolisés  par  les  douze  étoiles  brillant  au 
front  de  rÉgllse,  II,  225 ,  —  III,  177,  -*  par  les  douze  animaux  de  Théo- 
bald,  480 ,  —  par  douze  colombes,  IV ,  48.  —  Envoyés  de  Jésus- 
Cbrist  pour  convertir  les  nations,  11^  317, 370.  —  Raison  de  leur  vocable 
donné  aux  églises,  370.  —  Ils  sont  les  douze  fondements  de  la  cité  de 
Dieu,  qui  est  l'Église,  370,  377  ;  —  111, 43, 111, 178;  —  IV,  188.  —  Sym- 
bolisés par  douze  pierres  précieuses,  II,  370  et  suiv.,  378  et  suiv.,  —  et 
les  douze  Prophètes,  III,  299.  —  Relations  mystiques  entre  les  douze 
Apôtres  et  les  douze  tribus  d'Israël,  II,  370,  378  et  suiv.;  —  III,  299.  — 
Ils  sont  les  douze  portes  de  la  Cité  céleste,  II,  385  ;  —  III,  142.  —  Por- 
tent tous  un  livre  ouvert,  ou  fermé,  II,  450;  —  III,  142;  —  IV,  90,  — 
et  rouge,  13.  —Valeur  des  traditions  apostoliques,  II,  470.  —  Les 
ConslUulions  apostoliques,  et  leur  importance  dans  l'Église  ;  époque  de 
ce  recueil  canonique,  III,  8;  —  ses  diverses  prescriptions,  9,  42;  —  IV , 
156.  —  Iconographie  générale  des  douze  Apôtres  et  celle  de  chacun  en 
particulier,  III,  142  et  suiv.,  179;  —  IV,  90.— Ils  accompagnent  Jésus- 
Christ,  III,  142.  —  Ordre  à  suivre  dans  leur  placement  d'ensemble, 
143,  146,  147.  —  Article  du  symbole  attribué  à  chacun,  142  et  suiv., 
179.  —  Erreur  à  remarquer  dans  cette  attribution,  146, 148,  —  qui  n'a 
pas  toujours  été  la  même  dans  toutes  les  églises,  149.  —  Représentés 
par  les  douze  croix  de  consécration  des  Eglises,  178;  —  IV,  188. — 
Envoyés  deux  à  deux  pour  symboliser  la  charité,  III,  185.— Représentés 
sur  les  autels  entourant  le  Christ,  II,  166;  —  III,  276.  —  Promesse  du 
Sauveur  de  les  protéger,  374, 520.  —  Sont-ils  symbolisés  par  les  douze 
signes  du  Zodiaque?  411  ;  —  ils  le  sont  par  le  bélier,  462.  —  Branches 
de  la  vigne,  qui  est  Jésus-Christ,  520,  523.  —  Ils  doivent  avoir  les  pieds 
nus,  II,  324;  —  IV,  94,  95.  —  (Voir  les  noms  de  chaque  apôtre.) 

Appareil  des  murailles  de  l'église;  son  symbolisme,  III,  112  et 
suiv.  —  Époque  où  s'emploie  d'abord  le  grand  appareil,  IV,  427. 

Apulée,  cité,  d'après  sa  Métamorphose,  comme  favorable  au  symbo- 
lisme, I,  76,  287. 
Arabes.  Leurs  idées  symboliques,  I,  206,  222. 

Araignée.  Description  de  son  travail;  elle  symbolise  la  méchanceté 
des  persécuteurs,  périssable  comme  eux,  III,  496.—  et  l'avare,  ibid.  et 
suiv. 

Arbres.  Arbre  de  vie ,  planté  sur  le  courant  des  eaux,  II,  391,  395  , 
479;  —  m,  518, 519.—  Symbolisme  général  des  arbres,  11,392,  393,  479  ; 

—  m,  339,  341,  518  et  suiv.— Arbre  de  Jessé  (voir  Jessé);  —du  bien  et 
du  mal  aux  façades  des  églises,  36,  530. —  Arbres  dont  le  symbolisme 
convient  mieux  aux  cimetières,  82,  52.^.— Symbole  des  Justes,  339, 
341,  518.  —  Homme  sculpté  au  milieu  des  branches  d'un  arbre,  340  et 
suiv. —  Arbre  déraciné  par  deux  hybrides,  374  ;  —  IV,  455.— Arbre  de  la 
Vierge  (voir  Chandelier).  Arbre  restant  où  il  est  tombé,  111 ,  442;  —  ar- 
raché par  un  sanglier,  446;  —  IV,  496.—  Arbres  greffés  en  mars  dans  les 
zodiaques  du  moyen  Age,  III,  456, 458.—  Arbre  de  Nabuchodonosor,  518. 

—  Les  arbres  toujours  symboliques  dans  l'art  chrétien,  519  et  suiv.. 


i 


500  HISTOIRE   Dl'   SYMBOLISME. 

534  ;  .  IV,  458.  —  Parabole  du  bon  et  du  mauTais  arbre  sculptés  à  la 
catbôdrale  d'Amiens^  111,  571.  ~  Arbres  généalogiques^  574.  —  (Voir 
Botanique,  Flobe  mlralb,  et  les  noms  des  différents  arbres.) 

Arcade,  considérée  comme  type  caractéristique  du  style  monauien- 
tal.  L*arcade  en  plein  cintre  prise  des  catacombes,  III,  5.  —  Arcades 
murales  des  églises,  images  des  portiques  de  la  Cité  divine  dans 
TApocalypse,  173. — La  triple  arcade  et  l'arc  trilobé,  symboles  de  la 
Trinité,  lY,  74.  —  Arcades  ogivales  supportant  les  voûtes  gothiques, 
m,  174.— Arcade  triomphale  entre  la  nef  et  le  chœur, 222  etsaiv.; 

—  IV,  128  et  suiv. 

Aroen-ciel,  signe  de  bonheur  chez  les  Scandinaves,  1, 179;  —  donné  . 
par  Dieu  même  dans  ce  but,  296,  321  ;  —  II,  10,  85;  —  entourant  son 
trône,  163,  403,  —  et  un  de  ses  Anges,  210. 

Archanges,  au  nombre  de  sept;  ne  quittent  jamais  le  trône  de  Dieu, 
II,  163. 

Arche  d'alliance.  Son  symbolisme  dans  le  temple  de  Salomon,  11,^4. 

—  Figure  de  l'Église,  III,  3.  —  Surmontée  d'une  croix  pour  indiquer 
qu'elle  prophétise  le  Christianisme,  IV,  18. 

Arche  de  Noé.  Ses  détails  et  ses  mesures  symboliques,  III,  2  et  3,  - 
développés  pur  S.  Isidore  de  Séville  et  appliqués  à  rÉgllse,  166, 167. 

—  L*arche  est  la  figure  de  TÉglise,  160,  167,  303  ;  —  son  bois  incorrup- 
tible représente  le  corps  du  Seigneur  dans  rEucharistie,  IV,  50. 

Archéologie,  science  devenue  indispensable  à  la  théologie,  1,9  et 
suiv.;  —  III,  534;  —  IV,  413.  —  Sérieuses  études  qu'elle  exige,  I,  Ui, 
360;  —  II,  22,  472.  —  Elle  tire  tout  son  charme  du  spiritualisme,  2. 

—  Erreurs  de  quelques  archéologues  sur  des  monuments  cbrétieûs 
faussement  attribués  par  eux  au  paganisme,  III,  107.  —  Autre  système 
sur  des  symboles  peu  compris,  172, 192  et  suiv.,  2S4.  —  La  théologie 
indispensable  en  une  certaine  mesure  aux  archéologues,  172, 193  et 
suiv.,  534.  —  Comment  quelques  archéologues  louent  parfois  on  sys- 
tème faux  sur  la  réputation  de  son  auteur,  534.  —  Que  les  développe- 
ments de  la  science  archéologique  servent  utilement  l'art  chrétien, 
IV,  341. —  Combien  elle  manque  aux  ennemis  du  Christianisme,  et 
trop  aussi  à  ses  amis,  394.  —  Sa  Renaissance  au  xix*  siècle,  40Set 
suiv.  —  Doit  être  enseignée  dans  les  séminaires,  412. 

AfiCHiMÈDE,  employé  aux  constructions  navales  du  roi  Iliérou  I,  240; 

—  inventeur  d'un  orgue  clepsydre,  décrit  par  Tertullien,  IV,  2G1. 

Architectes,  ont  été  au  moyen  Age,  et  jusqu'au  xiiP  siècle,  dépendants 
du  clergé,  ou  très-sou  vent  des  clercs  eux-mêmes,  II,  561  ; —  III,  192.-1'^ 
laïques  ignoraient  les  principes  symbolistiques,  199  et  auiv.  —  Modestie 
du  plus  grand  nombre  des  architectes  restés  inconnus,  59, 60, 19^  SOû.— 
Les  architectes  des  églises  doivent  être  choisis  par  l'évêque,  67 '^-^y^' 
boles  convenables  au  tombeau  d'un  architecte,  68.  —  Pourquoi  les 
architectes  ont  pris  S.  Thomas  pour  patron.  146.—  Ceux  de  la*Iten«i«- 
«ance  laissent  peu  de  traces  honorables,  IV,  348.—  Peu  in!ellig<^^^ 


TABLE  GÉNÉRALE.  504 

anjotirdliui  des  besoins  de  l'art  chrétien,  qu'ils  n'étudient  pas,  111, 
158, 181, 193,  320,  322.  437,  565  ;  —  IV,  22,  44.  —  L'architecte  ordonnait 
tout  au  moyen  ftge,  monument  et  ornementation,  III,  244.-*  Vaines 
recherches  d'un  art  nouveau  qui  puisse  remplacer  les  données  chré- 
tiennes par  un  éclectisme  impossible,  252,  255.— Institution  regrettable 
des  architectes  diocésains,  323;  — IV,  22  et  suiv.,  404  et  suiv.—  Quel- 
ques-uns ne  craignent  pas  de  se  faire  peindre  ou  sculpter  au  nalurf4 
dans  les  églises  qu'ils  décorent,  232. 

ARCBrrECTURB  CHBÊTiENNE,  affecte  des  formes  symboliques,  témoin 
TEscurial  de  Madrid,!,  228.  —  Le  collège  de  la  Sapience  à  Rome, 
228.  —  Le  spiritualisme  est  l'âme  de  l'architecture  d'autrefois  comme 
d'aujourd'hui,  245,  —  et  l'idéal  de  la  beauté  plastique, 245,  355; — 
on  le  néglige  trop  dans  les  écoles  d'architecture,  IV,  406  et  suiv.  — 
Variété  de  ses  données  esthétiques,  I,  355;  —  III,  191;  —  IV,  24.  — 
Elle  s'applique  à  l'ensemble  de  l'é^iflce  sacré  et  à  ses  détails,  contrai- 
rement à  l'architecture  païenne,  1, 3iS9,  —  dont  elle  n'a  pris  en  rien  les 
inspirations.  HT,  6,  —  Style  des  premiers  siècles,  IV,  426.  —  Sa  marche 
successive  depuis  la  basilique  romaine  jusqu'au  xvi*  siè«'.le,  II,  12;  — 
III,  tout  le  chapitre  !•'.  —  Magnificence  architecturale  du  xni«  siècle, 
II,  13,  36  et  suiv.  ;  —  III,  198.  —  Phases  diverses  de  l'architecture ,  di- 
rigée tantôt  par  le  clergé,  tantôt  par  les  laïques,  II,  25  ;  —  III.  51  et 
suiv.,  193  et  suiv.,  200,  —  et  toujours  par  le  clergé  jusqu'au  xiii*  siècle, 
II,  561  ;  —  III,  41  et  suiv.,  52,  54,  191,  200,  313  ;  —  ce  qu'il  faudrait  en- 
core, IV,  408.  —  Ses  premiers  types  dans  les  catacombes,  III,  5,  106, 
188  ,  —  et  non  dans  les  basiliques  romaines ,  6,  106.  —  Les  minia- 
tures des  manuscrits  rendent  très-bien  l'architecture  de  leur  époque, 
rv,  24,  —  qui  participe  même,  par  son  siyle,  du  caractère  de  leur  écri- 
ture, 25,  —  et  de  celui  de  la  musique  sacrée, 253.  —L'architecture  chré- 
tienne incompiétemeut  étudiée  si  on  la  sépare  de  l'esthétique  et  de  la 
liturgie,  III,  6,  193  et  suiv.  —  L'Église  y  a  imprimé  sa  théologie,  191, 
200.  (Voir  Théolngie,)  —  Ses  imperfections  du  iv«  au  x«  siècle,  14. 
—  Renaissance  des  xi*  et  xii«  siècles,  et  activité  architecturale  de  cette 
époque,  20  et  suiv.,  243.  —  Ses  causes  morales,  23,  25, 194, 248  et  suiv.; 
— IV,  430  et  suiv.— Si  la  crainte  de  la  fin  du  monde  l'a  entravée  alors,  III, 
18  et  suiv.— Apparition  du  grand  appareil,  25, 51;  —  IV,  427.— Malheurs 
.  de  l'architecture  au  moyen  ftge,  426.  — Progrès  du  xii«  siècle  et  de  Té- 
poque  de  transition,  III,  29,  34, 187,  256;  —  ceux  du  xiii«,  36  et  suiv.  —• 
Ce  que  les  constructeurs  du  vii«  siècle  ont  emprunté  aux  Visigolhs, 
51.  «-.  Caractères  de  leurs  constructions,  IV,  25.  —  Époque  ostensible 
des  écoles  d'architecture ,  III,  57.  —  Pourquoi  le  moyen  Age  n'a  rien 
écrit  sur  les  règles  de  l'architeclure  religieuse,  60;  —  IV,  24.  —  Que  le 
style  des  constructions  civiles  diffère  beaucoup,  et  en  quoi,  du  style 
des  monuments  religieux,  111, 62  et  suiv.  —  Celui-ci  trop  peu  observé 
dans  S.  Pierre  de  Rome,  IV,  349  et  suiv.,  360,  —  Fausse  histoire  do  In 
franc-maçonnerie  du  moyen  âge,  III,  196  et  suiv.  —  Décadence  du  style 
ogival,  IV,  345  et  suiv.,  347.  —  Fausse  persuasion  qui  ferait  chercher 
un  genre  d'architecture  mieux  accommodé  pour  les  églises  aux  exi- 
gences symboliques  des  nôtres,  III,  252  et  suiv.,  255.  —  Pians  è  essayer 


302  HlSTOIRli:  DU  SYMBOLISME. 

cependant^  IV^  63  et  suiv.,  65.  —  Accord  &  rechercher  entre  le  monu- 
ment et  son  ornementation^  III,  255.  —  Les  progrès  ou  la  décadence  de 
l'architecture  décident  la  marche  des  autres  arts^  IV,  19,  20,  25,  303^ 
397.  —  Cette  décadence  commence  dès  le  xv*  siècle,  207  et  suiv.  —  Rap- 
ports entre  le  style  monumental  et  celui  de  l'orfèvrerie,  308.  —  Diffé- 
rence entre  le  style  architectural  des  xiP  et  xiu*  siècles,  313.  —  Déca- 
dence de  l'architecture  chrétienne,  et  ses  derniers  efforts  au  xvp  siècle, 
392.  —  Mépris  systématique  professé  contre  l'architecture  du  moyeu 
âge  par  les  savants  du  xvir  siècle,  394  et  suiv.,  —  qui  cependant  avait 
fuit  preuve  d'un  beau  génie,  397.  —  Comment  elle  s'efface  et  s'annule 
aujourd'hui  encore  aux  mains  d'architectes  ignorants,  399  et  suiv.,  404 
el  suiv.  —  Services  rendus  par  M.  de  Caumont,  par  la  classiftcation 
des  époques  monumentales  du  moyen  âge,  402.  —  Que  les  laïques  ne 
doivent  se  mêler  d'architecture  sacrée  que  moyennant  des  études 
d'esthétique,  409.  —  (Voir  Églises.) 

ÂRCHiTHCTURB  PAlENNE.  Symbolisme  de  l'Inde  dans  ses  temples,!,  162. 
—  Origine  de  l'architecture,  218.  —  Génie  de  l'architecture,  219.  — 
Idée  des  premiers  temples  païens,  222.  —  De  l'architecture  orientale 
ancienne,  223.  -*  Symbolisme  des  Ordres,  224  ;  — III,  329.  —  Us  ne 
valent  pas  les  styles  de  l'art  chrétien,  254.  —  Le  symbolisme  presque 
nul  dans  l'architecture  païenne,  I,  359;  —  III ^  U,  329.  —  Teadances 
malheureuses  de  nos  architectes  modernes  vers  l'imitation  de  Tart 
païen  pour  faire  des  églises  chrétiennes,  254  et  suiv. 

Aroent,  symbolisé  par  la  lune,  I,  60.  —  Ses  autres  significations 
symboliques,  II,  548  :  —  de  l'éloquence  évangélique,  IV,  41,  —  de  la  pa- 
role, 141. 

ÂRiÂNiSME,  donne  occasion  au  développement  par  les  Pères  du  dogme 
de  la  Trinité,  IV,  75. 

ÂRiNGHi.  Intérêt  qu'offre  à  la  science  symbolistique  souRoinasubier' 
raneoy  II,  500, 505;  — 111,  86, 88. 

AaiSTOTB.  Ce  qu'il  pense  des  nombres  et  de  leur  influence  sur  les  choses 
humaines,  1, 111,  113.  —  Ses  préjugés  sur  les  gemmes,  II,  366.  —  «  Pa- 
triarche des  héréliques,  »  631  ;  —  IV,  344.  —  Sa  méthode  syllogistique 
appliquée  à  la  théologie,  III,  632  ;  —  IV,  344.—  Aristote  se  faisant  qua- 
drupède sur  un  chapiteau,  II,  23  ;  —  III,  311.  —  Ce  qu'il  dit  du  théâtre, 
IV,  190.  —  Le  XY^'  siècle  abuse  de  sa  philosophie  païenne,  344. 

Arithmétique  (voir  Mathématiques). 

Arithmomancie.  Traité  de  Del  Rio  sur  ce  sujet,  1 ,  38 ,  115.  —  Prin- 
cipes des  anciens ,  114 ,  115. 

Aqmagédon  ou  Mageddon,  lieu  symbolique,  rendez-vous  de  Satan  et 
de  ses  satellites,  II,  275. 

Armoiries  (voir  Blason). 

Arnaud  (de  Bresse) ,  hérétique  du  nu*  siècle  ;  comment  symbolisé 
par  S.  Bernard,  II,  601  et  suiv. 

Art  (L';  a  besciu  du  symbolisme ,  I,  i2 ,  162 ,  348,  363  ;  —  II ,  607  et 


TABLE  GÉNÉRALE.  ^M 

saiv.;  ^  III ,  361.  —  Le»  arU  remoatent  au  berceau  du  monde ,  1 ,  17  ; 
«-  ils  s'emparent  de  toute  la  vie  humaine  >  quoique  plus  ou  moins 
compris  de  cbacun ,  21 8  ;  —  II  j  101  ;  —  IV^  2.  ^  Ile  n'existent  pas  sans 
le  symbolisme,  I ,  -214,  219,  221  et  sniv.  -^  Nombreux  exemples  du 
succès  de  ce  moyen  ,  261  et  suiv.,  348  ;  —  III ,  524.  —  Enchaloement  et 
filiation  des  arts  libéraux ,  1 .  215.  *•  Les  Grecs  plus  distingués  dans 
les  arts  que  les  Romains ,  259 ,  262 ,  278.  —  Les  idées  morales  doi- 
▼ent présider  à  l'art,  287  et  suiv.;  -*  III,  252.  —  Les  arts,  même 
dans  l'antiquité  païenne,  doivent  leur  philosophie  à  l'esprit  chrétien 
donné  au  monde  dès  le  commencement,  1, 348 ,  354 ,  362 ;  —  IV,  100. 
— -  Le  but  de  l'art  est  de  plaire ,  115.  -»  L'art  inspiré  toujours  par 
Dieu  on  par  le  démon  ,  1 ,  355  ;  •--  dans  ses  œuvres  symboliques ,  Il , 
iOi  ;  —  III ,  361.  —  Comment  l'Église  favorise  les  arts  au  point  de  vue 
de  son  enseignement  »  1 ,  363 ,  364  ;  —  II ,  12  et  saiv.,  503  ,  561  ;  «-  III , 
149, 187,  361  ;  —  IV,  2, 200,  201.  206,  264,  268.  —  Causes  morales  de  la 
décadence  de  l'art.  Il ,  15;  —  UI,  40,  98;  —  IV,  344.  (Voir  Renais- 
sance.) —  Motifs  empruntés  à  la  Bible ,  II ,  101 ,  503  ;  ^  III ,  361.  — 
Aspirations  de  l'art  vers  Dieu ,  IV,  100.  ^  L'art  chrétien  sccusé  à  tort 
de  caprices  inintelligents ,  II ,  505 ,  561  ;  —  111 ,  40  et  suiv.,  62, 64 , 
241.  (Voir  Clergé,)—  L'art  n'est  jamais  plus  près  de  sa  chute  que  lors- 
<lii'il  attein*  son  apogée,  III .  34 ,  39;  —  TV ,  25.  —  Ce  qu'on  a  gagné 
h  vouloir  de  Vart  pour  Vari ,  111,  187 ,  278;  —  IV,  124,  268.  —  Har- 
monie des  effets  à  chercher  dans  l'art ,  aussi  bien  que  l'unité ,  III , 
253;  —  IV,  113  et  suiv.  —Charlatanisme  du  prétendu  art  chrétien 
moderne ,  III,  278, 440  ;  —  IV,  268.  —  Emprunts  faiU  par  l'art  chrétien 
à  l'art  antique  pour  la  décoration  des  églises,  III,  524.—  Combien  l'art 
était  riche  et  savant  au  moyen  Age,  IV,  40  et  suiv.,  42.—  L'histoire  de 
Fart  inséparable  de  celle  de  l'homme,  et  réciproquement,  234.  —  L'art 
doit  tout  au  Christianisme  et  n'existerait  pas  sans  lui,  283.  —  Comment 
le  moyen  âge  excella  dans  les  arts  par  son  esthétique.  311.—  Beaucoup 
de  procédés  y  étaient  pratiqués ,  qu'on  a  cru  plus  modernes,  311.  —  La 
morale  inséparable  de  l'art,  342.  —  Chasteté  de  Tartan  moyen  ftge,383. 

—  (Voir  Clergé,  Évêques.) 

Artistes,  doivent  se  former  par  l'étude  de  la  philosophie  spirilua- 
lii»te,  1, 349  ;  —  IV,  342;  -commettent  beaucoup  de  fautes  par  ignorance 
de  leurs  sujets,  II,  436,  561 ,  634  ;  —  III,  277,  322;  —  IV,  22,  67,  120, 
132,  133.  —  Ceux  du  moyen  ftge  ou  prêtres  ou  dirigés  par  les  prêtres, 
11 ,  561  ;—  III ,  51  et  suiv.,  59 ,  327, 336.—  En  quel  sens  on  doit  entendre 
la  liberté  qui  leur  était  laissée,  et  qui  ne  dégénérait  jamais  en  cnprice, 
55,  149,299,327,335,  344,  418,529;  — IV,  109,  147.—  Refusant 
trop  d'étudier,  aimant  mieux  travailler  par  routine,  58,  72,  131.- 
Études  indispensables  à  leurs  travaux  religieux ,  59 ,  114, 144  et  suiv. 

—  Leur  ingratitude  envers  la  religion,  à  qui  ils  doivent  tout,  283.— 
Devraient  s'inspirer  pour  leurs  sujets  religieux  des  sentiments  et  du 
faire  d'Ange  de  Fiésole,  II,  608;  —  III,  251;  —IV,  130,  360,  367  et 
suiv.  -*•  Ce  qu'ils  font  au  contraire,  378 ,  403  et  suiv. 

Arum,  plante  qui  a  donné  son  nom  à  la  famille  des  aroldee.  Erreurs 


l 
504  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

de  M.  Woillez  dans  rapplicatlon  qa'il  en  fait  à  certaines  idées  symbo- 
liques^ III^  532  et  suiv.—  Description  de  cette  plante,  535. 

'  Ascension  de  Notre-Seigneur.  Dragon  symbolique  porté  à  la  proces- 
sion de  ce  jour  en  divers  lieux^  III,  391.  —  La  procession  des  Rameaux 
en  est  une  représentation  symbolique,  563.  —  Autre  image  de  ce  fait 
dans  un  manuscrit  du  xy«  siècle,  IV,  34. 

AsciA,  symbole  mystérieux  des  sépultures  antiques;  les  chrétiens  ne 
l'ont  pas  employé,  III,  84. 

ASEB,  :fil8  de  Jacob ,  symbolisé  par  les  poissons  du  Zodiaque,  II,  ilO. 

ASPEBSION  du  sang  des  victimes  dans  Tancienne  Loi ,  symbole  du 
sang  de  Jésus-Christ  dans  la  nouvelle.  II,  93.  —  (Voir  Bénitier  ,  Eau 

BÉNITE.) 

Aspic,  sorte  de  serpent,  symbole  du  démon,  III,  361,449. 

Assomption  de  la  Sainte  Vierge.  On  y  bénissait  au  xiu«  siècle  deé 
branchages  nouvellement  cueillis,  II,  647.  —  Époque  de  Tinstitution  de 
cette  fête,  III,  459. 

AsTAROTH,  nom  symbolique  du  démon  des  richesses,  IIÏ,  366. 

Astrologie  judiciaire,  science  spécieuse  qui  a  peut-être  inspiré 
quelques  détails  de  la  sculpture  chrétienne,  III,  349. 

Astronomie,  symbolisée  ingénieusement  sur  le  tombeau  de  Kepler, 
1 ,  54.—  iQcertitudes  sur  son  origine ,  57.—  Ses  signes  symboliques,  58; 
—  ses  relations  et  afGnités  avec  la  chimie,  61;  —  ses  rapports  avec  le 
culte  d'lsis,89.  —  Soumise  à  l'influence  des  nombres,  111. —  Son 
rôle  dans  la  religion  des  Hindous,  160  ;  —  chez  les  Scandinaves,  181.— 
Était  fort  avancée  chez  les  Hébreux,  II,  HO,  111  ;  —  inspire  roricnta- 
tion  des  tombeaux ,  III ,  79. 

Athéisme.  C'est  par  le  symbolisme  que  le  monde  en  a  été  préservé , 
1 ,  365. 

Attila,  repoussé  par  les  Francs  en  Italie,  où  il  meurt,  IV,  426. 

Attributs  des  Saints.  Leur  importance  comme  symboles,  IV,  90.  — 
A  quelles  sources  puiser  pour  les  connaître?  IV ,  92.  —  Les  attribuU 
servent  à  distinguer  les  Saints  de  tout  autres  personnes ,  etd'aulre^ 
Sainte,  95.  —  (Voir  Cahier,  Coulecrs,  Dieu,  Nimbe,  Trinité.) 

Aube,  tunique  sacerdotale.  Son  histoire,  ses  conditions,  son  symbo- 
lisme, IV,  169.  —  Donnée  à  Moïse  et  à  Aaron,  210,  211. 

Aubépine  fleurie,  symbole  du  printemps,  I,  208. 

AuBER  (L'abbé),  auteur  de  ce  livre ,  a  combattu  longtemps  pour  le 
sujet  qu'il  y  développe,  1 ,  9;  -  II.  23;  -  IV,  419.  -  Son  Histoire (U 
la  calliédraU  de  Poitiers  ;  il  en  a  fait  une  histoire  de  l'art  au  moyen 
âge ,  III,  258 ,  305  ;  —  IV,  414.  —  On  a  combattu  ses  principes  d'eslbé^ 
tique,  aujourd'hui  admis  de  tous,  I,  355;  —  II,  590,  591  ;  —  IV,  420;- 
et  autorisés  de  tout  temps  par  les  érudits ,  II,  604  et  suiv.;  —  IH  ,  303, 
533.  —  Attaqué  à  tort  par  M.  Lenormand,  dont  il  réfute  les  sophiames, 
1, 177;  —  III,  533  et  suiv.  —  Comment  il  veut  que  la  Sainte  Vierge 
immaculée  ne  soitjamais  représentée  sans  l'Enfant  Jésus ,  iV,  137.- 


TABLE  GÉNÉRALE.  505 

Son  bat  en  écrivant  ce  livre  ;  ses  espérances  sur  ses  résultats  ,  413  et 
suÎY.— Ce  que  pense  M,  de  Caumont  de  ses  travaux  sur  le  symbolisme, 
417.  —  Lettre  à  ce  dernier  en  réponse  à  ces  questions  sur  la  marche  du 
symbolisme  du  v«  au  xiii«  siècle  ,  441. 

Auguste  (L'empereur).  Inutilité  de  ses  efforts  pour  illustrer  son  règne 
parles  arts^  I^  260. 

Augustin  (S.)  ne  croit  pas  qu'on  puisse  connaître  le  sens  de  l'Écri- 
ture sainte  sans  la  connaissance  de  l'hébreu,  I^  46  ;  — *II,  470 ,  495.  — 
Son  estime  du  symbolisme  et  emploi  qu'il  en  fait,  I,  46,  119, 123;  —  II, 
495  et  sniv.  —  Belles  qualités  de  son  esprit,  I,  122  ;  —  II ,  494  et  suiv. 

—  Son  traité  De  la  Musique,  1, 123,  129.—  Ce  qu'il  dit  du  symbolisme 
des  nombres ,  125  ,  129,  138  ,  144,  146 ,  151,  487, 497.  —  Sa  Doctrine 
chrétienne,  II,  495.  —  Ne  veut  pas  qu'on  cherche  le  symbolisme  dans 
les  caprices  de  l'imagination,  96.  —  Son  commentaire  sur  le  Léviliguc, 
97.  —Ce  qu'il  dit  du  Cantique  de  Salomon,  118,  —  de  la  durée  des 
temps  prédits  par  l'Apocalypse,  144  et  suiv.,  —  du  jugement  dernier , 
183.  —  Il  regarde  Marie  comme  type  de  l'Église,  227,  234,  421.  —  Ses 
pensées  sur  la  virginilé  et  ses  privilèges  dans  le  ciel,  257.  —  Sa  des- 
cription de  la  sécheresse  de  l'an  300, 267.— Son  livre  de  la  Ciié  de  Dieu, 
281 ,  283.  —  Son  opinion  sur  le  Paradis,  355,  —  sur  le  symbolisme  du 
rocher  de  Moïse,  360,  —  sur  les  rapports  symboliques  entre  l'Église 
et  la  lune ,  437.  —  Ce  que  le  pape  S.  Célestin  I«'  pense  de  ses  opinions 
individuelles ,  469.  —  Comment  il  expliqué  les  six  jours  de  la  création, 
470.  —  Ce  qu'il  dit  des  traditions  apostoliques  et  des  croyances  de 
l'Église,  470,  —  et  du  serpent,  496. —  Il  reconnaît  toujours  dans  l'Écri- 
tore  Jésus-Christ  sous  l'écorce  de  la  lettre,  516;  —  III,  3  ,  4.  —  Ce 
qu'il  dit  des  phénomènes  physiques  de  l'Eucharistie,  336,  —  et  de 
rincarnation ,  414. 

Aulu-Gellk,  cité  pour  le  symbolisme  des  nombres ,  1 ,  116. 

Aumône,  symbolisée  par  le  pélican,  III,  211. 

Auréole  (voir  Nimbe). 

AusoNE  cité  sur  le  nombre  neuf,  1, 117. 

Autel  ardent ,  symbole  de  Vesta,  1 ,  58.—  Les  autels  profanés ,  dé- 
truits jusqu'à  ia  dernière  pierre  ,  238.  —  Autel  des  holocaustes  ,  II, 
191 .  _  Antel  de  bois  de  Séthim  ,  111 ,  265 ,  266.  —  Autel  chrétien,  sym- 
bole de  Jésus-Christ,  11 ,  179;  —  III,  67,  68,  227,266.  267  ;— toujours 
muni  de  reliques  des  martyrs,  II,  179, 187, 197 ,  —  III,  262  ,  —  IV,  157, 
ou  de  parcelles  de  l'Eucharistie,  263;  —  figure  de  l'Église,  II ,  615  ;  — 
III,  227. —  Raison  des  cinq  croix  sur  la  pierre  consacrée,  II,  642. — Sym- 
bolisme du  nombre  impair  des  degrés  de  l'autel ,  III ,  67,  68,  226  et 
sniv.  —  Il  doit  être  en  pierre ,  68  ,  265  ;  —  conditions  de  celte  pierre , 
26t>,  267,  269.  —Autels  des  cimetières,  84.—  Le  tabernacle  doit 
être  inséparable  de  l'autel,  sauf  de  rares  exceptions,  226  et  suiv.— Dé' 
tails  de  l'autel  des  églises,  touâ  symboliques,  225  et  suiv.,  273  et  suiv. 

—  Autels  fixes,  262.  —  Antel  sculpté  de  Fontgombaud,  orué  des  douze 
apôtres,  II,  166.  —  Origine  de  l'autel  chrétien,  III,  262.  —  L'autel 


506  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

placé  dans  l'abside  jusqu'au  xn«  siècle ,  168  ;  —  multiplicité  des  auteU 
motiyée  à  cette  époque  ,  195,  268.  ~~  Son  orientation  normale,  236; 
—  respect  dont  il  est  digne,  228.  -*  Ses  dimensions  se  sont  progressi- 
vement augmentées  ,  229.  —  Autels  portatifs ,  264 ,  271  ;  —  IV ,  305.  — 
Sépulcre  de  l'autel ,  III,  264.  ~-  Autel  ou  confession  de  Saint-Pierre  à 
Saint-Jean  de  Latrau ,  263.  —  Cérémonies  symboliques  de  la  consécra- 
tion des  autels,  267  et  suiv.  —  Symbolisme  de  leurs  parements ,  268 , 
278 ,  289.  —  Siau>licité  primitive  des  autels  et  leurs  rîcbesses  au  moyen 
Age,  269,  273.  —  Autels  de  Mazerolles  en  Poitou,  270.  —  Le  marbre 
peu  convenable  aux  autels,  et  pourquoi ,  273.  —  Conditions  des  autels 
d'orfèvrerie ,  272 ,  —  et  de  leur  symbolisme ,  273  et  sniv.  —  Autels  de 
Saint-Florent  des  Bois  et  d'Avenas ,  276.  —  Autel  des  fonts  baptismaux, 
296  et  suiv.  —  Quand  on  commença  à  placer  Timage  du  Crucifix  sur  les 
autels ,  IV,  122.  —  Autel  d'or  de  BAle  en  Suisse,  309;  —  celui  de  Saint- 
Denys  donné  par  Siiger^  318.  —  Quel  genre  de  beauté  réclame  Tantel 
catholique,  321  et  suiv.  —  Devants  d'autels,  et  industries  à  leur  appli- 
quer, 322.  —  (Voir  Orfèvrerie,  Tabernacle.) 

AuTHiE  ,  village  de  Normandie;  démonologie  du  portail  de  son 
église,  IV,  453. 

AuTPKRT  (Ambroise),  écrivain  symboliste  du  viii<^  siècle.  Sa  vie  et 
son  caractère,  II,  530;  —  ses  Discours  monailiques,  et  leur  esprit 
symbolique,  531. 

AuTREYiLLE,  village  des  Vosges.  Son  église  et  son  curieux  tabernacle, 
IH,  280. 

Autruche,  a  un  nom  symbolique,  1,  35.  —  Symbole  du  démon,  II, 
519.  —  Image  des  déprédateurs ,  III ,  446. 

Avarice.  Symbolisée  per  une  femme  dont  un  crapaud  ou  un  serpent 
dévore  la  poitrine,  II,  272.—  Avare  puni  par  le  démon,  III,  379. 

Avenâs  ,  village  de  Bourgogne.  Bel  autel  du  xii*  siècle  dans  son 
église ,  III ,  276. 

AvENT,  symbolisme  de  ses  Ofdces,  II,  158;  —  IV,  31.  —  Anciennes 
coutumes  d'Auxerre  et  de  Clermont,  183. 

Aveugle  de  Jéricho,  symbole  de  la  nature  aveuglée  par  le  péché 
IV, 132. 

Avril.  Ses  caractères  symboliques  dans  le  cycle  zodiacal,  111,  458. 

Axe  longitudinal  des  églises.  Sa  déviation  symbolique  (voir  Églises). 
—Nombreux  exemples  de  ce  symbolisme,  III,  171.- Exagération  de  ce 
moyen,  et  fausses  conséquences  qu'en  tirent  quelques  archéologues , 
172.  —  Ne  pas  le  négliger  dans  les  constructions  modernes ,  IV ,  63,  — 
ni  dans  la  crucifixion  ,128. 

Ayala  (Inlerian de),  religieux  espagnol,  auteur  du  Pictor  chrislianvs 
eruditus,  livre  à  étudier  par  les  peintres,  IV,  145. 

Ayzac  (M»»  Félicie  d')  promet  un  livre  sur  les  nombres,  1 ,  155.  - 
Ses  travaux  sur  les  physiologues  du  moven  Age,  11,246;  —  sur le 
symbolisme  d'Hugues  de  Saint-Victor,  368." 


TABL£  GÉNÉRALE.  507 

AzAiJAg.  Signification  hébraïque  de  ce  nom^  I,  44. 

Azur  ou  couleur  bUue  du  blason.  Ce  qu'il  signifie.  Il ,  S48. 

B 

Babcl.  La  construction  de  sa  tour  suppose  déjà  un  grand  développe- 
ment des  arts  primitifs,  I,  17. 

Babylone  dépeinte  ayec  ses  désordres  sous  le  nom  de  Borne  païenne, 
ff,218,  244.  —  Punie  providentiellement  et  ruinée  pour  ses  crimes, 
2Ô8  et  suiv.,  283  et  suiv.,  294  et  sniv.;  —  IH,  370.  —  Raisons  de  ce  nom 
donné  s  la  cité  la  plus  coupable  de  l'Occident,  II,  285  etsuiv.  —  Sym- 
bolisée sur  un  chapiteau  de  Ghauvigny-sur- Vienne,  287  ;  —  IV,  332.  — 
Causes  morales  et  matérielles  de  sa  chute,  II,  299.—  Détails  de  cet  évé- 
uemeot,  303. 

Bacchds  a  pour  attributs  le  thyrse  et  une  couronne  de  pampre  ou 
de  lierre,  1, 84.—  On  place  ses  temples  près  des  théâtres ,  227.  —  Ses 
Btataes  faites  du  bois  de  la  vigne ,  268.  —  Son  thyrse  changé  en  balai 
dans  la  cabale  moderne,  III,  397.  —  Usages  impurs  de  son  culte ,  397, 

409. 

Bacon  (Roger j ,  inventeur  de  la  poudre  et  des  effets  de  la  vapeur,  II, 
622;  —  conçoit  la  première  idée  du  calendrier  grégorien,  II,  678. 

Badigeonnagr,  ne  doit  pas  s'appliquer  aux  meubles  plus  qu'aux  mo- 
nnmenis,  IV,  114. 

Bagâvadam,  livre  sacré  des  Hindous.  Singulières  explications  qu'en 
tire  M.  Portai,  I,  341. 

Baillitt,  hagiologue  du  xvii*  siècle.  Ses  tendances  jansénistes 
contre  les  miracles,  et  ses  injustices  contre  Jacques  de  Varaze,  II,  648, 
657. 

Baiseh  de  paix,  observé  entre  les  fidèles  dans  la  primitive  Église,  III, 
205. 

Balaam,  faux  prophète;  prédit  l'étoile  qui  sortira  de  Jacob,  II,  156, 397. 

—  A  le  même  caractère  chez  le  peuple  de  Dieu  que  les  sibylles  chez  les 
païens,  IV,  96.  —  Représenté  aax  catacombes ,  431.  —  Son  rôle  dans  le 
drame  liturgique  de  la  Circoncision,  dite  fête  de  Vâne,  IV,  211  et  suiv.; 

—  que  ce  rôle  a  fait  donner  le  nom  à  la  fête,  215. 

Balai,  employé  aux  scènes  de  la  cabale.  Origine  de  cet  usage,  111,397. 

Balance ([^)  du  Zodiaque.  Son  signe  symbolique,  I,  58.  —  La  pro- 
phétie de  Jacob  en  fait  le  symbole  de  Dan,  II,  109.  —  Symbole  de  la 
justice  ,  177  ;  —  III ,  87 ,  463.  —  Indique  la  famine  .  il,  177.  ^  Satan 
pesant  les  âmes  dans  une  balance  (voir  Pesée  des  âmes),—  Symbole  de 
Tégalité  des  jours  et  nuits,  111, 460. 

Baldaquin  (voir  Cïbobium). 

Baleine.  Sou  nom  symbolique,  1 ,  31.  —  Contes  des  pbysiologues  h 
son  sujet,  III,  498  et  suiv.  —  Svmbole  du  démon,  ihid,  —  Sa  gueule, 


508  HISTOIRE  DU  SYMBOUSME. 

figure  de  l'enfer  ou  du  purgatoire  ^  499.  —  C'est  le  E^viathan  de  Job, 

Banc  d'œuvre  dans  les  églises.  Sa  destination  ;  ses  conditions  conre- 
nables^  III,  217. 

Bande^  pièce  de  blason.  Ce  qu'elle  représente^  11^  545. 

Bannière  brisée^  attribut  de  la  Synagogue,  II,  448. 

Baptême.  Le  triple  baptême  de  l'eau,  de  la  pénitence  et  du  fea  syni- 
bolisé  par  les  trois  nuances  de  la  couleur  bleue  ,1,314.  —  Bapléoes 
musulmans,  318.  —  Symbolisme  du  baptême  catholique ,  II ,  20,  i(n, 
360,  394,  527  ,  534 ,  645  ;  — III,  119, 131  ;  —  IV,  74,  151.  —  Donné  par 
immersion  jusqu'au  xiii«  siècle ,  11, 167,  645  ;  —  IV,  151 ,  296,297  ;  - 
et  alors  aussi  par  infusion ,  II,  403.  —  A  été  symboli:>é  par  la  merde 
verre  ou  les  nuages  posés  sous  les  pieds  du  Sauveur,  341;  —par 
l'eau  du  rocher  de  Mol^e,  360  ;  —  par  l'eau  que  donne  à  Ëlie  la  veuve  de 
Sarepta,  517;  —  par  telle  sortie  du  côté  percé  de  Notre-Seignear,  522, 
6i5;  —  parles  trois  aspersions  des  murs  dans  la  dédicace  des  église», 
IV,  74  ;  —  par  les  anneaux  de  l'Arche  d'alliance,  II,  645  ;  —  par  la  Cir- 
concision ,  m ,  299;  —  par  la  mer  d'airain  de  Salomon ,  i(^.;  —  par 
l'immersion  de  Naaman  dans  le  Jourdain,  ibid, —  Comment  le  baptême 
ensevelit  le  fidèle  avec  Jésus-Christ,  II,  527;  —  III,  296.  —  Ses  effcU 
spirituels  symbolisés  dans  la  légende  de  S.  Genès ,  II ,  534.  —  Réderté, 
au  xiii«  siècle,  pour  les  samedis  veilles  de  Pâques  et  de  la  Pentecôte, 
645; — cérémonies  bien  plus  anciennes  qui  s'y  pratiquaient,  IV,  180.~ 
Riptê.ne  des  cloches,  III,  124  et  suiv.  —  Symbolisme  du  baptême  par 
immersion,  296 ,  297.  —  Baptêmes  du  centurion  Corneille  et  du  phUo- 
sopbe  Craton  représentés  sur  des  fonts  baptismaux,  299.—  Le  baptême 
symbolisé  par  une  bouteille;  pourquoi,  IV,  450  et  suiv.  —  (Voir  Ablc- 
TioN,  Baptistère,  Fonts  baptismaux.) 

Baptistères.  Les  plus  célèbres  de  l'Italie  ravis  aux  païens  et  devenus 
des  églises  chréliennes,  III,  108.—  Baptistères  octogones,  et  lear  raison 
symbolique,  294.—  (Voir  Fonts  baptismaux.) 

Barbe,  signe  de  deuil ,  comme  les  cheveux  longs  ou  courts,  selon  les 
usages  de  divers  pays ,  1 ,  197  et  suiv.  —  Symbolisme  des  visages  im- 
berbes, III ,  145  ;  —  IV,  120.  —  La  barbe,  indice  de  force  morale,  III. 
145  ;— IV,  120.  —  Quaud  elle  est  donnée  ou  non  à  Jésus-Christ,  120;  — 
aux  Prophètes,  210. 

Barbr-Bleue  (voir  Rclz). 

Barchochébas  ,  fils  de  r Étoile,  imposteur  qui  se  prétend  le  Messie, 

II,  194. 

Bard  (Le  chevalier),  liturgiste  incomplet.  Ses  erreurs  archéologiques, 
111,117. 

Batides.  Symbolisme  de  leurs  poésies,  I,  181. 

Baril,  symbole  du  vin  eucharistique  sous  forme  de  modillon.  Son 
rôle  dans  la  consécration  des  évêques  et  au  sacre  des  rois  de  France, 

III,  130. 


r 


TABLE   GKNÉUALË.  509 

Barnabe  (S.);  ap^tre^  nommé  après  TAsceiisioii  du  Sauveur,  et  pour 
cela  mentionné  au  menirnlo  des  morts  dans  le  canon  de  la  Messe^  111^ 
148. 

Baaqde  de  S.  Pierre,  symbole  de  l'Église,  II ,  430;  — Ilï,  190  ;  —  ex- 
pliquée par  S.  Hippolyte  d'Ostie,  11^  431. 

Bahbb,  pièce  de  blason.  Ce  qu'elle  signifie,  II,  543,  546. 

BABTHÊLSiiY  (S.)»  apôtre,  symbolisé  par  la  sarde,  II,  380.  —Contro- 
verse sur  ses  attributs  iconographiques ,  III ,  147.  —  Comment  la 
Légende  dorée  établit  le  rôle  du  démon  dans  le  martyre  du  Saint,  366. 

Barthêlemt  (M.  Anatole  de).  Son  Essai  .-ur  Vorigine  des  armoiries 
féodales,  II,  541. 

Bartholoméo  (Fra),  peintre  et  sculpteur  italien  de  la  Renaissance, 
dominicain;  sculpte  un  saint  Marc  dépourvu  de  tout  symbolisme, 
IV, 367. 

Basan,  auteur  du  Dictionnaire  des  graveurs;  se  trompe  sur  une 
estampe  d'Albert  Durer,  IV,  366. 

B.\silx  (S.),  Père  grec  du  iv*  siècle.  Ce  qu'il  dit  du  travail,  et  du  bœuf 
qui  le  symbolise,  III,  452.  —  Rmprunt  qu'il  avoue  des  préjugés  zoolo- 
giques des  anciens  au  profit  du  symbolisme,  471.—  Ses  charmantes  ré- 
flexions sur  la  rose  et  ses  épines,  517. 

Basilic.  Sa  description  d'après  Pline,  1, 93.  —  Oiseau  et  serpent,  III, 
466.  —  Symbole  de  l'éternité,  I ,  f3,  —  de  la  royauté ,  188  ,  —  de  la 
trahison,  II,  601,— du  démon,  111,  361, 449;  —  IV,  437.— Dompté  par  un 
évêque,  III,  466. 

Basiliques,  n'ont  pas  été,  comme  ou  l'a  cru  et  redit,  le  type  primitif 
des  églises  chrétiennes,  III,  6  et  suiv.,  105. — Elles  manquaient  du  sym- 
bolisme chrétien,  8  ;  —  comment  on  Ty  compléta  en  les  adoptant,  9  et 
suiv.,  133.  —  Quelques  basiliques  romaines  avaient  jusqu'à  cinq  et 
sept  nefs,  176. 

Bastard  (M.  le  comte  Auguste  de).  Analyse  de  son  beau  recueil  : 
Peintures  et  ornements  des  manuscrits  du  y  auxvi"  siècle ,  il,  454.— 
Sa  dissertation  sur  la  crosse  é maillé»)  de  l'abbaye  de  Tiron,  455  ;  — 
111,340  et  suiv.,  381  ;  —  IV,  165,— Son  Rapport  sur  ^histoire  de  la  ca- 
Uiédrale  de  Poitiers,  IV,  38, 334. 

Bathilde  (S**) ,  reine  de  Neustrie ,  femme  de  Clovis  II.  Beau  calice 
qu'elle  fait  confectionner  par  S.  Éloi  pour  son  abbaye  de  Chelles,  IV, 
293.  —  Elle  pourvoit  magnifiquement  à  la  sépulture  de  ce  Saint, 
295. 

Batisster,  auteur  de  V Histoire  de  Vart  monumental;  se  trompe  sur 
Taction  symbolistique  des  couleurs  dans  la  peinture  chrétienne,  IV, 
10. 

Baume,  liqueur  produite  par  Tarbre  de  ce  nom  et  qui  entre  dans  la 
composition  du  saint  chv^ème,  III,  361. 

Béatitudes  (Les  huit),  représentées  par  des  étoiles  à  huit  rayons,  II, 
152  ;  —  III,  109  et  suiv.  —  Symbolisme  de  leur  nombre,  294. 


blO  tflSTOlRK  Dr   SYMBOLISME. 

BÈATRicK,  symbole  de  la  théologie  dans  la  Divine  Comédie  de  DaDte, 
11^  665.  —  Erreur  de  Balbo  sur  ce  points  667.  —  Caractère  de  cette 
beauté  idéale,  669.  —  Béatrice ,  femme  de  Tempereur  Frédéric  Barbe- 
rousse,  III,  110. 

Beâulieu,  de  Niort.  Extrait  de  son  Mémoire  sur  l'origine  de  la  ma- 
sique,  I,  64. 

Beauté  artistique  ;  idée  que  s'en  faisaient  les  anciens^  1, 258.  —  Le 
beau  est  la  parure  de  la  vérité,  349,  —  IV,  385,  —  et  ne  se  troaTe 
qu'en  elle,  II,  4.  —  L'unité  est  sa  première  condition,  III,  253  etsoiT.; 
IV,  120.  —  Théorie  catholique  de  Baltbazar  Castiglioni  sur  le  beau  et 
le  Men  philosophiques,  385.  —  Fausse  théorie  du  beau  qui  le  fait  con- 
sister dans  la  perfection  de  nudités  déshonnêtes,  389  et  suiv.  —  La 
beauté  artistique  ne  vient  pas  seulement  des  formes  du  corps,  mais  de 
tous  les  ageucements  qui  lui  conviennent,  390. 

Beccabia.  a  quelles  conséquences  conduit  son  système  contre  la 
peine  de  mort,  II,  85. 

BEDE  (Le  V.}.  Ce  qu'il  dit  des  symboles  de  la  numération,  J,56, 135, 
138;  —  de  son  application  aux  sciences,  98,  134.  —  Un  des  premiers 
symbolistes^  II,  20,  523,  526.  —  Ses  œuvres  sont  une  encyclopédie  dei 
sciences  de  son  temps,  1, 134  ;—  II,  522. 

BÉHÊMOT,  nom  symbolique  du  démon  dans  Job,  III,  361. 

Belhet  (Jean),  liturgiste  du  xiiP  siècle,  symboliste  éminent^  II,  20.— 
Ses  livres  de  liturgie  et  d'exégèse,  579  et  suiv. 

Béuer  (Le)  du  Zodiaque.  Signe  qui  le  symbolise,  1,  58  ;  —  II,  110.— 
Pourquoi  donné  au  mois  de  mars,  111,  458.  ^  Est  le  symbole  des  sacri- 
fices antiques,  I,  369.  —  Symbolise  Notre-Seigneur,  II,  86,  99;'— lll, 
462.—  Bélier  vu  en  vision  par  Daniel,  11,88  et  suiv.— 11  symbolise  aussi 
les  Apôtres  et  les  chefs  des  peuples,  III,  462. 

Bembo,  cardinal  de  la  cour  de  Léon  X ,  chef  des  cicéroniens.  Bidi- 
cules  prétentions  de  son  latin,  IV,  382. 

BÉNÉDICTION,  signe  de  la  puissance  souveraine  du  sacerdoce,  II,  346. 
—  Mystère  de  la  bénédiction  de  Jacob  sur  Éphralm  et  Manassé,  452  et 
suiv.  — Les  évéques  bénissent  seuls  jusqu'au  vp  siècle ,  346.  —  Depuis 
quand  la  bénédiction  est  donnée  par  le  prêtre  à  la  fin  de  la  messe, 
346.  —  Bénédiction  latine,  III,  334  ;  —IV,  110.  —  (Cette  bénédiction  se 
fait  par  une  main  dont  l'index  et  le  doigt  du  milieu  sont  étendus,  et 
\eé  deux  autres  baissés  et  serrés  contre  la  main  :  c'est  un  symbole  de 
la  Trinité.—  La  bénédiction  grecque,  bien  plus  compliquée,  s'efforce 
de  représenter  par  le  jeu  des  cinq  doigts  les  lettres  I  par  l'index  al- 
longé, le  C  par  le  médium  recourbé,  le  X  par  l'anaulaire  croisé  sur  k 
pouce,  et  le  dernier  C,  par  le  petit  doigt  recourbé.) 

BÉNÉFICES.  Abus  des  bénéfices  ridiculisé  dans  une  vignette  d« 
XV  siècle,  IV,  34. 

BÉNITIER.  Son  histoire^  son  but  dans  les  églises  ;  détails  de  son  orne- 


TABLE  GéxNÉtlALl*:.  M  4 

mentation  symbolique,  Ul,  209  et  suiv.—  Bénitier  de  Spire  et  ses  images 
symboliques,  H,  511.  —  (Voir  Eau.} 

Benjamin,  fils  de  Jacob,  symbolisé  par  le  Capricorue  du  Zodiaque,  H, 
ilO.  0 

BenoIt  (S.}.  Pourquoi  a  partngé  eu  sept  parties  TOffice  canonial,  I, 
131.— 11  ordonne  le  travail  manuel  dans  ses  monastères,  III,  46 ,  —  où 
l'on  cultive  les  lettres  dès  le  commencement,  47.— Trait  de  sa  vie 
ressemblant  à  un  trait  de  la  vie  de  S.  Jean  l'Évangéliste  ,  IV,  37, 92.  — 
Pourquoi  le  corbeau  est  son  attribut  spécial,  92.  —  Pourquoi  S.  Be- 
noit a  une  clocbette  brisée ,  ibid.  —  Prescriptions  symboliques  de  sa 
règle,  180. 

Benoît  XIV  (Le  pape)  interdit  certaines  images  peu  convenables  de  la 
Sainte  Trinité,  IV,  80. 

BÉRENGOSE,  symboliste  du  xii'  siècle.  Ses  écrits,  II,  562. 

Bergier  (L'abbé).  Comment  trompé  par  les  encyclopédistes  voltai- 
riens  sur  ses  articles  de  théologie,  IV,  96, 226. 

Bernard  (S.),  évéque  de  Uildeâbeim.  De  quelle  habileté  il  fui  dans 
tons  les  arts,  III,  57. 

Bernard  (S.),  abbé  de  Clairvaux.  Ce  qu'il  pense  du  symbolisme  des 
nombres,  I,  137.  —  Mal  compris  sur  un  célèbre  passage  de  ses  écrits 
relatif  au  luxe  des  églises  monastiques,  11,23, 139,  501,  583  etsniv.  — 
Examen  de  ce  passage,  593  et  suiv.;  —  111,  33, 154,  378;  —IV.  433,436. 
—  Son  commentaire  sur  le  Cantique  de  Salomon,  II,  132.  —  Date  pré- 
cise de  cet  écrit,  133.  —  Ce  qu'il  dit  de  l'Apocalypse  sur  la  Sainte 
Vierge ,  240.  —  Caractère  général  de  ses  écrits  et  beauté  de  son  génie, 
582  et  suiv.  —  Variété  de  ses  travaux,  583  et  suiv. —  Comment  il  traite 
l'Écriture  par  la  méthode  symboiistique,  ibid.  —  Sa  parabole  des  s&pt 
pains,  586.  —  Emploie  le  symbolisme  des  bestiaires  contre  Arnaud  de 
Bresse,  601,  602,-111,  344,  —  et  en  d'autres  cas,  154;  —  ce  syD[ibolisme 
bien  plus  ancien  que  lui ,  378.  —  Le  dernief  des  Pères  de  l'Église  au 
moyen  ftge,  II,  606.  —  11  délivre  une  femme  du  démon  à  Nantes ,  III, 
426.  —  Son  traité  Vilis  mystica,  ou  Des  plantes  et  fleurs  symboliques, 
570. —  N'est  pas  l'auteur  de  Vhymne  Lxlabundus  exsullel,  iV,  254. 

Bernard  (Domj,  abbé  de  la  Trappe  de  Tbymadeuc  en  Bretagne.  Son 
éloge,  II,  604. 
BÉROSE,  hiatorien  grec.  Sa  statue  à  la  langue  dorée,  1, 269. 

Bbsan,  monnaie  sarrasine.  Sa  signification  béraldijque,  II,  545. 

Bbssarion,  cardinal  de  la  cour  de  Léon  X  ;  un  des  chefs  cicéroniens 
du  langage  païen  dans  les  choses  saintes,  IV,  382. 

Bestiaires  (voir  Physiologues). 

BÉTB  symbolique  de  l'Apocalypse,  figure  de  Rome  païenne  et  de  ses 
fureurs  contre  les  chrétiens,  11,  218,  337.  —  Son  nom  applicable  à  Dio- 
clélien  par  le  nombre  6641,  252  et  suiv.  —  Vêtue  de  rouge,  284. — 
Explication  de  ses  sept  têtes,  289;  —  III,  359,  52.  —  Elle  signifie  l'An- 
téchrist, 323 ,  456;  —  370.  —  Ses  satellites,  Il ,  324.  —  Si  punition,  336 


512  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

et  suiy.  —  Ses  sept  têtes  comparées  aux  sept  péchés  capitaux,  III,  527. 

—  (Voir  Animaux.) 

Beurre,  symbole  biblique  de  la  sagesse  et  de  la  richesse  spirituelles, 
1, 304.  • 

BkzE.  (Théodore  de),  a  colomnté  le  Cantique  des  Cantiques,  II,  115. — 
Ses  Juveniiia ,  impardonnables  recueils  de  gaudrioles  obscènes ,  IT, 
386. 

Bhavani,  déesse  hindoue  de  la  nature,  I,  160. 

Biberon,  attribut  de  la  sibylle  Cymmérienne,  lY,  101. 

Bible.  Elle  donne  les  origines  les  pluâ  raisonnables  des  choses  hu- 
maines, I,  29,  297;  —  III,  441;  —ÏV,  259.  —Ses  hisloirei  ont  droit  à 
notre  croyance,  I,  30  et  suiv.  ;  —  II,  33.  — Comment  les  écrivains  sacrés 
traitent  le  symbolisme  des  nombres  (voir  Nombres).  —  Liberté  d'in- 
terprétation laissée  par  l'Église  quant  au  sens  spirituel  des  Livres 
saints,  et  ses  avantages,  1, 106  ;  — H,  81,  82,  93, 107.  —  Symbolisme  des 
deux  TestamenU,  1, 135, 216;  —II,  5  et  suiv.,  10,  11,  37,  38,  39, 48,  394, 
526,  .535;— III,  299.  (\ o\r ^ParaUâlisme,)  —  !!^  s'expliquent  l'un  par 
l'autre,  II,  58  et  suiv.,  67,  78  et  suiv.,  156,  186, 378,  406,  535.  —  Les  Li- 
vres sapienliaux,  I,  187;  — II,  40.  — Les  plus  anciens  commentaires 
symbolistiques ,  dans  S.  Méliton,  479.  —  L'Écriture,  source  de  la  vie 
éternelle,  60.  — Le  Nouveau  Testament  contenu  en  germe  dans  l'An- 
cien, 466,  467.  —  Étude  attentive,  nécessaire  pour  l'interprétation  de 
la  Bible,!,  326,  327,  331,  340,  342,  344;  — II,  32,  36,  44,  55,  56,  67,  121, 
400,  495  et  suiv.  ;  —  III,  441,  450.  —  Caractères  différentiels  des  deux 
Testaments,  II,  42,  43,  449,  526  —  Charmes  du  symbolisme  catholique 
étudié  dans  la  Bible,  I,  369;  -  II,  11,  31, 134,  135,  173,  188,  415,  463;  — 
ni,  361  ;  —  IV,  16,  17  ;  —  et  inspirant  l'art  plastique,  369.  —  La  morale 
des  peuples  formée  et  entretenue  par  la  lecture  des  Livres  saints, 
II,  30.  —  L'histoire  sainte  s'est  perpétuée  et  reproduite  dans  Tarchitec- 
tnre  chrétienne,  31 ,  —  dans  les  manuscrits,  31,  —  dans  les  verrières, 
121.  (Voir  Bourges,  Poitiers,  vi(rau^.)  — La  Bible,  principale  source 
du  symbolisme  et  des  vérités  catholiques,  31,32,  33,  44,48,93,  170, 
173,  415,  466  ;  —  III,  361,  441.  —  Comment  S.  Bernard  a  symbolisé  le 
Cantique  des  Cantiques,  II,  134  et  suiv.  (Voir  Cantique.)  —  Authen- 
ticité des  Livres  saints,  d'après  le  Concile  de  Trente,  36.  — Ses  régies 
d'interprétation,  33,  36,  50  et  suiv.,  57  et  suiv.;—  l'Église  seule  peut 
nous  les  donner,  33  et  suiv.,  55.  —  Sens  littéral,  et  exemples,  50;  — 
abus  à  y  éviter.  56,  58, 79, 107, 495.— L'esprit  et  la  lettre,  129,  495, 499. 

—  Sens  allégorique  ou  figuré,  51,  —  le  p'us  usité,  58,  79,  80,  115  ;  — 
indiqué  souvent  par  Jé8U.--Christ  et  les  Apôtres,  60, 61  ;  —  ne  peut  être 
adopté  qu'à  leur  suite,  80, 81,  469,  470;  —  souvent  mêlé  au  sens  litté- 
ral, 81,  86, 102, 107,  633.  —  Sens  moral  ou  tropologique,  52;  —  quel 
emploi  rËglise  en  sait  faire,  227,  555;  —  employé  surtout  par  S.  Au- 
gustin, 97,  145,  495,  515  et  suiv.  —  Sens  anagogique  ou  spirituel ,  53, 
64,  161,  184,  282,  536;  —  III,  199;  —IV,  433.  -  Sens  accommodatice , 
II,  54,  646  ;  —  règles  pour  n'en  point  abuser,  55.  —  Sens  superfaisto- 
riqiie,  238,  428 ,  463  ,  517,  559;  —  nombreux  exemples  de  ce  moyeu. 


TABLE  GÉNÉRALE.  543 

560,  565  ;  —  III^  335.  ^  Application  de  ces  quatre  sens  au  seul  mot 
de  Jérosaleni ,  II ,  54.  —  Caractères  de  rinspiration  divine  dans  les 
saintes  Écritures^  33,  58^  59,  60,  84,  93,  104,  173,  416.  —  Quelles  er- 
reurs possibles  à  ceux  qui  refusent  à  TÉglise  le  droit  d'en  mainte- 
nir le  sens  réel,  34,  35,  36,  56,  117,  399.  —  Analyse  de  tous  les  livres 
de  la  Bible,  d'après  S.  Jérôme  et  autres  docteurs,  36  etsuiv.  (Voir  au 
nom  de  chacun  des  livres  bibliques,)  ~~  Prééminence  du  Nouveau 
Testament  sur  l'Ancien ,  67 ,  449 ,  573.  —  Concordance  de  l'un  et  de 
l'autre,  69,  107,  108,  156,  164,  565;  -  IV,  16,  17,  50,  375.  —  Ouvrages 
capables  de  guider  sûrement  dans  l'étude  de  l'Écriture  sainte,  II,  56  et 
suiv.,  94,  132,  174,  526,  553.  —Tout  converge  à  Jésus-Christ  dans 
l'Écriture.  58.  60,  78,  82,  107,  498.  499; -IV,  17.—  Symbolisme  des 
faits  historiques  de  la  Bible,  178  et  suiv.,  11,409,  413,  498;— IV,  50, 132. 
— Bègles  pour  les  bien  comprendre,  II,  79  ;  — IV,  16.  —  Symbolisme 
des  Idiotismes  bibliques,  t,  34  ;  —  II,  73,  319,  342,  364,  411.  —  Vivacité 
de  son  style  tout  oriental,  121, 125.  —  Passages  expliqués  par  l'Esprit- 
Saint  lui-même,  94,  448.— Certains  livres  de  la  Bible  ne  peuvent  être 
lus  qu'avec  prudence  et  précaution,  116, 126,  135  et  suiv.  (Voir  Ob- 
scœnâ.)  —  Travaux  d'Alcuin  continués  après  lui  pour  la  révision  du 
texte  de  la  Vulgate,  553.— Traductions  des  xvi»  etxvii*  siècles,  et  leur 
naïveté,  III,  415  etsuiv.  —  Zoologie  biblique, 441,  465  et  suiv.  —  (Voir 
Parali^ushe.) 

Bien  (Le)  moral,  inséparable  du  bon  et  du  beau,  IV,  385. 

Bisouuif  et  TaisoMUH.  Sens  de  ce  mot  dans  les  sépultures,  III,  87. 

Bistre  ou  Tannée  couleur  mixte-,  donné  en  signe  néfaste,  1, 306,  338, 
339,  343.— La  théorie  de  M.  Portai  un  peu  obscure,  338.  — Dragon 
roux  de  l'Apocalypse ,  339.  (Voir  Démgnologie.}  —  Cheval  roux,  II , 
176.  —  Le  bistre,  couleur  de  la  pénitence,  I,  345,  —  de  la  guerre  et  de 
toutes  ses  analogies,  II,  176.  —  Employé  pour  rendre  certains  objets 
selon  leur  couleur  naturelle,  et  alors  dépourvu  de  symbolisme,  IV,  14. 

Blânc  (Le),  ville  du  Berry  (Indre).  Son  église  Saint-Génitoux  ;  dévia- 
tion de  son  axe,  III,  171. 

Blânc,  couleur  symbolique  donnée  à  l'Espérance,  1, 293,  —  aux  can- 
didats pour  les  charges  publiques,  293 ,  —  aux  ailes  de  la  Victoire,  293. 

—  Pierre  blanche  pour  les  suffrages  des  assemblées  populaires,  293  ;  — 
II,  155.  —  Le  blanc  est  un  de3  signes  symboliques  de  la  Divinité;!,  297, 
298.  —  Symbolise  le  jour, 296, 297, 298,  —le  sacerdoce,  299,  309,  346  , 

—  IV ,  210,  —  la  raison  et  la  sagesse,  I,  345 ,  —II,  157.— Le  blanc  con- 
sacré dans  certaines  fêtes  publiques  des  Romains ,  I,  298, 299,  —  et 
d'autres  peuples,  II,  157 ,  —  et,  par  analogie,  à  toutes  les  idées  du  bon 
et  du  beau,  I,  299,  300,  —  II,  181,  315.  —  Son  opposition ,  IV,  12.  — 
Robes  blanches  des  Saints,  II,  157,  160, 181, 187,  312,  315,  316,  338,  — 
des  Anges ^  263,  298.  —  Cheval  blanc,  symbole  de  Notre-Seigneur  en 
plusieurs  livres  bibliques,  174  et  suiv.;  —IV,  12.  (Voir  Cheval  et 
Jisus-CHRisT.)—  Fêtes  chrétiennes  dont  le  blanc  est  le  symbole,  II,  315; 

—  IV,  176, 179.  —  Robe  blanche  de  l'Église,  II,  448. 

Blason,  un  des  plus  anciens  usages  des  armes  parlantes,  l,  48.  — • 
T.  IV.  33 


544  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Origine  du  blason  €t  des  armoiries,  II,  540^,  541  et  sniv.,  545,  547;  — 
leurs  dévelpppements,  541,  543,  544;— IV,  174.  —  Les  devises  on 
cris  de  guerre,  II,  540.  —  Les  symboles,  543.  —  Les  pièces  du  blason 
sont  autant  de  symboles,  541;  —  IV, 33.  —  Sa  déchéance  au  xv*  siècle.  Il, 
549;  —  IV,  33.  —  Les  couleurs  héraldiques  ne  viennent  ptis  des  Arabes; 
elles  ne  leur  doivent  que  leurs  noms,  11,542,547,  548;— appelées  du  nom 
général  d^émaux,  542, 546.  —  Armes  parlantes, 546  ;  —  rv,39,  175.— Ben 
de  France,  1, 312.  —  Écus  donnés  aux  vertus  chrétiennes  et  refusés  aux 
vices  à  la  cathédrale  d'Amiens,  II,  543.  —  Armes  à  enquerre,  543  et 
suiv.— Pièces  honorables,  545.  —  Meubles,  545,  549.  —  Merlettes,  545. 
•^Supports  ou  tenants,  546.  —  Pièces  accompagnées  ou  cantonnées , 
546.  —  Les  couleurs  au  naturel  ne  datent  que  du  xiv*  siècle,  547.  —  Les 
hachures,  548.  —  Les  métaux  et  leur  signification,  548.  —  Les  four- 
rures, 549.  —  Les  couronnes ,  549.  —  Armoiries  des  villes  ,  des  com-. 
munautés  et  corporations  ;  leur  utilité,  550.  —  Sens  général  des  pièces 
mises  sur  les  écussons,  551  ;  —  IV,  33,  39.  —  Les  pièces  les  plus  simples 
indiquent  les  familles  les  plus  anciennes,  II ,  551  ;  —  le  contraire  appli- 
cable aux  plus  modernes,  552.  —  Traité  à  faire  sur  le  langage  symbo- 
lique des  familles  nobles,  552.  —  Armoiries  des  Papes  à  Rome  dans  le 
pavé  d'églises  restaurées  par  eux,  III,  153.  —  Les  armoiries  moins  em- 
ployées au  moyen  âge  comme  types  d'orgueil  nobiliaire  que  comme 
marques  distinctives  des  familles,  301.  —  Armoiries  de  la  famille  d\>r- 
feuille  en  Poitou,  IV,  33.  —  Armoiries  mutilées  ou  détruites  par  des 
architectes  ignorants,  44.  —  Armoiries  sur  les  étoffes  des  vêtements 
sacrés;  raisons  de  cette  parure,  175.  —  Importance  de  Vétude  des  ar- 
moiries  féodales,  par  M.  Anatole  de  Barthélémy,  II,  541.  —  (Voir 
Enseignes.) 

Blasphèmr,  symbolisé  par  une  langue  tirée,  II,  269.  —  Sa  punition, 
IV,  461. -(Voir  Langdb.) 

Bl6,  symbole  de  l'Eucharislie,  I,  208;—  IV,  211.  —  Moulu  par  S.  Paul 
II,  573  ;  —  IV,  18.  —  Autres  acceptions  symboliques,  I,  328.— Épi  de  blé 
donné  à  Daniel  pour  attribut,  IV,  211. 

Bleu,  couleur  symbolique  de  la  dignité  royale  en  France,  I,  312.  — 
Autres  attributs ,  313.  —  Donné  aux  Élus ,  II,  338  ;  —  pourquoi ,  IV, 
13,  —  à  Jésus-Christ,  à  la  Sainte  Vierge  et  à  quelques  Saints,  13.— 
Figurant  au  fond  des  vitraux  les  saphirs  meationnés  daos  l'Exode, 
18.  —  Couleur  bleue  donnée  aux  Dieux  secondaires  de  la  mytho- 
logie ,  I,  314;  —  IV,  13.  —  Diverses  teintes  du  bleu ,  et  degrés  du  bien 
qui  leur  correspondent,  I,  314,  317.— N'est  pas  soumis  à  la  règle  des 
oppositions,  ^\Q,  317;  —  exceptions  à  cette  singularilé,  317,  318,  248.- 
A  peut-être  remplacé  le  noir  à  cause  de  sa  teinte  plus  foncée,  316.  — 
Nimbes  bleus  donnés  aux  dix  têtes  du  dragon  apocalyptique,  II,  248. 
—Couleur  bleue;  donnée  au  démon, 325, 338  ;— était  admise  au  nu*  siècle 
dans  les  ornements  sacerdotaux ,  643. 

Bluet,  symbole  des  désirs  du  ciel;  trouvé  dans  un  tombea»,  I,  19d. 

Bœuf  ,  a  un  nom  symbolique ,  1, 35  ;  —  figure  les  ministres  catholi- 
ques, 11,  99,  —III,  448 ,  —ou  le  sacrifice  de  soi  même,  II,  100,  —III,  136. 


TABLE  GÉNÉRALE.  545 

^  Un  des  animaux  da  Tétramorphe,  n,  176.  —  Image  des  Juife^  III^  135, 
— du  démoa,  ihid.,  —  des  appétits  terrestres  de  rayarice,  135.— Autres 
emblèmes  fayorables,  136,  452.  —  Figarait  au  temple  de  Salomon,  136, 
299.  —Servant  de  piédestal  à  des  statues,  136.  —  (Voir  TACaEjLU.) 

Bois  sacrés,  consacrés  aux  faux  dieux,  I,  229. 

BoisMORANDi  seigneurie  du  Poitou.  Son  ancienne  chapelle  funéraire, 
à  peintures  symboliques,  IIÏ,  90. 

BoissÉRÊB,  auteur  de  la  Description  de  la  cathédrale  de  Cologne; 
entend  bien  le  symbolisme ,  III,  127,  —  mais  s*y  égare  quelquefois  , 
185  et  suiv. 

BoissY  (Desprez  de).  Ses  Lettres  sur  les  spectacles  condamnent  trop 
exclusivement  ces  représentations,  qui  ne  sont  pas  mauvaises  de  leur 
'  nature,  IV,  193. 

BoNAVBNruius  (S.) ,  cardinal,  écrivain  du  xiii«  siècle.  Caractère  de  ses 
écrits  mystiques.  II,  638. 

BoNiPACE  (S.),  évéque  de  Mayence  au  nu*  siècle.  Son  poème  Des 
Vertus  et  ses  autres  écrits  symboliques,  II,  529. 

BoNiPACE  VIII  (Le  pape)  donne  la  robe  rouge  aux  cardinaux;  pour- 
quoi ,  rV,  177. 

BoNNEÀU,  sculpteur  distingué,  auteur  de  la  façade  de  Féglise  Saint- 
Jacques,  à  Chàtellerault,  III,  322. 

BoNNB-Foi,  vêtue  de  blanc,  I,  293. 

Bordeaux.  Sa  belle  église  de  Saiut-Seurln ,  et  ses  riches  symboles 
funéraires,  II,  358  ;  —  III,  189.  —  Obscœna  prétendus  de  l'église  Sainte- 
Croix,  428. 

Bossuet.  Il  explique  Tusage  de  la  parole  donnée  à  l'homme  ponr  dis- 
tinguer les  animaux  par  des  noms  symboliques,  I,  31.  —  Ce  qu'il  pense 
du  symbolisme  des  nombres ,  140.  —  A  réfuté  Jurieu  et  Newton  sur 
l'Apocalypse ,  II,  142.  —  Ce  qu'il  dit  des  temps  prédits  par  ce  livre , 
144  et  suiv.  —  Force  un  peu  le  sens  spirituel  quelquefois ,  168  ;  —  dé- 
couvre le  nom  de  Dioclétien  dans  le  chiffre  666  de  la  hôte  apocalyp- 
tique, 253,  255.  —  Ses  étranges  idées  sur  la  valeur  de  l'architecture 
romane  ou  gothique ,  IV,  396. 

Botanique,  soumise,  comme  la  zoologie,  à  beaucoup  d'erreurs  chez 
les  anciens,  III,  528. 

Bouc,  symbole  de  l'impureté,  II,  100;  —III,  363,445  ;  —des  pécheurs 
et  des  réprouvés,  134,  135,  363.  —  Satan  à  tête  de  bouc  sur  des  crosses, 
381.  —  Le  bouc  émissaire,  II,  460.  —  Symbole  du  Sauveur,  par  oppo- 
sition, 99.—  Les  boucs  placés  à  la  gauche  du  souverainJuge,460,637;  — 
III,  447.  —  Le  Pilosus  d'Isale,  363. 

Bouclier  rond  donné  par  les  peintres  des  croisades  aux  Sarrasins, 
et  Umg  aux  chrétiens  de  l'Occident,  IV,  147. 

BouiLLERiE  (Mgr  de  la),  évéque  de  Garcassonne.  Sa  haute  intelli- 
gence du  symbolisme,  et  ses  travaux  sur  cette  science,  IV,  413. 


546  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Bouillon  J^q  P.  J.-B.)>  capucin.  Son  Esprit  du  Sainl  Sacrifice,  IV\  196. 

BouLB  surmontée  d'une  croix,  symbole  de  la  planète  de  la  Terre, <{ae 
les  âges  chrétiens  ne  supposaient  pas  sans  le  Christianisme ,  1, 58.  — 
Boule  du  monde  donnée  quelquefois  au  Sauveur  Enfant,  et  confondue 
avec  la  pomme  d'Adam,  IV,  132^  133. 

Bourbon  (Charles,  Connétable  de).  François  I*'  fait  peindre  la  porte 
de  son  chftteau  en  jaune,  comme  signe  de  félonie,  I,  305  ;  —  IV,  15. 

Bourges.  Belles  verrières  de  la  cathédrale,  où  se  voit  l'Eglise  nour- 
rissant les  Élus  de  son  lait,  II,  121.  —  Le  bon  Samaritain,  176,  314;  — 
IV,  12.  —  L'enfant  prodigue,  I,  346;  —  II,  176;—  IV,  12.  —  La  corres- 
pondance des  deux  Testaments,  II,  186,  201  ;  —  IV,  16,  17.  —  Le  hibou 
tentateur,  II,  302.  —  Le  mauvais  riche  et  Lazare,  339,  354.  —  Trois  ver- 
rières résumant  l'ensemble  des  scènes  apocalyptiques ,  401  et  suiv., 
448. — La  résurrection  du  Sauveur  et  ses  détails  super liiAoriques,  559.  — 
Les  cornes  de  Moïse,  634.  —  Les  cinq  portes  de  la  façade  de  la  basi- 
lique, m,  161.-  Détails  sur  les  beautés  esthétiques  de  toutes  ces  ver- 
rières, IV,  9  et  suiv.  —  La  Nouvelle  Alliance,  16  et  suiv. 

Bouteille,  ou  vase  de  verre,  qu'on  peut  boucher  et  qui  flotte  sur  l'eau 
quand  elle  y  est  vide  ;  comment  elle  est  le  symbole  du  baptême ,  IV, 
450  et  suiv. 

BaiHM  (voir  Brahua). 

Brahma  ,  une  des  personnes  de  la  trinilé  indoue ,  1 ,  156, 162. 

Bramante  ,  architecte  italien  du  zvi*  siècle;  fait  le  plan  de  Saint- 
Pierre  de  Rome,  que  Michel-Ânge  rectifie,  IV,  359. 

Brandt  (Sébastien) ,  poète  allemand  du  zv*  siècle.  Idée  de  sa  satire 
de  la  Nef  des  Fous,  et  influence  de  son  livre  sur  l'iconographie  de  cette 
époque ,  et  réciproquement;  particularités  bibliographiques  qui  se  rat- 
tachent à  cet  ouvrage,  IV,  233. 

Brebis  ,  image  du  peuple,  1 ,  202,  —  des  chrétiens  fidèles,  II ,  99, 637; 
—  III,  135.  —  Brebis  tondue,  symbole  de  la  pauvreté  volontaire,  D , 
493.  —  La  brebis  figure  aussi  l'innocence  et  la  douceur,  498. 

Bretagne.  Singalarités  des  ornements  architectoniqnes  de  ses 
églises,  III ,  307. 

Bréviaire  romain,  jugé  au  point  de  vue  de  ses  légendes,  II,  658.  — 
Est  une  source  de  symbolisme,  IV,  183. 

Brique.  Dessins  ou  écritures  symboliques  tracés  sur  la  brique,  par 
Ézéchiel,n,  103. 

Brou,  petite  ville  de  Bourgogne  (Ain).  Sa  charmante  église  gothique 
bftUe  en.lSOO,  IV,  392. 

Brunon  d'Asti  (S.),  symboliste  du  xu«  siècle.  Ses  écrits,  II,  556. 

Bruyère  ,  symbole  de  l'humilité,  III ,  484. 

Buffamalco  (Buonamico),  peintre  italien  du  xiv«  siècle.  Son  Monde 
créé  au  Campo-Santo  de  Pise  ;  esthétique  de  cette  belle  composition , 
IV,  370, 


TABLE  GÉNÉRALE.  547 

Buffle,  taureau  satiTage.  (Voir  Taubbau.) 

BuBETT£s  d'argent  pour  la  mease;  on  s'en  servait  dès  le  v*  siècle, 
IV,  290. 

BrzAinTN  (style),  signalé  ayecses  variantes  symbolistiques;  donne  on 
nimbe  d'or  à  Satan,  II,  242,—-  et  dix  autres  à  la  béte  de  TApoca- 
lypse ,  248.  —  Ses  traditions  identiques  pour  la  représentation  des 
mêmes  siyets  partout  et  toujours ,  341.  ~-  Époque  de  l'arrivée  des 
artistes  byzantins  en  Europe,  IV,  427.— Richesse  de  ses  ornements  et 
de  ses  costumes,  II,  458;—  III,  247,  325.  —  Beaucoup  d'objets  d'art 
passent  pour  byzantins  et  n'en  ont  que  le  style,  II,  577.  —  Durée  de  la 
période  byzantine  de  l'art  monumental,  III,  58  ;  —  IV,  427.  —  Carac- 
tères des  églises  byzantines  du  iv*  au  viP  siècle,  111, 13,—  du  xii',  II, 
35, 249,  465.  —  Caractères  de  l'ornementation  byzantine,  III ,  16,  42, 
331,  465  ;  —  IV,  350.  —  Qu'il  ne  faut  pas  attribuer  toutes  les  œuvres 
artistiques  de  caractère  grec  à  des  ouvriers  de  Constantinople,  comme 
on  le  fait  trop  souvent  pour  des  peintures  du  moyen  âge,  53.  —  Les 
Vierges  assises  sont  d'origine  orientale,  134. 


c 


Cabale  ,  prétendue  science.  Ses  symboles ,  1 ,  175  et  suiv.  —  Sa 
nouveauté  relative,  quoi  qu'en  disent  pes  adeptes,  177.  —  Philosophie 
occulte  des  Juifs,  III ,  348  et  suiv.  •—  A  donné  naissance  aux  scènes 
démoniaques  du  sabbat,  395. 

Caducée,  attribut  de  Mercure,  I,  169. 

Cahier  (Le  P.),  jésuite.  Ce  qu'il  dit  de  la  science  philosophique  des 
nombres,  1, 108,— de  chapiteaux  chrétiens  qu'il  croit  d'origine  Scandi- 
nave, Il ,  9,  —  de  Gog  et  Magog,  330.  —  Sa  perspicacité  archéologique, 
402.  —  Comment  il  explique  le  bouc  placé  entre  les  bras  de  la  Syna- 
gogue, au  pied  de  la  croix,  460,  —  et  les  rouleaux  ou  phylactères  des 
Prophètes,  461.—  Sa  traduction  du  Bestiaire  ou  Physiologue  de  Tatien, 
484.— Comment  il  explique  et  admet  le  sens  superhistorique  donné 
par  certains  artistes  à  des  faits  de  l'histoire  sainte,  559.  —  Ses  Carac- 
téristiques  des  Saints,  IV,  93,  146;  —  ses  utiles  données  sur  le  théâtre 
du  moyen  Age,  228. 

Caillère  (La),  village  du  Poitou  (Vendée).  Étroitesse  singulière  des 
bas-côtés  de  son  église  romane,  III  ,175. 

GaÏn.  Sa  signiBcation  symbolique,  I,  39. 

Caïphe.  Signification  de  ses  vêlements  déchirés  en  présence  du  Sau- 
veur, n,  499. 

Calvdès,  caricaturiste  grec.  Comment  il  peint  un  général  souvent 
battu,  1,  289. 

Calandre,  oiseau  qui  guérissait  de  la  jaunisse  en  regardant  ceux 
qui  l'avaient,  III,  473. 


548  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Galbb^  nom  symbolique  du  chieB  en  hébreu^  I,  40, 

Calendrier^  pourvu  de  signes  symboliques  cbez  les  Romains^UI, 
454.  —  Variantes  quant  à  Touverture  de  Tannée^  456.    . 

Galice^  orné  de  l'image  du  Bon-Pasteur  dès  le  temps  de  Tertullien, 
II ,  18,  ^  IV^  286  ;  —  recevant  le  Sang  divin  au  pied  de  la  croix  du 
Calvaire^  II,  448.—  Ce  calice  tenu  par  l'Église  ou  par  des  Anges , 
surmonté  d'une  hostie  à  la  cathédrale  de  Strasbourg,  i^d.—  Attribut 
de  l'apôtre  S.  Jean ,  III ,  145.  —  Pourquoi  sa  coupe  d'où  sort  un  ser- 
pent ,  ibid,  —  Calice  auquel  boivent  des  colombes ,  332 ,  —  IV,  333  , 
—  on  des  animaux  hybrides,  lU,  333.  (Voir  Hybrides.)  — Calices  de 
verre  et  de  terre  employés  au  rv*  siècle,  IV,  286,  289;  —  calices  à  anses 
pour  la  communion  du  Précieux  Sang,  288,  290,293;  —  autres  qui 
n'étaient  que  de  parure,  288.— Beau  calice  orné  par  S.  Éloi  de  symboles 
chrétiens,  289,  293  ;  —  autre  donné  par  S'*  Bathilde  à  son  abbaye  de 
Chelles ,  293.  —  Calices  ornés  de  filigranes,  207.  —  Mauvais  goût  des 
calices  du  xiv«  siècle,  329  et  suiv. —  Idée  d'un  calice  h  confectionner  selon 
les  inspirations  d'un  symbolisme  convenable ,  330.  —  Symbolisme  du 
calice  en  lui-même,  et  ses  diverses  significations  mystiques  en  bonne 
ou  en  mauvaise  part,  332. — Calice  de  S.  Ildefonse,  et  synôbolisme  dont 
il  s'entoure  au  yii^  siècle  ,  333  et  suiv.  —  Calice  sculpté  sur  la  tombe 
des  prêtres  ou  dans  leur  tombeau ,  335.  —  Conditions  de  formes ,  de 
solidité  et  d'ornementation  d'un  calice ,  335  et  suiv.;  —  n'y  pas  pro- 
diguer les  émaux,  et  pourquoi,  336. 

Galixte  (Le  pape  S.)  fonde  la  première  église  qui  ait  succédé  aux 
catacombes  à  Rome,  III ,  44. 

Gallot  a  dû  s'inspirer  pour  quelques-uns  de  ses  dessins  démonolo- 
giques  de  certaines  miniatures  du  moyen  &ge,  II,  338.—  Sa  Teniaiion 
de  S.  Antoine  empruntée  à  S.  Athanase,  III,  372. 

Galmet  (Dom),  savant  interprète  de  la  Bible.  Citations  de  son  com- 
mentaire sur  la  Victime  sans  défaut.  I,  299.  —  Ne  semble  pas  bien 
comprendre  un  passage  de  Tobie  et  de  l'Apocalypse,  II,  163  ;  —  se  tient 
plus  volontiers  au  sens  littéral,  167,  —  et  quelquefois  trop,  319. 

CALOMNIE.  A  des  ailes  noires  dans  Silius  Italiens,  1, 293.  —  Comment 
elle  est  symbolisée  dans  un  tableau,  281,  289. 

Calvaire,  situé  sur  le  tombeau  d'Adam,  II,  459. 

Cancer  ou  Ëgrevisse^  signe  du  Zodiaque.  Sa  représentation  symbo- 
lique, I,  58 .  —Pourquoi  comparé  h  Zabulon  dans  la  prophétie  de  Jacob, 
II,  109.  —  Pourquoi  placé  au  mois  de  juin,  III,  458.  —  En  quoi  il  sym- 
bolise le  démon,  462,  —  et  la  Synagogue,  IV,  33. 

Ganope,  vase  égyptien,  surmonté  d'une  tête  d'homme  ou  d'oiseau, 
1,87. 

Ganova.  Son  tombeau  symbolique  du  pape  Clément  XIIl,  III,  134.  — 
Beauté  chaste  de  son  Thésée  et  de  sa  Madeleine,  IV,  390. 

Cantique  des  Cantiques  de  Salomon,  II,  40.— D'où  lui  vient  ce  nom, 
135.  —  Son  ensemble  ne  peut  être  pris  que  dans  le  sens  figuré,  80, 


r 


TABLE  GÉNÉRALE.  549 

115^  117, 118,  131.  -*'  Le^  plus  célèbres  impies  ont  soutenu  le  contraire, 
115,  117.  —  Contradiction  de  Voltaire  sur  ce  point,  111^  410.  —  N'est 
qu'un  éplthalame  sous  la  forme  d'une  pastorale  poétique,  11^  116, 117, 
129.  —  Caractère  moral  de  cette  composition,  116,— reconnu  de  tous 
les  Pères,  117, 118,  —  et  de  Bossuet,  118, 131.  —  Plan  et  détails  de  cette 
églogue,  118  et  suiv.,  125.  —  On  y  voit  la  figure  de  Jésus-Christ  et  de 
rÉglise,  119  et  suiv.,  537.  —  Rapprochements  entre  ce  livre  et  beaucoup 
de  traits  bibliques  qui  lui  semblent  empruntés,  120, 127.  ~  Style  vif  et 
coloré  de  cette  littérature,  121  et  suiv.,  124.  — -  Mauvaise  foi  des  calom- 
niateurs de  ce  livre  ;  comment  il  faut  donc  le  juger,  128,  131, 135  ;  — 
m,  405.  —  Imitation  allemande  du  Cantique,  II,  129  et  suiv.  —  Idée  du 
Commentaire  de  S.  Bernard,  132  et  suiv.  ~  Cette  lecture  ne  va  qu'aux 
âmes  pures,  134;  —  III,  415.  ~  Exposition  par  une  religieuse  napoli- 
taine, II,  139. 

Cantiques  scripturaires,  pleins  de  beautés  littéraires  et  de  symboles. 
Cantique  de  la  victoire  de  S.  Michel  sur  le  démon,  II,  235  et  suiv.— Des 
cent  quarante-quatre  mille  vierges  de  TAgneau,  257,—  de  Moïse  et  celui 
de  l'Agneau  chanté  par  les  Élus,  263. 

Capricorne  (Le)  du  Zodiaque.  Comment  symbolisé,  1, 58.—  Ce  qu'il 
y  symbolise  lui-même,  III,  461,  464.—  Classé  parmi  les  animaux  impurs 
du  LéviUque,  II,  444.  —Hybride  avec  un  griffon,  IV,  38. 

Cardan.  Ses  écrits  sur  les  sciences  occultes,  I,  98. 

Cardinaux.  Raison  de  leur  habit  rouge,  I,  310;— IV,  177.  —  Origine 
probable  des  noms  de  famille  Cardinal  ou  Cardinaux,  198.  —Les  car- 
dinaux Bembo  et  Bessarion,  chefs  des  cicéroniens  au  xyi«  siècle,  382. 

Carême.  S.  Grégoire  le  Grand  y  interdit  le  chant  de  VAlleluia,  IV, 
158.  —  Pourquoi  le  sous-diacre  n'y  prend  pas  sa  tunique  habituelle, 
171.  —  Les  ornements  violets  y  sont  un  signe  de  pénitence,  176.  —  Le 
Carême  avait  ses  drames  liturgiques,  199. 

Caricature,  chez  les  anciens  ;  avait  son  côté  symbolique  et  moral, 

I,  289.  —  Erreur  de  certains  archéologues  croyant  reconnaître  des  cari- 
catures et  des  sutyres  dans  quelques  sculptures  des  églises  chrétiennes, 

II,  10,  22,  26,  27.  (Voir  CLERGé.)— Le  meunier  des  stalles  de  Mortain, 
27. —  Caricature  de  Notre- Seigneur  Jésus-Christ  faile  par  les  Romains 
et  retournée  contre  eux  par  Tertullien,  III,  378.  —  Satire  exercée  par 
l'art  chrétien  contre  le  démon  et  les  impies,  II,  28.  —  Que  jamais  les  ar- 
tistes du  moyen  ftge  ne  s'en  sont  permis  contre  le  clergé  jusqu'au 
XV*  siècle.  —  (Voir  Artistes,  Clergé.) 

Carlstadt,  l'un  des  premiers  iconoclastes  du  protestantisme ,  IV, 
352.  —  Ses  excès  en  dépil  de  Luther,  353. 

Carmel,  montagne,  symbole  de  la  tempérance,  III,  102. 

Caron,  nocher  mythologique  des  enfers,  introduit  par  Michel-Ange 
dçins  son  Jugement  dernier,  IV,  363. 

Carré,  symbolise  les  perfections  de  Dieu,  II,  372. —  Cette  forme 
doimée  à  la  Cité  céleste  dans  l'Apocalypse.  Raison  qui  l'a  fait  donner  à 


B20  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

quelques  villes  du  moyen  âge,  373,  —  et  qui  peuvent  le  faire  donner  à 
la  piscine  baptismale,  III ,  296. 

Gart  (Mffr),  évêque  de  Nimes.  Son  tombeau  remarquable  dans  la 
cathédrale  de  cette  ville,  III,  303. 

Cartes  à  jouer,  n'ont  qu'un  symbolisme  conjectural ,  II,  549. 

Gastiglioni  (Ballhasar) ,  poète  et  philosophe  chrétien  de  la  Renais- 
sance. Son  livre  du  Courtisaîi;  sa  théorie  catholique  du  beau  ei  du 
bon,  IV,  384  et  suiv. 

Gastille,  un  des  anciens  royaumes  de  l' Espagne.  Ses  armoiries  par- 
lantes, IV,  175. 

Gatacombbs.  Elles  eurent  des  peintures  symboliques  dès  qu'elles 
furent  ouvertes  aux  chrétiens,  II,  148,  358,  499.— Variété  de  ces  Images, 
360, 483,  499  et  suiv.;  —111,86,  303,  309,  331, 469, 521, 522;— IV,  3  et  sv., 
49  et  suiv.,  421.  —  Elles  ont  déterminé  les  règles  symboliques  des  &ges 
suivants,  II,  439,  452,  468,  505;  -III,  174, 188,  331,  336,  469.— Idée  du 
livre  d'Aringhi,  Roma  subterranea  (voir  Aringhi).  —  Autres  auteurs 
plus  modernes,  II,  505.  —  Les  catacombes  sont  le  premier  type  des 
églises  chrétiennes,  ni,  4,  5, 6,  7, 174;  — ouvrages  publiés  sur  ce  sujet, 
5,  6. —  Le  symbolisme  architectural  à  peine  sensible  dans  les  catacom- 
bes, 331;  —  comment  la  chasteté  n'y  est  pas  blessée  par  les  nudités  des 
peintures,  412.  —  Images  du  Sauveur,  des!  Apôtres  et  des  Justes,  521, 

—  IV,  50,  84,  94, 121  et  suiv.,  —  et  de  Marie ,  131.  —  Époques  de  ces 
peintures,  et  leurs  caractères  difTéreuts  selon  les  temps,  50,  421. —  On 
n'y  trouve  pas  de  symboles  de  la  Trinité  ;  pourquoi ,  75.  —  On  y  voit 
le  nimbe  autour  de  la  tête  de  l'Enfant  Jésus,  84,  86.  —  Adoration  des 
Mages,  132.  —  L'orfèvrerie  sacrée  y  était  ignorée,  285  et  suiv. 

Catalan!  ,  liturgiste  italien.  Son  interprétation  du  Cérémonial  des 
Évêgues  et  du  Pontifical,  IV,  159. 

Catéchisme.  Ce  qu'on  y  enseignait  sur  l'usage  des  peintures  mu- 
rales et  des  vitraux  coloriés  au  xvii«  siècle  et  bien  avant,  III ,  321, 387 
et  suiv  ;  —  IV,  3  et  4. 

Cathédrales.  Celle  de  Marseille  rebfttie  en  1856  sur  les  fondements 
de  son  premier  baptistère  et  les  débris  d'un  temple  de  Diane ,  II,  113. 

—  Leurs  enseignements  iconologiques,  343. 

Caumont  (M.  le  comte  de),  fondateur  de  l'Institut  des  provinces  de 
France.  Sa  classification  des  monuments  du  moyen  âge,  point  de  dé- 
part de  la  science  architecturale  de  noire  temps  sur  le  moyen  âge,  IV, 
402  et  suiv.  —  Son  Bulletin  monumental,  403.  —  Utilité  de  ce  recueil, 
438.  —  Ce  qu'il  écrit  à  l'auteur  de  ses  travaux  sur  le  symbolisme,  417. 

—  Lettre  de  celui-ci  en  réponse  à  plusieurs  questions  de  M.deCauroont 
sur  l'Histoire  de  l'imagerie  symbolique,  441. 

Cavalier  des  médailles  gauloises  et  des  tympans  des  églises  romanes, 
signe  d'indépendance  et  de  la  victoire  des  Gaulois, —  et  de  l'Église  chré- 
tienne, I,  266;  — II,  175,  457,  489;— III,  34,  162  et  suiv.  —  Cavalier 
roux  de  l'Apocalypse,  I,  306;— II,  176.  —Cavalier  blanc,  314,  315,  323. 


TABLE  GÉNÉRALE.  521 

—  Les  cavaliers  des  trais  vifs  et  des  trais  mortSy  lU,  90.  —  Le  Cavalier 
de  la  mort,  d'Albert  Darer^  IV,  358. 

Gaylus,  n*a  pas  compris  la  Table  Isiaque,  I,  86.  —  Appréciation  de 
son  caractère  sdentifiqne^  et  de  son  Recueil  d*anliquités,  280. 

GÈDRB.  Son  bois  incorruptible  devrait  le  faire  préférer  à  la  pierre 
pour  les  tabernacles;  il  symbolise  Notre-Seigneur ,  l'Église  et  les 
Justes,  111,558;  — IV,  90. 

Ceinture  d'or,  symbole  de  la  cbasteté,  II ,  130,  263.  —  Ceinture  ou 
cordon  du  prêtre ,  se  revêtant  pour  célébrer  les  saints  mystères;  son 
symbolisme ,  IV,  169.  —  Agabus  s'entoure  les  pieds  de  la  ceinture  de 
S.  Paul,  II,  103. 

CÉLESTIN  I*'  (S.),  pape.  Ce  qu'il  dit  de  quelques  opinions  indivi- 
duelles des  Pères,  II ,  469,  —  du  symbolisme  de  la  liturgie,  500. 

Gelsb.  Idée  de  son  Véritable  Discours  contre  le  Christianisme,  réfuté 
par  Origène ,  1 ,  60. 

Celtes.  Leurs  rapports  avec  les  Scandinaves  et  les  Calédoniens  pour 
l'usage  des  symboles,  I,  180.—  Orientation  symbolique  de  leurs  sépul- 
tures, 111,79. 

Cendre,  symbole  de  pénitence  et  de  deuil ,  II,  305;  —  III,  267. 

CÊNB  du  Jeudi  saint,  préfiguée  par  Salomon  dédiant  le  temple  de 
Jérusalem,  1, 238.— La  Cèue  des  noces  de  l'Agneau,  11,312,  313,—  sym- 
bole de  la  gloire  céleste,  323. 

Centaure  ,  symbole  de  l'habileté  des  cavaliers  gaulois,  1 ,  266.  — 
Démons  définis  et  symbolisés  par  S.  Grégoire,  II ,  519;^ III,  363  , 
469.  —  Le  centaure  Chiron  est-il  le  sagittaire  du  Zodiaque  ?  460.  — 
Oriprine  mystique  du  centaure,  et  sa  raison  dans  l'art  chrétien,  IV,  13. 
—(Voir  Sagittaihk.) 

Gentulb  ,  abbaye  de  Picardie,  fondée  par  S.  Riquier  en  625,  sur  un 
plan  triangulaire,  en  l'honneur  de  la  Sainte  Trinité,  IV,  73. 

Cercle,  figure  de  géométrie  ;  symbole  de  Dieu,  1, 53  et  suiv.,  —  du 
soleil ,  60 ,  —  de  l'or  en  métallurgie,  60,  —  de  l'année,    303. 

GÉRÈ8,  symbolisée  par  une  faucille,  I,  58,  83 ,  —  ou  une  gerbe,  83, 
300.  —  Son  temple  s'élevait  dans  les  campagnes,  227.  —  Immoralité  de 
ses  mystères,  252  et  suiv.  —  Vêtue  de  noir,  292  ;  —  ayant  un  dauphin 
et  une  colombe,  292.—  On  lui  élevait  des  temples  ronds,  360.—  Dupuls 
en  fait  la  sainte  Vierge  Marie ,  367.  —  Sa  corne  d'abondance.  Il ,  74.— 
Est-elle  la  vierge  du  Zodiaque?  111 ,  459. 

Cerf.  Signification  symbolique  de  son  nom ,  1 ,  34.  —  Symbole  de 
Diane,  264.  —  Sa  valeur  dans  le  blason ,  II ,  546.  —  Apparaît  à  S.  Jean 
de  Matha,  619.  — Son  rôle  dans  la  symbolique  chrétienne,  III,  126, 
290,  303,  363,  380,  4i8,  469,  493.  —  Légendes  des  physiologues,  492  et 
suiv.—  Le  cerf  au  pied  de  la  croix  ;  ennemi  du  serpent,  ibid.;  —  IV,  328. 

CésAiRE  (S.) ,  évêqne  d'Arles  au  vii«  siècle ,  explique  le  symbolisme 
du  bâton  d'Elisée  ressuscitant  l'enfant  de  Sunam  ,  II,  106,  516  —  Il  a 
la  manière  de  S.  Augustin,  515,  516» 


522 


HISTOIRE  W  SYMBOLISME. 


GhaInbs  ,  symbolo  de  captivité,  I,  ao^  -^  ^yo^fée^  da&s  ce  scas  par 
Jérémie  aux  rois  d'Édom  et  de  Moab»  II»  i03^--%Agaba9  ^'eutouret  de 
la  ceinture  de  S.  Paul ,  103. 

Chaire  a  prêcher.  Sa  place  normale  dans  Téglise;  ses  conditions  ; 
erreurs  h  ce  sujet;  son  histoire,  111,215  et  suiv.  —  Inconvenance  des 
chaires  de  pierre,  217;— IV,  116.— Chaires  de  SaintrPaul  à  Salonique  et 
à  Corinthe,  III^  215.  —  Gomment  orner  les  chaires  sans  manquer  aux 
convenances  du  goût  et  du  savoir,  IV,  116.  —  Quelques-unes  suppor- 
tées par  un  Samson,  354  ;  —  surmontées  d'un  Ange  sonnant  de  la  trom- 
pette, 354. 

Chaise-Dieu  (La),  abbaye  d*Auvergne.  Description  de  la  Danse  md- 
cabre  de  son  église,  III ,  93  et  suiv. 

Ghalgédoinb  ,  pierre  précieuse,  gage  de  succès  dans  les  entreprises, 
II,  366.  —  Symbolise  la  charité,  et  par  cela  même  le  patriarche  Joseph 
et  l'apôtre  S.  Jacques  le  Majeur,  379. 

Ghaldâbns.  Leurs  signes  dactylologiques,  I,  55.  —  Ont-ils  inventé 
Tastronomie  ?  57,  —  et  les  sciences  superstitieuses?  98« 

Ghalembron,  ville  du  royaume  de  Toujaour,  dans  Tlnde.  SjrmboUsme 
de  son  temple,  1, 162. 

Chalon-sur-Saône.  Mystères  représentés  dans  cette  ville  pocir  con- 
jurer la  peste  de  14119,  IV,  204. 

Chalumeau  d'or  ou  d'argent ,  destiné  à  aspirer  le  Précieux  Sang  du 
calice ,  IV,  288. 

Cham,  fils  de  Noé,  regardé  comme  le  premier  fauteur  de  ridolfttrie,  I, 
79.  —  Les  nègres  sont  sa  postérité,  et  le  type  du  démon,  III,  366. 

Chameau.  Pourquoi  on  en  a  fait  le  symbole  du  S£^uveur,iy,22l, 
222. 

Champollion  jeune.  Ses  savants  travaux  sur  les  symboles  égyptiens» 

I,  21, 91.  —  Comprend  mieux  qu'aucun  autre  la  Table  Isiaque,  86,  87, 
88. 

Changel  ou  Table  de  communion,  ou,  dans  quelques  auteurs,  espace 
entre  le  chœur  et  le  sanctuaire.  Son  symbolisme ,  III ,  224,  —  Lieu  or- 
dinaire de  la  sépulture  du  curé ,  225. 

Chandeleur  (La),  (voir  Présentation). 

Chandelier  à  sept  branches  de  Moïse;  ce  qu'en  fait  Dupuis,  1, 367. 

—  Symbole  du  Saint-Esprit ,  IV,  326.  —  Symbolisé  par  ceux  de  l'Apo- 
calypse, II,  150,  197.— Pourquoi  on  en  met  sept  à  la  messe  épiscopale, 
149;  —  IV,  323.— Les  sept  chandeliers  de  l'Apocalypse,  II ,  150.  —  Sjrm- 
bolisme  de  la  lumière  évangélique,  153,  197,  215,  402;  —  III ,  86,  135, 
229.— Les  deux  chandeliers  symbolisant  les  deux  témoins  du  Seigneur, 

II,  215.— Les  couronnes  de  lumières,  et  ardr^^  des  xii*  et  xiii'  siècles, 
600;  —IV,327,328.— Couronne  de  lumières  d'Âix-la-Chapelle,III,109;— 
IV,  327,328.— Les  chandeliers,  symbole  des  docteurs  de  l'Église,  III,  230. 

—  Histoire  des  chandeliers  de  l'autel,  229  ;  —  IV,  322  et  suiv.  —  Chan- 


TABLK  GÉNÉRALE.  523 

deliero  à  Bymboles  dâmonuquaft  »  III ,  38<^,  -^  VArbite  de  Ia  Yifir§4  h 
Milan,  419;  —  ÏV  ,  327,  391.  ^  Formes  variées  et  toutes  symboliques 
des  chandeliers  &  diverses  époques,  324  et  suiv,— Celui  du  cierge  pascal 
et  ses  formes  artistiques^  325.  —  Effets  disgracieux  des  souches  en  fer- 
blanc,  326.—  Pauvreté  des  lustres  en.  cristal  comparéâ  aux  chandeliers 
du  moyen  âge,  3^28. 

Chant  grégorien.  Son  symbolisme  dans  la  prière  eoclésiaslique^  III^ 
233  ;  —  lY^  239, 24i,  260,  269.—  Comme  le  ohant  s'identifie  au  cœur  hu- 
main, 255 ,  —  dont  il  est  inséparable,  236.  —  Son  origine  dans  la  plus 
antique  expression  musicale  de  l'homme ,  236 ,  259.  —  Il  en  déchoit 
sous  l'influeBce  de  l'idolAtrie,  236,—  Bel  elTet  du  chant  religieux  par  des 
Toix  alternées,  239,  260.  — L'Église  s'est  toujours  opposée ,  pour  ses 
cérémonies,  à  l'emploi  de  la  musique  profane,  264  et  suiv.  —  Symbo- 
lisme de  la  proxe  des  Morts  «  Dies  ir»,  »  II,  636  ;  —  IV,  255.  —  Vains 
efforts  de  la musigi^  pour  en  dépasser  l'effet,  II,  637.—  Le  chant  de  la 
Passion  dans  la  Semaine  sainte,  IV,  197  ;  —  celui  de  la  Préface  et  du 
Pater  y  240,  247,— duK^i  Creator  et  du  Pange  lingua  de  la  Passion,  241, 

—  du  Kyrie  y  246,  —  et  des  plus  beaux  chants  devenus  populaires,  274.  — 
Gomment  ce  symbolisme  s'est  efi^cé,  242,  250  ,  263  et  suiv.  —  Vicissi- 
tudes successives  de  son  exécution  liturgique,  et  leurs  causes  mul- 
tiples, 243.  —  Le  chant  réformé  par  S.  Grégoire  le  Grand;  histoire  de 
cette  réforme,  244  et  suiv.,  247.—  Le  plain-chant  seul  convenable  à  la 
liturgie  catholique ,  245  et  suiv. ,  250  et  suiv. ,  254,  266 ,  267  et  suiv., 
272.  —  Il  a  subi  beaucoup  de  modifications  et  eu  reçoit  encore  trop 
aujourd'hui,  247,  248, 273.  —  Travaux  modernes  pour  le  reconstituer, 
248  et  suiv.  —  Histoire  de  la  réforme  de  Guy  d'Ârezzo,  249  et  suiv.,  253, 

—  et  de  la  décadence  actuelle,  250  et  suiv.,  260,  269,  273,  274,  —  due  à 
l'intrusion  dans  l'église  de  la  musique  profane,  251,  264  et  suiv.,  269. 

—  Caractère  mélancolique  du  chant  au  moyen  âge,  conservé  jusqu'à 
nous  dans  les  hymnes  liturgiques,  257  et  suiv.  —  Que  ce  caractère,  alors 
généralisé,  doit  être  plus  varié  aujourd'hui,  258.  —  Déplorables  abus  de 
l'exécution  actuelle  du  plain-chant  par  des  chantres  sans  éducation  ni 
piété,  269,  281.  —  Que  ce  chant  n'a  plus  aujourd'hui  ni  mélodie  ni 
unité,  273  et  suiv.  —  Dans  quels  tâtonnements  il  s'est  jeté  de  nos  jours 
sous  prétexte  de  revenir  au  romain ,  273  et  suiv,  —  Convenance  du 
chant  et  des  paroles ,  indice  d'une  composition  fort  ancienne,  274  » 
276.  —  Défaut  du  chant  moderne  ,  dont  le  symbolisme  disparait  de 
plus  en  plus,  ib,  et  suiv.,  279.  —  Abus  du  même  chant  imposé  à  des 
hymnes  sans  analogie  entre  elles,  et,  à  ce  sujet,  prétentions  peu  rai- 
sonnables du  Directorium  chori,  278  ,  279.  —  (Voir  Musiqub.) 

Chape  ,  vêtement  de  cérémonie  ecclésiastique.  Son  origine ,  ses 
usages,  sa  signification  symbolique  ,  IV,  168.— Chape  de  Charlemagne 
à  Âlx-la-Chapelle ,  174. 

Chapelles  latérales  des  églises  et  celles  de  l'abside.  Époque  de  leur 
multiplication  dans  les  églises;  cause  de  leur  grand  nombre,  III,  174, 
268.  —  Réfutation  du  faux  système  de  M.  Deléoluse  à  cet  égard,  194.  — 
Chapelles  des  fonts  baptismaux;  leurs  oonditious  symboliques;  motifs  de 


524  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

lenr  tenae  décente  et  respectueuse,  298, 295.  —  Leur  décoration  pictu- 
rale, 299. 

Chapiteaux.  Gracieux  effets  de  leurs  symboles  variés,  III,  177, 
330.  —  Symbolisent  rÉcrlture  sainte  par  leur  ornementation,  178, 333. 
—  Chapiteaux  peu  symboliques  de  Tart  païen ,  329  ;  —  ceux  de  Fart 
chrétien,  immense  ressource  pour  Testhétique,  330,  440,  523.  —  Leur 
origine,  331.— Caractère  du  chapiteau  corinthien,  329  et  suiv.,  331,  351, 
336,  —  du  dorique,  331.  —  Progrès  de  rornementation  des  chapiteaux, 
selon  les  époques  de  la  sculpture,  332  et  suiv.  —  Leur  belle  filiation , 
336, 557.  —  Explication  de  leurs  feuillages  et  enroulements,  527.  —  Sau- 
terelles de  l'Apocalypse  à  Chauyigny,  à  Saint-Saviu  et  à  Vézelay,  II, 
205.—  La  Babylone  abandonnée,  à  Chauvigny,  287.—  L'âne  d'Argentan, 
III,  327.  —  Sigets  multiples  à  reproduire  par  la  sculpture  chrétienne, 
II,  601.  —  Chapiteau  légendaire  de  Rolduc,  III,  189.  —  Les  chapiteaux 
mieux  traités  en  se  rapprochant  du  sanctuaire,  335, 337;  —pourquoi, 
843.  —  Variété  de  leur  démonologie,  348,  356. 

Chapitres.  Leurs  origines,  III,  47.  —Gomment  ils  entrent  au  x^  siècle 
dans  le  mouvement  artistique ,  57,  58.  —  Leur  office  canonial,  rétabli 
en  France  par  le  concordat  de  1802,  doit  être  entouré  de  recueillement, 
221  et  suiv.  —Doivent  concourir  avec  l'Évéque  au  soin  matériel  de  leur 
cathédrale,  302.  —  Les  membres  des  Chapitres  cathédraux  ont  le  droit 
de  porter  l'anneau,  lY,  163  et  suiv. 

Chardon  ,  symbole  de  la  pénitence,  III,  182,  567. 

Charité,  vertu  théologale  représentée  par  la  mauve,  I,  208,  — pai 
Tor,  II,  372, —parla  colombe,  531,  532  (voir  Colombe),  —par  le 
grenat,  617,  —  par  le  platane,  III,  214.  —Sainte  Charité,  II,  657. 

Charlemagnb.  Il  inspire  à  Paul  Diacre  son  Hortiiliaire ,  II ,  528.  — 
Lueurs  peu  durables  de  son  règne  sur  la  littérature  contemporaine , 
533.  —  Son  tombeau  à  Aix-la-Chapelle ,  III ,  109.  —  Sa  chape  toute 
couverte  de  fleurs  et  d'animaux  symboliques,  IV,  174.  —  Auteur  du 
Vent  Creator,  241.  —  Travaille  en  France  à  introduire  le  chant  grégo- 
rien ,  245 ,  248.  —  Il  favorise  l'orfèvrerie  sacrée ,  3:2  et  suiv.,  305. 

Charles  VII,  roi  de  France,  abolit  en  1445  la  fêle  des  Fous,  IV,  228. 

Charles  Borrohée  (S.).  Idée  de  son  livre  à'Insti^ctions  pour  la 
construction  des  églises ,  III ,  238 ,  281 ,  295  et  suiv.  —  Il  veut  qu'on 
isole  les  clochers  de  leurs  églises ,  sans  en  donner  de  raison ,  120.  — 
Ses  prescriptions  à  l'égard  des  fonts  baptiemanx ,  295 ,  297. 

Charles  le  Chauve.  Son  goût  pour  l'orfèvrerie  sacrée,  IV,  305. 

Charroux,  ville  et  abbaye  du  Poitou  (Vienne).  Ses  beaux  reliquaires 
du  xiir  siècle,  ÎV,  321. 

Chartre-s.  Description  de  V Arbre  deJessé,  pris  dans  une  des  ver- 
rières de  sa  cathédrale  pour  une  histoire  de  Bralima,  1, 341.  —  Sa  belle 
crypte,  III,  189.  —  Clôture  sculptée  du  chœur,  432.  —  Sa  statuaire,  IV, 
38;  —  sa  Vierge  noire,  134.  —  L'Église  de  Chartres  chante  encore  des 


TABLE  GÉNÉRALE.  525 

répons  de  son  éTÔqae  dn  xi*  siècle,  S.  Falbert,  253.  — '  Beauté  de  sa 
statuaire;  La  Création,  369,  383. 

Chasse  ,  symbole  de  la  persécution  du  démon  contre  les  Ames 
jnstes,  n,  429,503;  — III >  462,  504.  — Sa  valeur  symbolistique  dans 
riconographie,  II,  506,  507,  511;  —  lïl,  126,  363;  —  IV,  463.—  Corn- 
ment  l'art  chrétien  s*en  est  maintes  fois  emparé,  II,  508,  602;  —  III , 
126,  128.  —  Chasse  sur  un  reliquaire,  II,  508,—  sur  des  tombeaux  chré- 
tiens, 457,  509,  —  III ,  88,  —  et  sur  un  bénitier,  II ,  511;  —  dans  les 
sculptures  des  églises,  126,  127,  —  dans  leur  pavé,  III ,  155.  —  La  qua- 
lification de  chasseur  presque  toujours  prise  en  mauvaise  part  dans 
l'Écriture,  II,  510;—  IV,  463.  —  La  Chaue-GalUry,  II,  27.  —  La  chasse, 
un  des  caractères  du  mois  de  juin  dans  les  zodiaques  sculptés  ou  peints 
du  moyen  Age,  III,  458,  —  et  du  mois  d'octobre,  460. 

CuAssES  (voir  Reliquaires). 

Chasteté,  symbolisée  par  la  corneille,  I,  93 ,  —  la  colombe,  93 ,  —  II, 
531 ,  —  ni,  505,  —  la  licorne,  251,  459,—  l'ivoire,  503.  (Voir  Néndphab, 
Lis).  —  La  chasteté  du  langage  moins  scrupuleuse  dans  les  peuplespri- 
mitifs  ou  dans  les  écrivains  sacrés  qui  prêchent  l'horreur  du  vice,  II, 
126, 127, 129, 130;  —  III,  405, 406.  —  Celle  des  costumes  au  moyen  âge, 
420.  —  Symboles  dWérents  de  la  chasteté  chez  les  païens  et  les  chré- 
tiens; plus  parfaite  chez  ces  derniers,  250  et  suiv.,  407  et  sulv.,  410, 
412.  —  Terrassant  un  porc  à  Montqiré,  251.  —  Éloge  de  la  chasteté  dans 
les  Livres  saints,  406,  411.  —  La  décadence  des  mœurs  impose  plus  de 
réserve  au  langage,  407,  —  et  aux  habitudes,  408,  409  et  suiv.,  411,  412, 
416.  —  Grimes  sociaux  des  anciens  sur  ce  point,  410,  412.  —  Comment 
les  Pères  traitaient  hardiment  les  impudiques  de  leur  époque,  412  et 
suiv.,  424.  —  Traduction  de  la  Bible  des  xvi«  et  xvii*  siècles,  415.  — 
Style  des  prônes  gardé  bien  plus  tard  dans  sa  naïveté,  416.  —  Com- 
ment le  moyen  Age  a  enseigné  et  protégé  cette  vertu,  424, 427  ;  —  IV, 
378, 387,  389.  —  La  modestie,  gardienne  de  la  chasteté,  389. 

Chasuble,  vêtement  sacré  de  l'évêque  et  du  prêtre  offrant  les  Saints 
Mystères.  Son  histoire  et  son  symbolisme,  IV,  171  et  suiv.-  Variations 
malheureuses  de  sa  forme,  172. 

Chat  ,  symbole  de  l'adultère ,  1 ,  188,  —  IV,  464 ,  —  de  l'adresse  per- 
fide, III ,  446,  —  IV,  464.  —  Fouetté  par  un  singe  ,  29.  —  Symbole  de 
l'hypocrisie,  33,  38,  464.—  Image  du  démon  saisissant  pa  proie,  232.— 
Ses  défauts  naturels  le  font  toujours  prendre  en  mauvaise  part  chez  les 
symbolistes,  463  et  suiv. 

Chateaubriand.  Singulière  phrase  de  son  Alala,  II,  613. 

Chatellerault,  ville  du  haut  Poitou.  Description  des  modillons  de 
la  façade  de  l'église  Saint-Jacques,  représentant  les  articles  du  Sym- 
bole, III,  319. 

Chauve-souris,  symbole  de  l'idolâtrie ,  III ,  446;  —  IV,  444. 

Chauviony-sur-Viennb.  Sculpture  de  sauterelles  de  l'Apocalypse  dans 
sa  belle  collégiale,  II,  203, 205;  —  III,  336  ;  —  de  la  Babylone  abandon- 


526  HISTOIRE  DU  STMBOUSME. 

Bée,  II,Î87;— III,  33$;-- de  Daniel,  188,  836,— et  des  antres  tBiyMn» 
évangéliques,  337. 

Chavin  db  Mallah  a  bien  écrit  du  symbolisme  >  sauf  quelques 
erreurs ,  n  ,  515. 

Chep,  terme  de  blason.  Sa  signification  symbolique,  II ,  545. 

Ghbhin  db  la  Gaoïx ,  dévotion  chrétienne.  Son  origine  et  son  but , 
m,  157;  —  IV»  67.  ^  Abus  qui  se  commettent  dans  son  iconographie, 
68,  69,  70  ;  -»  ressources  qu'on  trouverait  pour  elle  dans  les  v&slea 
surfaces  murales  des  églises,  69.  -^  Beaux  types  à  prendre  dans  Tait 
du  moyen  &ge,  69. 

Chêne,  symbole  de  la  force,  1, 207»  200,-^  ni2,  U,  564,^  de  l'immor- 
talité, 82,  85,  564  »  -^IV>  423.  —  Consacré  à  Jupiter,  l,  230,  289,  268.  — 
—  Sa  feuille  parfaitement  imitée  an  ziii«  siècle,  III,  537.  —  Le  chêne 
doit  être  préféré  pour  les  meubles  de  l'église,  tant  pour  son  symbolisme 
que  pour  sa  durée,  IV,  116. 

Cheval;  symbolise  la  majesté,  I,  202,  —  T indépendance,  226.— Che- 
val blanc  des  triomphateurs  à  Rome,  298  ;  —  II,  314.  —  Chevaux  de 
l'Apocalypse  ;  le  feu  de  leurs  narines,  1, 340.—  Cheval  blanc,  201;  —  II, 
174,  175,  314  ;  —  IV ,  12.  —  Cheval  noir ,  II,  174, 477.  —  Cheval  roux, 
176;  —  pâle,  178.  —Opposition  symbolique  de  leurs  différents  rôles, 
178;  —  IV,  12.  —  Chevaux  hybrides  portant  la  mort  devant  et  derrière 
eux,  II,  208.  —  Cheval  blanc  du  Samaritain,  IV,  12.  —  Cavales  de  Sa- 
lomon,  II,  122.  —  Cheval  blanc  de  l'Apocalypse;  ses  différentes  signifi- 
cations ,  174,  175.  —  Cheval  noir,  symbole  du  péché,  174.  —  Légende 
du  cheval  volé,  dans  une  crypte  de  Rolduc ,  en  Belgique,  III,  189. —  Le 
cheval,  symbole  de  la  majesté  souveraine  en  Chine,  1,202.— L'Occident 
le  prend  pour  celui  de  la  luxure  et  des  emportements  désordonnés, IV, 
12,  452,  498. 

Chevalerie.  Elle  a  fait  naître  l'art  héraldique,  II,  540.  —  Ordres  de 
chevalerie  religieuse,  550.  —  Romans  de  chevalerie  les  plus  célèbres  au 
moyen  ftge,  675.  —  Les  vertus  symbolisées  par  des  chevaliers,  III,  427. 
—  Décadence  de  la  chevalerie  au  xv^  siècle  ;  efforts  de  René  de  Pro- 
vence pour  la  soutenir,  IV,  204. 

Chevet  des  églises  (voir  Abside). 

Cheveux, symbole  des  choses  du  monde  et  de  ses  plaisirs, 1, 203; — II, 
205.- Cheveux  des  Juifs  habituellement  roux,  1, 344;— ceux  de  l'Épouse 
des  Cantiques  semblables  à  un  troupeau  de  chèvres,  II,  122.—  Cheveux 
blancs  de  Jésus-Christ,  150,  205.  —  Cheveux  de  femme ,  faiblesse  et 
mollesse,  208,  205;  —  cheveux  d'homme,  force  et  dignité,  205. 

Chèvre,  symbole  de  Tindépendance,  II,  123, 124 ,  —  des  gentHs  con- 
vertis à  Jésus-Christ,  512  »  —  III,  464 ,  —  de  l'Ame  solitaire,  itnd. 

Chevreau,  symbole  de  Notre-Seigneur,  IV,  221. 

Chevron,  pièce  héraldique.  Sa  signification,  II,  545, 546. 

Chib,  symbolisé  par  un  buffle,  1, 161  .—Caractère  de  ce  dieu  égyptien, 
III,  408. 


TàBLK  GÉNÉRALE.  527 

Ghh^,  symbolise  la  bassesse  et  la  méchaneeté,  1 ,  195^  396 ,  —  ni^ 
121,  £68,  445,'-  radaltère,  I,  202,  —  et  rimpudeur ,  II,  396,— 
la  fidélité,  I,  207,  —  III,  81 ,  301,  447.  —  Opposition  de  ses  qualités 
et  de  ses  défauts,  I,  359,  397.  —  Image  des  mauvaises  passions,  II,  512. 
—  Le  lévrier,  symbole  de  Tactivité,  546,  —  et  de  la  fidélité  conjugale, 
m,  301.  —  Le  chien  donné  souvent  dans  T  iconographie  comme  un  ac- 
cessoire des  personnes  nobles,  81,  91.  —  Image  de  Satan  poursuivant 
les  ftmes,  126.  —  Chien  dévorant  le  pain  des  Anges,  128.—*  Chien 
hybride >  personnification  de  Satan,  lY,  30. 

Ghifplbt  (Jacques).  Son  système  sur  les  abeilles  d*or  trouvées  dans 
le  tombeau  du  roi  Childéric  I*^  qu*il  preud  pour  des  fleurs  de  lis,  TII, 
547  et  suiv.  —  Conflit  scientifique  à  ce  siget,  548;  —  IV,  292. 

Chiffres.  Antiquité  de  leur  découverte,  I,  51,  97, 98  et  suiv.  ^  Leur 
usage  chez  tous  les  peuples,  et  leurs  formes  variées,  52,55.  *— Ne 
semblent  pas  avoir  servi  de  symboles,  55.  —  Chiffres  des  Hébreux,  et 
leurs  notions  d'arithmétique,  100;  —  chiffres  des  Grecs,  108. 

Childéric  1«',  roi  des  Francs.  Découverte  de  son  tombeau  à  Tour- 
nay  ;  si  les  abeilles  d*or  qu'on  y  trouve  peuvent  passer  pour  des  fleurs 
de  lis,  III,  547.  —Richesse  des  autres  bijoux  de  cette  sculpture,  IV,  292. 

Ghimèrr,  animal  fantastique;  symbole  de  la  vigilance,  I,  235,— et 
des  mystères  chrétiens,  IV,  423. 

Chimib.  Son  antiquité  et  sa  marche  à  travers  les  siècles  jusqu'à  nous, 
I,  59, 60;  —  ses  rapports  avec  Tastronomie  dans  les  rêveries  des  an- 
ciens, 61, 

Chinois.  Symbolisme  de  leur  écriture,  1,  23  et  sqIv.  —  Ils  le  tiennent 
de  peuples  plus  anciens,  24.  —  Tombeau  symbolique  de  Paul  Hu  à 
Nankin,  201.  —  Symbolisme  de  leurs  navires,  243  et  suiv., -^ de  leurs 
couleurs,  300.  —  Laideur  calculée  de  leurs  idoles,  II,  336. 

Choeur  de  l'église.  Sa  voûte  abaissée  symboliquement  au-dessous  des 
autres  travées,  III,  182,  222.  —  Sa  clôture  doit  être  entourée  d'autant 
de  recueillement  que  possible  ;  ses  particidarités  symboliques,  220  et 
suiv.,  223. 

Chou,  ornement  en  acrotère  couronnant  les  sommets  d'une  église  ou 
d'un  pigDon  au  xiv«  siècle,  III,  131, 537;  —  employé  en  chapiteau  au 
xv«  siècle,  566 

Chouette  (voir  Hibou). 

CHRéHE,  symbole  de  la  royauté;  appliqué  aux  autels  dans  leur  consé- 
cration, III,  267,— aux  rois,  aux  baptisés  et  aux  prêtres;  sa  composi- 
tion, son  symbolisme,  560  et  suiv. 

Ghrisghna,  dieu  hindou,  incamé  pour  sauver  les  hommes,  I,  313.— 
Bleu  céleste,  314. 

Ghrishe,  monogramlne  et  symbole  chrétien.  Son  histoire,  II,  148, 
14^  155,  357  ;  -^  ses  variétés,  358;  »  son  symbolisme,  III,  16, 8&,  86, 87. 

Christianisue.  a  adopté,  en  les  sanctifiant,  beaucoup  de  pratiques 
des  païens  :  les  bols  sacrés,  I,  230,  — les  ablutions,  318, --les  Initia* 


528  HISTOIRE  Dt  SYMBOLISME. 

lions  (voir  ce  mot),  —  A  bAU  ses  églises  sur  les  raines  des  temples 
d'idoles,  II,  114,— et  remplacé  les  faux  dieux  par  ses  Saints,  m,  105. 
«—Le  Cbrislianisme,  régénération  nouvelle  parla  charité,  I,  320. — lia 
inspiré,  comme  principe  de  toute  vérilé  sociale,  les  arts  et  tontes  les 
données  de  la  civilisation  païenne,  «^48,  354;  —  IV,  283.  — Il  était  pré- 
paré par  Tancienne  Loi,  I,  352.  —  Il  a  purifié  Tart  des  souillures  du 
paganisme,  366;— III,  105;  — IV,  284.  —  Adopte  le  symbolisme  comme 
moyen  de  propagande,  II,  3,  4,  5  et  suiv.,  8,  —  III,  188  «tsuiv., —  et, 
dans  ce  but,  jusqu'aux  usages  des  païens,  II,  12.  —  Son  rôle  providentiel 
dans  le  monde,  295.  —  Appelant  les  rois  et  les  peuples,  388,  399.  —  Sa 
philosophie  sur  la  mort,  III,  95,  96,  97.  —  Il  faut  dater  du  i«'  siècle  son 
apparition  dans  la  France  occidentale,  IV,  291. 

Chronique  db  Norembero.  Sa  description  de  la  danse  macabre^  III, 
96.  Titre  complet  de  l'édition  de  1493. 

Ghrysolitre  ,  pierre  précieuse ,  symbolise  la  tribu  d'Éphralm  et 
S.  Matthieu,  Il ,  380.  —  Vigilance  et  sagesse  suprême,  381. 

Chrysoprasb,  pierre  précieuse  ;  symbole  de  la  sagesse  énergique,  du 
patriarche  Issacbar,  et  de  l'apôtre  S.  Jude,  II,  382. 

Ciboire,  vase  sacré  destiné  à  conserverie  Sainte  Réserve.  La  forme 
de  colombe  lui  est  fort  ancienne,  IV,  337.— (Voir  CoLOiiBe,EncHARiSTf  s.} 

GiBORiUH  ,  dais  ou  pavillon  élevé  par  quatre  colonnes  au-dessus  du 
tabernacle  dans  les  églises  chrétiennes.  Ses  conditions  liturgiques,  II, 
355  et  suiv.;  —  III ,  231.  —  Abus  à  y  éviter,  ibid,f  et  232 ,  287. 

GicÉRON.  D'où  lui  venait  ce  nom,  I,  48. 

CiGÉRONiENs,  secle  littéraire  du  xyi«  siècle.  Ridicule  de  ses  préten- 
tions appliquées  à  la  littérature  de  l'Église,  IV,  382. 

Ciel.  Fermé  par  la  main  de  Dieu,  11,  216.  — Séjour  des  Élus,  350  et 
suiv. —  Est  donné  gratuitement  par  Dieu,  361.  —  Quels  pécheurs  en 
sont  exclus,  361,  396.— Comparé  à  une  perle,  366. 

CiERQBS  liturgiques,  cifés  par  S.  Jérôme,  II,  489.—  Le  cierge  pascal 
brûlant  toute  la  nuit  de  Pâques,  525.  —  Symbole  de  la  résurrection , 
et  du  Sauveur  lui-même ,  III,  135;  —  IV,  325.  —  Symbolisme  de  la 
cire,  III ,  228;  —IV,  324.  —  Le  cierge  de  Sto  Geneviève,  éteint  par 
Satan,  III,  372.  —  Celui  de  la  sibylle  Libyque  symbolisant  la  lumière 
chrétienne,  IV,  \  05.— Institution  de  la  procession  des  cierges  au  jour  de 
la  Chandeleur,  par  le  pape  S.  Gélose,  185.  —  VExsuUetfChaxïi  de  la  bé- 
nédiction du  cierge  pascal,  attribué  à  S.  Augustin,  325. 

CioooNE^  oiseau  sacré  des  Égyptiens^  I,  87.  —  Oiseau  pur  et  toujours 
pris  en  bonne  part^  IV,  457. 

Cihàbué.  Sentiment  chrétien  de  sa  peinture,  II,  608  ;  —  IV,  349  et 
suiv.  —  Il  se  donne  le  tort  de  donner  trois  clous  aux  mains  et  aux  pieds 
du  Sauveur  crucifié,  au  lien  de  quatre,  125.—  N'a  laissé  aucun  souvenir 
de  son  architecture,  quoiqu'il  fût  architecte,  348.— Modifie  le  premier  les 
imperfections  du  dessin  architectural ,  349.  —  Pins  fidèle  que  Raphaél 
aux  conditions  historiques  dans  ses  compositions,  374. 


TIBLB  GÉNÉlULE.  529 

GlMETiàRBB.  Leur  orientation  réglée,  I,  232;— III,  79  etsuiv.  —  Lear 
chapelle  dédiée  à  S.  Pierre  éa  Uens,  81,  —  on  &  S.  Michel,  ib,,  tdtd.— 
Plantés  d'arbres  symboliques,  82,  522.  —  Symboles  sculptés  sur  les 
tombes,  84,  87,  522.  —La  pensée  chrétienne  y  introduit  Tart  du  peintre 
et  du  sculpteur ,  89  et  suiv.  —  Inconvenances  du  cimetière  du  Pore. 
Lachaise,  98.  —  Les  cimetières  chrétiens  consacrés  comme  les  églises 
mêmes,  99.  —  Profanés  par  l'autorité  civile,  304.  —  (Voir  Dansb  ha- 
cabbe;  Dict  des  tbois  moats.) 

GiuoN  de  Gléone,  peintre  grec,  varia  les  poses  des  têtes,  I,  278,  —  et 
Vagencement  des  draperies,  285. 

GiRCONGisiON.  Règlement  donné  par  Tarchevêque  de  Paris  Eudes  de 
Sully  pour  les  drames  liturgiques  joués  à  cette  fête,  IV«  i96.  —  Autres 
détails,  i99,  214. 

GiKB  liturgique  (voir  Cierges). 

GiTÂ  CÉLESTE,  OU  la  Jérusalem  symbolique  décrite  par  l'Apocalypse, 
II ,  268  et  suiv.—  (Voir  Jêbusaleh.) 

GItbaux,  abbaye  de  Champagne.  Histoire  de  ses  démêlés  avec  Cluny 
sur  le  faste  et  la  simplicité  des  églises  monastiques ,  II,  591  et  suiv.  — 
Elle  se  règle  enfin  d'après  les  pensées  plus  rigides  de  S.  Bernard ,  603 
—  Beaux  produits  de  son  école  architecturale,  III,  5^, 

Glaire  (St*;.  Traits  de  sa  légende.  II,  657, 677. 

Clbfs,  symbole  de  la  puissance  chez  les  Scandinaves,  I,  180.  —  La 
def  de  David  dans  l'Apocalyse,  symbole  de  la  puissance  de  Jésus-Christ, 
II,  157,  327, 328.  —  Clef  de  l'enfer,  199,  3*28.  —  Les  clefs  données  par  le 
Sauveur  à  S.  Pierre,  327.  (Voir  S.  Pierre.)—  Sujet  d'un  beau  tympan  à 
la  cathédrale  de  Poitiers,  427,  —  et  à  Bougy  (Calvados),  427.  —  Double 
signification  des  deux  clefs,  427. 

Glbfs  de  VOUTES  (voir  Voûtes). 

Clément  (Le  pape  S.).  Le  Sauveur  lui  apparaît  sous  la  forme  d'un 
agneau,  II,  659. 

Cléubnt  (S.)  d'Alexandrie.  Ce  qu'il  dit  des  mystères  et  initiations 
antiques,  I,  74. —  Son  Pédagogue^  II,  482. —  Ses  réflexions  sur  la 
création  de  l'homme,  III,  314.— Ce  qu'il  dit  du  sphinx,  IV,  423. 

Clément  XIII  (Le  pape).  Son  tombeau  symbolique,  par  Canova  ,  III, 
134. 

Clément  (Félix),  habile  musicien.  Ses  recherches  sur  la  fêle  de  PAne 
an  moyen  âge,  et  comment  il  la  justifie  contre  les  attaques  de  la  cri- 
tique, IV,  209  et  suiT.,  216,  217,  219. 

Cléopatrb  prétend  communiquer  son  amour  par  une  perle  dissoute 
dans  le  vinaigre,  II,  267. 

Cléophantb,  peintre  de  Corinlhe,  emploie  l'un  des  premiers  plusieurs 
couleurs,  1, 278. 

Glbroé  catholique,  a  toujours  dirigé  l'architecture  et  les  autres  arts 
qui  se  rattachent  au  culte  chrétien ,  I,  13;  —  II,  8, 23,  25,  430  ;  —  III,  41 

T.  lY.  34 


530  HISTOIRE  Du  SYMBOLISME. 

et  8ttiv.,4â,  94, 173,  245,  326,  336, 346;— iy,2966t8uiT.,  3U.  — H  saiiTa 
Tart  et  les  lettres  au  z*  siècle,  III,  56;  — IV,  428  et  buit.  —Gomment  il 
s'applique  à  tous  les  travaux  artistiques,  m,  67, 238  ;  — ^lY ,  301 . — Preuves 
de  ce  fait  dans  les  sculptures  mêmes  de  nos  églises,  III,  58, 61 ,  80, 149, 192, 
199,  336, 424;  —  lY,  430  et  suit.—  Gomment  il  y  comprenait  Testhétiqne 
chrétienne,  III,  94,  191,  200 ,  429  ;  —  IV,  16  et  suiv.,  431.  —  N*a  même 
plus  la  liberté  de  traiter  ses  monuments  chrétiens,  livrés,  à  leur  grand 
préjudice, aux  entreprises  des  architectes  officiels,  III,  193. — Fausse  his- 
toire faite  par  M.  Vitet  de  la  franc-maçonnerie  et  de  ses  envahissements 
dans  l'architecture  religieuse,  197,  356,  357,  —  acceptée  dans  les  BulU^ 
Uns  des  Antiquaires  de  TOuest,  199  ;— IV,  344.  —  Que  le  zèle  du  clergé 
doit  agir  par  la  science  ecclésiologique  contre  Taction  maladroite  de 
travailleurs  incapables,III,  239, 319;  —IV,  57,  67.— Le  clergé  lui-même 
inscrivait  ses  propres  devoirs  dans  l'imagerie  des  églises,  III,  428  etsuiv., 
430 ,  —  IV,  459,  —  et  dans  ses  écrits,  34,  502, 503.  —  Zèle  qu'il  doit  aToir 
pour  l'étude  du  symbolisme,  183.  — Ne  s'oppose  pas  assez  aux  envahis- 
sements dans  l'église  de  la  musique  profane,  266,  267,  270.—  Qu'il  doit 
user  de  toute  son  influence  sur  la  construction  et  la  restauration  des 
églises,  408,  411,— avec  le  concours  de  laïques  compétents,  409.  —  Le 
clergé  a  sauvé  les  lettres  et  les  arts  aux  époques  tourmentées  du  moyen 
âge,  428  et  suiv.  —  (Voir  àrchitbctbs.} 

Cloche.  Symbolisme  de  la  cloche  et  de  tous  détails,  exposé  par 
Hugues  de  Saint- Victor  et  Jean  Béleth,  II,  581.  —  Son  histoire  et  ses 
origines,  III,  121  et  suiv.  —  Estime  qu'en  fait  l'Église,  et  vertus  mys- 
térieuses de  leur  son ,  123 ,  124.  —  Belle  liturgie  de  la  bénédiction 
des  cloches,  124,  391.  —  Les  cloches  du  Te  Deum  et  du  Magni/icat, 
IV,  183. 

Clochers.  Leur  symbolisme ,  III,  115  et  suiv.  —  Diversités  de  leurs 
formes  et  de  leur  emplacement,  119.—  Les  règles  négligées  sur  ce  point 
à  partir  du  ziy«  siècle ,  120. —  Qu'ils  doivent  toujours  être  surmontés 
de  la  croix,  181.—  Riche  ornementation  des  clochers  gothiques,  319. 

Clochette  brisée  :  pourquoi  un  attribut  de  S.  Benoit,  IV,  92. 

Glopinel  (Jean),  dernier  auteur  du  Roman  de  la  Rose,  n,  676. 

Glotildb  (Ste),  reine  de  France.  Sa  générosité  à  pourvoir  les  églises 
de  bijoux  sacrés,  IV,  292. 

Clous  dont  on  perça  les  mains  et  les  pieds  du  Sauveur  sur  la  croix. 
Ne  furent  pas  moins  de  quatre,  II,  440;  —  III,  169;  —  IV,  105, 125.  — 
Prédits  par  la  sibylle  Hellespontine,  105.  —  Symbole  des  quatre  vertus 
cardinales,  126.     . 

Clovis  prend  le  lis  comme  emblème  de  la  pureté  baptismale,  I,  205. 

—  Donne  un  riche  vase  à  S.  Remy,  qui  le  lègue  à  son  Eglise  de  Reims, 
IV,  289. 

Cluny,  abbaye  de  Bourgogne.  Son  zèle  pour  les  églises  festueuses 
condamné  par  S.  Bernard  et  par  les  moines  de  Giteaux,  II,  591  et  suiv. 

—  Beauté  de  son  école  architecturale,  III,  58;  —  avait  au  xii«  siècle 
la  plus  vaste  église  du  monde,  194. 


TABLE  GÉNÉRALE.  534 

GcECR;  symbole  des  pensées  élevées,  III,  277.  —  Sculpté  sur  les  tom- 
beaux ou  les  épitaphes;  sens  de  ce  symbole,  540. 

GoLÈRB ,  péché  capital  symj^olisé  par  une  femme  dont  un  serpent 
ronge  le  cœur,  II ,  272.  —  Calmée  par  le  rubis ,  366. 

GoLLEViLLE ,  village  de  Normandie.  Tympan  de  son  église  décoré  du 
/wm,  111,530;  — IV,  452. 

Collier  de  fer,  indice  de  captivité ,  1 ,  203. 

Collyre,  symbolisant  la  vue  Intérieure  de  la  conscience,  II,  160. 

Colombe,  symbole  de  la  fidélité  conjugale ,  1 ,  93;  —  III ,  250.—  At- 
tribut de  Vénus ,  1 ,  169,  —  de  la  piété  catholique ,  IV,  333.  —  Présage 
de  paix  ,  II ,  10 ,  658  ;  —  IV,  50.  —  Symbole  de  l'Eucharistie  ,  II ,  12  ; 

—  III ,  231,  284  et  suiv.,  332;  —  de  l'humanité  et  de  la  divinité  du 
Sauveur,  II ,  99  ;  —  de  la  simplicité  ,  100  ,  601  ;  —  ni ,  285;  —  IV,  141. 

—  Colombe  au  nimbe  timbré  d'une  croix  est  le  Saint-Esprit,  II,  169. — 
Symbole  de  TEsprit-Saint ,  532 ,  —  IV,  187,  —  des  douze  Apôtres , 
48,—  quelquefois  de  la  tiédeur  morale,  334.  —  Celle  de  l'Arche, 
parallèle  à  celle  du  Jourdain,  II,  112;  —  IV,  50.  —  Charmant  sym- 
bole de  la  résurrection  des  morts ,  II ,  220  ;  —  III ,  85  ;  —  de  l'inno- 
cence ,  II ,  358;  —  IV,  141  ;  —  de  toute  la  vie  chrétienne ,  II ,  483;  — 
IV,  50 ,  Ui  ;  —  du  sacrifice  par  la  mortification  des  sens  ,  II ,  531;  — 
de  la  charité  ,  351,  532 ,  558  ,  601  ;  —  de  la  vie  religieuse  et  de  sa  soli- 
tude ,  566;  —  III,  343.  —  Colombes  hybrides  sculptées  dans  les  églises , 
II,  60!  ;  —  IV,  334.  —  Colombe  servant  de  tabernacle ,  III,  284  et  suiv., 

—  ou  de  ciboire,  IV,  337.  —  Motifs  symboliques  de  cet  usage,  III,  285. 

—  Buvant  au  vase  eucharistique  ,  II ,  12  ;  —  III ,  332  ,  448  ,  468;  —IV, 
333,  334  ,  447.  —  Méditant  dans  le  feuillage ,  III ,  343.  —  S'abandonnant 
comme  type  d'obéissance  à  l'Enfant  Jésus,  IV,  141,  356.—  Lftchée  dans 
l'église  au  jour  de  la  Pentecôte ,  187. 

Colonnes  ,  sont  le  type  différentiel»  des  styles  d'architecture  an- 
cienne. Symbolisme  de  la  colonne  ionique  et  de  la  colonne  toscane , 
1 ,  226.  —  Symbole  de  la  stabilité  physique  et  morale ,  II,  158, 159.  — 
Les  douze  colonnes  d'une  église  ,  symbole  des  douze  Apôtres ,  III ,  43 , 

176,  178.  —  Symbolisme  de  quatorze  colonnes ,  177,  —  ou  de  sept , 
ibid.  —  Leurs  formes  diverses  aux  différentes  époques  du  moyen  ftge , 

177.  —  Symbolisme  de  leurs  bases ,  178 ,  —  des  petites  colonnes  posées 
aux  angles  montants  des  fenêtres ,  179.  —  Colonnes  entourées  d'une 
vigne  grimpante  ,  523.  —  Figurent  dans  nos  églises  des  palmiers  des- 
tinés à  en  soutenir  les  voûtes ,  563  ,  564. 

Commode  (L'empereur).  Triste  état  de  l'Empire  sous  son  règne,II,242. 

Communion  eucharistique.  La  communion  générale  du  clergé  au 
Jeudi  saint,  vestige  des  drames  liturgiques  du  moyen  ftge,  IV,  197.  — 
Quand  et  pourquoi  est  abolie  la  communion  sous  les  deux  Espèces,  288. 

—  Types  symboliques  de  la  bonne  et  de  la  mauvaise  communion ,  457. 

CoMPLiES,  dernière  partie  de  l'Office  divin,  ne  remontent  guère  qu'au 
xv«  siècle  dans  le  Bréviaire  séculier.  C*est  proprement  la  prière  du  9Qirf 
IV,  279. 


532  HlSTOI&fi  DU  SYMBOUSME. 

Conciles.  Ce  que  le  concile  de  Trente  dit  de  raaUienticilé  des  LÎTres 
biblique»,  Il ,  36 ,  —  ei  des  règles  d'interprétation ,  55,  —  de  la  Justice 
distribuliye  de  Dieu ,  71.  —  Ses  décrets  sur  les  images  ,  III ,  433 ,  434, 
—  Le  concile  de  Constantinople  in  Trtdlo  permet  d'attacber  l'image 
du  Sauveur  à  la  croix  ,  n,  440.  —  Fausse  interprétation  du  concile  de 
Francfort  sur  l'adoration  des  images ,  III ,  247  ,  —  et  du  deuxième  de 
I^icée,  IV,  172.  —  Le  quatrième  de  Tolède,  et  ses  prescriptions  liturgi- 
ques, II,  325. —Les  conciles  exigeant  des  é vaques  une  surveillance 
des  constructions  d'églises,  III,  45  et  suiv.,—  en  particulier  le  deuxième 
de  Nicée ,  53  et  suiv.,  433.  —  Le  premier  de  Vemeuil,  en  755,  sur  les 
baptistères ,  290.  —  Ceux  du  xvi*  siècle  contre  la  musique  profane 
dans  les  églises ,  IV,  265. 

Confesseurs,  titre  donné  aux  Saints  qui  ont  brillé  par  la  pratique 
des  vertus  communes  en  debors  de  l'apostolat  et  du  martyre.  Symbo- 
lisés par  la  violette,  II,  641. 

Confessionnal.  Sa  place  normale  dans  l'église,  ni,  212.  —  Son  his- 
toire; formes  et  ornements  qu'il  faut  lui  donner,  213  et  suiv.,  567. 

Confirmation,  sacrement  de  l'Église  chrétienne.  Symbolisme  de 
l'huile  et  des  onctions  qui  s'y  emploient,  IV,  151. 

CoNFRÉRiBB,  formécs  au  moyen  âge  pour  la  construction  des  églises, 
III,  59.  —  En  quoi  elles  diffèrent  des  firancs-maçons,  et  si  elles  eurent 
des  secrets,  60. 

Congo.  Coutumes  de  ce  pays  aux  funérailles ,  1, 202. 

CoNOPÉE,  voile  d'étoffe  tendu  autour  du  tabernacle  de  la  Sainte  Ré- 
serve. Son  but,  son  origine;  abus  qu'on  en  fait,  II,  355  et  suiv.;— m,  280 
et  suiv. 

Conquérants,  fléau  de  Dieu,  souvent  punis  de  leurs  propres  con- 
quêtes, II,  294  et  suiv.;  —  IV,  415. 

Conques,  village  et  abbaye  du  Rouergue.  Richesse  de  son  trésor  d'or- 
fèvrerie sacrée,  IV,  304. 

Consécration,  rite  symbolique  des  sacrifices  juifs ,  reproduit  dans  la 
messe  et  dans  l'absolution ,  II ,  98,  99.  —  Des  églises  (voir  Dédicace). 

Constantin  le  Grand  place  le  Christ  dans  le  Labarum,  n,  148.  — Son 
triomphe  sur  tous  ses  ennemis,  184,  20â,  325.  —  Rend  la  paix  à  l'Église, 
220,  221,  236.  —  Symbolise  la  victoire  de  la  Croix,  309,  330.  — La  vérité 
sur  son  baptême,  659.— Sa  part  dans  la  construction  de  la  basilique 
Vaticane,  III,  69,—  et  de  Saint^ean  de  Latran,  268,  290.  —  Ses  généro- 
sités aux  églises,  IV,  287. 

Constantinople  punie  de  ses  crimes  par  un  des  Oéaux  de  l'Apoca- 
lypse, II,  269.  —  Sa  destruction  au  xv«  siècle ,  l'une  des  causes  de  la 
décadence  du  sentiment  chrétien  en  Europe,  IV,  345. 

Constitutions  apostoliques  (voir  apôtres). 

Contre-forts  des  églises,  symbole  de  la  force  et  de  l'espérance  chré- 
tienne, III,  114. 


TABLE  GÉNÉRALE.  533 

Coq  ,  symbolise  la  hardiesse  brutale  et  la  vigilance ,  1 ,  195 ,  209 ,  — 
m ,  446 ,—  IV,  31  »  —  la  chate  et  le  repentir  de  S.  Pierre ,  Il ,  427.  — 
Son  rôle  au-^iessas  des  clochera ,  et  symbolisme  de  tous  les  détails  qui 
s'y  rattachent ,  III ,  117  et  suit.  —  Ce  qu'en  dit  Durant  de  Mende,  119. 

—  Passait  cbes  les  anciens  pour  n'avoir  pas  peur  du  lion ,  471.  —  Ce 
qu'en  disait  Érasme,  IV,  354. 

Corbeau,  consacré  h  Apollon ,  1 ,  170.  —  Corbeau  de  Tarche  de  Noé, 
symbole  des  Ames  mondaines,  II,  566.— Pourquoi  attribut  de  S.Benott, 
et,  à  ce  propos,  ses  caractères  défavorables,  IV,  92.  —  Symbole  du 
démon ,  ibid.,  454. 

GoRBBir.  (Pierre  de],  archevêque  de  Sens  aux  xn*  et  xiii*  siècles^  com- 
pose la  prose  de  VAne,  IV,  215  et  suiv. 

COBBCLET8  (voir  MODILLONS). 

Cordon  ou  ceinture  du  prêtre  se  revêtant  pour  les  Saints  Mystères  ; 
sa  signification  mystique,  IV,  169. 

Corinthiens.  Leura  vices  stigmatisés  par  S.  Paul,  III,  415, 425. 

Cornaline,  pierre  précieuse;  avait  la  propriété  d'égayer,  II,  366. 

CoBNB,  mot  symbolique  souvent  employé  dans  la  Bible ,  et  en  quel 
sens,  II,  74,  75,  171,  290,  633.  —  Démon  à  dix  cornes,  228, 229, 290, 294. 

—  Autre  à  deux  cornes,  249, 250.  —  Corne  d'abondance,  attribut  de  la 
sibylle  Gymmérienne,  IV,  102.  —  (Voir  MolsE.) 

Corneille,  centurion,  baptisé  par  S.  Pierre,  III,  299. 

Corneille,  oiseau,  symbole  de  la  fidélité  coigugale ,  I,  93. 

Corse  (Ile  de).  Usages  qui  y  symbolisent  la  vengeance  ,  1 ,  204. 

GoRTUS  (Louis),  Jurisconsulte  du  xvi«  siècle ,  se  fait  inhumer  par  des 
Jeunes  filles  vêtues  de  vert,  I,  320. 

Costumes  donnés  parle  moyeu  ftge  aux  personnages  de  son  imagerie; 
leur  convenance  et  leur  chasteté,  III,  421.— Cet  anachronisme  n'est  pins 
de  mise  aogourd'hui,  et  pourquoi,  IV,  64.  —  Couleurs  symboliques  à 
donner  toujours  aux  costumes  selon  le  caractère  ou  le  rôle  des  per- 
sonnages, 89, 90,  210  et  suiv.  —  Costumes  des  acteurs  dans  les  drames 
liturgiques,  211. 

Couleurs.  Elles  ont  toutes  leur  symbolisme,  qui  doit  rester  insépa- 
rable de  la  peinture,  I,  291  ;  —  IV,  14,  89.  —  Ce  symbolisme  toujours 
usité,  1,294,335  et  suiv.;  —IV,  9;— négligé  dèslexv  siècle,  IH,  92 ; — 
IV,  20,  21,  89;  —  peu  apprécié  aujourd'hui;  Tétait  beaucoup  plus  des 
anciens,  I,  291  et  suiv.  ;  —  II,  348.  —  Homère  semble  être  le  premier 
qui  ait  adopté  ce  moyen,  I,  292 ,  —  sinon  les  Hébreux,  294.  —  Analyse 
du  Traiié  des  couleurs  symboliques  de  M.  Frédéric  Portai,  294  et  suiv. 
Oes  ch.  XII  et  xiii).  —  Fondements  et  utilité  de  la  théorie  des  couleurs 
dans  la  peinture  artistique,  295;  —  III,  42,92;  —  IV,  9  et  suiv. ,  14.  — 
Combinaison  des  couleurs  pour  symboliser  des  qualités  ou  affections 
diverses,  1, 302,  306,  318  ;  —  IV,  9,  89,  124.  —  Théorie  des  couleurs  et 
de  leurs  effets  divers  sur  la  vue,  I,  314;  —  IV,  10, 11.  —  Couleurs  na- 


^ 


534  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

iionales  de  l'islamisme,  1 ,  318.  —  Couleurs  mixtes  ;  théorie  de  leur 
symbolisme,  assez  douteuse,  325 ,  332,  333 ,  337  et  sût.  , passim  ;  — 
IV,  U.—  Application  du  symbolisme  de  couleurs  dans  la  Sapko  de 
M.  Délavai,  I,  343.  —  Causes  multiples  de  l'altération  des  couleurs  dans 
les  monuments  de  l'antiquité  et  du  moyen  âge,  338;  —  IV,  53,  55.— 
Cuirasses  des  Perses  de  diverses  couleurs  symboliques,  II,  208.  —  Cou- 
leurs à  significations  favorables  données  aux  vêtements  des  Élus ,  338 , 
404;  — IV,  89.  —  Application  des  couleurs  symboliques  aux  sculptures 
des  monuments,  II,  348;  —  ÏV ,  89.  —  Comme  le  xin*  siècle  a  bien  su 
les  comprendre  et  les  employer,  II,  402, 403,  404  ;  —  IV,  12, 19,  124.  — 
Les  couleurs  propres  aux  grands  personnages  données  aussi  à  ceux 
qui  en  dépendent,  II,  404  ;  —  IV,  9,  13.  —  Couleurs  données  par  ordre 
de  Dieu  aox  étoffes  du  premier  tabernacle,  m,  42.  —  Couleurs  données 
au  démon  selon  ses  fonctions  iconographiques ,  386  ;  —  IV,  29  et  suiv. 

—  Les  mêmes  couleurs  toujours  attribuées  aux  mêmes  personnages 
d'une  légende ,  9,  29,  30.  —  Opposition  des  couleurs ,  ou  leur  sens  sym- 
bolique diversifié  pour  des  objets  divers,  14  et  suiv.,  29  et  suiv.,  178. 

—  Leur  symbolisme  appliqué  aux  pierres  précieuses,  15. — Leur  mer- 
veilleux effet  dans  l'art  chrétien,  48 ,  72  et  suiv.  —  Couleurs  des  habits 
sacerdotaux  à  suivre  pour  la  parure  des  solennités  et  des  autels,  90, 176, 
177  et  suiv.,  179.  —  Soin  que  doivent  prendre  les  peintres  d'étudier  et 
d'appliquer  le  symbolisme  des  couleurs,  145.— (Voir  le  nom  de  chaque 
couleur;  puis  Blason,  Fbesqce,  Oppositign,  Pbintuhe,  Tableaux.) 

Coupe,  symbole  de  multiplicité  et  d'abondance,  II,  259;  —  des  ven- 
geances de  Dieu,  264,  278  et  280,  325. 

Coupoles,  annexe  d'origine  byzantine  aux  églises  du  xn«  siècle,  III, 
35.  —  Leur  symbolisme,  43, 169. 

Couronne,  symbole  du  pouvoir  ou  du  triomphe,  I,  203;—  II,  163, 
228  ;  —  des  fausses  vertus,  203.  —  Couronne  de  fleurs,  symbole  de  la 
sibylle  Cymmérienne,  IV,  102.  —  Couronne  de  créneaux ,  symbole  des 
villes,  I,  209;  —  de  Jérusalem,  II,  456.  —  Couronne  rostrale,  I,  242.— 
Couronnes  des  armoiries,  II,  549.— Couronnes  de  lumières  (voir  Chan- 
DELiEHs).  —  Couronne  d'épines  (voir  Épines).  —  Couronne  de  fleurs 
donnée  aux  enfants  de  chœur  de  l'Église  de  Saintes,  de  l'Ascension  à  la 
Saint-Pierre,  IV,  187. 

Cousin  (Le  philosophe)  accorde  trop  à  Platon  sur  la  Trinité,!,  146.— 
Vanité  de  son  système  du  beau,  du  vrai  et  du  bon  séparé  du  principe 
chrétien,  II,  4.  —  (Voir  Castiglioni.) 

Coutumes  locales  de  la  liturgie.  Combien  précieuses  à  conserver  dans 
l'intérêt  des  traditions  symboliques,  IV,  153  et  suiv.,  178, 181, 183, 185, 
186. 

Crapaud  (voir  Grenouilles). 

Craton,  philosophe  converti  par  S.  Jean  l'Évangéliste.  Son  baptême 
par  l'Apôtre,  représenté  sur  la  cuve  de  Notre-Dame-des-Fonts,  à  Liège, 
m,  298  et  suiv. 

Création.  Opérée  par  les  trois  Personnes  de  la  Trinité,  II,  160.  — 


TABLE   GÉNÉRALE.  535 

Dieu  symbolise  le  nombre  9,  171.—  Description  des  beautés  phy- 
siques qui  peuvent  symboliser  le  bonbeur  moral  des  Élus  y  358.  — 
Symbolisme  des  six  jours^  533,  —  et  des  mille  objets  de  la  création 
sur  les  modillons  de  nos  églises,  III ,  314  et  suiv.,  441.  —  Le  dimancbe, 
action  de  grAces  pour  la  création,  lY  182.  —  Défauts  de  La  Création  de 
Raphafil  au  Vatican,  369  ;  —  celle  bien  préférable  de  Buffamaico,  870. 

Crèche  de  Bethléem,  donnée  pour  symbole  &  la  sibylle  de  Samos, 
IV,  106;  ^  exposée  à  Rome  le  jour  de  Noél,  184.^  Crèches  symboliques 
à  la  même  fête  en  quelques  églises,  ibid, 

Crédbncb  des  églises.  Son  histoire ,  son  usage  et  son  symbolisme, 
ni,  235  et  suiy. 

Cristal,  symbole  de  la  sagesse  et  de  la  pureté  ;  origine  du  feu  et 
de  l'amour  divin,  1, 298  ;  —  II,  365.  —  Symbole  de  la  vision  intuitive, 
367,  385,  ^  du  baptême,  367.  —  Estime  qu*en  avaient  les  anciens,  368. 

^(VoirMBR  DE  VERRE.) 

Crochets,  ornements  donnés  aux  chapiteaux  du  xiii*  siècle,  III,  537. 
^Deviennent  le  point  de  départ  d'autres  parures  sculptées,  565  et 
Buiv.,  569. 

Crogobilb.  Signification  symbolique  de  ce  nom,  I,  34.  —  Il  symbolise 
le  Nil,  183,^  la  ville  de  Nimes,  266.  ^  Pleurait  pour  attirer  les  enfants 
et  les  dévorer,  III,  471. 

Croisades.  Ont  contribué  aux  développements  de  l'art  héraldique, 
II,  544,  —et  de  Tart  monumental,  III,  248,  325;  —  IV,  436.  —  Gomment 
les  peintres  de  leur  époque  distinguaient  dans  leurs  œuvres  les  chré- 
tiens des  infidèles,  147.  —  Elles  ont  importé  en  Europe  les  belles  étoffes 
orientales  à  sujets  symboliques,  163.  —  Symboles  iconographiques  ve- 
nus d'Orient  &  cette  époque,  436  et  suiv. 

Croissant,  symbole  de  la  lune  comme  élément  imparfait,  I,  60.  — 
Pièce  héraldique;  sa  signification,  II,  545. 

Croix,  signe  de  salut  chez  plusieurs  peuples  païens  de  l'antiquité, 
1 ,  223  et  suiv. ,  —  III ,  85  ,  530 ,  —  chez  les  chrétiens ,  II ,  186.  —  Ce 
qu'en  dit  le  pape  Innocent  III,  186.  —  Symbolisée  par  la  verge  dont 
Moïse  frappe  le  rocher  ,  360;  — par  le  bois  que  recueille  la  veuve  de 
Sarepta,  517; — par  l'arbre  de  vie,  521  ; — par  le  bols  du  sacrifice  d'Isaac, 
563.—  Se  peint  en  vert  par  symbolisme,  I,  320.—  La  croix  dans  les 
catacombes,  IV,  50, 122;  —  sur  les  monnaies  romaines ,  122.  —  Divers 
signes  prophétiques  de  la  croix  du  Sauveur  :  le  bois  porté  par  Isaac,II, 
86;  — le  bâton  d'Elisée,  106;  —le  Tau  d'Ëzéchiel,  185,201;  — IV,  127. 

—  C'est  sa  forme  primitive,  II,  439;—  IV,  127.—  Peinte  en  rouge  sur 
les  portes  des  Israélites,  16.—  Histoire  des  transformations  de  la  croix 
et  du  crucifix ,  II,  439  et  suiv.,  452;  —  III,  16,  43, 144;  —  IV,  47, 106, 
127  et  suiv.— Croix  de  Malte,  symbole  des  huit  béatitudes,  II,  152.— 
Origine  du  signe  de  la  croix ,  201.  —  Son  histoire  et  son  symbolisme , 
IV,  159.— Constantin  en  consacre  le  triomphe,  II,  309,  330.  —  La  croix 
triomphale  du  Sauveur  ornée  d'un  nimbe  rouge  croisé  de  blanc,  338. 

—  Toujours  gravée  sur  les  tombeaux ,  III ,  85,  87.  —  Les  Apôtres  ont 


536  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

plaDté  la  croix  par  tont  le  monde,  II,  370;  —  III,  16.^  La. croix,  arbre 
de  vie,  34i .  —  Semis  de  croix  sur  les  mars  des  églises  au  v*  siècle,  H , 
503,  512.—  Croix  de  leur  consécration,  III,  160, 178;  —  lY^  188.— Croix 
diverses  figurant  sur  des  armoiries,  II,  540,  545.  —  Serpent  au  pied  de 
la  croix,  IV,  l30, 328.—  Croix  plantée  sur  l'emplacement  où  devra  être 
le  grand  autel  d*ane  église,  III,  66,  68  *  —  déterminant  la  forme  géné- 
rale du  monument,  105, 169.  —  Origine  de  ce  symbolisme  dans  Farcbl- 
tecture,  105  et  suiv.  —  Différence  entre  les  croix  grecque  et  latine,  105. 

—  La  croix  de  S.  André,  144;—  de  S.  Philippe,  147.  —  Croix  de  ré- 
surrection, symbole  de  la  sibylle  Phrygienne ,  IV,  196.  —  La  croix  a 
toujours  dominé  les  clochers,  III,  181.  —  Croix  triomphale  des  églises,!, 
222  et  suiv.;—  celle  de  Tautel,  indispensable  an  Saint  Sacrifice,  in,  228  ; 
IV,  122.  —  Son  histoire,  328.  —  La  croix  a  son  rôle  dans  toute  la 
liturgie,  III,  229.  —Croix  lumineuse  figurant  la  Vérité  évangéUque,  IV, 
48.  —  Croix  pectorale  des  évêques;  son  origine  et  son  symbolisme,  167. 

—  Mystère  des  dimensions  de  la  croix,  d'après  S.  Paul,  167.  — Magni* 
fique  croix  d'or  et  de  gemmes  donnée  an  xu*  siècle  par  Suger  à  S.  Denis, 
318.  —  (Voir  CRcaFix.) 

Grosnier  (Mgr).  Son  Iconographie  chrélienney  l,  155.  —  Sa  disserta- 
tion sur  le  coq  des  églises,  III,  117.  —  Se  trompe  à  propos  de  la  dévia- 
tion de  Taxe  longitudinal  des  églises,  qu'il  refuse  à  l'époque  romane,  170. 

Grosse  des  évêques  et  des  abbés.  Sa  signification.  II,  427;  —  III,  16; 

—  IV,  164.  —  Leurs  sujets  symboliques  les  plus  habituels,  III,  380;  — 
IV,  164.  —  Crosse  abbatiale  de  Tiron,  III,  381  ;  —  IV,  164.—  Crosse  sup- 
portant une  tour  ou  une  colombe  de  la  Sainte  Réserve  au-dessus  de 
l'autel,  III,  282.  —  Ce  fait  méconnu  par  un  archéologue  quant  à  son  sens 
symbolique,  283,284.—  La  crosse  privée,  depuis  la  Renaissance,  de  toute 
ornementation  symbolique,  IV,  399. 

Crucifix,  image  peinte  ou  sculptée  de  Jésus-Christ  attaché  à  la  croix. 
Ne  remonte  pas  plus  haut  que  le  vi*  siècle,  II,  439  ;  —  mais  était  dès  le 
IV*  dans  les  catacombes,  440.  —  Histoire  des  détails  dont  on  l'a  entouré, 
440,  442,  447,  451.  — Description  d'un  crucifix  du  ix«  siècle,  441.^ 
L'image  du  Christ  fut  d'abord  remplacée  sur  la  croix  par  un  agneaa, 
439;— IV,  47.  — S.  Pierre  et  S.  Paul  à  côté  de  la  croix;  raison  de  la 
place  de  chacun  d'eux,  II,  451  et  suiv.  —  Crucifixion  peinte  par  Tabbesse 
Herrade,  au  xii*  siècle,  et  description  des  attributs  symboliques  qui 
l'entourent,  454  et  suiv.  jusqu'à  465.  — Raison  mystique  des  objets 
placés  à  gauche  ou  à  droite  du  Christ,  464.  —  Le  soleil  et  la  lune,  438, 
439,  441,  464.  — Le  Tétramorphe, IV,  328.— Comment  l'Église  repré- 
sente la  crucifixion  du  Sauveur,  III,  168  et  suiv.  —Inclinaison  de  la  tète 
sur  l'épaule  droite,  170  ;  —IV,  128.  —  Crucifix  de  l'arcade  triomphale 
dans  les  églises,  222  et  suiv.— Crucifix  suisse  coiffé  d'une  perruque, 
III,  433.  —  Histoire  du  crucifix  et  de  ses  détails  iconographiques,  IV, 
121  et  suiv.,  329.  —  Détails  symboliqnies  sur  la  personne  du  Sauveur 
crucifié,  sa  pose,  son  orientation,  128. 

Cryptes,  églises  souterraines.  Leur  histoire  et  leur  symbolisme,  III, 
187  et  suiv.— Belles  cryptes  pratiquées  au  xi*  siècle,  26. 


-^      TABLE  GÉNÉRALE.  537 

GoGNiÂABS  (Pierre  de),  avocat  général  aa  Parlement  de  Paris.  Sa 
punition  symbolique  pour  ayoir  attaqué  Tindépendance  du  Saint-Siège, 
m,  356. 

Cuirasse,  entêtement,  passion  entêtée,  II,  204. 

Cuisse,  nom  écrit  sur  la  cuisse  du  Sauveur.  Symbole  attaché  à  ce 
mot  dans  l'Écriture,  II,  319. 

CunniE,  métal  que  ses  propriétés  ont  fait  attribuer  à  Vénus,  I,  60. 

GuLHUACEN  (voir  Palenqué}. 

Culte  de  Dieu.  Comment,  étant  nécessaire  ici -bas,  il  ne  Test  plus 
dans  le  ciel  sous  les  mêmes  formes,  II,  386  et  sniv.  —  Application  de 
Tart  chrétien  au  culte  par  le  symbolisme,  680. 

GuNAUD,  Tîllage  et  abbaye  de  l'Ai^ou.  Son  chapiteau  à  la  sirène  ex- 
pliqué par  l'auteur  de  ce  livre,  autrement  que  par  le  P.  Martin,  IV, 
449  et  suiv. 

GuNNiMG  (Le  docteur).  Interprétation  burlesque  de  cet  Anglican  sur 
TApocalypse,  II,  276. 

Cybâlb.  Ses  temples  de  forme  ronde,  I,  360. 

Cynocéphale,  animal  égyptien.  Symbole  de  la  lune,  1, 74,  04. 

Cyprès,  arbre  de  deuil.  Symbole  d'immortalité,  1, 196^  —in,  82,  523, 

—  de  bonne  réputatlou.  II,  588. 

Gyprien  (S.),  évêque  de  Carthage.  A  queUe  occasion  il  écrit  son  livre 
De  la  MorLaUtéj  II,  265«  —  Il  expose  très-bien  le  symbolisme  du 
ni*  siècle,  484. 

Cyrille  d'Alexandrie  (S.),  Père  du  v«  siècle.  Son  Cofnmenlaire  sur 
le  Peniateuquef  II,  498. 

Cyrille  de  Jérusalem  (S.).  Ce  quMl  dit  des  noms  prophétiques  de 
Jésus-Christ,  II,  58,  —  de  la  prééminence  de  la  nouvelle  Loi,  69. 

D 

Dacttlolooib,  ou  Tart  de  former  des  chifTres'ou  des  signes  avec  les 
doigts,  I,  55,  56, 134. 

Daoobert  II,  roi  de  France.  Fauteuil  symbolique  fait  pour  lui  par 
S.  Éloi,  IV,  293  et  suiv. 

Daim,  animal, symbolisé  par  son  nom  même,  I,  35.  —  Symbole  de 
Jésus-Christ,  IV,  221. 

Dalmatique,  vêtement  du  diacre  assistant  le  prêtre  à  Tautel.  Son  his- 
toire ;  son  symbolisme,  IV,  171.  —  Donnée  par  le  moyen  Age  aux  grands 
comme  habit  d'honneur,  2H. 

Dalmatius,  évêque  de  Rodez.  Son  zèle  à  bâtir  sa  cathédrale,  III,  50. 

Dan,  fils  de  Jacob;  symbolisé  par  la  balance  dans  le  Zodiaque,  II,  109, 

—  par  rhyacûithe,  383. 


538  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Daniel  (Le  prophète).  Symbolisme  da  nombre  4  expliqué  par  loi, 
1, 148.  ^  Sa  vision  sur  la  suite  de  Tempire  d*Alexandre,  II,  88,— 
sur  la  destraction  (}e  Tempire  chaldéen,  106,  —  et  des  antres  absorbés 
par  Rome,  245.  —  Sa  concordance  avec  TApocalypse,  164,  243,  244.  — 
Son  rôle  dans  les  peintures  des  catacombes,  500,  —  à  Saint-Porchaire 
de  Poitiers^  m,  138,  —  à  Chauvigny  et  à  Tonnerre,  i^td.,  335.  —  Em- 
blème de  TAme  nourrie  de  rEucharistie,  336.  —  Symbolise  le  Christ 
dans  les  catacombes^  IV,  94.  —  Pourquoi  on  lui  donne  une  robe 
verte,  211,  —  et  un  épi  de  blé,  ibid,  —  Représenté  dans  la  fosse  aux 
lions  comme  type  de  Tinnocence  persécutée  et  confiante  en  Dieu,  454, 
455. 

Danjou»  habile  musicien,  auteur  de  la  Revue  de  musique  religieuse^ 
vulgarise  le  chant  de  ]&  prose  de  VAne,  IV,  219. 

Danse.  Son  symbolisme;  comment  elle  a  dégénéré  de  son  caractère 
primitif  simple  et  religieux,  1, 71  et  suiv.;  —  IV,  260.  —  Danses  immo- 
rales des  réunions  cabalistiques,  III,  400.  —  Danses  macabres,  histoire 
et  description  de  ces  moralités  symboliques,  92  et  suiv. 

Dante.  Sa  Divine  Comédie,  II,  21,  663,  664,  671.  —Époques  diverses 
de  ses  poèmes;  il  les  remplit  du  symbolisme  connu  avant  lui ,  663, 664 
et  suiv.  —  Erreurs  politiques  du  poète,  665,  669,  672.  —  Songe  symbo- 
lique de  sa  mère,  668.  —  Occasion  de  son  poème,  669.  —Allusions  sym- 
boliques à  ses  personnages,  669  ,  673.  —  Gonunent  il  s*est  inspiré  de 
l'iconographie  architecturale,  670, 674.  —  Allégorie  des  trois  bétes  fé- 
roces qui  sert  d'introduction  à  la  Divine  Comédie,  671.  —  Gomment 
la  sculpture  s'est  inspirée  de  lui ,  III ,  354.  —  Dante  est  toujours  resté 
catholique,  355.  —Chaire  créée  à  l'Université  de  Florence  pour  expli- 
quer son  poème  ,  355  et  suiv.  —  Dante  mal  évoqué  par  Raphaël  dans 
son  Saint  Michel ,  IV,  377. 

Darius.  Symboles  qu'il  reçoit  du  roi  des  Scythes,  I,  185. 

Dauphcn,  poisson,  symbole  du  chrétien  ou  du  baptême,  III,  291, 
292.  —  Préjugés  des  anciens  sur  son  amitié  pour  l'homme,  472. 

David,  roi  d'Israël ,  image  du  règne  et  du  sacerdoce  de  Jésus- Christ, 
II ,  39.  —  Beautés  de  ses  Psaumes  ,  40,  491  ;  —  III,  315  ,  513.  —  Figure 
de  Jésus-Christ,  II ,  494.  —  Sous  quels  emblèmes  il  le  représente,  III , 
467.  —  En  quel  cas  on  peut  l'associer  &  la  sibylle  Hellespontine,  IV, 
105,  —  et  à  celle  de  Samos,  107. 

David  (Émeric),  se  trompe  sur  une  décision  du  concile  de  Constan- 
tinople  in  TruHo,  II,  440  ;  —  outre  de  beaucoup  ce  qu'il  faut  penser  du 
petit  nombre  des  peintures  des  catacombes,  499  et  suiv.;  —juge  mal  de 
l'époque  de  certains  monuments  chrétiens,  III,  52,  55  ;— traduit  mal 
Grégoire  de  Tours,  187. 

Déambulatoire  ,  espace  tournant  daus  une  église  entre  l'abside  et 
Tautel  ;  ne  remonte  qu'au  xii'  siècle,  II! ,  168. 

Debay,  sculpteur  contemporain  ;  son  tombeau  de  Mgr  Affre,  privé 
d'esthétique  et  de  convenance  religieuse,  III ,  98. 


TABLE  GÉNÉRALE.  539 

OéGALOOnE.  Symbolisme  de  sa  verta  législative,  1 ,  121.  —  Symbolisé 
par  le  nombre  lô,  III,  177.— Sa  Décessité  au  point  de  yuede  la  mo- 
ralité sociale,  405,  438.  —  Les  obsctma  des  églises  sont  l'enseignement 
du  yi«  précepte,  423,  438. 

DÉCEMBRE.  Occupations  de  ce  mois  dans  les  calendriers  et  zodiaques, 
m,  461. 

DÉDICACE  ou  consécration  des  temples  anciens,  1 ,  237,  239.  —  Celle 
du  temple  de  Salomon  ,  137  et  suiv.,  361.  —  Du  second  temple  par  les 
Macbabées,  238.  —Les  temples  profanés,  puis  rebâtis,  détruits  au  préa- 
lable jusqu'à  la  dernière  pierre  et  rétablis  sur  les  mêmes  fondements, 
238,  239.  —  Dédicace  des  égUses  catholiques,  362  ;  —  IV,  74.  —  Ce  qu'en 
disent  S.  Ansehne,  II ,  655;  —S.  Augustin,  572,  587;  —  S.  Bernard,  587. 
-r  L'encensement  des  croix  de  consécration  au  jour  de  la  fête,  IV,  188. 

Degrés  ou  marches  de  la  nef  au  chœur,  et  du  chœur  au  sanctuaire , 
doivent  être  en  nombre  Impair  de  trois  ou  de  cinq ,  III,  208, 222, 224.— 
Aucunes  conditions  pour  les  degrés  du  trône  épiscopal ,  232. 

Delâyâl,  peintre.  Son  tableau  de  Sapht\  où  il  a  appliqué  la  théorie 
du  symbolisme  des  couleurs,  1 ,  348. 

Deléclvse^  académicien.  Ses  fausses  idées  sur  l'architecture  du 
moyen  Age,  Ûont  il  méconnaît  l'esthétique,  III,  192  et  suiv. 

Delpit  (M.  Jules).  Esprit  antichrétien  de  sa  prétendue  réfutation  du 
livre  de  M.  L.  Veuillot  sur  Le  Droit  du  seigneur,  III ,  422. 

DÉLUGE.  Ses  ravages  ont  fait  de  l'eau  un  signe  de  malheur^  n,  237. 

DÉMONOLOGiE.  Le  démou  représenté  en  Egypte  sous  le  type  de  Ty- 
phon, auteur  du  mal,  I,  87,  89,299, 306.  — Raison  de  sa  forme  de  ser- 
pent, 174  ;  —  II,  271, 272;  —  III,  359,  380.  (Voir  Serpent.)—  De  sa  cou- 
leur rousse,  I,  306,  338,  344  ;  —  II,  176,  227,  242.  —  En  satyre,  338.  — 
Symbolisé  par  le  paon,  668.—  De  sa  forme  d'oiseau  de  proie,  300  et  suiv.; 

—  de  hibou,  300,  302;  —  de  lion,  309,601  ;  —  III,  135,  258.  —  Son  inter- 
vention dans  les  songes,  1, 188.  —  Faux  ange  de  lumière,  n,  194;  —  III, 
375.- De  l'existence  des  démons,  I,  247;  — 111,359,361,  383,  391.— De 
leur  action  sur  la  vie  morale  de  l'homme,  I,  248;  —  II,  154,  242,  300, 
302  ;  —  m,  104, 209,  337,  360,  367, 385.—  Croyance  de  tous  les  peuples 
an  démon,  I,  249, 297,  299, 338.  —  Grande  peur  qu'en  avaient  nos  pères, 
III,  360.  —  Il  est  le  type  des  idoles,  1, 251  ;  —  III,  362,  387.  —  Son  culte 
favorise  toutes  les  dissolutions  païennes,  I,  252  et  suiv.  ;  —  III ,  377; 

—  IV,  28  et  suiv.—  On  lui  consacre  la  couleur  noire,  1, 299  ;  —  III,  276  ; 

—  remplacée  parfois  par  le  bleu  foncé,  I,  317;  —  II,  325, 338, 330,  348; 

—  rV,  29.—  Diable  à  corps  bleu  et  face  rouge,  1,317;  —  II,  338.— Diable 
vert,  1,323  ;  —  II,  324;— 111,386. — Le  démon,  inspirateur  de  l'artprofane, 
qui  prend  son  caractère,  1, 355  ;  —  III,  381  et  suiv.  —  Ses  images  et  ses 
actes  aux  modillons,  aux  chapiteaux  et  aux  gargouilles  de  nos  églises, 
I,  355  ;  —  II,  154,  301,  527  ;  —  III,  126, 127,  132,  209, 257,  258,  262,  275, 
277,  563  ;  —  IV,  443  et  suiv.,  459.—  Figure  en  de  certaines  légendes  où 
on  ne  le  voit  pas  assez,  II,  28,  300,  364,  375  ;  —  III,  391.—  La  et  sjfua- 
gogue  de  Satan,  »  II,  154.  — Le  cavalier  roux,  176;  —-  III,  386.—  L'étoile 


540  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Absinthe,  H,  194;  —  UI,  7S.— Est  le  prince  de  Tair,  U,  199, 301,  336;  — 

III,  104,123,257,377;— IV,  459.— L'exterminateur,  11,204.— Son  combat 
contre  S.  Michel,  234, 241  ;  —  III,  104,  335, 359,  382  ;  —  IV,  8,  37.—  Can- 
tique de  sa  chute,  II,  235,  235.  —  Symbolisé  parla  grenouiÛe,  271,274; 

—  III,  377.  —  Sa  place  le  plus  souvent  au  côté  nord  des  monuments, 
II,  206,  443;  —III,  72,  127,  220,  236;—  ou  à  l'occident ,  72,  230,  441; 

—  IV,  8  ;  —  et  au  pourtour  extérieur,  II ,  213,  301  ;  —  IIÏ,  376  ;  —  IV , 
459;  —  ou  sous  le  porche ,  III,  209 ,  —  et  les  angles  des  tours,  IV, 
459.  —  Dragon  à  sept  tètes,  type  des  sept  persécuteurs  de  l*Ëglise , 
II,  228,  229,  242,  323  ;  —  III,  359.  —  Serpent  (voir  ce  mot).  —  Les  sept 
démons  chassés  par  Jésus-Christ,  II,  228,  229, 300;  —  III,  383.—  Anta- 
gonisme du  Sauveur  et  de  Satan  ,  II,  231,  232,  299 ,  429  ;  —  III ,  398 , 
563;  — IV,  31.  — Satan,  chef  de  voleurs,  II,  275.  —  Puissant  chasseur 
(voir  Chasse).  —  Il  aime  les  lieux  déserts,  299  etsuiv.;  —  III,  104.  — 
Origine  de  nos  légendes  de  sorciers ,  II ,  300.  —  Il  arracbe  la  vérité 
des  âmes,  301 ,  42S;  —  III,  391  ;—  est  enchaîné  et  vaincu  par  Jésus- 
Christ,  II,  329,  330;  —  III ,  132,  257.  —  Symbolisé  par  le  Béhémot  de 
Job,  II,  339  ;  —  III,  361  ;  —  par  Léviathan,  361 .—  Singe  de  Dieu,  II,  652  ; 

—  lit,  363 ,  379,  446;  —  IV,  13.—  Symbolisé  par  des  bêtes  féroces, 
II ,  662;  —  III ,  374 ,  378;  —  IV,  31.  —  L'Église  lui  oppose  l'eau 
bénite,  I,  199  ;  —  III,  209,  390.  —  Beaucoup  de  ses  figures  nrises  à  tort 
pour  des  caprices  inexplicables  des  artistes,  258,  375.  —  Satan  persé- 
cutant la  Sainte  Famille,  334  ;  — obligé  de  supporter  le  faite  des  églises, 
337,  348, 384  ;  —  chassé  à  l'aide  de  la  mandragore,  342.— Combien  ré- 
pandu dans  l'archéologie  chrétienne, 358,362  etsuiv.  ,401.— Ce  qu'en 
disent  les  Apôtres  et  les  Prophètes,  359.  —  Cdté  moral  de  son  icono- 
logie,  360,  379,  380,  389.  —  Ce  qu'en  enseignent  les  Pères,  360,  377, 
378,  445  et  suiv.;  —IV,  443  et  suîv. —  Nié  par  les  libres-penseurs, 
m,  391, 393.  —  Ses  noms  variés  et  symboliques,  359, 360,  361,  366,  385. 

—  Son  horrible  laideur,  360, 366,  379,  389,  563  ;  —  IV,  31.  —  Pourquoi 
nommé  Légion,  III,  361.  —  Son  rôle  d'ange  tombé  dans  la  tentation 
d'Eve  au  Paradis  terrestre,  365,—  et  de  Jéâus-Christ  au  désert,  IV,  31. 

—  Son  portrait  dans  la  Légende  dorée  et  ailleurs,  366,  315,  376;  —  au 
jugement  dernier,  366, 431  ;  —  au  chevet  du  mourant,  III,  366,  371.  — 
Les  figures  humaines  répandues  sur  tout  son  corps,  342,  367,  368;  — 

IV,  28.  —  Philtres  diaboliques  des  sorciers,  III,  342, 367,  395.  —  Satan  k 
trois  têtes,  trinité  du  mal,  367 ,  368;  —  à  oreilles  de  satyre,  368.— 
Dragon  dévorant  CaIn  après  son  crime,  369.  —  Tentant  le  pécheur  de 
désespoir,  370;  —  s'insinuant  à  l'oreille  de  ses  victimes,  371.—  Joue 
delà  viole  au  bal  d'Hérode,  372.  — Il  lanee  des  flèches  contre  le  ciel, 
376.—  Tourments  des  démons  révélés  à  quelques  Saints,  374, 379.—  Le 
diable  nimbé  de  noir,  376.  —  Se?  yeux  remplis  de  points  de  charbon, 
377.  —  Porte  les  attributs  de  l'hérésie  et  de  la  luxure,  377.—  Il  anime 
les  idoles  païennes,  362,  377, 385, 387, 466;  —  se  fait  Tadversaire  infa- 
tigable de  l'homme,  378  et  suiv.,  490  et  suiv.,-  qui  le  lui  rend  bien  par 
les  rôles  qu'il  lui  assigne  dans  l'art  religieux,  380,  382,  384,  385,  395; 
—IV,  28  et  suiv.,  32.—  Son  rôle  aux  fonts  baptismaux,  III,  381.  —  Lai- 
deur symbolique  donnée  par  les  païens  à  ses  images,  381, 382.—  Gom- 
ment représenté  dans  les  exorcismes  du  moyen  âge,  386,  390.  —  Battu 


TABLE  GÉNÉRALE.  541 

par  S.  ApoUinaire  et  S.  fioniface,  382.  —  Ressources  contre  lui  dans  la 
litargîe  calholique,  382  et  saiy.,  385.  -^  C'est  lai  qui  inspire  la  négation 
de  son  existence,  384,  391,  393,  394.^Coaleurs  diverses  selon  ses  fonc- 
tions, 386^  —IV,  29, 30.—  Gargouilles  symboliques  portées  aux  proces- 
sions, m,  391.—  Description  d'une  estampe  démoniaque  du  xvi«  siècle, 
394  et  suiv.  —  Démons  répondus  dans  Torfévrerie  chrétienne,  380,  419. 
—  Démon  incube  chassé  par  S.  Bernard,  426.  —  Démons  de  l'impureté 
terrassés  par  la  force  et  la  prudence,  427;  —  IV,  450.  —  Histoire  de  la 
sirène  d'un  chapiteau  de  Cunaùd,  448  et  suiv.  —  Les  Pères  ont  classé 
Satan  parmi  les  bétes,  III,  445,  446.  —  Nommé  Zabulas,  et  pourquoi , 
490,  493.  —  Symbolisé  par  le  scorpion,  460,  —  par  le  cancer,  462.— La 
chute  des  mauTais  anges  très-convenable  dans  la  rose  occidentale  des 
églises,  rv,  8.  —  Scènes  drolatiques  où  Satan  est  ridicularisé  aux 
marges  de  quelques  manuscrits,  28  et  suiv.  —  Tentation  au  désert,  et 
portrait  de  Satan  dans  ce  rôle  au  xvi«  siècle,  31.—  Possession  de  la  fille 
de  la  Ghananéenne,  32.—  Démon  à  tôtede  dragon,  36.— Foulé  sous  les 
pieds  de  Marie,  139, 140.—  Les  démons  se  tenant  à  la  porte  de  l'église 
pour  inspirer  les  distractions  à  Tintérleur,  453  ;  —  cherchant  à  séduire 
par  des  feintises  et  des  hypocrisies,  463.— (Voir  Dhagon,  Enpeb,  Magie, 

PCSÉ£  DES  AlCES,  PURGATOIBK,  SERPBNT.) 

Dbnoérah,  ville  ruinée  de  la  haute  Egypte.  Découverte  et  histoire  du 
Zodiaque  recueilli  par  les  voyageurs  français,  III ,  449  et  suiv. 

Denis  (Ferdinand).  Son  livre  Le  Mande  enchanté,  II,  629.  —  Ses  er- 
reurs dans  Le  Moyen  âge  et  la  Renaissance,  III ,  395. 

Demts.  La  calomnie,  morsure  de  la  parole,  II,  203,  204. 

Dbnys  (S.)  l'Aréopagite,  Père  de  l'Église  au  !•'  siècle.  Ses  livres,  et 
l'emploi  qu'il  y  fait  du  symbolisme,  II,  475  ;  —  III,  314* 

Dbnys,  moine  du  Mont-Athos ,  auteur  du  Guide  de  la  peinture  au 
XUI«  siècle,  111,62. 

DÉSERT,  symbole  des  Ames  perdues  et  des  méchants  desseins  de 
Satan  ,  II ,  284 ,  299  ;  —  III ,  464.  —  Origine  des  légendes  des  ruines  et 
des  lieux  retirés,  II ,  300. 

Dessin,  très-correct  au  moyen  âge  dans  les  miniatures ,  et  ne  visant 
qu'à  Teffet  dans  les  verrières  destinées  à  être  vues  de  loin ,  II ,  447  ;  — 
in ,  14;  —  IV,  53.  —  Le  dessin  bien  plus  correct  dans  la  statuaire 
que  dans  la  peinture ,  et  pourquoi ,  59  et  suiv.  —  (Voir  Peinture  , 
Sculpture.) 

Deugalion  est  le  Noé  de  la  fable  païenne ,  1 ,  83. 

Deuil.  Ses  signes  dans  tous  les  temps;  porté  en  noir  dès  le  temps 
d'Alexandre  le  Grand  ,  1 ,  196  ;  —  en  blanc  quelquefois ,  299  ;  —  en 
vert ,  322  ;  —  en  violet,  334;  —  IV,  176.  —  Arbres  qui  symbolisent  le 
deuil,  1 ,  196.— Pourquoi  la  cendre  était  un  signe  de  deuil  chez  les  Hé- 
breux ,  339. 

Deutâronoms,  le  cinquième  des  livres  de  Moïse.  Son  but  et  son 
contenu  ,  Il ,  37. 

Diamant  ,  symbole  de  la  sagesse  et  de  toutes  les  vertus ,  1 ,  296 ,  — 


542  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

du  royaume  des  cienx ,  II ,  366.  —  Préjugés  des  anciens  et  da  moyen 
âge  sur  le  diamant ,  366. 

DiANB.  Poorqaoi  comparée  au  nombre  9,1»  144.  ^  Honorée  dans 
des  bois  de  laurier,  230.  —  Figure  de  la  nuit,  262 ,  267.  —  Les  débris 
de  son  temple  à  Marseille  donnés  pour  fondements  à  une  nouvelle 
cathédrale  ,  II ,  114.  —  Chasses  représentées  dans  son  temple  du  Mont- 
Aventin ,  508. 

DiGT  DES  TROIS  VIFS  ET  DBS  TBOis  MORTS  (Le} ,  scëue  funèbre  peinte 
dans  les  chapelles  funéraires  du  xiii*  au  xvr  siècle,  à  Antigny  (Vienne), 
III ,  90  ,  —  à  Jouhet  (Vienne) ,  90  et  suiv.,  —  à  Fontenay-le-Harmioo 
(GalYados)^  92.  ^  (Voir  Danses  macabres.) 

DiDRON,  fondateur  des  Annales  archéohgiqtieSf'paraLti  se  tromper  sur 
rftge  d'un  ivoire  sculpté  du  xiv*  siècle,  II>  442.—  Bons  principes  de  «m 
Histoire  de  Dieu ,  IV,  T7 ,  79.  —  Se  trompe  sur  une  image  de  la  Trinité 
qu'il  prend  pour  celle  de  Dieu  le  Père,  84,—  sur  Tusage  et  la  valeur  da 
nimbe,  86.  —Gomment  il  a  bien  compris  le  moyen  ftge«  195.  —  Dé- 
couvre en  Italie  le  chant  noté  de  la  pros^i  de  VAne^  219.  Son  résumé 
de  Torfévrerie  sacrée^  310.  —  Il  se  trompe  sur  le  nimbe  et  son 
emploi  en  Italie,  où  il  n'a  pas  pln^  manqué  qu'ailleurs  au  moyen  ftge, 
371. 

Dieu.  Ses  noms  en  diverses  langues  exprimant  tous  une  supériorité 
universelle,  1, 38, 156,—  ou  ses  divers  attributs,  45  et  suiv.,  159;  —  IV, 
118  et  suiv.  —  Figuré  symboliquement  par  un  triangle  équilatéral,  I, 
53, 114,  —  III,  110 ,  —  IV,  73,  77,  —  par  un  carré,  1, 114, 147,  —  par  un 
cercle,  54,  —  IV,  77,  78,  79,—  par  le  nombre  3, 1,  126, 149,  —par  no 
point  géométrique ,  55.  —  Gomment  oublié  jusqu'à  être  remplacé  par 
les  idoles  et  par  les  fables  de  la  mythologie ,  76  et  suiv.,  179.  —  Ses 
attributs  passent  presque  tous  dans  le  Jupiter  des  Grecs,  80  et  suiv., 
93 ,  297.  —  L'épervier,  symbole  de  Dieu  chez  les  Égyptiens,  93.  —  Dieu 
a  pu  tout  faire  de  rien,  112.—  Il  est  l'unité  par  essence,  112, 114, 144.— 
Figuré  par  le  nombre  4L,  et  pourquoi,  147.—  Notions  mêlées  de  vrai  et 
de  faux  que  s'en  est  faite  l'idolâtrie  hindoue,  156,  157.  —  Dieu,  symbo- 
lisé parle  fruit  du  lotus ,  159.  —  Dieu  suprême ,  au-dessus  de  tous  les 
autres  dans  les  croyances  septentrioDsles,  179.  —  Esthétique  des  pro- 
phètes bibliques  dans  ce  qu'ils  disent  de  l'image  de  Dieu,  285,  297, 302; 
—  II,  151,  163,  354;  —souvent  symbolisée  par  eux  au  moyen  des  cou- 
leurs, I,  302  ;  — II,  163;  —  vert  chez  les  Musulmans,  1,318;  —  ses  che- 
veux blancs  dans  l'Apocalypse,  II,  205;  —  IV,  119;  —  environné  d'une 
majesté  toute  céleste  dans  l'Apocalypse ,  1 ,  321 ,  —  II ,  163,  —  et  ail- 
leurs ,  IV,  118 ,  119.  —  Dieu  ,  inspirateur  des  arts,  1, 355  ;  —  III ,  36  ;  — 
législateur,  n,  91.  —  Symbolisé  par  une  main  étendue  ;  origine  de  ce 
symbole  ,  5 ,  401 ,  534;  —  III,  132  ,  138.  (Voir  Main.)  —  Sa  justice  dis- 
tributive  bien  comprise,  II,  71.—  Dieu  se  sert  des  méchants  pour  punir 
les  infidélités  des  bons ,  et  les  punit  ensuite  de  leur  orgueil ,  102.  — 
Dieu,  siégeant  comme  juge,  et  ses  attributs,  163  et  suiv.  — Sa  justice 
est  une  vengeance  légitime  et  indispensable  contre  les  méchants^ 
179.  —  Il  est  la  récompense  des  Saints  dans  le  ciel^  188,  954.  — *  Sa  sa- 


TABLE  GÉNÉRALJ.  543 

gesse  et  sa  puissance  dans  la  oréation,  496;  —  III,  314.—  Tenant  le 
globe,  IV,  81, 117.—  Ses  noms  hébreaz  pris,  par  chacune  de  leurs  lettres, 
pour  des  nombres  qui  déterminent  les  dimensions  des  parties  princi- 
pales de  l'église,  m,  165.  —  On  ne  doit  pas  donner  à  d'autre  qu'à  Dieu 
des  attributs  qui  ne  conviennent  qu*à  Lui ,  172.  —  Son  action  créa- 
trice représentée  sur  les  modillons  de  nos  églises,  314  et  suiv.  ^  Vête- 
ment à  lui  donner,  IV,  118,  119.  —  Son  repos  étemel  figuré  par  sa  po- 
sition assise ,  118.  —  Punit  les  nations  qui  méprisent  leurs  devoirs 
envers  sa  Providence,  415,  —  et  revient  à  elles  quand  elles  reviennent 
à  Lui,  416. 

DiBUX  PAÏENS,  toujours  assis  dans  la  statuaire  antique,  1, 268,  285.— 
Faits  de  préférence  avec  le  bois  dont  ils  aiment  Tarbre ,  268.  —  Sym- 
bolisme de  leur  iconographie,  284.  —  Les  dieux  juvéniles  ont  des  che- 
veux d*or,  293.  —  Le  premier  jour  de  leur  semaine  consacré  au  soleil, 
IV, 179. 

Dimanche.  Sa  raison  symbolique,  II,  19;  —  IV,  179.  —  Son  repos, 
figure  du  bonheur  étemel ,  II ,  53  ;  —  IV,  179  ,  181  ;  —  établi  par  les 
Apôtres,  150,  155.  —  Ses  cérémonies  décrites  par  S.  Justin,  155, 
179.  —  Symbolisme  du  dimanche  des  Rameaux,  III,  563;  —  IV,  33.  — 
(Voir  Rameaux.) 

DxMAS,  nom  traditionnel  du  bon  larron.  Son  rôle  près  de  la  croix, 
n,  459,  464. 

DiNANDBRis,  ouvrages  en  cuivre  ou  tout  autre  métal  commun.  Son 
application  à  Tart  chrétien;  fonts  baptismaux ,  III ,  298.  —  Histoire  de 
cette  industrie  et  de  ses  beaux  produits,  IV,  308  et  suiv. 

DiOGLÉTiEN.  Sa  persécution,  comment  symbolisée  dans  l'Apocalypse, 
I,  145  ;  •—  II,  227.—- L'ère  des  martyrs  occupe  un  tiers  de  son  règne,  212, 
213  ,  214 ,  224 ,  242 ,  243 ,  244.  —  Punition  que  Dieu  lui  inflige,  217.  — 
Inscription  en  Espagne  sur  sa  prétendue  destmction  du  Christianisme, 
220.—  Symbolisé  par  un  lion,  245.—  Servi  par  les  sophistes,  249.—  Son 
nom  symbolisé  par  le  nombre  606,  252. 

Distinctions  monastiques.  Liste  de  symboles  d'un  moine  anonyme 
du  XIII*  siècle,  cité-,  II,  173.  —  Ce  qu'il  dit  du  jaspe,  367,  —  du  lis  et  de 
son  symbolisme,  III,  541. 

Docteurs,  écrivains  catholiques  dont  la  doctrine  est  autorisée  par  la 
déclaration  solennelle  ou  la  tradition  universelle  de  l'Église.  Ils  sont 
les  interprètes  fidèles  de  l'Écriture,  II ,  35 ,  230 ,  469.  —  Symbolisés  par 
les  chandeliers  de  l'autel,  III,  230,  —  par  un  livre  fermé,  IV,  90,  —  par 
les  lions,  IV,  453. 

DoQUE,  vérité  théologique  reçue  de  Jésus-Christ,  et  par  cela  même 
immuable,  II,  469. 

Dolmens,  partout  orientés,  III,  79. 

DoRÂ  (Gustave),  un  des  dessinateurs  de  notre  temps  &  qui  manque 
dans  ses  œuvres  le  sentiment  chrétien  incompatible  avec  le  succès  des 
genres  opposés,  IV,  147. 


544  HISTOIRB  DU  8YMBOU8ME. 

Dragon  à  trois  tfites,  symbolisant  le  monde  physique,! ,  81.— Aôle  da 
dragon  dans  la  mythologie  scandlnaTe,  180,244.»  Figore  de  la  royauté, 
188.  —  Dragon  roux  de  l'Apocalypse,  339;  —  II,  227.  »  Ses  efforts 
contre  rÉgiise ,  228 ,  237,  241,  270;  —  8*y  fait  adorer,  247.  —  Est  en- 
chainé ,  328.  —  Sa  défaite  représentée  sur  un  tableau  de  Constantin  le 
Grand  ,  488.  —  Le  dragon  mentionné  fréquemment  dans  les  traditions 
orientales ,  546.  —Dragon,  animal  fantastique,  «symbole  du  démon, 
519,  601  ;  —  m ,  145 ,  334  ,  355 ,  359 ,  361  ;  —  IV,  30  ,  32 ,  37,  447,  461. 

—  Pris  par  S.  Louis  pour  support  de  ses  armes,  II,  546.  —  Dragon 
sortant  d*une  coupe  tenue  par  i*ap6tre  S.  Jean  ,  III,  145;  —  IV,  36, 
447.  —  Dragons  sacrés  adorés  dans  TOrient,  m  ,  362.—  Deux  dragons 
attaquant  un  homme  qui  serre  leur  tète  de  ses  mains,  374.  —  Dragons 
sur  les  crosses  épiscopales ,  380.—  Tué  par  S.  Georges  et  par  St«  Mar- 
guerite ,  IV,  36  ,  —  et  par  S.  Michel ,  37.  —  Son  rôle  astucieux  en  fait 
le  symbole  du  démon,  III  ,445;  —  IV,  447.  —  A  sa  part  dans  le  plus 
grand  nombre  des  hybrides,  30. 

Drames  LiTURaïQUES.  Leur  origine  et  leur  raison ,  III ,  93  ;  —  IV, 
190.  —Le  dict  des  trois  vifs  et  des  trois  morts ,  m ,  90 ,  92.  —  lâ  dans$ 
macabre  au  xv«  siècle  ,93.  —  Côté  moral  et  esthétique  de  ces  peintures, 
94,  —  et  des  représentations  théâtrales  du  moyen  Age ,  IV,  i93  ,  199 , 
214.  —  Les  trois  Marie  du  jour  de  PAques  à  Amiens ,  187 ,  —  à 
Rouen ,  215.  —  La  Passion  du  Christ,  de  S.  Grégoire  de  Nazianze ,  i92. 

—  Susanne,  de  S.  Jean  Damascène,  192.  —  Ces  pièces  et  toutes  les 
autres  étaient  un  enseignement  de  la  foi  et  des  mœurs ,  193  et  sohr., 
202.  —  Rlles  faisaient  comme  partie  intégrante  de  certains  Offices,  196, 
199.  —  La  prose  de  PAques  ea  est  un  Yestige ,  197  (voir  Paqdss)  ,  — 
et  la  communion  du  clergé  au  Jeudi  saint ,  ibid.  —  Grande  part  que  le 
peuple  y  prenait,  198  ,  —  et  le  clergé  ,  215.  —  Les  drames  joués  souvent 
en  plein  air ,  199 ,  203.  —  Leurs  traces  restées  encore  dans  la  sculp- 
ture des  églises,  199,200,  208.  —  Idée  de  la  glose  qu*y  ajoutaient 
les  auteurs  pour  faciliter  rintelligence  de  la  représentation  ,  200.  — 
Désordres  qui  sUntroduisent  dans  ces  scènes  populaires ,  et  efforts  de 
l'Église  pour  les  réprimer,  200 ,  201 ,  206  et  suiv.  —  Appréciations  peu 
sûres  du  théAtre  du  moyen  Age  par  M.  Louandre^  203.  —  Drames  litur- 
giques représentés  pour  obtenir  la  cessation  des  fléaux  ,  204.  —  Cause 
de  leur  modification  morale  et  de  leur  décadence,  205  et  suiv.,  207, 
208.  —  Exposition,  défense  et  véritable  sens  moral  des  fêles  de  F  Ane  à 
Rouen  et  à  Sens  au  xu«  siècle  et  plus  tard ,  208  et  suiv. 

Drapeau  (voir  Pavillon). 

Dreux-Duradier.  Cité  pour  ses  ouvrages^  I,  96. 

Droit  canonique.  Consacre  les  sept  parties  de  l'office  canonial  y 
I,  131. 

Droit  (Côté),  est  toujours  U  place  d*honneur,  II«  480.  —  Exception  à 
ce  principe,  452.  —  Différence  mystique  entre  la  droite  et  la  gauche, 
441  et  suiv  ;  —  III ,  207;  —  IV,  833.  —  Pourquoi  S.  Pierre  est  à  gauche 
et  S.  Paul  à  droite  de  la  croix  ou  du  crucifix,  II,  451  et  suiv.,  645.  — 
Raison  de  ces  places  différentes  données  à  divers  personnages  ou  objets, 


TABLE  G^ÉRALE.  945 

4M;  «i-lV,  333.  *^  Quelle  est  la  droite  et  la  gauche  réeUe  dans  une 
église^  et  comment  il  faut  l'entendre,  III,  208. 

DucANGE.  Ce  qn*il  dit,  et  en  quoi  il  8*6st  trompé,  sur  la  fêle  de  VAne 
dans  son  Glossaire,  IV,  210, 212,  213, 226. 

DuGUBT  (L'abbé).  Analyse  de  son  livre  des  Bègles  pour  Vintelligence  de 
r Écriture,  II,  57,  58,  70. 

DcLAURE,  auteur  d'une  Histoire  de  Paris  où  il  calomnie  la  fête  de 
VAnt  avec  tant  d'autres  pratiques  du  Christianisme,  IV,  225,  226. 

DuMéRiL,  auteur  des  Origines  latines  du  théâtre  moderne;  éloge  de 
ce  livre,  ÏV,  195, 197. 

DuMOKT,  musicien  en  vogue  pour  l'emploi  du  chant  grégorien  mo- 
derne ;  s'est  dévié  du  plain-chant  pour  une  méthode  qui  tend  à  le  faire 
oublier,  IV,  278. 

Dupuis.  Son  système  de  dénigrement  contre  le  Christianisme,  1, 90;— 
III,  449.  —  Valeur  réelle  de  cet  antagonisme,  1, 91.  —  Ses  erreurs  sur 
quelques  symboles  antiques,  170,  171 .  —  Allégorie  polythéiste  contre 
le  Christianisme,  capable  de  prouver  le  contraire  de  sa  thèse  de  VOrigine 
des  cultes j  367,  369.  —  L'un  des  rationalistes  modernes  qui  dénaturent 
le  plus  l'Écriture  sainte,  II,  56.  —  Son  système  sur  les  zodiaques ,  III, 
450.  —  Ses  calomnies  contre  la  fête  de  l'Ane ,  IV,  227,  —  et  son  archéo- 
logie en  défaut,  393  et  suiv. 

Durant  (Guillaume],  liturgiste  du  xiii*  siècle,  II ,  20.  —  Se  trompe 
sur  le  livre  à  donner  comme  attribut  aux  Apôtres,  450.—  Comment  il 
explique  la  différence  de  la  liturgie  appliquée  au  culte  des  Saints,  477. 
—Son  nom  véritable;  analyse  de  son  Rational,  639  et  suiv.  —  Il  exagère 
parfois  le  symbolisme,  mais  bien  moins  qu'on  le  dit,  640  et  suiv.  ;  — 
III,  55, 123.  —  A  suivi  les  traces  de  beaucoup  de  ses  devanciers,  II,  639  ; 
—  III,  123, 167.  —  Mérite  de  son  livre ,  l'un  des  premiers  imprimés, 
II,  643.  — S'est- il  trompé  en  attribuant  è  certains  des  Apôtres  des 
articles  du  Qredo  qu'ils  n'auraient  pas  composés?  III,  146.  —  Fausse 
interprétation  d'un  passage  de  Durant  sur  la  liberté  laissée  aux  artistes, 
327.  (Voir  Artistes,)  —  Sicardi  a  beaucoup  emprunté  à  Durant:  preuve 
que  le  symbolisme  était  une  science  acquise,  IV,  162.  —  Ce  que  dit 
Durant  des  chaînes  de  l'encensoir,  317. 

Durer  (Albert),  architecte,  graveur  et  peintre  des  zv«  et  zvi«  siècles, 
Ses  défauts  et  ses  qualités,  IV, 354  et  suiv.  —  Il  maintient  le  sentiment 
de  l'esthétique,  abandonné  par  son  époque,  355.—  Sa  Vierge  au  singe, 
556.  —  Sa  Vierge  au  jardin,  357.  —  Sa  Mélancolie,  357.  —  Le  Cavalier 
de  la  mort,  358.  —  La  Boite  de  Pandore,  358.  —  Albert  stigmatise  le 
protestantisme  par  son  talent,  358. 

£ 

Eau.  Partont  houorée  sous  mille  f<Mrmes,  I,  84.  —  Principe  de  la 
création,  313,—  de  la  régénération,  318,  —  de  la  purification,  IV,  187. 

T.  IV.  35 


546  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

—  Eau  du  désert,  flg:ure  du  baptême,  II,  63.—  Eau  bénite^  figurée  par  la 
mer  d'airain  du  temple  de  Salomon^  165.  —  Son  origine  et  son  but^  III, 
260^  267,  558.  —  Usage  de  Teau  bénite  dans  les  sépultures,  1, 199.  — 
Son  origine  et  ses  effets,  III,  209,  390.  —  Eau,  symbole  du  bonheur 
étemel.  II,  188,  311.— i'«  désaltérer  aux  sources  du  Sauveur,  358,  359. 

—  Eaux  amères,  symbole  de  l'hérésie,  195.  —  Eaux  changées  en  sang, 
217,  237.— Les  eaux,  figure  de  grands  malheurs,  237, 238, 241.  —  L'Église 
et  l*Écriture  sainte ,  381 .  —  L'eau ,  symbole  des  agitations  des  peuples^ 
238,  293,— des  peuples  eux-mêmes,  257,284,  292,  311,381,  484;  —IV, 
156.  — Eaux  dormantes  et  tous  leurs  analogues,  symbole  de  l'abîme 
infernal,  II,  349.  —  Divers  symboles  bibliques  de  l'eau,  359,  —  soit 
naturels,  soit  d'opposition,  390,  391  ;  —  III,  257.  —  Œuvres  nuisibles, 
sagesse  mondaine,  157  et  suiv.  •—  L'Eglise  née  sur  la  croix  de  l'Eau  et 
du  Sang  sortis  du  Côté  percé  du  Sauveur,  II,  433.  —  Exposition  de  ce 
mystère,  434.—  Eau,  figure  du  baptême,  434,  —  III,  292 ,  —  des  larmes 
de  la  pénitence,  267;  —  mêlée  au  vin  du  Saint  Sacrifice  dès  le  com- 
mencement du  ii«  siècle,  II,  434.  —  Symbolise  la  purification  de  l'âme 
dans  le  baptême,  534;  —  III,  210.  —  Les  étangs,  symbole  de  la  vie  soli- 
taire, II,  586.  —  L'eau  du  lavement  des  mains,  k  la  Messe^  espèce  de 
baptême,  IV,  168.  —  (Voir  Étangs,  Fleuves,  Mer.) 

EcGLÉsiASTE,  Uvre  de  Salomon,  l'un  des  Sapientiaux,  II,  40. 

Ecclésiastique,  l'un  des  Livres  bibliques,  emploie  les  allégories 
symboliques,  1, 187.  —  Auteur  et  but  de  cet  ouvrage  II,  40. 

Échecs.  Symbolisme  de  ce  jeu,  et  son  origine,  I,  164. 

Éclipse,  observée  à  la  mort  du  Sauveur,  II,  442,  445. 

École  des  chartes.  Sa  création,  sa  marche  et  ses  publications  depuis 
1821,  IV,  402. 

Égrevissb  (voir  Cancer). 

Écriture  ,  supplée  à  certaines  impuissances  de  la  parole,  1, 2.  —  fille 
aussi  les  siennes,  auxquelles  on  supplée  par  les  signes,  %  et  suiv.,  16, 
51,  58.—  Ses  formes  originelles  et  ses  progrès,  16  et  suiv.  (Voir  Egypte, 
Hiéroglyphes.)  —  Est  un  des  procédés  ^les  plus  anciens  de  la  civilisa- 
tion, 17, 57.  —  Exemple  curieux  de  ce  procédé  dans  les  inscriptions 
juives  du  Slnal,  18.  —  Écritures  secrètes  par  les  chiffres,  et  autres,  52, 
59,  — S.  Paul  appelle  les  Corinthiens  une  lettre  écrite  par  Jésus-Christ, 
II,  159.  —  Que  le  Zodiaque  n'est  pas  un  recueil  .de  zoologie  écrit  en  ca- 
ractères égyptiens,  III,  450.—  Rapports  curieux  entre  l'écriture  des  ma- 
nuscrits de  chaque  période  séculaire  du  moyen  âge  et  le  style  archi- 
tectural de  ces  mêmes  périodes,  IV,  25  et  suiv. 

Écriture  sainte  (voir  Bible). 

Éoen  ou  Paradis  terrestre.  Ses  quatre  fleuves ,  symbole  des  quatre 
Evan^élistes  et  des  vertus  cardinales ,  1 ,  132;  —  IV,  48.  (Voir  Fleuves.) 
— L'Eden  est  la  figure  de  l'Église,  id,,  ibid, 

Edouard  II,  roi  d'Angleterre  au  xrv*  siècle.  Son  trône  orné  de  lions 
symboliques,  III,  134. 


TABLE  GÉNÉHALE.  547 

Âdugation.  Comment  symbolisée^  I^  %. 

Église  calholique,  adopte  le  symbolisme  dans  son  enseignement  et 
sa  liturgie,  I,  il,  14i  ,  363 ;  —  II,  317 ,  465,  640  et  sniv.;— III,  42;  —  IV, 
260,  264.—  Son  caractère  et  sa  définition,  II,  408  et  suiv.— Elle  fayorise 
le  développement  et  Tétude  des  symboles  comme  un  principe  de  vérité, 

I,  369  et  suiv.;  —  II,  407, 465, 679;  — HI,  1  et  suiv,,  29, 193.—  Elle  régé- 
nère ainsi  la  philosophie  du  monde  païen,  II,  7,  351  ;  —  IV,  296.  —  Ses 
Aalhenrs,  cause  première  d'une  décadence  artistique  et  de  Toubli  des 
symboles,  II,  24  ;  —  III,  193  ;  —  IV,  344  et  suiv.—  Seule  déposiUire  de 
la  vérité  dogmatique  et  morale,  II,  34,  67, 68,  407.—  Sa  prompte  diffu- 
sion dans  le  monde  aux  premiers  siècles,  187.  —  L'Église  symbolisée 
parles  deux  tribus  restées  fidèles  à  Roboam,  39;— par  Sara,  51,  409;— 
par  un  chandelier,  153;  —  par  la  Jérusalem  céleste,  351,  364,  368  et 
suiv.,  416;  —  IIÏ,  56,  151,161;- IV,  312;— par  la  lumière,  11,387;  — 
III^  71  ;  —  par  la  lune  (voir  Lune).  —  Par  quels  traits  lui  convient  le  titre 
d'Epouse  de  Jésus-Christ,  II,  120  et  suiv.,  133,  226,  311,  351 ,  362,  405, 
409,  417,  419,  535,  537,  585  ;  —  III,  190.  —  Ses  divers  ennemis  dès  les 
premiers  temps ,  Il ,  162 ,  21^.  (Voir  BéNsie.)  —  Son  triomphe  prédit 
après  les  persécutions ,  II ,  222 ,  329 ,  330,  350 ,  357.  —  Ses  combats, 
et  son  nimbe  de  douze  étoiles,  224.  —  Traitée  dans  l'Écriture  pa- 
rallèlement  à  la  Sainte  Vierge,  226, 227,  229  et  suiv.,  419  et  suiv.,  449;  — 
in,  542.— Elle  a  toujours  son  gouvernement  visible,  II,  233,  437.— L'É- 
glise militante  souvent  indiquée  par  le(7i>Zdans  les  écrivains  sacrés, 

II ,  234  ;  —  III,  151.  —  Unie  à  l'Église  triomphante  dans  la  gloire  éter- 
nelle, II,  311,364.—  Liberté  de  l'Église  symbolisée  par  l'éclat  du 
grand  jour ,  312.  —  N'est  jamais  entravée  qu'au  détriment  de  la  vérité 
et  de  l'art,  111,193.  —  Son  autoritée  fondée  sur  les  promesses  de 
Jésus-Christ ,  II,  408  ;  —  sur  ses  vertus  propres,  I,  437.— Sa  maternité 
universelle  à  l'égard  des  Ames, II, 409  et  suiv.,  417, 419.— Sa  naissance  sur 
la  croix  du  Côté  percé  de  Jésus-Christ,  433, 445. —  Figures  scripturaires 
de  l'Église  dans  la  Synagogue  et  dans  quelques  femmes  bibliques,  409 
et  suiv.,  413  et  suiv.  (Voir  Synagogue.)—  Elle  est  une  vigne,  217, 418,— III, 
529, — un  jardin,  IV,  357,  — un  grain  de  sénevé  devenu  un  grand  arbre, 
II,  427 ,  —  m,  520  ,  —  une  barque,  II,  430,483 ,  —  une  tour,  432,  433, 
—III,  115  et  suiv.-— Nimbée  et  couronnée  au  pied  de  la  croix,  II  ,447,456  ; 

—  IV,  130.  —  Son  costume  et  ses  attributs  en  cette  occasion,  II,  448;— 
IV,  130.~Sa  couronne  murale,  II,  456. —  Munie  d'un  étendard  ou  peu- 
non  ,456.  —  Assise  sur  le  Tétramorphe ,  456.  —  Son  autorité  doctri- 
nale, 470.  —  Figurée  par  Suzanne  ,  479;  —  par  le  soleil,  comme  l'Em- 
pire par  la  lune ,  620;  —  par  un  champ  fleUri ,  641  ;  —  III ,  542  ;  —  par 
les  clochers,  116;  — par  Tarche  de  Noé,  166,  167;  —  par  l'arche 
d'alliance  de  Moïse,  177, 190;  —par  l'Église  matérielle^  188,  190.  — 
L'Église  inébranlable  par  la  perpétuité  de  sa  doctrine  à  travers  les 
obstacles  de  tous  les  temps ,  300;  —  IV,  344.  —  A  toujours  dirigé  les 
conceptions  et  la  pratique  de  l'art  chrétien  jusqu'au  xv«  siècle^  II,  561; 

—  m ,  41  et  suiv.,  52 ,  54 ,  191,  200,  313  ;  -  IV,  344.  —  Char  de  l'Eglise 
traîné  par  un  griffon ,  m ,  354.—  L*Église  recelant  le  Sang  du  Sauveur 
dans  un  calice,  au  pied  de  la  croix,  IV,  27, 130.—  Unité  de  l'Église  flgu- 


548  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

rée  par  lea  Pères  grecs  écrivant  en  latin ,  à  c6té  des  Père»  latins  écri- 
yant  en  grec^  147.  —  Son  zèle  à  favoriser  l'art  chrétien  et  en  réprimer 
les  abns,  200,  201,  206,  265,  270.  —  La  vie  mystique  de  l'Église  repré- 
sentée sur  Tencensoir  de  Théophile  ,'312  et  saiy.  —  Autres  symboles 
tirés  des  Livres  saints ,  357. 

ËausBS  (ou  diocèi^es),  déjà  distinguées  dans  T'Apocalypse.  Les  sept 
Églises  de  l'Asie,  et  leurs  évéques,  II,  U9  ;  —  comment  symbolisées, 
151.  • 

• 

Églises,  temples  catholiques.  Symbolisme  de  leur  construction  et  de 
ses  détails,  I,  361,  362  ;  —  II,  «72  et  suiv.;  —  III ,  8 ,  9, 42, 101  et  suiv., 
151  et  suiv.,  154.  —  Elles  sont  le  symbole  de  l'Église  de  Jésus-Christ, 
3,  4, 9,  42, 73, 151.  —  Les  temples  païens  convertis  en  églises,  II,  7;  — 
III,  105,  108.  —  Apparences  modestes  de  quelques  églises  au  iv*  siècle, 
7,  10.  —  Beauté  et  splendeurs  de  quelques  églises  des  premiers  temps, 
44  et  suiv.'  Description^  par  le  poète  Prudence,  de  toutes  les  parties  de 
Téglise,  8.  —  L'Église  symbolisée  en  toutes  ses  parties  :  la  nef,  II,  17; 
—  III,  9,  42  et  suiv.,  114, 119,  i68;  —  IV,  74  ;  —  la  première  pierre,  II, 
370;— III,  68, 111, 190, 391  ;  —les  fondements,  111;  —le  plan  par  terre, 

II,  17;  —  III,  9;  —la  forme  de  croix,  10,  13,  30,43, 105  et  suiv.,  — qui 
caractérise  le  monument  chrétien,  107.— Les  façades,  II,  169;  —  III,  40, 
139  et  suiv.,  149  ;  —  IV,  74;  —  le  mobilier,  II,  17  et  suiv.;  —  III,  262  et 
suiv.—  Richesse  de  la  basilique  de  Saint- Denys  au  xii«  siècle,  II,  572  et 
suiv.— Abus  de  l'ameublement,  III,  187  ;  —  IV,  68, 115  et  suiv.— Églises 
&  nef  unique  et  sans  forme  de  croix,  III,  106.— Le  parvis,  Ûgure  des  hé- 
rétiques, 11,213  ;  —  III,  133.—  Le  pavé,  152  ;  —  IV,  65  ;  —  les  cryptes, 

III,  187  et  suiv.;  —  les  toitures  et  leurs  gargouilles.  H,  336;  — Ili,  114, 
377;  —  IV,  74;  —  les  murailles,  III,  112  et  suiv.,  158,  173,  190 ,  —  IV, 
74,  —  souvent  élevées  sur  les  débris  de  temples  païens.  II,  113;  —  le 
chœur  et  le  sanctuaire  ,  III ,  222.  —  Sept  églises  autour  d'un  honmie 
qui  est  S.  Jean  l'Évangéliste,  II,  170.— Eglises  bâties  de  préférence  sur 
les  lieux  élevés, II,  363;  —  III,  67;  —raisons  de  cette  règle,  III,  102  et 
suiv.—  Symbolisme  des  vocables  d'Apôtres,  II,  370,  385.  —  Arc  triom- 
phal, IH,  222  et  suiv.;—  IV,  128  et  suiv.— Nécessité  des  églises  pour  le 
culte,  II,  385  et  suiv.  —Les  portes,  III,  133, 160  et  suiv.,  174, 222;  — IV, 
74.  —  Ornementation  picturale  des  églises  au  v»  siècle,  II,  502  et  suiv. 
—  Histoire  de  leur  peinture  à  toutes  les  époques,  IV,  52  et  suiv.—  Cha- 
pelles disposées  le  long  des  nefs  dès  le  v"  siècle,  II,  503;  —  III,  174, 195; 
^~  aux  catacombes,  5.— Traités  spéciaux  sur  le  symbolisme  des  diverses 
parties  de  l'église  par  Hugues  de  Saint-Victor, II,  566.— Que  les  églises 
monastiques  devraient  être  plus  simples  d'ornementation  que  les 
églises  séculières ,  594  et  suiv.,  598.  —  Forme  de  vaisseau  prescrite 
aux  églises,  III,  9,  42,  43,  166,  169,  190.  —  Description  de  l'extérienr 
de  l'église,  III,  tout  le  chapitre  m;  —  de  l'intérieur,  ibid.f  tout  le 
chapitre  iv.  —  Déviation  de  l'axe  longitudinal ,  datant  au  moins  du 
iv«  siècle  ,  III ,  10 ,  170, 171.  —  Ne  jamais  négliger  de  le  reproduire» 

IV,  165 ,  127.  —  Les  églises  toujours  rebAties  sur  leurs  premiers  fon- 
dements, III,  7,  8,  46,  77,  111. 


F" 


TABLE  GÉNÉRALE.  549 

Caractères  des  églises  gallo-romaines^  III,  il,  246.  — Une  église 
du  Y"  siècle,  décrite  et  symbolisée  par  S.  Nil,202.  —  De  celles  de 
l'ère  méroviogienne,  12, 14,  52,  179, 185,  315,  —  IV,  25,  129,  —  de 
l'époqae  de  Gharlemagne,  III,  12,  309  et  suiv.,  —  du  Saint-Sépulcre, 
188;  — de  celles  du  style  roman  fleuri;  leur  unité  symbolique,  36 ; 

—  IV,  25.  *-  Apparition  et  rôle  artistique  de  l'ogive  opérant  une  ré- 
volution architecturale,  111,37,241.  —  Leur  luxe  d'ornementation 
symbolique,  39  et  suiv.,  —  surtout  au  xii«  siècle,  241.  —  L'ogive  au 
IX*  siècle,  IV,  24.  —  L'église  figurant  dans  sa  forme  générale  le  corps 
du  Sauveur  cruxiflé,  III,  43,  119, 168;  —  IV,  128,  343.—  Soins  prélimi- 
naires de  la  construction,  ni,  66.  —  Ses  symboles  de  la  Trinité,  IV,  74. 
(Voir  Trinilény-  Les  églises  ne  doivent  pas  être  démolies  sans  la  permis- 
sion de  l'évêque,  III,  77.  —  Signification  d'une  petite  église  portée  dans 
la  main  d'un  saint  ou  d'un  architecte,  88.  —  Convenance  des  sépultures 
dans  les  églises,  97  et  sulv.,  155,  302.  —  Que  tout  dans  nos  églises  an« 
nonce  leur  destination  religieuse,  101  et  suiv.,  106.  — >  Importance  de 
leur  isolement  de  toute  autre  construction,  103.—  Églises  de  Saint-Mi- 
chel et  des  Saints-Anges  bâties  sur  les  hauteurs,  104.  —  Églises  circu- 
laires; leur  histoire,  107  et  suiv.,  166.—  Octogones,  108  et  suiv.,  166.— 
Hexagones,  110;  —  IV,  188.  —  Églises  fortifiées  aux  XY«  et  xvi«  siècles, 
346.—  Raison  de  leurs  croix  de  consécration,  III,  160.— Des  églises  ont- 
elles  reçu  dans  leurs  dimensions  des  nombres  symboliques?  164.—  Ces 
nombres  sont-ils  tirés  parfois  des  noms  symboliques  de  Dieu?  165.  — 
Dimeûsions  symboliques  à  donner  à  une  église ,  166.  —  Explication 
mystique  des  dimensions  en  hauteur ,  longueur  et  largeur,  168.  — 
Comment  on  doit  y  symboliser  le  calme  de  la  prière  par  les  demi- 
jours,  189.  —  La  chapelle  de  la  Sainte- Vierge,  et  son  côté  occupé  par 
les  femmes,  205.  —  Les  hommes  placés  dans  la  nef  du  sud,  205.—  Les 
églises  balayées  par  les  énergumènes ,  aux  premiers  siècles ,  257.  — 
Obligations  des  évêques  et  des  abbés  quant  à  la  peinture  des  basiliques, 
rv,  52.  —  Nécessité  de  n'y  pas  négliger  ce  moyen  d'ornementation, 
56,  57.  —  Églises  à  bâtir  pour  le  culte  des  Saints  canonisés  depuis  la  fin 
du  moyen  âge,  et  comment  on  y  modifierait  le  style  architectural  en 
vue  de  l'unité  artistique,  62  et  suiv.,  66.  —  Harmonie  à  garder  entre  le 
style  de  l'architecture  et  celui  de  l'ornementation, 66, 407  et  suiv.—  Que 
les  architectes  doivent  savoir  le  symbolisme  et  y  conformer  la  cons- 
truction des  églises,  407. 

Egypte  (L')  semble  être  la  patrie  de  l'écriture  hiéroglyphique,  1, 17. 

—  Divers  caractères  de  cette  écriture,  26.  —  Haute  antiquité  de  son 
industrie  et  4e  ses  arts,  17.— Par  quels  symboles  on  représente  l'Egypte, 
74,  265.  —  Ses  savants  imbus  de  l'immortalité  de  Tâme,  75.  —  L^ado- 
ration  du  Nil,  84,  368. — Résumé  des  croyances  religieuses  de  l'Egypte 
dans  la  Table  Isiaque,  84  et  suiv.,  89.—  Études  et  mystères  de  la  numé- 
ration appliquée  au  symbolisme ,  99.  —  Usage  des  allégories  et  des 
énigmes ,  186 ,  357.  —  Spiritualisme  de  ses  arts,  219  et  suiv.  ~  Le  sym- 
bolisme catholique  n'a  pas  dédaigné  d'accepter  quelques  données  du 
sien.  II,  5.  —  Mauvaise  philosophie  qui  attribue  aux  Egyptiens  les  lois 
cérémonielles  des  Juifs,  91.  —  Caractère  symbolistiqne  de  la  statuaire 


1 


550  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

égyptienne,  III ,  245 ,  382.  —  Ses  superstitions  à  propos  du  dieu  Chib^ 
408.  —  (Voir  Ecriture,  HiéROGLYPHES,  Isis.) 

EiGHKOFF,  membre  de  la  Société  asiatique.  Idée  de  son  I)Tre  :  Parai- 
lèU  des  langues  de  V Europe  et  de  Vlnde,  1, 7S. 

Éléphant.  Symbolisme  de  son  nom^  I^  34.~^igure  de  la  sagesse  ches 
les  Hindous  ^  163 ,  —  de  Tesprit  au  Congo  ,  202.  —  Symbole  du  grand 
pécheur^  III^  155 ,  —  de  l'orgueil ,  445.  —  Son  rôle  dans  le  symbolisme^ 
et  son  histoire  dans  l'art  chrétien^  502  et  suiv.  —  Ne  figure  guère  dans 
l'iconographie  symbolique  avant  le  iz«  siècle,  503. 

Élie  (Le  prophète)  ressuscite  le  fils  de  la  veuve  de  Sarepta,  II,  105, 
517,  518;  —  IV^  16.  —Son  retour  prédit  vers  la  fin  du  monde,  145.  — 
La  pluie  qu'il  obtient  du  ciel,  symbole  de  la  parole  évangélique,  U^ 
517. 

Elisée  (Le  prophète).  Histoire  des  sept  flèches  symboliques  de  Joas, 
II,  104.  —  Ressuscite  le  fils  de  la  Sunamite ,  II,  105, 516. 

Éloi  (S.).  Son  habileté  comme  orfèvre ,  IV,  289, 293.  —  Travaille  le 
premier  à  l'orfèvrerie  en  Limousin,  291. ~  Ses  succès  en  ce  genre;  dis- 
cussion sur  le  fauteuil  qu'il  fît  pour  Dagobert,  IV,  293  et  suiv.  —  Ma- 
gnifique sépulture  que  lui  procure  la  reine  Ste  Balliilde,  295.  —  Fonde 
l'abbaye  de  Solignac  pour  en  faire  une  école  d'orfèvrerie^  295.  — Ses 
souvenirs  artistiques,  297. 

Élus  (voir  Saints). 

É&iAUX  champlevés.  Ce  que  c'est,  II,  544.  —  Émaux  des  armoiries, 
541,  542,  546  et  suiv. —  Emploi  des  émaux  dans  Torfévrerie  chrétienne, 
et  choix  de  leurs  couleurs  symboliques,  IV,  15,  300  et  suiv.  —  Émaux 
byzantins  traités  par  S.  Éloi,  293.  —  Verres  cloisonnés  pris  quelque- 
fois pour  des  émaux,  293.  —  Histoire  de  rémaillerie.  et  de  son  emploi 
dans  l'art  religieux,  300  et  suiv.  —  Comment  elle  passe  dans  l'art  pro- 
fane, 302.  —  Qu'il  n'en  faut  pas  trop  user  aujourd'hui  dans  l'orfèvrerie 
8acrée,^et  pourquoi,  302,  336. 

Ëmbraude  ,  pierre  précieuse  de  couleur  verte ,  signe  d'espérance  et 
de  miséricorde  divine,  I,  321 .—  Traditions  fabuleuses,  322  ;  —  II,  366.— 
Symbolise  la  tribu  de  Juda  et  S.  Jean  l'Évangéliste ,  379. 

Empédogle.  Son  système  des  nombres,  I,  110. 

Empire  (voir  Romains). 

Empire,  époque  signalée  en  France  par  le  gouvernement  de  Napo- 
léon I«r.  L'art  y  est  dépourvu  d'esthétique,  aussi  bien  que  l'État  de  mo- 
rale et  de  religion,  IV,  401. 

Empyrêe  (voir  Air). 

Engens,  prières  ded  Saints,  H,  173  ,  191 ,  615.  —  Encensement  de 
l'autel  au  commencement  de  la  Messe,  615.  —  Symbolisme  de  l'encens, 
IV,  312. 

Encensoir  allumé  et  surmonté  d'un  cceur;  symbole  de  l'Egypte,  I , 
74.  —  Ceux  du  temple  de  Salomon,  figures  des  vases  d'or  des  vieillards 


1 
/ 


TABLE  GÉNÉIULE.  554 

de  l'Apocalypse ,  II ,  173.  ^  Encensoir  d'or  de  l'Ange  de  l'Apocalypse^ 
190,  615.  —  Description  de  celui  du  moine  Théophile,  IV,  311  et  sniv.* 
Symbolisme  de  l'encensoir,  312.  -^  Encensoir  de  Lille ,  ouvrage  du 
moine  Reignèr  ;  symbolisme  de  tous  ses  détails ,  314  et  suiv.  —  Sym- 
bolisme des  trois  chaînes^  317. 

ENCYGiiOPéDiSTBS  du  moyeu  Age  ;  caractères  de  leurs  travaux  ;  le 
V.  Bède,  U,  523;  —  ID,  60.  —  S.  Isidore  de  Séville,  II,  525,  621.  —  Ra- 
ban-Maur,  535.  —  Herrade  de  Hohenburg,  574  et  suiv.,  577.  —  Vincent 
de  Beauvais,  621  et  suiv.;  —  llï,  60.  —  Le  livre  de  Clergie,  U,  629. 

Engyclopédistbs  du  XVIII*  siècle,  rationalistes  zélés  contre  le  catho- 
licisme, II,  70, 485,  578,  621  ;  —  III,  79,  450.  — •  Leurs  mensonges  contre 
la  magie  et  les  sibylles,  IV,  96 ,  —  et  contre  la  fête  de  VAne^  226. 

Ënée.  Sa  descente  aux  enfers  symbolyse  l'initiation  d'Auguste  A 
Athènes,  1 ,  75.  —  Erreur  de  ceux  qui  nient  sa  venue  en  Italie,  II ,  244. 

Énbbguuènes.  Pourquoi  on  leur  faisait  balayer  l'église  aux  premiers 
siècles,  III,  257, 383.  —  Leur  robe  violette  A  Bourges,  386. 

Enfant  prodioije.  Son  costume  et  ses  couleurs  symboliques  dans 
un  vitrail  de  Bourges,  1 ,  346;  —  II,  176,  187;  —  IV,  12. 

Enfants  dans  la  fournaise  (Les  trois),  (voir  Fournaise).-^  Les  enfants 
persécutés  de  préférence  par  les  Juifs,  et  pourquoi ,  III ,  399. 

Enfants  db  ghocur.  Raison  et  histoire  de  leur  soutane  rouge,  1, 310  ; 

—  IV,  177.  —  Leur  rôle  liturgique  A  Auxerre  au  premier  dimahche  de 
l'A  vent,  183.—^  Couronnés  de  fleurs  depuis  l'Ascension  jusqu'A  la  Saint- 
Pierre  dans  l'Église  de  Saintes,  IV,  187. 

Enfeb  des  Scandinaves,  I,  179.  —  L'enfer  véritable  personnifié  dans 
l'Apocalypse,  II,  178, 204.  —  Ses  tourments  variés,  259,  424;  —  III,  387, 
388  et  suiv.;  —  dans  la  tapisserie  d'Angers ,  II ,  178.  —  Tour  enflam- 
mée, ibid,  -—  Gueule  de  monstre  pleine  de  flammes,  179, 324,  337,  325, 
339.  —  Origine  de  ce  motif,  339;  —  IV,-435.—  Ses  variétés,  ibid.;  —III, 
132,  388,  499.  —  Symboles  multiples  de  l'enfer  dans  la  Bible,  II ,  349  ; 

—  III ,  388.  —  La  clef  de  l'enfer,  II ,  199.  —  Les  réprouvés,  objet  de 
larmes  pour  l'Église,  211.  —  Fournaise  de  feu  et  de  soufre,  324,  337.  — 
L'enfer  et  son  éternité,  337,  614.  ^  Étang  de  feu ,  324  ,  337,  345  ,  346, 
349.— PniUde  l'abîme,  199, 200,  346;— III,  360.— Ténèbres  extérieures, 
II ,  424.  —  L'enfer  peint  par  Dante,  672;  —  III,  387.  —  L'enfer  des  reli- 
gieuses A  Sainte-Marie-des-GhAses,  430.  —  (Voir  Purgatoire.) 

Énog  ,  patriarche.  Son  retour  prédit  vers  la  fin  du  monde,  I,  145. 

Enseignes,  toutes  empeintes  de  symbolisme  au  moyen  Age,  IV,  39.— 
Enseignes  des  corps  et  métiers:  la  limace  chez  un  libraire, 39;  —  le 
bœuf  et  le  porc  chez  les  bouchers,  ibid.;  —  le  compas,  etc,  chez  les 
charpentiers,  ihid,  ;  —  un  mouton  pour  les  lainiers,  ibid. 

ENTRELAGsdes  sculptures  romanes.  Leur  origine  et  leur  signification, 
I,  161  ;  —  IIÏ ,  232,  332,  343  et  suiv.,  527;  —  IV,  453.  —  Animaux  mor- 
dant des  entrelacs  de  fleurs,  III ,  344;  —  IV,  314,  316,  453. 


552  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Ekvib,  péché  capital  symbolisé  par  une  femme  dont  an  serpent  dé- 
rote  le  cœar,  11^  272. 

Épée,  symbole  de  la  guerre  ,1,  203,  209;  —  II,  i76.  —  Le  sabre 
d*Âli ,  1 ,  206.  •—  L'épée  du  comte  de  Paris ,  209.  —  Épée  à  deux  tran- 
chants sortant  de  la  bouche  de  Jésus-Christ,  II,  151,  317,  325 ,  402.  — 
Allégorie  des  deux  glaives  exprimant  la  puissance  unie  du  Sacerdoce 
et  de  l'Empire,  619.  —Une  épée,  attribut  de  la  sibylle  Érythréenne,  IV, 
103 ,  —  de  TEuropéenne,  104,  —  de  la  Samienne,  106. 

fipERViGR,  oiseau  sacré  des  Égyptiens,  I,  87.  —  Symbole  de  l'Être  di- 
vin, 1, 93. 

Ëphèse.  Cerf  symbolique  >le  ses  médailles ,  1 ,  264.  —  Une  des  pre- 
mières Églises  chrétiennes  ;  son  évéqne  S.  Timothée,  Il ,  153.  —  Éloge 
qu*en  fait  S.  Paul ,  159. 

Ëphraïu,  petit-fils  de  Jacob.  Sa  tribu  symbolisée  par  la  chrysolithe, 
II,  380.  —Mystère  delà  bénédiction  qu'il  reçoit  de  Jacob,  452, 453. 

Épi  de  blé,  symbole  de  l'Eucharistie;  donné  à  Daniel,  IV,  211. 

Épinay,  Spinetum,  lieux-dits  indiquant  un  ancien  cimetière  gallo- 
romain,  ou  d'anciens  bois,  III,  83. 

Épines,  symbole  de  la  pénitence  ferme  et  énergique,  I,  329;  —  III , 
567.  —  Celles  du  buisson  où  s'empêtre  le  bélier  d'Abraham,  figure  de  la 
couronne  de  Notre-Seigneur,  II,  86;  —  IV,  103.  —  Cette  couronne  pré- 
figurée parles  épines  imposées  à  la  terre  en  prévision  du  péché  d*Adam, 
521  ;  —  III ,  517.  —  Épine  dans  le  pied ,  symbole  du  péché  originel,  318. 
—  De  quelles  épines  fut  formée  la  couronne  du  Sauveur,  et  comment  on 
pourrait  le  découvrir,  567,  568.  —Cette  couronne,  un  des  attributs  do 
la  sibylle  de  Delphes,  IV,  103,  —  et  de  la  Samienne ,  106.  —  Couronne 
d'épines  tenue  par  un  ange  au  pied  de  la  croix,  119,  —  ne  doit  pas  être 
omise  dans  l'image  du  crucifix,  127. 

Épiphane  (S.),  évêque  de  Salamine.  Ce  qu'il  dit  des  initiations 
païennes,  I,  76.  —  Réfute  les  erreurs  des  Alogiens  sur  l'Apocalypse,  n, 
142. 

Epiphanie,  mystère  des  présents  offerts  par  les  Mages,  II ,  490.^ 
Procession  symbolique  de  la  fête,  IV,  185.  —  Drames  liturgiques ,  199. 

Épitaphbs.  Combien  modestes  et  simples  an  moyen  Age,  III,  304.  ^ 
Pourraient  aujourd'hui,  incrustées  dans  les  murs  des  églises,  y  sup- 
pléer aux  monuments  funèbres,  303  et  suiv.—  Exemple  de  ce  soin  dans 
l'église  deMontierneufde  Poitiers,  304. 

ËpItrb  de  la  Messe.  Sa  signification  spirituelle,  IV,  160. 

Érasme.  Extrait  de  ses  Adagia  sur  la  prétendue  stupidité  de  l'âne , 
IV,  217.  —  Ce  qu'il  dit  du  symbolisme  des  images  contre  les  excès  des 
iconoclastes  protestants,  353,  —  et  de  la  poésie  païenne  du  poète  chré- 
tien Sannazar,  381 . 

Ériqone.  Dupuis  en  fait  la  Sainte  Vierge  Marie,  1 ,  367. 

Ermites,  symbolisés  par  les  cryptes  des  églises,  III,  188. 


TABLE  GÉNÉRALE  553 

Eros,  dlTinilé  de  ramonr  du  bien  chez  left  Grecs.  Ses  caractères 
symboliques,  f,  339. 

Erwim  de  StbinbagHj  architecte  du  xiv«  siècle^  n'est  pas  rinstituteur 
des  frères  maçons,  plus  vieux  que  lui  de  deux  cents  ans,  III,  60. 

ÊsAii.  Symbolisme  de  sa  couleur  rousse,  I,  339. 

EsGARBOT  (voir  Scarabée). 

Esclaves  ,  marqués  au  front  chez  les  anciens,  II,  251. 

BsGULAPB.  Son  effigie  symbolise  la  ville  de  Myrina,  1, 264. 

EsDRAS,  auteur  des Paralipomènes.  Symbolisme  de  son  nom,  II,  38. 

—  Reb&tit  le  temple,  42. 

Espérance,  vertu  théologale  ,  symbolisée  par  Taubépine  fleurie,  I, 
208.  —  L'espérance  soutenant  contre  la  tentation  du  désespoir  à  Véze- 
lay,  III,  370.  —  Vêtue  de  blanc  chez  les  anciens,  1,  293,  299,  —  de  vert, 
et  pourquoi,  IV,  211.  —  Symbolisée  par  une  ancre ,  II,  483.  •—  S**  Espé- 
rance, 654. 

Esprit-Saikt ,  symbolisé  par  l'air,  et  par  la  couleur  bleue  mêlée  de 
rouge,  I,  315, 335  ,  —  par  le  feu,  IV,  81,  82,  —  par  le  rouge,  177 ,  —par 
un  fleuve  d'eau  vive.  II,  5, 391.  —  Une  colombe  au  nimbe  timbré  d'une 
croix,  169 ,  532.  —  Autres  figures  de  la  colombe,  IV,  77, 78,  80,  81.-- 
Son  image  dans  celle  de  la  Trinité ,  77,  78 ,  80.  —  Inspirateur  des  écri- 
tures bibliques,  II,  34 ,  —  et  de  la  prédication  apostolique,  467.  —  Ne 
doit  pas  être  représenté  sous  les  traits  humains,  IV,  81. 

Bsther,  image  de  l'Église  et  de  Marie,  II,  39. 

Esthétique  (voir  Philosophie  de  l*art). 

Ëtain.  Pourquoi  ce  métal  est  consacré  &  Jupiter,  1 ,  60. 

Étangs  ,  symbolisant  la  vie  solitaire ,  II ,  586.  -^  Étang  de  feu  (voir 
Enfer). 
Étendard  (voir  Pennon). 
Éternité  ,  symbolisée  par  le  serpent  roulé  en  anneau,  1, 54.  93. 

Étoffes.  Ont  apporté  chez  nous  de  l'Orient  des  spécimens  nombreux 
de  bêtes  hybrides,  III,  528,  529.  —  Histoire  des  étoffes  employées  aux 
vêtements  sacrés,  IV,  172  et  suiv. 

Étoile  d'une  médaille  de  JuUa  Domna,  1, 153  ;  —des  Mages,  153  ;  —  II, 
397  ;  —III,  335  ;  —  de  l'Apocalypse ,  symbole  des  Anges ,  II,  151 ,  398, 
402;— III,  72;  — des  âmes,  II,  153,  193,198,398,  405;— III,  72;  — à  huit 
branches,  symbole  des  huit  béatitudes,  II,  152, 153.  —  Rôle  des  étoiles 
sculptéesaux  chapiteaux  etmodillons  des  églises,  153;— III,  177,335.— 
Jésus-Christ,  étoile  du  matiD,II,  156,397;— 111,71;— de  Jacob,  ibid.,  397. 

—  Étoiles  du  mal, par  opposition,  11,398;—  III, 72.— L'étoile  Âbnntfie, 
II,  193,218.— Celle  de  Théodote  de  Byzance,  198.— Le  tiers  des  étoiles 
entraîné  par  Satan ,  230,  398.  —  Les  étoiles,  symbole  des  Docteurs  de  la 
vérité,  198,  230,  398,  —  des  Apôtres,  225.  —  Les  douze  étoiles  de  Marie, 
225,  399.  —  Raison  de  leur  multiplicité  dans  romementation  chré- 
tienne, 231,  405. 


J 


534  HISTOIRE  BU  SYMBOtlSME, 

Etolg^  vêtement  sacré  du  prêtre  et  des  diacres  à  rauteLSon  wpnbo» 
lisme,  IV,  170. 

ËUGHARisTiEj  a  toujours  été  entourée  de  tous  les  respects  dus  à  la  pré- 
sence réelle  du  Sauveur,  IV,  156.  —  Symbolisée  par  les  colombes  bu- 
vant au  calice,  II,  12  ;  —  III,  332  ;  —  par  du  froment  moulu  par  S.  Paul, 

II,  573;  —  IV,  18  ;  —  par  le  déchirement  du  voile  du  temple  à  la  mort 
du  Sauveur,  II,  70;  —par  Daniel,  III,  336 ;  —  IV,  211  ;  —par  la  manne 
du  désert,  II,  112, 154;  —  par  un  épi,  IV,  211  ;  —  par  le  Tabernacle  de 
la  Loi  ancienne,  II,  353;  —  par  le  sang  sorti  sur  la  croix  du  Côté  percé 
du  Sauveur,  434,  435;  — •  par  les  pains  de  proposition,  573,  586;  —  psr 
les  sept  pains  du  désert,  586.  —  La  mauvaise  communion  synîbolisée 
par  un  chien  mangeant  une  hostie  consacrée ,  III,  129.  —  L'Eucharistie 
nommée  Margaritum,  282.  —  Les  vierges  ont  un  droit  particulier  i 
TEucharistie,  II ,  491.  —  Elle  est  la  Table  du  Seigneur,  491.  —  La 
Sainte  Réserve  conservée  en  chaque  église  dans  un  seul  taber- 
nacle ,  III,  1^5.  —  Symbolisme  dn  pain  et  du  vin,  IV,  152.  —  Parcelles 
de  l'Eucharistie  renfermée  dans  l'autel  consacrée,  au  lieu  de  reliques, 

III,  262.  — Ses  nombreux  symboles  à  employer  dans  l'art  chrétien, 
286 ,  332,  338  ;  —  IV,  18 ,  78,  337.  —  Foi  du  moyen  âge  dans  l'Eucba- 
ristie,  III,  4.  —  La  Trinité  opère  dans  ce  sacrement,  IV,  78.  —  Gardée 
dans  des  vases  de  cristal  ou  d'osier ,  286.  —  Ridiculisée  par  le  pro- 
testantisme dans  une  verrière  de  Berne  ,  398.  —  (Voir  Cohmcnion  , 
Messe.) 

EucHER  (S.),  évêque  de  Lyon  au  v*  siècle.  Citations  de  ses  Petites  For- 
mules symboliques  II,  172, 192.—  Son  rôle  actif  dans  le  symbolisme  da 
moyen  Age,  482. 

EuDOXiE ,  femme  de  Théodose  II ,  empereur  de  Constantinople  au 
IV*  siècle,  envoie  un  plan  d'église  en  forme  de  croix  à  S.  Porphyre, 
évêque  de  Gaza,  III,  105. 

EuLOQiES,  symbole  de  charité.  Ce  qu'en  dit  S.  Paulin  de  Noie,  II, 
492. 

EuPHRATE.  Les  quatre  anges  de  ce  fleuve,  II,  207.  —  Son  rôle  dans  la 
Prophétie  apocalyptique ,  269. —Un  des  quatre  fleuves  du  paradis  tei^ 
restre,  IV,  48. 

EusÈBE ,  écrivain  ecclésiastique  du  iv*  siècle.  Sa  description  d'an 
tableau  symbolique  de  Constantin,  II,  488. 

ËvANGBLiSTES.  Beauté  de  leurs  récits,  pleins  de  symbolisme.  II,  43. 
—  Source  de  conceptions  artistiques,  44.  —  Ont  un  livre  pour  attribut, 

IV,  313.  —  Ils  sont  les  hérauts  de  la  doctrine  chrétienne ,  II,  174  ;  —  la 
lumière  du  monde,  299.  —  Figurés  dans  certaines  verrières  au  lieu  du 
Tétramorphe,  403  ;  —  sur  un  bénitier  avec  les  quatre  fleuves  du  para- 
dis terrestre,  511  ;—  IV,  48.  —  Leurs  places  normsles  quand  on  les  re- 
présente en  groupe,  II,  645,  646;  —IV,  313.  —  Au  pied  de  la  croix, 
IV,  318. 

Évangile.  Pourquoi  se  lit  vers  le  nord  pendant  la  Messe,  II,  443  ;  — 


TABLE  GÉNÉRALE.  555 

IV,  100.— Giergeé  allâmes  (dès  le  iv«  siôde)  pendant  qu'on  le  ctitaie  à 
la  Messe,  II,  489. 

ÈvE  oa  HÈVB  ,  kt  mère  des  vivants,  I,  39.  —  Gomment  elle  préfi- 
gnmt  l'Église,  II,  413,  435,  445,  461 ,  —  et  la  Sainte  Vienrge ,  520,  565. 
—  Sens  superbistorique  attaché  à  sa  naissance  par  Adam,  561.  —  Pré> 
diction  de  la  victoire  de  la  femme  sar  le  serpent,  m,  467. 

ËvÉQUBS ,  portent  le  violet  en  signe  de  deuil,  I,  335.— Représentants 
de  Jésus-Christ,  II,  150, 151,  152, 197.  —  Eurent  d'abord  une  demeore 
commune  avec  le  clergé,  III,  47.  —  Représentés  par  les  vieillards  de 
l'Apocalypse,  II,  167,— par  les  colonnes  des  églises,  III,  178.— Ont  converti 
le  monde  &  la  civilisation  chrétienne,  II,  292. — Obligés  de  surveiller  les 
constructions  d'églises,  III,  45  et  suiv. ,  56,  68 ,  —  mais  avec  le  con- 
cours des  chapitres  et  des  fabriques ,  302.  —  Ont  droit  d'en  choisir  l'ar- 
chitecte, 67.  —  Travaillant  de  leurs  mains  à  l'embellissement  de  leurs 
églises,  48,  58,  —  à  la  confection  des  vases  sacrés,  48,  49.  —  Siège  épis- 
copal  des  cathédrales  (voir  Trôné). — Doivent  diriger  leur  diocèse  dans 
les  choses  de  l'art  chrétien,  IV,  137,  412.  —  Symbolisme  de  leurs  vête- 
ments sacrés ,  161  et  suiv. 

ÉVREUX,  en  Normandie.  Belles  verrières  de  sa  cathédrale,  IV,  136. 

Exode.  Ce  que  contient  ce  livre  historique  de  la  Bible ,  Il ,  36  ;  •— 
IV,  161. 

ExORCiSMES,  exercés  par  Notre-Seigneur  et  les  Apôtres.  Leur  utilité 
et  leur  succès,  III,  383.  —  Comment  représentés  dans  l'art  du  moyen 
âge,  385  et  suiv.,  426.  —  Ministres  ecclésiastiques  destinés  &  opérer  les 
exorcismes  dès  les  premiers  temps,  390.  —  Tous  les  objets  employés  à 
des  usages  sacrés  exorcieés  d'abord,  390  et  suiv.,  560. 

Extase.  Ce  qu'est  cet  état  surnaturel  de  certaines  âmes  chrétiennes, 
II,  362. 

Extrême-Onction,  sacrement  dont  l'huile  est  la  matière  et  symbolise 
la  gnérisoD  spirituelle  de  l'âme,  III,  560  ;  —  IV,  152. 

EzÉGHiAS,  roi  de  Juda.  Raison  symbolique  de  son  nom,  I,  44. 

ÉzÉGHiBL  prophétise  la  loi  de  grâce,  II,  4 i .— Reflété  dans  l'Évangile, 
43.  —  Ses  animaux  symboliques  dans  notre  art  chrétien,  101  ;  <—  III , 
467.  —  Son  livre  mangé,  II,  103.  —  Son  plan  de  Jérusalem  sur  la  brique, 
103. 


Fable  (voir  Mythologie). 

Fabliaux,  ont  servi  quelquefois  de  légendes  symboliques  dans  l'art 
chrétien,  III,  364  ;  —  IV,  231. 

Fabriques  des  églises,  ont  leur  action  légale  sur  la  construction  et 
l'ameublement  de  ces  églises,  III,  302. 

Façadks  des  églises.  Magnificence  de  leur  plan;  symbolisme  de  leur 


i 


556  HISTOIRE  DU  STMBOUSME. 

ornementation,  III,  140  et  suiv.,  149.  —  Leurs  cayaliers,  162  «t  sait. 

—  Elles  ne  sont  jamais  ornées  que  de  sujets  tirés  de  sources  sacrées, 
163.— Types  de  beaux  tabernacles, 286. 

Face  humaine  sur  le  ventre  et  autres  parties  du  corps  de  Satan ,  III, 
342,  367,  368. 

Famine,  la  deuxième  plaie  de  l'Apocalypse.  Ses  divers  signes  sym- 
boliques, II,  177, 178.— Celle  de  Tan  896,  et  la  sécheresse  qui  la  cause, 
267. 

Farine  tirée  du  blé  moulu  par  S.  Paul ,  symbole  de  l'Eucharistie , 
11,573;  — rV,  18. 

Fasge,  sens  de  ce  terme  de  blason,  II,  545. 

Faucille,  symbole  de  Gérés,  I,  58,  83. 

Faucon,  oiseau  symbolique  du  droit  de  chasse ,  et  par  cela  même  de 
la  noblesse,  III,  90,  91.  —  Emblème  de  la  rapacité  violente,  446. 

Faunes,  genre  de  démons  selon  S.  Grégoire,  II,  519. 

Fauteuil  de  Dagobert  II,  fait  pour  ce  prince  par  S.  Boi.  Ses 
symboles  discutés,  IV,  293. 

Faux,  symbole  du  temps,  I,  8f,  169,  —  de  la  mort,  1, 200.  —  Armant 
Jésus -Christ  au  jugement  dernier,  II,  260. 

Feillée  (La),  compositeur  de  motets  en  plain-chant  dit  figuré*  Com- 
ment il  a  contribué  à  amener  dans  l'église  les  sensualités  de  la  musique 
profane,  IV,  269,  278. 

Félix  (S.),  pape  de  269  à  274,  établit  Tusage  de  placer  des  reliques 
des  martyrs  sous  les  autels,  IV,  157. 

FÉLIX  de  Valois  (S.)  fonde  la  Rédemption-des-Captifs,  II,  618. 

Femme  montée  sur  une  tortue,  symbole  de  ]*Égypte,  I,  74.  —  Rela- 
tions symboliques  entre  le  corps  de  la  femme  et  la  colonne  ionique, 
224.  —  Caractère  chrétien  de  la  femme  ,  symbolisé  par  sa  formation 
originelle,  II,  85.  —  Femme  rongée  par  des  serpents  ou  des  crapauds, 
272,  273,  —  au  cloître  de  Moissac,  274,— III,  365,  —  et  ailleurs,  ibH.-- 
Femme  impure  personnifiant  Rome  païenne  sous  le  nom  de  Babylene, 
II,  258  et  suiv.,  283  et  suiv.  —  Les  villes  symbolisées  par  des  femmes, 
284,  352.  —  Femme  allaitant  les  fidèles,  comme  type  de  TÉglise,  121, 
404.  —  Femme  vertueuse,  type  de  Marie  et  de  l'Église,  419.  —  Esthé- 
tique de  la  femme  chrétienne  dans  la  statuaire  et  la  peinture,  m,  251. 

—  Son  réle  supérieur  dans  les  opérations  magiques  de  la  cabale,  395 
et  suiv.,  398.  —  Femme-lion,  effronterie  et  impudeur,  465. 

Fénelon.  Ses  singulières  idées  sur  l'art  chrétien  du  moyen  Âge,  IV, 
395. 

Fenêtre  des  églises,  au  nombre  de  trois  dans  Tabside,  et  trilobées 
pour  symboliser  la  Sainte  Trinité,  III ,  35;  —  IV,  74.  —  Bel  effet  et 
symbolisme  de  la  fenêtre  orientale,  III,  152;  —  IV,  74.  —  Les  fenêtres, 
symbole  des  Écritures  sacrées,  et  pourquoi,  III,  184.  —  Symbolisme  de 
leur  évasement  intérieur,  184,  1^5 ,  —  de  leurs  barres  de  fer,  185. 


TABLE  GÉNÉRALE.  557 

-^  Faux  symbolisme  imaginé  pour  elles  par  M.  Boissérée,  185.  -^  Celui 
de  leur  demi-jour,  187.  —  La  fenestration  plus  ample  da  xiir  siôcle, 
cause  probable  du  perfectionnement  de  la  sculpture,  537. 

Fer,  emblème  métallurgique  du  dieu  Mars,  I,  60. 

Festin  évangéli que, symbole  du  Ciel,  II,  187,  312,  313,  — de  l'Église, 
423. 
Fête-Dieu  à  Âix.  Son  caractère  symbolique,  IV,  206  et  suiy. 

FâTBS  GHRÉTIENMEB.  LcuT  conveuauce  avec  les  époques  où  on  les 
célèbre;  TÂnnonciation,  II,  644;  —  Noél,  IV,  177,  184,  etc.  (Voir  le 
nom  de  chaque  fêle.)  —  Zèle  de  TÉglise  &  les  embellir,  182.  —  Leurs 
drames  liturgiques,  199.  —  Couleurs  symboliques  rattachées  &  la  célé- 
bration de  chaque  fête,  176  et  suiv.,  179.  —  Combien  les  fêtes  se 
prêtent  au  symbolisme,  179  et  suiv.,  182, 183  et  suiv.  —  Leur  utilité 
sociale,  181  et  suiv.  —  Elles  sont  des  dates  et  des  époques  des  princi- 
pales relations  humaines,  182.  —  Fêtes  dites  de  l^Ane  à  Rouen  et  à 
Sens,  210  et  suiv.  -—  Pourquoi  ainsi  nommées,  211, 215.  —  Date  de  cette 
institution,  215;  —  spn  caractère  tout  symbolique,  225  et  suiv.  — 
Calomniées  par  les  ennemis  de  TÉglise,  226,  227.  —  Ridicule  ignorance 
de  ces  critiques,  287.  —  La  fête  des  Fous  doit  être  justifiée  par  les 
mêmes  raisons  que  celle  de  l'Ane,  227  et  suiv.  —  L'Église  en  a  toujours 
réprimé  l'abus,  228. 

FÉTis,  habile  musicien  de  notre  temps.  Observations  tirées  de  son 
Résumé  de  l'histoire  de  la  musique,  IV,  241. 

Feu  (Le)  symbolise  Dieu  lui-même  avec  sa  charité,  I,  238,  308  ;  — 
II,  615  ;  —  III,  228  ;  —  IV,  173,  315  ;  -  le  Saint-Esprit,  I,  309,  315.  — • 
Image  de  la  colère  divine,  II,  191  ;  —  lY,  316.  —  Symbole  de  l'âme 
humaine,  II,  251.  -^  Peux  de  la  Saint- Jean,  leur  raison  d'être;  erreur 
de  M.  Portai  &  ce  sujet,  1, 310;  —  II,  644.  —  Le  feu,  pris  en  mauvaise 
part,  1, 340,  —  sortant  de  la  bouche  des  martjArs,  II,  216.  —  Feu  sacré 
de  la  liturgie  catholique,  III,  228.  —(Voir  Agni,  Cierges,  Lampes, 

LUMIÈBES.) 

Février.  Caractère  de  ce 'mois  dans  la  zoologie  zodiacale,  III,  458. 

PxésoLB  (voir  Angelico). 

Figuier.  Parabole  du  figuier  stérile ,  II ,  72.  —  Symbolise  l'onction 
par  la  saveur  de  ses  fruits,  III,  564. 

Filet  jeté  dans  la  mer,  symbole  de  l'Église,  II,  424. 

Filigrane,  fil  d'argent  ou  d'or  servant  d'ornement  dans  l'orfèvrerie 
du  moyen  âge.  Histoire  de  son  emploi, IV,  297. 

Fin  du  monde  (voir  Millénaires),  prédite  par  le  Sauveur,  II,  330, 342. 
—  Ses  caractères,  et  dernières  violences  du  démon,  332, 334.  —  Terreurs 
de  la  fin  du  monde  au  xi«  siècle,  et  ce  qu'il  faut  en  croire,  III,  18  et 
suiv. 

Flambeau,  symbolisant  S.  Pierre  et  S.  Paul,  1, 145.  —  Flambeau 
renversé,  symbole  païen  de  la  mort,  trop  employé  chez  les  chrétiens, 
200,  262. 


558  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

Flandre  y  peintre  chrétien  de  notre  siècle.  Comment  il  a  employé 
le  symbolisme  à  Saint-Vincent  de  Paul  de  Paris ,  11!^  206. 

Flèche^  symbole  de  Mars ^  I  ^  58  ^  169 »  —  de  la  guerre ,  203^  304',— 
Il  ^  104 ,  —  des  victoires  de  Dieu  sur  les  méchants^  III , 464« 

Fleur  de  lis  (voir  Lis). 

Fleurs^  parure  de  la  virginité^  II,  493,  557;  —  III,  522,  542.— 
Leur  symbolisme  général ,  521  et  suiv. ,  568 ,  569.  —  Symbole  des 
vertus ,  570.  —  Doivent  décorer  les  murs  et  les  chapiteaux  des  petites 
églises,  de  préférence  aux  larges  végétations,  566,  567.  —  Fleurs  ca- 
pricieuses déroulées  aux  marges  des  manuscrits  du  xiu«  au  xvj«  siède, 
IV,  28.  —  Pourquoi  une  fleur  des  champs  s'attribue  à  la  sibylle  Éry- 
thréenne ,  104.  —  Couronne  de  fleurs  aux  enfants  de  chœur  en  cer- 
taines églises,  187. 

Flbury,  historien  ecclésiastique,  décrit  les  premières  assemblées 
chrétiennes,  II,  197.  —  Ses  partialités  jansénistes  coufre  les  antenrs 
du  moyen  ftge ,  566 ,  621,  648 ,  —  contre  le  style  gothique ,  IV,  396.  — 
Ce  qu'il  dit  de  S**  Glaire,  II ,  657. 

Fleury-sur-Loirb  (voir  Saint-Beno1t-sdr-Loirb)« 

Fleuves.  Les  quatres  fleuves  du  paradis  terrestre,  symbole  des 
vertus  cardinales ,  1 ,  132 ,  —  et  des  quatre  Évangélistes,  IV,  48,  329; 

—  représentés  sur  un  bénitier  à  Spire ,  II ,  511 ,  —  au  pavé  de  la  ca- 
thédrale d'Aoste ,  III  ,155.  —  Les  fleuv.es ,  symbole  des  provioces , 
comme  la  mer  est  celui  de  l'empire ,  II ,  266, 293,  390;  —  des  prédica- 
teurs, 185,586. 

Flore  ,  déesse  des  fleurs.  Le  style  corinthien  propre  &  ses  temples, 
1, 225.  —  Symbolisme  de  sa  corne  d'abondauce,  II,  74. 

Flore  murale,  fleurs  symboliques  cachées  dans  des  tombeaux,  1, 199; 

—  III,  523.— La  botani(iae  du  Cantique  de  Salomoo,  II,  125  ;— III,  555, 
556.  —  Origine  de  la  végétation  symbolique,  332, 340.—  La  flore  morale 
au  V*  siècle,  II,  512;  —  IV,  423.  —  Les  fleurs  sont  la  végétation  spirituelle 
de  l'âme,  III,  16,  36,  210, 337,  518.  —  Marche' progressive  de  la  flore  sym- 
bolique dans  Fart  chrétien,  332,  525.  —  Beautés  données  au  symbo- 
lisme monumental  par  la  flore  du  xii«  siècle,  35,  154,  259,  527,  555,  — 
et  du  XIII*  siècle,  40  et  suiv.,  518, 567  et  suiv.,—  IV,  459.  —  Symbolisme 
des  arbres  et  des  plantes  en  général,  III,  337,  567,  568,  571.  —  Les 
fleurs  aquatiques,  symbole  du  baptême,  210,  295,  526, 569.  —  Ses  tètes 
humaines  au  milieu  des  feuillages  ;  leur  origine  et  leur  signification, 
332  et  suiv.  —  Les  feuilles,  symbole  de  l'instabilité,  IV,  459.  — 
Harmonies  de  la  végétation  des  plantes  et  du  coeur  de  l'homme,  III, 
515, 518.  —  Les  fleurs  et  les  plantes  moins  agréables  &  l'hoDune  après 
le  péché  originel,  517,  518.  —  La  verdure  employée  de  tout  temps 
avec  les  fleurs  pour  la  décoration  des  églises,  523,  524,  554.  —  Bistoire 
de  la  flore  murale  et  de  ses  développements  dans  l'art  chrétien, 
524  et  suiv. ,  565  et  suiv.,  568  et  suiv. ,  571  ;  —  IV,  456.  —  Plantes 
aquatiques  plus  abondantes  dans  la  sculpture  des  monumenU  voisins 
des  rivières,  III,  526.  —  Flore  murale  appliquée  è  la  théologie,  521, 


TABLE  GÉNÉRALE.  559 

510  ;  —  sajette,  comme  la  zoologie,  aux  erreurs  des  savants  et  à  leurs 
fiau86€S  appréciations,  528.  —  Remarque  sur  les  animaux  dont  la  queue 
représente  une  branche  où  une  feuille  de  Tarbre  dont  ils  se  nourissent, 
531  ;  —  IV,  452.  —  Un  arbre  souvent  exprimé  par  une  ou  deux  seules 
branches  ou  fleurs,  III,  532, 535,  536  ;  ^  lY,  445.  —  Arbres  de  conven- 
tion, m,  532  ;  —  IV,  456.  *  Faux  symbolisme  des  aroldes  imaginé  par 
M.  Woillez,  111;  532.  —  Irrégularités  normales  de  certains  spécimens  de 
la  botanique  du  moyen  Âge ,  536,  537  ;  ->  exception  pour  la  feuille  de 
chêne  au  xiii*  siècle,  537.  —  Gracieux  usage  que  le  moyen  Age  fait  de 
la  flore  mystique  dans  la  poésie  et  les  monuments,  555  et  suiv.;  —  son 
immixtion  à  la  liturgie,  557,  561.  —  Choix  à  faire  des  arbres  et  des 
plantes  pour  une  décoration  raisonnée  du  lieu  saint,  564, 566,—  IV,  62, 
65;  —  n'y  en  admettre  que  de  symboliques,  564,  566.— Flore  admirable 
des  cathédrales  de  Reims  et  d'Amiens,  569  et  suiv. 

Floremgb  (S^),  jeune  Phrygienne  du  iv*  siècle,  honorée  A  Poitiers. 
Fragment  d'ijne  hymne  symbolique  composée  en  son  honneur  au 
XI*  siècle,  II,  556;  —  III ,  542  et  suiv. 

Foi,  vertu  théologale,  symbolisée  par  la  passiflore,  I,  208.  —  La 
foi ,  principe  de  toutes  les  vertus  chrétiennes ,  II ,  312 ,  —  nous  est 
donnée  de  Dieu  avec  le  baptême ,  527.  —  Symbolisée  par  une  règle 
d'or,  372. 

Foi  (Ste) ,  martyre  à  Agen ,  II,  654.  —  Ste»  Foi ,  Espérance  et  Charité , 
654;  —  IV,  202. —Beau  reliquaire  de  Ste  Foi  &  Conques,  IV,  304  et  suiv. 

FoNBBMBNTS  des  églises.  Idées  symboliques  qui  s'y  rattachent ,  III , 
lu. 

Fontaines  profanées  par  Julien  l'Apostat  pour  priver  d'eau  les  chré- 
tiens ,  II ,  252.  —  Fontaine  jaillissante  pour  S.  Clément  exilé ,  659. 

Fontenay-8ur-Orne  (Calvados).  Ancienne  abbaye,  chapelle  funéraire 
avec  peinture  murale  des  TroU  vifs  et  des  trois  morts ,  III ,  92. 

Fontoombaud.  Abbaye  de  trappistes  en  Berry  ;  verrières  coloriées  de 
son  église ,  exécutées  par  des  peintres  de  valeur  différente ,  IV,  23. 

Fonts  baptismaux.  Leur  place  normale  dans  Téglise ,  III ,  212.  — 
Leur  histoire  aux  premiers  siècles  et  au  moyen  flge ,  290  et  suiv.  — 
Magnificence  du  baptistère  de  S.  Jean  de  Latran,  290.  —  Règles  & 
suivre  pour  les  fonts  baptismaux  dans  les  églises  de  notre  temps  ,  292 
et  suiv.,  567.  —  Tenue  scandaleuse  de  quelques-uns  ,  293.  —  Sujets  à 
préférer  pour  le  tableau  de  l'autel ,  296  et  suiv.  —  Fonts  à  imiter  du 
moyen  âge,  298,  299  ;  —  IV,  77.—  Décoration  picturale  de  la  chapelle, 
III ,  299 ,  567.  —  Le  rôle  du  démon  dans  l'ornementation  des  fonts , 
381.—  Procession  de  la  veille  et  de  l'octave  de  PAques  aux  fonts  baptis- 
maux; sa  signification,  IV,  180. 

Forge  ,  une  des  vertus  cardinales ,  symbolisée  par  le  chêne ,  1 ,  207 , 
209,  —  par  Tivoire,  III,  503 ,  -^  le  lion ,  I,  209,—  par  les  travaux  d'Her- 
cule chez  les  anciens,  et  &  la  cathédrale  de  Limoges ,  III,  350  et  suiv.;  — 
terrassant  les  vices  avec  la  Prudence ,  427. 

Fûrnarina.  Raphaél  s'en  est  trop  inspiré,  IV,  374. 


560  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

FoRTUNAT  (S.)i  évfiqne  de  Poitiers  aa  vi*  siècle.  Son  exégèse  symbo- 
listique  ;  caractè'-e  élevé  de  sa  littérature  poétique  »  II ,  520  et  soît.  -« 
Ce  qu'il  dit  des  voûtes  des  églises  de  son  temps,  m,  180.-^Ëst-il  l'au- 
teur du  Pange  tingua  de  la  Passion  ?  IV,  241.—  Ce  qu*il  dit  de  Torgue 
et  de  la  musique  instrumentale  de  son  temps,  260  ;  —  et  des  lumières 
multipliées  dans  une  église  de  Ravenne,  327. 

FouGQUBT  (Jehan),  peintre  du  xv«  siècle.  Son  indigne  parodie  de  la 
Vierge  Mère  au  musée  d'Anvers,  IV,  387. 

Foudre,  attribut  de  Jupiter,  1, 169. 

Fouet,  attribut  de  la  sibylle  Samienne  qui  a  prédit  les  ciroonstanees 
de  la  Passion,  IV,  106,  —  et  de  celle  de  Tivoli  ou  Tiburtine,  108. 

Fougère,  un  des  éléments  primitifs  de  la  flore  murale,  III ,  52S.  — 
Symbole  de  l'humilité  soliUire ,  IV,  423. 

Fourmi,  symbole  de  la  prévoyance , 1 , 95 ;  —  II,  498;  —  III ,  4; 
—  du  vol ,  I,  202.  —  Son  symbolisme  dans  le  Physiologuê  de  Théobald, 

III ,  488  et  suiv. 

Fournaise.  Les  trois  Enfants  dans  la  fournaise  de  Babylone,  fignre 
de  la  Rédemption  par  le  Sauveur,  II,  500;  —  représentés  par  cette 
raison  aux  fêtes  de  la  Circoncision  pendant  le  moyen  âge ,  IV,  212 ,  — 
sur  l'encensoir  du  moine  Reigner,  314  et  suiv.  —  Idée  symbolique  deâ 
trois  Enfants ,  315. 

Fournier-Vernbuil.  Idée  de  son  Tableau  moral  et  philosophique, 
et  comme  il  y  dénature  l'esprit  du  Christianisme  et  la  fête  de  F  Ane, 

IV,  226. 

Fourrures.  Sens  de  ce  terme  en  blason,  II,  549. 

Fous.  La  fête  des  Fous  ;  son  esprit,  ses  abus,  son  interdiction  à  di- 
verses époques  du  moyen  &ge,  IV,  227,  228,  231. 

Francfort-sur-Mein.  Concile  de  794  :  n*a  pas  eu  Tinfluence  qu'on 
lui  a  trop  attribuée  sur  l'état  de  l'imagerie  au  ix"  siècle,  III,  247. 

Frang-maçonnerib,  a  adopté  pour  ses  allures  secrètes  les  pratiques 
des  initiations  antiques,  I,  74, 76.  —  Ce  qu'il  faut  penser  des  Confréries 
associées  pour  les  constructions  du  moyen  Âge,  III,  59,  60.  —  Leur  in- 
fluence funeste  sur  l'art  chrétien  depuis  le  riv*  siècle,  312.  —  Histoire 
romanesque  et  systématique  qu'en  fait  M.  Vitet  dans  Tintérét  de  ses  opi- 
nions erronées  sur  le  moyen  ftge,  196  et  suiv.  —  La  franc-maçonnerie, 
comme  société  secrète,  ne  remonte  pas  au  delè  de  l'abolition  des  tem- 
pliers, 197, 199. — Prétendu  secret  de  ces  bâtisseurs,  embrouillé  dans  les 
obscurités  de  conjectures  inadmissibles,  201,  202.—  Elle  s'introduit  au 
XIV*  siècle  dans  la  construction  des  églises,  35. 

François  d'Assise  (S.).  Tableau  symbolique,  au  Louvre,  où  il  pré- 
sente à  Jésus  des  roses  rouges  et  des  roses  blanches,  I,  329.  —  Symbo- 
lisé par  un  chien  portant  un  flambeau,  359.  —  Son  amour  du  symbo- 
lisme, II,  677. 

François  de  Neuf-Ghatbau  juge  ma!  la  Légende  dorée ^  II,  655, 
656. 


TABLE  GÉNÉRALE.  561 

» 

Frakçois  de  Salbs  (S.)  admet  naïvement  une  foule  de  préjugés  scien- 
lifiqueB  du  moyen  âge  qui  font  le  charme  de  sa  pensée  et  de  son  style, 
III,  472. 

Frange.  Ses  malheurs  aux  viii*  et  ix«  siècles^  III,  17;  ^  au  xix*,  con- 
séquences de  Tahaissement  de  tous  les  principes  sociaux,  lY,  415* 

Francs,  aflfectaient  dans  la  guerre  d*adapter  à  leurs  armes  des 
images  démoniaques,  III,  382;  —  envahissent  la  Gaule  Belgique  en 
480,  IV,  426. 

Franz  de  Slckingen  (voir  Sickingen}. 

Franzius  (voir  Wolfgang). 

Fraubnlob  (Henri).  Idée  de  son  imitation  allemande  du  Cantique  de 
Salomon,  II,  129;  —  III,  415. 

Frédéric,  évêque  de  Liège  au  xii«  siècle^  Son  épitaphe,  II,  558. 

Fre^sqcb  ,  genre  de  peinture  murale  usilé  au  moyen  âge.  Ses  avan- 
tages et  ses  inconvénients,  IV,  55.—  Belles  fresques  de  Saint-Savin-sur- 
Gartempe,  54. 

Fuite  en  Egypte  de  la  Sainte  Famille,  prédite  par  Osée  &  huit  cents 
ans  de  distance,  IV,  104. 

Fulbert  (S.),  évéque  de  Chartres,  rebâtit  sa  cathédrale  en  1081, 
III,  26. 

FuLOBNT  (S.},  évèque  de  vi«  siècle,  Père  de  l'Église.  Comment  l'auteur 
lui  donne  un  attribut  distinctif,  IV,  91. 

Fumée,  symbole  du  mal  et  d'opposition  &  la  vérité,  I,  306;  —  II,  199. 

Funérailles^  Leur  symbolisme  chez  les  anciens,  1, 196  et  suiv.  — 
Inhumation  et  crémation  des  corps,  1, 197.  -—  Usages  symboliques  ob- 
servés aux  funérailles  et  aux  sépultures,  198.  -—  Les  graines  de  fleurs 
dans  les  tombeaux  chrétiens,  199.  —  Autres  objets  symboliques  de  la 
piété  chrétienne,  199.— La  couleur  rouge,  312,  316,— la  bleue,  312,  316; 
—  la  rose,  et  ses  emplois  divers,  328.—  Griefs  de  S.  Jean  Chrysostome 
contre  le  luxe  dans  les  funérailles,  II,  603. 


G 


Gabriel:  force  de  Dieii;  ange  mentionné  dans  l'Apocalypse,  II,  170. 
—  Envoyé  à  Marie  pour  lui  annoncer  l'Incarnation,  devient  le  sym- 
bole de  S.  Matthieu  (  voir  Matthieu).  —  Rôle  à  lui  donner  aTec  la 
sibylle  Agrlppine,  IV,  101.  —  Annonce  à  Daniel  les  soixante-dix  se- 
maines, 103. 

Gad,  fils  de  Jacob,  symbolisé  par  le  Sagittaire  dans  le  Zodiaque,  II, 
109,  —  par  le  Jaspe,  378. 
GaIté.  Inspirée  par  l'agate,  II,  366,  —  par  la  cornaline,  367. 

Gallicanisme,  a  souvent  interprété  l'Écriture  sainte  pour  le  besoin 
T.  IV.  36 


562  HISTOIRE  l^U  SYMBOUSME. 

de  sa  cause,  II,  55.  —  Servilité  de  Pierre  de  Cugnières  (nmie  symboU- 
quemeni,  III,  366. 

Gange,  fleuve  adoré  par  les  Indiens,  I,  84. 

Gants,  partie  du  costume  épiscopal.  Leur  signification  symbolique, 
IV,  163. 

Ganym ÊDB.  Ses  rapports  prétendus  avec  le  verseau  du  Zodiaque,  ni, 
458. 

Garoguilles,  symbole  des  démouâ,  princes  de  Vair,  II,  336;  —  m, 
257,  307,  377.  —  Etymologie ,  256.  —  D'origine  fort  ancienne  et  fondée 
sur  quelques  légendes  locales  nées  du  dogme  chrétien,  259; —  IV, 44. 
*  Portées  aux  processions  sous  diverses  formes  pour  y  symboliser  le 
triomphe  de  la  Croix,  III,  391.  —  La  Grand'Goule  de  Poitiers,  391,393; 
-  IV,  44. 

Gauche  (G6lé),  (voir  Côté  dboit). 

Gaule.  Symbolisme  àê  ses  dolmens  et  autres  monuments,  I,  221,— 
de  ses  médailles  nationales,  265,  266,—  de  ses  monnaies  chrétienne», 
II,  149. 

Gavanti,  liturgiste  italien.  Indication  de  ses  ouvrages  pour  Tintel- 
ligence  des  rubriques  du  Bréviare  et  du  Missel,  IV,  159. 

GÉLASE  (Le  pape  S.)  établit  la  procession  de  la  Chandeleur,  et  dans 
quel  but,  IV,  186. 

Gelboé,  montagne  de  Palestine,  symbolise  le  séjour  des  démons,  ni, 
102. 

GlÈMBAUX  (Les)  du  Zodiaque.  Symbole  qui  les  représente,  I,  58;  — 
m,  458.  -^  Pourquoi  comparés  aux  enfants  de  Jacob:  Siméon  etLévi, 
II,  109.  —  Ce  qu'exprime  par  eux  le  zodiaque  chrétien,  m,  462. 

Gemmes,  ou  pierres  précieuses.  Leur  symbolisme  très-répandu  dans 
l'art  chrétien,  I,  321.  —  Celles  du  rational  d'Âaron,  H,  94, 3Ï8,  380,  — 
du  trône  de  Dieu,  165.  —  Leur  composition  chimique,  365;  *-  IV,  298. 
»  Leurs  titres  à  symboliser  l'âme  chrétienne  avec  l'âclat  de  ses 
vertus,  II,  365;  — >  IV,  15,  41.  —  Idées  symboliques  des  anciens  sur  les 
gemmes,  transmises  au  moyen  ftge,  H,  366.—  L'anneau  de  Gigès,  360. 
->  Gemmes  merveilleuses  citées  au  moyen  ftge,  366  et  suiv.—  Applica- 
tion  de  tous  leurs  attributs  à  la  Sainte  Vierge  dans  unpd^ine  du  moyen 
ftge ,  368.  —  Leur  incorruptibilité ,  376.  —  Les  gemmes  symbolisent 
les  Apôtres  et  les  douze  tribus  dlsraél,  370, 378  et  suiv.,  618.  —  Raison 
mystique  de  ces  rapprochements,  384.  —  La  connaissance  des  pierres 
précieuses  et  de  leurs  propriétés  nécessaire  à  bien  comprendre 
l'Écriture  sainte,  496;.  ^  Leur  symbolisme  expliqué  par  S.  Brunon 
d'Asti,  556,  —  et  par  le  pape  Innocent  III,  617.  —  Symbolisent  Télé- 
vation  des  dignités  dans  les  vêtements  de  la  statuaire,  III,  247.  — 
Bôle  des  pierres  précieuses  dans  l'ornementation  des  autels,  289,  — 
dans  la  reliure  des  livres,  IV,  41,  42,— dans  les  vêtements  sacerdotaux, 
299.  —  Emploi  des  pierres  fausses ,  298,  —  relativement  moderne ,  299, 
•-l'un  des  principaux  ornements  de  l'orfèvrerie,  300.  —  Les  cabochons^ 


TABLE  GÉNÉRALE.  563 

300.  —  Qull  font  bien  distinguer  les  époques  des  diverses  espèces  de 
pierres  précieuses,  ibid.,—  et  les  employer  sagement  dans  TorféTrerie 
sacrée,  336. 

Gbnès  (S.)»  martyr.  Son  baptême,  et  les  symboles  du  récit  qu'en  fait 
S.  Adon  au  iz"  siècle,  11,  534.  • 

(Genèse.  Idée  de  ce  premier  livre  de  la  Bible,  II,  36.  —  N'était  la  des 
Hébreux  qu'après  l'âge  de  trente  ans,  116.        . 

Genevièvb  (Sto).  Sa  lumière  éteinte  par  le  diable,  111,372.  -<  (Voir 

GUDULE  [Ste].) 

GÉMITOUX  (S.),  honoré  an  Blanc,  en  Berry.  Erreur  d'un  archéologue 
sur  son  hagiographie,  III,  173.  —  Autre  en  Touraine,  confondu  avec 
celui-ci,  ibid. 

Gennadius,  écrivain  ecclésiastique  du  v«  siècle,  dont  les  livres  sont 
perdus;  quelques  fragments  conservés  dansVOrltu  deliciarum  d'Her- 
rade,  abbesse  dé  Hohenburg,  II,  576. 

Gentils  ou  païens.  Leur  vocation  &  l'Église  ;  symbolisés  dans  Simon 
le  Cyrénéen,  II,  523  et  suiv. 

Géométrie.  Son  invention,  1, 101.— Les  anciens  géomètres  divisaient 
toutes  leurs  lignes  en  six  parties ,  150.  —  La  méthode  géométrique 
appliquée  à  la  théologie  par  S.  Thomas,  II ,  632.  —  (VoirMATHÉUA- 

TIQUES.) 

GéoN,  un  des  quatre  fleuves  du  paradis  terrestre.  Noms  des  trois 
autres,  IV,  48. 

Georqbs  (S.).  Gomment  représenté,  IV,  36. 

GÉRARD  de  Lairesse,  peintre  hollandais.  Son  Hercule  entre  la  Volupté 
H  la  Vertu,  1, 288. 

Gbrbert,  savant  du  z«  siècle ,  devenu  le  pape  Sylvestre  II ,  une  des 
lumières  du  %.*>  siècle,  II,  538. 

Germains,  envahisseurs  de  la  Gaule,  représentés  dans  les  églises  sous 
la  figure  des  démons,  III,  385. 

Germiqnt- DES- Prés,  village  de  l'Orléanais.  Son  église  du  vii^  siècle, 
et  sa  mosaïque  absidale,  IV,  46. 

Gerson,  savant  ascétique  du  z^  siècle,  II,  21.  —  S'élève  contre  les 
abus  qui  s'introduisent  dans  les  drames  liturgiques,  IV,  207. 

Gestes.  Ils  ont  leur  symbolisme,  1, 2  et  suiv.  —  Quintilien  y  attache 
beaucoup  d'importance,  56.  —  Us  sont  l'accompagnement  de  la  mu- 
sique primitive,  -65,  71. 

Gibelins,  partisans  de  la  maison  de  Souabe,  opposés  aux  Guelfes  qui 
suivaient  le  parti  des  Papes  de  1070  à  1495.  Les  uns  et  les  autres  cèdent 
à  l'action  du  cardinal  Malabranca,  IV,  256. 

GioÉs.  Son  anneau  enchanté,  n,  366. 

Giotto.  Son  genre  de  peinture  chrétienne  ,  II,  608;  —III,  251;  — 
IV,  350.  —  Son  influence  sur  le  zv*  siècle,  30.  —  Architecte  j  n'a  laissé 


564  HiSTOlftE  DU  SYMBOLISME. 

aucun  souvenir  remarquable  en  architeclure^  348.  «  Incertitude  sur  sa 
biographie,  350. 

GiSTAS,  nom  du  mauvais  larron.  Son  rdle  sur  la  croix^  et  son  icono- 
graphie, II,  459,  463,  464. 

Glàbert  (Radulfe  ou  Raoul).  Ce  qu'il  pense  des  nombres  dans  leurs 
rapports  providentiels  avec  le  monde  physique,  I,  114.  —  Ce  qu*il  dit 
de  la  renaissance  architecturale  du  xi<>  siècle,  III,  22,  24. 

Glaive  (voir  Épée). 

Gloria  in  bxgelsis  de  la  Messe.  Symbolisme  de  son  chant,  lY,  247. 

Glose  ordinaire  (voir  Walâfrid  Strabon). 

Gnostiques,  symbolisés  par  le  scorpion ,  II ,  200.  —  Fausse  suppo- 
sition qui  garnit  certains  chapiteaux  des  symboles  de  leurs  erreurs,  ni, 
347.  —  Ce  que  S.  Ëpiphaue  dit  de  leurs  impuretés  peut  cependant  le 
laisser  croire, 413,  423.  —  Tatien  avait  donné  dans  leurs  erreurs,  475. 

—  On  a  pu  les  représenter  sur  certains  modlllons  comme  type  de  l'hé- 
résie, 533, 534. 

GoDiNBAU  DE  LA  Brétonnerie,  architecte  distingué  de  Téglise  Saint- 
Jacques  de  Chfttellerault,  III,  320. 

GOQ  et  Maqoq.  Symbolisme  de  ces  deux  personnages  dans  l'Apoca- 
lypse, II,  332  et  suiv.  —  Signification  de  ces  deux  noms,  335, 33C.  *- 
Leur  position  sur  la  toiture  des  églises,  III,  377. 

GoQUBLiN,  être  fantastique  des  récits  de  bord ,  II,  336. 

GoTHS,  accusés  par  les  savants  du  xvu«  siècle  d'avoir  donné  &  la 
France  l'architecture  gothique,  IV,  396. 

GouROé ,  bourg  du  Poitou  (Deux-Sèvres).  Description  de  sculptures 
symboliques  de  la  mauvaise  communion ,  III ,  129 ,  —  des  passions 
honteuses,  427. 

Gourmandise  ,  symbolisée  par  un  poisson,  I,  95,—  par  une  femme 
dont  un  serpent  ou  un  crapaud  dévore  l'estomac,  II,  272. 

GouT,  symbolisé  par  une  langue,  I,  95.  —  Le  goût  dans  les  arts 
doit  s'éclairer  des  règles  intrinsèques  de  l'objet  qu'ils  traitent,  II,  356. 

Graal  (Saint-}.  Ce  que  c'est;  légende  qu'en  a  faite  le  moyen  ftge, 
II ,  675.  —  Détails  qui  s'y  rattachent *dans  l'art  chrétien,  448.  —  Poème 
de  THïure^  111,39. —  Vignettes  de  ce  poème  dans  un  manuscrit  du 
xv«  siècle  ,  IV,  29. 

Grâce  sanctifiante,  a  tonte  son  efficacité  en  Jésus-Christ,  II,  236.  — 
GrAce  prévenante,  symbolisée  par  la  Jérusalem  céleste  descendant  sur 
la  terre ,  353. 

Graduel  de  la  messe  solennelle.  Symbolisme  de  son  chant,  IV,  247. 

—  Graduel  de  Saint-Gall,  copie  faite  an  ix«  siècle  de  l'autographe  de 
S.  Grégoire ,  248. 

Grand*gubule  ,  serpent  symbolique ,  image  du  démon  vaincu  par  la 
Croix:  portée  aux  processions  pour  signifier  le  triomphe  de  la  religion, 
m,  391,392. 


TABLE  GÉNÉRALE.  565 

Granville  ,  ingénieux  desainateor  d'une  œnYre  musicale  pleine  de 
symbolisme ,  1 ,  65. 

Gratten  ,  canoniste  da  xii«  siècle,  collecteur  et  interprète  des  Décri- 
taies;  ce  qu'on  y  trouve  sur  les  abus  qui  s'étaient  glissés  dans  les 
drames  liturgiques ,  IV,  201. 

Grecs.  Ils  ont  mis  de  l'allégorie  partout ,  1 ,  190 ,  217  et  suiv.,  268 , 
269.  —  Spiritualisme  de  l'art  grec ,  220,  262.  —  Son  caractère  national, 
111,2^5. 

GHÊaoïRB  m  (Le  pape  S.)«  Ce  qu'il  dit  des  sujets  bibliques  peints 
dans  les  églises ,  fV,  2. 

Grégoire  IX  (Le  pape)  réforme  les  désordres  introduits  dans  les 
drames  liturgiques ,  IV,  201. 

Grégoire  XIII  (Le  pape),  réformateur  du  calendrier,  n  ,  678. 

Grégoire  de  Nazianzb  (S.).  Ses  difficultés  à  rendre  le  dogme  de  la 
Trinité  sensible  par  des  symboles,  IV,  76.  —  Son  drame  :  La  Passion 
du  Christ ,  192. 

Grégoire  de  Tours  (S.) ,  le  plus  ancien  des  historiens  français. 
Idée  de  ses  Chroniques,  II,  650.  —  Fait  rebâtir  et  peindre  la  basilique 
de  Sainte-Perpétue ,  IV,  51. 

Grégoire  le  Grand  (S.) ,  pape  de  590  à  604 ,  symbolise  le  nom- 
bre lOOO  ,  I ,  i32,  —  et  d'autres,  146  ,  —  II,  482.  —  Son  explication 
de  la  parabole  du  semeur,  66,  —  de  la  robe  d'Aaron ,  93 ,  —  de  la  ré- 
surrection des  Saints,  181  «  —  des  cheveux  des  femmes ,  205,  —  du 
retour  des  juifs  au  Christianisme,  446. —  Protège  ceux-ci  contre  les  sé- 
vérités des  chrétiens  ,  447.  -^  Caractère  de  ses  écrits  exégétiques  ^  518 
et  suiv.  —  Ce  qu'il  dit  des  faunes  et  des  centaures,  519  ,  —  dé  l'Evan- 
gile prêché  à  toute  créature ,  III ,  316.  —  Établit  à  la  Messe  le  chant  du 
Kyrie  eleison,  IV,  157  et  suiv.,  246.  —  Exclut  du  carême  le  chant  de 
l  Alléluia,  158.  -^  Ajoute  au  canon  une  prière  pour  la  paix,  ibid,  — 
Réforme  le  chant  liturgique,  qui  prend  son  nom ,  244 ,  246  ,  247.—  Son 
Gradtiel ,  retrouvé  ,  sert  de  base  aux  travaux  modernes  sur  le  chant 
liturgique ,  248. 

Grêle,  symbole  des  fléaux  providentiels  ,  II,  282.  —  Grêle  phéno- 
ménale tombée  &  Constantinople  après  l'eicil  de  S.  Jean  Chrysostome, 
282. 

Grenade,  symbole  de  la  charité,  II,  94. 

Grenat,  pierre  précieuse  de  couleur  rouge,  symbole  de  la  charité, 
II,  617. 

Grenouille,  symbole  d'ignorance  et  d'imperfection,  1, 95;  —  des  dé- 
mons, II,  270 ,—  et  pourquoi,  271,  272  ;  —  III,  364;  —  de  l'avarice ,  II , 
272;—  de  la  luxure,  272;— III,  377;—  des  méchants  et  des  iusulteurs, 
273.  —  Ses  cendres  employées  dans  la  magie,  II,  273  ;  —  III,  395.  —  N'a 
pas  d'opposition  favorable  dans  son  symbolisme,  365,  445. 

Grbtzer  ,  savant  jésuite ,  auteur  du  livre  De  sancta  critce  Chrisli, 
Son  éloge ,  III ,  169. 


566  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Griffon,  animal  fentastique  tenant  da  lion  et  de  l'aigle,  symbole  da 
Dieu  Mithra,  I,  167 ,  —  et  d'Osiris,  168 ,  —  IV,  447,—  de  la  Tigilanee, 
I,  235,  —III,  465.  — Figare  du  démon;  son  rôle  àSaint»Marc  de  Venise, 
135.—  Deux  griffons  attaquant  un  homme  qui  s'en  défend  «  374.— 
Symbolise  Jésus-Christ  dans  le  poème  de  Dante,  354.—  Mystère  de  son 
existence  inconnue  et  cependant  mentionnée  au  Lévilique ,  444.  — 
Souvent  reproduit  par  l'art  chrétien,  465.  —  Représente  par  opposiUoo 
tantôt  Jésus-Christ,  tantôt  le  démon,  465  ;  —  IV,  36,  337.—  Temssaot 
deux  dragons,  ibid. ,  447.  —  Uni  à  un  capricorne,  38. 

Grilles  des  églises  h  ne  faire  que  dans  les  proportions  relatÎTes  des 
espaces  qu'elles  doivent  limiter.  Leur  ornementation  symbolique , 
ÏV,  340. 

Gris,  couleur  mixte,  symbole  du  bien  mêlé  de  mal,  I,  345,  — du 
demi-deuil,  346,  —  de  l'innocence  calomniée,  346,  —  du  repentir,  346 , 
—  de  la  résurrection,  346.  —  Donné  &  Jésus  jugeant  les  hommes,  M7. 

Grotesques  de  la  sculpture  chrétienne,  mal  compris.  Leur  raison 
d'être,  IN,  345,  351.-  Garnissant  les  marges  des  manuscrits  du 
XVI*  siècle,  IV,  30,  31  et  suiv. 

Grotius  a  calomnié  le  Cantique  des  Cantiques,  II,  115. 

Gryllus,  personnage  satyrique  ridiculisé  par  Antiphile,e8t  probable- 
ment l'un  des  compagnons  d'Ulysse,  I,  289. 

GUDULB  (Sto).  Sa  lampe  éteinte  par  le  diable,  III,  372. 

GuÂRANQBR  (Dom),  abbé  de  Solesme,  auteur  des  Institutions  litur- 
giques. Ce  qu'il  y  dit  de  l'hymne  Ustabundus,  attribuée  &  S.  Bernard, 
IV,  254,.— du  chant  grégorien  aux  xi«  et  xii*  siècles  dans  son  Annie 
liturgique,  255. 

GCERRB.  Symboles  divers,  I,  203, 204;  —  II,  176.—  Guerre ,  première 
plaie  de  l'Apocalypse,  176. 

Gueule,  couleur  rouge  dans  le  blason.  II,  542, 548. 

Guide  de  la  peinture,  ouvrage  de  l'école  byzantine  du  moyen  flge 
Où  sont  consignés  les  principes  de  Ticonologie  religieuse  du 
xii«  siècle,  11,341. 

Guibert  (Mir)t  évèque  de  Viviers,  actuellement  archevêque  de  Paris. 
Ce  qu'il  dit  &  son  clergé  de  l'étude  du  symbolisme,  IV,  183. 

GuiDO  Reni  ou  le  Cnide,  peintre  bolonais  du  xvi*  siècle.  Chasteté  de 
son  Hercule  tuant  l'hydre  de  Lerne,  IV,  390. 

Guillaume,  abbé  de  Saint-Thierry  de  Reims  au  xii*  siècle.  Occasion 
de  la  lettre  apologétique  de  S.  Bernard  sur  le  symbolisme  des  sculp- 
tures des  églises,  II,  593. 

Guillaume  IX ,  comte  de  Poitou  au  xii«  siècle.  Caractère  mélanco- 
lique de  ses  compositions  musicales,  IV,  257.  —  Ce  caractère  venu  jus- 
qu'à nous  dans  lés  hymnes  du  chant  romain,  258. 

Guillaume  de  Lorris,  premier  auteur  du  Boman  de  la  Rose,  II,  675. 


TABLE  GÉNÉRALE.  $67 

GuiLLAUMB  DB  MalmssburYi  hUlorien  angUigy  signale  la  paix  exis- 
tant en  Angleterre  et  en  Normandie  an  zi«  siècle,  III»  23. 

GuiLLAUMB  LE  NORMAND ,  trouTôre  du  xfi«  siècle,  autear  d*ua  Phy* 
siologue,  n,  462;  —  III,  475  ;--  édité  par  M.  Hippeau,  476. 

Guy  d*Arbzzo,  bénédictin  du  zi«  siècle,  invente  la  gamme  diato- 
nique. RéTolution  qu'il  produit  dans  la  science  musicale,  IV,  249,  253. 


H 


Habagug  ,  prophète,  portant  un  repas  &  Daniel  ;  combien  mal  inter- 
prété par  quelques  archéologues ,  III ,  138.  —  Son  costume  symbolique 
au  moyen  âge,  rv,  211. 

Habit  mi-partie  de  Pierre  de  Beaumont,  I,  206.  —(Voir  Ck)STDHES, 

VÊTEMENTS.) 

Habron,  peintre  grec.  Son  tableau  de  La  Concorde  et  V Amitié, 
1 ,  288. 

Hadrien  (L'empereur).  Ses  médailles  allégoriques ,  1 ,  265 . 

HAaiOQRApHiB,  aidée,  quant  à  son  sens  mystique,  par  le  Balional  de 
Durant,  II,  643.  —  Source  des  sculptures  historiées  de  nos  églises,  III, 
259.  —  (Voir  Saints.) 

Hallam  ,  auteur  de  V Europe  au  moyen  âge.  Son  erreur  sur  Tinven- 
Uon  de  l'ogive ,  UI ,  199. 

Hauhbr  (De).  Examen  de  ses  idées  sur  le  culte  de  Mythra  ,  1 ,  165 
et  suiv. 

Harmonie,  une  des  première^  conditions  de  Fart.  En  quoi  elle  con- 
siste ,  m ,  253 ,  255. 

Harpe,  symbole  des  passions  gouvernées  par  l'amour  de  Dieu,  II, 
169,  172,  257,  497.  —  Par  opposition ,  symbole  des  plaisirs  mondains  , 
17^.  —  Instrument  de  joie  des  Élus ,  263. 

Harpies.  Leur  symbolisme  dans  l'art  ancien ,  1 ,  334. 

Hauts  lieux  ,  choisis  de  préférence  pour  les  temples  païens  ou  les 
simples  adorations,  1,227, 229.  —  Cette  préférence  observée  aussi  par 
la  vraie  religion ,  229. 

HÉCATE ,  déesse  des  f anérailles ,  couronnée  de  roses  à  cinq  feuilles , 
1,149,328. 

HÉLÈNE  (S**),  mère  de  Constantin.  Symbolisme  de  son  église  du  Saint- 
Sépulcre  ,  à  Jérusalem ,  III ,  42. 

HÉLIOTROPE,  symbole  de  la  ferveur  chrétienne ,  1, 199. 

Herbe  :  jeunesse,  espérance,  succès,  quand  elle  est  verte,  II,  192;  — 
eflloresc^nce  des  enfants  de  Dieu ,  418. 

Hergulanum,  caractère  -des  peintures  qu'on  y  a  découvertes,  1, 475. 


568  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Hbrcuzjs  ,  symbole  de  la  force.  Winkelroan  suppose  une  ressem- 
blance toat  idéale  entre  sa  tête  et  celle  du  taureau,  I  ^  49.  —  Symbo- 
lisme de  ses  temples,  225.  —  Sa  statue  faite  en  fer,  268.  —  Tableaux 
allégoriques  du  demi-dieu ,  288.  ^  Le  symbolisme  chrétien  en  a  fait 
rimage  de  la  force  morale ,  Il ,  7  ;  —  III,  350  et  suiv. 

HÉRÉSIE ,  incapable  de  rien  créer  de  durable  pour  la  morale  on  pour 
les  arts ,  II ,  3.  —  A  toujours  amené  à  la  négation  de  toute  religion , 
30,  199, 399.  —  Condamnée  par  toute  la  tradition,  III,  300.  —  Ennemie 
de  l'Église  dès  son  berceau ,  II ,  162  >  337  ;  —  III,  74.  —  Symbole  de  la 
victoire  qui  la  terrasse  dans  le  Cavalier  des  façades  orientales.  II,  175. 
{WoiT  Cavaliers.) -^  VhéTésie ,  eau  amôre;  ses  fruits  empoisonnés, 
195.  —  Les  premières  hérésies  venues  des  Juifs  ,  198,  204.  —  Symbo- 
lisée par  des  sauterelles,  200 ,  203.  (Voir  Sauterelles.)  —  Lliérésie 
dépeinte  par  Tertullien  ,  203.  —  Exclue  de  l'Église ,  213.  •—  Ingénieu- 
sement symbolisée  par  une  miniature  du  xiii®  siècle ,  229.  —  Figurée 
par  les  reptiles,  271  ^  —  III,  337,  —  par  la  bète  de  l'Apocalypse,  II, 
337.  —  Acharnée  à  dénigrer  l'Église  et  ses  doctrines ,  405  ;  —  III ,  74. 
»  Symbolisée  par  les  entrelacs  de  certains  chapiteaux ,  543  et  suiv., 
345.  —  Cause  des  aberrations  de  beaucoup  de  demi-savants ,  345.  — 
Impuretés  des  hérétiques  stigmatisées  en  beaucoup  de  modillons  de  nos 
églises,412  et  suiv.,  422, 423.— L'hérésie,  ennemie  mortelle  de  l'art,  IV, 
236.— Les  hérésies  ont  commencé  avec  l'Église  :  les  nicolaltes,  II,  151. 

—  Hérésies  indiquées  par  des  monstres  hybrides,  IV,  333.—  Troubles 
que  l'esprit  hérétique  jette  dans  les  études  et  l'action  du  xv«  siècle,  344. 

—  Les  hérétiques  du  xii*  siècle  motivent  en  grande  partie  les  figures  de 
prêtres,  d'évêques  et  de  moines  condamnés  au  jugement  de  Dieu,  461. 

Héric  d'Auxerre,  symboliste  du  ix*  siècle.  Son  Poènie  de  la  vie  de 
S.  Germain  ;  ce  qu'il  y  dit  des  six  jours  de  la  création ,  II ,  533. 

Hbrman  Contragt,  moine  de  Richenau  au  xi*  siècle,  auteur  de 
VAlma  Rcdemptoris,lVj  253. 

Hermann  de  Werden  ,  bénédictin  du  xii«  siècle.  Idée  de  son  Horlus 
deliciarum  Salomonis ,  III ,  555 ,  556. 

Hbrhas,  disciple  de  S.  Paul.  Son  livre  Du  Pasteur <t  où  il  symbolise 
l'Église  sous  la  figure  d'une  tour ,  II,  432.  —  Idée  de  Tensemble  de  ce 
livre ,  373. 

Hermine,  une  des  deux  fourrures  du  blason,  II,  549. 

EÉRODB  I«<^  persécute  la  Sainte  Famille,  II ,  240;  —  III,  334.  —  Tenté 
par  le  démon  ,  311 ,  —  qui  joue  de  la  viole  au  bal  où  danse  Hérodiade, 
372.  —  Comparé  au  renard,  467,  491.  —  Prédit  par  la  sibylle  Euro- 
péenne ,  IV,  104. 

HfiRRADE  DE  HoHBNBURG,  abbcsse  du  xii«  siècle.  Beauté  et  prix  de  ses 
travaux ,  III ,  61.  —  Son  histoire  et  celle  de  son  Ortus  deliciarum ,  II, 
245,  454,  574  et  suiv.;  — III,  475,555. —  Son  iconographie  symboli- 
que de  la  crucifixion ,  II ,  454  et  suiv.—  Connue  de  S.  Thomas  jd'Aqnin, 
457.  —  Sculptée  à  la  cathédrale  de  Worms ,  457.  —  Ce  qu'elle  dit  de 


TABLE  CÉNÉRALE.  509 

la  lottrmi ,  III ,  489.  —  Son  image  de  la  Trinité ,  lY,  T7.  —  Ses  idées 
sur  le  tbéAtre  et  ses  abns ,  228. 

HBRvéB ,  évèque  de  Troyes  de  1207  à  1223.  Galice  d*argent  trouvé 
dans  son  tombeau ,  IV,  335. 

HÉSIODE.  Son  poème  Des  Travaux  et  des  Jours,  I,  218. 

Hexagone.  Sa  signification  mystique,  III ,  110. 

HiBOU^  attribut  de  Minerve  ,  symbolisait  la  méditation ,  I,  233  ^  286. 
—  Son  symbolisme  dans  l'art  chrétien,  II ,  301  ;  —  IV,  450. 

HiÉRARGHiB.  Le  traité  De  la  Divine  Hiérarchie,  de  S.  Deuys,  II,  475, 
476. 

HiéROOLYPHES.  Première  écriture  mystérieuse  des  Égyptiens ,  1 ,  17^ 
73, 148.  —  D'autres  peuples  en  font  usage,  19  etsuiv.  —  Hiéroglyphes 
curiologiques,  58.  —  Comment  les  hiéroglyphes  se  compliquent  de 
difficullés  qui  en  obscurcissent  la  simplicité  primitive,  74, 93  et  suiv. 
^  Garnissaient  en  Egypte  la  surface  de  tous  les  monuments,  74.-^ Leur 
emploi  n'a  pas  créé  les  erreurs  mythologiques  du  monde  ancien,  76.— 
Analyse  du  livre  des  symboles  d'Horus  Apollon,  91  et  suiv.  —  Le  Dis- 
cours de  Langlois  de  Délestât,  96.  -^  Ses  Tableaux  sur  le  même  sujet, 
96.  —  Les  hiéroglyphes  ont  dû  admettre  des  chiffres,  98.  —  Beaucoup 
ont  été  empruntés  par  le  Christianisme,  II,  5.  —  (Voir  Egypte.) 

HiLAiRE  (S.)  de  Poitiers.  Ce  qu'il  dit  du  nombre  V,  I,  121 ,  —  de  la 
meule  tournée  par  une  béte  de  somme,  II,  310,  —  de  l'Eglise  sous  les 
traits  d'une  Épouse  vertueuse,  419.  —  Beauté  de  son  génie  et  de  ses 
écrits,  490,  491,  494.  —  Ce  qu'il  dit  de  la  Table  eucharistique  et  des 
fidèles  qui  l'entourent ,  492.  —  Défend  la  Trinité  contre  les  ariens , 
mais  n'y  emploie  aucun  symbole ,  IV,  76.  —  Manuscrit  de  S.  4Iilaire 
légué  au  Y*  siècle  par  S.  Perpétuus  à  son  Église  de  Tours,  290. 

HtLDBBBRT,  évéque  du  Mans  au  xii«  siècle,  n'est  pas  l'auteur  du 
Physiologue  de  Tbéobald,  III,  476. 

HiLOBFONSE  (S.),  archevêque  de  Tolède  an  vu*  siècle.  Symboles  qui 
entourent  son  calice,  IV,  333.—  Son  Traité  de  la  virginité  perpétuelle 
(|e  Marie^  334. 

HiNGMAR,  archevêque  de  Reims  au  ix^  siècle.  Son  Fereulum  Salo- 
monis;  idée  de  ce  livre  ,  II ,  538. 

Hindous.  Leurs  dieux  puisés  dans  les  notions  bibliques ,  1 ,  156  et 
suiv.  —  Comment  ils  personnifient  la  nature,  160.  —  Autres  détails  de 
leurs  croyances,  161  et  suiv.  —  Leurs  arts  tout  empreints  de  symbo- 
lisme, 162. 

HiPPOCRATE.  Ce  qu'il  pense  des  nombres  dans  leurs  rapports  avec  la 
santé,  I,  114. 

HiPPOLYTE  (S.),  Père  de  l'Église  au  IP  siècle.  Sa  méthode  symbolis- 
tique,  II,  478. 

Hippopotame,  symbole  du  génie  du  mal,  1, 87. 

Histoire.   Bile  raconte  beaucoup  de  faits  aussi  peu  prouvés  que 


570  HISTOIRE  DU  STMBOLISME. 

certaines  légendes ,  Il ,  660.  —  Dénaturée  à  plaisir  anjourdlmi  an  ser- 
vice de  la  libre  pensée ,  III,  196,  199,  201.*  Les  assertions  Caoti^  de 
Tbistoire  doivent  être  eombattaes,  SOI.— Combien  Tbistoire  de  l*ËgMse 
doit  servir  la  peinture  chrétienne,  IV,  59.  —  L'bistoire  de  Tart,  insépa- 
rable de  celle  de  rbumanité ,  et  réciproquement,  234. 

Histoire  naturelle.  Erreurs  accréditées  par  Aristote  et  Pline,  I , 
332 ,  —  et  par  beaucoup  d'autres ,  sur  le  hibou ,  II ,  301 ,  *  sur  beau- 
coup d'autres  animaux  {voir  le  Physiologue  de  Théobald),  m ,  ISO, 
508.  —Utilité  d*un  Dictionnaire  symbolistique  {^histoire  naturelle,  151, 
RU.— Une  des  plus  abondantes  source^  du  symbolisme;  a  été  acceptée 
à  ce  point  de  vue  par  les  Pères  et  les  doctes  du  moyen  Age,  sans  la  dé- 
gager ,  et  pour  cause ,  des  préjugés  populaires  ou  scientifiques ,  470 , 
471 ,  472,  473 ,  510  et  suiv.—  Ses  erreurs  dues  aux  moyens  plus  res* 
treints  de  communication  et  de  voyages  des  siècles  passés ,  473. 

HoLZAUZBR  (Barthélémy),  un  des  derniers  interprètes  de  l'Apocalypse, 
1, 105;  —  II,  143. 

HoM,  arbre  mystérieux  de  l'Orient,  dégénérescence  de  celui  du  pa- 
radis terrestre,  1, 161  ;—  III,  528  ;  —  IV,  446.— Figure  dans  les  tympans 
des  églises  romanes,  ibid.  —  Son  histoire  et  ses  transformations ,  III, 
528.  —  Ses  rapports  avec  la  croix  de  la  Rédemption ,  529  et  suiv.  — 
Sculpté  aux  tympans  des  églises  :  à  Marigny  et  à  Colleville  (Calvados}, 
ni ,  531  ;  —  IV,  451,  455.  —  Significations  opposées  de  ce  même  type, 
itnd.,  446,  —  sur  des  étoffes  orientales ,  173  ,  451,  455 ,  459.  —  Variétés 
infinies  de  ses  types,  453. 

Homère  nous  donne  de  nombreux  détails  sur  les  croyances  religieuses 
de  Tautiquité,  I,  75.  —  Son  bouclier  d'Achille  ,  191  et  suiv.—  V Iliade 
est-elle  une  imitation  du  siège  de  Gabaa?  194.  —  Elle  n'est  qu'un 
symbole  de  l'union  des  petits  royaumes  de  la  Grèce,  190  et  suiv.,  — 
et  des  allusions  morales  aux  vertus  de  la  vie  humaine  ,217.  —  Valeur 
de  y  Odyssée  au  point  de  vue  symbolique,  217.  —  Prétendu  siège  d'Bo- 
mère  &  Scio,  235.  —  Il  a  le  premier  observé  le  symbolisme  des  cou- 
leurs, 29.^. 

Homme.  Symbolisé  par  le  triangle  scalène,  I,  53.  —  La  face  humaine 
donnée  à  rimage  de  Dieu  comme  plus  convenable,  81.— Les  cinq  sens  de 
l'homme,  132.  —  La  triple  faculté  de  son  Ame  fait  de  lui  l'image  du  Créa- 
teur, 147.— En  quoi  il  participe  de  toutes  les  créatures,  III,  316.— Homme 
sculpté  au  milieu  des  branches  d'un  arbre,  340  et  suiv.  —  Application 
de  la  zoologie  aux  mœurs  de  l'homme  ;  son  caractère  divin  altéré  par 
ses  penchants  charnels,  468  et  suiv.;  —  rv,  12.  —  L'homme  est  un  petit 
monde,  III,  506, 507;—  un  instrument  de  musique,  IV,  237.—  Merveilles 
de  sa  création  qui  lui  constituent  une  beauté  providentielle ,  342.  — 
Qu'on  a  déterminé  par  sa  forme  corporelle  la  forme  générale  et  les 
détails  de  nos  édifices  religieux,  III,  168,  169  ;  —  IV,  343.—  En  quoi 
la  chasteté  de  l'art  chrétien  fait  respecter  le  corps  de  Thomme ,  389. 

Honorius,  écolAtre  d'Autun,  symboliste  du  xii* siècle.  Ses  écrits.  H, 
564  et  suiv.,  578,  579. 


TABLE  GÉNÉRALE.  574 

HonACB>  cité  sur  le  nombre  tt,  1, 117. 

HoRAPOLLON^  auteur  d'un  Traité  des  symboles  égyptiens.  Analyse  de 
ce  liirre,  I,  91  et  suiv.  —  Époque  où  il  fût  écrit,  93. 

HORTUS  (ou  plutôt  Ortus)  DBLictARUM  (voir  Herrade,  qui  Ta  écrit 
ainsi). 

HoRU8>  fils  d'Isis  et  d'Osîris.  Ses  rôles  dans  la  mythologie  égyptienne, 
I,  87,  88.— G*est  l'Apollon  des  Grecs  et  des  Latins,  90,—  et  le  soleil,  92. 

HosTiB  ou  Pain  d'autel  ;  était  au  xi*  siècle  un  simple  disque  timbré 
d'une  croix  transversale,  III,  129.  —  Des  débris  d'hostie  jetés  symboli- 
quement du  haut  des  voûtes  au  jour  de  la  Pentecôte  en  certaines 
églises,  IV,  187.  —  Hostie  surmontant  un  calice  dans  une  sciUpture  de 
la  cathédrale  de  Strasbourg ,  II,  448,  —  Bottes  à  hosties  du  moyen  âge 
en  métal  émaillé,  IV,  337. 

Hroswita,  religieuse  de  Gandersheim,  en  Saxe.  Idée  de  son  Théâtre 
sacré,  traduit  par  M.  Magnin,IV,  201  et  suiv. 

HuGUBS  Gapbt.  Prophétie  de  Saint- Valéry  sur  le  règne  de  ses  descen- 
dants, I,  151. 

UuQDBS  DE  Saint-Victor,  symboliste  du  xii«  siècle.  Ce  qu'il  pense 
dee  nombres,  I,  137, 143.— Ses  ouvrages  et  leur  caractère  littéraire,  II, 
20,  36, 566,  668.  —  Ce  qu'il  dit  du  Livre  de  vie,  343,  —  de  la  colombe  et 
du  corbeau,  567,—  de  la  cloche  et  de  ses  détails  symboliques,  581,— du 
sens  spirituel  de  rÉcriture,  préférable  selon  lui  au  sens  naturel,  IV,  433. 

Huile  d'olives,  emblème  de  paix,  I,  204;  —  II,  124  ;  —  III,  559;  — 
symbole  des  Justes,  II,  177,—  de  la  prudence,  215,  —  du  martyre,  430. 
—  Saintes  huiles  ;  liturgie  de  leur  èonfectîon,  III,  76,  560.—  Huile  de 
la  lampe  du  sanctuaire,  84.  —  Pourquoi  exorcisée,  390,  560.—  Sa  signi- 
fication mystique  dans  les  sacrements,  559,  560. 

Humilité,  symbolisée  par  les  lies ,  II,  284 ,  —  par  l'abaissement  de 
l'abside  des  églises  au-dessous  des  autres  travées,  Ili,  183.—  Entre  dans 
nos  âmes  avec  la  lumière  évaugélique,  185.  —  Symbolisée  par  la  vio- 
lette et  l'hysope,  556. 

Huns.  Leurs  ravages  dans  l'Europe  occidentale  au  if  siècle  ;  re- 
poussés en  Italie  avec  Attila,  IV,  426. 

Huppe,  oiseau,  symbole  de  la  sottise  orgueilleuse,  III,  446. 

HuTTBN  (Ulric  de),  un  des  premiers  adeptes  de  Luther.  Ses  écrits  ob- 
scènes, rV,  386. 

Hyacinthe,  couleur  mêlée  de  bleu  et  de  rouge,  symbole  de  la  charité 
condescendante,  1, 332«—  Doutes  et  incertitudes  d'interprétations  sur  ce 
point,  332,  333, 334,  337.—  Pierre  précieuse,  de  la  couleur  de  la  fleur  de 
ce  nom,  symbole  de  la  condescendance,  332.  —  Erreurs  des  naturalistes 
à  son  sujet ,  332 ,  333.  —  Chassait  Tinsomnie ,  II ,  366.  —  Symbolise  la 
tribu  de  Dan  et  l'apôtre  S.  Paul,  383. 

HvBRinESr  animaux  formés  de  deux  ou  plusieurs  espèces.  Leur  signi- 
fication et  leur  origine  orientale ,  IlI,  464  et  suiv.  —  Une  jument  à  tète 


n 


572  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

de  femme,  1, 172,  528;  —  IV,  423.—  Lee  sauterelles  de  l'Apocalypse,  H, 
203,  205.—  La  béte  léopard-ours-lion,  244, 245  ;  —  III,  344.  —  Le  faune 
et  les  centaures,  519.—  Démons  hybrides,  III,  367, 370,  —  IV,  30, 32,— 
déracinant  un  arbre,  III,  374.—  Vaines  objections  contre  leur  présence 
dans  l'art  chrétien,  II,  589  et  suiv.,  593;  —  IV.  443.—  Spécimens  variés 
des  hybrides  du  iiP  siècle ,  II ,  597,  601;  —  III,  344  et  suiv.;  —  do 
xril*  siècle,  258, 345.  —  Ce  qu'Horace  en  disait  avant  le  Christianisme, 
464.  —  Hybrides  bizarres  du  xvi*  siècle,  IV,  30, 31,  —  mais  bien  carac- 
tériâés ,  33.  —  Chimères  hybrides  du  xv«  siècle  dans  la  sculpture  des 
églises ,  IV,  232.  —  Hybrides  du  vu»  siècle ,  333.  —  Ceux  du  xii«  siècle 
venus  de  l'Orient,  437,  443. 

Hymnes  de  la  liturgie  catholique  ;  leurs  beautés  littéraires  et  musi- 
cales. VAve,  maris  sieUa,  U,  520.  —  Hymne  de  S**  Florence,  556 .  —  HI, 
542  ;  — du  Saint-Sacrement,  par  S.  Thomas  d'Âquin,  II,  634;  —  Ifl,  557. 
—  Le  Veni  Crealor,  IV,  240  et  suiv.  —  L'hymne  de  S.  Jean-Baptiste 
(Il  queant  Iaxis,  dont  le  chant  est  une  mélopée  grecque  antérieure  de 
quatre  cents  ans  à  Jésus-Christ,  249. 

Hypocrisie,  animal  à  tête  d'homme.  II,  203,  205. 

Hysope.  Propriétés  symboliques  de  cette  plante.  II,  496. 

I 

Ibis  ,  oiseau  sacré  des  Égyptiens  ,  1 ,  87. 

Iconoclastes.  Leurs  manœuvres  au  deuxième  concile  de  Nicée ,  II , 
513;  —  III ,  54.  —  Ce  que  l'art  chrétien  soufifrit  de  leur  persécution, 
247.  —  Le  protestantisme  renouvelle  leurs  excès,  IV,  352. 

Iconographie  chrétienne  ,  ne  peut  s'interpréter  qu'à  l'aide  de  la 
science  symbolistique,  II ,  21,  341,  405  ;  —  III,  33.  —  Tout  y  est  sym- 
bolique de  ce  qu'elle  emprunte  à  la  nature,  IV  ,  458.  —  Usage  de 
n'exprimer  qu'une  partie  pour  l'objet  entier,  II,  341  ;  —IV,  109, 110,  431 
et  suiv.,  445.  —  Types  généralement  adoptés  par  les  artistes  pour  un 
même  sujet,  II,  348;  —  III,  389.  —  Puise  beaucoup  dans  l'Apocalypse ,  du 
iii^  au  XVI*  siècle,  II,  405.  —  Caractères  de  l'iconographie  du  xiu«  siècle, 
III ,  312 ,  —  et  du  xve  ,  IV  ,  229  et  suiv.  —  Elle  sert  de  catéchisme 
pour  l'enseignement  chrétien ,  111,321,  387  et  suiv,;  —IV,  3,  436.— ^S'est 
toujours  soumise,  durant  le  moyen  âge,  à  l'action  directrice  de  l'Église 
(voir  Artistes ,  Clergé) ,  —  qu'elle  abandonne ,  aux  xiv*  et  iv«  siècles, 
pour  les  caprices  d'une  liberté  nuisible,  IV,  229.  —  Origine  des  grotesques 
dans  la  décoration  des  églises,  250. 

Idiotismbs  bibliques,  devenus  autant  de  symboles  (voir  Bible). 

Idolâtrie.  L'adoration  des  idoles,  niée  par  Voltaire,  est  un  fait  his- 
torique de  l'antiquité,  1 ,  166.  —  Origine  du  culte  des  idoles,  246  et 
suiv.,  250;  —  III,  377. —  L'idolâtrie  des  trois  premiers  siècles,  cruelle 
contre  l'Église ,  II ,  200.  —Caractère  détestable  de  ce  crime ,  243 ,  244. 
—  Théodose  obligé  de  sévir  contre  lui  en  Asie,  443.  —  Sapcraonnifi- 


TABLE  GÉNÉRALE.  573 

cation  dans  la  béle  de  TApocalypse,  III,  359,  424.—  Les  idoles  animées 
par  le  démon  ,  377.  —  Elles  ne  sont  que  des  caricatures,  au  jugement 
des  Pères ,  378.  —  Les  païens  faisaient  très-laides  les  images  du  démon, 
381 ,  382.  —  Comparée  h  la  prostitution,  424.—  Comment  la  Loi  divine 
s'efforça  d*<;n  détourner  les  hommes,  443.—  Ses  symboles  variés ,  446. 

—  Quelques-uns  empruntés  par  le  Christianisme,  529.  —  (Voir  Mytho- 
logie.) 

If  ,  symbole  d'immortalité ,  1 ,  196  ;  —  III ,  82. 

Iles  ,  image  de  la  vie  mondaine  agitée  par  les  tempêtes,  II ,  281,  «— 
des  Ames  humbles, 281. 

bi AGES ,  résultat  nécessaire  de  l'intelligence  et  de  la  parole,  I,  3.  — 
Images  des  ancêtres  portées  aux  funérailles ,  1 ,  197.  —  Images  néces- 
saires au  Catholicisme  et  gardées  par  lui  contre  les  erreurs  des  artistes, 
m ,  54.  (Voir  Clergé,)  —  Erreur  sur  un  canon  du  concile  de  Franc- 
fort touchant  l'adoration  des  images,  247;  —  autres  décrets,  433.  — 
Elles  furent  au  moyen  Age  le  livre  de  ceux  qui  ne  savaient  pas  lire , 
402,  430,  434 ,  436  ;  —  IV,  50 ,  51,  354.  —  Leur  effet  sur  le  cœur  chré- 
tien ,  51,  354.  —  Violences  du  protestantisme  contre  les  images ,  352 
et  suiv.,  —  en  vain  défendues  par  Luther  lui-même  et  par  Érasme,  353. 

—  (Voir  Iconoclastes  ,  Iconographie.) 

Immortalité,  symbolisée  par  la  couleur  verte  de  certains  arbres,  I, 
196.  —  Symboles  païens  &  rejeter  dans  le  Christianisme  ,  200.  —  L'im- 
mortalité symbolisée  par  un  limaçon ,  IV,  37,  38.  —  Immortalité  de 
l'Ame  selon  Scipion  et  Macrobe,  1 ,  320.  —  Puisée  dans  notre  mort 
même  ,  328  ;  —  IV,  37. 

Imposition  des  mains  (voir  Pénitence  ,  Ordre). 

Imprimerie  (voir  Presse). 

Impureté,  réduit  l'homme  à  l'état  de  brute,  d'après  les  Apâtres  et  les 
Pères,  III,  468. 

Incarnation  du  Verbe  divin ,  dénaturée  par  les  Hindous ,  1 ,  156.  — 
A  pour  symbole  un  bouton  de  rose  blanche,  IV,  104. 

Incubes^  démons,  les  mêmes  que  les  faunes,  II,  519. 

Inde,  pays  superstitieux  où  le  diable  joue  un  grand  rôle  iconogra- 
phique, III,  382. 

Index  ,  tribunal  ecclésiastique  chargé  de  signaler  les  livres  contraires 
A  la  foi  catholique.  Sa  raison  d'être ,  II ,  35. 

Infidèles  (voir  Hérésie). 

Initiations  ,  ne  furent  d'abord  que  des  assemblées  religieuses  en 
Egypte,  I,  74  et  suiv.,  310,  312,  314,  325.  —  Furent  adoptées  par  le 
Christianisme ,  74  ,  319  ;  —  II ,  19.  —  Les  initiations  païennes  dégéné- 
rèrent en  impiétés ,  1 ,  75  ,  76  ,  356.  —  Sources  pour  l'histoire  de  cette 
franc-maçonnerie  antique ,  76 ,  77. 

Lnnogekge  ,  symbolisée  par  la  robe  nuptiale ,  II ,  423. 


574  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Innocent  III  (Le  pape).  Ce  qu'il  dit  de  la  Croix ,  II,  186. — Ses  écrits  ; 
défense  de  sa  méthode  symbolistiqae^  accusée  à  tort  d'exagération,  611. 

—  Son  traité  bu  Mépris  du  monde ,  613,  --Delà  Messe ,  615  ;  —  lY, 
178.  —  Ses  quatre  anneaux  d*or  envoyés  à  Richard  Cœur^de-Lion ,  H , 
616.-—  Fonde  Tordre  de  la  Rédemption-des-CaptifB,618.  —  ^U^jforttf 
des  deux  glaives ,  619.  —  Auteur  du  Veni  Sancte  Spiriius ,  621  ;  —  IV, 
254. — Ce  qu'il  dit  des  animaux  servant  la  justice  divine  contre  l'homme 
pécheur ,  III,  378 ,  —  des  quatre  clous  du  crucifix,  IV,  125.— Compose 
le  Slabal  ?  II,  621  ;  -  IV,  254. 

Innocent  VI  (Le  pape)  établit  la  fête  de  la  Sainte  Lance,  n ,  435. 

Innocent  Vlli  (Le  pape),  auteur  du  Pontifical  romain ,  m ,  76. 

Innocents  (Les  Saints),  massacrés  par  Hérode:  la  sibylle  Européenne 
l'avait  prédit,  IV,  104. 

Inscriptions  antiques ,  preuves  authentiques  des  assertions  de  l*his- 
toire  :  celle  du  Sinal  en  hiéroglyphes  égyptiens ,  I,  18.  —  Inscriptions 
d'autels ,  III,  270.  —  L'inscription  de  Piiate  ne  doit  pas  être  omise  dans 
l'image  du  crucifix,  IV,  127. 

Insolence  ,  symbolisée  par  une  mouche ,  1 ,  95. 

Inspecteurs  (voir  Monuments). 

Intailles,  ou  pierres  précieuses  gravées  :  symboles  relatife  à  la  navi- 
gation des  anciens ,  I,  242.  —  On  mêle  souvent  les  intaiiles,  durant  le 
moyen  âge,  à  l'orfèvrerie  sacrée ,  sans  discernement  de  leur  origine  et 
de  leur  iconographie  païenne,  IV,  299,  304. 

Introït  de  la  Messe.  Son  but  et  son  symbolisme  dans  le  chant  gré- 
gorien, IV,  246. 

laÉNÉE  (S.) ,  évêque  de  Lyon,  Père  du  li«  siècle, ce  qu'il  dit  des 
paraboles  évangéliques ,  Il ,  477. 

Iris  ,  est  Tarc-en-ciel  symbolisé ,  1 ,  296. 

IsAAC  symbolise  Jésus-Christ ,  1 ,  229  ;—  II ,  86  ,  562,  633. r-  En  quoi 
on  peut  l'associer  à  la  sibylle  Cymmérienne,  IV,  102. 

ISAAC,  évêque  de  Langres  au  ix*  siècle,  explique  l'imposition  des  mains 
dans  la  pénitence ,  II,  534. 

IsAÏB ,  un  des  grands  Prophètes ,  II ,  41.  —  Semble  avoir  vu  d'avance 
ce  qu'ii  dit  du  Sauveur,  61,  62.  —  Prédiction  de  la  paix  universelle  à 
son  avènement,  III,  467,—  et  de  la  Sainte  Vierge,  Û,  61.-T  Ses  actions 
symboliques  comme  Prophète,  Il ,  103.— Doit  être  représenté  les  pieds 
nus,  IV,  94.— Adjoint  dans  l'iconographie  à  la  sibylle  Tiburline,  108, 

IsCARiOTE.  Sens  de  ce  nom ,  1 ,  43. 

Isidore  (S.) ,  évêque  de  Séville ,  pratique  le  symbolisme  des  nom- 
bres, 1 ,  136  ;  —  II ,  526.  —  Ce  qu'il  dit  de  l'auréole  des  SainU ,  1 ,  303. 

—  Son  analyse  des  Livres  bibliques ,  II ,  36  ,  524  et  suiv.,  563.  —  Soa 
éloge  par  les  savants  ,  523 ,  526.  —  Autres  idées  symboliques  tirées  des 
choses  naturelles,  99, 100,  —  ou  appliquées  à  la  passion  du  Sauveur 
et  à  ses  conséquences  morales ,  100.  —  Il  est  un  des  Pères  qui  enten- 
dent le  mieux  la  science  symbolistique ,  526. 


TABLB  GÉNÉRALE.  575 

I8i8.  Pourquoi  toujours  couYerte  d'un  Yoile ,  1, 82.  —  Résumé  de  son 
histoire  dans  la  Table  Isiaque,  et  histoire  même  de  ce  monument,  84 
suÎY.  —  Relations  entre  Tlsis  des  Égyptiens  et  la  Junon  des  Grecs,  88. 
—  Ses  fêtes  dégénèrent  en  libertinage ,  90.  —  Pourquoi  couronnée  de 
lotus ,  159.  —  Symbolisée  par  une  Tache ,  161.  —  Son  temple  s'élevait 
dans  le  forum,  227. —Mystères  d'isis ,  et  leurs  dissolutions  révol- 
tantes ,  252.  —  Bobe  d'Isis ,  aux  couleurs  de  f  aro-en-ciel ,  296.  —  Isis 
noire ,  symbole  d'abondance  et  des  douleurs,  300.  —  Dupuis  en  fait  la 
Sainte  Vierge  Marie  ,  367. 

IsLAiiiSME  (voir  MABOHKr). 

IsLB  (Guillaume  de  V),  chancelier  de  l'Église  de  Rouen  au  xiv«  siècle, 
fonde  une  stipendie  pour  les  deux  chanoines  dont  le  rôle  aura  été 
mieux  rempli  dans  les  fêtes  de  VAne ,  IV,  215. 

Israël.  Sa  signification  symbolique ,  1 ,  43. 

IssAGHAR ,  fils  de  Jacob ,  symbolisé  par  le  taureau  du  Zodiaque ,  H  , 
109 ,  —  par  la  chrysoprase ,  382. 

Italie.  A  quoi  attribuer  le  peu  d'architecture  ogivale  qui  s'y  ren- 
contre î  IV,  380. 

Ivoire,  symbole  de  la  pureté,  III,  282.  —  Images  du  crucifix  préfé- 
rables en  ivoire  ,  505;—  IV,  329.  —  L'ivoire  ciselé,  employé  à  la  cou- 
verture des  livres,  41,  —  à  la  crosse  des  évéques,  164. 

Ivraie,  symbole  des  méchants  dans  l'Église,  II ,  425. 


Jacob  (Le  patriarche)  naît  avec  son  nom  symbolique,  1, 40.  —  Nom, 
symboliques  donnés  par  lui  à  ses  douze  enfants,  44  ;  —  II,  108  et  suiv.  ; 

—  III,  441.—  Mystère  de  ses  mariages  avec  Lia  et  Rachel,Il,409et  suiv., 

—  de  sa  bénédiction  sur  Éphralm  et  Manassé  ,  452,  453 ,  565  ;  —  IV, 
16.  —  Consacre  la  pierre  de  Béthel ,  111,267.  —  Associé  à  la  sibylle 
de  Cumes,  IV,  103. 

Jacoponb  (Le  B.},  auteur  du  Slabai?  II,  621  ;  —  IV,  254. 

.  Jacques  le  Majedb  (S.),  apôtre,  symbolisé  par  la  chalcédoine ,  II , 
379.  —  Témoin  de  la  Transfiguration  ;  symbolisme  de  son  nom,  532  ; 

—  celui  de  ses  attributs,  III,  145. 

Jacques  (S.)  le  Mineur.  Son  ÉpUre  catholiquey  II ,  45.  —  Comment 
il  y  définit  la  philosophie  humaine,  249.  —  Symbolisé  par  la  topaze, 
382.  —  Il  représente  Tespérance,  673.  —  Son  iconographie,  III,  145. 

Jamblique  ,  philosophe  platonicien  du  v«  siècle  >  emploie  le  mot 
symbole  dans  le  sens  de  l'auteur,  1, 5. 

Jansénisme,  a  souvent  interprété  l'Écriture  sainte  selon  le  besoin 
de  sa  caase,  II ,  55.  — Ses  erreurs  sur  la  grAce,  68.  «^  Ses  iiijustices 
contre  les  légendes,  648,  649. 

Jansêniub.  Son  Com)nentaire  sur  U  Peniateuque,  II,  95. 


n 


576  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Janssens  (Hermann).  Sod  Herméneutique  sacrée,  U,  56. 

Janvier.  Explication  du  signe  zodiacal  qui  s'y  rapporte,  et  des 
travaux  qu'on  y  fait,  III,  457. 

Jardin  ,  symbole  de  TÉglise  ,  IV ,  357.  —  Jardin  fermé ,  symbole  de 
Marie  et  de  sa  virginité,  ibid. 

Jaspe,  pierre  précieuse  dont  la  couleur  verte  symbolise  la  nature 
divine  toujours  florissante,  I,  321 ,  —  II,  163,  165 ,  —  et  TespéraDce  à 
cause  de  sa  couleur,  166.  —  Elle  guérissait  les  maladies  de  langueur, 
366,  667.  —  Exprime  la  durée  de  la  vie  étemelle,  367,  376,  —  la  foi  , 
la  tribu  de  Gad  et  l'apôtre  S.  Pierre,  378.  -^  Raison  de  cette  dernière 
signification,  616,  —  III,  289. 

Jaucourt,  encyclopédiste  voltairien,  dénature  le  beau  caractère  des 
Pères  de  l'Eglise,  II,  485,  —  et  des  sibylles,  lY,  96. 

Jaune  ou  Or,  couleur  symbolique  du  soleil  ou  Apollon,  et  de  la  Di- 
vinité suprême,  I,  302  ;  II,  381.  —  Ses  significations  néfastes,  I,  305,  317, 
323  ;  —  ses  règles  d'opposition,  306,  323  ;  —  IV,  9, 14, 15. 

Javelot  ensanglanté  ,  signe  de  guerre  déclarée ,  chez  les  Romains, 
I,  204.  ' 

Jean-Baptiste  (S.).  D'où  vient  son  nom  71,  40,  46  ;  —  III ,  290.  — 
Feux  de  joie  usités  à  sa  fête,  310,  —  II,  644  ;  —  IV,  105,  181.  —  Sa 
statue  ou  ses  images  dans  les  baptistère»,  III,  290, 291,  296  et  suiv.  ;  — 
IV,  93  ,  94.  —  Baptise  le  philosophe  Graton ,  III ,  299  ;  —  prêche  le 
peuple  juif,  300.  —  Pourquoi  sa  tête  est  rouge  dans  un  vitrail  de 
Bourges,  IV  ,  13.  —  Un  de  ses  attributs  est  la  nudité  des  pieds  ,  93, 
94.  -^  Associé,  et  pourquoi,  à  la  sibylle  Llbyque ,  105.  —  L'hymne  de 
S.  Jean  Ut  queant  Iaxis,  chantée  encore  sur  l'air  d'une  mélopée  grecque 
du  iv«  siècle  avant  Jésus-Ghrist,  249. 

Jean  Chrysostome  (S.)>  Père  du  v«  siècle,  grand  symboliste,  II,  501. 
—  Ge  qu'il  dit  du  démon,  III,  360,—  de  l'homme,  comparé  à  un  instru- 
ment de  musique,  IV,  237. 

Jean  Damascènb  (S.).  Son  drame  de  Suzanne,  IV>  192. 

Jean  de  Mâtha  (S.)  fonde  la  Rédemption-des-Gaptife,  II,  618. 

Jean  de  Mbung,  second  auteur  du  Roman  de  la  Rose,  II,  673  ;  —  III,  31 1. 

Jean  l'Aumônier  (S.)  envoie  des  secours  en  Palestine  pour  rétablir 
les  églises  détruites  en  615  par  les  Arabes,  III,  51. 

Jean  l^Ëvakqéliste  (S.)^  apôtre,  vêtu  d'une  robe  verte,  symbole  de 
la  charité  ,  1 ,  320  ;  —  II  ,  355.  —  Son  costume  complet,  403,  450  .  — 
Symbolisé  par  l'émeraude  pour  la  même  raison  ,  379.  —  Raison  de 
son  aigle  symbolique,  44  ;  —  III,  145  ;  —  IV,  319.  —  Garactère  de  «es 
trois  ÉpUres ,  II ,  46,  —  de  son  Apocalypse  ,  qui  est  l'histoire  prophé- 
tique des  trois  premiers  siècles  de  l'Église,  47,  141, 224.  -^  Représenté 
entouré  de  sept  églises ,  170.  —  La  mort  de  Domitien  finit  son  exil  à 
Pathmos ,  212.  —  Assistant  au  Jugement  dernier ,  347.  —  Sa  charité , 
347,  450.  —  S.  Jean  baptisant ,  403.  —  Rapport  entre  son  costume  et 
celui  du  Sauveur,  403.  —  Au  pied  de  la  croix ,  448 ,  450,  451  ;  —  lY  j 


TABLE  GÉNÉRALE.  577 

139  ;  —  mal  renda  ainii  eo  quelques  tableaux  du  xvi*  siècle.  II,  491. 

—  Symbolise  la  cUarité  dans  le  Paradis  de  Dante,  673.  —  Près  de  Jé« 
sue-Christ,  III,  45.  —  Son  iuonographie,  145;  —  IV  ,  36,  319.  —  Il  est 
l'aigle  des  lutrins ,  319,  320. 

JBHAN  (Prbstrb),  légendaire  du  xii*  siècle.  Ses  traditions  menreil- 
leuses,  11,367. 

JÉHOVAH,  nom  de  Dieu  en  hébreu.  Sa  représentation  symbolique , 
1,53. 

JÉBÉuiB  prophétise  les  douleurs  de  Jésus-Christ  et  les  malheurs  de 
Jérusalem,  II,  41.  —  Ses  chaînes  symboliques  envoyées  aux  rois,  103. 

—  Associé  à  la  sibylle  Cymmérienne,  IV,  102.  —  Son  costume  au  moyen 
Age,  211. 

JftRÔMB  (S.).  Ce  qu'il  dit  du  symbolisme  des  nombres  et  des  signes 
dactylologiques,  I,  56, 121, 145,  •—  du  jour  du  Sabbat,  450, 151,  —  du 
symbolisme  en  lui-mdme,  II,  6,  —  des  cierges  liturgiques ,  489.  —  Son 
Prologue  sur  tous  les  livres  bibliques,  36  et  suiv.  —  Sa  science  scrip- 
turaire,  95,  96,  489.  —  Ce  qu'il  dit  des  cierges,  489  ,  —  de  Notre-Sei* 
gneur  comparé  à  Jonas,  III,  467.  —  A  un  livre  pour  attribut,  IV,  91, 
375,  —  et  un  lion.  376.  ~  Représente  la  nouvelle  Loi  dans  la  Vierge  au 
po%S5ùn  de  Raphaël,  376. 

JÉRUSALEM.  Quadruple  allégorie  qui  se  rattache  &  ce  nom,  II,  54.  — 
Prise  dans  un  sens  symbolique,  80.  —  Est  la  figure  de  l'Église,  112, 351, 
368  et  suiv.,  414  et  suiv.;  ^  IV,  213  et  suiv.  ^  Avait  eu  quinze  évêques 
jusqu'à  l'empereur  Adrien,  II ,  186.  —  Figure  symbolique  du  ciel ,  351, 
388;  —III,  161.  —  Description  merveilleuse  qu'en  fait  l'Apocalypse, 
II,  368  et  suiv.  —  Ses  dimensions  symboliques,  374  ,  375.—  Son  inté- 
rieur, 385  et  suiv.— Église  du  Saint-Sépulcre,  et  son  symbolisme, III,  42. 

Jesrael  :  sans  miséricorde  ;  nom  prophétique,  II,  194. 

Jbbsé,  confondu  avec  Wichnou  par  M.  Portai,  I,  340.  —  Histoire  comi- 
que de  cette  confusion  dans  une  verrière  de  Chartres,  342  ;—  autre  bévue, 
IV,  142.  —  Symbolisme  de  VAîbre  de  Jessé  dans  une  prose  d'Adam  de 
Saint-Victor,  11,570.—  Mal  compris  dans  une  verrière  du  xvi«  siècle,  III, 
277, 278,  —  mieux  dans  une  autre  du  zii*,  IV,  18.  —  Opposé  au  péché 
originel,  lil,  318. —Ses  spécimens  remarquables»  572,— IV,  142.  —  Beau 
modèle  à  imiter,  143. 

Jésus-Christ  accepte  le  nom  symbolique  de  Samaritain,  1, 44  ;  —II, 
176,314,315.— Rguré  par  Jonas,  I,  120,— 11,495,— III,  309, -IV,  6,116, 
422,  469,  —par  Joseph,  II,  633,—  par  le  nombre  9, 1, 152,—  par  Salo- 
mon,  II,  633,  — parNoé,  III,  2,  — IV,  122,  — par  Isaac,  I,  229,— 11,86, 
409,  563,  633.—  La  pierre  du  désert,  5, 69,  360.  —  Autres  symboles  qu'il 
revêt,  11,  38,69,  86,99,  260, 384,  501.— Son  costume  dans  l'Apocalypse, 
150,  210, 260,  298,  402,  404.  —  Ses  noms  prophétiques,  58, 156,  170, 194, 
315,  318,  397,  437, 456.  —  Couronné  d'or,  260.—  Arbre  de  vie,  392,  395. 

—  Revêtu  de  blanc,  I,  298 ,  —  II,  260,  298,  340, 404,  —  IV,  12 ,  —  quel* 
quefois  de  noir,  par  opposition,  I,  301;  —  de  jaune  ou  d'or,  302,  303; 

—  manteau  violet ,  Il ,  338 ,  355 ,  402.  —  Alpha  et  oméga ,  1 ,  303  (voir 

T.  IV.  97 


^78  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

Alpfut);  —  m,  311.— Véia  de  blanc  et  de  rouge  après  sa  résorrectiott, 
1 ,  309, 315 ,  358 ,  —  d'une  robe  blene  pendant  sa  prédication,  315,  — 
IV,  13,  —  brune  et  violette  pendant  la  Passion,  1 ,  316,  335, 336,  344, 
404,  —  verte  pendant  son  enfance,  335,  —  IV,  0, 149,  —  bleue  et  rouge 
dans  sa  vie  humaine,  I,  335,  336 ,  —  II,  338, 3S5 ,  -  ï  V,  13.  —  Sons  la 
forme  d'un  Ange  dans  l'Apocalypse ,  II ,  210 ,  298 ,  337,  371.  —  Jésus  an 
tombeau,  d'après  un  bréviaire  de  Salisbuiy  du  xv«  siècle,  I,  312,  316. 

—  Lumière  du  monde ,  IV,  106.  —  Jésus-Christ,  grand  initiateur  des 
vérités  étemelles,  I,  319;  —  II,  159,  364,  388,499;  —  IV,  94.— N'est  pas 
né  dans  le  péché,  l,3i\.  —  Domine  justement  toutes  les  religions, 
d'après  Dupuis,  368.  —  Tout  vient  de  Lui  et  s'y  rapporte  dans  la  reU- 
gion  par  les  symboles  nombreux  qui  l'y  expliquent,  IL  11, 18,  54,  «t, 
106,  107,  231,  315,  364,  385,  410,  498,  516,  635  ;  -  III,  442,  467.-  Ses  aa^ 
cêtres  bibliques  sont  autant  de  symboles  de  sa  personne,  aussi  bien 
que  beaucoup  d'autres  personnages  célèbres,  II,  38,  159, 160, 397, 494, 
535.  —  Il  se  montre  lui-même  dans  les  écrivains  sacrés,  59  et  suiv.  64* 
81, 150,  388  ;-  III,  467  ;  -  IV,  376.  -Ne  rien  croire  de  Lui  que  d'aprte 
les  Apôtres  et  les  Pères ,  II,  81.  —  Quelques  acUons  symboliques  de  la 
vie  du  Sauveur,  72, 410—  Pierre  angulaire  de  l'Église,  370  ;  —  ffl,  111; 

—  IV,  80.—  Son  antagonisme  avec  Satan,  II,  231, 324,  337;— 01,  374.— 
Figures  bibliques  du  Sauveur  sacrifié,  II,  99,  171.—  Pourquoi  nommé 
Fils  deVhommA,  150.- Symboles  de  son  humanité,  151;  —  m  483-  — 
rv,  12.  —  Type  futur  de  tous  ceux  qui  sauvent  Israël  dans  l'ancienne 
Loi,  II,  516;  —  III,  309.  —  Nimbes  variés  dont  on  le  pare  selon  lescir- 
constances,  II,  338,  346,  404,  458.  -  Son  auréole  elliptique ,  153  299 
404;  -  IV,  82.- Caractère  de  sa  Divinité,  II,  314,  316,  388;  -  UI  334  et 
suiv.  —  Son  nom  inconnu  dans  l'Apocalypse,  H,  155, 158, 185.  315  316, 
318  340, 353.-  Etoile  du  matin,  156,  397.  -  Qef  de  David,  153.  (Voir 
CUf.)  —  Agneau  immolé,  ouvrant  seul  le  Livre  des  sept  sceaux   171 
450.  —  Vainqueur  des  ennemis  de  l'Église,  266,  291    315,  324    338  — 
Un  avec  son  Père,  171, 173,  187.  -  Homme-Dieu,  172,  393.  -  Sa  pres- 
cience, 172,  388.  —  Les  sept  attribute  de  sa  sainlelé  ,  173 ,  174.  —  Son 
triomphe  sous  les  traite  du  cavalier  de  l'Apocalypse ,  174  et  suiv.,  315 
?«   xTo  ^'•*»7,°^y»îi<ï^«>  in,  519.  -  Verbe  de  Dieu ,  n .  316.  -  Orient. 
III,  U2  ;  -  ly,  105,  124, 219,  220.  -  Époux  de  sang.  II,  456.-  Il  est  lé 
bonheur  des  Sainte  dans  le  ciel,  185, 188, 404  ;  -  essuie  leurs  larmes, 
355.  —  Opposition  du  démon  à  sa  naissance  dans  les  Ames,  231.  —  Son 
sceptre  de  fer,  231 ,  317.  -  Ses  deux  natures,  symbolisées  par  le  lion 
et  1  agneau,  IV,  18.  -  Jésus-Christ  est  l'Orphée  des  catecombes  (voir 
Orphée).  —  Juge  du  dernier  jour,  II,  260,  313,  336,  340,  346  ;  —  III,  141. 

—  Sa  croix  triomphale  nimbée  de  rouge  croisé  de  blanc,  II,  338  ;  -  IV, 
106.  —  Poisson  symbolique  (voir  Poisson)*  —  Pourquoi  il  mesure  la 
Citésainte  du  ciel,  n,  371.  -  Il  est  la  porte  du  royaume  éternel,  384  ; 

—  m,  133,  286.—  Lumière  de  son  corps  glorieux,  II,  386  et  suiv.  404. 
-Ouvre  seul  le  Livre  de  vie,  388, 450.-Ce  Livre  mis  presque  toujours 
en  ses  mains ,  450  ;  -  IV,  126.  -  Sa  fuite  en  Egypte,  m,  334  ;  -  IV, 
104.  —  Son  cœur  frappé  de  droite  à  gauche  par  la  lance  de  Longin,  D, 
436, 456,  458,  565.  —  Conséquences  symbolistiques  de  ce  fait,  561  — 
Comparé  k  un  ver  de  terre)  pourquoi,  491.  -  Prédît  d*avance  dans  la 


TABLE  GÉNÉRALE.  579 

peraoïme  du  prophète  Elisée,  516,  —  et  dans  celle  d'Élie,  517  et  suiv. 
—  Lumière  étemelle ,  III ,  71  ;  —  IV>  105 ,  184.  —  Son  Image  devant  le 
palais  des  rois,  III,  133,  ^et  aux  façades  des  églises ,  141.  —  Lion  de  la 
tribu  de  Juda,  134,  453, 481.  —Griffon,  354, 466. —Répandant  la  lumière 
sur  les  Apôtres,  142  ;  —  IV,  105.  —  N'est  plus  respecté,  même  dans  les 
églises,  111,  287  et  suiv.—  Vrai  Dieu  et  vrai  homme,  414.— Type  artis- 
tique de  l'Enfant  Jésus ,  420  et  suiv.  —  Jésus-Christ  symbolisé  par  la 
panthère,  507, — par  l'fine ,  pour  les  bonnes  qualités  de  cet  animal,  IV, 
217.  —  Pourquoi  il  a  pris  paîfois  les  traits  d'un  laboureur  ou  d'un  jar- 
dinier, III,  452,  —  et  du  Bon  Pasteur,  469.  —  Autres  types  nombreux, 
467,  519;  —  IV,  12 ,  80  ,  94.  —  Son  costume  et  ses  attributs  habituels 
dans  l'art  chrétien,  119,  120,  141.  —  Barbu  ou  imberbe,  120.  —  A4ril 
un  type  de  laideur  convenue  ou  de  beauté  surnaturelle  ?  129.  —  Type 
de  sa  face  nimbée,  aux  catacombes,  132.  —  A  quelquefois,  quoique  en- 
fant, les  traits  de  l'Age  mur  sjrmbolisant  la  raison  parfaite,  140.—  Coïn- 
cidence de  sa  nativité  avec  la  course  ascensionnelle  du  soleil ,  184. 
Autres  types  nombreux ,  218,  221 .  —  Comment  est  symbolisée  sa  vie 
pénitente  sur  la  terre,  223. —  Son  caractère  de  juge  faussé  par  Michel- 
Ange  ,  362 ,  —  et  par  Orcagna ,  365  et  suiv.  —  Il  est  le  bon  Samaritain. 
(Voir  Agmeac,  Cavalier,  Lion,  LumiaK,  Messie,  Nimbe,  Orient, 
Samaritain.) 

Jeudi  saint.  La  communion  générale  du  clergé  y  est  un  reste  des 
drames  liturgiques  du  moyen  Age,  IV,  197. 

Jeûne,  symbolisé  par  les  nombres  4  et  40, 1, 126. 

Jêzabel,  symbole  de  la  persécution  antireligieuse  cruelle  et  obstinée, 

II,  156. 

JoACHiH,  époux  de  Suzanne,  figure  de  Jésus-Christ,  II,  479. 

Job  ,  Tun  des  livres  bibliques.  Objet  de  ce  livre;  Job  symbolise  les 
douleurs  et  la  patience  du  Sauveur,  II,  39.  —  Expliqué  par  S.  Grégoire 
dans  ce  sens,  102,  518,  519.  —  Avait  des  connaissances  astronomiques, 

III.  —  Image  des  Justes  persécutés  par  Satan  et  gardés  par  Dieu  , 
236;  —  IV,  30.  —  Adjoint  à  la  sibylle  Phrygienne  pour  ce  qu*il  dit  de 
sa  propre  résurrection,  IV,  106. 

Juin  VILLE  (Le  sire  de),  historien  de  S.  Louis.  Ce  qu'il  dit  de  S.  Louis 
et  de  sa  peur  du  diable,  III,  360. 

Jonas,  figure  de  Jésus-Christ,  1, 120;  —  II,  495;  —  IV,  16, 106, 469.  — 
Son  image  date  des  temps  primitifs  aux  catacombes,  500  ;  —  III,  46.  — 
Adjoint  à  la  sibylle  Phrygienne,  106. 

Joseph  (S.),  époux  de  la  Sainte  Vierge.  Convenance  de  lui  consacrer 
la  chapeUe  absidale  du  côté  sud  dans  nos  églises,  III,  207.  —  Tient  la 
bride  de  l'Ane  dans  la  fuite  en  Egypte,  334.  —  A  un  lis  pour  symbole, 
544. 

Joseph  (Le  patriarche).  Signification  symbolique  de  ce  nom,  1, 44.-* 
Vendu  par  ses  frères,  allégorie  de  Jésus-Christ,  II,  51  ;  —  FV,  103.  — 
Symbolisé  par  la  tierge  du  Zodiaque,  II,  110.— Sa  vision  symbolique, 
110.  —  Figuré  par  la  chaleédoine  pour  sa  miséricorde ,  379, 


580  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

JosÂPHE^  historieu  juif,  utile  pour  l'hUtoire  des  symboles  de  sa  na- 
Uon,  II,  95, 108. 

Josu  ou  Osée  signifie  sauveur;  pourquoi,  I,  44;  —  11,  58,  5âl.  — 
But  et  contenu  de  son  li^re  historique  daus  la  Bible,  37. 

JouARRE,  abbaye  de  la  Brie  ;  crypte  du  iv*  siècle.  Ses  poissons  sym- 
boliques, III,  331,  —  et  ses  autres  motifs,  IV,  423. 

Joug,  symbole  de  captivité,  I,  203;  —  de  Jésus-Christ,  puis  de 
soumission  et  d'obéissance  morale,  11,231. 

JouHET,  village  du  Poitou  (Vienne);  ancienne  chapelle  funéraire. Ses 
peintures  du  Dict  fies  trois  vifs  et  des  trois  morts,  III,  90.  -^  SépuHuie 
des  Moussy  de  La  Contour,  91. 

Jour.  Comment  il  doit  être  symboliquement  ménagé  dans  les  églises, 
m,  189. 

Jourdain,  fleuve  de  Palestine  ;  symbolisé  dans  la  prose  de  CAne,  lY, 
221. 

JoviNUS,  général  chrétien  des  armées  de  Julien  TÂpostat  au  iv«  siècle. 
Description  d'une  chasse  symbolique  sculptée  sur  son  tombeau  à  Reims, 
II,  509  ;  —  III,  88. 

JuBAL,  inventeur  de  la  musique  instrumentale,  I,  65.  —  Autres  per- 
sonnages auxquels  cette  invention  est  attribuée,  IV,  259. 

Jubé.  Son  histoire;  ses  positions  diverses,  III,  217.—  Jubés  symbo- 
liques de  Ravenne,218;  —celui  de  Saint-Étienne^u-Mont,  à  Paris,  219. 
—  Souvenirs  symboliques  qui  se  rattachent  aux  jubés, 219.  —  Utilité 
de  les  rétablir  dans  les  églises  modernes,  219. 

JuDA,  61s  de  Jacob,  symbolisé  par  le  Lion  du  Zodiaque  et  par  Jésus- 
Christ,  II,  109,  —  par  l'émeraude,  379. 

Judas  Isgariote.  Sens  allégorique  de  ce  nom  ,  1 ,  43  ,  —  de  sa  robe 
jaune  ou  bleue,  305,  317,  —  de  ses  cheveux  roux,  307. 

JuDB  (S),  apôtre,  autrement  Thaddée,  auteur  d'une  des  Épîtres  ca- 
tholiques. But  et  caractère  de  cet  écrit,  II,  46.  —  Symbolisé  par  la  chry- 
soprase,  382.  —  Ses  attributs  iconologiques,  III,  148. 

Judith,  sainte  femme.  Son  histoire,  objet  d'un  des  livres  de  la  Bible; 
figure  de  la  Sainte  Vierge,  II,  39,  54. 

Jugement  de  Dieu  contre  les  ennemis  de  l'Église  primitive,  II,  165, 
182.  —  Jugement  du  Sauveur  traduit  sur  les  façades  des  églises,  169, 
191 ,  343  et  suiv.,  638.  —  C'est  aussi  le  jugement  dernier ,  183.  —  Pro- 
phètes qui  en  ont  parlé,  183,  260.  —  Description  par  l'Apocalypse,  260, 
313, 343  et  suiv.  —  Toutes  les  conditions  de  la  société  y  sont  représen- 
tées, 344;  —  III,  141  ;  —  IV,  461.—  Le  jugement  figuré  en  diverses  pa- 
raboles, II,  423, 424,  —  aux  modillons  des  églises,  III,  318.—  Gomment 
Satan  y  figure  à  la  cathédrale  d'Amiens,  366.  —  Comment  Michel-Ange 
en  a  dénaturé  le  caractère  solennel,  IV,  362,  364.^  Celui  d'André  Orca- 
gna,  365,  366  ;  —  celui  d'Ange  de  Fiésole,  368. 


TABLE  GÉNÉRALE.  581 

JcoBS ,  dénoinloation  générale  donnée  aux  grands  et  aux  princes 
chez  les  Juifs,  II,  28.—  Nom  de  l'un  des  livres  historiques  de  la  Bible; 
son  objet  et  son  symbolisme,  37. 

JuiFtf,  acceptent  la  science  des  noms  symboliques  comme  venant  de 
Dieu,  1, 99.—  Les  Juifs  modernes  ;  idée  de  leur  Talmud,  173  et  suiv.;— 
II,  96.—  Leurs  anciens  usages,  189.—  Leur  influence  sur  la  philosophie 
de  Pythagore,  279.  —  Usaient  du  symbolisme  des  couleurs,  294. —  Ont 
gardé  l'esthétique  divine  aux  autres  peuples,  348.  —  Ensemble  de  leur 
histoire  dans  les  livres  de  l'Ancien  Testament,  II,  36  et  suiv.— Aveuglés 
par  leur  orgueil  sur  Jésus-Christ  et  sa  venue,  67,  70.  —  Leurs  connais- 
sances astronomiques,  110.  —  S'opposèrent  tout  d'abord  à  l'Évangile, 
154.—  Ce  que  le  Christianisme  a  gardé  de  leur  Loi  abolie,  164.—  Leur 
ruine  prédite  dans  l'Apoca'ypse,  176.—  Juifs  convertis;  mêlés  de  toutes 
les  nations,  186. —  Accablés  de  maux  sous  Trajan  et  Adrien,  192,  193 , 
19 i.— Fauteurs  des  premières  hérésies,  198  et  suiv.—  Toujours  opposés 
par  aveuglement  au  Christianisme,  410,  446.  —  Leur  conversion  pré- 
sumée à  la  fin  des  temps,  445,  452,  563.—  Toujours  hais  des  chrétiens, 
446. — Leur  répudiation  prédite  par  Job  ,  489.  —  En  quoi  ils  préfigu- 
raient le  Sauveur,  IV,  221. 

Juillet.  Comment  désigné  dans  le  Zodiaque,  III,  458. 

Juin.  Ses  caractères  dans  les  zodiaques  chrétiens,  III,  458. 

Julien  l'Apostat.  Sa  guerre  au  Christianisme,  II,  148,  247,  251.  — 
Son  caractère  ,  ibid,  —  Aidé  des  sophistes  de  son  temps ,  249  ,  250  , 
251,  252,  254,  —  et  des  magiciens,  271, 274.  —  Sa  mort  malheureuse, 
277. 

JuNKER.  Son  traité  des  DivinUès  ailées,  I,  286. 

JuNON.  Convenances  symboliques  de  ses  temples,  1,225, 227,— et  de 
leur  pose  exceptionnelle,  285. 

Jupiter.  Origine  et  étymologie  symbolique  de  son  nom,  1, 80,  308;— 
IV,  13.  —  Fausse  donnée  de  Winckelmann  sur  la  ressemblance  de  sa 
tête  et  de  celle  d\\  lion,  1, 49.—  Pourquoi  on  lui  attribue  l'étain  comme 
symbole,  60.  —  Origine  de  son  surnom  d'Ammon,  79  et  suiv.,  314.  — 
Comment  le  paganisme  lui  donne  tous  les  attributs  du  Dieu  unique, 
81.  — Son  image  antique  revêtue  de  tous  les  symboles  qui  le  caracté- 
risent, 82, 169,  368.  —  Ses  rapports  avec  l'Osirisdes  Égyptiens,  88.  — 
Symbolisme  de  ses  temples,  226,  —  en  divers  lieux,  229.  —  A  l'aigle 
pour  attribut,  81, 169,  233.  —  Analyse  du  Jupiter  Olympien  de  Phidias, 
256.  —  Jupiter  Sérapis,  267.  —  On  lui  consacra  le  chêne,  268.  —  Esthé- 
tique de  sa  statuaire  chez  les  Grecs ,  285.  —  Peint  d'une  carnation 
tirant  sur  le  brun,  293.  —  Fête  commémorative  de  son  triomphe  sur 
les  Titans,  298.  —  Le  rouge,  une  de  ses  couleurs,  308. 

Justes  de  l'ancienne  Loi  (voir  Saints). 

Justice,  vertu  symbolisée  par  le  nombre  O,  I,  150.  —  Justice  de 


582  UlSTOiRE  BU  SYMBOLISME. 

Dieu  sar  les  méchants;  comment  symbolisée,  II,  264.—  La  Jostice  féo- 
dale rendue  dans  le  parfis  des  églises,  III,  133, 134. 

Justin  (S.),  apologiste  da  IP  siècle.  Ce  qu*il  dit  du  dimanche  et  du 
baptême,  II ,  20.  •—  Idée  de  son  Apologie  à  Antonin,ei  du  caractère 
symbolistique  de  ce  livre,  477.—  Il  décrit  la  messe  du  dimanche ,  IV, 
155, 179. 

JusTiNiEN  (L'empereur)  indique  dans  ses  NovelUs  diverses  particn- 
larités  de  la  construction  normale  des  églises,  III,  68. 


K 


KEPLER.  Son  tombeau  symbolique  à  Ratisbonnei  I,  54. 

KiRGHBR  (Le  P.)*  Son  interprétation  supposée  de  la  Table  Isiaqne , 
1,86. 

Kyrie  elbYson  ,  introduit  dans  la  liturgie  de  la  Messe  par  le  pape 
S.  Grégoire  le  Grand  au  vi«  ou  vii^  siècle.  Sa  raison  symbolique ,  IV , 
157.  —  Symbolisme  de  sa  notation,  246. 


L 


Labarte  (M.),  auteur  de  rf^ts^otftf  de  V orfèvrerie  d&ns  Le  Moyen  Age 
et  la  Renaissance  ;  mérite  de  cette  œuvre,  IV,  296,  307. 

Lad  ARUM ,  étendard  de  Constantin,  II,  148.— Julien  l'Apostat  en  efface 
le  Ghrisme  pour  y  mettre  sa  propre  image,  251 . 

Labyrinthe  ,  ornement  symbolique  du  pavé  des  églises  au  moytm 
Âge.  Son  histoire,  son  but ,  et  comment  remplacé ,  III ,  156  et  suiv. 

Lacroix  (M.  Paul),  dit  le  bibliophile  Jacob,  Sa  singulière  interpré- 
tation d'une  gravure  de  l'arbre  de  Jessé,  III ,  278.  —Sa  coopération  peu 
théologique  au  livre  Le  Moyen  Age  et  la  Renaissance,  395. 

Laïcisme.  Les  prétentions  des  laïques  dans  les  affaires  de  l'Église 
sont  une  des  causes  de  la  dégradation  de  l'art  chrétien;  preuves  et 
raisons  de  celte  vérité,  III ,  192, 193  et  suiv.,  196  et  suiv.,  198,  278;  — 
IV,  229  ,  230,  231.  —  Exceptions  honorables,  III,  238.  —  A  fait  beau- 
coup de  mal  &  l'Église  par  les  bénéfices  et  la  simonie,  IV,  35  et  suiv. 

Laideur  ,  ne  peut  être  donnée  systématiquement  an  t3rpe  fada!  du 
Christ  que  par  un  faux  système  qu'il  faut  éviter,  IV,  129. 

Laine.  Ses  symbolismes  variés,  III ,  233,  269. 

Lamartine  (Alfonse  de).  Gomment  il  cherche  à  symboliser,  en  1848, 
les  fêtes  de  la  révolution,  IV,  189. 

Lambillote  (Le  P.),  de  la  Compagnie  de  Jésus.  Ses  travaux  snrle 
chant  grégorien,  dont  il  retrouve  la  notation  dans  des  manuscrits  du 


TABLE  GÉNÉRALE.  583 

moyen  Age^  IV^  248,  249.  -~  S'eat  serri  d*im  antiphonaire  de  Guy  d*A- 
rezzo,  250. 

Lampes.  Sept  lampes  allumées  devant  le  trône  de  Dieu,  U>  163.— 
La  lumière  de  Dieu,  lampe  du  ciel,  386.  —  Lampe  de  bronze  ,  barque 
de  S.  Pierre,  430.  — -  Lampes  symboliques  des  sanctuaires,  III ,  84, 228; 
^  IV,  160,  326. 

Lance,  symbole  de  Pallas,  1 ,  58.  —  La  Sainte  Lance  solennisée  par 
rÉgiise  en  souvenir  d*une  des  scènes  les  plus  significatives  de  la  Pas- 
sion, II ,  434,  435.  —  Symbolisme  de  ce  mystère,  522. 

Lanfrang  ,  abbé  du  Bec  au  xi*  siècle.  Ses  travaux  sur  la  Vulgate , 
II ,  553. 

Langage  (voir  Parole). 

Langlois  (L'abbé) ,  chanoine  honoraire  de  Rouen.  Ses  recherches 
sur  la  bibliothèque  de  la  métropole  de  cette  ville,  IV,  213  et  suiv. 

Langlois  de  Bélestat,  ^pudunais.  Ses  ouvrages  sur  le  symbolisme, 
1,96. 

Langue  séparée  de  la  bouche,  symbole  du  goût,  de  la  sapidité,  1, 95. 

—  Langue  tirée  d'une  bouche  grimaçante,  symbole  du  blasphème,  II, 
269,  —  et  de  mensonge,  JII,  368  ;  —  IV,  461 .  —  Triple  langue  donnée  à 
Satan,  et  pourquoi,  ilnd.  —  Langue  double,  symbole  de  perfidie,  462. 

Langl^s  parlées ,  ont  un  genre  de  symbolisme  qui  s*exerce  par  la 
plupart  de  leurs  substantifs  ,  I,  27,  34  et  suiv.,  38  et  suiv.  —  Confor- 
mité de  l'hébreu  et  des  autres  langues  orientales ,  35.  (Voir  Noms 
propres.)^  La  plus  ancienne  langue  est  sans  doute  la  langue  hébraïque, 
36.  —  Symbolisme  de  l'alphabet  hébreu,  37  et  suiv.  —  Parallèle  des 
langties  de  V Europe  et  de  Vlnde^  36  et  suiv.  —  La  confusion  des  lan- 
gues contribue  à  l'établissement  de  l'idolâtrie,  77.  —  Le  don  des  lan- 
gues fait  aux  Apôtres  selon  le  besoin  de  leurs  missions,  II ,  34,  467.  •— 
L'Église  a  dû  se  faire  une  langue  à  elle  pour  le  besoin  de  son  enseigne- 
ment théologique,  472,  473;  — •  III,  406.^ Commencements  de  la  langue 
française  au  x'  siècle,  II ,  538.  —  Comment  la  langue  latine  8*enrichit 
an  xii«  siècle  de  termes  devenus  nécessaires  &  l'expression  du  symbo- 
lisme, 558;  —  IV,  431,  433.  —  Les  langues  moins  chastes  d'expression 
aux  époques  plus  pures  dans  leurs  mœurs ,  III ,  405,  406,  415.  —  Né- 
cessité d'une  technologie  absolue  pour  les  sciences  et  l'hygiène,  406. 

—  Les  langues  mortes  moins  timides  quant  &  la  chasteté  du  discours , 
413.  —  Spécimen  du  langage  français  de  1790,  appliqué  au  symbolisme 
révolutionnaire,  IV,  188. 

Lanternes  des  morts.  Ce  que  c'est;  fausses  opinions  réfutées,  III , 
83.  —  Lanterne,  attribut  de  la  sibylle  Llbyque,IV,  105,  •-  et  de  la  Per- 
sique,  ibid. 

Laodigée,  une  des  sept  Églises  de  l'Apocalypse,  II,  159,  275. 

Larrons  crucifiés  auprès  de  Jésus-Christ.  Leur  iconographie,  II,  459, 
463.  —  Images  des  Juifs  et  des  Gentils,  des  justes  et  des  pécheurs,  459. 

—  Pourquoi  sont  sur  la  croix  sans  clous  ni  autres  .attaches,  464. 


584  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Latini  (Brunetto),  maître  de  I>ante.  Idée  de  son  Te$auretto,  et  de  son 
symbolisme,  Il ,  671. 

Laurent  (Frère) ,  dominicain  du  xm«  siècle.  Sa  Sf^mme  des  péchés 
capUauw,  fondée  sur  le  symbolisme  de  la  flore  murale,  III,  527. 

Laurier,  symbole  de  la  prudence,  1, 209,  —  de  la  gloire  poétiqne, 

II ,  668,  —  de  rimmortolité  chrétienne,  III ,  85 ,  523  ;—  consacré  à  Diane, 

I ,  230,—  à  Apollon,  233,  268.— Couronne  de  laurier  donnée  &  la  sibylle 
Erytbréenne,  IV,  103. 

Lavatbr.  Son  système  de  physiognomonie  appliqué  au  symbolisme, 

III ,  446. 

Lazare  symbolise  par  sa  résurrection  le  pardon  donné  à  l'âme  péni- 
tente, II,  534.  —  Figuré  sur  une  épitaphe  des  catacombes,  III ,  86. 

Lebrun,  peintre  français.  Histoire  de  son  chardon,  I,  277.  —  S'est 
inspiré  des  traditions  du  moyen  âge  dans  son  Baptême  du  Christ,  III, 
297. 

Lboanu  (M.  rabbé),  auteur  de  y  Histoire  de  Satan,  nie  l'enseigne- 
ment mystique  des  sculptures  symboliques  de  nos  églises,  III,  123. 

LiGBNDBs.  Leur  origine,  n, 26, 300, 650 ,  653, 654.  —  Sources  où  en 
étudier  l'esprit,  644,  646.  —  Qu'on  ne  les  trouve  pas  dans  l'iconogra- 
phie religieuse  aux  xi*  et  xii*  siècles,  IV,  449, 465.  —  Abus  que  font  de 
leur  emploi  dans  l'art  chrétien  les  artistes  des  xiv*  et  xv*  siècles,  II,  26 
et  suiv.  —  L'Église  n'exige  pas  qu'on  les  croie  de  la  même  foi  due  à 
l'ËTangile,  656, 658.  —  Mal  interprétées  fort  souvent  par  nos  littéra- 
teurs modernes,  27,  651  et  suiv.  —  Le  meunier  de  Mortain,  27.  —  La 
Chasse-Gallery,  27.  —  Les  sorciers  et  revenants,  300.  —  Les  sept  dor* 
mants,  653.— Les  S***  Foi,  Espérance  et  Charité,  654.—  S.  Paul,  ermite, 
658.  —S.  Ambroise,  658.  —  S.  Barthélémy,  III,  366.  —  S.  Taurin, 
évéque  d'Évreux ,  369.  —  La  Vierge  fleurie  de  S.  Joseph ,  543.  —  La 
Légende  dorée ,  hagiographie  de  Jacques  de  Varaze;  idée  de  ce  livre , 

II,  647  et  suiv.;  —  défendue  contre  les  naturalistes  du  xvu«  siècle  et  de 
notre  temps,  650.  —  Ses  premiers  critiques ,  65'Z.  —  Sa  traduction  par 
M.  Brunet,  655.  —  Quelques  légendes  peuvent  n'être  que  des  visions  de 
Saints,  661.  —  Légende  du  cheval  volé,  sur  un  chapiteau  de  Rolduc, 

III,  189  ;  —  de  S**  Gudule  et  de  S**  Geneviève  privées  de  leur  lumière 
par  le  démon,  372;  -^  de  la  Grand'Goule  de  Poitiers,  391, 393;  —  IV, 
44.—  Les  légendes,  source  fréquente  des  sculptures  historées,  III,  259, 
S72, 373.—  L'art  ne  peut  s'en  passer,  545.  —  Elles  inspirent  souvent  les 
drames  du  moyen  &ge,  IV,  202. 

Lbnormand  (Charles),  membre  de  l'Institut.  Ses  fausses  idées  sur 
l'emprunt  des  symboles  chrétiens  aux  sectes  hérétiques,  I,  177 ,  —  n, 
5,  —  sur  la  prétendue  anarchie  monumentale  du  xi*  siècle,  III,  28.  — 
Ses  rapprochements  erronés  entre  l'auteur  et  M.  Woillez  à  propos  du 
symbolisme  des  aroldea,  533.  —  N'a  pas  été  infaillible  dans  ses  opi- 
nions archéologiques,  534;  —  IV,  4Î52.  —  Ce  qu'il  pense  du  symbo- 
lisme du  fauteuil  du  roi  Dagobert,  294. 


TABLE  GÉNÉRALE.  5S5 

LÉON,  un  des  ancieDs  royaumes  de  l'Espagne.  Ses  armoiries  parlantes, 
IV,  175. 

LÉON  X  (Le  pape).  Son  amour  des  arts  et  des  lettres,  IV,  382. 

LÉON  LE  Grand  (S.)>  Pape  et  Père  de  l'Église  au  v«  siècle.  Caractère 
symbolistique  de  ses  écrits,  II,  499.  •—  Pourquoi  il  interdit  provisoire, 
ment  Torientatiou  des  églises  suivie  jusqu'à  lui,  III,  C8. 

LÉON  risanrien.  Ce  que  lai  écrit  le  pape  S.  Grégoire  II  sur  les  saintes 
images,  IV,  51. 

LÉOPARD.  Son  symbolisme ,  II,  245,  246.  —  Sa  queue  entrelacée,  IIl, 
344.  —  Léopard  hybride  de  l'Apocalypse,  II,  244  et  suiv.  —  Le  même 
animal  que  la  panthère,  IIJ,  506,  507.  —  (Voir  Panthère.) 

LÈPRE,  maladie,  symbole  da  péché;  pourquoi,  III,  360. 

Lesueur,  le  Raphaël  français.  Son  Saint  Bruno  ;  beautés  et  défauts 
de  cette  célèbre  composition,  IV,  379. 

Levant  (voir  Orient). 

LÉvi ,  autrement  IfANASSÉ,  un  des  ftls  de  Jacob;  symbolisé  par  les 
gémeaux  du  Zodiaque  avec  son  frère  Siméon,  II,  109,  —par  la  sardoine, 
379.  —  Mystère  de  la  bénédiction  qu'il  reçoit  de  Jacob,  452, 453. 

Léviathan,  nom  symbolique  du  démon  dans  Job,  III,  361.  —  C'est 
aussi  la  baleine,  499. 

Lévitiqub.  Ce  qu'est  ce  livre  historique  de  la  Bible,  II,  37,  97,  98.  -— 
Sa  distinction  symbolique  des  animaux  purs  et  impurs,  III,  442. 

Lévrier  (voir  Chirn). 

Lézard,  symbole  de  l'idolâtrie,  III,  446,  —  et  du  démon  ;  pourquoi , 
IV,  324. 
LiRAN,  montagne,  symbole  de  la  chasteté,  III,  102. 

LiRBRGiBR,  architecte  de  la  cathédrale  de  Reims.  Symboles  gravés 
sur  son  tombeau,  III,  88. 

LiGiNiUB  persécute  le  Christianisme,  et  y  succombe,  II,  238,  239, 
246. 

Licorne.  Sa  valeur  héraldique,  11,546.  ^Symbole  de  la  chastetéi  III, 
155, 251.  —  Se  réfugie  entre  le3  bras  d'une  vierge,  459  ;  —  IV,  41. 

Lier  ou  Délier.  Sens  symbolique  de  ce  mot  appliqué  au  sacrement 
de  Pénitence,  II,  534. 

Lierre,  attribut  de  Bacchus,  1, 84.  —  Symbole  de  la  jeunesse  éter- 
nelle et  de  la  charité  constante,  III,  564.  —  Employé  surtout  au  xiv«  siè- 
cle, 566. 

Lièvre,  symbole  de  la  faiblesse,  I,  258,  —  de  la  timidité,  II,  511  et 
suiv.^  ^  de  l'àine  pru  lente  fayant  devant  \eè  tentations,  III,  126. 

Liouoé,  village  prèi  Poitiers,  premier  séjour  de  S.  Martin  de  Tours, 
II,  493. 

Limaçon  ,  symbole  de  la  résurrection ,  IV,  37,  38  ,  39. 


586  HlSTOiRB  DU  SYMBOLISME. 

LiMBBSj  lieu  mystérieux  oà  les  Saints  de  l'ancieime  Loi  attendaknt 
pour  aller  au  ciel,  la  yenue  de  Jésus-Christ,  et  où  Tont  les  enfante 
morts  sans  baptême ,  II,  355. 

Limoges,  capitale  du  Limousin,  n*a  guère  trayaillé  à  rorfé^rerie qne 
depuis  le  temps,  de  S.  Ëloi,  lY,  291, 293.  —  Réputation  de  ses  aleliert  à 
partir  de  ce  temps  jusqu'à  la  fin  du  zviii*  siècle»  292. 

Lin.  Sa  blancheur  symbolise  la  pureté  :  il  est  donc  donné  pour  yête- 
ment  à  Dieu ,  1 ,  297,  —  à  Jésus-Christ  (voir  ce  mot) ,  —  à  TEglise ,  II, 
312 y  313,  —  au  sacerdoce,  I,  299,  —II,  315,-111,  269,—  lY,  169,— aux 
autels,  m  ,  269 ,  —  IV,  157.-11  symbolise  la  terre ,  H,  95.  —  Indis- 
pensable à  certains  linges  de  l'autel  ou  du  prêtre,  lY,  169. 

Linas  (M.  de),  archéologue  artésien.  Son  avis  sur  le  calice  de  Chelles, 
donné  par  S'*  Bathilde  à  cette  abbaye,  lY,  293. 

LiNTEUM  (voir  Perizonidm). 

Lion.  Winckelmaan  fait  à  tort  de  la  tête  de  cet  animal  le  type  da 
Jupiter  Olympien  ,  1 ,  49,  234.  —  Symbolisme  du  lion  zodiacal ,  58  , 
95, 235  ;  —  III,  458,  462.  —  Exprime  la  force  et  la  royauté,  I,  81,  201, 202, 
209;  —  m ,  134  ,382;  —  lY,  175  ,  294.  —  Ses  siguiflcaUons  hiérogly- 
phiques chez  les  Egyptieus ,  1 ,  95  ,  235 ,  236.  —  Ce  qu'il  fait  à  la  porte 
des  temples  anciens,  234  ,  237,  —  et  des  églises,  236  ;  —  III,  133, 134;  — 
lY,  453.  —  Supportant  des  colonnes ,  1 ,  235;  —  III ,  134, 135 ,  —  et  des 
chandeliers ,  lY,  325.  —  Sur  les  tombeaux  ,  III ,  81 ,  1^4 ,  301.  —  Sym- 
bole de  la  vigilance ,  1 ,  235 ,  —  III ,  463,  —  de  la  force,  1 ,  258 ,  —  de 
l'orgueil ,  II ,  671 ,  —  de  la  justice ,  III ,  133 ,  —  lY,  294.  —  Ornant  les 
trônes  et  les  sièges  royaux  de  Salomon ,  1 ,  236 ,  —  III ,  134  ,  136,  —  et 
d'autres,  382,  — lY,  294.  — Les  lions  de  Chéronée  et  de  Waterloo, 
I,  268;  — celui  des.  Marc,  II,  44  ,174  ,  — lY,  80,—  de  Samson,in, 
34,  448.  —  Jésus-Christ  est  le  Lion  de  la  tribu  de  Juda ,  II ,  109,  171, 
210  ;  —  III ,  134  ;  —  lY,  16 ,  18 ,  80,  437.  —  Traits  de  ressemblance  avec 
Jésus-Christ ,  d'après  Tbéobald ,  III ,  481.  —  Le  lion ,  figure  de  la  féro- 
cité sanguinaire  ,  II ,  245 ,  246  ,  294  ,  498  ,  601  ,  —  III ,  369 ,  446,  —  da 
démon  ,  II ,  309,  601,  —  III ,  34 ,  135 ,  344 ,  361 ,  382 ,  —  lY,  326,  —  de 
l'âme  forte  ,  III ,  126.  —  Symbolisme  du  lion  d'après  les  physiolognes, 
463 ,  481  ;  —  lY,  453.  —  Toujours  pris  en  bonne  part  dans  les  armoi- 
ries ,  II ,  540 ,  546  ;  —  III ,  134  ;  —  lY,  175.  —  Sous  les  pieds  des  rois , 
m ,  134 ,301.  —  Écrasant  un  serpent  ou  un  bouc ,  134.  —  Servant  de 
piédestal  à  des  statues ,  136 ,  301.  —  Adorant  le  hom  ou  arbre  sacré , 
530;  —  I Y,  173.  —  Sens  de  la  formule  inier  Uones,  III ,  136.  —  Lions 
forçant  des  hommes  à  se  jouer  avec  eux ,  lY^  437.  —  Lions  léchant  les 
pieds  d'un  homme  ou  introduisant  leur  langue  dans  les  oreilles ,  sym- 
boles des  tentations  diverses ,  III,  138 ,  139.  —  Queues  de  lions  entre- 
lacées ,  344.  —  Les  attributs  symboliques  du  lion  dans  le  petit  poème 
de  Théobald ,  480  et  suiv.;  —  lY,  294.  —  Comment  ils  conviennent  au 
Sauveur,  111,483;  —  lY,  80,  294.  —  Symbole  héraldique  du  royaume  de 
Léon,  175.  —  Le  lion  confondu  parfois  dans  l'Écriture  avec  la  panthère, 
294.  —  Pourquoi  il  est  l'attribut  de  S.  Jérôme,  376.  —  Lion  terrassé  par 
un  évêque ,  437.  —  (Yoir  Jéscs-Ghrist  ,  Zoologie.) 


TABLE  GÉNÉRALE.  587 

Lis,  symbole  de  pureté  ,  I^  205 ;  —  II,  588,  641  ;  —III ,  543 ,  —  de 
Marie,  II,  647  ;  —  III,  36,  540,  541, 542  ;  —  IV,  90.  —  Image  du  Jaate, 
340,—  de  Jésuft-Christ,  541,  542,  —  de  l'Église,  542, —de  S.  Joseph, 
543.  —  Origine  de  cette  fleur  sui*  les  armes  de  France,  I,  205  ;  —  III, 
545  et  suIt.  —  Controverses  à  ce  sujet,  546  et  suiv.  — >  Employé  avec 
profusion  comme  ornement ,  III ,  540  ;  —  lY,  175.  —  N'a  jamais  eu 
pour  principe  les  formes  de  la  pomme  de. pin,  III,  532,  540,  —  ni 
pour  but  de  représenter  un  obsconuif  533.  —  N'a  pas  ^opposition  à  ses 
significations,  toujours  fayorables,  541.— Combien  ces  significations  sont 
nombreuses,  541.  —La  fleur  de  lis  ornant  la  couronne  de  Frédégonde 
et  le  sceptre  de  Dagobert  I«',  548  et  suiv.,  —  et  de  Charles  le  Chauve, 
549.  —  Louis  VII  les  met  sans  nombre  sur  son  écu,  550,  —  aussi  bien 
que  S.  Louis  et  Philippe- Auguste,  IV»  175.  —  Charles  VI  les  y  réduit  à 
trois,  tMd.  — Symbole  de  loyauté  et  de  bravoure,  t'Md.  —  Varia- 
tions de  ses  formes  aux  diverses  époques  de  la  monarchie,  III ,  550  et 
sniv.-  La  fleur  de  lis  passe  des  écussons  armoriés  aux  objets  d'art  et 
à  ceux  du  culte;  raison  de  cette  extension  ,  551  ;  —  IV  ,  175.  —  Les 
pétales  latérales  formées  de  deux  dauphins,  III,  552.  —  On  doit  repro- 
duire les  fleurs  de  lis  dans  la  sculpture  monumentale  d'après  la  forme 
de  leur  époque,  t^id.-  Grossières  persécutions  que  la  stupidité  révo- 
lutionnaire lui  a  imposées,  553.  —  Le  lis  symbolise  la  virginité ,  IV ,  90. 

LiTTéRATUHB  bibUque.  Son  style  original ,  vif  et  coloré  ,  I,  63,  216; 
—II,  121  et  suiy.,  414.  —  Ses  développements  dans  les  écrits  des  Pères, 
470.—  An  Xi«  siècle  et  au  xiis  III ,  248  et  suiv.;  —  IV,  218.  —  Litté- 
rature française  ;  influence  de  son  action  au  moyen  Age  sur  l'art  plas- 
tique ,  III,  346.  —  Licences  données  à  la  poésie  par  la  création  de  mots 
nouveaux  ou  de  constructions  originales ,  487,  493,  509.  —  Ridicule 
des  cicéroniens  du  xvi«  siècle,  et  abus  de  la  littérature  païenne  dans  le 
langage  de  l'Église,  IV,  381, 382,384.— Beautés  classiques  du  zvii« siècle, 
393.  —  La  littérature  reçoit  de  la  Rennaissance  un  caractère  profane 
et  irréligieux ,  399  et  suiv. 

Liturgie  catholique,  est  pleine  de  symbolisme , 1, 141,  330;  — II, 
11  et  suiv.,  317,  368 ,  428 ,  476 ,  500  ,  641.  —  Ses  origines,  IV,  149.  —  Li- 
turgie des  premières  assemblées  chrétiennes,  II,  197, 468, 500, 505  ;  —  IV» 
149,  150 ,  154  et  suiv.,  1*56.  —  Ses  origines  dans  celle  des  Juifs ,  III,  42 , 
561  ;  —  IV,  149.  —  Fondée  par  les  Apôtres,  155, 156.—  L'Église  a  utilisé 
beaucoup  de  symboles  païens  pour  la  liturgie,  II,  509;  —  III,  554.  —  Li- 
turgie païenne ,  souvent  incomprise  des  prêtres  eux-mêmes,  I,  193.  — 
Celle  des  Juifs  avait  toujours  ses  enseignements  mystérieux,  193;  —  II, 
90 ,  93, 97,  98,  107;  —  III,  42.  —  Sa  raison  d'être ,  II,  91,  477.  —  Liturgie 
romaine,  pourrait  être  perfectionnée  en  beaucoup  de  points ,  68, 686  ; 

—  a  souvent  varié  ,  843  ;  —  IV,  153.  —  Origine  de  l'usage  d'étendre  les 
bras  en  priant ,  II ,  92  ;  —  importance  de  ce  symbole  ,  486.  —  Aveu  des 
protestants  sur  la  liturgie ,  107,  383  ;  —  IV,  149.  —  Le  voile  étendu  sur 
les  mariés ,  153.  —  Origine  de  la  liturgie  espagnole  ou  mozarabique  , 
n ,  525.  —  La  procession  des  Rameaux ,  III ,  562.  —  La  procession  des' 
baptisés  aux  fonts ,  le  jour  de  Pàqnes,  II,  395.  —  Le  cierge  pascal,  525. 

—  Bénédiction  de  la  rose  d'or,  1 ,  330,  —  IV,  179  ,  —  de  la  première 


588  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

pierre  des  églises  (roir  Églises).  —  Le  signe  de  croix ,  II ,  201.  —  I>e 
TencensemeDt  de  l'autel  au  commencement  de  la  Messe ,  615.  — :  Beaatés 
de  Ifi  prose  des  Morls,  72.  —  Détails  et  analyse;  son  auteur,  636  et 
suiy.;  —IV,  107.—  Prose  ou  séquence  de  la  Sainte  Vierge,  qu'on  y  com- 
pare aux  pierres  précieuses,  II ,  368  ;  —  celle  de  la  Dédicace,  388.  —  Les 
sept  chandeliers  à  l'autel  de  l'éfêque ,  150.  —  Choix  du  côté  nord  pour 
certaines  cérémonies  ,  443.  —  Beantéts  littéraires  de  l'ancienne  liturgie 
française  ,450.  —  Cierges  pendant  le  chant  de  rÉvangile  au  iv*  sièele, 
489.  —  Office  du  Saint-Sacrement ,  et  ses  beautés,  634;  —  III,  537.  — 
VAUeluia  aboli  pour  le  temps  du  Carême,  Il ,  525.  —  Proses  de  la 
Messe  trop  oubliées  dans  l'Office  romain,  569,  570.  —  Affinités  de  la 
liturgie  et  du  symbolisme  ,  581  ;  —  III,  42 ,  431  ;  —  IV,  153.  —  Cordon 
du  costume  sacerdotal ,  II,  662.  —  Livres  liturgiques ,  sources  de  sym> 
bolisme  :  Pontifical  romain  ;  notions  sur  ce  livre ,  in ,  76  ;  —  IV,  158; 

—  Cérémonial  des  ÉvêqueSy  III,  195,  225,  226  ;  —IV,  158.— Leurs  inter- 
prèles, 159.  —  Livres  d'Offices,  eucologes  ,  séquences,  etc.,  III , 353  et 
suiv.;  —  IV,  183.  —  Beautés  symboliques  de  leurs  reliures,  40  et  sniv. 

—  Beauté  des  prières  liturgiques  pour  la  bénédiction  des  cimetières  , 
III,  99,  —pour  celle  de  la  première  pierre,  111,  391.- Origine  et  raison 
mystique  des  octaves  des  fêtes  ,  109.  —  La  Sainte  Réserve  conservée  en 
un  seul  tabernacle  dans  chaque  église,  495. — Comment  la  flore  mystique 
pare  les  tabernables  et  les  autels,  557.  —  Ordre  gardé  entre  les  hommes 
et  les  femmes  dans  l'église ,  205.  —  Consécration  des  autels ,  263  et 
suiv.,  —  du  Saint  Chrême ,  560  et  suiv.  —  Pourquoi  le  signe  de  la 
croix  est  si  usité  dans  la  liturgie  ;  son  symbolisme ,  IV,  158  et  suiv.— 
Prières  symboliques  pour  chaque  partie  des  vêtements  épiscopaux 
ou  sacerdotaux ,  167  et  suiv.  —  Couleurs  liturgiques  de  ces  vêtements 
pour  chaque  fête,  176  et  suiv.,  178  et  suiv.  —  Regrettables  modifica- 
tions iutroduites  dans  la  liturgie,  qu'on  n'a  pas  assez  respectée  en 
France  dans  ses  usages  antiques,  178,185,277,  320.  —  Divisions 
de  la  hiérarchie  liturgique  dans  l'Office  romain  et  dans  l'Office  français, 
178  et  suiv.  —Réformes  désirables  dans  le  chant  liturgique ,  dénaturé 
du  chant  grégorien,  273  et  suiv.  —  Écoles  de  liturgistes  laïques  vou- 
lant tout  reporter  aux  usages  de  l'Église  primitive,  sans  égard  aux  déci- 
sions rendues  dans  le  cours  des  siècles ,  323.  —  Chant  de  VExsullel 
pour  la  bénédiction  du  cierge  pascal,  attribué  à  S.  Augustin,  325. — 
Influence  de  la  poésie  païenne  de  la  Renaissance  sur  la  poésie  litur- 
gique depuis  le  xvi«  siècle ,  381 ,  382.  —  (Voir  Chant  GRÉGoaiEii , 
Cloches  ,  Oémonologie,  ËzoacisHES ,  Fêtes  ,  Vêtements  sacebdo- 

TACX.) 

Livre  symbolique  où  s'écrivent  les  bonnes  et  mauvaises  actions ,  II , 
72  ,  342 ,  346  ,  450,  637.—  Livre  mangé  par  Ezéchiel ,  103.—  Livre  écrit 
dedans  et  dehors  dans  l'Apocalypse ,  170.  —  Un  livre  ouvert  toujours 
placé  aux  mains  des  deux  premières  Personnes  de  la  Trinité  ,  197,  402 , 
450  ;  —  IV,  90.  —  Livre  doux  à  la  bouche  et  amer  au  cœur.  H,  211.  — 
Livres  portés  par  des  disciples  de  Satan,  229.  —  Différence  symbo- 
lique entre  le  livre  ouueH  ou  fermé,  347,  450;  —  IV,  90.  —  Livre  de 
vie ,  II ,  388.  —  Livre  scellé  sept  fois  de  l'Apocalypse,  402.  —  Les  Élus 


TABLE   GÉNÉRALE.  589 

munis  du  Livre  de  la  vérité,  405;  ^  IV,  356.  —  Livre  donné  aux  Apô- 
tres ,  II ,  450  ;  —  lY ,  90  :  •—  doit  être  rouge ,  13  ;  ^  à  la  Synagogue , 
II ,  460^  —  aux  solitaires ,  IV,  91.  —  Livres  où  sont  effacés  les  péchés 
de  S.  Genès  au  moment  de  son  baptême ,  II,  534.  —  Les  premiers  livres 
imprimés  imitent  les  vignettes  des  manascrit-3 ,  IV,  36.  —  Reliures  .des 
livres ,  leurs  parements  symboliques,  40  et  suiv.  —  Richesse  de  cette 
ornementation ,  42  y  290.  —  Le  livre  peut  devenir  une  ressource  pour 
Tattribuer  à  un  Saint  qui  n'en  a  pas  de  particulier^  91. 

Livres  sapibntuux.  Leurs  auteurs^  leur  caractère  et  leur  but^  Il , 
40.  —  Expliquant  beaucoup  de  symboles  bibliques  ,  94. 

LocHSR  (Jacques),  traducteur  latin  du  Naw  stultif^Gf  de  Sébastien 
Brandt,  au  xv«  siècle,  époque  véritable  de  sa  première  édition,  contre 
MM.  Guizot  et  Marron,  IV,  233. 

Loi  mosaTqub  ,  renversée  avec  la  Synagogue  au  pied  de  la  Croix,  II  ^ 
449,  451 ,  460.  —  N'en  subsiste  pas  moins  dans  toute  sa  valeur  morale 
pour  le  Christianisme ,  467.  —  Symbolisée  par  le  nombre  10,  III ,  177. 

LoNCHAMPS  (L'abbé  de),  critique  sans  valeur  du  xviii'  siècle,  II, 
478,  479. 

LoNGiN ,  nom  du  centurion  qui  perça  de  sa  lance  le  côté  du  Sauveur 
crucifié,  II,  346.  —  Ce  fait  devient  le  symbole  de  la  naissance  de  l'Église 
.sur  la  croix,  433  et  suiv.  —  Pourquoi  Longin  doit  se  tenir  à  droite  du 
Crucifix,  436.  —  Son  iconologie,  436,  458  ;  —  IV,  119. 

Lotus  ou  Lotos  ,  fleur  célèbre  dans  la  mythologie  égyptienne;  la 
même  que  le  nénuphar. Symbole  de  la  fécondité  du  Nil,  1 ,  86,  —  de 
la  clarté  du  regard  de  Dieu,  157.  —  Motifs  du  respect  qu'en  avaient  les 
Égyptiens,  158.^  Symbole  de  la  chasteté,  159;  —  III ,  526;  —  du  monde 
sorti  des  eaux,  I,  159 ,  161;  ^  de  l'abondance.,  160.  —  Singulier  rôle 
que  lui  donne  M.  Portai  dans  une  verrière  de  Chartres,  341 ,  342.  —  Les 
Gaulois  symbolisaient  par  lui  la  puissance  souveraine ,  III ,  545.  -—Ses 
rapports  avec  la  fleur  de  lis,  546,  547.  —  Peint  ou  sculpté  sur  les  fonts 
baptismaux,  567.   , 

LouANDRE  (M.).  Ses  appréciations  peu  théologiques  sur  le  théfttre  du 
moyen  âge,  IV,  203. 

Louis  IX  ou  S.  Louis.  Combien  il  avait  peur  du  diable,  III ,  360.  — 
Offrait  pendant  la  messe,  au  jour  de  l'Epiphanie,  les  mêmes  présents 
que  les  Mages,  IV,  185. 

Louis  XIV.  Ses  médailles  avec  la  devise  symbolique  :  Lilia  non  lab(h 
rani  neque  neni ,  1 ,  205. 

Louis  le  Débonnaire  protège  l'orfèvrerie  sacrée,  IV,  305. 

Loup,  symbole  du  mercenaire,  II,  602 ,  —  du  démon,  662,  —  IV,  31, 
175,  —  de  l'avarice  ambitieuse,  II ,  671.  >-  Sur  des  crosses,  III ,  381 .  — 
Emblème  de  la  pefidie  hypocrite,  446;  —  IV,  174. 

Loyer  (Le).  Ses  idées  singulières  sur  Ésaû  et  les  Angevins,  I,  83. 

Luc  (S.)»  le  troisième  des  Évangélistes.  Raison  de  son  taureau  sym- 


590  HISTOIRE  DU  SYMMUSME. 

boliqoe,  II ,  44.  •— Auteur  des  Actes  des  Apâtres^  44.  —  Peintre  et  iaipl- 
rateur  des  types  du  Sauveur  et  de  Marie  dans  les  catacombes»  IV,  132. 

Lucien  ,  philosophe  du  ii«  siècle.  Ce  qu'il  dit  de  la  magnificence  des 
églises  chrétiennes,  III^  44. 

Lumière.  Son  symbolisme,  I,  145.  — Elle  symbolise  Jésus-Christ, 
303,  360,  386  et  sulv.,  563  ;  —  III ,  84, 228,  380;  —  IV,  80 ,  105, 160,  183, 
184,  323,  325;  —  et  les  Justes,  1 ,  303  ;  —  JI ,  230,  360, 386.  —  L'Érangile 
et  la  parole  de  Dieu,  298,  394  ;  —  III ,  372;  —  IV,  105.  —  Couleurs  sym- 
boliques opposées  à  la  lumière,  I,  300,  306  ;  —  celles  qui  l'indiquent, 

II ,  450.  —  La  lumière,  symbole  de  la  participation  de  l'âme  élue  à  la 
nature  de  Dieu,  364,  365, 386.— Attribut  des  corps  ressuscites,  365, 386, 
387  ;  —  III ,  135.  —  Lumière  liturgique ,  figure  du  Christ ,  II ,  4^;  — 

III ,  135,  223, 228  ;  —  IV,  184.  —  Exprimée  par  le  ronge  dans  lea  Titranz 
et  les  miniatures,  1, 308  ;  —  IV,  13.  —  Lumière  symbolique  portée  par 
un  enfant  de  chœur  au  premier  dimanche  de  l'A  vent,  183, 184.  —  La 
cire  seule  doit  être  employée  aux  cierges,  324. 

Lumley-Davids  (Arthur),  savant  anglais.  Relations  qu'il  découTre 
entre  les  noms  des  enfants  de  Jacob  et  les  douze  signes  du  Zodiaque, 
II ,  108  et  suiv. 

Lune,  élément  d'imperfection  ;  représentée  par  un  croissant  ou  par 
un  orbe,  I,  60,  —  par  un  cynocéphale,  74.  —  C'est  l'Isis  des  Égyptiens, 
'88.  —  Ses  phases  symboliques,  143.  —  La  déesse  Bhavani  des  Hindous, 
160.  —  Symbolisée  par  une  corne  de  taureau ,  169.  —  Comment  la 
science  et  la  littérature  chrétienne  en  ont  fait  le  type  de  l'Église,  II, 
436  et  suiv.,  464.  —  Règle  d'opposition  qui  lui  est  applicable,  438,  —  et 
en  fait  le  type  du  monde  et  de  la  Synagogue,  439.  —  Symbole  de  la 
seconde  puissance  (l'Empire),  soumise  à  la  première  (le  Sacerdoce) , 
qui  est  le  soleil,  620. 

Lupercales,  fêtes  païennes  que  le  pape  S.  Gélase  rempla^  par  la 
Chandeleur,  IV,  186. 

Luther,  prétendu  réformateur  du  catholicisme.  Pour  y  parvenir  il  a 
dénaturé  le  sens  des  Livres  saints,  II,  21,  25,  30,  31,  35.  —  Il  en  a  nié 
l'authenticité,  pour  autoriser  sa  doctrine,  ibid.  —  Ne  peut  arrêter  l'élan 
du  mal  qu'il  a  déchaîné  contre  la  religion  et  contre  l'art  chrétien,  IV, 
352,  353.  —  Ses  obscénités  inspirent  celles  de  ses  adeptes,  386. 

Lutrin  formé  par  un  aigle  en  dinanderle,  III,  211, 223.  —  Raison  de 
ce  symbole,  IV,  319. 

Luxe,  une  des  principales  causes  de  la  perte  des  nations,  II,  2SI8, 
303  et  suiv.  —  Condamné  par  l'Église,  603  et  suiv. 

Luxure,  péché  capital,  symbolisée  par  une  femme  dont  un  serpent 
ou  un  crapaud  dévore  la  poitrine,  II,  272  et  suiv.;  — 111,365.  —  Autres 
images  symboliques ,  374;  —  un  porc,  251;  —  un  crapaud,  377; —  une 
sirène  attirant  les  navigateurs,  IV,  448. 

Ltre,  attribut  d'Apollon,  I,  83;  —II,  47.  —  Symbole  des  harmonies 
entre  l'homme  et  l'Esprit-Saint,  483,  —  des  concerts  étemels,  m ,  SOS. 


TABLE  GÊNÉftALE.  S94 

M 

Mabuinus,  orfèvre  français  du  v*  Bîècle.  Ses  travaux  d'orfèvrerie  faits 
pour  révéque  de  Tours  S.  Perpetaus,  IV,  290, 291. 

If  AGHABÉBS.  Objet  de  ce  livre  biblique,  II,  42. 

MagTherson  a  restitué  à  Ossian  son  existence  contestée,  l,  181. 

Maoblbine  (S**).  Symbolisme  du  parfum  qu'elle  répand  sur  les 
pieds  du  Sauveur,  II,  587.  —  Sa  statue  à  Saint-Maximin-du-Var,  lU, 
420. 

llAaAftiM  PITT0RB8QUB,  publication  à  gravures  dont  le  texte  est  imbu 
de  l'esprit  protestant,  IV,  358. 

If  AGBDDOM  (voir  ARMAGÉOON}. 

Magbs.  Mystère  de  leur  triple  offrande  an  Sauveur^  II,  490  ;  —  IV, 
185,  222.  —  Symbolisme  de  leur  fuite  de  la  cour  d'Hérode  dans  la 
procession  de  TEpiphanie  ,  185.  —  Symbolisés  par  les  Madianites , 


Magib.  La  magie  a  un  rôle  très-marqué  chez  les  philosophes  païens 
des  trois  premiers  siècles.  II,  270;  —  III ,  390.—  Ses  philtres  composés 
de  cendres  de  serpents  et  de  crapauds,  II,  273.  —  Les  magiciens  pous- 
sent les  empereurs  à  de  nouvelles  persécutions,  274.—  Punition  de  ces 
imposteurs  par  une  mort  violente,  277,  278.  —  L'anneau  de  Gigès,  366. 
—  La  magie  niéd  audacieusement  depuis  le  protestantisme,  III,  384.— 
Ce  qu'en  ont  pensé  les  siècles  de  foi,  392  et  suiv.  —  Elle  a  préparé  les 
révolutions  modernes,  393. —  Les  juges  qui  l'ont  condamnée  n'ont  pas 
pu  se  tromper  toujours,  394.  —  La  magie  dénaturée  par  les  encyclo- 
pédistes du  XYin*  siècle  pour  le  besoin  de  leur  cause,  IV,  96. —  (Voir 

DÉMONOLOGIB,  SaBBAT,  SORCIERS.) 

Maonin  ,  de  llnstitut.  Éloges  de  ses  Origines  du  théâlre  moderne, 
lY,  195,  196.  —  Sa  traduction  du  Tkéâlre  de  HroswiU,  201. 

Maoog  (voir  Gog). 

Magot  posé  sur  une  fleur,  symbole  de  la  beauté  profanée,  IV,  29.  — 
A  tête  humaine  surmontée  d'une  tête  de  dragon ,  personnification  de 
Satan,  30.  * 

Mahomet  a  rempli  son  Coran  de  symboles,  I,  172,  173,  296,  318.  — 
N'admet  aucune  figure  humaine  dans  les  images,  173.  —  Ses  couleurs 
islamiques ,  318.  —  Origine  symbolique  des  ablutions  mahométanes, 
318. 

Mai,  Caractères  de  ce  mois  dans  le  zodiaque  chrétien,  III,  458. 

Main.  Mains  croisées,  signe  d'alliance,  1, 196,—  de  puissance  et  d'au- 
torité, IV,  110.—  Main  diyine  sortant  d'un  nuage  pour  symboliser  l'as- 
sistance de  Dieu ,  11,5,401,534;—  m,  132,  138,181,299,334;  — 
ly,  47, 109,  110.  (Voir  Bénédiciitm,)  —  Au-dessus  de  la  croix,  II,  441.— 
Nimbée,  IV,  109, 110.  —  Ses  variantes  dans  l'iconographie  chrétienne, 


592  UISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

109  et  suiv.-^  Main  ou  gaut  donné  pour  atiribul  à  la  sibylle  Tiburtine, 
108.  —  Imposition  des  mains  (Yoir  Pénitence,  Or<l^*e,  sacrements).— 
Layeraent  des  mains  à  la  Messe^  158. 

Maison  ,  symbole  du  corps  humain  dans  les  épitaphes  chrétiennes , 
III ,  86 ,  87 ,  522.  —  Pourquoi  l'Église  bénit  les  maisons  des  fidèles , 
391. 

Maire  (SainUJunien  de),  abbaye  du  vi*  siècle,  en  Poitou,  bâtie  par  les 
moines  eux-mêmes,  III ,  47. 

Malabranga,  cardinal,  auteur  au  xiii«  siècle  de  la  prose  des  Morts, 
II,  636.  —  Cette  prose  tronquée  mal  à  propos  parle  Missel  de  Paris,  IV, 
107.  —  Sa  beauté  poétique  et  musicale,  255.  —Vains  efforts  des  musi- 
ciens pour  en  approcher,  256.--  Détails  sur  la  vie  et  le  caractère  de  cet 
auteur,  ibid, 

MalaghiEj  un  des  petits  Prophètes  ,  annonça  llncariiation  du 
Verbe  ;  associé  pour  cela  à  la  sibylle  Àgrippine  dans  l'iconographie,  IV, 
101. 

Malbspainbs  (Léonard  de),  protestant  déguisé  dans  ses  règles  d*in- 
tei*prétation  de  l'Écriture  sainte,  II,  57^  58, 70.  —  Son  Essai  sur  les  hié- 
roglyphes égypiiensy  I,  20. 

Malou  (Mffr),  évêque  de  Bruges.  Ses  idées  inadmissibles  sur  la  re- 
présentation iconograpl>ique  de  llmniaculée  Conception,  IV,  137. 

Maltb  (Ordre  de).  Sa  croix,  symbole  des  huit  béatitudes,  II,  152. 

Mamert  (Claudius),  écrivain  ecclésiastique  du  v*  siècle ,  passe  pour 
l'auteur  du  Pange  lingua  de  la  Passion,  IV,  241. 

Mânassé  (voir  Lêvt). 

Mamassès,  roi  de  Juda.  Raison  symbolique  de  ce  nom,  1, 44. 

Mandragore.  Vertus  et  attributs  de  cette  plante;  son  usage  symbo- 
lique dans  l'iconographie  chrétienne,  III,  342,  367,  368. 

Manighébns.  Leur  dogme  fondamental  des  deux  principes  professés 
avant  eux  par  Zoroastre,  1, 165.  —  Motivent  l'interdiction  de  l'orienta- 
tion des  églises,  III,  68,  74.  —  Impuretés  que  leur  reproche  S.  Cyrille 
de  Jérusalem,  413. 

Manipule  ,  une  des  pièces  du  vêlement  sacerdotal ,  symbole  de  la 
componction  du  cœur.  Son  histoire  ;  singularité  d'une  sculpture  qui  en 
donne  deux  à  S.  Pierre,  II,  428,  430  ;  —  IV,  170. 

Mannb  (voir  Eucharistie). 

Manteau,  a  sa  couleur  symbolique  pour  le  Sauveur,  II,  338, 355, 309, 
315.  —  (Voir  Jésus-Christ.) 

'  Manuscrits  du  moyen  flge.  Quelles  notions  ils  offrent  pour  lliistoire 
de  l'art,  II,  454  ;  —  IV,  26 ,  27.  —  Élaborés  assidûment  dans  les  monas- 
tères ,  II ,  532.  —  Leur  beauté  d'exécution,  574  et  suiv.;  —  IV,  28,  33, 
40.  —  Ont  suppléé  par  leurs  images  aux  livres  techniques  sur  l'art»  III, 
352 ,  —  d'où  vient  à  leurs  miniatures  le  nom  de  vignettes ,  IV*  23.  — 


TABLE  GÉNÉRALE.  593 

On  a  peu  de  manttacrits  antérieura  au  ix*  aiccle,  23,  24.  —  Les  manua- 
crits  et  leura  peintures,  sonree  abondante  de  symbolisme  et  de  notions 
artistiques,  24.  -:-  Rapports  curieux  entre  Vécriture  des  manuscrits  et 
le  style  architectural  de  chaque  siècle ,  25  et  suIy.  —  L'exécution  des 
manuscrits  et  de  leurs  vignettes,  plus  mondaine  vers  l'époque  de  la  Re- 
naissance ,  28  et  suiv.  —  Symboles  de  leur  reliure ,  40  et  suiv.  ~ 
Comme  leur  dessin  était  plus  régulier  que  celui  des  piéintures  archi- 
tecturales, 349. 

Marat  devient  en  1790  ,  à  Bourg  en  Bresse ,  l'objet  d'une  fête  sacri- 
lège, lY, 188. 

Marbrb.  Gomment  et  pourquoi  remplacé  en  France  par  la  pierre  de 
liais  au  xii«  siècle,  111, 156,  271.—  Mal  employé  au  pavage  des  chœurs 
et  des  sanctuaires,  157,  —  et  à  la  confection  des  autels,  269,  271. 

Marc  (S.)>  la  deuxième  des  Évangélistes,  symbolisé  par  un  lion,  II, 
44. 

Marches  (voir  Degrés). 

Marguerite  (St«).  Son  iconographie,  IV,  36, 92. 

Mariage.  Ses  symboles  chez  les  Scandinaves,!,  180;— chez  les  autres 
peuples  du  Nord ,  1 ,  202.  —  Symbole  chrétien  de  l'union  des  époux 
avant  le  Christianisme ,  II,  84  ,  409  ,  535.  —  Cérémonies  symboliques 
chez  les  Hébreux,  126.  —  Le  mariage  symbolisé  par  l'union  de  Jésus- 
Christ  et  de  rËglise  ,  351 .  —  Conditions  caractéristiques  du  mariage 
chrétien,  351,  352.  —  Le  mariage  au-dessous  de  la  virginité,  493.  —  Bé- 
nédiction du  lit  nuptial ,  III  ,  391.  —  Symbolisme  de  l'anneau  des 
époux  et  du  voile  étendu  sur  leur  tête  ;  origine  de  celui-ci,  IV,  152  et 
suiv.;  —  son  histoire ,  153.  —  Faux  zèle  de  la  liturgie  en  ces  derniers 
temps,  nuisible  &  des  usages  respectables,  153  et  suiv. 

Marie  ou  la  Sainte  Vierge,  mère  de  Notre-Seigneur  Jésus-Christ. 
Son  monogramme  symbolise  la  vierge  du  Zodiaque,  I,  58.  —  Vêtue  de 
blanc,  299.  —  Vierge  noire  de  Chartres  et  autres,  301, 302;  —  II,  123;  — 
IV,  134.  —  La  prophétie  de  son  apparition  dénaturée  par  les  païens 
dans  Gérés,  la  bonne  déesse,  etc.,  1, 302. —  Le  bleu  consacré  à  ses  fêtes 
jusqu'au  X VHP  siècle,  317;—  IV,  13.—  Le  vert  la  revêt  comme  sym- 
bole de  sa  maternité,  1,320. —  Le  rose  symbolise  sa  douceur  et  sa 
chasteté,  329  ;  —  IV,  104.—  Le  bleu  et  le  rouge  s'associent  à  son  Fils,  I, 
336;  —  II,  609  ;  —  IV,  13  ;  —  aussi  bien  que  le  violet,  1, 336.  —  Souvent 
traitée  dans  TËcriture  parallèlement  avec  TÉgllse,  II,  226, 419  et  suiv., 
449.  —  Son  type  dans  l'Apocalypse ,  225  et  suiv.  ;  —  IV ,  142.  —  Du- 
puis  la  regarde  comme  étant  la  même  que  Gérés ,  Érigone  et  Isls,  I, 
367  ;  —  il  la  fait  cependant  dominer  tous  les  cultes  avec  son  Fils,  368. 
—  Chasteté  de  sa  pose  et  de  son  costume  au  moyen  &ge,  III,  420  ;  — 
IV,  131, 140.  — Respect  qu'eu  avaient  les  peuples,  et  leur  confiance, 
III,  4.  —  Ses  images  aux  catacombes,  IV,  131, 132,  133.  —Gomment  on 
peut  la  représenter  entourée  de  ses  symboles  bibliques;  Vierge  Mère, 
1,369;  — 111,4;  — IV,  131,  132,  137.  —  Symbolisée  par  les  saintes 
femmes  de  la  Bible  Rnth  et  Judith,  H,  38,  39;  —  par  la  toison  de 

Vf,  38 


594  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

GédéoD ,  88,  421.  —  Caractère  de  sa  royauté^  421 ,  447;  —  IV,  138.  — 
Elle  eat  l'Épouse  du  Cantique,  II,  123, 129, 130.  — La  Femme  aux  douze 
étoiles,  foulant  de  ses  pieds  le   disque  de  la  lune ,  225, 226 ,  398. — 
Arche  d'alliance,  421;  —  pourquoi,  IV,  50.  —  Jardin  fermé,  11,  421;  — 
IV,  356  et  suiv.— Le  type  de  l'Église,  226,  227,  231, 234,  368, 419  et  saiv., 
449,461;—  111,116;  — IV,  130.— Comparée  à  la  lune,  11,438.— Persé- 
cutée par  Hérode,  240.— Assiste  au  jugement  dernier,346;  —IV,  136.— 
Dévotion  du  moyen  âge  envers  Elle,  II,  347;  —III,  4;  —  IV,  134, 135, 192. 
—  La  nouvelle  Eve,  11,  520;  —IV,  132,  133.— Poème  d'un  anonyme  alle- 
mand où  Marie  est  comparée  à  toutes  les  pierres  précieuses,  II,  368.— 
Vers  de  Sédulius ,  450.  —  Marie  au  pied  de  la  croix,  448, 449  ;  —  IV, 
129, 130  et  suiv.  —  Auteur  de  VAve  maris  Stella  ,  II,  520.  —Circons- 
tances symboliques  de  la  purification  de  Marie,  531.  (Voir  Purifica- 
tion,)^ Idée  du  Sigillum  Maria  d'Honorius  d'Autun,  565.  —  Quelles 
fleurs  la  symbolisent,  588,  609,  647  ;  —  IV,  104.  —  Doit  avoir  les  pieds 
chaussés,  95, 140.  —  Rose  mystique,  II ,  609,  610,  647;  —  IV,  357.  — 
Louée  par  Dante  sous  ce  titre,  II,  665.  —  Symbolisée  par  le  clocher 
des  églises,  III,  116.  —  Quel  côté  de  l'église  est  convenable  à  sa  cha- 
pelle, 207,  208,  209.  —  Esthétique  de  toute  sa  personne,  IV,  131.  — 
Représentée,  au  porche  des  églises ,  terrassant  le  dragon ,  III,  209.  — 
Tour  d'ivoire ,  282,  283.  —  Opposée,  dans  la  fleur  de  Jessé,  au  péché 
originel,  318.  —  L'arbre  de  la  Vierge^  chandelier  merveilleux  de  la  ca- 
thédrale de  Milan ,  419.  —  Caractère  hiératique  des  Vierges-Mères  du 
moyen  flge ,  420,  421  ;  —  IV,  192.  —  Les  statues  de  la  Vierge  affublées 
de  draperies  et  d'étoffes  par  la  Renaissance,  III,  433;  —  IV,  135.  —  C'est 
elle  qui, pour  les  populations  du  moyen  ftge,  représentait  au  moisd'aoùt 
la  vierge  des  zodiaques,  III,  463.  —  Bévues  de»  peintres  dans  son  ima- 
gerie, 67,  79, 95  ;—  IV,  131, 132,  386,  391 .  —  Sa  tête  gravée  sur  des  an- 
neaux symboliques,  132.  —  Antithèse  des  Pères  sur  Marie  et  Eve,  133.— 
Histoire  de  son  iconographie,  133, 136, 138,  140.  —  Son  culte  développé 
par  les  croisades,  134.  —  Quelles  conditions  d'esthétique  et  de  piété 
chrétienne  conviennent  aux  artistes  qui  veulent  rendre  ses  images, 
135.  —  Sa  pose  assise  est  une  tradition  orientale,  134.  —  Quels  beaux 
caractères  lui  a  donnés  le  moyen  âge ,  135, 136,  140,  391.  —  Discussion 
sur  le  type  artistique  de  l'Immaculée  Conception,  136  et  suiv.,  141.— 
Ne  doit  jamais  être  sculptée  ou  peinte  sans  son  Fils,  137  et  suiv,,  139.— 
Type  japonais  de  la  Vierge  Immaculée,  140;  —  autre  type  français  du 
xiv«  siècle,  foulant  le  démon  et  tenant  le  petit  Jésus,  140  el  suiv.  — 
Arbre  de  Jessé  (voir  Jessé). -^  Types  à  choisir,  et  soin  qu'on  doit 
se  donner  de  ne  faire  Je  Marie  que  des  images  dignes  d'elle,  144.  — 
Elle   est   toujours  associée   à  l'action  rédemptrice  de  Jésus-Christ, 
192.  —  Faux  caractères  que  lui  donne  Michel-Ange  dans  son  Jugement 
dernier,  362.  —  S'apitoie  sur  la  réprobation  des  pécheurs,  366.  —  La 
Renaissance  prostitue  sa  sainteté  dans  ses  images,  386,  391. 

Marie  ÉGYPTIENNE  (Ste).  Sa  légende;  chasteté  de  ses  détails,  111,420. 

Mariqny  (Jean  de),  évêqne  de  Beauvais  au  xiv«  siècle.  Son  allusion 
au  Hs  des  rois  de  France,  I,  205.  —  Bliirigny ,  village  de  Normandie; 
tympan  de  son  église  décoié  du  ham,  III,  530;  —  IV,  446,45t. 


TABLE  GÉNÉRALE.  595 

Mars,  planète  symbolisée  par  une  flèohe,  I,  58.  — *  Le  dieu  Mars  a  le 
fer  paro^i  ses  emblèmes,  60.  —  Conditions  8ymboliqI\^s  de  ses  temples , 
225^  227.  —  Mars  casqué,  267,  —  enchaîné,  268.  —  Le  mois  de  mars,  et 
son  symbole  zodiacal,  III,  458. 

Martial  (S.),  apdtre  de  l'Aquitaine^  consacre  à  Bazas  une  église  à  la 
Sainte  Vierge,  IV,  136. 

Martin  (S.),  évoque  de  Tours.  Ses  allusions  symboliques  sur  tous  les 
objets  de  la  nature,  II,  493.  —  Un  Irait  de  sa  mort,  662. 

Martin  (Le  P.  Arthur) ,  jésuite,  l'un  des  auteurs  ée  la  Monographie 
des  vitraux  de  Bourges,  Sa  description  de  la  couronne  de  lumières 
d'Aix-larChapelle  ,  III,  i09  et  suiy.  —  Son  explication  peu  acceptable 
d'un  chapiteau  de  Saint-AuBin  d'Angers  où  figure  une  sirène,  IV,  448 
et  suiv.,  —  et  des  sculptures  de  la  crypte  de  Frisingue,  466. 

Martyrs.  Pourquoi  sous  l'autel  de  l'Agneau  dans  l'Apocalypse,  II, 

179,  187  ;  —  III,  188.  —  Origines  des  églises  dédiées  aux  martyrs^  II, 

180.  —  Énergie  de  ceux-ci,  215, 216.  —  Désignés  sous  l'image  de  deux 
témoins,  2i^f  219. —  Par  quels  fléaux  Dieii  veng^ea  leur  mort,  216.— 
Mystère  de  leur  résurrection,  qui  est  celle  de  l'Eglise,  219^  331  et  suiv. 
—  Prières  des  Saints  pour  que  la  mort  des  Justes  soit  vengée,  222.  — 
Triomphe  des  martyrs  jugeant  leurs  persécuteurs,  331.  —  Privilège  de 
leur  résurrection,  331.  —  Symbolisés  par  la  rose, 641. —  Ensevelis 
d'abord  dans  les  catacombes,  III,  188. —  Leurs  reliques  doivent  néces- 
sairement se  placer  dans  la  pierre  des  autels  consacrés,  IV,  157. 

Massagr£  des  saints  Innocents  (voir  Hérodë,  Innocents). 

MatIeriaLismb  dans  l'art,  le  prive  de  sa  vie  morale;  trop  favorisé  par 
Apelles,  1,284. 

Mathématiques.  Symbolisme  de  leurs  chiffres  et  de  leurs  figures,  I, 
52,  54,  55,  102.  —  Importance  qu'y  attache  S.  Augustin,  133. 

Matthias  (S.),  apôtre,  symbolisé  par  l'améthyste,  II,  382.—  Observa- 
tions sur  le  rang  qu'il  occupe  parmi  les  Apôtres,  III,  148.  —  A  pour  at- 
tribut une  cognée  ou  hache,  instrument  de  son  martyre,  149. 

Matthieu  (S.),  le  premier  des  Évangélistes.  Son  symbole  distinctif 
n'est  pas  un  homme,  mais  un  Ange,  II,  44, 176, 457.  —  Symbolisé  aussi 
par  la  chrysolithe,  381 .  —  Ses  attributs  iconographiques,  III,  147. 

Maurienne,  ancienne  comté  de  la  Sardaigne ,  dans  la  vallée  de  son 
nom.  Ses  armoiries,  IV,  175. 

Mauve,  symbole  de  la  charité,  1, 208. 

Maxime  le  Sophiste,  complice  de  Julien  l'Apostat  dans  sa  guerre  au 
Christianisme,  II,  250. 

Maximin  (II)  Galère,  symbolisé  par  un  ours,  II,  245.  —  La  sixième 
tête  de  la  béte  apocalyptique,  246, 289. 

Maximin  (I*')  Hercule.  Sa  persécution  contre  les  chrétiens  prophé- 
tisée dans  l'Apocalypse,  II,  237,  238.  —  Symbolisé  par  un  léopard , 
245,  289. 


5U6  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Maybul  (S.))  aitbé  de  Cluoy.  Sou  amour  Je  rélude,  II,  539. 

Mazbrolleb^  wUage  du  haut  Poitou  (Vienne).  Autel  des  premiers 
temps  du  moyen  fige  dans  son  église,  III,  270. 

Mazure  (Adolphe).  Sa  Philosophie  des  arts  du  dessin,  I,  49;  —  UI, 
186. 

MÉDAILLES  (voir  Numismatique).    . 

M6DU8B  (Tête  de).  Sa  signification  symbolique,  I,  234. 

Mélanthe,  peintre  de  Sicyone.  Son  tableau  du  Triomphe  d^Aristraie, 
I,  283. 

Mklchiséoech.  Son  sacerdoce,  symbole  et  prophétie  de  celui  du  Sau- 
veur, II,  78.  —  Gomment  il  doit  être  représenté,  315. 

MÉLiTOS  (S.),  évoque  de  Sardes  au  ii«  siècle,  écrit  sa  Clef  des  Saintes 
Écritures ,  II ,  18 ,  82 ,  172 ,  479  et  suiv.  —  Analyse,  comme  Durant  de 
Mende,  les  moindres  détails  de  son  objet,  172.  —  Théodulphe  d'Orléans 
a  fait  un  abrégé  de  sa  Clef  des  Étrilures,  192.  —  Édition  nouvelle  dii 
cardinal  Pitra,  480.—  Ses  nombreux  commentateurs,  438,  479, 557, 588; 

—  IV,  433.  —  Sa  biographie,  I,  35,  155,  479.  —  Son  Apologie  pour  Us 
chrétiens  à Marc-Aurèle ,  II, 479.-* Sa  méthode  symbolistique,  48!  et 
suiv.;  —  III,  307.  —  Distingue  les  bêles  des  animaux,  444. 

Mélopée  (voir  Musique). 

Mer.  La  mer  de  verre  (ou  de  cristal)  sous  les  pieds  du  Juge  souve- 
rain ,  II ,  163 ,  367.  —  C'est  le  baptême  ou  la  pénitence  ,  167 ,  168 ,  403. 

—  La  nature  humaine  spirltualisée ,  262.  —  Marchepied  des  Saints, 
262.— Mer  d'airain,  symbole  de  purification  danp  le  temple  de  Salomon, 
165.  —  Mer  changée  en  sang,  216,  217.  —  Symbole  de  la  guerre,  266. 

—  La  mer  symbolisant  l'empire,  et  les  fleuves  les  provinces,  268.—  La 
mer,  image  des  âmes  agitées,  281.—  Desséchée  à  la  fin  du  monde,  351. 

—  La  mer,  symbole  du  monde,  586. 

Mercure,  planète.  Gomment  symbolisée  ,  I,  58, 60  ,  267.  —  Dieu  de 
l'éloquence,  messager  de  l'Olympe,  dieu  du  commerce  et  des  voleurs; 
ses  attributs  à  tant  de  titres,  84, 169.  —  Présidait  au  quatrième  jour  du 
mois,  147.—  La  tortue  faussement  attribuée  comme  attribut  de  ce  dieu, 
170...  Conditions  symboliques  de  ses  temples,  227  ;  —  III,  104.—  Sym- 
bolisme de  son  cube,  I,  259.  —  Porte  une  étoile  sur  la  tête,  267.  —  Le 
culte  de  S.  Michel  opposé  au  sien  par  le  Christianisme,  III,  104  et  suiv. 

—  Mercure  n'est  qu'une  transformation  de  l'idée  primitive  des  Anges  ; 
il  est  plus  adoré  aiiyourd'hui  qu'on  ne  semble  le  croire,  105. 

MÉRIMÉE  (Feu.Prosper) ,  de  l'Académie  française.  Ses  erreurs  nom- 
breuses en  archéologie,  III,  337  ;  —  elles  viennent  de  son  manque  de 
sens  chrétien,  .345,  422;—  IV,  410,—  et  se  manifestent  surtout  dans  son 
livre  des  Peintures  de  Vèglise  de  Saint-Satin^  53  et  suiv. 

MÉROVINGIEN  (Style),  (voir  Églises),  —  Les  guerriers  de  cette  époque 
affectionnent  les  images  diaboliques  dans  leur  armure  ,  III ,  382.  — 
Beaux  caractères  de  son  orrévrerie,  IV,  292,  293. 


TABLE  GÉNÉRALE.  597 

Mb88b  (La  sainte).  Forme  de  rimposttion  des  mains  sur  l'Hostie,  em- 
proniée  des  consécrations  judaïques,  II,  99.  —  La  Messe  est  la  liturgie 
par  excellence  ;  histoire  de  ses  rites,  IV,  154, 156  et  suiv.,  168  et  suiv., 
246.  —  La  prière  au  nom  des  martyrs  en  montant  à  Tautel ,  U  ,  180,  -- 
portée  par  l'Ange  de  l'Apocalypse  au  pied  du  trône  de  Dieu,  191 .  —  Bé- 
nédiction du  prêtre  à  la  fin  de  la  Messe,  346.  —  Mélange  du  vin  et  de 
Teau,  union  de  Jésus-Christ  et  du  peuple  chrétien,  485.-*  Extension  des 
bras  après  rÉlévation,  486.— Livres  sur  le  symbolisme  de  la  Messe,  565; 
—  IV,  158,  196.  —  Le  canon  porte  des  traces  du  iv^  siècle,  III,  143.  — 
Les  mains  du  diacre  ou  la  poitrine  des  martyrs  servant  d'autel,  265.  — 
Ce  qu'était  la  Messe  dans  les  catacombes,  281,— et  aux  premiers  siècles 
de  l'Église,  IV,  150  et  suiv.,  154  et  suiv.—  L'Épltre  et  l'Évangile,  160  et 
sniv.  —  Le  diacre  et  le  sous^diacreau  Sanclxts,  161.—  La  Messe  est  un 
véritable  drame  liturgique,  196.—  Analogie  d*'s  cérémonies  de  la  kf esse 
avec  les  Mystères  de  la  Passion ^  par  le  P.  J.-B.  de  Bouillon,  196.— Raison 
et  variété  des  prières  de  la  Messe  et  de  leur  chant,  246  et  suiv.—  Abus 
scandaleux  des  messes  en  musique,  270  et  suiv. 

Messie,  annoncé  par  Zacbarie  sous  le  nom  d'Orient,  II,  107. 

Mesurbs  du  temple  de  Jérusalem  dans  Ézéchiel  et  dans  l'Apocalypse, 
II ,  213 ,  371 ,  375.  —  Symbolisme  de  la  règle  d'or  qui  sert  à  les  déter- 
miner,  372.  — Mesures  des  églises,  établies  d'après  des  symboles,  213  , 
372  ;  —  III,  31  et  suiv. 

MÉTALLURGIE.  Superstitîons  liées  à  cette  science  longtemps  illu- 
soire ,  1 ,  59 ,  60.  —  Symboles  des  sept  métaux ,  60  ,  —  et  des  sept  pla- 
nètes, 61. 

MÉTOPES,  sujets  enveloppés  dans  des  arcades  saillan  les  s'alternant  avec 
les  modillous  ou  corbelets,  UI,  310. 

Mbule  submergée  pour  symboliser  de  grands  et  irrémédiables  mal- 
heurs, II,  307  et  suiv.,  309.  —  S.  Paul  moulant  le  blé  de  la  nouvelle 
Alliance,  573, 574;  —  IV,  18.—  Symbolisme  de  la  meule  employée  par 
S.  Uilaire,  II,  574. 

Michel  (S.).  Archange.  Son  combat  contre  Satan,  II,  234;  —  III,  104, 
132,  209;  —  IV,  8,  37.  —  Peint  au  xii^'siècle  à  l'abside  de  Saint-Pierre- 
des-Églises,  11,241 ,  —  et  à  Saint-Savin-sur-Gartempe,  242.—  Ses  églises 
bâties  de  préférence  sur  les  lieux  élevés ,  363;  —  III ,  104.  —  Pèse  les 
âmes  dans  une  balance,  209.  —  Patron  des  chapelles  de  cimetières,  81. 
—Opposé  à  Mercure  parle  Christianisme,  104.— Défend  l'Enfant  Jésus 
contre  Satan,  334 ,  335.  —  Mauvais  style  du  Saint  Michel  de  Raphaël , 
IV,  376. 

Michel-Anqb  Buonaroti  approuve  AnJré  Orcagna  dans  ses  inno- 
vations contre  l'ogive,  IV,  247.—  Caractère  de  son  faire  artistique  exa- 
gérant les  formes  et  ignorant  l'esthétique  chrétienne ,  347.  —  Ce  qu'il 
faut  penser  de  ses  travaux  à  Saint-Pierre  de  Rome,  348  et  suiv.,  359.  — 
II  est  moins  architecte  que  peintre,  359  et  suiv. —  Sa  réputation  morale. 
360.—  Son  Jugemt^t  dernier;  description  et  critique  de  cette  fameuse 
fresque  au  point  de  vue  de  l'art  et  de  l'esthétique,  361  et  suiv.—  Le  nu 


598  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

poussé  à  l'excès  dans  cette  peinture,  365,  —  et  l'absence  de  tout  respect 
de  la  foi,  366.  —  Son  nu  est  cependant  moins  dangereux  que  celui  de 
{laphaôl,  387. 

MiGHÉfi ,  un  des  petits  Prophètes,  associé  à  la  sibylle  de  Cumes  «  IV, 
102. 

MiCHBLBT.  Son  faux  système  sur  la  distinction  sexuelle  des  types  de 
l'architecture,  I,  254. 

Midi,  point  cardinal,  symbolisant  au  besoin  soit  le  bien,  soit  le  mal, 
II,  443  ;— mais  plus  souvent  orné  des  symboles  du  bien  dans  les  églises 
où  à  leur  extérieur,  III,  127,  442. 

Miel,  symbole  de  la  sagesse  et  de  la  richesse  spirituelle,  I,  304. 

Milàn  ,  oiseau  de  proie ,  symbole  de  la  rapacité  violente ,  III,  446 , 

—  du  démon,  IV,  454. 

Millénaires.  Fausse  persuasion  qu'ils  se  font  de  la  fin  du  monde , 
H,  328 ,329;  —  III ,  48  et  suiv.  —  Gomment  Estius  entend  les  mille  ans 
de  l'Apocalypse,  II,  334. 

Minerve,  stérile,  et  symbolisée  par  le  nombre  ft,  1, 149.— Conditions 
symboliques  de  son  temple ,  225 ,  226.  —  A  pour  attribut  le  hibou,  233 , 

—  l'olivier,  268.—  Principe  de  la  sagesse,  262,  304.— Symbole  de  la 
ville  de  Myrina,  264.  —  Peinte  de  couleur  verte,  318.  —  La  rose  lui  est 
consacrée  )  327.— Comment  les  Grecs  symbolisaient  sa  chasteté ,  III, 
250. 

Miniatures  des  manuscrits.  Combien  précieuses  pour  le  symbolisme, 
II,  205,  248,  320;  —  IV,  24.^  Mérite  du  recueil  de  M.  le  comte  Auguste 
de  Bastard,  intitulé  :  Peintures  et  Ornements  des  numuscrils,  il,  453  et 
suiv. —  Les  miniatures  ont  pu  suppléer,  pour  la  divulgation  des  règles 
architecturales,  à  labsence  de  toutes  théories  écrites,  III,  61  ;  —  IV,  24. 

—  Leurs  relations  d'existence  avec  la  peinture  sur  verre,  24.  —  Leur 
caractère  esthétique  s*altère  en  approchant  de  la  prétendue  Renais- 
sance, 27.—  Analyse  de  missels  et  bréviaires  du  xv*  siècle,  et  de  leurs 
vignettes  symboliques,  t6i(i.et  suiv.— L'esprit  mondain  y  domine,  quoi- 
qu'avec  des  réminiscences  du  symbolisme  religieux,  28. 

MiNUTius  AuQURiNUS ,  Sénateur  romain.  Honneurs  symboliques  qui 
lui  sont  rendus,  1, 269. 

Miracles.  Faux  miracles  effectués  par  le  démon  pour  tromper  les 
hommes,  II,  270.—  Quelles  preuves  apportent  contre  les  miracles  leurs 
antagonistes  systématiques,  650,  651  —  Que  penser  de  ceux  des  magi- 
ciens de  Pharaon  ?  652.  —  Véritable  esprit  de  l'Église  sur  la  croyance 
due  aux  miracles  qu'elle  approuve,  656  et  suiv.,  658, 660  et  suLv. 

MiRViLLB  (De)  ,  auteur  du  livre  Des  Esprits  et  de  leurs  manifesta- 
tions. Idée  de  ce  livre,  IIL  391. 

MiTHRA.  Ses  doctrines  introduites  dans  la  philosophie  romaine,  1.60, 
168. —  Son  nom  composé  de  lettres  numérales,  99;  — son  caractère 
mythologique.  165.  —  Description  d'uu  bas-relief  romain  où  sont  expo- 


TABLE  GÉMÉRALE.  599 

aéet  les  doctrines  mithriaques,  167, 168^  368.—  Eirears  théologiques  de 
quelques  critiques  sur  la  valeur  de  ce  culte,  168^  368.  ^  Ses  prêtres  ap- 
pelés coraces,  170.  —  Impudicilé  de  ses  mystères,  170.  —  Comme  toutes 
ces  grandes  choses  vieunent  de  peu,  171.  —  Son  culte,  pratiqué  par  des 
philosophes  païens ,  motire  au  iv*  siècle  l'iaterdiction  de  l'orientation 
des  églises^  III,  74. 

Mitre  épiscopale.  Son  origine;  sens  symbolique  de  ses  détails ,  IV, 
162.-*  Exagération  de  sa  forme  au  xvi*  siècle,  163.—  Mitre  juive 
donnée  à  Aaron,  âil.—  La  forme  des  mitres  exagérée  depuis  la  Re- 
naissance, 399. 

Mobilier  de  Téglise  (voir  Ameublement). 

Modestie,  réserve  des  paroles  et  des  actions  en  faveur  de  la  chasteté. 
Qu'elle  est  une  vertu  naturelle  recommandée  par  le  Christianisme 
comme  la  sauvegarde  des  bonnes  mœurs,  IV,  389. 

MoDiLLONS,  ou  corbelets.  Motifs  chrétiens  de  leurs  formes  les  plus 
bizarres  en  apparence,  1, 177  ;  —  II,  476;  —  III,  128,  129,  307.  —  Ce  sont 
autant  de  données  sur  le  double  principe  du  bien  et  du  mal,  de  Dieu  et 
du  démon,  1, 355;  —  II,  527  ;  — 111,313  et  suiv.,  440.—  Empruntés  à  Ézé- 
chiel,  II,  101 ,  —  à  Job  et  aux  Psaumes  ,  294 ,  —  aux  démons  et  aux 
Juifs,  III,  308.  — Têtes  de  démons ,  126,  325,  385.  —  Semblent  désignés 
par  uoe  phrase  de  S.  Deûys  TAréopagite,  II,  476.  —  Les  modillons  rares 
dans  l'intérieur  des  églises  en  Normandie  ,  III ,  58.  —  Ils  se  suivent 
maintes  fois  par  une  alliance  d'idées  corrélatives,  59, 184, 317,  319,  321. 
—  Types  innombrables  distribués  sur  les  édifices  sacrés,  127  et  suiv., 
313  et  suiv.,  384  et  suiv.,— et  mieux  sculptés  aux  approches  du  sanc- 
tuaire, 182.  —  Motifs  variés  à  étudier  d'après  les  sciences  humaines  et 
sacrées,  259.  —  L'auteur  passe  pour  en  avoir  expliqué  le  premier  le 
symbolisme,  305  et  suiv.— On  n'en  peut  plus  nier  la  théorie,  306, 313.— 
Leur  origine,  307  ;  —  leur  marche  progressive,  309. — Caractères  des  mo- 
dillons carlovingiens,  310,  315,  —  aux  zi«  et  xii*  siècles,  ibid.,  324,325. 
^  Tètes  de  démons  mangeant  des  hommes,  II,  294,  527,  —  IV,  443 ,  — 
supportant  les  corniches  de  l'église,  III,  307, 855, 384.— Zoologie  variée 
des  modillons,  II,  301,  589;  —  III,  325,  445, 446  et  suiv.  ;  —  très-souvent 
allégorisant  les  supplices  des  démons,  375.—  Les  (êles  plaies,  310.  — 
Le  poulet  de  l'église  de  Saumont,  328.—  Tous  les  modillons,  considérés 
isolément ,  explicables  par  l'Écriture  ou  les  Pères ,  313  et  suiv.;  —  leur 
sens  moral  et  didactique ,  317.—  Sujets  diverse  orienter  selon  leurs 
caractères  esthétiques ,  320.  —  Gomment  des  monuments  peuvent  se 
trouver  paréi  de  modillons  plus  ou  moins  anciens  qu'eux,  324.— Ce  qu'il 
faut  penser  de  prétendus  portraits  historiques  sculptés  sur  les  modillons, 
326.  —  Ils  conservent  des  traces  des  drames  liturgiques,  IV,  199  et  suiv. 

Moïse  a  droit  d'être  cru  à  titre  du  plus  ancien  historien  que  Ton  con- 
naisse, I,  30, 31.—  Antagonisme  du  philosophisme  contre  lui,  III,  450.  — 
Signification  de  son  nom,  I,  43.  —Son  Pentaleuque,S6,  37;  —  son  can- 
tique de  la  mer  Rouge,  et  sa  poésie  symbolique,  63,  216.  —  A  pu  étu- 
dier les  sciences  religieuses  dans  les  collèges  égyptiens ,  75.  —  Tout  ce 
qu'il  a  écrit  prophétise  Jésus^hrist,  II,  59, 60, 360  ;  —  III,  505  ;  —  et  lui- 


600  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

même  en  est  la  figure^  II,  112;  — IV,  18.  — SouTent  représenté  dans  les 
catacombes ,  11^  360.—  Pourquoi  on  lui  a  donné  des  cornes  en  quelques 
images,  75,  633.  —  Levant  ses  bras  sur  la  montagne,  92.  —  Changeant 
les  eanx  en  sang,  217.— Symbolisme  de  Teau  tirée  du  rocber,  360.— 
Sa  Loi  finit  qnand  vient  celle  du  Sauveur ,  449.  —  Symbolisme  de  son 
mariage  avec  l'Éthiopienne,  585.—  Il  doit  avoir  les  pieds  nns,  IV,  94. 

—  Comment  on  le  représente  au  moyen  ége^  210. 

Moisson,  symbole  de  l'humanité  fauchée  par  la  mort,  II,  260. 

MoLAN  on  MOLANUS;  autcur  de  VHûtoria  sacrarum  imaginum.  Ce 
qu'il  dit  des  peintures  inconvenantes  condamnées  par  le  concile  de 
Trente,  III ,  437.  —  Apprécie  mal  la  tradition  du  bâton  fleuri  de  8.  Jo- 
seph, 545,  —  et  celle  des' quatre  clous  du  Sauveur  crucifié,  IV,  125, 126. 

—  Son  livre  curieux  cependant  et  d'une  étude  utile  aux  peintres^  145. 

MoLiNA ,  prêtre  espagnol ,  auteur  de  VInstruciion  des  prêtres,  livre 
plein  de  conseils  judicieux  pour  l'ecdésiologie,  III,  238. 

Monastères.  Leurs  usages  ne  vieillissent  pas  ;  soutenus  par  la  règle, 
I,  199.  —  Vicissitudes  de  leur  existence  au  moyen  âge,  II,  532.  —  Que  la 
crainte  de  la  fiu  du  monde  n'a  pas  entravé  leur  création  aux  x*  et 
xi«  siècles,  III,  18  et  suiv.—  Services  rendus  par  eux  aux  lettres  et  aux 
sciences,  II,  536, 538  et  suiv.,  575  et  suiv.  ;  —  III,  46,  47, 57, 61  ;  —  IV,  296, 
428.  —  Les  monastères  et  autres  communautés  pourvus  d'armoiries,  IL 
550.—  Leur  abnégation  de  toutes  les  choses  terrestres ,  594, 595 ,  596. 

—  Caractères  symboliques  des  édifices  monastiques,  52  —  Pourvus  de 
symboles  décoratifs ,  grâce  aux  études  qu'ils  abritent,  IV,  430.  —  Les 
moines,  maîtres  de  l'œuvre,  ne  s'y  épargnent  pas  à  eux-mêmes  les  leçons 
sévères  de  la  Loi  divine  et  des  jugements  de  Dieu,  460  et  suiv. 

MoNDB  physique ,  représenté  par  un  dragon  à  trois  têtes  dans  la 
mythologie  d'Orphée ,  1, 81,  —  et  dans  celle  des  Hindous,  161;  —  allé- 
gorisé  par  un  temple,  186.  —  Sa  destruction  au  jour  du  jugement  der- 
nier, II,  350 ,  357.  —  Fausses  données  attribuées  au  x*  siècle  sur  la  fin 
procbaine  du  monde,  III,  18  et  suiv.—  Symbolisé  par  un  cercle  ou  une 
roue,  108,—  ou  une  boule  partagée  en  deux  hémisphères,  IV,  118,  — 
mais  qu'il  ne  faut  pas  confondre  avec  la  pomme  d'Adam  donnée  à  l'En- 
fant Jésus,  132.  —  Le  Monde  créé  de  Buffamalco  au  Campo-Santo  de 
Pise;  belle  esthétique  de  cette  composition,  370. 

Monnaies  (voir  NuMisATATrQUK). 

Montagnes,  symbole  des  âmes  contemplatives,  II,  281 ,  —  de  l'Église 
triomphante,  364,  —et aussi  des  âmes  présomptueuses,  281,  282.— 
Autres  symboles  nombreux  d'api  èâ  ces  deux  idées,  363,  361;  —  III,  102. 

—  Noms  symboliques  de  montagnes  célèbres  dans  l'Écriture,  102. 

.  MoNTFAUGON,  savaut  bénédictin,  attribuerait  à  tort  la  tortue  à  Mer- 
cure comme  un  de  ses  attributs,  1, 170.  —  Son  ingénieuse  explication 
de  Psyché,  dont  le  char  est  traîné  par  deux  Amours  ,  286.  —  A  pris 
l'octogone  de  Montmorillon  pour  un  temple  de  druides,  III,  108. 

Montmorency  ,  illustre  et  ancienne  famille  de  France.  Origine  de 
ses  armoiries,  II,  551. 


TABLE  GÉNÉRALE.  604 

MoNTMOftiLLON»  Ville  da  Poitou  (Vieillie}.  Église  Notre-Dame  :  déyia- 
tionde  Bon  axe  longitudinal,  III,  171. 

Monuments  historiques.  Leur  classification  par  H.  de  Gaumont,  IV, 
402.^  Mauvais  système  des  gouvernements  dans  la  création  de  leurs 
architectes  officiels  et  de  leurs  inspecteurs  généraux,  405^  406,  441.— 
Style  hasardé  des  premiers  siècles,  et  difficulté  d'y  reconnaître  des 
caractères  bien  distincts,  426  et  suiv. 

Morale  chrétienne,  allégorisée  par  la  zoologie,  III,  477  et  suiv.,  480. 

MoaÉRi  analyse  mal  ce  que  dit  Ducange  sur  la  fêle  de  VAne  au 
moyen  ftge^  IV,  210, 213, 226. 

Mors,  sfmbole  de  la  tempérance  et  de  la  modération,  IV,  358. 

Mort,  symbolisée  par  le  nombre  18, 1, 149.— Funestes  conséquences 
de  l'abolition  de  la  peine  de  mort,  II,  85.  —  La  première  et  la  seconde 
mort,  331. 332,  346.—  Le  Cheval  de  la  màrl,  d'Albert  Durer,  IV,  358.— 
Sa  personnification  dans  une  vignette  du  xvi«  siècle,  I,  38.—  Tète  de 
mort  au  pied  de  la  croix  ;  son  symbolisme,  130.  i 

Mosaïque,  employée  par  S.  Sylvestre  dans  les  églises  bâties  par  lui, 
m.  44  ;  —  rV,  45.  —  Beaux  pavés  qu'elle  forme  dans  les  basiliques,  III, 
153  et  suiv.;  —  IV,  47.—  Belle  mosaïque  à  Saint-Apollinaire  de  Revenue, 
lli,  207.  —  Les  mosaïques  remplaçant  les  peintures  dans  l'ornementa- 
tion des  églises  ,  291  ;  —  IV,  46.  —  Leur  ancienneté  ,  45.  —  On  les  em- 
ploie beaucoup  eu  France  ,  46.  —  Cause  de  leur  abandon,  47.  —  Belle 
mosaïque  de  S.  Paulin,  évêque  de  Noie  au  iv«  siècle ,  47.  —  Mosaïque 
d'or  de  la  basilique  de  Cologne,  290. 

Mouche,  symbole  de  l'insolence,  I,  95. 

Mousson,  village  de  Lorraine.  Ses  fonts  baptismaux  du  xii*  siècle, 
IV,  77. 

Moyen  âge.  Ses  magnificences  en  tout  genre  au  xiii*  siècle ,  II,  13  ; 
—  III,  418.  —  Chasteté  des  arts  au  moyen  âge, IV,  383.  —  L'Europe 
n*y  formait  réellement  qu'une  seule  nation  chrétienne,  II,  16,  676,— 
détruite  aujourd'hui  par  le  travail  révolutionnaire,  III,  150.  (Voir 
Révolulion.)  —  Malheurs  de  l'Europe  du  iv«  au  zi*  siècle ,  IV,  426  , 
427.  —  Beautés  énergiques  de  sa  théologie  et  de  sa  littérature,  II,  472 
et  suiv.,  568,  569, 570  ;  —  III,  29  •,  418  ;  —  IV,  385  et  suiv.  —  Pureté  des 
idées  artistiques  à  cette  époque ,  III,  419,  —  et  leur  ensemble  tout  re- 
ligieux, IV,  254,  257.  —  Le  Moyen  Age  et  la  Renaissance,  recueil  d'ico- 
nographie et  de  dissertations  d'une  science  généralement  peu  sûre, 
III,  394;  — IV,  146, 203;  -exceptions  à  celte  remarque,  296.  —  Moralité 
du  théâtre  du  moyen  Âge,  opposée  aux  immoralités  de  notre  temps,  190 
et  suiv.,  226, 228.—  Ce  qu'étaient  les  arts  du  moyen  Age  d'après  le  Traité 
du  moine  Théophile ,  210  et  suiv.,  —  et  comment  on  doit  les  traiter  au- 
jourd'hui dans  tous  les  objets  du  culte,  339.  —  Erreur  qui  fait  regarder 
le  x«  siècle  comme  étranger  aux  études,  428.—  Le  moyen  ftge,  calomnié 
par  l'ignorance  des  uns  et  l'hostilité  systématique  des  autres,  I,  8  ;  — 
II,  22  et  suiv.,  485, 607, 621,  622  etsuiv.  ;  —  III,  192.  —  Charité  mutuelle 
des  geus  de  lettres  à  cette  époque ,  II ,  535.  —  Plus  chaste  dans  ses 


% 
602  UISTOIBE  DU  fiYMBOUSMB. 

mœurs  et  plus  naïf  dan»  le  langage  ^130.  —  Étude  du  symboHnne  et 
des  écrivains  de  chaque  siècle  du  moyen  ftge  :  du  i^  siècle  ,  466  , 
475,  —  du  il«,  477,  —  du  ni«,  484,  —  du  iv«,  487  ,  —  du  v»,  494  ,  —  du 
vi%  515,  ^  du  vu%  522,  —  du  yiiP,  528  ;  —  causes  de  sa  stérilité  litté- 
raire, 532  ;  —  du  ix«  :  caractère  et  esprit  de  sa  littérature,  533  et  suiv.  ; 

—  ses  célébrités  scientifiques  ,  537  ;  —  du  x*  siècle  :  études  de  ce 
temps  ,  538  ,  —  m  ,  18  ;  —  du  xi«  ,  II  ,  554  ,  —  III ,  240  ,  525  ;  —  du 
XIP,  557  ;  «  ses  études  du  symbolisme,  558  et  suIt.,  368  et  suiv.;  «-  du 
XIII*,  de  la  page  606  à  la  fin  du  volume.  —  Le  zin*  siècle  développe  la 
science  humaine  avec  la  sainteté,  II,  607,  611, 676.^  Beauté  et  élégance 
de  ses  conceptions  architecturales ,  III ,  33 ,  38.  —  Il  ne  vaut  cependant 

•  pas  le  t\\;  sortant  des  règles  plus  sérieuses  tracées  par  eelad-ci,  34.— 
Le  moyen  ftge  n*a  presque  pas  eu  de  livres  didactiques  sur  les  théories 
de  ses  arts,  62.—  Décadence  du  symbolisme  aux  xiv«  etxv«  siècles,  IV, 
19.  —  Epoque  hiératique  du  moyen  ftge,  du  xu«  au  xiii^  siècle.  Il  ,  522, 
357,  561  jusqu'à  606  ;  ~  IV,  53.  —  Théorie  chrétienne  des  sciences  et 
de  leur  enseignement  au  xii*  siècle  ,  II,  577  ;  -^  III,  28.  —  Ses  riches- 
ses artistiques  puisées  dans  le  symbolisme ,  33  et  suiv.,  90, 240.  ^  (Voir 
Architectes,  Architecture,  Artistes.) 

Mulet,  symbole  de  rentêtement  stupide,  II,  462. 

Murailles  et  appareil  des  églises.  Leurs  conditions  et  leur  symbo- 
lisme, III,  112  et  suiv.,  158.  —  On  ne  doit  pas  cacher  leurs  lignes  cimen- 
tées, qui  ont  leur  signification  mystique,  159. —  Parées  quelquefois  d'une 
.  arcature  triple  en  Thunneur  de  la  Trinité,  IV,  74.  —  Ne  pas  les  revêtir 
de  lambris  en  bois  menuisé,  117. 

MuRATORi,  auteur  italien  du  recueil  Scriplores  rerum  llalicarum. 
Science  de  cet  ouvrage,  IV,  306. 

Musées  ,  héritiers  illégitimes  des  églises  pour  une  foule  d'objets 
sacrés  usurpés  sur  celles-ci,  IV,  301,  303,  337. 

Musique,  a  ses  symboles  daos  ses  notes.  Son  histoire  et  Texécation 
de  ses  dations  chantées  on  jouée.<,  I,  61  et  suiv.,  68,70  ;  —  IV,  236, 
238, 239, 259.— Incertitudes  et  conjectures  sur  son  origine,  1, 63, 65, 215  ; 

—  IV,  236,  259.  —  Le  peuple  a  une  véritable  musique  vocale  dans  Tac- 
centuation  de  sou  langage,  1,63  et  suiv.— Origines  de  la  musique  instru- 
mentale, 65;  —  IV,  259, 260.  —  Sa  puissance  sur  le  cœnr  humain,  1, 67. 
68.  70  :  —  IV,  235,  238,  260.  —  Symbolisme  de  Pergolèse  et  de  Steibelt^ 

I,  68.  —  i>  Crépuscule  d'Eugène  Moniot,  69.  —  Le  BengaU  de  Pascal 
Uerville,  69. —  Sens  que  S.  Augustin  attache  à  ce  mot  dans  son  Trmlé 
de  kf  musique^  133. —  Chants  et  musique  du  ciel  d'après  rApocatypse, 

II.  169. 172, 173.  311  ;  —  IV,  183,  2)8.  —  Musique  mfemale  d'une  scène 
cabalistique  de  la  Renaissance.  III,  400. —  Animaux  musiciens  :  la  truie 
quille* etc., IV,  32. 237.  (Voir  Animaux.) — Musique  unie  an  chant,  sym- 
bole de  joie  dans  les  fêtes  de  TEglise,  183, 239. —  Origine  de  U  musique 
religieuse  dans  la  prière,  235.  2.^,242,  259,  260.  —  Elle  se  mêle  aux 
prt^mières  habitudes  de  tons  les  peuples.  236,  246.—  Premiers  tàlonne- 
ments  de  Iharmonie  naturelle ,  240.  259.—  Ce  qu'était  la  mélopée  des 
Grecs,  210.  241,  242,  2^7.  249.  —  On  la  retrouve  dans  quelques  chants 


TABLE  GÉNÉRALE.  603 

de  la  liturgie  actnelle^  240, 241,  249.  ~  Symbolisme  du  plain-chant,  241 
et  suIt.  (Voir  Chant  grégorien.)  —  Idée  de  la  première  notation  et  de 
ses  modifications  par  Guy  d'Arezzo,  244.—  La  musique  profane  et  ses 
envahissements  dans  rÉglise,  250  et  suiv.,  264  et  soiv.  —  La  belle  mu- 
sique est  bonne  partout,  excepté  là  :  par  quelles  raisons,  251,  280.— 
Zèle  mal  écouté  de  TÉglise  contre  ces  abus,  qu'on  ne  pourra  détruire 
que  par  une  réforme  radicale  et  l'expulsion  de  la  musique  mondaine, 
280  et  suiT.,  282.  —  Parallélisme  et  relations  symboliques  au  moyen 
Age  entre  la  musique  sacrée  et  le  caraclère  des  monuments  religieux» 
253.  —  Caractère  de  mélancolie  chrétienne  dans  la  musique  du  moyen 
Age,.  257  et  suIt.—  Elle  était  digne  et  noblement  exécutée,  260.  —  Dé- 
testables abus  des  messes  en  miuique  ;  leur  caractère  profane,  et  impiété 
de  leurs  programmes,  270  et  suiv.  —  Idée  et  analyse  d'un  Concert  reli- 
gieux exécuté  dans  une  église  sans  un  seul  morceau  religieux,  271  et 
suiv.  —  L'auteur,  en  blâmant  ces  excès,  s'appuie  des  plus  vénérables 
autorités  ecclésiastiques,  281,  282. 

Myrina,  ville  d'Asie,  symbolisée  par  une  tête  de  Minerve,  1, 264. 

Myrte,  symbole  de  la  compassion,  III,  567. 

Mystères,  ou  fêtes  secrètes  du  paganisme.  Leurs  immoralités  révol- 
tantes, 1,  252.—  Époque  des  mystères  orphiques,'8ymboli8ée par  l'œuf 
d'où  sortie  monde,  368.  —Mystères  chrétiens,  ont  tous  un  sens  figuré» 
II,  527.  —  Symbolisés  par  le  sphinx  et  la  chimère,  IV,  423.  —  Mystères 
ou  drames  liturgiques  (voir  Drames). 

Mysticisme,  art  de  surnaturaliser  la  partie  littérale  des  Saintas  Ecri- 
tures au  profit  du  symbolisme.  Son  origine  dans  renseignement  chré- 
tien, II,  468. 

Mythologie.  Ses  causes  et  ses  origines  polythéistes,  I,  76,  77.  —  Elle 
favorise  toutes  les  passions  du  cœur  humain,  77,  81,  84  ;  —  III,  410.- 
Est  née  en  Egypte  sous  l'influence  de  Cham,  I,  79, 88,  156.  —  Gomment 
ses  dieux  ont  reçu  des  notions  de  leur  existence  toujours  progressives; 
80.  —  Nombreux  rapprochements  entre  les  traditions  bibliques  et  la 
fable,  prouvant  que  cette  dernière  est  une  dérivation  de  l'autre,  82,83, 
161,  313  ;  —  II,  508  ;  —  III,  350, 554.  —  Mythologie  des  Hindous,  1, 157 , 
160, 161  ;  —celle desHomains  puisée  partout  et  portée  partout,  170.  — 
Charmants  symboles  de  la  mythologie  grecque  sur  un  vase  antique  du 
musée  du  Câpitole,  262.  —  Les  divinités  secondaires  émanant  des  divi- 
nités primitives,  313.  —  La  mythologie  primitive  n'est  qu'un  dérivé  des 
principes  monothéistes,  et  une  annonce  de  plusieurs  mystères  chré- 
tiens, 319,  365.  —  Le  Christianisme  reprend  sur  la  mythologie  antique 
ce  que  celle-ci  lui  avait  emprunté  en  le  dénaturant,  II,  7,  12, 500,  508, 
509  ;  —  III,  466  et  suiv.  —  Usage  qu'a  pu  faire  de  la  fable  le  symbolisme 
chrétien,  II,  614,  655  et  suiv.  ;  —  III,  350  et  suiv.,  460,  461  et  suiv.,  466, 
554;  «IV^  j3,  231,  232.  —  Froideur  de  l'art  païen  comparé  à  celui  du 
Christianisme,  111,  244.  —  Singularités  de  Rubens,  de  Poussin  et  de  Le- 
sueur,  mêlant  le  paganisme  à  leurs  compositions  chrétiennes ,  IV.  378 
et  suiv.—  La  chasteté  méconnue  des  beaux  génies  de  l'antiquité,  III , 
410,412. 


604  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 


N 


Naaman  y  lépreux  de  l'Ancien  Testament.  Son  immersion  dans  le 
Jourdain,  symbole  du  baptême,  III,  299. 

Nabughodonosor  ,  symbole  de  Torgueil  dans  l'iconographie  dn 
XII*  siècle,  II ,  560  ;  —  IV,  435.  —  Symbolisme  de  l'arbre  auquel  il  est 
comparé  dans  Daniel^  III ,  518.  —  Son  rôle  dans  la  Fêle  de  F  Ane  an. 
moyen  âge,  IV,  212.  —  Son  esthétique  sur  l'encensoir  de  Lille,  316. 

Naïades.  Le  style  corynthien  donné  par  Vitruye  à  leurs  temples  ^  I^ 
225. 

Namatius,  éTêque  de  Clermont  au  vi«  siècle ,  bâtit  une  église  tonte 
symbolique  par  seè  détails;  sa  femme,  retirée  du  monde ,  s'y  applique 
aussi,  III,  50,  106,  187  ;  —  IV,  51. 

Nappe  d'autel.  Sa  signification  symbolique,  II,  356.—  Ella  doit  être 
de  lin,  et  pourquoi,  Ili,  268;  —  IV,  157. 

Narthex,ou  porche  des  églises.  Son  usage  liturgique,  et  détails  qui  s'y 
rapportent,  III,  119,  131.  — Beau  narihex  de  Saini-Benott-Bur-Loire , 
132. 

Nature.  Symboles  qui  l'expriment  chez  les  Hindous,  1, 160. 

Navigation,  a  dû  faire  inventer  l'astronomie,  I,  97. 

Navire,  symbole  de  la  ville  de  Paris,  I,  209.  —  Symbolisme  des  con- 
structions navales,  240.  — Un  navire,  symbole  de  l'Église,  II,  483,— de 
la  Trinité,  IV,  74. 

NÈALCÈs,  peintre  grec  Son  ingénieuse  manière  de  symboliser  le  Nil, 
1, 283. 

Nectaire  (S.),  (voir  Victorin),  qui  est  le  même  que  lui. 

Nef  des  églises.  Son  symbolisme,  II,  17;  —  III,  9, 42  et  suiv.,  114, 119. 
Renflement  de  la  nef  par  le  milieu,  symbolisant  la  pause  du  corps  dn 
Sauveur  sur  la  croix ,  168  ,  169  ;  —  IV,  343.  —  La  forme  de  navire  im- 
posée parles  canons  apostoliques,  III,  168, 169,  170.— Nefa  secondaires 
ou  bas-côtés  ;  leur  symbolisme,  174;— IV,65.— Combien  on  ytenaitdès 
le  XI*  siècle  et  même  au  iv«,  III,  175.  —  Églises  à  cinq  ou  sept  nefs,  173 
et  suiv.,  —  à  deux  nefs  ches  les  dominicains ,  et  leur  raison  probable, 
176.—  La  nef,  image,  par  rapport  au  chœur  et  au  sanctuaire,  du  monde 
inférieur  des  simples  fidèles  ,  222.  —  Reçoit  parfois  trois  travées  en 
rhonneur  de  la  Trinité,  IV,  74. 

Nkf  DBS  Fous  (voir  Brandt). 

N&B^iB ,  auteur  présumé  du  u«  Uvre  d'Esdras.  Symbolisme  de  son 
nom.  II,  38.  —  RebAtit  le  temple,  42. 

NsMROD.  chasseur  biblique,  figure  du  démon.  Il,  510. 


TABLE   GÉNÉRALE.  005 

NÉNUPHAR  (voir  Lotus), 

Nbphtàli,  fils  de  Jacob,  Bymbolisé  par  le  bélier  da  Zodiaque,  II,  110. 

—  Signification  de  ce  nom,  symbolisé  par  le  saphir,  379. 

Neptune,  symbolisé  par  un  trident.  On  lai  sacrifie  un  taureau  noir  , 

I,  300.—  Le  dieu  bleu  {câprtUeus)  des  anciens,  et  pourquoi,  lY,  13. 

Newillbrs,  petite  ville  d'Alsace.  Chapiteau  symbolique  symbolisant 
la  persécution  des  méchants  contre  la  foi,  IV,  459. 

NicÊARQUB,  peintre  grec.  Son  Hercule  confus  de  ses  faiblesses,  I, 
288. 

Nk:olaïtes,  hérétiques ,  sectateurs  de  l'un  des  premiers  diacres,  in- 
fectent l'Église  de  Pergame,  II,  151, 154. 

Nielle,  filets  métalliques  noircis  par  le  souAre  et  formant  de  minces 
dessins  sur  des  plaques  d'or,  de  cuivre  ou  d'argent  dont  ils  complètent 
l'ornementation  ;  employée  à  la  reliure  des  livres,  IV,  41.— Son  histoire 
artistique,  297  et  suiv. 

Nil,  adoré  par  l'Egypte.  Son  image  symbolique,  I,  84,95.  —  Son 
nom  se  composait  de  lettres  numérales  exprimant  les  jours  de  l'année 
solaire,  99.— Symbolisé  par  un  crocodile ,  283.  —  Contrée  des  oiseaux 
du  Paradis,  II,  627. 

Nil  (S.) ,  solitaire  du  v*  siècle.  Discassion  sur  une  de  ses  Lettres  et 
sur  les  opinions  qu'il  y  exprime  à  propos  des  peintures  symboliques  des 
églises ,  II ,  501  et  suiv.  jusqu'à  515;  —  IV,  51.  —  Caractère  de  ce  Saint , 

II ,  513.  —Ne  pas  le  confondre  avec  S.  Nil  le  jeune,  du  x«  siècle,  502. 

—  Sa  Lettre  à  Némertius,  où  le  symbolisme  est  pleinement  appliqué, 

III ,  200;—  IV,  513.  —  Rapports  entre  lui  et  S.  Bernard  dans  l'esprit  de 
quelques  archéologues  trompés ,  602. 

Nimbe,  ou  gloire ,  on  auréole;  différence  entre  ces  trois  termes,  II, 
299,  387;  —  IV,  82,  83,  85.  —  Leur  origine ,  1 ,  303 ;— II ,  75  ,  453, 
297,  342  ;  —  IV,  83 ,  84 ,  86.  —  Variétés  du  nimbe ,  83 ,  84  ,  85 ,  86 ,  119, 
331.  —  Indispensable  à  l'art  chrétien ,  82,  85.  —  Ses  modifications  du 
iv«  siècle  au  xvi*,  86  et  suiv.  —  Ses  couleurs  symboliques,  1 ,  316;  — 
U ,  248  ,  338 ,  402;  —  IV,  89.  —  Nimbe  elliptique  du  Sauveur,  II ,  153 , 
299,  404;  —  IV,  82  ,  138  ;  —  rouge ,  croisé  de  blanc ,  II,  338,  355  ;  — 
III ,  334  ;  —  croisé  d'or,  U  ,  402,  405.  —  Auréole  elliptique  de  la  Sainte 
Vierge ,  IV,  85.  —  Le  nimbe  abandonné  par  les  artistes  de  la  Renais- 
sance ,  88,  371.  —  Les  Grecs  donnent  un  nimbe  d'or  au  démon,  II , 
242,  248  ,  —  et  même  les  Occidentaux,  III,  375.  —  Ce  n'est  donc  pas 
toqjours  un  signe  de  sainteté,  mais  de  puissance  et  do  force ,  II ,  248; 

—  III,  376  ;  —  IV,  54.—  Les  Anges  munis  d'une  gloire ,  II ,  297.  —  Ange 
dans  un  disque  d'or,  320.  —  Le  nimbe  crucifère  du  Sauveur,  338 ,  346 , 
355 ,  458  ;  —  IV,  85  ,  110  ,  119,  138 ,  371.  —  Aux  trois  Personnes  de  la 
Trinité ,  III ,  172;  —  IV,  82,  84 ,  85 ,  110, 119  ;  —  aux  statues  sculptées , 
87  ;  —  aux  sibylles ,  108.  —  Nimbe  carré  donné  aux  quatre  vertus 
cardinales ,  331.  —  Le  nimbe  abandonné  par  la  Renaissance ,  365 ,  367, 
371 .  —  Nimbes  donnés  au  Tétramorphe ,  II ,  458.  —  Nimbe  simple 
donné  aux  Saints  de  l'ancien  Testament,  comme  à  ceux  du  Christianisme, 


606  IILSTOItlE  DU  SYMBOLISME. 

354.  — >  Paon  ntmbé ,  401.  —  Nimbe  des  Élas  refusé  aux  réproavés  ,  405. 
— -  Nimbe  à  arcature ,  IV,  371.  ^  Les  artistes  commeneent  à  le  nèglig«r 
parfois  vers  le  xiv«  siècle^  II,  441.  —  Le  nom  du  personnage  nimbé 
inscrit  dans  le  nimbe  dès  le  zii"  siècle^  III ,  143.  —  Comment  donner  le 
nimbe  aux  statues  mobiles ,  IV^  367. 

N1m£S.  Son  ampbitbéàtre  à  sculptures  symboliques,  I,  233.  —  Sym- 
bolisée sur  ses  médailles  par  un  crocodile  et  un  palmier,  265. 

Noces  de  TAgneau  ,  synonyme  de  cène  et*  de  festin  pour  exprimer  la 
possession  du  Ciel  méritée  par  les  Élus,  II ,  312.  —  Noces  mystiques 
entre  le  Sauveur  et  Tâme  fidèle ,  498. 

NoÊ.  Son  arcbe  suppose  déjà  de  son  temps  une  industrie  avanoée,  I^ 
17.  — Raison  symbolique  de  bon  nom,  40.  —La  dispersion  de  ses  en* 
fants  date  de  Torigine  de  Vidolftthe,  76—  Preuve  générale  de  son  dé- 
luge, 83.  —  Il  est  le  Deucalion  de  la  Fable,  83.—  Type  biblique  de  Jésus- 
Christ,  III,  2; —IV,  150,  122. —  Nombres  et  dimensions  appliqués  à 
l'arche,  III,  2,  3.  —  L'invention  du  Zodiaque  ne  remonte  pas  à  son 
époque,  450. 

Noël,  symbolisme  de  cette  fête,  IV,  177,  184. —  Ou* y  jouait  des 
drames  symboliques,  209,  210.—  Combien  est  regrettable  la  prose  de 
Noél  Volts  Pater  annuii  de  l'ancienne  liturgie  française,  219. 

NOHBRTA  ,  nom  symbolique  chez  les  Hébreux  ,  1 ,  40. 

Noir ,  couleur  symbolique  donnée  à  Cérès ,  1 ,  292 ,  — ^  la  calomnie, 
293.—  Fort  peu  employé  comme  symbole,  et  pourquoi,  IV,  14. — Sym- 
bole de  la  nuit ,  1 ,  297,  298 ,  299,  —  et  de  tout  ce  qu'il  y  a  de  mauvais 
chez  tous  les  peuples ,  300;  —  des  souffrances  du  Christ ,  316  ;  —  de  la 
mort,  et  pourquoi,  IV,  134.  —  Le  noir,  par  opposition,  donné  à  la  che- 
velure de  l'Époux  des  Cantiques  ,  1 ,  304;  —  remplacé  quelquefois  par 
le  bleu  foncé,  317.  —  Signe  d'expiation,  343,  —  des  passions  honteuses, 
345 ,  —  de  la  famine ,  II ,  177.  —  Vierges  noires  ;  leur  raison  d'être  ,  I , 
301 ,  302 ,  II,  124;  —  IV,  134.  —  Le  noir  prend  le  nom  de  sabU  dans  le 
blason;  pourquoi ,  et  sa  signification  symbolique ,  II,  549. 

Nombres.  Us  ont  leur  vie  symbolique  reconnue  des  Pèrps  de  l'Église, 
I,  56,  57,  105,  107, 101,  108.  119,  120,  121  et  suiv.,  134,  151,  287;  —  II, 
526,  565.—  On  ignore  l'époque  de  leur  invention,  qui  doit  remonter  à 
celle  du  monde,  I,  97,  155  ;  —  II,  37.—  Ouvrages  des  savants  qui  en 
traitent,  1,98, 114,  115,  133  et  suiv.  — L'arithmomancie,  98.— Réalité 
de  leurs  rapports  avec  la  vie  humaine,  99, 154;  —  II,  496.—  Quel  usage 
raisonnable  en  font  les  Juifs,  1 ,  99,  100  et  suiv.,  114.—  Les  chrétiens 
combattus  cependant  en  cela  par  des  écrivains  sans  études  suffisantes, 
100, 102;  —  II,  496  ;—  m,  30.—  Les  nombres  ronds  dans  les  prophètes 
et  les  historiens  sacrés,  1, 102  et  suiv.;  —>  II,  214.—  Le  symbolisme  des 
nombres,  autorjisé  par  Dieu  même,  1, 103,  107, 109;  —  II,  252;  —  et  dans 
sa  nature,  1, 125,  136;  —II,  104.—  Importance  des  nombres  impairs,  I, 
115, 117,  521;  —  III,  30,  67,222,  224.— Le  nombre  dans  le  style  ou  lliar- 
monie  de  la  phrase,  1, 124.— Superstitions  attachées  à  certains  nom- 
bres, 142, 149.- Nombres  symboliques  des  Hindous,  163, — des  caba- 
listes,  176.— Le  livre  biblique  des  Nombres,  très-symbolique.  II,  37.  — 


TABLE  GÉNÉRALE.  607 

SymboUsme  des  nombres  :  1, 1,  101, 112 ,  114 ,  130 ,  144 ,  145, 131.— 
Nombre  8, 113, 114, 128, 130,  132,'144,  146;— 11,215, 219.— Nombre  9, 
1, 107,  117, 120,  126,  130,  135,  141,  146,  149, 151,  308;  —  II,  104,537;  — 
III,  53,  161,  175.—  Nombre  4,  I,  110,  114,  126,  130,  132,  135,  142, 143, 
147,  148,  151, 154,  287,  646,  617;—  lïl,  69, 113,  177,  296.—  Nombre  5  , 
1, 114,  118,  132 ,  148.  —  Nombre  6,  104,  130  ,  136 ,  140 ,  149;  —  II,  533; 
— 111, 109, 110, 166,  541.  ->  Nombre  9, 1, 104, 105, 107,  115, 116, 120, 121, 
130,  131,  133,  135,  138,  150,  151, 152;  —  II,  105,  152,  170,  171,  173,  190, 
228,  262,  2K5,  405;  —  III,  177, 290.—  Nombre  8, 1,  130 ,  153;  —  II,  152; 

—  m,  108, 109,  294.  —Nombre  9,  I,  116,  117,  141,142;  —IV,  157.— 
Nombre  lO,  1, 107, 110,  126,  130, 132;  —  II,  228,  229,  290;  —  III,  177.  — 
Nombre  11, 1, 1.  —  Nombre  19,  130,  136,  142 ,  145;  —  II,  374.  375;  — 
m,  481.  — Nombre  19, 1,  142,  145, 149,  200.  —  Nombre  14,  III,  177.— 
Nombre  1  (l,  1, 107.  —Nombre  16,  III,  109.  —Nombre  1 9.— Nombre  1 8. 
—Nombre  19.  —  Nombre  90, 1,  135.  —  Nombre  91.  —  Nombre  99. 

—  Nombre  94,  130;  — II,  167.  — Nombre  90,I,  107*,  136,  141.— 
Nombre  40,  126,  127, 128 ,  130, 135;  —  II.  497.—  Nombre  50, 1, 121, 
122, 135;  —III,  166.  — Nombre  lOO,  I,  56, 130, 133.— Le  nombre  lOO, 
d'après  S.  Jérôme,  56.  — Nombre  I40,III,  177.—  Nombre  IftO,  I, 
121  et  suiv.- Nombre  900.  —  Nombre  000,  appliqué  à  Dioclétien,  II, 
252  et  SUIT.- Nombre  IOOO,I,  130, 132;  — 11,328.— L*an  lOOO  et  les 
erreurs  qui  s'y  rattachent  dans  les  historiens,  III,  18, 26.  —  Nombres 
détermiués  pour  signifier  des  quantités  indéterminées,  I,  104, 133,  151, 
153,  374;  — 11,208,  215,  228,  329.— Lôs89  années  du  paralytique,  1, 127. 

—  Les  94  Vieillards  de  l'Apocalypse,  130.— Les  5  sens,  132.—  Les  49 
générations  d'Abraham  à  Jésus-Christ,  136..  —  Le  nombre  9  réputé  im- 
pur, 145.  —  Théologie  des  nombres  sacrés  employés  dans  la  Bible ,  II, 
173,  496;  —  III,  177.—  Les  144,000  Élus  de  l'Apocalypse,  II,  186, 256, 
257,  374.  —  Le  tiers  pris  pour  une  portion  indéterminée,  193,  195,  207 , 
229.— Les  lOOO  stades  inondées  du  sang  des  réprouvés,  261  .—Les  nom- 
bres appliqués  par  Dieu  aux  mesures  de  l'arche  de  Noé,  III,  2,  3.  —  Les 
nombres  Bont-ils  entrés  dans  les  tendances  de  certains  architectes  quant 
aux  plans  de  leurs  églises?  30  et  suiv.,  164.— Nombres  symboliques  ob- 
servés dans  les  mesures  de  la  cité  de  Dieu,  II,  218, 371, 375, 32.— Impor- 
tance de  Texplication  de  ces  symboles,  ilnd»  —  L'unité  employée  sou- 
vent par  les  artistes  pour  exprimer  des  objets  multiples  du  texte 
biblique,  139.  —  Remarques  sur  les  nombres  parfaits,  177. 

Nombres  (Le  livre  des),  quatrième  du  Pentateuque  de  Moïse.  Son  objet 
et  son  symbolisme,  II,  37. 

Noms  propres  de  personnes  ou  de  lieux,  ont  tons  leur  signification 
symbolique,  I,  27,  50.  —  Exemples  tirés  de  la  langue  hébraïque,  34  et 
suiv.,  38  et  suiv.,  45  et  suiv.;  —  II,  37, 38, 194,  335,  482,  510,  521,  524, 
532  ;  —  du  grec  et  du  latin,  I,  47,  48;  —  de  l'allemand  et  autres  langues 
germaniques,  49, 181.  —  De  certaines  ressemblances  avec  des  animaux, 
50.  .  Les  noms  des  Bons  écrits  dans  le  Ciel  (voir  Livre);  —  ceux  des 
méchants  sur  la  terre,  II,  72.—  Noms  propres  des  enfants  de  Jacob  sym- 
bolisés par  des  faits  de  leur  histoire  à  venir,  108  et  suiv.  —  Nom  du 
Sauveur  écrit  au  front  des  Élus,  155,  158,  185  ,  186,  256  (voir  Jésw- 


608  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

Chriêi),  —  sur  sa  cuisse,  318.— Noms  de  blasphème  inscrits  au  front  des 
persécuteurs,  244»  251 ,285.—  Origine  de  beaucoup  de  nos  noms  propres 
dans  ceux  des  acteurs  des  drames  liturgiques  du  moyen  &ge^  IV,  198. 

Nord,  côté  des  édifices  où  sont  sculptés,  de  préférence  ,  les  images 
démoniaques,  II,  206;  —  III,  127.  —  Raison  mystique  de  ce  choix,  II, 
442,  443  ;  —  111,72, 127, 207, 441  ;  —  IV,  128.  -r  Conséquences  de  ce  prin- 
cipe dans  les  plus  anciennes  données  de  Tart  chrétien,  II,  452  et  suiv*  ; 

—  III,  72.  —  C'est  aussi  le  côté  des  vices  et  de  leurs  symboles,  127,  441 , 
445,  446. 

Normands,  causent  la  ruine  des  arts  au  ix*  siècle,  III,  17, 24  ;  —  IV , 
426.  —  Singulière  opinion  de  H.  Michon  à  cet  égard,  réfiitée  par  des 
monuments  contemporains,  III,  23.  — OccaBionnent  par  leurs  ravagée 
un  grand  nombre  de  translations  de  reliques,  24.—  Le  Chrietianisme  se 
venge  d'eux  en  leur  donnant  dans  la  sculpture  des  églises  les  traita  de 
natures  démoniaques,  385,  425*  —  Que  leurs  légendes  n'ont  jamais  été 
sculptées  sur  les  chapiteaux  des  églises  chrétiennes,  IV,  449,  465. 

NOTKBR  (Le  B.]),  moine  de  Saint-Gall  au  x«  siècle.  Son  Traiié  sur  les 
interprètes  de  l'Ecriture,  II,  539. 

l'ïoviON  (Paultier  de),  évêque  d'Ëvreux,  refuse  de  consacrer  une  église 
non  orientée,  III,  77* 

Nu  (Le)  dans  les  arts ,  trop  usité  cben  les  Grecs ,  très-peu  chez  les 
Romains,  1 ,  261  ;  —  III ,  250.  —  Chasteté  du  nu  au  moyen  Age,  II ,  344 , 
368;  —  III ,  419 ,  420*  —  Raison  de  certaines  nudités,  et  des  personnages 
représentés  sans  sexe  ,  420,  421 ,  431 ,  432.  —  Nudité  affectionnée  par 
la  Renaissance,  IV,  124, 363,  — qui  la  reçoit  des  libertinages  du  protes- 
tantisme ,  386  et  suiv.  —  Gomment  Michel-Ange  en  a  abusé  sans  pu- 
deur, 363.  —  V Agnès  Sorel  du  musée  d'Anvers  y  avait  préludé,  387. 

—  Le  nu  plus  dangereux  dans  Raphaël  que  dans  Michel-Ange,  387.  — 
L'art  n'a  rien  gagné  à  ce  désordre ,  qui  ne  l'a  même  pas  mis  au  niveau 
de  l'art  antique ,  388.  —  Le  uu  ,  qui  est  le  libertinage  de  la  forme,  naît 
de  celui  de  la  pensée,  389.  —  Exemples  nombreux  de  chefs-d'œuvre 
dont  la  chasteté  e-it  renommée ,  390  et  suiv. 

NuàQB  ,  symbole  de  la  majesté  de  Dieu ,  II ,  256 ,  264 ,  341,  347. 

NuDiTé ,  symbole  de  la  pauvreté  de  l'âme ,  II ,  160 ,  275  ,  —  moins 
onéreuse  à  la  pudeur  avant  les  chutes  plus  fréquentes  des  passions  , 
III,  404.  —  Gomment  la  comprendre  et  l'analyser  dans  l'iconographie 
chrétienne ,  431 .  —  Nudité  des  pieds  (voir  Pieds),  —  Nudité  du  Sauveur 
sur  la  croix  ;  comment  les  artistes  en  ont  abusé,  IV,  122  et  suiv. 

NuMA  régla  les  jours  de  l'année  d'après  le  symbolisme  des  nombres, 
1 ,  115.—  Interdit  toute  image  de  la  Divinité,  279. 

Numismatique  ,  a  sa  part  dans  l'histoire  du  symbolisme,  1, 153, 205  , 
263.  —  Symbolise  les  villes  par  des  femmes  ,  II ,  284.  —  Ce  qui  est  de 
l'authenticité  de  la  médaille  dite  Miraculeuse  ^  IV,  137.  —  Les  orfèvres 
sont  d'abord  chargés  delà  confection  des  monnaies,  284,  293,  295. 

Nymphéa  (voir  Lotus). 


TABLE  GÉNÉRALE.  609 

0 

Obélisque  de  Lnxor.  Sens  de  ses  ioscriptions  hiéroglyphiques^  I^  20. 
«-  Elles  comportent  des  chiffres,  I,  98. 

Obsgoena,  objets  honteux  en  réalité  ou  en  apparence,  assez  répandus 
dans  riconographie  synibolique;  sont  plus  philosophiques  qu'odieux 
dans  les  images  antiques,  I,  171;—  III,  325,  409  et  suiv.,  417.— 
Doiyent  être  jugés  d'après  les  idées  d'époques  plus  chaste»  que  la  nôtre, 
II,  129^  130,  405,  422.  —  Calomniés  par  des  archéologues  prévenus,  III, 
336,  404,  422,  437.  —  Ne  doivent  pas  être  employés  aujourd'hui,  436.  — 
L'Egliee  n'a  pu  s'en  servir  que  pour  le  bien,  405,  413,  417,  418,  436;  — 
chasteté  de  ses  arts  au  moyen  ftge,  IV,  383.  —  Ils  ont  leur  motif  dans 
rBcriiure,  les  Pères  et  les  théologiens  les  plus  illustres,  III,  409, 412,  417, 
418,  438  ;  —  IV,  436.  —  Sont  un  moyen  d'enseignement,  III,  422,  436.  — 
Les  vices  des  Romains,  des  Grecs,  des  Barbares  et  des  Normands  stig- 
matisés par  certaines  sculptures  de  nos  églises,  425.  —  Époque  où  on  les 
emploie,  428.  —  Prétendus  obsccma  mal  étudiés,  428.—  Les  conciles 
qui  ont  réformé  Ticonologie  religieuse  dans  les  églises  n'ont  rieu:  dé- 
crété contre  les  obscœna,  434,  435, 437.  —  Erreur  qui  ferait  un  obscœna 
du  fruit  de  l'arum ,  533. 

Occident,  côté  où  figurent  quelquefois  les  sculptures  démonologiques 
dans  l'architecture  chrétienne,  III,  72,  441.  —  Convenance  de  la  chute 
des  mauvais  anges  dans  la  rose  occidentale  des  églises,  IV,  8.  — Côté 
vers  lequel  fut  tourné  le  Sauveur  crucifié,  28. 

Oghion,  peintre  grec  Son  Mariage  de  Rowane,  I,  275. 

O'GoNNBL.  Son  bureau  paré  de  sculptures  symboliques,  I,  207. 

Ogtàve  des  fêtes  catholiques.  Sa  raison  d'être,  toute  symbolique, 
m,  109. 

Octobre.  Comment  symbolisé  dans  les  calendriers  et  sodiaques  du 
moyen  Âge,  III,  460.  ^ 

OcTOOGME ,  forme  donnée  à  quelques  églises.  Sa  raison  mystique, 
111,108,109. 

Odile  (S**),  abbesse  d'Uohenburg  au  yu«  siècle,  b&tit  une  chapelle 
à  S.  Jean-Baptiste,  III,  297. 

Odile  (Sainte-),  monastère  d'Alsace,  illustré  parl'abbesse  Herrade. 
Sa  fondation  et  ses  travaux,  II,  575  et  suiv. 

Odin  ,  génie  du  bien  chez  les  Scandinaves,  1, 178. 

Oooif  DE  Cambrai.  Ce  qu'il  dit  du  symbolisme  des  nombres,  I, 
149, 152. 

Œil  symbolique  de  l'Agneau,  dans  l'Apocalypse,  II,  171.  —  Les  yeux 
de  Satan,  dont  la  prunelle  est  un  point  noir  de  charbon,  377. 

OBuF,  symbole  de  la  création.  Mythologie  qui  s'y  rattache,  1, 89, 465, 
356,  368. 

T.  IV.  39 


B40  HISTOIHE  DU  SYMBOLISME. 

Office  de  TÉglise,  pourquoi  partagé  en  sept  parties^  1, 131;  —  IV, 
156.  —  Largement  expliqué  par  Durant  de  Mende,  II,  643.  ~  S'est  eon* 
stitué  graduellement  et  sans  unité,  IV,  276. —  Symbolisme  des  prières 
pour  les  morts,  1, 141.  —  Origine  apostolique  des  Heures  canoniales.  IV, 
156,  157.  —  L'Office  canonial  rétabli  en  France  par  le  concordat  de  1802; 
il  a  besoin  du  recueillement  menante  symboliquement  dans  le  chœur, 
III,  221  et  suiv.  —  Symbolisme  général  de  TOfficc  divin,  224  ;  —  IV,  176 
et  suiv.,  180.  —  Division  hiérarchique  des  Saints  et  de  leurs  fêtes, 
i78.  —  Abolition  regrettable  de  beaucoup  de  détails  de  TOffice  divin 
lors  de  la  dernière  introduction  de  la  liturgie  romaine  en  France,  178. 

—  Offices  auxquels  des  empereurs  du  moyen  âge  prenaient  une  part 
liturgique,  184.  —  Raisons  qui  privent  l'Office  romain  actuel  de  Vunilé, 
qui  est  une  première  condition  des  œuvres  d'arl,  273. 

Oqive,  mêlée  au  plein-cintre  au  xii«  siècle,  III,  29,  35.  —  Elle  date  an 
moins  de  1010  en  Poitou,  36.  —  Symbolisme  de  sa  forme  ternaire,  37, 
38.  —  Son  histoire  et  son  rôle  dans.Tart  chrétien,  37,  38  et  suiv.,  241; 

—  IV,  347.—  Son  apogée  et  sa  décadence,  IIÏ,  39  et  suiv.;  —  IV,  345. 

—  Attribuée  sans  preuve  à  l'Allemagne  par  Hall  et  Hallam,  m,  199.— 
L'ogive  figurant  en  des  miniatures  grecques  du  ix*  siècle,  IV,  24.  — 
La  décadence  du  style  ogival  coïncide  avec  celle  du  symbolisme,  391  et 
suiv.,  397. 

Oiseau,  symbole  d'immortalité,  1 ,  86,  —  de  la  rapidité,  185,—  de 
l'orgueil  (parce  qu'il  s'élève),  258,  —  des  âmes  spirituelles,  II,  99, 323, 
512,  —  HI,  521,  —  IV,  141 ,  356,  —  des  esprits  frivoles.  H,  322,—  du 
démon  ravisseur  des  ftmes,  quand  il  pêche,  493, —  ou  quand  on  le 
revêt  de  caractères  hybrides,  III,  465,—  IV,  443  et  suiv.— Ciseaux  dres- 
sés à  un  rôle  pour  les  drames  du  moyen  âge,  où  ils  figuraient  nne  âme, 
194.  —  Symbole  de  l'innocence  persécutée  par  le  démon  sous  les  traits 
du  sagittaire ,  463 .  —  Oiseaux  de  proie  dévorant  des  hommes,  II,  294, 
322  et  suiv.,  326;  —  IV,  92,  443  et  suiv.,  454;  —  leurs  caractères,  qui 
en  font  le  symbole  du  démon,  II,  300  et  suiv.,  326,  493;  —III,  446, 
465,—  IV,  444, 454.  —  Oiseaux  appelés  à  dévorer  les  chairs  de»  impies, 

II,  321;  —  m,  465;  —  IV,  445.  —  Oiseaux  purs  ou  impurs  du  Lévi- 
tique,  II,  321,  322;  —  IV,  444.  —  Théorie  de  leur  emploi  symbolique, 
et  système  d'opposition  qui  leur  est  applicable,  II,  321  et  suiv.,  323, 
531;  —  111,499;—  IV,  444.— Leur  rôle  dans  la  sculpture  architec- 
turale des  églises,  H,  326;  —  IV,  459.  —  Oiseau  du  Paradis,  II,  627;  — 

III,  292.  —  Oiseaux  sur  des  crosses,  381 ,  —  sur  des  arbres  autour  du 
Sauveur,  52i;  —  fixés  près  du  hom  ,  530  ;  —  IV,  439.  —  Oiseaux  obéis- 
sant aux  Saints,  92,  —  s'abandonnant  à  l'Enfant  Jésus,  141,  356. 

Olivier ,  symbole  des  apôtres  S.  Pierre  et  S.  Paul,  1 ,  145,  203,—  de 
la  charité,  III,  228,  559.  —  Consacré  par  les  anciens  à  Minerve,  1,268. 
—  Symbole  de  paix,  II,  10,  496,  558,  —  III,  85,  559,  —  de  la  bonne  con- 
science, 214.— Parabole  de  l'olivier  sauvage  et  de  lolivier  franc,  II,  72.— 
Vision  des  deux  oliviers,  215.—  Symbole  d'abondance,  410,  419,  —  de  la 
fécondité  des  familles,  491,  —  III,  340,  518.  —  La  montagne  des  Oliviers 
symbole  de  la  miséricorde,  i02.  —  Allusion  à  l'olivier  apporté  par  la 
colombe  de  Noé  dans  la  liturgie  du  Saint  Chrême,  561. 


1 


TABLE  GâfÉRALE.  644 

Ollier  (Le  vénérable),  prêtre  de  Saint-Solpice^  a  beaucoup  contribué 
à  conserver^  au  xvip  siècle,  le  zèle  bien  entendu  de  Tart  chrétien;  III, 
238. 

Olympiodobe  (voir  5.  NU) ,  symboliste  du  iv«  siècle ,  commentateur 
de  S.  Méliton ,  II,  508 ;  —  IV,  51. 

Onagre,  ou  ftne  sauvage  ;  symbole  des  esprits  hérétiques ,  m,  446. 

Onêirogritique  (voir  Songe). 

Onogentaure  ,  animal  hybride ,  tenant  de  Tâne  et  de  Thomme.  Ce 
qu*en  disent  les  physiologues ,  III ,  478  et  suiv.,  500.  —  N'est  point  un 
animal  marin,  501. 

Onyx  ,  pierre  précieuse.  Symbolisme  des  deux  onyx  du  vêtement 
d*Aaron ,  II ,  95, 

Opposition  (Règle  d*).  Ce  que  c'est,  et  son  importance  dans  la  science 
du  symbolisme,  I,  128,  149, 160,  300,  301  et  suiv.,  359;  —  II,  282  , 
438  ;  —  rv,  437.  —  Rlle  est  très-sensible  dans  remploi  des  couleurs , 

I ,  300  ,303  et  suiv.,  317 ,  358 ;  —  II ,  2tf8,  242 ,  338 ,  3^9  ;  —  III ,  386  ; 
^  lY,  9.  —  Règles  pour  s'en  servir  sans  abus  ni  confusion,  1 ,  305  , 
306 ,  307,  324;  «  III,  387.  —  Couleurs  mixtes  ,  1 ,  325.  —  Oppositioiu 
pour  l'aigle ,  II ,  196,  —  le  hibou ,  301 ,  —  les  eaux  et  tous  leurs  ana- 
logues, 349,  —  III ,  257,  —  le  lion,  13^,  —  le  paon  ,  292 ,  446,  448, 
—  le  démon  ,  367,  -^  et  dans  toute  la  zoologie,  446 ,  448.  —  Exemples 
d'opposition  dans  les  hybrides ,  465  et  suiv.,  —  dans  les  fleurs ,  522. 

Or  ,  représenté  par  un  cercle ,  symbolise  le  soleil ,  1 ,  60 ,  303.  — 
Couleur  symbolique  de  la  chevelure  des  jeunes  dieux ,  293.  -—  Parure 
de  Minerve ,  304.  —  Symbole  de  la  sagesse,  304  ;  —  II,  "160,  371,  616  ; 
»  rv,  41.  —  Équivalent  au  jaune ,  et  plus  employé  que  lui,  1 ,  304  ;  — 
lY ,  14.  —  Règle  d'or  pour  la  mesure  du  Temple  juif  et  de  la  Cité  céleste, 

II ,  371.  —  Symbole  de  la  charité,  371 ,  —  IV,  141,  —  de  la  pureté.  II, 
376 ,  385,  —  de  la  justice ,  548.  —  Mélange  d'or  et  d'argent,  symbole 
de  la  pureté  et  de  la  charité ,  lY,  141. 

Oracles  des  anciens,  inspirés  par  le  démon,  I,  188;  —  II,  251. 

Orangé,  couleur  mixte  ;  formé  du  rouge  et  du  jaune,  d'un  symbo- 
lisme assez  équivoque,  I,  337. 

Oranger.  Sa  fleur  symbolise  la  chasteté  coi:jugale ,  1, 201. 

Orcagna  (André),  architecte  de  Florence,  remplace  l'ogive  par  le 
plein-cintre  dans  les  constructions  religieuses ,  IV,  347,  391,  397.  — 
Mauvais  goût  de  son  Jugement  dernier ^  365  et  suiv. 

Ordre  ,  arrangement  et  organisation ,  une  des  conditions  indispen- 
sables du  bonheur,  II ,  372. 

Ordre  (Sacrement  de  1').  —  La  matière  et  la  forme  syviboliques  de 
ce  sacrement ,  IV|  152.  — *  Ordinations  simoniaques  ridiculisées  dans 
une  vignette  d'un  manuscrit  du  xv«  siècle ,  lY,  34. 

Ordres  (Les  quatre)  de  l'architecture.  Leur  application  symbolique 
aux  différents  édiflces  sacrés  ches  les  anciens ,  1 ,  224  et  suiv.  —  Res- 


642  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

tent  bien  au-dessous  de  nos  styles  chrélieDs  quant  à  l'effet  et  au  sym- 
bolisme ,  m  ,  254  ,  329. 

Ordres  religieux.  Raisons  de  la  couleur  de  leur  costume,  1 ,  345 , 
347.  —  Soin  à  garder  dans  la  construction  de  leurs  églises^  et  pour- 
quoi elles  ne  devraient  pas  être  d'un  style  plus  ancien  qne  leur  propre 
institution ,  IV,  64 ,  65 ,  66.  — *  Comment  y  choisir  les  sujets  de  pein- 
ture ,  66.  —  Origine  de  la  vie  érémitique ,  II ,  232  et  suiv.  —  Ordre 
de  la  Rédemption-des-Captifs;  symbolisme  de  son  costume,  618,  619. 

Ordres  de  CHEVALBRiB^tons  symboliques.— *  Notre-Dame  daChardon, 
1 ,  322. 

■ 

Orbb  ou  Hobbb,  montagne  de  l'Arabie;  symbole  de  l'abstinence, 
m ,  102. 

Orfeuillb  (Jeanne  d')  ,  abbesse  de  Sainte-Croix  de  Poitiers.  Bré- 
viaire fait  pour  elle  au  xv^  siècle;  armoiries  de  sa  famille,  et  leurs 
variantes,  IV,  33. 

Orfèvrerie.  Comment  s'expliquent,  dans  l'orfèvrerie  chrétienne,  tous 
les  symboles  démoniaques  qu'on  y  emploie ,  III,  380,  419.  —  Arbre  de 
la  Vierge,  chandelier  de  la  cathédrale  de  Milan,  419. —  Dictionnaire 
d'orfèvrerie  chrétienne  de  l'abbé  Texier,  IV,  15.  —  L'orfèvrerie  chré- 
tienne inséparable  de  l'art  monumental  et  de  la  liturgie,  283  et  sniv.— 
Combien  elle  se  prête  au  symbolisme  religieux ,  284 ,  321 .  —  Le  sens 
de  ce  mot  embrasse  tous  les  métaux  employés  au  culte  divin,  285.— 
Histoire  de  cet  art  du  m*  au  xvi«  siècle,  285  et  suiv.,  293,  306  et  suiv., 
320.—  Histoire  de  Vorfévrerie,  par  M.  Labarte,  296.— Écoles  monas- 
tiques d'orfévperie  fondées  par  le  clergé  et  les  monastères  an  moyen  âge, 
296  et  suiv.  —Emploi  du  filigrane  et  des  nielles,  297, 320,—  des  pierres 
précieuses  et  des  intailles,  298  et  suiv.,  —  des  cabochons  et  des  émaux, 
300 ,  301.  —  Belle  expansion  de  l'orfèvrerie  religieuse  sous  Charle- 
magne ,  303. —  Résumé  d'un  traité  complet  d'orfèvrerie  religieuse,  par 
Didron,  310.  —  Richesses  d'orfèvrerie  données  an  xir  siècle  par  Sugerà 
son  abbaye  de  Saint-Denis.  318  et  suiv.  —  Celle  du  xiii*  siècle  imite  les 
formes  architecturales  de  l'époque ,  320.  —  S'applique  aux  vêtements 
sacrés ,  321 ,  —  et  aux  vases  de  l'autel ,  335  et  suiv.  —  Soin  qu'on  doit 
prendre  de  symboliser  les  formes  et  les  accessoires  de  tous  les  objets 
du  culte,  339  et  suiv.—  Le  protestantisme,  qni  tue  l'art  chrétien  à  son 
apparition,  cause  la  décadence  de  l'orfèvrerie  sacrée,  399. 

Orûub.  Sa  place  dans  l'église  ;  ses  moyens  d'ornementation  artistique, 
m ,  236  ;  —  IV,  264.  —  Histoire  de  l'orgue ,  261  et  suiv.  —  La  conve- 
nance liturgique  ;  variantes  de  son  jeu  à  différentes  époques,  263, 264. 
—  Livre  de  L'Orgue;  sa  connaissance,  son  adminislraiion  et  son  jeu, 
par  M.  Régnier,  263.  —  Symbolisme  de  l'orgue,  doit  seconder  celui  du 
chant ,  264.  —  Abus  qu'on  en  fait  par  des  improvisations  frivoles  et 
sans  caractère  religieux,  270,  380. 

Orgueil,  caractérisé  dans  le  premier  èvêque  de  Laodicée ,  H ,  160.— 
Symbolisé  par  un  serpent  dévorant  la  tête  d'une  femme,  27i2, — parles 
montagnes ,  281,  —  par  un  âne  jouant  d'un  instrument,  on  chape,  462. 


TABLE  GÉNÉRALE.  643 

Orient  ,  nom  prophétiqae  donné  à  JésQs-Christ  par  Zacharie  ,  II , 
456;  —  IV,  220,  —  et  par  les  Pères,  IV,  184.  (Voir  Jésus-ChrUl.)  — 
Point  cardinal ,  toujours  symbolique  chez  tous  les  peuples ,  III ,  70.  — 
On  tourne  vers  lui  les  symboles  du  bien  et  de  la  vertu  ,442,  447  ;  — 
IV,  8. 

Orientation  exigée  pour  les  temples  anciens,  I,  230;—  III,  69,  70.— 
Exceptions  à  la  règle,  I,  231;  —  III,  68,  70,  73  et  suiv.- Orientation  des 
tombeaux  ou  des  sépultures,  I,  231 ,  —  III,  18,  —  et  des  cimetières,  79, 
et  suiv., 206. — Orientation  du  Sauveur  sur  la  croix,  et  ses  raisons  mys- 
térieuses, II,  442;  —  III,  71,  171;  —  IV,  128.  —  Orientation  des  églises 
motivée  et  observée  au  V«  siècle ,  II,  442,  503 ,  —  III,  71,  —  et  dès  les 
temps  apostoliques,  II,  505,  —  III,  9,  69  ,  73  ;  —  et  au  vi«  siècle,  où  elle 
est  ordonnée  par  Justinien  ,  68  ;  —  et  toujours  et  partout ,  IV,  74.  — 
Règle  normale  de  l'orientation  des  églises,  III,  73  et  suiv.  —  Rien  n'ex- 
cuse la  négligence  de  ce  principe,  76,  77.  —  Erreurs  du  philosophisme 
moderne  contre  Torientation  et  autres  conditions  des  sépultures  chré- 
tiennes ,  79.  —  Quelles  causes  en  pourraient  dispenser,  206.  —  Orien- 
tations diverses  des  objets  symboliques ,  conforme  à  l'esthétique  chré- 
tienne (voir  Orient). 

Origènb  dévoile  les  superstitions  des  doctrines  mithriaqucs ,  1 ,  60. 
—  Ce  qu'il  dit  du  nombre  des  psaumes ,  122.  —  Ses  erreurs  sur  le  sens 
de  l'Ecriture  sainte  ,  II,  55,  79,  485. —  Sa  belle  interprétation  du  Can- 
tique des  Cantiques,  115.  —  Symbolisme  de  ses  études  bibliques  et  de 
ses  hoviéliesj  485,  494. 

Ornements  sacerdotaux  (voir  Vêtements). 

Oromazb,  dieu  du  bien  chez  les  Perses.  Sa  mythologie ,  1 ,  165. 

Orphée  avait  appris  l'immortalité  de  TAme  des  prêtres  égyptiens,  I, 
75,  92.— Son  symbolisme  du  monde  physique,  81,89.— Son  poème  Sur 
les  pt>rre5, 298.— Orphée  est  un  type  dégénéré  du  Sauveur  des  hommes, 
303;  —  il  en  redevient  un  symbole  chrétien ,  II ,  7  ;  —  III ,  469.  —  Sa 
figure  peinte  dès  les  premiers  temps  dans  les  catacombes  ,  II ,  500  ;  — 
comme  symbolisant  le  Bon  Pasteur,  505;  —IV,  94.— Il  est  Venchanieur 
des  Ames,  III,  309,  523. 

Osée,  prophète,  symbolise  l'infidélité  de  Jérusalem ,  II ,  iC4 ,  194.  — 
Prédit,  huit  cents  ans  auparavant,  la  fuite  de  la  Sainte  Famille  en  Egypte, 
IV,  104. 

OsiRis.  Ses  divers  râles  dans  la  mythologie  égyptienne,  I,  87,  88,  90, 
159.— (Voir  Isis.) 

OssiAN,  poète  Scandinave,  n'est  point  un  personnage  fictif.  Symbo- 
lisme de  ses  chants,  I,  181. 

Ostensoir,  vase  sacré  réservé  à  la  Sainte  Hostie.  Son  histoire;  sym- 
bolisme à  y  appliquer,  IV,  338. 

Ours,  symbole  de  la  brutalité  féroce,  II,  245, 246,  579,  —  III,  155,— 
de  l'orgueil  violent,  37 O.-r- Introduits  dans  les  armoiries,  II,  546.— Ours 
s'embrassant,  III,  448. 


i 


644  HISTOIRE  DU  SYMBOUSME. 

OwBRBBGK ,  fondatear  de  l'école  d'iconographie  chrétienne  de  Dos- 
seldorf.  Beaox  modèles  artistiqueB  de  sa  collection,  IV,  146. 

OzANAM  a  défeada  l'orthodoxie  de  Dante^  injustement  attaquée,  III , 
355. 


Paoanisub.  Il  existait  encore  dans  les  campagnes  du  VP  au  ix«  siècle^ 
IV,  201.  —  Les  livres  des  païens  contribuent  à  la  décadence  de  Tesprit 
religieux  à  la  fin  du  xv«  siècle,  205.  — *  Employé  par  le  roi  René  k 
symboliser  la  ylctoire  du  Christ  sur  le  démon  ,  206  et  suiv.  —  Vo- 
cation des  gentils,  symbolisée  par  le  champ  ensemencé  du  Père  de  fa- 
mille, 224.  — *  La  Renaissance  ramène  Tart  au  paganisme,  363. 

Pain  apporté  à  S.  Benoit  par  un  corbeau,  IV,  92. 

Paix ,  symbolisée  par  l'olivier,  1 ,  145 ,  203, 204,  —  par  le  pain  et  le 
sel,  204. 

Pal,  pièce  de  blason.  Sa  signification,  II,  545. 

Palamqu6,ou  Gulhuacen,  ville  ruinée  du  Mexique  où  se  retrouvent 
des  preuves  d'une  ancienne  adoration  de  la  Croix,  III,  530. 

Palbstrina  ,  virtuose  et  compositeur  italien  du  xvi«  siècle.  Sa  Messe 
du  pape  Marcel j  IV,  265. 

Pallas,  planète,  symbolisée  par  une  lance,  I,  58.  —  (Voir  MmsavE.) 

Pallium  ,  ancien  manteau  d'honneur,  devenu  une  simple  bande  de 
laine  faisant  partie  du  costume  sacré  des  archevêques  et  de  quelques 
évéques,  IV,  165  et  suiv. 

Palme,  symbole  du  triomphe,  1^203;  —II,  187,  197;  —III,  36,  85.— 
Les  Apôtres  portant  une  palme  aux  funérailles  de  la  Sainte  Vierge,  II, 
647.  —  S**  Claire  et  sa  palme  toujours  verte,  677. 

Palmier,  symbole  de  l'Egypte  sur  les  médailles  de  Ntmes,  I,  265,  — 
de  la  justice  des  Saints,  II,  388,  479,  489,—  IV,  90,  —  de  la  gloire  éter- 
nelle, II ,  401,  —  III,  45,  —  de  la  conversion,  II,  647.  —  Autres  et  nom- 
breuses idées  symboliques  qui  s'y  rattachent,  III,  562,  564. 

Pan.  Son  temple  au  milieu  des  forêts  ,  I  ,  227.  —  Ses  lupercales 
changées  en  une  fête  chrétienne  de  la  Chandeleur  par  le  pape  S.  Gelase, 
IV,  186. 

Pandore.  Comment  représentée  par  Albert  Durer,  IV,  358. 

Panthère,  symbole  de  la  férocité,  I,  202,  —  de  la  luxure,  II,  671.  — 
Opposition  symbolique  de  ces  vices  dans  le  symbole  que  les  physioiogaes 
en  ont  fait  du  Sauveur,  III,  506  et  suiv.  —  Confondue  avec  le  lion  dans 
certains  passages  bibliques,  IV,  294  et  suiv. 

Paon  ,  symbolise  l'immortalité,  I,  233  ,  286 ,  401 ,  668  ;  —  III ,  154  , 
291, 292.  —  Ses  couleurs  symboliques,  1,308.  —  A  tête  nimbée,  II,  401. 
—  Signifie  la  vigilance,  618;  —  III,  448.—  Ses  oppositions  symboliques. 


TABLE  GÉNÉRALE.  64  S 

II,  668  ;  —  III|  446, 448.—  Les  paons  confondus  parfois  avec  des  perro* 
quels,  292,  — symbolisent  les  sots  orgueilleux,  446. 

Papes.  Pourquoi  le  Pape  vêtu  de  blanci  I,  299,  345.  —  Roi-Pontife  de 
toute  TEurope  au  moyen  ftge,  II ,  16.  —  Symbolisme  de  son  intronisa- 
tion, 617.  —  Son  infaillibililé  dans  les  décisions  doctrinales ,  35.  —  Les 
protestants  en  ont  fait  l'Ântecbrist,  144.—  Représentant  de  Jésus-Christ, 
150.  —  Sa  primauté  d'honneur  et  de  juridiction  indiquée  par  l'art  chré- 
tien du  xin«  siècle ,  404 ,  426.  —  Résume  en  sa  personne  toute  l'Église  , 
426 ,  621.  —  Les  Papes  ont  toujours  protégé  les  juifs  contre  la  haine 
jastifîée  des  chrétiens,  446.  —  On  ne  leur  a  contesté  leur  pouvoir  supé- 
rieur qu'au  grand  détriment  du  repos  des  peuples,  620  et  suiv.,  —  et 
par  quels  moyens  de  fraude  astucieuse,  665;  —  III,  194.—  Que  leur  pré- 
tendu empiétement  n'a  pas  été  la  cause  des  développements  de  l'art 
chrétien  au  xi»  siècle ,  194.  —  Les  Vies  des  Papes ,  par  Anastase  le  Bi- 
bliothécaire ,  237  ;  —  IV,  287.  —  Zèle  des  Papes  pour  la  décoration  ar- 
tistique des  églises,  III,  338;  —  IV,  80  et  suiv.,  287  et  suiv.—  Eux  seuls 
ont  déterminé  les  rites  successifs  de  la  liturgie  de  la  Messe,  156  et  suiv. 

—  Ont  adopté  certains  usages  païens  pour  les  sanctifier  à  l'usage  des 
peuples,  III,  209,  267,  558;  —  IV,  186. 

Papillon,  symbole  de  l'ftme,  I,  262;  —  III,  397.— Charmantes  allégo- 
ries des  anciens,  1, 287. 

Pâques.  Observances  symboliques  de  la  liturgie  pascale  en  quelques 
Eglises,  IV,  180,  186,  197,  215. 

Paraboles,  et  leur  signification  symbolique.  Symboles  en  action,  II, 
64,  422;  —  IV,  50.  —  Pourquoi  l'obscurité  apparente  de  quelques-unes? 
II,  65,  66.  —  Règle  nécessaire  à  leur  intelligence  ,  71,  422,  423,  477.  — 
Paraboles  du  nouveau  Testament  relatives  à  rÉgliae ,  422  et  suiv.  — 
Enseignement  du  Sauveur,  souvent  éclairé  par  des  paraboles,  422,  467  : 

—  Le  trésor  caché ,  518.— Les  dix  vierges ,  65.—  Paraboles  :  du  semeur, 
66,  — des  ouvriers  de  la  dernière  heure,  71,—  du  figuier  stérile,  72,  — 
du  bon  Samaritain,  176,  314  et  suiv.,  —  de  l'enfant  prodigue ,  52, 176, 
187,  423.  —  La  salle  du  festin,  187.- La  bonne  et  la  mauvaise  semence, 
301.— Le  serviteur  infidèle,  422.—  L'aire  purifiée,  421,  423.— Le  festin, 

423.  — Les  poissons  choisis  ou  rejetés,  424.  —  Les  brebis  et  les  boucs, 

424 ,  602.  —  Le  froment  et  l'ivraie ,  425.  —  Le  grain  de  sénevé  devenu 
un  grand  arbre ,  427 ,  466  ;  —  III ,  520.  —  La  vraie  vigne  ,  II ,  521.  — 
Le  Bon  Pasteur,  602  ;  —  IV,  50.  —  Le  bon  et  le  mauvais  arbre,  III, 
571. 

Paradis,  lieu  du  bonheur  des  Saints.  Ce  qu'en  dit  S.  Augustin ,  II, 
355.  (Voir  Ciel ,  Jérusalem,  Sainls,)  —  Paradis  terrestre ,  image  du 
bonheur  étemel,  391, 392,  393.  —  Sa  position  à  l'orient,  III ,  71.  —  Ce 
qu'en  ont  dit  les  Pères  de  l'Eglise  ,  51£.  —  Sa  splendeur  diminuée  par 
le  péché  ,  517.  —  Pourquoi  nommé  Éden ,  517.  —  Paradis  terrestre 
(voir  Eden). 

('aralipomènbs  ,  livres  bibliques  faisant  suite  aux  deux  livres  des 
RoiSy  II,  38. 


646  HISTOIRB  DU  STMBOUSME. 

Parallélisme  des  deaz  Testaments,  oa  événements  quiydaBsTanden, 
sont  la  prophétie  du  nouveau ,  II  y  112 ,  156 ,  287^  413 ,  466,  467  ;  —  IV, 
16  et  saiv.,  58  et  suiv.— Comment  on  pent  remployer  aTantageosement 
dans  rornementation  artistique  ,  III,  299  ;  —  IV,  58  et  suiv.,  376.  —  La 
NouveUô  Alliance ,  aux  vitraux  de  Bourges ,  16  ,  18.  —  Les  sibylles 
avec  les  Prophètes  ,  ou  les  Apôtres  ,  ou  les  Patriarches ,  101 ,  108.  — 
Utilité  et  méthode  de  ces  rapprochements,  107.—  Rapprochements  cu- 
rieux entre  les  formes  de  récriture  et  le  style  archi tectonique  de 
chaque  siècle,  25  et  suiv.  —  Même  observation  relativement  à  la  mu- 
sique sacrée,  253, 256,  —  et  à  l'orfèvrerie,  308. 

Paralytique  de  l'Évangile,  symbole  de  Timpuissance  de  la  nature 
déchue,  IV,  132. 

Paresse,  péché  capital,  symbolisée  par  un  crapaud  ou  un  serpent  dé- 
vorant les  pieds  d'une  femme,  II,  272. 

Paris,  capitale  de  la  France;  symbolisé  par  un  navire ,  I,  209.  —  Sa 
Sainte-Chapelle  et  ses  belles  peintures  à  la  cire,  IV,  55. 

Paris  (Paulin),  de  Tlnstitut,  adopte  la  primosécularité  des  Églises  de 
France,  après  Tavoir  niée,  I,  356. 

Parole.  Rôle  de  la  parole  dans  la  vie  morale  de  l'homme ,  I ,  I  et 
suiv.  —  A  besoin  d'être  suppléée  par  les  signes,  2, 15,  51.— Histoire  de 
l'origine  et  des  développements  du  langage,  15,  27  et  suiv.— La  parole 
est  une  véritable  musique  accentuée  par  le  peuple ,  sans  qu'il  s'en 
doute,  63  et  suiv. 

Parrhasius,  peintre  grec  connu  par  son  rideau,  I,  276. 

Parricides.  Leur  supplice  symbolique  à  Rome,  I,  195. 

Parthbnay,  ville  du  Poitou.  Belles  peintures  à  la  cire  de  son  église 
Saint-Laurent,  IV,  55. 

Parthbnon  d'Athènes.  Nombreuses  allégories  qu'y  sculpta  Phidias , 
1, 233.  —  Esthétique  de  sa  Minerve,  257. 

Parthes,  combattaient  même  en  fuyant,  II,  209. 

Parvis  des  cathédrales  et  collégiales.  Leur  emploi  et  leur  symbo- 
lisme, III,  133.  —  Symbolisent  les  hérétiques,  II,  213. 

Pascal  (L'abbé),  auteur  des  Institutions  de  Vart  chrétien.  Ses  (aux 
systèmes  sur  beaucoup  de  questions  traitées  par  lui ,  III ,  297,  545  ;  — 
IV,  93,  137. 

Paschase  Ratbert,  savant  du  ix«  siècle,  II,  537. 

Passereau  ,  symbole  de  l'amour  de  la  solitude,  III ,  114,  —  de  la  so- 
litude pénitente,  et  pour  cela  attribut  de  David,  IV,  28. 

Passiflore,  ou  fleur  de  la  Passion;  symbole  de  la  foi,  I,  208. 

Passion.  Les  instruments  du  supplice  de  Jésus-Christ  peints  en  vert, 

I,  320. —  Symbolisme  de  chacun  d'eux,  d'après  S.  Portunat  de  Poitiers, 

II,  521 ,  522 ,  —  et  d'autres,  III,  214.— La  passion  du  Sauveur  symbolise 
notre  passage  de  la  vie  mondaine  à  la  vie  de  la  grâce,  II,  528.  —  Pré- 


i 


TABLE  GÉNÉRALE.  6i7 

dite  par  les  sibylles  dans  la  plupart  de  ses  circonstances,  IV,  101, 103^ 
105  ,  106 ,  108.  —  Effet  puissant  du  chant  liturgique  de  la  Passion  au 
Vendredi  saint,  reste  des  anciens  drames  du  moyen  âge,  197. —  Ce 
qu'était  le  drame  de  La  Passion,  198. 

Pasteurs.  Mauvais  pasteurs ,  II ,  512.  —  Les  bons  pasteurs,  et  leurs 
modèles  parmi  les  Saints,  588.  ^  Pasteurs  des  peuples,  d'après  S.  Ber* 
nard,  602.  —  Symbolisés  par  le  coq  des  clochers ,  III ,  118.  —  Jésus,  le 
Bon  Pasteur,  IV,  80. 

Patène,  vase  sacré  de  la  Messe,  sur  lequel  se  dépose  la  sainte  Hostie, 
comme  le  précieux  Sang  dans  le  calice.  Ses  conditions,  IV,  337. 

Patriarches  ,  ont  exercé  la  première  royauté,  1 ,  77.  —  Dépositaires 
des  promesses  de  la  rédemption,  II,  78, 86,98.— Leur  familiarité  filiale 
avec  Dieu,  87.—  Chacune  de  leurs  actions  est  un  signe  prophétique  de 
l'avenir,  111.  — Représentation  anticipée  du  Fils  de  Dieu,  484,565.  — 
Figurent  dans  les  poèmes  de  Dante ,  III,  354.—  A  quelles  sibylles  quel- 
ques-uns d'entre  eux  sont  ou  peuvent  être  associés  dans  Tart  chrétien  , 
IV,  101  et  suiv.,  107. 

Patrice  (S.) ,  évêque  d'Ârmach  en  Irlande.  —  Son  Purgatoire,  III, 
387.  —  Prend  la  feuille  de  trèfle  pour  symbole  de  la  Trinité,  IV,  74. 

Paul  (S),  apôtre  des  nations.  Caractères  de  ses  Épitres,  n,  45,  63, 
113.—  Ensemble  de  sa  doctrine,  61,  63,  68.— Emploie  beaucoup  le  sym- 
bolisme, 108.— Comment  il  est  un  vase  d'élection,  77.  —  L'un  des  plus 
dignes  interprètes  de  la  Bible,  113.  —  Symbolisme  de  son  épée,  151  ;  — 
III,  144.—  Il  compare  TÉglise  à  une  épouse  parfaite,  II,  351.  —  A  eu  un 
avant-goût  de  la  vision  béatiflque ,  360,  363.  —  Mieux  symbolisé  par 
l'hyacinthe  que  par  le  saphir,  379, 383.  —  Accompagne  souvent  S.  Pierre, 
431.  —  Symbolise  la  Synagogue,  451  et  suiv.— Pourquoi  à  la  droite  de 
Jésus  crucifié,  ou  assis  parallèlement  à  S.  Pierre  qui  occupe  la  gauche, 
451  et  suiv.,  645  ;  —  lU,  45,  144.  —  Loup  ravissant,  II,  453.  —  Moulant  le 
blé  eucharistique  apporté  par  les  Prophètes,  573;  —  IV,  18.  —  Ce 
symbole  parodié  par  le  protestantisme  à  Berne  au  xvi«  siècle,  398.  — 
Ensemble  de  ses  attributs  symboliques,  III,  144.  —  Ses  chaires  à  Salo- 
nique  et  à  Corinthe,  215.  —  Comparé  à  l'ivoire,  503.  —  Ce  qu'il  dit  des 
rites  de  la  Messe  observés  de  son  temps,  IV,  154. 

Paul  (S.),  ermite,  nourri  par  un  corbeau,  II,  658. 

Paul  III  (Le  pape)  fait  couvrir  les  nudités  placées  par  Michel-Ange 
dans  son  Jugement  dernier,  IV,  366. 

Paul  Hu,  mandarin  chrétien.  Son  tombeau  à  Nankin,  I,  201.* 
Paul  \Varnefridb  ,  ou  Paul  Diacre  ,  symboliste  du  viii»  siècle.  Son 
Uomiliaire,  II,  528. 

Paulin  (S.),  évêque  de  Noie,  Père  des  iv«  et  y«  siècles.  Ce  qu'il  dit 
des  eulogies  et  des  vases  de  terre,  II,  49SÎ.— Sa  description  en  trois  vers 
d'une  image  de  la  Trinité,  IV,  77. 

PAvà  des  églises.  Règles  à  suivre  pour  le  symbolisme  de  leur  orne- 
mentation, II,  595  ;  —  III ,  153  ;  —  IV,  65;  —  Ses  si;^nifications  mys- 


648  >  HISTOIRE  DU  STMBOUSME. 

tiqaes,  III,  152.—  Opus  Alexandrinum,  153.—  Fécondité  de  ce  moyen 
d'ornementation  ,  153.  —  Pavés  émaiUés  et  très -symboliques  du 
xii«  siècle,  157. 

Pavillons  des  différentes  nations,  symboles  des  souverains,  1,  243. 

PÈCHE >  représentée  comme  synibole  de  l'apostolat^  II ,  503  ,  583.  — 
Sa  valeur  esthétique  dans  l'iconographie  chrétienne ,  506,  507, 508.  — 
Oiseaux  pécheurs ,  symbole  du  démon ,  493.  —  Les  pécheurs^  presque 
toujours  pris  en  bonne  part  comme  symbole,  510^  —  mais  quelquefois 
aussi  image  du  démon,  585. 

PÉCHÉ  ORIGINEL,  personnifié  dans  le  Typhon  des  Égyptiens ,  I,  89,  — 
dans  l'Ymer  des  Scandinaves,  178. —  Idée  d'une  régénération  repro- 
duite dans  toutes  les  religions  antiques,  317.  —  L'arbre  de  vie  opposé 
au  péché  originel ,  II,  392, 393.  —  Ce  péché  exprimé  par  une  épine  dans 
un  pied,  III,  318.  —  Le  péché  symbolisé  par  la  lèpre;  pourquoi,  360;  — 
par  la  cécité  et  la  folie,  361.  —  Gomment  le  symbolisme  en  a  exposé 
les  effets  par  des  animaux  qui  s'assimilent  les  feuilles  d'un  arbre , 
IV,  452. 

PÉCHÉS  CAPITAUX,  souveut  sculptés  dans  les  églises,  II,  23,  —  et  de 
préférence  au  côté  nord,  comme  tous  les  symboles  néfastes,  III,  127. — 
Leur  symbolisme  dans  l'art  chrétien,  II,  229.  ~  Figurés  peur  les  feuil- 
lages et  entrelacs  de  quelques  chapiteaux,  III,  527.  —  Les  péchés 
remis  par  l'imposition  des  mains,  II,  534. 

PÉCHEURS.  Leur  punition  étemelle,  II ,  260,  262.  —  Les  titres  de  leur 
réprobation,  361.—  Figurés  pac  l'ivraie,  425,  —  par  la  Synagogue,  460. 

Peioné-Dblacourt.  Son  écrit  sur  Les  Normands  dans  le  Noyonnais^ 
intéressant  au  point  de  vue  des  ravages  subis  par  les  populations  du 
ix«  siècle,  III,  24. 

Peinture  ,  plus  populaire  que  la  sculpture,  I,  270.  —Raison  de  cette 
popularité,  271;  —  IV,  1.  —  Elle  a  son  symbolismb,  1, 273, 277,  280, 348; 

—  m.  373.  —  Inférieure  chez  les  anciens  à  la  sculpture ,  1, 274  et  suiv., 

—  et  bien  incomplète  quant  &  l'art  des  détails  et  des  scènes  générales, 
275  et  suiv.—  Le  Sacrifice  dlphigénie,  de  Timanlhe,  275.—  Le  Mariage 
de  Roxane,  par  Ochion ,  275.  —  La  Calomnie  d'Âpelles,  276, 281. — 
Histoire  de  l'origine  et  des  progrès  de  la  peinture  ancienne ,  278.  — 
Subit  les  influences  de  la  philosophie  de  Pytîiagore  et  de  Numa ,  278  et 
suiv.  —  En  quoi  consista  l'esthétique  de  la  peinture  et  de  la  sculpture 
antique,  284.—  La  Sapho  de  M,  Délavai,  peinte  avec  des  couleurs 
symboli^ques ,  348.  —  Les  principes  symbolisUques  appliqués  toujours 
et  partout  daus  la  peinture  chrétienne  ,  336  ;  —  II,  341,  608;  —  IV,  49. 

—  Los  Byzantins  soumis  aux  mêmes  principes  que  les  Occidentaux ,  I, 
336;  —  n,  341«—  Les  Peinlures  et  Ornements  des  manmerils  du  y*  au 
XVI*  siècle,  par  M.  le  comte  Auguste  de  Bastard,  ouvrage  d'un  grand 
secours  pour  l'histoire  de  l'art  durant  cette  longue  période,  454  et  suiv. 

—  Églises  peintes  à  grandes  scènes  symboliques  dès  le  v«  siècle,  502  et 
suiv.,  514,  —  IV,  50,  —  à  renouveler  de  notre  temps ,  56,  58  et  suiv.;  — 
deviennent  un  grand  moyeu  d'instruction  populaire,  60.  —  Sujets 


TABLE  GÉNÉRALE.  649 

piis  des  deux  TeBlaments  pour  romementation  des  églises^  11^  503;  — 
m,  275;  —  IV 1 48  etsuiv.^  58  et  suiv.  —  Ce  que  les  Pères  pensaient  de 
la  peinture  cbrétienhe'^  51 ,  52.  —  La  peinture  usitée  dans  les  églises 
sous  la  seconde  race,  et  remplaçant  souvent  la  sculpture,  III,  17;  — 
lY,  3  suiv.;  —  employée  aussi  au  iv"  siècle  par  le  pape  S.  Sylvestre , 
III,  45.  —  Distinction,  parfois  difficile,  entre  les  deux  écoles  grecque  et 
latine,  62.  —  Ce  que  S.  Grégoire  III  dit  des  scènes  bibliques,  lY,  2 ,  — 
et  S.  Grégoire  de  Nysse,  50.  —  Peinture  appliquée  aux  autels,  III,  275; 

—  lY,  115.  —  Abus  de  ce  moyen  employé  sans  discernement,  114, 116. 

—  Traité  des  arts,  et  particulièrement  de  la  peinture  murale,  par  le 
moine  Théophile,  III,  62,  352  et  suiv.  —  Le  Lumen  anima,  écrit  dans 
le  même  but,  353.— Le  Guide  de  la  peinture,  par  un  moine  byzantin,  II, 
341.  —  La  Tentation  de  S.  Antoine^  empruntée  par  Callot  &  un  récit  de 
S.  Atbanase,  III,  373.  —  Formes  multiples  de  la  peinture  chrétienne  et 
de  ses  moyens  d'ornementation  ;  importance  de  les  bien  étudier,  lY, 
4, 173,  —  et  de  bien  méditer  les  restaurations,  56.  —  Variantes  de  la 
peinture  au  moyen  âge  et  à  la  renaissance  fondées  sur  la  déchéance 
du  sens  esthétique  et  moral ,  27.  —  Sa  décadence,  399.  —  Ne  pas  con- 
fondre la  peinture  de  la  statuaire  avec  un  badigeonnage ,  114,  116.  — 
Histoire  de  la  peinture  chrétienne  depuis  les  catacombes,  49  et  suiv., 
173.  —  Obligations  des  évêques  et  des  abbés  quant  à  la  peinture  des 
basiliques,  52.  —  Fresques  des  xi«,  xii*  et  xiii«  siècles,  dans  l'abbatiale 
de  Sainl-Savin  en  Poitou,  53  et  suiv.  —  Peinture  &  la  cire,  bien  préfé- 
rable, et  pourquoi,  55  ;  —'son  histoire,  ibid,  —  Principe  &  suivre  dans 
les  compositions  picturales,  56,  59.  —  Grandes  scènes  historiques  pré- 
férables pour  l'ornementation  murale,  56.— Sujets  à  choisir,  58.—  Pein- 
ture plate,  exigée  des  monuments  du  moyen  âge,  59  et  suiv.  —  Abus 
des  tableaux  sur  toile,  65.  (Yoir  Tableaux.)  —  La  polychromie,  indis- 
pensable à  la  statuaire,  71  et  suiv.  —  La  peinture  n'a  rien  de  religieux 
aujourd'hui  parce  qu'elle  se  ressent  des  mœurs,  378. 

Peinture  sur  verre  (voir  Yithaux). 

PÉLICAN,  symbole  du  Sauveur  nourrissant  ses  petits  de  son  Sang,  III, 
448.  —  Lutte  entre  lui  et  le  démon,  II,  429;  —  III ,  374.  —  Forme  de 
pélican  donnée  au  lutrin,  211,—  et  au  tronc  des  aumônes,  212.  — 
Symbolise  la  méditation  de  David  sur  la  Passion  du  Sauveur,  lY,  16. 
—  La  charité  du  Christ  au-dessus  d'une  croix ,  27. 

Pelletier  (M.  Yictor),  chanoine  d'Orléans,  prend  la  défense  de  l'au- 
teur sur  l'iconograpbie  de  Tlmmaculée  Conception,  lY,  147. 

PÉNITENCE,  sacrement.  Symbolisme  de  l'imposition  des  mains,  II, 
534..  Symboles  de  pénitence  à  employer  comme  ornements  du  confes- 
sionnal ,  III ,  214.  —  Comment  ce  sacrement  est  le  symbole  des  souf- 
frances morales  du  Sauveur,  lY,  152. 

Pennon  porté  par  l'Église  dans  riconograpbie  de  la  crucifixion  ,  II, 
456  ;  —  et  par  la  Synagogue,  461. 

Pentateuqub,  ensemble  des  cinq  livres  de  Moïse.  Son  analyse; 
caractères  et  objets  de  chacun  d'eux ,  I,  36  et  suiv.—  Il  atteste  l'emploi 
du  symbolisme  dès  les  premiers  jours  du  monde,  lY,  239. 


620  UISTOIBE  DU  SYMBOLISME. 

Pentecôte,  symbolisée  par  le  tonnerre  da  Slnal^  H,  112.  —  Sa  mani- 
festation se  fit  un  dimanche, IV,  179.— C'est  la  fête  ^es  Langues;  pour- 
quoi ,  II,  466.—  Ces  langues  vinrent  de  TOrient,  111,71.— Le  sacrement 
de  la  Confirmation  en  est  un  symbole,  IV^  152.  —  Pourquoi  on  s*y  sert 
de  vêtements  liturgiques  rouges,  177.  —  Usages  ^rmboliqaes  de  quel- 
ques Églises,  187,  204. 

Pentubss  des  portes.  Ornementation  qu'elles  peuvent  recevoir,  IV, 
340. 

Peplcm  (voir  Pebizoniuh). 

Pères  de  l'Église,  sont  pleins  de  renseignements  pour  l'histoire  du 
.«ymbolisme,  des  croyances  et  des  usages  de  leur  temps,  I,  155;  —  II, 
469  et  suiv.  jusqu'à  705  ;  —  IV,  424.  —  Leur  beau  caractère  littéraire 
et  moral,  II,  470,  472.—  Us  adoptent  le  symbolisme  des  nombres,  1, 56, 57, 
105,  107,  108,  119,  120,155,  487.  —  Ne  sont  pas  autant  platonisles  qu'on 
l'a  dit  ,119,  472.  —  Se  sont  inspirés  des  auteurs  juifs  dans  leur  interpré- 
tation biblique,  189,361,  —  II,  58, 64 ,  —  et  quelquefois  de  la  philosophie 
des  anciens,  460  et  suiv.,  —  III ,  350,  469. —  Charmes  du  symbolisme 
catholique  dans  leurs  écrits,  1, 369, 431.—  Ils  le  préconisent  et  le  recom- 
mandent, II,  6,  471, 472,  476,  498,  518.—  C'est  en  eux  qu'il  en  laut  cher- 
cher la  tradition  à  travers  chaque  siècle ,  16, 19,  20  et  suiv.,  64,  82,408, 
472  ;  —  IV,  423.  (Voir  Moyen  âge,)  —  Interprètes  autorisés  de  l'Écriture, 
II,  35, 408,  —  dont  le  sens  ne  peut  être  adopté  que  d'après  eux,  81 ,  469,  — 
mais  n'est  pas  toujours  expliqué  par  une  inspiration  divine ,  82, 469.  — 
Leur  mysticisme,  360,  468.  —  Conforment  leurs  discours  à  l'intelli- 
gence de  leurs  auditeurs,  530. —  Unanimité  de  leur  doctrine  théologique, 
421, 469, 472,  473;  —  III,  314. — Épuisent  souvent  toutes  les  ressources  du 
symbolisme  dans  les  moindres  détails  d'un  objet,  II,  431.  —  Revue  des 
Pères  symbolistes  du  ii*  au  xiv*  siècle ,  466  à  705  (voir  les  noms  de 
chacun);  —  III,  314,350, 469.—  Les  écrivains  ecclésiastiques,  glorieux  de 
marcher  d'après  les  Pères  et  leur  doctrine.  II,  606  et  suiv.  —  Les  Pères 
ont  adopté  les  préjugés  des  naturalistes  de  leur  temps  comme  moyens 
symboliques,  626;  — 111,350,  469  et  suiv.,  472.— Les  Pères  grecs  repré- 
sentés écrivant  en  latin,  et  les  latins  en  grec,  pour  signifier  l'unité  de 
rÉgUse,  IV,  147.  —  C'est  des  Grecs  que  nous  sont  venus  beaucoup  de 
symboles  hybrides,  423, 424. 

Pergamb,  l'ancienne  Troie,  une  des  premières  Églises  apostoliques. 
Symboles  qui  s'y  rattachent  dans  l'Apocalypse  ,  II,  154. 

Perizonium  .  ceinture  donnée  au  Sauveur  sur  la  croix.  Ses  variantes, 
II,  440,  4H,  464;  —  rV,  119.  —  Violet,  en  signe  de  deuU,  9, 124;  —  ou 
bleu,  par  honneur,  119. —  A  d'abord  été  un  péplum  ou  robe  complète, 
119.  —  Donné  aussi  aux  deux  larrons,  II,  464.  —  Variétés  séculaires  du 
peplmn;  quelles  couleurs  lui  donner,  fv,  123  et  suiv.  —  Pourquoi  la  Re- 
naissance l'abandonne ,  387. 

Perles.  Pr^ugés  des  anciens  sur  les  perles,  II,  367.  —  Symbole  du 
royaume  des  deux,  366,  384,  385,  387. 

PsRPBTUis  (S.),  évêque  de  Tours  au  v«  siècle.  Belles  pièces  d'orfè- 
vrerie qu'il  lègue  à  son  Église ,  IV,  290,  337. 


r 


TABLE  GÉNÉRALE.  624 

Persécutions  (voir  Romains),  syinbolisée  par  un  tremblement  de 
terre  ^  II,  183.  »  Leur  terme  dans  l'Église,  et  joie  des  Élus  à  ce  sujets 
258.  »  Les  sept  persécuteurs ,  de  Dioclétien  à  Licinius,  285,  289.  •— 
Leurs  figures  sculptées  aux  modillons  des  églises,  III,  385.  —  Philippe 
le  Bel,  persécuteur  de  la  Papauté,  IV,  177. 

Pbrses.  Leur  théologie  pleine  de  symbolisme,  1, 165, 296.  —  Leurs  sé- 
pultures, 198; —leur  culte  du  feu,  226;  —  UI ,  529;  —leurs  rois  et  leurs 
sept  ofOciers,  II,  163.  —  Ils  persécutent  le  Christianisme,  274.  —  Leurs 
autels  du  feu,  ou  pyrées,  toujours  accompagnés  de  deux  lions  ou  léo- 
pards, m,  529. 

Perspective  ,  non  inconnue,  mais  négligée  méthodiquement  par  leé 
artistes  du  moyen  âge,  II,  447;  —  IV,  61.  —  C'est  pourquoi  on  doit 
remployer  dans  les  peintures  des  églises  de  la  Renaissance,  62. 

Pesée  des  âmes,  symbole  des  mauvaises  influences  du  démon  sur 
les  âmes,  II,  429;  —  lU,  90,  142,  209,  336,  367,  463. 

Peste  de  dix  années  sous  Volusien  et  Gallien ,  prédite  par  TApoca- 
lypse,  II,  265  ;  —  conjurée  au  zv«  siècle  par  la  représentation  de  mys- 
tères dramatiques,  IV,  204. 

Peuple  (Le),  Comme  le  moyen  âge  le  traitait  mieux  que  notre  époque 
de  prétendue  liberté ,  IV,  198. 

^Peuplier,  symbole  du  Juste  puisant  aux  eaux  de  la  grAce ,  111,  564. 

Phénix,  oiseau,  symbole  de  la  longévité,  I,  95;  —  II,  499,  500  ;  — 
III,  448. 

Phidias.  Analyse  de  8on  Jupiter  Olympien,  I,  256,  —  de  b9l  Minerve 
du  Parthénon  ,  257,  290. 

Philadelphie,  une  des  sept  Églises  de  l'Apocalypse  ,  II ,  157, 353. 

Philippe  (S.) ,  apôtre  ,  explique  du  Sauveur  un  texte  d'Isale ,  II,  61. 

—  Lui-même  le  reconnaît  aux  prédictions  conservées  par  les  Juifs ,  62. 

—  Symbolisé  par  la  sardoine ,  379.  —  Ses  attributs  iconographiques  , 

m ,  147. 

Philippe  le  Bel  ,  roi  de  France.  Sa  persécution  contre  le  Saint- 
Siège  détermine  le  pape  Boniface  VIII  à  donner  aux  cardinaux  leur 
robe  rouge,  IV,  177. 

Philippe  de  Valois,  roi  de  France,  réfute  la  thèse  de  Pierre  de 
Cugnières  contre  l'indépendance  du  Saint-Siège  ,  III,  357. 

Philistins.  Idée  de  leur  temple  de  Dagon,  1 ,  222.  —  (Voir  Anus.) 

Philon  ,  historien  juif.  Ce  qu'il  dit  des  usages  symboliques  de  sa 
nation ,  1 ,  189.—  Son  livre  De  Monarchia ,  où  il  explique  le  symbo- 
lisme de  la  Bible  ,  II ,  94. 

Philosophie  humaine,  devenue  un  prétexte  d'incrédulité,  symbolisée 
par  l'Apocalypse  et  définie  par  l'apôtre  S.  Jacques,  Il ,  249.  —  Endur- 
dssement  de  ses  adeptes  contre  les  punitions  divines,  267,  268, 282.  — 
Ceux  de  notre  époque ,  et  leurs  doctrines  systématiquement  impies , 
369,  564,  678  ;  —  HI,  79, 89,  192, 345, 391.  --  Ils  font  tout  venir  de  la 


622  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

terre,  et  le  Christianisme  lire  tout  du  ciel,  II,  578.  —  Ils  détesteot  le 
moyen flge  pour  son  esprit  chrétien, 608, 628 ;  — 111,79; « lY,  208, 396. 

—  La  théologie  doit  diriger  la  philosophie^  11^  630  ;—  III,  193. —  Philoso- 
phie très-élevée  du  Christianisme  dans  ses  rapports  avec  les  hommes , 
IV,  162.— La  philosophie  des  libres  penseurs  dénature  Thistoire  pour  le 
service  de  sa  cause ,  III ,  192,  337  et  suit.,  345^  421,  —  IV,  200,—  et  se 
refuse  aux  démonstrations  les  plus  évidentes,  III,  391  ;  —  IT,  216, 226. 

—  Ne  comprend  pas  la  foi  parce  qu'elle  ne  l'a  jamais  étudiée,  HI,  40i, 
404.  —  Les  philosophes  anciens  plus  raisonnables  et  de  meilleure  foi, 
IV,  100.  —  Attaques  injustes  contre  les  drames  liturgiques,  100  et  snÎT., 

—  et  les  Fêies  de  VAne  en  particulier,  208  et  suiv.,  216.  —  Le  trai  et 
le  beau  inséparables  de  l'art,  dont  il  sont  l'esthétique  nécessaire,  342.  — 
Que  la  philosophie  du  xix«  siècle  est  en  opposition  avec  l'art  chrétien, 
iMd.,  397. 

Philosophie  de  l'art  sur  une  urne  grecque  du  Captlole,  représen- 
tant la  Création  de  V  homme  par  Promélhée,  1, 262.—  Dans  VArcadie 
de  Poussin ,  272.  —  Gomment  cette  philosophie  procède  chez  les  an- 
ciens, 277.  —  La  Calomnie  d 'A pelles  ,281.  —  La  fable  de  Psyché  ,286 
et  suiv.  (Voir  Psyché.)  —  Définition  de  l'esthétique,  ou  philosophie  de 
l'art ,  IV,  370.  —  L'art ,  fait  pour  la  morale  et  non  pour  le  vice ,  1 ,  287 
et  suiv.;  —  IV,  342  ,  385.  —  Gomment  il  s'est  purifié  dans  l'esthétique 
chrétienne ,  1 ,  366  ;  —  III ,  33 ,  323  ,  346.  —  Ses  dernières  lueurs  à  la 
Renaissance  ,  IV,  351,  385.  —  Charmants  exemples  de  ce  sentiment  dans 
la  Tapisserie  d^ Angers  sur  l'Apocalypse ,  II ,  220  ;  —  dans  les  crucifix 
du  XII*  siècle  ,  456;  —  dans  la  Danse  macabre  de  la  Chaise-Dieu  ,  111 , 
94.  —  L'esthétique  préférée  aux  effets  artistiques  par  les  artistes  du 
moyen  âge  ,  Il ,  447  ;  —  III ,  92  ,  242  ;  —  IV,  343 ,  370.  —  Unité  de  plan 
dans  les  églises  ,  symbole  de  l'unité  de  Dieu  ,  III ,  36.  —  Absence  du 
sentiment  esthétique  dans  une  sculpture  de  l'Arbre  de  Jessé  ,  276.  — 
Comment  Castiglioni  entendait  l'union  du  beau  et  du  bon  dans  la  phi- 
losophie chrétienne  et  dans  l'art  qu'elle  inspire  ,  IV,  385. 

Philtres,  opérations  magiques  usitées  dans  le  culte  du  démon,  III, 
342,  367.  —  Type  curieux  de  ces  sortes  d'opérations,  395. 

Phison  ,  l'un  des  quatre  fleuves  du  Paradis  terrestre.  Noms  des  trois 
autres ,  IV,  48. 
Phogée.  Symbole  de  ses  médailles ,  1 ,  264. 

Phoque  ,  symbole  de  la  ville  de  Phocée  ,  1 ,  264. 

Phylactère  ,  bande  de  parchemin  chargée  d'une  inscription  et  mise 
aux  mains  d'une  statue  peinte  ou  sculptée  ;  préférable  aux  mains  des 
Prophètes  ,  comme  le  livre  fermé  pour  les  Apôtres  ,  IV,  90  ,  211,  313. 

—  Ne  doit  pas  manquer  aux  animaux  du  Tétramorphe ,  112. 

Physioqnomonie,  science  conjecturale,  mais  servant  le  symbolisme 
zoologique,  III,  446. 

Physioloques,  ou  Traités  symboliques  sur  les  animaux ,  Il ,  21.  — * 
Quelques  traits  de  leur  méthode,  246,  323;  —  III,  472,  474,  510.— Figu- 
rent en  un  grand  nombre  de  manuscrits  enluminé},  11^  579.  »  Celui  de 


TABLE  GÉNÉRALE.  623 

Guillaume  le  Normand,  462;  —  celui  de  Tatien,  484,  561,  —  III,  474,— 
de  Pierre  Alfonsi,  11,  566,  —de  Théobald,  en  entier,  III,  475  et  suiv.,— 
et  autres  du  moyen  Âge,  475.  —  Sources  de  l'imagerie  du  moyen  âge 
II ,  60!  ;  —  III ,  475.  ' 

Physique  du  moyen  âge,  admettait  que  l'air  était  le  principe  du  feu 
IV,13.  ' 

Pic  de  la  Mirandole  a  donné  dans  la  cabale  et  les  sciences  occultes , 
in ,  349. 

Pie  IX  (Le  Pape).  Prie-Dieu  symbolique  que  lui  offre  le  clergé  de  la 
province  de  Tours ,  1 ,  208.  —  Sa  magnifique  défense  du  pouvoir  royal 
dans  sa  conduite  personnelle  contre  la  Révolution ,  II ,  666. 

Pieds.  Les  pieds  de  feu  d'un  Ange ,  II,  210.  —  Pieds  nus  des  Apôtres, 
324  ;  —  IV,  94  ;  —  des  Anges  ,  III ,  875;  —  IV,  94.  —  Pied  blessé  d'une 
épine,  exprimant  l'humanité  blessée  par  le  péché  originel .  III ,  318.  — 
Pieds  nus  de  Notre-Seigneur,  IV,  93 ,  94.  —  Principes  symbolistiques  à 
suivre  sur  la  nudité  des  pieds  dans  la  peinture  chrétienne;  leur  histoire, 
leur  cause  et  leur  importance ,  93,  94,  119.  —  Pieds  nus  à  S.  Jean- 
Baptiste  ,  93  ,  94  ;  —  pourquoi  à  Isale  et  à  Moïse ,  94.  —  Graves  erreurs 
de  certains  artistes  sur  ce  point  si  important,  95,  137.  —  Les  sandales 
n'empêchent  pas  la  nudité  symbolique  des  pieds ,  137, 138. 

PiBL ,  habile  architecte  dominicain.  Ses  travaux  sur  le  symbolisme 
des  nçmbres  dans  l'architecture,  111,  30. 

PiÉRius  Valérianus,ou  Bolzoni.  Ce  qu'il  dit  des  chiffres  chaldéens,  I, 
55.  —  Un  peu  outré  dans  son  enthousiasme  des  anciens,  55.  —  Traduc- 
teur des  œuvres  symbolistiques  d'Horus  Apollon,  92,  96. 

Pierre  (S.).  Son  nom  changé,  et  pourquoi,  I,  41  ;  —  II,  63,  425, 532. 
—Prince  des  Apôtres  ,  vêtu  de  vert  et  de  jaune ,  1 ,  323  ,  —  de  rouge, 
324. —  Premier  interprète  du  sens  des  Écritures  sur  la  Rédemption,  II, 
34 ,  467.  —  But  et  caractère  de  ses  deux  Épîtres,  45.  —  Il  prouve  Jésus- 
Christ  par  les  prophéties ,  et  aussi  sa  vocation  au  gouvernement  de 
l'Église,  62  ,  63.  —  Grand  nombre  d'églises  sous  son  vocable  ,  426.  — 
Sa  mort  reprochée  à  Rome  figurée  par  la  bêle  apocalyptique,  218.  —  II 
reçoit  les  clefs  symboliques;  sens  de  ce  symbole ,  327,  404,  426  ;  — III, 
141, 143. — Figuré  par  le  jaspe,  à  cause  de  la  fermeté  de  sa  foi,  II,  378. — 
A  le  front  chauve  dès  le  xiii«  siècle,  403.— Occupe  dans  l'assemblée  des 
Apôtres  un  siège  plus  élevé,  404.  —  Pourquoi  accompagné  du  coq, 
427  ;  —  III,  143.  —  Symbolisme  de  sa  barque,  II,  430,  431.  —  Souvent 
accompagné  de  S.  Paul ,  431.  —  Il  est  la  figure  de  l'Église,  451.  —  Rai- 
sons symboliques  de  le  placer  au  côté  gauche  de  la  croix  ou  du  cru- 
cifix ,  451  et  suiv.,—  ou  même  de  Notre-Seigneur  assis ,  452.  —  Anti- 
quité de  ce  symbole  ,  453 ,  454;  —  III,  45.  —  Dante  fait  de  lui  le  type 
de  la  foi ,  II ,  673.  —  Le  5.  Pierre  de  Vézelay,  type  symbolique  de  la 
beauté  morale  ,  III ,  39.  —  S.  Pierre  es  Liens,  patron  symbolique  des 
cimetières ,  81 ,  83.—  Défendant  le  chrétien  contre  le  démon ,  128.  — 
Ouvrant  aux  Justes  la  porte  du  Ciel,  141.—  Ses  attilbuts  iconogra- 
phiques ,  143.  —  On  lui  attribue  la  loi  de  la  tonsure  ecclésiastique , 


624  HISTOIRE  DU  STMBOUSME. 

» 

143.  —  Baptême  de  Conieille  par  1* Apôtre  sur  des  fonts  baptismaux  , 
299. 

PiBRRB  Ghrysologue  (S.)»  évéque  de  Rayenne^  Père  du  t«  siècle.  Son 
symbolisme  dans  ses  Expositions  del*Écriture^n,497,  499;— III,  191. 

Pierre  Damien  (S.) ,  évéque  d'Ostie  aa  xi*  siècle.  Ce  qu'il  dit  de  la 
place  relatiye  donnée  auprès  de  la  croix  à  S.  Pierre  et  à  S.  Paul ,  II , 
452.  —  Ses  sermons ,  et  son  esprit  symbolistique ,  554. 

PjBRRE  DE  Gapoub,  sRvant  cardinal,  symboliste  éminent  du  xin«  siè- 
cle. Sa  Rose  alphabétique ^  et  ses  autres  ouvrages,  11^  609  et  suiv.— Légat 
en  France,  il  s'applique  à  abolir  les  désordres  introduits  dans  les 
drames  liturgiques,  IV,  200  et  suiv. 

Pierre  de  Riga,  symboliste  du  xii*  siècle,  II,  482. 

PiERRE-DEB-ÉoLiSES  (Saint-),  église  rurale  du  Poitou.  Ses  peintures 
de  l'Apocalypse,  II,  241.  —  Elle  est  de  l'époque  gallo-romane,  III,  12. 

Pierre,  symbole  de  la  fermeté,  11, 426,  —  du  poids  du  péché  sur  la 
conscience,  534.  —  Pierre  de  liais  remplace  le  marbre  au  xn*  siècle 
dans  l'ornementation  des  églises,  III,  156.  —  Est  la  seule  matière  pos- 
sible des  autels  chrétiens,  269.  —  Jésus-Christ,  pierre  angulai^,  IV,  80. 

Pierres  précieuses  (voir  Gbhmes). 

PiGALLE,  sculpteur  français  du  xviii*  siècle ,  a  manqué  d'esthétique 
chrétienne  dans  son  tombeau  du* maréchal  de  Saxe,  III,  98. 

PiGNORiA,  antiquaire  de  Padoue  au  xyii«  siècle.  Son  explicaÛon  in- 
complète de  la  Table  Isiaque ,  1 ,  85 ,  86. 

Piliers  (voir  Colonnes). 

Pilon  (Le  Saint-)^  pilier  soutenant,  à  Saint-Maximin-sur-Var,  une 
statue  de  S**  Madeleine,  III,  420. 

PiONius  (S.),  martyr  du  iii«  siècle ,  reproche  à  ses  bourreaux  de  réa- 
liser un  symbole  de  TAppcalypse,  II,  230. 

Pisanore,  général  lacédémonien  ;  pourquoi  surnommé  VAne  de 
Cnide ,  IV,  217. 

Piscine  des  églises.  Ce  que  c'est;  son  usage ,  son  symbolisme ,  III , 
233.  —  Piscine  baptismale  ;  son  ornementation  symbolique ,  294 ,  296. 

PiTRA  (S.  Ém.  le  Cardinal).  Idée  de  son  beau  Spicilége  de  Solesme, 
1 ,  328  ;  —  II ,  83  ,  520.  —  Sa  Clef  de  Méliton ,  82 ,  83 ,  480  ;  —  III,  475. 

Plaies  ou  fléaux  envoyés  sur  Rome  en  punition  de  ses  impiétés,  II, 
265  et  suiv. 

Plain-chant  (voir  Chant  grégorien). 

Planètes.  Leurs  signes  symboliques,  I,  58,'  148.  —  Comment  Gelse 
établit  le  symbolisme  de  leur  rotation  autour  du  soleil,  60. 

Plantier  (Msrr),  évéque  de  Ntmes.  Son  discours  contre  les  envahis- 
sements des  églises  par  la  musique  profane,  IV,  267. 

Platane  ,  symbole  de  la  charité,  III,  214 ,  —  de  l'élévation  morale , 
526. 


TABLE  GÉIYÉRALE.  625 

Platon  n*a  pas  vu  la  Trinilé  aussi  clairement  qu'on  le  prétend  d'or- 
dinaire, I,  146  ;  — il,  577.— Son  influence  dans  les  écoles  païennes,  631. 

Pline  le  Naturaliste.  Idée  qu'il  donne  des  peintres  anciens  et  de 
leurs  œuvres,  I,  273,  275 ,278.  —  Ses  opinions  personnelles  sur  l'art, 
277,  284.  —  Il  en  exalte  toujours  le  côté  moral,  288.  —  Ses  préjugés 
sur  l'histoire  naturelle  des  pierres  précieuses.  II,  366. 

Plomb,  métal  que  son  poids  a  fait  attribuer  à  Saturne,  I,  60. 

Plughb  (L'abbé)  s'est  trompé  sur  la  date  du  Zodiaque,  III,  450. 

Plutus  (au  lien  de  Pluion,  imprimé  par  erreur).  Symbolisme  de  sa 
corne,  II,  74. 

Poésie.  Ses  origines  et  ses  moyens  symboliques,  I,  215.  —  Beauté  de 
\'Ave,  maris  Stella^  II,  520;  —  des  Proses  d'Adam  de  Saint- Victor,  570; 
—  ni,  3oi.—  Injustes  reproches  à  la  poésie  du  moyen  âge,  II,  571;  — 
111,355.  —  Distiques  appliqués  par  Suger  à  tous  ses  ornements  de 
l'abbatiale  de  Saint-Denys,  II,  572^  573;  — autres  pour  les  manuscrits  à 
miniature  de  l'abbesse  Herrade ,  579.  —  La  poésie  symbolisée  par 
Virgile  dans  la  Divine  Comé'lie  de  Dante,  665;  — III,  355.  — Elle  s'élève 
jusqu'à  1^  théologie  par  sa  nature  môme,  quapd  elle  conserve  sa  dignité, 
666.  —  Poésies  symboliques  du  moyen  âge ,  II,  674;  —  celles  de  la 
Danse  macabre  ,  III,  95,  96,  97.  —  L'éloge  du  coq  ,  118.  —  Distique 
d'un  bénédictin  symbolisant  le  lion  et  le  bœuf  contre  son  abbé,  136. — 
Éloge  par  le  poèt«  Prudence  des  fleurs  en  mosaïques  décorant  les 
églises  de  son  temps ,  154.  —  Le  .Physiologue  en  vers  de  Théobald , 
réédité  en  entier,  475  et  suiv.—  Vers  techniques  sur  le  Zodiaque  et  les 
occupations  attachées  à  ses  douze  signes,  456  el  suiv.  —  Charmant 
petit  poème  de  Théobald  De  Turlure^  504.  —  Hymne  de  S**  Florence 
au  xi«  siècle.  II,  556;  —  III,  542.  —  Le  jardin  de  Salomon,  par  Her- 
mann  de  Werden,  555,  556.  —  Distique  sur  le  symbolisme,  de  l'encen- 
soir, IV,  212. 

Poètes.  Ceux  de  l'antiquité  ont  laissé  de  nombreux  détails  sur  les 
croyances  et  les  usages  de  leur  temps,  I,  75.  —  Caractère  élevé  de  la 
poésie  chrétienne;  comment  elle  se  prête  au  symbolisme,  II,  494. 

Poil,  symbole  du  péché  qui  se  hérisse  sur  la  conscience,  11, 519. 

Points  cardinaux  (voir  les  noms  de  cfiacun). 

Poisons  végétaux.  Leur  origine,  III,  518. 

Poisson,  signe  du  Zodiaque.  Gomment  symbolisé,  I,  58.  —  Pourquoi 
donné  au  mois  de  février,  III,  458.  —  Comparé  à  Aser  par  Jacob,  H, 
109.  —  Symbole  de  la  voracité ,  I,  95 ,  —  de  la  timidité ,  258,  —  de 
Noire-Seigneur  Jésus-Christ,  II,  18  ,—  VI,  80,—  des  chrétiens,  II,  424, 
483 ,  585,  —  III,  85,  332.  —  Origine  de  ce  symbole,  IV,  97,  375,  376.— 
Poissons  purs  et  impurs  du  Lévitique,  II,  586.  —  Symbole  des  dangers 
de  la  vie  présente,  m,  86,  87,  331 ,  —  IV,  451,  —  et  des  délices  maté- 
rielles, ibid,  —  Poissons  affrontés  de  Jouarre,  III,  332,  —  du  baptistère 
de  Saint-Jean  à  Poitiers,  332.  —  Quel  était  le  poisson  de  Tobie  dans  la 
Vierge  au  poisson  de  Raphaël,  375  et  suiv. 

T.  IV.  40 


(>26  HISTOIRE  DU   SYMBOLISME. 

Poitiers.  Sa  cathédrale;  curiosités  symboliques  de  son  architectore 
et  de  son  oruementatioû  :  la  fleur  du  lotus^  I,  159  ;  —  les  modillons,  335; 

—  II ,  269 ,  326  ;  —  III ,  249,  318  ,  447  ;  —  ses  Toutes  ,  224;  —  la  gueule 
de  Teiifer^  II ,  339;  —  les  nuages  servant  de  marchepied  au  Juge  sou^ 
veraiu,  342,347  ;  —le  Jugement  dernier,  343  et  suiy.,  346  etsuiv.; — la  tra- 
dition des  clefs,  427.  —Ses  vitraux,  III,  223  ;  —  IV,  124; —  ses  tableaux 
sur  bois  ,  70;  —  ses  usages  liturgiques,  185, 186.  —  Critique  irréfléchie 
de  M.  Ch.  Lenormand  contre  ces  données  symboliques,  I,  177  ;  —  II,  5. 

—  Gargouilles,  III ,  258.  —  Ses  ornements  bleus  du  xvi«  siècle,  1 ,  317. 

—  Autres  détails  artistiques,  111,  249,  260,  371,  428  ;  —  IV,  44.  —Épo- 
ques diverses  de  sa  construction ,  1 ,  360.  —  Beauté  de  son  appareil , 
III ,  159,  —  de  ses  stalles,  220, 363.  —  S.  Victorin,  ou  Nectaire,  évéque 
de  Poitiers,  II,  166.  —  Relations  architecturales  entre  la  crypte  de 
Sainle-Radégonde  et  les  catacombes ,  III ,  5  ,  188.  —  Ses  modillons , 
318.  —  Ogive  du  xi«  siècle  dans  cette  église,  36.  —  Daniel  et  les  lions, 
138.  —  Autres  détails  ,  IV,  44  ,  55  ,  78  ;  —  III ,  423.  —  Le  temple  Saint- 
Jean;  observations  sur  son  architecture  du  !¥•  siècle  ,  11, 12.  —  Dé- 
viation de  son  axe,  170.  —  Ses  trois  nefà ,  175;  —  son  époque  ,  290  ; 

—  ses  peintures  murales ,  291  ;  —  ses  sculptures ,  332.  —  Eglise  Saint- 
Porchaire  et  sa  formule  inter  leones,  et  description  des  sculptures  de 
sa  façade ,  137.  —  Celle  de  Saint-Hilaire ,  à  sept  nefs ,  175.  —  Ses 
cryptes,  188.  —  Arbre  de  Jessé  à  Noire-Dame ,  277.  —  Lutrin  en 
aigle  de  cette  église,  IV,  319.  —  Épitaphes  remplaçant  les  monuments 
funèbres  dans  Téglise  de  Monliernetif,  III ,  304.  —  Beau  manuscrit  de 
de  la bibliolhàque  de  Poitiers, IV,  24,30, 31  etsuiv.,  36.  —  L'imprimerie 
à  Poitiers  au  xyi*  siècle ,  36.  —  Beau  létramorphe  de  Téglise  Saint- 
Saturnin,  112.—  Rogations  de  Poitiers  au  xiii'  siècle,  204. 

POLYCARPE  (S.),évéque  de  Smyrne;  Tun  de  ceux  dont  il  est  mention 
dans  TApocalypse,  II,  147. 

PoLYGNOTB  de  Thasos  ,  peintre  grec ,  élève  la  taille  humaine  pour 
symboliser  la  dignité  de  sa  nature,  I,  280  ;  —  excelle  dans  les  dra- 
peries, 285. 

Polythéisme  (voir  Mythologie). 

Pomme  d'or  remplie  de  cendi^,  symbole  de  la  fragilité  du  titre  im- 
périal, II.  618.  —  Pomme  symbolique  tenue  par  TËufant  Jésus ,  prise 
pour  la  boule  du  monde  par  quelques  peintres,  IV,  132,  133. —  Mordue 
par  Satan,  139. 

Pomme  de  pin,  figurée  souvent  dans  la  flore  murale  du  moyen  âge 
pour  les  raisins  d'une  vigne,  III,  532, 538.  —  Prise  à  tort  pour  l'origine 
de  la  fleur  de  lis,  i7  id,  —  Cause  possible  de  son  emploi  si  fréquent 
dans  la  flore  murale,  540. 

PoMON'B,  déesse  des  fruits.  Symbolisme  de  sa  corne ,  n  ^  74. 

Pontifical  romain.  Notions  sur  la  date,  Panteur  et  cerfiûnes  pres- 
criptions de  ce  livre  liturgique,  III,  76;  —  IV,  158. 

PORG,  symbole  des  passions  honteuses,  II,  493,  —  de  la  gonrmaiidise, 
111 ,  445.  —  Terrassé  par  un  homme  à  coups  de  hache  ,  448  ,  461.  — 


TABLE  GÉNÉRALE.     •  627 

Pasieura  de  porcs  dans  l'iconographie  da  moyen  Age,  461.  —  Qu'est-ce 
que  ne  pas  jeter  des  perles  aux  pourceaux  ?  467.  —  Porc  jouant  de  la 
cornemuse,  IV,  32. 

PoRGHB  (voir  Narthex). 

Pguphyrb  (S.),  évéque  de  Gaza  au  iv«  siècle,  construit  une  église  en 
forme  de  croix,  lil,  105. 

PORPHYRTON,  Bspèce  de  ponle  d*eau  ;  symbole  de  la  fidélité  conjugale, 

iir,  471 . 

PoRTAL  (M.  Frédéric).  Analyse  de  son  traité  Des  Couleurs  symbo- 
liques, I,  294  et  sniv.  —  Éloge  de  ce  livre,  295,  314,  347;  —  II,  69.  — 
Ses  erreurs  sur  le  sens  de  plusieurs  textes  d'Écritures  saintes,  1,299, 304^ 
311,  339,  340;  — contre  l'impercabilité  de  Jésus-Christ,301,344;— sur  la 
couleur  rouge,  308,  309,  -—  sur  les  feux  de  la  Saint-Jean,  310,  —  sur  le 
rose,  la  rose  et  la  rosée,  326,  —  sur  la  rose  blanche,  328,  —  sur  l'hya- 
cinthe, 331 ,  —  sur  le  violet,  334,  —  sur  Torangé,  337,  —  sur  le  roux  et 
le  tanné,  338,  —  sur  VArbre  de  Jessé,  340  et  suiv.,  —  sur  le  gris,  346. 
—  Son  livre  peut  être  très-utile  aux  artistes,  lu  avec  discernement, 
347;  —  IV,  11.  —  11  accorde  trop  à  Tinfluence  de  l'Inde  et  de  TÉgyple 
sur  l'emploi  des  couleurs  symboliques  dans  la  peinture  chrétienne^ 
11. 

Portes,  symbolisent  la  puissance  et  la  propriété  sur  la  ville  ou  la 
maison,  I,  203;  —  II,  158;  —  le  Sauveur,  384;  —  III,  133, 152;  —  les 
Apôtres,  II,  385;  —  III,  161  ;  —  le  royaume  des  cieux,  II,  384.—  Portes 
des  églises;  leur  côté  normal,  Ili,  131  ;  —  s'ornent  d'archivoltes  et  de 
symboles  au  iv  siècle,  27.  — Leur  nombre  symbolique,  et  leurs  détails 
mystérieux,  271, 140,  160, 161, 169.  —  Pourquoi  ce  nombre  est  quel- 
quefois dépassé,  161.  —  Les  portes  étroites,  162,  286.  —  Portes  en 
bronze  doré  de  la  basilique  de  Saint-Denys  au  xii*  siècle,  IV,  348.  — 
Soin  qu'eut  le  moyen  Âge  d'ornementer  les  portes  de  ses  églises  ; 
pentures  à  leur  donner,  339  et  suiv.  —  (Voir  Façades,  Trumeaux, Tym- 
pans.) 

Pourpre,  couleur  des  hautes  dignités,  I,  309.  —  Incertitude  de  son 
symbolisme ,  333.  —  Le  pourpre,  couleur  symbolique  du  blason;  ce 
qu'il  signifie,  II,  549. 

Poussin.  Symbolisme  philosophique  de  son  Arcadie,  I,  273  ;  —  IV, 
358.— Ses  fausses  données  sur  le  baptême  du  Sauveur  par  S.  Jean,  III, 
297.  —  Abuse  du  paganisme  dans  ses  compositions ,  IV,  378.  —  Sa 
Continence  de  Â'ctpion,379. 

Prédestination  (voir  Saints), 

Préface  de  la  Messe  solennelle.  Beauté  de  son  chant,  calqué  sur 
l'ancienne  mélopée  grecque,  IV,  240^  247. 

Présentation  de  Notre-Seigneur  au  Temple.  Symbolisme  de  l'of- 
frande des  tourterelles.  II,  531.  —  Jésus  présenté  par  Marie  à  TAme 
fidèle  comme  pain  encharistique,  III,  336.  —  Signification  des  cierges 
portés  à  la  procession,  IV,  185. 


638  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

PRR88B,  employée  surtout  contre  rÉglise  et  son  histoire  p&r  le  ratio- 
nalisme moderne,  III  «  196. 

Prêtres,  portent  le  noir  en  signe  de  deuil,  I,  335. 

Prévoyance,  symbolisée  par  la  fourmi,  1, 95. 

Prupb.  Ses  fêles  impures,  1,170.— Ses  temples  au  milieu  des  forêts, 
227.  —  Ses  statues  en  bois  de  figuier,  268. 

Prières  symboliques  récitées  par  rÉvêque  et  par  le  Prêtre  en  se  re- 
yélant  des  habits  sacrés  ,  IV^  167  et  suiv.—  La  musique  dans  la  prière 
(voir  Musique). 

Processions.  Leurs  significations  diverses  dans  le  culte  catholique  ; 
celles  de  la  veille  et  du  jour  de  P&ques  aux  fonts  baptismaux,  II ,  395, 
—  lY,  180 ,  —  des  Rameaux  ,  III ,  562 ,  —  de  l'Ascension ,  391,  563 ,  — 
IV,  180,  —  de  l'Epiphanie,  184  et  suiv.  —  La  procession  de  la  sacristie 
à  l'autel,  en  chantant  Viniroïl  de  la  Messe ,  246. 

Procus,  chasseur  de  l'antiquité.  S'est-il  glissé  dans  le  Zodiaque  soua 
les  apparences  du  Sagittaire  ?  III,  460. 

pROMÉTHÉE.  Belle  composition  symbolique  de  sa  Création  de  Vhomme 
sur  une  urue  du  Capitole,  I,  262,  263. 

Prophètes  de  l'ancien  Testament,  ont  tous  annoncé  et  préfiguré  Jésus- 
Christ,  II,  41,  59,  67,  78,  107,  484.  —  Ils  sont  les  Apôtres  de  l'ancienne 
l^i ,  III,  299  ;  —  IV ,  313.  —Beau  caractère  de  leur  poésie  et  de  leur 
style,  II,  41,  117  ,  183  ,  188,  3C6  ,  342,  414.  —  Leur  méthode  de  descrip- 
tion, 185.  —  Sont  d'une  grande  utilité  à  l'Église,  42,  62,  495.  —  Leur 
parfaite  concordance,  391,  415.  —  Confirmé;}  par  Jésus-Christ  et  par 
les  Apôtres,  o9,  60^  67;  — III,  142.  —  Associés  aux  sibylles  parle  symbo- 
lisme chrétien,  IV,  100  et  suiv.  Leurs  visions  symboliques,  II,  101, 
103  et  suiv.,  142,  495.— Us  sont  les  préparateurs  de  l'Évangile ,  573 , 
JII,  142;  —II,  573;  —  IV,  18, 313.— Se  servent  beaucoup  dusymbollsme 
des  signes  ,  II ,  1U3 ,  104.  —  Leur  inspiration  diviae  nous  révèle  des 
sciences  déjà  très -avancées  de  leur  temps,  111.  — L'obscurité  des  pro* 
phélies  est  un  but  de  la  Sagesse  divine,  142,  408, 414,518.  — Prophéties 
méconnues  des  libres  penseurs ,  144  ,  —  mais  que  les  Pères  n'ont  pas 
dédaignées,  145,  484,  495;  — dénaturées  par  les  hérétiques,  195.  —  Les 
Prophètes  procèdent  par  un  rapide  exposé  des  faits,  dont  ils  reprennent 
ensuite  tes  détails,  224,  243,  265,283,  518.  — Le  don  de  prophétie  très- 
commun  dans  la  primitive  Eglise  ,  307.  — Faux  prophète  de  l'Apoca- 
lypse, et  sa  punition;  de  qui  il  était  le  symbole,  337.  — Les  Prophètes 
ont  souvent  pour  attributs  des  phylactères  de  parchemin  ou  des  rou- 
leaux ;  symbolisme  de  cet  objet,  461  ;  —IV,  313.  —  Prophètes  appor- 
tant à  S.  Paul  le  blé  qui  doit  produire  la  farine  eucharistique,  II, 
573  ;  —  IV,  18.  —  Le  moyen  âge  leur  donne  une  belle  barbe,  210. 

Propitiatoire,  plaque  d*or  ou  d'argent  servant  de  pierre  sacrée  aux 
autels  portatifs,  III,  265. 

Proserpine.  Conditions  symboliques  de  ses  temples,  1,  225.  «-  Im- 
moralité de  ses  mystères,  252. 


TABLE  GÉNÉRALE.  029 

?iiOSE8 ,  o\k  Séquences ,  chejoiè  liturgiques  très-fréqueui$  au  moyeu 
âge.  Celles  d'Adam  de  Saint- Victor,  II ,  569,  570.  —  La  Prose  des  Morts, 
III ,  636  ;  —  tronquée  par  les  missels  français ,  IV,  107.  —  La  Prose  de 
Pâques  est  un  reste  des  drames  liturgiques,  197.  —  Prose  de  VAne  ; 
son  texte ,  sa  traduction  et  son  commentaire ,  218  et  suiv.  —  Combien 
est  regrettable  dans  la  liturgie  gallicane  la  Prose  de  Noël  Volis  Pater 
annuU ,  219. 

Protestantisme.  Ses  injustices  envers  le  catholicisme,  1, 142;— 11,21 , 
25.~Incapable  de  rien  créer  de  durable  pour  la  morale  ou  pour  les  arts, 
3.~I1  aprofanéles  Livres  saints  en  violant  leur  sens,  30, 34, 35^144,  276. 

—  Est  arrivé  peu  à  peu  à  nier  toutes  les  vérités  fondamentales,  57,  107. 

—  Ses  commencements,  199,  200. —  A  ouvert  la  voie  au  rationalisme  de 
notre  temps,  648,  649.  —  Arrivé  jusqu'à  l'athéisme,  III,  384.—  A  voulu 
d'abord  ramener  à  la  primitive  Église,  qu'il  abandonne  aujourd'hui, 
191,  383.  —  Ses  cruautés  envers  les  populations  et  l'art  chrétien,  IV, 
21,  352.—  Ses  affinités  avec  la  Révolution,  26.—  Ses  premiers  hérauts 
donnent  dans  le  libertinage ,  386.  —  Il  profane  dans  ses  impiétés  la 
peinture  sur  verre,  transportée  de  France  en  Suisse,  398.— (Voir  Héré- 
sies, Luther,  Renaissance.) 

Protogène,  peintre  grec,  symbolise  son  œuvre  dans  les  Propylées 
d'Athènes,  I,  290. 

Proverbes,  l'un  des  Livres  sapientiauz,  emploie  souvent  les  allé- 
gories symboliques,  I,  187;  —  II,  40. 

Prudence  ,  une  des  vertus  cardinales  ;  symbolisée  par  le  laurier,  1, 
209 ,  —  par  un  serpent ,  209.  —  Terrassant  les  vices  avec  la  force ,  III, 
427. 

Prudence  ,  poète  chrétien  du  iv«  siècle.  Description  de  tontes  les 
parties  d'une  église  de.  son  temps,  III,  8  ;  —  des  fleurs  en  mosaïques 
dont  on  les  pare,  154. 

Psaumes.  Remarques  de  S.  Hilaire  de  Poitiers  sur  leur  nombre 
mystérieux  ,  I,  121.  —  Quelques  interprétations  de  ce  Père,  II,  491.  — 
Différence  entre  le  psallérion  et  la  harpe  dont  s'accompagnait  le  chant 
des  psaumes,  497.  —  Symbolisme  de  leur  mélopée,  IV,  243. 

Psyché,  symbole  de  l'esprit  dans  l'homme  ,  1 ,  262  ;  —  charmante 
allégorie  du  péché  originel ,  et  de  l'âme  tantôt  victorieuse  des  sens  , 
tantôt  vaincue  par  eux,  286. 

Puits  de  l'abIme  (voir  Enfer). 

Pupitre  (voir  Lutrin). 

Pureté,  symbolisée  par  l'eau  ou  le  feu,  1, 95,— par  la  rose  Manche,  329. 

Purgatoire  ,  décrit  par  Dante ,  H ,  673;  —  III ,  387.  —  Son  icono- 
logie  au  moyen  âge  ,  387  et  sniv.  ;  —  IV,  34.—  Purgatoire  de  S.  Patrice, 
ibid.  —  Gueule  de  la  baleine  remplie  de  flammes  ,  499. 

Purification  de  la  Sainte  Vierge.  On  s'y  est  servi  d'ornements  bleus, 
I,  317. 


/ 


630  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

Pyramides  d'Egypte,  autrefois  couvertea  d'insciiptioiu,  I^  21.— 
Oo  y  trouvait  des  dates,  98.  —  Symbole  dlmmobilité,  369. 

PvBÉE ,  autel  du  feu  chez  les  Perses  ,  III ,  529. 

PïTHAGORE ,  philosophe  grec  du  vi«  siècle  avant  Jésus-Christ  Ses 
disciples  emploient  les  symboles  dans  notre  sens,  I,  5.  —  Il  tenait  sa 
doctrine  des  prêtres  égyptiens^  75^  144.  —  Son  système  sur  la  fonction 
des  nombres  en  philosophie,  108  ,  110,  112, 118;  —  accepté  par  S.  Au- 
gustin y  125.  —  Ses  principes  de  géométrie  symbolique ,  150 ,  —  sur 
l'adoration  de  Dieu  en  esprit,  278. 

Q 

Queues  entrelacées  d'animaux  symboliques  ,  III ,  344. 


R 


Rabân-Maur,  savant  symboliste  du  ix«  siècle,  II,  482.  —Ses  écrits, 
535  et  suiv.  —  Continués  par  Walaft-id  Strabon ,  537. 

Rabbins.  Leurs  rêveries  sur  des  pierres  du  rational  d'Âaron  ,  II ,  96. 

Rabelais  ,  l'un  des  bouffons  de  la  prétendue  réforme.  Caractère  peu 
honorable  de  sa  vie  et  de  ses  écrits  ,  IV,  386. 

Racine  (Jean).  Sa  belle  traduction  de  Tobie  sur  les  destinées  futures 
de  l'Église,  II,  415. 

Raisin,  symbole  de  Jésus-Christ,  II,  124,  —  de  l'âme  pressurée  par  la 
pénitence,  III ,  214.  —  L'humanité  tombant  sous  les  coups  de  la  mort, 
II ,  260 ,  261.' —  Les  raisins  de  convention ,  pris  souvent  pour  des  fruits 
de  l'arum,  ni,  532.  —  Leur  forme  convenue  de  pomme  de  pin  n'em- 
pêche pas  de  les  reconnaître ,  538. 

Raison.  Par  quels  symboles  l'Église  en  rappelle  à  l'homme  le  respect 
et  l'usage ,  III ,  513.  —  Est  très-sympathique  à  la  foi ,  qui  ne  veut  pas 
se  séparer  d'elle  ,514. 

Rameaux.  Procession  du  dimanche  des  Rameaux,  symbole  de  T Ascen- 
sion de  Notre- Seigneur ,  III ,  562  ;  —  IV  ,  34.  —  Autres  particularités 
symboliques,  209. 

Rangé  (De)  ,  abbé  et  réformateur  de  la  Trappe  au  xvi«  siècle ,  veut 

la  simplicité  dans  les  églises  monastiques  ,  II ,  598 ,  604. 

Raoul-Rochette  ,  académicien ,  dénigrant  par  svstème  l'art  ogival , 
m  ,  37, 174. 

Raphaël  (L'Ange).  Raison  symbolique  de  son  nom  ,  et  de  ceux  qu'il 
prend  dans  ses  rapports  avec  Tobie,  I,  44. 

Raphaël  Sanzio.  Son  plus  grand  mérite  est  le  vrai  moral  dans  les  pein- 
tures de  genre,  I,  282;  — IV,  372.— A  beaucoup  plus  aimé  sa  gloire  que 


TABLE  aÉNÉRALE.     .  634 

le  côté  religieux  de  Tart^  371^  372, 378.  —  Caractère  de  seB  Loges  ,  II , 
608;— IV,  368,369.— Fausses  données  Ae  èon  Baptême  de  Jésus-Christt 
m,  297.  —  Ses  défauts  au  point  de  vue  de  l'esthétique^  IV,  372,  374,  — 
qu'il  n'abandonne  cependant  pas  entièrement ,  375 ,  387.  —  N'a  été 
architecte^  comme  tant  d^autres  de  son  temps,  que  pour  subordonner 
ce  titre  à  celui  de  peintre,  359.— Adopte  d'abord  la  manière  de  Michel- 
Ange,  368,— dans  sa  Création^  369.  — Défauts  de  ses  madones,  372,  377 
et  suiy.,  —  inférieures  à  celles  de  Fiésole,  872  ;  —  causes  morales  de 
cette  infériorité ,  373.  —  Que  faut-il  croire  des  mœurs  et  de  la  mort  de 
Raphaël  ?  373 ,  274  ,  388.  —  Il  fut  trop  peu  scrupuleux  sur  la  vérité 
historique,  374.  —  Il  fait  jouer  à  tort  S.  Jean -Baptiste  enfant  avec 
TËnfant  Jésus,  374.  —  Fait  un  athlète  de  5.  Jean- Baptiste ,  SU  et  suiv. 
—  Sa  Vierge  au  poisson,  mieux  comprise,  375. —  Son  5.  Michel  et  les 
souvenirs  de  Dante,  376.  —  Raphaél  a  deux  manières ,  dont  l'une  vaut 
mieux  que  l'autre,  377.  —  La  Vision  cPÈzéchiel,  belle  de  symbolisme 
et  de  travail,  377.  —  Il  adopte  trop  le  nu ,  372 ,  387.  —  Comment  con- 
cilier ce  travers  avec  sa  dévotion  prétendue  à  Marie  ?  388.  —  Sa  Trans- 
figuration elle-même  s'en  est  ressentie ,  388  ;  —  et  cependant  rien  de 
plus  chaste  que  son  Parnasse  et  son  Mariage  de  la  Vierge  ,  390  et 
suiv. 

Râstibr  ,  évoque  de  Vérone  au  x*  siècle.  Ses  Sermons  utiles  aux 
symbolistes,  11^  539. 

Râtional  d'Aaron.  Symbolisme  de  cet  ornement ,  II  ,  94  ,  95.  —  Ses 
douze  pierres  précieuses,  378. 

Rationalisme  moderne,  s'attaque  surtout  à  dénaturer  TÉcriture 
sainte ,  II ,  56,  —  et  à  dénigrer  les  vérités  religieuses  et  l'histoire  de 
rÉglise,  III,  196. 

Ratnal.  Erreur  fondamentale  de  sa  philosophie  historique,  I,  220. 

Rebecca.  Symbolisme  tout  divin  de  sa  conduite.  II,  87,  409. 

RÉDEMpTioN-DEs- Captifs  (voir  Ordres  religieux). 

RÈGLE  d'or  (voir  Mesures). 

RÉGNIER  (M.).  Son  livre  de  UOrgue  ;  sa  connaissance,  son  adminis- 
tration et  son  jeu  ;  éloge  de  cet  ouvrage ,  IV,  263. 

Reigner  ,  moine  orfèvre  du  xi»  siècle.  Son  bel  encensoir  dit  de 
Lille,  IV,  314  et  suiv.;  —  inscription  en  vers  dont  il  le  charge,  317. 

Reims.  Beautés  de  la  flore  murale  de  sa  basilique,  III,  569. 
Reins,  symbole  des  passions  charnelles,  III,  277. 
Relindis  ,  abbesse  de  Sainte-Odile  de  Hohenburg  au  xii«  siècle.  Ses 
travaux  ;  illustration  de  son  monastère,  II,  575. 

Reliquaires  (ou  châsses).  Comment  disposés  sur  les  autels  ;  orne- 
mentation à  leur  donner  ;  vase  convenable  aux  reliques  de  la  table 
d*autel,  III,  230f  —  Pourquoi  ornés  de  symboles  démoniaques,  380.  — 
Symbolisme  de  leur  parure  de  pierres  précieuses,  iV,  15,  41.  305.  — 
Statue  de  S*'  Foi  au  trésor  de  Conques,  304  et  suiv.  —  Châsse  en  forme 


632  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

d'égUee  au  musée  de  Bruxelles,  309  et  suiv.  —  Que  les  reliquaires  àoï- 
vent  toujours  avoir  des  formes  et  des  acxîessoires  marqués  au  coiu  du 
svmbolisme,  339. 

Reliques.  Pourquoi  nécessairement  dans  les  autels.  Il ,  179,  180  ;  — 
III,  262  ;  —  IV,  157.  —  Quel  vase  on  devrait  leur  y  donner,  III,  230, 231. 
— .  Translations  nombreuses  du  temps  des  Normands,  24.  —  Pourquoi 
des  lampes  sont  allumées  devant  les  reliques  des  Saints,  IV,  160. 

Reliube  (voir  Livres). 

Remy  (S.),  archevêque  de  Reims.  Calice  curieux  donné  par  lui  à 
révéque  de  Laou,  III,  49.  -^  Donne  à  son  Église  un  vase  préeieux, 
cadeau  de  Clovis^  IV,  289. 

Remt  d'Auxerre,  symboliste  du  x*  siècle.  Sa  méthode  d'interprétatioo 
scripturaire,  II,  539. 

Renaissance  du  xvi«  siècle  (La)  n*a  été  que  la  décadence  de  Tart  mo- 
numental, I,  13  ;  —  II ,  lo ,  680 ,  —  et  de  Tart  chrétien  tout  entier,  I, 
222,  331;  —  II,  26  et  suiv.  ;  —  III,  92,  244,  432,  434;  —  IV,  19, 87  et  suiv., 
194, 363.  — Rêveries  de  la  cabale  adoptées  par  les  plus  illustres  savants, 
1, 176  ;  —  III,  347  et  suiv.;  —  et  la  magie,  393,  394.  —  Ses  prétentions 
aux  formes  classiques ,  II ,  441  ;  —  IIÏ  ,  433;  —  IV,  124,  142,  203,  380, 
381,  382,  384,  386.  —  Néglige  le  symbolisme,  et  atténue  ainsi  la  portée 
morale  de  l'art  religieux,  II,  451  ;  —  III,  197,  301, 345  ;  —  IV,  19. 21. 26, 
348  ;  —  y  introduit  les  scènes  païennes,  II,  655  ;  ■—  III,  350;  —  IV,  124. 
—  Protège  la  débauche  et  Timpiété,  402,  421.  -—  La  décadence  du  sym- 
bolisme chrétien  au  xv«  siècle,  179,  440  ;  —  IV,  20,  27,  87, 148, 205,344 
et  suiv.,  —  et  dès  le  xiv*  siècle ,  II,  655  ;  —  III ,  311  ;  —  IV,  20  et  suiv., 
27,  79,  368.  —  La  véritable  renaissonce  de  Fart  chrétien  est  au  xi«  siècle, 
III,  22,  240.  —  Paganisme  dans  les  monuments  funéraires  du  xvi*  au 
xix*  siècle,  301, 350  ;  —  dans  les  peintures  des  grands  maîtres,  IV,  363, 
378  et  suiv.  —  Beauté  esthétique  de  ces  mêmes  monuments  au  moyen 
âge,  III ,  301  et  suiv.;  —  IV,  370.  —  Confusion  à  éviter  entre  les  sujets 
frivoles  en  apparence  et  ceux  qui  le  sont  réellement,  III,  351.  ~  Le 
xvi*  siècle  a  continué  d'admettre  beaucoup  de  préjugés  scientifiques 
admis  avant  lui,  473.  —  Comment  décorer  de  peinture  les  églises  de 
cette  époque,  IV,  62  et  suiv.  —  Abus  de  la  musique  profane,  qui  s'eff<^- 
mine  comme  le  reste,  264  et  suiv.  -—  Efforts  inutiles  de  Palestrina  pour 
ramener  la  musique  aux  règles  du  sentiment  chrétien  et  du  goût 
artistique ,  26).  —  Côtés  vicieux  de  cette  époque ,  et  ses  influences 
funestes  sur  la  foi,  les  mœurs  et  les  arts,  344  et  suiv.,  348,  363, 380.  — 
Gomment  elle  traite  les  Saints  sans  convenance  ni  dignité,  363.  —  Elle 
corrompt  Tart  chrétien,  au  jugement  d'un  protestant  anglais,  .368.  — 
Elle  abandonne  le  nimbe  des  Saints,  371.  —  Elle  est  plus  funeste  à  la 
France  qu'à  l'Italie,  et  pourquoi,  380,  381.  —  Infeste  la  littérature  de 
paganisme,  381 ,  382.  —  Elle  a  pour  double  caractère  le  culte  du  nu  et 
la  haine  de  l'art  chrétien,  383, 391. 

Renan.  Ses  efforts  contre  l'existence  du  Sauveur  réfutés  par  leur 
absurdité  même,  I,  91  ;  —  II,  56  ;  —  contre  la  sainteté  du  Cantique  de 


TABLE  GÉNÉRALE.  633 

Salomon ,  115.  ^  Son  manvais  livre  contre  Jédus-Chrisi  convertît 
M.  Delécluse,  qui  menrt  chrétien^  III,  196. 

Renard  qiii  prêche  des  poules,  II,  23;  —  III,  351,  364  ;  —  IV,  231.  — 
Emblème  de  la  ruse  cruelle,  II,  498  ;  —  III,  364,  467  ;  —  lY,  457  ;  —  de 
la  persécution  contre  TÉglise,  III,  355  ;  —  du  démon  ;  allégorie  de  ses 
ruses  appliquées  à  Satan  par  les  physiologues,  490  et  suiv.  ;  —  IV,  457. 
—  Fausse  -étymologie  donnée  k  son  nom,  491.  —  Sculpté  avec  )e  cor- 
beau dans  les  églises  des  xiv^  et  xv«  siècles,  232. 

René,  roi  de  Sicile  et  comte  d'Anjou.  Mannscrit  à  vignettes  de  lu 
bibliothèque  de  Poitiers  qu'on  lui  attribue,  IV,  30.  —  Fêtes  qu'il  institue 
à  Aix  pour  la  procession  du  Saint-Sacrement,  203  et  suiv.  —  Abus  qui 
s*y  introduisent,  206.  —  Son  zèle  à  lutt«r  contre  la  décadence  de  la 
chevalerie,  204.  —  Ses  (Euvres  publiées  par  M.  Quatrebarbes,  207.  — 
Il  abolit  la  Fêle  des  Fous  pour  ses  abus,  228. 

RÉPONS,  chant  qui  suit  les  leçons  dans  l'ofâce  liturgique.  Gomment 
S.  Grégoire  eu  prit  bien  l'esprit,  IV,  246. 

Reptiles,  symbole  toujours  pris  en  mauvaise  part,  II,  512.  —  (Voir 
Serpent.) 

Restauration,  époque  signalée  en  France  par  le  gouvernement  des 
Bourbons,  de  1814  à  1830.  Elle  favorise  la  régénération  artistique,  W, 
401  et  suiv. 

Restauration  des  monuments  et  des  peintures ,  assez  mal  comprise 
trop  souvent,  IV,  22, 56.— Comment  il  faut  y  procéder,  et  quelle  est  sa 
condition  essentielle,  114. 

Résurrection,  symbolisée  par  le  nombre  8, 1,  153, 154.— Sa  descrip- 
tion poétique  dans  l'Apocalypse,  II,  342,  343,  344.  — Le  Christ  venant  de 
VOrient  pour  la  résurrection  des  morts,  III,  71.  —  Comment  s'expliquer 
le  tombeau  resté  vide  du  Christ  ressuscité  ?  par  l'abrogation  des  figures 
de  l'ancienne  Loi,  IV,  434.— Résurrection  de  Lazare,  et  ses  détails  sym- 
boliques, II,  534.  —  La  résurrection  du  Sauveur,  symbolisée  par  le 
cierge  pascal,  III,  135.  —  La  résurrection,  symbolisée  par  un  limaçon, 
IV,  37 ,  —  par  une  croix  à  étendard,  106. 

Retables,  ornements  plastiques  appliqués  au-dessus  des  gradins  de 
l'autel  quand  celui-ci  est  adossé  au  mur,  III,  276.  —  Son  origine ,  ses 
conditions,  276  et  suiv.,  278. 

Retz  (Gilles  de  Laval,  seigneur  de),  dit  Uavbc- Bleue ,  organise  une 
procession  symbolique  pour  l'accompagner  à  son  supplice,  IV,  204. 

Reuchlin.  Ses  livres  sur  les  sciences  occultes,  condamnés  à  Rome, 
III,  349. 

Revenants.  Origine  de  leurs  légendes,  II,  300. 

RÉVOLUTION,  renversement  de  toutes  les  idées  morales ,  fllle  du  pro- 
testantisme, IV,  26.  —  Elle  parodie  les  fêtes  de  l'Église  et  reproduit 
le  symbolisme  païen  en  1790  et  en  1848,  188.  —  Elle  pille  les  églises 
et  y  détruit  les  objets  d'art,  319.  —  Son  influence  déplorable  sur  l'art 
chrétien,  qui  tombe  avec  le  principe  d'autorité,  401.  —  fille  invente  le 


634  HISTOIRE  OU  SYMBOLISME. 

constitutionnalisme  pour  arriver  plus  sùremeDt  à.ranarehie,  40t.  — 
Elle  perdécute  l'Église  et  s'oppose  à  sou  action  sur  Tart  et  sur  les  per- 
sonnes, 408.  —  Le  spiritualisme  professé  dans  ce  livre  est  un  obstacle 
à  lui  opposer,  414. 

RHiNOcéaos.  Symbolisme  de  son  nom,  1, 34. 

RiCHABD  Cœur-de-Lion.  Symbolisme  des  quatre  anneaux  qu*il  reçoit 
du  Pape  Innocent  III ,  et  signification  de  chacun  de  leurs  détails.  II, 
616. 

Rio  (Del).  Ses  écrits  sur  Tarithmomancie,  I,  98. 

Robe,  insigne  des  grandes  dignités,  II,  150, 157, 163,  404.  —  Les  per- 
sonnes de  distinction  en  portaient  toujours  deux,  181.  —  La  robe 
blanche  des  Anges,  263  ,  —  des  Âmes  innocentes ,  160,  275,  311,  316, 

—  des  baptisés,  396.  —  Robe  nuptiale,  423.  —  Symbole  de  la  charité, 
518.  —  Robe  d'or  à  la  Sainte  Vierge ,  420  ;  —  verte  à  S.  Jean  et  à  la 
Synagogue,  451.  —  Robe  de  Jésus-Christ  lavée  dans  le  sang,  478. 

Robert,  roi  de  France,  contribue  généreusement  à  la  renaissance  de 
l'architecture  chrétienne  et  des  autres  arts  au  xi*  siècle,  III,  24  el  sniv.  ; 

—  IV,  307.  —  Ce  bien  se  continue  par  ses  successeurs,  26. 

Robert  le  Frison,  comte  de  Flandre.  Ses  armoiries,  II,  540. 
Robert  (Cyprien).  Idée  de  sa  Philosophie  de  Vart,  1, 147. 

RoBBRTSON.  Citation  de  son  Histoire  de  V Amérique,  sur  la  danse, 
1,71. 

Robin  (L*abbé),  auteur  des  Recherches  sur  les  initiations  ;  cité  sur  la 
danse,  I,  71. 

Rogations.  Dragon  porté  à  la  procession  de  ces  prières  solennelles  ; 
symbolisme  de  cet  usage,  III,  391  ;  —  IV,  204. 

Rois  (Les  quatre  livres  des)  dans  la  Bible.  Auteurs  et  but  de  cet 
ouvrage  historique  ;  leur  symbolisme ,  H  ,  38.  —  Les  rois  soumis  au 
Christianisme,  comme  leurs  peuples,  387  ;  —  symbolisés  par  le  béUer, 
III,  462. 

RoisiN  (De),  habile  archéologue,  symboliste  de  mérite ,  III,  127. 

RoLDUC,  ville  de  Belgique,  près  Bruxelles.  Crypte  de  son  église  très- 
remarquable,  III,  189. 

RoLUN,  auteur  du  Traité  des  études.  Ses  idées  sur  l'architecture  du 
moyen  Âge,  IV,  396. 

Romain  (Jules),  peintre  italien,  élève  de  Raphaél;  chasteté  artistique 
de  sa  Danse  des  Muses,  IV,  390. 

Romains.  Leur  attention  au  langage  des  signes,  I,  193  et  suiv.  —  Le 
tnonde  de  Romulus ,  194.  —  Supplice  symbolique  des  parricides,  193. 
•^  Les  Romains  s'attachent  moins  aux  arts  que  les  Grecs,  260  et  suiv., 
S79.—  Leur  rôle  de  persécuteurs  contre  l'Église,  II,  176,  179,  182,  209, 
243,245.  —  Leur  abjection  morale  de  180  à  818,  202.  —  Prédiction 
de  la  chute  de  rSmpire,210, 211,  —  de  la  fin  malheureuse  des  persécn- 
teiu*».  216.—  Période  des  trente  tyrans,  221. 


TABLE  GÉNÉRALE.  '     *        635 

Rouans  allégoriqaes  du  moyen  flge  :  Chansons  de  gestes,  la  Table- 
Ronde  y  le  Roman  du  Renard,  le  SaM-Graal,  le  Roman  de  la  Rose, 
II,  675. 

Rome  aDcienne.  Divers  symboles  de  sa  puissaoce,  1, 264.—  Persomiifiée 
dans  la  Bète  de  l'Apocalypse,  II,  218, 244^  284.  —  Sa  chute,  punition  de 
ses  indignités,  258,  261  et  suiv.,  265  et  suiv.,  278,  288,  297.  ^  Invasion 
des  Barbares,  261  et  suiv.,  279, 280.—  Rome,  le  trône  de  la  Bête,  inondé 
de  la  colère  divine,  268.  —  Pratique  la  magie,  274.  —  Saint-Pierre  de 
Rome,  moins  beau  que  nos  belles  cathédrales  gothiques',  16.—  Pré- 
diction de  la  gloire  de  Rome  chrétienne,  222.—  Symbolisme  de  sél  sept 
collines,  285,  289.  —  Comment  la  Rome  païenne  a  les  caractères  de  la 
Babylone  antique  et  en  mérite  le  nom,  285  et  suiv.,  295,  297;  —  III, 
425.  —  Sa  persécution  contre,  les  martyrs  ;  sensualisme  de  sa  vie ,  II, 
286  et  suiv.  —  Causes  morales  de  sa  chute,  299.  —  Détails  de  cette  ruine 
"^par  les  Wisigoths,  303  et  suiv.  —  Son  exaltation  nouvelle  par  le  Chris- 
tianisme, 308.  —  Comment  les  Papes  y  ont  reproduit  les  détails  apo- 
calyptiques de'  la  Cité  céleste,  269  et  suiv.j  —  IV,  382.  —  Pourquoi 
beaucoup  d'églises  n'y  ont  pas  l'orientation  normale,  111,  74.—  Comment 
on  y  supplée ,  76.  —  Caractère  esthétique  de  ses  arts,  245;  —  IV,  348. 

—  Rome  veut  que  les  autres  églises  respectent  leurs  traditions,  118. 

—  Quel  mal  ont  fait  à  Rome  chrétienne  la  Renaissance  et  ses  excès, 
348.  —  Jugement  sur  le  mérite  de  Saint-Pierre  de  Rome  comme 
architecture  chrétienne,  349  et  suiv.^  360.  —  La  chapelle  Sixtine,  peu 
religieuse  par  sa  construction,  361. 

RoMULUS.  Son  monde  symbolique  à  Rome ,  I,  19i,  26i. 

Ronce,  symbole  de  la  pénitence,  III,  567. 

Rond.  La  forme  ronde  donnée  aux  églises  ,  symbole  de  l'expansion 
de  l'Église  dans  l'univers,  III,  107. 

Rosaces  ou  Roses.  Fenêtres  affectant  cette  forme  dans  les  croisillons 
des  églises  depuis  le  xiii<'  siècle ,  ou  dans  leur  abside ,  ou  dans  leur 
façade  occidentale,  UI,  220.  —  Continuer  leur  emploi  dans  les  nouveaux 
monuments,  IV,  65.  —  Quels  sujets  seraient  convenables  au  levant  et 
aa  couchant  des  églises,  8. 

Rose  à  cinq  feuilles,  couronne  d'Hécate ,  I,  149,  328.  —  Rose,  consa- 
crée à  Vénus  et  h  Minerve,  327,  359.  —  Rose,  symbole  de  la  virginité 
et  de  la  pudeur,  201,  —  de  l'amour  pur,  II,  588,  —  du  martyre ,  641  ; 
^  du  premier  degré  de  l'initiation ,  I,  325,  327.  —  Symbolisme  de  tous 
sesdétails,  II,  609.  —Comment  la  rose  blanche  devint  rouge,  I,  327.  — 
Symbole  de  la  rose  blanche,  329;  — 111,  566;  —  IV,  104.  —  Ses  opposi- 
tions symboliques,  I,  329,  359,  610.  —  La  rose  d'or  du  quatrième  di- 
manche de  Carême,  329  ;  —  IV,  179.  —  La  rose ,  emblème  de  Marie,  II, 
647 ,  —  III ,  36 ,  —  IV,  104,  —  de  la  pénitence  joyeuse,  avec  ses  épines,  III, 
214,  517.  —  Le  Roman  de  la  Rose,  II,  675  ;  —  III,  311  et  suiv.—  La  rose 
rouge,  emblème  du  martyre,  566.—  Le  bouton  de  la  rose  blanche,  sym- 
bole de  l'Incarnation,  IV,  104. 

Rose  (La  couleur),  couleur  mixte.  Son  symbolisme,  I,  325.  —  Sa  règle 


636  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

d'opposition,  327;  — II,  324.—  Peu  employée  au  moyen  âge,  I,  331. 
—  Donnée  à  un  satellite  de  Satan,  II,  324.  —  Aux  vétementa  saoenlo- 
taux,  par  exception,  IV,  179. 

Roseau,  symbole  da  Juste  vivant  des  eaux  de  la  grAce  ,  III ,  S26,  — 
de  la  grandeur  humiliée,  567. 

RosÊB,  symbole  de  l'éducation,  I,  95.  —  Son  étymologie,  326.— 
Parole  de  Dieu,  II,  217. 

Rosière  de  Salency.  Symboles  qui  accompagnent  sa  fête,  I»  211. 

Rossi  (Le  chevalier  de).  Ses  travaux  sur  les  peintures  des  catacombes, 
IV,  133. 

RoswrTA  (voir  Hroswita). 

Roue  de  fortune,  symbole  ingénieux  des  inconstanres  de  la  vie 
humaine,  incrusté  dans  le  pavé  de  la  cathédrale  de  Sienne,  m,  155. 

Rouen.  Comment  on  célébrait  dans  son  église  métropolitaine  l^PéU 
de  VAne,  IV,  210.  —  Notes  relatives  au  jubé,  aux  archives  et  à  la  1h- 
bliothèque  de  cette  église,  214,  215.  —  Autres  fêtes  liturgiques  de  la 
même  époque ,  215. 

Rouge,  ou  pourpre  ;  couleur  symbolique  de  la  royauté,  de  la  gran- 
deur généreuse  et  des  idées  analogues,  I,  292,  307  ;  —  IV,  9.  —  Poar- 
quoi  celle  des  cardinaux,  177.  —  Donnée  à  Bacchus,  1,292,—  à  Jopi- 
ter,  308,—  aux  Euménides,  312.  —  Couleur  des  martyrs,  IV,  13, 177,— 
de  la  charité,  et  de  l'Esprit-Samt,  177.  — Image  du  feu  :  on  loi  en 
communique  tous  les  attributs,  I,  308;  —  II,  176,  404.  —  Cette  couleur 
donnée  &  tous  les  dieux  de  l'antiquité  païenne,  I,  308 ,  —  an  Souve- 
rain Pontife  d'Héliopolis ,  309,  —  aux  cardinaux  et  aux  enfants  de 
chœur,  310, 335 ,  —  IV,  177,  —  aux  Élus  dans  le  ciel,  II,  338,  —  à  des 
Anges,  404.—  Symbole  de  la  guerre,  176,  —  de  la  lumière,  450,—  IV, 
13,—  de  la  charité,  II,  616  ,  —  IV,  9.  —  Règle  d'opposition  relative  an 
rouge,  I,  311  et  suiv.,  249;  —  ÏV,  13.-  Le  rouge  employé  dans  les  fa- 
nérailles  comme  couleur  de  deuil,  1,  312,  316.  —  Donné  an  démon.  II, 
249 ,  —  IV,  13,  —  et  par  cela  même  à  la  Bête  montée  par  la  prostituée 
de  Babylone  ,  II,  284.  —  Robe  rouge  de  S.  Jean  l'Évangéliste ,  450.  — 
Pourquoi  les  baies  ajourées  des  édiGces  sont  fond  rouge  aux  Titranx 
des  XIII®  et  xiv®  siècles,  I,  308;—  IV,  13.—  Le  rouge  appelé  giintU 
dans  le  blason,  II,  542,  548. 

Rousseau  (J.-J.).  Ses  erreurs  sur  l'origine  du  langage,  I,  28,  —  sur 
le  sens  de  l'Ecriture,  II,  56  ,  —  sur  la  distinction  de  la  musique  natu- 
relle et  imitative,  67.  —  Ses  idées  justes  sur  l'emploi  et  rimporlanee 
des  signes  dans  le  langage  humain,  1, 184  et  suiv.,  193. 

Roux  (voir  Bistre). 

Ruben,  l'un  des  fils  de  Jacob,  symbolisé  par  le  Verseau  du  Zodiaqve. 
Il,  109,  237,  —  par  la  sarde,  380. 

RuBENS.  Caractère  de  sa  peinture  historique  ,  et  abus  de  la  mytiMv- 
logie  adaptée  aux  personnages  les  plus  récents  de  notre  histoire  natio- 
nale, IV, 379. 


TABLE  GÉNÉRALE.  637 

RDBI8,  pierre  précieuse,  calmait  la  colère,  II,  366. 

RUDBEK  (OlaÛs).  Son  système  snr  l'origine  des  fables  mjihologiqnes, 

I,  82. 

RUPBBT  (Le  B.)>  abbé  de  Deutz,  en  Belgique,  au  xii«  siècle.  Ce  qu'il 
dit  du  symbolisme  du  nombre  8, 1,  146.—  Mérite  de  ses  autres  écrits, 

II,  566. 

Busses,  peut-être  destinés  au  rôle  de  Gog  et  de  Magog  contre  l'Eu- 
rope occidentale,  II,  333. 

RuTH.  Signi6cation  symbolique  de  ce  nom  ;  charmante  églogue  de 
l'ancien  Testament,  II,  38. 


Sabbat,  est  le  principe  du  respect  des  juifs  pour  le  nombre  7, 1, 130, 
152.  —  Sabbat  des  cabalistes;  une  de  ces  scènes  dans  une  gravure  du 
XVI»  siècle,  III ,  395.  —  ÉtjTnologie  de  ce  nom  ,  397.  —  Le  sabbat  bien 
antérieur  au  Christianisme  ,  397.  —  Impudicités  de  ces  réunions  , 
400.  —  Scènes  drolatiques  du  sabbat  sur  los  marges  d'un  bréviaire, 
IV,  28. 

Sable,  ou  noir,  une  des  couleurs  du  blason,  II,  349. 

Sablier,  insigne  païen  de  la  mort,  I,  200. 

Sacerdoce  chrétien,  a  les  pouvoirs  de  Jésus-Cbrist,  II,  232. 

Sacrements,  symbolisés  par  certaines  cérémonies  de  l'ancienne  Loi, 
II,  91;—  III,  561.—  Leurs  signes  sensibles  et  leur  matière  sont  autant 
de  symboles,  559;—  IV,  151.—  N'ont  jamais  manqué  à  l'Église,  II,  233. 
—  Leur  source  est  dans  le  sang  de  Jésus-Christ,  434,  435;  —  III,  290, 
559;  —  IV,  151.  — Symbolisés  par  les  sept  étoiles  de  l'Apocalypse,  III, 
477. —  Symbolisme  de  chaque  sacrement  en  particulier,  IV,  151  etsuiv. 

Sacrifices.  Ceux  de  l'ancienne  Loi  figuratifs  de  celui  de  Jésus-Christ, 
II,  172, 173,  562.  —  Mystère  de  l'imposition  des  mains  sur  la  victime , 
534. —  La  punition  des  impies  est  comme  un  sacrifice  éternel,  agréable 
à  Dieu  et  aux  Élus,  259. 

Sacristie.  Son  premier  modèle  dans  les  catacombes.  III,  5.—  Varia- 
tions que  les  siècles  lui  font  sabir,  308. 

Sagesse,  symbolisée  par  l'or,  I,  304  ;  —  II,  160,  371,  372. 

Sagittaire,  signe  du  Zodiaque.  Sa  représentation  symbolique,  I,  58. 
r—  Son  origine,  III,  460. —  Autrement  nommé  le  Centaure;  comparé  à 
Gad,  dans  la  prophétie  de  Jacob ,  II ,  110.  —  Figure  du  démon,  III , 
126  ,  363 ,  —  IV,  462 ,  —  et  du  Christ  victorieux  de  ses  ennemis ,  III, 
464.  — Le  chasseur  Procus  est-il  le  Sagittaire  du  Zodiaque?  460. 

SAiNT-BENOlT-sua-LoiRB ,  abbaye  de  bénédictins,  nommée  encore 
Flenry-snr-Loire  au  vi*  siècle.  Son  beau  narthex,  III,  132.—  Ses  beaux 
chapiteaux  historiés,  333  et  suiv.,  423.—  Histoire  de  ce  monument,  mal 
pensée,  424;  —  IV,  449.  —  On  le  décore  de  mosaïques  au  ix'  siècle, 


038  HISTOIRE  DL'   SYMBOLISME. 

46.  —  Bâtie  sur  un  plan  triangulaire  en  llionneur  de  la  Trinilé,11 

Sâint-Denys  ,  ville  et  abbaye  de  bénédictins ,  près  Pari».  Soins  (jae 
prend  de  Téglise  abbatiale  l'abbé  Suger  au  XIP  siècle,  et  symbolisme  de 
ses  travaux  d'art,  II ,  571  et  suiv,  ;  —  IV,  18.  —  Bel  et  riche  ameohle- 
ment  de  la  basilique,  318. 

Saint-Esprit  (voir  Esprit- Saint). 

Saint-Florent-des-Bois,  village  du  bas  Poitou  (Vendée).  Bel  autel  de 
son  église  en  style  du  xiP  siècle^  III,  276. 

Saint-Gilles,  prieuré  du  Languedoc.  Nombres  symboliques  de  £«$ 
dimensions,  III,  31.  —  Sculptures  de  sa  façade,  369. 

Saint-Jure  (Le  P.  de)  ,  jésuite,  auteur  de  la  Connaissance  de  Jésus- 
Christ»  Caractère  symbolistique  de  cet  ouvrage.  II,  94,  19G. 

Saint-Maixent,  ville  du  Poitou  (Deux-Sèvres).  Crj-pte  de  son  êgiîs*' 
abbatiale,  III,  188. 

Saint-Pompain,  village  du  Poitou  (Deux-Sèvres).  Son  église  romane 
à  obsccma  symboliques,  III,  427.  —  Son  Zodiaque,  ibid. 

SainT'Savin-sur-Garteiipe.  Fresques  apocalyptiques  de  son  église 
abbatiale.  II,  242,—  mal  comprises  par  M.  Mérimée,  IV,  53.  —  Dévia- 
tion de  Taxe  longitudinal, III,  171, 172.-— Ses  curieux  autels  du  xi*  siècle, 
270.  —  Hybrides  de  ses  peintures^  465.  —  Son  beau  tétramorphp.  IV, 
111. 

Saints  ,  représentés  comme  prenant  part  à  toutes  les  œuvres  de 
l'action  providentielle  ,  11^  167.  —  Sont  rois  et  prêtres  dans  le  ciel , 
173,  317,  332.  -—Vêtus  de  blanc  (voir  Blanc).  —  Leur  nombre  définitif 
prédestiné  dans  les  desseins  de  Dieu,  181,  —  qui  règne  sur  eux  ,352, 
386.  —  Petit  nombre  des  Élus,  186.  —  Caractères  de  leur  récompense 
étemelle  en  Dieu  .  187^  188,  197  ,  259  ,  262  ,  306»  316,  331,  338,  353.  - 
Représentés  dans  l'Église  par  les  fidèles  ,  197 ,  307 ,  —  qu'ils  assistent 
du  baut  du  ciel ,  353.  —  Brilleront  dans  le  royaume  du  ciel ,  226, 364, 
376.  —  Sujet  étemel  de  leurs  cantiques ,  236  ,  257  et  suiv.  —  Toujours 
glorifiés  d'une  lumière  ou  nimbe  dans  l'iconographie,  297,  387.  —  Ils 
marchent  à  la  suite  du  Sauveur  triomphant,  317.  —  Ils  jugeront  a vtee 
Lui  ceux  qui  les  ont  persécutés,  331.  —  Donnant  la  main  au  Sauveur 
qui  les  attire  vers  Lui  après  le  jugement  dernier ,  338.  —  Couleurs 
symboliques  de  leurs  vêtements  ,  338  ,  404  ;  —  IV  ,  13.  —  La  visi(Hi 
béatifique,  II,  353,  360,  365,  367 ,  385.  —  Les  Ames  peintes  dans  le  sein 
de  Dieu  ,  353  et  suiv.  —  Larmes  des  Saints  essuyées  par  Jéaus-Cbrisl , 
355.  —  Se  désaltèrent  aux  sources  du  Sauveur ,  358  ,  360 ,  393 ,  405.— 
Immutabilité  de  leur  bonheur,  373 ,  388.  —  Existence  simoltanée  det 
corps  et  des  âmes  dans  la  béatitude,  386.  —  Les  Saints  s'y  absorbent 
en  Dieu,  387,  393.  —  Nimbés  et  munis  d'un  livre,  contrairement  aux 
réprouvés ,  405.  —  Variété  de  leurs  Offices  liturglqueS  fondée  sur  la 
différence  de  leurs  mérites ,  477.  —  Les  Justes  ou  Saints  de  Tancienne 
Loi,  figure  du  Sauveur,  484.  —  Ne  peuvent  être  séparés  de  Loi ,  485,  — 
étant  les  membres  du  Corps  dont  il  est  le  Chef  ,  531.  —  Les  quatre 
Saints  couronnés,  654.  —  Caractères  attrayants  des  Samts  de  la  terre  , 


TABLE  GÉNÉRALE.  031) 

676.  —  Charmantes  allusions  symboliques  de  leurs  vies  ,  677.  —  En- 
tourés de  fleurs  symboliques  par  l'art  chrétien  ,  III,  35  et  suiv.  —  Les 
Saints  canonisés  en  plus  grand  nombre  depuis  le  xiP  siècle,  474,  —  et 
beaucoup,  à  notre  époque,  de  ceux  qui  ont  vécu  depuis  le  XYI«: 
comment  pourvoir  à  leur  culte  par  des  églises  et  de  rornementation 
convenable,  IV,  63  et  suiv.— Les  légendes  des  Saints  valent  mieux  en 
peinture  que  leurs  statues,  moins  éloquentes,  56.  —  En  quoi  les  Saints 
ont  servi  le  progrès  des  sciences  et  des  arts,  296. 

SALOifON.  Symbolisme  des  lions  sculptés  autour  de  son  trône,  1, 236, 
—  de  la  consécration  de  son  temple  à  Jérusalem ,  237  ,  —  des  orne- 
ments de  cet  édifice,  360,  361;  —  II,  i64;—  III,  308,  563.— Ses  ressem- 
blances avec  le  ciel  des  Elus,  172.  (Voir  Jérusalem,)  —  Mesuré  par  un 
Ange  en  signe  de  sa  reconstruction  après  la  captivité,  11,  212.— Figure 
de  Jésus-Christ,  1,  238;  —  II,  537,  633;  —  III,  557.^— Ses  Livres  sapien- 
tiaux,  II ,  40 ,  41.  --  Figure  de  l'Église  chrétienne  *  213;  —  III ,  3 ,  4.  — 
Autre  figure  de  l'Église  dans  sa  tour  purifiée,  II,  433.  —  Sa  sagesse  re- 
nommée dans  tout  le  monde,  lil,  308.-— L'^oWtij  Salomonis  d'Hermann 
de  Werden,  555,  556. 

Salut  éternel.  Symboles  qui  en  expriment  les  conditions,  II,  160. 

Salvator  Rosa,  peintre  italien  du  xvii*  siècle.  Beauté  chaste  et  éner- 
gique de  son  Prométhée,  IV,  390. 

Samaritain.  Signification  de  ce  mot  hébreu  ;  comment  Jésus-Christ 
se  l'attribue;  parabole,  I,  44;  —  II,  52, 176,  314,  315;  —  IV.  12,  376.  — 
La  Samaritaine  ;  sens  moral  de  cette  parabole  ,  Il ,  52  ;  —  IV,  376.  — 
Les  eaux  qu'elle  doit  chercher.  II,  359. 

Samson,  déchirant  la  gueule  du  lion,  symbolise  la  protection  divine 
contre  le  démon,  III,  34,  448. 

Sanctuaire,  doit  s'élever  de  trois  marches  au-dessus  du  sol ,  III  , 
208.  —  Effets  de  sa  construction  et  de  ses  détails  ,  208  ,  224  et  suiv.  — 
Doit  être,  par  convenance  et  par  symbolisme,  séparé  de  la  foule  par  un 
certain  mystère  favorable  au  recueillement,  287.  —  Idée  d'un  sanc- 
tuaire traité  d'après  les  exigences  de  l'esthétique  chrétienne,  288  et 
suiv.  — -  Les  sculptures  doivent  y  être  choisies  et  symbolisées  d'après 
le  Mystère  de  l'autel,  335  et  suiv.,  337,  343. 

Sandales.  Ce  qu'elles  signifient  dans  le  costume  épiscopal ,  IV,  167. 

Sang  divin  recueilli  au  pied  de  la  croix  par  TÉglise  ou  par  des  Anges, 
II,  448. 

Sanglier,  un  des  symboles  de  la  Gaule,  I,  265;  —  III,  545.—  Figure 
du  démon,  II,  429  (voir  Chasse);^\llt 361,  378.—  Déracinant  un  arbre, 
446;  —  IV,  456. 

Sannazar,  poète  latin  du  zvP  siècle,  est  trop  païen  dans  son  poème 
De  Partu  Virginis,  IV,  381. 

Sans-culottes  de  1790.  De  quel  symbolisme  ils  étaient  capables,  IV, 
188. 
Santbuil.  Ses  belles  strophes  sur  le  bonheur  des  Saints ,  Il ,  387. 


640  HISTOIRE  DU  SYMBOUSME. 

^  Reproches  injustes  qu'on  a  faits  à  ses  compositions  sacrées  ,  IV, 

278. 

Saphir,  pierre  précieuse  bleue,  image  de  la  gloire  céleste,  I,  321;  — 
II ,  378,  616;  —  IV,  18.  —  Symbolise  la  tribu  de  Nephtali  et  Fap^tre 
S.  André,  II,  378.  —  Préservait  du  venin  des  reptiles,  366. 

Sapho,  tableau  de  M.  Délavai,  suivant  la  théorie  des  couleurs  symbo- 
liques, I,  348. 

Sapob  I",  roi  des  Perses,  II,  207. 

Sara  ou  SaraI.  Sens  différent  de  ces  deux  mots,  I^  40.  —  Image  de 
TEglise^  II)  51,  414,  —  et  quelquefois  de  la  Synagogue,  409. 

Sardb,  pierre  précieuse,  symbolise  la  tribu  de  Ruben  et  l'apôtre 
S.  Barthélémy,  II,  380. 

Sardes,  ancienne  capitale  de  Lydie,  une  des  premières  Églises  d'Asie, 
II,  156. 

Sardoine,  pierre  précieuse  d'un  rose  pftle,  et  parfois  d'un  rouge 
de  feu,  symbolisant  la  justice  et  les  jugements  de  Dieu  ,  1 ,  321,  —  II, 
163, 165  ,  —  le  feu  par  sa  couleur ,  165  ,  —  la  tribu  de  Lévi  et  l'apôtre 
S.  Philippe,  379,  —  le  martyre,  III,  289. 

Satan  (voir  Démonologie). 

Saturne.  Ses  relations  symboliques  avec  le  plomb,  1,60.— Symbolisé 
par  une  faux,  169.  — Autres  variantes,  267. 

Satyre  ,  demi-dieu  mythologique.  Ses  attributs  donnés  an  démon, 
m,  368, 

Sauterelles,  symbole  des  armée^^  envahissantes  dans  Joël,  II  ,  102. 
—  Leur  description  dans  l'Apocalypse  ,  199  et  suiv.  —  Leurs  ravages, 
203;  —  III,  336  ,  462.  —  Leur  iconographie  dans  les  manuscrits  et  à 
Chauvigny-sur- Vienne,  II,  205  ,  —  à  Saint-Savin  et  à  Vézelay ,  205.  — 
Elles  sont  aussi  les  peuples  convertis  combattant  le  démon,  206.  — 
M.  Mérimée  n'a  pas  compris  leur  rôle  à  Saint-Savin,  IV,  54. 

Sautoir.  Sens  symbolique  de  cette  pièce  de  blason,  II,  545. 

Sauvages  armés  de  massues.  Ce  qu'ils  représentent  comme  supporte 
d'armoiries,  II,  546. 

S  A  VONAROLA ,  dominicain  du  xvi*  siècle,  s'est  perdu  en  dépassant  les 
limites  du  bien,  IV,  385. 

Saxe  (Maurice  de)  ,  maréchal  de  France.  Fautes  de  son  tombeau  à 
Saint-Thomas  de  Strasbourg,  III,  98. 

Scandinaves.  Leurs  croyances  et  leurs  symboles  religieux  sout-ils 
admis  en  quelques  rares  sculptures  de  nos  églises  romanes?  1 ,  178.  — 
Dogmes  fondamentaux  de  leur  religion,  179.— Leurs  scaldes  ou  poètes, 
179.  —  Symbolisme  de  leur  langage  et  de  quelques  usages  nationaux , 
181  et  suiv. 

Scarabée.  Symboles  divers  qu*en  ont  tirés  les  Égyptiens,!,  93. —  Son 
histoire  mystérieuse  fondée  sur  des  croyances  populaires,  94. 


TABLE  GÉNÉRALE.  644 

ScEâO,  symbole  du  secret,  1, 185.—  Les  sept  sceaux  de  l'Apocalypse, 

II,  170  et  suiv.  —  Leur  ouverture  par  l'Agueau,  174.—  Premier  sceau  : 
cavalier  blanc,  175  et  suiv.— Deuxième  sceau:  cavalier  roux:  la  guerre, 
176  et  suiv.  —  Troisième  sceau  :  cavalier  noir  :  la  famine,  177.  —  Qua- 
trième sceau  :  cavalier  pftle  :  la  mort ,  178.  —  Cinquième  sceau  :  les 
martyrs ,  179.  —  Sixième  sceau  :  jugement  de  Dieu  sur  les  persécu- 
teurs ,  182.  —  Septième  sceau  :  vengeance  de  Dieu  sur  les  méchants, 
190. 

Sceptre,  attribut  de  la  puissance  suprême,  I,  82, 86,  203 ,  —  donné 
à  Jésus-Christ ,  II,  156.— Ce  qu'est  son  sceptre  de  fer,  231.—  Sceptre 
de  Satan,  surmonté  d'une  tête  de  taureau  et  de  celles  de  deux  serpents, 

III,  368. 

Schisme  d'Occident  au  xiv<^  siècle ,  né  des  ambitions  des  princes.  Son 
influence  sur  la  décadence  de  l'art  chrétien,  IV,  344. 

ScBNAASE  (M.),  archéologue  alsacien.  Son  erreur  sur  un  pélican  sym- 
bolique, II,  429.  —  Ce  qu'il  pense  des  mesures  symboliques  appliquées 
aux  église»  du  moyen  flge,  III,  30  et  suiv.,  165. 

ScBŒFUN  (Daniel),  auteur  du  Vindicix  typographies ^  II,  643. 

Sciences.  Comment  elles  ont  besoin  des  symboles  et  en  ont  usé  dès 
le  commencement,  I,  51  et  suiv.  —  Système  de  S.  Adhelme  sur  le 
nombre  des  sciences ,  134. —  La  science  humaine  utile  au  symbolisme 
jusque  dans  ses  préjugés  et  ses  erreurs,  111,472. 

Scorpion,  symbole  de  l'hérésie,  II,  200,  201,  601;  —  III,  445.  — Signe 
du  Zodiaque  aux  mauvaises  influences  :  pour  cela,  symbole  du  démon, 
460,  463. 

Sculpture.  Combien  prodiguée  sur  les  monuments  grecs  et  latins , 
1, 232;  —  III,  242.— Les  sculptures  chrétiennes  ont  toutes  un  sens  sym- 
bolique à  étudier.  II,  14,  204  et  suiv.,  428,  526,  589;  — III,  126, 127,  141, 
242 ,  258 ,  426  et  suiv.—  Leurs  progrès  du  Y«  au  xiP  siècle ,  II,  21;  — 
an  xi«,  III,  27,  240;  —  IV,421  et  suiv.;  —  au xii«,  III,  24.1,  345  et  suiv.— 
Leur  filiation  ,  IV ,  421  et  suiv.  —  Toutes  parées  de  couleurs  symboli- 
ques au  moyen  Age,  II,  348.—  La  sculpture  très-pauvre  de  dessin  pen- 
dant la  période  mérovingienne,  III,  14;— IV,  427  ;  —et  au  xi^  siècle,  111^ 
240.  —  Premiers  essais  de  la  sculpture  romane  ,  il,  15,  240,525;—  IV» 
431.  —  Ses  symboles,  II,  16, 240;  —  IV,  422  et  suiv.,  430  et  suiv.,  433.  — 
Combien  et  par  quoi  la  sculpture  chrétienne  l'emporte  sur  celle  du  pa- 
ganisme, III,  242.  —  Aux  2ii«  et  xiii«  siècles,  126,  140, 181  et  suiv.,  249, 
525, 526;  —  IV,  438.—  Raison  probable  de  ses  perfectionnements  au  xiii«, 
III,  537.— La  sculpture  plus  parfaite  dans  le  sanctuaire  et  ses  abords,  183, 
335.  —  Principe  de  la  décoration  sculpturale  des  églises ,  III ,  tout  le 
chap.  Yi  et  p.  564  etsuiv.,- IV ,  366.— En  quoi  la  sculpture  proprement  dite 
diffère  de  la  statuaire,  III,  244.—  Elle  s'inspire  toi^ours  des  influences 
nationales,  246.— Beaucoup  de  sculptures  prises  pour  des  caprices  de 
l'artiste  ont  un  sens  symbolique,  258.—  Combien  cette  thèse  du  caprice 
absolu  est  insoutenable,  IV,  435  et  suiv.— Le  style  des  sculptures  à  imiter 
des  époques  auxquelles  s'empruntent  les  sigets,  III,  322.— La  Bcolptore 

T.  IV,  41 


642  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

alimentée  par  la  liturgie  et  la  poésie,  853;  —  IV,  199,  367.— Soin  de 
n'en  admettre  dans  nos  églises  que  de  bien  traitée  et  pourvue  d*un  sens 
esthétique,  565.  —  Traces  multiples  des  drames  liturgiques  dans  les 
sculptures  des  églises  et  de  leur  ameublement ,  199  et  suit.,  231, —  et 
de  l'affaissement  de  la  foi  chrétienne  ,  208,  366.— Le  caprice  chasse  le 
symbolisme  et  efface  le  caractère  chrétien  de  la  sculpture  religieuse, 
393.  —  Beaux  développements  de  celle-ci  au  xii«  siècle,  et  leur  théologie 
élevée,  438. 

Secret.  Loi  du  secret  pour  les  premiers  chrétiens,  une  des  causes  de 
l'adoption  des  symboles,  II,  19, 155;  —  IV,  151.—  Le  mystère  de  la  Tri- 
nité, un  de  ceux  que  les  images  divulguèrent  le  plus  tard,  75,  76. 

SÉDUUUS  ,  poète  chrétien  du  y  siècle.  Extrait  de  son  Carmen 
paschale  sur  Torientation  du  Sauveur  crucifié ,  II,  442  ;  —  sur  rabais- 
sement de  la  Synagogue,  444,  —  et  la  gloire  de  la  Sainte  Vierge,  450. 

Sel  ,  symbole  de  la  sagesse,  III,  210,  267.  —  Pourquoi  exorcisé  pour 
les  usages  du  baptême  et  de  Teau  bénite,  390. 

SÉNEVÉ,  symbole  du  Sauveur  et  de  l'Église,  III,  520. 

Sennachérib.  Signification  symbolique  de  ce  nom,  I,  43. 

SÉPHORA,  nom  symbolique  en  hébreu,  I,  40. 

Septexbbe.  Comment  symbolisé  dans  le  Zodiaque,  III,  459. 

Septentrion  (voir  Nord). 

SÉPULTURES  (voir  Funérailles,  Tombeaux). 

SÉRAPHINS  (voir  Anges). 

SÉRAPis«  Son  temple  dans  le  forum,  l,  227.  —  (Voir  Isis.) 

SÉROUZ  D* Agincourt,  auteur  de  VHistoire  de  Vart  par  les  mùnuments  ; 
importance  de  ce  livre ,  IV,  289. 

Serpent,  un  des  symboles  de  Téternité  par  sa  forme  circulaire,!, 
54;— de  la  trinité  de  Jupiter  ,  81;  —  du  monde,  !61,  169;  —  du  mal 
moral  et  universel,  178  ;  —  II,  371  ;  —  III,  362,  467  ;  —  de  la  résurrection, 
I,  3t>8;  —  III,  4.—  Signe  de  maladie,  1, 188;  — de  mort  subite,  195;  — 
de  rastuce  et  de  la  trahison,  195,  202;—  II,  272,  498,  512;  —in,  127, 
363;—  de  la  prudence,  1,  209;—  de  l'hérésie,  III,  377.—  Le  dragon 
roux  de  l'Apocalypse,  I,  306, —  persécute  TEgUse  et  Jésus-Christ,  H, 
232.—  Le  serpent  d'airain,  symbole  de  Jésus-Christ,  51,  64,  81,  501;  — 
III,  364;  —  symbole  de  Dan,  fils  de  Jacob,  n,  109.  —  Serpent  au  pied  d*an 
crucifix  du  \i*  «siècle,  441  ;—  IV,  328. —  Traditions  des  naturalistes  sur 
le  serpent,  et  allusions  morales  qu'y  trouve  S.  Augustin,  II,  496;  — IT, 
a28.—  i>ymbole  du  démon^  II,  601  ;  —m,  258, 259,  359  et  aniv.,  362, 377, 
467;  —  iV,  328.—  Adoré  par  les  peuples  anciens,  III,  362,  466.— Sym- 
bole de  Jésas-Christ ,  364. —  Moitié  homme  moitié  serpent, 365,  377. 
—Attaquant  on  nid  de  colombes,  371.  —  Ornant  des  supports  de  chan- 
deliers, 380;— IV,  328.  — Symbole  de  l'Ame  régénérée  dans  le  baptême 
et  la  pénitence,  in ,  434  et  snîv. — Diverses  espèces  de  serpents,  inno- 
c«nU  on  miisiblee,  487,  —  Le  serpent  au  pied  de  la  Croix,  symbole  né- 


.^ 


TABLE  GÉNÉRALE.  643 

ceasaire  de  la  défaite  de  Satao,  IV,  130,  328.  -^  Le  aerpent  écrasé  soub 
les  pieds  de  Marie  date  du  xil«  siècle,  138^  i39. 

Sexe  ,  jamais  indiqué  que  par  des  caractères  généraux  dans  Ticono- 
graphie  du  moyen  &ge ,  11^  344  ;  —  III ,  424  ,  431. 

Sibylles  ;  prophétesies  du  paganisme.  Leur  rôle  dans  la  tradition 
chrétienne^  II,  580;  —  IV,  95  et  suit.  —  Mensonges  écrits  &  leur  propos 
par  les  encyclopédistes  du  xviii*  siècle  ,  96.  —  Gomment  et  pourquoi 
les  Pères  n'hésitèrent  point  &  invoquer  leur  témoignage ,  97^  100, 

108.  — Accord  de  leur  théologie  avec  celle  du  Christianisme,  98,  100.— 
Vicissitudes  de  leur  crédit  dans  l'histoire  ,  98.  —  Leur  rôle  dans  l'art 
chrétien ,  98  ,  100 ,  212.  —  Incertitudes  de  leur  biographie ,  98  et  suiv., 

109.  —  Leurs  relations  avec  les  prophéties  bibliques  et  la  philosophie 
grecque ,  100.  —  Leurs  jioms  et  leurs  attributs ,  101 ,  108.  —  Confusion 
probable  pour  quelques-uns  d'entre  eux ,  104  ,  106.  —  La  sibylle  de 
Samos  retranchée  mal  &  propos  du  liitz  ira,  107.  —  Nécessité  de  rendre 
les  sibylles  à  l'art  chrétien  ,  108.  —  Comment  les  vêtir,  ibid.  et  saiv. 

—  Sibylle  de  Cumes,  et  son  rôle  dans  la  Fête  de  VAnei  212.  —  Sibylle 
Erythrée;  son  rôle  ,211. 

SiCARDi ,  évéque  de  Crémone ,  liturgisle  du  xiiP  siècle.  Ce  qu'il  dit 
de  la  forme  ronde  donnée  &  quelques  églises ,  III ,  107,  —  du  symbo- 
lisme du  pavé  ,  et  d'autres  objets  ecclésiastiques,  152.  —  Idée  de  son 
livre  intitulé  Miirale,  IV,  162. 

Sicile^  héraut  d'armes  du  roi  d'Aragon  Alphonse  V ,  fait  un  Traité 
du  blason^  II,  549. 

SicKiNGEN  (Franz  db]  ,  chevalier  félon  du  xvi«  siècle ,  chef  de  rou- 
tiers sbus  prétexte  de  la  Réforme  religieuse^  peint  par  Albert  Durer 
dans  le  Cavalier  de  la  Mort  ^  Vf ,  358. 

Sièges  ,  ornés  par  les  dignités  païennes  de  symboles  démoniaques 
ou  propres  à  inspirer  la  terreur  ou  le  respect ,  III  ,  382.  —  Le  fauteuil 
de  Dagobert^  IV,  293. 

SiGALO.x ,  peintre  français  du  xix'  siècle.  Son  opinion  motivée  sur 
le  Jugement  dernier  de  Michel- Ange ,  IV,  367. 

Signes.  Ils  suppléent  aux  impuissances  de  la  parole  et  de  l'écriture, 

I,  2  et  suiv ,  184,  210.  —  Employés  par  les  anciens  comme  amulettes, 

II,  251,  252.  —  Signaux  maritimes ,  sorte  de  symboles ,  I,  242  et  suiv. 

—  Signes  du  Zodiaque  (voir  Zodiaque).  —  Signes  demandés  &  Dieu  par 
les  Patriarches  comme  autant  de  symboles  de  sa  volonté  ,  II,  87.  — 
Employés  symboliquement  par  les  Prophètes,  103, 104,  185.  —  Signe  de 
salut  donné  par  Dieu  aux  Elus  ,  185  ,201,  —  marqué»  sur  le  front  des 
adorateurs  du  vrai  Dieu,  252. 

Signes  lapidaires  ,  marques  de  tâcherons ,  et  non  signes  secrets  de 
sociétés  antagonistes  du  clergé  au  moyen  Age  ,  III,  60.  —  Leur  but  et 
leur  variété  ^  159.  —  Gravés  sur  les  édifices  civils  et  militaires,  comme 
sur  l'appareil  des  églises ,  160. 


044  HISTOIRE  hV  SYMBOLISME. 

SiLOÉ^  fontaine  dont  les  eaux  tranquilles  symbolisent  le  caime  et 
la  paix  d*un  peuple  soumis  à  Dieu,  II,  292. 

SiMÉON,  fils  de  Jacob,  symbolisé  avec  son  frère  Lévi  par  les  Gémeaux 
du  Zodiaque ,  II ,  109.  —  Figuré  par  la  topaze ,  382. 

SiMÉoN  MâTAPHRASTB,  hagiographe  du  x*  siècle.  Valeur  de  son  livre, 
II ,  653. 

Simon  (S.) ,  apôtre.  Ses  attributs  iconologiques ,  lit ,  147. 

Simon  le  Cyrénéen,  type  symbolique  de  la  vocation  des  gentils  , 
II,  523. 

Simon  le  Magicien,  vêtu  de  vert  et  de  jaune,  I,  323. 

SinaI,  montagne  de  l'Arabie  Pétrée.  Inscription  témoignant  le  passage 
des  Hébreux  sous  la  conduite  de  Moïse  ,1,18.  —  Habité  par  des  soli- 
taires au  Y«  siècle  ,  II ,  502. 

Singe  ,  symbolise  la  méchanceté  impudente ,  l ,  195 ,  202  ;  -—  III,  127, 
446.— Habillé  en  moine  et  jouant  de  la  viole,  331,  — ou  de  la  flûte,  IT, 
222.  —  Se  faisant  adorer,  III ,  363.  —  Jouant  de  la  cornemuse  et  de  la 
Qûte  ,  IV,  29.  —  Fouettant  un  chat,  ibid.j  —  et  jouant  un  rôle  dans  la 
Tentation  au  désert ,  32.  —  Imposant  les  mains  &  un  ordinant  indigne , 
33.  —  Enchaîné  aux  pieds  de  la  Vierge-Mère,  356. 

SiNOPLB  :  c'est  la  couleur  verte  du  blason.  Son  origine  et  ses  signifi- 
cations ,  II ,  548. 

SiON.  La  montagne  de  Sion  symbolise  les  Élus,  III ,  102. 

Sire  ,  titre  d'honneur  donné  à  Notre  -  Seigneur  Jésus  -  Christ  au 
XII»  siècle,  IV,  220,221.  . 

Sirène,  animal  fantastique  classé  parmi  les  animaux  impurs  du  Lè- 
vitique  ,  III ,  444.  —  Ce  qu'en  raconte  le  Physiologue  de  Théobald ,  500 
et  suiv.  —  Souvent  reproduite  dans  l'iconographie  chrétienne ,  465.  — 
Est  tantôt  Jésus-Christ ,  tantôt  le  démon  ;  tuant  un  poisson  à  Saint- 
Aubin  d'Angers,  466;  —  IV,  437,  448.  —  Symbole  du  baptême,  et 
comment,  III ,  469;  —  IV,  451  ;—  des  plaisirs  mondains,  31.—  Carac- 
tère de  la  sirène  favorable  &  la  luxure  et  aux  plaisirs  mondains  ,  450. 

SiVA ,  dieu  du  mal  chez  les  Hindous ,  peint  en  roux,  I,  306,  338. 

Smtrne.  Symboles  de  celte  ville  sur  ses  médailles ,  1 ,  264.  —  S.  Po- 
lycarpe,  son  premier  évéque,  II ,  154. 

Socrate  ,  adopté  du  moyen  Age  comme  représentant  de  l'unité  de 
Dieu ,  II ,  577. 

Se  DOME.  Pourquoi  punie  par  le  feu  et  le  soufre ,  1 ,  339.  —  Person- 
nifiée dans  la  Rome  païenne ,  H  ,  218. 

Soif  de  la  justice,  expression  symbolique  corrélative  à  celle  des  eaux, 
des  fontaines  du  Sauveur,  etc.,  II,  361. 

SoLAS  (Jean) ,  maître  maçon  &  Paris ,  passe  en  1519  le  marché  pour 
les  sculptures  de  la  clôture  du  choeur  de  Notre-Dame  de  Chartres,  III, 
432. 


TABLE  GÉNÉRALE.  645 

SoLBiL,  élément  de  perfeetion  ;  symbolisé  par  un  cercle,  1 ,  60.  — 
C'est  l'Osiris  des  Égyptiens,  88.  —  Symbole  de  l'éternité,  92,  93.  — 
Comment  les  croyances  mithriaques  le  symbolisent ,  169;  ~  IV,  173. 
—  Figure  la  vérité,  II,  199.  —  Type  de  Jésus-Cbrist ,  comme  la  lane 
de  l'Eglise  ,  438;  —  IV ,  105  ,  174.  —  Pourquoi  le  soleil  est  placé  dans 
riconographie  à  droite  de  la  crucifixion ,  et  la  lune  à  gauche ,  II ,  441, 
464.  —  Symbole  de  la  résurrection  de  Jésus-Christ ,  445  ;  ^  du  sacer- 
doce, par  opposition  à  l'empire ,  620.  —  Regardé  par  les  manichéens 
comme  étant  Jésus-Christ,  III ,  74.  —  Sa  personnalité  dans  les  empe- 
reurs païens,  75. — Jésus-Christ  appelé  le  vrai  Soleil  par  les  Pères,  185.— 
Soleil ,  attribut  de  la  sibylle  Persique ,  IV,  105.  —  Marche  supposée  du 
soleil  à  travers  le  Zodiaque,  et  leçons  ingénieuses  qu'en  a  tirées  le 
Christianisme,  JII,  453. 

SouGNAC ,  abbaye  du  Limousin  fondée  au  xv«  siècle.  On  s'y  occupe 
d'industrie  et  d'études ,  III,  47.  — ^  Son  but  d'origine  était  surtout  l'or- 
fèvrerie sous  le  patronage  de  S.  Éloi,  IV,  295  et  suiv. 

Songes.  L'art  de  les  interpréter,  ou  onéirocritique,  I,  187.  —  Fré- 
quemment envoyés  de  Dieu  pour  manifester  l'avenir,  ou  sa  volonté , 
II ,  87  et  suiv.  —  Songe  de  Joseph,  110.  —  Songe  ou  vision  de  Daniel 
(voir  VUions),  —  Songe  de  S.  Jean  de  Matha  et  de  S.  Félix  de  Valois, 
618. 

SoNNerres  de  la  robe  d'Aaron  ;  leur  symbolisme,  II ,  94. 

Sophie  (S**),  personnification  de  la  sagesse  divine.  Ses  trois  filles  : 
5<^  Foi ,  S^'  Espérance  et  5<«  ChaHté ,  1 ,  47  ;  —  II ,  654. 

Sophistes  (voir  Philosophie  humaine). 

Sorciers.  Origine  de  beaucoup  de  légendes  de  sorciers ,  Il ,  300. 

SoREL  (Agnès),  (voir  Agnès). 

SouAiN ,  village  de  Champagne.  Son  église  élevée  sur  une  motte  de 
terre  rapportée,  III,  102. 

Soufre  ,  expression  bibliqne  du  supplice  dn  feu ,  1 ,  304.  —  (Voir 
Enfer.) 

Sphinx,  symbole  de  la  vigilance  ,  1 ,  335,  —  de  la  chair  soumise  à 
l'esprit ,  IV,  423.  •—  Animal  fantastique  interdit  par  le  Lévitique ,  III  , 
444.—  Souvent  reproduit  dans  l'iconographie  chrétienne,  465.—  Sym- 
bole de  défections  dans  la  foi  ^  444;  —  très-employé  au  xii»  siècle ,  et 
d'origine  orientale,  465. 

Spicéa,  arbre  vert,  symbole  d'immortalité,  1, 196. 

Spire.  Curiosités  symboliques  de  sa  cathédrale  ;  le  dragon,  1, 180. 

Spiritualisme.  11  fait  le  charme  des  sciences  morales,  et  le  principe 
des  études  symbolistiques ,  II ,  1  et  suiv.  —  Albert  Durer  lui  a,  avec 
raison,  sacrifié  la  forme,  qui  se  recommande  peu  dans  ses  ouvrages, 
IV,  355. 

Stalles.  Leur  place  primitive  dans  l'abside,  III,  205.  — Observations 
qui  se  rapportent  à  leur  place  actuelle,  à  leur  but  et  leur  ornementa- 


À 


646  HISTOIRE  DU  SYMBOUSME. 

tion  ,  220  et  suit.;  ^  IV,  il5.  '-  Déplorable  système  de  destraction 
qui  les  menace  de  nos  jours,  221.  —  Ne  jamais  peindre  le  yieox  bois, 
mais  Tentretenir,  115.  —  Quelques  figures  sculptées  aux  stalles  des  xv« 
et  XVI*  siècles  sont  des  scènes  ou  des  personnages  des  drames  litnr- 
giquesy  199  et  suiv. 

Statuaire.  Beau  symbolisme  de  la  statuaire  hindoue ,  I,  162.  •>  La 
statuaire  est  l'idéal  de  la  grftce,  comme  l'architecture  celui  de  la  beauté 
plastique,  245.—-  Ses  origines,  246  et  suiv.,  278.  —  Raison  de  ses  types 
hideux  chez  les  peuples  idolâtres,  25i  et  suiv.,  —  et  des  types  les  plus 
beaux,  254.  —  Caractères  des  divers  peuples  anciens  reproduits  dans 
leur  statuaire,  254;  —  III,  245.  —  Examen  sur  ce  point  de  la  Chine, 
de  rÉgypte  et  de  la  Grèce,  1, 255  et  suiv.— Les  Grecs  plus  adonnés  aux 
arts  d'imitation  que  les  Romains,  260.  —  Particularités  sur  la  sta- 
tuaire des  anciens,  et  ses  principes  symboliques,  268  et  suiv.  *—  La 
statuaire  moins  populaire  que  la  peinture,  270.  —  Symbolisme  de  la 
statuaire  antique  ;  en  quoi  il  consista,  284.  —  Ses  beaux  développe* 
ments  au  xir  siècle,  III,  34,  98,  248,  —  et  au  xiir  ,  39,  98;  —  IV,  38, 
369.  —  Fausses  pensées  qui  ont  inspiré  la  statuaire  chrétienne  des 
artistes  de  notre  temps,  III,  98;  —  d'autres,  mieux  inspirés,  134.—  En 
quoi  la  statuaire  diffère  de  la  sculpture  prise  en  général,  244.  —  Types 
consacrés  pour  quelques  personnages  chrétiens,  244.  —  La  statuaire 
toujours  dirigée  par  l'architecte  qui  l'employait ,  245.  —  Statuaire 
romano-byzantine;  ses  caractères,  246.  —  A  quoi  attribuer  ses  défauts 
matériels,  247,  —  et  son  peu  de  progrès  aux  x*  et  xi*  siècles,  248.  — 
Le  nu  proscrit  par  le  Christianisme  (voir  Nu).  —  La  Renaissance 
affuble  les  statues  d'étoffes  et  de  brocards  ridicules,  433.  ^  Statues  du 
moyen  &ge  supportées  par  des  démons  ou  par  les  bourreaux  des 
martyrs^  IV,  38.  —  De  la  polychromie  appliquée  à  la  statuaire ,  n^  348. 
—  Son  effet  excellent  et  indispensable^  IV,  71  et  suiv.  jusqu'à  la  fin  du 
chapitre  xvii.  —  Belle  statuaire  de  la  cathédrale  de  Chartres,  369.  ^ 
Le  XVII*  siècle  en  produit  peu,  393. 

St&phaton^  nom  du  soldat  qui  présenta  Téponge  imbibée  de  fiel  à 
Notre'Seigneur  cruxifié.  Son  rôle  symbolique  dans  la  scène  de  la  cni' 
cifixion,  II,  463. 

Strasbourg.  Son  évôché  fondé  par  Clovis,  III,  47. 

Style  architectural,  doit  inspirer  celui  de  tout  Tameublement  qu*on 
y  ajoute,  IV,  322.  —  Le  style  grec  et  son  architecture  anéantissent  le 
symbolisme  chrétien  à  la  Renaissance,  347  et  suiv.,  391.  —Le  style  rtiy 
tique,  392. 

Sud  (voir  Midi). 

SuoEB,  abbé  de  Saint-Denys  au  xii*  siècle.  Description  de  son  jeu 
d'échecs,  1, 164.  —  Mérite  de  ce  grand  homme;  ees  travaux  d'esthé- 
tique à  Saint-Denys,  II,  570  et  suiv.;  —  IV,  17,  21^  294.  —  Belle  orfè- 
vrerie dont  il  enrichit  sa  basilique,  318  et  suiv.  —  Le  livre  Dti  sua 
Administratione,  11,  571;  —  IV,  318.  —Symbolise  dans  un  vitrail  les 
prophéties  réalisées  dans  l'Église  sur  l'Eucharistie,  II,  573;—  IV,  18. 


riBLE  GÉNÉRALE.  647 

—Ce  symbole  parodié  par  lo  protestantisme  dans  une  église  de  Berne, 
398. 

Sully  Coudes  de),  évéqne  de  Paris  de  1197  à  1208,  fait  un  règlement 
pour  les  drames  liturgiques  joués  à  la  fête  de  la  Circoncision^  IV,  196, 
200. 

Sully  (Maurice  os),  évéque  de  Paris  de  1160  à  1196,  compose  les 
répons  de  Toffice  des  Morts,  IV,  254. 

Sulzer,  savant  allemand,  a  mal  parlé  de  symboles  chrétiens  qu'il 
n*ayait  pas  étudiés,  III,  404. 

SuNAMiTE,  dont  le  fils  est  ressuscité  par  Elisée;  symbole  de  Notre- 
Seigneur  Jésus-Christ  et  de  TÉglise,  II,  516. 

Superstitions  populaires.  Comment  nées  d'idées  fausses  ou  d'exagé- 
rations,  I,  143  et  suIt.  —  Quelques-unes  des  plus  remarqubles  chez  les 
Romains,  I,  194. 

SupPEDANEUM,  Dom  doDué  au  support  placé  sous  les  pieds  du  Sau- 
veur crucifié.  —  Symbolise  la  porte  occidentale  de  l'église,  III,  43.  — 
Qu'on  ne  doit  pasTometlre  dans  la  représentation  du  crucifix,  IV,  126. 
—  Il  est  refusé  aux  deux  larrons,  II,  464. 

Supplices  symboliques  des  parricides  à  Rome,  1, 193. 

Suzanne,  figure  de  l'Église  persécutée,  et  les  vieillards  celle  des 
Juifs  et  des  Geutils,  II,  479. 

Sycomore,  arbre  biblique.  Sa  signification,  III,  340  et  sulv. 

Sylvestre  I«'  (Le  Pape).  Ses  constructions  religieuses,  et  son  zèle  &  les 
décorer  de  symboles ,  III,  44.—  Interdit  l'orientation  des  églises  pour 
s'opposer  à  l'hérésie  des  manichéens,  74. —  Institue  les  cérémonies  de 
la  consécration  des  églises  et  des  autels,  265.  —  Ne  vent  pour  ceux-ci 
que  du  linge  de  loile,  IV,  157.  ~  Donne  la  dalmatique  au  diacre,  171.  — 
Excite  le  zèle  de  Constantin  à  enrichir  les  églises  de  précieux  vases 
aacrés,  287. 

Sylvestre  II  (Le  Pape),  (voir  Gerbert). 

Symmaqub  (Le  Pape).  Son  zèle  pour  Tembellissement  des  églises  par 
les  vases  sacrés,  iV,  288. 

Symbole  des  Apôtres.  Comment  on  en  attribue  la  rédaction  aux 
Apôtres,  dont  chacun  aurait  formulé  un  des  articles,  III,  142  et  suiv.  — 
Servant  de  types  à  une  suite  de  modillons  sur  la  façade  d'une  église , 
320  et  suiv. 

Symboles.  Ce  qu'ils  sont,  et  leurs  diverses  définitions,  I,  4,  6;  — 
IV,  423.— Combien  répandus  chez  les  premiers  chrétiens,  II,  483, 500;  — 
111,85,— qui  en  empruntent  aux  païens,  IV,  323.— Ce  mot  employé  dans 
le  seus  de  signe  secret  par  Jamblique  au  v«  siècle,  1,5. — Premier  emploi 
des  symboles  chez  les  peuples  anciens,  21  ;  —  II^,  251,  463.  —  Ils  en- 
vahissent le  domaine  entier  des  scieuces  et  des  arts,  I,  51  et  suiv,,  313 
et  suiv.,  357;— 111,88,  139,251,357.— Les  signes  symboliques  indispen- 
sables &  toute  religion^  II ,  495,  509,  594  ;  —  III,  251 .—  On  ne  doit  pas 


648  HISTOIRE  DU   RïHBOUSRï. 

leB  uier  [larca  qu'on  oe  les  catnprcad  'pn;.  l],  EOn.  —  Kiemptes  île  sjax- 
bolM  du  idéa*at)alniiir.'s,  I.  gs,  185.  3.'>G;  — 11,  7i  et  MiH^iSl.  (Voir 
Ésiw,  Maris.)  ~Syiu);.lriii  signiflrAtioDS  multiples,  I,  ISS;—  11,74, 
7S,  18,  TI.  (Voir  Opp  '4i'in.)~  Les  plu*  simplej  sont  les  plnsiadeiM, 
IV,  *!*.— Sjmboliiaad.ipliiipar  iej  srlislea  comme  signatures  de  iaut» 
œuvres,  1,  SSO.  —  I^b  âvuiholes  ne  doÎTent  itiv  appliquéi  qu'avec  lieas- 
coup  de  discernemenl,  e.l  ne  Jamais  nuire  au  aens  de  l'objet  qu'on  veut 
en  parer,  il,  3S6.  ~  Ceux  de  la  l'unséci-allon  des  églises,  UI,  267  el  euiv. 

—  (Voir  LlTUBGIB.) 

StUBOUSME  de  l'art  olu^tieu.  Il  .^.lEI'objel  d«ce  liiTe,  I,  4,  9,  10,  13  j 
•  II,  S;  ~>  IV,  iS3.  — 11  coDstilue  une  scieuce  et  rentre  tout  d'abord 
dans  l'étude  de  la  théologie  chrétienne.  1,  6  et  sniv.,  9,  ISO,  3S0,  33i;  — 
1[,  3,  S,  9,  31,  32,  X,  toa,  468,  479,  486,  494,  SIS.  53H,  561,  S68  et  loiv.;  — 
in.66,SaO, 231,428.464;—  IV,  46 et  aniv.— Combien  mécoiinu  depnia 
leivi«siÈcle,8,  12, 110(  —  11.15,  472.  (Voir  AenauiORcr.)— Sou  usa^ 
partout  et  toujours,  I,  10,  158,  163,  183,  203,  204.  350,  363,  483,  491,  493, 
SIS;—  m.  11.88, 115,439,  449;  —  IV,  463.— Nécessaire  à  l'enseigne- 
ment religieux,  1,  il,  286,  351,  356,  363:  —II,  3,  S.  48,  325,361,467, 
468,  410.  476,  495,  876  ;  —  III .  439  ;  -  IV.  354  :  —  et  an  développemenl 
des  arlB,  1,  12,  214,  382  et  duiv.;  — 11,  32,  465,488,503.  521,680;— lit, 
243,  252,  335.  — Soarcesdn  symbolisme  ehrilien,!,  12,46,163,178,321. 
350,352;- M.  8,  10  et  suiv.,  19,  348,467,  468,471.472,476,483.518: 

—  III,  191,  252.- Employé  par  Dieu  même,  1,896,321,  364;— II,  94, 

95,  103,  104,  312,434,  467,618,  676;  —  111,  42,  228  ,  442.  467  ;  —  IV  . 
149,  239. —  Fausses  appréciations  de  quelqnea  archéologues,  1.4V,  ITI; 

—  m,  138;  —  IV,  421  et  suiv.  (Voir  f>orlaf.  Dupuù.  Calâer,  Rabbiiu, 
Cttnning,  SchnaaK ,  Boistérie,  ifur fin.)— Qu'il  ne  bot  pu  outrer  la 
ieience  symbolique  an  delà  de  ses  règles  reconnues ,  I,  55,  56,  109, 
206,327;—  11,9,  26,28,  581,  5S2;  —  Ul,  161,  17»  el  suiv..  186;  —  IV, 
431,  448.  — ^es  principes  puisés  dans  les  pbiloaopbesancien»,  aussi  bien 
que  dans  les  Pères  de  l'Egliae,!,  351,363,369;— D,  6,  16.  470;  — ni, 
88,251,  308,  347  etsuiv.  ;  —  IV,  423.- Comment  l'Ê^'e  Padmet  daoi 
ea  liturgie,  1,  140;  — 11,  H  ;— III,  10,355;— IV.  149  et  sniv.,  169.  183. 
(Voir  Iilurgie.) — Comment  elle  t'a  souvent  emprunté  mjmeanx sectes 
dissidentes, I,  177, 178;  —  II,  5;  —  III,  413,  423;  — etanx  païens, IW,  425, 
469  et  suiv.,  530  ;  —  IV,  186.-  Symbolisme  dans  les  osafcs  de  iMS  les 
peuples,  1,184  et  suiv.,  263,  267,  296,320,  3S1.  358,  617,  64«;  — 10,  2, 
g8-_IV,  182,  239 ;  — dans  ceux  de  notre  temps.  I.  317.  2ia,  211.  352, 
354  ;  -  III,  191.  '  Sa  vie  à  venir.  I,  353,  364  ;  —  II,  679  — Le  sysibolisne 
est  la  vie  morale  de  l'art,!,  214,2.19,  261,262,281  et  soiv.,  2SG:  —  11. 

96.  46S.  506,573;  — 111,  90,  91,  178,241,  309,  S38.—n  a  »Bv«  le  monde 
païen  de  l'athéisme,  I,  365. — On  pénètre  dans  les  obacaritèida  sjmbo- 
ilsme  par  l'élude  et  les  comparaisons,  234, 23T;  — II,  9,  39,  74  et  i«E*.. 
IDI.  lOS.  105,  423.  4U.  472.  505,  590.  598;  —  m.  138. 139.  24*,  M»,  3f». 
327.  S«.  353,  337,  392,  428,  531  ;  — IV.  109.  134.  IQ.  314,  JTÔ.— Le^ 
•r<isle«  ont  parfois  créé  des  symboles  pour  le  beioîD  de  If  s  «■*?«&, 
1,282;  —  IV.  109.—  Les  niyslères, et  pa r conséqngit  les symhoit i.  « i»é ' 
dunpur  humain,  1 ,  332;— III,  88.- Antagonistes  du  symboline  i«- 
dull«  <t  l*  rMon]iattf«, 1, 3S5;  — II, 21  et  soi*.,  26. IM.  444.  SM  Hamt.. 


i 


TABLE  GÉNÉRALE.  649 

5)4, 589  et  suiv.  ;  —  III,  41,  305  et  suiT.—  L*liiBtoire  de  ses  déTeloppe- 
ments  successifs,  11^  3  et  suiv.  ;—  du  ni«  siècle  au  yi»,  17, 18,  19,  175  , 
431 ,  468 ,  470  ,  474  jusqu'à  514  ;  —  du  vi«  au  xi« ,  515  jusqu'à 
552;  —  lY,  428,  441;—  du  xi«  au  xiii^ll,  20,21,  153,  454  et  suiv.; 

—  m,  27,  240,  241  ,  249,  310,  348,  347;  —  IV,  307,  425  et  suiv., 
428,  432 ,  433;  -  du  xiii»  au  xv«,  II ,  13,  14  ,  20 ,  21 ,  24,  24,  356, 
655, 678  et  suiv.;  —  III,  36  et  suiv.,  310  et  suiv,  3i2,  346;  —  IV,  18.  — 
Employé  dès  le  iv«  siècle  àVembeUissement  des  églises,  III,  44  et  suiv., 
240,  — IV,  422  et  suiv.,  —  et  plus  tard  dans  tous  ses  détails,  74, 
426 ,  442.  —  Le  symbolisme  artistique  conservé  jusqu'à  nous  bien  plus 
par  les  traditions  que  par  aucun  enseignement  écrit,  II,  16, 17  et  suiv., 
32,  341 ,  468;  —  III,  191  ;  —  IV,  375.  -  Raisons  de  ce  silence  jusqu'au 
UP  siècle,  II,  19, 468,— et  au  moyen  âge,  III,  352.— Ne  peut  être  com- 
pris qu'en  distinguant  bien  les  siècles  où  s'inspirèrent  ses  divers 
motifs,  II,  23 ,  101 ,  153;  -III,  312,  346;  —  IV,  230.  -Compris  de  tous 
à  certaines  époques,  II,  101,  341,  372,  402,  501,  .'>64;  —  III ,  191 ,  240.  — 
Causes  morales  de  sa  décadence,  II,  24  et  suiv.,  472, 655  ;  —  III,  40 ,  119, 
243,  3il,  312,  345;  —  lY,  37  229  et  suiv.,  233,  269,  et  tout  le  chap.  XXIJ. 

—  Explications  multiples  d'un  même  objet  symbolique,  II,  460  ;  —  III , 
86, 135,  203  ;  —  IV,  166,  168, 356.— Expansion  au  xiP  siècle  du  symbo- 
lisme dans  l'art  et  dans  la  grammaire,  II,  538;  —IV,  431,  433;  —  et  du 
sens  superbistorique,  II,  559,  550;  —  IV,434.  {yoir  Bible,) — Le  symbo- 
lisme architectural  n'est  applicable  qu'à  l'architecture  chrétienne ,  et 
devient  ainsi  la  preuve  qu'on  ne  doit  pas  chercher  un  autre  genre 
de  monuments  chrétiens,  III ^  252.  —  Le  symbolisme,  souvent  incom- 
préhensible sans  la  théologie,  IV,  78,  109, 134,  334,  375,413.  —  Est  bien 
préférable  par  ses  principes  à  ceux  de  l'art  purement  naturel,  93 ,  284. 

—  L'unanimité  des  symbolistes  prouve  la  solidité  de  la  science  qu'ils 
cultivaient,  162.— Symbolisme  grotesque  ou  dégoûtant  employé  en  1790 
par  les  sans-culottes,  et  en  1848  par  Lamartine,  188,  189.— Le  symbo- 
lisme admis  dans  les  drames  liturgiques,  207.  (Voir  Fêies  chrétiennes.) 
—Faux  symbolisme  des  xiv«  et  x\«  siècles,  confondu  par  quelques  an- 
tagonistes avec  celui  des  époques  vraiment  hiératiques,  230  et  suiv., 
233.  —Symbolisme  de  l'orfèvrerie  chrétienne,  283  et  tout  le  chap.  xxi. 

—  11  y  était  peu  compris  dans  le  paganisme ,  284.  —  Soin  qu'on  doit 
prendre  aujourd'hui  de  l'imprimer  à  tous  les  objets  du  culte,  339.  — 
Histoire  de  la  décadence  du  symbolisme  par  la  renaistance  du 
xvp  siècle,  342  et  suiv.,  348, 366  et  suiv.,  et  tout  le  chap.  xxii.—  Com- 
ment il  renaît  aujourd'hui,  en  dépit  du  dédain  de  certains  artistes  qui 
sans  lui  restent  incomplets,  403.—  Filiation  des  symboles  se  dévelop- 
pant du  v«  au  xii»  siècle,  420,  425.—  (Voir  Esthétique.) 

Synagogue  ,  figurée  par  l'ancienne  Loi ,  que  figuraient  elle-même 
Ismaêl  et  Agar,  II,  151.  — Figare  de  l'Église  de  Jésus-Christ,  i08 ,  409, 
412.  — N'avait  pas  les  sources  de  grâces  données  à  l'Église,  67, 68.  — 
Remplacée  par  celle-ci  sur  le  Calvaire,  357;—  III,  190;—  IV,  130.— 
Symbolisée  par  Sara ,  II,  409,  —et  d'autres  femmes  bibliques,  iind.  et 
suiv.'; .—  par  l'institution  du  mariage,  409  et  suiv.—  Elle  reste  toujours 
la  servante  de  l'Église,  412.  —  Figurée  par  la  lune,  439,  444.—  Sa  robe 
verte,  451.-^  Ses  abaissements  à  la  venue  de  l'Église,  444,  451;  —  III , 


650  II18T0IIIK  DU  STMBOUSME. 

i90.«- Son  iconographie  symbolique,  11,445^  447,  448,  46«;  — !▼.  130, 
225.—  Sa  conversion  préaumée  à  la  fin  du  monde,  II,  445.  —  Placée 
parallèlement  à  l'Église  au  pied  de  la  Croix,  460,  —  l\,  130;  —  y  a  lea 
yeuxbandés,lll,  142,—  IV,  130;  — y  est  découronnée,  111,190.— Marcbc 
à  reculons,  IV,  33.— Symbolisée  par  rftnesse  de  Rouen,  225. 


Tabaraud  (L'abbé),  janséniste  du  zix*  siècle,  méconnaît,  et  pour 
cause,  le  mérite  de  S.  Anselme,  II,  554. 

Tabernacle  de  l'ancienne  Alliance.  Son  sanctuaire  symbolisait  la 
nouvelle  Loi  et  le  Ciel,  II,  80, 353, 355,  —  et  le  tabernacle  euchanstiqne 
de  la  nouvelle  Loi,  III,  227.  —  Comment  S.  Augustin  nous  en  fait  Tap- 
plication  morale, II,  97,  98;  — III,  3;  —  et  S.  Paul,  228.  —  Symbole  do 
tabernacle  eucharistique,  II,  353  ;  —  III ,  227.  —  Ne  doit  pas  s'isoler  du 
grand  autel,  225  et  suiv.  —  Le  tabernacle  de  Dieu  (ou  sa  demeore) 
établi  parmi  les  hommes ,  II ,  355  ;  —  III ,  227.  —  Les  tabernacles  mo- 
biles ne  remontent  qu'au  xiiP  siècle,  II,  356  ;  —  III,  280,  281  ;  —  leur 
histoire,  280  et  suiv.  —  Le  tabernacle  des  Juifs  entouré  de  symbolismey 
image  par  là  de  nos  églises  chrétiennes,  42.  —  Tabernacles  en  forme 
de  tour  (Turris  Davidica),  48,  49,  281,  282.  —  Les  gradins  du  taber- 
nacle ne  datent  que  du  xyi«  siècle,  229.  —  Est-il  convenable  de  reeon- 
vrir  d'une  étoffe  les  tabernacles  enrichis  de  sculptures,  d'émaux, etc.? 
280.  —  Doit  être  revêtu  d'une  étoffe  de  soie  à  l'intérieur,  281  ;  —  et 
se  conformer  au  style  de  l'église  pour  sa  forme  architecturale,  iMd., 
289.  —  Tabernacle  en  forme  de  tour  ou  de  colombe  suspendue  au- 
dessus  de  l'autel,  282  et  suiv.  ;  —  IV,  289,  290.  —  Convenance  mystiqae 
du  bois  de  cèdre  pour  les  tabernacles,  III,  558. 

Tableaux  sur  toile,  à  éviter  dans  les  églises  ,  IV,  65  et  suiv.  —  Les 
tableaux  sur  bois  plus  convenables,  et  pourquoi,  70, 71.— Les  tableaux 
mal  appendus  aux  piliers  des  églises,  70. 

Tabob,  montagne,  symbole  de  glorification,  III,  102. 

Taion  ,  évêque  de  Saragosse  au  vu*  siècle ,  symbolise  le  nombre  S 
dans  la  parabole  des  cinq  talents,  1, 131. 

Talmub.  Son  origine,  II,  195. 

Tanné  (voir  Bistre). 

Tapisserie,  beau  travail  d'aiguille  très-usité  au  moyen  âge.  Tapisse- 
rie d'Angers  (xiv*  siècle)  représentant  les  scènes  de  l'Apocalypse,  II; 
174.  —  Sa  représentation  de  l'enfer,  78;  —  Esthétique  élevée  de  ses 
idées  sur  la  Résurrection  des  morts ,  représentée  par  une  colombe 
s'élançant  vers  un  corps  privé  de  vie,  220.—  Faite  à  Saumur ,  IV,43. — 
Époque  de  la  confection  des  tapisseries  en  France,  42, 43. —  Leur  emploi 
ingénieusement  appliqué  à  la  parure  des  églises,  43,  44.  —  La  tapisserie 
de  Bayeux,  43.  —  Celles  de  Sainte-Radégonde  de  Poitiers,  et  de  Notre- 
Dame  de  la  même  ville,  44.  —  Les  croisades  importent  en- Europe  de 


TABLE  GÉNÉRALE.  654 

belles  tapisseries  symboliques,  173.  —  Leur  imitation  remarquable  par 
des  artistes  européens,  174. 

Tabouim  lb  Supbrbe  ,  septième  et  dernier  roi  de  Rome ,  achète  les 
livres  sibyllains  de  la  sibylle  de  Cumes,  IV,  102. 

Tartares.  Leur  origine  et  leurs  #avages,  II,  333. 

Tatibn,  physiologue  du  ir  siècle.  Idée  de  son  Bestiaire,  II,  483  ;  — 
III,  474  ;  —  IV,  295.  —  (Ce  que  nous  disons  dans  cette  dernière  page 
est  en  contradiction  avec  ce  que  nous  avions  établi  de  la  perte  du 
Physiologue  de  Tatien^  au  tome  III,  page  474.  C'est  qu'à  cette  première 
date  le  P.  Cahier  n'avait  pas  prouvé ,  au  troisième  volume  de  ses  Mé- 
langes, pages  87  et  suiv.,  que  le  livre  deTatien  était  retrouvé,  et  c'est 
lui  qu'il  publie,  en  l'accompagnant  d'un  avant-propos  qui  nous  a  con- 
vaincu, ce  qui  nous  oblige  à  réparer  ici  notre  erreur.) 

Tau,  espèce  de  crosse,  III,  381.  —  Le  signe  Tau  (voir  Croix). 

Tauler,  mystique  célèbre  et  orateur  du  xiv*  siècle,  II,  21. 
Taupe,  symbole  de  l'idolfttrie,  III,  446. 

Taureau,  symbole  de  la  force  et  du  travail,  1,  81  ;  —  III,  456,  462. 

—  Symbolisme  exagéré  qu'en  tire  Winckelmann,  I,  49.  •—  Signe  sym- 
bolique du  taureau  dans  le  Zodiaque,  58, 109;  —  III,  458,  462.  —  Un 
des  symboles  de  la  trinité  de  Jupiter,  I,  81  ;  —  celui  de  la  tempérance, 
95.  —  lodice  des  colonies  romaines,  233.  —  Symbole  de  la  fable  mi- 
thrJaque,  368  ;  —  des  sacrifices  anciens,  369;  —  II,  44  :  —  de  la  luxure, 
III,  369.  —  Symbole  de  l'évangéliste  S.  Luc,  II,  44, 176.  (Voir  Bœuf.)  — 
Type  de  l'orgueil  et  des  passions  brutales,  III,  369,  370, 462;  ^  du  Sau- 
veur sacrifié,  462. 

TÉLESCOPE.  Ses  origines,  I,  241. 

Tempérance,  une  des  quatres  vertus  cardinales,  S3rmbolisée  par  un 
mors,  IV,  358. 

Temples  des  anciens,  distingués,  d'après  le  caractère  de  leurs  dieux, 
par  des  styles  divers  d'architecture,  I,  224  et  suiv.,  359;  —  par  la 
position  des  lieux,  226  et  suiv.,  229,  268  ;  —  par  leurs  formes  géomé- 
triques, 228.  —  Symbolisme  de  leur  consécration,  237.  —  Sens  figuré 
de  ces  mots  :  entrer  dans  le  temple,  II,  264. 

Temps,  symbolisé  par  une  roue,  I,  54  ;  —  par  une  faux,  84. 

Ténèbres,  symbole  de  l'aveuglement  du  cœur,  II,  268. 

Tentations  de  l'Âme  chrétienne,  symbolisées  par  des  animaux  entre- 
laçant des  hommes,  1, 161  (voir  Entrelaça),  •— *leur  baisant  les  pieds  et 
soufflant  aux  oreilles,  III,  337.  —  Figurées  par  des  chasses  (voir  Chasse). 

—  Les  tentations  de  la  vie  représentées  en  une  foule  de  symboles  à  étu- 
dier, 132, 133, 145,  337;  —  IV,  462,  464.  —  Résistance  aux  tentations 
sous  l'emblème  du  prophète  Daniel  au  milieu  des  lions,  III,  138;  —  et 
en  bien  d'autres  sujets,  373,  374  ;  —  IV,  31,  447,  453;  —  par  un  berger 
frappant  un  démon  de  sa  houe,  III ,  318.  «-  La  tentation  d'Eve  par 
un  serpent  demi-homme ,  365.  —  Culn  tenté  et  dévoré  psr  le  dragon 


652  HISTOIRE  DU  SYMBOUSME. 

infernal,  369.  —  Serpent  attaquant  nn  nid  de  colombes,  371.  —  Tenta*» 
tien  d'adultère,  371.  —  Tentation  de  S.  Antoine  et  d'autres  Saints,  31S. 
—  Autres  types  de  tentations  repoussées,  448 ,  466,  469  ;  —  IV,  31,  447, 
404.  .  Tentation  de  Jésus-Clirist  au  désert,  31. 

Terre  (La),  planète,  symbolisée  ^t  une  boule  ,  1 ,  58  ;  —  par  use 
vache,  162.  —  Prise  symboliquement  pour  Taction  générale  de  Thunia- 
nité,  II,  238  ;  —  pour  TÉglise  militante,  238, 239;  —  pour  le  ciel,  Terre 
des  vivants f  351.— Sa  rotondité  exposée  par  Vincent  de  Beattyai8,622 

Terre  promise,  figure  de  la  récompense  étemelle,  II,  53. 

Tertullien.  Comment  il  symbolise  le  nombre  V,  1, 120.  —  Il  parle 
des  calices  à  figures  symboliques,  II,  18.  —  Caractères  des  gnostiquea, 
200,  —  de  rhérésie ,  203.  —  Signale  les  dangers  de  la  philosophie  d*A- 
ristote ,  631.  —  Réfute  contre  les  Romains  la  caricature  fiûte  par  eux 
de  Notre-Seigneur  Jésus-Christ ,  III ,  378.  —  Son  livre  Du  Voile  des 
vierges,  IV,  132. 

Testaments  (Les  deux),  (voir  Bible). 

TéTRAMORPHE.  Définition  du  Tétramorphe ,  IV,  111.  —  Ce  qu'en  fait 
Dupuis ,  I,  367  ,  368.  »  Ses  quatre  animaux  expliqués  d'après  la  Bible 
et  les  Itères,  II,  43  et  suiv.,  164  ,  165  ;  —  III,  145,  467  ;  —  IV,  113.  — 
Ordre  naturel  et  symbolique  du  rang  qu'ils  doivent  occuper  dans  Tico* 
nographie,  II,  164, 174,  458  ;  —  IV,  112  et  suiv.  —  Raisons  de  leur  em- 
ploi symbolique,  113,  — -  de  leurs  ailes,  113.  —  Robe  des  quatre  ani- 
maux près  du  trône  de  Dieu,  II,  257,  263,  310 ;  —  IV,  114.  —  Combien 
cette  image  est  vulgarisée,  112.  —  Remplacé  quelquefois  par  les  Évan- 
gélistes  eux-mêmes,  II,  403;  —  III,  467.  ~  Tétramorphe  d'Ézéchiel 
monté  par  l'Église,  II,  456.  —  Erreur  qui  fait  un  homme  de  l'ange  de 
S.  Matthieu,  44, 176,  457  ;  ^  IV,  113.—  Le  Tétramorphe  sculpté  sur  les 
devants  d'autels,  III,  276 ;  —  IV,  112 ;  —  aux  voûtes,  111  ;  —  en  une 
suite  de  modillons,  III,  318  ;  —  sur  les  façades  d'églises,  319  ;  —  dans 
les  poèmes  de  Dante,  354  ;  —  sur  la  reliure  des  évangéliaires,  IV,  40, 
42  ;  —  autour  d'une  figure  géométrique  de  la  Trinité ,  79.  —  Ses  cou- 
leurs artistiques,  114. 

Texibr  (L'abhé),  prêtre  du  diocèse  de  Limoges.  Son  f'iclionnaîre 
d'orfèvrerie  chrélienney  IV,  15,  17. 

Thaddéb  (S.),  apôtre  (voir  Jijde). 

Thalès.  L'eau,  fondement  de  sa  philosophie,  I,  84. 

Théâtre.  Son  but  moml  à  son  origine,  III ,  384;  —  IV,  190, 193.  -» 
Rôle  qui  y  est  fait  au  diable,  III,  385.  —Caractère  immoral  du  théâtre 
de  nos  jours,  IV,  187,  191, 192,  228,  229.— Combien  il  diffère  du  théâtre 
du  moyen  âge,  191  et  suiv.  —  Idée  des  Lettres  sur  les  spectacles  par 
Desprez  de  Boissy ,  193.  —  Honneur  qu'on  se  faisait  au  moyen  âge  de 
figurer  comme  acteur  dans  les  drames  liturgiques,  198.  —  On  y  trouve 
l'origine  de  beaucoup  de  nos  noms  propres  de  famille,  ibid.  —  Histoire 
de  ses  développements  successifs  jusqu'à  la  fin  du  moyen  âge,  202  et 
suiv.,  228.  —  Influence  du  théâtre  des  Xive  etxv*  siècles  sur  Tartplaa- 
tique  de  cette  époque,  229. 


TABLE  GÉNÉRALE.  653 

T^ÉAU  (S.)  illustre Tabbaye  de  Solignac,  au  vi*  siècle, par  ses  tra- 
vaux d'orfèvrerie,  IV,  29G. 

Théobald  (voir  Thibault). 

THioDORE,  évéque  de  Mopsueste.  Ses  erreurs  sur  le  Cantique  de 
Salomon,  II,  115, 117. 

Théodose  ,  obligé  de  sévir  contre  l'idolfitrie  des  Asiatiques,  II,  443. 

THiboDOTE  de  Byzance,  hérétique  du  i*'  siècle.  Ses  erreurs  symboli- 
sées par  la  chute  d*une  étoile.  II,  198. 

Théodulphe  ,  évéque 'd'Orléans  au  ix«  siècle  ,  a  fait  un  abrégé  de 
S.  Méliton,  II,  192. 

Thâolooie,  une  des  sources  du  symbolisme ,  II,  11 ,  468 ,  666;  —  JII, 
347;  —  ly,  15  et  suiv.  —  Elle  eu  a  conservé  les  traditions  &  travers  les 
siècles,  II,  16.  —  Symbolisée  par  raigue-marine ,  382,  —  par  Béatrice 
dans  le  poème  de  Dante,  665,  667.  ^  Indispensable  à  Tétude  du  symbo- 
lisme ,  IV,  78 ,  109.  —  Ce  qu'elle  a  inspiré  de  belles  œuvres  d'art  au 
moyen  Age,  II,  402,  404, 630  ;  — III,  33;  ^  IV,  16.— De  quelles  lumières 
elle  brille  dans  les  Pères  et  les  Docteurs,  II,  473;  —  IV,  109.—  Elevée 
par  S.  Thomas  d'Aquin  au-dessus  de  la  philosophie,  II,  630.  —  Secours 
qu'elle  reçoit  de  la  méthode  scolas tique ,  632.  —  Sa  belle  période  du 
XI*  au  xiv«  siècle,  III,  347  ;  —  IV,  15  et  suiv.—  Sa  méthode  d'enseigne- 
ment s*altère  dans  l'art  chrétieu  en  se  rapprochant  du  xvi^,  in,  27.  — 
Combien  elle  est  belle  au  xiii*,  IV,  369. 

Théophile  ,  moine  du  xii*  siècle ,  auteur  du  Schedula  dioersarum 
artium,  1, 336;  —  II,  341  ;  —  III,  62,  350  et  suiv.,  356;  —  IV,  7.— Analyse 
de  son  Schedvla  ;  son  génie  et  ses  travaux ,  310  et  suiv.  —  Son  encen- 
soir, récemment  exécuté,  311. 

Théophile  d'Antioghb  (S.).  Ce  qu'il  dit  de  l'œuvre  créatrice  de 
Dieu,  reproduite  dans  les  sculptures  des  églises  chrétiennes,  III,  314 
et  suiv. 

Thérèse  (S**).  Comment  ou  devrait  bAtlr  une  église  sous  son  vocable 
et  la  décorer  de  peintures,  IV,  66. 

Thibaud  IV,  comte  de  Champagne  au  xni*  siècle.  Caractère  mélan- 
colique de  ses  compositions  musicales,  IV,  257. 

Thibault  ou  Théobald,  poète,  physiologue  du  xir  siècle.  Son  livre 
De  Naturis  duodecim  animaUum  ,  II ,  6  ,  —  III ,  479  ,  —  publié  au 
XV*  siècle,  réédité  dans  ce  livre,  t.  111,  p.  471^  et  suiv.  —  Caractères  de 
ce  physiologue  et  de  son  commentateur  inconnu,  476  et  suiv.  —  Con- 
jectures sur  l'auteur,  477.  —  Sources  de  son  travail  et  but  qu'il  s'y 
propose,  377  et  suiv.— Son  caractère  littéraire,  510.—  Il  n'est  point  le 
Bestiaire  de  l'Arsenal,  IV^  450. 

Thomas  (S.)^  Apôtre,  symbolisé  par  l'aigue-marine,  U,  382.  —  Autres 
attributs,  III,  146. 

Thomas  d'âquin  dit  que  l'âme  glorifiée  ne  le  sera  complètement 
qu'avec  son  corps,  II,  181.  —  Sa  description  de  la  Synagogue  comparée 


654  HISTOIRB  DU  SYMBOLISME. 

à  rftme  déchue  de  rinnocence,  460.  —  Caractère  de  sa  théologie,  630 
et  suiv.;  —  IV,  385.  —  Il  lui  donne  la  forme  ayllogistique,  631  et  snir. 
^  Usage  quMl  fait  du  symbolisme,  633.—  Sod  bel  office  du  Saint-Sacre- 
ment, 634  et  suiY.;  —  III,  557;  —  IV,  225  ,  255.  —  Un  trait  de  sa  chas- 
teté, III,  662. 

Thomas-Hélie  (Le  B.),  confesseur  de  S.  Louis.  Sa  chasuble  armoriée 
de  France  et  de  Gastille,  IV,  175. 

Thomas  db  Kbhpis  (Le  B.),  se  sert  du  symbolisme  des  nombres,  I, 
139. 

Thomas  de  Gantimpré,  dominicain  du  xni«  siècle.—  Idée  de  son  ca- 
ractère littéraire,  II,  626. 

Thyatire,  une  des  premières  Églises  de  TAsie,  perdue  par  Thérésie, 
II,  155. 

Thyrse,  symbole  de  Bacchus,  I,  84. 

Tiare  d*Âaron.  Ce  qu'elle  signifie,  n,  95.  —  Ce  que  83rmboli6e  celle 
des  Souverains  Pontifes,  IV,  81. 

Tiédeur  des  chrétiens  reprise  dans  TÉglise  d'Éphèse,  II,  153, 154. 

Tigre,  animal,  symbole  de  ia  cruauté  perfide,  III,  446.— Symbolisme 
de  son  nom»  516. 

Tigre,  fleuve  de  l'Euphrate.  Symbolisme  de  son  nom,  III,  516.— L*un 
des  quatre  du  Paradis  terrestre,  iV,  48. 

TiMANTHE,  peintre  athénien.  Son  tableau  du  Sacrifiée  d'iphigénie^ 
I,  275. 

TiMOTHÊE  (S.),  disciple  de  S.  Paul,  premier  évéque  d'Éphèse.  Dates 
des  deux  Ëpttres  que  lui  adressa  TApôtre,  II,  153. 

Titans  vaincus  par  Jupiter ,  fable  tirée  de  la  chute  des  Anges  ,  I , 
82. 

TOBIB.  Traits  de  symbolisme  relatifs  à  son  histoire,  I,  44  ;  —  11,508. 
-*  But  de  son  livre,  39;  —  un  passage  mal  compris  par  dom  Calmet, 
163.  ^  Magnificences  poétiques  de  son  Cantique ,  où  il  prophétise 
l'Église  chrétienne,  414.  —  Touchant  ensemble  de  son  histoire,  416.— 
Représente  l'ancienne  Loi  dans  la  Vierge  au  poisson  de  Raphaël,  IV, 
375  et  suiv. 

Tombeaux.  Pierres  runiques  des  Scandinaves,!,  180.—  Dolmens  des 
Celtes,  198,  221,  231  et  suiv.  (Voir  Dolmens,)  —  Puits  funéraires  de  la 
Vendée ,  198.  —  Tombeaux  païens  avec  sculptures  symboliques  de 
nymphes  et  de  tritons,  200.—  Allégories  chrétiennes  plus  convenables, 
201  ;  —  II,  12  ;  —  III,  88,  292,  540.  —  Symboles  à  y  employer,  303, 522. 
—  Tombeau  du  mandarin  Paul  Hu  à  Nankin,  I,  201. —  Emblèmes  des 
vices  et  des  vertus  au  Congo,  201.  —  Tombeaux  à  formes  symboliques, 
228;  —III,  80  ;  —  très-diverses,  et  époque  de  chacune,  n,  344  et  suiv.;  — 
111,80.— Leur  orientation,  I,  231  et  suiv.;— 111,79  et  suiv.— Tombeau  du 
Sauveur  en  marbre  rouge  veiné  de  blanc  au  vu*  siècle,  1, 316;  — coloré 
en  vert,  320.  —  Cercueils  cylindriques  ;  conjecture  sur  leur  eaoae  et 


TABLE  6ÉNÉRALB.  65$ 

leur  origine.  H,  345.— Convenance  dee  tombeaux  dans  les  églises^mé- 
connue  de  la  philosophie  moderne ,  III ,  79 ,  97  et  suiv.,  155 ,  175 ,  225, 
302.  —  Époques  des  cercueiJs  de  bois  et  de  pierre ,  et  symbolisme  de 
leurs  deux  yersants,  80,  81.—  Statues  funéraires  ;  symbolisme  de  leurs 
détails ,  81 ,  134  ,  135  ^  155 ,  302  ;  —  celui  des  scènes  historiques  ^  88.  — 
Inscriptions  constatant  la  vente  du  sol  consacré  à  des  sépultures,  87.— 
Symboles  des  arts  et  métiers  ,  des  professions  et  des  dignités  inscrits 
sur  les  tombeaux ,  87.  —  Tombeau  de  Gauthier,  évêque  de  Bemberg, 
avec  des  paons  symboliques  ,  292.  —  Caractères  que  doivent  avoir  les 
monuments  funèbres  dans  les  églises,  300  et  suiv. ,  302,  303.—  Graines 
de  trèfle  trouvées  dans  les  tombeaux  chrétiens,  523.  —  Sens  à  donner 
aux  feuilles  en  forme  de  cœur  sculptées  sur  les  tombeaux  ou  épitaphes 
des  chrétiens,  540. 

Tonnerre.  Applications  symboliques  de  ce  phénomène  dans  le 
langage  biblique,  II,  481. 

Tonsure  ,  symbole  de  la  déricature  catholique  ;  ordonnée  par 
S.  Pierre ,  III ,  143.  —  Donnée  à  S.  Jean  l'Évangéliste  dans  iconogra- 
phie, 145. 

Topaze,  pierre  précieuse,  avait  le  don  de  consoler ,  Il ,  366.  —  Ses 
belles  qualités;  symbolise  la  tribu  de  Siméon  et  S.  Jacques  le  Mi- 
neur, 382 ,  —  les  bonnes  œuvres,  617,  —  les  vertus  surnaturelles,  III, 
280. 

Tortue  ,  symbole  de  l'assiduité  domestique  ,  1 ,  74.  —  Consacrée  à 
Apollon,  170. 

Toulouse.  Armoiries  des  comtes  de  Toulouse  en  1088, 11,540. 

Tour,  symbole  de  la  fermeté,  I,  207  ;  —  III,  283.  —  Tours  des  églises 
et  leurs  clochers,  115  et  suiv.  —  Une  tour ,  symbole  héraldique  du 
royaume  de  Castille,  lY,  175. 

Tournois,  ont  été  l'occasion  des  armoiries,  II,  542. 

Tourterelle,  symbole  jde  Thumanité  et  de  la  divinité  du  Sauveur, 
II ,  99,  —  de  la  chasteté ,  100 ,  531 ,  —  III ,  343 ,  —  de  la  fidélité  conju- 
gale, II,  123,  531,  —  de  la  foi  chrétienne,  531  ;  —  tout  cela  réuni 
en  un  charmant  petit  poème  du  Physiologue  de  Théobald  ,  III,  505  et 
suiv. 

Tradition,  enseignement  oral  des  vérités  catholiques  perpétué  par 
l'Église  sans  interruption,  II,  32,  469.  —  La  tradition  des  Pères  n'est  en 
rien  plus  universelle  que  sur  le  symbolisme,  471.—  Titre  des  traditions 
ecclésiastiques  à  la  vénération  de  tous,  III,  143. 

Trajan  fait  beaucoup  de  mal  aux  Juifs,  II,  192. 

Transfiguration  de  Notre-Seigneur.  Son  symbole  dans  le  nimbe  de 
sa  tète  ou  Tauréole  de  toute  sa  personne,  II ,  153  ,  342.  —  Entoure  le 
Sauveur  de  sa  gloire  lumineuse  du  ciel,  387.  —  Symbolisme  des  trois 
Apôtres  figurant  dans  ce  mystère,  532. 

Trappe  (Abbayes  de  la).  Leurs  règles  austères  sur  la  simplicité  dee 
églises  monastiques,  II,  598,  604. 


656  mSTOiRfi  DU  SYMBOLISME. 

Travail  ,  imposé  à  Tbomme  et  Bymbolisé  par  les  xodtaqMi  aux 
portes  des  églises ,  III ,  452.  —  Comment  Dieu  le  bénit  dans  la  poiaée 
de  rËgUse,  454,  455. 

Travées  des  églises.  Inégalité  calculée  de  leur  hauteur,  et  sa  raison 
symbolique,  III,  182. 

Trèfle.  Graines  de  trèfle  trouvées  dans  des  sépultures  chrétiennes, 

III,  523;  —y  symbolisent  la  foi  eu  la  Trinité;  origine  de  ce  symbole, 

IV,  74. 

Trévoux  (Journalistes  de^  Articles  cités  dans  ce  livre  sur  les  règles 
d'interprétation  de  TÉcriture  sainte,  II,  57. 

Trianqlb.  Ses  diverses  significations  symboliques  ,  1 ,  53  ,  114  ;  — 
IV,  73. 

Tribus  d'Israël ,  reçoivent  le  nom  des  douze  enlknts  de  Jacob  sym- 
bolisés par  leurs  noms  mêmes,  II,  108  et  suiv.  —  Leurs  rapports  mys- 
tiques avec  les  douze  Apôtres  et  les  douze  pierres  précieuses  qui  les 
symbolisent,  370,  378  et  suiv. 

Trident,  attribut  de  Neptune,  1,  286. 

Triporium  ,  embellissement  donné  aux  églises  du  xii*  siède ,  DI, 
29. 

Trilobé  ,  rose  à  trois  compartiments  inscrite  dans  la  tête  d'une  fe* 
nêtre  romane  ou  ogivale  et  qui  symbolise  la  Trinité,  IV,  74. 

Trinité  (La  Sainte),  symbolisée  par  le  triangeéquilatéral,  1,53,1  H, 

—  111,110,—  IV,  73,77,—  par  un  cercle,  1,54;  —  IV,  77,  78,  79; — 
expliquée  dans  ce  sens  par  Kepler,  I,  54  et  suiv.,  —  par  les  trois  Anges 
d'Abraham  ,  8i,  101  ;  —  IV,  75.  —  Trinité  païenne  de  Jupiter,  1, 81.  ~ 
Sa  notion  originelle  suppose  Fart  de  compter  dès  l'origine  du  monde, 
101.  _  Symbolisée  par  le  nombre  8,  126,  130,  141,  146,  308.->  N'a  pas 
été  vue  de  Platon  aussi  clairement  qu'on  l'a  dit ,  146.  —  La  Trinité  di« 
vine  imprimée  dans  l'homme,  147.  —  Trinité  hindoue  calquée  sur  celle 
des  livres  bibliques,  156,  300.  —  La  Trinité  chiétienne  symbolisée  par 
le  trèfle,  199,  —  IV,  74,  —  par  le  lis,  I,  205,  —  par  le  chou  acrotère  des 
pignons  ,  au  xiv«  siècle ,  III,  131 ,  —  par  le  Kyrie  eleison  ,  IV,  157.  — 
Chaque  Personne  porte  le  nimbe  croisé ,  II ,  354  ;  —  III ,  172.  —  Belle 
mosaïque  de  Saint-Paulin  de  Noie,  au  iv«  siècle,  IV,  47;  —  on  n'a 
guère  d'image  de  la  Trinité  avant  cette  époque,  et  pourquoi ,  75,  110. 

—  Elle  a  contribué  par  les  trois  Personnes  à  la  création,  II,  160,  —  IV, 
77,  —  et  à  la  rédemption,  III,  172,  —  à  l'Eucharistie,  FV,  78.—  Symbole 
de  l'égalité  du  Père  et  du  FUs ,  II,  390.  —  Traité  Des  Noms  divins ,  de 
S.  Denis,  et  ce  qu'il  dit  de  l'application  de  nos  qualités  et  de  nos  formes 
à  l'existence  des  trois  Personnes ,  476.  —  L'Église  interdit  les  images 
abusives,  IV,  79,  80.— La  Trinité,  source  de  la  science  humaine  d'après 
les  enseignements  du  xii*  siècle  ,  II ,  577;  —  III ,  161.  —  Symbolisée 
dans  les  trois  portes  des  églises,  140, 160  ,  —  IV,  74,  —  et  les  trois  fe- 
nêtres absidales»  III,  35,  —  IV,  74,  —  et  les  trois  nefs,  III,  161, 175,  — 
IV,  74,  —  et  tous  les  détails  de  l'église,  74.— Monastères  construits  sur 
un  plan  triangulaire,  73.  —  Combien  lei  Pères  sont  précautioniiMx 


TABLE  GÉNÉRALE.  657 

dans  renoncé  de  ce  mystère,  75  el  sniv.— Son  iconographie  an  xii«  siècle, 
77^— et  pins  tard,  78, 79.^ Dangers  de  l'anthropomorphisme,  78  et  sui 7. 
-7  Figure  géométrique  entourée  du  Tétramorphe^  79.— Images  à  éTiter 
de  trois  têtes  d'hommes  sur  un  seuLcorps^  80.  —  Types  à  suivre^  80  et 
suiv.  —  La  Trinité  créant  le  monde^  84. 

TaiTHàME.  Son  application  aux  sciences  occultes^  III,  349. 

Trompettes  des  Anges  de  l'Apocalypse ,  II ,  190 ,  191 ,  —  sonneront 
au  jugement,  191 ,  345.  —  Y  seront-elles  une  réalité  ou  un  symbole? 
637.  —  L'Église  les  mentionne  dans  ses  prières,  III,  100. 

Taong  des  églises.  Sa  place,  ses  origines,  ses  ornements  couTenables, 
III,  210. 

Trône  de  Dieu,  symbole  de  sa  toute-puissance,  II,  163,  293,—  de  la 
puissance  judiciaire,  166. —Donné  aux  Saints  dans  le  ciel,  331.— Trône 
épiscopal  dans  les  cathédrales;  ses  conditions  symboliques,  III,  232;  — 
son  coussin  de  laine,  233. 

Truie  qui  file,  II,  23  ;  —  III,  448  ;  —  IV,  29. 

Trumeau  ,  montant  de  pierre  partageant  la  porte  médiane  d'une 
église,  et  auquel  s'applique  une  statue.  Son  symbolisme^  III,  140. 

Tuiles,  symbolisent  dans  la  toiture  des  églises  la  défense  temporelle 
du  monument,  III,  115. 

Tunique  (voir  Robe). 

Turquoise,  pierre  précieuse,  guérissait  des  chutes  violentes ,  11^  366. 

Tympans,  encadrement  au-dessus  d'une  porte  d'église  qu'on  garnit  de 
sujets  sculptés.  Jugement  dernier  à  Poitiers  ,  Il ,  169, 191,  343  et  suiy.; 
—  III ,  141.  —  L'ensemble  des  figures  apocalyptiques  à  la  cathédrale 
d'Angers,  II,  401,  —  III,  142 ,  —  à  Sainte-Praxède  de  Rome,  II ,  401.  — 
Bel  effet  des  voussures  sculptées  des  tympans,  III,  141,  —  presque  tous 
empreints  de  symbolisme,  I Y,  443  et  suiv. 

Typhon  ,  mauvais  génie  ,  vaincu  par  Osiris ,  1 ,  87 ,  90.  —  Ses 
fonctions  dans  l'ordre  du  mal,  89,  90.—  Sa  couleur  rousse,  306,  339. 

Tyb,  capitale  de  la  Phénicie.  Sa  ruine,  image  prophétique  de  celle 
de  Rome  païenne,  II,  280.— ST  Paulin,  son  évêque,  rebâtit  magnifique- 
ment son  église  ruinée,  III,  46. 

u 

Unité  ,  une  des  premières  conditions  de  l'art.  Ce  qu'elle  est ,  III , 
253 ,  254;  —  IV,  22.  —  Indispensable  dans  la  restauration  des  monu- 
ments ,  m  ,  255  ;  —  IV,  114 ,  120  et  suiv.  —  Unité  de  l'Église  (voir 
Église). 

Urbain  II  (Le  Pape)  bénit  le  premier  la  rose  d'or,  I,  330.— Insère  des 
parcelles  de  l'Eucharistie,  au  lieu  de  reliques,  dans  Tautel  de  Marmou^ 
tiers  consacré  par  lui,  III,  263. 

T.  IV,  42 


4)58  HISTOIRE   DU   SYMBOLISME. 

Umbain  IV  (Le  Pape)  fait  composer  eu  1264  Toffice  du  SaiuUSacre- 
luent  par  S.  Thomas  d'Âquin,  II,  634. 

Ubbain  VIII  (Le  Pape).  Ses  ordomaaDces  sur  l'imagerie  religieuse, 
111,435;  —IV,  80. 

Urne  d'or  de  Tarche  d'alliance,  symbolisée  par  le  sépulcre  desaateU 
chrétiens^  III,  264. 

UsAQBS  symboliques  des  peuples,  I,  184  et  suiv. ettout  le  cha- 
pitre VIII. 


Vache.  Son  aymbolisme  dans  la  religion  de  Tlnde  et  de  TÊgypte,  I, 
161  et  suiv.,  163.  —  Vache  rousse  des  sacriûces  hébreux ,  307. 

Vair  ,  Tune  des  deux  fourrures  du  blason^  II,  549. 

Valérien  (L'empereur),  vaincu  par  Sapor  I",  II,  207,  268,  277.  — 
Sa  persécution  contre  l'Église^  214,  274. 

Valéry  (S.).  Sa  prophétie  à  Hugues  Gapet  sur  le  règne  de  ses  des- 
cendants, I,  151. 

Van  Eygk,  peintre  de  l'école  hollandaise  an  xvi'  siècle,  retrouve  la 
peinture  à  l'huile,  II,  24;  —  néglise  l'usage  du  nimbe,  IV,  87.  —  Sa 
part  dans  une  indigne  représentation  de  la  Sainte  Vierge,  391. 

Vandales.  Époque  de  leur  invasion  dans  les  Gaules,  IV,  426. 

Varaze,ou  de  Voragine  (Le  B.  Jacques  de),  hagiographe  du  xi«  siècle, 
II,  20.  —  Analyse  de  sa  Légende  dorée,  647  et  suiv.  ^  Notice  sur  la  vie 
et  les  ouvrages  de  l'auteur,  649  et  suiv.  —  Traduction  de  la  Légende 
dorée  par  M.  Brunet,  très-imparfaite,  655. 

Varron.  Ses  superstitions  sur  le  nombre  9, 1,  116.  —  Ce  qn'il  dit  des 
formes  géométriques  des  temples  païens,  228. 

Vases  trouvés  dans  les  sépultures  chrétiennes,  1, 199,  200.  —  Signi- 
fications multiples  et  symbolisme  du  mot  vase  dans  l'Ecriture,  11,76 
et  suiv.  —  Vases  d'or  des  Vieillards  de  l'Apocalypse,  symbole  de  la 
prière,  173.  —  Les  vases  de  terre  de  S.  Paulin  de  Noie,  492.  —  Vases 
sacrés  :  que  les  symboles  conviennent  a  leur  ornementation,  521. 

Vautour,  symbole  de  la  maternité,  I,  94,  —  de  la  rapacité  crimi- 
nelle ,  III,  446,  —  de  l'hypocrisie  cruelle,  IV,  334,  —  du  démon,  454. 

Véda,  livre  sacré  des  Hindous.  Notions  qu'il  donne  de  Dieu,  I,  157. 

Vendange  ,  symbolisant  les  catastrophes  de  l'Empire  romain  sons 
Alaric  et  Attila,  II,  260  et  suiv. 

Vengeance,  symbolisée  en  Egypte  par  des  cornes,  I,  162.  —  La  ven- 
geance de  Dieu  sur  les  méchants;  comment  désirée  par  les  Saints,  II, 
179. 

Vent  ,  symbole  des  orages  et  des  tempêtes  morales  ou  temporelles^ 
II,  243.  . 


TABLE  GÉNÉRALE.  659 

VÉNUS,  planète  au-dessous  de  laquelle  est  une  croix  pour  indiquer 
ses  influences  an ti chrétiennes,  1 ,  58.  —  Symbolisée  par  le  cuivre,  60. 

—  Symbole  de  son  temple  à  Papbos,  153.—  Est  le  Mithra  des  Perses, 
166.—  A  pour  attribut  une  colombe,  169 .— Conditions  symboliques  de 
ses  temples,  225, 227.  —  Vénus  céleste,  ou  Aphrodite,  type  des  amours 
honnêtes  de  la  famille,  258,  300,  318.—  Vénus  faite  d'aimant,  268.  — 
Vénus  noire  des  Grecs,  300.  —  La  rose  lui  est  consacrée,  327. 

Ver  de  terre.  Pourquoi  David  en  fait  le  symbole  de  Jésus-Christ, 

II,  i91. 

Verges  (voir  Fouet). 

VERGïtEAU-RoMAONÉsi,  archéologuc.  Ses  fausses  appréciations  sur 
un  chapiteau  de  Fleury-sur-Loire,  II,  180;  —  IV,  449. 

Verneuil-sur-Oisb  :  concile  de  755,  interdisant  d'établir  des  baptis- 
tères sans  le  concours  de  l'Ordinaire,  III,  290. 

Verrières  (voir  Vitraux). 

Verseau  du  Zodiaque.  Son  signe  symbolique,  I,  58.  —  Pourquoi 
comparé  à  Rnben,  l'un  des  fils  de  Jacob,  II,  109.  —  Comment  caracté- 
risé dans  l'iconographie  du  moyen  âge,  III,  457. 

Vert,  symbolise  la  régénération  et  toutes  les  idées  accessoires,  I,.^17, 
319;  — 11,367,450;  —  111,82;  — IV,  9, 141.  —  A  quelles  divinités  cette 
couleur  convenait  dans  la  peinture  antique,  II,  318,  319,  —  et  comment 
elle  est  employée  par  l'art  chrétien,  I,  320;  —  IV,  9, 141.  —  Symbole  de 
l'espérance,  I,  319,  320  ;  —  II.  165,  548,  619;  —  IV,  177,  211;  —  de  la 
charité,  I,  320,  450  ;  —  de  la  victoire ,  322;  —  de  la  virginité,  II,  493;  — 
des  néophytes,  641.  —  Donné  à  Jésus  Enfant  et  à  la  Vierge  Mère,  1, 320, 
IV,  9,  141 ,—  à  la   croix,  I,  320,  323,  —  à  Satan,  323,-11,  3â4,— 

III,  386 ,  —  à  l'hypocrisie,  II,  324  ,  —  à  S.  Jean  l'Évangéliste,  450,  —  à 
la  Synagogue  ,  451,  —  au  mal,  IV,  9.  —  Acceptions  néfastes  de  cette 
couleur,  I,  322,  323;  —  II,  324.—  Elle  est  le  sinople  du  blason,  548. 

Vertus  chrétiennes,  symbolisées  dans  les  légendes ,  I,  46  et  suiv.  — 
Pourvues  d'un  écusson  allégorique  à  la  cathédrale  d'Amiens,  II,  543  ;  — 

III,  570.—  Les  vertus  cardinales,  I,  110, 132,  147,616;  —  III,  427;  — 

IV,  126, 331,  358.  —  Out  un  nimbe  carré,  331.  —  Théologales,  I,  208  ;  — 
II.  161;  —  IV,  331.  —  Vertus  qui  ont  mérité  le  ciel  aux  Élus,  II,  187. 

—  Représentées  par  des  fleurs  et  des  fruits,  III,  570.  —  Les  vertus  chré- 
tiennes distribuées  an  sud  des  églises,  127, 128,  320.— Figurées  par  des 
chevaliers  terrassant  les  vices,  427,  569  et  suiv.  —  Accompagnent  sou- 
vent les  signes  du  Zodiaque  aux  tympans  des  églises,  455.  —  Manière 
de  les  personnifier  dans  l'art  chrétien,  570 . 

Vespasien  brûle  le  temple  de  Jérusalem,  II,  213. 

Vesta,  symbolisée  par  un  autel  ardent,  1, 58 ,  —  par  un  [temple  rond 
360.  —  Son  culte  dans  les  allégories  de  Dupuis,  368. 

VÊTEMENTS  saccrdotaux.  Symbolisme  de  ceux  de  l'ancienne  Loi,  II, 
93 ,  263  ,  315  ,  499  ;  —  IV  ,  161.  —  Déchirés  par  Calphe  ,  II ,  499.  — 
S.  Jean  l'Évangéliste  a  célébré  le  premier  la  Sainte  Messe  avec  des 


660  HISTOIRE  BU  8TVB0U61IE. 

vêtements  sacerdotaux  ,  m,  145.  —  Les  den  des  premiers  temps  en 
restaient  toi:yoars  reTêtus  ,  lY ,  161 ,  162.  —  Leurs  couleurs  réglées 
d*aprè3  les  notions  symboliques,  II ,  315,  317  ;  ~  IV ,  90^  176,  177  et 
suiv.  —  Le  bleu  aux  fêtes  de  la  Sainte  Vierge  ,  1 ,  317.  —  Le  violet 
observé  au  xiip  siècle,  236,  —  et  encore,  IV,  176.  —  Le  blanc  à  toutes 
les  fêtes  de  Notre -Seigneur  qui  ne  sont  point  de  sa  Passion,  II,  315. 

—  Le  cordon  du  costume  sacerdotal,  662 ,  603  ;  — IV,  169.  —  Revue 
de  tous  les  vêtements  épiscopaux  et  sacerdotaux,  161  et  suiv.,  168 
et  suiv.,  179.  (Voir^dans  cette  Table  les  noms  spéciaux,)  —  Introduc- 
tion des  armoiries  dans  les  étoffes  sacrées  et  sur  les  instruments 
du  culte  catholique  ,  175  et  suiv.  —  Application  de  l'orfèvrerie  aux 
vêtements  sacrés»'321. — Ces  vêlements  privés  de  leurs  formes  antiques^ 
an  grand  détriment  de  leur  dignité,  399. 

V&zsLAY,  abbaye  de  Bourgogne.  Sculptures  remarquables  de  la  ten- 
tation d*Ève  ,  m ,  366 ,  —  du  désespoir,  370 ,  —  de  son  Zodiaque ,  460 , 
— -  d*un  cb«^[»iteaa  représentant  S.  Paul  moulant  le  blé  eucharistique, 
IV,  18. 

Via.  Gri;cis  (voir  Chemln  de  la  Croix). 

ViCBS ,  symbolisés  à  la  cathédrale  d'Amiens  ,  mais  privés  des  écus- 
sons  donnés  aux  vertus  ,11,  543  ;  —  III ,  570;  •»  IV,  330 ,  331.  —  Les 
vices  représentés  au  côté  nord  des  églises,  III ,  127,  128,  —  par  des 
animaux  malfaisants,  369,  570,  —  par  des  démons  que  terrassent  des 
vertus,  427.  —  (Voir  Zooiaqce.) 

VicHKor,  une  des  personnes  de  la  trinité  hindoue,  1, 156.  --Comment 
il  est  honoré  ,  160  et  suiv.  —  Symbole  de  ses  neuf  incarnations  ,  163. 

—  Couleur  bleue  de  son  corps,  313,  —  ou  verte,  317.  —  Confondu  avec 
Jessé'par  M.  Portai,  340. 

Vico  (Énéa),  graveur  italien  de  la  Table  Isiaqne,  an  xvi*  siècle,  1,  85. 

ViGTorRB  aptère,  ôtant  ses  sandales,  I,  268,  —  parée  d*ailes  blan- 
ches, 293. 

Victoria  (S.),  évêque  de  Poitiers  et  non  de  Petaw,  Son  Commentaire 
de  rApocalypse,  II,  166,  167,  212,  486. 

Vida,  poète  latin  du  xvi*  siècle,  mêle  le  paganisme  au  christianisme 
dans  son  poème  de  La  Chrisliadey  IV,  381 . 

Vieillards  de  l'Apocalypse.  Symbolisme  de  leur  nombre  S 4, 1,130, 
140.  —  Leur  rôle  autour  du  trône  de  Dieu,  II ,  163,  164  ,  167,  257,  310. 

—  Leur  nombre  se  compose  des  douze  Patriarches  ou  des  dôme  Apô- 
tres ,  166 ,  310,  378.  —  Jettent  leur  couronne  aux  pieds  l'Agneau,  269 , 
401.  —  Figurent  dans  La  Divine  Cotnédie  de  Dante,  III,  354. 

Vierge  (La)  du  Zodiaque.  Son  signe  symbolique,  I,  58.  —  Comparée 
à  Joseph  dans  la  prophétie  de  Jacob,  II,  1 10. 

ViBROBS  sages,  honorées  d'un  écusson  sjrmboliqne  à  la  cathédrale 
d'Amiens,  II,  543.  ~  Symbolisées  par  la  couleur  verte,  641.  —  Vierges 
sages  et  Vierges  foUes  sculptées  à  l'église  de  Fribourg  en  Brisgaw ,  m, 
142»  —  Drame  du  ii*  siècle,  IV,  202.  —  Accompagnent  parfois  les  vertus 


TABLE  GÉNÉBALE.  66^ 

et  les  Tices  dans  l^ioonographie  cbrétienne,  331.  —  Les  Tierges  mar- 
tyres dotveot  porter  une  robe  rose,  366.  ^  Signe  de  la  Vierge  dans  le 
Zodiaque;  son  origine  discutée^  III^  459, 463. 

Vieux  de  la  Montagne.  Son  message  symbolique  à  S.  Louis ,  1 ,  186. 

Vigilance  ,  symbolisée  par  le  coq  ,  1 ,  209. 

Vigile  (Le  Pape)  rétablit  Torientation  des  églises,  interdite  depuis  le 
iv«  siècle  ,  111 ,  75. 

Vigne  ou  pampre,  symbole  de  Baccbus ,  1 ,  84 ,  —  de  T Eucharistie , 
208 ,  —  II ,  16  ,  —  III ,  16 ,  —  de  T union  de  Jésus-Christ  et  des  Apô- 
tres, 520,  523,  564,  —  de  l'Église,  II ,  217,  418,  529,  —  IV,  456 ,  —  de  la 
mort,  II,  260,  —  d'une  épouse  vertueuse,  419,  —  et  féconde,  IIÏ ,  518, 

—  du  Sauveur,  II,  521 ,  —  UI,  458,  520,  564.  —  Vigne  inféconde,  figure 
de  ringratitude  envers  Dieu  ,  II ,  529;  —  III ,  518.  —  Vigne  taillée  au 
mois  d'avril ,  dans  les  zodiaques  du  moyen  Age,  4^.  —  La  vigne  et  ses 
fruits  ne  peuvent  être  confondus  avec  les  aroldes  ,  535 ,  539,  540  ;  — 
très-capricieuse  pourtant ,  et  pourquoi ,  536. 

Villes  représentées  par  des  symboles,  I,  263;  —  leurs  armoiries, 

II,  550,  ->  presque  toujours  par  des  femmes,  284. 

Villon.  Ce  qu'il  dit  des  images  des  églises  dans  son  Hymne  à  la 
Vierge,  lII,  429. 

Vin,  symbole  des  Justes  forts  dans  la  foi,  II,  177  ,  —  de  la  colère  cé- 
leste, 250,  —  des  enivrements  des  passions  ,  284.  —  Figure  le  Sang  de 
Jésus-Christ,  485  ,  —  et  la  joie  spirituelle,  III,  267. 

Vincent  de  Beauvais  ,  encyclopédiste  du'xiv«  siècle,  II ,  20.  — Idée 
de  son  Miroir  universel ,  622 ,  629 ,  —  de  son  Miroir  naturel ,  629  et 
Buiv.,  —  de  son  Miroir  doctrinal,  III ,  453.  —  Mal  jugé  par  quelques 
critiques  sans  compétence ,  II ,  623 ,  678.  —  Conjectures  sur  l'époque 
de  sa  mort ,  624.  —  Résume  tout  le  symbolisme  iconographique  du 
moyen  Age,  625.—  Son  oiseau  du  Paradis,  626  et  suiv.  —  Reproche 
injuste  fait  à  son  style,  628.  —  Ce  qu'il  dit  des  tourments  de  l'enfer, 

III ,  389,  —  du  travail  de  l'homme  selon  les  diverses  saisons  de  l'année, 
453,  —  de  la  calandre,  474. 

Vinci  (Léonard  de).  Son  beau  tableau  de  la  Chne ,  1 ,  307.  —  Son 
Traité  de  la  peinture,  314. 

Violet,  couleur  mixte  composée  de  rouge  et  do  bleu.  Incertitude  de 
la  théorie  qui  lui  assignerait  un  sens  symbolique ,  1 ,  334  ;  —  IV,  178. 

—  Adopté  pour  le  deuil ,  I,  334  ;  —  IlI ,  386  ;  —  IV,  176.  —  Donné  aux 
martyrs,  1 ,  336,  —  IV,  9,  —  à  la  pénitence,  178.  —  Beaucoup  employé 
au  moyen  Age,  1 ,  337.  —  Manteau  violet  de  Notre-Seigneur  pendant  sa 
vie  rédemptrice,  II,  338.  —  Robe  violette  des  énergumènes ,  III ,  386. 

—  Péplum  violet  donné  à  Jésus  sur  la  croix,  IV,  9. 

Violette,  symbole  de  l'humilité.  II,  588;  —  III ,  567;  —  des  con- 
fesseurs ,  II,  645  ;  ^  III,  567. 

Viollet-Ledl'c  ,  architecte ,  auteur  du  Dictionnaire  d^ architecture , 
n'y  parle  pas  du  symbolisme  de  la  forme  cruciale  des  églises ,  III , 


662  HISTOIRE  DU  SYMBOLISME. 

169.—  Erreur  sur  la  colombe  servant  de  tabernacle,  S84.  —  Ne  dis- 
tingue pas  assez  bien  les  caractères  architecturaux  des  xfi*  et 
XIII*  siècles ,  IV  ,  313. —  Attribue  trop ,  dans  le  symbolisme,  aux  con- 
quérants des  pays  où  fleurit  Tarchitecture  du  moyen  ftge,  465. 

Vipère  (voir  Serpent). 

Virgile  décrit  les  initiations  païennes,  1, 75. —  Cité  sur  le  nombre  S, 
117.  — Imitateur  d'Homère,  191.  —Virgile  bissé  dans  un  panier,  II,  22. 

—  Dante  fait  de  Virgile  le  symbole  de  la  poésie,  665^  667^  670. —Prédic- 
tion du  Christ  dans  la  quatrième  églogue,  tôid.,  — qui  associe  le  poète 
à  la  sibylle  de  Cumes,  IV,  102.  —  Son  rôle  identique  dans  la  Fêle  de 
VAne  parmi  les  Prophètes,  212. 

Virginité.  Différents  symboles  qui  l'expriment  :  une  couronne  formée 
par  la  jonction  du  pouce  et  de  l'auriculaire  de  la  main  droite,  I,  56;  — 
le  nombre    1,  144  ;  —  le  nombre  O,  III,  541;  —  la  couleur  blanche  , 

I,  299.—  Estimée  chez  tous  les  peuples,  203  ; —III,  459  ;  —IV,  97.  —  Ses 
privilèges  à  la  suite  de  l'Agneau  divin,  II,  257  ;  —  IV,  97.  —  Symbo- 
lisée par  une  robe  blanche ,  1 ,  329 ,  —  11,  312.  —  A  des  droits  parti- 
culiers à  la  Table  du  Seigneur,  491.  —  Sa  gloire,  au-dessus  de  celle  du 
mariage ,  493  ;  —  IV  ,  97.  —  Son  éloge  p.ar  S.  Boniface  de  Mayenee, 

II,  529.  —  Soin  que  se  donne  le  moyen  âge  de  parer  Marie  de  tous  les 
attributs  de  la  virginité  ,  III ,  420;  —  IV  ,  131.  —  La  licorne  se  réfu- 
giant dans  les  bras  d'une  vierge  ,  III ,  459.  —  Éloges  de  la  «virginité 
par  les  écrivains  du  moyen  âge ,  543.  —  L'absence  du  voile,  indice  pri- 
mitif de  la  virginité  chrétienne,  IV,  131. 

Visions  ménagées  de  Dieu  pour  annoncer  des  faits  importants  à 
Daniel  sur  les  événements  qui  suivront  la  mort  d'Alexandre  ,  1, 89,  — 
à  S.  Jean  pour  la  composition  de  son  Apocalypse ^  II,  142.  —  Visions 
de  S.  Patrice  sur  le  purgatoire,  III,  387.  —  La  Vision  d*Ezéchiel,  ta- 
bleau de  Raphaël,  IV,  377.  —  Visions  de  Daniel  sur  la  suite  de  l'empire 
d'Alexandre,  II,  88;  —  d'Ëzéchiel  sur  les  impuretés  de  Jérusalem,  101. 

—  Antre  du  livre  des  Lamenlalions  de  Jerémie,  103. 

ViTBT ,  académicien.  Son  faux  système  sur  l'immixtion  de  la  franc- 
maçonnerie  du  moyen  âge  dans  l'art  chrétien,  III,  196  et  suiv.,  201. 

Vitraux  des  églises.  Le  bleu  y  abonde  ;  le  noir  y  est  fort  rare , 
I,  317.  —  N'admettent  que  rarement  les  couleurs  mixtes,  334  ;  —  IV,  12.. 
~  Singulière  analyse  du  vitrail  de  Jessé  à  la  cathédrale  de  Chartres  , 
1, 340.  —  Les  vitraux  coloriés  doivent  leur  origine  à  une  imitation 
translucide  des  émaux ,  II ,  547.  —  Belles  conceptions  de  Suger  pour 
son  abbatiale  de  Saint-Denys,  572  et  suiv.;  —  principaux  sujets  de  cet  en- 
semble, 573.—  Apparition  de  vitraux  coloriés  au  xii*  siècle,  III,  34,  35; 

—  IV,  7.  —  Leur  luxe  de  facture  au  xiii«,  III,  40,  —IV,  12, 17,—  et  d'in- 
vention, 16,  19.  —  Les  vitraux  symbolisent  les  Docteurs  de  l'Église,  III, 
184.— Conceptions  esthétiques  de  leur  faire,  que  des  laïques  n'auraient 
pu  avoir ,  200  ;  —  IV,  19.  —  Histoire  des  vitraux  dans  la  vitrerie  des 
églises  ;  leur  utilité  esthétique ,  5  et  suiv.,  7,  24.  —  Ils  sont  antérieurs 
au  xn«  siècle  ;  pourquoi  on  les  connaît  peu  dans  l'histoire  avant  cette 
époque,  6.  —  Leurs  progrès  et  leurs  développements  dans  ce  siècle, 


TABLE  GÉNÉRALE.  603 

7  ,24  ,  —  qui  font  oublier  les  mosaïques^  44.  —  Étude  dea  tableaux 
d'ensemble  propres  aux  rosaces  du  levant  et  de  Toccldent ,  8.  —  Prin- 
cipes d'esthétique  que  les  peintres-verriers  ne  doivent  jamais  négliger, 
il ,  12.  —  Haute  théologie  des  vitraux  des  xii«  et  xin«  siècles  ,  13  et 
suiv.  —  Vitraux  &  armoiries  ou  à  enseignes  ,  39.  —  Décadence  de  la 
peinture  sur  verre  aux  xiv^  et  xv*  siècles  ^  19  ,  20 ,  231  ^  —  et  au 
xvi«  ;  sa  disparition  ,  398.  —  Plan  général  suivi  au  xiii«  siècle  dans 
les  vitraux  légendaires ,  19 ,  56  ,  57 .  —  Caractère  inférieur  de  ceux 
des  siècles  suivants,  20.  —  Essais  encore  incomplets  de  restauration 
de  la  peinture  sur  verre  à  notre  époque,  21.  —  Défauts  et  ignorance 
des  bonnes  règles  qui  s'opposent  au  progrès  actuel,  et  théorie  artis- 
tique à  pratiquer,  22,  56,  95, 142  et  suiv.  —  Rapports  entre  les  vitraux 
et  les  manuscrits  du  moyen  âge,  23.  —  Beaucoup  de  leurs  scènes 
tirées  des  drames  liturgiques,  195.  —Corps  de  métiers  signant  des 
vitraux  par  la  représentation  de  leur  industrie,  231. 

ViTRL'VE.  Ce  qu'il  nous  apprend  des  anciens  géomètres,  J^,  150^  —  du 
symbolisme  et  de  l'application  aux  divers  édliices  sacrés  des  quatre 
ordres  d'architecture  ,  225  et  suiv .  —  Veut  que  les  temples  soient 
orientés,  231  ;  —  que  l'art  se  nourrisse  du  vrai,  282. 

Voile  ,  signe  de  la  pudeur  chez  tous  les  peuples,  et  toujours,  1 ,  180, 
203;  —  IV,  152.  —  Symbolisme  du  voile  des  religieuses  ,  III,  431.  — 
Son  histoire,  IV,  131.  —  De  celui  qu'on  étend  sur  la  tête  des  mariés , 
152  et  suiv.  —  Symbole  de  Tobéissance  aveugle ,  1 ,  203  ,  —  de  la  pu- 
deur conjugale,  IV,  152.  —  Voile  du  temple  déchiré  à  la  mort  du  Sau- 
veur, II ,  71,  464;  —  figuré  sur  les  yeux  des  Juifs  endurcis,  410,  412,  — 
et  sur  ceux  de  la  Synagogue ,  qui  les  symbolise,  448. 

VoLATEHRA,  peintre  italien  de  la  Renaissance ,  ne  comprenait  pas  le 
symbolisme  des  couleurs,  IV,  366. 

VoLNAY.  Erreurs  que  lui  impose  sa  fausse  philosophie  révolution- 
naire, I,  220. 

Voltaire.  Ses  faux  raisonnements  contre  Moïse,  1,31.  —  Ses  asser- 
tions menteuses  sur  l'origine  de  l'idolAtrie  ,  79 ,  167.  —  A  calomnié  et 
souillé  le  Cantique  des  Cantiques ,  II ,  115,  117,  —  et  cependant  le  jus- 
tifie directement  et  nettement  ailleurs  ,  III,  409  et  suiv.  —  Invente  un 
thème  sur  les  sibylles,  IV,  96.  —  Dénature  &  plaisir  la  Fête  de  VAne,  225. 

VoRAGiNE  (Jacques  de),  (voir  Varaze). 

Voûtes.  Beauté  de  leur  construction  générale  et  de  leurs  détails  , 
m,  179.  —  Diversité  de  leur  ornementation  aux  diverses  époques,  179 
et  suiv.  —  Défauts  à  éviter  dans  leur  peinture,  181.  —  S'abaissent  sur 
le  sanctuaire  et  sur  le  chœur,  208 ,  224.  —  Clefs  de  voûtes  :  variété  de 
leurs  sujets  sculptés;  abus  de  leur  recherche  d'ornementation,  260; 
—  IV,  65. 

VuLGAiN.  Son  temple  éloigné  des  cités,  1 , 227.  —  Personnification 
des  passions  chamelles ,  339. 


664  HISTOIRE  DU  SYMBOLISNI!. 


W 


Walafrid  Strabon,  symboliste  du  ix*  siècle,  continaateur  de 
Raban-Maur.  Sa  Glose  ordinaire  ,  II,  537,  559,  560;  —  IV,  434.  —  Ce 
qu'il  dit  de  Tutilité  des  peintures  historiques  dans  les  églises,  IV,  4. 

Walkenaer,  de  llustitut.  Sa  description  de  VOrlus  deliciarum 
d'Herrade,  abbesse  de  Hohenburg ,  II ,  576  et  suiv.,  578. 

Walter  (Frédéric) ,  peintre-verrier  protestant ,  parodie  le  mystère 
de  la  Transsubstantiation  dans  une  église  de  Berne  ,  IV,  398. 

Warburton.  Ses  suppositions  peu  concluantes  sur  la  Table  Isiaque , 
1,86. 

Westminster.  Son  église  catholique  devenue  un  musée  du  protet- 
lantisme  ,  III ,  97. 

WiNCKBLMANN.  Sou  Ksstti  sur  Vallègorie  ;  il  s'y  trompe  sur  quelques 
points  de  l'esthétique  des  anciens,  1 ,  49,  228,  237.—  Réduit  à  trois  les 
grandes  divisions  de  la  statuaire  humaine,  147 

WisiaoTHS.  Époque  de  leur  invasion  en  Italie  et  en  Espagne,  IV,  426. 

WoiLLEZ  (M.).  Son  Archéologie  des  monuments  religieux  du  Beau- 
vaisis;  système  réfuté  de  ses  plantes  aroïdeSy  III,  532  et  suiv.  —  A 
pour  adversaires  dans  cette  opinion  les  archéologues  les  plus  éminents, 
535 ,  —  et  les  monuments  de  tout  genre ,  538 ,  539,  540. 

WoLFGANQ  (Framsius) ,  physiologue  du  xvi«  siècle;  cité  pour  son 
livre  Aninialium  Hisloria  sacra,  II,  462. —  Ce  qu'il  dit  de  Tâne  , 
IV,  217. 


Ydonis  ,  fleuve  prétendu  venant  du  Paradis  terrestre  ,  II ,  366. 
Ymer,  génie  du  mal  chez  les  Scandinaves,  1 ,  178. 


Zabulon  ,  fils  de  Jacob ,  symbolisé  par  le  Cancer  du  Zodiaque ,  II , 
109  ;  —  par  l'améthyste  ,  383. 

Zabulus,  nom  donné  au  démon,  et  pourquoi ,  III ,  490,  491,  493.  — 
Ses  ruses  pour  prendre  les  âmes,  comparées  à  celles  de  la  baleine ,  498. 

Zacharib,  l'un  des  petits  Prophètes;  cité,  1,145.  —  Annonce  le 
Messie  ,  II ,  106 ,  156;  —  IV,  106.  —  Sa  vision  des  deux  chandeliers, 
II ,  215. 


TABLE  GÉNÉRALE.  665 

Zagharib  ,  père  de  S.  Jean-Baptiste.  Symbolisme  du  nom  qa'il  donne 
à  don  fils ,  1 ,  40 ,  46;  —  II,  156.  —  Peut  être  le  parallèle  iconographique 
de  la  sibylle  Persique,  IV,  105.  —  Le  bœuf  du  Tétramorphe  dans  ses 
rapports  avec  lui  ,113. 

Zaghéë.  Son  rôle  symbolique  dans  l'Évangile  et  dans  les  Pères ,  III , 
3il. 

Zbuxis  ,  peintre  grec ,  connu  par  ses  Raisins ,  1 ,  276.—  Sa  recherche 
du  spiritualisme  dans  le  beau  idéal  ^  284.  — Son  Jupiter  Olympien, 
285. 

Zodiaque.  Symbolisme  de  ses  signes ,  1 ,  58.  —  Son  histoire ,  III ,  449 
et  suiv.  —  Influence  prétendue  du  nombre  9  sur  le  Zodiaque ,  i,  116. 

—  Zodiaque  autour  d'une  médaille  d'Antouin  Pie  ,  267.  —  Tendresses 
de  Dupuis  pour  le  Zodiaque  ,  367  ;  —  III ,  449  ,  450.  —  Curieuses  rela- 
tions entre  les  noms  de  ses  douze  signes  et  ceux  des  douze  enfants  de 
Jacob,  chefs  des  douze  tribus  d'israèl,  II,  109;  —  III,  450.  — C'est  peut- 
être  pour  le  moyen  Age  l'origine  des  zodiaques  sculptés  aux  portes  de 
nos  églises,  II,  111  ;  —  III,  449  et  suiv.  —Époques  où  l'on  commence  à 
les  y  mettre,  156  ,  451.  —  Il  symbolise  l'obligation  du  travail  imposé 
à  l'homme,  298,  451  et  suiv.,  —  comme  à  Saint-Pompain  en  Poitou  , 
427.  —  Antiquité  fabuleuse  donnée  systématiquement  au  Zodiaque  de 
Dendérah,  449.  —  Les  douze  signes  symbolisent  parfois  les  douze 
Apôtres,  4SI.  —  Allégories  qui  accompagnent  chaque  signe;  leur 
antiquité  et  leur  objet,  451  et  suiv.  —  Leur  convenance  pour  l'ensei- 
gnement chrétien  ,  453  et  suiv.,  455.  —  Pourquoi  on  y  joint  les  sym- 
boles des  vices  et  des  vertus  ,  455.  —  Désordre  réel  ou  apparent  dans 
la  pose  des  signes  sculptés ,  et  comment  il  s'explique,  455.  —  Variantes 
expliquées  sur  l'époque  de  l'ouverture  de  l'année ,  456.  —  Vers  techni- 
ques sur  les  douze  signes  ,  ibid.j  457.  —  Description  des  symboles  re- 
latifs à  tous  les  mois  de  l'année ,  457  et  suiv.—  Caractères  symboliques 
de  chaque  signe  en  particulier,  461  et  suiv.  ^ 

Zoologie,  science  des  animaux  et  de  leurs  rôles  dans  le  symbolisme. 
Types  divers  appliqués  à  la  représentation  du  démon  1 ,  251  ;  —  III, 
460 ,  462 ,  463 ,  465  et  suiv.  —  Zoologie  des  cathédrales  et  des  manus- 
crits; son  origine  biblique,  II,  101;  — III,  367  et  suiv.  (Voir  Lévilique.) 

—  Ses  développements  par  Vincent  de  Beauvais,  quelquefois  conformes 
aux  préjugés  de  son  temps  ,  II ,  626  ,  627.  —  Source  des  sculptures 
historiées  de  nos  églises  ,  III ,  259 ,  378, 439 ,  467  ;  —  IV,  424.  —  Raison 
de  la  zoologie  dans  le  symbolisme  chrétien ,  III ,  439,  468  ,  471  ;  —  IV, 
424.—  La  Renaissance  l'a  dénaturée  comme  le  reste,  III,  440.  —  Dis- 
tinction entre  les  bêles  et  les  animaux  dans  les  Pères  de  l'Église  ,  444; 

—  IV,  423.  —  Comment  ceux-ci  ont  accepté  en  faveur  du  symbolisme 
les  traditions  plus  ou  moins  sûres  de  la  zoologie  antique ,  III,  444, 469 
et  suiv.,  528.  —  Application  de  la  physiognomonie  à  la  zoologie,  446 
et  suiv.  —  Celle-ci  allégorise  toute  la  morale  chrétienne ,  4  et  suiv. 
(Voir  Zodiaque.)  —  Zoologie  morale  de  la  Bible ,  466  et  suiv.,  513.  — 
Premiers  éléments  de  la  zoologie  mystique  employés  dans  l'art  chré- 

T.  IV.  43 


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tiea  vTw^À^  |G^0l^fpenjc•le/|^é|e;Tilé<)4Mllâ  eu  traite  te -symbolisme , 

;29tl|o][STRE  y  foDdateur  de  la  secte  dès  mages,  adoratéiiié*4l|4î^'iN^ 
dootrine  ,  1 ,  165  ;  —  elle  motive  de  la  part  des  Papes  rinter'yiynii  ji#iî\?t 
m'entanée  de  rowentatioa'  des  .églises  eu  iv»  siècle ,  lïl ,  74.    "'••\,'  v»'   *' 


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/  ,     .      •        «I  «,.        ».  »    — 


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FIN  DR  LA  TABLE  GÉNÉRALE' ET' DU    I\^  ET  DEftN/ER    VOLUME. 


Poitierf.  —  Typ*  de  A.  Dupré,  rue  Nationale- 


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